Musée de l'Europe et de l'Afrique

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vendredi 17 avril 2015

Avant-première : La seconde fugue d'Arthur Rimbaud

Patrick Taliercio, l'auteur des Indésirables de la Rue de la République, sort un long métrage documentaire sur lequel il travaille depuis plusieurs années. Le Musée de l'Europe a complaisamment contribué au dossier de presse...

rimb.jpg Le rêve de Bismarck, inédit de Rimbaud découvert dans le Progrès des Ardennes par Patrick Taliercio

Comment présenterais-tu ton film ?

La seconde fugue d'Arthur Rimbaud est un film populiste, c'est-à-dire qui tente de rendre compte de la façon dont vivent des gens du peuple en France et en Belgique, dans la vallée de la Meuse et à Charleroi, en 2008. Etant donné qu’on ne parle jamais mieux que de son point de vue et sans outrepasser sa propre expérience, Rimbaud n'est ici guère plus qu'un moyen de transport qui me permet de circuler à la frontière de mon monde, que j'estime de plus en plus clos sur lui-même, celui de la classe moyenne cultivée qui fournit la majorité des réalisateurs de ce qu'on appelle encore documentaire d'auteur. Pour moi la question de l'aveuglement volontaire de ma classe face aux réalités rencontrées par ceux qui travaillent est un fait qui caractérise profondément notre société et notre époque. En général, je pense que voir est un processus dialectique qui contient toujours une part d'aveuglement, d'enchantement sans laquelle certaines choses seraient insupportables à regarder. Mon hypothèse est que la poésie peut encore servir à affronter la réalité. Elle confronte au réel dans la mesure même que permet son enchantement.

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jeudi 16 avril 2015

Renouer avec un anticapitalisme assumé

En 2008, Jean-Pierre Garnier intervenait dans le cadre de l'Association Mémoire des Luttes. Quelques semaines après le Forum Social Mondial de Tunis, tenu dans un pays en pleine contre-révolution, l'oligarchie ayant su déplacer les luttes du terrain social au terrain idéologique (quitte à avoir créé, comme le docteur Frankenstein, la menace fantôme sans laquelle un Etat policier - autrement-dit néolibéral - ne saurait prospérer), sorte de miroir grossissant des modes de gouvernance qui s'installent durablement dans l'UE, il nous a paru intéressant de republier ce texte. Pour les alter-mondialistes porteurs de la "Bonne Nouvelle", "le processus avance" même quand le fascisme avance. Le FSM, fait pourtant depuis longtemps double-emploi avec les Journées Mondiales de la Jeunesse...

à lire sur le même thème : "Comment l'anti-mondialisation est devenue l'altermondialisme" et "Leçons de Grèce à l’usage d’un internationalisme imaginaire (et en vue d’un internationalisme réel)"

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mercredi 15 avril 2015

L'Europe ouvre grand la porte aux lobbies du gaz de schiste

Malgré l’opposition massive des citoyens européens au gaz de schiste, la Commission persiste dans la direction opposée. Après avoir exempté ces activités d’études d’impact environnemental spécifiques, elle met en place aujourd’hui un « réseau » d’experts largement dominé par les industriels et les gouvernements favorables au gaz de schiste.

Selon les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory, qui publient aujourd’hui une étude à ce sujet, sur 60 membres confirmés de ce réseau, 40% travaillent pour des entreprises comme Total, GDF Suez ou Shell, directement impliquées dans le gaz de schiste, ou pour des lobbies du secteur pétrolier et gazier. Ceux qui représentent la société civile, en revanche, se comptent sur les doigts d’une main. Le reste est constitué soit de scientifiques dont la majorité est liée financièrement à l’industrie, soit de représentants de bureaux publics de recherche géologique, dont les intérêts sont souvent étroitement alignés sur ceux des promoteurs du gaz de schiste.

Lire l'article paru sur le site de l'Observatoire des multinationales

lundi 13 avril 2015

TAFTA/TTIP – Coopération réglementaire : coopérer pour moins réglementer

OLYMPUS DIGITAL CAMERA Courtesy of Daniel Berneron

Les négociations entre l'Union Européenne et les USA pour conclure un traité transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP ou TAFTA) ne cessent de faire parler d'elles.

Beaucoup se préoccupent du caractère anti-démocratique des tribunaux d'arbitrage privés, permettant à des investisseurs de poursuivre des états en justice dans le cadre d'un système judiciaire parallèle privé. Or, un autre aspect du traité est tout aussi dangereux pour l'intérêt général : la « coopération réglementaire ».

Lire l'article du Corporate Europe Obervatory

samedi 11 avril 2015

Loi renseignement : peut-on encore croire à la démocratie parlementaire ?

the-prisoner-campaign1.jpg

Les dispositions de surveillance généralisée et intrusive de la loi Renseignement sont dénoncées avec force par une très grande majorité de ceux qui se sont exprimés publiquement. En dehors de certains services de renseignement et de leurs hommes liges, elle n'est portée que par des politiques qui voient dans l'invocation des risques sécuritaires et la création d'une société de contrôle et de suspicion le seul moyen de préserver un pouvoir de plus en plus incapable de susciter une adhésion positive. Et pourtant, la plupart des commentateurs annoncent que ces dispositions et la loi vont être adoptées au parlement.

Ce ne sont pas seulement les défenseurs associatifs des libertés et droits fondamentaux réunis dans la plateforme sous-surveillance.fr qui s'opposent au projet. Ce ne sont pas seulement les instances officielles en matière des drois de l'homme (CNCDH, Conseil National du Numérique, Commission numérique de l'Assemblée Nationale). Nous sommes à une situation qui devrait susciter une immense alerte : Jean-Marie Delarue, président tout juste nommé de la CNCIS, l'instance de contrôle des interceptions administratives de sécurité dont la loi est supposée élargir le pouvoir dans une nouvelle instance, affirme que Le projet de loi renseignement n’est pas adapté aux libertés publiques. La ministre de la justice, Christiane Taubira, toujours très prudente, fait connaître - discrètement il est vrai - son opposition, tout comme Alain Juppé par l'intermédiaire de ses proches. Pour les débats publics sur la loi, on a du mal à trouver des parlementaires pour la porter et Matignon doit déléguer ses troupes emmenées par Renaud Vedel, chef du pôle affaires intéreures auprès de Manuel Valls, pour faire la claque du volontaire.

Lire le point de vue de Philippe Aigrain sur le blog Libres enfants du numérique

«Les profits d’aujourd’hui sont les dividendes de demain et l’évasion fiscale d’après-demain»

A Paris, le CAC 40 a franchi les 5 200 points, son plus haut niveau depuis janvier 2008. Souvenez-vous, c’était avant la crise. C’est bien la preuve que la reprise est là, non ?

Non. C’est la reprise de la bulle financière, alimentée notamment par la situation européenne. La Banque centrale européenne a commencé à injecter des milliards d’euros sur les marchés. Mais, dans le même temps, les États compriment les dépenses publiques. Et l’investissement privé ne redémarre pas. Faute d’investissements publics ou privés à financer, les flots d’argent déversés par la BCE s’évaporent dans une nouvelle bulle financière. Au lieu d’irriguer l’économie réelle.

C’est une preuve de plus de l’échec de la stratégie économique de François Hollande et Manuel Valls. Leur stratégie, c’est le théorème de Schmidt, du nom de l’ancien chancelier allemand des années 1970. Cette pensée est résumée par la formule « les profits d’aujourd’hui sont les investissement de demain et les emplois d’après-demain ». Cette formule, déjà contestable à l’époque, est aujourd’hui totalement dépassée. Les profits ne font pas les investissements et même ils détruisent l’emploi. Sous nos yeux, tandis que les bourses flambent, les plans de licenciement s’accumulent. Ce logiciel est périmé. Le Monde lui-même s’inquiète « d’une reprise sans investissement ». Une semaine avant, Les Echos évoquaient « une reprise sans emploi ». Mais qu’est-ce donc qu’une reprise sans emploi ni investissement ? Est-ce encore une reprise ?

Dans la manifestation du 9 avril, le PCF a proposé une version mise à jour de cette formule. Elle est plus cruelle pour Hollande et Valls. Mais elle me semble tellement plus juste. Ils l’ont baptisé « le théorème de Macron ». Le voici : « les profits d’aujourd’hui sont les dividendes de demain et l’évasion fiscale d’après-demain ». Le flot qui coule sur cette pente peut être évalué. Quelque 7.600 milliards de dollars, soit 8% de la richesse mondiale, sont détenus par des particuliers dans des paradis fiscaux, analyse une récente étude parue dans le Journal Of Economic Perspectives. Les tricheurs européens arrivent en tête de la délinquance fiscale avec quelque 2.600 milliards localisés dans des États qui mêlent faible fiscalité et opacité financière, affirme le Français Gabriel Zucman, professeur assistant à la London School of Economics. Mais cet argent sale, une fois dans les banques de paradis fiscaux, ne revient-il pas dans les économies réelles ? Après tout ne faut-il pas que cet argent s’investisse pour être profitable ? Oui, bien sûr, il doit se réinvestir. Mais où ? Dans quelle activité ? Et pour quel résultat ? Réponse : là où on peut faire le plus de profit. C’est-à-dire très peu dans l’économie réelle. Plutôt encore et toujours dans la bulle financière, dans la spéculation. A quelques exceptions près. Car de temps en temps, en effet, il se dit qu’ici où là vont venir des profits gigantesques. Alors l’argent accourt et des bulles monstrueuses se forment. Une entreprise peut ainsi avoir une valeur en capital gigantesque avant d’avoir réalisé un dollar de profit. La bonne affaire consiste juste à vendre à temps très cher ce que l’on a acheté moins cher ou au début. Comme tout le monde le sait, tout le monde le fait. Alors la bulle éclate d’autant plus vite que tout le monde se sauve en même temps. On connaît. Mais même ce type d’occasion reste assez limité. Ce qui les rend d’ailleurs si volatiles et donc si dangereuses. Mais où aller placer ces masses d’argent ailleurs que dans la bulle ? Car dans la vie réelle, le champ se rétrécit a vue d’œil.

En effet la politique de l’offre et l’austérité asphyxient toute une partie de l’économie réelle. Celle qui dépend de l’investissement et de la demande populaire. C’est le cœur de l’économie française. Non seulement le théorème Macron ne vise pas les emplois d’après-demain, mais il organise les licenciements d’aujourd’hui. Ainsi quand on apprend que la dotation de l’État aux collectivités locale va baisser. Par contrecoup, cela veut dire que les investissements publics dans le secteur du bâtiment et des équipements vont baisser. On connait même la proportion. Moins 10 % ! Autant d’activité en moins. Autant de surface de moins par où l’argent à placer trouve où s’investir. Résultat : la bulle financière et la spéculation restent le premier secteur de placement.

C’est tellement violent en ce moment que les autorités les plus éminentes du capitalisme s’émeuvent. Ainsi, dans une lettre envoyée à ses actionnaires, Jamie Dimon, le patron du géant bancaire américain JP Morgan annonce le caractère inéluctable d’une prochaine méga crise financière du fait des capacités de fluctuations erratiques de la valeur de tout ce qu’atteint la vague d’argent disponible. Entrées et sorties massives de capitaux peuvent jeter tout le système par terre en quelques heures, d’autant que les banques elles-mêmes, gorgées de liquide d’une part, ne peuvent évidemment pas stocker sans déprécier leur capitaux et de toutes façon ne trouvent plus de titres sûrs et stables à stocker. Rigolade : ce sont les titres de dette d'État les plus recherchés parce que ce sont les plus sûrs, les mieux garantis et jusque-là les plus stables. Comme tous le savent, du coup, tous rechignent à vendre ceux qu’ils possèdent. Incroyable. Les mêmes qui jettent des pierres sur les dettes des États sont ravis d’en posséder des titres en nombre. Du coup, moins de la moitié des bons du trésor des États sont disponibles sur le marché. Les banques les gardent jalousement dans leurs coffres en dépit de leur très faible rendement. Comme des réserves précieuses ! Dans ces conditions, les pays peuvent émettre des titres de dettes les plus folkloriques de l’histoire de la finance. C’est-à-dire à des taux inférieurs à l’inflation ! Ce qui veut dire que les préteurs payent pour prêter ! Et voici comment les taux d’intérêt de la dette portugaise sont tombés en séance à …. 0% pour deux ans. Grandiose ! En attendant la catastrophe, ils la préparent activement. L’argent tourne, va, vient, virevolte d’une position à l’autre et les tiques se gavent comme jamais. En plein au milieu de ses annonces catastrophistes, le patron de JP Morgan oublie de mentionner la participation active de son établissement à la « volatilité des cours » contre laquelle il met en garde… JP Morgan a battu cette année le record de profit de son histoire : 22 milliards de dollars ! Un chiffre en progression de 20% d’une année sur l’autre !

C’est la cinquième année consécutive de records de bénéfices. Du coup, les 26 milliards d’amende infligés par l'État US à la banque au titre de divers scandales financiers sont épongés comme si cela ne comptait pas. Les faux frais de la triche, en quelque sorte. Mais trop c’est trop. Les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel, dit le proverbe. Les profits spéculatifs ne peuvent s’amonceler sans cesse. Même la bourse de Shangaï et de Hong Kong progressent de 100% ! Mais plus de 1,7 millions de nouveaux comptes ont été ouverts par des particuliers de toutes sortes. Quel est le sang froid de tous ces gens ? Combien ont acheté leurs actions avec des emprunts ? Qui tiennent-ils par la main dans la pyramide des dettes et des avoirs ? Tel est le capitalisme de notre temps. S’il diffère par bien des aspects de celui du passé c’est aussi parce que le cycle des crises financière s’est sans cesse raccourci. Après la bombe de 2008 dans les subprimes, voici la nouvelle méga bombe sur sa rampe de lancement. Son nom n’est pas encore connu, ni la date exacte de la mise à feu. Mais son existence et sa dangerosité sont certaines et prochaines.

Extrait du blog de Jean-Luc Mélenchon

Manuel Valls veut la capitulation du nouveau gouvernement grec

Les-accords-de-Munich.jpg

On comprend mieux pourquoi Manuel Valls veut la capitulation du nouveau gouvernement grec. Quel est, en effet, la volonté de ce dernier ? Changer la donne en Europe en prouvant qu'il existe une voie en dehors de l'austérité, de la baisse du coût du travail et de la course à la compétitivité coût. Or, quelle est la politique de Manuel Valls en France ? Faire accepter précisément cette stratégie. Un soutien à Syriza le placerait en porte-à-faux avec sa propre politique. Un succès de Syriza donnerait du grain à moudre à son opposition de gauche, déjà remuante sinon puissante électoralement. La situation est fort simple : le premier ministre qui, au lendemain de la lourde défaite aux départementales, a affirmé vouloir « garder le cap » ne peut se permettre ni l'un, ni l'autre. Il a donc toutes les raisons d'adopter un alignement parfait sur les positions de l'Eurogroupe.

Lire l'article de Romaric Godin paru sur le site de La Tribune sous le titre "Grèce : pourquoi Manuel Valls a choisi la passivité"

jeudi 9 avril 2015

"Cooperation" franco-tunisienne : impérialisme et révolution

Au lendemain de l’attentat du musée du Bardo, il s’avère que la coopération proposée par le gouvernement français au « pays qui a engagé le printemps arabe » vise des contrats financiers en matière de sécurité et de renseignement, de plus est, payés par un tiers, à savoir les Emirats Arabes Unis. Quant aux dettes tunisiennes, il ne s’agit nullement de les éponger, aussi odieuses soient-elles, mais de faire semblant de les convertir à nouveau pour les beaux yeux de la Tunisie. A quelques exceptions près, le traitement médiatique français de ce ratage politique annoncé fut étonnamment consensuel.

CazeneuveTunis.png.jpg Brochette de Démocrates à l'aéroport de Tunis-Carthage sous le précedent gouvernement de "technocrates neutres"

Lire l'article de Nadia Haddaoui paru sur le site Nawaat sous le titre France/Tunisie : Ces couacs diplomatiques et médiatiques qui n’en finissent pas !

mercredi 8 avril 2015

BCE : le pays où le droit social n'existe pas

Dans un article paru sur le site d'ATTAC, on apprend que la Banque Centrale Européenne a la cohérence d'appliquer sa vision du monde à son propre personnel. Celui-ci n'a donc aucune excuse pour continuer à participer à la "banalité du mal", à moins qu'il ne se contente de revendiquer le droit social, que la BCE a pour mission occulte de détruire, pour lui seul ?

attaqueDraghi.gif Une militante dénonce la dictature de la BCE le 15 avril 2015 lors de la conférence de presse de Mario Draghi

Quel est donc le droit applicable aux salariés de la BCE ? Un « droit BCE » spécifique, élaboré de manière unilatérale par le Conseil des gouverneurs et le Directoire.

(...)

Ce pouvoir est très large : pour ses salariés, la BCE légifère ainsi sur le droit applicable en cas de licenciement, sur le niveau de couverture médicale auquel peuvent prétendre ses salariés et leur famille, sur le système de retraite et la répartition de son financement entre différentes catégories, sur leur droit (ou absence de droit) au chômage quand leur contrat de travail a expiré, sur le droit des salariés à participer à des activités extra-professionnelles (politiques ou associatives) et plus généralement sur tout un ensemble de droits fondamentaux, comme les restrictions imposées à leur liberté d’expression, à leur droit de propriété (tous les types de placements ne leur sont pas autorisés), à leur droit d’exercer telle ou telle type d’activité professionnelle à la fin de leur contrat, à leur droit à la représentation par des salariés élus, à la reconnaissance (ou non) de l’union entre partenaires de même sexe (avec les éventuels effets sur le droit à la couverture médicale du conjoint ou à une pension de réversion en cas de décès), etc.

Par analogie avec la situation en France, cela reviendrait à laisser au MEDEF le droit d’adopter non seulement le Code du travail, mais aussi le Code de la Sécurité sociale, certains pans du Code de la famille, et de légiférer sur les restrictions à certains droits fondamentaux !

Pour ses salariés, la Banque centrale européenne n’est donc pas seulement un employeur, mais elle occupe aussi un rôle de législateur. Dans ce cadre, l’expérience a montré qu’un certain nombre de droits qui avaient été conquis tout au long du XIXe siècle et du XXe siècle ont dû ou doivent encore être reconquis, car la BCE a fait le choix de repartir à zéro sur un certain nombre d’aspects.

(...)

La situation contractuelle du personnel enfin est aussi une source de soucis pour nombre d´entre eux, puisque sur les 4000 collègues travaillant à la BCE, seuls 1250 ont un contrat permanent, les autres courant de contrats temporaires en contrat temporaires, ou étant embauchés au travers de formes atypiques de travail (intérimaires, body‐leasing, stagiaires, etc). La norme à la BCE, contrairement à ce qu’impose le modèle social européen, c’est le contrat temporaire. Personne ne débute d´ailleurs d’emblée avec un contrat permanent : c’est interdit au terme des règles de la BCE (les Staff Rules) !

Pour finir, ultime expression du déficit démocratique : les statistiques de promotion montrent que celui qui fait le choix de devenir représentant du personnel peut faire une croix sur sa carrière. Les candidats aux élections professionnelles ne se bousculent donc pas au portillon – 10 candidats pour 9 postes à pourvoir aux dernières élections en 2014, et pas une seule femme ! La boucle est bouclée.

Lire l'article publié sur le site d'ATTAC par Carlos Bowles, président du Comité du personnel de la Banque centrale européenne et Emmanuel Larue, président du syndicat IPSO.

lundi 6 avril 2015

"Passeport pour l'impuissance"

En tout cas, si la gauche critique européenne, et surtout française, avait deux sous de pertinence, elle prendrait d’abord la mesure de l’abyssale erreur qui aura consisté à rêver pouvoir changer les institutions européennes de l’intérieur. Et puis elle en tirerait quelques leçons élémentaires.

Premièrement, ces institutions ne laissent que le choix d’être souffertes, ou détruites, ou quittées – et rien d’autre.

Deuxièmement, la tâche des trois mois qui viennent est idéologique : il s’agit de peser sur la courte majorité interne de Syriza pour l’amener à cette idée qu’elle n’évitera la défaite historique, totale, et définitive, qu’en préparant dès maintenant, politiquement et matériellement, la sortie de l’euro, c’est-à-dire la reprise en mains par le pays de son propre destin, en rejetant catégoriquement tout ce qui l’en dépossède.

Et, ce faisant, en devenant un exemple pour tous les autres peuples européens – car c’est cela le commencement de l’internationalisme réel, de l’internationalisme concret. Malheureusement, le jacquattalisme, cette doctrine qui pose que puisque les problèmes sont mondiaux, les solutions doivent l’être également, est un schème mental dont l’emprise s’étend bien au-delà des secteurs néolibéraux où il a d’abord été formé. La social-démocratie molle de l’impôt mondial, par exemple, en est une parfaite représentante. Mais tout autant, et pour le coup le paradoxe est plus cruel, une certaine forme d’internationalisme révolutionnaire qui condamne d’emblée toute tentative dans un seul pays, et préfère attendre l’arme au pied la synchronisation planétaire de toutes les révoltes avant d’envisager quoi que ce soit.

syriza_mocb_0.jpg illus. Collections du Laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein

Au moins les grands libéraux, qui ont assez souvent l’intelligence du cynisme, doivent-ils bien rire quand ils ont réussi à faire avaler à quelques gogos sociaux-démocrates que pour résoudre les problèmes de la mondialisation, il suffit d’attendre la mondialisation des solutions. Jacques Attali nous annonce ainsi régulièrement l’avènement du gouvernement mondial qui viendra réguler les petits excès de la finance, du libre-échange, etc., un message sans doute plein d’espoir, mais dont l’implicite est tout de même qu’il faut nous faire à l’idée de l’avoir profond encore un moment.

Le cas de cet internationalisme révolutionnaire auquel je pense est plus grave : il a lui-même tamponné son propre passeport pour l’impuissance. Car quoique procédant d’intentions diamétralement opposées à celles du jacquattalisme princeps, là aussi il va falloir attendre un moment, si bien que l’un et l’autre, aussi antithétiques soient-ils par ailleurs, ont formellement en commun d’être de longues patiences de la convergence mondiale.

En réalité les actions révolutionnaires concrètes se moquent bien de ces présupposés dogmatiques. La plupart du temps, elles naissent sans avoir demandé l’autorisation ni des révolutionnaires professionnels ni des intellectuels internationalistes. Elles naissent localement, c’est-à-dire nationalement, et pour une raison toute simple, et entièrement pratique : sauf aux yeux des activistes polyglottes à plein temps, cette internationale étroite du capital culturel voyageur, le renversement d’un ordre institutionnel demande un intense travail de préparation du terrain et une densité d’interactions politiques – débats, réunions, rencontres, actions – qui, en pratique, ne se rencontrent que dans un cadre local, national – dont la première caractéristique est tout de même d’offrir une communauté linguistique, c’est-à-dire la communauté de débat politique la plus simplement accessible…

Extrait de l'article de Frédéric Lordon paru sur son blog du Monde Diplomatique sous le titre "Leçons de Grèce à l’usage d’un internationalisme imaginaire (et en vue d’un internationalisme réel)"

dimanche 5 avril 2015

Comment veux-tu mourir mon fils ?

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J’ai 24 ans ici.

J’ai 24 ans ici, c’est 100 ans ailleurs.

Une voix dans ma tête parle plus vite que ma bouche: « Tu as 24 ans ici ». A ce moment là, je prends une bouteille de Javel et je nettoie la cuisine jusqu’à l’épuisement, jusqu’à ce que la peau de mes mains se fissure, jusqu’à ce que la voix se calme, jusqu’à ce que j’oublie que j’ai 24 ans ici.

Ici, c’est une prison, en rouge et blanc, construite sur des années de cris muets, de larmes et de respirations étouffées. D’ici on regarde la tête levée, vers l’autre monde, inaccessible et avancé, propre et libéré. Ils nous jettent des miettes, les bouches ouvertes nous avalons, les quelques livres, les quelques musiques, les bribes de libertés. D’autres que moi, ont 24 ans ici, ils risquent leurs vies, pour aller vers l’autre monde, traversant le cimetière de la Méditerranée.

Comment veux-tu mourir mon fils ? Noyé ou de chagrin ?

Que veux-tu devenir mon fils ? Un immigré clandestin ou rien (un citoyen ) ?

Comment veux-tu aimer mon fils ? Pour les papiers ou pour l’argent ?

C’est comme ca qu’on a 24ans ici. A 24 ans , on connaît tout sur le dossier pour le visa, dés nos 10 ans , nous apprenons la leçon : fiches de paie des parents, actes de naissance, passeport valide de 6 mois, réservation d’hôtel ou invitation d’un proche , bulletin numéro 3, raison du départ , date de retour, billet d’avion et devises, rendez-vous, détecteur de métaux, fouille , attente, dialogue a travers une vitre , prise d’empreinte « appuyez avec votre pouce » , « revenez dans 4 jours », « il manque un papier » , « pour quoi vous partez ? » , « vous revenez quand exactement ? » . visa accordé pour 30 jours, guichet pour les non européens, vérification sur vérification, fouille, enlevez vos chaussures, ouvrez votre sac, fermez votre gueule . Les oreilles rougissent de colère, la chaleur du corps devient un manteau de honte.

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samedi 4 avril 2015

Cérémonie du Bardo, le gang bang morbide

Si il y a quelque chose que j’aime à notre époque, c’est bien l’humour que fait naitre la douleur. Les peuples sont de plus en plus mals , mais de plus en plus drôles , surtout au « tiers-monde ».

Nous la population de l’autre monde , nous avons su nous réconcilier avec notre médiocrité et en faire un ami. Alors que les voix étouffent encore en parlant du 18 mars, et que la vidéo de Republica glace le sang, les ministères du tourisme et de la culture décident à leur tour de terroriser à leur manière, en organisant un gang bang de mauvais goût au sein du musée.

Qu’est ce un gang bang de mauvais goût ? C’est des mains en mousse géantes qui dansent, un homme poilu , qui est dans la merde financièrement et qui s’est retrouvé habillé en Carthaginois dans les rues du Bardo , le chameaux , celui de la carte postale qui porte des lunettes de soleil , qui n’a pas bouffé depuis 3 jours et qui comme le poilu s’est retrouvé comme un con dans les rues du Bardo , c’est du folklore des années 80 à la sauce bureau régional du RCD, et c’est surtout Sihem Belkhouja la chorégraphe sans chorégraphies qui organisait les festivités morbides du 7 novembre . Elle se retrouve accueillie par les médias , et parle de ce pays qu’elle n’a jamais aimé plus que les vrais chorégraphes qui sont morts dans la misère . Je n’accepte pas qu’elle parle en mon nom , qui est-elle a part une imposture? une figure diluée dans du mauve? une narcissique sans talent ? (1)

Salo.jpg "Sous le haut mur blanc tapissé de mosaïques, il y avait, le 18 mars, du sang et la mort. Mardi 24 mars, au même endroit, il y a une troupe de danse et un orchestre symphonique qui rappellent au privilège de la vie. (...) Ce sursaut de vie, il épouse les gestes amples et éthérés de la troupe de la chorégraphe Sihem Belkhodja. Les danseurs sont drapés dans des toges romaines immaculées et brandissent des rameaux pour signifier que tous les âges de l'Histoire de la Tunisie sont assumés." Le Monde, 24/03/2015

Sihem Belkhouja qui s’est présenté au Bardo avec un style dépareillé tee shirt et jean genre : « je suis chorégraphe, je bosse depuis ce matin, vive la Tunisie ». Et toute cette mascarade à la sauce diarrhée était sur invitation, le peuple n’y avait pas droit, parce que les élites comme la ministre du tourisme Elloumi , Latifa Arfaoui et Habouba sont le visage de la Tunisie . Alors je dois dire qu’il y a un point positif, c’est d’avoir protégé les gens de ce spectacle hideux et triste.

Le plus douloureux c’est ces employés du musée, que personne n’a salué, les traumatisés de l’histoire, qui ont travaillé pour la réouverture alors que leurs coeurs sont remplis d’incompréhension , que leurs mains sont froides et lourdes . Aucun des présents n’est allé vers eux .

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(1) 7 novembre : anniversaire de la prise du pouvoir par Ben Ali ; RCD Rassemblement Constitutionnel Démocratique, parti de Ben Ali ; mauve : couleur du parti de Ben Ali (et de la journée de la femme).

vendredi 3 avril 2015

IEB mis à mal par les politiques budgétaires… ? Réaction et analyse

On n'oserait croire que la liberté de parole et d’action d’IEB (Iner-environnement Bruxelles) soit l'un des motifs pour lui couper les vivres. Rappelons ici que lorsque IEB se montre critique par rapport à certains projets qui sont menés par les autorités, c’est souvent quand nous pensons qu’ils avantagent excessivement les investissements internationaux et déterritorialisés plutôt qu'ils n'œuvrent au bien-être des Bruxellois-e-s les plus fragilisé-e-s dans un cadre plus endogène du développement territorial. IEB s’est toujours expliqué de ce ton et de ses actions critiques, qui sous la bannière « environnementale » sont au fondement de son existence depuis le début des années 1970. Si IEB a gagné la plupart des recours introduits en justice dans le but de faire respecter les procédures légales, c’est bien la preuve que sa critique n’est pas infondée. Il ne s’agit pourtant que d’une petite partie des activités, actions et réflexions de notre fédération.

Les associations subsidiées ont-elles le droit d’être critiques face à l’action des pouvoirs politiques ? Telle est la question. Les pouvoirs n’ont-ils vraiment aucun intérêt à ce que les voix critiques des citoyen-ne-s relayé-e-s par des associations fédératrices puissent être entendues dans l’espace publique ? C’est la même question… posée autrement.

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dimanche 29 mars 2015

Chronique des droits de la femme tunisienne

«Alors oui, on est venu raconter ces histoires de travailleuses exploitées, parfois virées du jour au lendemain, alors qu’elles travaillent depuis plus de 30 ans. Dire que les rapports de productions sont garantis par une fourchette de lois au service des investisseurs aux dépens de la main d’oeuvre. Et qu’ils sont pour le moins asymétriques. Dénoncer des salaires humiliants : 300 dinars par mois (150 euros ndlr), avec parfois des familles entières en charge : 90% des femmes disent ne pouvoir en vivre décemment. On est aussi venus témoigner des conditions de travail, parfois sans issues de secours, sans réfectoires. Un tiers des filles interrogées souffrent de maux de dos, de poignets, de pieds. Et beaucoup de celles qui oeuvrent dans les ateliers du tannage et lavage bossent sans gants, sans masque et développent des maladies telles que des cancers. Pour éviter toute preuve de rapport au travail, les salaires sont souvent payés en espèces; les heures supplémentaires non payées. Quant aux logements, ils sont lamentables : des filles qui dorment parfois jusqu’à 5 ou 6 dans des endroits insalubres, parfois à même le sol sur des cartons, sans aucune aération. La seule façon d’améliorer leur sort, c’est d’informer. D’en parler. Et de les aider, parce que les syndicats sont encore trop souvent absents : moins de 10% sont syndiquées.»

Lire l'interview de Amani Allagui, coordinatrice du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, parue dans Libération

La double vérité du travail

La situation limite dans laquelle le travailleur n'attend de son travail que son salaire est souvent vécue, comme j'ai pu l'observer en Algérie, comme profondément anormale. Il n'est pas rare, au contraire, que le travail procure, en lui-même, un profit lié au fait même de l'investissement dans le travail ou dans les relations de travail (comme l'atteste par exemple la mutilation symbolique qui affecte le chômeur et qui est imputable, autant qu'à la perte de salaire, à la perte des “raisons d'êtres” associées au travail et au monde du travail.)

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samedi 21 mars 2015

Comment la Grèce a tondu les pauvres pour payer les banquiers

Une étude de l'institut Hans Böckler a établi que les hausses d'impôts appliquées dans la péninsule hellénique depuis le début de la crise ont augmenté de 337% pour les pauvres tandis qu'elles n'ont augmenté que de 9% pour les plus riches. Cette étude a été rendue publique jeudi 19 mars à Berlin par deux chercheurs grecs, Tassos Giannitsis et Stavros Zografakis.

Lire l'article paru sur le site de La Tribune sous le titre : La progressivité inversée des hausses d'impôts, l'autre drame des Grecs

L'intégralité du rapport de Tassos Giannitsis et Stavros Zografakis en anglais (pdf)

jeudi 19 mars 2015

Grèce : ce que révèle le refus de Bruxelles de traiter l'urgence humanitaire

La directrice des affaires économiques et financières à la Commission européenne, autrement dit, un fonctionnaire de Berlaymont, le siège de l'exécutif européen, a exigé du gouvernement grec qu'il stoppe purement et simplement le processus législatif visant à faire adopter un projet de loi sur « l'urgence humanitaire. » Les fonctionnaires européens auraient également mis leur veto sur le projet de loi concernant la restructuration des arriérés fiscaux.

Cette exigence est un révélateur. D'abord, du piège dans lequel les Européens ont tenté d'attirer la Grèce. En effet, cette question de l'urgence humanitaire a toujours été mise en avant par Athènes dans sa liste de réformes prioritaires à mettre en place, que ce soit celle du 23 février ou celle du 6 mars.

Mieux, la liste du 23 février avait été considérée par l'Eurogroupe comme une base de discussion valable. Autrement dit, la question de la lutte contre la pauvreté était acceptée par les Européens eux-mêmes comme une question d'importance et comme une « réforme » à mener.

En réalité, il semble qu'il ne s'agissait que de faire entrer les Grecs dans un processus de « négociations » où, grâce à l'urgence des besoins de financement du pays, on espérait bien faire renoncer le gouvernement Tsipras à l'essentiel de son programme, notamment à la lutte contre la pauvreté. C'est la stratégie décrite comme celle du « nœud coulant » par le Premier ministre grec lui-même.

Bruxelles estime que la Grèce n'a plus les moyens de négocier, compte tenu de sa situation financière. Elle pose donc ses conditions. Et dans ces conditions, le rejet de la loi humanitaire est central : cette loi revient en effet à reconnaître les conséquences sociales désastreuses de la politique menée depuis 2010.

Lire l'article de Romaric Godin paru sur le site de la Tribune

mercredi 18 mars 2015

Le corbeau de "Des oiseaux petits et grands" devait être mangé : Œdipe roi à la croisée des chemins pasoliniens

Si les écrits d’Antonio Gramsci, sa conception de l’intellectuel organique visant à renverser le rapport de forces symbolique entre classes en particulier, ont fortement influencé Pasolini, il se maintiendra toujours, comme en témoigne les poèmes du recueil Les Cendres de Gramsci (Le ceneri di Gramsci 1956), dans la tension déjà présente chez le penseur marxiste, entre fusion charnelle et adhésion intellectuelle avec la classe dominée. On pourrait dire en ce sens, qu’il a la même relation ambivalente avec l’idéal gramscien qu’avec celui du néoréalisme. Au bout du compte, nulle posture pédagogique, nulle rationalité surplombante qu’il se sait pourtant incarner (d’où la haine de soi du petit bourgeois) ne doit résister selon lui à la spontanéité et aux traditions populaires. Le corbeau de Des oiseaux petits et grands devait être mangé. Le problème vient avec l’empoisonnement de la source pure de cette tradition lorsque le peuple transformé en masse mange non seulement des intellectuels mais aussi des hamburgers. (...)

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illus. "Artiste se noyant dans le monde social"

(...) Le fait qu’un auteur exprime son point de vue à travers celui d’un personnage pose donc un premier problème: si l’auteur est par définition représentant d’une classe dominante, ses personnages fussent-ils des prolétaires, il ne fait que représenter l’imposition de la bourgeoisie sur le peuple et hâter la disparition du cinéma en tant qu’art populaire. Mais par ailleurs, un film qui se voudrait pure expression populaire tout en étant réalisé par un petit bourgeois mentirait d’une façon ou d’une autre. Ce que Pasolini cherche donc confusément dans ses écrits critiques de 1965 comme dans sa manière d’envisager la réalisation de L’Évangile selon saint Matthieu puis d’Œdipe roi, c’est une honnêteté stylistique qui équilibre son point de vue et celui du peuple auquel il veut rendre grâce.

Article de Patrick Taliercio paru initialement dans SMALAcinéma n°3, Bruxelles, 2014

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Un plan secret d’ultra rigueur est prévu par Valls après les élections

Hollande a prévenu. « Je ne changerai ni de Premier ministre ni de politique », a-t-il dit dans Challenges le 12 mars. Quelle violence ! Avec Hollande c’est « vote toujours, tu m’intéresses ». Les électeurs socialistes sont prévenus. Le gouvernement n’a pas besoin de leur soutien pour continuer.

Mais nous, ne nous laissons pas leurrer. Hollande va changer de politique. C’est-à-dire qu’il va durcir sa pratique et son programme de réformes structurelles. La Commission européenne le lui a ordonné. Demain sera donc pire qu’aujourd’hui ! Il ne peut en être autrement.

Le gouvernement prépare un plan caché pour après les départementales. Pour le dire crûment, « ça va saigner ». En effet, la Commission européenne exige de la France de nouveaux « efforts ». Les 28 ministres des Finances de l’Union européenne ont validé le 10 mars la proposition de la Commission concernant la France. Quelle est cette proposition ? Accorder un délai supplémentaire de deux ans pour ramener le déficit public sous la barre des 3% de la richesse du pays en 2017 au lieu de 2015. Comme toujours avec l’Union européenne, il ne faut pas croire aux bonnes nouvelles. Cette décision s’accompagne d’un chantage toujours plus odieux. D’autant que les maîtres allemands ont beaucoup froncé les sourcils. Et ça, ça ne pardonne pas dans l’Europe actuelle.

La Commission exige un nouveau plan d’austérité pour la France. Elle exige 30 milliards d’euros de coupes budgétaires de plus que les 50 milliards d’euros déjà prévus par le gouvernement Valls d’ici 2017. Et pour commencer, la Commission exige 4 milliards d’euros de coupes supplémentaires dès cette année 2015. Dans son interview au Parisien, mercredi 4 mars, François Hollande a déjà accepté le nouveau diktat de la Commission. Il a déclaré que « si Bruxelles demande 4 milliards de plus pour respecter nos engagements en matière de réduction des déficits publics, ils seront trouvés par des économies nouvelles ».

Lire la suite sur le blog européen de Jean-Luc Mélenchon

samedi 14 mars 2015

Mais qui est donc Wolfgang Schäuble ?

Au niveau de la politique intérieure, Schäuble était toujours considéré comme un «faucon», essayant de faire de l‘état allemand une sorte d‘état de surveillance. Au mois d‘octobre 2009, Schäuble s‘est vu décerner le «Big Brother Award», pour «son obsession de transformer l‘état de droit démocratique en un état de sécurité autoritaire». Pour le reste, on se souviendra de Schäuble pour de nombreuses initiatives législatives tellement dures que même son propre parti ne voulait souvent pas le suivre.

L‘empathie est un terme qui ne figure pas dans le vocabulaire de Wolfgang Schäuble qui a voué sa vie entière à la politique, à son parti, à sa carrière qui elle, n‘allait jamais aboutir. La frustration qui en résulte, se ressent dans son discours, parfois aux limites du malicieux, toujours dans une intransigeance la plus absolue. Est-ce que Schäuble veut ainsi partager l‘échec de sa vie politique avec le reste de l‘Europe ?

Lire l'article paru sur le blog Eurojournalist(e)

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