Musée de l'Europe et de l'Afrique

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dimanche 15 octobre 2017

La fin de la politique

La société grecque se disloque. Il y a ceux qui... s’amarrent à une destinée encore réellement existante, et tous les autres, ceux pour qui le futur n’est visible qu’à travers une... gueule cassée. “Que pouvons-nous faire enfin pour résister? Nos manifestations ont été brisées sous les matraques de la Police, nos bulletins de vote ont été trahis, ils ne servent et ils ne serviront plus à rien pour changer la situation”.

Question posée en direct par un auditeur au journaliste Lámbros Kalarrytis et à la radio 90.1 de la bande FM, au soir du 11 octobre 2017. Le journaliste sans trop y croire et visiblement gêné, a voulu minimiser ces propos sur l’insignifiance patente et prouvée des élections. L’auditeur a finalement conclu... tout seul: “Il faut que le sang coule ; en Grèce, mais aussi partout en Europe pour que la situation change. Sinon, ceux qui nous contrôlent ne lâcheront pas, c'est tout”. “Bonne soirée Monsieur, je vous remercie...”

(...)

L’histoire comme on dit, elle s’accélère, les destins se figent, peut-être pour un temps seulement, et les mentalités quant à elles, alors elles décampent. Jusqu’en 2015, et jusqu’au referendum du ‘Non’ en juillet, les Grecs croyaient que par une certaine solution du type “miracle politique”, ils allaient retrouver le chemin de leur pseudo-paradis perdu de l’avant-crise. Deux partis, SYRIZA et ANEL, issus du front comme des luttes contre le Mémorandum et contre la Troïka ont été portés au (supposé) pouvoir.

Ces partis, leurs hommes et leurs femmes, n’ont proposé que de paroles, paroles et slogans alors sans véritable programme alternatif, prononcés sans y croire, et de ce fait sans lendemain. Et ces gens ont poussé le bouchon de la trahison et du cynisme jusqu’à... enclore les Grecs dans le flacon de l’immobilisme. Le choc, mais aussi une certaine sagesse vers la quelle il les conduira... ce flacon, sont toujours immenses. La nouvelle situation (le mémorandum Tsipras entre autres), semble être accepté faute d’autre perspective. Et alors, ceux qui ne peuvent plus supporter cette nouvelle réalité depuis 2015, ils s’évadent du pays, soit par un exil à l’étranger, soit par un exil dit “en interne”.

Paupérisés (ou pas), ces anachorètes nouveaux, iront ainsi retrouver leur village natal loin des villes, ils vont se refugier au sein de leurs amis à la manière des groupes primaires combattants, qui les structurent autant à travers un mécanisme d'identification, de compétition et de miroir. Ils iront enfin s’accrocher à l’Orthodoxie, à la tradition populaire, entre autres formes de “départ”, à la musique de Rebétiko .

C’est la fin de la politique, ou plutôt de son illusion, entretenue encore coûte que coûte par les marionnettes parlementaires (et locales), et autant, par la... matrixicité médiatique.

Mon ami K., enseignant, se comptait très volontiers présent à tous les mouvements et événements (espérés) politiques, depuis 2010. Et à présent, il se dirige vers l’Église. “L’Église, c’est le radeau de sauvetage le mieux accessible qu’il soit. Il faut alors y voir plus près, faute de mieux pour l’instant. Je visite un monastère par semaine et parfois, j’y reste un peu plus longtemps, durant les périodes des vacances scolaires par exemple. Depuis l’affaire SYRIZA de l’été 2015, l’attrait pour les monastères s’est considérablement renforcé.”

“Il y a presque toujours la queue... à l’entrée. Quelquefois j’y suis hébergé, accompagné de mon épouse et des enfants. Nous discutons avec les moines, nous nous apaisons ainsi de l’hybris de l’actualité, et nous en sortons... purifiés. Notre ami M. qui est souvent de la partie, l’autre jour il a voulu revenir sur la question de l’homme de la situation, de l’homme juste, de l’homme déterminé à prendre le pouvoir en Grèce pour mettre fin à cette décadence et autant trahison du régime démocratique, en attendant espérons-le, son renouveau. Tu sais, cette question que de très nombreux Grecs posent et se posent depuis 2015.”

“L’higoumène (abbé de monastères orthodoxes) alors lui répond: ‘C’est encore une illusion. L’homme providentiel, juste, bon et fort, ne pourra pas apparaître sous les conditions actuelles. Puis, un seul homme, aussi intelligent et habile qu’il soit, il sera rapidement éliminé ou avalé par le système. Pour l’instant, nous devons tous, d’en bas, nous organiser et agir à peu près comme durant la période de l’occupation ottomane. Autrement-dit, organiser des cours de langue gratuits et accessibles à tous, de nôtre langue évidemment qu’il va falloir désormais préserver, puis, de notre histoire, si malmenée désormais à l’école officielle. Les paroisses devraient aussi agir dans ce sens.’”

“Tu vois peut-être. Je me suis désabonné entre temps des nouvelles via Internet, celles des mouvements du type Plan-B, Unité Populaire et consorts, ils ont fait leur temps... et nous avons suffisamment perdu notre temps et notre énergie avec eux... et il faut dire en vain. Nous avions en réalité accordé trop d’importance à ces gens, tout comme les autres Grecs à ceux de droite, nous devons ainsi désormais avancer dans la compréhension profonde de notre monde et aussi peut-être de leur monde, avant de pouvoir nous organiser et agir enfin efficacement. Sauf que nous avons besoin du moins... d’une petite gamelle remplie par jour, je le reconnais, ce n’est plus à la portée de tous dans ce pays.”

Extrait du billet de Panagiotis Grogoriou paru sous le titre " Je vous écris d'un pays lointain " sur son blog Greekcrisis

vendredi 22 septembre 2017

Macron veut remplacer le code du travail par le code du capital

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Les ordonnances Pénicaud s’inscrivent dans la continuité d’un vaste projet patronal de précarité de masse, sous couvert de lutte contre le chômage de masse. Le Code du Travail s’en trouve menacé. Le gouvernement tente de maquiller, derrière une communication axée autour de la modernité et de la liberté, une politique déjà datée qui ne servira en bout de course que les grands intérêts industriels et financiers. Et au détriment des conditions de travail et de la rémunération des travailleurs.

Lire l'article publié sur Le Vent se lève

mercredi 13 septembre 2017

Le Portugal reprend des couleurs après deux ans de désobéissance à la Commission européenne

Le Portugal n'a presque plus de déficit budgétaire, bénéficie d'une des meilleures croissances de la zone euro, a fait baisser son chômage et attire les investisseurs. Le petit miracle économique et social portugais s'est réalisé en moins de 2 ans avec une politique pourtant opposée aux demandes de la Commission européenne.

Depuis la crise financière de 2008 et celle des dettes souveraines de 2010, la plupart des pays du sud de l'Europe n'ont pas réussi à sortir la tête de l'eau : les déficits budgétaires sont souvent supérieurs aux critères européens, le chômage y est toujours très élevé, les problèmes sociaux causés par la précarité persistent. Les prêts concédés par le FMI, sous l'égide de la BCE et de la Commission européenne pour aider ces pays à retrouver un peu de vigueur et payer leurs dettes ont été tous accompagnés d'obligations de réductions des déficits, par une baisse des dépenses publiques et des demandes précises, comme le gel des salaires des fonctionnaires, des pensions de retraite, la baisse des prestations sociales.

Ces politiques dites d'austérité ont été doublées de réformes structurelles du marché du travail visant à assouplir les droits des salariés pour améliorer la compétitivité des entreprises. Ces réformes du marché du travail sont elles aussi une demande de Bruxelles. La Grèce, l'Italie ou l'Espagne ont effectué ces politiques d'austérité et ces réformes sans succès concret. Tout comme le Portugal jusqu'en 2015. L'Italie, si elle a baissé ses dépenses et a atteint un déficit inférieur à 3% en 2016, n'arrive pas à faire baisser son chômage qui est supérieur à 11%. En Espagne, le chômage est à 18,7% au premier trimestre 2017, et le déficit public ne colle toujours pas aux critères de Bruxelles : 3,6% en 2016. L'échec des politiques de rigueur budgétaire accompagnés des "assouplissements du marché du travail" ne permettent visiblement pas de faire repartir ces économies.

Le Portugal a démontré depuis 2 ans, qu'une politique — inverse aux politiques austéritaires, et donc basée sur une relance par la demande et l'amélioration des protections sociales — pouvait fonctionner. Ce que le FMI avait déjà confirmé en 2016 en annonçant à propos de la Grèce que "l'austérité ne fonctionnait pas". De là à préconiser une politique sociale de relance en Europe, le pas est un peu grand pour l'institution internationale qui a toujours été favorable au désengagement financier social des Etats et à la privatisation de leurs infracstructures et services.

Lire : Portugal : un redressement économique et social qui prend Bruxelles à contre-pied, sur le site de TV5-Monde

samedi 2 septembre 2017

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Yanis Varoufakis sans oser le demander...

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Yanis Varoufakis fait remonter à 2011 sa collaboration avec Alexis Tsipras et son alter ego, Nikos Pappas. Cette collaboration s’élargit progressivement, à partir de 2013, à Yanis Dragasakis (qui est devenu, en 2015, vice-premier ministre). Une constante dans les rapports entre Varoufakis et Tsipras : Yanis Varoufakis plaide en permanence pour modifier l’orientation adoptée par Syriza. Varoufakis affirme que Tsipras-Pappas-Dragasakis veulent eux-mêmes clairement adopter une orientation différente, nettement plus modérée, de celle décidée par leur parti.

La narration faite par Varoufakis ne manque pas de piment. À travers son témoignage, on voit comment, à des étapes très importantes, des choix sont faits dans le dos de Syriza au mépris des principes démocratiques élémentaires.

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Varoufakis s’attribue un rôle central et, en effet, il a exercé une influence sur la ligne adoptée par le trio Tsipras-Pappas-Dragasakis. Il est également certain que Tsipras et Pappas ont cherché à construire, en dehors de Syriza, des rapports plus ou moins étroits avec des personnes et des institutions afin de mettre en pratique une politique qui s’est éloignée de plus en plus de l’orientation que Syriza avait faite sienne. Varoufakis n’est pas la seule personne à avoir été contactée mais effectivement, à un moment donné, Tsipras et Pappas ont considéré qu’il était l’homme de la situation pour aller négocier avec les institutions européennes et le FMI.

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Lire le 3ème article de la série « Le récit de la crise grecque par Yanis Varoufakis : un témoignage accablant pour lui-même » par Eric Toussaint, paru sur le site du CADTM sous le titre Comment Tsipras, avec le concours de Varoufakis, a tourné le dos au programme de Syriza

mardi 22 août 2017

Le gouvernement lance un appel d'offre de 22 millions d'euros pour gazer les prochaines manifestations

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Alors que commence, ce 22 août 2017, la dernière session de concertation organisée par le gouvernement avec les syndicats pour préparer les ordonnances réformant le Code du Travail, on apprend que ce même gouvernement a décidé de faire le plein de grenades et de gaz lacrymogènes….

(...)

Alors que les grands médias français semblent s’être donné la consigne de focaliser l’attention et les conversations des Français sur la situation professionnelle pathétique de Brigitte Trogneux, épouse Macron, alors que celle-ci aurait pourtant « les plus belles jambes de Paris » (...), le ministère de l’Intérieur a profité de la torpeur estivale pour lancer en catimini un appel d’offre de marché public, le 5 août 2017, afin d’équiper massivement les forces de l’ordre en armes et munitions anti-émeutes pour une durée de quatre ans.

Rappelons au passage qu’un appel d’offre de marché public est une obligation légale pour une administration et que c’est cette obligation légale qu’avait bafouée Muriel Pénicaud – à l’époque directrice générale de Business France, avant de devenir ministre du Travail dans le gouvernement Édouard Philippe – pour organiser le voyage de Macron à Las Vegas pendant la pré-campagne présidentielle.

L’appel d’offres du ministère de l’Intérieur a été passé sous la référence n°17-112134 et publié le 8 août dans le Bulletin officiel des annonces des marchés publics. Il concerne « l’acquisition de grenades et de moyens de propulsion pour les besoins de la Gendarmerie et Police Nationales ».

La commande globale s’élève à la bagatelle de 22 millions d’euros, hors TVA.

Elle se répartit ainsi :

Grenades de maintien de l’ordre et moyens de propulsion à retard (grenades 56 et 40 mm fumigènes lacrymogènes et fumigènes simples, moyens de propulsion à retard de ces grenades, à portée de 50 mètres et de 100 mètres, bouchons allumeurs à main à retard de 1 à 3 secondes pour ces deux types de grenades 56 mm et 40 mm ) : 17 888 000 € hors TVA.

Moyens de propulsion à retard 56 mm à portée de 200 mètres : 112 000 € hors TVA

Moyens de propulsion d’exercice à retard : 660 000 € hors TVA

Cartouches pour grenades 40 x 46 mm : 1 500 000 € hors TVA

Grenades 56 mm assourdissantes lacrymogènes : 1 840 000 € hors TVA

Lire l'article de François Asselineau paru sur le site upr.fr paru sous le titre « EN MARCHE » VERS LA RÉPRESSION == Pas de restrictions budgétaires pour préparer le gazage des futurs manifestants !

Préavis de grève pour le droit du travail à Matignon?

Selon Le Point, comme toutes les start-ups, la "start-up France" pressure ses joyeux "team members" jusqu'au burn-out. Cerise sur le gâteau en forme d'arroseurs arrosés, cette start-up a pour but d'accoucher d'un nouveau droit du travail imposant ces pratiques post-sociales à l'ensemble de la population. Le Musée de l'Europe appelle donc à la grève et au blocage de Matignon par ses subordonnés qui disposent désormais de toute l’expérimentation nécessaire (sur eux-mêmes) pour juger de l'extrême nocivité de leur "travail" et de la façon de l'accomplir... Le Concierge

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« Débordés », « à bout de souffle », les cabinets ministériels et les équipes administratives vivent un « enfer » un peu plus de trois mois après l'arrivée d'Emmanuel Macron à la présidence de la République. Comme promis pendant la campagne, le nouveau chef de l'État a réduit massivement les effectifs des cabinets. Un décret publié le 19 mai au Journal officiel limite à dix le nombre de conseillers pour un ministre, huit pour un ministre délégué et cinq pour un secrétaire d'État. Et le rythme soumis aux équipes apparaît difficilement tenable d'après des témoignages recueillis par Le Monde .

Une conseillère de Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, a même fait un burn-out trois semaines seulement après sa prise de fonction. Un avertissement qui confirme l'état des troupes. « On est débordés », souffle un habitué de Matignon, sous couvert d'anonymat. « Tous les jours, c'est 7 heures-23 h 45, indique un conseiller ministériel. Pour les ministres, c'est pareil. C'est l'enfer. On verra combien de temps ça dure. » « On frôle l'embolie, avertit un conseiller de Bercy. Les ministres sont acculés, ils peuvent à peine traiter les urgences médiatiques. » Il va falloir changer de logiciel, sinon tout le monde va mourir

Le directeur de cabinet d'un grand ministère assure au quotidien du soir travailler 18 à 20 heures par jour en semaine, avec un rab de cinq heures par jour le samedi et le dimanche. « Le rythme est très éprouvant physiquement. Les nuits sont courtes. J'essaie de rentrer chez moi trois soirs dans la semaine pour l'heure du dîner et pour coucher mon fils. Puis je me remets au travail jusqu'à 1 ou 2 heures du matin », détaille-t-il.

Conscients des limites de ce dégraissage, plusieurs ministres ont évoqué l'état de fatigue avancé de leurs équipes auprès de l'Élysée et de Matignon. « Même si c'est dur, il va falloir changer de logiciel, nous n'avons pas le choix. Car sinon, tout le monde va mourir », alerte l'un d'entre eux. En réponse, « ils nous demandent de tenir. Ils disent que sinon, on n'arrivera pas à changer les habitudes », explique au Monde un conseiller. « Quand il y avait plus de ministres et plus de cabinets, ça fonctionnait moins bien », se défend l'Élysée.

Mais pour un membre de l'ancienne équipe gouvernementale, la réduction des effectifs a un but bien précis pour Emmanuel Macron : « C'est un moyen de dire : Vous voyez ? Je fais mieux avec moins ! C'est aussi le moyen de dépolitiser les dossiers et de tenir les ministres bride courte. Il peut décider de tout, tout contrôler. »

Le Point : Les équipes gouvernementales au bord du burn-out

samedi 19 août 2017

Quand la Commission européenne s'assoit sur les décisions de la justice grecque...

Ce n’est pas moins de 4 ans d’instruction judiciaire, deux procès initiaux et une réouverture du dossier que vient de clore la condamnation d’Andréas Georgiou. En effet, le 1er août 2017, le Tribunal correctionnel d’Athènes a condamné cet ancien Directeur de l’office des statistiques grecques (Elstat) à deux ans de prison avec sursis pour «  manquement au devoir  ». Voici ce qu’en dit le quotidien Le Monde dans son édition du 1 août 2017 : « Andréas Georgiou, ancien chef de l’office des statistiques grecques, Elstat, au cœur de la saga des faux chiffres du déficit public au début de la crise de la dette, a été condamné, mardi 1er août, à deux ans de prison avec sursis. Le tribunal correctionnel d’Athènes l’a jugé coupable de « manquement au devoir », selon une source judiciaire. Cet ancien membre du Fonds monétaire international était poursuivi pour s’être entendu avec Eurostat (l’office européen de statistiques, dépendant de la Commission européenne) afin de grossir les chiffres du déficit et de la dette publique grecs pour l’année 2009. Le but supposé : faciliter la mise sous tutelle financière du pays, avec le déclenchement, en 2010, du premier plan d’aide internationale à la Grèce – on en est au troisième, depuis août 2015

(...)

Marianne Thyssen, commissaire européenne aux affaires sociales, a affirmé que «  les données sur la dette grecque pour la période de 2010 à 2015 ont été fiables et communiquées avec exactitude  ». Dans cette situation, la justice grecque avait estimé en décembre 2016 qu’il n’y avait pas d’éléments suffisants pour envoyer Georgiou devant le tribunal… Mais un courageux procureur de la Cour suprême, Xeni Dimitriou a demandé le réexamen de l’affaire. A l’issue d’un nouveau procès, Georgiou a donc été condamné le 1er août 2017. Ses avocats et lui-même ont fait savoir qu’ils feraient appel.

La porte-parole de la Commission européenne, Mme Annika Breidthardt, a renouvelé son soutien total à Georgiou en déclarant que cette décision n’est pas conforme aux décisions précédentes de la justice et a réitéré que « la Commission est pleinement confiante dans l’exactitude et la fiabilité des données de l’Elstat au cours de la période 2010-2015 et au-delà ». Le vice-président de la Commission européenne, M. Valdis Dombrovskis, dans une interview au Financial Times a déclaré que « l’indépendance des offices nationaux des statistiques des pays-membres est un pilier important du fonctionnement de l’euro et un des éléments qui construisent la confiance entre les pays-membres de la zone euro ». Il en est de même de toute la nomenclature européenne qui clame son soutien à Georgiou via les Moscovici, Mario Draghi et autres… La pression des autorités européennes est constante soit de façon formelle soit via les médias européens. Et le prochain Eurogroupe de septembre 2017 envisage même d’en parler.

(...)

Les ingérences des créanciers de la Grèce dans les affaires de justice a amené l’Union des juges et des procureurs de Grèce à vivement réagir dans un communiqué : « Les autorités judiciaires grecques et les lois grecques doivent traiter sur un pied d’égalité tous les citoyens indépendamment des relations spéciales que ces derniers pourraient avoir avec des services relevant de la Commission européenne. L’interprétation correcte et l’application des lois sont confiées par la Constitution aux institutions judiciaires dont le jugement ne doit pas être influencé par des tendances politiques, des pressions ou des incitations ». Et de conclure : « L’indépendance des offices nationaux des statistiques des pays-membres peut certes constituer un pilier important de l’union économique et monétaire selon la Commission, mais l’indépendance et la liberté de jugement des juges et des procureurs d’un pays sont la pierre angulaire du régime démocratique ».

Lire "Grèce  : le procès Georgiou ou l’affaire de la falsification des statistiques grecques pour justifier l’intervention de la Troïka" sur le site du CADTM

mercredi 16 août 2017

Mediatarte et les habits neufs du marketing citoyen (Zuckerbergoïde)

Triptyque. Collections du Musée de l'Europe

mediapartChats.PNG Joyeusement propulsé par Mediapart

zuckergerb1.PNG Joyeusement propulsé par Google

attacalternativesweb.PNG Joyeusement propulsé par ATTAC

Invité à inaugurer "en grandes pompes" l'Université d'été d'ATTAC, il est peu probable qu'Edwy Plenel ou ses hôtes s'interrogent ou soient interrogés outre mesure sur le passé récent qui a mené à la déconfiture des mouvements sociaux et au triomphe du "Nouveau Monde"... Il faut dire qu'étant "européenne", cette "université d'été des mouvements sociaux", si on en juge par son programme, ne saurait qu'analyser abstraitement des situations abstraites (la problématique de la lutte contre les ordonnances Macron brille par sa (quasi) absence, mais on pourra par contre s'initier à l'"activisme créatif et soutenable"!!!) Dans un but d'éducation populaire, le Musée de l'Europe expose quelques archives du journal PLPL concernant un champion de l'engagement citoyen et des "alternatives" qui n'a pas fini de nous vendre des "biens de salut politique", dont le catalogue continuera de changer à chaque collection "hiver" et "été", pour décorer les "structures de l'économie"... (Le Concierge)

1999 : « Est-ce que la situation dans laquelle nous sommes ne donne pas des gages de réussite à cette alliance d’un libéralisme économique et d’un libéralisme politique, à la fois du dynamisme des entrepreneurs et de la liberté des individus au nom de laquelle, d’une certaine manière, nous nous sommes battus au Kosovo ? »

(Edwy Plenel, LCI, 12/06/99)

2017 : « Vous aviez commencé un petit-peu votre campagne à Médiapart (...) et d'ailleurs une semaine après, ça vous a musclé, vous avez décidé d'annoncer officiellement votre candidature (...) Au fond c'est une campagne du XXIème siècle, vous avez commencé votre campagne dans un journal totalement numérique, totalement participatif, nous sommes en direct sur Mediapart, mais sur youtube, sur dailymotion, sur facebook et un peu partout sans frontières dans le monde. Et au fond à l'image de cette révolution numérique, c'est aussi une révolution démocratique »

(Edwy Plenel servant la soupe à Emmanuel Macron à la veille du 2nd tour des Présidentielles)

Il y a 17 ans : Les combats "citoyens" du Monde

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Démanteler le service public

Privatiser France Télécom : « Les monopoles anciens sont destinés à mourir. Le changement de statut de France Télécom en une société dotée d’un capital et capable d’alliances mondiales apparaît comme un impératif. Le devoir du gouvernement est de prendre un peu de temps, non pour le cacher mais pour le dire, et pour préparer au plus vite les fonctionnaires à ce changement » (Le Quotidien Vespéral des Marchés i.e. Le Monde, éditorial du 13/07/95) (1).

Privatiser comme Margaret Thatcher : « En France, la révolution thatchérienne a fait figure d’épouvantail (2), empêchant de voir que, partout dans le monde, l’équation qui établissait une relation d’équivalence entre service public, entreprise publique, monopole et statut du personnel volait en éclats À moins de remettre en cause l’internationalisation de l’économie et les progrès technologiques qui avivent la concurrence, les services publics industriels et commerciaux vont devoir davantage prendre en compte les deux derniers termes, sans renier le premier. L’introduction de la concurrence apparaît inévitable dans la plupart des secteurs, en particulier les transports et les télécommunications » (« Une révolution nécessaire pour les services publics », Le quotidien Vespéral des Marchés, 12/10/95).

Privatiser pour ne pas être en « retard » : « La France adopte enfin la loi sur la concurrence dans l’électricité. Avec un an de retard sur ses partenaires, Paris se conforme aux nouvelles règles européennes. Les députés devaient voter, mardi, un texte minimaliste, alors que plusieurs pays ont opté pour une déréglementation totale » (Titre et sous-titre, p. 16, Le quotidien Vespéral des Marchés, 2/02/00).

Privatiser pour être moderne : « Qu’est-ce que le « modèle social européen » sinon essayer de réglementer le marché ? Le chef de l’État et M. Juppé ne sont jamais parvenus à dégager cette troisième voie, et ils ont renforcé l’image d’une France refusant de s’adapter à la modernité de l’économie mondialisée. À archaïque, archaïque et demi… En outre, si M. Jospin doit aujourd’hui faire face à un secteur nationalisé plus important que dans les autres pays, c’est que son prédécesseur a été incapable de conduire à bien les privatisations qu’il avait décidées » (Le quotidien Vespéral des Marchés, 16/07/97).

Privatiser pour être plus américain : « Il reste maintenant à M. Strauss-Kahn et à ses collègues européens à suivre la voie économique américaine, caractérisée depuis des années par des réformes de structures, une baisse de la pression fiscale, des coupes claires dans les dépenses de l’État et un retour à l’excédent budgétaire » (Le quotidien Vespéral des Marchés, 5/12/98).

Dénoncer les grèves

Directeur adjoint de la rédaction du Monde, Pierre George se sent « droit dans ses bottes, pour affirmer ici que nos amis cheminots commencent à attiger sérieusement ! Qu’à faire grève pour un oui ou pour un non, de préférence le vendredi, et aux prétextes les plus divers, ils assassinent le service public au motif de le sauver ! (…) À force, trop, c’est trop. Trop de grèves tuent la grève. (…) Les cheminots ne sont pas les damnés de la terre, ou du fer. Ils ont un statut enviable, des salaires décents, un système de retraite avantageux. (…) On ne saurait se cacher perpétuellement derrière l’usager et le prendre en otage en permanence pour mieux le protéger » (Le quotidien Vespéral des Marchés, 28/11/98).

« Une fois de plus, un très faible nombre de gréviste peut suffire à bloquer environ 30 % du trafic. Par ailleurs, cette grève rappelle (à la SNCF) toutes les dérives dont est capable un syndicalisme catégoriel » (Le quotidien Vespéral des Marchés, 4/05/99).

Licencier

Vive les licenciements à Moulinex !

« Il n’y a pas d’alternative au plan de Pierre Blayau si l’on veut sauver Moulinex » (3) (Le quotidien Vespéral des Marchés, 21/06/96).

Vive les licenciements au Japon !

Lorsque Renault, dont l’État est actionnaire principal, annonce la suppression de 21 000 emplois dans sa filiale Nissan, le Le quotidien Vespéral des Marchés trouve « l’État intelligent » (titre de l’éditorial du 20/10/99) : « Et si l’État était un bon actionnaire ? On a suffisamment dénoncé, et à juste titre, au cours des dernières années, les piètres capacités de l’État propriétaire pour ne pas souligner que, sous certaines conditions, l’État peut aussi être un acteur efficace dans la vie des entreprises. »

Vive les licenciements à Vilvorde !

(3 100 licenciements) « Renault va mal. Il lui faut dans l’urgence réduire ses coûts et le nombre de ses usines en Europe pour les spécialiser par modèle. Dans ce cadre, le site de Vilvorde n’est pas compétitif. La politique aurait pu s’imposer contre cette logique (…) Mais contraindre Renault à aller contre son intérêt industriel aurait provoqué, outre la démission du PDG, un véritable séisme. Le message eût été celui d’une rupture avec l’économie ouverte, que M. Jospin n’a jamais imaginée. Reste donc à enrichir le plan social » (Le quotidien Vespéral des Marchés, 1/07/97).

Vive les licenciements pour sauver l’emploi !

« Si Renault – ou le capitalisme français – se refusait à ces gains de productivité aujourd’hui, il mettrait en péril ses perspectives de croissance et donc d’emploi. (…) Mais Renault révèle aussi que, dans cette transition vers un capitalisme de marchés, la France n’est encore qu’à mi-chemin. (…) Un nouveau pas sera franchi avec l’arrivée d’une nouvelle génération de dirigeants, d’un Français d’origine libano-brésilienne ayant fait ses classes aux États-Unis, Carlos Ghosn l’auteur du plan de 21 000 licenc..., à la tête de Renault par exemple ! » (Le quotidien Vespéral des Marchés, 22/10/99).

Fondre la démocratie dans les fonds de pension

Dans l’édito « Marché et démocratie » consacré à la bataille entre la BNP-Paribas et la Société Générale, l’auteur assimile une offre publique d’échange à un référendum (où seuls les propriétaires disposent du droit de vote) : « Si l’on doit regretter quelque chose, c’est que, pour ce référendum, le poids des “électeurs” français soit aussi faible et celui des étrangers aussi lourd » (Le quotidien Vespéral des Marchés, 17/08/99).

Lécher les patrons

« Bien joué, M. Bébéar », s’exclame un éditorial : « Les vraies réussites “industrielles” sont trop rares, en France, pour ne pas être saluées. Celle de Claude Bébéar et de son groupe d’assurances AXA, couronnée aujourd’hui par l’absorption de l’UAP, le mérite. (…) Elle dote la France d’un géant financier capable de défendre, à l’heure de la mondialisation, les intérêts économiques du pays. Face aux mastodontes anglo-saxons, le mariage des deux assureurs permet à la France de jouer dans la cour des grands. (…) Libéral militant (proche du parti républicain), catholique pratiquant et patron ouvert au monde, Claude Bébéar a constamment agi, à la tête de son entreprise, en conformité avec ses idées. Rare, là encore. L’homme croit au marché. Il en joue, sans naïveté (…) Militant de “l’entreprise citoyenne”, il a certes tiré de sa réussite une fortune personnelle ; mais ses salariés, ses actionnaires et ses clients en ont aussi bénéficié » (Le quotidien Vespéral des Marchés, 14/11/96) (4).

Quand deux journalistes interviewent Jack Welch, « patron emblématique » de General Electric, une des plus grandes multinationales du monde, les questions sont : « Vous êtes devenu la référence en matière de management. Avez-vous des chantiers inachevés ? (…) Vos méthodes sont copiées par les plus grands groupes. Est-ce une boite à outils ? (…) Vous êtes devenu une sorte d’idole pour le monde des affaires. De nombreux PDG s’enferment facilement dans une tour d’ivoire. Et vous ? » (Le quotidien Vespéral des Marchés, 20/06/00).

Célébrer le plan Juppé

Après l’annonce du Plan Juppé, un éditorial expliquait : « La journée du 15 novembre (1995) a toutes chances de rester comme la première date utile du pouvoir issu de l’élection présidentielle de mai dernier. Utile au pays car celui-ci a désormais un gouvernement. C’est à dire une équipe capable de prendre une décision qui ont non seulement le mérite de la cohérence, mais qui paraissent dictées par une certaine idée de l’intérêt général, quitte à mettre à mal les corporatismes ou les clientèles électorales. Donc Juppé II gouverne. » (Le quotidien Vespéral des Marchés, 17/11/95).

PLPL, n°1, 2000

Lire aussi : Le Monde réel

Rien de neuf sous le soleil...

Dans cet article PLPL écrivait :

En échange de leurs complaisances, les têtes de réseau médiatiques héritent de quelques lignes dans le quotidien vespéral des marchés – parfois d’une tribune. Et le QVM accorde un retentissement inouï aux « débats » qui ébranlent la cabine téléphonique où se déroulent les AG de la LCR. Les vedettes parisiennes du radical-chic peuvent glapir contre l’« ultra-libéralisme » si elles veillent à épargner les médias qui installent ce chancre dans nos crânes.

Le lecteur réactualisera en remplaçant QVM par Mediatarte, "tribune" par "Une du club", "ultra-libéralisme" par "économie numérique" et "cabine téléphonique" par "cabine téléphonique"... (Le Concierge)

Notes :

1. Rappel : « Non signé, l’éditorial est une œuvre collective, qui engage l’ensemble du journal » (11-12/07/99).

2. Dans un éditorial titré « L’exemple britannique », Le Monde avait écrit : « Le débat français, souvent trop dogmatique, pourrait utilement s’enrichir de l’exemple britannique » (20/11/95).

3. Plan Blayau : 2 600 suppressions d’emplois annoncées, suivies d’un gain de 21 % du cours de l’action. Pierre Blayau est un ami proche d’Alain Minc, président du conseil de surveillance du Monde.

4. En 2000, le « citoyen » Bébéar doublera la prime que payent les trisomiques pour couvrir financièrement le « risque ». Axa est actionnaire du Monde.

jeudi 10 août 2017

Colonialisme : Sucer la Grèce jusqu’à la moelle

À la lumière de cette entreprise de dépossession des richesses grecques à une échelle quasi industrielle (il s’agit du plus grand transfert de propriété en Europe de l’Ouest) et menée par et pour des puissances étrangères ou les intérêts qui y sont liés, il est difficile de ne pas faire le parallèle avec les pays du Sud et l’installation d’un régime néo-colonial. Un régime qui s’installe et se fortifie non pas au rythme des bottes d’une armée coloniale, mais à celui des prêts et échéances de remboursement d’une dette publique illégitime.

(...)

Le 1er juillet 2016 Le Hellenic Corporation of Assets and Participations S.A (HCAP S.A.) est mis sur pied. Il remplace le TAIPED ou plus exactement l’englobe. En effet, ce nouveau fonds de privatisation est pensé comme une véritable multinationale avec quatre filiales :

- l’agence de privatisation (TAIPED ou HRADF) ;

- le fond hellénique de stabilité financière (HFSF), qui détient les parts que possède encore l’État grec dans certaines banques privées ;

- une société des biens publics (ETAD S.A. ou PPCo S.A.), qui possède les propriétés publiques (hôtels, bâtiments administratifs ou ministériels, site de camping, d’aéroports…) ;

- une société des participations publiques (EDHS S.A ou PHCo S.A.) qui détient et contrôle les entreprises publiques grecques mais aussi toutes les parts que l’État possède dans certaines entreprises. Les bénéfices réalisés par ces entreprises publiques ou semi-publiques y sont inclus.

L’État grec transfère donc à ce nouveau fonds l’ensemble de ses actifs (entreprises, patrimoine, propriétés, actions…), sans contreparties, c’est-à-dire sans recevoir de l’argent en échange. Ce fonds est ensuite chargé de vendre ou céder les droits des actifs en question. En septembre 2016, le ministre des finances, Euclide Tsakalotos avait d’ailleurs tenté de calmer la colère suscitée par la privatisation des réseaux municipaux de l’eau d’Athènes et Thessalonique, en jouant sur les mots et arguant « ce n’est pas une privatisation, mais juste un transfert au fonds ». Or, comme le prévoient les statuts du fonds, aucun retour en arrière n’est possible : « la chose ou le droit qui est transféré ou cédé au Fonds ne peut en aucun cas être réattribué à son ancien propriétaire ou ayant droit (donc l’État grec) ». À la différence de son prédécesseur, le TAIPED, qui détenait « seulement » 25 % des actifs grecs pour 6 ans, ce supers-fonds a vocation d’en gérer la quasi-totalité |4| et ce pour 99 ans. L’horizon des 50 milliards de privatisation est toujours d’actualité. 50 milliards dans un pays où, soit dit en passant, le PIB s’élevait à 185 milliards en 2015.

C’est donc le super-fonds qui se charge des privatisations en tant que telles et qui encaisse l’argent des contrats conclus. Que fait-il ensuite des recettes issues des privatisations ? Bonne question… Selon le texte du troisième mémorandum, sur 50 milliards, 50 % des profits réalisés seront destinés à couvrir les besoins de recapitalisation des banques grecques, 25 % pour le remboursement de la créance du MES et enfin 25 % pour des investissements décidés par le fonds lui-même. Quant à savoir qui, concrètement, touchera l’argent : l’État grec ? Les créanciers directement ? Le fonds garderait la partie destinée aux investissements ? Les textes sont soudain silencieux.

Qui est le pilote dans l’avion ?

Ce super-fonds est dirigé par un conseil de supervision (supervisory board) composé de cinq membres : trois sont nommés par la Grèce, après aval des institutions, et deux nommés, dont le président, par la Commission européenne et le MES, après l’accord du ministre des finances grec. Les derniers jouissent d’un droit de véto. Parmi ses prérogatives ce conseil de supervision se charge de nommer le conseil des directeurs (board of directors) qui, à son tour, désignera les membres des organes de directions des différentes filiales (excepté le FHSF).

En octobre 2016, le supervisory board est nommé. Les deux représentants choisis par les créanciers sont le français Jacques Le Pape pour la direction du fonds et l’économiste espagnol David Vergara. Le premier, un haut fonctionnaire pantouflard, est passé notamment par Air France et le cabinet de Christine Lagarde, aujourd’hui directrice du FMI, qui -s’il est encore nécessaire de le rappeler- est créancier de la Grèce. Le second est un ancien membre du MES, lui aussi créancier du pays. Sans surprise, les créanciers ont placé des « visages connus » aux manettes de ce super-fonds.

À peine désigné, ce conseil de supervision a lancé un processus de recrutement afin de former le conseil des directeurs. Processus de recrutement géré par les cabinets de conseil KPMG et Stanton Chase, contractés pour l’occasion

Parmi les candidatures retenues, on trouve George Diamantopolous (directeur du conseil d’administration), ancien PDG de Jacobs Suchard et Kraft Foods en Grèce et dont le super-fonds vante la « vaste expérience dans les multinationales ». Ourania Aikaterinari a plus d’une corde à son arc en tant qu’ancienne de BNP Paribas, Eurobank, Deutsche Bank, Ernst and Young, et surtout, avant de rejoindre le HCAP, elle était directrice adjointe de PPC S.A la compagnie publique grecque d’électricité, dont une partie devrait être bientôt vendue par le super-fonds.

Enfin, Stefanos Giourelis, globtrotteur pour le compte de la multinationale américaine Hewlett Packard. Bref, des cadors du monde de l’entreprise et des banques pour gérer au mieux la vente des biens publics grecs.

Les créanciers ne semblent pas tellement avoir tiré les leçons de l’expérience de l’ex-TAIPED dont plusieurs membres sont aujourd’hui devant les tribunaux suite à de nombreux scandales de corruption et de conflit d’intérêts. D’ailleurs, lors de la dernière réunion de l’Eurogroupe du 15 juin 2017, le ministre des finances espagnol, L. de Guindos, menaçait d’utiliser son véto au déboursement d’une tranche de crédit supplémentaire, si la Grèce ne cessait pas les poursuites judiciaires engagées contre trois experts (un Espagnol, un Italien et un Slovaque) du TAIPED pour irrégularités lors de la vente de propriétés immobilières. Finalement, les fonds ont bien été débloqués et les poursuites annulées par la Cour suprême grecque quelques jours après.

Les créanciers ont trouvé derechef la parade pour de futurs cas similaires avec le vote en 2016 d’une loi grecque instaurant l’immunité juridique aux agents du super-fonds et aux hauts fonctionnaires de la Troïka en général.

(...)

Extrait de l'article d'Anouk Renaud à lire en intégralité sur le site du CADTM. L'article date de juillet 2016. Depuis, l'abondance des biens de salut politique lancés quotidiennement sur le marché, comme les faits divers font diversion, a, à peu près, nettoyé de l'espace public nombre de sujets fondamentaux... (le Concierge)

mardi 8 août 2017

Demandez le programme ! (4)

Dans l'indifférence médiatartique et des dénonciateurs professionnels des crimes du passé, de l'écologie déterritorialisée et autres, la tiers-mondialisation de la Grêce (au nom du Nouveau Monde ?) continue... Mais il parait que l'Europe existe... Et que de la "dékoukalisation généralisée" un autre monde possible, radieux, surgira... (Le Concierge)

“Je vais mettre la clef sous la porte, je ne peux plus et je ne veux plus payer pour cet État-zombi, celui qui nous suce le sang pour alimenter sa clientèle politique, ses sbires, tous ces bons à rien. Je laisse plus de 75% de mon chiffre d’affaires en impôts, taxes et cotisations. Je travaillerai en informel désormais, que tout s’effondre... qu’ils crèvent”. Lámbros, petit imprimeur d’Athènes et ses états d’âme en ce mois d’août.

(...)

De l’autre côté du miroir helléno-centrique, l’ami Mários, fonctionnaire attitré comme attristé, il dépeint également la situation, sa situation: “Ils ne nous laissent pas travailler honnêtement”.

“Toutes ces cliques, ces partis, dont nouvellement la caste Syriziste, ces syndicats, puis enfin ces collègues... aux nombreuses ‘relations’. Comme nos salaires dans la fonction publique ont été réduits de 30% à 40%, les pratiques mafieuses se multiplient... aussi sous prétexte de crise. On m’a rapporté qu’un tel, vétérinaire d’État, ne délivre pas de certificat de conformité aux éleveurs, faisant logiquement suite à l’abatage de leurs bêtes sans... percevoir un bakchich, allant parfois de 20€ à 30€ par tête... animale abattue, et pourtant tout se déroule en respectant les normes les plus strictes.” “Je vais mettre la clef sous la porte, je ne peux plus et je ne veux plus payer pour cet État-zombi, celui qui nous suce le sang pour alimenter sa clientèle politique, ses sbires, tous ces bons à rien. Je laisse plus de 75% de mon chiffre d’affaires en impôts, taxes et cotisations. Je travaillerai en informel désormais, que tout s’effondre... qu’ils crèvent”. Lámbros, petit imprimeur d’Athènes et ses états d’âme en ce mois d’août.

(...)

“Les confrères, aussi fonctionnaires en sont décidément outrés, seulement, l’intéressé appartient à un large réseau politique local... réellement très existant, l’amoralisme et le cynisme en plus. Ceci explique aussi cela, et les honnêtes gens alors se tairont encore et toujours. Je fais mon travail comme je peux, je ferme les yeux ou plutôt je fais semblant, je ne me mêle pas aux ‘affaires’ et encore moins aux magouilles. Enfin, nous sommes pour l’instant normalement et régulièrement rémunérés, contrairement à ceux du secteur privé. C’est déjà une sécurité. Et c’est aussi la vie, sans espoir, sans renouveau, sans goût ! Le pays ne s’en sortira plus.”

(...)

Société du spectacle, plus certaines vérités évidentes. Pendant qu’à Athènes les commerçants se montrent sceptiques, chez ceux rencontrés dans les montages du Pinde, la colère qui en ressort est plus claire et plus limpide que jamais: “Les politiciens ont tous trahi, le pays est vendu, les jeunes sont partis, nos villages sont vides et nos écoles se ferment les unes après els autres. La Grèce n’est plus”, voilà pour les témoignages à chaud... sous les platanes.

D’autres montagnards se montrent au contraire plus modérés: “Nous en avons vu bien d'autres, nos parents et nos grands-parents surtout. Alors patience...”. Oui, patience. En Crète, certains agents de l’aéroport d’Héraklion ont récemment perçu une partie de leurs salaires en... bons d’achats, pratique illégale et néanmoins réellement existante (presse grecque du 7 août 2017) . Ainsi... et certes patience

Temps actuel. Les medias évoquent toujours pêle-mêle, la ruée vers les plages, les incendies du moment, ou sinon “l'effondrement” des droits des travailleurs: “Les plus anciens des employés sont actuellement licenciés à la pelle. Chaque employé ainsi renvoyé est remplacé par deux jeunes payés au mieux 350€ par mois chacun, pour un travail à temps plein et sous un contrat dit ‘révocable’. Il arrive parfois que même ces salaires de misère ne soient pas versés normalement.”

“Pourtant, les jeunes employés ne disent souvent rien, ils ne se plaignent pas, ils acceptent leur sort ; ils sont beaucoup plus dociles que les ainés. La Grèce connait déjà ce nouveau régime du Moyen-âge... des travailleurs. Le recul en quelques années (y compris sous SYRIZA) est sans précédent”, représentant de la Confédération Générale des Travailleurs Grecs - GSEE, interviewé en direct (Radio 90.1 FM, le 8 août 2017, zone matinale).

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Lavage complet" sur son blog, Greekcrisis

samedi 5 août 2017

Il y a plus d'esclaves aujourd'hui qu’il n'y en a eu du XVIe au XIXe siècle

Après quinze années d’études terrain, un économiste britannique dresse un constat alarmant de l’esclavagisme dans le monde.

"On est quand même plus développés qu’il y a 500 ans" est un poncif si profondément ancré dans notre inconscient que l’on en deviendrait presque incapable de le remettre en question. Et pourtant, certaines situations se sont considérablement aggravées. L’esclavage, par exemple.

D’après une étude de l’économiste spécialisé Siddharth Kara, relayée par The Guardian, il y a aujourd’hui deux fois plus d’esclaves que durant les 350 années du trafic d’esclaves, qui s’est déroulé du XVIe au XIXe siècle. Sur toute cette période, on a comptabilisé 13 millions d’esclaves ; aujourd’hui, ils sont près de 21 millions.

Pour établir les conclusions dramatiques de son livre à paraître Modern Slavery ("l’esclavage moderne"), Siddharth Kara a enquêté pendant quinze ans dans 51 pays et interviewé pas moins de 5 000 personnes victimes de l’esclavage. Selon l’économiste, le trafic d’êtres humains est devenu le troisième marché le plus juteux du marché noir, derrière la vente d’armes et le trafic de drogues. Car la vie d’un homme ou d’une femme rapporte gros à celui qui l’exploite.

Lire la suite de l'article de Théo mercadier sur le site speech

Bonus du Concierge !

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haeringeresclavage.PNG illus. Pour le plus grand mal du climat, l'art-ctivisme (au rendement politique des plus faibles) se transforme peu à peu en machine (de propagande) anti-Trump où les arguments sont de plus en plus neueneux... Il peut compter sur le soutien d'historiens (de tweets) en peau de lapin prompts à grimper aux rideaux, et néanmoins spécialistes de la commémoration de la traite des Noirs comme événement quasi-mythologique, tout en éludant que l'esclavage est un mode de production, ce qui leur interdit de le reconnaitre (au même titre que la colonisation) sous des formes contemporaines (Il est en effet de tout repos de lutter contre les crimes du passé).. Des postures qui ne peuvent qu'alimenter la réaction, à l'affût de l'amateurisme bien pensant... C'est ce qui arrive quand on transforme tout en simples signes sans plus aucun contenu, ce qu'on pourrait appeler la fabrique demi-savante et demi-militante de "l'ignorance"... Ou quand la "contestation" n'est plus qu'un média, véhiculant, comme il se doit, n'importe quoi... (Le Concierge)

vendredi 4 août 2017

Le "participatif" sur Mediatarte commence à ressembler au Canard Enchainé pendant la guerre 14-18...

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Suspendu de ses "droits participatifs" sans appel ni "possibilité de se défendre" ("Principe général reconnu par les lois de la République"), le Musée de l'Europe est semble-t-il en bonne compagnie...

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Une saine critique d'un organe de presse par ses lecteurs est pourtant bonne à prendre, comme l'indique ce commentaire non-censuré...

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Dernière minute ! (et pour que rien ne se perde !)

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Lire aussi :

Mediatarte, équivalent de OpenDemocracy ?

Meeting moustachu : je ne soutiens pas Hamon pour faire gagner Macron, car je suis un journaliste indépendant (Edwy Plenel)

Mediatarte : l'éternel retour de l'interclassisme moustachu (sans les classes populaires !)...

Une nouvelle calamité frappe la Guyane : Laurence De Cock

En marche vers le « rassemblement » moustachu ?

Et en détricotant la détricoteuse, on n'est jamais déçu en matière de méthodologie pour trancher une question !!!

LDCmedipart.PNG Une grille de préjugés ready-made prête à l'emploi qui en dit plus sur les censeurs (en novlangue "modérateurs") que sur les censurés...

twitter et FB, ou : La Distinction à domicile...

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Julie Escamez, intérimairee de la censure "participative" sur Mediatarte : Une vision de fraction de classe, oui mais laquelle ?

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Un pedigree sympa pour juger de la valeur politique des abonnés. Les censurés apprécieront... Triste destin de la jeunesse à la merci du moustachisme 2.0 et du Laurence De Cockisme Jules Ferriste, les mauvais maitres sont toujours là...

Bonus du bonus !

Le Renaud de la grande époque et la lutte des (fractions) de classe !

minette.PNG Cliquez sur l'image pour écouter la chanson de Renaud, "Adieu Minette"... A la "Minette" du Community Management qui, parce qu'il faut bien croûter, censure en toute innocence, des propos qu'elle ne comprend pas... (Le Concierge)

mercredi 2 août 2017

Les jeux Olympiques...

Pour célébrer la victoire de la candidature des jeux Olympiques de Paris, nous republions cet article paru dans la Revue Agone canal historique.

Cet article sera mis en ligne sur ce site dès que possible. En attendant, suivre le lien ci-dessous vers archive.org. En effet, les archives gratuites en ligne de la Revue Agone sur le site revues.org ont été supprimées et cela sans que les auteurs en aient jamais été avisés, pas plus que tous ceux qui avaient contribué à leur publication tant imprimée puis numérique au prix de renoncements salariaux pour la bonne cause qui se font d'autant plus sentir que nous n'avons plus la fougue ni l'insouciance de la jeunesse... Avis à tous les travailleurs des start-ups, dont Agone est le nom... Le Concierge

Depuis maintenant des décennies, les grandes manifestations internationales ont des impacts communs. Des milliers de personnes sont déplacées et victimes d’expulsions pour la seule nécessité de libérer les sites d’événements internationaux petits ou grands. Les expulsions indirectes sont aussi monnaie courante, dues à l’augmentation des prix et à la diminution des stocks de logements sociaux ou bon marché.

Lire la suite

lien direct : http://web.archive.org/web/20100706105351/http://revueagone.revues.org/208

mardi 1 août 2017

Vérité sur la dette grecque : elle était aussi truquée!

On savait déjà que Goldman Sachs (et donc l'actuel président de la BCE, Mario Draghi qui représentait cette "banque" en Europe) avait facilité l'entrée de la Grèce dans l'euro (permettant au secteur bancaire de se jeter comme la vérole sur le bas Clergé auprès du consommateur grec). On a aujourd'hui la confirmation que la colonisation de la Grèce (et les dizaines de milliers de morts prématurées, et les centaines de milliers de vies perdues à la clé) a été justifiée par une manipulation concertée de la comptabilité grecque. Oh, bien sûr, ce qui devrait être un scandale immense ne fera pas la une des journaux, et ne permettra donc pas d'en finir avec le hold-up des Banksters qui dure depuis 2008 les enhardissant chaque jour, comme désormais en France sous la coupe de leur commis Emmanuel Macron, qui au nom d'une dette largement imaginaire rapportée aux années de PIB sur laquelle elle court, s'apprête à liquider tous nos biens publics et tous les droits sociaux des travailleurs qui "ne sont rien" pour aller les jouer au casino ou les livrer aux piranhas des start-ups...

JUSQU'A QUAND ?

Le Concierge

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Andréas Georgiou, ancien chef de l’office des statistiques grecques, Elstat, au cœur de la saga des faux chiffres du déficit public au début de la crise de la dette, a été condamné, mardi 1er août, à deux ans de prison avec sursis.

M. Georgiou a été condamné par le tribunal correctionnel d’Athènes pour « manquement au devoir », selon une source judiciaire. Cet ancien membre du Fonds monétaire international a été jugé pour s’être entendu avec Eurostat (l’office européen de statistiques, dépendant de la Commission) afin de grossir les chiffres du déficit et de la dette publique grecs pour l’année 2009. Le but supposé : faciliter la mise sous tutelle financière du pays, avec le déclenchement, en 2010, du premier plan d’aide internationale à la Grèce – on en est au troisième, depuis août 2015.

(...)

En 2016, Andréas Georgiou a été publiquement défendu par Marianne Thyssen, commissaire européenne aux affaires sociales, qui a assuré que « les données sur la dette grecque pour la période de 2010 à 2015 ont été fiables et communiquées avec exactitude ». Interviewé par le Financial Times en août 2016, M. Georgiou déplorait : « On marche sur la tête. Ceux qui ont produit des statistiques ayant maintes fois été validées par les instances internationales sont poursuivis, alors qu’on laisse tranquille ceux qui sont responsables des chiffres falsifiés dans le passé. »

En 2009, la révélation par le premier ministre socialiste Georges Papandréou que le déficit public grec était en réalité de 12,7 % du produit intérieur brut (PIB), et pas de 6 %, comme l’affirmait son prédécesseur conservateur, avait précipité le pays dans la tourmente financière.

Le Monde, paru sous le titre "Grèce : la justice condamne l’ancien chef des statistiques"

Lire Fondements juridiques de la suspension et de la répudiation de la dette souveraine grecque

vendredi 28 juillet 2017

Enterrement de la constitution grecque

Et quant aux politiciens, alors disposés car “desposés” (agissant très exactement sous le haut commandement de leurs maîtres), ils poursuivront “dans leur programme”, “révélations” faites ou pas d’ailleurs. La petitesse humaine n’a certainement pas de limites. “De nombreux citoyens ont dit de nous que nous avons été de menteurs, mais pas de voleurs” , déclare alors l’escroc politique Alexis Tsipras (médias grecs du 26 juillet). Été grec.

Son “gouvernement” peut se maintenir au pseudo-pouvoir, préparant, sous les ordres des maîtres illogiques comme allogènes, la dite “reforme de la Constitution” déjà annoncée, car programmée par la Troïka élargie. Cette dernière escroquerie Tsipriote, consistera alors à inscrire les termes des mémoranda (politiques imposées par la Troïka) dans la Constitution (déjà violée par SYRIZA comme par tous les autres partis, acceptant à siéger au pseudo-Parlement).

De la même manière, toute intervention potentielle de la part de la Justice (déjà bien “boiteuse”), face, et surtout contre l’illégalité des politiques de prédation sur les richesses nationales, tout comme sur les droits notamment ceux des travailleurs... deviendra à son tour “illégale” et de toute manière impossible à entreprendre (reportages et analyses, médias grecs du 26/07, par exemple radio 90.1 FM, zone du soir).

Le but de la Troïka, avec toute l’aimable et bien intéressée participation des Tsipras, Mitsotakis et consort, c’est d’en finir franchement avec le cadre constitutionnel hérité de...l’avant-guerre (avant 2010 !). La Constitution, lettre déjà morte, elle sera ainsi enterrée, sous les applaudissements et avec toute l’hilarité nécessaire d’une classe politique de Quisling. Les mensonges de l’été séchés au soleil, peuvent parfois s’avérer bien fondamentaux.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Pélerins des îles" sur son blog Greekcrisis

mercredi 19 juillet 2017

Demandez le programme ! (3)

L’actuel “répétitisme” grec du régime de la Troïka (élargie), a d’abord et d’emblée concerné les rescapés du salariat... devenu quasi-inexistant et cela sous de différents prismes. Ainsi, près d'un million de travailleurs du secteur privé en Grèce, ne perçoivent plus de salaire, ou sinon, ils sont payés de manière partielle et largement intermittente. Car les “retards” pratiqués de manière désormais généralisée par employeurs ne respectant plus les délais relatifs au versement des salaires peuvent être bien longs, allant de trois à dix-huit mois. Les patrons donc en rajoutent, “crise oblige”, et depuis un moment déjà, une certaine “Justice”... les accompagne à sa manière.

Alors que la majorité des travailleurs du pays sont pris en otage, subissant de fait ce régime particulier du non-paiement de leurs salaires par les employeurs, la Cour Suprême à Athènes, par sa décision (677/2017 du 4 juillet 2017) confirme que “le non-paiement des salaires des employés, même prolongé dans le temps, ne suffit pas à lui seul pour établir la notion du changement défavorable dans les termes de leurs contrats pour les employés, dans la mesure où ce non versement des salaires n’est pas liée à l'intention de l'employeur de forcer l'employé à démissionner, évitant donc de lui verser une indemnité de départ”, (presse grecque, juillet 2017).

L’évolution grecque sous le régime d’exception (devenue la nouvelle règle) de la Troïka (comme des patrons du coin) est depuis 2010 fort saisissante. Ce qui semble être encore réglementaire et admissible ailleurs en Europe, par exemple en France, les mesures notamment relatives à la protection du salarié, tout cela appartient déjà aux yeux des Grecs, à une... autre civilisation:

“En effet, le retard dans le paiement du salaire est considéré comme une faute grave de l’employeur et ce, ‘peu important que ce manquement soit justifié ou non par des raisons légitimes’ (Cour de cassation, chambre sociale, 27 mars 2008). Si le retard dans le paiement est trop important, le salarié pourra obtenir la rupture de son contrat de travail. Cette rupture sera alors qualifiée de licenciement sans cause réelle et sérieuse, donnant ainsi droit au versement d’indemnités. Enfin, le non-paiement des salaires constitue une infraction pénale, passible de l’amende prévue pour les contraventions de la troisième classe. (Article R. 3246-1 du Code du travail)”, Presse électronique spécialisée en France (“Saisir les Prud'hommes”).

Cela dit, comme par exemple à cette distillerie de la région de Trikala (Thessalie), nous pouvons encore rencontrer des employés... régulièrement payés et à l’heure, heureux moments historiques ! Ailleurs, ce n’est pourtant pas le cas et cela jusqu’au paroxysme.

Paroxysme donc, car Athéna âgée de 42 ans, employée aux enseignes Karipidis à Giannitsa (agglomération du nord de la Grèce), vient de se suicider (11 juillet 2017, et la presse grecque a pour une fois très largement évoqué son suicide) . Athéna a même laissé un ultime message, rédigé à l’attention de son frère, avant de s’ouvrir les veines, enfermée dans la salle de bain du domicile familial. Leur père, petit fabriquant, équipementier en métallurgie, s’était suicidé au début de la crise par pendaison, dans les locaux de son entreprise en faillite.

Athéna, ne supportait plus d’être prise en otage (ni payée, ni licenciée). Elle n’était pas rémunérée pour son travail depuis quinze mois. Plus de 170 plaintes ont été déposées par les salariés de l’enseigne, plaintes motivées par le non-paiement des salaires, sans résultat. Cadre... naturel de la dite “crise grecque”. Regard finalement dégagé... mais autrement.

Le cas d’Athéna, devenue définitivement et... pour tout dire (employée) pleinement invisible, demeurera manifestement ignoré des visiteurs du pays. Leur instantané vécu sur place est suffisamment divergent. Ainsi, les terrasses des cafés si fréquentées à Trikala comme ailleurs, feront même parfois douter de l’état létal d’une bonne part de l’économie comme de la société du si beau pays visité.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Cadre naturel" sur son blog Greek Crisis

Lire aussi : « La Grèce doit devenir le miroir de l’Europe en matière de législation du travail »

jeudi 6 juillet 2017

Des nouvelles de la radio télévision grecque et des trahisons de Tsipras

Il y a quatre ans, nous écrivions : "Le 11 juin 2013, le valet de l’impérialisme troïkien et néanmoins Premier ministre grec annonçait la fermeture autoritaire de la radio-télévision publique. Quelques heures plus tard, l’antenne était coupée au niveau des émetteurs par la garde noire du régime, aussi appelée Police nationale. Quelques heures plus tard, l’un des seuls correspondant de la presse française en poste à Bruxelles, Jean Quatremer, titrait à bout portant sur le cadavre encore chaud du service public : « Grèce : l’ERT était « l’organisme le plus corrompu et le plus dysfonctionnel de la Grèce »". S'en était suivie une "Conversation avec Jean Quatremer", au-cous de laquelle nous affirmions : "sous la pression populaire et des travailleurs cela peut tout aussi bien changer. La preuve ? Les personnels se sont immédiatement saisis de leur outil de travail pour en faire une télé clandestine qui, si la décision de justice ordonnant la réouverture était appliquée, ce qui n’est évidemment pas le cas, se re-métamorphoserait en véritable radio-télé publique, donc anti-troïkienne, de grande qualité, pas de doute là-dessus !". C'est effectivement ce que firent les personnels, sur Internet. L'arrivée de Syriza au pouvoir était l'espoir que cette télévision née de la lutte, soit institutionnalisée au service des luttes. Panagiotis Grigoriou nous dit aujourd'hui ce qu'il en fut. Les faits rapportés marquent les trahisons de Tsipras dans des domaines où il aurait pu résister, au lieu d'utiliser son élection comme un pied de biche pour se glisser dans le cercle oligarchique qui refusait mordicus de partager le gâteau... politicien sur le dos de la population.. Honte à jamais à ceux, dont le très moustachu Benoît Hamon, qui se sont réunis avec lui à Bruxelles "en quête du «scénario manquant» pour l’Europe" ...

Le Concierge

TsiprasHamon.PNG Rassemlblement moustachu (coll. du Musée de l'Europe)

Sans contenu également et c’est bien dommage, ce monument récemment érigé à la mémoire des employés de la radiotélévision publique ERT, décédés durant les 18 mois de sa fermeture complète, infligée par le funeste gouvernement d’Antonis Samaras, monument érigé devant le bâtiment central de l’ERT dans le quartier athénien d’Agía Paraskeví.

Les trépassés de l’ERT entreront certes de plein droit dans la mémoire des disparus de la dite “crise grecque”, sauf qu’ils ne sont pas les seuls, et que tous les autres, demeurent à l’heure actuelle volontairement oubliés par le funeste gouvernement d’Alexis Tsipras. Pis encore, contrairement aux aspirations (réelles ou pas) du temps de la lutte pour la réouverture de l’ERT, la radiotélévision publique rétablie à la SYRIZA, elle est hélas redevenue ce qu’elle a toujours été. Un lieu d’abord hyper népotiste, servant en exclusivité les intérêts essentiellement privés, du, ou des partis au pouvoir comme de leurs castes. Ensuite, ERT poursuit dans une manière d’aborder les sujets d’actualité sous le seul prisme de la propagande gouvernementale, de surcroît européiste donc pas de changement démocratique non plus. Maigre, très maigre consolation, son Troisième Programme radiophonique, culturel et musical, notre ultime caverne pour certains d’entre nous il faut dire.

C’est ainsi que les autres médias comme tous ceux... qui sont punis et qui ne sont pas de l’ERT, ont forcement ironisé à propos de l’événement. Il a été rappelé à juste titre qu’il y a tant d’autres morts (suicides, maladies, manque de soins, surmortalité liée au stress générée par les dérèglements austéritaires, en réalité dérèglements sociaux, économiques et symboliques imposés), morts ainsi volontairement oubliés par les Syrizistes, car morts gênants, n’appartenant visiblement pas à sa clientèle politique.

Quand le moment du réveil arrivera pour nous, rien ne sera laissé en place. C’est déjà bien naturel car le lien social en Grèce est suffisamment disloqué. Pour la très petite histoire, j’ai été contacté en 2014 par une commission scientifique naissante, syrizocompatible et bénévole ; dont le but aurait été d’étudier le phénomène des suicides en Grèce “sous la crise”, et plus amplement la mortalité qui lui serait liée.

Cette commission, devait entre autres fournir des analyses et des éléments annexes mais fort essentiels, à la Commission pour la vérité sur la dette publique grecque, dont les travaux avaient été coordonnés comme on sait à l’époque (2015) par Éric Toussaint. L’idée, était aussi que les conclusions des deux Commissions, puissent être conjointement défendables devant l’Assemblée des nations, au sein de l’ONU par exemple, pour ainsi prouver et faire condamner la forme et la pratique criminelles des dites “institutions” (Troïka), finance comprise, cette force du mal a l'apparence d'une bête mécanique parfaite, tout à fait irresponsable.

Il a été aussi question d’ériger un monument bien sobre et digne, devant l’arbre où le retraité pharmacien Dimítris Christoúlas s’est suicidé le 4 avril 2012, acte à caractère ouvertement politique revendiqué de manière bien évidente à travers son ultime lettre:

“Le gouvernement d’occupation de Tsolákoglou a littéralement anéanti tous mes moyens de subsistance, qui consistaient en une retraite digne, pour laquelle j’ai cotisé pendant 35 ans, (sans aucune contribution de l’État). Mon âge, ne me permet plus d’entreprendre une action individuelle plus radicale (même si je n’exclus pas que si un grec prenait une kalachnikov je n’aurais pas été le deuxième à suivre), je ne trouve plus d’autre solution qu’une mort digne, ou sinon, faire les poubelles pour me nourrir. Je crois qu’un jour les jeunes sans avenir, prendront les armes et iront pendre les traîtres du peuple, sur la place Sýntagma, comme l’ont fait en 1945 les Italiens pour Mussolini, sur la Piazzale Loreto, à Milan”. Le général Geórgios Tsolákoglou, signataire de l’armistice avec les forces allemandes, fut le premier chef de gouvernement grec sous l’Occupation, nommé par les occupants d’alors (30/04/1941-02/12/1942). Son nom en Grèce est synonyme de “collaborateur”.

La suite est presque connue. La Région d’Attique (administrée par la Syriziste Rena Doúrou depuis 2014), et ensuite le “gouvernement” SYRIZA/ANEL, ont tout fait, d’abord pour saboter et saborder l’affaire du monument sous l’arbre de Dimitri (témoignage direct entre autres de Katerina Thanopoúlou, Vice-présidente à la Région Attique entre 2014 et 2016, et démissionnaire de SYRIZA depuis l’été 2015).

La commission pour la vérité sur la dette publique grecque a été dissoute sous l’ordre de la Troïka, et notamment de Bruxelles comme de Berlin, suite à la trahison Tsipras (référendum et victoire du ‘NON’ du 5 juillet 2015), tandis que la commission suicide, n’a en réalité jamais vu le jour officiellement ni d’ailleurs très concrètement.

Aux yeux des Grecs, depuis 2015, Tsipras c’est aussi un Tsolákoglou, aussi peut-être parce nous vivons à une époque de somnambulisme généralisé. Sous cet angle, on comprend mieux ce rejet alors très inaccoutumé de la part des Grecs, sur cette affaire du monument dédié à la mémoire des pauvre morts de l’ERT, sauf que ceux de l’ERT... éternelle et toujours actuelle, feront encore semblant de ne rien comprendre.

Extrait de l'article de Panagiotis Griogoriou paru sous le titre "Des épaves brisées de voyages inachevés" sur son blog GreekCrisis

Les "gens qui ne sont rien" dans le Laboratoire grec : "Cette force du mal détient l'apparence d'une bête mécanique parfaite"

Étranges temps humains, âpres, en même temps étirables à souhait. Yórgos Seféris écrivait il y a déjà un moment dans son journal, que “même les cris des animaux ressemblent à des créatures sorties tout droit du grand silence. Les îles grecques sont comme des idées agréables qui se succèdent” (15 novembre 1939). Sauf que ce silence fondamental nous manque alors cruellement et que les îles grecques, ne sont plus que des idées agréables qui se succèdent.

Petits faits classés divers sous la domination des grands faits pervers, et de nouveau, notre petit monde des temporels s’enfonce dans la tourmente. L’histoire ne se répète pas, la sottise si.

“Moments tragiques. Depuis un an, les moments tragiques se succèdent et se répètent à un point tel, qu'il ne vaut plus la peine de les mentionner. C’est comme perdre son temps avec les choses inutiles. Cette guerre (guerre initiée sous couvert d’une situation de soi-disant temps de paix), est alors caractérisée par ceci: Une force du mal a trouvé moyen d’humilier, de broyer, et d'annihiler, tout un monde. Elle ainsi fait remonter à la surface toute cette piètre matière, intérieure chez les hommes, à savoir, l'égoïsme, la lâcheté, la bassesse, la malveillance, pour nous faire croire qu’il s’agit là... des aptitudes fondamentales des gens qui gouvernent ce monde.”

“Cette force du mal détient l'apparence d'une bête mécanique parfaite, tout à fait irresponsable, parce que l'homme et l'humanité n'interviennent pas dans son système.”

“Et c'est alors la punition. Ceux qui sont punis: une tourbe de faiblesses. Embourbés là-dedans sans même une ramure pour s’y tenir. Bourreaux et punis méritant ainsi leur sort. Ne parlons pas d'eux. Celui qui s’enfonce est alors la victime d'un accident, ou d’une maladie, d'une tuile qui lui tombe sur la tête, ne parlons pas de lui. Et celui qui veut demeurer digne, il se doit... si possible mourir, à la seule manière digne qui restera pour un homme juste. Rien d'autre. ‘The wrong man’. L'homme s’est trouvé par hasard dans un naufrage tragique. Cependant, l'horreur c’est de ne pas pouvoir mourir en compagnie d’un ami. Un malheur de plus. Voilà tout. (...)”

“Nous vivons à une époque de somnambulisme généralisé. La vie, c’est un rêve, disait jadis le doux-rêveur, celui qui se voulait en dehors au monde. La même chose peut se dire aujourd'hui de la part de tous ceux qu’y vivent très concrètement. La vie se compose de personnes qui rêvent. Et les coups acquiescés sont des coups survenus de la substance des rêves inconsistants. Gagnants comme perdants, ils ont de ces gestes stéréotypés, on dirait sans contenu.”

“Quand le moment du réveil arrivera pour nous, rien ne sera laissé en place. C’est si naturel. Sauf que le seul espoir c’est de voir venir ce moment. L'humanité trace de grands cercles composés de toutes les générations passées. Notre destin bien à nous a voulu que nous soyons très précisément sur cet arc, à travers sa trajectoire, en ce moment immergée dans les profondeurs de la nuit.” (Journal de Yórgos Seféris, 10 avril 1939)

Extrait de l'article de Panagiotis Griogoriou paru sous le titre "Des épaves brisées de voyages inachevés" sur son blog GreekCrisis

Gênes 2001 : La Cour européenne des Droits de l'Homme condamne l'Italie pour "torture"

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Seize ans après les faits un arrêt rendu le 22 juin 2017, la Cour européenne des Droits de l'Homme a condamné l'Italie à verser des dommages et intérêts aux victimes des écoles Diaz et Pascoli pour violation de l'article 3 de la Convention européenne des Droits de l'Homme, c'est à dire "torture", lors des opérations punitives menées à l'issue des mobilisations contre le G8 à Gênes en 2001. Le code civil italien ne disposant en effet pas d'implication pénale pour le crime de "torture", les faits avaient été largement déclarés prescrits.

L'arrêt revient largement sur le contexte et les faits.

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Lire l'arrêt (également en pièce jointe)

C'est à l'issue de Gênes, où il fut écrasé, que le mouvement anti-globalisation est devenu altermondialiste, "self-policed" et finalement faux-nez de la mondialisation, coquille vide tendant aujourd'hui à être investi par l'openSociety depuis que la jonction entre les militants professionnels et Occupy Wall Street! s'est opérée.

Pourtant, l'incapacité des "internationalistes" à suivre les procès de Gênes et à manifester la moindre solidarité avec les victimes italiennes expiatoires de Gênes, purgeant de lourdes peines de prison, de même que leur incapacité à soutenir le peuple grec autrement qu'en invoquant "une autre Europe" (dont Varoufakis est désormais le nouveau porte-drapeau) prouvent que l'abandon du cadre national des luttes fait le jeu de ce qu'on prétend (de moins en moins) combattre.

Le constater suffit de nos jours à se faire traiter de "rouge-brun" par la petite-bourgeoisie avide d'accumuler du capital international afin de s'insérer dans la division du travail (parfois au nom du climat) de production de l'idéologie de la globalisation.

Le Concierge

Lire : Il ne s'est (presque) rien passé à Gênes en 2001

mardi 4 juillet 2017

Mediatarte, équivalent de OpenDemocracy ?

C'est le désormais célèbre Philippe Marlière (pigiste à plein temps pour la presse internationale) qui l'affirmait : Médiatarte serait l'équivalent d'OpenDemocracy, un média financé par Georges Soros, spécialiste des révolutions roses à poil dur (voir le documentaire de Manon Loizeau).

media

OpenDemocracy is a British-based socially liberal and liberal internationalist political website. Founded in 2000, the owners of openDemocracy claim that through reporting and analysis of social and political issues, they seek to "challenge power and encourage democratic debate" across the world. The website has attracted around 8 million hits a year. The founders of the website have been involved with established medias and political activism with the UK Labour Party. It derives its name from and has been funded by George Soros' Open Society Foundations (source:wikipedia).

On s'étonne dès lors un peu moins de l’engouement de Médiatarte pour Benoît Hamon et de sa campagne contre la FI, officiellement partisane de la sortie de l'OTAN.

Le 4 juillet (un esprit "complotiste" se demanderait si c'est un hasard), Mediatarte participait à la campagne de lancement du Think Tank du dissident chinois dont le "soft power" a le secret tandis que le "hard power" faisait monter une tension moins "soft" en Mer de Chine... ''

mediatarteWangDan.PNG 4 juillet : 3 cibles pour le prix d'une ?''

WangDan.PNG

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