Musée de l'Europe et de l'Afrique

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mardi 16 décembre 2014

Des canaris dans la mine

Voici quelques canaris aux cris stridents. Des canaris de Belgique et de Grèce qui sifflent l'alerte depuis le fond de la mine et s'agitent pour nous prévenir : c'est un terrible coup de grisou qui s'annonce sur nos droits, notre santé, nos vies, l'avenir de nos enfants. Un coup de grisou sur les peuples et la démocratie, et des coups de bâton pour ceux qui osent résister. Regardez ce reportage, prêtez l'oreille aux canaris : vous comprendrez qu'il est temps de sortir de la mine. Et vite.

Réalisation : Yannick Bovy - Octobre 2013 - 26 mn. Une émission proposée par la FGTB wallonne & produite par le CEPAG

En ligne

La Commission Européenne organise sciemment l'exploitation des travailleurs

Aujourd'hui, les esclaves sont «détachés». Traduction: ils peuvent se déplacer avec leurs chaînes. Ils sont Portugais, Polonais, Roumains, Espagnols, Slovènes, Bulgares... et viennent en Belgique se faire exploiter à meilleur prix que chez eux. «Dumping Cosmos» met en lumière les logiques et les conséquences de la fameuse directive européenne sur le détachement, qui organise un dumping social d'une ampleur inouïe. Avec un impact terrible sur les travailleurs de nombreux secteurs, notamment celui de la construction. Reportage et témoignages édifiants sur ce qu'il convient d'appeler le nouvel esclavage des temps modernes.

Réalisation : Yannick Bovy - Décembre 2013 - 26 mn. Une émission proposée par la FGTB wallonne & produite par le CEPAG

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La plus grande grève en Belgique depûis 20 ans

Qui sont les preneurs d’otages? Les milliers de travailleurs en grève qui se mobilisent aux quatre coins de la Belgique, ou un gouvernement qui a choisi de déclarer la guerre à l’ensemble de la population?

Le programme du gouvernement Michel est une attaque brutale contre les salaires, les pensions, les services publics, la sécurité sociale, l’emploi... Face à cette offensive austéritaire, les travailleurs contre-attaquent. Et dans cette nouvelle émission «Regards», ils vous expliquent ce qui nous pend au nez.

Voir le reportage

samedi 13 décembre 2014

La Commission soutient le candidat de droite à la presidentielle grecque

Antonis Samaras, le premier ministre grec, a annoncé le 9 décembre que les élections présidentielles seraient avancées de deux mois et se dérouleraient le 17 décembre. Le premier ministre a également confirmé la candidature de l'ancien commissaire européen à l'environnement Stavros Dimas, appuyée par le gouvernement. À Bruxelles, la Commission a pris une mesure sans précédent en annonçant officiellement son soutien à Stavros Dimas.

Le président Juncker a indiqué durant un débat télévisé en Autriche que « les Grecs savent très bien ce qu’un mauvais résultat des élections signifieraient sur la Grèce et la zone euro », avant d'ajouter qu'il préfererait que « des visages connus soient élus», une référence évidente à l'ancien commissaire européen.

Dépêche Euractiv

vendredi 12 décembre 2014

Il y a 36 ans : "la jeunesse n'est qu'un mot"

Il y a des périodes où la recherche du « nouveau » par laquelle les « nouveaux venus » (qui sont aussi, le plus souvent, les plus jeunes biologiquement) poussent les « déjà arrivés » au passé, au dépassé, à la mort sociale (« il est fini »), s'intensifie et où, du même coup, les luttes entre les générations atteignent une plus grande intensité : ce sont les moments où les trajectoires des plus jeunes et des plus vieux se télescopent, où les « jeunes » aspirent « trop tôt » à la succession. Ces conflits sont évités aussi longtemps que les vieux parviennent à régler le tempo de l'ascension des plus jeunes, à régler les carrières et les cursus, à contrôler les vitesses de course dans les carrières, à freiner ceux qui ne savent pas se freiner, les ambitieux qui « brûlent les étapes », qui se « poussent » (en fait, la plupart du temps, ils n'ont pas besoin de freiner parce que les « jeunes » — qui peuvent avoir cinquante ans — ont intériorisé les limites, les âges modaux, c'est-à-dire l'âge auquel on peut « raisonnablement prétendre » à une position, et n'ont même pas l'idée de la revendiquer avant l'heure, avant que « leur heure ne soit venue »). Lorsque le « sens des limites » se perd, on voit apparaître des conflits à propos des limites d'âge, des limites entre les âges, qui ont pour enjeu la transmission du pouvoir et des privilèges entre les générations.

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A travers la "presse" tunisienne : "l'impact negatif des émissions de téléréalité" !!

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Le journal en ligne Kapitalis.com qui s'honore régulièrement de bandeaux publicitaires du groupe Total (juste au-dessus des liens vers la constitution tunisienne-que-le-monde-envie) depuis l'accession au poste de Premier ministre d'un haut cadre de ce groupe à passeport français, ancien élève de l'Université Dauphine et représentant de commerce de "la start-up Tunisie" nous informe ce jour que : "Mahdia : Une élève se jette du 2e étage du lycée El-Bradaa".

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jeudi 11 décembre 2014

L’esprit antidémocratique des fondateurs de la « démocratie » moderne

Se réclamant de la « démocratie » – sans toutefois donner plus de pouvoir au démos –, les représentants de nos systèmes politiques n’ont pas seulement piégé le peuple qu’ils prétendaient servir, c’est la langue elle-même qu’ils ont trahie : comment désormais mettre à jour l’anti-démocratisme des discours, des pratiques, des systèmes et des hommes politiques rangés sous l’étiquette de « démocrates » ? Le glissement de sens qu’a connu le mot « démocratie » constitue sans doute le principal coup de maître de la propagande politique moderne.

Lire l'article de Francis Dupuis-Déri (1999)

mercredi 10 décembre 2014

Où va la Ligue des Droits de l'Homme à Bruxelles ?

Il semblerait que la ligue des droits de l’homme (et toujours pas de la femme) ait récemment perdu les pédales !

En effet, ce mercredi, aura lieu la remise du prix Régine Orfinger-Karlin (« prix récompensant une personne ou une association qui s’est distinguée par son action militante en faveur de la promotion des droits humains »). Parmis les nominé.e.s, figure entre autres le site "getting the voice out" et, à ses côtés.... Yvan Mayeur, Bourgmestre de Bruxelles !

Lire le communiqué de « Getting the Voice Out » sur indymedia bruxelles

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lundi 8 décembre 2014

Grèce : « Le gouvernement est désespéré et prêt à toutes les provocations »

Aussi pour la première fois (en si grand nombre) des policiers en civil, déguisés en émeutiers, ont fait leur apparition en masse. Protégés par les unités de maintien de l’ordre, ils ont été vus mettre le feu, casser des vitrines et agir en imitant les anars. Sauf que, contrairement à ces derniers, à la fin de chaque action ils se rangeaient sagement derrière les cordons de police, comme dans cette vidéo (ci-dessous), tournée samedi soir par un journaliste radio. Il faut croire que le gouvernement est vraiment désespéré et prêt à toute provocation pour rester au pouvoir. Ce qui le rend dangereux…

Lire l'article de Nikos Smyrnaios sur Bastamag

samedi 6 décembre 2014

Il y a 16 ans : l'intellectuel négatif

Gourdel.jpg un air de déjà vu en Algérie ?

Tous ceux qui ont été là, jour après jour, pendant des années, pour recevoir les réfugiés algériens, les écouter, les aider à rédiger des curriculum vitæ et à faire des démarches dans les ministères, les accompagner dans les tribunaux, écrire des lettres aux instances administratives, aller en délégation auprès des autorités responsables, solliciter des visas, des autorisations, des permis de séjour, qui se sont mobilisés, dès juin 1993, dès les premiers assassinats, non seulement pour apporter secours et protection autant que c'était possible, mais pour essayer de s'informer et d'informer, de comprendre et de faire comprendre une réalité complexe, et qui se sont battus, inlassablement, par des interventions publiques, des conférences de presse, des articles dans les journaux, pour arracher la crise algérienne aux visions unilatérales, tous ces intellectuels de tous les pays qui se sont unis pour combattre l'indifférence ou la xénophobie, pour rappeler au respect de la complexité du monde en dénouant les confusions, délibérément entretenues par certains, ont soudain découvert que tous leurs efforts pouvaient être détruits, anéantis, en deux temps, trois mouvements.

Deux articles écrits au terme d'un voyage sous escorte, programmé, balisé, surveillé par les autorités ou l'armée algériennes, qui seront publiés dans le plus grand quotidien français, quoique bourrés de platitudes et d'erreurs et tout entiers orientés vers une conclusion simpliste, bien faite pour donner satisfaction à l'apitoiement superficiel et à la haine raciste, maquillée en indignation humaniste. Un meeting unanimiste regroupant tout le gratin de l'intelligentsia médiatique et des hommes politiques allant du libéral intégriste à l'écologiste opportuniste en passant par la passionaria des « éradicateurs ». Une émission de télévision parfaitement unilatérale sous des apparences de neutralité. Et le tour est joué. Le compteur est remis à zéro. L'intellectuel négatif a rempli sa mission : qui voudra se dire solidaire des égorgeurs, des violeurs et des assassins, — surtout quand il s'agit de gens que l'on désigne, sans autre attendu historique, comme des « fous de l'islam », enveloppés sous le nom honni d'islamisme, condensé de tous les fanatismes orientaux, bien fait pour donner au mépris raciste l'alibi indiscutable de la légitimité éthique et laïque ?

Pour poser le problème en des termes aussi caricaturaux, il n'est pas besoin d'être un grand intellectuel. C'est pourtant ce qui vaut au responsable de cette opération de basse police symbolique, antithèse absolue de tout ce qui définit l'intellectuel, la liberté à l'égard des pouvoirs, la critique des idées reçues, la démolition des alternatives simplistes la restitution de la complexité des problèmes, d'être consacré par les journalistes comme intellectuel de plein exercice.

Et pourtant, je connais toutes sortes de gens qui, bien qu'ils sachent parfaitement tout cela, pour s'être heurtés cent fois à ces forces, recommenceront, chacun dans son ordre et avec ses moyens, à entreprendre des actions toujours menacées d'être détruites par un compte rendu distrait, léger ou malveillant ou d'être récupérées, en cas de réussite, par des opportunistes et des convertis de la onzième heure, qui s'obstineront à écrire des mises au point, des réfutations ou des démentis voués à être recouverts sous le flot ininterrompu du bavardage médiatique, convaincus que, comme l'a montré le mouvement des chômeurs, aboutissement d'un travail obscur et si désespéré parfois qu'il apparaissait comme une sorte d'art pour l'art de la politique, on peut, à la longue du temps, faire avancer un peu, et sans retour, le rocher de Sisyphe.

Parce que, pendant ce temps, des « responsables » politiques habiles à neutraliser les mouvements sociaux qui ont contribué à les porter au pouvoir, continuent à laisser des milliers de « sans papiers » dans l'attente ou à les expulser sans ménagements vers le pays qu'ils ont fui, et qui peut être l'Algérie.

Pierre Bourdieu

dimanche 23 novembre 2014

La contre-révolution, c'est le spectateur

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Le documentaire et sa projection comme rapports de classes

Tentative d’in situ au cinéma Nova

« Vous êtes ici comme nous juste pour voir un film » (une spectatrice)

Le 18 mai 2014, deux réalisatrices étaient conviées à Bruxelles, pour présenter leurs documentaires, Hinde Boujemaa pour C’était mieux demain et Stéphanie Régnier pour Kelly. Comme l’indiquait la présentation, il s’agissait du « portrait de deux femmes peu ordinaires, affichant une énergie et une ténacité remarquables malgré les énormes difficultés auxquelles elles font face. Le rapprochement entre les deux documentaires s’arrête là car ils sont fort différents, de par leur démarche et leur forme. »

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samedi 22 novembre 2014

Le glissement vers l' Etat policier à la place de l'Etat tout court est flagrant

L’hiver européen perdure et se précise incontestablement en Grèce. Lundi 17 novembre, lors des rassemblements et manifestations commémoratifs de la révolte des étudiants contre l’autre dictature, celle de 1973, des policiers ont délibérément attaqué les manifestants aux cris: “Vous vous êtes rendus à la manif... vous allez mourir”. Un étudiant allemand du programme Erasmus a même été violement agressé par “nos” policiers prétoriens. Il avait été tout simplement présent sur (le mauvais endroit) lundi au soir.

La Grèce qui n’est plus du tout un pays (même relativement) démocratique et où, aux aveux de la Commission européenne, l’observation ou pas des droits fondamentaux ne concerne que le gouvernement local. Autrement-dit, la Charte des droits fondamentaux qui reconnaît un ensemble de droits personnels, civils, politiques, économiques et sociaux aux citoyens de l’UE et les inscrit alors dans la législation de l’UE, n’est pas valable pour les pays subissant le droit de la Troïka et du mémorandum, tout simplement.

La presse reproduit alors la photo que cet étudiant allemand (ou suédois selon certains sources invérifiables pour le moment), un jeune homme qui fait usage des initiaux “Ni Ls” comme nom d'utilisateur facebook, et qui proteste avec colère, décrivant à l’occasion de son séjour Érasmien... son aventure... avec la police grecque: “Qu'est-ce que c'est que ce pays où il faut avoir peur de la Police?” se demande-t-il.

à lire sur le blog de Panagiotis Grigoriou, Greekcrisis

mardi 11 novembre 2014

Cazeneuve tuera aussi en Tunisie

CazeneuveTunis.png.jpg

Le matériel promis par Alliot-Marie sera livré à la Tunisie par Cazeneuve

Sécurité : Ce que la France propose à la Tunisie, ce qu'elle lui demande

"Deux préoccupations majeures, un engagement et une disponibilité : c’est ce qui anime la France dans sa coopération sécuritaire avec la Tunisie. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve a eu l’occasion de s’en entretenir lundi à Tunis avec ses homologues Lotfi Ben Jeddou et Ridha Sfar (1), ainsi que le chef du gouvernement, Mehdi Jomaa (Groupe Total, NDE). Terrorisme et émigration clandestine constituent les deux grands dangers à endiguer par divers moyens, notamment le renforcement des échanges de renseignements. La formation, tant pour les forces de sécurité que pour la sécurité civile et la gestion de crises, avec un accompagnement par le biais de l’ENSOP à la création d’une école nationale spécialisée en Tunisie : la France s’y en engage. La disponibilité, c’est celle des entreprises françaises spécialisées dans la fabrication de matériels de sécurité – et non de guerre, précise Cazeneuve – et pouvant répondre aux marchés d’équipements lancés par la Tunisie. Il s’agit notamment du processus biométrique, contrôle des frontières, équipements de radio-transmission et autres. A cela s’ajoute, sur un autre registre, une facilitation de l’octroi des visas et de l’accueil des étudiants tunisiens en France."

(source : leaders.com.tn, le journal de ceux qui ont réussi sous Ben Ali...)

(1) Selon sa fiche wikipedia : Ridha Sfar (actuel ministre de l'intérieur: on ignore s'il a, comme son collègue Premier Ministre "technocrate neutre" venu du groupe Total, la nationalité française) est diplômé de l'École nationale supérieure de la police (France) en 1975 et de l'École de police du Caire (1976). De 1988 à 2013, il était directeur central au secrétariat permanent du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur

Demandez le programme !

Interview de Beji Caïd Essebsi à Sud-Ouest

Candidat à l'élection présidentielle du 23 novembre, Beji Caïd Essebsi, 87 ans, et vainqueur des dernières législatives, s'est confié à Tunis à notre correspondant

Quelles relations envisagez-vous avec vos deux voisins, l'Algérie et la Libye ?

Pour combattre le terrorisme, il faut une stratégie régionale avec l'Algérie, la Libye mais aussi l’Égypte, peut être même le Mali et le Niger qui exportent des terroristes. Il faut doter la police, la Garde nationale et l'armée de moyens modernes. Il y a un mieux dans le rendement de ces services mais ce n'est pas assez. J'en appelle à une conférence régionale pour fixer les principes et les modalités de coopération. Il y a déjà une très bonne coopération entre l'Algérie et la Tunisie. La situation en Libye est hors contrôle. Plus largement, il nous faut l'aide de l'Europe et de l'Amérique car le terrorisme est sur le point de traverser la Méditerranée. Nous essayerons d'être plus efficaces.

En Égypte aussi...

Amnesty International a exhorté la France à suspendre tous les transferts d'armes en cours avec l'Égypte, assurant que Paris "fournit les armes de la répression en Égypte". "En 2013, rappelle l'ONG, l'UE avait demandé la suspension des livraisons d'armes à l'Égypte (27 millions d'euros pour la France en 2012, NDLR). Pour autant, la France a plus que doublé ses transferts l'année suivante (63 millions d'euros d'armes en 2013)."

dimanche 9 novembre 2014

Police partout, assemblées itou? Réflexions collectives de retour du testet

 ''Courtesy of Lise Duclaux''

Texte transmis par le collectif Al Païs

Nous nous constituons en assemblée depuis plus d’un an en Ariège. Nous nous réunissons une fois par mois pour apprendre à discuter, hors de l’urgence, de nos pratiques collectives et des luttes auxquelles nous participons. Certain.es d’entre nous se sont rendu.es au rassemblement du 25 octobre au Testet au cours duquel un manifestant a été tué par les gardes mobiles. Face à la confusion politicienne et médiatique, nous voulions soulever quelques questions qui nous semblent essentielles pour les luttes à venir.

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lundi 3 novembre 2014

Tunisie: le peuple est-il soluble dans les élections?

Lundi 29 octobre, les Matins de France culture étaient consacrés aux élections législatives tunisiennes avec notamment pour invités Yadh Ben Achour et Hamadi Redissi (membre du parti Nida Tounes ce qui a été omis de préciser. Cela n'a pas échappé à tout le monde puisqu'on apprend aujourd'hui sa démission "soutenant qu’elle exprime sa volonté de garder son statut d’intellectuel indépendant. Il a démenti tout différend avec le parti Nidaa Tounès"). En s'appuyant sur cette émission contextualisée par des extraits d'un travail documentaire en-cours enregistré à Tunis en mars 2012, le Musée de l'Europe revient sur ces élections dans l'émission de La Locale "ça fait mal" du lundi 3/11/2014.

Billet audio en ligne

NB1: Notre langue ayant fourché au-cours de cette émission, précisons que Beji Caïd Essebsi dont il est question a été un très proche collaborateur de Bourguiba jusqu'à la fin des années 60 et non 70.

NB2: Un correspondant tunisien ayant mis en ligne sur youtube la seule section consacrée à la gauche tunisienne (qui ces jours-ci demande l'interdiction d'Al-jazira suite à un documentaire sur la mort de Choukri Bel-Aid, mais sans avoir rien à dire sur... environ toutes les émissions des chaines tunisiennes capitalistes !), voici le message que nous lui avons adressé :

Cette modeste intervention n'est pas complète. Elle est inscrite dans un propos plus large qui ne concerne pas seulement l'extrême-gauche tunisienne. Le problème de la Tunisie c'est que les gens ne résistent pas à attaquer un autre groupe social en laissant le système que tous les acteurs composent invisible donc inchangé. Cette façon de se comporter est la meilleure protection du système.

Car ainsi l'effet sera le suivant : les Tunisiens qui connaissent les turpitudes de la gauche tunisienne seront confirmés dans leur croyance et s'abstiendront de se demander ce que serait une gauche de gauche (les droits sociaux).

Les militants de gauche français qui sont les cibles de la propagande islamophobe utilisée pour scinder le front social y verront une attaque de leur totem, Mélenchon, ce qui renforcera les effets de la propagande islamophobe.

A la suite de quoi nos ennemis ont le terrain dégagé pour avancer dans leur œuvre de destruction sociale.

Par ailleurs si les images sont interdites dans certaines religions, c'est certainement parce qu'on en connait les effets. La parole s'incarne et on attaque les personnes et non plus les idées ou la propagande qui sort de leur bouche et qui a des émetteurs (on ne neutralise pas un discours en s'attaquant au locuteur).

Ceux qui font une révolution à moitié creusent leur propre tombe

Qu’en est-il de l’extrême gauche, quatrième du dernier scrutin ? Ce weekend, Mongi Rahoui a brisé le silence en affichant ouvertement son soutien au candidat Béji Caïd Essebsi à la présidentielle, au nom de « la stabilité institutionnelle » qui nécessite selon Rahoui « une institution de la présidence de la même couleur politique que la nouvelle majorité parlementaire »…

Non seulement la gauche radicale tunisienne espère donc gouverner aux-côtés de ses ex bourreaux destouriens, mais cette gauche où le Watad unifié souffle le chaud et le froid fait par la même occasion l’apologie de l’ordre et de « la stabilité ».

Un cas d’école énième épisode de l’échec de la gauche tunisienne à s’inventer un projet en adéquation avec les objectifs de la révolution de la dignité. Une autre gauche, autrement plus morale, n’écarte pas le scénario d’une dissolution.

En renouant avec ses démons éradicateurs, une partie de la classe politique pousse le pays au clash. Si un RCD remanié concentre à nouveau demain les pouvoirs législatif et exécutif, toute la violence jusque-là contenue pourrait alors exploser mettant un terme au mythe de la paix civile bien de chez nous.

Lire le point de vue de Seif Soudani paru sur le site Nawaat.org

samedi 1 novembre 2014

Une nouvelle victime de la lutte antiterroriste

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Zyed Younes, étudiant de 25 ans, a été interpellé le 20 septembre 2014, dans le cadre d’une nouvelle vague d’arrestations menées par la brigade antiterroriste de Gorjani.

Zyed Younes, étudiant de 25 ans, a été interpellé le 20 septembre 2014, dans le cadre d’une nouvelle vague d’arrestations menées par la brigade antiterroriste de Gorjani. Comme beaucoup d’autres jeunes hommes arrêtés dans le même contexte, il dit avoir été torturé pendant sa garde à vue afin de lui faire signer des aveux.

Après une arrestation musclée au domicile de ses parents, près de Sousse, Zyed Younes a été conduit à Monastir puis à Kasserine où les policiers ont procédé à d’autres interpellations. Ses codétenus et lui ont d’abord été détenus pendant quelques heures dans un bâtiment à Kasserine. Là-bas, Zyed Younes a été torturé dans la même pièce qu’un de ses camarades. Tous deux ont notamment été dénudés, mis dans la position du « poulet rôti » et roués de coups de poing, de pied, de barre de fer et de tuyau.

Puis le jeune homme a été conduit à Tunis, parqué dans une voiture avec de nombreux autres détenus, dans une chaleur insupportable au point qu’il a vomi. Il a ensuite passé la nuit dans des conditions inhumaines au centre de garde à vue de Bouchoucha.

Selon le récit qu’il a fait à son avocate, Me Ines Harrath, le lendemain, il a été emmené au sein des locaux de la brigade antiterroriste de Gorjani et a de nouveau été torturé pendant tout le reste de sa garde à vue. Tabassé à plusieurs reprises, avec ses codétenus, dans une geôle surpeuplée, privé de sommeil et de nourriture, électrocuté, il a fini par être conduit à l’hôpital le cinquième jour de sa détention, après avoir signé des aveux sous la contrainte. Le médecin s’est contenté de lui administrer un médicament et Zyed Younes a été reconduit à Gorjani pour la nuit avant d’être présenté devant le juge d’instruction le lendemain, avec ses 22 codétenus.

Sur l’insistance des avocats, le juge d’instruction a accepté de consigner les traces et les allégations de torture de Zyed Younes dans le procès-verbal, mais a refusé d’ordonner une expertise médicale et a décidé son placement en détention provisoire.

Contexte

Impunité et instabilité politique

La révolution tunisienne n’a pas eu raison des pratiques tortionnaires héritées de l’ancien régime et de l’impunité de ceux qui les commettent. La torture est certes moins systématique qu’à l’époque de Ben Ali, mais elle continue d’être exercée, non seulement à des fins punitives, mais aussi dans le but d’extorquer des aveux. Les personnes arrêtées dans le cadre de la lutte antiterroriste demeurent aujourd’hui les principales victimes de la torture. Toutefois, celles suspectées de crimes de droit commun, notamment de trafic ou de consommation de stupéfiants, sont fréquemment victimes de mauvais traitements pouvant aller jusqu’à la torture.

Le phénomène tortionnaire est encouragé par une impunité généralisée. En effet, bien que la situation se soit quelque peu améliorée depuis la révolution, les plaintes enregistrées sont encore trop rarement instruites et, lorsqu’elles le sont, l’instruction est souvent entachée d’irrégularités.

Lire l'appel de l’''Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT)''

__Et également l'appel de l'ACAT en faveur de Sami Essid__ Torturé au nom de la lutte antiterroriste

Arrêté par une brigade antiterroriste le 20 août 2014, Sami Essid a été torturé pendant trois jours, jusqu’à ce qu’il signe des aveux sous la contrainte. Il vient gonfler les rangs toujours plus nombreux des jeunes salafistes présumés, torturés au nom de la lutte antiterroriste.

"Les jeunes font les révolutions et les grabataires en profitent"

Avec pour titre « La révolution est finie », Olivier Ravanelo, dans Le Monde du 27 octobre 2014, se métamorphose en ecclésiaste apportant sa bénédiction et ses « je vous salue « tunisiens » ! d’avoir su fermer la parenthèse révolutionnaire et de s’être plier aux délices de la démocratie formelle. Celle là même qui veut qu’avec la réactivation à nouveau de tous les réseaux clientélistes des anciens barons du système de Ben Ali, « écartés » du premier scrutin constitutionnel de 2011, l’argent à gogo, une quasi mainmise sur les médias audio-visuels, un appareil policier jamais épuré, l’on finisse par décrocher le pompon de la première place avec 38,24 % des voix exprimées. Mais ce que les lecteurs du Monde ne liront jamais c’est l’ampleur de l’abstention voir du boycott de cette nouvelle mascarade par une majorité d’électeurs. Seul un gros tiers a pris la peine de se déplacer, c’est dire ! En France, le plus gros bastion de l’émigration tunisienne seul un huitième de la population a daigné se rendre aux urnes. Autant dire les réseaux clientélistes de la Destourie et celle du réseau frériste. Environ 25 000 voix pour Nidaa Tounes et 18 000 pour Ennahdha. Sur une population estimée à 800 000 individus, majoritairement adultes.

« Le pluralisme est le sang de la démocratie et le corps électoral tunisien est aujourd’hui incroyablement irrigué : c’est signe de bonne santé ! » ; avec ce type de sentence, monsieur Ravanelo nous refait le coup de la réponse de l’épouse du roi Louis XVI, en pleine révolution française, à un peuple réclamant « du pain » : « Mais qu’il mange des brioches ». En guise de brioches monsieur Ravanello, à l’instar de beaucoup de commentateurs condescendants, voire racistes, voudraient que le peuple des o avale « les bulletins de vote » Comme cela était annoncé bien avant l’ouverture de la joute électorale, l’auberge espagnole, Nidaa Tounes arrive en tête du scrutin devançant la formation frériste Ennahdha.

Lire le point de vue d'Hamadi Aouina paru sur le site nawaat.org sous le titre'' Premières leçons de la dernière Takhmira électorale''

vendredi 17 octobre 2014

Sit-in contre la torture : Où sont passés les politiques et les militants ?

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Suite à l’appel de 27 organisations de la société civile, quelques dizaines de personnes se sont regroupées, mercredi matin, devant le ministère de l’Intérieur, pour protester contre la torture et la violence policière en Tunisie. Face à la démission collective de tous les partis politiques et une bonne partie de la société civile, seuls quelques militants ont entouré les familles venues exposer le drame de leurs fils perdus, à jamais, dans les geôles.

Il y a quatre ans, des milliers de Tunisiens étaient debouts devant ce même vieil immeuble pour exiger le départ du régime policier. En ce jour mémorable, la foule a défié les uniformes et les matraques en les accusant de terrorisme. Des milliers de bras ont été levés répétant la fameuse chorégraphie sonore « Dégage! Dégage! Dégage! ». Aujourd’hui, seuls les coups de gueule des opprimés, les larmes des mères des victimes et les discours de quelques militants investissent la scène. Le nombre des manifestants a spectaculairement diminué, alors que le bâtiment marron foncé est toujours là, lugubre, implacable et intouchable, malgré toutes les tentatives de réforme.

Lire la suite de l'article d'Henda Chennaoui paru sur le site Nawaat.org

mardi 14 octobre 2014

Rediriger l’aide publique... vers le privé

Entre légitimation des paradis fiscaux et approche « innovante » s’appuyant sur le privé, l’aide française ne cesse de renforcer son pouvoir de nuisance.

''Le Parlement a finalement adopté en juin la première « loi d’orientation et de programmation relative à la politique de développement et de solidarité internationale ». Le texte initialement creux, patchwork de bonnes intentions et de grands principes compilés sans aucune dimension programmatique (Cf. Billets n°232, février 2014), aurait pu, grâce à quelques parlementaires, permettre des progrès en termes de transparence financière des entreprises appuyées par des organismes de développement français : plus qu’une valeur d’exemple, il s’agissait d’imposer un effet d’entraînement sur les contraintes réglementaires futures vis à vis de toutes les entreprises.

Mais les amendements porteurs de ces avancées ont été, à l’Assemblée comme au Sénat, systématiquement battus en brèche par le gouvernement (Cf. Billets n°234 et n°236, avril et juin 2014). Comme pour souligner amèrement cette occasion manquée, le Canard enchaîné a publié à quelques jours de l’adoption définitive de la loi un article assassin, « l’aide au développement des paradis fiscaux » (11 juin). Il y était question de certaines prises de participation de la Proparco (filiale privée de l’Agence Française de Développement) dans des fonds domiciliés dans des paradis fiscaux et réalisant des investissements en Afrique, et surtout de l’opacité sur le nombre et la finalité de ces placements offshore du groupe AFD. Exactement le type d’informations que le gouvernement avait empêché les parlementaires d’exiger de la part de l’AFD, en bloquant les amendements qui pouvaient, à l’avenir, imposer plus de transparence.''

Lire ''APD : l’Aide en Plein Délire'' publié par Survie

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