Musée de l'Europe et de l'Afrique

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Recherche - Charlie

jeudi 22 février 2018

Une affaire d'Etat

Alors que la Cour d'Appel a confirmé le placement en détention provisoire de M. Tariq Ramadan, il est bon de revenir sur le précédent de Tarnac et un acteur commun aux deux affaires...

C'est le Procureur de Paris, François Molins, qui a requis la mise en détention provisoire de M. Tariq Ramadan (la non-indépendance du Parquet ayant par ailleurs été mille fois dénoncée par les observateurs du système juridique français soucieux de la séparation des pouvoirs).

Directeur de cabinet de la Garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie au moment du déclenchement de "l'Affaire de Tarnac", c'est en tant que Procureur de Paris que François Molins avait eu ensuite à en traiter, s'acharnant à imposer la qualification "terroriste", malgré les juges d'instruction eux-mêmes. Il fallut une décision de la Cour de Cassation pour que cette qualification soit définitivement abandonnée... le 10 janvier 2017 (soit 9 ans après les faits !).

Le journal l'Humanité rappelait à cette occasion l'acharnement du Procureur Molins sur les prévenus :

Sur le fond, la décision de la Cour de cassation s’inscrit dans le droit fil de celle prise par les juges d’instruction. En août 2015, Après sept années d’une enquête qui n’a cessé de se dégonfler, ils n’avaient pas retenu la qualification « terroriste ». Mais vu seulement une opération de dégradation du réseau ferroviaire, effectuée dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, à Dhuisy (Seine-et-Marne), au moyen d’un crochet de fer à béton déposé sur une caténaire. Les magistrats instructeurs admettaient que ces actions ont été commises « dans le dessein patent de désorganiser le fonctionnement d’un rouage considéré comme étatique, la SNCF ». Mais, au-delà du désagrément causé aux usagers, elles ne pouvaient être considérées « comme ayant intimidé ou terrorisé tout ou partie de la population ».

L’affaire aurait pu s’arrêter là. Mais le parquet de Paris, mené par François Molins, qui était directeur de cabinet de la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie en 2008, ne l’entend pas ainsi. Il fait appel de l’ordonnance des juges, en s’appuyant notamment sur le fameux pamphlet signé par le Comité invisible, l’Insurrection qui vient, attribué à Julien Coupat. Selon le parquet, ce texte – jamais interdit de vente – ne laisserait « aucun doute quant à la finalité de renverser par la violence l’État et détruire la société occidentale actuelle »... Examinés en juin 2016, ces arguments n’ont pas convaincu la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. Jusqu’au-boutiste, le parquet général s’est tout de même pourvu en cassation. Avec la réussite que l’on sait. Lors de l’audience, en décembre, même l’avocat général de la Cour de cassation n’a pas défendu la position du parquet.

"Détruire la civilisation occidentale actuelle"... Rien que ça ! On peut imaginer ce que le Procureur de Paris peut fantasmer sur Tariq Ramadan...

Depuis, le Procureur de Paris a eu à traiter de toutes les affaires de terrorisme (et particulièrement islamiste) à l'échelon national, pour lesquelles il est seul compétent.

Il y a donc de fortes raisons de penser que l'incarcération de M. Tariq Ramadan soit une incarcération anti-terroriste qui ne dit pas son nom, et qu'elle n'ait finalement que peu à voir avec le témoignage des plaignantes (quels que soient les faits), Tariq Ramadan ayant depuis des années été accusé d'être un inspirateur du terrorisme par une partie de la presse (comme l'atteste, de façon si subtile !, la Une de Charlie Hebdo du 7 février 2018, Nouveau Journal Officiel de la République Française[1]...) et de hauts responsables de l’État...

Comme l'a montré l'affaire Coupat, Tariq Ramadan risque donc d'être emprisonné, sans jugement, pour de très longs mois (plus de six mois dans le cas du premier !) à la discrétion d'autorités publiques, agissant "au nom du Peuple Français" qui a donc des comptes à leur demander - surtout après le fiasco de l'affaire de Tarnac qui n'a pourtant entrainé aucune sanction (et quels que soient les prétendus "changement de majorités" - 2 quand même !)...

Il ne s'agit de rien d'autre que d'une lettre de cachet. On imagine mal que celle-ci n'ait pas reçu l'aval de la Ministre de la Justice et du Président de la République...

Mais considérée la notoriété internationale dont jouit le prévenu, cette "affaire d’État" se déroule désormais soust les yeux du monde entier qui s'écarquillent devant le charme discret de la séparation des pouvoirs au pays de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et de Montesquieu...

Depuis le 11 janvier, les plus hautes autorités de l’État n'auront décidément eu de cesse de concéder victoire sur victoire aux terroristes (qui détestent Tariq Ramadan au plus haut point) en dynamitant les libertés publiques qui, n'en déplaise aux Inquisiteurs de la politique de la peur, font partie intégrante, et ici pour le meilleur, de la-dite "civilisation occidentale".

Le Concierge

Notes

[1] Un humour de lâches, face à un homme incarcéré ?

samedi 17 février 2018

Si on en croit l'AFP, Caroline Fourest aurait encore menti...

Une dépêche de l'AFP datée du 17 février 2018 affirme :

Dans leurs investigations, les enquêteurs ont mis au jour que les deux plaignantes ont partagé des contacts réguliers avec plusieurs détracteurs de l'intellectuel.

Selon un procès-verbal dont l'AFP a eu connaissance, les relevés téléphoniques ne font apparaître aucun contact direct entre Henda Ayari et Christelle entre le 6 mai et le 6 novembre 2017.

En revanche, ils montrent des communications fréquentes de chacune avec la ligne de Fiammetta Venner, une intime de Mme Fourest (116 fois pour Christelle et 156 pour Mme Ayari), sur cette même période de six mois.

Alors, on ne sait pas comment l'AFP s'est procuré ce "PV". Pas plus qu'Europe 1 ceux de l'audition en garde à vue (la justice de ce pays est un vrai mystère...)

Soit l'AFP s'est fait refiler des faux (la presse de ce pays étant un vrai mystère...).

Soit, Caroline Fourest a menti (ce qui ne serait pas la première fois. Car Caroline Fourest est un vrai mystère ! Autant de mystères, ça tient du génie national ! C'est l'affaire Dreyfus qui revient en version club Dorothée et le monde entier n'a pas fini de se marrer !).

En effet, dans un entretien à CNews, elle a déclaré le 31/10/2017 :

(5’00’’→ 5’51’’)

Vous vous faites le porte-parole de ces femmes aujourd’hui ?

Comme je vous le dis parce que à partir du moment où Henda Ayari que je ne connaissais pas jusqu’à ces tous derniers jours, que j’ai découvert comme tout le monde dans la presse quand elle a annoncé qu’elle portait plainte contre Tariq Ramadan… J’avais en plus, sincèrement j’avais un peu décroché sur Tariq Ramadan. De vous à moi, moi j’en avais soupé, j’ai quand même beaucoup donné. Et puis quand j’avais entendu tous ces récits, j’’ai eu une sorte de vrai dégoût, de vraie nausée, donc j’avais vraiment beaucoup de mal de continuer à travailler sur ce personnage… Donc j’avais un peu oublié toutes ces affaires… Et quand Henda Ayari a parlé, et que j’ai vu se mettre en place la meute habituelle que je connais parce que ça fait 15 ans que je les ais aux trousses, ça fait 15 ans que j’ai ces procès d’intention, je suis traitée ed’islamophobe, de menteuse, par les fans, et les alliés aussi, plus sérieux de Tariq Ramadan… Je ne pouvais pas ne pas dire pour le coup, écoutez son récit mérite d’être entendu… (souligné par Le Concierge)

On passe sur les accusations récurrentes de l'Imam Cachée Caroline Fourest (connue par les seul(e)s initié(e)s sous le sigle ICCF) dans la suite de l'interview (seule Caroline Fourest connait la véritable pensée de Tariq ramadan qui pratique la double-pensée et a raconté sur tous ces thèmes n'importe quoi à edgar Morin et sa femme avant d'aller diffuser ses propres mensonges, non seulement sur les chaines de télé en compagnie de l'intéressé, mais à son public lors de ses conférences... qui lui-même avait reçu un SMS précisant qu'il fallait comprendre tout le contraire de ce que Tariq ramadan disait - langage codé !!!).

Pour arriver à la conclusion :

(12’19’’→ 13’09’’)

Pour conclure Caroline Fourest, est-ce que vous attendez… est-ce que vous avez peut-être déjà d’autres femmes ou jeunes filles qui vous ont contactée ?

Ben suite à mon article…

Peut-être certaines ont plus peur de parler que d’autres… en Grande-Bretagne ou ailleurs ?

Ben écoutez, en tous cas je l’espère… Si je pouvais servir à ça dans les quelques plateaux télé qu’il me reste à faire sur ce personnage avant d’en finir de mon côté en tous cas, ce serait vraiment d’inviter celles qui ont une histoire similaire à Henda Ayari et celle qu’on appelle Crystelle à se manifester et à ne pas croire que parce deux sont en train de prendre tous les coups et tous les risques ça peut suffire à l’arrêter… Si elles pensent que c’est aussi grave (sic) que certaines le disent, il faut qu’elles se manifestent et qu’elles portent plainte parce que la justice demande beaucoup pour pouvoir prouver une agression sexuelle.

Rejoignant ainsi la stratégie d'un "pool de 10 avocats', une "petite équipe" qui a largement abreuvé le Nouveau Détective Moustachu de témoignages "accablants" !

De son côté, Médiatarte, depuis que le courageux Plenel a essayé de se débarrasser du sparadrah Ramadan (bien avant les plaintes et en 5 articles à charge truffés d'erreurs) a censuré des Tribunes ('après vérification', ouaf ouaf !), avant de les remettre, rapportant des faits, au moins en partie depuis confirmés par les intéressés[1] !!!

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Tout cela ne dit bien sûr rien de la réalité des faits (qui doivent être établis par des preuves et non la conviction du Procureur de Paris qui a signé la lettre de cachet - digne d'un dessin de Charlie Hebdo faisant le lien explicite entre Tariq ramadan et les kamikazes -, quand même ancien chef de cabinet d'Alliot-Marie et en charge de toutes les affaires terroristes au niveau national...).

Mais si les informations de l'AFP sont "vraies", alors Caroline Fourest a menti.

Or son "expertise de Tariq Ramadan" (attestée par un "livre", un peu comme dans l'Affaire Coupat à l'envers, truffé d'erreurs) est clairement un élément à charge.

Sans compter qu'elle a fourni des éléments à charge dans le cas de la 2ème plainte comme elle l'a déclaré elle-même.

Capture_d_e_cran_2018-02-17_a__20.08.54.png

Dans tous les cas, la mise en détention préventive de Tariq Ramadan, pour des mois si la Cour d'Appel la confirme, dans un quartier sécurisé, avec refus de visite de sa famille, à quelques centaines de mètres d'Abdelslam dépasse de loin le cadre d'une instruction suite aux plaintes pour viols. C'est une détention politique, celle d'une personnalité considérée par les autorités françaises comme un dangereux islamiste, contre laquelle rien n'a jamais pu être prouvé (et pour cause !).

Telle est bien "la France de Caroline Fourest", de Manuel Valls et de ses indignes successeurs. Ce n'est pas la notre.

le Musée de l'Europe exige la mise en liberté immédiate de M. Tariq Ramadan

le Concierge

Dernières nouvelles

Caroline Fourest aurait fuit à l'étranger !

Capture_d_e_cran_2018-02-18_a__01.01.57.png Le motif invoqué est suffisamment grotesque (ou BHLesque ?) pour signer la fuite

LHOOQ.jpg L.H.C.O.O.Q

extrait d'un post de Caroline Fourest sur son blog après la dépêche AFP

Capture_d_e_cran_2018-02-18_a__01.04.34.png Malheureusement pour le Club Dorothée, ce sont des contacts avec la compagne de Caroline Fourest dont on parle, pas entre les plaignantes, c'est d'ailleurs assez typique de la façon de procéder de Carolien Fourest...

Capture_d_e_cran_2018-02-18_a__01.05.59.png ... qui sont donc des contacts avec Caroline Fourest. ! Ce sont ces fadettes qu'il fallait démentir ! Le Musée en conclut donc qu'elles sont établies, en réponse à nos propres interrogations plus haut sur la dépêche AFP...

Notes

[1] Il semble que Michel Debacq, ancien chef de l'ati-terrorisme et ami du très grenouilleur Gilles Kepel (le BHL du Monde Arabe adoubé par Macron) soit avocat à la Cour de Cassation désormais et donc rien à voir avec le service chargé de l'enquête Ramadan. Mais si Médiatarte avait fait des "vérifications", la censure aurait pu se contenter de demander le retrait du seul "Michel Debacq, un juge employé par le service chargé des interrogatoires de Tariq Ramadan, aurait pu avoir accès à son dossier". Pas par la voie officielle, en même temps, dans l'anti-terrorisme dont il est, ça grenouille, ça grenouille, surtout quand on est proche du Président, et que du coup... on l'expose ! !

mercredi 17 janvier 2018

Charlie Hebdo, trois ans après...

voyante.png

Le Musée de l'Europe renvoie à ses archives, trois ans après, d'un événement qui, comme le 11 septembre, nous fit basculer dans un autre monde.

A l'essentiel : La critique petite-bourgeoise de la religion est-elle rationnelle ?

Les archives non triées par le mot-clé "Charlie"

Et une prise de position politique qu'il aurait sans doute, fallu écouter...

Et au fait, le pognon, ils en ont fait quoi, Charlie Hebdo ? (Une question powered par Le Concierge)

lundi 25 décembre 2017

Chant de Noël pour temps obscurs

beartAutoroute.PNG Cliquer sur l'image pour écouter "L'autoroute en bois"

Les petit(e)s politicard(e)s, trotscard(e)s en rut, de Syriza, dépeçant le vieil État social des "privilégiés" la bouche en cœur et le Bon Dieu sans confession me font penser (en attendant la 4ème nuit de Walpurgis où s'accoupleront sataniquement les start-ups de droite et les start-ups de gauche qui squattent l'Assemblée Nationale en France et l'Organe de Presse Moustachu - OPM) à cette chanson de Guy Béart (dont le public de ce blog voudra bien ne pas faire une lecture "genrée" - quand on n'a qu'un marteau, tous les problèmes ressemblent à des clous, c'est bien connu - ce serait comme prendre l’Évangile au premier degré, c'est un texte sur la perversion - qui est venue et n'a pas fini de venir sous la marque "Révolution" - beaucoup plus profond et terrible. Sans oublier que Béart a été exécuté par le Pervers en chef élevé comme Charlie Hebdo, au rang de "ça" national.)

Joyeux Noël aux lecteurs de ce blog et aux Homme(e)s de bonne volonté.

Les jours heureux reviendront.

Car "cela s'appelle l'aurore".

Amen

Le Concierge

mercredi 13 décembre 2017

"Pour"... Tariq Ramadan (sans la moustache du curé !)

Melanie.PNG Cliquer sur l'image pour écouter la chanson

Plus que jamais, j'emmerde Charlie Hebdo ! (Le Concierge)

dimanche 21 août 2016

Un combat anticlérical conséquent est un combat contre les médias de masse

Liste des articles paru sur le Musée de l'Europe & de l'Afrique sur

Le terrorisme "islamique", ses propagantistes réels (c'est à dire efficaces) et le "voile" dont ils affublent la question sociale :

Bal tragique à Argenteuil

La faillite de l'anti-terrorisme

Hommage à Charlie Hebdo Canal historique

Actes islamophobes

Les micro-ondes de la propagande

La critique petite-bourgeoise de la religion est-elle rationnelle ?

Actes islamophobes

Une cinquantaine de procédures ouvertes pour blasphème

Interdire de filmer des policiers ? Le retour de la censure sous le masque de la sécurité

"La laïcité est une question politique ou elle n’est rien !"

"Cooperation" franco-tunisienne : impérialisme et révolution

Manuel Valls revendique une tentative d'attentat

Manuel Valls suggère à Daech d'exterminer les Chrétiens d'Orient

Loi Renseignement : Tous sauf Charlie ?

Liste des députés ayant approuvé la loi renseignement

Lettre à Luz

Attentat terroriste non déjoué en Grèce

François Hollande et le nouveau "Pinochet arabe"

Nous sommes en 14-33

S'associer à la douleur, penser l'avenir

C'est dur d'être gouvernés par des cons

Un cadeau incroyable aux assassins

Relancer le tourisme

[Créer un illusoire sentiment de sécurité en mettant en place, pour plusieurs mois, un État réellement policier|/post/2015/11/20/creer-un-illusoire-sentiment-de-securite]

BRAVONS L'ETAT D’URGENCE, RETROUVONS-NOUS LE 29 NOVEMBRE PLACE DE LA REPUBLIQUE

« Ce sont vos opposants politiques que vous avez placés sous résidence surveillée, comme l’aurait fait n’importe quel régime autoritaire »

Lettre à Nancy McKinstry, CEO de Wolters Kluwer

Appel unitaire : « Sortir de l’état d’urgence »

Liste des Députés ayant voté pour la prorogation de l'état d'urgence

Attentat contre un siècle de code du travail

Code du travail : Proclamation de la République sociale démocratique et solidaire en danger

Liste des députés ayant voté CONTRE la prorogation de l'état d'urgence

Honte à jamais à l'ensemble de la "représentation" nationale moins 5 exceptions

"Reste la grande question de l’engagement militaire français contre l’OEI"

Miroir tunisien

Cazeneuve tuera aussi en Tunisie

"Vive la loi, vive le syndicat !"

mardi 10 mai 2016

Loi travail : la responsabilité historique des Députés, des syndicats, des Intellectuels, et des mouvements sociaux

Comme prévu, la responsabilité du gouvernement est engagée via le 49.3 sur la loi El Khomri. Donc la responsabilité des Député(e)s est engagée. Celle des mouvements sociaux aussi.

Est engagée la responsabilité des opportunistes de premier rang : Députés « frondeurs » ou soit-disant tels (sans compter les opportunistes de second rang comme Emmanuelle Cosse - membre du gouvernement DONC solidaire du texte - même si son « compagnon » se charge de mettre en musique à quel milieu prédateur, régi par un Code datant de Cro-Magnon et réactualisé par King Kong théorie, on a à faire. Et ses turpitudes sont bien faites pour cacher celles de sa compagne qui plaque tous les travailleurs, et bien plus encore les travailleuses, de ce pays, contre un mur des Fédérés pour essayer de leur donner un autre type de baiser qui est celui de l'exploitation et de la mort sociale). Il faut faire tomber Valls et Macron, c'est à dire voter la censure. Maintenant ou jamais. Que cette loi passe et la gauche sera définitivement morte. Ces Députés prétendument « frondeurs » auront du mal à s’en remettre, et le seul appel qu’on puisse leur faire est celui de leur survie politique à moyen terme (à court terme, cela se paiera de leur mandat.) L’occasion est trop belle pour des opportunistes de se refaire un semblant de virginité. Qu’ils la saisissent puisqu’on en est là en matière de « représentation ».

Celle des mouvements sociaux. « La gauche ne peut pas mourir » dixit Frédéric Lordon. Pour lui la lutte contre la loi El Khomri était un « prétexte ». Et les luttes locales (c’est à dire les luttes des gens là et dans les conditions où ils vivent) vouées à l’échec sectoriel. Qu’a-t-il proposé en lieu et place ? Un festival politique, Place de la République. Bravo ! Bravissimo ! On imagine que les accapareurs de la plus-value du travail utilisent aussi le « périscope » pour dénombrer le nombre de manifestants à proximité de l’Assemblée Nationale, le soir où El-Khomri, dépourvue de majorité, a prononcé la « réserve de vote ». C’est le résultat concret de votre « travail » de "montée d'un niveau", M. Frédéric Lordon ! Bravo, Bravissimo !

Ruffin avait proposé de donner son corps à la lutte « pour un an ». Merci du peu. À lire le dernier Fakir, ça n’aura pas duré deux mois. Pas grave, son corps n’ayant rien de thaumaturge, on s’en fout. Mais ces deux-là pourraient bien être les idiots utiles qui auront inventé le hashtag #NuitDebout qui comme #JesuisCharlie est l’oraison funèbre de l’idée même de « République sociale ». Frédéric Lordon se fout de la loi El Khomri. Normal, il sera le dernier touché. Oh, certes, les fonctionnaires sont aussi visés par la loi, à travers le Compte d’Activité Personnalisé. Mais on peut penser que les diplômés des grandes écoles directeurs de recherche au CNRS (« La Noblesse d’État ») auront, au pire, des problèmes de reproduction sociale pour leur progéniture éventuelle : et encore, devenu star mondiale de la contestation intellectuelle française (les Badiou, Rancière et autres pitres ayant fait leur temps), ça devrait bien se passer dans un monde « mondialisé ». Ça s’appelle l’aveuglement de classe, tout simplement, ou le « biais scolastique » de façon plus Bourdieuso-Austino tordue !

Essayer de suivre « Nuit Debout » depuis le fin fond du Département rural le plus excentré, et le plus pauvre, de France est un bon exercice. On y cherche en vain le moindre contenu inscrit dans les luttes depuis 1995 et les mobilisations victorieuses contre le « plan » Juppé. Aucune continuité visible. Rien n’a été transmis en 20 ans, alors qu’il y a 20 ans nous étions quelques-uns à essayer de transmettre l’expérience des luttes qui avaient précédé depuis la Libération, que nous ne connaissions que par bribes, et dont nous cherchions à empêcher l’effacement. Même le Monde Diplomatique, qui pleure chaque année (comme Acrimed sur Radio Debout : Malher de Malher, quelle indécence alors que vous ne faites plus rien depuis au moins 10 ans de faire tapiner des salariés précaires pour quémander 60000 EUR comme la dernière des paroisses de la gauche soumise à son évêque !) pour recueillir des dons sensés asseoir son indépendance alors qu’il est loin d’être pauvre, a succombé à la logique du marché : qu’il libère ses archives 1995-2005 payantes en ligne dans un moment pareil, cet Arpagon !

Du contenu ? Rien. Absolument rien. Et alors que tous les contenus sont disponibles et ont été produits et publiés au prix de tant de sacrifices... Je pense à Agone, dont j’étais. Je pense à Balbastre (Dis-moi François Ruffin, tu vas lui en filer un peu de tune à Gilles sur le fric qui va enfin rentrer à Fakir, là ? Lui faire un tout petit plus de pub que tu as fait semblant de faire ? Parce que les Mutins de Panurge, ils ont des tunes mais par pur opportunisme. Et ils partagent pas trop... Donc tu vas peut-être avoir les moyens de financer les « purs » qui n’ont besoin que de budgets de merde, assurent le retour sur investissement par leur talent et leur conscience politique, et sont même capables de dire merci en se faisant arnaquer sans s’en rendre compte?). « Nuit Debout n’est qu’un média », écrivions-nous. Mais le nerf de la guerre, ce qui relie, ce n’est plus la religion (« religere »), c’est le média ! Alors passer du webmanager de radios (d’autant plus de marché qu’elles sont réputées indépendantes - start-ups de la « Fabrique du consentement ») dépolitisantes, Rémi Buisine, à Xavier Renou (Sciences Po Paris viré de Greenpeace pour l’inefficacité de ses campagnes purement médiatiques contre le nucléaire et persuadé que le changement social viendra du marketing !) pour « Télé-Debout », ce n’est même pas passer de Pujadas à Élise Lucet ! La télévision « publique » fait mieux ! Quant à Radio Debout, initiée par ceux qui se sont écrasés face à Mermet, on ne peut guère en attendre qu’ils aillent jusqu’au bout de leur logique de légitimation : « il faut avoir les moyens de faire, OK, tout est dégueulasse, mais il faut avoir des moyens de production ». Si c’était un choix, ben maintenant que vous les avez, vous filez le bébé à Cyran ? (« Si tu veux faire la Révolution, je te file mon 06 »?).

Bref. Il faut mettre la pâtée à la loi El-Khomri. Tout en découle. C'est tellement évident que depuis le début, ça aurait dû être le seul objectif. Ah les intellectuels ! Il n’y a que ceux qui ont le cul dans le beurre et pratiquent la Distinction académique et politique de gauche qui ne l’ont pas compris. Sont juste pas concernés par le sort commun, vulgaire. Et nous envoient dans le mur capitaliste en prophétisant la fin du capitalisme (qui a depuis longtemps synthétisé les produits chimiques qui nettoient le sang social résultant des bavures intellectualistes sur les baskets, cher Frédéric Lordon.)

Lorsque j’ai eu vent de cette loi, j’ai écrit un petit texte en pensant « tract ». Il manque un peu d’ouverture, de « Pour » face au « Contre ». J’avais fait le déplacement à la Bourse du Travail... Mais cette réunion n’était là que pour entériner des décisions déjà prises (et Frédéric Lordon rapporte à longueur d’interviews - qu’il ne donne pas puisque qu’il les donne à des « médias alternatifs » qui ne le sont plus depuis 10 ans et courent la reprise par le mainstream qu’ils relégitiment ! - que ce sont les siennes, d’ « idées », donc de quelqu’un qui n’a aucune idée de la sociologie du pays ni aucune expérience des luttes sociales.)

C’est un peu comme les AG des gens qui passent Place de la République...

Pas de représentation, donc pas de mandataires, donc pas de mandants, donc pas de démocratie, tout simplement...

À ceux et celles qui ont le pouvoir au-moins de la parole parce que nous y avons cru, là maintenant, TOUS ENSEMBLE contre la loi « travaille !» .

S'il vous plait. S'il vous plait... Soit on gagne, soit c'est le fascisme.

S'il vous plait, s'il vous plait, s'il vous plait...

« On touche à l’os » dixit Gérard Filoche. Un socialiste. Qui vaut plus que tous les socialistes honteux qui « ne revendiquent rien ». Car ils ont déjà tout. Et pourront bien aller se réfugier où ils voudront si nécessaire et passer pour des héros.

S'il vous plait...

Et s'il ne vous plait pas, cette fois-ci, j'espère bien que nous vous passerons sur le corps

Vive la République sociale, démocratique et solidaire,

Vive la Sociale

Le Concierge

vendredi 18 décembre 2015

Appel unitaire : « Sortir de l’état d’urgence »

En réaction à l’horreur des attentats, l’état d’urgence a été décrété par le gouvernement, puis aggravé et prolongé pour une durée de trois mois. Nos organisations ont immédiatement exprimé leurs craintes vis-à-vis de ce régime d’exception ; ces craintes sont aujourd’hui confirmées par l’ampleur des atteintes aux libertés constatées depuis quelques semaines. Nous assistons à un véritable détournement de l’état d’urgence qui cible également des personnes sans aucun lien avec des risques d’attentat. Ces abus doivent cesser.

La volonté de se rassembler et de manifester ensemble a prévalu après les attentats commis à Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes, en janvier 2015. Elle prévaut encore. Or, depuis le 13 novembre 2015, les interdictions visant les mobilisations sur la voie publique se multiplient. Manifester n’est plus un droit, et les rares concessions accordées par les préfectures, qui attendent souvent le dernier moment pour informer de leurs intentions, entravent dans les faits son exercice.

Le ministère de l’Intérieur justifie tout cela par son incapacité à sécuriser les parcours alors même qu’il autorise, dans le même temps, les rencontres sportives et des événements tels que les marchés de Noël, qui se tiennent sur la voie publique. L’interdiction des rassemblements et manifestations entraîne la multiplication des arrestations, des gardes à vue, des assignations à résidence, un fichage policier des militants, et, pour quelques-uns, des condamnations. Qui peut croire que cela soulage les autorités ? La censure, ici, s’avère doublement contreproductive…

L’état d’urgence autorise par ailleurs des perquisitions sur ordre des préfectures, de jour comme de nuit, en dehors de tout cadre judiciaire, sur le fondement de fiches possiblement erronées, de dénonciations, d’informations et de soupçons sujets à caution. Plus de deux mille six cents intrusions discrétionnaires sont intervenues à domicile, dans des mosquées, des commerces, interventions souvent violentes, sans qu’aucune mise en examen pour terrorisme n’ait eu lieu. Rien n’indique qu’une telle frénésie va s’arrêter, chacun peut en être victime.

Les assignations à résidence se multiplient sur la base de motifs aussi vagues que la présence sur le lieu d’une manifestation ou le fait de « connaître » tel ou tel individu. Ces graves restrictions sont appliquées, sans distinction, et de manière massive, d’autant que les juridictions administratives ont montré qu’elles s’en accommodent, quitte à ce que les libertés en souffrent. Elles reprennent à leur compte toutes les allégations du ministère de l’Intérieur et, comble de la démission, sont nombreuses à considérer qu’il n’y aurait pas d’urgence à statuer sur l’état d’urgence.

L’état d’urgence et le climat de guerre intérieure alimenté par le gouvernement contribuent au renforcement des amalgames et aux pratiques discriminantes, notamment de la part des forces de police. Ce ne sont pas « les terroristes qui sont terrorisés », ce sont des jeunes et des populations victimes de l’arbitraire en raison de leur origine et/ou de leur religion qui voient leur situation encore davantage fragilisée.

Reprenant à son compte les exigences de l’extrême droite, FN en tête, le gouvernement s’engage honteusement dans une modification de la Constitution visant à étendre la déchéance de la nationalité aux binationaux nés en France.

Ces multiples atteintes portées au contrat démocratique sont une mauvaise réponse aux actes terroristes. Notre pays a été blessé, mais loin d’en apaiser les plaies, l’état d’urgence risque de les exacerber en appauvrissant notre démocratie, en délégitimant notre liberté.

Dans ces circonstances, nous appelons les pouvoirs publics à :

jouer leur rôle de garants de la défense des droits et des libertés publiques ;

rétablir, sans délai, le droit plein et entier de manifester ;

cesser les perquisitions et les assignations à résidence arbitraires et à agir dans le cadre de procédures judiciaires ;

mettre en place des garanties effectives de contrôle ;

lever l’état d’urgence ;

renoncer à une réforme constitutionnelle préparée dans l’urgence et au contenu inacceptable.

Signataires :

AFD International, Agir pour le changement démocratique en Algérie (Acda), Altertour, L’Appel des appels, Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort), Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF), Association française des juristes démocrates (AFJD), Association France Palestine solidarité (AFPS), Association Grèce France Résistance, Association interculturelle de production, de documentation et de diffusion audiovisuelles (AIDDA), Association des Marocains en France (AMF), Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (Aurdip), Attac, Cadac, Cedetim, Centre islamique Philippe Grenier (CIPG), Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid), CGT-Police Paris, Collectif 3C, Collectif des 39, Collectif CGT Insertion-Probation (UGFF-CGT), Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP), Collectif Stop le contrôle au faciès, Confédération générale du travail (CGT), Confédération nationale du logement (CNL), Confédération paysanne, Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), Collectif des féministes pour l’égalité (CFPE), Collectif Memorial 98, Collectif des musulmans de France (CMF), Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Comité pour le développement et le patrimoine (CDP), Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Commission islam et laïcité, Confédération syndicale des familles (CSF), Coordination de l’action non-violente de l’Arche (Canva), Coordination des collectifs AC !, Droits devant !, Droit au logement (Dal), Droit solidarité, Emmaüs France, Emmaüs International, Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), Fédération nationale de la Libre pensée, Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Femmes Solidaires, Filles et fils de la République (FFR), Fondation Copernic, Fondation Danielle Mitterrand France Libertés, Genepi, Ipam, La Cimade, La Ligue de l’enseignement, La Quadrature du Net, Le Gisti, Le Mouvement de la paix, Les Amoureux au ban public, Les Céméa, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Maison des potes, Mamans toutes égales (MTE), Minga-agir ensemble pour une économie équitable, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Observatoire international des prisons (OIP) – section française, Organisation de femmes égalité, Osez le féminisme !, Planning familial, Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RaidH), Réseau éducation sans frontières (RESF), Réseau euromaghrébin culture et citoyenneté (REMCC), Réseau Euromed France (REF), Réseau Immigration Développement Démocratie (IDD), SNPES-PJJ/FSU, Solidaires étudiant-e-s, Solidarité laïque, Sud Intérieur, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat français des artistes interprètes (SFA), Syndicat de la magistrature, Syndicat de la médecine générale, Syndicat national des arts vivants (Synavi), Syndicat national des journalistes (SNJ), Syndicat national unitaire interministériel des territoires, de l’agriculture et de la mer (SNUITAM – FSU), SNJ-CGT, Unef, Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT (UGFF-CGT), Union juive française pour la paix (UJFP), Union nationale lycéenne (UNL), Union syndicale de la psychiatrie (USP), Union syndicale Solidaires, Union des travailleurs immigrés tunisiens (Utit).

Associations locales et autres :

Asti 93, Collectif 07 stop au gaz et huile de schiste, Collectif BDS Saint-Etienne, Collectif Justice & Libertés (Strasbourg), Collectif Maquis de Corrèze, Collectif Romeurope 94, la revue Ecole émancipée, Espace franco-algérien, Faucheurs volontaires de la Loire, la revue Inprecor, le journal Regards, Réseaux citoyens Saint-Etienne, Vigilance OGM 18.

mercredi 28 octobre 2015

Embouteillages d'escrocs publics-privés dans la porte-tournante bien huilée par la Commission Européenne

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Un tiers des Commissaires européens sortants (9 sur 26) qui ont quitté leurs fonctions en 2014 ont emprunté la « porte-tournante » pour aller pantoufler dans des multinationales ou d’autres organisations liées au monde des affaires, ce qui fait craindre (sic!) des relations étroitement malsaines entre les organes exécutifs de l’UE et les intérêts privés. Le Corporate Europe Observatory estime que, dans au moins huit cas concernant quatre commissaires, les autorisations n’auraient pas dû être données étant donné le risque possible (sic!) de conflits d’intérêts. C’est le cas notamment de l’autorisation donnée à l’ancienne commissaire (aujourd’hui également parlementaire européenne) Viviane Reding de siéger au CA de la compagnie minière Nyrstar [1], d’Agfa-Gevaert et de la Fondation Bertelsman (qui a des liens intimes avec la multinationale des médias du même nom), de Siim Kallas autorisé à devenir consultant de la compagnie de technologies de l’information Nortal. De plus, d’autres membres de la Commission Barroso II (qui a géré les mesures consécutives au crash financier mondial de la fin de la décennie 2000) sont désormais rémunérés par Bank of aAmerica Merril Lynch (Nellie Kroes) et par l’important fonds de placement privé CVC Capital Partners et le gestionnaire de fortunes Merit Capital (Karel De Gucht). L’ancien Commissaire au commerce Karel de Gucht qui a engagé les négociations du Traité transatlantique (TTIP) a lui aussi reçu la bénédiction de l’actuelle Commission pour rejoindre la compagnie de télécoms Belgacom (aujourd’hui Proximus) [2]. Par ailleurs, l’ancien Président de la Commission, José Emmanuel Barroso en personne a été convié à joindre son rond de serviette aux banquets du lobbying de haut niveau que sont le sommet européen des affaires et la conférence Bilderberg (…)

L’entre-soi de politiciens, fonctionnaires, industriels et lobbyistes connu sous le nom de « Bulle bruxelloise » est constitutif des relations étroites et malsaines entre régulateurs et régulés. Si on y ajoute le phénomène de la porte-tournante entre les secteurs public et privé, les conflits d’intérêts potentiels (sic!) sont très élevés. La porte-tournante est un des aspects de la capture du processus décisionnel par les industriels.

Dans la hiérarchie de la prise de décision politique, les 28 commissaires européens, un par État, sont sans doute les plus importants. Individuellement et collégialement, ils ont le pouvoir d’initier et de négocier des lois et des règlements qui affectent 500 millions de citoyens. Les conditions dans lesquelles 5 sur 13 Commissaires non-reconduits à l’issue de la Commission Barroso I (2004-2010) s’étaient engouffrés dans la porte-tournante pour accéder à de nouvelles fonctions avaient déjà choqué. D’anciens commissaires, qui avaient collégialement géré les conséquences des crises financière et économique pantouflaient dans le CA du géant de l’assurance Munich Re, à la BNP Parisbas, à la compagnie de fonds hypothécaires et d’assurance-vie Credimo, pour n’en citer que quelques-unes.

Pour parler de qui défraya la chronique, Charlie McCreevy qui fut Commissaire au Marché Intérieur avait rejoint le département des produits dérivés du fonds mondial d’investissement BNY Mellon, le CA de Ryanair et celui de Sentenial qui fournit des technologies de paiement aux banques. Dans le même temps, Günter Verheugen, ancien Commissaire aux entreprises et à l’industrie, fondait une firme de consulting nommée The European Experience Company avec son ancien chef de cabinet, rejoignait le conseil consultatif du lobby de consulting FleishmanHillard et devenait Conseiller senior et vice-Chairman chargé des marchés bancaires en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique à Niederlassung Deutschland membre de Royal Bank of Scotland (RBS).

Cela avait déclenché une immense indignation. Environ 50 000 personnes (sic!) signèrent une pétition lancée par ALTER-EU (Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation) réclamant des mesures anti-porte-tournante. Les règles du Code de conduite des Commissaires furent légèrement revues (...)

Comme ce rapport l’illustre au sujet de la fin du mandat de la Commission Barroso II, le problème de la porte-tournante n’a pas été résolu (sic!).

Le Corporate Europe Observatory a montré combien les efforts d’influence des multinationales et de leurs lobbies sur les politiques de l’UE ont remporté des succès sans précédent (sic!) sous la Commission Barroso II, grâce notamment aux liens étroits entretenus avec la Commission. Le livre noir du CEO a montré combien la Commission Barroso II en est venue à agir au nom des multinationales, que ce soit dans le domaine du climat, de l’agriculture et de l’alimentation aussi bien que de la finance, de l’économie et des politiques fiscales. Dans quelle mesure cette capture des politiques perdure par le biais des pantouflages dans le privé et quelle a été l’efficacité des mesures adoptées ? Telles sont les questions auxquelles le présent rapport tente de répondre.

(Le titre et les "sic" sont du Concierge. Il ne s'agit en effet en aucun cas de "dysfonctionnements". Mais d'un système structurellement corrompu dont il faut se débarrasser au plus vite. L'Europe existe. L'UE détruit l'Europe. Sortons de l'UE!)

Notes

[1] Reding a obtenu l'autorisation de la Commission mais sa prise de fonction n'est pas officielle

[2] De Gucht n'a pas encore été nommé au CA de Proximus. La presse a annoncé en septembre 2015 que l'autorisation du gouvernement belge avait été accordée (Proximus est détenu à 53% par l’État belge) et le CA de Proximus doit encore l'homologuer.

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mardi 1 septembre 2015

Interdire de filmer des policiers ? Le retour de la censure sous le masque de la sécurité

"Selon le juriste Mathieu Beys, auteur du livre Quels droits face à la police ? (Couleur livres, 2014), une interdiction de prendre l'image des policiers n'améliorera pas leur sécurité, mais sera un retour à la censure contraire à la liberté d'expression des citoyens et journalistes. Cela ira aussi l'encontre de l'obligation étatique d'identifier et de sanctionner les policiers qui dérapent."

jeanNof.jpg La photo qui vaudra à Jan Nolf les "15 minutes les plus enrichissantes" de sa vie de juriste. © Jan Nolf

Interdire de filmer des policiers ? Le retour de la censure sous le masque de la sécurité

Ce mercredi soir, de nombreux policiers en tenues de maintien de l'ordre arrêtent - sans violence - des supporters anglais dans une rue de Bruges. Un riverain prend une photo d'ambiance du groupe de policiers (de dos) sous le beffroi éclairé. Un policier casqué s'approche de lui : "Arrêtez de filmer". "Je ne filme pas, je prends des photos", répond l'habitant. Le policier crie : "Arrêtez de filmer !". "Je ne filmais pas, je prenais une photo". "Arrêtez de filmer !" "Pourquoi ?", demande le photographe amateur. Et le policier de crier encore plus fort: "Arrêtez de filmer !" "Je ne filme pas, mais je ne suis pas d'accord qu'on l'interdise", répond le riverain sexagénaire qui est alors immédiatement menotté par trois policiers masqués sur ordre du premier.

Heureusement pour lui, l'aventure se termine bien : l'ancien juge de paix Jan Nolf sera relâché un quart d'heure plus tard. D'autres n'ont pas eu cette chance. Pour avoir simplement filmé une intervention un an plus tôt presque jour pour jour, un blogueur devra s'expliquer devant un tribunal : les policiers brugeois, soutenus par leur chef de corps, l'accusent d'avoir violé leur vie privée. En février 2014, la députée Gisèle Mandaila a été débarquée d'un avion par la force pour avoir voulu filmer l'opération d'expulsion d'un étranger.

Depuis sa création en 2013, l'Observatoire des violences policières de la Ligue des droits de l'Homme recueille les témoignages de victimes d'abus comme Jan Nolf (www.obspol.be) et dénonce cette criminalisation des citoyens ou des journalistes privés de liberté pour avoir photographié une opération policière ou calmement discuté un ordre. Certains policiers se montrent tellement intimidants que des citoyens et même des journalistes finissent par croire qu'il serait interdit de les filmer. Actuellement, c'est évidemment faux, comme l'a rappelé le dernier rapport annuel du Comité P et l'ancienne ministre de l'Intérieur Milquet. Mais ça pourrait changer : le ministre de l'Intérieur Jan Jambon se dit en effet prêt à étudier la question d'une interdiction de prendre l'image des policiers par souci pour leur sécurité. Aujourd'hui victime d'une arrestation arbitraire, Jan Nolf pourrait, si Jan Jambon concrétise ce projet, se retrouver au tribunal ou en prison la prochaine fois qu'il immortalisera des "bleus" dans sa rue !

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samedi 23 mai 2015

Lettre à Luz

Cher Luz,

On ne se connaît pas. On a failli se croiser une fois, il y a bien longtemps, lors du lancement de CQFD à Marseille. Toi et Charb aviez accepté de filer des dessins pour les vendre dans une galerie, histoire de ramasser un peu de tune pour le journal. Je crois qu’il y avait le vague projet de vous débaucher, pas grand monde supportait Val dès cette époque, mais il assurait la mangeaille. C’était bien avant l’affaire des caricatures. Moi, j’étais venu remplacer au pied levé un salarié d’Agone qui ne supportait (déjà!) plus l’autoritarisme de son Organe Suprême. J’étais tricard, je le suis toujours, et je me suis fait attraper à ce moment-là. Rétrospectivement, c’est pas brillant. Mais nous sommes de petites choses, avec une légère tendance petite-bourgeoise à avoir la foi, ce qui nous rend, nous aussi, vulnérables aux Ayatollahs qui passent la main dans le dos aux grands empathiques pas sûrs d'eux en flattant leur héroïsme plus que rentré (en plus moi je ne sais pas dessiner ma quéquette donc je compense mal). À l’extrême-gauche, ça n’a jamais manqué. Publier du Guy Hocquenghem, ça soulageait (un peu) du néolibéralisme dans lequel ils nous avaient foutu après avoir manipulé et flingué leurs fidèles. Ça fait bien rigoler mes copains musulmans qui n’ont de Dieu que Dieu, ce qui pour le meilleur, pour les vrais, permet quand même de passer au-dessus de tous les chefs et de l’État (et dans pas mal de pays dont les dictateurs sont soutenus de l’étranger, c’est une forme d’anarchie personnaliste qui aide à vivre...). Ils ont bien des genres de curés, mais pas d’Église ni de pape, c’est d’ailleurs ce qui a l’air de faire méga chier Sarkozy et Valls qui aimeraient bien leur en coller...

Je me souviens, j’étais au bureau et j’ai reçu un coup de fil : « Tu peux pas nous imprimer quelques A3 ’Ces-œuvres-sont-au-prix-de-500-EUR’ ? ». Donc, je me ramène avec mes A3 avec le début du texte en gros et en caractères newroman 6 : « 500 EUR ». Ça a été le scandale. On m’est tombé dessus en hurlant en criant au sacrilège. Alors j’ai dit : « si c’est comme ça, je me fous à poil » (on faisait beaucoup ça à l’époque dans les expos à Bruxelles quand l’orga nous tombait dessus parce qu’on faisait un peu de situationnisme sur les dessous de l’art, car quelque que soit le champ comme nous avait appris Bourdieu, dès qu’on remet en cause la croyance, c’est le scandale. J’ai toujours adoré ça.) J’ai commencé à me dépoiler et, terrorisés (dans une expo de dessins de Charb et Luz!), ils se sont calmés. Et je me suis cassé. Donc, on s’est pas croisés. Je te raconte pas ça pour faire comme tous les journalistes qui ont tenu le micro pendant 48 heures pour être sur la photo du massacre en racontant les confidences que leur avaient confiées les martyrs qu’ils avaient touchés et refaire la virginité de leur liberté d’expression qu’ils violent tous les jours en se taisant.

Non. Je t’écris parce que j’ai un truc important à te dire.

J’ai entendu que tu te cassais. Après avoir lu qu’avec tes collègues vous aviez affronté la direction de Charlie Hebdo. C’est très dur d’affronter la direction dès que l’affaire devient florissante, quelles que soient les circonstances. À Agone, ça a essayé en ordre dispersé, avec un peu la honte au bide de s’être laissé manipuler et avoir fui dans la cause en s’assommant de boulot pour ne pas le voir. Avec y compris des copains autour ou autrefois dedans qui essayaient d’ouvrir des yeux et que la rhétorique patronale gavante comme des oies à en dégueuler poussait à envoyer chier parce que les contradictions qu’ils soulevaient été insupportables pour continuer à bosser, jusqu’à ce que ce ne soit plus des amis et qu’on soit seul. Pour finalement y passer à son tour et se faire dépouiller abandonnant l’outil de travail dans de très mauvaises mains. Chez nous, c’était juste le prix de la sueur, le capital. Chez vous, comme l’a dit ta collègue, c’est le prix du sang.

Je rappelle l’histoire avec CQFD parce qu’à cette époque, on n’était pas loin de 1995 et on avait la foi qu’on allait sortir de ce merdier néolibéral puant et notamment que ça passerait par la bataille contre la presse qui ne connaissait plus la liberté d’expression que des actionnaires et des caniches, à mesure que les premiers rachetaient tout et que les journalistes n’arrivaient pas à résister pour ceux qui n’étaient pas déjà convertis au culte du marché. Certains, comme Plenel, ont l’air, pour le meilleur jusqu'ici, d’avoir dessaoulé depuis, mais le comique de la situation c’est que certains de ceux qui, à l’époque, contribuaient à lui lui taper dessus à juste titre, notamment en étant l'éditeur de PLPL, ont commencé à être hypnotisés par la courbe des ventes, le management et le marketing des "idées de gauche". Chez nous, ça s’est passé comme ça en tous cas. Chez vous, ça m’en a tout l’air. Finalement, je ne pense pas qu’on savait très bien ce qu’était qu’être de gauche. C’était une bataille culturelle et à la fin il ne restait plus que la culture, c’est à dire la distinction. Et on s’est joyeusement intoxiqués avec avant de redécouvrir, mais un peu tard, qu’être de gauche ce n’était pas remplacer le Bourgeois éclairé par le petit-bourgeois gentilhomme qui se la joue (ou pas) sans connaître les paroles en se drapant dans les grandes causes, mais être du mauvais côté des rapports de production. Et quant tu rappelles aux Grand-Prêtres les principes de la religion, c’est là que les ennuis commencent.

Alors voilà, des millions de gens ont défilé pour la liberté d’expression au commandement de toute la presse de marché et de l’État (c’est à dire librement). On pense ce qu’on veut du père Todd, mais on n’a pas observé le même phénomène au sujet de la Loi Renseignement prise au nom de Charlie, ni contre la loi Macron : d’ailleurs cette rue, la logique voudrait qu’on y reste une bonne fois pour toutes. C’est la force des médias qui ne se voit pas en temps normal puisque le résultat de l’injonction quotidienne de ne pas bouger est beaucoup moins spectaculaire. Et ils ont envoyé des sous, des sous pour la liberté d’expression, et des sous pour la liberté d’expression, si je reprends tout ce que j’ai dit, c’est des sous pour une presse libre, pas au service du capital, de l’État (et avec le numéro des survivants vous avez raté l’occasion inouïe de leur en mettre plein la gueule et d’appeler à de toutes autres mobilisations contre l’injustice) ni de je ne sais quelle chefferie ivre d’elle-même et de son pouvoir sur les autres. Comme les dessins pour CQFD. Et une presse libre, c’est une presse qui appartient aux journalistes et garantit l’indépendance des rédactions (Rimbert t'expliquera ça mieux que moi, j'ai oublié les détails mais tu vois le topo).

Ça faisait un moment que vous vous faisiez rouler et que vous vous rouliez vous-mêmes. Mais c’est le moment aujourd’hui d’être vraiment des héros. Il faut se battre et ne pas abandonner les moyens de production, les tenir, les collectiviser. Ne pas les laisser aux accapareurs. D’abord parce que c’est trop dangereux, un journal, même entre de bonnes mains. Et là... avec si ça se trouve Val et Fourest en embuscade, il y a de quoi mettre le monde à feu et à sang. Mais surtout parce que les moyens de production aux travailleurs, aux producteurs, c’est ça être de gauche. Et quand on les tient, le meilleur peut arriver. Il y a tant de luttes à soutenir pour changer ce monde, tant de pouvoirs à dénoncer et à faire rendre gorge, tant de voix à rassembler dans d’immenses cris. Sous ta fenêtre. Inutile d'aller au Pakistan.

Tu as la légitimité et d’immenses soutiens peuvent se lever, notamment de tous ceux dont on fait croire qu’ils ont fait défaut.

Ils croient juste à l’histoire ancienne.

C’est le moment d’être courageux, Garçon ! Décolle de ton nombril !

Tout est à nous, rien n'est à eux !

Bendy Glu

PS (sic) : Comme j'ai pas ton adresse, je fous ma lettre sur le web pour te la faire passer par le Premier Ministre. Pour la réponse, pareil, tu lui demandes de te filer mon 06.

mardi 5 mai 2015

Loi Renseignement : Tous sauf Charlie ?

Le livre de l’ante-Christ Emmanuel Todd ressuscita temporairement et opportunément la saturation des ondes sur le thème de la « liberté de caricaturer le Prophète » au moment même où un Patriot Act à la française (la liberté d’espionner tout le monde) était adopté par une représentation nationale servilement aux ordres d’appareils politiques bureaucratiques et autoritaires. Le Premier Ministre avait bien sûr juré sur les cadavres encore chauds de ceux que son Ministre de l’Intérieur s’était tragiquement révélé incapable de protéger d’une menace officiellement déclarée, qu’il n’y aurait point de lois d’exception pour parer à cette incompétence carabinée. Personne ne l’avait bien entendu cru, considérant la trajectoire fleurant de plus en plus les années 30 d’un ambitieux boutonneux confondant Police et Viagra, Libertés Publiques et Inquisition, Laïcité et Fille aînée de l’Église, et obstiné au plagiat servile de ce qui se fait de pire ailleurs en matière de régressions historiques sous couvert d’idéaux pompiers tartinés de la façon la plus obscène.

C’est donc entre trois questions bleues relevant de la dernière réforme du catéchisme républicain portant sur Emmanuel Todd, les jupes longues et la liberté artistique de Luz de ne pas dessiner Mahomet, que l’urgentiste Patrick Pelloux, un des chroniqueurs de Charlie Hebdo, fut amené à oindre la loi « Renseignement » :

Quel regard portez-vous là-dessus ? C’est une loi Charlie après tout, d’une certaine façon, c’est de là qu’elle découle. Il y a beaucoup de gens qui pensent qu’elle est liberticide, ça vous choque vous cette loi ou pas ?

Moi cette loi ne me choque pas, parce que je considère, mais là c’est mon travers d’urgentiste, nous sommes dans l’urgence, nous n’avons pas vu que des terroristes qui salissent tout ce qu’ils touchent, qui tuent tout le monde, qui tuent des musulmans qui tuent des juifs qui tuent des enfants qui tuent des policiers qui tuent des femmes des hommes etc., il faut les combattre. Donc on peut toujours espérer leur faire des bisous, ça ne marchera pas. Donc quelque part, la France et l’État doit rester un État de droit, se défendre, je n’ai pas l’impression que ce soit une loi liberticide, pour moi c’est une loi qui va défendre et qui va protéger. Après qu’elle soit revue lorsque la paix, en quelque sorte, sera retrouvée, il faudra probablement la revoir, mais pour l’instant elle ne me paraît pas liberticide.

Il était écrit que la liberté subclaquante tentant de s’échapper des sous-sols du Ministère de l’Intérieur tomberait miraculeusement dans les mains de l’urgentiste Patrick Pelloux, spécialiste dans le domaine politique de diagnostics qui, transposés dans le domaine médical, donneraient ce genre de choses: « Je n’ai pas l’impression que ce soit une crise d’appendicite » et « Il ne me paraît pas en arrêt cardiaque ».

Toutes les processions de démocrates n’y firent rien. Patrick Pelloux, sans doute inspiré par l’Esprit Saint du 11 janvier (même si les Infidèles et même les agnostiques crurent reconnaître dans la voix de Gabriel celle de Manuel Valls et refusent toujours de croire aux miracles gouvernementaux), en pleine crise mystique de « l’impression » se saisit du goupillon de Saint Charlie et en baptisa l’avènement de l’État Policier du XXIème siècle.

Tendant la coupe au Grand Inquisiteur, il déclara : « Ceci est leur sang ».

vendredi 30 janvier 2015

"La laïcité est une question politique ou elle n’est rien !"

ecoleLouisWeiss.gif Collections du Musée de l'Europe - Laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein

Chacune et chacun a conscience de la gravité de la période depuis les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper casher. Tout naturellement l’école et la formation des maîtres sont interpellées. Mais on entend, et jusqu’au sommet de l’Etat, de nombreuses bêtises. Comme s’il s’agissait d’inculquer la laïcité dans le cadre d’un enseignement de « morale civique ». Exit donc l’ambition (déçue) de l’ECJS (Éducation civique juridique et sociale) : une formation au débat public argumenté (un échange public d’arguments fondés en raison).

Bien mieux, on invoque la menace de sanctions contre les élèves qui poseraient de mauvaises questions et la laïcité, qui devrait s’inscrire dans un projet éducatif émancipateur, est associée au renforcement de l’autorité. Comme si, en lieu et place de « la force du meilleur argument » (P. Bourdieu), on faisait appel au conseil de discipline. On entend aujourd’hui des appels au rétablissement de l’ordre, comme si la menace de sanction pouvait contraindre les élèves à adhérer à l’idéal laïque. Dans cette perspective évidemment, le rappel des textes officiels, un vague catéchisme républicain et l’étude de « cas pratiques », peuvent tenir lieu de formation des futurs enseignants.

Les textes officiels sont utiles à connaître, mais le catéchisme républicain ne sert à rien. Faut-il rappeler sur ce point la position de Condorcet (que tout futur professeur devrait connaître) ?

Former les futurs enseignants à la question laïque, ce devrait être aujourd’hui aborder de front les enjeux sociaux et politiques de la laïcité. Prolonger ce qu’avaient fait Hugo quand il combattait la loi Falloux et Jaurès lorsqu’il se battait "Pour la laïque". Ces textes pourraient d’ailleurs être utilement étudiés avec les futurs professeurs.

Lire le point de vue d'Alain Beitone paru sous le titre "Laïcité et formation des enseignants" sur le site du Groupe de Recherche sur la Démocratisation Scolaire

samedi 17 janvier 2015

La critique petite-bourgeoise de la religion est-elle rationnelle ?

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Ce 16 janvier 2015, le Musée de l'Europe & de l'Afrique s'était invité à l'émission de la Radio La Locale de Saint-Girons pour critiquer le dernier numéro de Charlie-Hebdo.

Merci à l'équipe de la locale pour son inestimable contribution à la "Liberté d'expression".

à écouter en ligne ici

mercredi 14 janvier 2015

Une cinquantaine de procédures ouvertes pour blasphème

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Un blasphème est un discours jugé irrévérencieux à l'égard de ce qui est vénéré par les religions ou de ce qui est considéré comme sacré.

Selon des chiffres communiqués par le ministère de la justice, plus d’une cinquantaine de procédures sont en cours pour « apologie du terrorisme » depuis l’attentat à Charlie Hebdo.

Mercredi 13 janvier, une enquête avait été ouverte pour une vingtaine d’entre elles, huit personnes ayant reçu des convocations devant un officier de police judiciaire, huit autres devant passer en comparution immédiate, tandis que trois étaient encore en garde à vue. Seules cinq condamnations ont pour l’instant été prononcées, et les peines sont très lourdes.

La plus sévère concerne un homme de 34 ans qui, après un accident de la circulation à Haulchain (Nord), s’en est pris, le 11 janvier, aux policiers en défendant les attentats : il a été condamné à quatre ans de prison ferme. L’apologie du terrorisme n’était toutefois qu’une circonstance aggravante : il avait refusé de se soumettre à l’alcootest, était en récidive et l’accident a causé des blessures involontaires.

Deux autres lourdes peines ont été prononcées à Orléans et à Toulon le 12 janvier — un an de prison ferme, avec à chaque fois huit à neuf mois avec sursis — ainsi que deux rappels à la loi à Saint-Etienne le 11 janvier, et la veille à Courbevoie (Hauts-de-Seine). Ces deux derniers concernent des hommes qui hurlaient dans la rue, mais sans viser personne en particulier. L’un d’eux avait lancé « je suis fier d’être musulman, je n’aime pas Charlie, ils ont eu raison de faire ça ».

Parmi cette cinquantaine de procédures recensées par la chancellerie, on trouve pêle-mêle : trois mineurs, deux femmes, des illuminés, des hommes alcoolisés, des chrétiens, des musulmans… Deux responsables politiques ont été visés par ces menaces et insultes, mais celles-ci visent avant tout les forces de l’ordre.

source Le Monde

Mise en examen à 14 ans pour apologie du terrorisme

Le contrôle s’est mal passé : l’une des sœurs a outragé les agents (contrôleurs du tram de Nantes, NDE) et les a menacés de mort. À cet instant, l’une des adolescentes a répliqué, sur un ton menaçant, en direction des contrôleurs : « On est les sœurs Kouachi, on va sortir les kalachnikov ».

L’adolescente a été mise en examen par le juge des enfants pour « apologie du terrorisme », conformément aux réquisitions du parquet des mineurs. Une « mesure de réparation » pénale (alternative éducative à l'incarcération: NDLR) a été prononcée à l'encontre de cette adolescente non scolarisée.

source Ouest-France

Mise en garde d'Amnesty International

France. «Test décisif» en matière de liberté d'expression, avec de très nombreuses arrestations dans le sillage des attentats

mardi 13 janvier 2015

Les micro-ondes de la propagande

jesuisAubedoree.jpg Antonis Samarás... en caricature. “Je suis l'Aube dorée sérieuse”. “Quotidien des Rédacteurs

Cette “gouvernance” de la Troïka, et d’une manière plus... intégrale, celle de l’Union Européenne, se trouvent à l’épicentre de l’hétéronomie si socialement sismique (et cynique) de notre nouvelle ère, interdisant ex lege comme de facto, tout exercice réellement (ou de préférence de tendance) démocratique. Et une des conséquences (directe ou indirecte, c’est selon) de cette usurpation des souverainetés (chez nous comme ailleurs), tient de la propagation du... flexterrorisme de la semaine dernière en France, et autant, de sa... cousine germaine en matière de politique méta-sociale, la flexisécurité au travail, pour ne pas dire l’austérité tout simplement, si tristement connue de tous, en cette Europe européiste.

C’est ainsi que les gouvernants apparents de cette piètre Europe (dont les méta-nazifiés de Kiev), ont paradé hier à Paris pour dire “qu'ils étaient Charlie”, surfant alors sur l’émotion réelle du peuple de France, fort heureusement encore vivant et réactif, pour ainsi en faire de la bouillie réchauffée dans... les micro-ondes de la propagande. Et certains grands médias dans toute leur petitesse habituelle, ont superbement rempli ce rôle. Le sentiment, sa canalisation médicamenteuse (c’est à dire médiatique et orchestrée), au lieu et place de l’analyse et du raisonnement.

C’est alors ainsi que le (politiquement) lugubre Samaras, est venue défendre la dignité et la liberté d’expression, lorsque sa politique troïkanne a déjà fait dégringoler la Grèce de plusieurs places quant à l’exercice d’un journalisme digne de ce nom, et lorsqu’il se pratique du pouvoir transformé une partie de la Police en bataillons prétoriens lesquelles maltraitent et agressent les citoyens (et les non citoyens), tout comme les journalistes de terrain. Au pays d’Antonis Samaras, il y a certains journalistes, d’ailleurs parfois proches de l’esprit de Charlie Hebdo, qui sont devenus handicapés, après avoir... rencontré les RoboCops des unités MAT (CRS). Et il y a en a d’autres, dont la vie a été sauvée in extremis par les médecins et alors parfois par le hasard.

Pis encore, la politique de son gouvernement (et de la Troïka) sont responsables de quelques milliers de morts ici, par suicide, par maladies non traitées (25% de la population n’a plus de couverture Santé), et des pathologies déclenchées ou aggravées par la “crise”. Ce dernier terme relève comme on sait de l’euphémisme en cours, d’usage pour designer une politique sciemment programmée car issue de l’intégrisme du financierisme, tout autant hétéronome (les sociétés ne sont pas gérées par elles-mêmes et elles n’ont pas la maîtrise de leurs lois) que l’intégrisme se réclament d’une certaine interprétation du fait religieux (déjà hétéronome par essence).

La boucle est alors... bouclée. La France découvre à l’occasion la méta-modernité tragique et barbare du XXIe siècle et dirait ainsi adieu (c’est... presque le mot), aux modernismes de son XXe siècle, dont les enfants vaillants et emblématiques étaient aussi ces dignes dessinateurs des nos apories et autres carences, justement de Charlie Hebdo, au-delà même de l’éventail des divergences politiques.

Donc les Français, ainsi que les autres peuples qui ont ainsi manifesté ces derniers jours, ont voulu défendre la liberté, leurs libertés. Sauf que le relâchement général quant au contrôle tangible des dirigeants politiques européens (et occidentaux) est déjà bien long. Comme je l’écrivais récemment sur ce blog citant Cornelius Castoriadis, il faut soit se reposer, soit demeurer libre. Cependant, on ne peut pas dire que nos concitoyens aient saisi l’ampleur ou sinon, toutes les manigances des menaces qui en ce moment galopent sur nous.

Déjà aucune décision fondamentale quant à notre survie citoyenne (donc politique) pour ne pas dire quant à notre survie tout court, n’est soumise à la raison commune après débat, évidemment non biaisé par certains médias, auxiliaires de la para-démocratie hystérique. Hystérique au sens déjà premier du terme en grec, c’est à dire en manque de quelque chose. Et cette chose qui fait défaut, c’est la Phronesis et la Raison. Ni plus ni moins, et précisément c’est ce qui manque autant et si cruellement d’ailleurs, aux porteurs du terrorisme qui se référent à une quelconque religion et plus amplement idéologie, par définition autosuffisante. Loin, très loin de la pensée censée (souvent au forceps) nous conduire à nous remettre en question et à saisir certaines limites, individuelles et surtout collectives.

Or, penser c’est douter. Nous n’y parvenons toujours pas, je le crains fort en tout cas. Douter par exemple sur la tentative de récupération de la tragédie depuis... le commun des européistes, leur silence aussi sur leurs responsabilités avérées dans ce qui est convenu d’appeler sans trop la nommer... la nouvelle configuration de la géopolitique au Proche-Orient. Lorsqu’on fait tout pour défaire les souverainetés, voire même les sociétés dans de nombreux pays... le renouveau n’est guère une surprise et ne tombe pas du ciel. Ces agissements dans la géopolitique du monde des uns (et des autres) ne sont jamais réellement débattues publiquement, autrement qu’à travers le miroir de la propagande. Tout comme certaines politiques bien néfastes à la cohésion (désormais fragile) au sein des sociétés occidentales. Pour ne rien dire du traité de libre-échange transatlantique (TTIP) loin des regards et dont le contenu, demeure secret.

Et je crains (...) l’usage (fait par les élites), du choc réel et justifié que connait la société française actuellement, pour ainsi foncer dans la direction (...) d’un mémorandum à la française, sous prétexte de l’unité nationale. Et à défaut de cette dernière, vivre sous un état d’urgence permanent, sous la peur confuse et diffuse d’un terrorisme... maniacorépressif et pourtant réel, lorsque peut-être la peur de la dette, ou celle de l’abandon de l’euro ne suffiront plus pour anéantir les réactions.

lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Contours inimaginables" sur son blog, Greekcrisis

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Charlie à tout prix ?

vallscharliepartout.gif D'après Un homme dans la foule, Elia Kazan, 1957

« Si cet homme qui, dit-on, riait de tout revenait en ce siècle, il mourrait de rire assurément », écrit Spinoza dans une de ses lettres. Et c’est vrai qu’il y a de quoi rire longtemps à voir ainsi les organes de la soumission à l’ordre social entonner avec autant de sincérité l’air de l’anticonformisme et de la subversion radicale. Rire longtemps... enfin pas trop quand même, car il faudra bien songer un jour à sortir de cette imposture.

Ce sera sans l’aide du pouvoir politique, qui n’a jamais intérêt au dessillement, et à qui l’union nationale a toujours été la plus fidèle des ressources. Union nationale, et même internationale en l’occurrence, dont une version carabinée nous aura été administrée. Fallait-il qu’elle soit incoercible la pulsion récupératrice de François Hollande de se faire reluire à la tête de Paris « capitale du monde » pour convier, de proche en proche, jusqu’à Orban, Porochenko, et puis Netanyahu, Lieberman, etc. de hautes figures morales, connues pour se partager entre défenseurs de la liberté de la presse et amis du dialogue interconfessionnel.

Par bonheur, il s’est déjà trouvé suffisamment de voix pour s’inquiéter des usages, ou plutôt des mésusages, que ce pouvoir ne manquera pas de faire d’une mobilisation de masse qu’il s’empressera de considérer comme un mandat.

Espérons qu’il s’en trouvera également pour recommander à quelques éditorialistes un court séjour en cellule de dégrisement, et pour leur apporter le café salé. Dans la concurrence pour être à la hauteur de l’Histoire, et même – pente aussi fatale que grotesque de l’information en continu – pour être les premiers à « annoncer » l’Histoire, il était logique que tous criassent à l’Histoire et à l’Historique à propos de la manifestation d’hier. S’il est permis d’en rire, on dira que, historique, elle l’a sans doute été sous quelque rapport, au moins pour être la première du genre où le comptage de la police avait une chance d’être supérieur à celui des organisateurs.

Lire l'article de Frédéric Lordon, Charlie à tout prix ?, paru sur son blog La pompe à phynance

dimanche 11 janvier 2015

Prise d'otages terroriste de masse en plein Paris

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Selon une information qui vient de tomber, des centaines de milliers de personnes ont été prises en otage à Paris ce dimanche 11 janvier 2015.

Les ravisseurs agissent à visage découvert et sont mondialement connus pour des actes de terreur à l'échelle de la planète. Notre correspondant sur place a pu en identifier plusieurs:

La chancelière allemande Angela Merkel, connue pour avoir dévasté une grande partie de l'Europe du Sud et responsable avec ses complices de l'Union européenne de la dévastation de la Grèce

Son complice, le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy chargé de la torture du peuple espagnol

Son autre complice, le premier ministre grec Antonis Samaras chargé de la destruction massive de la Grèce et de l'irrigation des partis fascistes

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, longtemps geôlier de l'Eurogroupe et ayant accordé l'asile fiscal à de nombreuses multinationales suceuses de sang

Le président du pseudo Parlement européen, Martin Schulz, seul récipiendaire encore en fonction du Prix Nobel de la Guerre économique et de la transformation de la Méditerranée en cimetière

Le président ukrainien Petro Porochenko, avant-garde de l'OTAN à l'Est et donc de la guerre qui vient

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, massacreur au long cours hors catégorie

Le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg (chargé de l'armurerie)

D'autres terroristes notoires ont été identifiés par Politis

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Selon l'enquête en cours, les centaines de milliers d'otages auraient été d'abord hypnotisés sur les réseaux sociaux par des milliers de cyberactivistes du dimanche.

Cette foule a reçu le mot d'ordre subliminal du 11 septembre "Nous sommes tous Américains" dissimulé sous deux oreilles du Mickey français pour donner "Nous sommes tous Charlie".

C'est la plus grande prise d'otages de masse depuis l'invention de la propagande dont les capacités ont été exponentiellement décuplées par Google, Twitter et FaceBook.

samedi 10 janvier 2015

Le jour d'après... le jour d'avant

Le lendemain d'une triste journée... 17 morts au total. Une telle violence. Notre sympathie aux familles des victimes toujours. Rien ne peut justifier ces horreurs, encore et toujours.

Le jour d'après, il faut être digne, sage et déterminé à défendre nos principes, la valeur de la vie, la justice, l'égalité, le refus de tous les racismes, la liberté d'expression. Il nous incombe néanmoins de ne pas tomber dans le simplisme émotionnel binaire : "Vous êtes avec nous ou contre nous" que voulait nous imposer G. W. Bush sans place à la réflexion, aux questionnements et à la critique de la raison raisonnable. Le jour d'après... il faut s'imposer la lucidité.

Le jour d'avant... "la grande marche de l'unité" de Paris, il est impératif de ne pas se tromper ni de slogans ni de questions. Vivre ce rassemblement dans un élan émotif condamnant les meurtres et en le réduisant au soutien à la liberté d'expression, façon Charlie, ne sera pas un gage d'unité française ni européenne pour l'avenir. Il faut fonder l'unité autant sur des valeurs communes que sur des questionnements légitimes que nous devons appréhender ensemble.

L'unité et l'union des citoyens sont superficielles si elles ne consistent qu'à réagir, avec le coeur, à des drames (ou même à des victoires sportives). Demain tout peut recommencer, ou se fracturer gravement. L'unité dans la diversité impose que tous les êtres, femmes et hommes, de toutes les couleurs, de toutes les religions et sans religion, soient invités égalitairement - au quotidien - à s'exprimer, à être écoutés, et à partager leurs espérances, leurs interrogations, leurs doutes, leurs frustrations et leurs critiques, sur les plans national et international : la liberté d'expression d'une nation impose l'égalité d'expression de celles et ceux qui la constituent.

Il faut marcher demain et continuer à marcher après-demain pour la justice sociale, l'égalité des droits, le respect des peuples, par tous, partout et pour tous. Sous peine de se satisfaire d'avoir éliminé "les trois assassins" et de s'aveugler sur les raisons objectives qui sont à la source des violences du monde, des terreurs quotidiennes qui continueront à tuer là-bas, et ici.

Que les Présidents et Ministres marchent deux heures avec les peuples est ponctuellement beau, que les Présidents et Ministres aient le courage de vraies politiques nationales et internationales pour l'égalité, la liberté et la diversité est, dans la marche de l'Histoire, la revendication exigeante et l'espérance des justes.

La paix a un prix, elle est à ce prix. Là-bas et ici.

Tariq Ramadan (message publié sur sa page officielle facebook)

Voir aussi la planche dessinée par Joe Sacco pour The Guardian

vendredi 9 janvier 2015

Actes islamophobes

Tête de sanglier et viscères accrochés à la porte d'une salle de prière, vendredi matin à Corte (Haute-Corse). Une lettre dont le contenu reste inconnu a été retrouvée sur les lieux.

Salle de prière incendiée à Aix-les-Bains (Savoie). Aucune victime à déplorer.

Lycéen de 17 ans roué de coups lors de la minute de recueillement (jeudi) au lycée de l'Oiselet à Bourgoin-Jallieu (Isère). Le jeune homme d'origine magrébine a d'abord essuyé des propos racistes avant d'être molesté. Il a porté plainte.

Grenades d'exercice lancées contre une mosquée dans la nuit de mercredi à jeudi au Mans. Une balle a aussi été tirée à travers une vitre. Ni blessé ni revendication.

Explosion d'origine criminelle dans un kebab. Jeudi matin. Le fast-food est proche d'une mosquée à Villefranche-sur-Saône (Rhône). La vitrine a été soufflée.

Tirs contre la voiture d'une famille musulmane dans une rue de Caromb (Vaucluse), mercredi soir. La voiture était vide lors des tirs, le parquet indique que rien ne permet d'établir un lien avec un acte islamophobe.

Inscription de propos haineux ("morts aux Arabes") sur un mur de la mosquée de Poitiers jeudi. Un homme a été interpellé en flagrant délit. Fortement alcoolisé, le suspect s'est excusé.

Coups de feu dans une salle de prière à Port-la-Nouvelle (Aude). Salle vide, aucune victime.

La mosquée de Bayonne a été le théâtre d'inscriptions racistes et haineuses faisant référence à l'attentat contre Charlie Hebdo dans la nuit de jeudi à vendredi.

source Le Point

Les actes islamophobes se poursuivent

«Cela ne fait que nourrir un peu plus l’islamophobie ambiante.» Contacté par 20 Minutes, Abdallah Zekri explique les actes islamophobes se poursuivent, moins d’une semaine après la double prise d’otages de Dammartin-en-Goële et Paris. «En janvier 2014, nous avions relevé 14 actes islamophobes en France. Là, nous sommes déjà à 63, regrette-t-il. Ce jeudi matin encore, une mosquée a reçu un dessin de Cabu en train de sodomiser le Prophète en arrivant au paradis. Ça n’est pas acceptable…»

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