Musée de l'Europe et de l'Afrique

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jeudi 26 mars 2020

Breaking the News of the Concierge !

Nouveau scandale en France ! En 2018, il y a eu 609 648 décès en France (Outre mer inclus) — contre 606 274 en 2017.

ideesnoires2.jpg cliquer pour agrandir l'image

lundi 23 mars 2020

Chloroquine toi de là que je m'y mette !

chloroquine.PNG RTBF, 23/3/2020 (cliquer sur l'image)

karinelacombe.PNG Karine Lacombe, 23/3/2020 (cliquer sur l'image)

On verra en comparant ces vidéos que les hôpitaux en Belgique (la Belgique ayant une tradition médicale d'excellence dans le domaine de la recherche et de la clinique) n'ont pas hésité à tester ce principe actif auprès de leurs patients, et sans attendre la polémique française ( et sur "ordre du gouvernement" avant même... d'avoir un gouvernement ! Le problème est souvent d'en avoir un : notamment quand il met le système de santé au bord du gouffre pour cause d'austérité...) Les semaines qui viennent révèleront si, pour se faire entendre face aux médecins de télévision et les experts de cabinets, une unité de recherche et de clinique marseillaise a dû se résoudre à utiliser les recettes du buzz médiatique et les média sociaux... Et si donc l'emprise du journalisme dont Bourdieu avait fait l'archéologie préventive s'étend désormais à la science médicale... (Le Concierge - qui n'est sûr que d'une chose, Karine Lacombe, plus préoccupée de son reflet dans les médias que de clinique, n'a aucune crédibilité)

mercredi 18 mars 2020

La Pandémie du Capitalisme, le Coronavirus et la crise économique

Sommaire

Une crise de santé publique

La crise boursière et financière

La crise dans le secteur de la production a précédé la pandémie du coronavirus

L’évolution de la crise financière et économique depuis le 3 mars 2020

Les banques centrales en pompiers pyromanes

Les marchés boursiers ont poursuivi leur chute

Qui se débarrasse en masse des actions ?

La pandémie du Coronavirus constitue un gravissime problème de santé publique et les souffrances humaines que la diffusion du virus va provoquer seront énormes. S’il atteint massivement des pays du Sud Global dont le système de santé publique, déjà faible ou très fragile, a été terriblement mis à mal par 40 ans de politiques néolibérales, les décès seront très nombreux. Sans oublier la situation dramatique de la population iranienne victime du blocus décrété par Washington, blocus qui inclut l’introduction de médicaments et d’équipement médical.

Utilisant le prétexte de la nécessaire austérité budgétaire pour rembourser la dette publique, les gouvernements et les grandes institutions multilatérales comme la Banque mondiale, le FMI et les banques régionales telle la Banque africaine de développement ont généralisé des politiques qui ont détérioré les systèmes de santé publique : suppression de postes de travail dans le secteur de la santé, précarisation des contrats de travail, suppression de lits d’hôpitaux, fermeture de postes de santé de proximité, augmentation du coût de la santé tant au niveau des soins que des médicaments, sous-investissements dans les infrastructures et les équipements, privatisation de différents secteurs de la santé, sous-investissement public dans la recherche et le développement de traitements au profit des intérêts de grands groupes privés pharmaceutiques…

C’est vrai en Afrique, en Asie, en Amérique latine et Caraïbe et dans les pays de l’ancien bloc de l’Est (Russie et aux autres ex-républiques de la défunte URSS, Europe centrale et orientale).

Mais cela concerne aussi de toute évidence des pays comme l’Italie, la France, la Grèce et d’autres pays d’Europe. Et aux États-Unis, où 89 millions de personnes n’ont pas de véritable couverture de santé comme le dénonce Bernie Sanders, que va-t-il se passer ?

Les grands médias et les gouvernements mettent l’accent sur les différences de taux de mortalité en fonction de l’âge mais ils se gardent bien d’attirer l’attention sur les différences de classe et sur comment la mortalité due à la pandémie du coronavirus va affecter les êtres humains selon leurs revenus et leur patrimoine, et donc selon la classe sociale à laquelle ils appartiennent. Se mettre en quarantaine ou accéder à un service de réanimation quand on a 70 ans et qu’on est pauvre ce n’est pas du tout la même chose que quand on est riche.

Il y aura également la fracture entre les pays qui ont malgré les politiques néolibérales, maintenu mieux que d’autres leur système de santé publique et ceux qui sont allés le plus loin dans les atteintes à la qualité des services publics de santé.

Lire la suite de l'article d'Eric Toussaint paru sur le site du CADTM

mardi 17 mars 2020

La fin des nouveaux "nouveaux pitres" ???

Le lendemain de son anniversaire tout est possible !

usul.PNG Collections du Laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein

16 mars 2020.... (Retenez cette date...)

"Étrange plaisir spinoziste de la vérité qui se révèle, de la nécessité qui s'accomplit dans l'aveu d'un titre"...

Le Concierge

mardi 10 mars 2020

Il y a 19 ans : attacher plus de chiens avec moins de saucisses...

bourdieu.JPG Cliquer sur l'image

lundi 9 mars 2020

Non, le coronavirus n'est pas le responsable de la chute des cours boursiers

Les grands médias affirment de manière ultra simplificatrice que cette chute généralisée des bourses de valeur est provoquée par le coronavirus et cette explication est reprise largement sur les réseaux sociaux. Or ce n’est pas le coronavirus et son expansion qui constituent la cause de la crise, l’épidémie n’est qu’un élément détonateur. Tous les facteurs d’une nouvelle crise financière sont réunis depuis plusieurs années, au moins depuis 2017-2018 (voir https://www.cadtm.org/Tout-va-tres-bien-madame-la datant de novembre 2017 ; https://www.cadtm.org/Tot-ou-tard-il-y-aura-une-nouvelle-crise-financiere datant d’avril 2018 ; voir plus récemment Source : https://pour.press/les-conditions-sont-reunies-pour-une-nouvelle-crise-financiere-eric-toussaint/). Quand l’atmosphère est saturée de matières inflammables, à tout moment, une étincelle peut provoquer l’explosion financière. Il était difficile de prévoir d’où l’étincelle allait partir. L’étincelle joue le rôle de détonateur mais ce n’est pas elle qui est la cause profonde de la crise. Nous ne savons pas encore si la forte chute boursière de la fin février 2020 va « dégénérer » en une énorme crise financière. C’est une possibilité réelle. Le fait que la chute boursière coïncide avec les effets de l’épidémie du coronavirus sur l’économie productive n’est pas fortuit, mais dire que le coronavirus est la cause de la crise est une contrevérité. Il est important de voir d’où vient réellement la crise et de ne pas être berné par les explications qui dressent un rideau de fumée devant les causes réelles.

Lire l'article d'Eric Toussaint paru sur le site du CADTM

jeudi 5 mars 2020

Il y a 5 ans : Excusez-nous d'avoir sauvé la Grèce

toussaintSyriza.PNG Cliquer sur l'image

dimanche 1 mars 2020

Le risque du Coronavirus est grand car Macron est à l'Elysée

nzunzu.PNG Cliquer sur l'image

Ce type n'est pas seulement foncièrement malhonnête, il est aussi complètement débile, non ? (Le Concierge)

shadd.PNG cliquer sur l'image...

samedi 29 février 2020

Il y a 88 ans : "P le Maudit"

Les 29 février, tout est permis ! (Le Concierge)

mlemaudit.PNG Cliquer sur l'image pour voir le film

Bonus 1

polanski2.PNG Collections du Laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein

Bonus 2

L'emprise du journalisme

Ainsi peuvent venir à se trouver menacés des acquis qui ont été rendus possibles par l'autonomie du champ et par sa capacité de résister aux demandes mondaines, celles que symbolise aujourd'hui l'Audimat et que les écrivains du siècle passé visaient expressément lorsqu'ils s'insurgeaient contre l'idée que l'art (on pourrait dire la même chose de la science) puisse être soumis au verdict du suffrage universel. Devant cette menace, deux stratégies sont possibles, qui sont plus ou moins fréquentes selon les champs et leur degré d'autonomie : marquer fermement les limites du champ et tenter de restaurer les frontières menacées par l'intrusion du mode de pensée et d'action journalistique ; ou sortir de la tour d'ivoire (selon le modèle inauguré par Zola) pour imposer les valeurs issues de la retraite dans la tour d'ivoire, et se servir de tous les moyens disponibles, dans les champs spécialisés ou au-dehors, et au sein du champ journalistique lui-même, pour tenter d'imposer à l'extérieur les acquis et les conquêtes rendues possibles par l'autonomie.

Il y a des conditions économiques et culturelles de l'accès à un jugement scientifique éclairé et l'on ne pourrait demander au suffrage universel (ou au sondage) de trancher des problèmes de science (bien qu'on le fasse parfois, indirectement, et sans le savoir) sans anéantir du même coup les conditions mêmes de la production scientifique, c'est-à-dire la barrière à l'entrée qui protège la cité scientifique (ou artistique) contre l'irruption destructrice de principes de production et d'évaluation externes, donc impropres et déplacés. Mais il ne faut pas en conclure que la barrière ne puisse pas être franchie dans l'autre sens et qu'il soit intrinsèquement impossible de travailler à une redistribution démocratique des acquisitions rendues possibles par l'autonomie. Cela à condition que l'on aperçoive clairement que toute action visant à divulguer les acquis les plus rares de la recherche scientifique ou artistique la plus avancée suppose la mise en question du -monopole des instruments de diffusion de cette information (scientifique ou artistique) que le champ journalistique détient en fait et aussi la critique de la représentation des attentes du plus grand nombre que construit la démagogie commerciale de ceux qui ont les moyens de s'interposer entre les producteurs culturels (au nombre desquels on peut compter, en ce cas, les hommes politiques) et la grande masse des consommateurs.

La distance entre les producteurs professionnels (ou leurs produits) et les simples consommateurs (lecteurs, auditeurs, spectateurs, et aussi électeurs) qui trouve son fondement dans l'autonomie des champs de production spécialisés est plus ou moins grande, plus ou moins difficile à surmonter et plus ou moins inacceptable, du

point de vue des principes démocratiques, selon les champs. Et, contrairement aux apparences, elle s'observe aussi dans l'ordre de la politique dont elle contredit les principes déclarés. Bien que les agents qui sont engagés dans le champ journalistique et dans le champ politique soient dans une relation de concurrence et de lutte permanentes et que le champ journalistique soit, d'une certaine façon, englobé dans le champ politique au sein duquel il exerce des effets très puissants, ces deux champs ont en commun d'être très directement et très étroitement placés sous l'empire de la sanction du marché et du plébiscite. Il s'ensuit que l'emprise du champ journalistique renforce les tendances des agents engagés dans le champ politique à se soumettre à la pression des attentes et des exigences du plus grand nombre, parfois passionnelles et irréfléchies, et souvent constituées en revendications mobilisatrices par l'expression qu'elles reçoivent dans la presse.

Pierre Bourdieu

texte intégral sur Persée

lundi 24 février 2020

Quarantaines

"Angelo demanda une foule de renseignements pour savoir où étaient placées ces barrières et ce qu'elles barraient. Il était indigné de l'inhumanité de ces gens qui refoulaient les femmes et les enfants dans les bois. L'allusion à la quarantaine lui avait fait aussi dresser les oreilles. "Voilà une autre histoire et qui ne me plaît pas du tout, se dit-il, je n'ai pas envie d'être bouclé dans quelque étable pleine de fumier. La peur est capable de tout et elle tue sans pitié, attention! On ne s'en sortira pas ici comme avec le forçat de la barricade de tonneaux. Quel dommage que je n'aie que deux coups de pistolet à tirer, ou plutôt que je n'aie pas de sabre, je leur ferais voir que la générosité est plus terrible que le choléra." Il était très impressionné par les trois visages d'enfants perdus que lui avait montrés son briquet."

(Merci à Claudine Randy)

"- Nous ne comprenons rien à ce qui arrive, monsieur, dit poliment Angelo. -" D'où êtes-vous et où allez-vous" ? - "Nous sommes de Gap, dit la jeune femme et nous rentrons chez nous." (...) On ne rentre pas chez soi, madame, dit le lieutenant. Il est défendu de voyager. Ceux qui sont sur les routes doivent rejoindre une quarantaine. - Il vaudrait mieux nous laisser rentrer chez nous, dit doucement mais avec beaucoup de gentillesse la jeune femme (...) - conduisez les à Vaumeilh, je n'ai pas à savoir ce qu'il vaudrait mieux."

"Ils débouchèrent sur une vaste esplanade éblouissante de blancheur, devant le portail d'un château fort."

Jean Giono, Le Hussard sur le toit

Bonus : Il y a 43 ans, le Pont de Cassandre

cassandra.PNG Cliquer sur ce lien pour voir un bon vieux nanard (oubliez le complot, retenez la quarantaine...)

samedi 22 février 2020

Une déclaration de la haute commissaire européenne aux droits de l'Homme

assange.jpg

Julian Assange ne devrait pas être extradé en raison de l'impact potentiel d'une telle extradition sur la liberté de la presse et des préoccupations que suscitent les mauvais traitements dont il est victime.

J'ai suivi avec une grande attention les développements concernant le cas de Julian Assange, en particulier les charges retenues contre lui et la demande d'extradition présentée par le gouvernement américain au Royaume-Uni. Outre mes propres suivis et analyses, j'ai reçu des informations de professionnels de la santé, de militants de la société civile, de défenseurs des droits de l'homme, d'associations de journalistes et d'autres personnes sur cette affaire.

L'extradition potentielle de Julian Assange a des implications sur les droits de l'homme qui vont bien au-delà de son cas individuel. L'acte d'accusation soulève d'importantes questions sur la protection de ceux qui publient des informations classifiées dans l'intérêt public, y compris ceux qui dénoncent des violations des droits de l'homme. La nature large et vague des allégations contre Julian Assange et des infractions énumérées dans l'acte d'accusation est troublante car nombre d'entre elles concernent des activités au cœur du journalisme d'investigation en Europe et au-delà. Par conséquent, autoriser l'extradition de Julian Assange sur cette base aurait un effet dissuasif sur la liberté des médias et pourrait en fin de compte entraver la presse dans l'exercice de sa tâche de pourvoyeur d'informations et de surveillance publique dans les sociétés démocratiques.

En outre, toute extradition vers une situation dans laquelle la personne impliquée courrait un risque réel de torture ou de traitement inhumain ou dégradant serait contraire à l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants a clairement indiqué qu'il considérait que les conditions de détention aux États-Unis et la peine susceptible d'être infligée à Julian Assange présentaient un tel risque réel.

Compte tenu à la fois des implications pour la liberté de la presse et des graves préoccupations concernant le traitement que subirait Julian Assange aux États-Unis, mon évaluation en tant que Commissaire aux droits de l'homme est qu'il ne devrait pas être extradé.

Je continuerai de suivre de près l'évolution de cette affaire.

Dunja Mijatovic

Traduction : Librairie Tropiques

samedi 15 février 2020

Il a neigé sur Philippe Marlière...

yesterday.PNG Cliquer sur l'image

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marliereantisemitisme.PNG Collections du Laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein

dimanche 9 février 2020

Nécrologie : la (première) guerre du Pacifique (sic)

conrad.PNG Cliquer sur l'image

Neutralité axiologique

marliereparliamentsquare.PNG Source

parliamentsquare.PNG Source

Collections du Laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein

Bonus !

marlereoxford.PNG

Quelques jours plus tôt, Philippe Marlière en tant que politologue ( de terrain donc !) discutait à Oxford de... La France Insoumise.

En tant que politologue...

Pas en tant que militant à la démarche de crabe corcuffoïde que résume si bien sa fiche wikipedia...

Après vingt ans passés au Parti socialiste (PS), il rejoint le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) en 2009. Il indique que le référendum de 2005 sur le projet de constitution européenne et le ralliement de la direction du PS au camp du « oui » a motivé son choix de quitter ce parti. Il quitte le NPA deux ans plus tard.

Il est fondateur en juin 2014, avec Liêm Hoang-Ngoc, du Club des socialistes affligés, qui cherche à regrouper des socialistes opposés à la politique menée par François Hollande et ses gouvernements. Il rejoint en février 2015 le mouvement Ensemble, membre du Front de gauche et regroupant différentes traditions dont des courants issus du NPA. Il quitte ce mouvement en septembre 2018. En janvier 2017 lors des primaires socialistes, il appelle à voter contre Manuel Valls et soutient Benoît Hamon représentant « d’une gauche sociale-démocrate pluraliste, multiculturelle »

Ajoutons qu'il appelle à voter Macron au 2nd tour... puis pour Caroline De Haas au premier des législatives, offrant un second tour à une certaine Myriam El Khoumri...

Mais le Concierge n'a pas été invité à discuter ce "great paper" à Oxford.

C'est dommage...

samedi 1 février 2020

Le parc immobilier grec est cédé, autrement-dit offert à moins de 10% de sa valeur aux fonds rapaces étrangers

En 2020, la ville d’Athènes est considérée d’abord comme étant une forme de capital, ses visiteurs Chinois portent de masque anti-projections et par ailleurs, plus personne ne prête attention aux milliers de sans-abris. C’est autant vrai que les rénovations d’immeubles souvent entiers battent alors des records historiques; derrière leurs belles façades se déroule la plus grande spoliation de biens en Grèce depuis l’autre Occupation, celle des années 1940.

Le gouvernement Mitsotákis fait sauter les derniers et autant faibles verrous aux saisies des résidences principales par les banques et par l’État, plusieurs milliers de saisies étant de ce fait programmées dès cette année 2020, disons... prometteuse. Les banques, ainsi que la Germanocratie européiste interdisent le rachat par les citoyens de leurs dettes; c’est ainsi que le parc immobilier grec est cédé, autrement-dit offert à moins de 10% de sa valeur aux fonds rapaces étrangers

Ce qui scandalise encore plus les pauvres indigènes du pays de Zeus, c’est que le pirate financier Sóros annonce son attention d’y investir... à la hauteur de ses possibilités pour que les migrants que la Turquie déverse en Grèce en colons bien manipulables puissent être convenablement logés, supposons-le dans la... continuité, presse grecque en novembre 2019. C’est bien connu, la guerre n'est rien d'autre que la continuation de la politique par d'autres moyens, flux migratoires générés ou manipulés compris.

La presse fait état de la menace turque qui pèse sur nos îles, comme elle évoque en cette fin janvier 2020, le suicide d’un retraité âgé de 85 ans. Ces nouvelles des suicides à répétition, plutôt gênantes il faut préciser, deviennent de plus en plus rares, d’après les règles non-écrites de la déontologie mainstream. Ça s'est passé en Argolide dans le Péloponnèse et plus précisément à Melendríni, bourgade située non loin de Mycènes. Le vieil homme s’est d’abord attaché sur un arbre avant de s’immoler; les pompiers dépêchés sur place, alertés par les voisins, n’ont pas eu le temps de le sauver, presse grecque du 31 janvier.

Histoire en cours de devenir de gestes en... gestions des uns contre tous les autres. Athènes tout comme la Grèce se sont tant transformées en ces dix sombres années. Les grandes manifestations ont cessé mais on se suicide toujours autant qu’aux premières années de la dite crise, et... les terrasses des cafés sont souvent remplies. Dans cet ordre nouveau, les Grecs sont progressivement dépossédés de leurs biens, surtout immobiliers, tandis que le... capital d’Athènes s’offre comme jamais aux “investisseurs”.

Son vieux centre-ville se transforme en lieu récréatif visitable et en dortoir Airbnbien, et cette transformation est perceptible dans son avancement semaine après semaine. Les boutiques et autres échoppes déjà fermées lorsque 40% du petit commerce avait été anéanti entre 2010 et 2015, se transforment désormais et exclusivement en lieux de restauration ou en cafés. Telle est peut-être la cuisine bien orientée du futur...

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou, paru sous le titre "Cloaque bourbeux" sur son blog Greek Crisis

vendredi 31 janvier 2020

Il y a 50 ans : God save the Queen !

godsavethequeen1.PNG cliquer sur l'image

Le concert des Beatles sur le toit de l'immeuble d'Apple Corps au 3, Savile Row à Londres a lieu le 30 janvier 1969. Il s'agit de la dernière prestation en public des Beatles, qui se séparent l'année suivante. Filmé dans le cadre du documentaire musical Let It Be, le concert est interrompu au bout de 42 minutes par l'intervention de la police.

Janvier 1969 est une période difficile pour les Beatles, George Harrison quittant même temporairement le groupe quelques jours avant le concert. Le concert fait partie du projet Get Back, documentaire musical de Michael Lindsay-Hogg qui donnera finalement lieu au film Let It Be. Le documentaire devait inclure comme point culminant un concert dans un endroit inhabituel, et plusieurs possibilités ont été envisagées par le groupe, comme un amphithéâtre en Tunisie, le désert ou un bateau de croisière, avant que le choix ne se porte sur le toit de l'immeuble d'Apple Corps.

Le froid régnant, Ringo Starr porte le manteau rouge de sa femme Maureen, George Harrison, le manteau noir de Pattie et John Lennon, celui en fourrure de Yoko.

Les Beatles, accompagnés de Billy Preston au piano électrique, jouent cinq morceaux différents pendant 42 minutes

Le spectacle provoque un regroupement de curieux dans les rues et des embouteillages, ainsi que des plaintes des voisins pour le bruit. Au bout de 42 minutes, après avoir averti de leur venue dix minutes à l'avance, la police finit par interrompre le concert. Pendant l'intervention de la police, Paul McCartney improvise sur les paroles de Get Back : « You've been playing on the roofs again, and that's no good, and you know your Mummy doesn't like that... she gets angry... she's gonna have you arrested! Get back! » (« tu es encore allée jouer sur les toits, c'est mal, tu sais que ta maman n'aime pas ça... elle est en colère... elle va te faire arrêter ! Get back! (Reviens !) »)

À la fin du concert, John Lennon prononce la phrase « I'd like to say thank you on behalf of the group and ourselves, and I hope we passed the audition » (« Je voudrais vous remercier au nom du groupe et de nous tous, et j'espère que nous avons réussi l'audition »), qui sera intégrée à la fin de la chanson Get Back, dernière piste de l'album Let It Be.

Outre son inclusion dans le film Let It Be, on peut voir des extraits de ce concert dans les documentaires Anthology et The Beatles: Eight Days a Week. Les clips promotionnels des chansons Get Back et Don't Let Me Down utilisent aussi ces images.

Source: Wikipedia

Bonus 1

bryanmay.PNG Brian May "God save the Queen" on the roof of Buckingham Palace (cliquer sur l'image)

Bonus 2 : Nombrilisme de classe 2.0 !

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marlierebrexit5.PNG Collections du Laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein

Commentaire politologique : le problème chouchou est que Londres, c'est pas seulement le paradis des expats comme Singapour, c'est la capitale d'un pays qui a... plus qu'un arrière-pays.. Parce que bon après Florence t'as été retraité à l'UCL, on ne sait pas sur quels travaux, mais faut sortir des pubs de la City, ya plein de villes, c'est pas seulement la brousse, le Royaume-uni... En un mois de reportage dans le pays profond Thomas Frank a fait plus de travail que toi dans toute ta vie, espèce de fainéant stipendié ! Le Concierge.

jeudi 30 janvier 2020

Une élue menace des citoyens de mutilations

20eme.PNG cliquer sur l'image pour voir la vidéo

Une élue de la République (Ex-PS passée à la République en marche -sic) annonce qu'elle demande l'évacuation de la salle où elle présentait ses vœux, et aux habitants du XXeme arrondissement de se mettre à l'abri, précisant, "pensez à vos enfants", risquant donc d'être mutilés par la police républicaine... Car, élue de la République, passée du PS à LREM sans en avoir mandat de ses électeurs, elle est légitime face à la plèbe (apparemment des profs et des CSP+). Crachant au passage sa haine de Merluchon et de la CGT....

Le fascisme est en marche ! Et seuls les anti-fa, prompts à le voir surtout partout où il n'est pas, le dissimulent, et donc y participent.

No Pasaran.

Le Concierge

UE 0/UK 1 : Le Royaume-Uni quitte l'Union (soviético-néolibérale) Européenne

faragePE.PNG Collections du Musée de l'Europe. Cliquer sur l'image pour voir la vidéo

Il manque le début : la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, quittant le Parlement avant cette dernière intervention de Nigel Farage. Une Kommissarin dont le principal projet est celui d'une armée européenne... au service de la paix, bien évidemment.

On peut penser ce qu'on veut de Nigel Farage. Politicien atypique, car n'ayant jamais brigué le pouvoir, il a occupé une position atypique dans le champ politique pour faire advenir son unique projet : la sortie du Royaume-uni de l'UE. Tout en revendiquant le contrôle de l'immigration (essentiellement en provenance des pays de l'Est de l'UE) il a systématiquement exclu de son parti les figures affichant des positions racistes. Le Brexit est en grande partie son œuvre, que l'Histoire jugera.

Lors de cette dernière intervention au PE, considérée l'attitude de la 2ème Kommissarin, présidant la session du PE (et dont personne ne connait le nom), typiquement soviétique, on se dit qu'à choisir, on prendrait plutôt un pot avec le "populiste" qu'avec les partisanes de l'ordo-libéralisme le plus autoritaire et le plus absurde.

"If you desobey the rules, you are cut off"

"Il n'y a pas de démocratie hors des traités" (Junker)

Que les deux Kommissarinen soient des femmes, ne change rien à rien...

Mais quant à la démocratie (parlementaire) hors des traités (anti-parlementaires), le pays qui l'a inventée nous dira si elle est plus ou moins démocratique qu'un "Régime" où, interrogé sur le déficit de séparation des pouvoirs, un ancien président d'un Parlement européen fantoche répondit : "nous ne faisons pas du Montesquieu, nous faisons tout à fait autre chose".

Le Concierge

lundi 27 janvier 2020

Grèce : Chronologie à partir du 25 janvier 2015 jusqu’en 2019

Il y a 5 ans, le 25 janvier 2015, le peuple grec lançait un grand signe d’espoir au reste du monde.

Le but de cette chronologie est de passer en revue les grands moments de l’année 2015. La chronologie se termine par les résultats des élections de mai-juin-juillet 2019.

25 janvier 2015 : aux élections législatives, victoire de Syriza (Syriza en grec signifie coalition de la gauche radicale).

27 janvier : début du gouvernement Syriza-Anel avec Alexis Tsipras comme premier ministre.

30 janvier : la conférence de presse de Yanis Varoufakis (ministre des Finances) et Jeroen Dijsselbloem (président de l’Eurogroupe) est l’occasion de l’expression publique des désaccords entre le gouvernement Syriza et les institutions européennes, et lance le coup d’envoi d’une première séquence de « négociations » jusqu’à l’accord du 20 février.

4 février : la Banque centrale européenne fait un coup de force contre le gouvernement Tsipras en refusant que les banques grecques continuent de déposer des titres grecs comme garantie pour l’accès aux liquidités. En conséquence, les banques grecques ont vu augmenter leurs coûts, l’État grec a vu diminuer sa source principale de financement interne au pays et les déposants grecs ont accéléré le retrait de leurs dépôts. C’était une véritable déclaration de guerre de la BCE au gouvernement Tsipras. Le gouvernement Tsipras a appris également que la BCE ne reversera pas le 1,9 milliard € de profits qu’elle a fait sur les titres grecs et qu’elle avait promis de reverser en 2015.

5 février : mobilisation populaire à Athènes, et à petite échelle à Paris et dans d’autres capitales européennes, en réponse au coup de force de la Banque centrale européenne

8 février : premier discours de politique générale d’Alexis Tsipras au parlement grec (la Vouli). Le premier ministre grec confirme qu’il commencera immédiatement la mise en oeuvre du programme de Thessalonique qui impliquait notamment de mettre fin au mémorandum et de le remplacer par un plan de reconstruction nationale. __ 11 février :__ première rencontre officielle du gouvernement grec avec l’Eurogroupe, en vue d’un accord exigé par les institutions européennes avant le 20 février date de la fin du mémorandum en cours d’exécution. Varoufakis s’engage à assumer la continuité des obligations contractées par les gouvernements précédents. Le « mouvement des places » appelle à des rassemblements à Athènes et dans plusieurs villes grecques. Une manifestation de soutien à la Grèce a lieu à Francfort.

12 février : le gouvernement de Tsipras commence à vider les caisses publiques pour rembourser 747,7 millions € au FMI.

18 février : élection par le parlement du conservateur Prokopis Pavlopoulos comme président de la République. C’est Alexis Tsipras qui a convaincu le groupe parlementaire de Syriza de proposer et d’élire ce personnage de l’establishment en signe de continuité avec le régime antérieur et d’apaisement.

20 février 2015 : le président de l’Eurogroupe, le travailliste néerlandais Jeroen Dijsselbloem, annonce à Varoufakis que le solde de 11 milliards € du Fonds de recapitalisation des banques (FHSF) sur lequel le gouvernement Tsipras comptait pour réaliser une partie de ses promesses électorales part vers le Luxembourg au lieu d’être mis à disposition de la Grèce. Varoufakis apprend également que le versement de la dernière tranche (7,2 milliards €) du crédit attribué par la Troïka à la Grèce dans le cadre du mémorandum n’aura probablement pas lieu. Varoufakis signe le communiqué de l’Eurogroupe fixant le cadre des négociations dans les mois suivants : il s’agit de la première capitulation et du renoncement à l’application des principaux points du programme de Syriza.

23 février : le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, envoie au président de l’Eurogroupe une lettre contenant les grandes lignes de la liste des réformes proposées dans le cadre de l’accord du 20 février. Cette lettre, comme l’a révélé la presse grecque le jour-même, a largement été rédigée par Declan Costello de la Commission européenne.

24 : réunion houleuse du gouvernement grec

25 : débat prolongé du groupe parlementaire Syriza, un tiers des députés s’oppose à l’accord du 20 février

27 : Varoufakis signe un courrier rédigé par la Troïka, c’est un acte de soumission.

28 février-1er mars : première réunion du comité central de Syriza après les élections. L’amendement présenté par la Plateforme de gauche rejetant l’accord du 20 février et la liste de réformes du 23 février obtient 41 % des suffrages.

Début mars : Varoufakis propose aux autorités chinoises d’acheter les chemins de fer grecs et de compléter l’achat du port du Pirée.

4 mars : conférence de presse au parlement grec pour annoncer la création de la Commission pour la vérité sur la dette publique grecque. Cette commission est créée par la présidente du parlement grec Zoé Konstantopoulou. La coordination scientifique de la commission est confiée à Éric Toussaint (Comité pour l’Abolition des dettes illégitimes, CADTM). Voir : http://www.cadtm.org/Grece-Une-commission-d-audit-de-la

6 mars : la Grèce rembourse 299 millions € au FMI.

13 mars : la Grèce rembourse 336 millions € au FMI.

16 mars : la Grèce rembourse 560,8 millions € au FMI.

18 mars : vote au Parlement grec de la première loi du gouvernement Tsipras, consacrée à un paquet de mesures sociales en faveur des personnes les plus pauvres ainsi qu’à la création d’un secrétariat à la lutte contre la corruption.

20 mars : la Grèce rembourse 336,5 millions € au FMI.

1er avril : création par la présidente du parlement grec, Zoe Konstantopoulou, avec le soutien d’Alexis Tsipras, d’une Commission sur les réparations des dettes de guerre de l’Allemagne envers la Grèce.

3 avril : le cabinet des ministres décide d’annoncer au FMI que la Grèce suspendra le paiement de la dette et décide d’envoyer à Washington Varoufakis pour expliquer cette décision à Lagarde et rendre cela public

4 avril : séance inaugurale de la Commission pour la vérité sur la dette publique grecque, créée par la présidente du parlement grec Zoé Konstantopoulou. https://www.cadtm.org/4-avril-2015-Journee-historique-pour-la-recherche-de-la-verite-sur-la-dette Assistent à cette séance inaugurale, le premier ministre, le président de la république, la présidente du parlement et la majorité des membres du gouvernement dont le ministre des finances. La séance est introduite par la présidente du parlement, par Éric Toussaint et par le président de la République. https://www.cadtm.org/Chronique-des-interventions-de-l Voir aussi sur le site officiel du parlement grec : https://www.hellenicparliament.gr/Enimerosi/Grafeio-Typou/Deltia-Typou/?press=eb4f5c35-72d3-4aba-884a-a473018a6e4f

5 avril : Varoufakis arrive à Washington et accepte l’ordre de Tsipras de renoncer à la suspension du paiement de la dette.

9 avril : la Grèce rembourse 448,6 millions € au FMI.

24 avril : lors de la réunion de l’Eurogroupe à Riga, le constat est celui d’un échec des négociations, et le versement d’une dernière tranche d’aide (7,2 milliards d’euros) prévu suite à l’accord du 20 février est remis à plus tard.

27 avril : remplacement de Yanis Varoufakis par Euclide Tsakalotos au titre de coordinateur de l’équipe de négociation grecque.

11 mai : réunion de l’Eurogroupe à Bruxelles. La partie grecque accepte notamment l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence, une large abrogation des taux réduits de TVA et la poursuite des négociations. Les discussions achoppent notamment sur la question de la réforme des retraites et du marché du travail.

12 mai : la Grèce, à court de ressources, rembourse quand même au FMI 747,7 millions €. Une astuce a été trouvée par le FMI afin d’être remboursé : il a utilisé un compte ouvert par la Grèce au FMI, y a versé 650 millions considérés comme prêts à la Grèce. La Grèce les a utilisés pour ensuite rembourser le FMI en y ajoutant la différence.

15 mai : un communiqué du secrétariat politique de Syriza appelle à défendre les « lignes rouges » du gouvernement au moyen de mobilisations populaires en Grèce et en Europe. Communiqué d’Eric Toussaint suite à la rencontre avec le ministre Dimitris Stratoulis qui a en charge les retraites https://www.cadtm.org/Communique-d-Eric-Toussaint-suite .

24 mai : réunion du comité central de Syriza. L’amendement déposé par la Plateforme de gauche qui critique le cours des négociations et la stratégie du gouvernement, appelant à des mesures unilatérales en vue de la mise en œuvre effective du programme de Thessalonique, obtient 44 % des suffrages.

3 juin : convoqué par Juncker, Tsipras accepte de se rendre à Bruxelles le 3 juin et confirme qu’il est d’accord de s’engager à dégager un surplus du budget primaire de 3,5 % pendant dix ans, ce qui est totalement en contradiction avec le programme de Thessalonique et intenable pour un pays qui veut rompre avec l’austérité. Mais la Troïka veut plus : elle exige une nouvelle réduction des retraites (notamment la suppression de l’aide –appelée EKAS- apportée aux retraités touchant une pension très basse) et une augmentation de la TVA qui doit être portée à 24 % pour certains produits et services. Dans la restauration, la Troïka veut que la TVA passe de 13 à 23 %.

4 juin : alors que la Grèce doit effectuer un nouveau remboursement au FMI de 305 millions €, celui-ci propose que tous les paiements dus en juin, pour un montant total de 1532,9 millions €, soient payés en un seul coup le 30 juin 2015. Cela permet de mettre la pression maximum sur la Grèce pour qu’elle accepte de signer une nouvelle capitulation avant la fin du 2e mémorandum dont l’échéance est le 30 juin 2015.

5 juin : face à ces nouvelles exigences exprimées le 3 juin par la Troïka, Tsipras décide de ne pas aller à une réunion convoquée à Bruxelles le 5 juin et prend la parole au parlement grec devant lequel il dénonce les exigences de la Troïka

13 juin : réouverture de la chaîne de radio - télévision publique, ERT qui avait été fermée en juin 2013. Tsipras et Pappas, son ministre en charge des médias, mettent à sa tête un personnage de l’establishment ce qui provoque du mécontentement chez ceux et celles qui attendaient une radio TV menant une politique d’indépendance, d’enquête et d’aiguillon critique.

17-18 juin : rapport de la Commission pour la vérité sur la dette publique grecque présente son rapport et les conclusions de celui-ci. Toute la dette réclamée par la Troïka est identifiée comme odieuse, illégitime, illégale et insoutenable. La commission recommande au gouvernement de répudier la dette par un acte unilatéral souverain. Le premier ministre est présent ainsi que de nombreux ministres. Varoufakis pourtant présent à Athènes le 17 juin n’y assiste pas. https://www.cadtm.org/Compte-rendu-de-la-premiere,11771

18 juin : nouvelle réunion de l’Eurogroupe à Bruxelles sur la Grèce : la Troïka poursuit la pression sur le gouvernement grec.

22 juin : Tsipras fait une nouvelle concession : le gouvernement est prêt à réduire une nouvelle fois les retraites de manière importante mais la Troïka veut plus.

20-26 juin : semaine d’action des mouvements sociaux européens en soutien au peuple grec. Des manifestations, réunissant plusieurs milliers de personnes, ont lieu dans de nombreuses villes européennes, dont une trentaine en France.

24-26 juin : Tsipras est à Bruxelles et négocie. Malgré les concessions du gouvernement, la Troïka refuse de signer un nouvel accord. Or Tsipras tout comme Varoufakis veulent un nouveau mémorandum même s’ils ne le disent pas au public grec.

27 juin : suite à l’échec des négociations à Bruxelles, Alexis Tsipras convoque un référendum pour le 5 juillet au sujet de la dernière proposition des créanciers.

Immédiatement la BCE fait en sorte que le gouvernement doive décider de fermer les banques à partir du lundi 29 juin.

29 juin : Juncker, président de la commission européenne, dénonce la convocation du référendum et appelle les Grecs dans des termes à peine voilés à voter Oui afin de ne « pas commettre un suicide ». Cette intervention a peut-être eu l’effet contraire à celui recherché.

30 juin : Benoît Coeuré, vice-président de la BCE, annonce que si les Grecs votent en majorité pour le Non à l’expulsion de la zone euro est probable tandis que si les Grecs votent pour le Oui, la Troïka viendra en aide à la Grèce.

30 juin : la Grèce n’arrive pas à rembourser le FMI par manque de ressources disponibles. Les caisses sont vides.

3 juillet : dans le cadre de la mobilisation populaire croissante en faveur du non, plusieurs dizaines de milliers de manifestants se rassemblent place Syntagma. Les partisans du Oui qui eux aussi ont appeler à se mobiliser ont été beaucoup moins nombreux.

5 juillet : victoire du non au référendum, avec 61,31 % des suffrages.

6 juillet : démission du ministre des Finances grecs, Yanis Varoufakis, remplacé par Euclide Tsakalotos qui depuis fin avril menait à sa place les négociation, assisté par Georges Chouliarakis. Varoufakis dans l’explication publique de sa démission déclare notamment : « Je soutiendrai donc sans hésitation le premier ministre, le nouveau ministre des finances et le gouvernement »

Jacques Lew, le secrétaire d’État au Trésor des États-Unis appelle Tsipras par téléphone pour mettre la pression afin qu’il accepte un nouveau mémorandum aux conditions voulues par la Troïka et rejetées par les Grecs. François Hollande fait de même.

Tsipras se réunit avec les partis qui ont appelé à voter pour le Oui et élabore avec eux une position conforme aux demandes de la Troïka alors que celles-ci ont été rejetées lors du référendum de la veille.

7 juillet : Juncker est carrément insultant lors du sommet tenu à Bruxelles ce jour-là. En présence d’Alexis Tsipras, il déclare : « Une question a été posée au peuple grec à propos de quelque chose qui n’existe pas. Peut-être voudrez-vous bien m’expliquer en détails quelle était la question posée aux Grecs – à moins que cela trop vous demander ». Tsipras répond que le gouvernement est prêt à négocier.

8 juillet : Tsipras avance une proposition qui ressemble à celle que le référendum a rejeté : nouvelle réduction des retraites, accélération des privatisations, augmentation de la TVA, surplus primaire du budget de 3,5%…

8 juillet : L’opposition dans le groupe parlementaire de Syriza est très forte.

10 juillet : le parlement grec vote en faveur de la proposition que Tsipras a élaborée avec l’accord du FMI et de la BCE ainsi qu’avec celui des partis qui ont perdu le référendum. Les partis de droite votent en faveur (sauf Aube dorée) ainsi qu’une majorité de députés de Syriza (à l’exception de Zoe Konstatopoulou, des 6 ministres membres de la Plateforme de gauche de Syriza et de plusieurs députés). Varoufakis n’est pas allé au parlement afin d’éviter de participer au vote.

11 juillet : alors que le FMI et la BCE sont d’accord avec la proposition grecque à l’élaboration de laquelle ils ont participé, plusieurs ministres et chefs d’État veulent imposer de plus lourds sacrifices.

13 juillet : suite à une réunion d’un sommet des chefs d’États et de gouvernement de la zone euro, le gouvernement grec accepte de rentrer dans un processus conduisant à un troisième mémorandum, avec des conditions plus dures que celles rejetées lors du référendum du 5 juillet. A propos de la dette, le texte dit clairement qu’il n’y aura pas de réduction du montant de la dette grecque : « Le sommet de la zone euro souligne que l’on ne peut pas opérer de décote nominale de la dette. Les autorités grecques réaffirment leur attachement sans équivoque au respect de leurs obligations financières vis-à-vis de l’ensemble de leurs créanciers, intégralement et en temps voulu ».

13 juillet : #THISISACOUP, ce hashtag est tweeté 377 000 fois et fait le tour de la Terre en quelques heures pour protester contre le diktat de la Troïka à l’égard de la Grèce

15 juillet : manifestation place Syntagma des partisans du Non opposés à l’accord du 13 juillet, donnant lieu à une répression policière. Une lettre signée par 109 membres (sur 201) du comité central de Syriza rejette l’accord du 13 juillet en le qualifiant de coup d’État et demande une réunion d’urgence du comité central. 15-16 juillet : vote au Parlement, avec les voix de Nouvelle Démocratie, Pasok et To Potami, mais sans les voix de 39 députés de Syriza (32 contre dont Varoufakis, 6 abstentions, 1 absence), d’un premier paquet de mesures d’austérité, concernant la TVA et les retraites, exigées par l’accord du 13 juillet. 17 juillet : suite à l’accord du 13 juillet, la Commission européenne annonce le déblocage d’un nouveau prêt de 7 milliards d’euros. Alexis Tsipras remanie son gouvernement, en congédiant notamment deux ministres de la Plateforme de gauche, Panagiotis Lafazanis et Dimitris Stratoulis.

20 juillet : remboursement de 3,5 milliards d’euros à la Banque centrale européenne et de 2 milliards d’euros au Fonds monétaire international.

22-23 juillet : vote au Parlement du second volet des mesures immédiates exigées par les institutions européennes, contenant des mesures institutionnelles nécessaires à la mise en œuvre du troisième mémorandum. Parmi les députés de Syriza, 31 votent contre et 5 s’abstiennent. Varoufakis vote pour.

30 juillet : réunion du comité central de Syriza. Les demandes, soutenues notamment par la Plate-forme de gauche, d’une réunion du congrès de Syriza avant la signature de l’accord et d’un référendum au sein du parti sur la poursuite des négociations sont rejetées, conduisant plusieurs membres du comité central à démissionner.

13 août : à l’initiative de la Plate-forme de gauche, appel de dix dirigeants de formations politiques de gauche à des mobilisations populaires et à la formation d’une nouvelle force politique, hors de Syriza, en opposition à la politique du gouvernement Tsipras et au troisième mémorandum.

14 août : vote au Parlement grec du troisième mémorandum. Oui : 222 voix. Non : 64 voix (dont 32 Syriza). Abstention : 11 voix (dont 10 Syriza). Absent du vote : 2 (Syriza).

20 août : remboursement de 3,2 milliards € à la BCE pour des titres qu’elle a achetés en 2010-2012 à 70 % de leur valeur nominale et sur lesquelles elle a touché un intérêt de 6,1% chaque année sur le total de la valeur nominale, càd près de 10 % de rendement réel.

20 septembre : élections anticipées. Syriza reste la première force électoral et Tsipras forme un nouveau gouvernement.

D’août 2015 à août 2018 : application du 3e mémorandum avec une longue liste de nouvelles mesures d’austérités et de reculs sociaux.

Élections européennes du 26 mai 2019 : victoire de Nouvelle démocratie.

Élections municipales et régionales en deux tours (26 mai et 2 juin 2019) : victoire de Nouvelle démocratie qui prend le contrôle de 12 des 13 régions (la Crète reste dirigée par Syriza alliée au Pasok) et de la plupart des grandes villes du pays, dont Athènes, Thessalonique... Patras, en revanche, est conservée par le KKE, le PC grec, qui a obtenu les voix de Syriza, alors que le KKE n’a jamais appelé à voter pour Syriza.

Élections anticipées du 7 juillet 2019 : victoire de Nouvelle démocratie. Le parti dirigé par Kyriakos Mitsotakis avec 40 % des voix dispose d’une majorité absolue au parlement. Syriza obtient 31,5 % des voix. Aube dorée n’a plus de représentation parlementaire. Un nouveau parti d’extrême-droite, Solution grecque, fait son entrée au parlement. Le parti créé par Varoufakis entre au parlement avec 9 députés (3,4 % des voix), le Parti communiste obtient 15 députés avec un peu plus de 5 % des voix.

En juillet 2019, Syriza a perdu 470 000 voix par rapport au scrutin de janvier 2015. Syriza, avec Tsipras à sa tête, obtient 82 députés, soit un peu plus d’un quart du Parlement grec. En pourcentage, la somme des résultats de Syriza (31,5 %), du mouvement de Varoufakis (3,4 %) et de celui de l’ex-présidente du Parlement grec Zoé Kostantopoulou (1,4 %, ce qui ne lui permet pas d’avoir des députés car il fallait atteindre le seuil de 3 %) correspond à la portion de l’électorat qui a porté Syriza au gouvernement en janvier 2015.

Signal de la désillusion des Grecs, le taux d’abstention a fortement augmenté. À 42 %, il est le deuxième plus élevé dans l’histoire du pays. La capitulation de Tsipras a conduit à un rejet global de la politique, en particulier dans les couches populaires et la jeunesse.

Néanmoins Syriza est le parti qui a le moins payé le fait d’être au gouvernement pour appliquer les mémorandums. En effet, la droite (Nouvelle Démocratie) qui est revenue au gouvernement en juillet 2019 avec des promesses d’amélioration des conditions de vie du peuple était passée de 2 300 000 voix en 2009 à 1 100 000 en mai 2012 puis était remontée à 1 800 000 en juin 2012 pour revenir au gouvernement. Le Pasok, qui avait été plébiscité en octobre 2009 avec 3 millions de voix et avait ensuite fait passer le premier mémorandum, avait subi un vote de rejet sans appel en juin 2012 : 753 000 voix. Et sa chute avait continué par la suite : 289 000 voix en janvier 2015 ! De son côté, Syriza, en assumant en février 2015 la prolongation du 2e mémorandum et en juillet-août 2015, l’adoption du 3e mémorandum jusqu’à sa finalisation en août 2018, est passée de 2 246 000 voix en janvier 2015 à 1 926 000 voix en septembre 2015 et à 1 781 000 voix en juillet 2019.

Ce moins mauvais résultat de Syriza indique surtout que le peuple grec ne vire pas massivement à droite ou à l’extrême-droite. Mais aussi que s’est installée une forme de résignation et d’adaptation à la « normalité » créée par la mise en œuvre de la purge néolibérale. L’extrême-droite a perdu des voix par rapport à 2015 même si un nouveau parti de la même veine (la Solution grecque) rentre au Parlement tandis qu’Aube dorée, engluée dans des procès, perd ses 17 députés car elle n’a pas atteint le seuil des 3 %. La Nouvelle Démocratie de Mitsotakis a pris des voix à Aube dorée en mettant en avant sur ses listes des dirigeants d’extrême-droite.

Accablée par une dette qui dépasse toujours 170 % du Produit intérieur brut, la Grèce reste sous une sorte de mandat de protectorat dissimulé derrière des apparences de souveraineté. Néanmoins le peuple n’a pas dit son dernier mot.

Reprise de l'article d'Eric Toussaint paru sous ce titre sur le site du CADTM

"Cet homme sera capable d'absolument tout, sans aucune limite"

"Il reste à expliquer comment une nation de 36 millions d’hommes a pu être surprise par trois chevaliers d’industrie et menée sans résistance en captivité" (Karl Marx, le 18 Brumaire de Napoléon Bonaparte)

macronpyramide.PNG Collections du Musée de l'Europe

Ce sire, au fond, est un parfait produit des années 80, une version aboutie – peut-être un peu tardive, c’est l’espoir qu’il nous reste – de l’Homme que ces 30 ou 40 dernières années ont tenté de fabriquer : une imposture, une illusion, un start-up-marabout, une uber-escroquerie. Le philosophe est un cuistre infantile, le « penseur » une machine à poncifs pompeux, le bâtisseur est un vandale, le centriste ouvert est un fanatique borné, l’esthète fin révèle un plouc fini, le « subversif dérangeant » n’est qu’un banal immature inconséquent, le démocrate est un mégalomane totalitaire, et le gendre idéal bienveillant un vicelard narcissique. On ne peut même pas dire qu’il sonne faux : il sonne creux, d’où qu’on toque.

Il ne lui reste plus qu’à compter sur l’effet de sidération que produisent ses pitreries scandaleuses pour – pendant que la plèbe s’offusque à bon droit de la mise à sac sauvage de tout le séculaire édifice sur lequel ce mal élevé s’est laissé hisser pour se goinfrer – engager mécaniquement toutes les liquidations que ses maîtres lui ont commandées.

Ce qu’il fera avec d’autant plus de zèle qu’il a été élu par dépit, vainqueur d’un concours de circonstances, rescapé d’une roulette russe tellement acrobatique qu’il est permis de se demander si le barillet était tout à fait réglementaire. Et soyons sûrs qu’il mènera l’entreprise de démolition bien plus loin que tous ses prédécesseurs puisque, absolument vain et dénué de tout ce qui ressemble à des principes, il est parfaitement polymorphe.

Ce roi nu, si prompt à rabrouer avec la violence puérile qui les caractérise les enfants qui le démasquent, n’est que le zélé valet, le reflet présomptueux d’une époque qui, poussant l’imposture et l’incohérence à des niveaux olympiques, a érigé en « valeurs fondamentales » l’exhibitionnisme pudibond et le puritanisme libertaire. Par son abyssale inconsistance, il est le parfait porte-voix – et le terrifiant porte-flingue – des opportunismes de ses maîtres insatiables. Et ce n’est que parce qu’il lui fallait une histoire, une légende, qu’on la lui a écrite, jusqu’à en faire le fils spirituel d’un philosophe dont il n’était, en réalité, qu’un marque-page. C’est le pion malléable sur lequel, faut-il croire, il était opportun de miser au bon moment. De diverses manières, quelques un(e)s ont su saisir leur chance et tirer le gros lot. Il ne faudrait pas en conclure pour autant qu’un tel individu ne présente qu’un danger « superficiel ». Au contraire.Mais ça n’est pas par son idéologie – quoi qu’on pense de celle à laquelle il s’est vendu – qu’il est dangereux. Il n’en a pas (ou plus exactement, il serait prêt à se vendre à toutes… c’est d’ailleurs ce qu’il fait, à certains égards).

C’est précisément par sa vacuité, pour elle, contre elle, à cause d’elle, ou un peu tout « en même temps », que cet homme sera capable d’absolument tout, sans aucune limite.

Extrait de l'article de Régis De Castelnau, paru sous le titre Jupitre est-il dangereux ?

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