Musée de l'Europe et de l'Afrique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 2 septembre 2015

"Ils m'ont tellement électrocuté que je pourrais éclairer tout un bâtiment"

Tunis 1er septembre 2015

Mettre fin aux abus (sic!) sécuritaires

Après la diffusion de la vidéo « Tfarjou Fina TORTURE » produite par l’association Forza Tounes qui donne la parole à des jeunes racontant par le menu les provocations, la torture, les arrestations arbitraire, le chantage… qu’ils ont subis.

ForzaTunis.PNG cliquer pour voir la vidéo sous-titrée en français

Face à la persistance des abus et des séances de tortures dans les lieux de détention en l’absence de sanctions effectives de la part de l’autorité de tutelle…Les associations et organisations de défense des droits de l’Homme signataires de ce communiqué exigent :

L’ouverture immédiate d’une enquête sérieuse tenant compte des témoignages recueillis dans la vidéo, des plaintes contre des pratiques de torture et des mauvais traitements et violations des droits de l’Homme.

Des sanctions contre tous ceux qui se sont adonnés à ces pratiques humiliantes et le dédommagement des victimes pour en finir avec le fait accompli de l’impunité.

Les associations et organisations signataires :

Considèrent que la persistance de ces pratiques traduit le manque de sérieux (sic) dans la lutte contre ce lourd héritage d’ancien régime et l’absence d’une vision globale (sic) pour l’éradication de cette « culture » qui institutionnalise la torture, l’extorsion des aveux par la force et la violation de la loi par les représentants de la loi.

Elles rappellent au gouvernement que l’État tunisien est tenu, de par ses engagements nationaux et internationaux, de combattre la pratique de la torture et toutes les formes d’humiliation et d’en punir les auteurs.

Les associations et organisations signataires tiennent à affirmer avec force que le tout répressif en lieu et place d’une stratégie de dialogue et d’un projet national d’intégration de la jeunesse marginalisée, c’est la porte ouverte (sic) à toutes les aventures : l’extrémisme, la violence et les barques de la mort, comme en témoigne la vidéo.

Signataires :

Syndicat Nationale des Journalistes Tunisiens - SNJT Réseau Euro-Med des Droits de l’Homme – REMDH Association Tunisienne des Femmes Démocrates – ATFD Association Vigilance pour la Démocratie et l’Etat Civil – Yaquadha Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie – CRLDHT Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux – FTDES Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives – FTCR Organisation 10-23 de Soutien au Processus de la Transition Démocratique

Contact : Messaoud Romdhani – 00 216 97 322 921 – mah.talbi@gmail.com

Les "sic" sont du Concierge...

mardi 1 septembre 2015

Interdire de filmer des policiers ? Le retour de la censure sous le masque de la sécurité

"Selon le juriste Mathieu Beys, auteur du livre Quels droits face à la police ? (Couleur livres, 2014), une interdiction de prendre l'image des policiers n'améliorera pas leur sécurité, mais sera un retour à la censure contraire à la liberté d'expression des citoyens et journalistes. Cela ira aussi l'encontre de l'obligation étatique d'identifier et de sanctionner les policiers qui dérapent."

jeanNof.jpg La photo qui vaudra à Jan Nolf les "15 minutes les plus enrichissantes" de sa vie de juriste. © Jan Nolf

Interdire de filmer des policiers ? Le retour de la censure sous le masque de la sécurité

Ce mercredi soir, de nombreux policiers en tenues de maintien de l'ordre arrêtent - sans violence - des supporters anglais dans une rue de Bruges. Un riverain prend une photo d'ambiance du groupe de policiers (de dos) sous le beffroi éclairé. Un policier casqué s'approche de lui : "Arrêtez de filmer". "Je ne filme pas, je prends des photos", répond l'habitant. Le policier crie : "Arrêtez de filmer !". "Je ne filmais pas, je prenais une photo". "Arrêtez de filmer !" "Pourquoi ?", demande le photographe amateur. Et le policier de crier encore plus fort: "Arrêtez de filmer !" "Je ne filme pas, mais je ne suis pas d'accord qu'on l'interdise", répond le riverain sexagénaire qui est alors immédiatement menotté par trois policiers masqués sur ordre du premier.

Heureusement pour lui, l'aventure se termine bien : l'ancien juge de paix Jan Nolf sera relâché un quart d'heure plus tard. D'autres n'ont pas eu cette chance. Pour avoir simplement filmé une intervention un an plus tôt presque jour pour jour, un blogueur devra s'expliquer devant un tribunal : les policiers brugeois, soutenus par leur chef de corps, l'accusent d'avoir violé leur vie privée. En février 2014, la députée Gisèle Mandaila a été débarquée d'un avion par la force pour avoir voulu filmer l'opération d'expulsion d'un étranger.

Depuis sa création en 2013, l'Observatoire des violences policières de la Ligue des droits de l'Homme recueille les témoignages de victimes d'abus comme Jan Nolf (www.obspol.be) et dénonce cette criminalisation des citoyens ou des journalistes privés de liberté pour avoir photographié une opération policière ou calmement discuté un ordre. Certains policiers se montrent tellement intimidants que des citoyens et même des journalistes finissent par croire qu'il serait interdit de les filmer. Actuellement, c'est évidemment faux, comme l'a rappelé le dernier rapport annuel du Comité P et l'ancienne ministre de l'Intérieur Milquet. Mais ça pourrait changer : le ministre de l'Intérieur Jan Jambon se dit en effet prêt à étudier la question d'une interdiction de prendre l'image des policiers par souci pour leur sécurité. Aujourd'hui victime d'une arrestation arbitraire, Jan Nolf pourrait, si Jan Jambon concrétise ce projet, se retrouver au tribunal ou en prison la prochaine fois qu'il immortalisera des "bleus" dans sa rue !

Lire la suite...

La véridique interview de Valls

"Vis-à-vis des Calaisiens, nous devons manifester plus de solidarité", a ainsi continué l'actuel locataire de Matignon. De quelle manière? "Avec les forces de l'ordre engagées sur le terrain, c'est tout le travail que nous sommes en train de réaliser avec Bernard Cazeneuve (le ministre de l'Intérieur, ndlr) pour apporter une solution durable à la question des migrants, autour de la protection"

(...)

"Il s'agira d'organiser les choses différemment", a-t-il précisé. "La constitution de ce campement, avec des tentes de très grande qualité, d'ici à la fin de l'année" pourrait permettre "de sortir de cette situation intolérable les migrants eux-même", a espéré le Premier ministre

lundi 31 août 2015

Temps compté

Nouvelle campagne électorale grecque, placée sous le signe du Coup d’État européiste et permanant. Dernière pleine lune de ce mois d’août... et de SYRIZA. En deux semaines depuis l’adoption (anticonstitutionnelle) du mémorandum Tsipras, les cadres et les membres du parti de l’ex-Gauche radicale le quittent alors par milliers et par sections locales, départementales, voire régionales... quasiment en bloc. Métamorphoses d’Ovide face au... vide.

Plus de cinquante membres du comité central SYRIZA ont démissionné, dont Katerina Thanopoúlou, Vice-présidente de la Région d’Attique, responsable des affaires sociale que les lecteurs assidus de ce blog connaissent déjà. Alexis Tsipras recompose alors... (avec) les morceaux de SYRIZA en déconfiture, débâcle déjà morale et organisationnelle. “Tsipras mène la danse”... croit pourtant savoir une certaine presse mainstream, après avoir dansé avec les loups authentiques du totalitarisme européiste, la marionnette Tsipriote n’est que l’ombre de sa métamorphose ovidienne. L’hybris, en direct.

SYRIZA II, aux ordres de l’Empire de Bruxelles comme de Berlin abat alors sa dernière carte: “jouer” les élections législatives contre la Démocratie du référendum du 5 juillet et du ‘NON’ à 62%. Cette dernière pirouette n’est finalement qu’un chapitre au livre noir des mémoranda depuis 2010, et autant, au Coup d’État, répétons-le, permanant... pauvres escrocs. L’Assemblée nationale, d’abord parodiée dans son esprit comme dans sa lettre, en dépit de la résistance de Zoé Konstantopoúlou, ayant accouché du pire, c’est-à-dire, d’un mémorandum humiliant et néocolonialiste, d’où cet empressement des maîtres (provisoires) du jeu: en finir avec le ‘NON’, en organisant des élections anticipées pour ainsi réécrire l’histoire récente et surtout à venir.

“Ces élections sont un élément de la solution et non pas du problème”, a déclaré Angela Merkel, tandis que pour Jean-Claude Junker, “il faut espérer que ce scrutin, renforcera le soutien des Grecs à l'accord déjà signé avec les créanciers”. Les tenants visibles de l’absolutisme européiste n’ignorent pas que le temps leur est finalement compté, ils agissent alors dans la précipitation. La dictature ainsi imposée à la Grèce doit porter au plus vite la tunique de la légalité, comme celle de la... gauche. Sale temps, plus incertain que jamais.

(...)

Et quant aux vents de la société grecque, l’inconnu et l’amertume règnent en maîtres. De nombreux Grecs ne se déplaceront plus jusqu’aux urnes, mes deux voisons, mon cousin Kóstas, mon ami Théodoros... la liste est longue, le cœur est brisé et l’esprit n’est plus. Vent mauvais encore, et au port du Pirée, des autocollants estampillés Aube doré... accueillent les ultimes passagers de l’été grec, tandis qu’une certaine parole... nostalgique des temps des Colonels, s’exprime de plus en plus ouvertement, y compris à bord des ferrys.

Le nouveau parti de l’Unité Populaire de Panagiótis Lafazánis et des anciens de la Plateforme de gauche chez SYRIZA, bénéficie déjà de la collaboration d’Alékos Alavános (ancien chef de SYRIZA et mentor malheureux d’Alexis Tsípras en bien d’autres temps) et de son mouvement du Plan-B, tout comme, du ralliement de l’ancienne ministre Nadia Valaváni, et enfin il faut le signaler, du soutien de Zoé Konstantopoúlou, ex-Présidente de l’Assemblé nationale. “Il était temps... mais c'est peut-être trop tôt ou bien trop tard. Déjà Lafazánis aurait dû quitter SYRIZA aussitôt après les accords de février 2015” (entre le gouvernement Tsipras et la Troïka), estime Makis, ami connaisseur des... cuvées de la gauche grecque depuis plus de quarante ans.

Sachant que l’Unité Populaire de Lafazánis ressemble fortement à une copie de SYRIZA (la trahison en moins et la drachme en plus), la position du vieux PC grec (KKE) ne change guère: “C'est un SYRIZA bis, et il trahira au moment venu” martèle Dimítris Koutsoúmbas, chef du PC grec, à chaque meeting de son parti. Donc, pas d’union de Gauche en vue ; seulement, les conditions politiques sont bien exceptionnelles et pas toujours les personnes.

(...)

Inutile de préciser que le gouvernement dit technique, a bien de la suite... dans les marocains ministériels du mémorandum, Angela Merkel en a exprimé sa satisfaction publiquement ce lundi 31 août (Radio 105,5), donc la... Colonie est toujours sous contrôle. Et depuis Bruxelles, on rappelle que le mémorandum doit s’appliquer, gouvernement technique ou pas d’ailleurs. Pendant ce temps, les Tsipriotes en campagne électorale, prétendent être en mesure d’appliquer un programme... parallèle au mémorandum, pour ainsi “faire face à ses aspects les plus néfastes par une politique sociale”. Piètre mensonge.

Dans les cafés d’Athènes et dans ceux des îles personne ne lira cette interview assez étrange de Yanis Varoufákis accordée au “Monde Diplomatique”, où certes, “Leur seul objectif était de nous humilier”, sauf qu’en conclusion, volontairement inachevée, l’ancien ministre des Finances au gouvernement Tsipras, admettra que l’Europe... a toujours été son horizon et cela, depuis son enfance. Les... Mystères de Paris et l’épisode Varoufákis !

Yanis Varoufákis a toujours été comme on sait défavorable au retour à la drachme, et il n’a sans doute pas visité le petit musée d’Art populaire de l’île de Kythnos, où, le lit des mariés est comme de tradition, orné d’offrandes, billets compris, mais de drachmes. C’est alors ainsi que nos drachmes... nous suivent-elles à la trace, coincées parfois dans les iconostases d’Athènes.

Plus près de nous, au théâtre du moment on représente Ajax de Sophocle, relatant l'épisode de la folie d'Ajax, car le guerrier a massacré le bétail de l'armée... en croyant assassiner les chefs Atrides. Temps assassin. “Bonne chance”, peut-on encore lire sur certains murs d’Athènes, ou sinon, de manière plus explicite, “Sortons de l'UE”, slogan que l’on découvre d’ailleurs de plus en plus fréquemment.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sur son blog Greekcrisis

L'authentique allocution de Manuel Valls

Lundi 31 août, le premier ministre Manuel Valls vient à Calais, accompagné du ministre de l’intérieur et deux commissaires européens. Une visite de ministre est un exercice de communication, montrer qu’on fait quelque chose alors qu’on ne répète que les mêmes recettes, et à défaut d’être cru au moins rendre d’autres discours moins audibles et la réalité moins visible.

Face à ce jeu de masques, un groupe de Calaisiennes, de Calaisiens et d’ami-e-s venu-e-s d’ailleurs propose l’authentique discours de Manuel Valls, celui qu’il devrait prononcer, ainsi que le programme qu’il devrait suivre.

Nous invitons les citoyennes et citoyens et l’ensemble de la presse à une lecture publique de « l’authentique allocution de Manuel Valls, celle que nous voudrions entendre » et à un moment festif

à partir de 12h30 place Foch, devant le parc Richelieu

Mes chères concitoyennes, Mes chers concitoyens,

Je suis venu à Calais aujourd'hui pour prendre acte de l'échec des politiques menées jusqu'ici. Elles mettent dans l'impasse non seulement les exilé-e-s présent-e-s sur ce territoire, mais aussi les habitant-e-s de ce territoire, ainsi que la France et le Royaume-uni.

Il est temps de changer de cap.

J'ai lu avec horreur la déclaration commune signée ici même le 20 août par Mme Theresa May et M.Bernard Cazeneuve. J'ai du reste envoyé celui-ci sans délais régler la circulation des pingouins en Terre Adélie [1]

. Ce nouveau cap, je le déclinerai selon trois axes : mettre en place en France une politique d'hospitalité, fonder la coopération franco-britannique sur d'autres bases, agir pour un changement des politiques européennes.

Notes

[1] On trouve là un de ces traits d'humour dont Manuel Valls nous a rendu familier : comme Bernard Cazeneuve a perdu le nord, il l'envoie au Pôle sud, où il n'y a que des manchots.

Lire la suite...

dimanche 30 août 2015

«Nous n’accepterons jamais la méthode proposée pour classer les dossiers de corruption»

« Une commission clandestine de réconciliation économique et financière ». Voilà comment la coalition civile contre la loi de réconciliation qualifie la commission que Béji Caid Essebsi propose de gérer les dossiers de corruption et « tourner la page » en « urgence ». Dans ce que les opposants appellent désormais « la guerre déclarée du Président contre la justice transitionnelle », le projet de loi organique n°49 lié à la réconciliation dans le milieu économique et financier ne cesse d’alimenter un débat houleux entre une minorité résistante et une majorité partisane. Lors d’une conférence de presse, tenue à Tunis, jeudi matin 27 août, par la coalition civile contre le projet de loi de la réconciliation, Le juge démissionnaire du tribunal administratif, Ahmed Soueb, ainsi que Abdeljelil El Bedoui ont exposé les défaillances du projet de loi aux niveaux constitutionnel, juridique et économique.

Lire l'article d'Henda Chennaoui paru sur le site Nawaat

Le sens du placement

Qui achète qui ? La question n’épuise assurément pas la subtilité des organisations humaines. Mais y répondre offre un robuste aperçu de leur hiérarchie. Début août, une dépêche de l’agence Bloomberg annonçait : « Le groupe Goldman Sachs a embauché M. Anders Fogh Rasmussen, ancien premier ministre du Danemark et ex-chef de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), afin de surmonter les obstacles politiques auxquels se heurte la banque depuis qu’elle est entrée au capital d’une entreprise publique l’an passé [1]. » L’information se savoure comme un distillat des raisons qui fondent le discrédit du monde politique.

Il y a d’abord la trajectoire : chef de gouvernement partisan du moins d’impôts et de la guerre en Irak, M. Rasmussen démissionne en avril 2009 pour prendre la direction de l’OTAN. Son mandat échu, il crée un cabinet de conseil baptisé en toute sobriété luthérienne Rasmussen Global et enchaîne les conférences tarifées (40 000 dollars la prestation de base) par l’intermédiaire d’une société domiciliée en Andorre — une principauté dont le climat fiscal accommodant délecte cet ancien ministre des impôts. Le voici donc au service de Wall Street.

Mais il y a surtout le contexte. Si Goldman Sachs a ressenti l’urgence de s’acheter un ancien premier ministre danois, c’est que la colère gronde à Copenhague contre la banque d’affaires, soupçonnée d’avoir grugé le contribuable. L’histoire est édifiante. Début 2014, l’exécutif danois autorise Goldman Sachs à prendre une participation de 18 % dans le capital de Dong, la compagnie publique d’énergie. La décision provoque la fureur populaire et la démission de six ministres du Parti populaire socialiste (écosocialiste) opposés au projet. Fin mars 2014, la presse danoise révèle que le prix de la participation aurait été largement sous-évalué : un projet de champ géant d’éoliennes, connu de Dong et de Goldman Sachs, n’aurait pas été pris en compte dans le montant de la transaction. Exaspérés, les Danois balaient la coalition au pouvoir emmenée par les sociaux-démocrates. Soucieux de refermer cet embarrassant dossier, le nouveau gouvernement libéral a promis de divulguer certains documents relatifs à la vente, jusque-là jugés trop sensibles pour être communiqués aux parlementaires.

Une nouvelle tempête s’annonce. Le réseau d’obligeances et de connivences tissé par M. Rasmussen lors de ses mandats publics ne sera pas de trop pour protéger la banque privée. Cela tombe bien : l’actuel premier ministre danois était le ministre des finances du nouveau conseiller de Goldman Sachs.

Pierre Rimbert (via Le mOnde Diplomatique)

Notes

[1] Peter Levring, « Goldman hires ex-NATO chief to guard $1.5 billion Danish stake », Bloomberg, 5août 2015

Il ne s’est rien passé à Athènes

Après avoir sorti le drapeau blanc, le 13 juillet, le premier ministre grec Alexis Tsipras a choisi de retourner devant les électeurs. Mais ces mois de résistance, puis l’imposition à la Grèce d’un statut de colonie pénitentiaire, n’ont-ils pas d’un même coup révélé le visage du projet européen et pointé la nécessité d’une autre politique ? Etouffer dans l’œuf pareille interprétation, tel est l’enjeu du dossier « Les leçons d’une crise » publié par Libération (11 août 2015). Editorial-fleuve de Laurent Joffrin contre les « démagogues » qui contestent l’euro et l’austérité, entretien de Jean Quatremer avec M. Daniel Cohn-Bendit sur le thème « Pour la gauche, l’Europe est une utopie nécessaire », célébration de l’« activisme tous azimuts » de M. François Hollande en faveur de la démocratisation des institutions bruxelloises : le quotidien sort l’artillerie lourde. « Dans sa cruauté nue, explique Joffrin, la crise grecque a agi comme un crash test pour les idées fausses, les promesses intenables et les rhétoriques venteuses. »

La première urgence est de réécrire l’histoire. Non, affirme Joffrin, le premier ministre grec n’a pas été contraint de capituler sous la menace d’une destruction de l’économie hellénique brandie par ses « partenaires ». « Si Tsipras a choisi l’euro, c’est évidemment parce qu’il pensait que c’était l’intérêt de son peuple, en dépit de la potion amère qu’on lui présentait. » Que ne l’a-t-il d’ailleurs avalée sitôt élu ! Hélas, « Tsipras ne l’a pas voulu. Il a fait traîner les discussions, il a finassé, il a bluffé ; il a joué au poker avec l’avenir de la Grèce ». Magnanimes, les créanciers lui ont offert un pont d’or. « Il n’y avait sans doute pas d’autre compromis possible. » Pas d’alternative, entendez-vous !

La deuxième leçon s’adresse aux sympathisants de Syriza, que le directeur de Libération range pêle-mêle sous une même étiquette. « L’expérience grecque oblige la gauche radicale, une fois n’est pas coutume, à prendre en compte la réalité. Or la réalité, c’est qu’il était illusoire, trompeur, pour ne pas dire démagogique, de promettre aux Grecs la fin de l’austérité. » Cette même réalité conduisait pourtant le même Joffrin à écrire fin janvier à propos de la gauche radicale grecque : « Ce vent rafraîchissant ne peut pas faire de mal dans cette Europe de l’austérité déjà désavouée par la médication Draghi. Provoquée par l’insensibilité de la troïka, une victoire de Syriza obligera les responsables de l’Union à un examen de conscience des plus utiles. » Et de prophétiser : « On débouchera, selon toute probabilité, sur une renégociation de la dette — raisonnable tant les souffrances du peuple grec ont été aiguës —, sur un assouplissement de l’austérité intérieure et une relance prudente de la consommation, qui en a bien besoin » (24-25 janvier 2015). Illusoire, trompeur, démagogique ?

La dernière méditation joffrinienne reprend les « éléments de langage » de l’Elysée, où l’éditorialiste a ses habitudes. « La leçon vaut pour la France. Toute politique qui tend à accroître la dette publique menace la souveraineté française. » On objectera que Libération n’exerce plus guère d’influence qu’auprès de quelques journalistes parisiens, lesquels se reposent en août. Mais, un peu comme l’éditorial de Serge July accusant au lendemain du référendum de mai 2005 les partisans du « non » d’avoir répandu une « épidémie de populisme », il donne le ton de l’européisme nouveau, collection automne-hiver 2015. La tendance est à l’uniforme : circulez ! Il ne s’est rien passé à Athènes cette année.

Pierre Rimbert (via Le Monde Diplomatique)

vendredi 28 août 2015

Escroquerie politique

Il faut bien le reconnaître. Le plan européiste (et mondialiste) aurait été si bien préparé, il comportait d’ailleurs déjà en son sein SYRIZA (d'en haut) et cela depuis longtemps. La suite est connue: Calendrier des élections anticipées en janvier, fausses et rarement vraies négociations, éjection de la Plateforme de Gauche et nouvelles élections en septembre 2015 aussitôt après le choc du mémorandum III, le but étant de constituer un nouveau bloc mémorandiste (SYRIZA, Potami, PASOK etc.).

Seul imprévu, ce résultat du référendum, les Tsipriotes et les autres “vendus” de la Colonie auraient sans doute expliqué aux maîtres-fous troïkans que le 'NON' l'emporterait seulement de justesse. C’est ainsi qu’Alexis Tsipras a osé même prononcé cette phrase terrible lors de son allocution du 20 août: “J'ai la conscience tranquille”, copiant de la sorte Antonis Samaras jusqu’au grotesque, ignorant comme il semble l’être, de cette éventualité désormais plausible le concernant, à savoir de comparaître un jour devant un tribunal, au même titre que les autres dirigeants de la gouvernance mémorandaire (Papandréou, Papadémos, Samaras), en commençant par l’initiateur même de l’avant-projet, Costas Simítis.

Jeudi 20 août, Alexis Tsipras a dissous le Parlement, après avoir dissous la Démocratie, l’espoir, la Grèce, et même SYRIZA, pour ne pas dire toute la Gauche dans un sens. Sauf qu’il était aussi grand temps peut-être. Car lorsqu’enfin Alexis Tsipras déclare “entamer une discussion démocratique avec nos partenaires européens”, plus personne n’y croit en Grèce et ceci est un réel progrès. Et donc, nombreux sont ceux qui retiendront son autre petite phrase “il faut que mon gouvernement puisse tirer tout le bénéfice du soutien populaire” alors que SYRIZA d’en haut, a tout fait pour court-circuiter tout mouvement d’en bas authentiquement en sa faveur, surtout entre janvier et février 2015.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sur son blog Greekcrisis sous le titre "Escroquerie politique"

Les leçons de la capitulation du 13 Juillet 2015

Pour des pays comme la Grèce, ou le Portugal, la sortie de la zone euro devient une perspective tout à fait justifiée. Pour reprendre la maitrise de l’économie et appliquer des politiques qui répondent aux intérêts du pays, il faut être prêt à revenir à une monnaie nationale. Mais d’après moi, ce n’est valable que si cela va de pair avec la socialisation des banques, avec une réforme fiscale favorable à ceux d’en bas, avec une solution radicale à la dette. Sinon on aura une sortie de droite à la zone euro. C’est bien pourquoi une partie de l’extrême droite soutient de façon souverainiste cette sortie. Il faut l’éviter. Il faut une sortie progressiste, favorable au peuple. Pour retrouver le contrôle de sa propre monnaie, pour mener une politique monétaire favorable au marché local, notamment aux producteurs locaux, il ne faut pas avoir comme objectif de vendre à l’extérieur, mais bien de se baser sur les forces productives du pays pour répondre aux besoins de la population et ainsi diminuer les importations et donc les besoins en devises fortes.

Il faut tirer les leçons de la capitulation de 13 juillet 2015. Si l’on ne recourt pas à des mesures unilatérales d’auto-défense face aux créanciers, notamment la suspension de la dette, il est impossible d’obtenir des concessions fortes de la part des créanciers. Il faut que les forces politiques et sociales européennes comprennent qu’une négociation dans le cadre européen actuel respectant les règles dictées par la Commission européenne, la BCE, ou le FMI ne peut pas marcher. Il faut désobéir aux créanciers. Ce n’est qu’en désobéissant aux créanciers qu’on peut leur imposer de faire des concessions. Bien sûr il n’y a pas que la question de la dette. Il faut répéter qu’aujourd’hui, il existe des mesures clés d’alternatives : à côté de la suspension de la dette, il faut l’abandon des mesures d’austérité et l’adoption de lois protégeant les personnes qui ont été affectées par ces politiques d’austérité. Il faut aussi une solution du côté des banques. Il faut une socialisation du secteur bancaire. Il faut que ces banques privées passent dans le secteur public et répondent à des critères de service public pour servir les intérêts de la population. Il faut une toute autre politique fiscale. Il faut que le pourcent le plus riche, les grandes entreprises, paient réellement des impôts, et que l’on baisse les impôts sur la charge de la majorité de la population : il faut baisser les taux de TVA, il faut que l’on exonère de certains impôts ceux d’en bas en fixant un seuil de revenu. C’est donc la combinaison d’une politique qui porte sur la dette, sur les banques, sur la fiscalité, mettant fin à l’austérité et créant des emplois qui permet de mettre en place une alternative. Cette alternative est tout à fait possible. La population est prête. Elle soutient. Sinon, on ne comprendrait pas pourquoi 62% des grecs, alors qu’ils étaient menacés du chaos s’ils votaient NON, pourquoi, malgré ce matraquage, ce chantage, la fermeture des banques grecques, pourquoi ils ont voté contre la proposition des créanciers.

La conclusion est qu’un mouvement qui veut assumer des responsabilités gouvernementales doit être à la hauteur du soutien populaire. Il doit être prêt. Si l’on propose à la population de rejeter les propositions des créanciers, si l’on propose de réaliser un autre programme, il faut être prêt à prendre les mesures qui permettent de réaliser ce programme. Nous avons besoin des forces sociales et politiques qui sont concrètement prêtes à affronter les créanciers. Et à désobéir aux créanciers.

La leçon fondamentale à tirer est que la modération ne permet pas de trouver une solution. Il faut s’appuyer sur la population et prendre des mesures très fortes.

Lire l'intégralité de l'intervention d'Eric Toussaint parue sur le site du CADTM sous le titre "Grèce : pourquoi la capitulation ? Une autre voie est possible (Version texte)"

mercredi 26 août 2015

« Regagnez vos positions ! »

Empruntée au langage martial, l’expression peut paraître excessivement belliqueuse. Elle n’en est pas moins devenue un mot d’ordre, partagé depuis peu par de nombreux internautes, d’anciens compagnons de lutte d’avant 14 janvier 2011. C’est que le projet de loi dit de réconciliation économique, porté par la présidence de la République, point d’orgue d’une batterie de lois droitières, a touché à l’essence même de la révolution tunisienne, son ADN, en cherchant à restaurer un système corrompu sans passer par la case Vérité.

Lire l'article de Seif Soudani paru sur le site Nawaat

Ce qui arrive dans des endroits comme la Grèce n'a rien à voir avec la Grèce

Discours de Yanis Varoufakis à Frangy, bilan de six mois de tentatives de négociations ayant révélé la véritable nature de l'Union européenne et la menace mortelle qu'elle fait peser sur chacun d'entre-nous. Notons cependant que le gouvernement grec n'a tiré aucune conclusion de cette guerre d'agression économique, s'étant lourdement trompé sur la nature réelle de cette Union, victime d'européisme béat. C'est ainsi que Yanis Varoufakis lui-même a refusé dès le début et jusqu'à la capitulation de Tsipras (entouré d'anciens du PASOK) d'établir un véritable rapport de force avec la seule arme disponible, la dénonciation de la dette grecque, comme l'a expliqué Eric Toussaint du CADTM. Continuer à revitaliser le mythe européen, est-ce vraiment raisonnable ? Et que dire de la plaidoirie pour une Europe fédérale sur le modèle américain dont le fédéralisme a été le principal outil de répression des mouvements sociaux et de concentration des richesses mondiales entre quelques mains ?

Le Concierge

Je suis ici parce que ce qui nous est arrivé est en train de vous arriver. La Grèce est un champ de bataille sur lequel une guerre contre la démocratie européenne, contre la démocratie française, a été tentée et testée.

En mai dernier, en marge d'une autre réunion de l'Eurogroupe, encore un autre, j'avais eu le privilège d'une conversation fascinante avec le Dr Schäuble. Nous avions parlé longuement à la fois de la Grèce et de l'avenir de la zone euro. Plus tard ce jour-là, l'ordre du jour de la réunion de l'Eurogroupe comportait un article sur les changements institutionnels à venir pour renforcer la zone euro. Dans ces conversations, ce que le Dr Schäuble prévoyait pour l'Europe est devenu très clair. Il était également clair que la grande majorité des ministres des Finances étaient d'accord. Michel Sapin n'était pas parmi eux, mais, je ne me souviens pas de l'avoir vu contester ouvertement la vision de Dr Schäuble. Clairement, la France n'est plus ce qu'elle a été...

Et quel est le plan? François Mitterrand savait que la zone euro avait été mal construite. Il croyait que la première grande crise de l'euro obligerait ses successeurs à introduire l'union politique nécessaire pour sauver l'Europe d'une fragmentation semblable à celle des années 1930. Il avait tort.

Une crise à grande échelle est bien sûr inévitable lorsque le contrôle sur l'argent de différentes nations est concédé à des "technocrates" déconnectés de tout processus parlementaire susceptible de l'infléchir si nécessaire. Une fois que la crise inévitable éclate, les intérêts nationaux refont surface sur un mode vengeur. L'histoire a prouvé que Mitterrand avait tort: La crise a opposé une nation fière à un autre et a repoussé à un avenir lointain une solution fédérale.

Nous sommes restés avec le plan de Dr Schäuble: Un seigneur du budget Eurozonal (peut-être une version glorifiée de président de l'Eurogroupe) muni uniquement de pouvoir négatif, ou de veto, sur les budgets nationaux. Sur le budget de la France, pour être précis. Un Eurogroupe qui devient de plus en plus puissant pendant que la Commission européenne se fane à l'arrière-plan, confinée à des questions d'importance mineure.

A ceux qui disent «plus d'Europe» et parlent en faveur d'une «union politique», je dis: méfiez-vous! L'Union soviétique était aussi une union politique. La question est: Quel genre d'union politique? Un royaume démocratique de prospérité partagée? Ou une cage de fer pour les peuples d'Europe?

Une démocratie fédérale comme l'Allemagne, les Etats-Unis ou l'Australie, permettez-moi de vous le rappeler, est fondée sur la souveraineté de ses citoyens, comme en témoigne le pouvoir de ses représentants fédéraux de légiférer au nom du peuple souverain.

En contraste, le Plan Schäuble conçoit seulement des pouvoirs négatifs: Un seigneur du budget qui peut seulement dire «non», mais a une capacité très limitée de recycler les excédents vers les régions déficitaires de l'Europe - ce qu'un système fédéral ferait.

Le problème posé par ce plan est double. Premièrement, il ne permet pas de protéger et de gérer la macro-économie de la zone euro. Deuxièmement, il viole les principes fondamentaux de la démocratie libérale occidentale.

Alors, que vient faire la Grèce dans tout cela? Elle est utilisée dans une sorte de conte moral, pour vous démontrer à vous ce qui vous attend si vous résistez à cette version disciplinaire de l'union politique. Le Grexit est conçu comme une menace pour forcer le peuple de France à accepter comme un moindre mal l'austérité permanente, la crise permanente et le contrôle de votre destin par des irresponsables, des gens sans visage, des pseudo-technocrates économiquement analphabètes.

Ne vous méprenez pas: Notre gouvernement a été écrasé, car nous avons osé dire non à la Troïka à une époque où elle avait des plans pour venir à Paris. Vous ne pourrez pas dire que vous n'avez pas été prévenus. "Nous sommes tous des Grecs désormais" non pas parce qu'il y a quelque chose de supérieur chez les Grecs, mais parce que le printemps d'Athènes a allumé une petite bougie d'espoir chez tous les Européens. Une bougie que la Troïka devait éteindre à tout prix, de peur que son autorité soit contestée par le spectre de la démocratie.

Lire l'intégralité sur le blog de Monika M. que nous remercions pour son précieux travail de traduction.

lundi 24 août 2015

François Hollande, le Bien et le Mal

"Face au mal qui s'appelle le terrorisme, il y a un bien, celui de l'humanité. C'est celui que vous incarnez".

Tels sont les mots prononcés par François Hollande lors de la cérémonie précipitée (pour profiter pleinement des projecteurs médiatiques [1]) de remise de la légion d'honneur aux passagers du Thalis.

Le Mal, le Bien, l'Incarnation, et un Président instance suprême du Jugement dernier.

Un bien beau moment de catholicisme zombie...

PS (sic) : et comment reconnaître le Mal ? le Ministre des transports a son idée : au faciès. Car le Mal n'est pas Blanc. Un très beau moment de néo-pétainisme...

Notes

[1] On attend maintenant le coup de menton de Valls, il semble qu'il soit tenu par la préséance présidentielle et n'ait le droit de tirer à lui que le bout de couverture anti-terroriste restant après usage par le premier

dimanche 23 août 2015

Syriza : le clou dans le cercueil de LA gauche ?

Une très bonne chose s’est produite dans tout ça : les peuples d’Europe on pu voir se dérouler devant eux une énorme tragédie (dont ils ne connaissent pas encore la véritable portée) et savent que cette Europe et cette monnaie n’apporte rien de bon. Les masques sont tombés. Une très mauvaise chose s’est produite : les gens, dorénavant, entendront le terme « Gauche » et cracheront par terre, pour montrer leur mépris, ou sur leur poitrine, pour dire « loin de nous, ce mal » !

Moitié belge, je me sentais jadis fière de savoir que Bruxelles accueillait les institutions d’une chose aussi grande que l’Europe était à mes yeux. Cette Europe ne nous veut pas du bien. Elle vient nous faire la leçon. Elle, qui ne respecte même pas l’acquis communautaire. En tant qu’interprète, j’ai souvent travaillé à des conférences à contenu européen. J’ai vu de près le façonnage de toute une terminologie d’entomologiste pour disséquer nos vies. Et voilà que, maintenant, l’Europe est ouvertement néolibérale. Je le prends en pleine figure, mais, au moins, je sais mettre un nom sur ce qui m’est tombé dessus.

Et Syriza dans tout ça ? Oh, L’Europe est notre maison commune, l’euro est notre monnaie commune. Bon, elle n’est pas toujours commode l’Europe, mais on finira bien par s’arranger…

En tout cas, Syriza ne perdra pas le temps d’essayer d’expliquer aux gens ce qui se passe. Il n’indiquera pas quel est l’ennemi dans cette guerre que nous vivons. Car il s’agit bien d’une guerre. On s’attaque à votre image (les Grecs sont des fainéants qui ont vécu au-dessus de leurs moyens pendant bien longtemps et en plus ils vivent aux crochets de l’État). On s’attaque à votre emploi (alors que c’était le secteur public qui était sensé être démesuré, on a commencé par démanteler le secteur privé…le chômage est parti en flèche…). On s’attaque à votre santé physique (le système de santé, les hôpitaux, la sécurité sociale, tout vole en éclats…) et à votre santé mentale (le terrorisme des médias -qui fera partie d’un papier séparé - est impossible à décrire… un savant mélange de coups de fouets, de culpabilisation, de terreur et de haine… on ne s’est jamais tant préoccupés de ce que disaient la presse et les politiciens étrangers -surtout quand ils disent du mal des Grecs).

On s’attaque à votre dignité (votez ceci, ne votez pas cela, manifestez, ne manifestez pas, vous allez la bouclez, enfin ?!!!) Et pourquoi doit-on assumer les pertes des banques ?! Les débats télévisés, dont on attendrait quelque information, quelques éléments permettant de comprendre, sont un véritable cirque ou, plutôt, une arène où les interlocuteurs ne demandent qu’à bouffer les autres interlocuteurs en remuant leurs langues de bois). Bon sang, les allemands sont partout ! Ce Fuchtel, secrétaire d’état allemand aux affaires grecques (sic), sillonne le pays et s’attire le soutien de maires pour magouiller des affaires dans le domaine du traitement des déchets et du photovoltaïque… ! Les types de la troïka sont partout, entrent, sortent, critiquent, décident, critiquent encore…

Môssieur Joachim Fuchtel, délégué à l’Assemblée germano-hellénique ( ?) nommé par Mme Merkel en personne pour nous offrir son savoir-faire en matière de coopération entre collectivités locales….

À chaque fois qu’un débat important a lieu au Parlement, à l’occasion d’un énorme projet de loi, je me dis : « Ils ne vont pas rester-là, à participer à ce cirque ! Ils vont sortir de la Vouli et vont rejoindre les gens ! »

Mais, non…Jamais ! Au grand jamais ! On a bien droit à des discours mais c’est si peu de choses face à la tragédie qu’on vit…

Et, puis, arrive le moment fatidique. Les vieux partis ont épuisé leur potentiel. Ils ne pourront plus rien faire passer au Parlement. Les « partenaires » le savent bien. L’élection du nouveau président de la République est l’occasion toute donnée. Puisque Syriza n’est pas d’accord, nous allons aux urnes. Élection nationale, donc, pour un nouveau gouvernement. Les gens en ont marre, sont dépassés, souffrent. Tsipras apparaît comme la solution. Il est jeune, il ne fait pas partie du système politique pourri (?), il a des idées (?), il propose un programme de lutte contre la crise humanitaire qui frappe le pays. Veiller sur les plus démunis, redonner l’électricité et l’eau à tous ces foyers sombres et froids et à sec. Et, puis, merde ! Les Grecs sont un peuple fier ! On ne peut pas accepter que madame Merkel, madame Lagarde, monsieur Shäuble nous disent ce que nous devons faire !!! Nous sommes un État souverain ! Nous allons prendre soin des nôtres !

Lire l'article de "Christine" paru sur le site Okeanews

vendredi 21 août 2015

Faire-part du décès de la Grêce

Original File Name: 2015081957.jpg

Athènes vit et meurt au ralenti, de nombreux commerces resteront fermés jusqu’à la semaine prochaine, en attendant... la fermeture définitive pour certains. Parmi les mesures du mémorandum III, il y a cette avance à hauteur de 100% de l’impôt des entreprises pour l’année suivante (calculé sur la base de l’exercice en cours), une mesure qui concernera tous les indépendants, exploitants agricoles compris.

Ces derniers, bénéficieront néanmoins d’une... faveur, durant cette première fois transitoire, ils n’auront que 55% de l’impôt de l’année suivante à avancer, sauf que leur gasoil ne sera plus détaxé et que le montant de leurs cotisations à la Sécurité Sociale augmentera de 43%, sans oublier cette généralisation de l’imposition à hauteur de 26% et cela, dès le premier euro... et pour tous, et donc, indépendamment des revenus (faibles ou pas).

Pour les rédacteurs de la revue politique (de gauche) “Unfollow” (numéro du mois d’août), ce mémorandum II est tout comme... un faire-part du décès de la Grèce, de sa démocratie, de sa souveraineté comme d’ailleurs de son économie. Sur internet grec, on ironise autant comme on peut sur le caractère totalitaire et concentrationnaire que ce mémorandum impose-t-il aux institutions démocratiques, au “Parlement” d’abord, en dépit hélas des (ultimes ?) efforts de résistance consentis par Zoé Konstantopoúlou. Efforts... alors payants, étant donné que la Présidente de l’Assemblée sera écartée des listes des candidats SYRIZA à la députation lors des législatives prochaines, d’après des sources de Maxímou (le Matignon) grec, citées par la presse cette semaine

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou sur son blog Greekcrisis paru sous le titre "Dieux chthoniens"

Discours de Zoé Konstantopoulou au Parlement grec lors de l'adoption du Memorandum III

Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues, pour commencer, je voudrais attirer votre attention sur le fait que le projet de loi introduit devant le Parlement - ‘introduit’, ici, est à prendre aussi bien au sens propre qu’au sens figuré (ndlt : en grec : « eisagomeno » signifie « introduit », mais aussi « importé de l’étranger ») – est inconstitutionnel pour les motifs invoqués dans les exceptions d’inconstitutionnalité déposées par le Syriza le 7 novembre 2012, que j’ai eu l’honneur de présenter et dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre ; le 14 novembre 2013, que j’ai eu l’honneur de présenter et dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre ; le 30 mars 2014, motifs que j’ai eu l’honneur de présenter pour le compte du groupe parlementaire du Syriza et dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre, mais aussi pour les raisons invoquées par le Premier Ministre de Grèce, Alexis Tsipras lors de son discours du 14 décembre 2010, discours dont je dépose une copie aux Actes de la Chambre, ainsi que lors du discours du Premier Ministre, monsieur Alexis Tsipras, prononcé lors de la séance d’adoption du Deuxième Mémorandum de la Loi 4046 de 2012, dont je remets une copie aux Actes de la Chambre, pour les raisons évoquées par le Premier Ministre, M. Alexis Tsipras, lors de son allocution du 23 février 2012, dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre, pour les raisons évoquées par le Premier Ministre, M. Alexis Tsipras, lors de son discours prononcé à l’occasion du vote de ratification du Programme à Moyen Terme, dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre, lors des débats sur les mesures d’urgence d’application des Lois 4046, 4093 et 4127, dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre, de la loi 4224 de 2013 dont je remets une copie aux Actes de la Chambre, et enfin de la Loi 4254 de 2014 dont je remets une copie aux Actes de la Chambre.

Mesdames et messieurs les députés, chers collègues, nous sommes non pas ce que nous disons, mais ce que nous faisons.

Nous sommes chaque mot de la Constitution, s’il ne nous passe pas par la tête de violer les plus sacrées des garanties constitutionnelles protégeant la démocratie, la liberté, la dignité, les droits, le fonctionnement parlementaire, l’indépendance nationale, la souveraineté populaire.

Nous sommes les défenseurs de la démocratie du peuple, de la société et de la souveraineté populaire et du principe selon lequel tout pouvoir tire sa source du peuple et s’exerce pour le peuple, comme le prévoit la Constitution, si ce pouvoir que nous avons reçu du peuple, nous le lui rendons, et si nous honorons le verdict populaire tel qu’il s’est exprimé avec 37 % de la confiance au programme social anti-mémorandum du SYRIZA, mais aussi avec le monumental 61,3 % du NON aux chantages et aux mémorandums lors du référendum du 5 juillet.

« Nous serons originaux », a déclaré le Premier Ministre, et il a empli de sentiments de joie, d’élévation et de dignité chacune et chacun de nous, et il a gonflé les voiles de l’espoir pour les jeunes générations. Nous faisons preuve d’originalité, si nous restons effectivement cohérents, après les élections, avec tout ce que nous avons dit pendant la campagne et non si, petit à petit, ou au contraire avec une rapidité déconcertante, nous nous muons en défenseurs de tout ce que nous avons combattu avec constance depuis des années.

Il n’y a rien d’original, pour un gouvernement, à ramener des mémorandums en soutenant que c’est là la seule et unique voie de salut pour le pays ; cela, tous les gouvernants précédents l’ont déjà fait.

Il n’y a rien d’original, pour un gouvernement qui amène avec lui des mémorandums, à viser à ce que leurs clauses échappent si possible au débat ; cela, tous les gouvernants précédents l’ont déjà fait.

Il n’y a rien d’original à présenter les mémorandums sous la forme de textes de centaines de pages, en un seul, deux ou trois articles, afin que leurs dispositions particulières ne soient pas soumises au vote ; cela, tous les gouvernants précédents l’ont déjà fait.

Il n’y a rien d’original à déposer à la dernière minute de monstrueux amendements, longs de plusieurs pages, qui constituent à eux seuls de véritables projets de lois ; cela, tous les gouvernements précédents l’ont déjà fait.

Il n’y a rien d’original à voir les promoteurs des dispositions législatives les plus assassines pour la société taxer quiconque les combat de populisme et d’irresponsabilité ; cela, tous les gouvernements précédents l’ont déjà fait.

Il n’y a rien d’original pour un gouvernement qui promeut les mémorandums à accuser quiconque leur résiste d’immaturité politique et d’infantilisme, de se conduire comme des gamins et de s’adonner à des jeux d’enfants – combien de fois M. Samaras n’a-t-il pas qualifié notre groupe parlementaire de « conseil de classe » et notre Président, Alexis Tsipras, de « représentant des élèves au Conseil » ? Cette rhétorique est d’ailleurs chère à nos démolisseurs venus de l’étranger, telle Mme Lagarde qui, après le « the game is over » de M. Tusk |1|, déclarait : « il est temps que les adultes prennent la parole », sous-entendant ainsi que le Premier Ministre de Grèce, voire le peuple grec lui-même, est mineur.

Il n’y a rien d’original, enfin, à ce que ceux-là même qui apportent les mémorandums s’efforcent de rejeter sur ceux qui résistent l’accusation de trahison et de collaboration avec l’ennemi. Combien de fois n’a-t-on entendu M. Samaras et M. Venizelos |2| évoquer une « cinquième phalange », lorsqu’ils s’adressaient tantôt à nous –alors que nous étions le 1er parti d’opposition- tantôt, pour M. Venizelos, au sein même de son propre parti ?

Et malheureusement, nous n’avons pas fait preuve d’originalité avec cette dernière tactique, pas originale du tout, mais la plus vulgaire de toutes. Adoptée désormais ouvertement, elle le fut d’abord à mots couverts et sournoisement, puis par la suite, sans vergogne, et elle a atteint son paroxysme avec l’attaque dirigée directement contre tous ceux, parmi les députés du Syriza, qui persistent à défendre nos positions, inscrites dans notre programme, nos engagements communs, nos principes communs et nos annonces de campagne, par leur diabolisation en tant que collaborateurs de Schaüble ou que braqueurs de banques.

Ce qui est véritablement original, pour toute l’Europe, c’est de voir le premier gouvernement de gauche – avec pour colonne vertébrale un parti de gauche -, sorti vainqueur des élections avec pour mandat de débarrasser le pays des mémorandums, remettre le mandat populaire dans les mains de la Troïka, avec les clefs du pays et du Parlement, les biens et richesses nationaux et la souveraineté nationale, et s’efforcer en même temps d’éliminer, comme de vulgaires obstacles ou des poids morts, les ministres, représentants parlementaires, membres de la Présidence du Parlement, présidents de commissions du parlement qui tentent d’empêcher cela.

Lire la suite...

mercredi 19 août 2015

Tunisie: Projet de loi blanchissant la corruption sous Ben Ali

Le projet de loi organique de réconciliation dans les domaines économique et financier devrait être examiné à l’Assemblée des représentants du peuple à la rentrée parlementaire, à partir du 27 août prochain. Si, comme le prédit désormais Rached Ghannouchi, « la loi passera après quelques amendements », la force de frappe de la nouvelle majorité parlementaire (près des trois quarts théoriques des députés) cache mal un isolement croissant de certaines élites politiques sur cette question précise, épineuse, et éthiquement polémique.

L’Instance Vérité & Dignité a essentiellement cinq mandats et autant de commissions spécialisées, dédiées à leur réalisation. Toutes sont menacées par le projet de loi organique relatif aux « dispositions particulières concernant la réconciliation dans le domaine économique et financier », un texte dont les auteurs prétendent qu’il ne touche qu’un aspect unique de la justice transitionnelle, mais qui interfère en réalité dans l’ensemble des missions imparties à l’IVD.

L’article 12, le plus dangereux de ce texte de loi, stipule expressément que :

Sont abrogés tous les articles liés à la corruption et la spoliation des deniers publics contenus dans la loi de décembre 2013 relative à la justice transitionnelle.

L’un des principaux mandats de la commission investigation et recherche consiste à faire la lumière sur les violations massives des droits humains. Or, le moteur de la machine dictatoriale s’articulait en Tunisie précisément autour de la corruption, l’ancienne dictature n’étant pas régie par une quelconque idéologie, contrairement à d’autres régimes autoritaires. Son objectif était de capter les richesses de l’Etat vers une fraction de la société.

Par conséquent, cette première commission ne pourrait plus examiner les plaintes lui parvenant, ayant un lien direct avec un acte de corruption au départ et qui finit, comme souvent, par un acte de violation des droits humains.

Lire l'article de Seif Soudani paru sur le site Nawaat.org sous le titre "L’arbitrage économique, ou l’arbre qui cache la forêt"

mardi 18 août 2015

Je vous ai apporté... des terrasses. Car les places publiques, c'est péééérisssaaable... Et l'horeca, c'est tellement bon...

Même les places publiques sont à vendre

(écouter un débat à Marseille avec le Musée de l'Europe)

10 nouvelles terrasses font désormais de l’ombre aux clients des restaurants de la place Sainte-Catherine, sur le terre-plein central au pied de l’église. Certains riverains regrettent l’espace public phagocyté et parlent de «domestication par le cappuccino».

Marion Lemesre, vous êtes échevine MR du Commerce à la Ville de Bruxelles. On vous reproche de gagner sur les espaces publics...

Je viens de discuter avec une riveraine qui me dit qu’elle voudrait que ses enfants puissent jouer au foot ou lancer le frisbee place Sainte-Catherine. Je lui réponds qu’il y a un terrain de basket place du Nouveau Marché aux Grains et des terrains de foot parc Fontainas. Il y a aussi une aire de jeu juste à côté d’ici, place du Vieux Marché aux Grains.

La Ville lutte contre les night shops. On parle d’une interdiction de vendre de l’alcool après une certaine heure. Par contre, je peux consommer une bière en terrasse ici. N’est-ce pas une réglementation à deux vitesses?

L’ancienne législature a laissé les night shops se multiplier. Ça ne me plaît pas. Il n’y aura bientôt plus de consommation d’alcool permise en rue. Je préfère que vous consommiez une bière là sur la terrasse. L’occupation commerciale de l’espace public, ça ne me gêne évidemment pas en tant qu’échevin du commerce. Je préfère que les gens mangent à table plutôt que couchés par terre avec une canette du night shop. Pour ceux-là, il y a d’autres emplacements en ville.

Quid de celui qui n’a pas les moyens de s’attabler?

J’inviterai ces personnes à faire leurs courses dans un supermarché, à ramener leurs boissons chez elles dans un sachet pour les y consommer. Mais la consommation de rue doit cesser.

Mais si ces personnes sont sans-abri?

Alors elles doivent prendre contact avec le CPAS pour trouver une solution de logement.

Comme certains riverains, vous déplorez aussi la mendicité et le comportement de certains sans-abri. Mais que faire?

On m’a raconté que certains sans-abri viennent place Sainte-Catherine et font leurs besoins dans les poubelles. Juste là. Ça doit cesser! Il faut donner aux policiers les moyens d’agir. Un tel comportement, pour moi, ça mérite une arrestation. Et le Samu Social doit aussi trouver des solutions pour venir en aide à ces gens.

Les enseignes de la place Sainte-Catherine sont relativement luxueuses...

Je dirais surtout que Sainte-Catherine devient peu à peu le ventre de Bruxelles, avec ses restaurants qualitatifs et ses magasins gastronomiques: boulangerie, boucherie, champignons, poissons... Ce sont des offres de qualité vers lesquelles le quartier se spécialise.

Vous visez un développement similaire dans le piétonnier, aujourd’hui principalement couvert par des snacks?

J’espère qu’on pourra upgrader l’offre commerciale du piétonnier mais il ne doit pas devenir 100% horeca. Il faudra donc rester vigilant quant aux changements d’affectation et veiller à la cohésion de l’offre. L’idée c’est de segmenter le piétonnier avec certains tronçons horeca, puis des tronçons commerçants. Nous placerons aussi les terrasses au centre en laissant les flux piétons passer devant les vitrines.

N’y a-t-il pas trop d’événements sur le territoire de la Ville de Bruxelles?

La pression est énorme sur la Ville en terme d’animations. On a des dizaines de demandes chaque jour. On en refuse un nombre incroyable. La future agence régionale du tourisme aura là son rôle à jouer. Car la Ville n’est pas demandeuse de toutes ces activités. Certains événements restent incontournables, comme l’Ommegang, Plaisirs d’Hiver ou le Tapis de Fleurs. Mais d’autres font fuir les clients des commerces. Bien sûr, il ne faut pas voir chaque événement par la lorgnette du commerce. Mais c’est mon rôle.

source : l'Avenir (don de Patrick Taliercio)

lundi 17 août 2015

François Hollande et le nouveau "Pinochet arabe"

Participant sans vergogne à la course aux armements au Moyen-Orient, François Hollande semble aussi avoir changé la devise de la République en "Anti-terrorisme, Police, Armée" (c'est à dire Torture, Terrorisme d’État, Dictature). C'est d'ailleurs la France qui fournit le gros des armes servant à la répression de la population égyptienne comme le dénonce Amnesty International. Dans le même temps, le Président français met bien évidemment en danger ses concitoyens. Sa politique irresponsable d'ingérence au Moyen-Orient sur fond d'ignorance crasse de l'histoire, de vassalité pitoyable aux États-Unis, et de contrats juteux du sang humain, contribue à faire de la France une cible dans le même temps où un Président normalement dément [1] prétend tout faire pour protéger la population de tels actes qui s'ils devaient survenir seraient de nouveau immédiatement instrumentalisés pour restreindre les libertés publiques, désigner un bouc émissaire et militariser l'ordo-libéralisme (On se souvient, parmi d'autres faits inouïs mais consentis et dont il est encore plus inouï qu'ils soient consentis, qu'après les attentats de janvier, Manuel Valls était allé terroriser des lycéens en leur demandant de se préparer à passer leur vie entière sous menace terroriste comme dans "1984") Dire non au terrorisme, c'est dire non à l'infâme politique étrangère de Hollande, c'est dire non au terrorisme d’État.

Le Concierge

hollande_suez.jpg illus. Inauguration du Canal de Suez Le fils caché de l'Impératrice Eugénie et de Guy Mollet faisant une démonstration des valeurs de la République lors du Salon (nautique) de la "Démocratie Arabe".

Journaliste : Monsieur le Président, je voudrais revenir sur l’Égypte. Vous étiez l’invité d’honneur, aujourd’hui, au premier rang, on a pu le constater. Est-ce que vous considérez que le régime égyptien est compatible avec les valeurs de démocratie que prône la France ? Avez-vous, sinon, eu des assurances aujourd’hui de la part du Président SISSI sur d’éventuelles avancées à court ou moyen terme ?

LE PRESIDENT : Vous savez que la France fait toujours en sorte que les principes, les valeurs que nous portons puissent être évoqués avec tous nos partenaires. L’Égypte est entrée dans un processus, après une grave crise, après de nombreuses victimes et avec un terrorisme qui n’a pas cessé. Ce processus doit aller à son terme, c'est-à-dire avec des élections législatives, transparentes et libres, et elles sont prévues – et cela m’a été confirmé – à la fin de l’année. En même temps que je pose ces principes, je dois aussi considérer que l’Égypte est un partenaire. Un partenaire essentiel dans la lutte contre le terrorisme, qui fait face lui-même au terrorisme, au terrorisme dans son propre pays – on a vu encore ces derniers jours – et puis à une situation chez ses voisins particulièrement dégradée ; en Libye en particulier. Dans ce contexte-là, l’Egypte est un partenaire et notre relation va demeurer à haut niveau sur la coopération que nous devons avoir en matière de sécurité.

democratie.jpg Courtesy of Emmanuel Tête

Quelques jours plus tard...

Le président de l’Égypte, Abdel Fattah Al-Sissi, a ratifié, dimanche 16 août, une loi antiterroriste qui prévoit la création de tribunaux spéciaux, fournit des protections juridiques aux policiers chargés de la mettre en œuvre, et prévoit une amende très lourde pour les journalistes qui rapporteraient des informations contredisant les communiqués officiels en cas d’attentat. (le Monde, 17 août 2015)

nicolas_sarkozy_ben_ali_hosni_moubarak_upm_2008.jpg

Illus. Le changement (de tortionnaires) c'était quand ?

Notes

[1] Qui n'hésitait pas début 2015 à déclarer que "la dissuasion (nucléaire) stimule nos efforts de recherche et de développement et contribue à l’excellence et à la compétitivité de notre industrie. C’est parce qu’il y a eu ces recherches qu’il y a eu des innovations. C’est parce que nous avons été capables d’être au plus haut niveau sur le plan de la dissuasion nucléaire, que nous avons pu diffuser, dans l’industrie, des savoir-faire, des technologiques incomparables qui ont été au service de l’économie et donc de l’emploi", ce qui le range évidemment dans la catégorie des fous dangereux

dimanche 16 août 2015

Tunisie : vers la normalisation de la torture au nom de la lutte anti-terroriste

Environ vingt personnes ont été torturées entre juillet et début août 2015 dans les prisons, centres de détention et même dans la rue. Un chiffre que des organisations de la société civile ont recensé sans réussir à donner une liste exhaustive des dépassements et violations des droits de l’Homme commis par les forces de l’ordre durant la même période. Depuis la déclaration d’une guerre acharnée contre le « terrorisme », les observateurs ne cessent de noter une montée considérable de la violence policière. D’un autre côté, les décideurs du pays ne semblent pas trouver un équilibre entre la démocratisation du pays et la lutte anti-terroriste.

Lire l'article d'Henda Chennaoui sur le site Nawaat.org

- page 1 de 17