Musée de l'Europe et de l'Afrique

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mercredi 7 décembre 2016

Breaking the news : candidature de Manuel Valls

vallsAntony.PNG Cliquer sur l'image pour revivre sa déclaration de candidature

lundi 5 décembre 2016

Tout le monde déteste l'UE !

“Voilà ce que signifie... l’aboutissement du plan de l’euro germanique: Déjà, plus de 500.000 Grecs ont quitté leurs pays, les meilleurs, les plus vaillants, les mieux formés, les plus jeunes. En même temps, ils sont remplacés progressivement par les migrants, et bientôt, autant ceux que l’Allemagne par exemple ne veut pas ou ne veut plus. Un climat alors de guerre civile et de chaos s’installe en Grèce, le risque d’un scénario à la Yougoslave n’est plus impossible, et à la clef, l’Allemagne pourrait... nous livrer à la Turquie, tout simplement”.

“Fort heureusement, le peuple italien leur dit ‘NON’, et espérons que sous peu, le peuple de France formulera alors une réponse similaire. Lors d’un voyage récent en Italie, des entrepreneurs italiens nous disaient alors très clairement: ‘Basta, nous voulons quitter cette Union Européenne allemande’, voilà comment, la fin de l’U.E. se profile à l’horizon. Tandis qu’à Athènes, nos politiciens pantins, font semblant de gouverner, se rendant alors à l’Hôtel Hilton de la capitale pour être interrogés et pour autant recevoir des ordres de la part des membres de la Troïka. Au même moment, l’Assemblée Nationale n’est qu’un piètre théâtre de pantomime, l’ensemble de la législation grecque est actuellement importée et imposée depuis l’étranger, tel est l’état dont nous nous trouvons enfin” (radio Realfm, Athènes, le 5 décembre).

Voilà pour ce qui se dit (entre autres) publiquement à Athènes, suite au grand ‘NON’ du peuple italien. Ensuite, un peu plus tard dans la matinée et sur les ondes de cette même radio, certains messages des auditeurs, pareillement explicites, ont été lus par les journalistes: “La seule et unique solution pour que les peuples européens puissent enfin construire une certaine Europe, c'est déjà... de démolir complètement l'actuelle Union Européenne”. Ou encore: “Un Référendum unique devrait se tenir le même jour partout aux pays de la zone euro, pour rejeter enfin cette ignominie”, et, “Nous remarquons que les journalistes évitent d'évoquer à l'occasion... l'affaire de notre référendum de 2015” (radio Realfm, Athènes, le 5 décembre).

(...)

Il y a alors comme un parallèle avec l’effondrement de l’Union Soviétique, le système avait fini par tourner dans le vide, la propagande des dirigeants, des médias, des supposées intellectuels et universitaires, des nantis du système n’ont plus tellement (et bientôt plus du tout) de prise sur les populations. Il n’y a plus d’autre solution pour le système en place, que de prendre la situation en main par la violence (par exemple dans un régime totalitaire ouvertement... accompli). Ceci, pourrait autant se réaliser par le biais du sentiment de la peur devenu dominant, peur alors destructrice comme on sait du lien social et donc de toute lutte organisée et efficace.

Peur au quotidien, désocialisation, peur au travail, peur... au chômage, peur de la mort, peur du froid, peur de la faim ; peur enfin de la menace hélas concerte des islamistes ou “islamistes”, qui pourront par exemple encore sévir de leur manière abominable... en Italie, en France... en Allemagne comme ailleurs dans cette Europe.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou par sous le titre "Au nom de la dignité" sur son blog Greek Crisis

François Hollande : "Mon action comme président est d'abord une action de protection des plus fragiles"

michel-sapin-de-g-a-d-a-bruxelles-le-25-juin-2015_5365781.jpg Michel Sapin, tortionnaire du peuple grec au nom du peuple français

Le programme d'ajustement budgétaire grec, exigé par l'ensemble des ministres des Finances de la zone Euro, comprend un ensemble de nouvelles mesures sévères, selon les sources.

Le nouveau document, qui définira le point de départ des discussions au cours de la réunion de l'Eurogroupe, le 5 décembre prochain , inclut de nouvelles coupes dans les prestations de solidarité sociale pour les retraités (CFST) et " l'allocation chauffage" pour les plus modestes.

Le parlement grec sera contraint de légiférer sur une série de nouvelles mesures drastiques, en espérant un allègement de la dette.

- L'allocation de solidarité sociale (EKAS) octroyée aux plus bas revenus, diminuera de 40% à compter du 1er janvier prochain. Elle sera complètement abandonnée en 2018. 430 millions d'euros seraient ainsi économisés en 2017.

- La suppression ou la réduction de "l'allocation chauffage". Seuls 105 millions d' euros seront affectés au budget 2018, contre 210 en 2014.

- La suppression ou une limite de 50% sur les déductions fiscales liées aux dépenses de santés et frais médicaux (pour les maladies lourdes et/ou invalidantes).

- L'abandon de la réduction mensuelle de 1,5% sur l'impôt pour les travailleurs salariés et les retraités .

- La suppression du statut fiscal spécial des marins.

- La suppression des allocations familiales ( actuellement versées aux parents qui travaillent, et d'un montant de 4,11€ par enfant).

- L'abolition de l'allocation "spéciale étudiants".

(www.lepetitjournal.com/athenes) vendredi 2 décembre 2016

dimanche 4 décembre 2016

À nos amis

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Meimarakis révèle que tous les partis politiques avaient été... fort aveuglés par les sondeurs. Ces derniers prévoyaient que les Grecs voteraient en faveur du ‘OUI’, et cela à plus de 60%. Il a même précisé que, dans un premier temps, ceux de la Nouvelle Démocratie pensaient s'abstenir du référendum, mais finalement, leurs cadres ont décidé d’y participer parce que tous les sondeurs avaient prédit la large victoire du ‘OUI’. En effet, Tsipras lui-même fut séduit par ces mêmes sondeurs. Il croyait en cette large victoire du ‘OUI’, et elle lui laisserait enfin les mains libres. Un ‘OUI’ massif au référendum, lui offrirait tout l'alibi politique nécessaire pour alors capituler et ainsi livrer totalement le pays aux envahisseurs néocoloniaux de l’UE et du FMI (Allemands en tête).

“Voyez-vous, c’est exactement le contraire qui s’est produit, le ‘NON’ l’a emporté à plus de 60%. En effet, et c’est bien exact, l’histoire que Varoufákis (ministre des Finances) et Konstantopoúlou (Présidente de l’Assemblée nationale) ont raconté: au soir des résultats, lorsqu’ils se sont rendus à la Résidence du Premier ministre, ils ont alors découvert un Alexis Tsipras décomposé, ne sachant plus quoi faire. Parce que le ‘NON’ l’avait emporté, et cela si largement !”

“Et je dois vous dire que ce jour-là, tous les dirigeants... ils ont été psychologiquement et politiquement effondrés, mais alors tous”. Puis, Meimarakis, révèle tout l'arrière-plan, suite à la démission de Samaras (chef de la Nouvelle Démocratie jusqu’au soir du referendum) et par la suite, il raconte comment “durant ces heures cruciales les décisions importantes ont été prises afin de trouver une solution au NON”, autrement-dit, comment annuler et trahir le verdict populaire des Grecs. On peut... accessoirement remarquer que Meimarakis en rigole lors de l’interview, c’est au moment où il expose “l'exploit et ainsi succès” qui consiste à inverser le trahir et à annuler le vote.

Enfin, poursuit-t-il, rendant... hommage au rôle du Président de la République (issu des rangs de la Nouvelle Démocratie), “ce dernier était en contact permanent avec ces éléments extra-institutionnels de l'UE et de l'étranger”, je dirais, les vrais maîtres de la politique grecque. Il en rajoute, en précisant qu’il est entré lui-même “en contact avec les éléments importants de l'UE, et que ces derniers”, l’ont convaincu d’accepter à prendre les commandes de son parti (suite à la démission de Samaras) “car les moments étaient fort difficiles”. En réalité, pour Meimarakis, comme pour Tsipras et comme pour les autres, “les moments fort difficiles” surviennent lorsque le peuple ose dire ‘NON’ aux ordres des patrons étrangers que les politiciens et autres ministrions “grecs” exécutent alors si docilement.

C’est ainsi, l’hiver européen... et cela jusqu’au port du Pirée. Sur son marché, les clients ne se bousculent pas comme avant, et à travers leurs affiches, les syndicats des marins, dénoncent la mise à mort de leurs Conventions Collectives et de leurs droits... par le gouvernement SYRIZA/ANEL. D’ailleurs, une main anonyme et certainement... populiste, y a rajouté: “Agents de la CIA”.

Cependant, je dirais à nos amis Italiens, que leur referendum, pourrait ne pas être directement comparé à celui des Grecs en 2015, mais plutôt, à la situation grecque des années 2011-2012. On se souviendra des mouvements populaires quotidiens contre la Troïka et contre le gouvernement primo mémorandaire de Georges Papandréou, dit “le simplet”, ou encore “le traître”.

Georges Papandréou avait tout de même osé (?) annoncer la tenue d’un vote référendaire, suite à cela, il a été “recadré” et d’ailleurs publiquement humilié par le duo Sarkozy - Merkel lors du sommet de Cannes, en octobre 2011. En réalité, ce référendum interdit par les Grandes Puissances (car l’Union Européenne c’est la géopolitique... plus l’hypocrisie), aurait largement fait apparaître la volonté du peuple grec de dire ‘NON’ à ses agresseurs et à leurs sbires bien d’ici. De retours de Cannes, Georges Papandréou avait été en réalité destitué par Merkel - Sarkozy, et dans l’avion du retour, Venizélos, son bras droit, le remplaçait déjà dans les affaires de son parti, le PASOK.

La suite (en Grèce déjà) est connue. Le système européiste a aussitôt imposé à la Grèce un Premier ministre de type ouvertement “Quisling”, en la personne de Loukás Papadémos, (entre autres) vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), un gouvernement dit “d'union nationale” composé de la droite (Nouvelle démocratie) des socialistes (PASOK) et de l’extrême-droite (parti LAOS).

“Le processus actuel de la démondialisation contrôlée qui gagne du terrain à travers les métropoles capitalistes traditionnelles, de toute évidence, ce n’est pas le plan stratégique de la gauche. Cette dernière ne peut pas et ne doit pas être rajoutée à cette nouvelle variante du fascisme international”, écrit Yórgos Kyritsis, éminent Syriziste, au quotidien du parti Tsiprosaure “Avgí” (30/12/2016). Du moins c’est... clair.

SYRIZA, dont deux parmi les membres de son gouvernement sont par exemple ouvertement liés aux fondations du financier Soros (lequel fait sa guerre par d’autres... gros moyens), considère à présent que tous ceux qui luttent pour la démondialisation sont alors (uniquement) fascistes.

Ce que l’Italie devrait ainsi éviter, c’est la mise en place après l’échec (quasi-prévisible ?) de Renzi, d’un gouvernement dit “technique” (ou “technocrate”) de type Papadémos, au-delà d’un lapse de temps nécessaire jusqu’à la tenue des prochaines élections législatives. Ensuite, il va falloir observer de très près les formations politiques œuvrant en faveur de la sortie de l’Italie de la zone Euro, afin de détecter si possible rapidement, toute... mithridatisation en cours. Il en va de même en France d’ailleurs, pour ce qui est des formations et candidats et candidates qui prétendent vouloir éloigner la France de l’Eurozone germanique (Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen notamment).

Sauf que l’Italie n’est pas la Grèce, autrement-dit, son histoire ainsi que son poids (et place) dans la géopolitique du continent européen est bien différente. L’Euro, cette arme de destruction massive, par ailleurs déifiée de manière calculée par les pseudo-élites des dominants, a détruit suffisamment la Grèce pour ne plus arriver à imposer ce même sort au peuple d’Italie. L’Italie, doit déjà sortir de l’Euro (en réalité le détruire), la Grèce de son côté, doit en plus, quitter l’Union Européenne... pour commencer. Et tous ceux qui, en Italie comme en France émettent déjà leurs critiques envers l’univers concentrationnaire européiste, ils devraient également déjà clarifier leurs positions, quitte à étonner certains. (souligné par nous)

Lire l'intégralité de l'article de Grigoriou Panagiotis paru sous le titre "A nos amis italiens" sur son blog Greek Crisis

Lettre ouverte à M. Tsipras

Camarade Alexis, je te tire mon chapeau, parce que tu es un gros dur. Le plus gros des durs depuis 450 av. J.C. jusqu’à nos jours en Grèce. Parce que tu fais tout ce que tu veux sans tenir compte de quiconque. Tu prends ton avion personnel, tu le remplis d’amis et d’amies, tu pars à Cuba et tu laisses l’addition de 300.000 dollars à payer par les gugusses qui gagnent 300 € par mois dans le meilleur des cas. Tu fais tout ce qui te plaît. Tu parle sur la Place de la Révolution à La Havane où parlait Fidel, comme un révolutionnaire pur et dur. Tu te dresses de toute ta superbe contre le Capitalisme Impérialisme. Tu te goinfres (600 euros pour un repas payé par le Ministre des Affaires Étrangères, donc par tes lèche-bottes). Tu t’amuses, tu fais la fête, alors que les gugusses de Grecs font la queue pour retirer leur retraite, payer électricité, banques, hôpital et surtout austérité sur austérité. Tu te la joues révolutionnaire et quand tu reviens, tu redeviens ce que tu étais, un gamin qui court pour exaucer tous les caprices de Merkel, d’Obama et de Juncker, que tu fustigeais de Cuba - et ça retombe à nouveau sur le dos du peuple grec si intelligent, parce que c’est lui qui a décidé d’être gouverné par des gens sans supporters et sans honneur, qui jouent les gouvernements. Rendez-vous aux abattoirs,

Mikis Theodorakis

Décembre 2016.


« À l’occasion de la lettre ouverte de Mikis à Tsipras, je me suis rappelé les moments que j’ai vécu avec Mikis en février 2012. Je vous raconte ici quelque chose qui n’est pas public, mais que j’ai vécu en première ligne et qui concerne Mikis et Tsipras.

Le 11 février 2012, une journée avant le vote à la Vouli du 2ème mémorandum, nous sommes chez Mikis et nous faisons les plans pour la manifestation du jour suivant. Glézos ont décidé de descendre à Syntagma et de manifester avec les milliers de citoyens. Moi je devais les accompagner en tant que médecin, parce qu’ils savent tous les deux qu’ils vont être attaqués par la police. Dans les plans, il est prévu que Tsipras sorte du Parlement, devant le Soldat Inconnu, où il doit rencontrer Mikis et Glézos, puis tous les trois doivent manifester avec le peuple. L’entente entre Mikis et Tsipras se fait devant moi au téléphone. Mikis est enthousiaste !

Le 12 février 2012, nous sommes arrivés devant le Soldat Inconnu. Le peuple défile par centaines de milliers dans le centre d’Athènes. Police et MAT partout. Tsipras nulle part. Les MAT ne perdent pas de temps et ils jettent les premiers lacrymos sur Mikis et Glezos. Très vite Athènes est noyée sous les lacrymos. Tsipras n’est nulle part ! Après quelques heures nous rentrons au sein du Parlement avec Miki. Accablé par les lacrymos, sur son fauteuil roulant, il crie dans l’Assemblée : « Assassins, aujourd’hui vous votez la mort de la Grèce ». C’est un des nombreux moments de cette journée où j’ai compris de quels métaux rares est forgé cet homme. Tsipras, visiblement informé que Mikis est entré dans la Vouli, sort de l’Assemblée et vient vers nous.

Mikis (dans son fauteuil roulant, accablé physiquement mais avec un très bon moral et une âme d’adolescent) : « Tu nous as vendus, on t’attendait, pourquoi tu n’es pas descendu ? ».

Tsipras (en costume, sans cravate, bien repassé) visiblement embarrassé, comme un gamin qu’on dispute, avec un sourire hors de propos :

« Nous nous battons ici, Mikis ».

Mikis : »Non Alexis, c’est dehors qu’ils se battent, le vrai combat se donne dehors à cet instant et ta place était là-bas, pas ici. »

Tsipras a bafouillé indistinctement et il s’est éloigné…

Voilà, en guise de réponse à tout ce qui s’écrit sur Mikis depuis hier. »

Yiorgos Vichas, (Dispensaire social Mitropolotiko d’Elliniko)

via Marie-Laure Coulmin Koutsaftis

samedi 3 décembre 2016

Arriver au gouvernement, ce n’est pas détenir le pouvoir

Alors qu’en France, la campagne présidentielle va prendre le dessus dans les débats, il est important de réfléchir sur le rapport qu’il y a entre le gouvernement et le pouvoir réel, en particulier quand il s’agit d’une force de gauche qui accède au gouvernement. L’article ci-dessous a été écrit quelques jours après la constitution du gouvernement d’Alexis Tsipras et avant que soit perceptible pour une grande partie de la gauche que la voie qu’il empruntait allait le conduire à la capitulation. Eric Toussaint analyse de manière synthétique les expériences des gouvernements de gauche en Amérique latine en particulier dans les années 2000 au Venezuela, en Bolivie et en Equateur. L’article publié sur le site du CADTM le 11 février 2015 (le gouvernement Tsipras a été constitué le 27 janvier 2015) se terminait en soulignant qu’il est nécessaire de désobéir au créanciers et prendre des mesures radicales dès le début. Il précisait qu’il fallait refuser de payer une partie substantielle de la dette, qu’il fallait arrêter les privatisations et rétablir pleinement les droits sociaux qui ont été affectés par les politiques d’austérité. Il ajoutait qu’il fallait « socialiser le secteur bancaire (c’est-à-dire exproprier les actionnaires privés et transformer les banques en service public sous contrôle citoyen). » L’article précisait que « Cette combinaison de mesures est vitale car, du côté des créanciers, on entend déjà s’élever les voix de ceux et celles qui proposent de réduire le poids de la dette de la Grèce en échange de la poursuite de politiques de réformes (entendez de contre-réformes, de privatisations, de précarisation des contrats de travail et des droits sociaux...). » Cette dernière phrase correspond exactement avec la situation présente : le gouvernement de Syriza, après avoir capitulé en juillet 2015, a poursuivi l’agenda des politiques néolibérales et annonce qu’un jour avec l’aide des créanciers la dette sera allégée. Le texte d’Eric Toussaint prend également du sens en lien avec la possibilité que Podemos et Izquierda Unida accèdent en Espagne dans les 3 ou 4 prochaines années au gouvernement. Enfin, pour revenir à la campagne électorale en France (la présidentielle de mai 2017 et les législatives qui suivront), l’orientation de l’article peut contribuer aux débats difficiles auxquels les différentes forces de gauche radicale sont confrontées dans un contexte préoccupant. Bien sûr, comme l’article le souligne d’emblée, les luttes sociales constituent un élément déterminant du rapport de force ainsi que les rapports entre ces luttes et la politique gouvernementale.

Lire l'article d'Eric Toussaint sur le site du CADTM

vendredi 2 décembre 2016

Campagne exceptionnelle de soutien - Greek Crisis - 5 ans

L'auteur du blog Greek Crisis, largement relayé par le Musée de l'Europe & de l'Afrique pour la qualité de ses informations, la pertinence de ses analyses, et de l'avertissement circonstancié qu'il constitue pour les autres peuples soumis à la dictature eurocratique, lance un appel à un soutien exceptionnel (en plus des donations mensuelles finançant ce précieux travail). Nous le relayons naturellement, avec tous nos remerciements à Panagiotis Grigoriou pour son indispensable travail. Le Concierge

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J'ai initié mon blog “Greek Crisis” en octobre 2011 (en français) et je ne pensais pas que voilà, au bout de cinq ans, je me dois toujours d’écrire, d’analyser, de rapporter les faits politiques, culturels, tout comme ceux du quotidien grec, l’état des mentalités... lutter même, pour aboutir à un certain sens, ainsi qu’à une certaine survie tout court sans sombrer dans “l’ananthropisme”, en ce XXIe siècle, le nôtre, de plus en plus inquiétant... et déjà suffisamment entamé.

Pour ses 5 ans, et espérant devenir... inutile dans moins de 5 ans, “Greek Crisis - 5 ans” lance cette campagne exceptionnelle, pour attendre la somme des 5.000€ ; elle sera destinée à financer l’acquisition d’une voiture d’occasion, essentielle pour les besoins du blog, et j’espère que nos lecteurs en tiendront compte dans leur action de solidarité et de soutien

Lire la suite sur Greek Crisis

Tunisia 2020 : la jeunesse conteste l’austérité et la corruption

À quelques mètres du palais des congrès où se déroule la conférence internationale sur l’investissement Tunisia 2020, la police a réprimé, cet après midi du mercredi 30 novembre 2016, un rassemblement du mouvement Manich Msamah, devant le ministère du Tourisme. Les militants voulaient gagner le lieu de la conférence qui selon eux « blanchi les corrompus » et continue à consacrer « l’injustice sociale, les disparités régionales, la détérioration des services publics et la perte de notre souveraineté ». Six manifestants ont été arrêtés puis relâchés. Trois autres ont été admis aux urgences des hôpitaux de Tunis.. Après avoir été agressés et harcelés par les forces de l’ordre, les manifestants se sont dirigés vers le théâtre municipale où ils ont poursuivi leur rassemblement.

Mobilisé autour de de son branding, le gouvernement est accusé de corruption et de trahison de ses promesses. Sur l’avenue Habib Bourguiba, Les slogans de la révolution sont toujours d’actualité. « Travail ! Liberté ! Dignité nationale » ou encore « le travail est une priorité ! Bande de voleurs ! » s’ajoutent des slogans s’attaquant directement au chef du gouvernement, accusé de devenir le nouveau « dictateur ». Depuis sa nomination, Youssef Chahed appelle les Tunisiens à plus de sacrifices et de patience. « Hélas, de son coté, il ne donne aucun signe positif qui encouragerait les affamés à patienter encore plus » dénonce Wissem Seghair de Manich Msamah.

Lire l'article d'Henda Chennaoui paru sur le site Nawaat.

dimanche 27 novembre 2016

Ultimes poubelles du marketing politicien

Original File Name: 2016112156.jpg Illus : Efi Achtsioglou. Nouvelle ministre du Travail[1]... hôtel Hilton. Presse grecque, novembre 2016 (Greek Crisis)

Sous la pluie justement et à Athènes en cet automne 2016, il y a de plus en plus de personnes fouillant dans les poubelles, parfois c’est pour en extraire divers restes à recycler, parfois c’est pour y trouver tout simplement de la nourriture. Trop, c’est trop.

Toujours à Athènes en ce moment, et le “gouvernement” va chiner ses... arguments jusqu’aux ultimes poubelles du marketing politicien. La dernière... mode consiste à nommer à certains postes de jeunes femmes, modernes, belles et photogéniques, s’agissant de la nouvelle porte-parole d’Alexis Tsipras à Thessalonique, ou de la ministre chargée de l’emploi (en train de mettre fin à un siècle de conventions collectives tout en instaurant les licenciements dits ‘automatiques’... sous le contact de la Troïka). Notons, que pour... atteindre les membres de la Troïka étendue, les “ministres grecs” doivent se rendre à l’hôtel Hilton (lieu favori de résidence des Troïkans... et de leurs chevaux !), tel est le genre le plus tangible du régime néocolonial que la Grèce connait de la sorte plus en profondeur, comparé à ce que subissent les autres pays de la funeste Union européenne.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Vendredi Noir" sur son blog Greek Crisis

Notes

[1] Par ailleurs épouse du nouveau ministre - américain à passeport grec - de l'Economie et du Développement

Musée Wiertz, Parc Léopold

Wiertzinhumation.jpg Antoine Wiertz, l'inhumation précipitée, 1854

Le Quartier Léopold est « férocement européen », au sens prédateur du terme, il est même précurseur, terrain d'expérimentation de l'expropriation généralisée du bien commun depuis le sol sous nos pieds jusqu'à nos droits à vivre les plus immatériels, la vente à la découpe du continent s'opérant désormais à l'échelle de pays entiers. Car qui ne voit que la construction de l'Europe des trusts est à l'image de ce quartier car elle obéit au même processus ? Les politiques de santé, les retraites, l'agriculture, la culture... ressemblent déjà singulièrement à des Déesses en fonte brandisseuses de « E » frappant les trois coups de la tiers-mondisation du continent. Au martyre grec, donc, le Quartier Léopold compatissant. (Note du Concierge)

Lire Essayage : le Prix Nobel de la Paix vous va si bien !

Voir "Façadisme, choucroute et Démocratie", un film de Gwenaël Brëes

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STOP à la déferlante des bureaux du Parlement européen et à la privatisation de l'espace public

À l’occasion du redéploiement de ses activités de représentation pendant la rénovation du ‘Caprice des Dieux’, le Parlement européen jette son dévolu sur le parc et la maison d'Antoine Wiertz, adjacents au musée du même nom.

Peintre fantasque et surréaliste avant la lettre, Wiertz s’y est installé vers 1850. Dans son testament, il a légué tous ses tableaux à l'État belge pourvu que son atelier soit ouvert gratuitement au public et que sa maison accueille des artistes en résidence. Henri Conscience, le Victor Hugo flamand, y décéda en 1883. Le jeune Auguste Rodin fit ses premières armes dans un des nombreux ateliers installés à proximité du Maître.

Aujourd’hui, beaucoup d’ateliers ont été rasés pour faire place à des bureaux. Le Musée Wiertz et son parc classé sont devenus le rempart contre l’énorme pression exercée par le Parlement européen pour tout le quartier de la chaussée de Wavre et le parc Léopold. Mais, négligé par des pouvoirs publics indolents, voilà qu’il a fini par susciter les convoitises de son insatiable voisin : pendant que le triste ‘Caprice des Dieux’ tentera de se refaire une beauté, la maison du peintre et son jardin deviendraient le lieu ‘convivial’ des sauteries entre personnes de bonne composition.

Par les temps qui courent, les mesures sécuritaires dans lesquelles se complaisent toujours plus les Institutions européennes auront nécessairement des répercussions néfastes sur le Musée Wiertz et sur ce qui a pu être préservé d'espace public et de diversité urbaine dans ce quartier. Avec le retour grandiose du façadisme, consacré récemment par l’installation au chausse-pied de la ‘Maison de l’Histoire européenne’ dans l’ancien Institut Eastman (parc Léopold), faut-il s’attendre aussi à voir se construire 3 étages supplémentaires sur la maison du peintre dont seules les façades auront été conservées ?

Nous sommes ceux qui habitent encore la ville et qui sommes aussi habités par elle, amoureux du patrimoine bruxellois, usagers de lieux culturels, acteurs économiques du quartier ou promeneurs du dimanche. Nous voulons un espace public qui le reste et des musées ouverts à tous. Nous demandons aux autorités belges et bruxelloises que cesse la déferlante administrative et son cortège de mesures sécuritaires dans le parc et le quartier Léopold.

Nous nous opposons à la mainmise de l’administration européenne sur le musée Wiertz et ses annexes. Plutôt que le vendre au Parlement européen (pour un euro symbolique !), nous demandons à l'État belge qu'il honore la mémoire et le testament d’Antoine Wiertz en ouvrant à nouveau sa maison aux artistes et en faisant en sorte que le musée soit mieux promotionné et plus souvent accessible.

Association du Quartier Léopold

Pétition en ligne

mardi 22 novembre 2016

Le Plan B

PlanB1.PNG Cliquer sur l'image pour lire la "Déclaration de Copenhague" qui renoue avec la tradition des "contre-sommets" altermondialistes qui a fait, depuis l'écrasement de celui de Gênes (anti-mondialisation à l'époque), la preuve de son inefficacité "globale" ET "locale" (mais cerise sur le gâteau les "premiers signataires" ne comptent que des politiques - au nombre impressionnant de sept! - se déclarant "Nous, élus, universitaires, syndicalistes, mouvements sociaux, organisations partisanes). Le principal "engagement" est l'organisation "d'un événement annuel du Plan B". Rappelons que la créature Tsipras est sortie de ces contre-sommets... (Note du Conciege)

Pour les followers, cette histoire n'a d'ailleurs pas l'air très claire...

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"CONFUSION", Détail (Collections du Musée de l'Europe & de l'Afrique)

dimanche 20 novembre 2016

"LES GRECS VIVENT AU-DESSUS DE LEURS MOYENS"

Le ministre allemand de l’Economie, Wolfgang Schaüble, s’est surpassé dans la provocation : au cours d’un Congrès de banques vendredi dernier à Francfort, il a affirmé – pour le dénoncer – que « les Grecs vivent au-dessus de leurs moyens. Ils bénéficient de prestations sociales et de pensions hors de proportion avec leur revenu intérieur brut – et même supérieures à celles qui existent en Allemagne ( !) ».

Il a aussi répété que « la Grèce n’a pas de problème pour assurer le service de la dette au cours de la décennie prochaine », selon Reuters. Il a à nouveau émis l’opinion qu’un allègement de la dette grecque freinerait la mise en oeuvre des réformes.

Selon lui, la Grèce ne réalise pas les réformes nécessaires au développement du pays dans plusieurs domaines : les services publics, la question du travail et la réglementation du marché intérieur.

Il s’agit là du troisième « Non » du ministre allemand aux demandes de la Grèce concernant la dette, formulées après la visite du président américain sortant Obama à Athènes.

« Ceux qui parlent aujourd’hui d’allègement de la dette grecque découragent ceux qui veulent des réformes » a déclaré jeudi Schaüble à Vienne. Il avait soutenu la veille, dans une interview au journal Passauer Neue, que la discussion concernant l’allègement de la dette porte tort à la Grèce. « Celui qui dit : « Nous allons diminuer ta dette » fait du mal à la Grèce », a-t-il déclaré en vue de la réunion critique de l’Eurogroup prévue le 5 décembre.

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Au cours d’une intervention précédente, Schaüble avait soutenu que le problème du pays n’était pas la dette, mais le manque de compétitivité et avait souligné que l’allègement du fardeau ne ferait que diminuer la volonté de réformes. Il insiste pour le report de toute discussion à ce sujet à la fin de la réalisation du programme : « Si nous en parlons maintenant, cela amoindrira la disposition du gouvernement à réformer ».

ANNONCE D’UNE NOUVELLE VAGUE D’AUSTÉRITÉ EN GRÈCE

Ces déclarations provocantes de Schaüble ne sont pas seulement révélatrices du mépris profond qu’il a pour un peuple et pour un pays où tous les mémorandums qu’il a imposés ont échoué, un pays où règne depuis presque 9 années consécutives une très grave récession et une austérité d’une sauvagerie jamais vue.

Elles viennent à point pour montrer le ridicule de l’Obamania qui avait envahi la Grèce de la soumission volontairement : les paroles d’Obama concernant la dette se sont révélées un simple exercice de relations publiques, qui a été totalement ignoré en Allemagne. Surtout, ces déclarations sont l’annonce d’une nouvelle vague de coupes brutales dans les salaires, les retraites et les dépenses publiques, puisque selon Schaüble les Grecs reçoivent des prestations supérieures à ce qu’ils produisent, et même comparativement supérieures à celles que reçoivent les Allemands !

Ces prises de position ridiculisent aussi le gouvernement et toute la classe politique volontairement soumise aux mémorandums : Schaüble indique ainsi, avec une incroyable arrogance, en véritable colonialiste, le programme de privations et d’appauvrissement que le personnel politique grec devra mettre en application par la suite pour le plus grand malheur du peuple grec.

Il se confirme une fois de plus que la Grèce ne peut rien attendre de « philhellènes » du genre d’Obama – ni des néocolonialistes allemands qui tentent de sauver un « européanisme » antisocial et une « mondialisation » de brigandage et de guerre.

La Grèce peut et doit se redresser, avec une stratégie nationale de reconstruction et de justice, en réponse aussi bien au bloc néolibéral des mémorandums qu’à l’offensive réactionnaire des néo-conservateurs.

Source iskra.gr __ traduction Joelle Fontaine__, article paru sur le site Unité Populaire

Réponse à l'analyse de Varoufakis sur le bilan du premier gouvernement Syriza

Alexis Cukier, membre d’Ensemble ! et du réseau ERENSEP (European Research Network on Social and Economic Policies) et Patrick Saurin, un des porte paroles du syndicat Sud Solidaires BPCE, et membre de la Commission pour la Vérité sur la Dette grecque répondent à Yanis Varoufakis sur l’accord du 20 février 2015 et les alternatives à l’austérité en Europe. Cher Yanis Varoufakis,

Suite à votre article, « La Gauche Européenne après le Brexit », paru le 5 septembre dernier sur Mediapart, nous avons souhaité engager une discussion avec vous en publiant à notre tour sur ce même média un article intitulé, « Désobéir à l’Union européenne : nous sommes d’accord avec vous Yanis Varoufakis », dans lequel nous vous posions un certain nombre de questions. Vous avez accepté de poursuivre ces échanges, ce dont nous vous remercions, en publiant toujours sur Mediapart un nouvel article, « Pourquoi j’ai signé l’accord du 20 février 2015 avec l’Eurogroup ? Quelle est la stratégie de Diem25 pour démocratiser l’Europe » en réponse aux questions que nous vous avions adressées.

Votre analyse appelle de notre part de nouveaux développements car nous pensons que cette discussion au sujet du bilan de premier gouvernement Syriza – dont vous avez été le ministre des finances jusqu’au 6 juillet 2015 – et particulièrement de la séquence qui a conduit de l’élection à la capitulation du 13 juillet, est d’une importance cruciale pour la mise en oeuvre d’une politique alternative au néolibéralisme, et la sortie des peuples européens de la cage de fer de l’austérité.

C’est pourquoi nous répondons à notre tour à votre réponse et vous invitons à poursuivre ce débat autour de deux questions qui nous semblent essentielles : l’accord du 20 février 2015 et les alternatives possibles à cette époque pour le gouvernement.

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La Cité libre

De son côté on dirait parallèle, Jacques Attali, alarmé et alarmiste lance autant son appel... de détresse: “Pour un nouveau Roosevelt européen”. “Aux États-Unis aujourd'hui, les élites financières, entrepreneriales et politiques, balayées par un menteur cynique, ne peuvent s'en prendre qu'à elles-mêmes: en ne faisant rien pendant des décennies pour repartir plus justement les revenus entre les classes sociales et entre les régions, en laissant les deux grands partis entre les mains de mafias obscures, qui ont barré la route aux meilleurs des candidats, dont Bernie Sanders, ces soit disant élites se sont condamnées elles mêmes. Le modèle qui vient, d'abord aux États-Unis, sera aussi fait de fermeture des frontières, d’investissements publics en infrastructures, de réduction massive des impôts. (...) Même si c'est au prix de la remise en cause de droits de l'homme chèrement conquis, d'accords internationaux essentiels, et de l'abandon de toute générosité à l'égard de souffrances étrangères. Ce modèle ne peut réussir en effet durablement que dans une société ouverte, altruiste, acceptant le nouveau”.

Peine perdue. Le sophisme de Jacques Attali est évident. “Sa” société “se doit” être “ouverte, altruiste, acceptant le nouveau” (ouverte à quoi ? Et d’ailleurs, acceptant alors quel type de nouveau?) ; cependant, rien ne peut garantir que cette société (en réalité celle des mondialisateurs habituels) sera... par exemple libre et démocratique.

Il ne peut pas exister un Roosevelt européen (Jacques Attali en réalité, voudrait dire européiste sans l’avouer), car tout simplement en Europe subsistent encore, nations, cultures, traditions, représentations et institutions bien distinctes. Parfois même, on y découvre, certains... résidus des souverainetés populaires... présumées démocratiques.

Une résistance... résiduelle des peuples face au monstre européiste, celui des harmostes qui dirigent depuis leur Kommandantur les garnisons installées et formées de technocrates, de pseudo-politiciens, d’agents pas forcement secrets, et même de paramilitaires de fait (conscients ou inconscients souvent recrutés sur place), tantôt (et à peine) déguisés en néonazis avérées, tantôt œuvrant sous la cagoule du pseudo-anarchisme (ou gauchisme) nihiliste (ces derniers étant parfois financés comme on sait par l’autre apôtre de la mondialisation, le financer Soros). Chaos... assuré.

Sans parler des politiciens et des ONG directement soutenus par ce même financier. “Je me rends à la rencontre de mon patron, monsieur Soros” a déclaré Giórgos Kamínis, maire d’Athènes, en quittant la salle de son conseil municipal le 19 mars 2015 (reportage du quotidien “Dimokratía” du 26 août 2016). Tel est le seul fonctionnement de la métadémocratie prétendument annonciatrice du... dernier Empire.

Les électeurs éborgnés élisent Kamínis, ou Tsipras (dont la moitié des membres de son cabinet sont issus de l’Institut Levy, d’autres sont tout simplement des... appointés Sorophiles, car on comprend aussi aisément qu’en Grèce, le plus grand nombre sombre ou sombrera bientôt dans le survivalisme), et à la clef, c’est Soros qui se charge (sans la moindre légitimité démocratique) de la politique de la ville, de la gestion des frontières, de l’arrivée des migrants et de leur installation massive au pays (ses ONG louent déjà des immeubles à Athènes). Tous ces petits et grands... Putschs permanents ne sont jamais annoncés dans les programmes supposés électoraux, et ne seront jamais par exemple soumis à un referendum.

Et pour ce qui est du totalitarisme européiste (tout comme de sa mondialisation... écrémée), ce dernier vise à gouverner d’abord par le chaos, ensuite (ou en même temps) par la soumission, après avoir brisé les repères, les solidarités sociales et familiales (les familles s’entredéchirent comme jamais en ce moment en Grèce sous le régime de la pénurie de ressources), détruire d’entrée de jeu les bases économiques, symboliques, culturelles et historiques des sociétés et des nations.

C’est exactement ce qui s’est passé en Grèce depuis 2010, mais en réalité depuis plus longtemps. Enfin et au besoin, gouverner par la guerre (ouverte). Jacques Attali, qui par ailleurs est capable d’analyses fort clairvoyantes, aurait pu trouver tout son courage pour exprimer l’entière vérité sur “son” programme. Ou sinon, il espère peut-être à un... certain miracle.

Car ce modèle ainsi dévoilé (pour ceux qui peuvent encore ouvrir les yeux), n’est qu’un prototype techno-féodal global, le tout, sous la “gouvernance” despotique des “élites” occidento-compatibles, en réalité, des dominants du 1%. Et enfin, pour ce qui relève “de droits de l'homme chèrement conquis”, il me semble bien (et je ne suis pas le seul à le penser, Cornelius Castoriadis l’avait si superbement formulé déjà dans les années 1980), qu’en réalité, les droits dits “universels” sont (au mieux) un leurre, en dehors d’une décision prise démocratiquement entre égaux, et cela bien, sur un territoire donné qui ne peut pas être celui d’un continent, et encore moins celui de la terre entière. De même, l’évocation des “accords internationaux essentiels” ne nous dit pas... automatiquement, aux yeux de qui (et pour quels intérêts), ils se prétendent de la sorte... si essentiels.

Enfin, il est plus qu’hypocrite, (que) de revenir sans cesse sur le prétendu “abandon de toute générosité à l'égard de souffrances étrangères” lorsque d’abord et pour leur essentiel, ces dernières trouvent leur origine dans l’exercice de la seule force (déguisé en “droit international”, plus la “démocratie”) de la part des mondialisateurs contre les états et contre les peuples. Cerise sur le gâteau, ces mêmes faiseurs du bas monde, sont de surcroît totalement indifférents devant les souffrances alors infligées à leurs propres peuples et cela désormais se voit.

Situation ainsi encore plus machiavélique que par le passé, car dans la guerre actuelle, les victimes alors... exotiques, sont massivement utilisées en qualité d’armes... de destruction massive contre les autres peuples, s’agissant notamment des migrations actuelles, programmées, provoquées et sponsorisés (aussi par le financier Soros), dans le but de détruire ce qui reste des peuples européens (et tout autant des autres, migrants compris), et fondamentalement, ôter tout espoir pour retrouver un jour, le chemin d’une forme de démocratie si possible tangible, et autant d’une certaine autonomie politique.

Déjà en son temps (et qui demeure suffisamment le nôtre), Cornelius Castoriadis avait fait remarquer que “pour les Grecs, la cité libre, la cité indépendante est, suivant l’expression de Thucydide que je vous ai citée tant de fois, autonomos, autodikos, autotelès: elle fait ses lois, juge elle-même ses affaires avec ses propres tribunaux, se gouverne elle-même”. (“Thucydide, la force et le droit”). Ce n’est certainement pas le cas de la “société ouverte, altruiste, acceptant le nouveau”, on peut alors comprendre !

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou, paru sous le titre La Dernière seconde du monde, sur son blog Greekcrisis

mercredi 16 novembre 2016

CETA : Paroles, paroles...

paroles.PNG Cliquer sur l'image pour voir la vidéo

En pleine opération de com, nom de code "résistance de Paul Magnette", le Musée de l'Europe attirait l'attention sur une note publiée par le Corporate Europe Observatory mettant en garde contre la stratégie de relations publiques consistant à faire passer des déclarations interprétatives du CETA pour des lanternes, relayables par tous ceux qui auprès de l'opinion peuvent difficilement justifier leur acceptation d'un tel accord, mais sont seuls capables de faire passer une telle pilule. Le Musée de l'Europe, uniquement soutenu par le Conseil Départemental de l'Ariège, au titre du RSA, tient à faire remarquer qu'il a été, une fois de plus le seul à traduire partiellement cette note. Et s'interroge : que font ATTAC, les spécialistes du Climat faisant des danses de la pluie sur les ronds-points, financées par on ne sait quelles (ou que trop) Fondations. Sans supplément, le Musée apporte sa réponse : Rien. Absolument rien. A part quémander des sous pour sauver le monde ? Le CEO vient de réactualiser son analyse à la lumière de l'épisode Wallon. Nous en publions un extrait, une fois de plus traduit par nos soins. Nous y insérons un certain nombre de "sic" du Concierge. Enfermé dans le Mundo B à Bruxelles, le CEO, né de l'occupation des locaux de la Table Ronde des Industriels Européens, s'est professionnalisé et routinisé au sein du Brusseland. On peut douter que ses plus récents salariés aient même lu Europe Inc. Il est l'objet de nombreuses convoitises, comme accumulation de capital symbolique critique, de tous ceux qui veulent changer les têtes pour que rien ne change. La promotion d'un opportuniste demi-savant comme Sylvain Laurens (idéal-type de la prochaine génération d'experts aux ordres qui cherchent l'onction des critiques fatigués demi-mondains) par cette officine avait mérité les mesures chantillesques qui s'imposaient (Note du Concierge)

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mardi 15 novembre 2016

"Aujourd'hui, beaucoup d'économies européennes souffrent des mêmes maux que celle de l'Allemagne de l'Est après l'introduction du mark de l'ouest"

Vladimiro Giacchè est un économiste, actuellement partenaire d'une société financière, Sator, et président du Centre de recherche européenne de Rome. Il a écrit en langue italienne plusieurs essais depuis 2010. En 2014, il a publié un ouvrage sur l'unification allemande qui est aujourd'hui traduit en français aux Editions Delga[1]. Cet ouvrage, "Le Second Anschluss", déconstruit un des grands contes de fées contemporain : le succès de la réunification allemande. Dans un livre richement documenté et à la logique implacable, Vladimiro Giacchè montre que la RDA de 1989 était certes une économie déclinante, mais elle n'était pas « en banqueroute » comme l'ont prétendu les dirigeants ouest-allemands pour justifier une union monétaire rapide.

Il montre également que, avec cette union, mais aussi avec la mise en place de la Treuhand, l'organisme chargé de la « gestion » de l'économie est-allemande, et encore avec la création de « dettes envers l'Etat » des entreprises dont la légalité était douteuses, la RFA a procédé à une liquidation en règle d'une économie entière. Une liquidation qui s'inscrivait dans une négation complète de l'histoire de la RDA, dans sa réduction « à une note de bas de page de l'histoire allemande ». « Nous ne partons pas du principe de légitimité égale. Il y a la Loi Fondamentale et il y a la République fédérale allemande. Nous partons du principe que vous en avez été exclu pendant quarante ans », résumait Wolfgang Schäuble, le négociateur de l'unification pour la RFA devant ses homologues de l'est. Aucune chance n'a, en réalité, été laissée aux entreprises est-allemandes. Place nette aura été faite pour les groupes ouest-allemands et la population de l'ex-RDA en aura fait les frais. C'est pourquoi Vladimir Giacchè revendique le terme « d'annexion » qui a été banni du débat public allemand.

Notes

[1] V. Giacchè, "Le second Anschluss : l'annexion de la RDA", Delga, 2015, 201 pages, 19 euros.

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"En 2016 l'alienation politique a changé de couleur"

Q : Mais les Noirs n’ont pas voté Trump…

Emmanuel Todd : Exact mais à ce stade, il faut se demander qui est responsable de la racialisation persistante du vote. Je suis convaincu que cette fois-ci, elle est venue des démocrates, par un discours raciste inversé. Les démocrates proposaient une alliance électorale perverse, ou vicieuse, je ne sais que dire, associant aux vrais privilégiés économiques et éducatifs du système, toujours blancs majoritairement, une sorte de mercenariat électoral des minorités, hispanique et noire, pour casser le cœur blanc de la démocratie américaine. Ce qui m'a le plus écoeuré dans ce processus, c'est la façon dont Hillary Clinton a évincé Bernie Sanders, dont je me sentais évidemment très proche. J’ai suivi les primaires démocrates Etat par Etat. Et c’est bien l'électorat noir qui a empêché la victoire de Sanders. En 2016 l’aliénation politique a changé de couleur. On est passé d'un système où le cœur de l'électorat blanc votait contre ses intérêts à un système où l'électorat noir a voté contre ses intérêts. En effet, les Noirs, surreprésentés dans le monde ouvrier, moins éduqués malgré des progrès importants, sont le groupe qui a le plus souffert du libre-échange, et qui continue d'en souffrir le plus. Le paradoxe ultime de l’élection qui vient d’avoir lieu est que si Trump applique son programme protectionniste, les Noirs seront les premiers à en bénéficier.

Extrait d'une interview d'Emmanuel Todd sur Atlantico

jeudi 10 novembre 2016

"Une sur-accumulation de conformisme et de crétinisme par obéissance aux consignes reçues depuis la petite enfance, sur le plan scolaire"

Q : Lors du référendum sur le Brexit, c’est le « non » qui l’a emporté, et comme le « non » avait été majoritairement plébiscité par les classes inférieures et les gens les moins éduqués, on l’a un peu discrédité, est-ce que vous pensez que c’est une remarque valable ou est-ce que vous pensez que le fait que les classes les plus inférieures aient voté contre et que les gens les plus éduqués aient voté pour montre en fait juste une différence d’intérêts de classe et qu’il n’y a pas de mauvaise ou de bonne réponse, que c’est juste que ces deux classes n’ont pas les mêmes intérêts économiques ?

Emmanuel Todd : Ben oui, c’est drôle que vous parliez comme ça, parce que autrefois on aurait dit : « comme ce sont les plus pauvres qui ont voté pour le Brexit, ça montre qu’il est particulièrement légitime ». Maintenant comme les gens se sont ralliés à une vision un peu raciste en terme d’éducation, on pose des questions du genre : « est-ce que le vote des gens moins éduqués est valable ? » C’est comme ça qu’on parlait des Noirs aux États-Unis autrefois... Donc on pourrait dire que c’est une américanisation culturelle dans un sens où un racisme culturel etc. Je crois qu’il va falloir... Pour moi évidemment, je suis ravi... Quand même, j’ai été membre du Parti communiste français, donc j’étais solidaire de gens moins éduqués que moi, mais il y a une époque où ça semblait complètement normal de considérer que les gens les moins favorisés avaient des droits politiques égaux... Enfin, je ne comprends même pas ce... Alors, ce qu’on peut constater... Il ne va pas y avoir de réponse uniforme selon les pays... Par exemple en France, dans un pays comme la France, si les gens les moins éduqués votent contre le Traité constitutionnel européen... ça ne vaut pas ! D’accord ? Donc en France on est déjà dans un système politique où le vote des gens les moins éduqués n’a pas la même valeur que celui des plus éduqués... En Angleterre, c’est pas ça qui se passe... C’est ça qui est formidable ! Ce que l’on est en train de constater aujourd’hui, c’est que le tempérament démocratique des Anglais est actuellement supérieur à celui des Français, car le vote des électeurs anglais est respecté par les Conservateurs... ça devrait nous rendre plutôt humbles, nous qui sommes censés avoir contribué massivement à l’émergence, je dirais, de la démocratie...

La soumission comme critère de tri

Je pense que l’un des combats à mener, l’une des choses sur lesquelles il va falloir quand même réfléchir sur le fond, c’est est-ce que les éduqués supérieurs sont vraiment tellement supérieurs intellectuellement ? On est entre-nous, là... Mais on peut se poser des questions de cet ordre... Bon c’est sûr que le monde des éduqués supérieurs est un monde de bons élèves... Ils ont été triés pour ça... Mais peut-être que l’un des biais du système social actuel, c’est que ce tri social... Le système éducatif qui était un système qui était conçu comme émancipateur[1], est en fait actuellement devenu une extraordinaire machine à trier et à tamponner la population jeune à un certain niveau pour son avenir social.. Le système éducatif est devenu... Maintenant on a 40 % des jeunes qui font des études supérieures ou des chiffres comme ça, et puis on va avoir 40% des études secondaires d’un type ou d’un autre, 20% calés au niveau inférieur... Mais le système éducatif est devenu une machine à fabriquer les classes sociales du futur... C’est une machine à fabriquer l’inégalité. Et du fait que c’est une machine à fabriquer l’inégalité, c’est aussi devenu un système qui justifie l’inégalité. Alors je ne dis pas... les bons élèves existent... Je veux bien admettre que les gens sont plus ou moins intelligents... Mais je pense que le mécanisme de tri par l’éducation et la machine sociale qui fabrique ce tri aboutit sans doute à exagérer énormément dans l’inconscient collectif les différences supposées d’intelligence. Et ça aboutit aussi je pense au final... Je me lâche, je suis en fin de carrière... Je suis à la retraite dans six mois... donc je peux y aller maintenant, c’est n’importe quoi... C’est évident, les gosses sont plus ou moins doués scolairement... Ils réussissent plus ou moins bien, l’intelligence existe... Il y a des différences d’intelligence... Mais le tri éducatif, particulièrement à partir de l’Université, ne se fait pas uniquement sur le critère de l’intelligence... Il se fait aussi beaucoup sur le critère de l’obéissance... Parce que maintenant, on vit dans un monde de concours où il faut être le plus parfait possible. Donc pour être parfait, il faut être lisse, en vérité il faut ne pas penser. Donc tout le système de définition des élites et des éduqués supérieurs contient... Il y a de l’intelligence, mais il y a aussi de la soumission comme critère de tri... Et au final qu’est ce qu’on obtient comme classe supérieure ? Qu’est-ce qu’on va obtenir ? Est-ce qu’on obtient une classe supérieure collectivement tellement remarquable par son intelligence ? Ça ne me paraît pas tellement évident... Qui oserait décrire la classe supérieure française comme intelligente collectivement ? Et pourtant c’est tous des supers bons élèves. Qui oserait décrire les gens de l’establishment de Washington... qui aboutissent au terme de je ne sais combien de temps de gestion à des baisses de niveau de vie pour leur population et qui disent que c’est normal, que ça n’a rien à voir avec le système économique etc...

Les gens intelligents vont s’accumuler dans la population qui fera le moins d’études

Donc vraiment, je pense que l’un des combats à mener... Je voudrais bien me faire comprendre... Je ne suis pas un populiste. Je suis moi-même un enfant de l’establishment, j’en suis très content... je n’ai jamais aspiré à être autre chose. Je n’ai jamais aspiré à autre chose qu’une conversion des élites entre guillemets à une attitude plus responsable socialement... Mais quand même ! Il ne faut confondre la description de la société en termes de niveau éducatif... Il ne faudrait surtout pas croire que ça correspond à une répartition des capacités intellectuelles dans la population... Ou que les écarts sont aussi importants que ça... En haut de la société vous aurez une sur-accumulation de conformisme et de crétinisme par obéissance aux consignes reçues depuis la petite enfance, au plan scolaire , et en-bas vous aurez des gens parfaitement intelligents mais qui n’ont pas été pris dans le moule du système parce qu’ils ont un peu plus de mal à obéir... Et bien entendu avec l’institutionnalisation du système et la capacité des élites éducatives à se reproduire, on va vers une période où les gens intelligents vont s’accumuler dans la population qui fera le moins d’études... Donc il ne faut pas désespérer... Et je pense que l’un des combats à mener, ce serait contre cette idée que les éduqués supérieurs sont vraiment supérieurs...

Des profs d’économie, surpayés, dont l’œuvre intellectuelle tient sur une feuille de papier à cigarette

Et je dirais que l’une des choses pour lesquelles j’aimerais vraiment... là ça me ferait vraiment marrer que Trump gagne, vraiment, ce serait à cause de ce que j’ai déjà mentionné, c’est cette pétition d’économistes contre Trump... Vous voyez, vous avez des centaines d’économistes, de profs d’économie, surpayés, dont l’œuvre intellectuelle tient sur une feuille de papier à cigarette, voyez, qui assurent la population que le libre-échange est indépassable... Et vous avez une population qui dit : « non, rien à foutre, quand même notre niveau de vie baisse, on meurt, ça va pas bien, on se sent pas bien... On n’a plus d’avenir assuré, c’est pas possible... ». Parce que ce serait une victoire intellectuelle... Si vous voulez, une population qui élirait Trump, je ne parle pas en général, je parle sur ce point précis, serait une population qui désavoue un système de domination intellectuelle, de conformisme... Et qui oserait dire ! « Non, les mecs, vous êtes pas plus intelligents, vous êtes pris dans un truc de pensée collective... totalement absurde... ». Il m’est arrivé de réfléchir... là je me mets à délirer librement pour terminer... L’un des trucs lorsqu’on décrit les électorats républicains... Je ne suis pas du tout Républicain, moi ! Je ne peux pas piffer les électorats de droite... Je voudrais pas qu’il y ait de malentendus quand même... C’est juste un plaisir pervers à voir un système mental exploser...

Stupidité structurellement induite

Mais par exemple l’un des trucs qu’on reprochait autrefois à l’électorat républicain, pas celui de Trump, mais l’électorat fondamentaliste... c’était d’être créationnistes... de prendre littéralement la Bible.. Dire que la théorie de l’évolution des espèces de Darwin, c’est pas vrai. C’est pas vrai ! Ça c’est passé exactement comme c’est dit dans la Bible... En 7 jours, le mec en haut a dit... Voilà il a créé ceci-celà et ceci-celà... Honnêtement je ne me souviens plus des détails, mon éducation religieuse est assez lointaine maintenant... Et bien entendu, tout le monde s’esclaffe... Et je m’esclaffe aussi. J’ai personnellement lu l’Origine des espèces de Darwin, et ça a été l’un des moments de bonheur de ma vie, je suis un Darwinien sans faille sur ces questions-là... Donc la question n’est pas là. Mais en gros vous avez des mecs qui vous disent, des mecs qui sont dans un littéralisme biblique ou dans une foi religieuse intense, c’est les mecs qui vous disent : « il y a ailleurs un autre monde qui a certaines caractéristiques, ou un être qui a certaines caractéristiques, nous ne pouvons pas le démontrer... » C’est terrible. C’est une démission de l’esprit, il n’y a pas de problème. Mais quand vous avez des centaines d’économistes qui s’auto-hallucinent collectivement... Et qui vous disent :« le monde sensible est parfait. Le libre-échange est indépassable» au moment même où il fait vivre toute la population dans la terreur et la régression... C’est beaucoup plus grave que le Créationnisme... Ou plutôt, c’est pas plus grave, c’est la même-chose. Le libre-échangisme de ces économistes c’est l’équivalent « classes supérieures » du créationnisme des humbles... Donc vraiment la question du supérieur, de l’inférieur, de la légitimité, je crois que c’est des choses dont il faut commencer à débattre... sur le fond. Sur le fond. C’est à dire... Il y avait un économiste anglais quand je travaillais sur l’Union soviétique qui avait un concept, un concept formidable de « stupidité structurellement induite » pour décrire le comportement des élites soviétiques. Donc, voilà, nous on a des phénomènes de « stupidité structurellement induite ». ça renvoie à l’Idéologie de Marx, à la fausse conscience...

Mais vraiment, je vais terminer là-dessus : pour moi les éduqués supérieurs ne sont pas supérieurs.

Emmanuel Todd, conférence à Nantes, le 8 novembre 2016.

(transcription et intertitres du Concierge)

Lire aussi : Jean-Pierre Garnier "Faut pas déconner. j’ai passé quand même plusieurs décennies dans l’Université..."

Et Une pédagogie de la libération

Et Divergences des luttes aux éditions Agone

Notes

[1] Du moins était-ce son idéologie. Et il a sans doute été émancipateur pour certaines classes (celles qu'il a créées, c'est à dire les enseignants ?). Mais on peut légitimement douter que ce fut le projet de Jules Ferry. Lire Ordre scolaire bourgeois contre culture prolétarienne (Note du Concierge)

mardi 8 novembre 2016

Qu’on se le dise : les classes sociales n’existent pas

Jean-Luc Mélechon, dans sa phase de conquête de l'hégémonie idéologique de la PBI (Petite-Bourgeoisie Intellectuelle), c'est à dire des agents du marketing (une petite-partie dans les médias mainstream, une grande partie chez les blogueurs et petits-entrepreneurs des "médias sociaux", surveillés de près par les logiciels des propriétaires des moyens de production de la Silicon Valley, ce qui pourrait bien faire de Mélenchon l'idiot utile de l'impérialisme américain, ce que tout les esprits sensés redoutent...) s'est appuyé sur Chantal Mouffe (une prétendue belge inconnue au bataillon en Belgique) pour affirmer : « Au siècle où les humains n’étaient « que » deux milliards, il y avait le « parti de classe ». Il était nécessairement aussi délimité que l’était « la classe » elle-même dans une société où elle n’était nullement hégémonique. En fait, les ouvriers constituaient une sorte d’archipel dans un océan de paysannerie et de travailleurs indépendants de la boutique et de l’artisanat. Sa verticalité correspondait à une organisation du travail lui-même. La centralisation découlait des moyens de transports et de communication autant que comme reflet de la centralisation de son adversaire. Bref, le « parti de classe » correspondait à une réalité sociale et matérielle qui s’est elle-même dépassée de toutes les façons possibles. L’émergence du « peuple » comme catégorie sociale protagoniste face à l’oligarchie de la période du capitalisme financiarisé dominant appelle sa forme spécifique d’organisation. ». François Ruffin avait ouvert (comme préparation d'artillerie ?) Fakir à l'impétrante, au point qu'il est quand même difficile d'imaginer que ce "plan média" (B) n'était pas concerté. Comme Descartes l'analyse sur son blog :

Exit donc la « classe » - c'est-à-dire le groupe humain occupant une même position dans le mode de production et donc ayant de ce fait un intérêt commun qui pousse ses membres à des comportements homogènes sans que soit besoin une coordination – et place au « peuple ». Mais comment définir ce « peuple » qui fait face à « l’oligarchie » ? Est-ce sur un critère de revenu ? De patrimoine ? De sociologie ? De modes de consommation ?

Le concept de « classe » - qui est l’une des contributions essentielles du marxisme à la pensée politique du XIXème siècle – a l’avantage de constituer une catégorie sociale comme acteur à la fois économique, social et politique en faisant le lien entre la position économique et le système de représentation – c'est-à-dire l’idéologie – et donc les comportements. Le « peuple », qui pour Mélenchon inclut le soudeur et l’avocat, la caissière et le professeur, le petit patron et l’ouvrier agricole, n’a aucune raison de constituer un groupe homogène du point de vue des comportements, puisqu’il est constitué de gens qui ont des intérêts différents et souvent antagoniques. Ce discours a en fait un autre but : le « peuple » façon Mélenchon incarne le rêve des « classes moyennes » d’une alliance avec les couches populaires dont elle prendrait, bien évidement, la tête. Le « protagonisme » de la classe ouvrière cantonnait les « classes moyennes » au mieux dans les seconds rôles, au pire dans le camp des exploiteurs. Le « peuple » permet au contraire aux « classes moyennes » d’évacuer le rôle singulier de la classe ouvrière pour se l’approprier…

Chantal Mouffe étant l'inspiratrice, nous savons gré à Jean-Pierre Garnier de nous informer un peu plus sur cette influente inconnue.

Qu’on se le dise : les classes sociales n’existent pas et, par voie de conséquence, la lutte pluriséculaire qui les opposerait non plus. Tel est l’oracle d’une grande prêtresse du post-marxisme pontifiant : la politologue belge Chantal Mouffe. À vrai dire, il ne s’agit pas là d’un scoop. Sans revenir sur la genèse du concept «lutte des classes» dont on rappellera simplement que Marx et Engels n’ont fait que l’emprunter, avant de le complexifier et en réorienter le sens, à des historiens libéraux français de la Restauration (François Guizot, Augustin Thierry, Adolphe Thiers…), on sait que l’un des fondements de l’idéologie bourgeoise, au-delà de ses multiples facettes et variantes, est la négation pure et simple de l’existence des classes et de leurs luttes. On sait aussi qu’outre les penseurs clairement situés à droite, cette négation a été reprise dès la fin du XIXe siècle par une partie de ceux situés à gauche, d’obédience sociale-démocrate principalement. Parée d’atours «post-modernes », elle a ensuite connu un renouveau en France grâce à une cohorte d’intellectuels portés par le reflux de la révolution «libérale-libertaire» de mai 68 (Michel Foucault, Jacques Derrida, Gilles Deleuze, Félix Guattari…) qui, laissant aux caciques d’une «gauche de gouvernement» le soin d’aider l’idée socialiste à « faire son chemin », se sont dépensés sans compter à «déconstruire» toutes les voies théoriques qui lui auraient peut-être permis de devenir réalité. Rien de nouveau, donc, avec l’irruption d’une Chantal Mouffe au firmament de la pensée de gauche normalisée et normalisante.

Lire la suite en deux parties sur le site de la Librairie Tropiques

Les pervers peuvent également essayer d'écouter ce chef-d'oeuvre de cuistrerie particulièrement désopilant où Jean-Luc Mélenchon se propose de "créer un peuple" (apparemment limité à une fraction des classes moyennes, et espérant se retrouver face à Marine le Pen s'il passait le premier tour afinb de l'emporter sans besoin d'adhésion populaire, soit aucune différence avec les autres candidats !!!)

lundi 7 novembre 2016

Il reste la guerre...

J’ajouterais pour aussi faire bref, alors ceci: Dans le gouvernement Tsipras-III, y figurent deux membres du Think tank étasunien Levy Institut, Dimítris Papadimitríou, Président du “Levy Economics Institute of Bard College” et “Executive Vice President of Bard College” devient le nouveau ministre de l’Économie à Athènes, tandis que sa... compagne, Rania Antonopoulou du même Institut Levy, conserve toujours son poste ministériel (Ministre déléguée... à la lutte contre le chômage).

Aux contrées... moins périphériques de l’Empire, le personnel politique ainsi recruté, peut encore apparaître comme débarqué... de l’intérieur (Emmanuel Macron, banquier d'affaires chez les Rothschild par exemple).

De nos jours en réalité, il n’y a (pratiquement) plus de régime démocratique sur cette planète, et nous sommes introduits dans la phase d’une transformation imposée et sans doute radicale comme jamais, autrement-dit, sans retour possible, à défaut de réagir encore à temps.

Ce long cercle historique durant lequel l’Occident ayant paraphrasé les philosophes de l’Antiquité grecque pour ainsi s’offrir un emballage “démocratique” à la domination de son oligarchie a déjà pris fin, au détriment bien entendu de ce que les luttes des peuples ont pu faire... ainsi admettre, en termes de libertés, de justice sociale et de pratiques plus généralement ayant tendance à donner l’illusion que le progrès démocratique, comme le progrès tout court, serait de règle.

Nos oligarchies actuelles mondialisées utilisent encore pour l’instant les coquilles vides ainsi que le jargon... démocratiques, cela comme camouflage. Plus pour très longtemps d’ailleurs. Le financierisme mondialisateur a hâte d’imposer sa techno-féodalité à travers sa volonté de se maintenir comme étant l’unique “propriétaire” du système mondial, sans même... détenir de (vrais) capitaux en main. Car le financierisme actuel repose sur le factice de sa “recapitalisation continue”, le tout, en “avalant” les réalités (ainsi que les possibilités concrètes) dont ferait preuve l’immense majorité de tous ces autres devenus... “gênants” (bouffeurs d’énergie comme de ressources), avant de les exterminer d’une manière ou d’une autre.

Pour y arriver, il reste la guerre, à une échelle encore inégalée, issue nécessaire aussi parce que d’autres acteurs du monde actuel, les BRICS notamment, ne l’entendraient pas de la même oreille, d’où par exemple la diabolisation sans précédent de la Russie, et dans une moindre mesure de la Chine. Une guerre, et autant entreprise contre les sociétés (occidentales) en commençant (entre autres) par la destruction en cours de leur immense classe moyenne. Et dans cette guerre nous y sommes, la Grèce (de manière visible), depuis 2010 (aussi pour de raisons géopolitiques, et nous y reviendrons), et d’autres pays également, la société française par exemple le sera aussi nous semble-t-il... directement concernée dès 2017... et de manière plus que sensible.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou par sous le titre "Du Donbass... à Patras " sur son blog Greekcrisis

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