Musée de l'Europe et de l'Afrique

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mardi 26 mai 2015

Mohamed Morsi sera exécuté au Rafale™

L’ex-président égyptien a été ce samedi condamné à mort pour des faits commis lors de la brève période d’instabilité qu’a connue son pays entre 2011 et 2013. Si la peine capitale est une pratique passéiste que la France réprouve en général, il convient de relever que la méthode de mise à mort retenue — une frappe de l’excellent avion qu’est le Rafale™ — est un point encourageant quant à la volonté du pharaon actuel de s’engager sur le chemin lumineux du progrès.

Lire la suite sur le site Brave Patrie

Les dispositions sur le secret d’Etat et le « dénigrement » des forces de sécurité menacent la liberté d’expression

Tunis, le 13 mai 2015

Les législateurs tunisiens doivent abandonner les dispositions problématiques d’une nouvelle loi sur la sécurité, ont indiqué aujourd’hui 13 organisations non gouvernementales dans une déclaration conjointe. Les dispositions du projet de loi, qui sont incompatibles avec les standards internationaux des droits humains et avec la Constitution tunisienne, pourraient incriminer le comportement des journalistes, des lanceurs d’alerte, des défenseurs des droits humains et de tout individu qui critique la police, et permettent également aux forces de sécurité d’utiliser la force létale lorsque celle-ci n’est pas strictement nécessaire pour protéger des vies humaines.

Le gouvernement a envoyé le projet de loi au Parlement le 10 avril 2015, suite à l’attaque du musée du Bardo survenue à Tunis le 18 mars – au cours de laquelle des hommes armés ont tué 23 personnes – et suite à une série d’attaques meurtrières menées par des groupes armés contre les forces de sécurité. Depuis le soulèvement qui a renversé le Président Zine El-Abidine Ben Ali en janvier 2011, ces attaques ont également tué plus de 75 membres de l’armée tunisienne et d’autres forces de sécurité, et blessé au moins 190 personnes. Le parlement n’a pas encore fixé de date pour débattre du projet de loi.

« Le parlement tunisien doit certes s’assurer que les forces de sécurité tunisiennes sont en mesure de protéger la population contre de potentielles attaques, mais sans pour autant porter atteinte aux droits humains », a déclaré Eric Goldstein, Directeur Adjoint pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Les dispositions de la loi sur le secret d’Etat, le dénigrement et l’utilisation de la force létale ne remplissent pas ces conditions. »

Lire la suite et la liste des premiers signataires sur le site Nawaat.org

La lutte du peuple grec est notre lutte

En un peu plus de 15 jours, l’appel de soutien au travail de la Commission d’audit de la dette en Grèce – qui avait été lancé par plus de 300 personnalités (dont Noam Chomsky, Ken Loach, Susan Georges, etc.) - a déjà récolté plus de 6000 signatures venant de l’Europe et du monde entier. A relever le soutien important des États-Unis, en particulier du monde académique, mais aussi du monde associatif et militant.

L’appel a déjà été traduit en 15 langues (français, anglais, italien, portugais,espagnol, catalan, allemand, arabe, serbo-croate, grec, berbère, russe, basque, turc et persan) et est disponible ici : http://greekdebttruthcommission.org/

Cette initiative est historique en Europe et on sait que le moment est crucial pour la Grèce, un pays mis à genoux par les politiques imposées par la Troika, où droits sociaux et économiques les plus élémentaires sont bafoués au nom du remboursement d’une dette qui n’a pas été contractée au bénéfice de sa population. Aujourd’hui, les créanciers maintiennent une pression maximale pour empêcher tout pas de côté de la Grèce. En effet, cela entraînerait une vague d’espoir dans toute l’Europe et pourrait inspirer de nombreux peuples soumis aux diktats de la dette et de l’austérité.

C’est pour ces raisons que le soutien au travail de cette Commission d’audit est fondamental, car le but de celle-ci est de fournir une étude minutieuse sur laquelle le gouvernement grec pourra s’appuyer afin d’annuler en tout ou en partie sa dette sur base de critères d’illégalité, illégitimité, d’odieuseté et d’insoutenabilité.

Il est crucial que les mouvements sociaux en Europe et au-delà accompagnent et soutiennent une telle initiative de nature à renverser le discours dominant sur la dette et à accélérer la rupture avec l’austérité. Il est important que le travail de la Commission soit diffusé et popularisé auprès de larges couches de la population, qui sera en définitive la seule capable d’infléchir le rapport de force. Il s’agit également de soutenir les campagnes d’audit citoyen de la dette actifs dans d’autres pays (France, Espagne, Belgique, etc.) et de reproduire l’expérience dans nos propres pays !

L’audit et la remise en cause de la dette est un exercice démocratique qu’il est temps de multiplier.

C’est pour cela que nous faisons appel à tous les mouvements sociaux, les associations de la société civile, les syndicats, les militant.e.s et les collectifs pour un soutien massif et une mise en valeur de cette initiative dans leur réseaux respectifs.

La lutte du peuple grec est notre lutte !

via CADTM

dimanche 24 mai 2015

Projet pour une presse libre

Alors que la presse française titube, l’exigence s’affirme d’un modèle radicalement différent. Quel serait son cahier des charges ? Produire une information de qualité soustraite à la loi du marché comme aux pressions du pouvoir, loger numérique et papier à la même enseigne, inventer un mode de financement solide et juste. Surprise, les outils nécessaires à la mise en place d’un tel système sont sous nos yeux.

Lire l'article de Pierre Rimbert dans Le Monde Diplomatique

samedi 23 mai 2015

Lettre à Luz

Cher Luz,

On ne se connaît pas. On a failli se croiser une fois, il y a bien longtemps, lors du lancement de CQFD à Marseille. Toi et Charb aviez accepté de filer des dessins pour les vendre dans une galerie, histoire de ramasser un peu de tune pour le journal. Je crois qu’il y avait le vague projet de vous débaucher, pas grand monde supportait Val dès cette époque, mais il assurait la mangeaille. C’était bien avant l’affaire des caricatures. Moi, j’étais venu remplacer au pied levé un salarié d’Agone qui ne supportait (déjà!) plus l’autoritarisme de son Organe Suprême. J’étais tricard, je le suis toujours, et je me suis fait attraper à ce moment-là. Rétrospectivement, c’est pas brillant. Mais nous sommes de petites choses, avec une légère tendance petite-bourgeoise à avoir la foi, ce qui nous rend, nous aussi, vulnérables aux Ayatollahs qui passent la main dans le dos aux grands empathiques pas sûrs d'eux en flattant leur héroïsme plus que rentré (en plus moi je ne sais pas dessiner ma quéquette donc je compense mal). À l’extrême-gauche, ça n’a jamais manqué. Publier du Guy Hocquenghem, ça soulageait (un peu) du néolibéralisme dans lequel ils nous avaient foutu après avoir manipulé et flingué leurs fidèles. Ça fait bien rigoler mes copains musulmans qui n’ont de Dieu que Dieu, ce qui pour le meilleur, pour les vrais, permet quand même de passer au-dessus de tous les chefs et de l’État (et dans pas mal de pays dont les dictateurs sont soutenus de l’étranger, c’est une forme d’anarchie personnaliste qui aide à vivre...). Ils ont bien des genres de curés, mais pas d’Église ni de pape, c’est d’ailleurs ce qui a l’air de faire méga chier Sarkozy et Valls qui aimeraient bien leur en coller...

Je me souviens, j’étais au bureau et j’ai reçu un coup de fil : « Tu peux pas nous imprimer quelques A3 ’Ces-œuvres-sont-au-prix-de-500-EUR’ ? ». Donc, je me ramène avec mes A3 avec le début du texte en gros et en caractères newroman 6 : « 500 EUR ». Ça a été le scandale. On m’est tombé dessus en hurlant en criant au sacrilège. Alors j’ai dit : « si c’est comme ça, je me fous à poil » (on faisait beaucoup ça à l’époque dans les expos à Bruxelles quand l’orga nous tombait dessus parce qu’on faisait un peu de situationnisme sur les dessous de l’art, car quelque que soit le champ comme nous avait appris Bourdieu, dès qu’on remet en cause la croyance, c’est le scandale. J’ai toujours adoré ça.) J’ai commencé à me dépoiler et, terrorisés (dans une expo de dessins de Charb et Luz!), ils se sont calmés. Et je me suis cassé. Donc, on s’est pas croisés. Je te raconte pas ça pour faire comme tous les journalistes qui ont tenu le micro pendant 48 heures pour être sur la photo du massacre en racontant les confidences que leur avaient confiées les martyrs qu’ils avaient touchés et refaire la virginité de leur liberté d’expression qu’ils violent tous les jours en se taisant.

Non. Je t’écris parce que j’ai un truc important à te dire.

J’ai entendu que tu te cassais. Après avoir lu qu’avec tes collègues vous aviez affronté la direction de Charlie Hebdo. C’est très dur d’affronter la direction dès que l’affaire devient florissante, quelles que soient les circonstances. À Agone, ça a essayé en ordre dispersé, avec un peu la honte au bide de s’être laissé manipuler et avoir fui dans la cause en s’assommant de boulot pour ne pas le voir. Avec y compris des copains autour ou autrefois dedans qui essayaient d’ouvrir des yeux et que la rhétorique patronale gavante comme des oies à en dégueuler poussait à envoyer chier parce que les contradictions qu’ils soulevaient été insupportables pour continuer à bosser, jusqu’à ce que ce ne soit plus des amis et qu’on soit seul. Pour finalement y passer à son tour et se faire dépouiller abandonnant l’outil de travail dans de très mauvaises mains. Chez nous, c’était juste le prix de la sueur, le capital. Chez vous, comme l’a dit ta collègue, c’est le prix du sang.

Je rappelle l’histoire avec CQFD parce qu’à cette époque, on n’était pas loin de 1995 et on avait la foi qu’on allait sortir de ce merdier néolibéral puant et notamment que ça passerait par la bataille contre la presse qui ne connaissait plus la liberté d’expression que des actionnaires et des caniches, à mesure que les premiers rachetaient tout et que les journalistes n’arrivaient pas à résister pour ceux qui n’étaient pas déjà convertis au culte du marché. Certains, comme Plenel, ont l’air, pour le meilleur jusqu'ici, d’avoir dessaoulé depuis, mais le comique de la situation c’est que certains de ceux qui, à l’époque, contribuaient à lui lui taper dessus à juste titre, notamment en étant l'éditeur de PLPL, ont commencé à être hypnotisés par la courbe des ventes, le management et le marketing des "idées de gauche". Chez nous, ça s’est passé comme ça en tous cas. Chez vous, ça m’en a tout l’air. Finalement, je ne pense pas qu’on savait très bien ce qu’était qu’être de gauche. C’était une bataille culturelle et à la fin il ne restait plus que la culture, c’est à dire la distinction. Et on s’est joyeusement intoxiqués avec avant de redécouvrir, mais un peu tard, qu’être de gauche ce n’était pas remplacer le Bourgeois éclairé par le petit-bourgeois gentilhomme qui se la joue (ou pas) sans connaître les paroles en se drapant dans les grandes causes, mais être du mauvais côté des rapports de production. Et quant tu rappelles aux Grand-Prêtres les principes de la religion, c’est là que les ennuis commencent.

Alors voilà, des millions de gens ont défilé pour la liberté d’expression au commandement de toute la presse de marché et de l’État (c’est à dire librement). On pense ce qu’on veut du père Todd, mais on n’a pas observé le même phénomène au sujet de la Loi Renseignement prise au nom de Charlie, ni contre la loi Macron : d’ailleurs cette rue, la logique voudrait qu’on y reste une bonne fois pour toutes. C’est la force des médias qui ne se voit pas en temps normal puisque le résultat de l’injonction quotidienne de ne pas bouger est beaucoup moins spectaculaire. Et ils ont envoyé des sous, des sous pour la liberté d’expression, et des sous pour la liberté d’expression, si je reprends tout ce que j’ai dit, c’est des sous pour une presse libre, pas au service du capital, de l’État (et avec le numéro des survivants vous avez raté l’occasion inouïe de leur en mettre plein la gueule et d’appeler à de toutes autres mobilisations contre l’injustice) ni de je ne sais quelle chefferie ivre d’elle-même et de son pouvoir sur les autres. Comme les dessins pour CQFD. Et une presse libre, c’est une presse qui appartient aux journalistes et garantit l’indépendance des rédactions (Rimbert t'expliquera ça mieux que moi, j'ai oublié les détails mais tu vois le topo).

Ça faisait un moment que vous vous faisiez rouler et que vous vous rouliez vous-mêmes. Mais c’est le moment aujourd’hui d’être vraiment des héros. Il faut se battre et ne pas abandonner les moyens de production, les tenir, les collectiviser. Ne pas les laisser aux accapareurs. D’abord parce que c’est trop dangereux, un journal, même entre de bonnes mains. Et là... avec si ça se trouve Val et Fourest en embuscade, il y a de quoi mettre le monde à feu et à sang. Mais surtout parce que les moyens de production aux travailleurs, aux producteurs, c’est ça être de gauche. Et quand on les tient, le meilleur peut arriver. Il y a tant de luttes à soutenir pour changer ce monde, tant de pouvoirs à dénoncer et à faire rendre gorge, tant de voix à rassembler dans d’immenses cris. Sous ta fenêtre. Inutile d'aller au Pakistan.

Tu as la légitimité et d’immenses soutiens peuvent se lever, notamment de tous ceux dont on fait croire qu’ils ont fait défaut.

Ils croient juste à l’histoire ancienne.

C’est le moment d’être courageux, Garçon ! Décolle de ton nombril !

Tout est à nous, rien n'est à eux !

Bendy Glu

PS (sic) : Comme j'ai pas ton adresse, je fous ma lettre sur le web pour te la faire passer par le Premier Ministre. Pour la réponse, pareil, tu lui demandes de te filer mon 06.

jeudi 21 mai 2015

Un moment de vérité pour l'Europe

Au moment où la Grèce est pressée de conclure un accord avec ses créanciers, Syriza appelle les forces progressistes européennes à se mobiliser contre l’austérité, pour la démocratie et la justice sociale, en manifestant leur soutien au peuple grec contre l’Europe des banques.

Après presque quatre mois de négociations intensives, nous avons atteint un moment de vérité pour notre projet européen commun. Le gouvernement dirigé par Syriza fait de son mieux pour parvenir à un accord honorable avec ses partenaires européens et internationaux respectant à la fois les obligations de la Grèce en tant qu’Etat membre-européen, mais aussi le mandat électoral du peuple grec.

Le gouvernement dirigé par Syriza a déjà entamé une série de réformes qui s’en prennent à la corruption et à l’évasion fiscale généralisée. Les dépenses sont freinées et les recettes fiscales collectées dépassent les attentes, permettant d’atteindre un excédent budgétaire primaire de 2,16 milliards d’euros (janvier-avril 2015), bien supérieur à l’estimation initiale d’un déficit de 287 millions. Parallèlement, la Grèce a honoré toutes les obligations de sa dette avec ses ressources propres – cas unique parmi les nations européennes – puisque tout versement de fonds a été coupé depuis août 2014.

Quatre mois de négociations épuisantes ont passé, durant lesquels, systématiquement, les créanciers de la Grèce ont tout fait pour contraindre le gouvernement dirigé par Syriza à appliquer l’exact programme d’austérité rejeté par le peuple grec aux élections du 25 janvier. L’asphyxie de liquidités orchestrée par les institutions a conduit à une situation critique pour les finances de notre pays, rendant insupportable le service des titres de créance à venir.

Le gouvernement grec a fait de son mieux pour parvenir à un accord, mais les lignes rouges – ayant à voir avec des excédents primaires durables et réalistes, la restauration des contrats collectifs et du salaire minimum, la protection des travailleurs contre les licenciements massifs, la protection des salaires, des pensions et du système de sécurité sociale contre de nouvelles réductions, l’arrêt des privatisations à prix bradé, etc. – doivent être respectées. La souveraineté populaire et les mandats démocratiques doivent être respectés. Il ne faut pas confondre la patience et la bonne volonté du peuple grec avec la propension à céder à un chantage sans précédent. La démocratie européenne ne doit pas être asphyxiée.

La période est cruciale; nos partenaires européens doivent faire preuve de volonté politique pour surmonter l’impasse actuelle. Cet appel n’est pas seulement un appel à la solidarité, c’est un appel au respect des valeurs européennes essentielles.

Dans ce cadre, Syriza appelle tous les acteurs sociaux et politiques, progressistes et démocratiques, conscients du fait que la lutte de la Grèce ne se limite pas à ses frontières nationales, mais qu’elle est une lutte pour la démocratie et la justice sociale en Europe.

Dans ces moments critiques, nous appelons à des actions de solidarité sociale et politique, allant de l’organisation de rassemblements et de campagnes de sensibilisation à travers l’Europe, à des initiatives institutionnelles dans les assemblées locales, régionales et nationales et des déclarations individuelles ou collectives de soutien aux efforts de la Grèce pour faire passer le paradigme européen d’une austérité désastreuse à un nouveau modèle de croissance durable.

Votre soutien est d’une importance capitale, non seulement pour le peuple grec, mais aussi pour l’avenir de l’idée européenne.

Tasos KoronakisDéputée Syriza au parlement grec

source : Le Courrier

mercredi 20 mai 2015

Art et contre-révolution

Une critique de l'exposition Monumentales de Stéphane Pencréac' à l'Institut du Monde Arabe

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Certains artistes, de ceux qui ont commercialisé la « révolution », ont fait gratuitement de ce sujet l’objet de leurs travaux ; ils l’ont défigurée. Des artistes qui n’ont jamais eu de propos engagé, qui ne se sont jamais intéressés à la Cité, de ceux qui exposaient auparavant des bouquets de fleurs sur une table nappée, des corbeilles de fruits ou autres natures mortes.

A l’ère du sentimentalisme, nous sommes tombés dans un marchandage des sensations et des émotions. Notre propre pays fait son business avec la « révolution », ses parallèles et ses retombées. Nous sommes aujourd’hui dans un folklore de la « révolte du 14 Janvier » et les quatre années qui se sont écoulées depuis. L’on a troqué la médina et le sefsari, pour le drapeau national et les étendards patriotiques pour ceux qui ne l’ont jamais été. Regardez les événements programmés par le ministère du Tourisme. Et cette idée obsessionnelle de toujours opposer terrorisme et « events » promotionnels culturels. Est-ce réellement le résultat d’un travail en profondeur ou simplement un slogan vendeur à retrouver dans l’attirail « cartes postales » ?

Lire l'intégralité de l'article de Selima Karoui paru sur le site Nawaat sous le titre "Vous avez dit « Monumentales » ?".

Lire aussi "La contre-révolution, c'est le spectateur"

et écouter notre chronique "Aux artistes tunisiens"

Grèce : la sortie ou le fascisme ?

"La situation est bien claire. Il y a ceux qui ont pu tenir, sauvegarder leurs activités, leurs biens et leurs familles. Soit parce qu’ils avaient des réserves bien suffisantes, soit parce qu’ils l’ont pu. Certains métiers bien manuels se sont avérés bien plus primordiaux que cette masse des diplômés définitivement déconnectés du travail. Moi, je suis un manuel, j’exerce comme plombier, mon commerce tient alors la route."

“Ceux qui n’ont pas pu ou pas su, alors ils meurent de faim en Grèce. Pour eux, c’en est bien fichu mais nous n’y pouvons plus grand-chose. Chacun pour soi. La Grèce devient-elle ainsi la Bulgarie et la Roumanie du Sud des Balkans, aux salaires ridicules, à la grande pauvreté et aux gens qui s’en sortent, voire aux eternels riches et aisés. C’est fait et c’est acquis. Le passé ne reviendra pas. Il faut dire aussi que ceux qui s’en sortent ne se cachent plus. Dans mon village, je crois que certains vieux ou moins vieux, ont ressorti les pièces d’or (Souverain anglais), ils achètent aux autres, terres, magasins et maisons pour une bouchée de pain. C’est maintenant ou jamais. La... nouvelle Grèce est en route, chacun s’occupe strictement de ses propres intérêts”.

La nouvelle Grèce est en route... et l’ancienne brume (et brune) n’a plus aucune honte à s’exprimer. Presque tous les jours, j’entends autour de moi ce discours qui consiste à encenser le temps des Colonels. Je ne peux pas mesurer l’ampleur du phénomène, cela-dit, ailleurs comme aussi dans le train, les lecteurs des quotidiens d’extrême-droite (pas forcement de l’Aube dorée car il y a bien d’autres dans ce pays), se montrent subséquemment de plus en plus décomplexés.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou, "Le sarcophage ", paru sur son blog GreekCrisis

mardi 19 mai 2015

L'échec de la stratégie centriste de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon avait fait une formidable campagne présidentielle, notamment sur le thème qui intéresse particulièrement ce blog, celui de l'Europe. Lors de ses meetings, il avait fait preuve d'une pédagogie inouïe de l'imposture européenne, cache-sexe à douze étoiles des pouvoirs les plus authentiquement réactionnaires. Il est embourbé depuis dans la logique inhérente au champ politique. En se présentant aux élections européennes pour renouveler son mandat là où il importait de dénoncer une vaste mascarade (mais qu'allait-il faire à Hénin-Beaumont au lieu de s'assurer la tribune de l'Assemblée Nationale là où l'euro-fascisme progresse sur tous les bancs?). Ensuite par la nécessité de l'alliance avec un PC dont la survie de l'appareil dépend d'alliances avec le PS aux élections locales nationales, puis dans la recherche d'une troisième force alternative avec les Verts et les frondeurs. Il se trouve que malheureusement ces derniers, qu'ils soient de centre droit ou de centre gauche, sont de fidèles catholiques zombies du culte européen et des images d’Épinal de Mitterrand et Köhl à Verdun, mais aussi d'une idéologie non-moins catholique zombie de l'amitié en général entre les peuples qui annulerait magiquement les rapports de puissance entre entités qui sont tout autre chose que l'interactionnisme entre des myriades d'objets se prenant pour des sujets. La réaction de Cécile Duflot au livre de Mélenchon, le Hareng de Bismarck sonne déjà la fin de la messe. C'est d'ailleurs cette incapacité à penser, au-delà du sujet narcissique, les terrifiantes puissances du monde social que les Grecs Anciens (dont les homonymes contemporains crèveront puisque Cécile Duflot donne la priorité à "une autre Europe") représentaient comme des Dieux soufflant sur la voile d'Ulysse, contre laquelle met en garde, en historien et sociologue, le très courageux Emmanuel Todd. Cette incapacité repose aussi sur la désastreuse vulgate historique qui tient lieu de catéchisme scolaire, même quand elle prétend enseigner plus largement les civilisations du monde pour lutter contre l'ethnocentrisme et pour la concorde universelle de sociétés sans classes dont le projet fumeux d'abolition s'est réalisé en esprit, même quand elle se présente comme le Manuel d'histoire critique du Monde Diplomatique qui doit faire se retourner Marc Bloch dans sa tombe. Tout cela ne fait qu'alimenter des polémiques médiatiques parfaitement vaines entre pseudo intellectuels soit-disant progressistes et réactionnaires qu'il faut renvoyer dos-à-dos sans être dupe de ces stratégies narcissiques petite-bourgeoises en quêtes de parts de marché médiatique menant à diverses prébendes à l'occasion de la énième réforme des programmes (comme si tel était le problème du Collège, mais là encore c'est la sociologie que ce faux débat permet d'enterrer). S'opposant en apparence, ils et elles sont parfaitement d'accord sur l'essentiel, c'est par l'âme ou le nombril (ce qui est un peu la même chose) qu'on explique l'histoire, certainement pas par des forces historiques qui finissent toujours par échapper en apocalypse même aux groupes sociaux les plus dominants et les mieux organisés.

La réaction de Cécile Duflot au livre de Jean-Luc Mélenchon dit assez combien c'est son mode de vie et le kitsch intellectuel qui l'accompagne (il fut un temps où on appelait ça "porter sa classe") qui prédomine sur le sens de l'histoire, tel qu'historiens et sociologues ont su développer des outils pour la comprendre et qui n'ont strictement rien à voir avec la fabrique scolaire de l'histoire scolaire. Elle dit l'échec programmé de toute stratégie politique qui s'entête à se concentrer sur le seul marché électoral qui paraisse solvable en terme de demande, celui des classes moyennes ayant connu leurs premiers émois lors d'un échange linguistique en Allemagne ou un Forum Social Mondial en Afrique.

Ajoutons des propos mélenchoniens qui ont le don de faire dresser le poil de nos compatriotes de culture musulmane et pas seulement le soutien pompier à la bourgeoisie tunisienne hystérique sous faux nez gauchiste, l'hommage récurrent à son mentor, Mitterrand, assorti du chapeau et de l'écharpe, qui ne fait pas enrager que les chômeurs dunkerquois), l'acte de foi dans les classes moyennes en réponse à Emmanuel Todd, et et il est clair qu'on n'obtient pas un mouvement populaire !

On peut bien sûr considérer l'auteur de ces lignes particulièrement naïf et que l'homme Mélenchon n'est jamais que la gauche du PS acquise aux thèses électoralistes de la deuxième gauche, donc un homme du passé. Mais au-cours de la campagne présidentielle, nous avions cru percevoir comme la possibilité d'un "politique collectif" appuyé par un "intellectuel collectif" pour arrêter la marche en avant de la contre-révolution politique et symbolique. Soit une toute autre façon de faire de la politique évoquant le formidable moment politique que fut la campagne référendaire de 2005. Illusion ou non, il nous semble que cette utopie rationnelle mériterait d'être pensée et tentée. L'heure est proche où d'autres cristallisations comme celle du 11 janvier achèverons de nous faire basculer dans un "autre monde" qui ne sera pas celui de l'utopie kitchissime des alter-mondialistes...

Le Concierge

jeudi 7 mai 2015

Un Printemps au tribunal

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Depuis plusieurs décennies des personnes se sont installées en Ariège avec de très petits moyens, parfois même, pour commencer, dans des abris de fortune. Ces histoires, pour exotiques qu’elles puissent paraître, ont en commun le désir d’autodétermination, chose que nos politiques urbaines actuelles ne peuvent intégrer ni satisfaire dans leur logique planificatrice de gestion.

Parmi ces migrant/es, certain/es, ont choisi des coins reculés pour y mener une petite vie tranquille en retapant des granges, vivant en tipis, cabanes, yourtes, construisant leur vie avec les moyens du bord. D’autres ont continué des vies itinérantes trouvant refuge en Ariège entre deux saisons ou deux voyages. Il y a aussi celles et ceux qui ont décidé, ces dernières années, d’utiliser les espaces abandonnés de la ville ; ces interstices urbains qui n’attendent qu’à revivre après des années d’incompétence et de manque d’imagination des élus locaux.

C’est le cas des habitant/es du Palmier qui attendent d’être jugés pour avoir osé prendre l’initiative de refaire vivre cet espace sans l’autorisation de ceux qui ont peur de la nouveauté, de ceux qui ont peur de voir leur pouvoir diminué.

Lire la suite sur le site d'Halem

mercredi 6 mai 2015

Bruxelles : le secteur de l'environnement à sec

Suite à l’annonce de Céline Frémault, nouvelle Ministre bruxelloise de l’Environnement, de couper les subventions aux associations de 15 % de façon générale et jusqu’à 50 % pour certaines d’entre elles, ce ne sont pas moins de 22 associations environnementales actives à Bruxelles dans des secteurs très divers (qualité de l’air, alimentation, consommation d’énergie, gestion de l’eau, aménagement du territoire, protection de la nature en ville,...) qui se sont réunies pour publier une carte blanche dans La Libre Belgique et Brussel Deze Week ce mercredi 6 mai. Le même jour la Ministre était interpellée au Parlement bruxellois sur cette question.

Lire la suite sur le site d'Inter-Environnement-Bruxelles

mardi 5 mai 2015

La Cour constitutionnelle slovaque a annulé la surveillance de masse des citoyens

La loi autorisant la surveillance de masse et à grande échelle des citoyens (dite de conservation des données) appartient désormais au passé.

La Cour constitutionnelle de la République slovaque a déclaré la surveillance de masse des citoyens inconstitutionnelle. La décision a été rendue dans une procédure engagée par 30 membres du Parlement, au nom de la Société Institut européen d'information (EISI), un think-tank basé en Slovaquie.

Lors d'une séance à huis-clos, la Grande Chambre de la Cour constitutionnelle a estimée que les dispositions de la Loi n ° 351 (Act No. 351/2011 Coll.) sur les communications électroniques qui exigeait jusqu'alors des fournisseurs de réseaux mobiles de tracer les communication de leurs utilisateurs, ainsi que les dispositions du § 116 du Code pénal (loi n° 301/2005 Coll.) et § 76 du Police Force Act (Loi n ° 171/1993 Coll.) qui autorisaenit l'accès à ces données contrevenaient aux droits garantis par la Constitution des citoyens à la vie privée et aux données personnelles. En conséquence, ces dispositions ont perdu leur effet contraignant.

Conformément aux dispositions désormais invalidées de la loi sur les communications électroniques, les fournisseurs ont été obligés de stocker des données de trafic, les données de localisation et des données sur les parties communicantes durant une période de 6 mois (dans le cas d'Internet, par courriel ou VoIP communication) ou pour une période de 12 mois (pour toute autre communication). Par conséquent, les données sur l'usager, la durée, l'heure et le moyen de communication étaient stockées. Les données concernant les appels avortés étaient stockées de la même manière. En outre, le cadre juridique régissant l'accès aux données conservées était totalement arbitraire et beaucoup plus laxiste que les dispositions comparables sur les écoutes téléphoniques.

(...)

La décision de la Cour constitutionnelle de la République slovaque intervient près d'un an après que la Cour de justice de l'Union européenne a proclamé la Directive sur la conservation des données invalide au printemps 2014. A cette époque, la Cour constitutionnelle de Slovaquie avait rapidement réagi en suspendant le collecte de données au moyen d'une mesure conservatoire. Aujourd'hui, la collecte de données est complètement annulée.

Source : EISI

Liste des députés ayant approuvé la loi renseignement

Face à l'union nationale manifestée par des Député(e)s n'ayant pas hésité à livrer leurs concitoyens à l'arbitraire des moyens de surveillance à la discrétion du Premier Ministre, le Musée de l'Europe & de l'Afrique appelle à exclure individuellement de tout mandat électif lors des échéances électorales futures les complices de cet attentat contre les libertés républicaines, à boycotter toute manifestation publique où ils se présenteraient et à toute autre forme de dénonciation de la forfaiture de nos représentants institutionnels..

source : Assemblée Nationale

Groupe socialiste, républicain et citoyen (288 membres)

Pour: 252

Ibrahim Aboubacar Patricia Adam Sylviane Alaux Jean-Pierre Allossery François André Nathalie Appéré Kader Arif Christian Assaf Joël Aviragnet Pierre Aylagas Jean-Marc Ayrault Alexis Bachelay Guillaume Bachelay Jean-Paul Bacquet Dominique Baert Gérard Bapt Frédéric Barbier Serge Bardy Ericka Bareigts Christian Bataille Delphine Batho Marie-Noëlle Battistel Philippe Baumel Catherine Beaubatie Marie-Françoise Bechtel Jean-Marie Beffara Luc Belot Karine Berger Chantal Berthelot Gisèle Biémouret Philippe Bies Erwann Binet Yves Blein Daniel Boisserie Christophe Borgel Florent Boudié Marie-Odile Bouillé Christophe Bouillon Brigitte Bourguignon Malek Boutih Émeric Bréhier Jean-Louis Bricout Jean-Jacques Bridey François Brottes Isabelle Bruneau Gwenegan Bui Sabine Buis Jean-Claude Buisine Sylviane Bulteau Vincent Burroni Alain Calmette Jean-Christophe Cambadélis Colette Capdevielle Yann Capet Christophe Caresche Marie-Arlette Carlotti Martine Carrillon-Couvreur Christophe Castaner Laurent Cathala Jean-Yves Caullet Guy Chambefort Jean-Paul Chanteguet Marie-Anne Chapdelaine Guy-Michel Chauveau Jean-David Ciot Alain Claeys Jean-Michel Clément Marie-Françoise Clergeau Romain Colas Philip Cordery Valérie Corre Jean-Jacques Cottel Catherine Coutelle Jacques Cresta Pascale Crozon Frédéric Cuvillier Seybah Dagoma Yves Daniel Carlos Da Silva Pascal Deguilhem Florence Delaunay Michèle Delaunay Guy Delcourt Pascal Demarthe Sébastien Denaja Françoise Descamps-Crosnier Sophie Dessus Jean-Louis Destans Michel Destot Fanny Dombre-Coste René Dosière Sandrine Doucet Philippe Doucet Françoise Dubois Jean-Pierre Dufau Anne-Lise Dufour-Tonini Françoise Dumas William Dumas Jean-Louis Dumont Jean-Paul Dupré Yves Durand Philippe Duron Olivier Dussopt Henri Emmanuelli Corinne Erhel Sophie Errante Marie-Hélène Fabre Olivier Faure Alain Fauré Hervé Féron Richard Ferrand Geneviève Fioraso Hugues Fourage Jean-Marc Fournel Valérie Fourneyron Michèle Fournier-Armand Michel Françaix Christian Franqueville Jean-Claude Fruteau Jean-Louis Gagnaire Yann Galut Guillaume Garot Hélène Geoffroy Jean-Marc Germain Jean Glavany Yves Goasdoué Geneviève Gosselin-Fleury Pascale Got Marc Goua Estelle Grelier Jean Grellier Edith Gueugneau Élisabeth Guigou Chantal Guittet David Habib Razzy Hammadi Benoît Hamon Joëlle Huillier Sandrine Hurel Christian Hutin Monique Iborra Françoise Imbert Michel Issindou Éric Jalton Serge Janquin Henri Jibrayel Régis Juanico Armand Jung Laurent Kalinowski Marietta Karamanli Philippe Kemel Chaynesse Khirouni Bernadette Laclais Conchita Lacuey François Lamy Anne-Christine Lang Colette Langlade Jean Launay Jean-Luc Laurent Jean-Yves Le Bouillonnec Gilbert Le Bris Anne-Yvonne Le Dain Jean-Yves Le Déaut Viviane Le Dissez Michel Lefait Dominique Lefebvre Annie Le Houerou Annick Le Loch Patrick Lemasle Catherine Lemorton Christophe Léonard Annick Lepetit Jean-Pierre Le Roch Bruno Le Roux Arnaud Leroy Michel Lesage Bernard Lesterlin Serge Letchimy Michel Liebgott Martine Lignières-Cassou Audrey Linkenheld François Loncle Gabrielle Louis-Carabin Lucette Lousteau Victorin Lurel Jacqueline Maquet Marie-Lou Marcel Jean-René Marsac Philippe Martin Frédérique Massat Sandrine Mazetier Michel Ménard Patrick Mennucci Kléber Mesquida Philippe Nauche Nathalie Nieson Robert Olive Maud Olivier Monique Orphé Michel Pajon Luce Pane Rémi Pauvros Germinal Peiro Hervé Pellois Jean-Claude Perez Sébastien Pietrasanta Martine Pinville Christine Pires Beaune Philippe Plisson Élisabeth Pochon Napole Polutélé Pascal Popelin Dominique Potier Régine Povéda Christophe Premat Joaquim Pueyo François Pupponi Catherine Quéré Valérie Rabault Monique Rabin Dominique Raimbourg Marie Récalde Eduardo Rihan Cypel Alain Rodet Frédéric Roig Bernard Roman Gwendal Rouillard René Rouquet Alain Rousset Boinali Said Béatrice Santais Odile Saugues Gilbert Sauvan Christophe Sirugue Julie Sommaruga Pascal Terrasse Sylvie Tolmont Jean-Louis Touraine Stéphane Travert Catherine Troallic Cécile Untermaier Jean-Jacques Urvoas Daniel Vaillant Jacques Valax Clotilde Valter Michel Vauzelle Fabrice Verdier Michel Vergnier Patrick Vignal Jean-Michel Villaumé Jean Jacques Vlody Paola Zanetti

Groupe de l'union pour un mouvement populaire (198 membres)

Pour: 143

Damien Abad Elie Aboud Bernard Accoyer Nicole Ameline Benoist Apparu Laurence Arribagé Julien Aubert Olivier Audibert-Troin Jean-Pierre Barbier Jacques Alain Bénisti Xavier Bertrand Marcel Bonnot Jean-Claude Bouchet Valérie Boyer Philippe Briand Bernard Brochand Dominique Bussereau Olivier Carré Gilles Carrez Yves Censi Jérôme Chartier Luc Chatel Gérard Cherpion Guillaume Chevrollier Alain Chrétien Jean-Louis Christ Dino Cinieri Éric Ciotti Jean-François Copé François Cornut-Gentille Jean-Louis Costes Édouard Courtial Jean-Michel Couve Marie-Christine Dalloz Gérald Darmanin Olivier Dassault Bernard Deflesselles Lucien Degauchy Rémi Delatte Jean-Pierre Door Dominique Dord David Douillet Marianne Dubois Christian Estrosi Daniel Fasquelle Georges Fenech François Fillon Marie-Louise Fort Yves Foulon Marc Francina Yves Fromion Laurent Furst Sauveur Gandolfi-Scheit Annie Genevard Guy Geoffroy Bernard Gérard Alain Gest Daniel Gibbes Franck Gilard Georges Ginesta Charles-Ange Ginesy Jean-Pierre Giran Philippe Gosselin Philippe Goujon Claude Greff Arlette Grosskost Serge Grouard Jean-Claude Guibal Christophe Guilloteau Michel Heinrich Michel Herbillon Antoine Herth Guénhaël Huet Sébastien Huyghe Christian Jacob Denis Jacquat Christian Kert Nathalie Kosciusko-Morizet Jacques Kossowski Patrick Labaune Valérie Lacroute Marc Laffineur Jacques Lamblin Jean-François Lamour Guillaume Larrivé Charles de La Verpillière Thierry Lazaro Alain Leboeuf Isabelle Le Callennec Marc Le Fur Bruno Le Maire Jean Leonetti Pierre Lequiller Philippe Le Ray Geneviève Levy Gilles Lurton Jean-François Mancel Alain Marleix Philippe Armand Martin Patrice Martin-Lalande Alain Marty Jean-Claude Mathis François de Mazières Gérard Menuel Damien Meslot Pierre Morange Alain Moyne-Bressand Jacques Myard Dominique Nachury Yves Nicolin Patrick Ollier Valérie Pécresse Jacques Pélissard Axel Poniatowski Josette Pons Didier Quentin Frédéric Reiss Jean-Luc Reitzer Bernard Reynès Camille de Rocca Serra Sophie Rohfritsch Martial Saddier Paul Salen François Scellier Claudine Schmid André Schneider Jean-Marie Sermier Michel Sordi Éric Straumann Claude Sturni Michèle Tabarot Guy Teissier Michel Terrot Jean-Marie Tetart Dominique Tian François Vannson Catherine Vautrin Patrice Verchère Jean-Pierre Vigier Philippe Vitel Laurent Wauquiez Éric Woerth Marie-Jo Zimmermann

Groupe de l'union des démocrates et indépendants (30 membres)

Pour: 17

Stéphane Demilly Philippe Folliot Meyer Habib Francis Hillmeyer Sonia Lagarde Jean-Christophe Lagarde Michel Piron Franck Reynier François Rochebloine Maina Sage Rudy Salles André Santini François Sauvadet Jean-Paul Tuaiva Philippe Vigier François-Xavier Villain Michel Zumkeller

Groupe écologiste (18 membres)

Pour: 5

Éric Alauzet Denis Baupin Christophe Cavard François-Michel Lambert François de Rugy

Groupe radical, républicain, démocrate et progressiste (18 membres)

Pour: 17

Jean-Noël Carpentier Ary Chalus Gérard Charasse Jeanine Dubié Olivier Falorni Paul Giacobbi Joël Giraud Gilda Hobert Jacques Krabal Jérôme Lambert Jean-Pierre Maggi Jacques Moignard Dominique Orliac Thierry Robert Stéphane Saint-André Roger-Gérard Schwartzenberg Alain Tourret

Groupe de la gauche démocrate et républicaine (15 membres)

Pour: 3

Bruno Nestor Azérot Marc Dolez Gabriel Serville

Non inscrits (9 membres)

Pour: 1

Sylvie Andrieux

Loi Renseignement : Tous sauf Charlie ?

Le livre de l’ante-Christ Emmanuel Todd ressuscita temporairement et opportunément la saturation des ondes sur le thème de la « liberté de caricaturer le Prophète » au moment même où un Patriot Act à la française (la liberté d’espionner tout le monde) était adopté par une représentation nationale servilement aux ordres d’appareils politiques bureaucratiques et autoritaires. Le Premier Ministre avait bien sûr juré sur les cadavres encore chauds de ceux que son Ministre de l’Intérieur s’était tragiquement révélé incapable de protéger d’une menace officiellement déclarée, qu’il n’y aurait point de lois d’exception pour parer à cette incompétence carabinée. Personne ne l’avait bien entendu cru, considérant la trajectoire fleurant de plus en plus les années 30 d’un ambitieux boutonneux confondant Police et Viagra, Libertés Publiques et Inquisition, Laïcité et Fille aînée de l’Église, et obstiné au plagiat servile de ce qui se fait de pire ailleurs en matière de régressions historiques sous couvert d’idéaux pompiers tartinés de la façon la plus obscène.

C’est donc entre trois questions bleues relevant de la dernière réforme du catéchisme républicain portant sur Emmanuel Todd, les jupes longues et la liberté artistique de Luz de ne pas dessiner Mahomet, que l’urgentiste Patrick Pelloux, un des chroniqueurs de Charlie Hebdo, fut amené à oindre la loi « Renseignement » :

Quel regard portez-vous là-dessus ? C’est une loi Charlie après tout, d’une certaine façon, c’est de là qu’elle découle. Il y a beaucoup de gens qui pensent qu’elle est liberticide, ça vous choque vous cette loi ou pas ?

Moi cette loi ne me choque pas, parce que je considère, mais là c’est mon travers d’urgentiste, nous sommes dans l’urgence, nous n’avons pas vu que des terroristes qui salissent tout ce qu’ils touchent, qui tuent tout le monde, qui tuent des musulmans qui tuent des juifs qui tuent des enfants qui tuent des policiers qui tuent des femmes des hommes etc., il faut les combattre. Donc on peut toujours espérer leur faire des bisous, ça ne marchera pas. Donc quelque part, la France et l’État doit rester un État de droit, se défendre, je n’ai pas l’impression que ce soit une loi liberticide, pour moi c’est une loi qui va défendre et qui va protéger. Après qu’elle soit revue lorsque la paix, en quelque sorte, sera retrouvée, il faudra probablement la revoir, mais pour l’instant elle ne me paraît pas liberticide.

Il était écrit que la liberté subclaquante tentant de s’échapper des sous-sols du Ministère de l’Intérieur tomberait miraculeusement dans les mains de l’urgentiste Patrick Pelloux, spécialiste dans le domaine politique de diagnostics qui, transposés dans le domaine médical, donneraient ce genre de choses: « Je n’ai pas l’impression que ce soit une crise d’appendicite » et « Il ne me paraît pas en arrêt cardiaque ».

Toutes les processions de démocrates n’y firent rien. Patrick Pelloux, sans doute inspiré par l’Esprit Saint du 11 janvier (même si les Infidèles et même les agnostiques crurent reconnaître dans la voix de Gabriel celle de Manuel Valls et refusent toujours de croire aux miracles gouvernementaux), en pleine crise mystique de « l’impression » se saisit du goupillon de Saint Charlie et en baptisa l’avènement de l’État Policier du XXIème siècle.

Tendant la coupe au Grand Inquisiteur, il déclara : « Ceci est leur sang ».

dimanche 3 mai 2015

Musée de la Tunisie

Le Musée de l'Europe & de l'Afrique prépare l'inauguration de ses salles consacrées à la Tunisie.

Nous lançons un appel aux explorateurs et aux collectionneurs afin d'alimenter nos collections.

drapeau.PNG Don de Patrick Taliercio (numéro d'inventaire TUN203)

vendredi 1 mai 2015

Anti-terrorisme et répression des mouvements sociaux : le miroir grossissant tunisien

Tunisie: Des intellectuels appellent le gouvernement à sanctionner les grévistes

Un groupe d’intellectuels et d’activistes de la société civile ont averti le chef du gouvernement contre les retombées des grèves qui se multiplient en Tunisie.

L’avertissement a été transmis, jeudi 30 avril 2015, au locataire du Palais de la Kasbah par le biais d’un huissier de justice.

Selon les auteurs de l’avertissement, les grèves sont certes légitimes, mais le pays a besoin d’une trêve sociale pour sortir de la grave crise où il trouve, en raison notamment des grèves anarchiques, qui se suivent, se multiplient et touchent tous les secteurs, risquant de conduire à l’instabilité sociale, d’affecter plus gravement encore l’économie nationale et de préparer ainsi le terrain aux extrémistes religieux de l’Etat islamique (Daêch).

Selon ‘‘Assabahnews’’, les salafistes jihadistes, qui contrôlent des régions entières dans la Libye voisine où ils disposent de camps d’entrainement et d’armement de guerre, pourraient, en effet, profiter du climat d’instabilité sociale et de crise économique, pour s’introduire dans le territoire tunisien et y mener des attaques terroristes.

Les auteurs de l’avertissement vont jusqu’à demander au gouvernement de sanctionner tous les grévistes, seule solution pour mettre fin à la dégradation de la situation socio-économique dans le pays.

Source : Kapitalis

jeudi 30 avril 2015

Journal intime d'une jeunesse Tunisienne

Nous sommes ceux qu’on traite de bons à rien, d’irresponsables, d’incapables, de chômeurs, de terroristes, d’alcooliques, de schizophrènes…

Nous sommes nés à l’époque de Ben Ali, ceux qui n’ont pas connu Bourguiba, ceux que la génération précédente traite d’incultes, d’ignares ou d’impolis…

Nous sommes ceux qui risquent leurs vies au fond d’une mer méditerranée qui sert de carte postale pour ceux qui sont dans l’autre rive…

Nous sommes ceux qui choisissent de se jeter à la mer à la recherche d’une vieille blondasse qui leur garantirait un avenir meilleur à coups d’allocations et de primes de chômage…

Ceux qui se baladent dans les rues de Naples ou de Paris, sans papiers, sans identité, mais avec un iPhone dernier cri qui joue du Mezoued à tue-tête et des baskets de marque couleur fluo comme signe de réussite…

Nous sommes ceux qui triment leur race à la recherche d’un emploi, les stagiaires à durée indéterminée, les contractuels à durée déterminée et les chômeurs à vie, ceux qui passent les concours, qui repassent les concours et qui re-repassent les mêmes concours sans jamais voir le bout du tunnel…

Nous sommes ceux qui terminent leurs études à 25 ans, qui chôment jusqu’à 30 ans, qui rament jusqu’à 40, et qui à 50 attendront impatiemment la retraite anticipée, une retraite pas dorée du tout…

Lire le texte de Sarra Fazaa paru sur le site Nawaat

mardi 28 avril 2015

"Nous ne sommes qu’un miroir… "

Lors de la manifestation rituelle célébrant le "bac sport" en Tunisie, des élèves ont déployé des œuvres de leur composition célébrant Hitler et Daesh, immédiatement dénoncées par tout ce que le pays compte de vierges sécuritaires outragées acharnées à détruire la jeunesse du pays. Une jeunesse qui, après la barbe et le Niqab, ne sait manifestement plus quel bras d'honneur adresser à la petite-bourgeoisie intellectuelle tunisienne.

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Mehdi, "bras cassé au cerveau débile et immobile" répond dans Nawaat à la tribune publiée par un certain professeur Ali GANNOUN, enseignant-chercheur à l'Université de Montpellier, parue sous le titre éminemment "méritocratique" : « Dakhlet el bac » : ce tifo de dégénérés

Nous ne sommes qu’un miroir … nous ne sommes qu’une conséquence et une continuité de ce que vous avez commencé. Nous n’avons pas choisi de naître dans un pays du tiers monde, dirigé par un bandit cocu, sa garce et leurs bâtards et peuplé par des lâches qui n’ont jamais daigné ouvrir la bouche face à l’injustice et à la médiocrité dans laquelle ils vivent. Nous n’avons pas choisi d’avoir des enseignants qui ne cessaient d’insulter leurs classes à longueur de journée et de traiter leurs élèves de cancres et de vauriens, exactement comme vous le faites. Je n’ai pas choisi de ne trouver aucun lieu pour m’accueillir, étant jeune, où je peux me divertir et développer mes talents. Je n’ai pas choisi de trouver refuge dans la rue et dans le virage qui vous pose apparemment problème. C’est dans cette même rue et dans cette même Curva que j’ai compris que nous vivions dans la merde, que mes rêves ne comptaient pas vraiment car ils n’allaient fort probablement jamais voir le jour. C’est là aussi que j’ai appris à accepter la vérité et à l’affronter en étant un homme. J’ai appris à ne jamais baisser la tête devant l’oppression, à ne jamais craindre la brutalité de l’État, à ne jamais la fermer, à ne jamais accepter de voir mes frères se faire tabasser par terre sans rien faire. C’est là aussi, et grâce aux grands, que j’ai appris à contrôler ma colère, que j’ai appris à travailler dur pour espérer un jour devenir capable de changer la merde dans laquelle vous nous avez pondus et dont vous êtes en grande partie responsables. Nous on l’a juste trouvée là, on l’a éparpillée sur du tissu et on l’a pendue assez haut pour que vous puissiez l’admirer. Assez haut pour que vous puissiez redescendre sur terre, admettre vos erreurs et sauver ce qu’il reste à sauver.

Lire l'intégralité sur le site de Nawaat

Tunisie : rétablissement de la force et du prestige de la police

Quatre ans après le départ de Ben Ali, la Tunisie n’arrive, toujours, pas à tourner la page de la dictature policière. Juste la semaine dernière, la presse nationale s’est félicitée du retour en force d’Ali Seriati, l’homme de confiance de Ben Ali et le patron de sa garde présidentielle. Lors d’une cérémonie d’hommage aux anciens cadres du Ministère de l’Intérieur, l’Union Nationale des Syndicats des Forces de l’Ordre annonce la création d’un conseil des « sages » cadres du Ministère de l’Intérieur.

Ce conseil des anciens aura pour missions l’encadrement des agents de sécurité, la réforme du ministère de l’Intérieur, le rétablissement de la force et du prestige de la police et la lutte contre le terrorisme. « Victimes de diabolisation et d’exclusion arbitraire », selon certains médias, les anciens cadres du régime policier doivent mettre à la disposition de la nouvelle génération leur « expertise ». Le journal Al Chourouk, le seul média présent à cet événement, a confirmé, dans un article controversé par son style partisan, que le conseil va jouer « un rôle déterminant dans les réformes nécessaires au sein de l’appareil sécuritaire ».

Rappelons que l’ancien ministre de la Défense Ridha Grira a ordonné l’arrestation d’Ali Seriati, le 14 janvier 2011, peu après le départ de Ben Ali vers l’Arabie Saoudite. Le 12 août 2011, il était acquitté pour complicité de falsification de passeports avec lesquels Ben Ali et sa famille ont pris la fuite. Le 13 juin 2012, le tribunal militaire du Kef annonce un non-lieu pour Seriati concernant des ordres de répression dans les événements de janvier 2011 à Thala et Kasserine. Le 19 juillet, le tribunal militaire de Tunis le condamne à 20 ans de prison dans le procès des martyrs et blessés de la révolution. En avril 2013, cette peine a été ramenée en appel à seulement trois ans de prison et un non-lieu dans l’affaire d’un martyr et de deux blessés de Sfax.

Lire l'article d'Henda Chennaoui paru sur le site Nawaat, sous le titre : Les sages bourreaux et tortionnaires de Ben Ali reviennent pour « corriger » la révolution

vendredi 24 avril 2015

Morts en Méditerranée : le déshonneur du Conseil européen

Bruxelles, le 24 avril 2015

En ce mauvais jour du 23 avril 2015, le Conseil européen qui devait enfin « agir » sur une situation « dramatique » en Méditerranée, s’est contenté de tenter de mettre l’Union européenne et ses États membres à l’abri des migrants en renforçant la protection de ses frontières. A ces milliers d’êtres humains, femmes, hommes et enfants qui risquent la mort, et souvent la trouvent, en tentant de rejoindre des lieux pour se reconstruire et vivre, les chefs de gouvernement européens, réunis à grand bruit, n’ont eu qu’un seul message à leur envoyer : « Sécurité ! ». Ils n’ont pas cherché à sortir d’une concurrence entre les Etats membres, essayant chacun de prendre le moins possible des migrants après avoir rejeté tous les autres. Quant au mot « accueil », il ne fait pas partie du vocabulaire des chefs de gouvernement. Lutte contre l’émigration avec l’appui des pays tiers, reconduite à la frontière, refoulement, rétention dans les centres spécialisés, pénalisation de l’entrée... Voilà ce que vont connaître les survivants quand elles et ils auront fini de compter leurs morts. Le Conseil européen en prenant ces mesures honteuses considère que sa responsabilité n’est pas engagée. Il ajoute ainsi aux morts son propre déshonneur. Les associations et organisations qui à travers l’Europe défendent les droits de toute personne à vivre quelque part en sûreté, ne peuvent l’accepter et décideront dans les semaines à venir des moyens pour s’opposer à cette politique mortifère.

Lire la liste des signataires

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