Musée de l'Europe et de l'Afrique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi 28 juillet 2015

Stathis Kouvélakis : « Le non n’est pas vaincu, nous continuons »

Résumons à très grands traits. Le 25 janvier 2015, Syriza remporte les élections législatives grecques sur un programme de rupture ; le 5 juillet, c’est un tonitruant « OXI », à 61 %, qui envoie les petits barons de l'ordre européen dans les cordes ; le lendemain, Yánis Varoufákis, ministre des Finances grec, est poussé vers la sortie ; le lundi 13 juillet, le tout-venant apprend que les dix-huit heures de bataille psychologique, à la fameuse « table des négociations », ont eu raison des espoirs mis dans le gouvernement grec : capitulation en rase campagne, entend-on. La couleuvre de l’austérité avalée contre un hypothétique rééchelonnement de la dette. « J’assume la responsabilité d’un texte auquel je ne crois pas », affirme Tsipras à la télévision publique grecque. Mercredi, le comité central de Syriza rejette l’accord et dénonce « un coup d’État contre toute notion de démocratie et de souveraineté populaire ». Les ministères démissionnaires partent en claquant la porte, le texte passe avec les voix de la droite et de la social-démocratie grecques, les grèves générales repartent et la place Syntagma s’enflamme. « Trahison » ; la messe est dite. Pour Stathis Kouvélakis, philosophe francophone, membre du Comité central de Syriza et figure de la Plateforme de gauche, l’équation s'avère toutefois plus complexe, si l'on tient à prendre toute la mesure de ces récents événements. Entretien pour y voir plus clair et, surtout, organiser la riposte.

lire l'interview sur le site de balast

Discours de Zoe Konstantopoulou au Parlement grec le 22 juillet 2015

En ma capacité de Présidente du Parlement, j’ai écrit au Président de la République grecque, M. Prokopis Pavlopoulos et au Premier ministre Alexis Tsipras pour leur faire remarquer qu’il est de ma responsabilité institutionnelle de souligner que les conditions dans lesquelles cette loi est présentée n’offre aucune garantie que la Constitution sera respectée, pas plus que le processus démocratique que doit favoriser le Parlement dans l’exercice du pouvoir législatif, pas plus qu’elle ne permet aux députés de voter en conscience. Nous nous trouvons dans une situation de chantage flagrant exercé par les gouvernements d’autres États membres de l’Union européenne sur ce gouvernement et sur les membres du parlement. En effet comme le reconnaît le Ministre de la Justice que je respecte profondément comme il le sait, à cause des exigences d’autres États membres, le parlement ne peut pas amender le texte de cette loi qui constitue une intervention majeure dans le fonctionnement de la justice et dans l’exercice des droits fondamentaux des citoyens, d’une manière qui nie le fonctionnement de la démocratie grecque en tant qu’État de droit qui doit préserver la séparation des pouvoirs selon la Constitution ainsi que le principe de jugements équitables.

Lire l'intégralité du discours sur le site du CADTM

samedi 25 juillet 2015

Grèce : six mois pour rien ?

facadisme.jpg Image extraite du film de Gwenaël Breës, "Façadisme Choucroute et Démocratie"

"Vu de près, c'est un vote de classe : environ 70% pour le "Non" dans les quartiers ouvriers et 70% pour son contraire dans les quartiers de la classe supérieure."

Lire l'article de Gwenaël Breës sur l blog de la Revue Balast.

Écouter les entretiens du Musée de l'Europe à La Radio La Locale avec Gwenaël Breës des:

7 juillet 2015

et

17 juillet 2015

mercredi 22 juillet 2015

Abolition du parlementarisme en Grèce

À M. le Président de la République, M. Prokopis Pavlopoulos

À M. le Premier ministre, M. Alexis Tsipras

Du fait de mes devoirs institutionnels, je vous signale que les conditions dans lesquelles est introduit au débat le projet de loi « Mesures urgentes de mise en œuvre de la L.4334/2015», composé du texte déposé dans la nuit du 20 au 21 juillet 2014, comportant 977 pages, incluant tous les textes que les parlementaires doivent étudier et prendre en considération afin de former un avis et de voter selon la procédure d’urgence dans la journée en cours, et qui contient :

1) en 1 article (article premier) les 8 articles du Code de procédure civile et ceux de la loi d’introduction du Code de procédure civile, et

2) en un article (article 2) les 130 articles relatifs à la transposition au droit grec d’une directive de l’UE (NdT : directive sur les banques et le bail-in, entre autres)

ne garantissent pas que la Constitution soit respectée, que le fonctionnement démocratique soit protégé, que le pouvoir législatif du Parlement soit exercé ni que les parlementaires votent selon leur conscience.

Sous un régime de chantage plus qu’évident, provenant de gouvernements étrangers- membres de l’UE, et dirigé contre le Gouvernement grec et les parlementaires, il est introduit et, qui plus est, «sans la possibilité d’introduire le moindre amendement», un texte législatif qui entreprend une intervention majeure sur le fonctionnement de la Justice et sur l’exercice des droits des citoyens, de manière qui abolit tant le fonctionnement de la République grecque en tant qu’état social de droit, où la séparation des pouvoirs peut fonctionner, que la préservation du principe du procès équitable.

Des Ministres qui ne sont pas d’accord avec son contenu sont contraints d’introduire ce texte au Parlement, alors qu’ils s’y opposent directement, tandis que des parlementaires, qui s’opposent également à son contenu, sont contraints de voter pour.

Le tout sous menace directe de faillite désordonnée.

Il s’agit d’un acte législatif qui provient de la dernière période parlementaire, déposé par l’ancien ministre de la Justice, M. Ch. Athanasiou, concernant lequel, en décembre 2014, les avocats de l’intégralité du pays avaient été invités à se prononcer dans le cadre d’un référendum organisé sous l’égide de l’Assemblée générale des présidents des barreaux du Pays, et dont le résultat était le rejet du projet de loi, avec une majorité de plus de 93% des avocats qui ont voté contre.

En outre, contre le projet de loi ce sont exprimés également les représentants de la Justice, les assemblées administratives des Tribunaux et, dans l’ensemble, les acteurs sociaux intéressés. Les deux partis au gouvernement s’étaient engagés avant les élections nationales de ne pas introduire ledit acte législatif et aucun des deux n’a changé d’avis ni de position quant au fond du texte.

Le fait que ce texte législatif ait été choisi par des gouvernements étrangers, participant au Sommet européen, comme « pré-requis » c’est-à-dire, comme condition pour entamer des négociations en vue d’une solution (NdT: solution au « problème grec »), montre la taille du dédain dont font preuve lesdits gouvernements étrangers envers les principes du fonctionnement du parlement, de la souveraineté populaire et, enfin, de la démocratie.

La responsabilité institutionnelle de tous est énorme. En assumant ma responsabilité en tant que Présidente du Parlement, je vous demande d’informer vos homologues à propos de ma lettre présente que je notifierai par la suite à mes homologues de toute l’Europe, à la suite de mes interventions antérieures, de mes propositions et de ma lettre récente au Président du Parlement européen, M. Martin Schultz, qui a été notifiée aux membres du Parlement européen.

Cette attaque violente contre la Démocratie ne peut pas être commise dans le contexte de l’Union européenne. Et elle ne peut certainement pas être commise dans le silence.

Athènes, le 22 juillet 2015

Avec honneur,

La Présidente du Parlement grec

Zoé Ν. Konstantopoulou

via le blog Kristina traduction parue sous le titre "Lettre de Zoé Konstantopoulou : Le Parlement vote sous le chantage et la menace"

mardi 21 juillet 2015

Grèce : les conséquences de la capitulation

ChildrenSlaughter.png

Alexis Tsipras a remplacé 6 ministres et vice-ministres (membres de la plate-forme de gauche au sein de Syriza) qui s’étaient prononcés contre l’accord du 13 juillet, par des membres de Syriza qui soutiennent la nouvelle orientation. Alexis Tsipras a également démissionné un des porte-paroles du groupe parlementaire. Il s’agit d’Athanasios Petrakos qui a également voté non et qui avait appelé avec 54 autres députés (au départ ils étaient 49) à la convocation d’une plénière du parlement pour débattre des conclusions préliminaires du rapport d’audit (présenté au parlement grec les 17 et 18 juin 2015). Si le changement de la composition du gouvernement est de la compétence du premier ministre, il n’en va pas de même de la désignation des porte-paroles du groupe parlementaire de Syriza. Seul, le groupe parlementaire pouvait prendre une telle décision.

A l’aide de nouvelles dettes qu’elle vient de contracter auprès des créanciers publics européens dans le cadre du nouvel accord, le 20 juillet, la Grèce a repris ses paiements au FMI et s’apprête à rembourser la BCE.

Il est probable qu’on aille vers d’autres changements négatifs.

Alexis Tsipras et la partie de Syriza qui le suit risquent bien d’adopter une politique de justification de l’inacceptable capitulation. Ils dépendent désormais de l’apport des voix de Nouvelle démocratie, de To Potami et du Pasok pour avoir une majorité. Cela pourrait changer si Tsipras remettait en cause sa capitulation et provoquait un nouveau vote au parlement pour rejeter l’accord. On voudrait y croire mais franchement cela paraît exclu. Même si, comme il faut l’espérer, les 39 députés qui n’ont pas voté pour l’accord maintiennent leur position et refusent de voter des lois qui prolongent et approfondissent l’austérité, la Nouvelle Démocratie, le principal parti de droite (il fait partie de la famille politique de Merckel, Juncker, Rajoy,...) et les créanciers, imposeront leurs conditions à Tsipras.

En mai 2015, Alexis Tsipras s’était engagé devant le comité central de Syriza à ne pas signer d’accord sans une réunion préalable de cette instance de direction du parti. Il n’a pas tenu parole. Rappelons que lors de la réunion du CC du 24 mai, 75 membres avaient voté pour une radicalisation des positions (suspension du paiement de la dette, nationalisation des banques, la taxation des grosses fortunes, le rétablissement des droits des travailleurs,… Cette proposition avait été rejetée par 95 membres. Alexis Tsipras n’a pas convoqué le comité central entre le 13 et le 15 juillet. Le 15 juillet, une dizaine d’heures avant la capitulation du parlement, 109 membres du CC, c’est-à-dire une majorité, ont signé une lettre pour exprimer leur opposition à l’accord du 13 juillet. Les deux principales régions du parti (Athènes et Thessalonique) s’étaient également prononcées contre l’accord, de même que l’organisation nationale de jeunesse de Syriza. Par la suite, plus de dix régions du parti ont fait de même. Pourtant le Comité central ne s’est pas encore réuni alors qu’une telle réunion s’impose dans un fonctionnement démocratique d’un parti confronté à des choix dramatiques.

Quand un dirigeant politique prend un tel cap, l’engrenage peut être fatal : la limitation de la démocratie dans le groupe parlementaire et dans le parti est utilisée pour mettre en pratique la nouvelle orientation

Lire l'article d'Eric Toussaint sur le site du CADTM

Soirée autour du film de Patrick Taliercio : La Seconde fugue d'Arthur Rimbaud

affiche2.jpg

Mardi 28 juillet 2015

Au Centre Social Auto-géré, Le Palmier, 59 avenue du maréchal foch, Saint-Girons

18h00 Écoute du documentaire sonore « Thomé Génot, Prends l'oseille et tire-toi »

19h00 Débat "Rimbaud et la désindustrialisation", animé par la radio La Locale

20h00 Auberge Espagnole, Apéro Pétanque

21h30 Euroland, un court-métrage de Patrick Taliercio

22h00 La Seconde fufgue d'Arthur Rimbaud, suivie d'une discussion avec le réalisateur

''La seconde fugue d'Arthur Rimbaud est une aventure de dix ans. Les premiers repérages de ce documentaire de création ont été effectués en 2005, année durant laquelle le projet a reçu une aide au développement de la part de la Communauté Française de Belgique. C'est d'abord la marotte d'un étudiant marseillais sortant de l'INSAS (Institut Supérieur des Arts du Spectacle de Bruxelles) qui ne connaissait de la Belgique à son arrivée en 2000 que ce qu'en avait écrit Rimbaud, trois poèmes en particulier : Au Cabaret-Vert, La Maline, L'éclatante victoire de Sarrebrück. Patrick Taliercio repart donc sur les lieux, remonte à pieds le trajet de la fugue jusqu'à Charleville-Mézières. En 2006, la fermeture des ateliers Thomé-Génot à Nouzonville vient ajouter un épisode à la série des pillages d'industries à laquelle semble abonnée la vallée de la Meuse. Le film se précise peu à peu comme un aller-retour passé-présent, marchant d'un pied tout aussi bien littéraire que politique.

Découverte d'un inédit

En 2007, le film reçoit une aide à la production de la Communauté Française de Belgique que vient compléter le Centre Vidéo de Bruxelles (CBA.) Différentes aides sont par contre refusées côté français. Seule la direction des musées de Charleville-Mézières accorde une résidence artistique d'un mois et demi dans la Maison des ailleurs située dans l'une des anciennes demeures de la famille Rimbaud. C'est là que le tournage commence en mars 2008 alors que la boulonnerie Lenoir & Mernier de Levrézy à Bogny-sur-Meuse fait l'actualité. Entre couverture de ce énième conflit social et exploration des archives rimbaldiennes, Patrick Taliercio découvre fortuitement chez un libraire de Mézières un texte inédit d'Arthur Rimbaud : le Rêve de Bismarck.''

Un trajet, des poèmes

Le tournage du film se poursuit en sillonnant autour de plusieurs étapes à Sedan, Fumay puis Charleroi jusqu'à l'automne 2008. Chaque lieu apporte des éléments venant à la fois compléter des observations faites ailleurs sur la fin du monde ouvrier et ses suites et résonner d'une manière ou d'une autre avec l'un des poèmes écrits par Rimbaud au moment de son trajet, à l'aube de l'ère industrielle.

Aris Chatzistefanou : « Si la rébellion contre l’austérité persiste, ils joueront la carte du fascisme »

FascismINC.jpg Voir le film

Le réalisateurAris Chatzistefanou a signé les documentaires « Debtocracy », « Catastroïka » et « Fascism Inc. ».

Athènes (Grèce), envoyée spéciale.

Comment jugez-vous l'accord imposé à Alexis Tsipras par les créanciers et ratifié par la Vouli malgré le « non » massif exprimé par le peuple grec lors du référendum du 5 juillet ?

Aris Chatzistefanou. Pour moi cet accord est une capitulation totale, je n'ai pas d'autre mot. Pour la première fois depuis quarante ans, le peuple grec avait enfin la possibilité de s'exprimer, de décider de son futur et ce gouvernement a finalement décidé de tourner le dos à l'expression de la volonté populaire en reprenant des négociations menant à la même impasse qu'avant le référendum. C'est à se demander s'ils voulaient vraiment gagner ce référendum, s'ils n'espéraient pas un résultat plus serré pour se revendiquer d'un mandat trop confus pour aller à la confrontation. Cela crée une situation de danger, pas seulement pour la Grèce, mais pour toute la gauche en Europe. Walter Benjamin disait du fascisme qu'il prospère sur les décombres des révolutions perdues. En ce sens, si la gauche grecque perd cette bataille, cela enverra un message négatif à tous les partis progressistes et à tous les militants de gauche en Europe mais surtout, cela libèrera l'espace pour les nazis d'Aube dorée, qui sont les héritiers en ligne directe des collaborationnistes grecs durant l'occupation allemande. Ils auront l'opportunité de se présenter comme les seuls représentants d'une ligne anti-système, anti-austérité. Dans la nuit de la ratification de l'accord, leur chef, Nikolaos Michaloliakos, s'est approprié un vocabulaire de gauche pour critiquer le capitalisme, l'Union européenne, la zone euro. Nous sommes face à un sérieux danger.

lire la suite de l'interview par Rosa Moussaoui sur le site de l'Humanité

lundi 20 juillet 2015

Pourquoi j’ai voté contre (par Yanis Varoufakis)

« S’agit-il d’un vrai ou d’un faux chantage ? », c’était la question que nous a posée le Premier ministre, exprimant ainsi le dilemme de conscience odieux qui se posait à nous comme à lui-même. De toute évidence, le chantage était vrai. J’y fus confronté pour la première dans mon bureau, où M. Dijsselbloem me rendit visite le 30 janvier pour me placer face au dilemme « mémorandum ou banques fermées ». Nous savions dès le départ à quel point les créanciers étaient sans scrupules. Et nous avons pris la décision de mettre en pratique ce que nous nous disions l’un à l’autre, encore et encore, lors des longues journées et des longues nuits à Maximou (résidence officielle du Premier ministre, NdT) : nous ferions ce qui est nécessaire pour obtenir un accord viable sur le plan économique. Nous ferions un règlement sans finir sur un compromis. Nous reculerions autant que nécessaire pour atteindre un accord de règlement au sein de la zone euro. Mais, si nous étions vaincus par la logique destructive des mémorandums, nous livrerions les clefs de nos bureaux à ceux qui y croient pour qu’ils viennent appliquer les mémorandums quand nous serions à nouveau dans les rues.

order66.jpg

Plusieurs camarades me disent : « N’est-ce pas mieux que ce soit nous qui tenions les rênes ? Nous qui aimons notre pays et qui avons de bonnes intentions concernant la lutte contre la corruption et l’oligarchie ? » Oui, c’est mieux. Mais, avec quels outils travailler ? La décision du Sommet européen fixe et étend l’absence totale de contrôle social sur les banques, alors que la société sera chargée de 10 à 25 milliards supplémentaires de dettes pour renflouer celles-ci.

Et, comme si cela ne suffisait pas, il se crée un super-TAIPED (fonds d’exploitation de la propriété publique), entièrement sous le contrôle de la troïka (indépendamment du lieu où se trouve le siège de ce fonds), qui privera une fois pour toutes la République hellénique du contrôle sur ses avoirs publics. Et comment l’austérité sera-t-elle freinée lorsqu'un trait de plume d’ELSTAT (agence des statistiques de Grèce que nous avons cédée à la troïka mercredi dernier) déterminera la taille de l’excédent primaire ?

Et, quand la société commencera à ressentir dans ses tripes l’étau des résultats de la nouvelle austérité désastreuse, quand les jeunes et les moins jeunes prendront les rues ou resteront, désespérés, chez eux, confrontés à ces effets -ces gens dont jusqu’à présent nous portions la voix, qui les représentera dorénavant dans l’arène politique ? Le parti qui a introduit ces mesures au Parlement pourra-t-il représenter ces gens en même temps que ses ministres bien-intentionnés seront forcés de défendre ces mesures, au parlement et sur les chaînes de TV, en se faisant la risée de l’opposition au mémorandum ?

Lire l'intégralité du texte sur le site Okeanews

samedi 18 juillet 2015

Discours de Zoé Konstantopoulou en faveur du NON à l’accord imposé par les créanciers

Mesdames et messieurs, chers collègues, si pour certains la question et la responsabilité pèsent lourd, il est important de considérer que dans notre histoire il y a eu des hommes qui ont pris en charge des responsabilités, quand elles sont tombées sur eux, et qui ont opposé de bien plus grandes résistances que ce NON de conscience à ce qui, en effet, doit être repoussé.

incendieAtehenes.jpg

Mesdames et Messieurs mes collègues, ce soir est un jour noir pour la démocratie en Grèce et en Europe. Mais c’est aussi un jour noir pour le Parlement grec, parce qu’avec un chantage cru, provenant de l’Union européenne et s’adressant d’abord au gouvernement et ensuite aux députés, le Parlement est appelé à ratifier, en 2h30 et sans discussions de fond, l’enterrement de sa propre fonction, de céder la souveraineté nationale, et d’hypothéquer les biens publics, en ayant comme horizon leur liquidation par un nouveau et bien plus monstrueux TAIPED (Fonds privé de gestion des biens publics), que mon parti, Syriza, appelait et appelle un “élevage de scandales”. Il est aussi appelé à assumer l’ensemble de la dette et la prise en charge de la totalité des obligations qui y sont liées, alors que cette dette n’est pas soutenable, elle est odieuse, illégitime et illégale. Plus encore, il est appelé à ratifier davantage de réductions des retraites, des réductions qui ont été jugées anticonstitutionnelles par le Conseil d’État et qui avaient été votées en novembre 2012, quand le groupe parlementaire de Syriza entier est sorti avec des panneaux qui disaient ’Vous détruisez le pays, partez maintenant’, et s’est uni ainsi au peuple et à la société, d’où il provient et auquel il appartient.

Le Parlement est appelé à ratifier, davantage de réductions sur les dépenses publiques, malgré le fait que ces dépenses sont en dessous de la moyenne européenne, malgré l’acceptation d’excédents primaires irréalisables qui mèneraient à une plus grande récession, malgré l’acceptation du fait que la procédure démocratique du référendum a généré une perte de la confiance. Il est aussi appelé à ratifier le rétablissement de la confiance par une législation sur commande, dans des échéances irréalisables et avec l’acceptation humiliante de dé-légiférer, d’abolir, des lois que nous avons votées ici au Parlement.

Si ce projet de loi, qui contient des références à un troisième mémorandum à venir, était apporté par les partis de ce pays qui sont pro-mémorandum, c’est-à-dire la Nouvelle Démocratie, le PA.SO.K, Potami, DIM.AR, et LA.O.S, je me serais adressée au Parlement avec un discours dénonçant une à une toutes ses dispositions. Cependant, c’est le gouvernement de la gauche et des forces anti-mémorandum qui amène ce projet de loi, c’est le gouvernement de Syriza et de AN.EL, qui n’a jamais eu comme objectif l’introduction et l’application des mémorandums, mais au contraire, l’exemption de la patrie de ces derniers. Ce gouvernement qui ne croit pas que les mémorandums de la soumission et de l’austérité sont un remède pour l’économie, mais qui soutient depuis plusieurs années qu’il s’agit bien de la mauvaise recette, du poison qui tue la société, et qui sait à quel point ceci est destructeur.

Il n y a aucun doute que le gouvernement agit sous la contrainte, que le Premier ministre a subi le chantage le plus cruel et le plus impitoyable, avec, comme outil de chantage, la survie de son peuple. Et il n’y a aucun doute que si ce chantage est ratifié ce soir, rien n’empêchera sa répétition, non seulement contre nous, mais aussi contre d’autres peuples et d’autres gouvernements.

Lire l'intégralité du discours sur le site du CADTM

Un autre euro n'est pas possible

syriza_mocb_0.jpg

Or c’est peu dire qu’il y a à reconquérir et à reconstruire — par la gauche. La souveraineté, non comme talisman, mais comme condition de possibilité de toute politique progressiste — car répétons-le : la sortie de l’euro n’est jamais qu’une condition nécessaire, et certainement pas suffisante. On peut sortir de l’euro de bien des manières, et par bien des côtés — qui ne se valent pas du tout. Dans une sorte de syndrome d’autoréalisation inconsciente, la gauche européiste semble mettre tous ses efforts à ne laisser ouvert que le côté de la droite extrême, comme pour mieux se donner raison à elle-même et mieux pouvoir dire ensuite que la sortie de l’euro, « c’est le nationalisme ». Si c’est ça, ça n’est pas exactement un service qu’elle se rend, ni à tous ceux qui remettent leurs espoirs en elle. La vérité, c’est que depuis qu’elle a décidé de camper obstinément sur la ligne de l’« autre euro », elle ne rend plus service à grand monde. Comme les pouvoirs de l’analyse sont faibles — il n’y a pas de force intrinsèque des idées vraies, disait Bourdieu —, et que la lucidité du réalisme n’est pas le fort de cette gauche, il aura fallu en arriver aux extrémités du spectacle en vraie grandeur, celui d’une illusion fracassée, d’une impossibilité radicale désormais établie, du rôle spécifique qu’y joue un État-membre, enfin de tout un peuple sacrifié, il aura fallu en arriver à ces extrémités, donc, pour que quelques vacillements commencent à se faire connaître. Mais que de temps perdu…

Comme il n’est jamais très utile de pleurer sur le lait renversé, il vaut mieux oublier le temps perdu et songer plutôt à faire quelque chose du temps à venir. Même si elle ne le sait pas encore, la construction européenne est morte. On ne peut pas survivre à une telle infamie. Le destin de l’Union européenne est maintenant celui des entreprises devenues haïssables : elle n’est plus qu’en attente de son renversement. Faudra-t-il patienter de nouveau jusqu’à la ruine complète pour que la gauche européiste s’interroge sérieusement sur l’obstination qui l’aura conduite à se lier à une erreur historique de ce format, même sous la clause « alter » dont il est maintenant établi qu’elle n’altèrera plus rien ? Ça n’est pas une autre version du même qu’il s’agit de penser, c’est de « l’autre » tout court, et pour de bon. Voilà à quoi devrait servir le temps à venir des gauches européennes : à lever enfin l’hypothèque de l’euro, à penser de concert ce qu’elles s’aideront mutuellement à faire : les unes soutiendront telle autre à qui sa conjoncture permettra de se mettre en marche indépendamment, et celle-ci les aidera en retour à accélérer leurs propres évolutions — solidarités concrètes dans un mouvement d’ensemble nécessairement mal synchronisé, mais où les effets d’entraînement par émulation jouent réellement, à l’inverse des grandes coordinations fantasmatiques de l’internationalisme abstrait.

Voilà ce qu’est un internationalisme bien compris, c’est-à-dire qui ne soit pas totalement confit en postures ni oublieux du réel, un internationalisme qui pourrait même, si l’on veut, trouver son compte dans le retour aux monnaies nationales, comme base d’un nouveau départ vers la reconstruction d’une monnaie, non plus unique, mais commune, un internationalisme auquel il faudrait quand même expliquer que, sauf à avoir complètement succombé à l’économicisme, il pourrait lui venir à l’idée de trouver ses réalisations ailleurs que dans l’ordre de la monnaie, fut-elle européenne…

Plaidant depuis sa situation à lui, celle d’un citoyen du Royaume-Uni, où l’on est confronté plus carrément à la question de l’appartenance non à l’eurozone mais à l’Union européenne elle-même, Owen Jones, dans un article du Guardian lance une idée qui pourrait bien avoir un certain avenir : l’idée du Lexit (Left-Exit). Ça n’est plus tel ou tel pays qu’il faut faire sortir de l’euro : c’est la gauche elle-même.

Extrait de l'article de Frédéric Lordon paru sur son blog du Monde Diplomatique sous le titre "La gauche et l’euro : liquider, reconstruire"

Écouter aussi "la Grèce et l'Euro", un entretien du Concierge avec Gwenaël Breës de retour de Grèce.

vendredi 17 juillet 2015

« La BCE a déstabilisé l’économie pour soumettre la Grèce aux exigences des créanciers »

draghi.jpg "L’écœurant rire triomphateur des Versaillais": Mario Draghi annonçant le relèvement du plafond des aides d'urgence aux banques grecques le 16 juillet 2015

Entretien réalisé par 
Rosa Moussaoui, l’Humanité

Athènes, envoyée spéciale.

Avons-nous assisté ces dernières semaines, à Athènes, à un coup d’État financier, comme l’affirment nombreux observateurs, en Grèce et à l’étranger ?

Éric Toussaint : Oui et non. Ce qui était décisif ici tenait à des décisions politiques, prises par des instances politiques complices, bien sûr, des intérêts financiers. Ce n’est pas un coup d’État mené directement par la finance, mais par les institutions, la Commission européenne, les chefs d’État et de gouvernement des pays de la zone euro. L’Allemagne n’est pas seule impliquée. Il est clair que l’Espagnol Mariano Rajoy ou le Portugais Pedro Passos Coelho, sans parler des gouvernements finlandais ou letton, dévoués aux politiques néolibérales, tenaient à démontrer à leurs peuples respectifs que l’option présentée aux Grecs et aux peuples d’Europe par Syriza ne pouvait pas fonctionner. Il s’agit donc bien de décisions d’abord politiques. Il est clair que les grandes banques privées, les multinationales voulaient aussi obtenir la démonstration qu’il est impossible de tourner le dos à l’austérité. Mais il faut rappeler que les principaux créanciers de la Grèce sont aujourd’hui des créanciers publics. Les banques ne sont plus aux premières loges, elles l’étaient jusqu’en 2012, avant de se défaire des créances qu’elles détenaient. La restructuration de la dette en 2012 leur a permis de s’en tirer à bon compte. Aujourd’hui, la Commission européenne, la Banque centrale européenne et les États de la zone euro veulent absolument, en dépit de l’échec des politiques économiques imposées à la Grèce, que le pays reste sur les rails du néolibéralisme. Le FMI aussi, bien entendu, qui est aussi une instance politique.

Alexis Tsipras espérait, en contrepartie de sa capitulation sur les politiques d’austérité, obtenir des engagements sur un allégement de la dette. Les créanciers, eux, concèdent tout juste l’ouverture en 2015 d’une discussion sur un éventuel réaménagement de la dette à partir de 2022. Pourquoi cette intransigeance, alors que le FMI lui-même juge désormais la dette insoutenable  ?

Éric Toussaint : À mon avis, il pourrait y avoir une restructuration de la dette avant 2022. Les créanciers disent «  pas avant 2022  » parce qu’ils savent que ce plan ne va pas fonctionner, que le paiement de la dette sera insoutenable. Ils la restructureront, cette dette. Mais en conditionnant cette restructuration à la poursuite de réformes néolibérales. La dette est un moyen de chantage, un instrument de domination. Fondamentalement, dans le cas grec, ce n’est pas tellement la rentabilité qui compte pour les créanciers, même si elle existe. Ce qui les motive, c’est de démontrer à leurs propres peuples et à ceux des autres pays périphériques qu’il n’est pas question de dévier du modèle. 
Pour Hollande, pouvoir dire  : «  Regardez, même Tsipras, même la gauche radicale ne peut sortir du carcan  !  », c’est a posteriori et dans le débat français la justification de sa propre abdication, en 2012, sur la promesse de renégocier le traité européen sur la stabilité budgétaire.

Devant la violence de l’offensive des créanciers, Tsipras avait-il d’autres choix  ? L’alternative se résumait-elle à la sortie de l’euro  ?

Éric Toussaint : Non, je ne le crois pas. Le choix n’était pas obligatoirement entre le Grexit et le maintien dans la zone euro assorti d’un nouveau plan d’austérité, en continuant à payer la dette. Il était possible de rester dans la zone euro en désobéissant aux créanciers par l’invocation du droit. Des violations de droits humains sont en jeu, ici. Il fallait suspendre le paiement de la dette  ; réquisitionner la Banque de Grèce dont le gouverneur, nommé par Antonis Samaras, joue contre les intérêts du pays et, lancer une monnaie électronique complémentaire qui aurait pu aider à faire face à l’assèchement organisé des liquidités, tout en restant dans la zone euro. Il fallait également

1. mettre en faillite les banques et les transférer au secteur public tout en protégeant les dépôts jusque 100 000 euros, en indemnisant les petits actionnaires et en récupérant le coût de l’assainissement du secteur bancaire sur le patrimoine global des gros actionnaires.

2. Baisser la TVA sur les produits et les services de première nécessité, baisser les impôts directs sur les bas revenus et patrimoines. Augmenter très fortement les impôts sur les revenus et le patrimoine des 10% les plus riches (en ciblant particulièrement le 1% le plus riche).

3. Arrêter les privatisations et renforcer les services publics.

Vu l’acceptation de l’accord funeste du 13 juillet par le parlement grec, la perspective de la sortie volontaire de l’euro est une option à mettre clairement en avant. De plus en plus de Grecs et de citoyens d’autres pays d’Europe comprennent qu’il n’y a pas de solution favorable aux peuples à l’intérieur de la zone euro. En cas de sortie volontaire de la zone euro, les mesures proposées plus haut restent parfaitement valables et doivent être complétées par une réforme monétaire redistributive (voir pour plus de détails).

La BCE, instrument du coup d’État, inonde les marchés financiers de liquidités, dopant la machine à spéculer. Peut-on mettre la création monétaire au service de l’économie réelle, des besoins sociaux, du développement humain  ?

Éric Toussaint : Bien sûr  ! Mario Draghi n’est pas «  indépendant  ». Il est l’interface entre les grandes banques privées et les gouvernements de la zone euro. La BCE a déstabilisé l’économie grecque de façon délibérée, pour soumettre la Grèce à ses exigences et à celle des autres créanciers.

Cette version a été revue et complétée pour le site www.cadtm.org par Eric Toussaint suite à l’acceptation de l’accord funeste du 13 juillet 2015 par le parlement grec.

Résister par tous les moyens

“Article 51. CONTRAINTE EXERCÉE SUR LE REPRÉSENTANT D'UN ETAT. L'expression du consentement d'un État à être lié par un traité qui a été obtenue par la contrainte exercée sur son représentant au moyen d'actes ou de menaces dirigés contre lui est dépourvue de tout effet juridique. Article 52. CONTRAINTE EXERCÉE SUR UN ETAT PAR LA MENACE ou L'EMPLOI DE LA FORCE Est nul tout traité dont la conclusion a été obtenue par la menace ou l'emploi de la force en violation des principes de droit international incorporés dans la Charte des Nations Unies.” Convention internationale de Vienne de 1969)

eyes.GIF. Eyes Wide Shut, Stanley Kubrick, 1999. En lire ici une critique

Sur son blog, Dimitri Konstantakópoulos, rapporte la discussion qu’il a eue avec Alexis Tsípras en 2012. “Un jour de l'été 2012, j'eus l'occasion de discuter de cette idée (la Grèce laboratoire de l’ordre nouveau) avec Alexis Tsípras, d'échanger avec lui sur le type de forces adverses auxquelles il devrait faire face, la nature si radicale de leur politique. Je lui disais donc que nous subissons en Grèce et en ce moment cette transition du capitalisme de néolibéral au capitalisme du désastre. (Plus tard il a adopté cette notion dans un discours, mais le problème est que, souvent, l'adoption d’une notion, ne signifie pas que l'analyse qu'elle enferme soit pour autant assimilée ni les conséquences qu’elle implique).

Tsípras, est d’ailleurs davantage un fan de cinéma, plutôt que des analyses de Marx, j’ai eu donc recours à un film qu'il avait vu, ‘Eyes Wide Shut’ (‘Les yeux grand fermés’ basé sur le roman ‘Traumnovelle’ d’Arthur Schnitzler publié en 1926). Le dernier chef-d'œuvre de Stanley Kubrick, nous livre en effet le portrait effrayant de vrais individus qui dirigent la scène de notre monde. Un monde postmoderne qui prépare la venue finale du totalitarisme. Et cela, n'a rien à voir avec le monde de Roosevelt, Kennedy, de Gaulle, etc.

Euclide.jpg

Il me regarda d'un air incrédule. Il ne pouvait pas croire ou comprendre pourquoi il peut y avoir des forces en Europe lesquelles pourraient vouloir détruire son pays et tirer profit même de sa destruction. Au moins, le destin tragique doit lui servir d'avertissement. L'illusion sur la réalité et les risques auxquels nous sommes confrontés peut se révéler fatale!"

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sur blog Greekcrisis

Yanis Varoufakis : les termes de la capitulation grecque

eyes-wide-shut.jpeg Eyes Wide Shut, Stanley Kubrick, 1999

Yanis Varoufakis a posté hier sur son blog des remarques critiques sur la Déclaration du Sommet Européen du 12 juillet 2015. Pour lui, cette Déclaration devrait entrer dans l'histoire sous l'appellation "Les Termes de la Capitulation Grecque".

Dans le texte qui suit, les remarques de Yanis Varoufakis sont mises en italiques gras et entre crochets. Dans son court texte d'introduction, Y.V. nous invite à "lire" et à "pleurer". Ce texte souligne s'il en était besoin la gravité tragique de la Capitulation grecque, entérinée par le vote du Parlement Grec.

publié et traduit par Monika M. sur son blog de Mediapart

jeudi 16 juillet 2015

Ni en notre nom, Ni en celui de la sainte vierge : oxi !

Texte d'accompagnement de l'installation du Musée de l'Europe " De l'autre côté du foulard" à la Chapelle d'Havré, Tourcoing, dans le cadre de Lille 2004, Capitale européenne de la culture.

Tourcoinggeneral1.gif

"De l'autre côté du foulard" installation temporaire pour la chapelle d'Havré, maison folie de Tourcoing du 14 mai au 7 juin inclus"

En complément de ses collections présentées au musée de Tourcoing jusqu'au 24 mai 2004, le "Musée de l'Europe"propose une installation temporaire à la chapelle d'Havré. Celle-ci est composée d'un drapeau européen suspendu dans la nef, d'un isoloir dont les rideaux ont été remplacés par deux hidjabs et de reproductions de documents officiels de la commission européenne.

Une sécularisation au dessus de tout soupçon ?

"Le Chancelier allemand ADENAUER et Robert SCHUMAN, tous deux fervents chrétiens, ont placé dès l'origine leurs efforts de reconstruction européenne dans la tradition chrétienne du continent et sous une sainte protection. Le choix d'un drapeau " marial " à 12 étoiles sur fond bleu ne fera que confirmer cet acte fondateur" peut-on lire dans des documents de la commission épiscopale. C'est pour cette raison que la drapeau européen a été suspendu dans la nef, en interaction avec le manteau bleu ciel de la Vierge de la chapelle d'Havré. Cet héritage revendiqué par certains peut prendre dans l'imagerie développée par l'Union Européenne des formes naïves et compassionnelles, comme l'illustrent les deux photos - comme deux images pieuses- encadrées à l'extérieur de l'isoloir, face à l'autel, et extraites de la série officielle "Symboles de l'Europe" disponible sur le site de la médiathèque de l'Union européenne.

images_pieuses_drapeau.gif

Le débat sur la charte des droits fondamentaux, la constitution européenne et l'adhésion de la Turquie ont fait de nouveau affleurer cet inconscient anthropologique. L'Islam n'en risque que plus d'être instrumentalisé comme un miroir négatif "anti-humaniste" et "anti-démocratique", repoussoir d'un héritage chrétien qui serait le socle d'une "identité européenne".

detail_pieux1.gif

"Le travail, c'est la liberté" : la providence des marchés

Le spectateur entrant dans l'isoloir est confronté à la reproduction de la couverture d'une brochure de l'Union européenne consacrée au volet économique du programme Euromed : constitution d'une zone de libre-échange euro-méditerranéenne et développement du secteur privé. En vis à vis, un texte extrait de la brochure (souligné en bleu dans celle-ci) assimile, sans lien logique, pluralisme et démocratie d'une part, développement du secteur privé et libération du "potentiel humain" d'autre part. Par ce glissement sémantique qui joue sur les deux sens de "libéralisme" (politique et économique), l'enjeu économique de la zone de libre-échange est paré des vertus démocratiques. Les traités de libre-échange signés avec les pays partenaires par l'Union européenne comportent une clause "droits de l'homme", théoriquement suspensive, mais qui n'a pas d'application pratique, comme le démontre suffisamment le cas de la Tunisie, qui fait partie des signataires (et dont le "miracle économique" tant célébré ne s'embarrasse pas de démocratie). Avec ce texte, on est en fait au coeur du credo libéral selon lequel la libéralisation de l'économie conduit, outre à la prospérité, aux libertés politiques. Le graphisme de la brochure, qui représente une ouvrière marocaine et emprunte à Andy Warhol (qui choisissait plutôt des chaises électriques et des accidents de la route) est une forme d'esthétisation du travail en usine, bien faite pour euphémiser les réalités sociales. On pourrait sous-titrer le message implicite, qui est ainsi véhiculé, d'un orwellien : "le travail, c'est la liberté". On peut pourtant difficilement croire que la constitution d'une zone de libre-échange euro-méditerranéenne qui, par exemple dans le domaine du textile, entend accentuer la "vocation", c'est à dire la spécialisation au nom des "avantages comparatifs" de "pays ateliers à bas salaires" pour concurrencer la Chine et la zone Etats-Unis-Amérique centrale soit guidée avant tout par des considérations humanistes, une volonté politique progressiste et l'ambition démocratique de renforcer les organisations de défense des travailleurs face aux donneurs d'ordre dans ces pays...

interieur1.gif

Il existe ainsi une contradiction profonde entre les politiques libérales de l'Union Européenne et ce qui fait sa légitimité et provoque donc l'adhésion du citoyen et de l'électeur : son caractère démocratique et sa vocation humaniste. Rappelons qu'aux marches de la forteresse Europe, dans le détroit de Gibraltar, on compte des milliers de morts par noyade, dans une indifférence générale, tandis que des centaines de milliers de "sans-papiers" sont maintenus sans droits dans une clandestinité propice à toutes les exploitations. Et ce n'est pas un hasard si certains de ces derniers, qui ont cru pouvoir trouver dans l'UE une terre d'accueil, se réfugient parfois dans les églises.

meda.gif

texte.gif

tunisie.gif

La croyance démocratique

Le drapeau européen symbolise la croyance démocratique dans le projet européen. Les institutions européennes violent pourtant les principes de base de l'équilibre des pouvoirs en régime parlementaire (le pouvoir législatif appartient de fait au Conseil des Ministres, c'est à dire au collège des différents exécutifs nationaux, et non au Parlement élu comme l'électeur est induit à le croire). Démocratie en trompe l'oeil pour marché véritablement de droit divin. Simultanément, l'Islam, à travers une construction médiatique favorisée par le contexte international, est de plus en plus présentée comme l'envers de la "démocratie" et d'une Europe dont les racines seraient avant tout chrétiennes. On sait que lors des élections régionales de 2004, certains assesseurs zélés ont prétendu faire retirer le foulard à des électrices musulmanes avant de pénétrer dans l'isoloir, dont la fonction est pourtant précisément de voiler au regard des autres citoyens l'exercice de la liberté politique. De plus en plus, les questions politiques sont ainsi posées en termes d'identité, de symboles d'appartenance, d'adhésion formelle à des valeurs, et non plus d'enjeux sociaux ni même d'équilibre des pouvoirs : ce n'est pas le moindre des paradoxes d'une Europe qui s'est voulue fondée sur le rejet du nationalisme et le pluralisme et qui pourrait être tentée par la construction d'un ennemi "anti-démocratique" bien commode pour sceller son unité, base de tous les nationalismes, qui serait incarné par des "barbares" de l'intérieur comme de l'extérieur. Masquant ainsi la révolution contre-démocratique qui s'opère sous son égide, vidant les "valeurs" de tout contenu, les transformant en slogans, mots d'ordre, voiles des réalités sociales et paradoxalement gages de la croyance démocratique ritualisée dans l'isoloir. Si on peut être démocrate chrétien, on peut être démocrate musulman. Cela nécessite sans doute de réintégrer véritablement la culture musulmane dans le patrimoine commun de l'Europe mais plus encore de ne pas voiler par un humanisme et un progressisme pour brochures, justement perçus comme cyniques et paternalistes, les conséquences sociales et humaines des politiques économiques menées à l'échelle euro-méditerranéenne.

vierge.gif

Bruxelles, Tourcoing, le 18 mai 2004

Bendy Glu, peintre du champ in Sint Gillis

Eric Toussaint : des propositions alternatives face à la capitulation de la nuit du 15 au 16 juillet 2015

Suite à la capitulation des autorités grecques, j’ai largement amendé le texte que j’avais rédigé le 13 juillet 2015 à un moment où l’accord avec les créanciers n’avait pas encore été ratifié par le parlement grec. Je vais par ailleurs écrire un autre texte pour donner ma vision de ce qui est arrivé ces derniers mois.

Dans la nuit du 15 au 16 juillet, à la demande du premier ministre, le parlement grec a capitulé devant les exigences des créanciers et a foulé au pied la volonté populaire exprimée par le peuple grec le 5 juillet. 32 députés de Syriza ont sauvé l’honneur en votant contre (s’y ajoutent 7 députés Syriza qui se sont abstenus). En s’opposant à la capitulation, ces députés de Syriza ont respecté le mandat populaire et le programme de leur parti sans céder au chantage. Le premier ministre a obtenu une majorité grâce aux partis de droite, Nouvelle démocratie, Pasok (qui n’a plus rien de socialiste), Potami et Grecs indépendants. Cela change radicalement la situation.

Le 5 juillet 2015, à l’issue du référendum initié par le gouvernement d’Alexis Tsipras et le parlement hellène, le peuple grec a rejeté massivement la poursuite de l’austérité que voulaient lui imposer les institutions qui auparavant agissaient sous le nom de Troïka Troïka Troïka : FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne qui, ensemble, imposent au travers des prêts des mesures d’austérité aux pays en difficulté. . C’est une splendide victoire de la démocratie.

L’accord intervenu le lundi 13 juillet au matin et adopté par le parlement grec dans la nuit du 15 au 16 juillet signifie la poursuite de l’austérité dans le cadre d’un nouvel accord pluriannuel. Ce qui est en totale contradiction avec le résultat du référendum. Le parlement a adopté cet accord sous la menace des créanciers (chantage à la faillite des banques et au Grexit) qui ont exercé délibérément une coercition sur les autorités grecques.

Cet accord inclut l’abandon d’une série très importante d’engagements pris par Syriza lors de la campagne électorale qui lui ont permis d’obtenir une victoire d’une portée historique le 25 janvier 2015. Syriza a engagé sa responsabilité devant le peuple grec et il est tragique qu’une majorité de ses députés et de ses ministres ne l’ait pas respecté, d’autant que le peuple a apporté un appui très clair à Syriza tant le 25 janvier que le 5 juillet 2015.

Lire la suite sur le site du CADTM

Attentat terroriste non déjoué en Grèce

leipzig.jpg "Rien appris en 70 ans !"

Malgré les alertes de nombreux services de renseignement citoyens, un terrible attentat vient de se produire au coeur de la démocratie. Le Parlement d'Athènes, fraichement reconstruit, est en ruines. Dans les décombres de la Démocratie, les victimes civiles sont très nombreuses. Retraités, chômeurs, travailleurs continuent leur lente agonie. Sur le terrain, on ne voit aucune équipe de secours. Les miliciens portant le brassard de la croix-rouge et brandissant le drapeau de la Vierge torturent les survivants et traquent les "métèques" jusqu'au fond de la Méditerranée. Les terroristes ont également pris le contrôle de l'essentiel des infrastructures publiques. Ports, aéroports, réseau électrique, chemins de fer, plages, parcs naturels, hôpitaux, écoles. Mais aussi boulangeries et crêmeries. La population est rackettée jusque dans les tavernes du fin fond des îles par les milices, et menacée sous son propre toit, autour duquel planent des fonds vautours.

L'enquête s'est immédiatement tournée vers la main de puissances étrangères barbares ennemies de notre civilisation basée sur la protection sociale et les services publics. L'Allemagne et son satellite, la France, figurent parmi les principaux suspects. Le Premier Ministre français a ainsi brandi à la tribune de l'Assemblée nationale, dans une mise en scène macabre retransmise en direct, la démocratie grecque décapitée, sous les applaudisssements des membres de la Chourah déterminés à en finir avec les droits des populations...

Tout avait commencé par l'assassinat du Ministre des Finances grec par des institutions clandestines à passeport bruxellois. S'en est suivie la prise d'otage dans les locaux du Conseil européen du Premier ministre grec par un commando de 21 jihadistes de l'Etat Ordo-Libéral en Europe (ORDO) déterminés à faire appliquer littéralement la Chariah monétariste. Face à la résistance, de l'hérétique, le Premier Ministre fut entrainé dans un bureau et passé à tabac par Angela Merkel avec François Hollande dans le rôle du gentil inquisiteur lui demandant de "l'aider" à abréger ses souffrances en se convertissant avant l'aube.

Depuis des mois, le célèvre terroriste international, Mario Draghi, menaçait de carnage immédiat l'économie monétaire grecque entièrement minée par ses soins. “Je n'ai qu'à appuyer sur ce bouton” proclamait-il depuis sa grotte de Francfort lors de messages vidéos hebdomadaires.

Tout cela n'était qu'un préalable au coup d'Athènes. La secte de l'Euro, dont les rituels sataniques ont été décrits par le chasseur de vampires Yanis Varoufakis, préparait son attaque coordonnée contre le Parlement grec. C'est peu après minuit que celui-ci a voté les pleins pouvoirs à la troïka et que la Démocratie a été réduite en cendres. Les retombées fascistes qui en émanent se répandent sur toute l'Europe. Les autorités française se veulent rassurantes : “il n'y a aucun risque pour la population”.

Une semaine avant l'attentat, les conjurés Grecs avaient heureusement pu lancer le signal de la Réistance, OXI, largement capté à l'échelle du continent et bien au-delà.

mercredi 15 juillet 2015

Liste des députés ayant voté pour l'abolition des Droits humains des Grecs

à savoir : les retraites, les négociations collectives, les biens publics, l'électricité, un toit, la souveraineté déléguée au Parlement, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes etc. autrement-dit le sociocide.

Picture_3.png Discours de Daladier de retour de Münich (cliquer sur l'image pour l'entendre)

Groupe socialiste, républicain et citoyen (287 membres)

Pour: 270

Brahim Aboubacar Patricia Adam Sylviane Alaux Jean-Pierre Allossery François André Nathalie Appéré Kader Arif Christian Assaf Joël Aviragnet Pierre Aylagas Jean-Marc Ayrault Alexis Bachelay Guillaume Bachelay Jean-Paul Bacquet Dominique Baert Gérard Bapt Frédéric Barbier Serge Bardy Ericka Bareigts Christian Bataille Delphine Batho Marie-Noëlle Battistel Laurent Baumel Philippe Baumel Nicolas Bays Catherine Beaubatie Jean-Marie Beffara Luc Belot Karine Berger Chantal Berthelot Gisèle Biémouret Philippe Bies Erwann Binet Yves Blein Jean-Luc Bleunven Patrick Bloche Daniel Boisserie Christophe Borgel Florent Boudié Marie-Odile Bouillé Christophe Bouillon Brigitte Bourguignon Malek Boutih Kheira Bouziane-Laroussi Émeric Bréhier Jean-Louis Bricout Jean-Jacques Bridey François Brottes Isabelle Bruneau Gwenegan Bui Sabine Buis Jean-Claude Buisine Sylviane Bulteau Vincent Burroni Alain Calmette Jean-Christophe Cambadélis Colette Capdevielle Yann Capet Christophe Caresche Marie-Arlette Carlotti Martine Carrillon-Couvreur Christophe Castaner Laurent Cathala Jean-Yves Caullet Nathalie Chabanne Guy Chambefort Jean-Paul Chanteguet Marie-Anne Chapdelaine Guy-Michel Chauveau Dominique Chauvel Jean-David Ciot Alain Claeys Jean-Michel Clément Marie-Françoise Clergeau Romain Colas Philip Cordery Valérie Corre Jean-Jacques Cottel Catherine Coutelle Jacques Cresta Pascale Crozon Frédéric Cuvillier Seybah Dagoma Yves Daniel Carlos Da Silva Pascal Deguilhem Florence Delaunay Michèle Delaunay Guy Delcourt Pascal Demarthe Sébastien Denaja Françoise Descamps-Crosnier Sophie Dessus Jean-Louis Destans Michel Destot Fanny Dombre-Coste René Dosière Sandrine Doucet Philippe Doucet Françoise Dubois Jean-Pierre Dufau Anne-Lise Dufour-Tonini Françoise Dumas William Dumas Laurence Dumont Jean-Louis Dumont Jean-Paul Dupré Yves Durand Philippe Duron Olivier Dussopt Henri Emmanuelli Corinne Erhel Sophie Errante Marie-Hélène Fabre Martine Faure Olivier Faure Alain Fauré Hervé Féron Richard Ferrand Aurélie Filippetti Geneviève Fioraso Hugues Fourage Jean-Marc Fournel Valérie Fourneyron Michèle Fournier-Armand Michel Françaix Christian Franqueville Jean-Claude Fruteau Jean-Louis Gagnaire Geneviève Gaillard Yann Galut Guillaume Garot Hélène Geoffroy Jean-Marc Germain Jean-Patrick Gille Jean Glavany Yves Goasdoué Daniel Goldberg Geneviève Gosselin-Fleury Pascale Got Marc Goua Linda Gourjade Laurent Grandguillaume Estelle Grelier Jean Grellier Edith Gueugneau Élisabeth Guigou Chantal Guittet David Habib Razzy Hammadi Benoît Hamon Mathieu Hanotin Joëlle Huillier Sandrine Hurel Monique Iborra Françoise Imbert Michel Issindou Éric Jalton Serge Janquin Henri Jibrayel Régis Juanico Armand Jung Laurent Kalinowski Marietta Karamanli Philippe Kemel Chaynesse Khirouni Bernadette Laclais Conchita Lacuey François Lamy Anne-Christine Lang Colette Langlade Jean Launay Pierre-Yves Le Borgn' Jean-Yves Le Bouillonnec Gilbert Le Bris Anne-Yvonne Le Dain Jean-Yves Le Déaut Viviane Le Dissez Michel Lefait Dominique Lefebvre Annie Le Houerou Annick Le Loch Catherine Lemorton Annick Lepetit Jean-Pierre Le Roch Bruno Le Roux Arnaud Leroy Michel Lesage Bernard Lesterlin Serge Letchimy Michel Liebgott Martine Lignières-Cassou Audrey Linkenheld François Loncle Gabrielle Louis-Carabin Lucette Lousteau Victorin Lurel Jacqueline Maquet Marie-Lou Marcel Jean-René Marsac Philippe Martin Martine Martinel Frédérique Massat Sandrine Mazetier Michel Ménard Patrick Mennucci Kléber Mesquida Pierre-Alain Muet Philippe Nauche Nathalie Nieson Robert Olive Maud Olivier Monique Orphé Michel Pajon Luce Pane Christian Paul Rémi Pauvros Germinal Peiro Hervé Pellois Jean-Claude Perez Sébastien Pietrasanta Christine Pires Beaune Philippe Plisson Élisabeth Pochon Napole Polutélé Pascal Popelin Dominique Potier Michel Pouzol Régine Povéda Christophe Premat Joaquim Pueyo François Pupponi Catherine Quéré Valérie Rabault Monique Rabin Dominique Raimbourg Marie Récalde Marie-Line Reynaud Eduardo Rihan Cypel Denys Robiliard Alain Rodet Marcel Rogemont Frédéric Roig Bernard Roman Gwendal Rouillard René Rouquet Alain Rousset Boinali Said Béatrice Santais Odile Saugues Gilbert Sauvan Gilles Savary Christophe Sirugue Julie Sommaruga Pascal Terrasse Sylvie Tolmont Jean-Louis Touraine Stéphane Travert Catherine Troallic Cécile Untermaier Jean-Jacques Urvoas Daniel Vaillant Jacques Valax Michel Vauzelle Fabrice Verdier Michel Vergnier Patrick Vignal Jean-Michel Villaumé Jean Jacques Vlody Paola Zanetti

Groupe Les Républicains (198 membres)

Pour: 93

Damien Abad Elie Aboud Yves Albarello Nicole Ameline Benoist Apparu Laurence Arribagé Olivier Audibert-Troin Patrick Balkany Jean-Pierre Barbier Xavier Bertrand Jean-Claude Bouchet Philippe Briand Yves Censi Jérôme Chartier Luc Chatel Gérard Cherpion Alain Chrétien Dino Cinieri Jean-François Copé Jean-Louis Costes Édouard Courtial Jean-Michel Couve Olivier Dassault Marc-Philippe Daubresse Bernard Debré Rémi Delatte Patrick Devedjian Jean-Pierre Door Marianne Dubois Daniel Fasquelle Georges Fenech François Fillon Yves Foulon Claude de Ganay Hervé Gaymard Annie Genevard Guy Geoffroy Bernard Gérard Daniel Gibbes Philippe Gosselin Philippe Goujon Claude Greff Anne Grommerch Arlette Grosskost Michel Herbillon Antoine Herth Philippe Houillon Guénhaël Huet Sébastien Huyghe Christian Jacob Christian Kert Nathalie Kosciusko-Morizet Jacques Kossowski Marc Laffineur Jacques Lamblin Thierry Lazaro Alain Leboeuf Frédéric Lefebvre Bruno Le Maire Jean Leonetti Pierre Lequiller Philippe Le Ray Céleste Lett Geneviève Levy Gilles Lurton Laurent Marcangeli Alain Marleix Olivier Marleix Philippe Armand Martin Patrice Martin-Lalande Alain Marty Jean-Claude Mathis Damien Meslot Jean-Claude Mignon Patrick Ollier Valérie Pécresse Bernard Perrut Édouard Philippe Josette Pons Frédéric Reiss Jean-Luc Reitzer Bernard Reynès Franck Riester Sophie Rohfritsch Martial Saddier Paul Salen François Scellier André Schneider Fernand Siré Thierry Solère Claude Sturni Jean-Luc Warsmann Éric Woerth

Groupe de l'union des démocrates et indépendants (30 membres)

Pour: 23

Laurent Degallaix Stéphane Demilly Yannick Favennec Philippe Folliot Jean-Christophe Fromantin Philippe Gomès Meyer Habib Yves Jégo Sonia Lagarde Maurice Leroy Hervé Morin Bertrand Pancher Michel Piron Franck Reynier Arnaud Richard Maina Sage André Santini François Sauvadet Jonas Tahuaitu Jean-Paul Tuaiva Francis Vercamer Philippe Vigier Michel Zumkeller

Groupe écologiste (18 membres)

Pour: 9

Éric Alauzet Brigitte Allain Denis Baupin Christophe Cavard François-Michel Lambert Véronique Massonneau Paul Molac Barbara Pompili François de Rugy

Groupe radical, républicain, démocrate et progressiste (18 membres)

Pour: 17

Jean-Noël Carpentier Ary Chalus Stéphane Claireaux Jeanine Dubié Olivier Falorni Paul Giacobbi Joël Giraud Gilda Hobert Jacques Krabal Jérôme Lambert Jean-Pierre Maggi Jacques Moignard Dominique Orliac Thierry Robert Stéphane Saint-André Roger-Gérard Schwartzenberg Alain Tourret

source : Assemblée Nationale (où on lira aussi avec intérêt la liste des abstentionnistes)

Lire la suite...

La prochaine vague de régressions sociales se profile

arbeitmachtfre.gif installation de Claude Lévèque

Discrètement, le gouvernement prépare déjà une nouvelle offensive contre le droit du travail, dans la foulée des lois Macron et Rebsamen. Les milieux patronaux en rêvent depuis longtemps : que les règles de travail négociées dans l’entreprise, là où la pression sur les salariés est la plus forte, puissent s’imposer à la loi et aux conventions collectives. Ce rêve est-il sur le point de devenir réalité ? Pour plancher sur la question, le gouvernement vient de créer une commission, en partie composée d’ « experts » proches des milieux néolibéraux. Leur rapport est attendu pour la rentrée. Sous prétexte de simplifier le Code du travail, ce rapport pourrait être annonciateur de nouvelles régressions pour les salariés.

Lire la suite de l'article de Thomas Clerget sur le site de Bastamag

Déclaration de 107 sur 201 membres du comité central de Syriza

Senate_img06.jpg

“Le 12 juillet a eu lieu à Bruxelles un coup d'État. Il a prouvé que le but des dirigeants européens était l'extermination d'un peuple pour en faire un exemple, ce peuple avait songé à la poursuite d’un autre chemin, au-delà et en dehors du modèle néolibéral de l'austérité alors extrême. Un coup d'État donc dirigé directement contre toute conception de la démocratie et de la souveraineté populaire.

L'accord avec les ‘institutions’ fut le résultat de menaces directes et d’étranglement économique, introduisant ainsi un nouveau mémorandum, dont les termes du contrôle exercé seront encore plus lourds et humiliants, un désastre pour notre pays et pour notre peuple.” “Nous concevons certes la situation, autrement-dit les pressions étouffantes, exercées sur la partie grecque lors des négociations, néanmoins, nous considérons que le fiers ‘NON’ de tout un peuple au référendum, n’autorise pas au gouvernement la soumission au chantage et à l’ultimatum des créanciers. Cet accord n’est pas compatible avec les idées ni avec les principes de la gauche, mais surtout, il n’est pas compatible avec les besoins des couches populaires. Cette proposition ne peut pas donc pas être acceptée par le peuple, ni par les cadres de SYRIZA. Nous demandons la tenue d’une réunion immédiate du Comité central et nous invitons les membres, les cadres et les députés de SYRIZA, à sauvegarder l'unité du parti sur la base des engagements qui ont été les nôtres en janvier 2015, et sur celle, issue du dernier congrès de SYRIZA.”

Athènes, 15 juillet 2015

Extrait de la lettre de démission de la vice-ministre des Finances, Nandia Valavani

Alexis, tu sais mieux que moi que, dans une guerre, lorsqu'on est submergé par les forces de l'adversaire, la capitulation est autorisée, mais seulement en vue de regrouper nos forces et d'organiser la résistance pour changer les conditions qui ont mené à la défaite. Mais cette capitulation est si écrasante qu'elle ne permettra à aucune force de se regrouper. La dégradation, sous notre responsabilité, des conditions de vie d'un peuple épuisé au moment où il a commencé de nouveau à se lever va inéluctablement enterrer pour de nombreuses années toute possibilité de son émancipation.

Nous devons d'abord et avant tout reconnaître auprès de ces jeunes, qui ont joué un rôle décisif dans le résultat de dimanche dernier, à ceux dont l'avenir sera décidé aujourd'hui, que notre gouvernement aurait dû revenir sans avoir pris d'engagements inacceptables.

Tu dois parler à nouveau à ces jeunes et à tous les gens qui travaillent, indépendamment de leur vote au référendum, et leur expliquer ce que notre peuple devrait affronter, dans les conditions qui nous sont imposées, si la majorité du NON est respectée.

La majorité voulait ce que nous disions, une solution au sein de l'Europe. Mais la solution qui nous a été imposée aujourd'hui de façon si déprimante, n'est pas une solution durable. Ni pour eux, ni pour le peuple, ni pour le pays. Pas durable pour l'Europe, en attente d'un nouvel avenir.

Déclaration de Thanassis Petrakos devant le groupe parlementeaire Syriza, une des trois porte-paroles du groupe, plateforme de gauche

Ma responsabilité vis-à-vis du gouvernement est de dire un non! retentissant à cet accord ignomineux qui est le résultat d'un chantage tout aussi ignoble. Je suis conscient du chantage auquel le Premier ministre et Euclid Tsakalotos ont été soumis, mais je dois répéter que la responsabilité de des Députés est de dire « non, nous n'acceptons pas ce chantage. »

Voter non n'est pas une attaque contre le gouvernement, il ouvre une perspective. Le Non du groupe parlementaire de Syriza donne un espoir aux gens. Le Gouvernement et le Premier ministe peuvent avoir été forcés d'accepter cette défaite majeure et cette tentative de coup d'Etat, mais nous ne sourions envoyer le mauvais signal à la population. Nous ne pouvons consentir au chantage parce que cela signifierait que les gens ne peuvent pas se lever contre leurs tyrans et leurs oppresseurs. '' Je ne peux accepter l'envoi d'un mauvais au peuple grec. J'appelle notre peuple à soutenir la rupture avec ceux qui veulent faire de notre pays une colonie.''

"La démocratie éduque, soigne et nourrit"

Extrait du film de Fernando Solanas, Mémoires d'un saccage

Extrait du film de Fernando Solanas, Mémoires d'un saccage cliquer sur l'image pour voir le films

Que s'est-il passé en Argentine ? Comment est-ce possible que sur une terre si riche tant de gens aient faim ? Le pays a été dévasté par un nouveau type d'agression, perpétrée en temps de paix et en démocratie. Une violence quotidienne et silencieuse qui a fait plus de victimes sociales, plus d'émigrés et de morts que le terrorisme de la dictature et la guerre des Malouines.

LA DETTE ÉTERNELLE

Depuis l'Indépendance, il y a presque 200 ans, la dette extérieure argentine a été une source d'appauvrissement et de corruption et à l'origine des pires scandales. Dès le premier emprunt contracté par Rivadavia en 1824 auprès de la banque anglaise Baring Brothers, la dette a servi à enrichir des financiers argentins, à contrôler les finances et à vider le pays de ses richesses. Cette dette extérieure a toujours été liée aux milieux d'affaires, avec la complicité de presque tous les gouvernements, depuis Mitre et Quintana, à Menem et De la Rúa. La politique de l'endettement a engendré en Argentine des générations de technocrates et de fonctionnaires, plus disposés à servir les banques et les compagnies internationales qu'à défendre leur pays. Sortis du moule de Harvard, Chicago, Oxford ou Buenos Aires, ce sont eux qui ornent les galeries officielles. On peut y voir des lobbyistes du XIXe siècle, comme Manuel García y Beláustegui, jusqu'aux derniers dirigeants du système bancaire public, Pedro Pou, Macarrone et Colombo, administrateurs d'une dette qui est née dans les années 70 avec la dictature militaire. La dette contemporaine est née de façon illégitime avec la dictature militaire. Bien que la justice ait démontré son origine frauduleuse, la pression de l'establishment a été la plus forte. Depuis ses origines, elle a dicté la politique nationale et aliéné le patrimoine public. C'est d'ailleurs tout un symbole : une statue du promoteur de la politique coloniale George Canning a été offerte par Sa Majesté britannique en 1857, pour l'honorable reconnaissance de la dette.

Lire la suite...

- page 1 de 15