Musée de l'Europe et de l'Afrique

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mercredi 22 juin 2016

Comment sortir du cercle de la peur ?

Ce texte de Pierre Bourdieu est un compte-rendu de lecture de l'ouvrage de Juan E. Corradi, Patricia Weiss Fagen et Manuel Antonio Garreton, Fear at the Edge, State Terror and Resistance in Latin America, Berkeley, University of Califormnia Press, 1992. Il est paru dans la Revue Liber, n°17, mars 1994. (Note du Concierge)

Un objet singulier, peu fréquenté depuis Montesquieu, qui faisait reposer le despotisme sur la crainte: la politique de la peur. Dans quatre pays du Sud de l'Amérique latine, Argentine, Brésil, Chili et Uruguay, au cours des années 70, des régimes totalitaires ont fait régner une terreur d'Etat visant à “dissoudre ou à isoler les institutions civiles capables de protéger les citoyens contre le pouvoir de l'Etat”. Par une étrange inversion, l'Etat qui tend à assurer le maintien de l'ordre, la sécurité des personnes et, dans les termes de Max Weber, la “prévisibilité et la calculabilité” du monde social, devient le principe d'une sorte d'insécurité radicale et d'une imprévisibilité à peu près totale. Ces dictatures qui “promettent d'en finir avec la peur, engendrent en fait de nouvelles peurs parce qu'elles brisent profondément les routines et les habitudes sociales, rendant la vie quotidienne imprévisible” ; elles suscitent un sentiment d'impuissance et l'environnement familier lui-même semble habité par des forces étrangères et hostiles : l'obsession de la survie empêche les gens de vivre.

Le terrorisme et la terreur d'Etat ou les différentes combinaisons possibles de l'un ou de l'autre installent l'incertitude au coeur du système social (surtout lorsque l'Etat constitué, comme le dit quelque part Norbert Elias, contre la logique du rackett, devient – on en a nombre d'exemples récents – une mafia organisant le rackett et le meurtre). Les définitions légales de l'activité criminelle sont vagues ; l'information est imprécise ou inaccessible et la communication difficile ; la violence physique s'exerce ouvertement en association avec des activités semi-clandestines telles que tortures et exécutions illégales. Les actes d'intimidation publique (comme les enlèvements accomplis avec un grand déploiement de force ou les exécutions publiques) instituent l'insécurité la plus extraordinaire au coeur de l'existence ordinaire. Dans ces conditions, “la capacité de calculer rationnellement les conséquences d'une action est profondément altérée”.

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jeudi 16 juin 2016

Hôpitaux, les casseurs

La cartes des dégâts réalisé par les casseurs en gros

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Repris du blog de Canaille Le Rouge

Code du travail : Proclamation de la République sociale démocratique et solidaire en danger

Nous republions ce texte, en date du 19 février 2016, et qui avait été écrit en prévision de la réunion à la Bourse du Travail dont est finalement sorti Nuit Debout - Le Concierge

La réponse au projet de loi de liquidation des droits des travailleurs tels qu'ils sont protégés par le code du travail se doit d'être à la hauteur de l'offensive réactionnaire de la République anti-sociale des Versaillais de l'état d'urgence.

Foin des débats d'experts sur une hypothétique sortie de l'euro. L'euro n'est qu'un outil aux mains des forces réactionnaires qui ravagent le continent européen. Il y en a d'autres. Le débat de l'euro et ses polémiques entre fractions de classes prétendûment progressistes est bien fait pour cacher l'essentiel qui est la cible de la réaction capitaliste : les compromis sociaux issus de la Libération et préparés par plus d'un siècle de luttes.

Qui ne voit que ce sont les mécanismes de la solidarité nationale qui sont visés à travers la mise en cause des cadres nationaux. La cible c'est la sécurité sociale qui est la solidarité nationale. La cible, c'est le droit du travail qui est un compromis social issu d'une histoire nationale. Et la seule Internationale qui existe aujourd'hui est celle des réactionnaires et du capital sans frontières.

Détruire le droit du travail et la solidarité nationale qui est la sécurité sociale, c'est détruire ce que les luttes sociales ont pu arracher au capital, supprimer ce qui nous réunit tous et préparer la mise en concurrence de tous contre tous et des communautés de solidarité particulières entre-elles, c'est à dire préparer la guerre civile pour mieux esclavagiser et contrôler tout le monde.

Tel est le projet aujourd'hui clairement mis en oeuvre par le larbin Emmanuel Valls avec qui le fascisme (“Plan B” du patronat dans les années 30) revient comme une farce. Larbin oui, car pas plus qu'Hollande ou ses Ministres, Valls n'a la moindre idée. Parvenus au pouvoir par la logique quasi-autonome du champ politique, ceux-ci ne font qu'appliquer les consignes du patronat mais aussi des stratèges américains occupés à redessiner une Europe, entre autres régions, à leur botte et sous l'empire de leur capitalisme, en jouant sur toutes les divisions internes pour faire éclater les cadres sociaux nationaux.

Daesch, la lessive qui rend la stratégie impériale plus blanche que blanche, est leur meilleur allié. Et tout le monde devrait voir l'immense obscénité du Premier Ministre se pourléchant par avance de prochains attentats dont il rédige quotidiennement les communiqués par anticipation. Qui aura le prochain attentat ? Nous sommes candidats, car comme les jeux olympiques permettent d'occuper le peuple et de mener des politiques urbaines radicalement capitalistes, nous avons besoin d'un attentat pour liquider le code du travail, le droit social et éventuellement le droit tout court, les retraites et la sécurité sociale. C'est à dire la sécurité tout court, la vraie. Nous avons nous aussi une partie de la population à exterminer car devenue inadaptée, et s'opposant, à une économie de destruction créative dont Barroso fit un jour le portrait enthousiaste : «un flot incessant de produits et de services toujours plus récents, plus performants ou moins chers qui, constamment, rendent les produits plus anciens, moins performants, voire obsolètes – de même que les emplois qui y sont liés.». Cette économie nécessite des esclaves jetables si non “recyclables” et priés de mourir le plus vite possible après obscolescence. Donc privés de tous droits, réservés à une petite caste.

C'est sur la question du code du travail et de la sécurité sociale que nous devons enfin être “tous ensembles”, classes moyennes et classes populaires. Et en effet c'est un enjeu “national”. Un enjeu de civilisation ou barbarie, car la civilisation c'est la sécurité sociale et le droit du travail qui se sont construits dans les différents cadres nationaux. Et ce qui ouvre la voie à la barbarie c'est la destruction de tout cela, rendue possible également par la délégitimation du cadre national entendu comme espace de solidarité organisée, par un soit-disant progressisme internationaliste bien fait pour donner à l'Internationale du Capital le masque dont elle a besoin.

“Tous ensembles“, donc. Et pour la petite-bourgeoisie internationalisante, souvent académique (car il faut bien bénéficier d'un traitement à vie servi par cette solidarité, nationale, qu'on appelle l'impôt, pour occulter et dénigrer le réel, social, à ce point), il est temps de savoir qui est de gauche et qui est de droite. Et de distribuer les coups de pied au cul en conséquence.

Vive la République, sociale, démocratique et solidaire. Vive la sécurité sociale. Vive le code du travail.

Vive la sociale !

Le Concierge

« Après la capitulation de Syriza, quelles perspectives pour la gauche en Europe ? »

Kouvelakis.png Cliquer sur l'image pour voir la vidéo des interventions de Stathis Kouvélakis et Eric Toussaint sur le site du CADTM.

Stathis Kouvélakis (professeur de philosophie au King’s College London, ancien membre du Comité Central de Syriza, membre d’Unité Populaire) présente les mesures prises par le gouvernement d’Alexis Tsipras II depuis le début 2016 dans le cadre du 3e mémorandum. Son intervention a eu lieu lors de la conférence qu’il a donnée avec Eric Toussaint le 4 juin 2016 à Paris avec pour thème : « Après la capitulation de Syriza, quelles perspectives pour la gauche en Europe ? » Stathis Kouvelakis tire les leçons de la capitulation et avance une orientation alternative à celle qui a été pratiquée par Syriza. Il s’adresse à la gauche radicale en Europe.

Note du Concierge

Quant à lui, Eric Toussaint fait dix propositions, dont la sortie de l'euro. Mais pas, en tous cas pas explicitement, la sortie d'une UE pourtant selon ses mots "irréformable", or il est évident que sortie de l'euro, déprivatisation etc. ont pour préalable la sortie de l'UE. Et de préférence par référendum pour qu'il s'agisse d'un véritable acte de souveraineté populaire, ce qui nécessite de commencer le travail politique de sensibilisation de la population, de type campagne de 2005, dès aujourd'hui. Eric Toussaint est en effet persuadé que Tsipras et les personnes qui l'entourent ont décidé de tout lâcher dès la fin 2012. Et ont commencé à éliminer les autres dès cette date. On comprendra dès lors ses prudences langagières quand les prochains Tsipriotes sont déjà largement à la manœuvre...

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mercredi 15 juin 2016

Il y a huit ans : "G8, Le Japon à l’avant-garde de la gouvernance mondiale"

"Je demande à la CGT de ne plus organiser ce type de manifestation sur Paris."

Manuel Valls, France Inter, 15/06/2016

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Une manifestation typique au Japon

Une délégation de No Vox France s’est rendue au Japon en juin et juillet 2008 à l’invitation de No Vox Japon et dans le cadre de la mobilisation contre le G8. La délégation a pris part à des manifestations contre le G8 à Tokyo, Osaka et Sapporo.

Le réseau No Vox dénonce l’absence de liberté de manifester au Japon. Les autorités japonaises tolèrent tout au plus des cortèges d’une largeur de trois mètres (le couloir normalement dévolu aux bus), empêchant le déploiement de nos banderoles. Les cortèges sont séparés des voies restant ouvertes à la circulation par une colonne de policiers et les défilés importants sont fractionnés en sous-groupes par des cordons de gardes mobiles.

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mardi 14 juin 2016

"La CFDT et le MEDEF mènent un dialogue fructueux depuis de nombreuses années"

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Repris du blog de Canaille le Rouge

dimanche 12 juin 2016

Quatrième Nuit de Walpurgis

prince-of-darkness.jpg Des experts de l'Eurogroupe mettant en route le processus de retour de Satan (extrait de Prince of Darkness de John Carpenter)

MILAN (Reuters) - Le quotidien italien Il Giornale a soulevé une vague d'indignation en offrant samedi une version annotée de "Mein Kampf" aux acheteurs de son supplément du week-end.

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Le règne de l'ignorance et de l'obscurité

Les touristes admirent les paysages, observent “nos” villas, celles qu’autrefois avaient été prêtées par exemple à nos deux poètes Georges Seféris, et Odysséas Elytis, lauréats du prix Nobel de littérature, respectivement en 1963 et en 1979. Elytis, considéré parfois comme le poète du soleil et de l’Égée par excellence, avait déjà su scruter très tôt, l’essentiel de l’obscurité de notre si nouveau siècle.

“Je vous l’ai dit déjà. C’est la barbarie. Je la vois surgir ainsi déguisée, sous couvert d’alliances conclues sans foi ni loi, à travers des accords conduisant à l’esclavage. Il ne s’agira probablement plus des fours crématoires d'Hitler ; seulement, de l'assujettissement méthodique et quasi-scientifique de l'homme. Ce dernier, sera ainsi souillé et pleinement déshonoré”.

“Et ainsi alors, on peut se demander: Pourquoi nous battons-nous jour et nuit, enfermés dans nos laboratoires ? Nous nous battons pour un rien, et cependant ce rien relève de l’infinitude. Ce sont enfin nos institutions démocratiques qui sont concernées, et tout laisse à penser qu’elles ne vont pas tenir bien longtemps. C’est cette qualité pour laquelle plus personne ne donne pas un seul sou. L'intégrité de la personne humaine s’acheminant donc vers son éclipse totale. À l’instar de l'indépendance des petites nations, déjà devenue lettre morte. C’est le règne de l'ignorance et de l'obscurité.”

“Ce que l'on appelle ‘les gens pratiques’, en majorité les bourgeois actuels, se moquent de nous, c’est fort typique. Ils ne voient rien. Tandis que nous, nous discernons tout. La vérité, on la verra éclore un jour, sauf que nous ne serons plus là. Notre œuvre pourtant demeurera, et elle sauvera tant notre honneur, comme encore celui de notre époque”, interview d’Elytis, accordée à Soula Alexandropoulou et au quotidien “Kathimeriní”... le 2 novembre 1975.

Lire l'intégralité de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sur son blog Greekcrisis sous le titre "Royaume de Grèce"

La mobilisation s'étend

Communiqué de la CGT du 9 juin 2016

Loi travail

Déterminés à gagner le retrait du projet de loi travail et de nouveaux droits les salarié-es jeunes retraités privés d’emploi continuent cette semaine à faire la démonstration que les mobilisations se développent avec force. Les 8 et 9 juin étaient organisées de très nombreuses initiatives, rassemblements, manifestations, grèves, occupations pacifiques, et notamment :

- Des dizaines de milliers de retraité-es dont 5 000 à Paris ont manifesté dans plus de 90 villes de France pour exiger une augmentation de leur pouvoir d’achat à l’appel d’une intersyndicale (CGT, FO, CFTC, CFE CGC, FSU, Solidaires). Ces manifestations ont convergé avec les actions et manifestations des jeunes et des salarié-es contre la loi travail.

- Dans tous les départements, des initiatives diverses et massives avec de nombreuses manifestations et notamment :

o Au Havre 37 000 personnes ont défilé les grèves se poursuivent notamment à la Compagnie Industrielle Maritime et au terminal pétrolier.

o A la frontière franco-belge, une manifestation a rassemblé 1000 salarié-es des 2 pays

o En Ile de France, 1000 salarié-es ont bloqué le MIN de Rungis

o Dans le Tarn des journées parking gratuit et coupure des radars ont été organisées

- Les mouvements de grève continuent à s’étendre avec de nouvelles professions et entreprises :

o Les portuaires étaient massivement en grève, avec plus de 80% de l’activité arrêtée dans la quasi totalité des ports de France.

o 6 sites de traitement des ordures et déchets ménagères sont en grève, dont celui de la TIRU (paris 13e) depuis 10 jours ;

o La mobilisation est massive dans l’énergie avec notamment 200 000 foyers franciliens basculés ce 9 juin en heures creuses, des arrêts de travail dans 5 centrales nucléaires, plusieurs sites bloqués (Porcheville, Romainville, Villeneuve la Garenne…)

o La grève continue chez les cheminots, les suites du mouvement sont débattues en AG et la signature de la CGT sur le projet d’accord sera décidée par les syndiqués

o Les intermittent-es continuent à se mobiliser et ont envahi le siège du MEDEF le 8/06

o La mobilisation s’ancre et s’élargit dans le privé avec des des actions reconductibles dans de nombreuses entreprises du verre (Owen Sillinoy 63, Pochet du Courval 80, Verrerie Brosse 76, l’ensemble des sites de Verralia,…), de l’agroalimentaire (Panzani 13, Volvic 63, William Saurin 02, Brossard 45 où les salariés après avoir investi une réunion avec la direction, sont en grève à 80% depuis mardi…) du commerce (Amazone 3 sites français sur 4, débrayages d’une heure dans les Intermarché), de la sécurité/prévention (SERRIS, ICTS…) Construction (Vinci IDF, SPIE 44)

La Votation dans les lieux de travail et de vie se poursuit : près de 600 votations sont recensés sur le site votationtravail.fr, permettant à toute la population et notamment aux ingénieurs, cadres et techniciens de débattre et donner leur avis sur la loi travail.

La mobilisation porte d’ores et déjà ses fruits, et des avancées ont été arrachées dans de nombreuses entreprises. Derniers en date, ERDF à Noisy le sec où les agents ont gagné des recrutements et augmentations de salaires tout en faisant profiter 820 familles de leur lutte, et les territoriaux de St Etienne et de son agglomération (embauches…).

La répression qui s’accentue est scandaleuse. Des dizaines de salarié-es mobilisés font l’objet de poursuites, un jeune militant de la CGT est même incarcéré depuis 3 semaines à Lille ! Le gouvernement doit retrouver la raison et répondre à la demande de l’intersyndicale qui appelle à des négociations ! La stratégie de passage en force ne fonctionne pas, les salarié-es sont déterminés à gagner : le 14 juin s’annonce d’ores et déjà massif, et le 23 et 28 juin, nouvelles journées de grève et manifestation, sont prévues par l’intersyndicale. La CGT appelle les salarié-es à continuer à étendre et amplifier leurs luttes !

Montreuil, le 9 juin 2016

Repris du blog de Canaille le Rouge

samedi 11 juin 2016

La CGT interpelle la France devant l’ONU sur les répressions et violences anti-syndicales !

La CGT était lundi 6 juin à Genève pour dénoncer devant le Comité des droits économiques et sociaux des Nations unies la répression syndicale et le climat social délétère en France.

A l’occasion du 58ème examen de la France dans le cadre de l’application du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (« PIDESC ») - le texte de référence en la matière-, la CGT a exposé devant cette instance internationale la discrimination et la criminalisation de l’action syndicale dans notre pays : acharnement judiciaire, peine de prisons fermes à l’encontre de syndicalistes.

La CGT est également revenue sur le projet de loi travail (dit El Khomri) évoquant les dispositions dangereuses et régressives pour les travailleurs qui flexibilisent et insécurisent l’ensemble de nos concitoyens, sans processus parlementaire et avec usage d’une procédure d’exception.

Suite à notre intervention, plusieurs membres du Comité des Nations Unies ont interpellé les représentants du Gouvernement français pour qu’ils s’expliquent sur la stigmatisation du fait syndical et les possibles conséquences sociales du projet de loi El Khomri, ainsi que sur les limitations des droits fondamentaux des travailleurs et citoyens.

Alors que la France traverse une période de tensions sociales sans précédent, la prolongation de l’Etat d’urgence compromet la liberté de manifester pacifiquement, en toute sécurité physique, le droit de grève et la liberté syndicale. A chaque manifestation, aujourd’hui, il y a des blessés, parfois très grièvement. L’usage indéterminé de la violence ainsi que l’utilisation d’un langage guerrier à l’encontre de représentants syndicaux ou de manifestants est en soi une atteinte grave aux droits fondamentaux. On neutralise les manifestants et contribue à porter atteinte à l’exercice effectif de ces droits.

Le gouvernement français s’est retrouvé en difficulté pour répondre aux questions, et a choisi l’esquive, en demandant une suspension de séance.

La CGT reste mobilisée et agit sur tous les fronts pour combattre le projet de loi El Khomri et faire respecter les acquis sociaux, les droits et les libertés publiques en France.

Montreuil le 8 juin 2016

Repris du blog de Canaille Le Rouge

Florilège réactionnaire gouvernemental et ce qu'en dit la CGT

Précisions : ce n'est pas parce que Canaille le Rouge peut avoir et a sur certains points des avis divergents avec ce qui est sorti du 51e congrès de la CGT qu'il va se distancier de ses camarades quand les coup redoublent de violence pour nous faire taire.

Nous débattrons à partir de l'expérience des questions de la CES, celui des contenus revendicatidf et du cahier du même nom plus tard.

Pour le moment, la vichysations du régime pousse à rassembler et faire plier ce pouvoir.

Là est l'essentiel.

La note gouvernementale en direction des alentours des stades est là pour montrer qu'un pouvoir aux abois est prêt à tout pour s'affranchir de la délmocratie.

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Communiqué de la CGT :

Loi Travail

La liberté d’expression existe-t-elle encore pour le ministère de l’intérieur ?

vendredi 10 juin 2016

C’est avec stupéfaction que la CGT vient de découvrir les consignes de sécurité publiées par le ministère de l’intérieur pour l’Euro. Dans le chapitre intitulé « Bien se comporter au sein et aux abords des stades », le ministère de l’intérieur recommande de « ne pas tenir de propos politiques, idéologiques, injurieux, racistes ou xénophobes ». Ces consignes remettent en cause le fondement de la démocratie, la liberté d’expression. En mettant sur le même plan propos diffamatoires, racistes ou xénophobes - qui relèvent de l’infraction pénale - et propos politiques et idéologiques - qui fondent les libertés constitutionnelles et le débat démocratique - elles génèrent un scandaleux mélange des genres. Notons au passage que le ministère de l’intérieur s’inquiète davantage des propos politiques que du sexisme et de l’homophobie, oubliés de ces consignes alors qu’ils sont malheureusement bien présents dans les stades.

Le gouvernement a-t-il peur que les supporters, qui sont aussi salarié-es, privé-es d’emplois, jeunes… ne débattent de la loi travail ? La ficelle est grosse et démontre que la stratégie visant à opposer supporters et grévistes ne fonctionne pas. Une large majorité de français-es refusent la loi travail, c’est donc aussi le cas des supporters ! De telles consignes sont en tout cas la preuve de la fébrilité du gouvernement, qui depuis 4 mois, en empêchant la négociation et le débat parlementaire, refuse tout débat sur la loi travail. La CGT exige des clarifications rapides de la part du ministère de l’intérieur et la modification de ces consignes, manifestement contradictoires avec les libertés constitutionnelles.

La CGT continuera sa campagne d’information massive sur la loi travail et ses dangers, sur les lieux de travail, les lieux publics et aux abords des stades. La CGT Ile de France organise d’ailleurs dès cette après-midi une opération « Carton rouge à la loi Travail ». Des initiatives de votation et débats avec les supporters sont prévues partout en France.

Pour que les supporters passent un bel Euro et que ce grand évènement sportif valorise la France, la CGT réitère son appel à l’ouverture de discussions. L’intersyndicale attend toujours la réponse du Président de la République à son courrier du 20 mai dernier, dans lequel les organisations syndicales demandaient à être reçues. Par son refus de négocier le gouvernement est responsable du blocage. La loi travail est minoritaire dans l’opinion, minoritaire chez les syndicats, minoritaire chez les parlementaires, elle doit être retirée !

Montreuil, le 10 juin 2016

Et comme il faut tout décortiquer et mettre à plat tant les chiens de gardes sont aussi obéissants qu'agressif, précisions de la confédé CGT :

Loi travail

Le vrai dialogue c’est pour quand ?

vendredi 10 juin 2016

La CGT s’étonne de découvrir par voie de presse que la Ministre du travail et du dialogue social serait prête à recevoir "dans la minute" Philippe Martinez. En effet, alors que la CGT réclame depuis plus de trois mois maintenant la possibilité de faire valoir ses revendications autour d’un code du travail du XXIème siècle, et qu’elle est prête à être reçue y compris le samedi et le dimanche, la ministre a fait savoir hier que son agenda ne permettait pas un tel rendez-vous avant le 17 juin.

La Cgt se réjouit donc de cette annonce et espère que le rendez-vous à venir permettra enfin au gouvernement d’entendre la colère et l’exaspération de millions de salariés.

Montreuil, le 10 juin 2016

Repris du blog de Canaille le Rouge

Grèce. Experts européens, banquiers, privatisations et brigandage

leda.gif Collections du Musée de l'Europe & de l'Afrique

Six experts du Taiped, le fonds chargé de liquider les biens publics, ont été relaxés, vendredi. Ils étaient poursuivis dans l’affaire de la cession litigieuse de 28 bâtiments publics. L’ingérence de la Commission européenne n’est pas étrangère à cette décision de justice.

Pas de levée des poursuites, pas de déblocage d’une nouvelle tranche de prêt de 7,5 milliards d’euros. C’est en substance le chantage que laisse deviner la relaxe de six « experts » du Taiped, le fonds de privatisation chargé de la liquidation des biens publics grecs, après leur comparution, vendredi, devant la justice. Comme trois membres du conseil d’administration du fonds, ils étaient poursuivis pour « abus criminel de biens sociaux ».

L’affaire remonte à 2011, lorsque le gouvernement Papandréou transfère au Taiped 28 propriétés et bâtiments publics en vue de leur cession. Ces biens appartiennent aux ministères de la Culture, de l’Intérieur, de la Justice, de la Santé, de l’Éducation, mais aussi à l’administration fiscale, au secrétariat général des systèmes informatiques, à l’Agence statistique nationale et à la police d’Athènes. Grande braderie de biens publics

En 2013, le conseil d’administration du Taiped approuve, sur proposition unanime du conseil des experts, et sous l’oeil bienveillant du gouvernement Samaras-Venizelos, la vente de ces biens, répartis en deux portefeuilles de 14 lots chacun, à deux établissements financiers, Ethniki Pangaia, filiale de la Banque nationale (rachetée depuis par le fonds d’investissement néerlandais Invel Real Estate), et Eurobank Property, filiale de la banque grecque Eurobank, propriété du milliardaire Spiro Latsis. Montant total de la transaction : 261 millions d’euros. Problème, les deux contrats de vente sont assortis de 28 contrats de location sur vingt ans : les institutions publiques concernées restent dans les murs, en contrepartie de loyers annuels qui s’élèvent, pour la première année, à 25,5 millions d’euros. Pour les banques acquéreuses, c’est une affaire en or : elles sont assurées d’amortir l’investissement en dix ans et de doubler leur mise en vingt ans. Mais pour l’État grec, c’est une perte sèche, propre à creuser encore un déficit public abyssal. Qu’importe, les créanciers de la Grèce, FMI en tête, pressent le pays de mettre en gage tous ses actifs publics pour éponger sa dette et l’affaire est conclue au mois de mai 2014. Au passage, les nouveaux propriétaires sont exemptés de tout impôt, taxe ou droit, et une clause du contrat les prémunit contre toute réduction des loyers. Pour bétonner l’arnaque, la Cour des comptes donne sa bénédiction à la transaction. Mieux encore, la somme perçue dans le cadre de cette vente n’est pas créditée sur un compte spécial du Trésor dans un délai de dix jours, comme le prévoit la loi. Et l’État grec ne verra jamais la couleur des 100 000 euros d’intérêts qui auraient dû lui être versés pour le retard.

Scandalisés par ce braquage, des avocats du Pirée portent plainte. Une enquête est ouverte, elle est confiée au parquet anticorruption. Lequel conclut, en 2015, dans un rapport de 200 pages, à la sous-estimation de la valeur raisonnable des immeubles et de leur plus-value future. La justice évalue le préjudice, pour l’État grec, à 580 millions d’euros. Couverts par l’avis de la Cour des comptes, les experts et membres du conseil d’administration du Taiped ne peuvent, pourtant, être poursuivis pour malversation et détournement de fonds. Qu’à cela ne tienne, les suspects sont mis en examen pour « abus criminel de biens sociaux ». Une relaxe contre toute attente

Parmi les six experts relaxés vendredi contre toute attente, il y a trois Grecs et trois technocrates étrangers : un Slovaque, un Espagnol et un Italien, désignés par le groupe de travail de l’Eurogroupe. Tous ont minimisé leur rôle dans la transaction litigieuse, se présentant comme de simples « consultants ». Surtout, cette décision de justice n’est pas sans rapport avec les pressions extérieures, à commencer par celle de l’Eurogroupe qui aurait menacé, selon le quotidien grec Kathimerini, de bloquer le versement d’une tranche de prêt de 7,5 milliards d’euros déjà conditionnée à l’adoption, le 22 mai, d’un nouveau mémorandum d’austérité.

En fait, il semblerait même que Bruxelles ait exercé un chantage à l’immunité de ses « experts » intervenant en Grèce pour mettre en œuvre les programmes d’austérité. Le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, l’a confirmé vendredi, en des termes à peine voilés : « Des marges de manœuvre satisfaisantes devraient être garanties à tous les experts européens qui aident la Grèce à redresser son économie et à retrouver le chemin de la croissance. »

Rosa Moussaoui

L'Humanité

Mardi, 7 Juin, 2016

vendredi 10 juin 2016

La Grèce, la « loi travail », l’eurofascisme et la « gauche » de la « gauche »

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Manuel Valls a déclaré sur BFM-TV, le 26 mai 2016 : "Je ne minimise ni les difficultés pour notre entrepr... heu notre pays ni le comportement irresponsable de la CGT... "

"Pour que chacun le comprenne, reconnaissons-le, c’est beaucoup trop long. Je me faisais la remarque pour que vos auditeurs et vos téléspectateurs comprennent bien. En Grèce, le gouvernement Tsipras, un gouvernement de gauche, avec d’abord une grève générale, mène des réformes courageuses, ces réformes ont été adoptées en quelques heures : 1500 pages (7500 pages en anglais pour être précis, NDE), sans amendements par le Parlement. Parce que parfois il faut aller vite dans la réforme. Nous ce texte a dû être adopté au Conseil des Ministres au début de l’année, il va être adopté définitivement au mois de juillet parce qu’il y a plusieurs lectures, à l’Assemblée et au Sénat, c’est notre constitution. Donc le texte va revenir seulement à l’Assemblée Nationale au début de juillet..." (Bourdin Direct, RMC, 26 mai 2016).

Quelques jours plus tard, en visite à Athènes, capitale d’un pays d’Europe du Sud colonisé par l’UE et les multinationales, le triste Sire poursuivait ses aveux en rendant hommage au Premier Ministre grec Alexis Tsipras « qui a su prendre des décisions de réformes courageuses et difficiles et qui a su convaincre le Parlement grec de les adopter » (L'Obs, 3 juin 2016), . L’allusion était transparente au fait que Manuel Valls avait dû recourir au 49.3 pour espérer voir adoptée la « réforme courageuse » que constitue « la loi travail ».

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« Plaisir spinoziste de la vérité qui se révèle »

Selon la presse, le seul reproche adressé au Premier Ministre fut de se rendre au soleil quand la Région parisienne était sous la pluie se dont il de défendit vaillamment : « Oui, il y a les inondations mais personne ne pourra me reprocher d'être en Grèce, confie le Premier ministre. Je suis en Europe, à 3 heures de Paris, et la situation est gérée par François Hollande, donc tout va bien » (RTL, 3/06/2016).

Et pourtant.

Les déclarations de Manuel Valls sonnent comme les dernières prémices d’un Coup d’État et en disent long sur la métamorphose qui affecte les partis dominants de la classe politique française, nous rappelant ces politiciens factieux des années 30 convertis en leur for intérieur au fascisme et préparant activement son avènement.

Ces aveux sont de ceux qui résonnent au Tribunal de l’Histoire.

Car d’une part, Valls souhaite ouvertement la fin du Parlementarisme en se félicitant implicitement des progrès accomplis en Grèce sur cette voie.

Et d’autre part, Valls avoue que la « loi travail » s’inscrit dans le même type de « réformes courageuses » qui ont tout à voir avec la destruction totale du droit et de la sécurité sociale que connaît la Grèce livrée à l’occupation de l’Union européenne. Réduite à un protectorat de l’UE désormais dépourvu de toute souveraineté, cette Grèce citée en exemple prometteur est martyre d’un sociocide accompli avec la complicité totale dudit Valls, de Hollande, du Parti socialiste et du Parlement français, dont les responsabilités criminelles sont engagées.

En vendant la mèche, Valls rend un fier service à tous ceux et toutes celles qui, depuis au moins 2005, alertent inlassablement contre la marche forcée à l’eurofascisme qui s’est accélérée avec le parachèvement de la main-mise totale des banques et des multinationales sur une UE dont elles sont les principales architectes.

Puisse cette compréhension de ce qui se joue historiquement se répandre suffisamment vite par le travail militant.

Car la France en lutte contre la « loi travail » ne le sait pas clairement, mais elle est en lutte contre l’eurofascisme et, comme le laboratoire grec l’indique, il est minuit moins le quart.

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mercredi 8 juin 2016

"Il n'y a rien de pire qu'une révolution ratée"

revolutionratee.PNG Cliquer sur l'image pour visualiser l'interview

Il n'y a rien de pire qu'une révolution ratée. Ça coûte très cher après. Et j'avais vraiment raison. Parce que je pense que beaucoup de choses qui sont arrivées dans le monde entier, de Berkeley jusqu'à Moscou, au moins dans l'Université, sont le produit du fait que 68 a été une fausse révolution, mais qui a fait peur comme une vraie. Voilà, les gens ont eu peur, les professeurs etc. Et ça a déterminé une réaction, un mouvement de réaction thermidorienne, très très fort, dans la littérature, dans l'art, dans la philosophie, parce qu'une révolution ratée, ça fait peur comme une vraie révolution, mais ça ne change rien. C'est ça une révolution ratée...

samedi 4 juin 2016

Grève au Franprix à Saint-Denis : les raisons de la colère

franprix2.PNG

Depuis ce matin à 8h, une majorité des caissières du Franprix rue de la République de Saint-Denis c'est mis en grève, soutenu par l'UL SUD Solidaires et SUD Commerces et Services. Un rassemblement est prévu à 11h pour les soutenirs, signer la pétition, récolter des fonds pour la caisse de grève.

Voici ci dessous le tract des camarades :

Un travail pénible avec des conditions de travail difficiles, des salaires au plus bas, une vie familiale malmenée par des ouvertures le dimanche après 13h, alors que la loi l’interdit… une fâcheuse tendance anti-syndicale de l’enseigne Franprix où il faut par exemple passer par le tribunal pour obtenir les élections du personnel… Et cerise sur « l’exploitation » : la loi «travail» qui va fragiliser encore plus les salarié-é-s du commerce…

Le personnel du Franprix République a décidé de se rebiffer et de ne plus se laisser faire !

Les revendications :

- Fermeture du magasin à 13h le dimanche (c’est illégal d’ouvrir après 13h)

- Augmentation des salaires de 300 euros par mois

- Paiement double des heures travaillées le dimanche matin

- Remplacement des salarié-e-s en maladie ou en congé maternité

- Maintien de l’emploi sur le magasin

- Respect du temps de pause sur le magasin

- Paiement des heures supplémentaires

- Retrait de la loi «travail»

- Respect des instances représentatives du personnel sur le magasin

Passez devant le magasin, venez discuter, soutenez les grévistes !

Une caisse de grève et de solidarité est mise en place.

contact@solidaires-saintdenis.org

Dernières nouvelles :

Ce soir les salarié-e-s de ce Franprix ont plus de choses que ce matin !

Alors qu'en début d'après-midi les négociateurs de Franprix refusait de céder quoi que ce soit, la détermination des grévistes leur a permis d'engranger une première victoire. Un protocole d'accord a été signé qui prévoie une hausse des rémunérations le dimanche, un remplacement des personnes et l'ouverture de négociations pour l'augmentation des salaires. Dans ces conditions les camarades ont accepté de reprendre le travail. Et grâce à la caisse de grève alimenter par la population de la ville, elles et ils n'ont pas perdu d'argent sur leur maigre salaire. Merci à toutes celles et tous ceux qui ont apporter du soutien à la lutte. La solidarité paye !

Les salarié-e-s soutenu-e-s par la section syndicale du magasin et par l'UL SUD Solidaires Saint-Denis restent vigileant-e-s sur les suites données aux autres revendications. Le rassemblement de dimanche à 11h est annulé. L'UL reste sur ses gardes concernant toute attaque à l'égard des grévistes et alertera et mobilisera le plus grand nombre en cas de coup fourré et de répression.

Tou-te-s ensembles nous sommes plus fort-e-s !

vendredi 3 juin 2016

Note de la CGT à toutes ses organisations en date du 2 juin 2016

Extraits:

Il n'y a aucun contact avec le gouvernement pendant des mois, le seul qui ait eu lieu est l'appel téléphonique de samedi dernier.

Il n'y a aucune négociation secrète et c'est le cas dans toutes les professions.

Par rapport au texte de loi, la CGT rappelle les articles de loi qui son inacceptables et qui à eux seuls structurent l'intégralité du texte:

- L'article 2: inversion de la hiérarchie des normes, l'accord d'entreprise primant sur le Code de Travail -note de ma pomme-.

- L'article 10: référendum d'entreprise.

- l'article 11: accords de préservation et de développement de l'emploi.

- L'article 30: lienciements économiques.

- L'article 44: remise en cause de la médecine du travail.

- L'article 52: remboursement des indus par les privés d'emploi.

Ces articles constituent la colonne vertébrale de la loi et justifient notre demande de retrait.

Repris du blog de Roger Colombier

Ordo-libéralisme Nouveau : rendre la Constitution du pays mieux conforme... avec la réalité européenne

Note du concierge : On lira en complément l'article d'Alain Lipietz sur les origines de sinistre mémoire de la pensée juridique de l'ordo-libéralisme

Vie quotidienne qui se greffe alors obligatoirement aux grands phénomènes de la... biosphère du fait géopolitique. À travers son reportage, le journaliste de “Kathimeriní” du dimanche dernier (29 mai) regrette profondément la disparition de tant de milliers de petits (et parfois grands) bateaux traditionnels en bois, ceux qui sillonnaient encore il y a deux ans nos mers, bateaux devenus bien rares, pour cause de mise à la casse, réglementation de l’UE oblige, tout y est, l’euronécrophilie en plus. “Le métier traditionnel, vieux de plus de trois millénaires, celui de l'artisan, leur concepteur et fabriquant disparaît finalement en même temps”, note avec tant de nostalgie le journaliste.

Les bateaux disparaissent, nos... Constitutions aussi. Dans sa même édition, le journal “Kathimeriní” présente en... avant-première, l’ébauche d’une “nouvelle Constitution pour la Grèce, novatrice et modernisée, en rendant par exemple impossible la tenue d'élections législatives anticipées, tout comme, en opérant le transfert d'un certain nombre de prérogatives du Parlement, vers le pouvoir exécutif, ce dernier pourrait notamment être confié autant aux technocrates. Car il faut rendre la Constitution du pays mieux conforme... avec la réalité européenne, mais aussi avec celle des mémoranda”.

Le mot est lancé. Ces temps-ci, le “gouvernement” et le “Parlement” s’affairent pour renforcer le privilège de l’'immunité de juridiction dont bénéficie déjà la “Société Holdings SA et son Conseil exécutif” (article 192, paragraphe 7 de la loi 4389/2016), s’agissant de la... Treuhandanstalt à la grecque, (littéralement en français: “Agence fiduciaire”).

Pour mémoire, c’était l'organisme de droit ouest-allemand chargée de la privatisation des biens de la République démocratique allemande (RDA) après la réunification du pays. Pour ce qui est de la “Société Holdings SA”, elle est chargée de la privatisation ou de la “rentabilisation” des biens de la Grèce, l'organisme est alors placé sous le droit de britannique et/ou luxembourgeois, c’est-à-dire, celui des dits “créanciers”.

En prévision... initiale, la loi Tsipromémorandaire 4389/2016, évitera par exemple les “problèmes” dans le cas d'un procès (visant le dispositif mémorandaire, actuellement inconstitutionnel), et seul, le procureur de la Cour suprême, décidera de la recevabilité de l'examen préliminaire de la plainte, en cas de rejet, il n’y aura ni suite ni possible recours. C’est très exactement le type de problématique qui préoccupe en ce moment les divers cabinets d'avocats d'Athènes, ceux que la troïka a engagé (rémunérés avec de l'argent du peuple grec, bien sûr), pour ainsi “soigner” dans les moindres détails, le classement sans suite des poursuites visant à l'avenir, le cadre mémorandaire actuel.

Le processus est désormais connu... pour ne pas dire rodé. D’abord, la Constitution est suffisamment malmenée par les lois de l’UE, et/ou, par de reformes de type mémorandum, ou sinon, dans une variante moins... lourde, par ces dispositions présentées comme indispensables, la loi El Khomri, produit d'importation made in Union européenne illustre très exactement cette réalité pour ainsi mentionner un exemple autre que la Grèce.

Ensuite... très simplement, les Constitutions déjà malmenées des pays en question, sont purement et simplement remplacées par ces nouveaux textes “fondamentaux”, fondamentalement européistes, “ainsi gravées dans le marbre”. Sauf que l’irréversibilité prétendue dans l’histoire (celle du IIIème Reich jadis, celle de l’Euro et de l’UE bien de notre temps), ne relève que de la propagande des... envahisseurs pour le dire ainsi clairement. Les peuples ont démontré que souvent cette irréversibilité, a été renversée par les luttes d’en bas. Voilà en résumé pour notre instant historique de cet été 2016.

Lire l'intégralité de l'article de Panagiotis Grigoriou, paru sur son blog Greekcrisis, sous le titre "Départs et passages".

Bal des vampires à Athènes

VallsSytagma.PNG Attention, le grand admirateur de la démocratie grecque et néanmoins eurofasciste pratiquant va sortir et violer sauvagement la souveraineté des Grecs sur lesquels il participe activement à un crime de masse.

Depuis hier soir, Athènes est sous très haute surveillance. Une tentative d’enyaourtage du premier ministre français a malheureusement échoué près du parlement, suite à la fermeture du centre-ville, notamment de la station de métro de la place Syntagma à partir de 18h. Les déploiements policiers sont immenses et les gardes du corps sur les dents.

C’est avec un statut similaire à un chef d’État que Valls, visage fier et allure de colon, a passé en revue la garde nationale grecque devant le monument du soldat inconnu, avant de finir la soirée dans l’opulence, sur la terrasse du musée de l’Acropole, à quelques centaines de mètres seulement d’un campement de sans-abris (dont plusieurs enfants) expulsés de leur domicile suite à la réforme du code civil. Le repas gastronomique a été servi en compagnie du ministre de l’économie français Michel Sapin, coordinateur du pillage du bien commun en Grèce au bénéfice de grandes firmes françaises : EDF, Vinci[1], Thalès, Veolia, Suez ou encore la SNCF qui s’apprête à racheter pour une bouchée de pain la société grecque de chemin de fer, TRAINOSE, ce qui aura pour effet de doubler des prix qui étaient jusqu’ici parmi les plus bas en Europe, et qui convoite également des infrastructures ferroviaires. Harlem Désir, secrétaire d’État aux affaires européennes figurait également parmi les convives, ainsi que Giorgos Stathakis, le très controversé ministre grec de l’économie, héritier d’une grande famille d’armateurs, connu pour avoir oublié de déclarer au fisc 38 biens immobiliers (oui, vous avez bien lu : 38 !) et plus de 1,8 millions d’euros égarés sur un compte discret. Ce scandale dure depuis le mois de décembre en Grèce et les manifestants y font souvent allusion, parmi d’autres cas de corruption et de népotisme qui s’ajoutent au bilan désastreux de la capitulation du 13 juillet 2015.

Hier soir également, sous les applaudissements nourris d’une assistance triée sur le volet, Tsipras n’a pas manqué de féliciter Valls et de témoigner son « estime » à l’un des hommes politiques pourtant les plus détestés de l’hexagone, qu’il a même qualifié d’ « ami ».

Lire la suite de l'article de Yannis Youlountas paru sur son blog sous le titre : "Que font vraiment Manuel Valls et Michel Sapin actuellement à Athènes ?"

(Via Sylvie Haller)

Notes

[1] Xavier Huillard, le PDG de Vinci, avait même accompagné François Hollande en Grèce lors de son voyage des 22 et 23 octobre 2015.

Encore des réponses de Députés ayant signé une motion de censure de gauche et refusé de voter une motion de censure de droite

Lire l'adresse aux parlementaires

Par ordre d'apparition

Les réponses des députés sont précédées de nos réponses aux réponses

Mme Eva Sas

Députée de la 7ème circonscription de l'Essonne

EELV, non-inscrite suite à l'explosion de son groupe parlementaire

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Chère Madame,

vous écrivez : "C'est pourquoi je m'engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour réunir les signatures nécessaires pour déposer une nouvelle motion de censure écologiste et de gauche, en seconde lecture de la loi travail, à l'Assemblée nationale."

J'imagine que dans cette heureuse perspective, vous ferez en sorte qu'elle ne puisse être votée par la droite et que la vertu des signataires soit ainsi préservée ?

Vous ne faites "jamais la politique du pire", écrivez-⁠vous.

Non, vous la laissez faire par le gouvernement le plus à l'extrême-droite depuis 1944 pour préserver votre vertu, sourde à l'appel du pays.

C'est à cette capacité de ne pas céder à la populace que l'on reconnaît les grandes figures de notre histoire.

Vous comprenez cependant que vous ne nous représentiez pas.

Nous ferons cependant tout ce qui est en notre pouvoir auprès du Musée des Télécoms pour que votre conjuration des vertueux mise à la retraite d'office puisse se réunir dans la cabine téléphonique publique qui servait aux Radicaux à cet usage et que cet établissement conserve précieusement.

Ainsi soit-⁠il,

Pour le Musée de l'Europe & de l'Afrique

Le Concierge

En réponse à

Madame, Monsieur,

Vous m'avez interpellé, en tant que députée, quant à ma position sur la loi instaurant de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actif-ve-s, dite « loi travail ». Je tiens tout d'abord à vous remercier pour votre mobilisation sur ce sujet, qui représente un combat politique essentiel pour notre démocratie et les conditions de travail des salariés.

Ma position n'a pas changé depuis l'annonce de cette réforme : j'y suis opposée. Le 8 mars, pendant les questions au gouvernement, j'expliquais mon opposition aux orientations gouvernementales, tout en proposant de construire « une réforme du Droit du travail du XXI ème siècle ».

Face à l'obstination du gouvernement, qui organise la mise en concurrence des salariés, la course au moins disant social entre entreprises, et pire entre les établissements d'une même entreprise, je suis intervenue à nouveau pendant les questions au gouvernement le 5 avril. Je rappelais alors au gouvernement le succès des manifestations des 9 et 31 mars, ayant réunies respectivement 500 000 et 1,2 millions de citoyennes et de citoyens. J'ai aussi salué dans l'hémicycle le phénomène « Nuit debout, né de la contestation de la précarité qu'organise la loi travail, mais qui représente aussi l'aspiration à une nouvelle forme de démocratie et de société ».

Pour promouvoir une autre réforme, j'ai, avec les député-es EELV et apparenté-es, déposé 52 amendements, en commission et en séance, pour améliorer cette loi dans le sens de justice sociale et de l'intérêt général.

Le mardi 3 mai 2016, j'ai eu l'honneur de monter à la tribune au nom de mon groupe pour défendre notre proposition pendant la discussion générale. J'ai alors interpellé le gouvernement avec force en demandant : « Est-ce pour cela que nous avons été élus en 2012 ? », et de conclure, « au nom des valeurs de progrès, de justice et d'intérêt général qui nous unissent, j'espère encore que vous écouterez nos propositions, que vous abandonnerez le chemin que vous avez emprunté avec ce projet de loi, et que vous vous souviendrez des espoirs qu'en mai et juin 2012, les Français avaient placé en nous ».

Malheureusement, après la discussion générale, le débat parlementaire n'a pas pu se poursuivre. Le gouvernement a engagé, le mardi 10 mai, sa responsabilité devant le parlement en utilisant l'article 49 alinéa 3 de la Constitution pour passer en force : j'ai dénoncé et regretté ce déni de démocratie.

En conséquence, avec les députés EELV, nous avons fait le choix de réunir les conditions pour déposer une motion de censure progressiste, de toutes les gauches et de l'écologie représentées à l'Assemblée nationale. Nous ne sommes parvenu, malheureusement, à réunir que 56 signatures, contre les 58 requises, dans le délai imparti de 24 heures, pour respecter la règle constitutionnelle.

Pour autant, je n'ai pas voté la motion déposée par Les Républicains, débattue le 12 mai dans l'hémicycle. En effet, le texte de cette motion exprime la volonté de déréguler plus encore le marché du travail et de réduire les dépenses publiques. Cette orientation est néfaste pour notre pays et je ne choisis jamais la politique du pire.

Mon objectif est de protéger notre modèle social qui nous permet de vivre bien ensemble, contre les coups de butoir de ce gouvernement, mais aussi contre le programme libéral de la droite. Je ne peux voter un texte en totale contradiction avec les valeurs écologistes et humanistes que j'ai toujours portées dans mon engagement politique.

Toutefois, je reste plus que jamais mobilisée pour obtenir le retrait de la loi El Khomri. En initiant un projet de motion de censure écologiste et de gauche, nous avons posé collectivement les bases d'une véritable refondation de la gauche et des écologistes, porteuse d'espoir.

C'est pourquoi je m'engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour réunir les signatures nécessaires pour déposer une nouvelle motion de censure écologiste et de gauche, en seconde lecture de la loi travail, à l'Assemblée nationale.

C'est la nouvelle bataille qui est devant nous, et elle est imminente, puisqu'elle se déroulera entre juin et juillet prochain.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes respectueuses salutations.

Députée de la 7eme circonscription de l'Essonne

Permanence locale

56, Grande rue

91260 Juvisy-sur Orge


Benoît HAMON

Député de la 11ème circonscription des Yvelines PS, Groupe Socialiste, écologiste et républicain

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Monsieur le Révérend Père Benoît Hamon,

Nous avons été très profondément touchés par votre invocation des plus hautes valeurs éthiques et politiques qui vous ont préservé de la Tentation de voter la motion de censure dite de droite faisant ainsi la si pieuse Démonstration de votre Vertu inextinguible."La très Sainte Morale préside à toutes les vocations politiciennes" (Évangile Parlementaire, Titre I, article 2.)

Apprenez que ces Valeurs et l'esprit sacerdotal qui vous animent sont partagés dans les mêmes termes, pratiquement au verset près, par votre sœur en religion, la Très Sainte Nitouche Cécile Duflot.

Elle partage avec vous la Très Sainte arithmétique impénétrable du Seigneur, selon laquelle l'addition de 51 voix "de gauche" ayant signé une motion de censure de la même réputation et des 246 voix ayant voté la motion de censure de droite n'ont "concrètement aucune chance" d'atteindre un résultat égal ou supérieur à 288.

Et nous respectons votre choix de la pureté qui fut de ne point mêler votre essence qui est un Don de Notre Seigneur, Peuple souverain, à celles frelatées des fornicateurs de LP et du FN, expiant ainsi votre péché commis en la Sodome et Gomorrhe du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen à la date maudite de 2005.

Nous ne doutons pas que vous ne tolérerez point identiquement que si survient le Miracle de la Motion de Censure de Gauche (Alléluia et Bénie Soit-Elle), elle puisse être souillée d'impures et sacrilèges voix de droite (Car maudites soient-elles).

La chute de l'Ante-Christ, le gouvernement le plus d'extrême-droite depuis 1944, que réclame aveuglément la populace, ne saurait en effet se faire au prix d'un Sacrilège en votre Sainte Église politicienne (Bénie soit-elle pour des siècles et des siècles), qui EST Éthique, Valeurs et Lumière du Progrès Humain et Supra-Humain.

Amen.

Pour le Musée de l'Europe & de l'Afrique,

le Concierge

En réponse à :

Bonjour,

Il y a maintenant plusieurs semaines, le gouvernement nous proposait un avant-projet de loi travail tout simplement inacceptable, faisant consensus contre lui. Après quelques modifications, subsistaient néanmoins des désaccords de fond, notamment sur l’inversion de la hiérarchie des normes qui constitue une légalisation du dumping social au sein de chaque branche professionnelle. Face à l’opposition massive -tant populaire que parlementaire- qu’a suscité ce projet de loi, le gouvernement s’est trouvé dans l’obligation de recourir au 49-3 pour faire passer le texte, bloquant ainsi tout débat supplémentaire, pourtant essentiel à la vie démocratique de notre pays. Loin d’apaiser le climat social, cette décision n’a fait que renforcer les tensions déjà vives autour de ce projet.

En tant que député de gauche attaché à des valeurs que je porte et défends depuis le début de mon engagement politique, j'ai agi pour réunir 55 autres députés socialistes, écologistes, membres du front de gauche ou non inscrits pour incarner ensemble le refus du projet de loi travail mais également du recours au 49-3. Nous nous sommes ainsi rassemblés autour une motion de censure de gauche, qui n’a cependant pas abouti : il a hélas manqué deux signataires afin de pouvoir la déposer.

J’ai été à de nombreuses reprises sollicité, comme la plupart de mes collègues, pour voter la motion de censure déposée par la droite. Mais pour des raisons d’ordre éthique, il m’a semblé inenvisageable de voter cette motion de droite. D’abord, parce qu’elle est à l’exact opposé de mon engagement et de mes positions, en réclamant notamment l’assouplissement des licenciements économiques et en dénonçant les syndicats qui “verrouillent le système”. Ensuite, parce qu’il aurait fallu réunir 288 voix pour bloquer le projet de loi Travail, ce qui n’était que très peu probable. J’aurais donc mêlé ma voix à celle du Front National et des Républicains pour voter un texte dont le contenu m’est étranger et qui n’avait concrètement aucune chance de bloquer la loi travail.

Le combat n’est pas fini. Si le gouvernement n'entend pas la contestation et n'ouvre aucune discussion nouvelle, rien ne s'opposera au principe d'une nouvelle motion de censure de gauche lors de la deuxième lecture du texte, prévue en juillet 2016.

Soyez assuré que mes convictions continueront de guider mes choix et mes prises de position.

Bien à vous,

Benoît Hamon Député des Yvelines

Il y a 16 ans : "Contre la pensée Tietmeyer"

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Le journaliste du Monde aurait pu ou dû interroger M. Hans Tietmeyer sur le sens qu'il donne aux mots clés de la langue (de bois) des investisseurs, «rigidités-sur-le-marché-du-travail» et «flexibilité-sur-le-marché-du-travail» (les travailleurs, eux, s'ils lisaient un journal aussi indiscutablement sérieux que le Monde, entendraient immédiatement travail de nuit, travail pendant les week-ends, horaires irréguliers, stress accru, etc.). Observant que «sur le marché du travail» fonctionne comme une sorte d'épithète homérique qui peut être accrochée à toutes sortes de mots, comme flexibilité et rigidité, on peut être tenté, par jeu et pour éprouver la flexibilité du langage de M. Hans Tietmeyer, de parler par exemple de «flexibilité sur-les-marchés-financiers» ou de «démanteler les rigidités des marchés financiers». L'incongruité d'un tel usage saute aux yeux et l'on peut en conclure que c'est bien aux travailleurs, et à eux seuls (contrairement à ce que pourrait laisser croire le «nous» ­ si nous faisons un effort ­ de M. Hans Tietmeyer) qu'est demandé cet effort de «flexibilité». Et que c'est aux travailleurs que s'adresse la sourde menace, proche du chantage, qui est contenue dans la phrase: «De sorte qu'une nouvelle phase de croissance ne sera atteinte à nouveau que si nous faisons ­ si vous faites ­ un effort de flexibilité sur le marché du travail.» En clair, lâchez aujourd'hui vos acquis sociaux au nom de la croissance que cela nous apportera demain. Une rhétorique que les travailleurs concernés connaissent bien, qui résumaient ainsi la politique de participation que le gaullisme, en d'autres temps, leur offrait: «Tu me donnes ta montre et je te donne l'heure.»

Pierre Bourdieu

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