Musée de l'Europe et de l'Afrique

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dimanche 23 novembre 2014

La contre-révolution, c'est le spectateur

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Le documentaire et sa projection comme rapports de classes

Tentative d’in situ au cinéma Nova

« Vous êtes ici comme nous juste pour voir un film » (une spectatrice)

Le 18 mai 2014, deux réalisatrices étaient conviées à Bruxelles, pour présenter leurs documentaires, Hinde Boujemaa pour C’était mieux demain et Stéphanie Régnier pour Kelly. Comme l’indiquait la présentation, il s’agissait du « portrait de deux femmes peu ordinaires, affichant une énergie et une ténacité remarquables malgré les énormes difficultés auxquelles elles font face. Le rapprochement entre les deux documentaires s’arrête là car ils sont fort différents, de par leur démarche et leur forme. »

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samedi 22 novembre 2014

Le glissement vers l' Etat policier à la place de l'Etat tout court est flagrant

L’hiver européen perdure et se précise incontestablement en Grèce. Lundi 17 novembre, lors des rassemblements et manifestations commémoratifs de la révolte des étudiants contre l’autre dictature, celle de 1973, des policiers ont délibérément attaqué les manifestants aux cris: “Vous vous êtes rendus à la manif... vous allez mourir”. Un étudiant allemand du programme Erasmus a même été violement agressé par “nos” policiers prétoriens. Il avait été tout simplement présent sur (le mauvais endroit) lundi au soir.

La Grèce qui n’est plus du tout un pays (même relativement) démocratique et où, aux aveux de la Commission européenne, l’observation ou pas des droits fondamentaux ne concerne que le gouvernement local. Autrement-dit, la Charte des droits fondamentaux qui reconnaît un ensemble de droits personnels, civils, politiques, économiques et sociaux aux citoyens de l’UE et les inscrit alors dans la législation de l’UE, n’est pas valable pour les pays subissant le droit de la Troïka et du mémorandum, tout simplement.

La presse reproduit alors la photo que cet étudiant allemand (ou suédois selon certains sources invérifiables pour le moment), un jeune homme qui fait usage des initiaux “Ni Ls” comme nom d'utilisateur facebook, et qui proteste avec colère, décrivant à l’occasion de son séjour Érasmien... son aventure... avec la police grecque: “Qu'est-ce que c'est que ce pays où il faut avoir peur de la Police?” se demande-t-il.

à lire sur le blog de Panagiotis Grigoriou, Greekcrisis

mardi 11 novembre 2014

Cazeneuve tuera aussi en Tunisie

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Le matériel promis par Alliot-Marie sera livré à la Tunisie par Cazeneuve

Sécurité : Ce que la France propose à la Tunisie, ce qu'elle lui demande

"Deux préoccupations majeures, un engagement et une disponibilité : c’est ce qui anime la France dans sa coopération sécuritaire avec la Tunisie. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve a eu l’occasion de s’en entretenir lundi à Tunis avec ses homologues Lotfi Ben Jeddou et Ridha Sfar (1), ainsi que le chef du gouvernement, Mehdi Jomaa (Groupe Total, NDE). Terrorisme et émigration clandestine constituent les deux grands dangers à endiguer par divers moyens, notamment le renforcement des échanges de renseignements. La formation, tant pour les forces de sécurité que pour la sécurité civile et la gestion de crises, avec un accompagnement par le biais de l’ENSOP à la création d’une école nationale spécialisée en Tunisie : la France s’y en engage. La disponibilité, c’est celle des entreprises françaises spécialisées dans la fabrication de matériels de sécurité – et non de guerre, précise Cazeneuve – et pouvant répondre aux marchés d’équipements lancés par la Tunisie. Il s’agit notamment du processus biométrique, contrôle des frontières, équipements de radio-transmission et autres. A cela s’ajoute, sur un autre registre, une facilitation de l’octroi des visas et de l’accueil des étudiants tunisiens en France."

(source : leaders.com.tn, le journal de ceux qui ont réussi sous Ben Ali...)

(1) Selon sa fiche wikipedia : Ridha Sfar (actuel ministre de l'intérieur: on ignore s'il a, comme son collègue Premier Ministre "technocrate neutre" venu du groupe Total, la nationalité française) est diplômé de l'École nationale supérieure de la police (France) en 1975 et de l'École de police du Caire (1976). De 1988 à 2013, il était directeur central au secrétariat permanent du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur

Demandez le programme !

Interview de Beji Caïd Essebsi à Sud-Ouest

Candidat à l'élection présidentielle du 23 novembre, Beji Caïd Essebsi, 87 ans, et vainqueur des dernières législatives, s'est confié à Tunis à notre correspondant

Quelles relations envisagez-vous avec vos deux voisins, l'Algérie et la Libye ?

Pour combattre le terrorisme, il faut une stratégie régionale avec l'Algérie, la Libye mais aussi l’Égypte, peut être même le Mali et le Niger qui exportent des terroristes. Il faut doter la police, la Garde nationale et l'armée de moyens modernes. Il y a un mieux dans le rendement de ces services mais ce n'est pas assez. J'en appelle à une conférence régionale pour fixer les principes et les modalités de coopération. Il y a déjà une très bonne coopération entre l'Algérie et la Tunisie. La situation en Libye est hors contrôle. Plus largement, il nous faut l'aide de l'Europe et de l'Amérique car le terrorisme est sur le point de traverser la Méditerranée. Nous essayerons d'être plus efficaces.

En Égypte aussi...

Amnesty International a exhorté la France à suspendre tous les transferts d'armes en cours avec l'Égypte, assurant que Paris "fournit les armes de la répression en Égypte". "En 2013, rappelle l'ONG, l'UE avait demandé la suspension des livraisons d'armes à l'Égypte (27 millions d'euros pour la France en 2012, NDLR). Pour autant, la France a plus que doublé ses transferts l'année suivante (63 millions d'euros d'armes en 2013)."

dimanche 9 novembre 2014

Police partout, assemblées itou? Réflexions collectives de retour du testet

 ''Courtesy of Lise Duclaux''

Texte transmis par le collectif Al Païs

Nous nous constituons en assemblée depuis plus d’un an en Ariège. Nous nous réunissons une fois par mois pour apprendre à discuter, hors de l’urgence, de nos pratiques collectives et des luttes auxquelles nous participons. Certain.es d’entre nous se sont rendu.es au rassemblement du 25 octobre au Testet au cours duquel un manifestant a été tué par les gardes mobiles. Face à la confusion politicienne et médiatique, nous voulions soulever quelques questions qui nous semblent essentielles pour les luttes à venir.

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lundi 3 novembre 2014

Tunisie: le peuple est-il soluble dans les élections?

Lundi 29 octobre, les Matins de France culture étaient consacrés aux élections législatives tunisiennes avec notamment pour invités Yadh Ben Achour et Hamadi Redissi (membre du parti Nida Tounes ce qui a été omis de préciser. Cela n'a pas échappé à tout le monde puisqu'on apprend aujourd'hui sa démission "soutenant qu’elle exprime sa volonté de garder son statut d’intellectuel indépendant. Il a démenti tout différend avec le parti Nidaa Tounès"). En s'appuyant sur cette émission contextualisée par des extraits d'un travail documentaire en-cours enregistré à Tunis en mars 2012, le Musée de l'Europe revient sur ces élections dans l'émission de La Locale "ça fait mal" du lundi 3/11/2014.

Billet audio en ligne

NB1: Notre langue ayant fourché au-cours de cette émission, précisons que Beji Caïd Essebsi dont il est question a été un très proche collaborateur de Bourguiba jusqu'à la fin des années 60 et non 70.

NB2: Un correspondant tunisien ayant mis en ligne sur youtube la seule section consacrée à la gauche tunisienne (qui ces jours-ci demande l'interdiction d'Al-jazira suite à un documentaire sur la mort de Choukri Bel-Aid, mais sans avoir rien à dire sur... environ toutes les émissions des chaines tunisiennes capitalistes !), voici le message que nous lui avons adressé :

Cette modeste intervention n'est pas complète. Elle est inscrite dans un propos plus large qui ne concerne pas seulement l'extrême-gauche tunisienne. Le problème de la Tunisie c'est que les gens ne résistent pas à attaquer un autre groupe social en laissant le système que tous les acteurs composent invisible donc inchangé. Cette façon de se comporter est la meilleure protection du système.

Car ainsi l'effet sera le suivant : les Tunisiens qui connaissent les turpitudes de la gauche tunisienne seront confirmés dans leur croyance et s'abstiendront de se demander ce que serait une gauche de gauche (les droits sociaux).

Les militants de gauche français qui sont les cibles de la propagande islamophobe utilisée pour scinder le front social y verront une attaque de leur totem, Mélenchon, ce qui renforcera les effets de la propagande islamophobe.

A la suite de quoi nos ennemis ont le terrain dégagé pour avancer dans leur œuvre de destruction sociale.

Par ailleurs si les images sont interdites dans certaines religions, c'est certainement parce qu'on en connait les effets. La parole s'incarne et on attaque les personnes et non plus les idées ou la propagande qui sort de leur bouche et qui a des émetteurs (on ne neutralise pas un discours en s'attaquant au locuteur).

Ceux qui font une révolution à moitié creusent leur propre tombe

Qu’en est-il de l’extrême gauche, quatrième du dernier scrutin ? Ce weekend, Mongi Rahoui a brisé le silence en affichant ouvertement son soutien au candidat Béji Caïd Essebsi à la présidentielle, au nom de « la stabilité institutionnelle » qui nécessite selon Rahoui « une institution de la présidence de la même couleur politique que la nouvelle majorité parlementaire »…

Non seulement la gauche radicale tunisienne espère donc gouverner aux-côtés de ses ex bourreaux destouriens, mais cette gauche où le Watad unifié souffle le chaud et le froid fait par la même occasion l’apologie de l’ordre et de « la stabilité ».

Un cas d’école énième épisode de l’échec de la gauche tunisienne à s’inventer un projet en adéquation avec les objectifs de la révolution de la dignité. Une autre gauche, autrement plus morale, n’écarte pas le scénario d’une dissolution.

En renouant avec ses démons éradicateurs, une partie de la classe politique pousse le pays au clash. Si un RCD remanié concentre à nouveau demain les pouvoirs législatif et exécutif, toute la violence jusque-là contenue pourrait alors exploser mettant un terme au mythe de la paix civile bien de chez nous.

Lire le point de vue de Seif Soudani paru sur le site Nawaat.org

samedi 1 novembre 2014

Une nouvelle victime de la lutte antiterroriste

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Zyed Younes, étudiant de 25 ans, a été interpellé le 20 septembre 2014, dans le cadre d’une nouvelle vague d’arrestations menées par la brigade antiterroriste de Gorjani.

Zyed Younes, étudiant de 25 ans, a été interpellé le 20 septembre 2014, dans le cadre d’une nouvelle vague d’arrestations menées par la brigade antiterroriste de Gorjani. Comme beaucoup d’autres jeunes hommes arrêtés dans le même contexte, il dit avoir été torturé pendant sa garde à vue afin de lui faire signer des aveux.

Après une arrestation musclée au domicile de ses parents, près de Sousse, Zyed Younes a été conduit à Monastir puis à Kasserine où les policiers ont procédé à d’autres interpellations. Ses codétenus et lui ont d’abord été détenus pendant quelques heures dans un bâtiment à Kasserine. Là-bas, Zyed Younes a été torturé dans la même pièce qu’un de ses camarades. Tous deux ont notamment été dénudés, mis dans la position du « poulet rôti » et roués de coups de poing, de pied, de barre de fer et de tuyau.

Puis le jeune homme a été conduit à Tunis, parqué dans une voiture avec de nombreux autres détenus, dans une chaleur insupportable au point qu’il a vomi. Il a ensuite passé la nuit dans des conditions inhumaines au centre de garde à vue de Bouchoucha.

Selon le récit qu’il a fait à son avocate, Me Ines Harrath, le lendemain, il a été emmené au sein des locaux de la brigade antiterroriste de Gorjani et a de nouveau été torturé pendant tout le reste de sa garde à vue. Tabassé à plusieurs reprises, avec ses codétenus, dans une geôle surpeuplée, privé de sommeil et de nourriture, électrocuté, il a fini par être conduit à l’hôpital le cinquième jour de sa détention, après avoir signé des aveux sous la contrainte. Le médecin s’est contenté de lui administrer un médicament et Zyed Younes a été reconduit à Gorjani pour la nuit avant d’être présenté devant le juge d’instruction le lendemain, avec ses 22 codétenus.

Sur l’insistance des avocats, le juge d’instruction a accepté de consigner les traces et les allégations de torture de Zyed Younes dans le procès-verbal, mais a refusé d’ordonner une expertise médicale et a décidé son placement en détention provisoire.

Contexte

Impunité et instabilité politique

La révolution tunisienne n’a pas eu raison des pratiques tortionnaires héritées de l’ancien régime et de l’impunité de ceux qui les commettent. La torture est certes moins systématique qu’à l’époque de Ben Ali, mais elle continue d’être exercée, non seulement à des fins punitives, mais aussi dans le but d’extorquer des aveux. Les personnes arrêtées dans le cadre de la lutte antiterroriste demeurent aujourd’hui les principales victimes de la torture. Toutefois, celles suspectées de crimes de droit commun, notamment de trafic ou de consommation de stupéfiants, sont fréquemment victimes de mauvais traitements pouvant aller jusqu’à la torture.

Le phénomène tortionnaire est encouragé par une impunité généralisée. En effet, bien que la situation se soit quelque peu améliorée depuis la révolution, les plaintes enregistrées sont encore trop rarement instruites et, lorsqu’elles le sont, l’instruction est souvent entachée d’irrégularités.

Lire l'appel de l’''Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT)''

__Et également l'appel de l'ACAT en faveur de Sami Essid__ Torturé au nom de la lutte antiterroriste

Arrêté par une brigade antiterroriste le 20 août 2014, Sami Essid a été torturé pendant trois jours, jusqu’à ce qu’il signe des aveux sous la contrainte. Il vient gonfler les rangs toujours plus nombreux des jeunes salafistes présumés, torturés au nom de la lutte antiterroriste.

"Les jeunes font les révolutions et les grabataires en profitent"

Avec pour titre « La révolution est finie », Olivier Ravanelo, dans Le Monde du 27 octobre 2014, se métamorphose en ecclésiaste apportant sa bénédiction et ses « je vous salue « tunisiens » ! d’avoir su fermer la parenthèse révolutionnaire et de s’être plier aux délices de la démocratie formelle. Celle là même qui veut qu’avec la réactivation à nouveau de tous les réseaux clientélistes des anciens barons du système de Ben Ali, « écartés » du premier scrutin constitutionnel de 2011, l’argent à gogo, une quasi mainmise sur les médias audio-visuels, un appareil policier jamais épuré, l’on finisse par décrocher le pompon de la première place avec 38,24 % des voix exprimées. Mais ce que les lecteurs du Monde ne liront jamais c’est l’ampleur de l’abstention voir du boycott de cette nouvelle mascarade par une majorité d’électeurs. Seul un gros tiers a pris la peine de se déplacer, c’est dire ! En France, le plus gros bastion de l’émigration tunisienne seul un huitième de la population a daigné se rendre aux urnes. Autant dire les réseaux clientélistes de la Destourie et celle du réseau frériste. Environ 25 000 voix pour Nidaa Tounes et 18 000 pour Ennahdha. Sur une population estimée à 800 000 individus, majoritairement adultes.

« Le pluralisme est le sang de la démocratie et le corps électoral tunisien est aujourd’hui incroyablement irrigué : c’est signe de bonne santé ! » ; avec ce type de sentence, monsieur Ravanelo nous refait le coup de la réponse de l’épouse du roi Louis XVI, en pleine révolution française, à un peuple réclamant « du pain » : « Mais qu’il mange des brioches ». En guise de brioches monsieur Ravanello, à l’instar de beaucoup de commentateurs condescendants, voire racistes, voudraient que le peuple des o avale « les bulletins de vote » Comme cela était annoncé bien avant l’ouverture de la joute électorale, l’auberge espagnole, Nidaa Tounes arrive en tête du scrutin devançant la formation frériste Ennahdha.

Lire le point de vue d'Hamadi Aouina paru sur le site nawaat.org sous le titre'' Premières leçons de la dernière Takhmira électorale''

vendredi 17 octobre 2014

Sit-in contre la torture : Où sont passés les politiques et les militants ?

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Suite à l’appel de 27 organisations de la société civile, quelques dizaines de personnes se sont regroupées, mercredi matin, devant le ministère de l’Intérieur, pour protester contre la torture et la violence policière en Tunisie. Face à la démission collective de tous les partis politiques et une bonne partie de la société civile, seuls quelques militants ont entouré les familles venues exposer le drame de leurs fils perdus, à jamais, dans les geôles.

Il y a quatre ans, des milliers de Tunisiens étaient debouts devant ce même vieil immeuble pour exiger le départ du régime policier. En ce jour mémorable, la foule a défié les uniformes et les matraques en les accusant de terrorisme. Des milliers de bras ont été levés répétant la fameuse chorégraphie sonore « Dégage! Dégage! Dégage! ». Aujourd’hui, seuls les coups de gueule des opprimés, les larmes des mères des victimes et les discours de quelques militants investissent la scène. Le nombre des manifestants a spectaculairement diminué, alors que le bâtiment marron foncé est toujours là, lugubre, implacable et intouchable, malgré toutes les tentatives de réforme.

Lire la suite de l'article d'Henda Chennaoui paru sur le site Nawaat.org

mardi 14 octobre 2014

Rediriger l’aide publique... vers le privé

Entre légitimation des paradis fiscaux et approche « innovante » s’appuyant sur le privé, l’aide française ne cesse de renforcer son pouvoir de nuisance.

''Le Parlement a finalement adopté en juin la première « loi d’orientation et de programmation relative à la politique de développement et de solidarité internationale ». Le texte initialement creux, patchwork de bonnes intentions et de grands principes compilés sans aucune dimension programmatique (Cf. Billets n°232, février 2014), aurait pu, grâce à quelques parlementaires, permettre des progrès en termes de transparence financière des entreprises appuyées par des organismes de développement français : plus qu’une valeur d’exemple, il s’agissait d’imposer un effet d’entraînement sur les contraintes réglementaires futures vis à vis de toutes les entreprises.

Mais les amendements porteurs de ces avancées ont été, à l’Assemblée comme au Sénat, systématiquement battus en brèche par le gouvernement (Cf. Billets n°234 et n°236, avril et juin 2014). Comme pour souligner amèrement cette occasion manquée, le Canard enchaîné a publié à quelques jours de l’adoption définitive de la loi un article assassin, « l’aide au développement des paradis fiscaux » (11 juin). Il y était question de certaines prises de participation de la Proparco (filiale privée de l’Agence Française de Développement) dans des fonds domiciliés dans des paradis fiscaux et réalisant des investissements en Afrique, et surtout de l’opacité sur le nombre et la finalité de ces placements offshore du groupe AFD. Exactement le type d’informations que le gouvernement avait empêché les parlementaires d’exiger de la part de l’AFD, en bloquant les amendements qui pouvaient, à l’avenir, imposer plus de transparence.''

Lire ''APD : l’Aide en Plein Délire'' publié par Survie

dimanche 12 octobre 2014

Tunisie : Silence, on torture et on tue... en toute impunité !

La torture est pratiquée surtout dans les commissariats et lors de la garde à vue pour arracher des aveux et clôturer les enquêtes dans des courts délais. Pour cette raison, nous avons demandé dà réformer la loi, afin que la présence d’un avocat soit obligatoire, lors des interrogatoires. Nous pensons, aussi, que la police judiciaire qui effectue les enquêtes préliminaires doit être sous la tutelle du ministère de la Justice et non du ministère de l’Intérieur, comme c’est le cas aujourd’hui,

Lire l'article d'Henda Chennaoui paru sur le site Nawaat

jeudi 2 octobre 2014

Pourquoi nous quittons le Front Populaire

Abandonnant totalement le terrain de la lutte des classes et d’indépendance nationale, la direction du FP s’est compromise avec la bourgeoisie, les RCDistes qui préparent leur retour au pouvoir, et les puissances étrangères qui ne veulent surtout pas d’une révolution populaire et sociale, seulement d’une « démocratie » néocoloniale avec des institutions téléguidées depuis Washington et Bruxelles. Ces relations avec les puissances impérialistes sont assumées par le porte-parole du Front populaire qui se vante d’être reçu par tel ou tel ambassadeur ou secrétaire d’Etat européen ou américain.

A cela s’ajoute le positionnement totalement acritique des directions du FP vis-à-vis des bureaucraties syndicales. Ces dernières ont été coupables d’abandonner à leurs sorts voire de trahir de multiples luttes ouvrières, allant jusqu’à signer des accords avec des directions d’entreprises alors que les travailleurs concernés y étaient opposés. Le dernier exemple en date est celui des syndicalistes de Latelec, trahies par les bureaucrates syndicaux. Plus du tout étonnant, depuis la participation de la direction de l’UGTT au Quartet (avec l’UTICA !), cadre notoire de collaboration de classe, où un pacte de « paix sociale » a été signé pour trois ans.

Lire le communiqué de Militants et membres fondateurs du Front Populaire – Ile de France publié sur le site Nawaat.

mercredi 1 octobre 2014

La voix de la France enfouie sous les bombes

Il était une fois un pays. Ce n’était pas une superpuissance mais, dans un monde coupé en deux, il proclamait à la fois son attachement au camp occidental et son refus de la vassalisation. A Phnom Penh, en 1965, le président Charles de Gaulle dénonçait l’intervention américaine sans issue au Vietnam ; à Paris, en juin 1967, il condamnait l’attaque israélienne contre ses voisins arabes. Longtemps après, l’écho de cette voix résonnait encore.

Lire l'article d'Alain Gresh sur son blog du Monde Diplomatique

Un reporter néerlandais reçoit des coups au Parlement européen

Ce n’est pas un inconnu aux Pays-Bas : le reporter Tom Staal n’en est pas à une dénonciation près. La dernière en date porte sur l’énorme gaspillage d’argent du Parlement européen. Un reportage qui lui a valu des coups.

Accompagné de l'eurodéputé néerlandais Daniël van der Stoep, Tom Staal a mis les dépenses des députés européens sous la loupe : salaire mensuel d’un eurodéputé, 6200 euros ; frais mensuels, 4200 euro ; dépenses en personnel, une cagnotte de 21 000 par mois; transferts vers Strasbourg, quelques centaines d’euros. Sans compter les déplacements, les hébergements… et les 300 euros par jour de présence au Parlement.

europe_foyer.gif « Le sais-tu ? Les habitants de l’Europe dirigent eux aussi l’Union européenne. Ils choisissent les personnes qui peuvent les représenter au Parlement. Cette façon de diriger, c’est ce qu’on appelle la démocratie. » (extrait d'une brochure de propagande du pseudo-Parlement européen dépourvu de la plupart des fonctions parlementaires, dont des extraits sont présentés dans l'Espace Enfants du Musée de l'Europe)

Mais aborder ce sujet avec certains députés peut mener à l’affrontement. Tom Staal a pu le vérifier : interrogeant Miroslav Ransdorf, du Parti Communiste de Bohème et de Moravie, sur ces courtes apparitions au Parlement – le caméraman constate 5 minutes de présence ce jour-là – ce dernier s’emporte.

Le reporter aborde alors le député italien Raffaele Baldassarre du Popolo della Liberta, arrivé à 18H30. L’élu italien s’en prend alors physiquement à Tom Staal.

Il y a des questions qu'il ne faut pas poser, pensent donc certains députés européens.

Voir le reportage sur la RTBF

mardi 23 septembre 2014

Les brochures du Musée de l'Europe & de l'Afrique

Les éditions du Musée de l'Europe & de l'Afrique mettent progressivement à disposition des brochures tirées de nos collections prêtes à l'impression.

Le développement durable : une pollution mentale au service de l'industrie

environnement.gif Rond Point Schuman, Bruxelles, sculpture célébrant l'année de l'environnement. Collections du Musée de l'Europe

Les grands pollueurs ont tout intérêt à ce que le « développement durable » soit avant tout un problème de responsabilisation du consommateur-citoyen, faisant ainsi de la pollution un problème de manque de civisme et de la consommation une solution : la meilleure façon de protéger la nature, c’est encore de consommer… Et le consommateur n’a plus que l’embarras du choix : entre Leclerc et Carrefour, lequel soutenir de son acte d’achat « écologique » et « éthique » ? Quelle enseigne oligopolistique vouée à la consommation de masse, poussant au productivisme, au dumping social et aux délocalisations, jetant sur les routes un flux exponentiel de camions, est la plus engagée sur la voie du « développement durable » ?

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dimanche 21 septembre 2014

Prendre parti "contre ces barbares" djihadistes : le directeur de France 24 craque

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Pas vu sur France24 (Fassbinder, la Troisième génération)

Samedi soir, Marc Saikali, le directeur de France 24, envoie un e-mail à sa rédaction sur le traitement de l’Etat islamique à l’antenne. Il enjoint les journalistes à « sortir d’une sorte de neutralité stupide » pour « prendre position ».

« Nous devons, sur nos antennes, avec nos invités, dans nos débats, ouvertement prendre parti contre ces barbares. Je vous demande donc de veiller à chaque mot, chaque plan. Les images que nous diffusons avec des drapeaux noirs flottant au vent et de jeunes gens en pleine santé doivent obligatoirement être soumises au synthé : vidéo de propagande. Y compris en arabe. (...)

La ligne éditoriale de la chaîne est claire : ce sont des terroristes et des barbares. J’attire particulièrement l’attention du booking sur les invités. Je ne veux plus voir un seul crétin qui justifierait les actions de ces sauvages sous prétexte politique sunnite/chiite. Pour une fois, il y a les gentils et les méchants ! Eux, sont les pires ennemis de notre civilisation. Nous allons devoir gérer leur existence pour au moins cinq ans. Au moindre dérapage, je serai intransigeant. Notre devoir est de lutter contre eux. Tout le temps. Avec au moins 43 millions de téléspectateurs, nous avons une responsabilité immense. »

Lu sur Rue 89, reprenant un article d'Arrêts sur Images

samedi 20 septembre 2014

Projection-débat du film Fascisme Inc au CSAG Le Palmier (St Girons)

Fascisme Inc.

Projection-Débat au Palmier

26 septembre 2014 à 19h00

FascismINC.jpg

Étant donné que le fascisme ne se limite pas à Aube Dorée mais est également promu par des dirigeants politiques, des entrepreneurs et des éditeurs…

Étant donné que les conditions de la crise qui favorisent le fascisme nous entourent et ne sont pas derrière nous…

Étant donné que toute l’Europe s’enfonce rapidement dans l’obscurité de l’extrême-droite…

Ce film présente de brèves histoires inconnues du passé, du présent et du futur du fascisme et de sa relation avec les intérêts économiques de chaque époque. Nous voyagerons de l’Italie de Mussolini à la Grèce pendant l’occupation nazie, la guerre civile et la dictature et de l’Allemagne de Hitler au fascisme moderne en Grèce et en Europe. Ce nouveau documentaire suivra les traces de Debtocracy et de Catastroika, qui décrivaient les causes de la crise de la dette, l’impact des mesures d’austérité, l’érosion de la démocratie et le bradage des richesses du pays.

Le Palmier, 59 avenue du Maréchal Foch, 09800 Saint Girons

mardi 16 septembre 2014

Tunisie : Une révolution trahie par les oligarques

Que penser au juste d'un parlement qui aura entre les mains l'exécutif et le législatif et qui, à cet attelage déjà lourd de menaces, ajoutera la toute puissance d'un lobby d'hommes d'affaires verrouillant le système et manipulant à sa guise les leviers d'un contrôle absolu de la vie sociale? Demain nous vivrons, si nous n'y faisons attention, sous la férule non plus d'un autocrate mais de ploutocrates qui concentreront entre leurs mains le pouvoir politique (désormais législatif et exécutif confondus), le pouvoir économique (financier), le pouvoir médiatique (journaux et télévision) et le pouvoir du divertissement (le spectaculaire français, l'entertainment anglo-saxon, le cirque latin).

S'étonnera-t-on de les voir avaliser les mesures les plus radicales qui, sous couvert d'ajustement, de désendettement et de nécessaires équilibres macrostructuraux, nous feront avaler les pilules de la sortie du système de compensation, de l'urgent dé-tricotage du droit du travail, de la restructuration de la sécurité sociale et surtout de la liquidation du secteur public et la privatisation de ses sociétés. Le pactole est tellement consistant et juteux qu'ils légifèreront, sans problème de conscience, à l'unisson, tant ces mesures travaillent dans le sens de leurs intérêts.

Lire le point de vue de Hédia Yakhlef sur Kapitalis.com

samedi 13 septembre 2014

Anti-écolos et pro-marchés financiers peuplent la Commission européenne

Le nouveau commissaire en charge du climat et de l’énergie, Miguel Arias Cañete, est l’ancien ministre de l’Agriculture et de l’Environnement du gouvernement conservateur espagnol. Il a présidé jusqu’en 2012 une compagnie pétrolière, Compañía Mercantil Petrolífera Ducar S.L, domicilié dans un paradis fiscal et dont il est toujours actionnaire. Il est aussi critiqué par les écologistes espagnols pour avoir autorisé l’extraction de gaz de schiste et la fracturation hydraulique et pour avoir fait de l’Espagne « la porte d’entrée des OGM en Europe ».

Lire l'article d'Yvan Du Roy sur basta

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