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mercredi 16 janvier 2019

"C’est notre futur et le futur des générations qui nous suivront qui est en jeu"

La cérémonie du Nobel se termina par un banquet où Van Rompuy porta un toast et remercia les organisateurs pour lui avoir fait passer une journée inoubliable.

Promettant une Union européenne de « 100 ans de paix », il conclut : « The Demons of the past have been laid to rest ».

Juste au même moment, on entendit le terrible ricanement de l'Histoire.

Lire Il y a 6 ans "Essayage : le Prix Nobel de la Paix vous va si bien !

Nous arrivons à un tel point grave, à un point de rupture. La parodie SYRIZA s’ajoute à la parodie méta-démocratique pour enfin poignarder le pays prétendument paisible, et ceci jusqu’à l’os, et ceci manifestement de manière irréversible. Sans majorité conforme à la lettre et encore moins à l’esprit de la Constitution après le départ programmé du gouvernement des opportunistes de Kamménos et entre le soir du 15 et celui du 16 janvier, SYRIZA se maintiendrait-il sollicitant la confiance de la Chambre par un vote de confiance, uniquement grâce à ces arrivistes apostats élus de Kamménos, comme autant, grâce aux élus itinérants d’autres partis politiques. Un “Parlement” et une Chambre d’enregistrement de décisions prises partout ailleurs sauf en Grèce, Chambre devenue autant celle de la prostitution politique, des Syrizístes et des autres. La politique, le plus vieux métier du monde.

Les moments sont dramatiques car ensuite, très probablement vers la fin de la semaine ou durant la semaine prochaine, SYRIZA et les itinérants... essaieront de faire passer l’accord Macédonien de Tsípras, ce qui équivaut à offrir à terme du territoire national sans guerre, en tout cas classique, aux voisins Slaves de l’ex République Yougoslave de Macédoine et en réalité aux Puissances ouvertement intervenues dans le processus du pseudo-accord. Essentiellement il faut dire l’Allemagne avec son dessein balkanique, d’où le voyage de la Chancelière à Athènes il y a quelques jours... ordonnant l’accélération du processus pour la ratification de l’accord, comme il se dit ouvertement à Athènes dans la rue et dans les médias, et ensuite les États-Unis, via la... finalisation de l’élargissement de l’OTAN aux pays des Balkans, toujours et encore, contre l’influence historique et culturelle de la Russie slave et orthodoxe dans cette même région.

Notons que ce mercredi 16 janvier, l’administrateur colonial Moscovici est en visite à Athènes, hasard du calendrier ? La balkanisation est comme on sait ce plat traditionnel que les antagonismes intra-européens ont parfois et d’abord fait chauffer, avant que leur coin cuisine ne prenne alors feu. Et c’est exactement ce que fait l’européisme actuel alors sous un Kominterm il faut dire berlinois. Donc, il y a feu.

Désormais à Athènes, c’est la lutte finale... contre cette gauche avariée du para-culturalisme et de l’ultra libéralisme, en somme, contre l’ensemble du système politique grec, car “eh bien sinon, c’est notre fin” comme on entend dire un peu partout en Grèce en ce moment. Le Putsch permanant comme mode de gouvernance austéritaire a pleinement tourné en Occupation avec ses traîtres plus obligeants que jamais, pour enfin livrer l’essentiel de la souveraineté, de l’histoire et de l’identité hellénique, autrement-dit, le noyau dur de notre essence, tel est en tout cas le ressenti des Grecs à plus de 80%, ce que les Ambassades impliquées n’ignorent pas, d’où finalement cette accélération dans le crime très organisé que Tsípras et sa bande voudront ainsi parachever avant de disparaître de l’histoire.

“Ces gens de SYRIZA, ils ont ainsi vendu leur mère, et ils en sont fiers, car cette gauche est mondialiste, apatride et accessoirement vendue”, peut-on entendre depuis les ondes de la radio 90.1 FM au soir du 15 janvier, par le journaliste Mazarákis, et par les analystes Karambélias et Aposkítis, tous trois pourtant issus de la trop vielle gauche. “Nous arrivons à un tel point de rupture, où il va falloir nous battre pour notre liberté comme à chaque fois que nous étions en guerre, car nous sommes en guerre. Et il faut dire que notre arme pacifique, à savoir le Référendum sur la question macédonienne n’est visiblement réclamé par aucune force politique, ni de gauche, ni de droite, à l’exception du petit parti centriste de Levéntis. Donc nous savons à qui nous avons à faire.”

“Et admettre ainsi ce Mal alors absolu, voilà ce qui nous rend encore mieux déterminés, tous nos sens en alerte, nous devenons des fauves à notre tour, voilà ce que nous sommes devenus dans les turbulences des mutations actuelles. Les paroles doivent cesser et les actes doivent prendre le pas. Face à nous, il y a un régime déterminé à livrer le pays et pour ce faire, il a autant assassiné la démocratie. Donc c’est le peuple qui se doit agir alors seul pour prendre les choses en main, pour défendre à la fois la démocratie, la patrie et sa liberté, devant les nains politiques et les marionnettes du système des partis dont le fascisme reste alors la seule et unique pratique”

Le Maire de Meneméni de Thessalonique est intervenu lors de l’émission pour dire “qu’au niveau régional à travers tout le Nord de Grèce, on s’organise pour descendre à Athènes et manifester déjà durant les prochains jours, pour que cet accord ne puisse pas passer, et qui constitue une défaite diplomatique et nationale, ouvrant la porte toute grande à l’irrédentisme des voisins. Et après tout, ce gouvernement n’a pas aucunement négocié, j’ai posé directement a question à deux collaborateurs de Kotziás le ministre des Affaire Étrangères au moment de la signature, collaborateurs ayant pris part aux prétendues négociations, et ils nous ont dit qu’ils avaient exprimé de nombreuses réserves et que Kotziás leur a aussitôt répondu ‘laissez tomber les arguments diplomatiques et scientifiques et suivez ma ligne’. J’ai également posé la question à un député SYRIZA de Thessalonique, ‘pourquoi n’avez-vous pas organisé un référendum’ et il m’a cyniquement répondu qu’il était hors de question car un tel référendum nous allons bien entendu le perdre, voilà pour ces gens.”

Non, les Grecs ne sont pas devenus fous subitement, et il n’y a aucune velléité de changement des frontières du côté grec, comme d’ailleurs du côté bulgare. Aux yeux des Grecs, le nom historique de la Macédoine grecque ne peut pas être ainsi offert aux voisins Slaves, arrivés dans la région plusieurs siècles après Alexandre le Grand mais se réclamant de ce personnage historique, en réalité pour donner prétexte à leur irrédentisme. Reconnaitre ainsi ce pays sous le nom de Macédoine du Nord est alors fort dangereux er préjudiciable pour les relations bilatérales à terme, et c’est tout le contraire de l’apaisement dont se réclame Tsípras par exemple. Nos voisins Bulgares et Serbes le savent autant, et ils font part de leur inquiétude. Sauf que les Puissances ont sans doute décidé la modification les frontières dans la région, c’est plus violent dans les Balkans, et c’est plus sournois à travers le système néocolonial de la dite Union Européenne, joli monde.

Pour le maire de Meneméni il n’y a plus de doute. “Le système politique grec n’a plus cette légitimé, même relative comme en 2015, pour décider quoi que ce soit, sauf que tout est préparé pour que leur décision, autrement-dit, la décision imposée par les Puissances étrangères puisse être cautionnée même par 150 ou 151 élus (sur un total de 300). De notre côté, nous réfléchissons en tant qu’élus locaux de la manière, la nôtre pour par exemple, pour ne plus laisser fonctionner l’État grec, une sorte de grève politique, accompagnée de la fermeture des entreprises et des écoles, voilà pour certaines idées. Toute la Grèce doit déjà converger à Athènes pour le rassemblement du 20 janvier. Cette fois, tout le monde doit sortir et manifester, car c’est notre futur et le futur des générations qui nous suivront qui est en jeu.”

Lire l'intégralité du texte de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Prostitution politique" sur son blog Greek Crisis

dimanche 23 décembre 2018

Le commissaire européen Günther Oettinger veut sanctionner la France pour son budget

Les dépenses française supplémentaires inquiètent outre-Rhin. Le commissaire allemand réclame l’ouverture d’une procédure pour déficit excessif.

Günther Oettinger, le commissaire au budget, appelle au déclenchement d’une procédure pour déficit excessif à l’encontre de la France. Dans une interview au journal allemand FOCUS, il considère les récents ajustements du budget français « particulièrement problématiques ».

Pour répondre à la fronde des « gilets jaunes » sur le pouvoir d’achat, Emmanuel Macron, le Président français, avait annoncé au début du mois un paquet de mesures. Parmi celles-ci, la hausse de la prime d’activité pour certains salariés touchant le Smic, l’annulation de la hausse de la taxe carbone ou encore la baisse de la CSG pour un grand nombre de retraités.

Ces changements budgétaires de dernière minute ont été votés dans la nuit de mercredi à jeudi par l’Assemblée Nationale dans le Projet de loi de finance 2019. Au total, près de 10 milliards d’euros seront nécessaires. Ce qui fera passer le déficit français à 3,2 %, soit au-dessus de la fameuse limite européenne des 3 %.

« Ce ne sont pas des cadeaux de Noël »

Pour Günther Oettinger, ces ajustements ne sont pas « des cadeaux de Noël ponctuels mais des dépenses structurellement durables, il y en a qui s’étendront après 2020 ». Une situation qui pourrait déraper donc, et le passif récent de la France ne l’incite pas à la clémence : « Le pays viole pour la onzième année consécutive les règles de la dette, à l’exception de 2017 », s’alarme-t-il.

De son côté, Pierre Moscovici, le commissaire français, estime que ce déficit de 3,2 % est « acceptable » et « limité », bien que le chiffre soit « déjà élevé ». Il rappelle qu’il n’y avait pas de procédure à enclencher pour un dépassement temporaire, « dès lors qu’il est exceptionnel et limité ».

Il n’hésite en revanche pas à remarquer que la France est le seul pays de l’UE à repasser au-dessus des 3 %. Si le transfert du Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE) opère cette année un effet grossissant d’environ 0,9 points du PIB, le déficit français reste un des plus élevés en Europe, à 2,3 ou 2,4 %.

Les discussions sont suffisantes, pour l’instant

Mais la musique est très différente côté commissaire allemand. « Je ne suis absolument pas d’accord avec mon collègue. On ne peut pas absoudre la France aussi aisément », a tonné l’ex-leader de la CDU. Il accuse même le pays de ne pas avoir su profiter des six dernières années de croissance pour réduire sa dette : « La dette est comme en 2013, à 95 % du PIB », regrette-t-il.

La Commission mène actuellement des discussions avec la France pour s’assurer que la situation ne devienne pas hors de contrôle. Ce qui est largement suffisant à ce stade pour Sven Giegold, porte-parole du groupe des Verts au Parlement européen.

« La sortie de Günther Oettinger est une mise en scène prématurée, condamne-t-il. Il agit de manière unilatérale et dommageable. » Lui aussi allemand, il s’inquiète de l’effet de cette sortie sur les relations du couple franco-allemand. « La Commission n’a pas besoin d’un commissaire disciplinaire allemand. »

Pas de différence de traitement entre Italie et France

Pourtant, l’eurodéputé n’en reste pas moins attentif à la situation française, qui doit être traitée avec la même fermeté que pour l’Italie si la situation empire. « La Commission ne peut pas risquer d’être accusée d’appliquer un traitement différent à l’Italie et à la France », fait-il remarquer.

Après un long affrontement de plus de deux mois, un accord a été trouvé entre Bruxelles et Rome, plus tôt cette semaine. Le gouvernement italien a dû renoncer à deux réformes phares sur les retraites et le revenu de citoyenneté.

La France doit donc trouver le moyen de financer durablement ses réformes pour éviter un réel durcissement de la Commission. Sven Giegold imagine une hausse des taxes pour les « personnes aisées » afin de « solidifier » les dépenses supplémentaires.

Pas sûr que l’idée soit reprise dans l’immédiat par le gouvernement, qui continue pour l’instant à dialoguer avec Bruxelles pour rassurer l’exécutif européen sur sa santé financière.

Source : Euractiv

Sur la procédure pour déficit excessif lire Austérité à jamais

Lire aussi Gilets jaunes : « Macron a les pieds et les poings liés par l'Union européenne »

et

Grèce : ce que révèle le refus de Bruxelles de traiter l'urgence humanitaire

Pour rappel : "L'Europe, c'est la paix"

La Chine dénonce les propos du commissaire européen Oettinger sur "les bridés" (RTBF, 2/11/2016)

La Chine a dénoncé ce mercredi le "sentiment de supériorité" du commissaire européen à l'Economie numérique Günther Oettinger, qui a utilisé dans un discours le terme péjoratif de "bridés" pour décrire les Chinois.

Le responsable politique allemand avait été secrètement enregistré lors d'une réunion de chefs d'entreprises à Hambourg (nord de l'Allemagne) la semaine dernière. Il racontait avoir reçu des ministres chinois, tous "peignés de gauche à droite avec du cirage noir".

L'auteur de l'enregistrement, diffusé vendredi sur YouTube et repris samedi par le site du magazine allemand Der Spiegel, déclare avoir commencé à filmer après que Günther Oettinger eut utilisé des termes comme "les yeux bridés" ou les "escrocs" à propos des Chinois.

"Un effarant sentiment de supériorité"

"Les remarques en question démontrent un effarant sentiment de supériorité enraciné chez certains dirigeants politiques occidentaux", a déclaré mercredi Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'un point presse régulier. "Nous espérons qu'ils puissent apprendre à avoir une vision objective d'eux-mêmes et des autres et à respecter et traiter les autres sur un pied d'égalité."

Interrogé par le journal allemand Die Welt, Günther Oettinger avait assuré samedi qu'il "s'agissait d'une expression familière qui ne se voulait en aucun cas un manque de respect vis-à-vis de la Chine".

Oettinger n'en est pas à son premier dérapage. En 2014, il avait traité la France de "pays déficitaire récidiviste", ce à quoi le PS français avait appelé à sa démission du poste de commissaire européen.

Plus récemment, dans le contexte des négociations sur le CETA, l'Allemand a affirmé que "la Wallonie est une micro-région gérée par des communistes qui bloque toute l'Europe", ajoutant "ce n'est pas acceptable". Des propos que le ministre-président wallon Paul Magnette (PS) avait qualifié de "mépris total"

vendredi 5 janvier 2018

Exposition temporaire Paul Magnette

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L'Organe Suprême Moustachu ayant mis en Une du "club" l'intervention de Paul Magnette (soutenu par quelques grognards du PS belge, sentant le boulet arriver et ayant au moins l'instinct de conservation) aux journées moustachues de Grenoble, le Musée de l'Europe présente, issue de ses collections, une exposition (par ordre chronologique) temporaire (et néanmoins burlonesque) "Paul Magnetto". Rappelons que le CETA est entré "temporairement" en vigueur avant toute ratification (selon les nouveaux usages), ce qui a permis (info RTBF) une diminution du prix du homard canadien en cette période de fêtes de 8 EUR (qu'en pensent les homards ?)

magnetteMediapart.png Tu l'as dit bouffi (Le Concierge)

Le Parlement wallon rejette l'accord de libre-échange UE-Canada 15 octobre 2016

Au Parlement de la Région wallonne et aux électeurs belges

Le fou qui se prend pour le Président de l'Europe exige un Coup d'Etat en Belgique 23 octobre 2016

Le Nabot Malfaisant Moscovici menace la Belgique de la Grosse Bertha

CETA : un compromis intra-Belges ?

Toute ressemblance avec un précédent historique dans une colonie grecque...

Dans les coulisses des négociations du Ceta où un Italien des Pouilles écarquille les yeux comme des soucoupes devant le spectacle politique qui se joue devant lui.

Mais non, Cher Paul.M, ce n’est pas vraiment « une formidable avancée démocratique » !

CETA : Paroles, paroles...

"La Wallonie est une micro-région gérée par des communistes qui bloque toute l'Europe"

dimanche 24 décembre 2017

Un par un, les députés de l’ancienne “gauche radicale” grecque, au pouvoir depuis bientôt trois ans, votent en faveur de l’incarcération des militants du mouvement social qui se seront opposés à la saisie (pour dettes) d’une résidence principale...

Aujourd’hui, un par un, les députés de l’ancienne “gauche radicale” grecque, au pouvoir depuis bientôt trois ans, votent en faveur de l’incarcération des militants du mouvement social qui se seront opposés à la saisie (pour dettes) d’une résidence principale et à l’expulsion locative qu’elle entraîne.

(Se seront opposés de leurs corps ; se seront interposés entre ménages ou individus endettés et agents chargés d’appliquer la sentence, de les virer de chez eux, de les mettre à la rue ; auront donc dans le langage néo-libéral fait “violence” à des dépositaires de la force publique. Existe-t-il aujourd’hui, dans la solidarité avec les réfugiés, dans la défense des droits sociaux les plus élémentaires, d’autre forme d’opposition que celle qui engage le corps et se trouve ainsi automatiquement dénoncée comme “violence” par les gouvernements européens ?)

Aujourd’hui, un par un, les députés de l’ancienne “gauche radicale” grecque votent en faveur de l’incarcération des membres de cette société incivile qui, à partir des assemblées de 2011, les a portés au pouvoir. (Pour mémoire: en 2010, encore, Syriza était une coalition à bout de souffle, privée de dynamique, de forces vives, de stratégie et surtout d’appui populaire, au bord de la scission). Le fait que cette même formation ait pu moins de deux ans plus tard se retrouver à quelques voix du pouvoir (et ait fini par l’emporter en janvier 2015) doit tout à la dynamique impulsée en 2011 par les collectifs de base apparus dans les quartiers populaires d’Athènes (ou en province, en particulier dans des luttes liées à la défense du territoire), et qui étaient très largement indépendants (et pour cause) de tout appareil préexistant.

De l’instrumentalisation du mouvement social grec par la gauche de gouvernement à sa répression pure et simple, un pas semble donc être franchi.

Les Grecs étant pour une très grande partie d’entre eux “petits propriétaires” depuis des décennies, c’est-à-dire propriétaires de leur appartement, la propriété demeure ici l’un des facteurs-clefs qui expliquent que la société n’ait pas sombré plus profondément encore ou plus vite dans le dénuement.

Il s’agit d’une mesure que ni la droite extrême ni le parti socialiste grec qui se sont succédés à la tête de l’État ou ont gouverné en association jusqu’en 2015 n’avaient eu (pour parler de nouveau en langage néo-libéral) le “courage” de prendre.

Dimitris Alexakis, 22.12.2017 (paru sur le blog "ou la vie sauvage" sous le titre Athènes, 22 décembre 2017, pour mémoire)

Lire aussi sur ce site (avec d'autres liens vers des articles publiés par le Musée sur cette question et rappelant la très lourde responsabilité du "socialiste" Moscovici petit télégraphiste de ces exigences à Athènes depuis des années ) : Foutez-moi toutes ces classes moyennes sur le trottoir !

samedi 19 août 2017

Quand la Commission européenne s'assoit sur les décisions de la justice grecque...

Ce n’est pas moins de 4 ans d’instruction judiciaire, deux procès initiaux et une réouverture du dossier que vient de clore la condamnation d’Andréas Georgiou. En effet, le 1er août 2017, le Tribunal correctionnel d’Athènes a condamné cet ancien Directeur de l’office des statistiques grecques (Elstat) à deux ans de prison avec sursis pour «  manquement au devoir  ». Voici ce qu’en dit le quotidien Le Monde dans son édition du 1 août 2017 : « Andréas Georgiou, ancien chef de l’office des statistiques grecques, Elstat, au cœur de la saga des faux chiffres du déficit public au début de la crise de la dette, a été condamné, mardi 1er août, à deux ans de prison avec sursis. Le tribunal correctionnel d’Athènes l’a jugé coupable de « manquement au devoir », selon une source judiciaire. Cet ancien membre du Fonds monétaire international était poursuivi pour s’être entendu avec Eurostat (l’office européen de statistiques, dépendant de la Commission européenne) afin de grossir les chiffres du déficit et de la dette publique grecs pour l’année 2009. Le but supposé : faciliter la mise sous tutelle financière du pays, avec le déclenchement, en 2010, du premier plan d’aide internationale à la Grèce – on en est au troisième, depuis août 2015

(...)

Marianne Thyssen, commissaire européenne aux affaires sociales, a affirmé que «  les données sur la dette grecque pour la période de 2010 à 2015 ont été fiables et communiquées avec exactitude  ». Dans cette situation, la justice grecque avait estimé en décembre 2016 qu’il n’y avait pas d’éléments suffisants pour envoyer Georgiou devant le tribunal… Mais un courageux procureur de la Cour suprême, Xeni Dimitriou a demandé le réexamen de l’affaire. A l’issue d’un nouveau procès, Georgiou a donc été condamné le 1er août 2017. Ses avocats et lui-même ont fait savoir qu’ils feraient appel.

La porte-parole de la Commission européenne, Mme Annika Breidthardt, a renouvelé son soutien total à Georgiou en déclarant que cette décision n’est pas conforme aux décisions précédentes de la justice et a réitéré que « la Commission est pleinement confiante dans l’exactitude et la fiabilité des données de l’Elstat au cours de la période 2010-2015 et au-delà ». Le vice-président de la Commission européenne, M. Valdis Dombrovskis, dans une interview au Financial Times a déclaré que « l’indépendance des offices nationaux des statistiques des pays-membres est un pilier important du fonctionnement de l’euro et un des éléments qui construisent la confiance entre les pays-membres de la zone euro ». Il en est de même de toute la nomenclature européenne qui clame son soutien à Georgiou via les Moscovici, Mario Draghi et autres… La pression des autorités européennes est constante soit de façon formelle soit via les médias européens. Et le prochain Eurogroupe de septembre 2017 envisage même d’en parler.

(...)

Les ingérences des créanciers de la Grèce dans les affaires de justice a amené l’Union des juges et des procureurs de Grèce à vivement réagir dans un communiqué : « Les autorités judiciaires grecques et les lois grecques doivent traiter sur un pied d’égalité tous les citoyens indépendamment des relations spéciales que ces derniers pourraient avoir avec des services relevant de la Commission européenne. L’interprétation correcte et l’application des lois sont confiées par la Constitution aux institutions judiciaires dont le jugement ne doit pas être influencé par des tendances politiques, des pressions ou des incitations ». Et de conclure : « L’indépendance des offices nationaux des statistiques des pays-membres peut certes constituer un pilier important de l’union économique et monétaire selon la Commission, mais l’indépendance et la liberté de jugement des juges et des procureurs d’un pays sont la pierre angulaire du régime démocratique ».

Lire "Grèce  : le procès Georgiou ou l’affaire de la falsification des statistiques grecques pour justifier l’intervention de la Troïka" sur le site du CADTM

vendredi 16 décembre 2016

Foutez-moi toutes ces classes moyennes sur le trottoir !

Avant l’adhésion de la Grèce à la CEE (Communauté économique européenne) en 1981, les banques grecques octroyaient des prêts immobiliers à des taux d’intérêts très élevés allant jusqu’à 25%. Avec l’entrée du pays dans la CEE, ces taux ont diminué pour arriver à 16%. Puis, au moment de l’adoption de l’euro, les prêts immobiliers se sont démultipliés de manière exponentielle, permettant aux débiteurs d’emprunter jusqu’à 75% de la valeur du bien, tandis que les prêts à la consommation pouvaient couvrir les 25% restants, ouvrant ainsi les portes de l’emprunt à de plus en plus de ménages. La crise économique a néanmoins mis un terme à cette pratique et la non-solvabilité des ménages a eu des conséquences catastrophiques en ce qui concerne notamment la question du droit au logement.

C’est ainsi que la Grèce vit depuis quelques mois une vague de ventes publiques liées à des prêts non performants dits « NPL » (Non performing loans). Les NPL sont des prêts que les débiteurs ne sont plus en mesure de rembourser. En effet, une grande partie de la population a vu ses revenus chuter, voire disparaître, en quelques années, et s’est ainsi retrouvée en situation d’insolvabilité, ce qui a amené les créanciers (banques, État et acteurs privés divers) à recourir à des ventes publiques débouchant sur des expulsions. Ce phénomène a crû provoquant une crise profonde du logement entrainant la création du comité « Vente aux enchères STOP ».

Extrait de l'Interview de Filippos Filippides

N’oublions pas aussi que, sous la pression de la Troïka, l’évolution du cadre législatif (en référence aux lois votées dans la nuit du 22 au 23 juillet 2015, conditions préalables à la conclusion du troisième mémorandum |3|), n’a fait que renforcer la position des banques par rapport à celle des débiteurs. Elles ont acquis des privilèges importants notamment en matière de facilitation d’expulsion et de vente de biens immobiliers dans le cas des prêts hypothécaires non performants, mettant les ménages déjà fragilisés en position de faiblesse. Le troisième mémorandum a également introduit la possibilité d’une mise en ligne des ventes aux enchères, évitant ainsi les tribunaux de paix et la contestation qui s’y exprime, mais cette loi n’a pas encore été appliquée à cause des grandes grèves des avocats et notaires de ces derniers mois. Les débiteurs que nous défendons sont donc tous victimes, sans exception, des accords conclus par le gouvernement grec avec ses créanciers

Lire l'intégralité de l'interview parue sous le titre « Les banques et l’Etat grecs essaient de prendre nos maisons tous les mercredis au tribunal de paix » sur le site du CADTM

Lire aussi:

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Banalité du mal : L'huissier Moscovici se présente à la porte des chaumières grecques

Moscovici fait de la banalite du mal comme M. Jourdain de la prose

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jeudi 8 décembre 2016

Jeroen Dijsselbloem et Pierre Moscovici font front commun pour imposer une régression sociale contraire au droit international.

En août 2016, quelques semaines après le non au référendum, le gouvernement grec signe le troisième accord (MOU, Memorandum of Understanding) avec les créanciers. La Grèce recevra périodiquement des prêts lui permettant pour l’essentiel de rembourser sa dette, mais à une condition : faire des « réformes » qui seront périodiquement évaluées. Une première évaluation (review) a entériné un premier paquet de réformes, dont celle des retraites. Une deuxième évaluation était prévue avant la fin de l’année, qui devait sanctionner un nouveau paquet de réformes portant notamment sur le marché du travail.

À leur réunion du 5 décembre, les représentants de l’Eurogroupe ont refusé d’avaliser le dernier train de réformes. Ils ont cependant accepté ce qui est présenté comme un allègement de la dette. Commençons par le premier point, parce qu’il est révélateur de la violence et de l’hypocrisie des créanciers européens. Le point de blocage est la réforme du droit du travail. Les ministres de l’Eurogroupe voudraient relever de 5 % à 10 % du personnel le plafond des licenciements collectifs, supprimer l’autorisation du ministère du travail et refusent que soit restauré le principe des négociations collectives, supprimé durant la crise. Bref, le bras de fer continue et le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, comme Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques, font front commun pour imposer une régression sociale contraire au droit international.

Voilà pour le bâton. Quant à la carotte, c’est un allègement en trompe-l’œil. Il résulte d’une négociation parallèle et discrète avec le MES (Mécanisme européen de stabilité) qui finance les 86 milliards de prêts prévus pour ce troisième MOU. Les mesures sont assez techniques. La première consiste à allonger la maturité des prêts du deuxième MOU de 28 ans à 32,5 ans et ainsi de lisser un peu les remboursements des années 2030 et 2040. Le deuxième ensemble de mesures vise, pour simplifier, à réduire la variabilité des taux d’intérêt. Enfin, le MES renonce à augmenter de deux points les taux d’intérêt sur une tranche du précédent MOU.

Lire l'article de Michel Husson paru sous le titre "Grèce : « allègement » en trompe-l’oeil" sur le site du CADTM

mercredi 26 octobre 2016

Le Nabot Malfaisant Moscovici menace la Belgique de la Grosse Bertha

1) Textes et documents pour la classe

La Commission européenne veut plus d'explications de la part du gouvernement belge quant aux efforts structurels à fournir pour le budget 2017, ressort-il d'une lettre envoyée par le vice-président de la Commission Valdis Dombrovskis et le commissaire aux Affaires économiques et financières Pierre Moscovici.

Le budget 2017 a été présenté la semaine dernière. L'équipe Michel a fini par s'accorder sur des perspectives pour l'année prochaine qui lui permettent de présenter à la Commission une amélioration du solde structurel d'1,2% du PIB en 2016 et 2017, un effort estimé à quelque 3 milliards d'euros supplémentaires, et qui s'inscrit dans l'objectif du retour à l'équilibre en 2018.

"C'est dans la lignée de l'effort d'au moins 0,6% recommandé par le Conseil", écrit la Commission, "mais une évaluation préalable pointe l'incertitude quant à la réalisation de cet effort". Valdis Dombrovskis et Pierre Moscovici évoquent notamment "les différents hypothèses sous-jacentes, les facteurs méthodologiques et des visions divergentes sur le rendement de certaines mesures".

La Commission exige dès lors, pour jeudi 27 octobre, davantage d'informations sur la composition précise de l'effort structurel envisagé en 2017.

Il est également souligné dans cette lettre, que la Belgique court encore toujours le risque de piétiner les règles européennes sur la dette, "même en tenant compte de la dérogation temporaire accordée pour les dépenses réalisées en matière d'immigration et de sécurité".

La Commission européenne a reçu le budget fédéral belge deux jours en retard, le 17 octobre au lieu du 15.

Source : RTBF


2) Analyse et Commentaire burlonesques

Suite au renflouement par les contribuables des Banksters après 2008, les Rois fainéants de France et de Navarre (occupés qu'ils sont la plupart du temps à jouer à touche-pipi avec des danseuses) ont permis à la Commission Européenne d'assembler une arme de destruction massive, le "Six Pack", plus connue sous le nom de "La Grosse Bertha". Cette arme a plusieurs détentes. Tout d'abord le budget prévisionnel des États doit être transmis à la Commission Européenne en amont des Parlements (qui doivent leur naissance au... consentement à l'impôt-) dans le cadre du Semestre européen (qui constitue l'infrastructure juridique sur laquelle la Grosse Bertha a été construite : à l'époque les Rois fainéants avaient cru à la simple construction d'un bassin d'orage.) Mais ensuite le "two pack" commença à faire sortir la Grosse Bertha de terre (les Rois fainéants ayant cru à la construction d'un simple rond-point) liant la procédure de déficit excessif au semestre européen. C'est ce two-pack que le Nabot malfaisant Moscovici [1] vient d'enclencher à l'égard de la Belgique sur le ton menaçant de celui qui contrôle aussi le dernier étage de la Grosse Bertha, la procédure de déficit excessif (arme de printemps dont les Rois fainéants n'avaient pas vu qu'il s'agissait d'un revolver braqué sur la tempe des peuples, occupés à ne pas regarder ceux-ci dans les yeux en vérifiant que leurs pompes étaient bien cirées.) Car après les tirs de semonce du "two pack", la procédure de déficit excessif permet désormais à la Grosse Bertha de canarder à plein régime en imposant aux États des sanctions financières pouvant atteindre des milliards d'euros s'ils ne se plient pas aux Oukazes de la bande de psychopathes (larbins des forces obscures) qui ont décidé de détruire l'Europe pour construire une UE à leur image (autrement-dit l'Enfer sur terre.) C'est à la menace de la Grosse Bertha (relayée par l'Ennemi intérieur que constituent les Rois fainéants et leurs Cours de Nabots Malfaisants) que l'on doit ainsi la démolition du Code du Travail en France (dont El Khomri ne fut évidemment que la speakerine embauchée pour présenter le projet avec l'intention perverse d'exciter les travailleurs sucés par les Draculas du profit contre les franco-marocains.)

On ne peut en effet pour le moment pas coloniser directement des pays qui, pour ne pas être tout à fait du Nord, le sont quand même un peu. Le processus de destruction de tout ce qui permet la vie terrestre du plus grand nombre (services publics, droit du travail, salaires, sécurité sociale), ce que Bourdieu appelait une civilisation et de retour au capitalisme du XIXè siècle sous nos latitudes est quand même plus rapide en Europe de l'Est, puis en Grèce, au Portugal et à Chypre.

Pourtant, avec son gouvernement fédéral de libéraux fanatiques (le Parti socialiste ayant dû jeter l'éponge, ses électeurs ne lui ayant pas pardonné d'avoir condamné aux centres sociaux des chômeurs privés d'allocations par charrettes de dizaines de milliers pour complaire au Léviathan et conserver pour M. Di Rupo le loisir de jouer au train électrique à Mons en construisant une gare pharaonique dont le coût est déjà estimé à 1,5 milliards d'euros, censée attirer les TGV...), la Belgique avait cru apaiser le Moloch grâce à la Loi Peeters sur laquelle la "majorité" s'était engagée en même temps que l'accord budgétaire 2017. Celle-ci ne pulvériserait-elle pas notamment toute durée hebdomadaire légale du travail ? Car on sait la Commission européenne friande de la destruction de tous les droits des travailleurs, c'est là l'obsession des Fidèles Serviteurs du Grand Mordor, l'autre étant la modération salariale jusqu'au dernier euro[2], ce qui revient au même.

Alors ? Ayant subi dans le même temps 4 "ultimatums" en raison de la Fronde des Parlements Wallon et de la Communauté Wallonie-Bruxelles, organes refusant la Déclaration des Droits des Investisseurs nommée CETA, la Belgique est naturellement dans le collimateur de la Grosse Bertha.

Ce qu'ignore peut-être le Nabot Malfaisant Moscovici, c'est que son poste de tir est à Bruxelles (une capitale qu'il aurait sans doute du mal à situer sur une carte de géographie sociale, un peu comme Hollande l'Ukraine sur une carte de géographie.)

A défaut que l'Armée Belge ne cerne le Quartier Européen (en fait le Quartier Léopold, première zone entièrement occupée par l'UE[3]) ce qui lui permettrait de cesser de bombarder on ne sait qui on ne sait où, Le Musée de l'Europe & de l'Afrique a donné l'ordre d'appareiller à ses Frégates Lance-entonnoirs Thomas More et Erasme (cette dernière arrive toujours en retard malheureusement), notamment pour participer à la protection des Parlements encore un peu en état de marche et ravitailler en chantilly l'ensemble des travailleurs Belges qui peuplent les institutions européennes et les font tourner et dont on ne doute pas qu'ils entarteront les Nabots Malfaisants si la menace contre leur cher pays se précisait.

Il est peu probable qu'on puisse tous les mettre au placard, comme ce fut le cas de certains fonctionnaires européens mais néanmoins grecs, surpris à lire des textes considérés comme nazis sur leur ordinateur durant l'horaire de midi. Il s'agissait d'une tribune de Günther Grass. Et l'anecdote est authentique.

Depuis les toilettes de la Frégate Lance-entonnoirs Thomas More,

Le Peintre Du Champ

Lire

La lutte contre la loi travail peut être considérée comme un test majeur pour la Grosse Bertha de la "gouvernance économique" de l'UE

Faire un exemple dans le cas grec

Vers l'Europe néolibérale-autoritaire

Le traité d'austérité de l'UE : le rêve des lobbies du grand capital devient réalité.

Austérité à jamais

Ecouter

Les Bruxellois parlent aux Européens

Notes

[1] ""Nabot malfaisant" est le surnom donné par PLPL, canal historique à Alain Minc par pur plagiat de celui dont Marx avait affublé Adolphe Thiers (Note du Concierge)

[2] Lire « La Grèce doit devenir le miroir de l’Europe en matière de législation du travail »

[3] Lire Essayage : Le Prix Nobel de la Paix vous va si bien

lundi 24 octobre 2016

La dignité du Peuple

encheresgrece.PNG Cliquer sur l'image pour voir la vidéo

"La Dignité du Peuple" est un film de Fernando Solanas qui fait suite à "Mémoires d'un saccage" : alors que le second était consacré à l'écrasement des droits et de l'économie du plus grand nombre lors de l'offensive victorieuse de la dette en Argentine (improprement appelée "crise argentine") avec les complicités locales de plusieurs partis successifs, le premier décrit le sursaut populaire lorsque la vie ou la mort des petits propriétaires de la classe moyenne est posée par les saisies organisées au profit des fonds vautours. On y voit notamment la population empêcher le déroulement des enchères. Le scénario est le même en Grèce. Rappelons qu'un moratoire sur la saisie des résidences principales était en vigueur depuis la chute de la dictature. La troïka, aujourd'hui "les institutions", c'est à dire l'UE pour celle d'entre-elle qui prétend agir "en notre nom" par le biais d'on ne sait trop quel mandat, a toujours exigé que ce moratoire soit annulé par les memoranda successifs. Les pro-consuls européens en Grèce ont même convoqué des juges pour les menacer, car ils s'étaient refusés à ordonner des saisies immobilières. Finalement, le gouvernement Tsipras, "bouclier" de la population grecque comme le Maréchal Pétain fut celui de la population française (sic), n'ayant plus rien d'autre à céder, céda au printemps dernier. Il est bon de rappeler que c'est Moscovici, qui porta régulièrement cette exigence d'ancien trotskiste auprès de son homologue Tsipras auprès duquel il s'était fait rapidement expert en retournement de veste (le gendre idéal grec étant un peu emprunté, il avait besoin d'un peu d'aide pour ne pas trop déchirer son beau costume d'espoir de la gauche européenne !). Que personne n'oublie jamais le nom du Commissaire Moscovici, se présentant en notre nom à tous à la porte des chaumières grecques pour jeter à la rue des familles entières ! JAMAIS.

Le Concierge

Lire : Banalité du mal : L'huissier Moscovici se présente à la porte des chaumières grecques

Moscovici fait de la banalite du mal comme M. Jourdain de la prose

La marionnette Moscovici exige de nouvelles violations de la Constitution grecque

Moscovici fait pression sur la justice grecque

Les salauds ça ose tout, c'est à ça qu'on les reconnait !


source Iskra.gr

A SALONIQUE LES MANIFESTANTS ONT BRISE LES BARRAGES DE LA POLICE

LE COMBAT CONTINUE JUSQU’A LA SUPPRESSION TOTALE DES ENCHERES SUR LES HABITATIONS ET LES PATRIMOINES POPULAIRES

De nouvelles grandes mobilisations de citoyens et d’associations ont eu lieu mercredi 19 octobre devant les Tribunaux de paix de tout le pays. Accompagnées de l’abstention des notaires, elles ont empêché le déroulement des enchères.

A Salonique une mobilisation massive a bloqué, de manière particulièrement combattive, en brisant les barrages de la police, la mise aux enchères d’un champ par la présidente du Conseil des notaires de la ville, sans l’autorisation de ce Conseil !

Au cours de ces mobilisations, qui se sont déroulées devant les Tribunaux de paix de tout le pays, on entendait les mots d’ordre suivants : « Etat, UE et banques, les voyous volent les maisons du peuple ! », « Aucune maison aux mains du banquier ! », « Et aujourd’hui, et demain, et autant qu’il le faudra, nous serons dans les rues pour l’abolition ! », « Lutte, affrontement, abolition ! L’Histoire s’écrit en désobéissant ! », « Hors de nos maisons, vautours ! », « Vous accaparez nos maisons, vous vendez notre DEI (la compagnie d’électricité), à la fin vous allez vendre aussi l’Acropole ! »

Reprise du site de l'Unité Populaire (sans les encouragements de victoire du Parti...)

Traduction Joelle Fontaine

mercredi 31 août 2016

Cotisations sociales post-modernes à la mode des escropathes des "Institutions" (ex-troïka)

Père Ubu a trouvé son maître. Mais au passage c'est toute forme de rationalité économique et étatique, et de calculabilité pour parler commeMax Weber, nécessaire à la vie sociale qui y passe. Leur programme est de détruire intégralement le tissu des PME grecques, une sorte de dékoulakisation industrielle... En attendant famines et épidémies. Qui arrêtera cette bande de névropathes ? (Le Concierge)

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En vertu d’une nouvelle loi destinée à lutter contre le travail au noir, désormais, les entreprises grecques ne devront plus payer leurs charges sociales en fonction de leurs effectifs déclarés, mais en fonction des effectifs qu’elles seront supposées avoir en vertu d’un certain nombre de critères.

Ces critères, au nombre de 8, permettront de déterminer l’effectif théorique elles devraient avoir pour réaliser le chiffre d’affaires qu’elles ont enregistré. Ce sont les suivants :

Type d’entreprise

Taille de l’entreprise

Nombre d’heures d’opérations

Nature éventuellement saisonnière de l’activité

Chiffre d’affaires de l’entreprise

Nombre de personnes qualifiées nécessaires pour les activités de l’entreprise

Situation géographique de l’entreprise

Travail personnel effectué par l’employeur ou ses partenaires en affaires.

Ainsi, si le ministère du Travail parvient à la conclusion, sur la base de ces critères, qu’une entreprise ayant déclaré un effectif de 3 personnes, devrait en employer 5, alors elle devra payer des contributions sociales calculées sur la base d’un effectif de 5 personnes.

De même, si elle a déclaré que ses 3 employés travaillent à temps partiel, ils seront réputés être à temps complet. Une mesure passée inaperçue

La mesure a été votée en juin dernier dans le cadre de la Réforme des Pensions, mais comme les baisses des pensions également prévues dans cette réforme ont monopolisé l’attention des médias et du public, elle est totalement passée inaperçue.

Elle vise à lutter contre le travail clandestin, que l’on évalue à 25 % du PIB grec. Le manque à gagner correspondant pour le Fonds de sécurité sociale du secteur privé (IKA) s’élèverait à entre 5 et 6 milliards d’euros. Des effets pervers ?

“Cela pourrait dans aboutir à une hausse de 70 % des contributions sociales pour les employeurs”, commente le site Capital.gr.

Le blog Talking Greece déplore vivement la mise en oeuvre de cette mesure :

“Le plan, tout satanique qu’il semble être, comporte aussi un autre aspect scandaleux : le Fonds IKA recevra de l’argent pour des employés fictifs et il n’aura jamais à retourner ce montant sous forme de pensions et/ou de services de soins de santé. L’IKA sera sauvé, mais les très petites entreprises, et les petites et moyennes entreprises seront détruites. (…)

Vous vous demandez toujours pourquoi entre 65.000 et 70.000 auraient prétendument postulé pour délocaliser leurs sièges sociaux à l’étranger ? Si les impôts et les contributions absorbent plus de 50 % de leurs revenus, et que c’est l’Etat qui détermine combien d’employés votre entreprise doit avoir, quel est l’intérêt d’avoir une entreprise en Grèce ?”

Source : l'Express via Véronique Azemat

Note du Concierge : Pour bien comprendre la "restructuration" massive à l'oeuvre en Grèce, lire aussi Réduire radicalement la petite paysannerie grecque pour ouvrir un boulevard à l’agrobusiness encore peu implanté en Grèce et Repêcher... l'Union Européenne . Il s'agit, comme dans l'URSS de Staline, de liquider l'économie existante et les formes de vie qui y sont liées (dékoulakisation) pour faire tout autre chose, une économie de monopoles industriels tout puissants. Alors une question se pose : pourquoi les écologistes, les alter-mondialistes, les Mélenchonistes (et même les Lordonistes, un petit livre et puis s'en va ?) ne parlent quasiment plus de la Grèce qui devrait pourtant leur fournir des exemples on vivo et particulièrement mortifères de la véritable nature de l'Union européenne, dans le même temps où les petits kapos de la Grèce que sont notamment Valls et Moscovici en font l'exemple de ce qu'il faut faire et donc de ce qui nous attend ? Pourquoi les écologistes n'alertent-ils pas sur la catastrophe écologique en Grèce qui se fait formellement en "notre nom" ? Pourquoi les anti-productivistes ne dénoncent-ils pas à flux tendu la destruction des PME grecques et de l'agriculture paysanne et/ou à petite échelle pour les remplacer par les Konzerns qui détruisent tout sur leur passage ? Pourquoi les anti- et dé- coloniaux s'avèrent-ils incapables d'identifier une colonisation conduite en notre nom à tous et sous no yeux ? Seulement parce qu'il ne faut surtout pas que les gens se demandent comment ils ont pu croire aux beaux discours de Tsipras avant de se rabattre sur son habile complice en trahison, le très Sorossien Varoufakis, car cela ne peut que rendre tout beau discours "de gauche" éminemment suspect (ce qui serait sain 60 ans après la mort d'Orwell) alors que la seule chose qui compte serait la conquête du pouvoir à la faveur de la désintégration du champ politique qui nécessite essentiellement de "faire croire" ? Dans ce cas c'est plutôt ce silence qui achèvera de discréditer les porte-paroles auto-proclamés d'un "autre monde possible" et assurera le triomphe final de la réaction... A moins qu'ils ne parviennent à être cooptés, sur fond de romantisme révolutionnaire kitchissime et de flûte d'Hamelin/Facebook/Twitter/Google/Amazon au service des intérêts servis par les ingénieurs en changement de régime et renouvellement du personnel politique d'encadrement ?

lundi 29 août 2016

Les salauds ça ose tout, c'est à ça qu'on les reconnait !

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« C’est ça le grand départ vers un nouveau type de civilisation, dont les littérateurs fournissent le concept, à savoir que le meurtrier (s’il ment par-dessus le marché) n’a pas tué et que la lâcheté du meurtre lui donne une aura de héros. Tel est le camouflage du principe qui s’effectue avec ce petit mot « prétendu » que nous voyons surgir dans tous les commentaires sur ce qui s’est passé. Il y a des horreurs qui sont commises et dont l’odeur monte jusqu’au ciel, le monde le sait bien sûr et supporte un tel savoir. Mais il jouit aussi manifestement du spectacle d’une endurance morale qui lui offre aujourd’hui encore de « prétendues horreurs » sans se voir signifier : Stop ! Dehors! Quittez cette planète ! »

Karl Kraus, Troisième Nuit de Walpurgis

Le Musée de l'Europe & de l'Afrique est heureux de vous présenter sa nouvelle exposition "Les salauds ça ose tout, c'est comme ça qu'on les reconnait" consacrée au Commissaire européen 'digne héritier des commissaires de Brejnev) Pierre Moscovici, également membre du Parti Socialiste Français. Cette exposition a été réalisée sans trucage en confrontant le blog du sociocideur en sous-sous-chef, véritable kapo de la Grèce, avec principalement celui de l'historien et ethnologue Panagiotis Grigoriou

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La politique de « normalisation » inaugurée par le successeur d'Alexandre Dubček à la direction du Parti communiste tchécoslovaque, Gustáv Husák, en avril 1969, fut centrée dans un premier temps sur l'élimination systématique des réformes du printemps de 1968, le Printemps de Prague, et la mise à l'écart de ceux qui en furent les promoteurs. (Encyclopédie Universalis), lire aussi Jean-François Bayard La normalisation de la Grèce

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L’audition devant le Parlement grec a été un moment de dialogue politique tout à fait fondamental

Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues, pour commencer, je voudrais attirer votre attention sur le fait que le projet de loi introduit devant le Parlement - ‘introduit’, ici, est à prendre aussi bien au sens propre qu’au sens figuré (ndlt : en grec : « eisagomeno » signifie « introduit », mais aussi « importé de l’étranger ») – est inconstitutionnel pour les motifs invoqués dans les exceptions d’inconstitutionnalité déposées par le Syriza le 7 novembre 2012, que j’ai eu l’honneur de présenter et dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre ; le 14 novembre 2013, que j’ai eu l’honneur de présenter et dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre ; le 30 mars 2014, motifs que j’ai eu l’honneur de présenter pour le compte du groupe parlementaire du Syriza et dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre, mais aussi pour les raisons invoquées par le Premier Ministre de Grèce, Alexis Tsipras lors de son discours du 14 décembre 2010, discours dont je dépose une copie aux Actes de la Chambre, ainsi que lors du discours du Premier Ministre, monsieur Alexis Tsipras, prononcé lors de la séance d’adoption du Deuxième Mémorandum de la Loi 4046 de 2012, dont je remets une copie aux Actes de la Chambre, pour les raisons évoquées par le Premier Ministre, M. Alexis Tsipras, lors de son allocution du 23 février 2012, dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre, pour les raisons évoquées par le Premier Ministre, M. Alexis Tsipras, lors de son discours prononcé à l’occasion du vote de ratification du Programme à Moyen Terme, dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre, lors des débats sur les mesures d’urgence d’application des Lois 4046, 4093 et 4127, dont je soumets une copie aux Actes de la Chambre, de la loi 4224 de 2013 dont je remets une copie aux Actes de la Chambre, et enfin de la Loi 4254 de 2014 dont je remets une copie aux Actes de la Chambre.

Mesdames et messieurs les députés, chers collègues, nous sommes non pas ce que nous disons, mais ce que nous faisons.

Nous sommes chaque mot de la Constitution, s’il ne nous passe pas par la tête de violer les plus sacrées des garanties constitutionnelles protégeant la démocratie, la liberté, la dignité, les droits, le fonctionnement parlementaire, l’indépendance nationale, la souveraineté populaire.

Nous sommes les défenseurs de la démocratie du peuple, de la société et de la souveraineté populaire et du principe selon lequel tout pouvoir tire sa source du peuple et s’exerce pour le peuple, comme le prévoit la Constitution, si ce pouvoir que nous avons reçu du peuple, nous le lui rendons, et si nous honorons le verdict populaire tel qu’il s’est exprimé avec 37 % de la confiance au programme social anti-mémorandum du SYRIZA, mais aussi avec le monumental 61,3 % du NON aux chantages et aux mémorandums lors du référendum du 5 juillet.

Discours de la Présidente du Parlement grec Zoe Konstantopoulou au lors de l'adoption du Memorandum III

"Pour que chacun le comprenne, reconnaissons-le, c’est beaucoup trop long. Je me faisais la remarque pour que vos auditeurs et vos téléspectateurs comprennent bien. En Grèce, le gouvernement Tsipras, un gouvernement de gauche, avec d’abord une grève générale, mène des réformes courageuses, ces réformes ont été adoptées en quelques heures : 1500 pages, sans amendements par le Parlement. Parce que parfois il faut aller vite dans la réforme. Nous ce texte a dû être adopté au Conseil des Ministres au début de l’année, il va être adopté définitivement au mois de juillet parce qu’il y a plusieurs lectures, à l’Assemblée et au Sénat, c’est notre constitution. Donc le texte va revenir seulement à l’Assemblée Nationale au début de juillet..." (Manuel Valls)

Et il est tout aussi évident qu’il y a encore beaucoup à faire pour construire durablement les conditions pour l’emploi, pour un avenir meilleur pour les jeunes générations, et pour permettre aux entreprises de prospérer.

Les nouvelles de l’économie grecque sont... alors plus alarmantes que jamais, faillites en série, suicide de Mamidakis, le patriarche avait 84 ans (d’une famille connue d’entrepreneurs pétroliers et raffineurs) après la faillite de son entreprise “Jet Oil”, faisant suite à la faillite en cours de Marinópoulos (ex Carrefour) et de deux cent mille prochaines faillites d’après la presse grecque (Kathimeriní), d’ici l’hiver prochain. (Lire On ne refonde pas un carcan)

Notons enfin que plus d’un demi-million de Grecs ont quitté le pays depuis 2010 s’agissant d’une intensification de l'exode, notamment une fuite des cerveaux chez les jeunes, les plus qualifiés (imposés et cotisants) étant les plus mobiles. À plus de 30% de chômage quasi-officiel, et étant donné qu’à présent, même les entreprises parmi les plus importantes quittent le pays, un effondrement de type... Soviétique serait peut-être probable à bien moyen terme. (Lire L'Obsolescence... de l'été ?)

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Cet accord a conclu à une étape majeure de solidarité et de soutien pour la Grèce

L’accord du 12 juillet entre la Grèce et les autorités européennes confine le pays à un statut néo-colonial, c’est-à-dire, à devenir un protectorat de la troïka (Commission Européenne, Banque Centrale Européenne, Fonds Monétaire International).

L’accord demande au gouvernement grec d’annuler tous les projets progressistes légiférés par Syriza depuis son arrivée au pouvoir il y a 6 mois ; de recevoir l’approbation de la troïka avant de décider de nouvelles lois ; d’adopter des mesures d’austérité automatiques en acceptant des “coupures de dépenses gouvernementales quasi-automatiques” au cas où les objectifs de surplus budgétaires ne seraient pas atteints ; d’accélérer la saisie et la liquidation de commerces et de résidences qui ne peuvent pas payer leurs dettes ; et d’affaiblir, ou même éliminer, les normes du travail protégeant les recours collectifs par des employés.

Mais la clause peut-être la plus humiliante est celle qui force la Grèce à privatiser la somme effarante de €50 milliards de biens publics. Ceux-ci seront vendus à des investisseurs privés, dont plusieurs seront des étrangers.

Les fonds ainsi récoltés seront utilisés pour rembourser la dette du gouvernement et recapitaliser les banques, ainsi que pour de l’investissement en Grèce, bien qu’il pourrait ne pas rester tant d’argent pour ce dernier objectif.

L’accord a été décrit comme étant « une vente de garage désespérée de tout ce que peut trouver la Grèce. » Un conseiller du gouvernement grec l’a ainsi résumé : « Il s’agit en fait de vendre la mémoire de nos ancêtres, de vendre notre histoire. »

(Lire Piller la Grèce)

Le troisième Memorandum et l’accord de prêt d’août 2015 violent les droits fondamentaux - tant civils et politiques, qu’économiques et sociaux - du peuple grec tels qu’ils sont définis par la Constitution grecque et le droit international (basé sur le droit des Traités et le droit coutumier).

Depuis l’accession au pouvoir du gouvernement et jusqu’à la signature de l’accord, il y a eu coercition et ingérence directe dans les affaires internes de la Grèce (y compris des menaces à l’encontre du peuple grec) pour effrayer le gouvernement et le peuple grecs afin de forcer l’Exécutif à accepter les termes des créanciers. Cela invalide tout accord : ce qui ouvre le droit souverain à le rejeter unilatéralement. De plus, de telles actions démontrent d’une part, le manque de sens moral et de solidarité de la part des dirigeants des institutions et États européens et d’autre part, que les profits du système bancaire européen sont la préoccupation principale de leurs politiques.

(Lire : Analyse de la légalité du mémorandum d’août 2015 et de l’accord de prêt en droit grec et international)

Lire la suite...

samedi 27 août 2016

Moscovici fait pression sur la justice grecque

Le semblant d’été grec s’éclipse, et le “gouvernement” ayant définitivement perdu aux yeux des Grecs son imperméable... supposé de gauche, tente de faire diversion comme il ne le peut plus ; entre les déclarations d’Alexis Tsipras “sur la nécessaire reforme de l'Europe” à l’insignifiante réunion des chefs socio-démocrates de Paris, et la mise (enfin) en examen de Georgíou, responsable de l’Office des Statistiques ayant délibérément falsifié ses données, pour transmettre une image plus dégradée qu’en réalité de la dette et du déficit grecs, comme on sait cette piètre image a officiellement motivé le déclenchement du processus mémorandaire ainsi que la... Parousie de la Troïka en Grèce en 2010.

L’histoire de ce piège programmé est déjà connue, cependant (et pour cause), la Commission Européenne vient de protester officiellement contre cette décision (“étrangement” si tardive de la Justice grecque), ce n’est pas une première certes, et d’ailleurs, le mémorandum Tsipras (2015-2016) prévoit la “neutralisation des obstacles” potentiels que poseraient ces lois (encore) nationales (Constitution comprise), au processus de colonisation mémorandaire en cours.

Nikítas Kaklamánis, député Nouvelle Démocratie et ancien Maire d’Athènes, a ouvertement fustigé cette ingérence de la Commission jugée scandaleuse, et il a invité les... intéressés (si possible) à démentir certaines sources au sujet d’une éventuelle collecte de fonds de la part des lobbies (à Athènes comme à Bruxelles), cela dans le but de permettre... à Georgíou la meilleure défense possible (“To Pontíki”, 25 août)

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou sur son blog Greekcrisis sous le titre "Collision en mer".


Bruxelles réaffirme que les statistiques grecques étaient fiables s'attirant une riposte d'Athènes

Bruxelles - La Commission européenne a de nouveau défendu mercredi les statistiques publiées entre 2010 et 2015 sur l'économie grecque, après l'inculpation en Grèce de l'ex-responsable du service statistique Elstat, s'attirant une riposte d'Athènes.

De récentes déclarations dans les médias (...) ont remis en question la qualité et la fiabilité des statistiques officielles en Grèce, a regretté la commissaire européenne aux Affaires sociales Marianne Thyssen, lors d'un point presse à Bruxelles.

Laissez-moi être parfaitement claire, les données sur la dette grecque sont totalement fiables et ont été correctement rapportées à Eurostat, l'office de statistiques européen, a souligné Mme Thyssen. Contrairement à la situation au cours de la période précédente, a-t-elle précisé.

La commissaire prend ainsi la défense d'Andreas Giorgiou, qui en 2010 avait pris la direction d'Elsat, l'office de statistiques grec nouvelle version voulu par les créanciers du pays.

Il y avait procédé à une nouvelle révision à la hausse du déficit public de 2009, à 15,4% du PIB, après un premier doublement de ce chiffre qui avait déclenché la crise de la dette grecque et l'appel d'Athènes à l'aide internationale.

Des poursuites avaient été ouvertes contre lui en 2013 sous le précédent gouvernement droite-socialiste d'Antonis Samaras, après qu'une collaboratrice l'eut accusé d'avoir gonflé le déficit, suscitant une première manifestation d'inquiétude de la Commission.

Elles avaient été abandonnées en 2015 mais la Cour suprême grecque a rouvert début août l'affaire. Désormais inculpé de fausse attestation au détriment de l'État, avec deux autres statisticiens, M. Giorgiou a été renvoyé en procès à une date indéterminée.

Alors que beaucoup interprètent l'affaire comme un règlement de comptes politique voulu par le gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras, le ministre d'État Nikos Pappas a souhaité une enquête en profondeur.

Les investigations devront donner des réponses sur comment et si les déficits ont été gonflés pour accélérer des décisions politiques préalablement préparées afin de pousser la Grèce à demander des prêts internationaux, avait-il affirmé à la radio Sto Kokkino le 2 août.

Mme Thyssen a aussi envoyé une lettre à Athènes, avec ses collègues Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission, et Pierre Moscovici, en charge des Affaires économiques.

La Commission appelle les autorités à dissiper activement et publiquement la fausse impression selon laquelle les données ont été manipulées entre 2010 et 2015 et à protéger Elstat et son personnel de toute déclaration infondée.

Le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, y a répondu mercredi, exprimant sa surprise pour cette intervention dans une affaire examinée par la justice, alors même que la Commission se défend de toute ingérence dans une procédure judiciaire, a indiqué la porte-parole du gouvernement grec, Olga Gerovassili.

Les révisions à la hausse du déficit public et de la dette grecs ont précipité le pays dans une crise qui a nécessité depuis trois plans de renflouement internationaux.

Les défenseurs de M. Giorgiou ont souligné qu'il était arrivé à la tête d'Elstat en août 2010, après la première révision des comptes opérée à l'arrivée du gouvernement socialiste de Georges Papandréou.

Sous sa direction, jusqu'en 2015, Elstat a révisé ses critères de collectes de données, en ligne avec les normes européennes, notamment en incluant les entreprises d'État en difficulté dans le calcul de la dette publique.

Les plans de redressement imposés au pays en contrepartie de son sauvetage financier battent les records d'impopularité en Grèce, et sont considérés comme responsables de l'effondrement de l'économie et de l'explosion du chômage.

(©AFP / 24 août 2016 15h58)

Lire aussi Banalité du mal : L'huissier Moscovici se présente à la porte des chaumières grecques

jeudi 7 juillet 2016

La Commission européenne a lancé la procédure de sanctions contre la politique budgétaire de l'Espagne et du Portugal

Pierre Moscovici, le Commissaire aux Affaires économiques, peut prétendre qu'il applique des "règles intelligentes", cette décision est une ineptie économique dans la situation actuelle.

Ce 7 juillet 2016 marque la victoire de Wolfgang Schäuble dans la zone euro. Les règles sont certes respectées, mais ceux qui croient que ce respect sauvera la zone euro pourraient bien faire erreur. Car les déficits ne sont que le reflet des déséquilibres internes à la zone euro. Refuser de régler ces déséquilibres, de voir l'impact de l'inflation faible sur les comptes publics, de prendre en compte les effets désastreux de l'inflation passée sur le capital productif des pays touchés et de comprendre que la zone euro ne peut survivre avec un excédent courant allemand de 8 % du PIB, c'est refuser de vouloir vraiment « réformer » la zone euro. C'est s'aveugler sur une doctrine qui a fait la preuve de ses échecs. C'est pourtant le comportement de la Commission. La réponse au Brexit sera donc faible et inadaptée. Les Eurosceptiques de tous poils peuvent se frotter les mains : l'incapacité de réforme de l'UE a, aujourd'hui, été prouvée avec éclat.

Lire l'article de Romaric Godin, paru sur le site de La Tribune, sous le titre "Pourquoi la fermeté de Bruxelles contre l'Espagne et le Portugal est une erreur majeure"

Sur la procédure de déficit excessif (et dans le cas de la France également de "déséquilibre excessif") lire : La lutte contre la loi travail peut être considérée comme un test majeur pour la Grosse Bertha de la "gouvernance économique" de l'UE

et sur la mise en place de ce carcan en 2012:

Austérité à jamais

jeudi 26 mai 2016

Haute trahison : Valls rêve à voix haute d'un "parlementarisme" à la grecque !!!

"Je ne minimise ni les difficultés pour notre entrepr... heu notre pays ni le comportement irresponsable de la CGT... "

"Pour que chacun le comprenne, reconnaissons-le, c’est beaucoup trop long. Je me faisais la remarque pour que vos auditeurs et vos téléspectateurs comprennent bien. En Grèce, le gouvernement Tsipras, un gouvernement de gauche, avec d’abord une grève générale, mène des réformes courageuses, ces réformes ont été adoptées en quelques heures : 1500 pages [1], sans amendements par le Parlement. Parce que parfois il faut aller vite dans la réforme. Nous ce texte a dû être adopté au Conseil des Ministres au début de l’année, il va être adopté définitivement au mois de juillet parce qu’il y a plusieurs lectures, à l’Assemblée et au Sénat, c’est notre constitution. Donc le texte va revenir seulement à l’Assemblée Nationale au début de juillet..." (Bourdin Direct, RMC, 26 mai 2016)

Donc Valls rêve d'abolir le parlementarisme et de violer sauvagement la constitution sur le modèle colonial grec pour faire "des réformes courageuses" à la Tsipras.

Remettre les ressources naturelles de la France aux mains de ses créanciers pour 99 ans ? Détruire entièrement le système de santé ? Supprimer les retraites ? Diviser le SMIC par deux ou trois ? Vendre les sites archéologiques ? Privatiser la SNCF et RTE ? Externaliser le Ministère des Finances au profit des Banksters qui deviendraient nos fermiers généraux ? Pousser les femmes à la prostitution pour un sandwich ?

La population de ce pays connait donc maintenant les ambitions de Valls : détruire le pays et ses habitants. Les ambitions de ses concurrents ne sont pas différentes.

Valls, Hollande, Macron, Sarkozy, Fillon, Juppé, Duflot, Le Pen et consorts : Dégage !

Lire : Cauchemar en Grèce : dans l'indifférence NuitDeboutisée des peuples d'Europe, Tsipras remet le Trésor et les biens publics grecs entièrement entre les mains de la troika

« Le personnel hospitalier est précipité dans une situation de pays du tiers-monde »

La marionnette Moscovici exige de nouvelles violations de la Constitution grecque

Lettre ouverte de Zoé Konstantopoulou à M. Tsipras, Premier Ministre du pays sur la Justice et la Corruption

Sur les violations précédentes de la Constitution lire sur ce blog :

Analyse de la légalité du mémorandum d’août 2015 et de l’accord de prêt en droit grec et international

Discours de Zoé Konstantopoulou au Parlement grec lors de l'adoption du Memorandum III

Discours de Zoe Konstantopoulou au Parlement grec le 22 juillet 2015

Abolition du parlementarisme en Grèce

Discours de Zoé Konstantopoulou en faveur du NON à l’accord imposé par les créanciers

Zoé Konstantopoulou : « Jamais je ne pourrai voter et légitimer le contenu de l’accord »

Les accords précédents avec les créanciers ont aboli le régime parlementaire grec

Le Concierge

Notes

[1] 7500 pages, note du Concierge

jeudi 5 mai 2016

La marionnette Moscovici exige de nouvelles violations de la Constitution grecque

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Pour amadouer (le FMI), l'Eurogroupe a, la semaine dernière, exigé que la Grèce adopte, en plus des mesures d'austérité nouvelles pour atteindre les objectifs d'ici à 2017, un « plan de mesures contingentes » au cas où les comptes de la Grèce ne seraient pas encore une fois dans les clous du mémorandum.

Le détail de ces mesures n'est pas connu, mais leur montant l'est : 3,6 milliards d'euros, soit 2 % du PIB. C'est précisément la différence entre les estimations d'excédent primaire du FMI et l'objectif de 3,5 % du PIB pour 2018. C'est donc tout simple : on donne au FMI ce qu'il souhaite pour le faire entrer dans le jeu. Et on lui donne aussi des garanties fermes que ces mesures seront appliquées. Ces mesures, a précisé Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe, devront en effet être « crédibles, votées à l'avance, automatiques et basées sur des facteurs objectifs. »

Avec cette proposition, l'Eurogroupe a clairement franchi un nouveau stade dans son traitement de la crise grecque. Il s'agit désormais d'introduire un mécanisme préventif qui échapperait aux gouvernements helléniques et déclencheraient immédiatement une série de mesures précises. Autrement dit, la demande de l'Eurogroupe est d'exclure à l'avenir ces mesures du champ politique. Une fois votée à l'avance, elles s'imposeraient aux Grecs quel que soit le gouvernement ou la situation économique. Avec cette demande, l'Eurogroupe et le FMI affirment leur défiance absolue vis-à-vis de la Grèce et réclame que le gouvernement grec aie le moins de maîtrise possible à l'avenir de sa politique budgétaire et économique, qui est pourtant déjà réduite. Ce que les créanciers veulent éviter, ce sont les discussions sur le détail des mesures qui ont trop ralenti à leur goût l'adoption des mesures depuis cet été.

La demande de l'Eurogroupe va également fort loin dans la mesure où, comme l'a précisé Jeroen Dijsselbloem, les ministres des Finances de la zone euro savent parfaitement que des « mesures contingentes » sont inconstitutionnelles en Grèce. Il n'est pas possible de voter des décisions budgétaires « à l'avance ». Le président de l'Eurogroupe, comme le commissaire européen Pierre Moscovici, ont donc invité les Grecs à proposer un mécanisme permettant de contourner la loi fondamentale hellénique. Bref, tout se passe comme si l'intérêt des créanciers devait primer en Grèce sur tout le reste, y compris l'ordre démocratique et l'état de droit.

Les discussions ne portent pas seulement sur cette question des mesures contingentes pour 2018, elles portent aussi sur les mesures pour atteindre les objectifs de 2016 et 2017. La réforme des retraites reste en discussion, ainsi que le niveau d'exemption de l'impôt sur le revenu. Les créanciers veulent abaisser le revenu en deçà duquel il y a exemption à 8.182 euros annuels contre 9.550 euros aujourd'hui. Le gouvernement propose 9.091 euros.

Extrait de l'article de Romaric Godin paru dans la Tribune

Sur les violations précédentes de la Constitution lire sur ce blog :

Analyse de la légalité du mémorandum d’août 2015 et de l’accord de prêt en droit grec et international

Discours de Zoé Konstantopoulou au Parlement grec lors de l'adoption du Memorandum III

Discours de Zoe Konstantopoulou au Parlement grec le 22 juillet 2015

Abolition du parlementarisme en Grèce

Discours de Zoé Konstantopoulou en faveur du NON à l’accord imposé par les créanciers

Zoé Konstantopoulou : « Jamais je ne pourrai voter et légitimer le contenu de l’accord »

Les accords précédents avec les créanciers ont aboli le régime parlementaire grec

samedi 23 avril 2016

La Commission européenne se réjouit de la loi El Khomri

Le commissaire en charge de l’euro et du dialogue social se félicite de la loi travail en France, qui répond directement à l’analyse de Bruxelles sur les rigidités de l’économie française.

De passage à Paris, jeudi 31 mars, pour participer à une rencontre de l’OCDE, déjeuner avec Emmanuel Macron et dîner avec Michel Sapin, le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a eu du mal à honorer ses engagements dans les temps. La faute aux grèves des transports et autres manifestations contre la réforme du travail de la loi El Khomri.

Un sujet qui lui tient justement à cœur, alors que la France est toujours sous le coup d’une procédure pour déficit excessif. La loi El Khomri « est une initiative qui est destinée à répondre aux rigidités du marché du travail, et qui devrait relancer l’emploi » s’est réjoui le commissaire face à quelques journalistes. Le commissaire letton qui partage la responsabilité des affaires économiques avec le Français Pierre Moscovici, est connu pour ses positions libérales.

Lors des remarques transmises à la France, début mars, sur l’économie française, la Commission européenne a consacré une dizaine de pages de son pensum annuel au marché du travail, qui représente selon elle le principal problème de l’économie française.

En ce jour de manifestation, le commissaire s’est toutefois montré magnanime. « Nous surveillons avec attention le débat politique, et nous comprenons qu’il faille trouver le bon équilibre pour ce texte » a indiqué le commissaire, faisant référence à des mesures déjà retirées du projet de loi concernant notamment les négociations syndicales.

Mais il est clair que la loi est une réponse aux demandes de Bruxelles, dans la droite ligne de son analyse de l’économie française. Le manque de création d’emploi et la faible croissance sont, selon les experts de l’exécutif européen, liés aux rigidités structurelles de l’économie de l’Hexagone, et notamment aux difficultés de licencier des salariés, et non pas à d’autres facteurs comme un manque d’investissement ou l’évolution vers une économie de service peu créatrice d’emplois.

Lire la suite sur le site Euractiv

Lire aussi : la réforme du chômage en perspective européenne

mardi 5 janvier 2016

Moscovici fait de la banalite du mal comme M. Jourdain de la prose

Le procureur du Grand tribunal du Musée de l'Europe, dit Tribunal d'Argein, continue l'instruction des crimes inaliénables dénoncés en Grèce par de nombreux témoins. Des assignations à comparaître pourraient être lancées au printemps selon une indiscrétion d'un berger dont les brebis broutent dans la cour du tribunal (NDE)

Cette année, et cela pour la quatrième année consécutive, tout le monde aura remarqué ce manque progressif d’enthousiasme quant à l’échange de vœux, trop longtemps supposé habituel. Les cousins ne téléphonent pas, les amis et surtout compagnons d’un chômage bien endurci sont injoignables, au même titre que les amis issus des mouvements. Ces derniers, ils nous avaient souhaité avec tant d’espoir une si bonne année il y a un an, lorsque le Syrizisme ahurissant avait accédé au pouvoir, mais en ce début 2016, ils disparaissent des espaces visibles, y compris numériques. Pour si possible accomplir un bref séjour au village natal, loin d’Athènes, loin des luttes ou peut-être loin de certaines chutes.

La supposée grande nouvelle est celle... à laquelle la presse du moment croit encore: “le gouvernement recherche désespérément l'entente politique la plus large possible, devant les mesures qui arrivent”, et d’abord celle de la reforme “définitive” du système des retraites, Yórgos Katroúgalos le ministre concerné... par les obligations mémorandaires en la matière, vient de se rendre au Palais du Président de la République pour y exposer... “son projet de loi”. Manière inhabituelle.

Au même moment, depuis le vrai Palais de l’Empire (plus précisément interviewé sur I-télé le 4 janvier), Pierre Moscovici, Commissaire... dit européen aux affaires économiques et financières, a déclaré ceci: “À ce jour, le gouvernement grec a tenu ses engagements, il faut qu'il tienne aussi ses engagements sur les retraites, qu'il y ait une vraie réforme des retraites”, déclaration aussitôt reprise par toute la presse grecque et par certains medias français.

Moments entiers d’un temps bien en ellipse. Car en grec, l’ellipse c’est d’abord “le manque, le défaut, l'insuffisance”, rien de plus vrai en ce moment. Sur une façade oubliée de la ville on y découvre pourtant toujours... l’ultime message légué par Sávvas Metoikídis, cet instituteur qui s’est suicidé pour de raisons politiques le 21 avril 2012... déjà:

“Mesdames et Messieurs. Soyez les bienvenus dans les métropoles du chaos ! Installez alors portes de sécurité et systèmes d’alarme à vos demeures et appréciez... le spectacle. La prochaine révolte sera certainement plus forte pendant qu’elle cheminera... à travers la putréfaction de cette société. Ou sinon, sortez dans les rues aux côtés de vos enfants, faites grève, osez revendiquer votre vie volée. Souvenez-vous, vous avez été jeunes et vous aviez voulu un jour changer le monde...”

Lire l'intégralité de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sur son blog GreekCrisis sous le titre L'année des Minotaures

Lire la suite...

mercredi 4 novembre 2015

Banalité du mal : L'huissier Moscovici se présente à la porte des chaumières grecques

En visite officielle dans la colonie, Pierre Moscovici, sous le regard... vraisemblablement ahuri du “ministre” Tsakalotos, vient de rappeler les termes de l’ultimatum du mois: La Grèce dispose d’un délai de six jours jusqu’à l’Eurogroupe de lundi prochain pour appliquer les mesures pré-requises et préalables au versement d’une tranche de deux milliards d’euros.

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Parmi ces mesures, y figurent notamment, la disparition de la protection de la résidence principale face aux saisies pour dettes, ainsi que la priorité désormais accordée aux fonds rapaces dans... l’acquisition des crédits dits ‘rouges’ accompagnés d’hypothèques, autrement-dit, tous ces prêts auprès des banques que les particuliers et les entreprises ne peuvent plus rembourser, d’après le reportage du “Quotidien des Rédacteurs” daté du 3 novembre. Vent fort et alors vent mauvais

C’est ainsi que la mort rode en nous et autours de nous, mer Égée comprise si l’on considère autant les cadavres flottants des réfugiés et migrants, eux comme nous (mais à un degré divers)... agissant sous la ligne de flottaison de la modernité modélisatrice et mondialisante du capitalisme (...)

Et la santé ?

Dans un ailleurs devenu si proche, mon ami Yórgos Vichas et les siens du centre solidaire médical d’Ellinikón près d’Athènes, tirent une fois de plus la sonnette d’alarme dans un communiqué publié récemment, accompagné d’une photographie issue de la campagne d’indignation et de rejet de l’escroquerie européiste entreprise il y a quelques semaines à Bruxelles même, par les pharmaciens et médecins solidaires:

“À plusieurs reprises pendant des années, et également cette année, avons-nous souligné le fait que trois millions de personnes non assurées qui sont nos concitoyens ne peuvent plus attendre longtemps. L'impact dans le secteur de la santé de l'application des mémoranda est plus que dévastateur pour les assurés et évidemment pour les non assurés”.

“Suite à l'invitation de l'ancien, comme de l’actuel ministre de la Santé, le Collectif de la coordination sociale des médecins solidaires de la région d’Attique avait fait des propositions pour ce qui tient de la prise en charge des non-assurés ; elles ont été partiellement incluses dans les textes des orientations stratégiques du ministère en mai dernier. Soudainement, tout a été gelé sans que le ministère ne fournisse d'explications”.

“Sauf que les problèmes demeurent. Les non-assurés devraient en effet bénéficier d’un accès libre au système de Santé, sauf que les crédits nécessaires n’existent toujours pas de la part du ministère et le nouveau ministre de la Santé doit être bien conscient que beaucoup reste à faire. De très nombreuses unités de soins intensifs restent fermées, les patients atteints de cancer doivent attendre plusieurs mois avant le début des radiothérapies, les patients assurés et non assurés étant à la... recherchent d’un rendez-vous doivent autant patienter plusieurs mois. Le manque de personnel est dramatique, puis, nos jeunes médecins émigrent alors massivement”.

“Notre système de Santé publique devrait être urgemment financé, en lieu et place de cela, il sera placé sous tutelle d’une structure privée d’audit et de contrôle. En lieu et place de cela, le mémorandum III (de Tsipras) impose la diminution de son budget à hauteur de trois milliards d’euros sur trois ans... en lieu et place de cela, les maigres allocations dont bénéficiaient encore nos handicapés viennent d’être drastiquement diminuées, voire même supprimées.”

Faux-bijoux politiques de la Gauche radicale qui ne brillera alors plus jamais... dans les hôpitaux.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sur son blog Greekcrisis sous le titre "Faux et vrais bijoux".

Pour soutenir le travail de Panagiotis c'est ici.

Note : En mars 2015, la Troïka a bloqué une tranche "d'aide" à Chypre jusqu'à temps que le Parlement modifie la loi sur les saisies immobilières ce qui fut fait.

Le 3 décembre 2013, Panagiotis Grigoriou rapportait sur son blog :

"Le pays s’enfonce dans l’hiver et ceci sans répit. Les nouvelles épouvantables s’accumulent et se répètent au point d’épuiser et de tétaniser le plus grand nombre. Ainsi, on vient de lire dans la presse qu’en septembre dernier, une employée de la Troïka aurait convoqué dans son bureau trois juges pour les menacer. Ces derniers instruisent justement ces dossiers socialement brûlants relatifs aux saisies des résidences principales pour dettes et leurs décisions devraient d’après les Troïkans s’avérer systématiquement défavorables aux citoyens appauvris. Ce reportage de “Kontranews”, repris par Real-FM lundi 2 décembre n’a pas été démenti, en tout cas pas pour l’instant."

Il y a une dizaine d'années, on trouvait des maisons à vendre sur internet en Roumanie à moins de 10000 EUR, payable en ligne par carte bleue. Nous avions contacté l'Ambassade de France à Bucarest en nous faisant passer pour un client, laquelle nous avait renvoyé vers une "personne de confiance". Jointe au téléphone, celle-ci nous avait "rassuré" sur la fiabilité de ce site. Alors que nous nous interrogions : "Ces maisons sont-elles habitées ?", il répondit "oui, certaines. Mais vous savez il n'y avait pas de propriété privée en Roumanie et il n'y a pas de problèmes, quand on demande aux gens de partir, ils s'en vont."

On peut aussi tester la Bulgarie...

Sur le "contrôle" du Leviathan nommé "Troïka" par le (pseudo) Parlement européen (aujourd'hui "Quartet" principal "acquis" du passage de Syriza au pouvoir) le résultat est bien décrit par l'impayable Maystadt : “Il y a un vrai problème de contrôle démocratique (...) Le Parlement a constitué une commission pour essayer de comprendre comment fonctionne la Troïka. Alors le FMI n'est pas venu en disant: je n'ai pas de comptes à rendre au Parlement européen. La Banque centrale européenne a envoyé un observateur qui n'a pas ouvert la bouche. Et il y a un directeur de la Commission qui a essayé de défendre comme il pouvait.”

Lire sur ce blog Van Rompuy, la boule à neige de l'Europe

lundi 13 juillet 2015

Supercalifragilisticexpialidocious !

feef_the_birds_thumb.jpg Nourrissez les oiseaux du Parthénon

Qui peut imaginer qu'Alexis Tsipras puisse se permettre de plier face aux diktats des “institutions” et des néolibéraux d'Etat ? Que cette chose soit socialement possible ?

Beaucoup de monde dirait-on...

Le cynisme n'est peut-être pas du côté qu'on croit. L'intelligence du politique, le vrai, non plus. À croire que les partisans sincères de la lutte du peuple grec qui vivent encore ici dans un certain confort en sont venus à partager la vision du monde de ceux qu'ils prétendent combattre : rien d'historique ne saurait venir du peuple. Les seconds pensent n'en avoir rien à craindre, tandis que les premiers font tout pour n'en faire point partie. Mais tandis que les repus “on vous l'avait bien dit” et autres “c'est la dernière fois que je m'y fais prendre” des classes intermédiaires font echo aux “les promesses n'engagent que ceux qui y croient” des classes gouvernantes, et autres “mais la crise humanitaire on en parle pour être élu, après on passe à autre chose” (transcrit du Sapino-Moscovicien), le peuple grec entre en scène.

Comment Tsipras pourrait-il l'ignorer ? Lui qui a catalysé cette entrée ? Lorsque les beaux esprits nourris des chroniques politiques ordinaires de l'opérette de la Vème République hollandisée diagnostiquent un changement de majorité parlementaire en Grèce ordinairement social-traitre, ils oublient que le consentement aux Macronneries et au cynisme politique nécessite des ventres encore pleins, des corps soignés, des avenirs en lesquels on peut encore croire, même mollement en forçant sur le yoga et les paniers bio.

Le référendum du 5 juillet a accouché d'une nouvelle majorité. Mais pas celle qui s'est exprimée au Parlement grec et qui loin de marquer le retour des collabos en consacre au contraire la neutralisation. Ce qui s'est exprimé dans les urnes, c'est le réveil du peuple grec. Un peuple grec qui s'est courageusement battu, mais comme chez nous aujourd'hui, en ordre dispersé, sectoriel, par fractions de classe, avant d'être défait et mis à genou. Il avait fallu le courage du désespoir face à la punition et la désillusion attendues pour élire Syriza, avec une majorité qu'on considèrerait comme “confortable” sous les régimes où la démocratie est vidée de son sens au profit d'une comptabilité technocratique des suffrages conférant la légitimité formelle. Mais ces majorités de circonstance ne donnent le pouvoir d'aucun acte souverain. Et quand ils sont commis en force par usurpation de mandat, comme en France avec le traité de Lisbonne, la facture se paie un jour (qui est proche).

Qui peut imaginer qu'une semaine après le référendum, Tsipras se lance dans des magouilles parlementaires, vende son pays aux vampires qui le saignent depuis cinq ans et puisse espérer ne serait-ce que se poser à l'aéroport d'Athènes ? Alors qu'il aurait certainement pu le faire au-cours des cinq derniers mois à moindre risque si tel était son programme. L'histoire des Carlos Menem et de ses successeurs obligés de s'enfuir les uns après les autres par hélicoptère ne lui est pas inconnue. Ce raisonnement n'est donc que la projection de notre propre acceptation du cynisme politique dans lequel nous vivons mais ne dit rien des Grecs chauffés à blanc et dont l'existence-même est en jeu.

En fait, le référendum a rendu impossible la poursuite des mémorandums et la colonisation directe de la Grèce. Même si Tsipras voulait signer un compromis sacrifiant les droits du peuple, il ne le pourrait pas. Non pas juridiquement et parlementairement. Mais parce que le peuple ne s'y soumettra pas. Si les néolibéraux veulent aller jusqu'au bout, il faudra occuper la Grèce militairement plutôt que financièrement comme c'est aujourd'hui le cas. C'est ce qu'a obtenu le gouvernement Syriza en cinq mois en montrant pas à pas le chemin de la dignité et de l'espoir à un peuple grec saigné à blanc et proche de succomber.

Face aux peurs de la population face à tout risque de sortie punitive de l'euro (et quel gouvernement serait légitiime pour imposer ses conséquences sans le consentement du peuple ?) et à un risque de clivage de la société très redouté dans un pays qui a la mémoire de la guerre civile (d’autant plus si les Ambassades lancent leurs hashtags type "révolution bleue de la Vierge Marie sur le dos du veau d’or", ce qu'on appelle Europe), les cinq mois de “négociations” n'ont pas seulement arraché une bonne fois le masque des institutions et des néolibéraux, dévoilant une bande d’inquisiteurs fous furieux travestis en bons apôtres par les messes cathodiques. Leur cruauté cynique, en même temps d'ailleurs que leurs noms et visages, inconnus de tous les citoyens européens, est apparue en pleine lumière, rompant comme dans Tartuffe, la croyance, et ici le pouvoir du consentement aux sacrifices humains exigés par les professeurs de vertu aux prospérités mal-acquises. Les conditions d'un sursaut vital face aux Diktats et aux humiliations dont les mensonges sont étalés au grand jour s'en sont trouvées réunies. Le référendum a catalysé ce qu’il manquait, la mobilisation et la volonté du peuple sans laquelle rien n’est possible, ni le combat, ni la rupture, ni la solidarité pour affronter les épreuves du chaos et de la reconstruction.

Du point de vue des humiliations qui unissent le peuple et déclenchent la furie libératrice des révolutions, tout se présente pour le mieux à Bruxelles à l'heure où nous écrivons ces lignes. Le Grand Inquisiteur Schaüble brandit le châtiment suprême pour en finir avec les Païens de l'Euro quand tous les sacrifices précédents ont été consentis par le peuple grec pour la plus grande gloire de cette Divinité. L'accapareuse Merkel se propose de saisir 50 milliards d'actifs grecs indispensables à la survie du peuple et de les transférer dans son coffre-fort luxembourgeois. La liquidation de tous les droits des travailleurs est exigée dans les trois jours et les maigres lois sociales“unilatérales” passées par le gouvernement doivent être révisées car il ne saurait être de législation en dehors du Mémorandum. La Troïka est censée reprendre séance tenante son occupation des institutions grecques.

Tout à leur orgie bruxelloise, les vampires ne voient pas leur aube venir.

C'est en triomphateur que Tsirpas rentrera à Athènes tel qu'un peuple qui n'a plus peur de sa peur (#TsiprasLeaveEUSummit) le lui demande dès qu'il aura prononcé, face à la curée de la Curie, le mot magique qui s'impose :

Supercalifragilisticexpialidocious !

No-Vox, Canal historique

PS (sic) du 13 juillet : Comme il se doit, le sort de la Démocratie en Europe est désormais entre les mains du peuple grec dans les lieux-mêmes où elle est née, c'est à dire ni du Parlement sensé adopter des lois d'ici mercredi hors de toute procédure constitutionnelle autrement-dit s'abolir lui-même, ni du gouvernement désormais mandaté par le Conseil européen et le Parlement invisible.

"La liberté demande de la vertu et de l'audace".

vendredi 10 juillet 2015

C'est au parti socialiste qu'on trouve les plus beaux spécimens de la catastrophe

Il ne faut donc pas se tromper dans l’appréciation de la portée de l’événement oχi. Il est des plus que douteux que le gouvernement Syriza obtienne davantage que des concessions marginales — dont il lui appartiendra de faire comme il peut une présentation triomphale… Mais ça n’est pas ainsi qu’il faut juger de l’événement, car c’est un ébranlement d’une tout autre sorte qui s’est produit dimanche 5 juillet. L’ébranlement d’un peuple entier entré en rébellion contre les institutions européennes. Et l’annonce d’un crépuscule — donc aussi d’une aube à venir.

Ce qui s’est trouvé enfin condamné et appelé à l’effacement historique sous cette poussée d’un peuple, c’est une époque et ses hommes. Nous allons enfin entrer dans l’agonie de l’économicisme, cette dégénérescence de la politique, une vocation à la non-politique qui, comme de juste, ne cesse pas de faire de la politique — de même que la « fin des idéologies » est le dernier degré de l’idéologie —, mais de la pire des façons, au tréfonds d’un mélange de mensonge et d’inconscience. Seuls de grands cyniques étaient capables de voir que le règne gestionnaire, la réduction économiciste de tout, qui se targuent de préférer l’administration des choses au gouvernement des hommes, comme l’auront répété en boucle tout ce que le néolibéralisme a compté d’idiots utiles, seuls de grands cyniques, donc, étaient capables de voir qu’il y avait dans cette profession de foi anti-politique la plus sournoise des politiques.

Quitte à être du mauvais côté de la domination, il faut regretter qu’il n’y ait pas plus de cyniques. Eux au moins réfléchissent et ne se racontent pas d’histoires — ni à nous. On leur doit l’estime d’une forme d’intelligence. Mais quand les cyniques manquent ce sont les imbéciles qui prolifèrent. Le néolibéralisme aura été leur triomphe : ils ont été partout. Et d’abord au sommet. Une génération d’hommes politiques non-politiques. Le pouvoir à une génération d’imbéciles, incapables de penser, et bien sûr de faire de la politique. Le gouvernement par les ratios est le seul horizon de leur politique. On comprend mieux le fétichisme numérologique qui s’est emparé de toute la construction européenne sous leur conduite éclairée : 3 % 3, 60 %, 2 %. Voilà le résumé de « l’Europe ». On comprend que ces gens soient réduits à la perplexité d’une poule devant un démonte-pneu quand survient quelque chose de vraiment politique — un référendum par exemple. La perplexité et la panique en fait : la résurgence des forces déniées est un insupportable retour du refoulé. Qu’il y ait des passions politiques, que la politique soit affaire de passions, cela n’était pas prévu dans le tableur à ratios. Aussi observent-ils, interdits, les événements vraiment politiques : la quasi-sécession écossaise, les menaces équivalentes de la Flandre ou de la Catalogne — le sursaut grec, évidemment. Le choc de l’étrangeté est d’ailleurs tellement violent qu’ils s’efforcent spontanément de le recouvrir. Comme la guerre de Troie, les référendums n’ont pas eu lieu.

En une tragique prédestination à l’échec, c’est à cette génération qu’a été remise la construction européenne. On lui aura dû cette performance, appelée à entrer dans l’histoire, d’une monnaie unique sans construction politique — catastrophe intellectuelle typique de l’économicisme qui croit à la souveraineté de l’économie, et pense que les choses économiques tiennent d’elles-mêmes. Même leur réveil tardif, et brutal, est aussi pathétique que le sommeil épais d’où il les tire : « il faut une Europe politique ! » Mais le pyjama est de travers, le cheveu en bataille et les idées encore un peu grumeleuses. C’est qu’il ne suffit pas d’en appeler à une Europe politique pour qu’ipso facto elle advienne. La formation des communautés politiques n’est pas un jeu de Meccano. Comment fait-on vivre ensemble des idiosyncrasies hétérogènes ? Par quelles formes institutionnelles peut-on espérer réduire leurs incompatibilités ex ante ? Quelles sont les contraintes d’une économie générale de la souveraineté ? Quelles sont les conditions de possibilité d’acceptation de la loi de la majorité ? Sont-elles nécessairement remplies ? Et dans le cas présent ? Tiens, on va aller poser toutes ces questions à Michel Sapin.

Comme un symptôme du degré ultime de soumission à l’ordre des choses qu’aura incarné la « social-démocratie », c’est en effet au Parti socialiste qu’on trouve les plus beaux spécimens de la catastrophe : Sapin donc, mais aussi Macron, Valls, Moscovici, et bien sûr, primus inter pares, Hollande. Les figures ahuries du gouvernement des ratios et, en temps de grande crise, les poules dans une forêt de démonte-pneu. Un cauchemar de poules. Il faut les regarder tourner ces pauvres bêtes, désorientées, hagardes et incomprenantes, au sens étymologique du terme stupides. Tout leur échappe. D’abord il y a belle lurette que les ratios ont explosé à dache, mais la vague angoisse qui les gagne leur fait bien sentir que c’est plus grave que ça : ça pourrait ne plus être une affaire de ratios… La pensée par ratios risque de ne plus suffire. Il faudrait refaire « cette chose… » : de la politique. « Mais comment faire ? Nous ne savons pas ».

Lire l'article de Frédéric Lordon sur son blog "La pompe à phynances" paru sous le titre ''Le Crépuscule d'une époque''