Musée de l'Europe et de l'Afrique

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mercredi 17 mai 2017

Le développement durable : une pollution mentale au service de l'industrie

Pour célébrer la nomination du nouveau Ministre de la "transition écologique", Le Musée de l'Europe sort de ses collections cet article datant de 2005.

environnement.gif Rond Point Schuman, Bruxelles, sculpture célébrant l'année de l'environnement. Collections du Musée de l'Europe

Les grands pollueurs ont tout intérêt à ce que le « développement durable » soit avant tout un problème de responsabilisation du consommateur-citoyen, faisant ainsi de la pollution un problème de manque de civisme et de la consommation une solution : la meilleure façon de protéger la nature, c’est encore de consommer… Et le consommateur n’a plus que l’embarras du choix : entre Leclerc et Carrefour, lequel soutenir de son acte d’achat « écologique » et « éthique » ? Quelle enseigne oligopolistique vouée à la consommation de masse, poussant au productivisme, au dumping social et aux délocalisations, jetant sur les routes un flux exponentiel de camions, est la plus engagée sur la voie du « développement durable » ?

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mercredi 10 mai 2017

Demandez le programme (2)

Au bout de huit années de “crise grecque”, la société en sort transformée, les liens interpersonnels, amoureux, conjugaux, amicaux, professionnels ne sont plus pratiqués de la même façon qu’avant 2010. La gestion même du temps (comme... du temps existentiel restant), devient alors impossible pour le plus grand nombre. Dans un sens, à défaut de calendrier évident, pas d’espoir manifeste, et point d’avenir...

La presse grecque, médias hertziens et électroniques compris, plus cadavérique que jamais, versera en outre chaque jour, son flot d’atrocités de toute sorte: criminalité “ingénieuse”, meurtres en série (dont infanticides et même filicides), sans oublier les nouvelles... renouvelées sans cesse depuis le front des dites reformes structurelles initiées par la Troïka élargie, avec l’aimable participation des “gouvernements grecs”. Conditionnement... consubstantiel comme on sait d’une certaine mécanique sociale.

Et en Grèce, ce conditionnement d’une certaine mécanique sociale, voire d’une mécanique sociale alors certaine, avait été inauguré (pour ce qui est de sa phase actuelle) par la “préparation” de l’opinion devant “l'opportunité positive, incarnée en la personne de Georges Papandréou” (et tous le violons de la presse s’accordèrent), c’était en 2009.

La suite est connue. Georges Papandréou a inauguré l’ère de la métadémocratie mémorandaire en 2010. Depuis, la Constitution est sans cesse violée suivant une série caractérisée par de nombreux Putschs successifs, (pseudo) légalisés par le “Parlement” ou sinon au moyen de la “gouvernance” par décrets (ordonnances). Faire élire sous ces conditions “petit Georges”, comme les Grecs le surnomment le plus souvent, relève alors du Putsch inaugural, s’agissant de cette séquence historique qui est la nôtre, qui plus est, introduite par la bancocratie ambiante.

C’est en ce sens d’ailleurs que les Grecs croient ressentir, et cela avec amertume et tristesse, que l’élection (ou “élection”) d’Emmanuel Macron en France, inaugurerait probablement cette même séquence historique pour les Français, certes toute proportion gardée. Le nouveau régime issu “de la crise” se fait bien long. Cette semaine par exemple... rien qu’en Grèce, la presse publie le texte original du mémorandum-4bis qu’un certain Alexis Tsipras vient de parapher.

Plus de 140 mesures et reformes dites structurelles y figurent, et cela pour une durée... prévue et ainsi étalée sur cinq ans. Et déjà, l’énième diminution du montant des retraites qui figure dans ce texte vient d’être jugée anticonstitutionnelle par la Cour de Justice compétente à Athènes mardi 9 mai, d’après le reportage du jour, par exemple celui du quotidien “Kathimeriní”, et alors ?

Cette liste est publiée le plus souvent dans son “état brut”, c’est-à-dire en anglais, notons-le également. L’ex-Commissaire Européiste (1999-2004) et par la suite ministre de l’Éducation (2009-2012) Anna Diamantopoúlou (PASOK), avait en son... grand temps proposé l’adoption de la langue anglaise à usage officiel en Grèce. On y arrive presque...

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Remembrances" sur son blog Greek Crisis

lundi 8 mai 2017

Demandez le programme !

euroslaughter.jpg Portrait officiel de Macro III le Petit tentant de "sauver la Grèce" selon Varoufakis

Entre avril et mai, c’est autant le moment... très solennel des factures d’électricité qui arrivent dans les boîtes aux lettres, celles qui correspondent très exactement à la consommation hivernale. Les impayés se comptent alors déjà par dizaines de milliers. SYRIZA et ses nouvelles mesures austéritaires annoncées (tout de même au soir du 1er mai), moins l’électricité.

“Nous avons conclu cet accord avec les institutions (Troïka) au soir du 1er mai. Les mesures adoptées sont douloureuses, sauf que par notre action globale, nous mettrons alors fin un jour, à la situation de dépendance que connait le pays. Ensuite, nous évoquerons pour la première fois officiellement, la diminution rendue nécessaire du montant de la dette grecque, et c’est une avancée très positive”, voilà pour le résumé du discours lénifiant et stéréotypé ténu par les “gouvernants” pour faire passer entre autres, la quatorzième diminution du montant des retraites depuis 2010 et l’ouverture des commerces... chaque dimanche durant toute l’année, une exigence de taille exprimée par le FMI dès 2010. Il fallait y penser et aussitôt le faire, et c’est alors fait !

“Alexis Tsipras et ses ministres sont des menteurs nés. Ils avaient déclaré publiquement, comme autant lors des rencontres avec nous, qu’une telle mesure ne passerait jamais, et nous voilà une fois de plus piégés par ces politiciens convertis... en valets des subordonnés de la Troïka. En Grèce, 90% du commerce, c’est toujours le fait des petites et moyennes entreprises, et d’ailleurs, près du 85% des employés y travaillent.”

“Nous, en tant qu’intersyndicale nous avons vivement protesté, et à nos côtés, se sont aussi rangées certaines grandes entreprises, notamment les hypermarchés tenus par des grecs. Le gouvernement, sous l’ordre de la Troïka s’occupe alors uniquement de l’intérêt des multinationales, comme autant de celui de certains gros poissons bien de chez nous, et encore pas tous. Leur but c’est la mise à mort du petit commerce et celle des employés avec. Fait inouï, en règle générale, nos patrons sont avec nous dans cette... guerre d’extermination contre le peuple grec,” (le Président de l’intersyndicale des employés dans le secteur du commerce, radio 90.1 FM, 06 mai 2017), cité de mémoire.

Sous le soleil très exactement, le pays est dépecé en mille et un morceaux, entre “investisseurs” et autres acquéreurs de tout: biens publics ainsi offerts sur un plateau, à l’agence des privatisations et cela pour une durée de 99 ans, développent sans doute visiblement durable. Cependant, il est parfois (ironiquement ?) question de cette Caryatide alors volé jadis par Thomas Bruce, alias Lord Elgin, (1766-1841), diplomate et militaire britannique, surtout connu pour avoir “déplacé” le décor sculpté du Parthénon d'Athènes à Londres. Anachronisme ou sinon ultime souvenir collectif ?

Au même moment sous l’Acropole, appartements, immeubles, hôtels, ou encore centres commerciaux, passent massivement sous contrôle... étranger, la très nouvelle économie y oblige, entre tourisme réconforté et l’engouement pour les plateformes de location uberophiles. Les... investisseurs affluent ainsi de partout, États-Unis, France, Allemagne, pays Scandinaves, mais également depuis l’Iran, le Liban, la Chine, voire la Turquie, et même la presse en parle (par exemple le quotidien économique “Imerisía” du 30/04), c’est pour dire. L’Occident... mirage de l’Orient !

Sous le soleil toujours, les livreurs forcément ambulants, certains d’entre eux en tout cas, les plus courageux, appellent à manifester et à suivre leur mouvement de grève prévu pour la journée d’action du 25 mai. Parmi leurs revendications: moins de précarisation, ne plus user (et abuser) des motos privées appartenant aux employés dans le cadre de leur “travail”... sans remboursement des frais d’entretien et parfois d’essence.

Ces hyposalariés... hypermobiles, voudraient que leur travail soit enfin officiellement déclaré et que les cotisations, certes symboliques, soient également versées. Suite à huit années de régime de la Troïka... Macronymique avant l’heure, les travailleurs restants, luttent (lorsqu’ils le peuvent) pour faire valoir leurs droits et conditions alors acquis... dès les années 1930 ou 1950.

Certains métiers, également touchés (en réalité anéantis), autant par la crise que par les bouleversements dits technologiques, ne s’en remettront d’ailleurs plus jamais. La presse par exemple. D’après les données les plus récentes, parmi son personnel, composé de journalistes, techniciens et collaborateurs, et qui travaillaient il y a encore dix ans dans les médias, aujourd'hui, seul un quart restant y travaille encore. Et ce n’est pas tout. Et ce n’est pas tout, les rémunérations actuelles sont versés sans retard... pour seulement un petit 20% des salariés de la branche.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Décor sculpté" paru sur son blog Greek Crisis

dimanche 7 mai 2017

"Inédit" moustachu : Mediapart ou comment le combattre ?

presidentielle2ertourCSP.png

Les contemporains d'un désastre mesurent rarement la proximité du gouffre. Face à l'assurance d'une victoire de Macro III le Petit le 7 mai, Médiapart déchire la gauche. Dès 20h, Edwy Plenel et son équipe, Philippe Corcuff et Philippe Marlière essaieront de faire oublier aux abonnés gogos un mois de travail de propagande éhontée de ce média pour FAIRE CROIRE que le FN était aux portes du pouvoir et faire valoir ses choix, résolument de droite et anti-sociaux, de start-up Mitterrandienne.

Avec les compliments du Concierge

Bonus

Médiatarte, bien sûr !

Dans un article intitulé De la prise d'otages, Frédéric Lordon écrit " Le Monde se met en devoir de lire le Trotsky des années trente pour en faire un usage anachronique sans vergogne, doublé d’un dégoûtant brevet de moralité politique". Le concierge a répondu : Le Monde l’a trouvé chez Plenel. Un mois que ça dure. La presse macroniste est un janus moustachu. Le Monde est discrédité. Pas Mediapart. Car Mediapart, c’est le QVM[1] moustachu qui s’est refait une virginité. Avec ce à quoi le QVM refusait tout droit de cité comme mine de capital symbolique propre à créerr la croyance en Médiapart... Et à dissimuler que Mediapart n’est pas moins moustachu que le QVM de l’époque. Et c’est la même moustache. Et vous l’aviez dit, et tellement bien dit. En temps réel, comme au sujet de la Grèce. Il aura manqué 600 000 voix à Mélenchon. Qui avait fait le choix de draguer le centre du Koursk (le PS). Plutôt que de proposer de renverser la table en promettant un référendum d’activation de l’art. 50. Ce pari était celui qu’il pouvait tenir. 600 000 voix... Quel média a fait la différence ? Pas les médias que vous citez. Mais le QVM numérique moustachu. Déployant sa propagande en faveur d’Hamon. Et aujourd’hui en faveur de Macro. Affichant la mère Maquerelle en pleine Une depuis des semaines. Qui est donc responsable du Triomphe du NéolibéralismeTotal (TNT) ? Pas Vivagel. Médiatarte, bien sûr !

Notes

[1] "Quotidien Vespéral des Marchés", nom donné par PLPL au journal Le Monde sous la direction de Plenel, Colombani et Minc se ruant en acquistions neuneues drogués à la fusion acquisition et au rêve européiste de grand groupe de dimension internationale, ce qui aboutit à la destruction du journal fondé par Beuve-Méry

jeudi 4 mai 2017

Toi aussi, décode le programme de la Matrix !

matrice.jpg

Les ingénieurs du laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein ont finalement réussi à hacker le programme de la Matrix pour le 2ème tour :

(début boucle SI) (SI) (NON) var?IDENTITE=MACRO (THEN) VAR?IDENTITE=MACRELLE (fin boucle SI)

Le Concierge

mardi 2 mai 2017

Le porno transgenre du mercredi

Programme TV du mercredi 3 mai

Picture_33.png

Résumé : Macro hésite entre un homme et une femme pour Matignon...

Pressé de dire s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme, il a répondu : "Les deux (...) J'ai plusieurs profils en tête, dont un profil masculin et un profil féminin."...

Dernière minute : Attention : modification des programmes dimanche 20h pour la retransmission en direct de la Proclamation de la République Perverse Narcissique de l'UE.

lundi 1 mai 2017

Le Frexit revient comme un boomerang par la fenêtre de l'histoire

oxi-grecemauve.gif

L’ancien ministre français de l’Économie et candidat à la présidentielle française, Emmanuel Macron, a averti Bruxelles que la France pourrait quitter l’UE prochainement si les autorités européennes ne menaient pas les réformes nécessaires.

source : sputnik via BBC

Commentaire du Concierge

La Matrix est en pleine forme...

Je résume :

Mélenchon ne ramasse pas le Frexit qui trainait par terre.

Le Pen fait semblant de le ramasser et le laisse par terre.

Hollande et Quatremer hurlent : si si elle l’a planqué dans son soutien-gorge.

Micron regarde, comme tous ses collègues, dans le soutien-gorge de Le Pen.

En se baissant, il marche sur le Frexit qui trainait par terre.

Micron ramasse le Frexit.

Le Frexit devient le Plan B (qui n’existe pas) pour passer à l’UE fédérale (Plan A mais certains Etats sont rétifs donc il faut les menacer d’un Plan B, heureusement la Perfide Albion a dégagé)

Ni de droite, ni de gauche, le Frexit devient d’extrême-centre (instauration d’une dictature faussement fédérale sous la menace pour faire céder les "partenaires" récalcitrants à liquider leur souveraineté.)

Etonnant, non ?

Conclusion en forme de supplique

Petits peuples d'Europe encore libres, comme l'Autriche ?, activez l'art.50 ! Il suffit de se présenter à Bruxelles aux heures de bureau !

La Commission européenne engage une procédure d'infraction contre l'Autriche pour des mesures anti-dumping social

Dans un communiqué de presse daté du 27 avril, la Commission européenne a annoncé qu’elle engageait le même jour « une procédure d’infraction contre l’Autriche concernant l’application de la loi autrichienne visant à lutter contre le dumping social et salarial dans le secteur du transport routier ».

Vous avez bien lu, Vienne est poursuivi pour avoir mis en place des mesures protectrices, la Commission estimant que « cette pratique limite le marché intérieur de l’UE de manière disproportionnée ».

Voici comment l’institution suprême de l’UE justifie la procédure d’infraction : « Tout en soutenant pleinement le principe du salaire minimum national, la Commission estime que l’application de la législation autrichienne à toutes les opérations de transport international comportant un chargement et/ou déchargement effectué sur le territoire autrichien constitue une restriction disproportionnée à la libre prestation de services ainsi qu’à la libre circulation des marchandises. »

Le 31 janvier dernier, les ministres des Transports de neuf pays de l’UE (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, France, Italie, Luxembourg, Norvège et Suède) avaient signé une « alliance du routier » pour tenter de lutter contre la concurrence déloyale dans le secteur. Dans le viseur, des États comme la Pologne, la Bulgarie ou la Lituanie, dont les normes sociales et salariales basses font pression sur la rémunération et les conditions de travail des conducteurs de l’Ouest (notamment en ce qui concerne les temps de conduite et de repos). Varsovie, soutenu par dix autres pays, avait protesté contre les « règles disproportionnées » imposées par la France et l’Allemagne en matière de salaire minimum. La Commission leur avait donné raison.

Alain Vidalies, le secrétaire d’État aux Transports, avait motivé ainsi l’initiative commune anti-dumping : « Si nous ne faisons rien, les réactions seront nationales et nous n’en voulons pas. L’Europe ne se construit pas sur la loi de la jungle et le dumping social. Cela nourrit le populisme. » Toujours l’argument de la montée du « populisme » et des risques que celle-ci fait peser sur la précieuse construction européenne…

En juin 2016, la Commission avait ouvert une procédure d’infraction contre la France, comme elle l’avait fait contre l’Allemagne en 2015. Les procédures sont toujours en cours. Les professions de foi européenne ne paient décidément pas. Le ministre allemand des Transports, Alexander Dobrindt, avait plaidé : « On nous a reproché le protectionnisme. Ce n’est pas fondé. » C’est aujourd’hui au tour de l’Autriche de goûter au bâton bruxellois.

Lire la suite de l'article de Laurent Dauré sur le site de Ruptures

dimanche 30 avril 2017

Toi aussi, avec ta banque, sois "patriote" grâce aux marchés financiers...

Francois Bayrou ou le "patriotisme" de marché... financier !

Cette retranscription a été réalisée sans trucage

François Bayrou, RTL, Le Grand Jury, 30 avril 2017

"Pourquoi croyez vous que M. Tsipras en Grèce ait choisi de renoncer à sortir de l'euro ?.... Je vous signale que M. Varoufakis a annoncé qu'il soutenait M. Macron en disant que c'était parmi les ministres des Fiances assis autour de la table le seul qui ait compris et partagé les préoccupations du peuple grec. Ce n'est pas rien. Donc pourquoi est-ce que Tsipras après avoir gagné les élections sur ce thème “on va dire non à l'Europe” puis gagné un référendum sur ce thème “non à l'Europe”. Trois jours après, trois jours après, M. Tsipras a signé l'accord européen parce qu'il s'est aperçu que la Grèce n'y survivrait pas. Parce que la Grèce comme la France est un pays qui emprunte (...) La Grèce comme la France est un pays qui emprunte et qui ne peut pas vivre s'il a des taux d'intérêt trop élevés... Et chacun des foyers... parce qu'il n'y a pas que l'Etat... chacun des foyers français... aujourd'hui si on veut acheter une maison, construire une maison ou un appartement, ou une voiture, on emprunte à des taux d'intérêt qui sont si bas qu'ils sont parfois à 1,5%, 1,3% pour certaines villes... Si demain les taux d'intérêt explosent, les Français seront plus riches ou moins riches ? Moins riches, moins capables de construire, moins capables d'acheter un appartement, moins capables d'acheter une voiture... On veut les dépouiller... Et ceux qui sont au contraire amis de la patrie avec ce sentiment que la France doit être forte, ceux-là veulent que la France soit dans un ensemble qui sécurise les entrepreneurs, les investisseurs et les Français qui veulent acheter."

(...)

"Moi je connais Angela Merkel depuis très très très longtemps... Depuis bien avant qu'elle ne devienne Chancelière. Et je connais Schaüble depuis très très longtemps. Je le connais depuis avant que l'attentat ne lui coûte son intégrité physique. C'est dire que ce sont des personnalités sur lesquelles j'ai une idée précise. Ils ne ressemblent pas à la caricature que l'ont fair d'eux. Et l'Allemagne ne ressemble pas à la caricature qu'on fait d'elle. Et les problèmes de la France ne viennent pas de l'Allemagne, ils viennent de la France. Ils ne viennent pas de la mondialisation ils ne viennent pas de l'Europe, ils ne viennent pas de l'Allemagne... Ils viennent de chez nous."

Micron (sic) : Pour vos crédits à 1,5%, une seule adresse, M. François Bayrou, Mairie de Pau, conseilleur mais non payeur depuis 40 ans !

Il y a 15 ans : De qui faut-il avoir honte ?

Il y a un peu plus de six mois, le 11 septembre dernier, les Américains se sont demandé : Pourquoi nous détestent-ils tant ?

Ils : les autres pays du monde.

George Bush leur a répondu : « Parce que nous sommes bons. »

Dimanche 21 avril, bien des électeurs hostiles à l'extrême droite se sont demandé : pourquoi nous détestent-ils tant ?

Ils ?

Les 36% de chômeurs qui ont voté Le Pen ou Mégret.

Les 28% d’ouvriers qui ont voté Le Pen ou Megret.

Et Le Pen est également arrivé en tête chez les intérimaires et chez les jeunes de 18 à 24 ans, très largement.

Pourquoi les détestent-ils, et nous aussi peut-être ? Il serait préférable que notre réponse ne soit pas : parce que nous sommes bons.

Il serait également souhaitable qu’après avoir claironné « Nous sommes tous américains », on n’en vienne pas à proclamer qu’on a « honte d’être Français ».

Que pouvons-nous dire ?

Que peuvent les intellectuels qui veulent concilier travail d’analyse, de recherche ou de création, et combat politique à un moment où la situation politique et sociale déjà n’est pas sereine ?

Aux grandes époques, les meilleurs d’entre eux n’ont pas insulté le peuple ou proclamé qu’ils allaient partir à l’étranger. Ils se sont battus là où ils se trouvaient.

Et, là où nous sommes, nous devons d’abord réfléchir à ce qui s’est passé depuis 1974, depuis que l’extrême droite est passée de 0,7% des voix à, peut-être, 30% dimanche prochain. Et que la gauche socialiste et communiste, qui, autour d’un seul candidat, totalisait 45% des voix, n’en rassemble plus que 20% et se retrouve écartée du second tour.

Une chose paraît claire : ni Le Pen ni l’ordre social actuel n’ont rien à redouter d’une critique « morale » du fascisme, par exemple, qui exonèrerait ou ferait corps avec les dominants. Ce Front républicain jouerait alors le rôle d'une entreprise de blanchiment politique et social des politiques néolibérales.

Résister, c’est très bien. Mais le meilleur endroit pour le faire n’est pas forcément devant une caméra avec la cohorte des branchés, des friqués et des médiatisés. Ni en compagnie du patronat dont l’expérience historique est plus celle de la Collaboration que celle de la Résistance.

Aujourd’hui, la lucidité est et doit être notre première forme de résistance.

Elle nous permettra peut-être de comprendre ce qui s’est passé dimanche dernier.

« La France va mieux » nous expliquait Lionel Jospin et le Parti socialiste.

Non, elle ne va pas bien.

En tout cas, une certaine France, qui ne lit pas Le Monde, surtout le week-end avec son supplément tout en anglais, qui n’est pas branchée sur Internet, qui ne dispose pas de stock options, qui se moque de Bernard-Henri Lévy et de Philippe Sollers, qui ne trouve pas la mondialisation heureuse.

Cette France-là ne va pas bien.

Et, à défaut de pouvoir le signifier en votant pour une gauche de gauche, elle marque son désespoir en votant, par désespoir, pour celui qui à ses yeux représente le Grand Réprouvé d’un système politique et médiatique qu’elle exècre — et que cette France-là, qui ne va pas bien, exècre parfois pour de bonnes raisons, ce n’est pas moi qui vous dirait le contraire.

Je me trompe peut-être mais je ne crois pas que ce soit en offrant un score de maréchal à un président discrédité, en mettant en scène notre ralliement à un candidat plombé par les affaires et par le cynisme de son manque de conviction aveuglant, un homme que Jean-Marie Le Pen avec son sens politique habituel et pervers a déjà qualifié de « candidat de Jean-Marie Messier », de « candidat des gamelles et de l’établissement », je ne crois pas que ce soit de cette manière, et avec le Medef, qu’on fera reculer le Front national. On peut — et on va peut-être — par sentiment du devoir voter Chirac, par urgence démocratique. Mais mieux vaudrait dans ce cas ne pas s’en vanter.

Et, surtout, éviter de trop se mêler aux privilégiés qui prétendent donner des leçons de morale aux désespérés, qui clament qu’ils ont honte de la France, et qu’ils vont se délocaliser à l’étranger comme n’importe quel Vivendi.

Honte ? Non.

Ou alors, il fallait avoir honte avant.

Quand, par exemple, en 1998, Lionel Jospin a refusé de revaloriser les minimas sociaux, comme le lui demandaient les chômeurs en lutte, alors même que deux ans plus tard son ministre des finances, Laurent Fabius, baisserait l’impôt sur le revenu acquitté par les plus riches.

C’était la première fois dans l’histoire de la gauche au pouvoir qu’un gouvernement socialiste réduisait la tranche marginale de l’IRPP. C’est à ce moment-là qu’on attendait que BHL, Jean-Marie Colombani le directeur du Monde, Pierre Arditti, Karl Zéro et quelques autres nous disent qu’ils avaient « honte d’être Français ».

Résumant un peu brutalement le bilan du gouvernement de la gauche plurielle, un syndicaliste a expliqué il y a quelques semaines : « Le bilan de Jospin : un RMI à 2402 francs en 1997 et à 2660 francs cinq ans plus tard. »

C’est de cela qu’il fallait avoir honte.

Dans la Revue socialiste, organe théorique du PS, le rédacteur en chef, se gargarisait l’année dernière des réussites du gouvernement de la « gauche plurielle » : « En matière de privatisations, la "gauche plurielle" a réalisé en trois ans un programme plus important que n’importe quel autre gouvernement français. »

C’est de cela qu’il fallait avoir honte, de cet abaissement devant les forces du marché et de l’argent.

Il y a cinq ans, au moment de l’arrivée au pouvoir de la gauche plurielle, Alain Bocquet, président du groupe communiste, déclarait sur France Inter : « Je souhaite que le mouvement populaire ne pose pas les valises dès lundi matin. Oser s’attaquer à la dictature des marchés financiers. Si on ne s’attaque pas au mur de l’argent, tout le reste est de l’illusion. »

Ce mur de l’argent, on l’a conforté.

C’est de cela qu’il faut avoir honte

Il y a quelques mois, DSK dont on nous disait qu’il serait peut-être le premier ministre d’un président Jospin, théorisait : « Il faut, pour l’emporter, se tourner davantage vers les classes moyennes. » C'est-à-dire ceux qui disposent « d’un patrimoine immobilier et quelquefois financier, qui sont les signes de leur attachement à l’"économie de marché". » Quant aux autres, ceux, sans patrimoine financier, qui en partie ont voté Le Pen dimanche 21 avril, Dominique Strauss Kahn nous disait : « Du groupe le plus défavorisé, on ne peut malheureusement pas toujours attendre une participation sereine à une démocratie parlementaire. Non pas qu’il se désintéresse de l’Histoire, mais ses irruptions s’y manifestent parfois dans la violence. »

Quand un dirigeant de gauche s’intéresse davantage à ceux « qui disposent d’un patrimoine financier » qu’au « groupe le plus défavorisé », pas étonnant que l’irruption de ce groupe dans l’arène électorale ne soit pas tout à fait sereine.

Et ce n’est pas d’abord d'eux, les plus défavorisés, qu’il faut avoir honte.

Serge Halimi (Canal Historique)

samedi 29 avril 2017

Une incarnation "chic", ou même pas "chic" mais "kitsch", du laisser-faire total du pouvoir économique

Il y a 17 ans...

(...)

Que peut être la position d´un intellectuel, d´un chercheur français devant ce qui arrive à l´Autriche, devant ce qui arrive au peuple progressiste de l´Autriche. Je pense que les analogies que l´on fait trop systématiquement dans beaucoup de pays occidentaux à Hitler et au nazisme, c'est une référence qui est à mon avis très suspecte parce qu´elle correspond à des associations non réfléchies, et interdit, me semble-t-il, de faire une analyse. Je risque de paraître naïf, n´étant pas Autrichien, n´étant pas en Autriche, mais je pense que ce que je dis est important, au moins pour permettre aux Autrichiens de se défendre contre certaines définitions, mais je pense cependant que la référence au nazisme est superficielle et interdit de saisir la spécificité de ce qui arrive. Si on voulait une métaphore, je ne nommerais pas du tout la personne, je pense qu´elle ne doit plus être nommée ( et si j´ai une recommendation à faire aux intellectuels et aux journalistes, c'est de ne plus jamais citer le nom de ce personnage). Si ce type de personnage peut arriver au pouvoir ou être proche du pouvoir, c'est parce qu'il y a des précédents qui ne sont pas à chercher dans les années trente, mais qui sont à chercher par exemple du côté des Etats Unis dans un passé beaucoup plus récent, dans la personne de Ronald Reagan qui est un bellâtre de cinéma, un personnage de second ordre, toujours bronzé, toujours bien coiffé, comme d´autres aujourd'hui, toujours sportif, porteur d'idéologie ultra nationaliste, ultra réactionnaire, et prêt à jouer le rôle d´un fantoche au service des pouvoirs les plus conservateurs et des volontés les plus conservatrices des forces économiques. C'est-à-dire que c'est une incarnation "chic", ou même pas "chic" mais "kitsch", du laisser-faire total du pouvoir économique. On pourrait continuer, pour aller très vite, avec Margaret Thatcher, mais aussi Tony Blair qui aujourd'hui même à Lisbonne prend sur l´Europe des positions plus réactionnaires que le président français de droite.

Donc, il y a à chercher du côté de ce qui se passe dans le monde politique international de cette montée du néolibéralisme qui a été favorisé par l´effondrement des régimes soviétiques. Cette montée du néolibéralisme, qui est un simple masque modernisé du conservatisme le plus archaïque, est une forme de révolution conservatrice. Et là, il y a une analogie réelle avec les années trente; c'est une révolution conservatrice mais moderne; c'est une révolution conservatrice avec les médias, le nazisme avait ces mouvements de masse etc. Là, je pense que cette analyse qui est une esquisse très complexe doit conduire à un travail beaucoup plus approfondi pour essayer de comprendre les responsabilités. Si des phénomènes comme ceux-là sont possibles c'est qu'on est arrivé à des sociétés dans lesquelles 50% de la population sont des abstentionnistes des élections. C'est le cas aux Etats Unis où on a une situation de dépolitisation généralisée, les forces économiques sont abandonnées à elles-mêmes, et les médias se mettent au service de ce fantoche, de ce personnage kitsch qui tient les apparences d´un pouvoir politique et qui incarne en quelque sorte cette dépolitisation généralisée à laquelle elles contribuent. Les médias ont une très grande importance et je pense que les consignes de boycotte de tout soutien à l'égard des formes d´extrême droite serait important. Par exemple, Le Pen qui du jour où il a déplu aux médias a fait une crise et a disparu. Comme par hasard, il y a une corrélation très forte entre le taux de l´apparition à la télévision et le taux dans les élections. Ce qui ne veut pas dire qu'il n´y a pas un cœur incompressible de la vraie extrême droite, des fascistes. C'est le cas en Autriche, c'est le cas en France, des gens organisées, très dangereux qui sont un tout petit noyau et qu´il ne faut pas confondre avec ces gens qui peuvent être mobilisés plus largement en faveur de la mystification dans les médias. Il faudrait analyser sans faire du mea culpa collectif, c'est ridicule et ne sert à rien, il faudrait analyser les responsabilités pour essayer d´en tirer des conclusions. Les responsabilités sont les responsabilités des intellectuels. Je pense que les intellectuels se reveillent aujourd'hui. Ils se demandent en quoi ils ont collaboré. Il y a la partie des sociaux-démocrates qui ont imité jusqu'aux apparences physiques des personnages que je ne veux pas nommer; ces socio-démocrates qui ont emprunté le langage de l'extrême droite, qui ont parlé de tolérance-zéro. Nous avons un Président de la République français socialiste qui a parlé de tolérance-zéro. Nous avons un Président du Conseil socialiste qui a dit qu'il fallait renoncer aux misères du monde. Les socio-démocrates, outre qu'ils ont emprunté le vocabulaire du néolibéralisme, c'est-à-dire du néoconservatisme déguisé, ont emprunté, par pure démagogie et sur la base des sondages, un langage des plus dégouttants de l'extrémisme fascistoïde. Mais il faut continuer. Il y a le fait que toute pensée collective critique est ultra difficile. Mais il faudrait continuer. J'ai un peu honte de dire des choses aussi grossières, mais ce n'est pas facile de faire une analyse à distance.

(...)

Pierre Bourdieu

Lire l'intégralité du texte intitulé "Pour une Autriche pionnière d'une Europe sociale" dont nous ne reproduisons que la partie la plus actuelle, en invitant à une devinette, bien évidemment. A qui ressemble le plus la marionnette décrite dans ce texte ?

vendredi 28 avril 2017

Dupont-Aignan épouse Cécile Duflot en Secondes Noces

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Héritier du fonds de commerce de Philippe De Villiers, Nicolas Dupont-Aignan vient d'obtenir un certain nombre de circonscriptions de la part de “Sissi, Bête Immonde”. Le Musée de l'Europe, qui a le plus grand respect pour les créateurs de Start-Ups avant même que le nom n'existe, félicite le petit Nicolas qui a ainsi réussi à faire prospérer son petit capital. Il peut ainsi espérer rejoindre le cercle restreint des héritiers start-uppers politiques qui ont réussi, l'essai devant cependant être encore transformé, la solvabilité de l'investisseur étant loin d'être établie. Le PRG suit l'affaire avec l'intérêt des grands ancêtres. Cécile Duflot vient de demander sa main.

Le Musée de l'Europe ayant acheté il y a quelques années la cabine téléphonique conservée au Musée des Télécoms dans laquelle ils se réunissent, rappelle à Debout La France, le PRG et EELV, de bien insérer leurs pièces jaunes dans la fente durant toute la durée de leurs réunions. Il ne pourra, sinon, pas être donné suite à votre appel.

Le Concierge (Service Clients)

DB (sic) : On vient d'apprendre que Monsieur Antoine Waechter vient de signifier un référé en contre-façon. Une affaire à suivre !

Macronymie politique

Comme prévu, il y a eu aussitôt la réaction... spontanée des cadres SYRIZA, à l’instar de la porte-parole du parti Tsiprosaure, Rania Svigou, ayant publiquement et si chaleureusement félicité Pierre Laurent et son PC décidément Macronymique de leur “attitude responsable car de gauche” (quasi-explicitement se rangeant derrière Macron). Et pour ce qui tient de l’inqualifiable... qualifié d’Alexis Tsipras, celui-ci s'est empressé d'appeler au téléphone Emmanuel Macron pour lui souhaiter, d’après le reportage des médias grecs “le plus grand succès dans la bataille pour le second tour contre l'extrême droite, et pour lui exprimer toute sa confiance devant son élection. Et alors, pour qu'elles se prolongent enfin, l'amitié et la coopération entre la Grèce et France.”

“Emmanuel Macron lui a répondu qu'il avait soutenu depuis le début, en sa qualité de ministre de François Hollande, tous les efforts du gouvernement grec, et également, cette nécessité impérative de changer d'attitude envers la Grèce: 'Il est certain que si je suis élu, nous travaillerons ensemble pour que l'Europe puisse répondre aux besoins de notre génération”... les Français, déjà après les Grecs, génération après génération devraient donc... se sentir rassurés.

(...)

En cette même semaine... décidément bien Macronymique, le “gouvernement” Tsipras de la bonne méthode enfin découverte... pour enfin satisfaire aux exigences de la Troïka élargie, au sujet de l’ouverture des commerces durant tous les dimanches de l’année. Cette décision peut-elle être prise désormais au niveau régional et local (presse grecque du 26 avril) . C’est certainement en cela (également), que l'Europe... finira par répondre aux besoins dune certaine génération, d’après toujours la déclaration téléphonique... et d’amour, entre Emmanuel Macron et Alexis Tsipras.

Ainsi va la vie... et d’ailleurs pour de nombreux Grecs, leur quête de la survie s’approche bien fatalement du cercle implacable des nécessités vitales, d’où également cette mutation quand à leur sens politique restant. Lorsqu’on sait que l’action politique ne débute qu’à partir du moment où les humains transgressent un jour le domaine des nécessités vitales pour s’interroger sur le juste et l’injuste, on prend alors toute la mesure de... l’acosmisme triomphant en Grèce (comme ailleurs) en ce moment.

(...)

Depuis la Grèce, nous savons déjà qu’il ne s’agit ni d’une “transition” d’un temps court et encore moins d’un moment (seulement ou simplement) électoral. Notre... Antiquité Tardive ainsi revisitée en avant-goût, est un temps relativement (et historiquement) long, et sûrement dangereux. Ce qui ne veut guère dire que ce... même temps ne nous serait-il pas compté dans un sens, bien au contraire, la Macronymie politique incarne déjà ce premier stade de la métapolitique, “l'épopée” d’Elon Musk et la technoscience en plus et en gestation.

Emmanuel Macron appartient ainsi à cette première génération 100% cooptée d’automates de la “politique” robotisée, à une différence près, les électeurs sont encore gentiment “menés” à finaliser le choix de... l’Empire. Seulement, ce processus métanthropique, se terminera tôt ou tard (si rien ne change), et tout simplement le droit de vote sera supprimé (ou sinon très largement réduit).

Les Grecs “d'en bas”, commentent alors le résultat de ce premier tour de la Présidentielle en France non sans une certaine amertume, pour ne pas dire sympathie hélas impuissante, face aux... perspectives qui semblent ainsi “s'offrir” au peuple français. Ensuite, les Français rencontrés par exemple à Athènes, sont visiblement hésitants et inquiets, indépendamment des choix politiques d’ailleurs. Nous cheminons parfois ensemble rue de la Théorie, et c’est comme pour les besoins d’une cérémonie pratiquante, qu’ensemble toujours, nous restons très méditatifs dans les musées, par exemple devant cet “ostrakon” portant le nom de Thémistocle fils de Néoclès, morceau de poterie sur lequel on inscrivait son vote durant le court épisode de la démocratie athénienne antique.

Extraits choisis de l'article de Panagiotis Grogoriou paru sous le titre "Printemps des poulpes " à lire en intégralité sur son blog Greek Crisis

Et le gagnant est...

Je reviens aux chiffres du 1er tour et les reports prévisibles. On va prendre

une hypothèse très basse pour Macron : 8,7M + 1,8M (25% des 7,2 M de Fillon) + 2,8M (40% des 7M de JLM - hypothèse basse) + 1,4M (60% des 2,3M de Hamon - hypothèse basse) = 14,7M de voix pour le dauphin de Hollande.Une hypothèse élevée pour Le Pen : 7,7M + 2,8M (40% des 7,2 M de Fillon) + 1M (15% des 7M Mélenchon) + 1,3M (80% des voix de Dupont-Aignan) + 0,4M (de Asselineau, Cheminade voire Lassalle) = 13,2M de voix. Cela fait 52,7% Macron  / 47,3% Le Pen. Avec 41% d'abstention (hypothèse très élevée). Voilà en gros c'est l'hypothèse la pire. 

Hypothèse plus haute pour Macron : Macron 8,7M + 2,8M (40% des 7,2 M de Fillon) + 3,5M (50% des 7M de JLM) + 1,9M (80% des 2,3M de Hamon) = 16,9M de voix. Le Pen : 7,7M + 2,5M (35% des 7,2 M de Fillon) + 1M (15% des 7M Mélenchon) + 1,1M (70% des voix de Dupont-Aignan) + 0,3M (de Asselineau, Cheminade voire Lassalle) = 12,5M de voix. Cela fait 57,5% Macron  / 42,5% Le Pen. Avec 38% d'abstention (hypothèse très élevée). 

Prélevé sur Mediapart par Le Concierge... (où il y a quand même des infos en cherchant bien...)

mercredi 26 avril 2017

Le criminel, c'est l'électeur

Placard anti-électoral, 1er mars 1906.

Publié par l’anarchie n°47 et signé Albert Libertad.

C’est toi le criminel, ô Peuple, puisque c’est toi le Souverain. Tu es, il est vrai, le criminel inconscient et naïf. Tu votes et tu ne vois pas que tu es ta propre victime.

Pourtant n’as-tu pas encore assez expérimenté que les députés, qui promettent de te défendre, comme tous les gouvernements du monde présent et passé, sont des menteurs et des impuissants ?

Tu le sais et tu t’en plains ! Tu le sais et tu les nommes ! Les gouvernants quels qu’ils soient, ont travaillé, travaillent et travailleront pour leurs intérêts, pour ceux de leurs castes et de leurs coteries.

Où en a-t-il été et comment pourrait-il en être autrement ? Les gouvernés sont des subalternes et des exploités : en connais-tu qui ne le soient pas ?

Tant que tu n’as pas compris que c’est à toi seul qu’il appartient de produire et de vivre à ta guise, tant que tu supporteras, - par crainte,- et que tu fabriqueras toi-même, - par croyance à l’autorité nécessaire,- des chefs et des directeurs, sache-le bien aussi, tes délégués et tes maîtres vivront de ton labeur et de ta niaiserie. Tu te plains de tout ! Mais n’est-ce pas toi l’auteur des mille plaies qui te dévorent ?

Tu te plains de la police, de l’armée, de la justice, des casernes, des prisons, des administrations, des lois, des ministres, du gouvernement, des financiers, des spéculateurs, des fonctionnaires, des patrons, des prêtres, des proprios, des salaires, des chômages, du parlement, des impôts, des gabelous, des rentiers, de la cherté des vivres, des fermages et des loyers, des longues journées d’atelier et d’usine, de la maigre pitance, des privations sans nombre et de la masse infinie des iniquités sociales.

Tu te plains ; mais tu veux le maintien du système où tu végètes. Tu te révoltes parfois, mais pour recommencer toujours. C’est toi qui produis tout, qui laboures et sèmes, qui forges et tisses, qui pétris et transformes, qui construis et fabriques, qui alimentes et fécondes !

Pourquoi donc ne consommes-tu pas à ta faim ? Pourquoi es-tu le mal vêtu, le mal nourri, le mal abrité ? Oui, pourquoi le sans pain, le sans souliers, le sans demeure ? Pourquoi n’es-tu pas ton maître ? Pourquoi te courbes-tu, obéis-tu, sers-tu ? Pourquoi es-tu l’inférieur, l’humilié, l’offensé, le serviteur, l’esclave ?

Tu élabores tout et tu ne possèdes rien ? Tout est par toi et tu n’es rien.

Je me trompe. Tu es l’électeur, le votard, celui qui accepte ce qui est ; celui qui, par le bulletin de vote, sanctionne toutes ses misères ; celui qui, en votant, consacre toutes ses servitudes.

Tu es le volontaire valet, le domestique aimable, le laquais, le larbin, le chien léchant le fouet, rampant devant la poigne du maître. Tu es le sergot, le geôlier et le mouchard. Tu es le bon soldat, le portier modèle, le locataire bénévole. Tu es l’employé fidèle, le serviteur dévoué, le paysan sobre, l’ouvrier résigné de ton propre esclavage. Tu es toi-même ton bourreau. De quoi te plains-tu ?

Tu es un danger pour nous, hommes libres, pour nous, anarchistes sic. Tu es un danger à l’égal des tyrans, des maîtres que tu te donnes, que tu nommes, que tu soutiens, que tu nourris, que tu protèges de tes baïonnettes, que tu défends de ta force de brute, que tu exaltes de ton ignorance, que tu légalises par tes bulletins de vote, - et que tu nous imposes par ton imbécillité.

C’est bien toi le Souverain, que l’on flagorne et que l’on dupe. Les discours t’encensent. Les affiches te raccrochent ; tu aimes les âneries et les courtisaneries : sois satisfait, en attendant d’être fusillé aux colonies, d’être massacré aux frontières, à l’ombre de ton drapeau.

Si des langues intéressées pourlèchent ta fiente royale, ô Souverain ! Si des candidats affamés de commandements et bourrés de platitudes, brossent l’échine et la croupe de ton autocratie de papier ; Si tu te grises de l’encens et des promesses que te déversent ceux qui t’ont toujours trahi, te trompent et te vendront demain : c’est que toi-même tu leur ressembles. C’est que tu ne vaux pas mieux que la horde de tes faméliques adulateurs. C’est que n’ayant pu t’élever à la conscience de ton individualité et de ton indépendance, tu es incapable de t’affranchir par toi-même. Tu ne veux, donc tu ne peux être libre.

Allons, vote bien ! Aies confiance en tes mandataires, crois en tes élus.

Mais cesse de te plaindre. Les jougs que tu subis, c’est toi-même qui te les imposes. Les crimes dont tu souffres, c’est toi qui les commets. C’est toi le maître, c’est toi le criminel, et, ironie, c’est toi l’esclave, c’est toi la victime.

Nous autres, las de l’oppression des maîtres que tu nous donnes, las de supporter leur arrogance, las de supporter ta passivité, nous venons t’appeler à la réflexion, à l’action sic.

Allons, un bon mouvement : quitte l’habit étroit de la législation, lave ton corps rudement, afin que crèvent les parasites et la vermine qui te dévorent. Alors seulement du pourras vivre pleinement.

LE CRIMINEL, c’est l’Electeur !

Albert Libertad

Macron ou le syndrome européen

En Grèce, En Marche ! s'appelle Potami (Le Fleuve) et Macron Théodorakis, mais c'était déjà allé trop loin en 2015 pour que les gens s'y laissent prendre. Alors il y a eu Tsipras qui, au final, a joué le même rôle.

En Italie, Macron s’appelle Renzi et c’est venu par un coup d’Etat intérieur au parti dit de gauche PDS ; ça c'est très vite usé.

En Espagne, Marcron s’appelle Rivera, En Marche ! porte le nom de Ciudadanos (Citoyens), et ça a suffisamment marché pour permettre à la droite de rester au pouvoir grâce au soutien faux-cul des socialistes.

Chaque fois, il s’est agi de faire croire qu’on faisait du neuf afin de donner un répit au vieil empire germano-européen en voie d’effondrement sur lui-même mais dont les peuples ne parviennent pas à comprendre qu’il faut se débarrasser pour retrouver des marges de maîtrise de leur propre destin. Chaque fois, il s’est agi de fournir une roue de secours au carrosse du désastre qui nous emporte à toute berzingue vers l’abîme.

Partout, ça s’installe grâce au ralliement de la nomenklatura affolée de voir le peuple remettre en question sa position dominante – son dû.

Partout, les très vieilles recettes, usées jusqu’à la trame, portées par des oligarques cacochymes blanchis sous le harnais de 40 ans d’échecs euro-ordolibéraux, avec le soutien des idiots utiles, se cachent derrière le même jeune visage lisse aux yeux vides. Avec en France, une touche hystérique de ridicule pseudo-messianique.

Tout ça avec l'argent de qui ? Comment monte-t-on en un rien de temps ce genre de mouvement kleenex ?

Avec, ici et maintenant, la muleta du pseudo-fascisme qu’on agite sous les naseaux du taureau pour être certain qu’il se précipite bien, avec l'élan voulu, droit sur l’épée du matador germano-bruxellois. Mais le vote Le Pen ne sort pas de nulle part, comme l'écrit si bien aujourd'hui Jacques Sapir, et, nonobstant les jappements frénétiques de toutes les sortes de chiens de garde, on ne fait pas barrage avec la politique qui ne cesse depuis des lustres d'amener l'eau au moulin du FN.

Enfin si ça ne marche pas, derrière, il y a toujours celui qui fait croire qu’une "alternance à gauche" est possible, mais qui, comme il ne veut pas/ne peut pas (intellectuellement) rompre avec le dogme européen, est/sera broyé (avec ou sans son consentement) pendant qu'il croit négocier quelque chose, par des moyens de coercition financiers et monétaires préparés de longue main à l'usage de ceux qui croient encore, après l'expérience grecque, que parce qu'ils sont eux et parlent haut, on les écoutera.

Mais dans ce cas-là aussi c’est bingo puisque, comme en Grèce, le système germano-européen tue toute idée même de "gauche" pour au moins 30 ans : anthropologiquement plié, comme l'écrit l'ami Panagiotis Grigoriou.

Car il n'y a rien à négocier ; il n'y a qu'à partir ou à subir.

La seule solution pour briser ce cercle infernal et vicieux qu'on nous présente comme le cercle de la raison, c'est d'expliquer clairement avant d'arriver au pouvoir pourquoi et comment il faut en sortir, c'est de le rompre en arrivant au pouvoir par des mesures immédiates et radicales de sauvegarde – à commencer par le rétablissement de la monnaie nationale et le contrôle des changes. Et puis ensuite on négocie : les termes du divorce. C'est-à-dire la seule la seule chose qu'il y a à négocier avec ce bastringue européen. Faute de quoi on est cuit. Qu'on le veuille ou non, qu'on en ait conscience ou non.

Il n'y a ni réforme possible ni issue démocratique dans le cadre du carcan européen : un carcan, ça se brise ou on y crève.

Olivier Delorme (repris de son blog

Auteur de 30 bonnes raisons de sortir de l'Europe

"Toi aussi, participe à un complot !"

Un peu de conspirationnisme ? (Smile ! Le Concierge)

Aujourd’hui, il est l’heure pour ces gens là de passer à la phase opérationnelle. Ce qui se prépare en France à l’occasion de ces élections présidentielles peut être qualifié de coup d’État, tant les séquences collent exactement à la définition qu’en font des spécialistes.

Par la manipulation de l’opinion publique et la maitrise des structures de l’État, des hauts fonctionnaires, des hommes politiques, des élus et des journalistes véritables mercenaires au service des patrons de grandes entreprises multinationales et de la finance internationale tentent de soumettre le peuple français à un destin qu’il ne s’est pas choisi. De gauche à droite, du PS au Centre, contre le restant de l’échiquier politique une minorité s’apprête à prendre le pouvoir en France.

repris du site (complotiste) Investig'action (paru sous le titre "2017, le Coup d'Etat) Toute ressemblance avec des événements récents serait une pure coïncidence

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mardi 25 avril 2017

Insoumis, faites mouvement !

Chers insoumis,

Sauf à ce qu'un spécialiste de la sociologie électorale me démontre le contraire, l'opération menée par Hollande et le CAC 40 a réussi. Macron est d'ores et déjà élu au 2nd tour. Donc ce débat sur le vote de second tour n'a pas lieu d'être.

Chacun n'a qu'à faire ce qu'il veut. Il n'y a pas de campagne à mener. Car sinon, vous allez vous diviser.

Et vous vous diviserez d'autant plus qu'il est essentiel pour le pouvoir et le CAC 40 que vous soyiez divisés. Ils vont tout faire pour cela, avec les mêmes méthodes (la presse) par lesquelles ils ont mis Macron au pouvoir (c'est un coup d'Etat des ingénieurs électoraux, préparé de longue date et mené de main de maître). Ne vous divisez pas.

Faites "mouvement". Soyez un mouvement d'opposition, puissant. Cessez-là ces débats qui n'ont pas lieu d'être. Et réfléchissez aux moyens de lutter contre ce président élu dès le 1er tour, quoi que l'on fasse. Qui disposera très certainement d'une majorité bicéphale à l'allemande, indéboulonnable. Et liquidera nos droits sociaux par ordonnances et sous état d'urgence. Les Grandes Orientations de Politique Economique (GOPE) de la Commission européenne pavent le chemin, et elles sont plus ou moins radicales selon la souveraineté du pays concerné, le passage à la limite s'effectuant en Grèce, où l'on voit jusqu'où ils peuvent aller quand plus rien ne les en empêche.

Oubliez la mère Le Pen qui n'est là que pour neutraliser 25% des électeurs (mais pas plus) pour empêcher le pouvoir du peuple et permettre la domination sans partage de la minorité possédante, le bloc bourgeois. Ne vous dispersez pas, ne vous divisez pas. Votez ou non chacun en votre âme et conscience, ne dites même pas votre choix, réservez-le à l'isoloir.

Ne mettez pas en jeu la cohérence d'un collectif. Ou plutôt, faites le advenir comme collectif, collectif de lutte, collectif de soutien aux luttes. Faites mouvement de résistance au Président des riches puisqu'il est déjà élu.

Le Concierge

lundi 24 avril 2017

Le triomphe de François Hollande

Coluchepublicite1.png illus. : Coluche commente le placement de produit "Macron" au soir du 1er tour des présidentielles de 2017. Cilquer sur l'image pour voir la vidéo

François Bayrou célébrait sa victoire hier sur France 2. La position qu'il avait rêvé de créer dans le champ politique depuis une quinzaine d'années est enfin occupée par Emmanuel Macron. Ce soutien officieux de Ségolène Royal en 2007 pouvait jubiler : la perspective que le cercle de la raison européiste, ce « bloc bourgeois « pour reprendre les termes des sociologues Bruno Amable et Stephano Palombarini, s'installe durablement au pouvoir avec une majorité bicéphale, à l'allemande, est à portée de main. Le bloc du « Non » de 2005 est plus que jamais divisé, le candidat Mélenchon n'ayant pas cherché à le mobiliser. Espérons que la machine médiatique qu'il a construite, lui permettant de faire le plein des voix auxquelles il pouvait prétendre dans le cadre étriqué de la construction d'une "hégémonie culturelle de gauche" à laquelle une partie du pays est socialement rétive, puisse servir à la constitution de ce "bloc hégémonique". La rhétorique intéressée de « sortie de l'UE » est incarnée au 2ème tour par Marine Le Pen, contribuant à la rendre impossible et à en faire un monopole d'extrême-droite. Le « bloc bourgeois » dans lequel nos sociologues voyaient une illusion, ayant une base sociale très réduite par définition, sera en position hégémonique au 2ème tour en obtenant un plébiscite anti-Le Pen, gracieusement servi y compris par les idiots utiles comme Pierre Laurent.

L’œuvre de François Hollande est accomplie avec l'élection annoncée de son dauphin, sur le berceau duquel se sont penchées les bonnes fées du CAC 40 ayant fait main basse sur la presse au-cours des dernières années à cette fin exclusive - être en capacité de vendre leur marionnette comme un paquet de lessive - à l'américaine. Espérons que de nombreuses fées Carabosse se penchent sur la réincarnation de Lecanuet. Car tel était le but annoncé depuis sa prime jeunesse par pervers Pépère. Superbe opération médiatico-politicienne et ploutocratique menée de main de maître alors que le fossoyeur en chef de la République sociale solidaire et démocratique creusait au fond du trou...

Laissons donc la parole au défunt candidat Coluche pour en exposer le principal rouage, dont la présence de sa réincarnation en Mamlouk a singulièrement manqué lors de la soirée électorale transformée en placement de produit anti-fasciste lavant le néolibéralisme plus blanc que blanc, sous le nom de « Révolution »

Le Concierge

samedi 22 avril 2017

Il y a neuf ans. A propos de la "renaissance" de Coluche

Il y a neuf ans, à l'occasion de la diffusion d'un documentaire sur Coluche et l'élection présidentielle, nous avions publié sur le blog des éditions Agone (Canal historique) ces quelques lignes de Pierre Bourdieu et de Guy Hocquengem sur la candidature Coluche. C'est celles que nous avions en tête en décrivant la candidature de "l'homme dont il ne faut pas dire le nom" comme celle d'un "Mamlouk héritier de Coluche"...Merci à Bastien Balthazar du groupe FB Michel Coluchi d'avoir percuté et de m'avoir envoyé le lien vers le documentaire cité

Le Concierge

Coluche3.png "Ils veulent gagner les élections. Moi je préférerais que ce soient les Français qui gagnent les élections". Cliquer sur l'image pour voir le documentaire.

Peu de temps avant la sortie au cinéma de Coluche, l'histoire d'un mec, France 2 diffusait un portrait de l'artiste dans son programme « Un homme un destin ». On y apprenait surtout qu'à un certain moment de sa (fausse) campagne électorale - précisément quand la vraie commença -, Coluche se serait soudain « pris au sérieux », aurait soudain « cessé d'être drôle »... Ce commentaire émanait d'un certain nombre de personnalités, toutes présentées comme des « amis de Coluche » : tels le publicitaire Jacques Séguéla et le cinéaste Romain Goupil, appelés à prospérer sous le règne mitterrandien alors que leur "ami" sombrait dans la drogue et les classes populaires dans la misère. « Saint Coluche » se réincarna en champion consensuel du caritatif, à travers les restos du coeur, palliant ainsi de façon dépolitisée les conséquences les plus visibles des politiques menées à partir de 1983... Si le documentaire parle des pressions directes exercées sur Coluche pour qu'il cesse de troubler le jeu politique, il ne dit rien des pressions de ses "amis" qui tous profitèrent du nouveau règne. N'empêche que ce document de propagande disait qu'en effet un clown avait bien été assassiné...

Remarques du sociologue Pierre Bourdieu (1999)

Sur l'usage que certains hommes politiques font de l'accusation d'irresponsabilité lancée contre les profanes qui veulent se mêler de la politique : supportant mal l'intrusion des profanes dans le cercle sacré des politiques, ils les rappellent à l'ordre comme les clercs rappelaient les laïcs à leur illégitimité. Par exemple, au moment de la Réforme, un des problèmes venait de ce que les femmes voulaient dire la messe ou donner l'extrême-onction. Les clercs défendaient ce que Max Weber appelle leur « monopole de la manipulation légitime des biens de salut » et dénonçaient l'exercice illégal de la religion. Quand on dit à un simple citoyen qu'il est irresponsable politiquement, on l'accuse d'exercice illégal de la politique. Une des vertus de ces irresponsables - dont je suis - est de faire apparaître un présupposé tacite de l'ordre politique, à savoir que les profanes en sont exclus. La candidature de Coluche fut l'un de ces actes irresponsables. Je rappelle que Coluche n'était pas vraiment candidat mais se disait candidat à la candidature pour rappeler que n'importe qui pouvait être candidat. Tout le champ médiatico-politique s'était mobilisé, par-delà toutes les différences, pour condamner cette barbarie radicale qui consistait à mettre en question le présupposé fondamental, à savoir que seuls les politiques peuvent parler politique. Seuls les politiques ont compétence (c'est un mot très important, à la fois technique et juridique) pour parler de politique. Il leur appartient de parler de politique. La politique leur appartient. Voilà une proposition tacite qui est inscrite dans l'existence du champ politique.

—— Extrait d'une conférence parue sous le titre « Le champ politique » dans Propos sur le champ politique (Presses universitaires de Lyon, 2000), réédité in Pierre Bourdieu, Interventions, 1961-2001. Science sociale & action politique, textes choisis et présentés par Franck Poupeau et Thierry Discepolo, Agone, 2002, p. 163.

Saint Coluche selon Guy Hocquenghem (1986)

Passons des larmes de glycérine au rire du sergent. « Saint Coluche » : ainsi t'a nommé, en une, Libération, pour ta charité auto-publicitaire. Je t'ai entendu expliquer le sens de ta campagne bouffe-pour-tous : il est temps de s'occuper de la France, et que le tiers-monde se prenne en main tout seul. Et puis, la bouffe, c'est bien français. Finissons donc avec toi, Coluche, qui es au rire ce que Chéreau est aux pleurs, une canaille politicienne rouée qui joue les apolitiques.

« Le Pen est français comme moi », assura l'ancien candidat gauchiste à l'élection présidentielle, pour qui signèrent Cavanna et Deleuze, Libération, Le Dantec, Guattari et tant d'autres, aujourd'hui cohabitationniste à tout crin. En 1981, le « candidat des minorités » préparait simplement le disque et la tournée d'un métier qu'il avait juré craché d'abandonner ; aujourd'hui la faim fait vendre radio- et télé-Coluche. « Ni de gauche ni de droite, mais de France. » Ayant fait le tour complet de l'anti-parlementarisme, l'ancien anarchiste a viré au tricolore. Car l'ambition politique, désirable uniquement pour l'artiste qui se méprise lui-même, est ta seule constante. Tu confiais dernièrement au Journal du Dimanche : « J'ai dîné avec des mecs importants du gouvernement. Ils faisaient du Coluche. Même moi ça m'a surpris. » Devenu agent électoral, à Lille, tu t'empiffrais de caviar et langouste avec Fabius et Mitterrand. Oui, tous les gouvernements font du Coluche ; ils trahissent ceux qui leur ont fait confiance, se vendent au plus offrant, renient leurs origines, tapent sur les faibles et encensent les puissants, font la charité en public. Réciproquement, Coluche, petit État dans l'État, ne fait pas de la variété, il fait du gouvernement.

Mais comment s'étonner des ravages chez les comiques comme chez les tragiques, les intellos comme les plasticiens, du culte de la canaille politicienne et de la fascination pour la puissance et l'autorité ? Ces vices, en effet, sont « de France », et non de droite ou de gauche, médiatiques ou cultureux. « Consensus politique, consensus médiatique », titre Serge July à propos de l'opération Coluche - July qui est très fort pour décréter sur le ton du constat les consensus obligatoires. Mais alors, qui est l'ennemi, si tout le monde est d'accord ? C'est Mourousi, dans Libé, qui l'explique, toujours à propos des « restaurants du cœur » de Coluche (mais cela s'applique au déluge de charité officielle récemment promu) : « Les scribouillards de la culture », explique-t-il, désignant l'intellectuel ancien modèle, type Sartre, « eux, sont toujours présents dans des opérations contre quelque chose. ... Moi, je ne veux participer qu'à des initiatives pour quelque chose. ... Ça peut être aussi bien l'école libre à Versailles que Touche pas à mon pote. » Grande réconciliation de la charité laïque et des curés, de l'anti-racisme officiel et du néo-racisme poujadisant, le coluchisme, lui aussi, est op-ti-mi-sant. Silence, les esprits critiques ! Le consensus de l'État-Coluche ne relève plus de la scène, mais de la chasse aux sorcières.

Ainsi vont nos amuseurs publics et nos tragédiens officiels ; la fascination pour l'autorité, qui fait du clown un quasi-gouvernant (voir Coluche à la télé avec les ministres et leaders de l'opposition) et de l'artiste un haut administrateur, est le propre de notre pays. Même la littérature - autorité du critique, de l'École - est un cliquetis d'affrontements politiciens, où l'on n'entend que le crissement aigre des censures et les applaudissements sur commande. La reconnaissance officielle, la déclaration d'utilité publique, la croisade para-gouvernementale, les académies et les jurys, les salons et contre-salons, tout l'appareil de l'État-culture, de l'État-charité, de l'État-médias, des cénacles et des cliques, tient lieu d'importance artistique. En France, les gens de culture ne sont jamais loin du merdier politicien, du pot de chambre de leurs maîtres. Littérature et culture paranoïaques, rêves de pouvoir mégalomaniaques, ces caractéristiques bien françaises, notre génération les a portées au point d'incandescence.

Minuscules coups d'État qui ont la méchanceté des grands, le ridicule en plus, les révolutions culturelles françaises font se succéder, en littérature, en théâtre, en philosophie et même dans le monde des « variétés », des baudruches autoritaires. Finalement, camarades artistes, un ruban rouge à la boutonnière paiera cette agitation permanente au service du pouvoir. Vos frustrations d'ex-gauchistes sevrés de révolution ne pouvaient connaître qu'un exutoire : le partage des postes, l'intégration aux cercles de la puissance publique, l'entrée des artistes renégats de l'art dans le club très fermé des gouvernants et des manipulateurs despotiques. Tout comme, dit-on, on ne croit pas en Dieu au Vatican, l'endroit de France où on croit le moins à l'art est ce monde des artistes stipendiés, politiciens longtemps refoulés, issus de Mai 68, qui ne croient qu'au Pouvoir, jamais à l'Imagination.

—— Extrait de Guy Hocquenghem, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary, Agone, 2003, p. 156-158.

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