Musée de l'Europe et de l'Afrique

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mardi 24 mai 2016

Méditerranée : les batailles du gaz

petroleGrece.PNG cliquer sur l'image pour visualiser l'émission

Le dessous des cartes, Arte, 3 mai 2016 (1ère diffusion en mai 2014)

La récente découverte d’importants gisements de gaz en Méditerranée orientale attise les appétits des pays riverains et exacerbent les rivalités. Le Dessous des Cartes étudie cette semaine les conséquences politiques et économiques de ces découvertes, qui pourraient faire de la Méditerranée le nouvel Eldorado du gaz.

Les relations avec la Turquie se sont sérieusement dégradées depuis 2010, suite à l’incident de la Flottille de la Paix. Elle était partie de la Turquie en direction de Gaza, elle avait été interceptée par la Marine israélienne et au cours de l’attaque, neuf citoyens turcs avaient été tués. Israël a donc procédé à un retournement d’alliance et s’est tourné vers Chypre et la Grèce, ennemi historique de la Turquie. La découverte d’intérêts communs autour de l’énergie a poussé au rapprochement des trois États. D’autant plus que les découvertes d’hydrocarbures israéliens ont accéléré les prospections des fonds sous-marins des États voisins. Résultat : Chypre découvre en 2011 l’énorme gisement d’Aphrodite au Sud-est de l’île dont les premières poches devraient receler entre 100 et 150 milliards de mètres cubes de gaz naturel et possiblement du pétrole, soit près de 300 ans de consommation en gaz pour l’île de Chypre. Mais, l’île de Chypre est divisée en deux entités politiques qui se disputent le contrôle de l’île entière. Au Sud, la République de Chypre qui est membre de l’Union européenne, au Nord, la République turque de Chypre du Nord soutenue par la Turquie. Et les points de désaccord sont nombreux. La République turque de Chypre du Nord dénonce des explorations menées par la République de Chypre, la délimitation de ses frontières avec Israël, l’attribution des blocs d’Aphrodite à des compagnies américaines et israéliennes. En clair, elle lui reproche ce qu’elle considère comme une appropriation frauduleuse des ressources de l’île dans son ensemble. Bien, nous avons donc vu Israël, le Liban, la Palestine, Chypre, allons voir maintenant du côté de la Grèce. La Grèce également a engagé des prospections sous-marines fin 2011 et certaines estimations établissent que les réserves de la Mer Ionienne s’élèveraient à 22 milliards de barils de pétrole et 4 milliards pour les réserves du nord de la Mer Égée. De plus, une étude estime que les réserves de gaz de la Crète seraient de 4000 milliards de mètres cubes de gaz, pouvant générer un revenu de plus de 400 milliards d’euros pour l’État grec sur 25 ans, ce qui est tout de même assez avantageux pour un État à ce point endetté.

Et bien c’est là où les trois nouveaux alliés ont des intérêts communs : pour pouvoir pleinement exploiter leur potentiel énergétique et l’exporter, la Grèce, Chypre et Israël envisagent de mettre en place un gazoduc sous-marin qui partirait d’Israël, transiterait par Chypre et la Grèce en direction de l’Europe. Et ces nouvelles explorations et projet de gazoduc intéressent évidemment les puissances européennes car elles pourraient ainsi diversifier et sécuriser leurs approvisionnements énergétiques afin de limiter leur dépendance en gaz vis-à-vis de la Russie.

(Merci à Véronique Azémat pour la transcription)

La Grèce vient de céder aux "créanciers" (c'est à dire à l'impérialisme) ses réserves d'hydrocarbures présentes et futures pour 99 ans... (Note du Concierge)

Bonus

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dimanche 22 mai 2016

Fascism Inc.

FascismINC.jpg Cliquer sur l'image pour voir le film (activer les sous-titres en français)

Brèves histoires inconnues du passé, du présent et du futur du fascisme et de sa relation avec les intérêts économiques de chaque époque. Nous voyagerons de l’Italie de Mussolini à la Grèce pendant l’occupation nazie, la guerre civile et la dictature; et de l’Allemagne de Hitler au fascisme moderne en Grèce et en Europe.

Un film de Aris Chatzistefanou, Infowar Productions, 2014.

Le film est également téléchargeable gratuitement pour des projections, ici

Auteur également de : Catastroïka (2013) (à télécharger au format projection ici et à voir sur youtube)

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CATASTROIKA analyse les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, CATASTROIKA essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s΄applique à un pays sous surveillance économique

et

Debtocracy (2011) (à télécharger au format projection ici et à voir sur youtube)

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Debtocracy est un documentaire produit pour la première fois en Grèce par le public. Le film analyse les causes de la crise de la dette et propose des solutions jusqu’ici ignorées par le gouvernement et les médias. Aris Chatzistefanou et Katerina Kitidi interviewent des économistes, des journalistes et des intellectuels du monde entier, qui expliquent les étapes d’un processus qui a entrainé la Grèce dans la gouvernance par la dette. Le documentaire propose de suivre les expériences de pays comme l’Équateur qui a créé une commission d’audit de la dette.

Ces films constituent un travail militant mené quasiment en temps réel grâce à des souscriptions. Il est tout à fait inconséquent que les différentes "Nuits debout" ne les mettent pas au programme de leurs projections. L'histoire et le travail des militants, des chercheurs, et la résistance n'ont pas commencé un 31 mars, du passé, donc des causes, faisant table rase... (Note du Concierge)

Amplifier la mobilisation, faire respecter la démocratie

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Communiqué CGT-FO-Solidaires-FSU-UNEF-UNL-FIDL du 20 mai 2016

Après plus de deux mois de mobilisation des salarié-es, des jeunes, des privé-es d’emploi et des retraité-es, la mobilisation se poursuit et s’amplifie comme le montre cette journée du 19 mai.

Cette semaine, le développement d’actions, de grèves dans de nombreux secteurs et de blocages pour obtenir le retrait du projet de loi travail et l’obtention de nouveaux droits, montre que la détermination reste intacte. L’opinion publique reste massivement opposée à cette loi Travail et à l’utilisation autoritaire du 49.3 par le gouvernement.

Le gouvernement n’a pas d’autre issue que celle du dialogue avec les organisations qui luttent pour le retrait de ce projet de loi et pour être écoutées sur les revendications qu’elles portent. C’est pourquoi les organisations CGT, FO, FSU, Solidaires et les organisations de jeunesse, UNEF, UNL et FIDL en appellent solennellement au Président de la République.

Des secteurs professionnels sont engagés dans un mouvement de grève reconductible, d’autres vont entrer dans l’action. Les organisations appellent le 26 mai prochain à une journée nationale de grève, manifestations et actions.

Les organisations décident de renforcer l’action par une journée de grève interprofessionnelle avec manifestation nationale à Paris le 14 juin, au début des débats au Sénat. Elles appellent à multiplier d’ici là, sur tout le territoire, des mobilisations sous des formes diversifiées.

Elles décident également une grande votation dans les entreprises, les administrations et les lieux d’étude qui se déroulera dans les semaines à venir en parallèle au débat parlementaire afin de poursuivre avec les salarié-es et les jeunes les débats sur la loi Travail, obtenir le retrait de ce texte pour gagner de nouveaux droits permettant le développement d’emplois stables et de qualité.

La loi doit notamment préserver la hiérarchie des normes, élément protecteur pour tous et toutes les salarié-es.

Cette votation sera remise lors d’un nouveau temps fort qu’elles décideront prochainement.

Les organisations invitent leurs structures à poursuivre la tenue d’assemblées générales avec les salarié-es pour débattre des modalités d’actions, de la grève et de sa reconduction.

Elles se retrouveront rapidement pour assurer l’organisation et la réussite de ces mobilisations et initiatives.

"Nous ne revendiquons rien". Occuper Wall Street : un mouvement tombé amoureux de lui-même

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Extrait

La grande épopée fut pourtant de courte durée. Les campeurs ont été évacués deux mois après leur installation. Hormis quelques groupes résiduels ici et là, animés par des militants chevronnés, le mouvement OWS s’est désagrégé. La tempête médiatique qui s’était engouffrée dans les tentes de Zuccotti Park est repartie souffler ailleurs. Faisons une pause et comparons le bilan d’OWS avec celui de son vilain jumeau, le Tea Party, et du renouveau de la droite ultraréactionnaire dont celui-ci est le fer de lance. Grâce à ces bénévoles de la surenchère, le Parti républicain est redevenu majoritaire à la Chambre des représentants ; dans les législatures d’Etat, il a pris six cents sièges aux démocrates. Le Tea Party a même réussi à propulser l’un des siens, M. Paul Ryan, à la candidature pour la vice-présidence des États-Unis.

La question à laquelle les thuriféraires d’OWS consacrent des cogitations passionnées est la suivante : quelle est la formule magique qui a permis au mouvement de rencontrer un tel succès ? Or c’est la question diamétralement inverse qu’ils devraient se poser : pourquoi un tel échec ? Comment les efforts les plus louables en sont-ils venus à s’embourber dans le marécage de la glose académique et des postures antihiérarchiques ?

Les choses avaient pourtant commencé très fort. Dès les premiers jours d’occupation de Zuccotti Park, la cause d’OWS était devenue incroyablement populaire. De fait, comme le souligne Todd Gitlin, jamais depuis les années 1930 un thème progressiste n’avait autant fédéré la société américaine que la détestation de Wall Street. Les témoignages de sympathie pleuvaient par milliers, les chèques de soutien aussi, les gens faisaient la queue pour donner des livres et de la nourriture aux campeurs. Des célébrités vinrent se montrer à Zuccotti et les médias commencèrent à couvrir l’occupation avec une attention qu’ils n’accordent pas souvent aux mouvements sociaux estampillés de gauche.

Mais les commentateurs ont interprété à tort le soutien à la cause d’OWS comme un soutien à ses modalités d’action. Les tentes plantées dans le parc, la préparation de la tambouille pour des légions de campeurs, la recherche sans fin du consensus, les affrontements avec la police… voilà, aux yeux des exégètes, ce qui a fait la force et la singularité d’OWS ; voilà ce que le public a soif de connaître.

Ce qui se tramait à Wall Street, pendant ce temps-là, a suscité un intérêt moins vif. Dans Occupying Wall Street, un recueil de textes rédigés par des écrivains ayant participé au mouvement, la question des prêts bancaires usuraires n’apparaît qu’à titre de citation dans la bouche d’un policier. Et n’espérez pas découvrir comment les militants de Zuccotti comptaient contrarier le pouvoir des banques. Non parce que ce serait mission impossible, mais parce que la manière dont la campagne d’OWS est présentée dans ces ouvrages donne l’impression qu’elle n’avait rien d’autre à proposer que la construction de « communautés » dans l’espace public et l’exemple donné au genre humain par le noble refus d’élire des porte-parole.

Culte de la participation

Malheureusement, un tel programme ne suffit pas. Bâtir une culture de lutte démocratique est certes utile pour les cercles militants, mais ce n’est qu’un point de départ. OWS n’est jamais allé plus loin ; il n’a pas déclenché une grève, ni bloqué un centre de recrutement, ni même occupé le bureau d’un doyen d’université. Pour ses militants, la culture horizontale représente le stade suprême de la lutte : « Le processus est le message », entonnaient en chœur les protestataires.

On pourra objecter que la question de présenter ou non des revendications fut âprement débattue par les militants lorsqu’ils occupaient effectivement quelque chose. Mais, pour qui feuillette tous ces ouvrages un an plus tard, ce débat paraît d’un autre monde. Presque aucun ne s’est hasardé à reconnaître que le refus de formuler des propositions a constitué une grave erreur tactique. Au contraire, Occupying Wall Street, le compte rendu quasi officiel de l’aventure, assimile toute velléité programmatique à un fétiche conçu pour maintenir le peuple dans l’aliénation de la hiérarchie et de la servilité. Hedges ne dit pas autre chose lorsqu’il explique que « seules les élites dominantes et leurs relais médiatiques » exhortaient OWS à faire connaître ses demandes. Présenter des revendications serait admettre la légitimité de son adversaire, à savoir l’Etat américain et ses amis les banquiers. En somme, un mouvement de protestation qui ne formule aucune exigence serait le chef-d’œuvre ultime de la vertu démocratique…

D’où la contradiction fondamentale de cette campagne. De toute évidence, protester contre Wall Street en 2011 impliquait de protester aussi contre les tripatouillages financiers qui nous avaient précipités dans la grande récession ; contre le pouvoir politique qui avait sauvé les banques ; contre la pratique délirante des primes et des bonus qui avait métamorphosé les forces productives en tiroir-caisse pour les 1 % les plus riches. Toutes ces calamités tirent leur origine de la dérégulation et des baisses d’impôts — autrement dit, d’une philosophie de l’émancipation individuelle qui, au moins dans sa rhétorique, n’est pas contraire aux pratiques libertaires d’OWS.

Thomas Frank, janvier 2013

Lire l'intégralité de l'article dans Le Monde Diplomatique

RATP : grève illimitée à partir du 2 juin

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"Communism.com" : Le populisme de marché

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Les européens ont tendance à considérer les États-Unis comme une sorte de machine à fabriquer du rêve. Vous ne connaissez pas nos voitures. Vous ne savez pas à quoi ressemblent nos fermes et lorsque vous venez chez nous vous n’allez jamais à Detroit ou à Kansas City. En revanche, vous regardez nos films, vous écoutez notre musique et vous portez nos logos sur vos vêtements. C’est sans doute pour cela que vous pensez qu’il s’agit là de l’essentiel de la production américaine : des rêves, des hallucinations. Et vous avez raison...

Pourtant, la plus grande hallucination produite en Amérique, ce n’est pas le glamour hollywoodien. Non, c’est le populisme. L’Amérique fantasme complètement les conflits sociaux, la guerre de classes, le petit peuple se dressant contre ses ennemis. Depuis quarante ans nous sommes continuellement sommés de nous enrôler dans telle ou telle croisade contre les « élites ». De nous révolter contre les snobs, les millionnaires et diplômés prétentieux de Harvard qui affectionnent tant les théories littéraires françaises et passent leur temps à déconstruire tout ce qui peut leur tomber sous la main. Mais, malgré cette comédie longue de trente ans, les États-Unis pratiquent aujourd’hui la répartition des richesses la moins démocratique de tous les pays occidentaux. Et cela s’aggrave chaque année.

Thomas Frank (Texte établi d'après une conférence donnée au Cinéma Nova, Bruxelles, le 29 mars 2004)

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samedi 21 mai 2016

En plein mouvement social, la Commission européenne demande à la France d’être encore plus néolibérale

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Le 18 mai, à la veille d’une nouvelle journée de manifestations contre la loi travail, la Commission européenne publiait ses recommandations aux pays de l’Union européenne en matière d’économie. C’est ce qu’on appelle le “semestre européen”, un dispositif chargé depuis 2011 de surveiller les politiques économiques et budgétaires dans l’UE. Dans les faits, ces recommandations régulières de la Commission aux gouvernements des pays membres ont pour rôle de leur forcer la main pour réformer leur droit du travail. En février dernier, le semestre européen critiquait par exemple un marché du travail français jugé trop « rigide », dans lequel la protection contre les licenciements serait trop élevée.

À nouveau, les prescriptions de Bruxelles transmises mercredi ressemblent à s’en méprendre à un argumentaire du plus dogmatique des néolibéraux. « Dans le contexte actuel de chômage élevé, le coût du travail au salaire minimum risque de freiner l’emploi des personnes peu qualifiées, dit la Commission. Qui préconise de « veiller à ce que les réductions du coût du travail soient pérennisées et que les évolutions du salaire minimum soient compatibles avec la création d’emplois et la compétitivité ». Traduction : que le salaire minium n’augmente surtout pas.

Autre point sur lequel insiste la Commission, et qui est au centre de la loi travail : l’exigence de donner plus de libertés aux entreprises pour déroger aux accords de branches, qui protègent pourtant les salariés d’un rapport de force déséquilibré au sein d’un même secteur, et fixent le cadre – salaires, horaires, protections sociales... – dans lequel ils exercent leur métier. « Les réformes menées récemment n’ont donné aux employeurs que peu de possibilités pour déroger aux accords de branche. Cela concerne tous les aspects des conditions d’emploi, notamment les salaires, le temps de travail et les conditions de travail, et limite la capacité des entreprises à moduler leurs effectifs en fonction de leurs besoins », fait valoir la Commission. « Les dérogations aux accords de branche et aux dispositions juridiques générales sur les conditions d’emploi, par l’intermédiaire d’accords d’entreprise, pourraient être facilitées, en concertation avec les partenaires sociaux ». C’est justement ce que le gouvernement veut faire avec la nouvelle loi travail. Les recommandations de Bruxelles reprennent aussi textuellement l’argument selon lequel c’est la protection des salariés en CDI qui pénaliserait les précaire et les chômeurs… Sans expliquer par quel mécanisme une protection précarise...

Mais ce n’est pas tout. Le semestre européen demande aussi à la France d’ « entreprendre une réforme du système d’assurance-chômage afin d’en rétablir la viabilité budgétaire ». Et veut aussi que Paris réduise l’impôt sur les sociétés tout en augmentant la TVA. Rappelons que l’impôt sur les sociétés est prélevé sur les bénéfices d’une entreprise, tandis que la TVA pèse de la même manière sur tout le monde, que l’on soit salarié au Smic ou PDG millionnaire. Manuel Valls en fera-t-il son nouvel ordre de mission...

Reprise de Bastamag

Cauchemar en Grèce : dans l'indifférence NuitDeboutisée des peuples d'Europe, Tsipras remet le Trésor et les biens publics grecs entièrement entre les mains de la troika

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La police veille, le totalitarisme triomphe, la grammaire de la vie est ailleurs. Entre le jeudi 19 et le dimanche 22 mai, les “députés” SYRIZA/ANEL se penchent sur le nouveau texte, dit de la “poly-loi” cadre, dont la longueur dépasse les... 7500 pages, s’agissant (entre autres) de transférer le contrôle des recettes perçues par l’État Grec à l’étranger (Troïka), en plus de la privatisation partielle ou totale de pratiquement toutes les régies publiques (ports, aéroports, chemins de fer, eau potable, électricité...). Sans oublier enfin, le transfert de l’ensemble les biens de l’État (et à de rares exceptions près), dont les gisements (futurs) d’hydrocarbures, à une superstructure contrôlée par les dits “créanciers” et cela, pour une durée de 99 ans. Week-end grec suffisamment pluvieux pour un mois de mai, et dernier crime en date du... “pornographe” politique Alexis Tsipras, comme de toute sa clique d’arrivistes accrochés au pseudopouvoir dans cette ultime mascarade des “démocraties” occidentales avant disparition. Glaciation et... Tsiprosaures!

(...)

Le gouvernement néomémorandaire d’Alexis Tsipras se croit en ce moment légitime... légiférant sur l'indépendance désormais totale de l'Autorité chargée des recettes publiques. Dans le cadre du projet de loi, déposé sous l’ordre des “créanciers”, nous pouvons lire déjà en consultant son premier article, que “La nouvelle instance ainsi instaurée sous le nom d'Autorité indépendante des recettes publiques (AADE), a comme but, la reconnaissance, la certification et ainsi la compétence de percevoir l’ensemble des recettes publiques (taxes, impôts, douane) entrant dans ses compétences. Cette Autorité, jouit de son indépendance opérationnelle, de l'autonomie administrative et financière et ne peut pas être soumise au contrôle exercé par les organes des gouvernementaux, autorités de l’État ou autres autorités administratives”, la presse grecque en parle toute de même suffisamment.

Par la suite, le deuxième article, précise (sans doute pour ainsi... mieux comprendre) que “L'Autorité (AADE) exerce toutes les prérogatives du Secrétariat Général des Recettes Publiques”, sauf qu’elle “(...) n'est pas soumise au contrôle hiérarchique du ministre des Finances”, (article 5). Si ce projet de loi est adopté par les députés, cela signifie que le gouvernement grec n'a plus aucun rôle (régalien) à incarner... dans les recettes publiques, ni en termes de leur collecte, ni en ce qui concerne leur disposition. Par cette loi, le gouvernement grec s’auto-ridiculise, et il fournit par la même occasion... les clés du Trésor Public à Wolfgang Schäuble. Ce dernier... aurait d’ailleurs formulé des... désirs similaires vis-à-vis des mêmes... matérialités concernant le Trésor Public en France, les journalistes français devraient normalement nous éclairer davantage sur ce point, me semble-t-il.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre Pornographie politique sur son blog Greekcrisis

Je sens que ça vient

Le comité translucide a courageusement affronté la critique des masses populaires en sorte de faire cheminer ses idées du particulier au général. Un débat de haute tenue péripatéticienne a vu l'indécrottable réfractaire J-P.Garnier affronter : clercs universitaires, ex-maoïstes rationalistes, leninistes barbus, nuitdeboutistes, spontanéistes communards, libraires, voisins et amis pour une impeccable défense et illustration du marxisme-burlonisme. En prime quelques archives émouvantes et une présentation de l'ouvrage par son éditeur. (Présentation reprise du site de tropiques)

cavient.jpg Cliquer sur l'image pour visualiser le débat sur le site de la Librairie tropiques

Bonnes feuilles :

Changer les règles, changer les institutions ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Moi je maintiens que l’on appartient à la petite-bourgeoisie intellectuelle cad aux agents dominés de la domination, je reprends toujours une définition bourdivine, cad qu’en fait pour l’instant on ne voit pas les membres de notre classe remettre en cause le fonctionnement de Universités, le fonctionnement des règles. Faut pas déconner. j’ai passé quand même plusieurs décennies dans l’Université, j’ai jamais vu des gens qui remettaient en cause la fonction n°1 des universités, c’est celle de la reproduction des rapports de production, la division du travail etc. jamais personne. Aucun prof. Aucun prof ! Il y avait quelques profs anars bon ils en ont eu marre, ils sont partis eux-aussi faire les agriculteurs dans les périphéries ; mais sinon je n’ai jamais vu un prof remettre en cause la division du travail entre ceux qui pensent et ceux qui exécutent. La division du travail capitaliste sociale, je dis bien, pas technique, c’est quelque chose qui est sans arrêt reproduit particulièrement par l’Université. Les règles ne sont pas remises en cause. On veut simplement que ces règles-là soient un peu plus favorables...

Alors je ne suis pas du tout d’accord (...)... le salariat. Le rapport salarial. Ça pour moi, c’est une fumisterie. Il y a des salariés qui sont haut de gamme, qui sont presque des capitalistes, qui commandent, qui dirigent... Moi, il y a un mot qui a disparu et que je persiste à utiliser, c’est le mot prolétariat, cad des ouvriers et des employés d’exécution. Les salariés... si c’est un prof de rang A dans une fac, on sait ce que c’est... Il n’y a pas plus conservateur. J’en ai fréquenté toute ma vie. Et j’ai vu ce qu’ils valaient. En terme d’offensive, contre les instituts, rien du tout. Ils essaient de se caser, ils ont des plans de carrières, les projets de société ils n’en ont rien à foutre. Fallait voir... En plus, quand je suis arrivé, en plus je suis arrivé à un moment où ça bougeait un peu dans les Facs. 1971. Toulouse Le Mirail. Fallait voir. Je les avais vus à Cuba, la Révolution, machin... Je les ai vus... Ils étaient tous en train de savoir bon, qui est-ce qui veut occuper ce poste etc. Ils n’ont pas du tout... On était les seuls... On était trois profs uniquement seulement sur la Fac, contre les lois Debré de réforme universitaire, à foutre la merde. La vraie merde, hein ! Empêcher les examens, par exemple. Pour prendre un exemple, bon à l’époque, on construisait le Mirail – il est détruit maintenant – l’Université du Mirail, y’avait deux chevaux en train de brouter... On a amené un cheval et on l’a amené dans une salle d’agreg où il y avait un prof qui ne faisait pas grève, qui était du PC. Et évidemment il y avait 300 à 400 étudiants... Mais les profs ce sont des lâches et des arrivistes... Ils sont modelés pour reproduire la société... Faut pas... C’est quand ils ont le dos au mur qu’ils deviennent... Et j’en viens à Lénine. L’intelligentsia russe...

Effectivement, Radek, Boukharine... on va pas faire la liste... c’étaient tous des intellectuels. Mais c’était des intellectuels sous un régime tsariste. Alors le régime tsariste, il fallait voir ce que c’était... Il fallait voir aussi que ça bougeait beaucoup les soviets et tout le bazar, 1905. Ce sont des gens qui ont su être traîtres à leur classe. Traîtres à leur classe. Qui se désolidarisent de leur classe. Moi, je ne me suis jamais solidarisé avec ma classe. Je suis un petit-bourgeois intellectuel. J’ai été payé et je suis toujours payé, avec la retraite, par l’État. Mais je n’ai jamais été solidaire au point de nier, de fonctionner dans le déni sur le fait que tant qu’on ne fout pas la merde dans les institutions... pas pour les améliorer au service de la n-ième réforme, on n’arrête pas d’avoir des réformes en France, n-ième règle du jeu... le jeu, faut le casser. C’est pas de faire des règles du jeu pour faire plaisir aux réformateurs ou plutôt... aux réformateurs, hein, ceux qui veulent donc... Qu’est ce qu’il a dit l’autre ? Todd... apprivoiser le capitalisme. Moi je pense que face au capitalisme redevenu sauvage, il ne faut pas l’apprivoiser... il faut lui faire peur. Mais lui faire peur pas au sens Lordonesque du terme, hein !

Note du Concierge:

Sur la "Divergence des luttes" avec les universitaires, on lira en complément une étude de terrain du laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein qui ambitionne de passer du particulier au général (s'agissant d'un "terrain de lutte", des noms sont cités, mais le lecteur n'aura qu'à les changer sur son propre terrain pour prendre conscience qu'il s'agit bien là d'un rapport de classes et de production, et non d'une critique moraliste de type "indignés".)

Nouvelles réponses à l'Adresse aux Parlementaires ayant signé une motion de gauche

Lire l'adresse aux parlementaires

Par ordre d'apparition

Les réponses des députés sont précédées de nos réponses aux réponses

Mme Danielle Auroi

Puy-de-Dôme (3e circonscription) - EELV désormais non-inscrite suite à l'explosion de son groupe parlementaire

N'a pas voté la motion de censure

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Chère Madame,

nous vous remercions de votre réponse.

Vous écrivez : "Le texte de la motion de censure présenté par le groupe Les Républicains est en totale contradiction avec les valeurs écologistes et humanistes que j’ai toujours portées à travers mon action parlementaire et citoyenne. Il préconise entre autres plus de flexibilité pour les entreprises, une plus grande facilité de licenciement et la réduction des dépenses publiques.

C’est pourquoi je n’ai pas pu me résoudre à voter ce texte."

Nous sommes au regret de vous informer qu'il s'agit là d'un grossier sophisme. Faire chuter le gouvernement Valls-Macron, le plus à l'extrême-droite depuis 1944, est une nécessité historique. Le préambule de la motion n'a pas plus de valeur législative qu'une profession de foi du candidat Hollande.

Nous ne comprenons pas, par ailleurs, ce que vous entendez par "action parlementaire et citoyenne". Dans un régime parlementaire qui fonctionne, l'action parlementaire consiste à contrôler un gouvernement qui n'a pas de mandat pour violer les droits les plus sacrés de la population.

Il s'agit tout simplement d'équilibre des pouvoirs.

En refusant de faire tomber le gouvernement, vous permettez l'adoption de la loi El-Khomri et trahissez votre mandat, au même titre que le Président de la République.

Une motion de censure devrait à nouveau être déposée lorsque le texte reviendra à l'Assemblée nationale.

Quelle soit de droite ou de gauche, si vous ne la votiez pas, notre association militera activement pour s'opposer à tout nouveau mandat que vous réclameriez à l'avenir aux électeurs.

Très cordialement,

pour le Musée de l'Europe & de l'Afrique

En réponse à

Madame, Monsieur,

Dernièrement, vous avez été nombreuses et nombreux à m’interpeller sur l’initiative du Premier Ministre d’utiliser le recours à l’article 49.3 de la constitution pour faire adopter le projet de loi travail en première lecture à l’Assemblée nationale.

Je partage vos préoccupations sur ce texte de loi régressif, rejeté par 71% des Françaises et des Français, qui n’institue pas de nouvelles protections pour les actifs, mais seulement plus de libertés pour les entreprises.

Je partage également votre indignation quant au passage en force du Gouvernement dédaignant ainsi le débat démocratique et le travail parlementaire.

Notre pays et sa représentation nationale méritaient un vrai débat sur cette réforme : nous écologistes avons d’ailleurs fait le choix par voie d’amendements de proposer un autre code du travail du XXIème siècle.

Comme vous le savez, nous avons également fait tout notre possible pour que soit déposée une motion de censure écologiste et des gauches pour une alternative progressiste. Malheureusement, nous n’avons pas réussi à réunir le nombre suffisant des 58 signatures dans le délai imparti afin qu’elle puisse être déposée.

Le texte de la motion de censure présenté par le groupe Les Républicains est en totale contradiction avec les valeurs écologistes et humanistes que j’ai toujours portées à travers mon action parlementaire et citoyenne. Il préconise entre autres plus de flexibilité pour les entreprises, une plus grande facilité de licenciement et la réduction des dépenses publiques.

C’est pourquoi je n’ai pas pu me résoudre à voter ce texte.

Mais je reste plus que jamais mobilisée pour le retrait de la loi travail.

Le combat n’est pas perdu. En initiant un projet de motion de censure de gauche, nous avons posé collectivement les bases d’une véritable refondation de la gauche et des écologistes, porteuse d’espoir. Une alternative progressiste crédible est en marche.

Je m’engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir afin de réunir les signatures nécessaires pour déposer une nouvelle motion de censure écologiste et de gauche en seconde lecture.

Je vous invite à retrouver le texte de cette proposition de motion dans le communiqué de presse du groupe écologiste du 11 mai dernier sur mon blog : http://danielleauroi.fr/?p=11051

Nous avons par ailleurs déposé avec certains de mes collègues et à l’initiative d’Isabelle Attard, députée écologiste du Calvados, une proposition de loi élaborée par le groupe d’universitaires GR-Pact (Groupe de recherche pour un autre Code du travail), visant à protéger et équilibrer le temps de travail que vous pouvez consulter ici : http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/propositions/pion3700.pdf.

En vous remerciant de votre implication et de votre mobilisation citoyenne, je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, mes cordiales salutations.

Danielle Auroi

Députée du Puy-de-Dôme

Présidente de la commission des Affaires européennes

http://danielleauroi.fr/


M. Pouria Amirshahi

Député des Français de l’étranger (Maghreb/Afrique de l’Ouest). Démissionnaire du Parti socilaiste

A voté la motion de censure (contrairement à ce que nous avions indiqué par erreur)

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Cher Monsieur,

Nous vous remercions de votre réponse et de votre vote de censure du gouvernement Valls-Macron.

Nous avions publié une analyse du scrutin et indiqué par erreur que vous ne l'aviez pas votée. Cette erreur a été corrigée et très clairement signalée.

Nous vous présentons toutes nos excuses.

Très cordialement,

pour le Musée de l'Europe & de l'Afrique

le Concierge

En réponse à

Bonjour,

Je vous remercie vivement pour votre message dont j’accuse bonne réception.

Je reste en effet fermement opposé à ce projet de loi qui constitue une régression majeure. En inversant la hiérarchie des normes et en s’attaquant au principe de faveur, le texte détricote notre droit du travail au profit de toujours plus de précarité, d’incertitudes et d’insécurité pour les salariés.

Pour ces raisons, j’ai donc contribué à initier le dépôt d’une motion de censure des gauches et des écologistes contre le projet de loi travail, à la suite de la décision du gouvernement d’user de l’article 49-3. Celle-ci n’a malheureusement pas recueilli suffisamment de signatures pour pouvoir être déposée. J’ai malgré tout voté la censure qui avait été déposée car c’est le seul moyen d’empêcher l’adoption d’un texte néfaste.

Vous trouverez pour information sur mon site Internet ma tribune « L’évidente censure » publiée dans Le Monde, du mercredi 11 mai 2016 suite à la décision du gouvernement d’user de l’article 49-3 pour le projet de loi Travail : http://www.pouriaamirshahi.fr/2016/05/12/levidente-censure/.

J’en profite pour partager avec vous ces quelques articles qui pourront vous intéresser :

- mes interventions sur le projet de loi travail, avant que l’examen du texte ne soit interrompu par le 49-3 : http://www.pouriaamirshahi.fr/2016/05/04/oui-le-travail-est-une-question-autant-sociale-que-democratique/ et www.pouriaamirshahi.fr/2016/05/10/loi-travail-debut-des-debats-en-seance/.

- l’ensemble des amendements que j’ai déposés sur ce projet de loi : http://www.pouriaamirshahi.fr/2016/04/29/examen-par-lassemblee-nationale-du-projet-de-loi-travail/.

Bien cordialement.

Pouria Amirshahi

Député des Français de l’étranger (Maghreb/Afrique de l’Ouest) +33 1 40 63 06 09-59 pamirshahi@assemblee-nationale.fr www.pouriaamirshahi.fr

« Le personnel hospitalier est précipité dans une situation de pays du tiers-monde »

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Des chiffres apocalyptiques

La crise sanitaire qui se propage en Grèce est endémique :

Augmentation de la mortalité infantile de 51%, des petits poids à la naissance de 16%, de la mortalité néonatale de 32% (2008-2011) – soit un doublement en chiffre absolu ;

Diminution de plusieurs couvertures vaccinales (d’où éviction scolaire) ;

Augmentation des hospitalisations dans les hôpitaux publics de 37% (2009-2011) ;

Diminution de 50% des dépenses totales du Ministère de la santé depuis 2008 ;

Instauration d’un ticket modérateur pour soins ambulatoires en hôpital précédemment gratuits (2011) ;

25% des Grecs n’ont plus de couverture santé ;

La crise sociale augure d’une crise sanitaire sans précédent :

Taux pauvreté infantile: de 23% à 41% (entre 2008 et 2011) ;

En quatre ans, augmentation du taux de suicide de 45 % ;

2,5 millions de Grecs vivent sous le seuil de pauvreté ;

Taux chômage (mars 2015): 25% (stop des indemnités et de la couverture maladie après maximum 12 mois) ;

28% des Grecs vivent dans des logements surpeuplés ;

30% disent ne plus pouvoir se chauffer en hiver ;

Chiffres repris de UrgencesGrece.eu

Alors que les coupes budgétaires imposées ces dernières années ont fait voler en éclats le système de santé grec, l'Université libre de Bruxelles lance une campagne pour exiger une sanctuarisation du budget de la santé auprès des autorités européennes.

« Ce que j’ai vu à Thessalonique était effrayant, je ne m’attendais pas à trouver un système de santé dans un tel état de déliquescence. »

La voix du Pr Yvon Englert, chef du service de gynéco-obs à l’hôpital Érasme de Bruxelles, est calme et posée, mais son indignation est palpable. Parti récemment en mission d’observation dans trois hôpitaux publics de Thessalonique, la grande ville universitaire grecque, il en est revenu, selon ses propres termes, « atterré » par la situation.

« Toutes les semaines, les directeurs des hôpitaux réunissent les chefs de service et, en fonction du budget disponible, décident des soins qu’ils ne délivreront plus », rapporte Yvon Englert. Les caisses d’assurance maladie, en déficit structurel, ne remboursent plus les actes qu’au lance-pierre. Privés de recette, les hôpitaux publics ont accumulé des dettes pouvant atteindre plusieurs millions d’euros.

Des soignants exténués

« Quand j’étais à Thessalonique, toutes les interventions programmées nécessitant une banque du sang ont été suspendues pendant trois jours », relate le médecin belge. « Il n’y avait plus de réactifs pour tester les lots pour l’hépatite et le sida ». Devant la pénurie de médicaments et de consommables chirurgicaux, les patients se trouvent souvent contraints d’acheter eux-mêmes le matériel. Pour ceux qui en ont les moyens.

Quant aux médecins et paramédicaux, ils sont, comme de juste, aux premières loges. « Le personnel hospitalier est précipité dans une situation de pays du tiers-monde sans y être préparé, ils sont dans un état de stress et de dépression très fort », confie Yvon Englert. « Ils vous expliquent les larmes aux yeux leur situation et leur sentiment d’être abandonné par tout le monde. »

Une austérité jamais vue

Depuis 2009, la crise de la dette grecque s’auto-entretient au fil d’une imposante série de plans d’austérité adoptés sous la pression des marchés financiers et de la Troïka (Commission européenne, BCE, FMI). En quelques années, la Grèce a vu tous ses indicateurs de santé publique tourner au rouge vif : la mortalité infantile a augmenté de 50 %, tandis qu’un quart des Grecs sont désormais sans couverture santé. Quant au budget de la Santé, il a été ponctionné de moitié depuis la crise.

Ancien doyen de médecine et futur recteur de l’Université libre de Bruxelles (ULB), le Pr Englert a donc initié la campagne de communication Urgences Grèce, en collaboration avec Médecins du monde et la Fondation CHU Saint-Pierre. Au-delà de trois projets d’aide et de coopération, concrets mais presque dérisoires devant l’ampleur de la crise, la campagne vise surtout à faire pression sur les autorités européennes.

Sauver ce qui peut l’être

« Ce que nous exigeons des autorités européennes et des pays membres, c’est qu’ils immunisent le budget de la santé à un niveau pré-crise », explique Yvon Englert, reprenant les termes de la pétition, baptisée « Stop au Grexit médical ». « L’accès aux soins de santé est une valeur européenne fondamentale, et il n’est pas acceptable que les pays de l’Union soient acteurs de sa destruction. »

Encore peu médiatisée en France, la campagne Urgences Grèce a vocation à prendre de l’ampleur à la rentrée, en entraînant dans son sillage les autres grandes facs européennes. Prise dans une spirale déflationniste, la Grèce est, de l’aveu général, incapable de rembourser sa dette, dont la prochaine échéance est prévue en juillet. Les négociations sont en cours à Bruxelles. À défaut des cris d’alarme des médecins grecs, la capitale européenne saura-t-elle écouter ceux de ses propres universitaires ?

Source : Crise sanitaire en Grèce : l’Europe face à ses responsabilités, What's up Doc ?, Le magazine des jeunes médecins

vendredi 20 mai 2016

Haute Trahison : Hollande demande l'abolition de l'ordre juridique interne au profit des investisseurs transfrontaliers

nonpaper.PNG Cliquer sur l'image pour accéder à ce "non-papier"

Une nouvelle fuite révèle que cinq États membres de l'UE proposent d'introduire le règlement des différends investisseur-État pour tous les investissements transfrontaliers au sein de l'UE.

Le réseau Seattle to Brussels condamne fermement la scandaleuse offensive menée par l'Autriche, la Finlande, la France, l'Allemagne et les Pays-Bas contre l’ordre juridique interne européen, nouvel exemple de la volonté de sacrifier la démocratie et les droits des citoyens aux intérêts des entreprises.

Les gouvernements de l'Autriche, la France, la Finlande, l'Allemagne et les Pays-Bas proposent d'institutionnaliser le fameux «règlement des différends État-investisseur» (ISDS) - rejeté par des millions de citoyens européens par des pétitions en ligne et une consultation officielle sur le TTIP par la Commission européenne à l’échelle de l’UE [1].

La proposition a été déposée le 7 Avril 2016 par les représentants des 5 pays (Allemagne, Autriche, France, Finlande, Allemagne et aux Pays-Bas, appelés ici les AFFGN) devant le Comité de la politique commerciale de l'UE, qui traite de la politique commerciale extérieure de l'UE. Dans ce qui semble être une action concertée, la proposition a été suivie par la publication d'un appel similaire par l'association des entreprises Business-Europe le 14 Avril.

Le document divulgué fait référence à une réunion technique informelle entre les États-membres qui a eu lieu le 1er Octobre 2015 et proposait une réunion ultérieure pour discuter de façon plus approfondie de cette proposition qui n’existait alors pas officiellement. Les AFFGN proposaient également de participer à la rédaction d'un texte juridique reflétant leurs propositions.

La proposition a été faite dans le cadre des procédures d'infraction engagées par la Commission européenne (CE) pour mettre fin à des traités bilatéraux d'investissement entre les États-membres de l'UE anciens et nouveaux. Ces traités intra-UE bilatéraux d'investissement (TBI) ont été signés entre les pays d'Europe occidentale et d'Europe centrale et orientale après l'effondrement des régimes communistes, et ont été maintenus après que ces derniers ont rejoint l'UE.

La CE a soutenu que ces TBI sont en contradiction avec le droit communautaire, créent une discrimination entre les États-membres et les acteurs économiques et qu’il faut y mettre fin. Mais n’ayant pas réussi à faire respecter ces traités, les investisseurs dans les États-membres ont attaqué les politiques des autres gouvernements de l'UE plus d'une centaine de fois.

Les TBI intra-UE donnent aux investisseurs de l'UE le droit de poursuivre les gouvernements des pays de l'UE où ils ont des investissements devant les cours d'arbitrage international pour réclamer des compensations pour toute politique sociale, environnementale, de santé ou autre qui léseraient leurs intérêts. (Ces TBI) perturbent le marché intérieur, créent une discrimination entre les citoyens et les investisseurs nationaux et minent la prise de décision démocratique et la marge politique nécessaire pour la mise en place d’un développement durable[2].

Au lieu d'y mettre fin cependant, les AFFGN proposent maintenant que les TBI intra-UE soient remplacés par un accord intra-UE d'investissement élargissant considérablement les privilèges des investisseurs dans toute l'UE (une grande partie des investissements intra-UE ne sont pas couverts par les BITS intra-UE existant entre les États-membres anciens et nouveaux). Cela conduirait à la multiplication et même à une explosion de l’arbitrage investisseur-État qui dissuadera les gouvernements de prendre des mesures dans l'intérêt du développement durable, et les forcera à compenser avec l'argent des contribuables des mesures parfaitement légales et prises démocratiquement.

Dans leur proposition, les 5 pays déclarent:

- Que les investisseurs transfrontaliers ont besoin de plus de protection que leurs propres citoyens, les investisseurs et les entreprises nationales Que le système d'arbitrage protégera mieux les investisseurs que leur propre système juridique interne

- Que les investisseurs transfrontaliers doivent bénéficier de privilèges judiciaires pour contester les mesures parfaitement légales prises par leurs instances démocratiquement élues aux frais des contribuables

- Que leur proposition est nécessaire pour soutenir la position de l'UE dans les négociations sur le commerce extérieur et que cela l'emporte sur la nécessité de préserver la même règle de droit pour tous les citoyens de l'UE et l’égalité des droits de ceux-ci

Les droits et privilèges accordés aux investisseurs dans les TBI et dans l’«accord d'investissement intra-UE" que les 5 pays proposent:

- discriminent les citoyens et les investisseurs nationaux

- sont fondés sur des principes beaucoup plus vagues que dans les législations nationales qui peuvent être interprétés largement par des arbitres beaucoup moins responsables et indépendants que les juges des tribunaux nationaux,

- servent plus les intérêts des entreprises que l'intérêt public

- mineront la marge politique et la prise de décision démocratique dans toute l'UE

- feront payer les contribuables pour les intérêts des entreprises.

Il est sans précédent que les AFFGN proposent un traité multilatéral entre les États-membres sans impliquer les institutions de l'UE (y compris le Parlement européen). En outre, cette proposition - qui semble avoir été rédigée en concertation avec Business-Europe - est présenté par 5 pays devant un comité de l'UE traitant de la politique du commerce extérieur alors qu’elle porte sur des questions intérieures à l'UE, commerce et investissement intracommunautaire et droit interne de l'UE, démocratie et procédure judiciaire.

Les intérêts commerciaux auraient-ils fini par prendre complètement le contrôle de l'UE?

La question se pose[3]

Traduction de "Shameless attempt to quietly institutionalise ISDS throughout Europe", 18 mai 2016

Pour plus de détails et de commentaires sur la proposition des AFFGN voir la note en annexe: «The AFFGN non-paper »

Notes

[1] sur ces pseudos-consultations lire Consultations et Courroies de transmission NDT

[2] Sur la novlangue du développement durable, lire Le développement durable, une pollution mentale au service de l'industrie NDT

[3] Les alter-européens vont-ils enfin cesser de se la poser ? la question se pose. (Note du Concierge).

Il y a 20 ans : Discours aux cheminots grévistes, Paris, Gare de Lyon, 12 décembre 1995

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Cheminots, postiers, enseignants, employés des services publics, étudiants, et tant d'autres, activement ou passivement engagés dans le mouvement, ont posé, par leurs manifestations, par leurs déclarations, par les réflexions innombrables qu'ils ont déclenchées et que le couvercle médiatique s'efforce en vain d'étouffer, des problèmes tout à fait fondamentaux, trop importants pour être laissés à des technocrates aussi suffisants qu'insuffisants : comment restituer aux premiers intéressés, c'est-à-dire à chacun de nous, la définition éclairée et raisonnable de l'avenir des services publics, la santé, l'éducation, les transports, etc.

Lire la suite...

Charte d'Amiens

LordonAmiens.gif Amiens, le Samedi 12 Mars 2016 : « La loi El Khomri, c’est presque le prétexte. C’est presque subalterne » (cliquer sur l'image pour visualiser l'ensemble de l'intervention)

Le CONGRES CONFÉDÉRAL D'AMIENS confirme l'article 2, constitutif de la C.G.T.

" La C.G.T. groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat..."

Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classes qui oppose, sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes d'exploitation et d'oppression tant matérielle que morale, mises en œuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière.

Le congrès précise sur les points suivants cette affirmation théorique:

- Dans l’œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, L’accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d'améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l'augmentation des salaires, etc...

Mais cette besogne n'est qu'un côté de l’œuvre du syndicalisme; il prépare, l'émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste; il préconise comme moyen d'action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd'hui groupement de résistance, sera, dans l'avenir. le groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale.

Le Congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et d'avenir, découle de la situation des salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait à tous les travailleurs quelles que soient leurs tendances politiques ou philosophiques un devoir d'appartenir au groupement essentiel qu'est le syndicat;

Comme conséquence, en ce qui concerne les individus, le Congrès affirme l'entière liberté, pour le syndiqué, de participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu'il professe au dehors;

En ce qui concerne les organisations, le Congrès décide qu'afin que le syndicalisme atteigne son maximum d'effet, I'action économique doit s'exercer directement contre le patronat, les organisations confédérées n'ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes qui en dehors et à côté, peuvent poursuivre, en toute liberté la transformation sociale.

Congrès des 8 -14 Octobre 1906

(texte adopté par 830 voix contre 8 et 1 blanc)

jeudi 19 mai 2016

La loi El Khomri version cheminots

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Repris du blog de Canaille le Rouge

Journée de mobilisation, grève et blocage ce matin, jeudi 19 mai

Amiens: Blocage total de l'entrée Est Amiens. Camions arrêtés et pneus brûlés.

Dunkerque: Deux dépôts pétrolier bloqués.

Valenciennes: Raffinerie bloquée à Douchy-les-Mines.

Boulogne-sur-mer: Des chauffeurs routiers ont installé des barrages filtrants aux entrées de la ville.

Béthune : La zone industrielle Washington à Béthune est bloquée par des manifestants.

Le Havre: 26 points de blocage pour paralyser l'agglo ! Les dockers bloquent le port. Les agents portuaires bloquent les entrées du centre-ville. Les deux principales raffineries de Normandie, Total et Exxon près du Havre, sont bloquées.

Rouen: Le terminal pétrolier Rubis au Grand-Quevilly est bloqué.

Rennes: à 7h des manifestants contre la loi travail bloquent la circulation vers la voie rapide en direction d'Angers. L'entrée du dépôt de carburant Total de Vern-sur-Seiche est bloqué ainsi que le rond point situé avant la voie permettant d'y accéder.

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Saint-Nazaire: les accès à la raffinerie de Donges et au port sont à nouveau bloqués.

Cherbourg : Le centre-ville est totalement bloqué, avec plusieurs barrages en place.

Paris, 93 : A 7h, blocage des établissements Dubrac à Saint-Denis (AG Interpro Saint-Denis).

Paris, 77: La raffinerie de Grandpuits est en grève.

Reims: action de blocage du TGV ce matin à la gare.

Clermont: Le dépôt de carburant de Cournon bloqué (par la CGT et Nuit Debout).

Bordeaux: Gros blocage de la Zone Artisanale de Pot au pin à Cestas (Aldi, XPO carrefour, C Discourt, La poste, Montané, Benard Magret Grand Vin, Peugeot).

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Toulouse: L’accès à l’aéroport de Blagnac à Toulouse a été bloqué ce matin.

Bayonne: Des manifestants bloquent les entrées du centre de fret de Mouguerre.

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Perpignan: Routiers et étudiants, manifestent sur la rocade Saint-Charles à Perpignan et bloquent le péage de Perpignan Sud.

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Marseille: A 5h du matin, blocage de la Zone Industrielle des Estroublans de Vitrolles avec les collectifs de lutte convergents ( syndiqués, nuit debout, intermittents et précaires).

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Autour de l’étang de Berre, près de Marseille, les raffineries sont en grève tournante.

Et aussi le mercredi 18 mai:

Rennes: Les abords du dépôt pétrolier de Vern bloqués.

Paris: Blocage de la gare Saint-Lazare.

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Grenoble: Occupation du Medef.

Meeting On bloque Tout à la Bourse du Travail près de la Place de la République : personne, pas de périscope, radio debout ne relaie pas

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Lycée Rostand en grève

Communiqué du vendredi 13 mai

Grève le jeudi 19 mai et appel à rassemblement à 9h devant le Conseil régional !

L'Assemblée générale des personnels grévistes du lycée Jean Rostand a reçu aujourd'hui un courrier de la région qu'elle juge insatisfaisant quant aux créations de postes et à l'avenir de nos collègues en Contrat Unique d'Insertion (CUI). Un seul poste a été créé et un autre transformé, alors que les personnels demandent la création de quatre postes, c'est à dire l'équivalent de ce qui existe en CUI. En ce qui concerne ces personnels, la région ne s'engage qu'à les recevoir, sans statuer sur leur avenir professionnel. Pour cette raison nous reconduirons la grève le jeudi 19 mai et nous nous présenterons devant le Conseil régional pour continuer à faire entendre nos revendications et obtenir satisfaction.

Nous appelons par ailleurs tous les personnels agents de lycée de la région Ile de France à rejoindre le rassemblement devant le Conseil régional jeudi 19 mai à 9h, place Tardieu, pour le réemploi et la titularisation des CUI et la création des postes nécessaires à de meilleures conditions de travail. Nous rejoindrons ensuite le cortège des manifestants contre la loi travail, pour converger dans les luttes !

Site Facebook

Pétition à signer

Attention ! Le site change.org est une socété américaine qui monnaye désormais le relais de la pétition vers des signataires profilés par le marketing. Il s'agit ni plus ni moins du "marché de la démocratie" appelé à légitimer "l'économie de marché" via l'e-économie des réseaux sociaux, c'est à dire de la Fabrique du Consentement issue de la révolution numérique. On ne croit plus au vote, mais on croit au clic et au "J'aime"... Et une boite américaine transforme cette illusion de militantisme et de politique en... pognon !

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49.3 et culture du narcissisme

Sous bénéfice d'inventaire, l'utilisation du 49.3 dans le cadre de l'adoption de la loi El-Khomri a généré trois textes dont une seule pétition. Aucun de ces textes ne demande aux Députés de voter la censure quelle qu'elle soit ; un seul s'adresse aux Députés sous forme de pétition mais pour demander à la droite et à la gauche de se mettre "ensemble" pour signer une motion commune dont la menace permettrait le rejet de la loi travail "sans crise politique majeure" (il s'agit apparemment d'une initiative individuelle).

Le premier texte émane de "Nuit Debout" et "censure" le gouvernement. Bref, il s'agit d'un selfie de plus ne faisant même pas semblant de rechercher la moindre effectivité, ne parlons pas des moyens d'empêcher l'adoption de la loi via la censure du gouvernement. Confusion classique de "la cause" et "la pause" par ceux et celles qui "ne revendiquent rien".

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Le second texte émane notamment de Caroline De Haas, initiatrice de la pétition initiale "Loi El-Khomri, non merci" qui avait réuni 1 331 268 signatures (et les organisateurs possèdent donc le fichier des signataires).

Il s'agit en fait d'une motion, tout comme le texte de Nuit Debout, d'une affirmation dépourvue d'effectivité puisqu'il s'agit d'une "motion de censure citoyenne", ce qui n'a pas de réalité institutionnelle. Là aussi les signataires ne "revendiquent rien".

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Innovation par rapport à la pétition "Non, merci", elle met en avant "150 personnalités" que le "citoyen" infantilisé est invité à rejoindre.

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A ce stade, il est donc bon d'exposer le profil politique de Caroline De Haas (également co-signataire d'un texte de soutien aussi neuneu que distant à Nuit Debout paru dans le Monde.)

Mouvement des Jeunes Socialistes puis PS, porte-parole de Benoît Hamon, cette "personnalité" co-fondatrice d'Osons le Féminisme, association spontex, entre au cabinet de Najat Vallaud Belkacem (ministre des droits de la femme) après l'élection de Hollande où elle est chargée des relations avec les associations (un passage très rapide d'une association féministe au Ministère des droits de la femme, donc. Tout comparaison avec SOS Racisme et Ni Putes Ni Soumises serait évidemment inconvenante mais néanmoins sociologiquement juste.). Elle quitte le PS en avril 2014 et sa liste « Féministes pour une Europe solidaire » obtient 0,29% aux élection européennes en Ile-de-France. En janvier 2016, elle lance avec Elliot Lepers et Arnauld Champremier-Trigano la campagne "Pour une primaire à gauche".

Ce pedigree suggère que les luttes ne sont jamais aussi bien structurellement trahies que par ceux et celles qui dégainent les premiers lorsqu'une vague de contestation se forme pour y associer leur nom et être propulsé par la vague d'Hosukaï vers des hauteurs institutionnelles (un rapport horizontalité/verticalité pas si mal décrit par Frédéric Lordon dans Imperium, mais que la sagesse populaire appelle "opportunisme", ce qui est quand même plus facile à comprendre.)

Les signataires sont représentés par la photo de leur profil facebook (biais par lequel on signe la pétition) et on accède à leur nom en passant la souris dessus.

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Le troisième texte, et seule pétition, semble une initiative personnelle. Il a le mérite de revendiquer quelque chose, malheureusement totalement farfelu, que des députés de gauche et de droite s'entendent sur un texte de censure commun (en supposant que la droite est contre la loi !), et encore seulement pour obliger le gouvernement à retirer le texte pour éviter la censure et "une crise institutionnelle".

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Il y a là certainement de quoi désespérer Billancourt...

Une chose semble sûre : la fraction de classe moyenne qui s'agite médiatiquement autour de la loi El-Khomri n'a aucune détermination à empêcher qu'elle soit adoptée. Face à un gouvernement, si ce n'est un "Régime" comme on dit des Républiques bananières, véritablement à bout de souffle, c'est l'occasion de s'iconifier et de prendre position sur les barricades médiatiques. Et de constituer des bases de données sous forme de pétitions et de motions (ce qui est d'ailleurs l'objet de beaucoup de commentaires facebook sur la motion De Haas.)

Une chose est sûre : il faut faire tomber le gouvernement Vallas Macron notamment pour empêcher l'adoption de la loi El-Khomri.

N'en déplaise aux insurrectionnistes, c'est par la pression de la rue ET la voie institutionnelle que l'on peut y parvenir.

"En leur faisant peur". A qui ? Aux Députés qui ont signé la motion de censure de gauche mais refusé de voter la motion de censure de droite et dont la liste est ici.

Le Concierge

Laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein

Jérome Kerviel et la loi Travail

Ce 19 mai, l'ex-trader contestait son licenciement pour faute lourde par la Société générale aux prud'hommes, rue Louis Blanc à Paris.

L'avocat de Jérome Kerviel réclame au total un peu plus de 5 milliards d'euros. Dans le détail; 13 609 euros d'indemnités de licenciement, 18 000 euros d'indemnités de préavis, 1800 de congés payés sur préavis, 324 000 de dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, 300 000 euros de bonus sur l'année 2007, 170 000 euros de préjudice moral, 130 000 euros de condition vexatoire, 4,9 milliards d'euros pour absence de bonne foi et 10 000 euros d'article 700.

Extrait d'une défense de Jérome Kerviel parue sur le blog de Jean-Luc Mélenchon

Mais si extravagant que soit son métier et son rapport à l’entreprise, Jérôme Kerviel est quand même un salarié. C’est-à-dire qu’il est inclus dans les rapports juridiques du monde du travail ordinaire. Kerviel a été licencié pour « faute lourde ». Il n’a donc perçu aucune indemnité. Ni ses congés payés. Ni ses indemnités légales. Ni salaire. Rien. Il conteste donc ce licenciement et porte l’affaire devant le Conseil des Prud’hommes. La première audience, dite de conciliation, aura lieu le 4 juillet 2013 dans le dixième arrondissement de Paris.

Durant toute l’affaire, les juges ont oublié que Jérôme Kerviel agissait avant tout comme salarié. Ils ont oublié le contrat de subordination qui le liait à la Société générale. Ils ont oublié que dans le cadre de son emploi, il était soumis à une hiérarchie, à des objectifs, à un contrôle. Que sa rémunération en dépendant, sa hiérarchie ne pouvait pas ignorer ses gains. Il a fait gagner en 2 ans, près de 2 milliards d’euros à sa banque !

Les mots en droit sont importants. La « faute lourde » est invoquée quand un salarié a cherché à nuire « intentionnellement » à son employeur. Bien sûr le Conseil des Prud’hommes va devoir juger en droit. Il va devoir vérifier qu’il y a eu volonté de nuire de la part de Jérôme Kerviel. Ce n’est pas ce qu’a démontré son procès. Le jeune trader de l’époque cherchait au contraire à faire gagner de l’argent à son employeur qui encaissait sans broncher des sommes astronomiques. Si Jérôme Kerviel n’avait pas l’intention de nuire, le droit du travail prévoit une requalification de son licenciement et la possibilité pour le salarié de percevoir les indemnités liées à son contrat de travail.

De plus, Jérôme Kerviel demande des dommages et intérêts à la Société Générale. Il demande 4,9 milliards d’euros. Cette demande a pour but d’obtenir une expertise : la vérification de la réalité de la perte déclarée par la Société Générale est le cœur de la supercherie suspectée. Si le Conseil des Prud’hommes requalifie le licenciement et si l’expertise est ordonnée, Jérôme Kerviel peut avoir une nouvelle chance de prouver qu’il n’a pas abusé la confiance de sa banque. Dès lors c’est elle qui a trompé les juges. Alors le système qu’elle défend est en cause.

Jérôme Kerviel est innocent. Son affaire nous implique dans la mesure où elle montre quel genre de jouet nous sommes devenus. Nous ne sommes plus des citoyens libres si on peut nous prendre 1,7 milliards d’impôt pour les donner à une banque sur la base d’une simple déclaration de sa part et à partir de l’écrasement d’un homme fut-il un de leurs agents zélés.

L’affaire de Jérôme Kerviel doit permettre que la Justice, donc la société, marque un point d’arrêt aux collusions des sommets de l’Etat et de la finance. Un point d’arrêt à la toute puissance arrogante de l’oligarchie. Kerviel est innocent, il a donc droit à notre solidarité civique comme nous la devons aux milliers d’autres rouages que nous sommes tous à des degrés divers parce que chaque jour nous faisons tourner le système et nous manions nos cartes bancaires.

à lire en intégralité sur le site de jean-Luc Mélenchon

Liste des députés ayant voté CONTRE la prorogation de l'état d'urgence

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Sur 577 Députés, 68 ont pris part au vote !

Analyse du scrutin n° 1272, Première séance du 19/05/2016, Scrutin public sur l'ensemble du projet de loi prorogeant l'application de la loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence.

Votre "contre" :

Groupe socialiste, républicain et citoyen (286 membres)

Fanélie Carrey-Conte

Jean-Michel Clément

Jean-Luc Laurent

Denys Robiliard

Gérard Sebaoun

Groupe Les Républicains (196 membres)

Jean-Frédéric Poisson

Groupe écologiste (16 membres)

Laurence Abeille

Brigitte Allain

Isabelle Attard

Danielle Auroi

Michèle Bonneton

Sergio Coronado

Cécile Duflot

Noël Mamère

Jean-Louis Roumégas

Eva Sas

Groupe de la gauche démocrate et républicaine (15 membres)

Marie-George Buffet

Jean-Jacques Candelier

André Chassaigne

Non inscrits (13 membres)

Pouria Amirshahi

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