Musée de l'Europe et de l'Afrique

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jeudi 9 février 2017

Les défis pour la gauche dans la zone euro

Voici un texte co-signé par plus de 70 personnes actives dans de nombreux pays d’Europe (voir liste complète en bas de l’article). Ce texte collectif établit une analyse claire des rapports de force dans l’Union européenne et avance une série de propositions radicales mais nécessaires, pour quiconque prétend lutter contre l’austérité, en faveur d’une Europe des peuples et pour la transition écologique.

''Ce qui fait l’importance de ce texte, outre son contenu, est qu’il est co-signé par des personnalités et des militant-e-s de plus de 15 pays européens, provenant de différents horizons : de Podemos et Izquierda Unida au Bloc de Gauche portugais, du Parti de Gauche au NPA en passant par Ensemble ! en France, de l’Unité populaire à Antarsya en Grèce, de la gauche radicale danoise à celle de Chypre en passant par celle de pays comme la Slovénie, la Bosnie-Herzégovine ou la Hongrie. Il est signé par des député-e-s européen-ne-s de différents partis et de différents pays, par le responsable des finances de la Ville de Madrid, par l’ex-présidente du parlement grec, par une série de membres de la commission pour la vérité sur la dette grecque…

Les 10 propositions avancées dans ce texte résultent de l’analyse de la situation en Europe depuis 2010, de l’affrontement entre Syriza et la Troïka – car ce fut bien un affrontement – au premier semestre 2015 et de l’application des politiques d’austérité par Syriza depuis lors, mais aussi des expériences espagnoles, irlandaises ou chypriotes. Les événements récents ont clairement démontré la nécessité pour un gouvernement de gauche d’avoir le courage de désobéir aux injonctions des autorités et des traités européens. Cela doit s’accompagner d’une mobilisation populaire encouragée par le gouvernement et d’une série de mesures fortes : organiser un audit de la dette avec participation citoyenne, mettre en place un contrôle des mouvements de capitaux, socialiser le secteur financier et le secteur de l’énergie, réformer radicalement la fiscalité… Et bien sûr, avoir l’inévitable débat sur la zone euro, dont la sortie est une option qui doit être défendue au moins dans certains pays.''

L’analyse objective des politiques européennes des dernières années nous amène invariablement à cette conclusion : seules des mesures souveraines et unilatérales fortes d’autodéfense permettront aux autorités nationales et aux peuples qui les ont mandatées pour rompre avec l’austérité de mettre en œuvre cette rupture et de donner une première réponse au problème de la dette illégitime.

Lire l'exposé des motifs précédent ces 10 propositions ainsi que la liste des signataires sur le site du CADTM

Dix propositions afin de ne pas reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce

Pour éviter de reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce en 2015, voici dix propositions pour la mobilisation sociale et l’action d’un gouvernement réellement au service du peuple à mettre en œuvre immédiatement et simultanément.

La première proposition est la nécessité, pour un gouvernement de gauche, de désobéir, de manière très claire et annoncée au préalable, à la Commission européenne. Le parti qui prétend, ou la coalition de partis qui prétendent gouverner et, bien sûr, nous pensons à l’Espagne, devront refuser d’obéir, dès le début, aux exigences d’austérité, et s’engager à refuser l’équilibre budgétaire. Il faudra dire : « Nous ne respecterons pas l’obligation décrétée par les traités européens de respecter l’équilibre budgétaire parce que nous voulons augmenter les dépenses publiques pour lutter contre les mesures antisociales et d’austérité, et pour entreprendre la transition écologique ». Par conséquent, le premier point est de s’engager d’une manière claire et déterminée à désobéir. Après la capitulation grecque, il est essentiel d’abandonner l’illusion d’obtenir de la Commission européenne et des autres gouvernements européens qu’ils respectent la volonté populaire. Conserver cette illusion nous conduirait au désastre. Nous devons désobéir.

Deuxième point : S’engager à appeler à la mobilisation populaire. Tant au niveau de chaque pays qu’au niveau européen. Cela aussi a échoué en 2015 en Grèce et en Europe. Il est évident que les mouvements sociaux européens ne furent pas à la hauteur en termes de manifestations, qui certes eurent lieu, mais ne montrèrent pas un niveau suffisant de solidarité avec le peuple grec. Mais il est vrai aussi que l’orientation stratégique de Syriza ne prévoyait pas de faire appel à la mobilisation populaire au niveau européen, ni même de faire appel à la mobilisation populaire en Grèce. Et quand le gouvernement de Tsipras a appelé à la mobilisation par le référendum du 5 Juillet 2015, ce fut pour ensuite ne pas respecter la volonté populaire de 61,5 % des Grecs, qui avaient refusé d’obéir aux exigences des créanciers et avaient rejeté leurs propositions.

Rappelons-nous qu’à partir de la fin février 2015 et jusque fin juin 2015, Yanis Varoufakis et Alexis Tsipras ont fait des déclarations qui visaient à convaincre l’opinion qu’un accord était en vue et que les choses s’arrangeaient. Imaginons au contraire qu’après chaque négociation importante, ils aient expliqué les enjeux, au travers de communiqués, par des déclarations orales aux médias, par des prises de parole sur les places publiques, devant le siège des institutions européennes à Bruxelles et ailleurs. Imaginons qu’ils aient fait la lumière sur ce qui se tramait, cela aurait abouti à des concentrations de milliers ou de dizaines de milliers de personnes, les réseaux sociaux auraient relayé à des centaines de milliers ou des millions de destinataires ce discours alternatif.

Troisième point : S’engager à organiser un audit de la dette avec la participation des citoyens. Les situations dans les 28 pays de l’Union européenne sont différentes, de même bien sûr à l’intérieur de la zone euro. Il y a des pays européens où la suspension des remboursements est une mesure de nécessité absolue et prioritaire, comme dans le cas de la Grèce dans le but de répondre avant tout aux besoins sociaux et de garantir les droits humains fondamentaux. C’est aussi un élément clé d’une stratégie d’autodéfense. En Espagne, au Portugal, à Chypre, en Irlande, cela dépend du rapport de force et de la conjoncture. Dans d’autres pays, il est possible de réaliser d’abord l’audit et ensuite décider de la suspension des remboursements. Ces mesures doivent être mises en œuvre en tenant compte de la situation spécifique de chaque pays.

Quatrième mesure. Mettre en place un contrôle des mouvements de capitaux. Et tenir compte de ce que cela signifie. C’est à dire aller à l’encontre de l’idée selon laquelle il serait interdit aux citoyens de transférer quelques centaines d’euros à l’étranger. Il est évident que les transactions financières internationales seront autorisées jusqu’à un certain montant. Par contre, il s’agit de mettre en place un contrôle strict sur les mouvements de capitaux au-dessus de ce montant.

Cinquième mesure : Socialiser le secteur financier et le secteur de l’énergie. Socialiser le secteur financier ne consiste pas seulement à développer un pôle bancaire public. Il s’agit de décréter un monopole public sur le secteur financier, à savoir les banques et les sociétés d’assurance. Il s’agit d’une socialisation du secteur financier sous contrôle citoyen. C’est-à-dire transformer le secteur financier en service public |10|. Dans le cadre de la transition écologique, bien sûr, la socialisation du secteur de l’énergie est également une mesure prioritaire. Il ne peut y avoir de transition écologique sans monopole public sur le secteur de l’énergie, tant au niveau de la production que de la distribution.

Proposition numéro six : Création d’une monnaie complémentaire, non convertible et l’inévitable débat sur l’euro. Que ce soit dans le cas d’une sortie de l’euro ou d’un maintien dans la zone euro, il est nécessaire de créer une monnaie complémentaire non convertible. Autrement dit, une monnaie qui sert, en circuit court, aux échanges à l’intérieur du pays. Par exemple, pour le paiement de l’augmentation des retraites, des augmentations de salaire aux fonctionnaires, pour le paiement des impôts, pour le paiement des services publics ... Utiliser une monnaie complémentaire permet de se détacher et de sortir partiellement de la dictature de l’euro et de la Banque centrale européenne.

Bien sûr, on ne peut pas éviter le débat sur la zone euro. Dans plusieurs pays, la sortie de la zone euro est également une option qui doit être défendue par les partis, les syndicats, d’autres mouvements sociaux. Plusieurs pays de la zone euro ne pourront pas réellement rompre avec l’austérité et lancer une transition écosocialiste sans quitter la zone euro. Dans le cas d’une sortie de la zone euro, il faudrait soit mettre en œuvre une réforme monétaire redistributive soit appliquer un impôt exceptionnel progressif au-dessus de 200 000 €. Cette proposition ne concerne que le patrimoine liquide, elle ne concerne donc pas le patrimoine immobilier (maisons, etc.) évoqué dans la septième mesure.

La septième mesure : une réforme radicale de la fiscalité. Supprimer la TVA sur les biens et les services de consommation de base, comme la nourriture, l’électricité, le gaz et l’eau (pour ces trois derniers, jusqu’à un certain niveau de consommation par individu), et d’autres biens de première nécessité. Par contre, une augmentation de la TVA sur les biens et les produits de luxe, etc. Nous avons aussi besoin d’une augmentation des impôts sur les bénéfices des entreprises privées et des revenus au-dessus d’un certain niveau. Autrement dit, un impôt progressif sur les revenus et sur le patrimoine. La maison d’habitation devrait être exonérée d’impôt en dessous d’un certain montant qui varie en fonction de la composition du foyer. La réforme de la fiscalité doit produire des effets immédiats : une baisse très sensible des impôts indirects et directs pour la majorité de la population et une augmentation très sensible pour les 10 % les plus riches et pour les grandes entreprises. Enfin, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale serait intensifiée.

Huitième mesure : Déprivatisations. « Racheter » les entreprises privatisées pour un euro symbolique. Ainsi, de ce point de vue, utiliser l’euro pourrait s’avérer très sympathique, en payant un euro symbolique à ceux qui ont profité des privatisations. Et renforcer et étendre les services publics sous contrôle citoyen.

Neuvième mesure : La mise en œuvre d’un vaste plan d’urgence pour la création d’emplois socialement utiles et pour la justice. Réduire le temps de travail avec maintien des salaires. Abroger les lois antisociales et adopter des lois pour remédier à la situation de la dette hypothécaire abusive, des dispositions qui concernent en priorité des pays comme l’Espagne, l’Irlande, la Grèce... Cela pourrait très bien se résoudre par la loi, en évitant des procès (car il y a de nombreux procès sur la dette hypothécaire où les ménages sont confrontés aux banques). Un Parlement peut décréter par une loi l’annulation des dettes hypothécaires inférieures à 150 000 euros par exemple et mettre ainsi un terme à des procédures judiciaires. Il s’agit aussi de mettre en œuvre un vaste programme de dépenses publiques afin de relancer l’emploi et l’activité socialement utile en favorisant les circuits courts.

Dixième mesure : Entamer un véritable processus constituant. Il ne s’agit pas de changements constitutionnels dans le cadre des institutions parlementaires actuelles. Il s’agirait de dissoudre le parlement et de convoquer l’élection au suffrage direct d’une Assemblée constituante. Et de rechercher à insérer ce processus dans d’autres processus constituants au niveau européen.

Ce sont dix propositions de base à soumettre au débat. Mais une chose est certaine, les mesures à prendre doivent aller à la racine des problèmes et elles doivent être appliquées simultanément car il faut un programme cohérent. En l’absence de la mise en œuvre de mesures radicales annoncées depuis le début, il n’y aura pas de rupture avec les politiques d’austérité. Il est impossible de rompre avec les politiques d’austérité sans prendre des mesures radicales contre le grand capital. Ceux qui pensent que l’on peut éviter cela sont des « enfumeurs » qui ne pourront pas obtenir de réelles avancées concrètes. Au niveau européen, la nature de l’architecture européenne et l’ampleur de la crise du capitalisme font qu’il n’y a pas de réel espace pour des politiques productivistes néo-keynésiennes. L’écosocialisme ne doit pas être à la marge mais au cœur du débat, d’où doivent venir les propositions immédiates et concrètes. Il faut mener à bien la lutte contre l’austérité et se lancer sur le chemin de l’anticapitalisme. La transition écosocialiste est une nécessité absolue et immédiate.

Wangui a besoin d'être opérée d'urgence

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Mon amie Wangui Mbatia Nyauma, dont les participants au Forum Social mondial de Nairobi se souviennent sûrement, a été opérée il y a trois ans dans une clinique de Mumbaï d’un cancer extrêmement rare et particulièrement redoutable (vésicule biliaire) grâce notamment à la solidarité financière organisée par ATTAC Germany. Les infrastructures sanitaires du Kenya et l’accès aux soins sont en effet particulièrement réduits au Kenya, ce qui devrait encore plus nous inciter à nous mobiliser pour un droit à la santé et une sécurité sociale pour tous.

Aujourd’hui, les sutures internes à l’abdomen se sont rouvertes et nécessitent une nouvelle intervention d’urgence.

Comme il y a trois ans, outre la récolte de fonds au Kenya, nos amis allemands se mobilisent pour réunir les fonds nécessaires.

M. Alexis Schwartz a mis en place un compte en Allemagne à cette fin :

IBAN :DE52430609672008093300

BIC : GENODEM1GLS (GLS Gemeinschaftsbank)

Communication : Wangui

On peut le contacter par message privé sur FB

Voir le site qui avait été ouvert en 2013 afin de financer l'opération

Wangui est mariée et a une petite fille.

mardi 10 janvier 2017

Le Musée de l'Europe "souhaite la victoire" de Valls... à la primaire !

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« On commence par dire que l’euro ce n’est plus possible, demain on remet en cause les frontières… Je ne sais pas où ça s’arrête », a déploré M. Hamon. « Je pense que Jean-Luc, comme Arnaud, comme d’autres, sont solides sur leurs convictions, mais il faut faire attention que les concepts que l’on manipule ne conduisent pas à ce que nos électeurs choisissent d’aller voter Front national au motif que l’on aurait entretenu une forme d’euroscepticisme », a poursuivi le député des Yvelines, jugeant « important de redire qu’aujourd’hui on peut être dans la coopération en Europe et dans le progrès social à la fois ».

« Je ne veux pas être un de ceux qui ferment la porte et éteignent la lumière en disant “l’Europe c’est terminé”. Je ne briserai pas le projet européen », a encore assuré l’ancien ministre de l’éducation, à l’issue d’un déjeuner avec M. Varoufakis.

« Il y a une troisième voie »

L’ancien ministre grec, pourfendeur de l’austérité en Europe, est aujourd’hui à la tête de DIEM 25, un « mouvement pour la démocratie en Europe » qui plaide pour « la création d’une internationale progressiste », opposée à « l’internationale nationaliste ». « C’est à Benoît (Hamon), Arnaud (Montebourg), Emmanuel Macron, Jean-Luc (Mélenchon), de répondre à nos propositions et de dire dans quelle mesure ils sont d’accord avec les positions de DIEM 25 », a-t-il ajouté.

Le Monde

L'impayable Varoufakis a encore frappé ! Mais ce faisant, il contribue à clarifier une situation politique, qui pour être claire ne l'est toujours pas pour tout le monde.

D'un point de vue purement électoraliste la "gauche" ne peut espérer gagner la présidentielle que représentée par un seul candidat. Le mieux placé est évidemment Mélenchon. Valls étant clairement de droite tout comme Macron, leurs candidatures s'ajouteraient logiquement aux autres candidatures de droite, éparpillant les voix.

Si des électeurs sont prêts à voter pour Montebourg et pas pour Mélenchon, on les rangera bien évidemment à droite.

Benoît Hamon et Varoufakis font ici une magnifique opération de transparence : comme Syriza ils sont prêts à sacrifier les gens ordinaires au nom de l'UE et se présentent en recours, troisième voie... auprès de ceux qui ont le pouvoir de coopter les gouvernements.

Certes, Jean-Luc Mélenchon est tout sauf clair sur l'UE. Mais candidat unique à "gauche", l'opportunité d'une pression sociale immense sur le candidat deviendrait posible.

Là où l'ambition raisonnable ne serait que de créer une opposition socialiste à un gouvernement de droite, dont il serait le leader, réalisation d'une ambition tenue en échec au sein du Parti qu'il a quitté, l'alternative d'élimination des Montebourg, Hamont et Peillon à une primaire où personne n'irait voter ouvrirait enfin une perspective où la pression populaire pourrait obtenir quelque chose.

Pour cette raison, le Musée de l'Europe "souhaite la victoire" de Valls... à la primaire. Personne ayant juré de "ne plus voter socialiste" ne doit voter à cette primaire !

Le Concierge

dimanche 8 janvier 2017

Raoul-Marc Jennar: " L' UE, c'est la nouvelle Bastille à prendre et à démanteler"

Nous n’avons pas besoin de la Commission européenne, ce monstre administratif avec ses dizaines de milliers de fonctionnaires vendus à l’idéologie néolibérale et aux lobbies du monde des affaires et de la finance. Nous n’avons pas besoin d’un parlement européen avec ses centaines de députés grassement rémunérés qui sont surtout en capacité d’imposer à une nation ce qu’elle refuse. Nous n’avons pas besoin d’institutions européennes qui violent les principes fondamentaux de la démocratie : séparation des pouvoirs, indépendance de la Justice, contrôle du pouvoir exécutif par des élus du peuple. Une union entre des peuples d’Europe qui la souhaitent, basée sur la souveraineté absolue de chaque peuple, n’a besoin que d’un organe transparent de coordination intergouvernementale.

L’UE, c’est la nouvelle Bastille à prendre et à démanteler. Comment y parvenir ? D’abord, en imposant la question dans le débat électoral qui va occuper 2017 et en exigeant la plus grande clarté de la part des candidats, à l’élection présidentielle comme aux législatives. Les candidats doivent mériter la confiance qu’ils sollicitent. Il faut les interpeller, les harceler si besoin est. Il faut les forcer à indiquer quelle Europe ils veulent et comment ils comptent y parvenir. Ne prenons plus pour argent comptant leurs promesses qui n’engagent que les naïfs qui les gobent. En 1997, Jospin avait promis de renégocier le traité d’Amsterdam. Il ne l’a pas fait. En 2008, le PS et l’UMP avec la complicité des Verts ont rendu possible le traité de Lisbonne dont le texte avait été rejeté par le peuple français en 2005. En 2012, Hollande avait promis de renégocier le pacte budgétaire (TSCG). Il ne l’a pas fait. N’oublions pas leur mépris du peuple.

Ensuite, en faisant avancer le débat d’idées sur la nécessité du démantèlement de l’UE comme moyen d’unir les peuples qui le veulent sur des bases vraiment démocratiques, sociales et écologiques et sur le primat de la souveraineté populaire.

Enfin, en lançant un mouvement mobilisateur pour promouvoir cet objectif ; un mouvement qui fera descendre dans la rue celles et ceux qui veulent décoloniser les peuples soumis à l’UE-OTAN.

Extrait du texte de Raoul Marc Jennar paru sur son blog sous le titre Qu’est-ce que l’Europe ? Qu’est-ce que l’UE ? Quelle union des peuples d’Europe ?

vendredi 2 décembre 2016

Campagne exceptionnelle de soutien - Greek Crisis - 5 ans

L'auteur du blog Greek Crisis, largement relayé par le Musée de l'Europe & de l'Afrique pour la qualité de ses informations, la pertinence de ses analyses, et de l'avertissement circonstancié qu'il constitue pour les autres peuples soumis à la dictature eurocratique, lance un appel à un soutien exceptionnel (en plus des donations mensuelles finançant ce précieux travail). Nous le relayons naturellement, avec tous nos remerciements à Panagiotis Grigoriou pour son indispensable travail. Le Concierge

Original File Name: 2016120133.jpg

J'ai initié mon blog “Greek Crisis” en octobre 2011 (en français) et je ne pensais pas que voilà, au bout de cinq ans, je me dois toujours d’écrire, d’analyser, de rapporter les faits politiques, culturels, tout comme ceux du quotidien grec, l’état des mentalités... lutter même, pour aboutir à un certain sens, ainsi qu’à une certaine survie tout court sans sombrer dans “l’ananthropisme”, en ce XXIe siècle, le nôtre, de plus en plus inquiétant... et déjà suffisamment entamé.

Pour ses 5 ans, et espérant devenir... inutile dans moins de 5 ans, “Greek Crisis - 5 ans” lance cette campagne exceptionnelle, pour attendre la somme des 5.000€ ; elle sera destinée à financer l’acquisition d’une voiture d’occasion, essentielle pour les besoins du blog, et j’espère que nos lecteurs en tiendront compte dans leur action de solidarité et de soutien

Lire la suite sur Greek Crisis

dimanche 27 novembre 2016

Musée Wiertz, Parc Léopold

Wiertzinhumation.jpg Antoine Wiertz, l'inhumation précipitée, 1854

Le Quartier Léopold est « férocement européen », au sens prédateur du terme, il est même précurseur, terrain d'expérimentation de l'expropriation généralisée du bien commun depuis le sol sous nos pieds jusqu'à nos droits à vivre les plus immatériels, la vente à la découpe du continent s'opérant désormais à l'échelle de pays entiers. Car qui ne voit que la construction de l'Europe des trusts est à l'image de ce quartier car elle obéit au même processus ? Les politiques de santé, les retraites, l'agriculture, la culture... ressemblent déjà singulièrement à des Déesses en fonte brandisseuses de « E » frappant les trois coups de la tiers-mondisation du continent. Au martyre grec, donc, le Quartier Léopold compatissant. (Note du Concierge)

Lire Essayage : le Prix Nobel de la Paix vous va si bien !

Voir "Façadisme, choucroute et Démocratie", un film de Gwenaël Brëes

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STOP à la déferlante des bureaux du Parlement européen et à la privatisation de l'espace public

À l’occasion du redéploiement de ses activités de représentation pendant la rénovation du ‘Caprice des Dieux’, le Parlement européen jette son dévolu sur le parc et la maison d'Antoine Wiertz, adjacents au musée du même nom.

Peintre fantasque et surréaliste avant la lettre, Wiertz s’y est installé vers 1850. Dans son testament, il a légué tous ses tableaux à l'État belge pourvu que son atelier soit ouvert gratuitement au public et que sa maison accueille des artistes en résidence. Henri Conscience, le Victor Hugo flamand, y décéda en 1883. Le jeune Auguste Rodin fit ses premières armes dans un des nombreux ateliers installés à proximité du Maître.

Aujourd’hui, beaucoup d’ateliers ont été rasés pour faire place à des bureaux. Le Musée Wiertz et son parc classé sont devenus le rempart contre l’énorme pression exercée par le Parlement européen pour tout le quartier de la chaussée de Wavre et le parc Léopold. Mais, négligé par des pouvoirs publics indolents, voilà qu’il a fini par susciter les convoitises de son insatiable voisin : pendant que le triste ‘Caprice des Dieux’ tentera de se refaire une beauté, la maison du peintre et son jardin deviendraient le lieu ‘convivial’ des sauteries entre personnes de bonne composition.

Par les temps qui courent, les mesures sécuritaires dans lesquelles se complaisent toujours plus les Institutions européennes auront nécessairement des répercussions néfastes sur le Musée Wiertz et sur ce qui a pu être préservé d'espace public et de diversité urbaine dans ce quartier. Avec le retour grandiose du façadisme, consacré récemment par l’installation au chausse-pied de la ‘Maison de l’Histoire européenne’ dans l’ancien Institut Eastman (parc Léopold), faut-il s’attendre aussi à voir se construire 3 étages supplémentaires sur la maison du peintre dont seules les façades auront été conservées ?

Nous sommes ceux qui habitent encore la ville et qui sommes aussi habités par elle, amoureux du patrimoine bruxellois, usagers de lieux culturels, acteurs économiques du quartier ou promeneurs du dimanche. Nous voulons un espace public qui le reste et des musées ouverts à tous. Nous demandons aux autorités belges et bruxelloises que cesse la déferlante administrative et son cortège de mesures sécuritaires dans le parc et le quartier Léopold.

Nous nous opposons à la mainmise de l’administration européenne sur le musée Wiertz et ses annexes. Plutôt que le vendre au Parlement européen (pour un euro symbolique !), nous demandons à l'État belge qu'il honore la mémoire et le testament d’Antoine Wiertz en ouvrant à nouveau sa maison aux artistes et en faisant en sorte que le musée soit mieux promotionné et plus souvent accessible.

Association du Quartier Léopold

Pétition en ligne

lundi 24 octobre 2016

Au Parlement de la Région wallonne et aux électeurs belges

Nous sommes des universitaires canadiens possédant une vaste expertise collective dans le règlement des différends investisseurs-État (ISDS) et les questions connexes relatives aux accords de commerce et d’investissement du Canada. Nous appartenons également au petit groupe d’experts canadiens dans ce domaine qui ne travaillent pas comme juges arbitres ISDS dans des cabinets d’avocats ou pour le gouvernement.

Nous écrivons après avoir lu les articles de presse du week-end passé faisant état des tactiques d’intimidation utilisées par les politiciens canadiens et les représentants des entreprises pour influencer vos processus législatifs et gouvernementaux. Nous ne pensons pas que ces voix rendent compte fidèlement de l’expérience du Canada dans le cadre du système de protection des investisseurs étrangers que le CETA voudrait étendre. Il faut savoir que de nombreux Canadiens ont exprimé leur profonde préoccupation au sujet de ce système de protection des investisseurs étrangers en raison de l’expérience du Canada avec un système similaire, l’Accord de libre- échange nord-américain (ALENA), et lors des débats sur le FIPA (Canada-China Foreign Investment Promotion and Protection Agreement), parmi d’autres accords.

Alors que nous nous concentrons ici sur les conséquences néfastes de l’ISDS dans le CETA, il faut aussi souligner que ce traité imposerait de nouvelles contraintes dans de nombreux autres domaines des politiques publiques, notamment la réglementation pharmaceutique, la santé publique, l’agriculture, les marchés publics, les services publics, le droit du travail, et l’accès au marché. Nous signalons que d’autres universitaires ont soulevé des préoccupations majeures au sujet du CETA dans ces domaines.

Depuis l’entrée en vigueur de l’ALENA en 1994, le Canada a été et reste le seul pays développé occidental qui a accepté l’ISDS sur une base globale alors que sa situation était des plus vulnérables à l’égard des pays importateurs de capitaux. Le Canada a signé l’ALENA sur cette base avec les États-Unis et, depuis, il a été confronté à davantage de plaintes d’investisseurs étrangers que n’importe quel autre pays, il a versé de nombreux dédommagements suite à ces plaintes, il a modifié des décisions du gouvernement ou des processus décisionnels afin de tenir compte des intérêts des investisseurs étrangers et pour réduire les risques de responsabilité potentiellement énormes.

Les porte-parole du monde des affaires qui ont défendu ces concessions à la démocratie et à la souveraineté du Canada représentent souvent des sociétés étrangères, ou encore des sociétés canadiennes qui possèdent des entreprises à l’étranger et qui ont un intérêt à introduire des plaintes contre le Canada. Que les grandes entreprises soient enthousiastes à l’idée d’acquérir des droits exclusifs et un accès privilégié à l’argent public via l’ISDS, on peut le comprendre, mais c’est terriblement déplorable.

Les réformes de l’ISDS dans le CETA, invoquées trompeusement par les responsables canadiens pour qualifier le CETA de « progressiste », sont inadéquates pour répondre aux problèmes majeurs posés par le CETA. Ces problèmes sont : l’affaiblissement de la régulation démocratique, le privilège spécial des investisseurs étrangers, les manques d’indépendance judiciaire et d’équité procédurale dans les processus de décision, et le manque de respect pour les institutions et tribunaux nationaux. En particulier, dans le CETA, l’ICS (Investment Court System) ne supprime pas la menace financière qui pèse sur la réglementation démocratique, en raison des plaintes des investisseurs étrangers ; il ne réduit pas le privilège énorme et injustifié qu’ont les investisseurs étrangers sur quiconque aurait un droit ou un intérêt conflictuel ; enfin, il ne crée pas une réelle juridiction munie des garanties habituelles d’indépendance et d’équité.

La récente déclaration interprétative conjointe publiée par le Canada et l’Union européenne (dans toutes les formes différentes sous lesquelles cette déclaration a été rendue publique) ne résout en rien ces problèmes gigantesques.

Que vos processus démocratiques, en Wallonie, aient permis l’examen étroit et attentif des défauts du CETA dans le cadre d’un véritable débat argumenté nous encourage. Nous aurions aimé que les Canadiens aient pu avoir un débat similaire dans le cadre d’un vote au Parlement du Canada et dans les assemblées législatives provinciales, mais cela n’a pas été le cas ni sous le gouvernement Harper ni sous le gouvernement Trudeau. Contrairement aux vues peu diplomatiques exprimées par certains politiciens canadiens et par les représentants des entreprises, il nous semble que la démocratie belge a été exercée de façon responsable, comme il se doit, pour permettre le vote des parlementaires sur les structures quasi-constitutionnelles créées par des accords de protection des investisseurs étrangers comme le CETA.

Chez nous, au Canada, notre démocratie a souffert parce que le gouvernement fédéral a fait le forcing pour imposer des accords comme l’ALENA et le CETA sans votes législatifs aux niveaux fédéral et provincial. Par conséquent, sans l’approbation des représentants élus, nous nous sommes retrouvés avec un ISDS liant tous les niveaux de gouvernement et qui liera encore très longtemps tous les futurs gouvernements élus au Canada. Notre expérience montre clairement les dangers auxquels est confrontée la démocratie européenne dans le cas du CETA.

Quelles que soient les décisions que vous prendrez, nous vous demandons de ne pas succomber aux mêmes tactiques que celles qui ont été utilisées pour manipuler et effrayer les Canadiens, jusqu’à saper leur démocratie pour le compte des investisseurs étrangers. Le Canada et la Commission européenne connaissent depuis des années l’importante opposition citoyenne et universitaire au CETA en raison des protections qu’il accorde aux investisseurs étrangers. Pourtant, ils ont refusé de supprimer ces éléments non-commerciaux du CETA.

Dans un contexte où il n’y a aucune justification crédible pour inclure l’ISDS ou l’ICS dans le CETA – compte tenu de la grande fiabilité, de l’indépendance et de l’équité des processus démocratiques et judiciaires canadiens et européens -, nous sommes sidérés de constater à quel point les grands groupes d’affaires – et les gouvernements qui agissent pour leur compte – s’accrochent si férocement à un modèle aussi profondément vicié et antidémocratique.

Pour plus d’informations sur l’ISDS et l’ICS, vous trouverez ci-dessous une liste de publications. Nous avons également listé une série de publications pertinentes des signataires de cette lettre ouverte.

D’après ce que nous avons pu lire, vous avez fait preuve d’un grand courage dans votre opposition au CETA et, sachant comment l’ISDS a été imposé aux Canadiens au fil des années, nous tenons à exprimer notre soutien à vos choix démocratiques.

Cordialement,

David R. Boyd

Adjunct Professor

University of British Columbia and Simon Fraser University – Vancouver, British Columbia

John R. Calvert

Associate Professor – Faculty of Health Sciences

Simon Fraser University Vancouver, British Colombia

Marjorie Griffin Cohen – Professor

Simon Fraser University Vancouver, British Columbia

Stephen Gill

Distinguished Research Professor York University Toronto, Canada

Ronald Labonté

Professor and Canada Research Chair

School of Epidemiology, Public Health and Preventative Medicine University of Ottawa Ottawa, Ontario

David Schneiderman

Professor of Law and Political Science University of Toronto Toronto, Ontario

Dayna Nadine Scott

Associate Professor

Osgoode Hall Law School and Faculty of Environmental Studies York University Toronto, Ontario

Kyla Tienhaara

Research Fellow

School of Regulation and Global Governance Australian National University Canberra, Australia

Gus Van Harten Professor

Osgoode Hall Law School York University Toronto, Ontario

Stepan Wood

Professor and York Research Chair in Environmental Law and Justice Osgoode Hall Law School York University

Toronto, Ontario

jeudi 22 septembre 2016

Questions à Yanis Varoufakis

Alexis Cukier, membre d’Ensemble ! et du réseau ERENSEP (European Research Network on Social and Economic Policies) et Patrick Saurin, un des portes parole du syndicat Sud Solidaires BPCE, et membre de la Commission pour la Vérité sur la Dette grecque interpellent dans une lettre Yanis Varoufakis sur son texte «La gauche européenne après le Brexit».''

Texte publié originellement sur le site Mediapart sous le titre : "Désobéir à l’Union européenne: nous sommes d'accord avec vous Yanis Varoufakis"

Extrait

En résumé, le « programme alternatif pour les progressistes européens », l’« affrontement frontal avec l’establishment européen » que vous appelez de vos vœux, et l’appel à la « désobéissance » que vous lancez ne nécessitent-ils pas, pour trouver leur traduction dans les faits, la mise en œuvre d’un plan d’action comportant des mesures radicales telles que :

-La désobéissance aux traités européens et le respect des droits humains fondamentaux inscrits dans de multiples textes, en particulier de droit international ;

-Le non-paiement de la part de la dette publique dont il est peut être démontré de manière incontestable, comme ce fut le cas pour la Grèce, qu’elle est tout à la fois illégale, illégitime, odieuse et insoutenable ;

-Le contrôle des capitaux (notamment comme mesure défensive contre le chantage de la BCE) ;

- L’arrêt des privatisations des biens communs et l’annulation de celles qui ont déjà été réalisées ;

- La socialisation de l’intégralité du système bancaire ;

-Une refonte des institutions européennes, nationales et locales assurant une véritable démocratie ?

En ce qui nous concerne, si un tel programme devait nécessiter la sortie de l’Union européenne, nous assumerions cette sortie car nous préférons la lutte pour un progrès social – même si nous n’avons pas l’assurance de gagner ce combat – au maintien résigné dans une Union européenne avec la garantie de l’austérité perpétuelle.

Picture_60.png Une réaction sensée être de gauche à ce texte (Collections du Musée de l'Europe & de l'Afrique). Lire note note d'introduction au billet Histoire immédiate

Lire l'intégralité de la lettre ci-dessous

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jeudi 1 septembre 2016

De l’appel « On bloque tout », vers un réseau intersyndical de lutte

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Par le Collectif d’animation de l’appel « On bloque tout ! », le 1er septembre 2016.

Nous sommes des syndicalistes affilié.e.s à différentes organisations (CGT, Solidaires, CNT-SO, CNT, FSU, FO, LAB, Confédération paysanne…). Ensemble, nous nous sommes retrouvé.e.s dans l’appel « On bloque tout ! ». Depuis mars dernier, nous en avons porté les propositions dans des meetings, dans nos structures, auprès de nos camarades, de nos collègues. Nous avons ainsi contribué à la mobilisation large et déterminée pour le retrait de la loi « travail », et à populariser l’objectif du blocage de l’économie. Nous nous battons toujours pour l’abrogation de cette loi.

Pour autant nous avons toutes et tous, et ce quel que soit notre organisation syndicale, eu des difficultés pour ancrer la grève dans nos secteurs professionnels, pour l’étendre, à passer aux nécessaires reconduction et généralisation de la grève. Nous continuons de penser que c’est un instrument décisif pour construire un rapport de force en mesure de repousser les attaques de l’État et du patronat. Nous continuons de penser que les structures syndicales doivent continuer de réfléchir aux obstacles à l’action et à l’engagement des salarié.e.s ainsi qu’aux pratiques syndicales qui les perpétuent.

L’appel « On bloque tout ! » s’est voulu porteur de l’exigence de reprendre l’offensive, après des années passées à défendre des acquis sans cesse attaqués par les gouvernements successifs. Le constat est fait que notre lutte est restée pour l’instant trop défensive, pas assez imaginative. Et nous continuons de penser que, pour donner l’envie d’en découdre, il faut aussi se battre « pour » des alternatives progressistes. C’est pourquoi l’appel « On bloque tout ! » a proposé de porter la revendication des 32 heures de travail hebdomadaires sans flexibilité ni perte de salaire, perspective audacieuse qui contrevient à l’air du temps autant qu’elle porte des espérances concrètes d’amélioration immédiate de luttes pour les conditions de travail, les salaires et contre la précarité et le chômage. C’est aussi un exemple de revendication unifiante car commune à plusieurs organisations syndicales et concernant aussi bien les salarié.e.s du secteur privé et du secteur public, les chômeurs et les chômeuses, etc. Aujourd’hui, nous proposons de dépasser la forme appel d’« On bloque tout ! ». C’est le bilan qui a été tiré en juillet dernier après quatre mois de lutte. Des déclinaisons concrètes de l’appel sont réclamées, c’est pourquoi on pourrait imaginer de « faire émerger un réseau pérenne de syndicalistes de lutte, appuyé sur de réels collectifs locaux, dont la forme comme le nom resterait à trouver mais qui viserait à dépasser la forme « appel » pour être capable d’initiatives concrètes et de terrain. (…) Un réseau, des collectifs de syndicalistes de lutte pourrait (…) organiser des rencontres, régionales et nationales, des formations, des campagnes mêmes… ».

Nous invitons donc, largement, toutes et tous les syndicalistes qui pensent qu’un tel réseau ou collectif serait utile à le construire, dès maintenant, avec nous. Un tel outil ne se substituerait pas à nos organisations respectives : nous sommes respectueuses et respectueux du fédéralisme de nos organisations, des rythmes et des temps démocratiques de nos structures. Simplement, nous pensons que mener des débats, des actions, ouvertes et plurielles, contribuerait à redonner du souffle au syndicalisme de lutte dans toute sa diversité. Cette unité intersyndicale gagnerait à s’incarner dès la base : voilà ce que nous proposons de faire exister.

Pour cela, nous organisons le samedi 8 octobre, à la Bourse du travail de Paris, salle Léon Jouhaux (annexe Turbigo) une première rencontre constitutive de cet outil commun. Nous vous y attendons, nombreuses et nombreux, toujours en lutte !

mercredi 31 août 2016

Secondaire : tous en grève le 8 septembre !

La rentrée 2016 devrait voir mise en œuvre la réforme du collège imposée par le gouvernement alors même qu’elle est toujours contestée par la majorité des personnels du second degré. Ces derniers qui ont manifesté tout au long de l’année dernière leur opposition et leur volonté d’une reprise des discussions pour une autre réforme n’ont pas désarmé. L’autoritarisme , le mépris manifestés par la ministre de l’Éducation qui a négligé de répondre aux demandes d’audience de l’intersyndicale du second degré, la désorganisation causée dans les collèges par la réforme n’ont fait que renforcer la détermination à combattre cette dernière.

L’intersyndicale a appelé les collègues à ne pas mettre en œuvre des dispositifs imposés et qu’ils jugent inefficaces ; elle demande à l’ensemble des personnels du second degré de recenser et faire remonter dans le cadre des assemblées générales de pré rentrée tous les problèmes d’une rentrée qui s’annonce très difficile :collège, lourdeur des effectifs en lycée, insuffisance des moyens affectés à la vie scolaire, emplois du temps …La poursuite des mobilisations conduites durant l’année précédente doit déboucher sur l’abrogation de la réforme et l’ouverture rapide de discussions sur d’autres bases. A l’approche d’échéances électorales importantes le gouvernement doit enfin entendre les personnels Après les congés d’été, c’est avec combativité que les personnels entament ce début d’année scolaire décidés à agir pour leurs métiers et leurs élèves, lutter contre les inégalités et le maintien de garanties collectives mises à mal dans la loi travail comme dans l’Éducation

C’est pourquoi l’’intersyndicale du second degré appelle les personnels à se mettre en grève et rejoindre les manifestations le 8 septembre pour une autre réforme du collège et de meilleures conditions de travail et d’étude en collège comme en lycée. Elle les invite à s’associer aux initiatives prises par l’intersyndicale interprofessionnelle CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL, le 15 septembre pour obtenir l’abrogation de la loi Travail imposée par l’utilisation du 49-3 et conquérir de nouvelles garanties et protections collectives.

Lire aussi Entretien avec Olivier Vinay, "En 2003, l'éducation nationale s'est trouvée en situation de jouer la locomotive du mouvement social"

mardi 23 août 2016

Varoufakis "a passé presque tout son temps à faire campagne en faveur du Remain"

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Tariq Ali parle du BREXIT invité au meeting d’Unité Populaire à Athènes

Chers amis,

Je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui. Comme vous le savez déjà, la campagne en Grande-Bretagne faveur du Brexit a été largement dominée par la droite. Le Lexit (ndlt: Left + Exit = campagne des mouvements et partis de gauche en faveur du Brexit) a mis un peu de temps à démarrer, mais nous avons mené une campagne plutôt dynamique. Notre problème fut que pas un seul représentant d’envergure du Parti Travailliste ne s’est déclaré en faveur du Brexit, et cela a été un problème énorme pour nous.

Jeremy Corbyn, le leader de gauche du Parti Travailliste, a déclaré « nous ne mènerons pas une campagne conjointe avec les Conservateurs », ce qui était très positif, et il a passé le plus clair de son temps à attaquer le néolibéralisme, l’austérité, mais il s’est finalement déclaré en faveur du Remain (ndlt: du maintien dans l’UE).

Et la gauche grecque nous a fait un cadeau pas vraiment bienvenu. Ce cadeau avait pour nom Yanis Varoufakis. C’était un bien mauvais cadeau, parce qu’il a passé presque tout son temps à faire campagne en faveur du Remain, et quand je l’ai interpellé lors d’un débat public, il a répondu qu’il était d’accord avec la plupart de mes vues, mais que, pour changer l’UE, il est nécessaire de lutter de l’intérieur. Donc on a dit: « Mais comment? » « … Comment peut-on changer cette UE-là? »

Non pas que nous ne soyons pas internationalistes, non pas que nous ne soyons pas Européens. Ce contre quoi nous luttons, c’est l’UE en tant qu’institution. Et à cette question-là, ils n’ont pas de réponse.

En fait, nous proposons maintenant d’essayer d’organiser, en septembre ou en octobre, une petite conférence afin que les opposants de gauche à l’UE se rassemblent et discutent l’idée d’une institution alternative, avec d’éminents économistes comme Costas Lapavitsas et d’autres, pour prendre ensemble le temps de se poser la question: « peut-on trouver une alternative? » parce que c’est notre responsabilité.

Voilà donc à quoi nous nous sommes attelés, en ce qui concerne l’UE.

Cette campagne du Remain a présenté un aspect très intéressant, même de la part de ceux à gauche qui défendaient le Remain, c’est qu’ils étaient très provinciaux. Ils prétendaient lutter pour l’Europe, mais ne savaient pas ce qu’est vraiment l’Europe. . L’Europe en tant qu’Union Européenne, était perçue comme une abstraction. Les seuls à avoir pointé ce que l’UE a fait à la Grèce, ce sont les partisans du Lexit.

Et moi-même, et John, et beaucoup d’autres, pendant la campagne, nous avons dit « pour nous, l’une des principales raisons pour lesquelles il faut mettre un coup de pied aux fesses de l’UE, c’est pour les punir de ce qu’ils ont fait à la Grèce. Mais du côté du Remain, il n’y a eu aucune critique, même les personnes qui se considéraient comme critiques, n’ont jamais formulé la moindre critique sur le mode de fonctionnement de l’UE.

Ne nous y trompons pas: le vote pour le Brexit est une grande claque en plein dans la figure de l’establishment britannique, l’establishment financier britannique et pour l’establishment de l’UE, et je dois dire que ceux ont été battus en sont déjà à discuter de comment ils pourraient retourner leur défaite, et ils se glissent discrètement l’un à l’autre, à l’oreille: « Tsipras l’a bien fait, lui, en Grèce. Apprenons de son expérience! »

Mais le problème, pour eux, est le suivant: il leur faut arbitrer entre le coût politique et le coût économique. Et je pense que les plus intelligents parmi eux réalisent réalisent que le coût politique, s’ils décident de passer outre le résultat du référendum, sera bien plus élevé que le coût économique, et Jeremy Corbyn, le leader du Parti Travailliste, a appelé publiquement à la mise en application de l’article 50 (ndlt: pour la sortie de l’UE).

Nous avons actuellement une triple crise au Royaume-Uni: la première est une crise de légitimité du Royaume lui-même : les Ecossais se prononcent très clairement pour leur indépendance, et le débat va s’ouvrir pour déterminer dans quelle mesure ils peuvent être indépendants dans le cadre de l’UE. Ils jugeront eux-mêmes s’il vaut mieux entrer dans l’UE ou avoir un bloc du Nord avec la Norvège, l’Islande, comme cela a été suggéré.

Le second problème, c’est la crise énorme, aujourd’hui, en Angleterre. Je parle bien de l’Angleterre, pas de l’Ecosse., mais bien de l’Angleterre.

Il y a encore une autre crise de légitimité. Nombreux sont ceux qui veulent un parti de gauche, et l’establishment, au sein même du Parti Travailliste, s’oppose à cette volonté très forte. On est ainsi témoin de scènes ignobles, chaque semaine, avec les tentatives de la plupart des députés du Parti Travailliste pour se débarrasser de leur leader élu.

Et, en soutien à leur leader, nous avons des chiffres incroyables: depuis la tentative faite pour se débarrasser de Jeremy Corbyn, une centaine de milliers de personnes ont rejoint le Parti Travailliste en moins de 2 semaines, la plupart l’ont fait pour le soutenir à l’intérieur du Parti Travailliste. Donc le Parti Travailliste a un quart de million de membres, ce qui en fait, je crois, le plus grand parti politique d’Europe.

Et cette crise est loin d’être résolue.

Corbyn rend les coups, il se bat fort, de son côté; il est soutenu par les membres du parti, et la plupart des représentants parlementaires, qui ont été élus sous les mandats des Premiers Ministres précédents, tels que Blair et Brown, refusent de l’admettre. Il s’agit donc d’une situation critique au sein du Parti Travailliste. Et puis il y a une situation, aussi bien en Ecosse qu’en Angleterre, qui ne va pas disparaître comme par enchantement.

L’avantage du Brexit, c’est que c’est un grand pays d’Europe qui a décidé de le faire, et non un petit pays. Concernant la façon dont le débat va se développer, à l’échelle européenne, nous pouvons d’ores et déjà voir, au Danemark, que tous les sondages montrent une revendication de référendum. En France, Hollande est si inquiet à la perspective de ce Brexit qu’il a fait ce dont on ne l’aurait jamais cru capable – il ne s’agit que d’une menace, mais significative, en soi. Il a dit que la France opposerait son veto à un pacte de l’UE avec le TTIP.

Le dernier point que je voudrais évoquer ici, c’est la question du racisme et de l’immigration.

Bien entendu, l’extrême droite a joué un rôle important dans cette campagne, et le UKIP a fondé son argumentation sur cette position.

Mais permettez-moi de vous faire part d’une chose étrange et intéressante, qui s’est produite il y a 48 heures. La femme qui est sans doute promise aux fonctions de Premier Ministre d’Angleterre, Theresa May -elle était pour le Remain-, a déclaré qu’il convenait de statuer sur la situation des étrangers ressortissants de l’UE. Farage a alors réagi vivement, s’indignant : » c’est une déclaration absolument révoltante. Les étrangers devraient avoir le droit de séjour ».

Vous voyez que l’idée selon laquelle les partisans du Remain sont de blanches colombes antiracistes est un non-sens total.

Deux des plus grandes villes comptant de larges minorités -parfois même des majorités- ethniques, Birmingham et Bradford, ont voté pour le « Leave ».

Donc c’est un argument simpliste que d’affirmer que ce n’était qu’une question de racisme.

Ce l’était effectivement, si l’on évacue le fait que le Brexit procède de la volonté de 17 millions de personnes de mettre une claque magistrale à l’establishment britannique et de dire « on en a marre de vous, marre de vos politiques, marre du néolibéralisme, marre de vivre des vies invivables », voilà de quoi il est question.

Voilà de quoi il s’agit, et c’est pourquoi nous disposons maintenant d’une base de travail en commun avec les socialistes européens, les syndicats, les réseaux informels, les mouvements sociaux, pour tenter de construire quelque chose de meilleur. Voilà à quoi nous devons travailler.

Traduction Marie-Laure Veilhan, repris du blog Unité Populaire

jeudi 11 août 2016

Sans retrait, pas de rentrée !

Le gouvernement prétend faire de cette rentrée celle de la loi travail, imposée à coup de 49-3 et de répression, contre la majorité des citoyenNEs et en bafouant des mois de luttes des travailleurEs et de la jeunesse. Et aussi celle de la réforme des collèges imposée également contre le refus quasi unanime et les mobilisations des personnels.

Nous ne l’acceptons pas. Pas plus que nous n’acceptons la répression violente des opposantEs et l’utilisation par la police d’armes de guerre, qui ont fait des centaines de blesséEs, les limitations des droits par l’état d’urgence, prolongé alors qu’inefficace comme on l’a vu avec le drame de Nice, la loi Urvoas, les interdictions et l’encagement de manifs, des bourses du travail, l’attaque annoncée de la ZAD de Notre Dame des Landes… Pas plus que nous n’acceptons l’explosion et l’aggravation de la précarité : contractuelLEs, vacataires, CUI, mobiliséEs contre les fermetures de poste par Pécresse, AED en lutte pour la titularisation, à Rennes, Marseille et dans le 93 et, exploitation ultime, l’emploi obligatoire sans salaire des jeunes en « service civique »… Pas plus que nous n’acceptons l’augmentation des effectifs, des tâches et du temps de travail (en vertu du rapport Laurent), l’attaque de la formation initiale et continue, ou la remise en cause de l’avancement d’échelon et de l’évaluation des enseignantEs en échange d’augmentations salariales en trompe l’œil des PPCR.

Nous refusons une telle rentrée, et œuvrerons pour la refuser dans les structures de luttes que nous avons contribué à faire vivre cette année, AG d’établissements, intersyndicales aux différents niveaux, interpro locales, Nuits debout, appels de syndicalistes tel « On bloque tout », collectifs contre l’état d’exception sous toutes ses formes. Les directions syndicales doivent informer sur ces attaques et projets, exiger leur retrait et refuser de discuter leur mise en œuvre. Elles doivent appeler à poursuivre et amplifier dès la rentrée la mobilisation dans l’unité la plus large, appeler à tenir des AG, des heures d’information syndicales dès le 31 août, pour décider la grève au plus vite de façon à ce que les appels au 8 septembre dans le second degré et au 15 au niveau interprofessionnel s’inscrivent dans une dynamique de mobilisation (grèves marchantes, AG) pour développer le rapport de force et gagner :

  • Pour l’abrogation de la loi Travail avec ses prolongements dans la Fonction publique (CPA, PPCR, loi déontologie…)
  • Pour l’abrogation de la réforme des collèges et le refus de son extension au lycée, où les personnels tirent déjà un bilan désastreux de la réforme Châtel (dont nous continuons de demander l’abrogation) et contre la sortie de l’éducation prioritaire pour ceux qui y étaient.
  • Pour la réduction des effectifs de classes partout, contre les suppressions de postes, les fermetures de classes, d’écoles. Pour l’amélioration des conditions de travail et la réduction du temps de travail de touTEs.
  • Pour le refus de tout licenciement, la garantie de réemploi à temps plein et la titularisation immédiate et sans condition de concours ni de nationalité de touTEs les non- titulaires.
  • Pour l’augmentation des salaires conséquente et uniforme (400 euros intégrés en point d’indice, pas de salaires inférieurs à 1750 € net). Pour l’avancement de touTEs au rythme le plus favorable et l’unification des corps par le haut.
  • Contre toute réforme de l’évaluation visant à généraliser aux enseignantEs l’entretien d’évaluation, dont nous demandons la suppression pour touTEs, et donnant de nouveaux pouvoirs aux chefs d’établissements dont nous refusons déjà l’autoritarisme et les abus de pouvoir. C’est pourquoi, nous demandons le retrait du projet gouvernemental, qui n’est ni négociable, ni amendable. Et qui est d’autant plus inacceptable que tout a été échafaudé pendant les congés scolaires.

La poursuite et l’amplification des mobilisations dès la rentrée doit permettre de construire un mouvement d’ensemble contre la politique des Hollande, Valls et Cazeneuve et contre tout autre pouvoir rétrograde dont ils hâtent l’instauration, pour une alternative sociale et scolaire à la société capitaliste.

Appel repris du site de L'émancipation, tendance intersyndicale

mardi 5 juillet 2016

La loi travail est une consigne de l'Union européenne

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Depuis quatre mois, des centaines de milliers de salariés et de jeunes ont défilé pour faire pression sur le pouvoir afin que celui-ci annule sa loi travail. Ils n'ont pas seulement martelé de leurs pas les pavés, Ils ont parfois bloqué les rues de nos cités et ils ont recommencé, encore plus nombreux, plus déterminés. Et à nouveau, ils vont se faire entendre le 5 juillet.

Mais sans s'en prendre aux donneurs d'ordre, seulement à leurs subordonnés. Ils manifestent avec ardeur, certes, mais comme qui dirait, les yeux bandés. Et les discours enflammés qu'ils acclament ne parlent jamais d'Europe, de Bruxelles, de l'oligarchie mondialisée.

Certes, en France, Hollande, Valls, Macron sont à la manœuvre. C'est d'abord contre eux et leur loi scélérate, qu'il faut manifester pour les pousser à se déjuger.

Cela n'est pas facile, appuyés qu'ils sont au mur argenté du Medef. Il faut ajouter que celui-ci est la filiale de la maison-mère, BusinessEurope, le patronat qui trône sur notre continent vassalisé.

Pour gagner la bataille sociale, et en premier lieu, imposer le retrait de la loi El Khomri, faut-il voir clair, connaître l'ennemi, bien mesurer les enjeux et frapper fort où ça fait mal.

C'est la condition pour que la mobilisation populaire de notre peuple conduise au résultat escompté : le retrait de la loi travail.

Il est grand temps que la CGT, ses dirigeants, ses militants en prennent conscience à l'égal de nombreux syndicats britanniques

Lire la chronique de Jean Levy sur le site de la librairie Tropiques

jeudi 16 juin 2016

Code du travail : Proclamation de la République sociale démocratique et solidaire en danger

Nous republions ce texte, en date du 19 février 2016, et qui avait été écrit en prévision de la réunion à la Bourse du Travail dont est finalement sorti Nuit Debout - Le Concierge

La réponse au projet de loi de liquidation des droits des travailleurs tels qu'ils sont protégés par le code du travail se doit d'être à la hauteur de l'offensive réactionnaire de la République anti-sociale des Versaillais de l'état d'urgence.

Foin des débats d'experts sur une hypothétique sortie de l'euro. L'euro n'est qu'un outil aux mains des forces réactionnaires qui ravagent le continent européen. Il y en a d'autres. Le débat de l'euro et ses polémiques entre fractions de classes prétendûment progressistes est bien fait pour cacher l'essentiel qui est la cible de la réaction capitaliste : les compromis sociaux issus de la Libération et préparés par plus d'un siècle de luttes.

Qui ne voit que ce sont les mécanismes de la solidarité nationale qui sont visés à travers la mise en cause des cadres nationaux. La cible c'est la sécurité sociale qui est la solidarité nationale. La cible, c'est le droit du travail qui est un compromis social issu d'une histoire nationale. Et la seule Internationale qui existe aujourd'hui est celle des réactionnaires et du capital sans frontières.

Détruire le droit du travail et la solidarité nationale qui est la sécurité sociale, c'est détruire ce que les luttes sociales ont pu arracher au capital, supprimer ce qui nous réunit tous et préparer la mise en concurrence de tous contre tous et des communautés de solidarité particulières entre-elles, c'est à dire préparer la guerre civile pour mieux esclavagiser et contrôler tout le monde.

Tel est le projet aujourd'hui clairement mis en oeuvre par le larbin Emmanuel Valls avec qui le fascisme (“Plan B” du patronat dans les années 30) revient comme une farce. Larbin oui, car pas plus qu'Hollande ou ses Ministres, Valls n'a la moindre idée. Parvenus au pouvoir par la logique quasi-autonome du champ politique, ceux-ci ne font qu'appliquer les consignes du patronat mais aussi des stratèges américains occupés à redessiner une Europe, entre autres régions, à leur botte et sous l'empire de leur capitalisme, en jouant sur toutes les divisions internes pour faire éclater les cadres sociaux nationaux.

Daesch, la lessive qui rend la stratégie impériale plus blanche que blanche, est leur meilleur allié. Et tout le monde devrait voir l'immense obscénité du Premier Ministre se pourléchant par avance de prochains attentats dont il rédige quotidiennement les communiqués par anticipation. Qui aura le prochain attentat ? Nous sommes candidats, car comme les jeux olympiques permettent d'occuper le peuple et de mener des politiques urbaines radicalement capitalistes, nous avons besoin d'un attentat pour liquider le code du travail, le droit social et éventuellement le droit tout court, les retraites et la sécurité sociale. C'est à dire la sécurité tout court, la vraie. Nous avons nous aussi une partie de la population à exterminer car devenue inadaptée, et s'opposant, à une économie de destruction créative dont Barroso fit un jour le portrait enthousiaste : «un flot incessant de produits et de services toujours plus récents, plus performants ou moins chers qui, constamment, rendent les produits plus anciens, moins performants, voire obsolètes – de même que les emplois qui y sont liés.». Cette économie nécessite des esclaves jetables si non “recyclables” et priés de mourir le plus vite possible après obscolescence. Donc privés de tous droits, réservés à une petite caste.

C'est sur la question du code du travail et de la sécurité sociale que nous devons enfin être “tous ensembles”, classes moyennes et classes populaires. Et en effet c'est un enjeu “national”. Un enjeu de civilisation ou barbarie, car la civilisation c'est la sécurité sociale et le droit du travail qui se sont construits dans les différents cadres nationaux. Et ce qui ouvre la voie à la barbarie c'est la destruction de tout cela, rendue possible également par la délégitimation du cadre national entendu comme espace de solidarité organisée, par un soit-disant progressisme internationaliste bien fait pour donner à l'Internationale du Capital le masque dont elle a besoin.

“Tous ensembles“, donc. Et pour la petite-bourgeoisie internationalisante, souvent académique (car il faut bien bénéficier d'un traitement à vie servi par cette solidarité, nationale, qu'on appelle l'impôt, pour occulter et dénigrer le réel, social, à ce point), il est temps de savoir qui est de gauche et qui est de droite. Et de distribuer les coups de pied au cul en conséquence.

Vive la République, sociale, démocratique et solidaire. Vive la sécurité sociale. Vive le code du travail.

Vive la sociale !

Le Concierge

jeudi 26 mai 2016

La démocratie, c'est le soutien aux routiers et aux travailleurs du pétrole

Volonté de combat, volonté de gagner, tel est le bilan politique, à la base, de la semaine du 17 au 20 mai. Que d'obstacles, pourtant, entre répression et passage en force au sommet de l’État et absence des mesures nécessaires pour gagner rapidement dans les sommets confédéraux.

Une fois de plus, des centaines de milliers ont répondu à l'appel et, après un fléchissement mardi, une sorte de concentration et d'économie spontanée des forces, ils ont réalisé de puissantes manifestations, déterminées, souvent festives, autour du mot-d'ordre de retrait, par centaines de milliers le jeudi 19. En bas, on ne craint pas de faire tomber ce gouvernement, bien au contraire.

En interaction avec ces manifestations les grèves de routiers et dans les raffineries ont commencé. Jeudi 19 au matin l'agent provocateur en chef Manuel Valls proférait un gros mensonge – les heures supp' des routiers ne devraient pas baisser suite à la loi El Khomri ! - et une menace : celle de l'intervention armée pour débloquer les raffineries et dépôts de carburants.

Mais pour cela, il va avoir un problème. Les blocages de raffineries et de dépôts ne sont pas que le fait de groupes de militants et de travailleurs d'autres secteurs. Les travailleurs du pétrole et de la chimie sont en train de voter la grève dans les principaux centres.

La poussée vient d'en bas comme le montre sa géographie : c'est l'arc Atlantique, le grand ouest, celui des grèves bretonnes de 2013.

Vendredi soir Valls a fait intervenir les forces « de l'ordre » à Vern-sur-Seiche en Ille-et-Villaine et dans le port de Lorient, où les affrontements ont été importants, et au terminal Rubis du Grand-Quevilly, près de Rouen. Mais au même moment, les salariés de la grande raffinerie Total de Feyzin, au Sud de Lyon, votaient la grève et mettaient en route le processus d'arrêt des installations. Même décision collective à la raffinerie Total de Gonfreville-l'Orcher, près du Havre où les dockers et de nombreuses entreprises privées portent l'ordre et la masse des grandes manifestations populaires. Suite à quoi, à Notre-Dame de Gravenchon, dans la zone industrielle de Port-Jérome également près du Havre, l'intersyndicale CGT-FO a décidé le blocage de la raffinerie Exxon-Mobil. 300 salariés de la raffinerie Total de Donges, près de Nantes, votent l'arrêt à partir du samedi matin et au moins jusqu'au 27 mai. L'union locale CGT appelle à la grève les entreprises STX, Selia, Man Diesel, Sides, pour le mardi 24 mai en rappelant le mot-d'ordre : retrait total et immédiat de la loi El Khomri.

La réponse à Valls, c'est cela, et c'est la solidarité de la masse des salariés et de la jeunesse. C'est bien toujours le spectre de la grève générale qui domine dans le pays : évitée faute de mot-d'ordre centraux fin mars puis fin avril, il revient avec les routiers et les raffineries et la solidarité avec eux. Se pose donc une fois de plus la question du « timing ».

L'intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires-UNEF-UNL-Fidl, au soir du jeudi 19 mai, a publié un communiqué saluant la mobilisation de ce jour et appelant à « une nouvelle journée de manifestation le 26 mai » et une manifestation nationale le 14 juin au début des débats au Sénat. Une manifestation nationale (demandée par la CGT Goodyear lors du congrès confédéral CGT) aurait déjà été possible, en relation avec une grève totale. De tels délais donne en fait un gage au gouvernement : d'ici là nous ne voulons pas en avoir fini avec vous, lui disent les dirigeants confédéraux.

La navette Sénat-Assemblée conduit à fin juillet, comme par hasard les mêmes délais que l'état d'urgence soi-disant anti-Daesh qui vient à nouveau d'être voté par l'Assemblée. Il est évident, depuis le début, depuis le 9 mars, que le calendrier de l'action prolétarienne ne peut pas s'aligner sur celui des institutions de la V° République.

L'urgence de l'heure serait d'aider les travailleurs des raffineries et les routiers, impliqués dans une âpre bataille politique et humaine, contre leurs patrons, contre les forces dites de l'ordre, contre la CFDT bien présente dans ces secteurs et dont bien des militants basculent vers la grève, les aider en portant la solidarité avec eux au cœur et en tête des manifestations, et par l'organisation efficace des blocages. Une direction syndicale dans une boite sait, lorsque vient l'heure de l'action, comment ne pas se disperser et quels points cibler. Les initiatives de la base et des structures syndicales locales montrent qu'elles cherchent à répondre à ce besoin, comme on l'a vu à Notre-Dame de Gravenchon. Mais nos grands dirigeants confédéraux, lorsque vient l'heure de l'action, laisse la dispersion persister, et deviennent soudain de grands démocrates pour qui tout dépend des initiatives locales …

Dans ces conditions il n'est pas étonnant qu'on perçoivent des signes d'hésitation du côté des fédérations de branche qui ont pris l'initiative cette semaine faute de mot-d'ordre central, que ce soit FO Transports et Logistique qui appelle à refaire des AG pour reconduire ou non, ou la CGT-Pétrole dont le secrétaire Emmanuel Lépine déclare que le but n'est pas la pénurie, mais le retrait de la loi, alors que la grève ne peut avoir d'autre objectif que la menace de pénurie réelle pour imposer, justement, le retrait de la loi El Khomri.

Tout se passe comme si nos grands et valeureux dirigeants confédéraux qui ont déjà eu deux ou trois fois en deux mois l'occasion d'avoir peur de gagner, ne savaient comment finir de fatiguer une lame de fond qui s'avère infatigable. Elle se montre capable de durer pour trois raisons.

Premièrement, elle vient de très profond. Ce sont les grèves et les micro-conflits dans les petites et moyennes entreprises ou les petites unités de production et de distribution, ignorée par médias nationaux et commentateurs depuis des années, qui portent cette vague, rejointe par un secteur de la jeunesse qui aborde la vie consciente et le combat social à travers elle.

Deuxièmement, elle vient de très loin. Ce sont les couches militantes, dans les syndicats particulièrement, qui ont l'expérience de 1995, 2003, 2006 et de la défaite organisée de 2010, qui sont reparties au combat dans ces conditions nouvelles, rencontrant la jeunesse et ressentant la présence latente et la pression pour rejoindre le mouvement général du côté des entreprises, particulièrement das le grand Ouest.

Troisièmement, en résultat de ces données, c'est une vague plus politique que jamais, précisément par qu'elle n'a pas de débouché politique, ce qui l'a retardée, et qu'elle veut construire par elle-même son débouché.

Menaçant de défaire le président Hollande et le gouvernement Valls par le retrait de la loi El Khomri, elle conduit à l'ouverture de la crise du régime de la V° République selon un calendrier social qui ne veut pas correspondre au calendrier institutionnel des élections présidentielles.

Ceci ne signifie pas, évidemment, que les élections présidentielles lui soient indifférentes. Mais qu'il faut les saisir à partir de ce mouvement, et pas autrement. Conditionner la question des présidentielles par une décision préalable de candidature ou par la discussion forcément très confuse et porteuse de confusions sur des « primaires », c'est tourner le dos au mouvement réel. La vraie question politique centrale est le retrait de la loi El Khomri qui conduit à la défaite totale du gouvernement présent, au vide politique au sommet, susceptible de poser, par cette voie, la question de l'élection d'une assemblée constituante.

Le moment venu, le cas échéant, c'est à partir de là qu'il faut aborder les présidentielles. Au moment présent, l'heure est au combat. La démocratie, c'est le soutien aux routiers et aux travailleurs du pétrole.

Vincent Présumey, paru sur le blog La Sociale sous le titre "Nous pouvons gagner", le 21 mai 2016

dimanche 22 mai 2016

Amplifier la mobilisation, faire respecter la démocratie

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Communiqué CGT-FO-Solidaires-FSU-UNEF-UNL-FIDL du 20 mai 2016

Après plus de deux mois de mobilisation des salarié-es, des jeunes, des privé-es d’emploi et des retraité-es, la mobilisation se poursuit et s’amplifie comme le montre cette journée du 19 mai.

Cette semaine, le développement d’actions, de grèves dans de nombreux secteurs et de blocages pour obtenir le retrait du projet de loi travail et l’obtention de nouveaux droits, montre que la détermination reste intacte. L’opinion publique reste massivement opposée à cette loi Travail et à l’utilisation autoritaire du 49.3 par le gouvernement.

Le gouvernement n’a pas d’autre issue que celle du dialogue avec les organisations qui luttent pour le retrait de ce projet de loi et pour être écoutées sur les revendications qu’elles portent. C’est pourquoi les organisations CGT, FO, FSU, Solidaires et les organisations de jeunesse, UNEF, UNL et FIDL en appellent solennellement au Président de la République.

Des secteurs professionnels sont engagés dans un mouvement de grève reconductible, d’autres vont entrer dans l’action. Les organisations appellent le 26 mai prochain à une journée nationale de grève, manifestations et actions.

Les organisations décident de renforcer l’action par une journée de grève interprofessionnelle avec manifestation nationale à Paris le 14 juin, au début des débats au Sénat. Elles appellent à multiplier d’ici là, sur tout le territoire, des mobilisations sous des formes diversifiées.

Elles décident également une grande votation dans les entreprises, les administrations et les lieux d’étude qui se déroulera dans les semaines à venir en parallèle au débat parlementaire afin de poursuivre avec les salarié-es et les jeunes les débats sur la loi Travail, obtenir le retrait de ce texte pour gagner de nouveaux droits permettant le développement d’emplois stables et de qualité.

La loi doit notamment préserver la hiérarchie des normes, élément protecteur pour tous et toutes les salarié-es.

Cette votation sera remise lors d’un nouveau temps fort qu’elles décideront prochainement.

Les organisations invitent leurs structures à poursuivre la tenue d’assemblées générales avec les salarié-es pour débattre des modalités d’actions, de la grève et de sa reconduction.

Elles se retrouveront rapidement pour assurer l’organisation et la réussite de ces mobilisations et initiatives.

jeudi 19 mai 2016

Lycée Rostand en grève

Communiqué du vendredi 13 mai

Grève le jeudi 19 mai et appel à rassemblement à 9h devant le Conseil régional !

L'Assemblée générale des personnels grévistes du lycée Jean Rostand a reçu aujourd'hui un courrier de la région qu'elle juge insatisfaisant quant aux créations de postes et à l'avenir de nos collègues en Contrat Unique d'Insertion (CUI). Un seul poste a été créé et un autre transformé, alors que les personnels demandent la création de quatre postes, c'est à dire l'équivalent de ce qui existe en CUI. En ce qui concerne ces personnels, la région ne s'engage qu'à les recevoir, sans statuer sur leur avenir professionnel. Pour cette raison nous reconduirons la grève le jeudi 19 mai et nous nous présenterons devant le Conseil régional pour continuer à faire entendre nos revendications et obtenir satisfaction.

Nous appelons par ailleurs tous les personnels agents de lycée de la région Ile de France à rejoindre le rassemblement devant le Conseil régional jeudi 19 mai à 9h, place Tardieu, pour le réemploi et la titularisation des CUI et la création des postes nécessaires à de meilleures conditions de travail. Nous rejoindrons ensuite le cortège des manifestants contre la loi travail, pour converger dans les luttes !

Site Facebook

Pétition à signer

Attention ! Le site change.org est une socété américaine qui monnaye désormais le relais de la pétition vers des signataires profilés par le marketing. Il s'agit ni plus ni moins du "marché de la démocratie" appelé à légitimer "l'économie de marché" via l'e-économie des réseaux sociaux, c'est à dire de la Fabrique du Consentement issue de la révolution numérique. On ne croit plus au vote, mais on croit au clic et au "J'aime"... Et une boite américaine transforme cette illusion de militantisme et de politique en... pognon !

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49.3 et culture du narcissisme

Sous bénéfice d'inventaire, l'utilisation du 49.3 dans le cadre de l'adoption de la loi El-Khomri a généré trois textes dont une seule pétition. Aucun de ces textes ne demande aux Députés de voter la censure quelle qu'elle soit ; un seul s'adresse aux Députés sous forme de pétition mais pour demander à la droite et à la gauche de se mettre "ensemble" pour signer une motion commune dont la menace permettrait le rejet de la loi travail "sans crise politique majeure" (il s'agit apparemment d'une initiative individuelle).

Le premier texte émane de "Nuit Debout" et "censure" le gouvernement. Bref, il s'agit d'un selfie de plus ne faisant même pas semblant de rechercher la moindre effectivité, ne parlons pas des moyens d'empêcher l'adoption de la loi via la censure du gouvernement. Confusion classique de "la cause" et "la pause" par ceux et celles qui "ne revendiquent rien".

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Le second texte émane notamment de Caroline De Haas, initiatrice de la pétition initiale "Loi El-Khomri, non merci" qui avait réuni 1 331 268 signatures (et les organisateurs possèdent donc le fichier des signataires).

Il s'agit en fait d'une motion, tout comme le texte de Nuit Debout, d'une affirmation dépourvue d'effectivité puisqu'il s'agit d'une "motion de censure citoyenne", ce qui n'a pas de réalité institutionnelle. Là aussi les signataires ne "revendiquent rien".

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Innovation par rapport à la pétition "Non, merci", elle met en avant "150 personnalités" que le "citoyen" infantilisé est invité à rejoindre.

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A ce stade, il est donc bon d'exposer le profil politique de Caroline De Haas (également co-signataire d'un texte de soutien aussi neuneu que distant à Nuit Debout paru dans le Monde.)

Mouvement des Jeunes Socialistes puis PS, porte-parole de Benoît Hamon, cette "personnalité" co-fondatrice d'Osons le Féminisme, association spontex, entre au cabinet de Najat Vallaud Belkacem (ministre des droits de la femme) après l'élection de Hollande où elle est chargée des relations avec les associations (un passage très rapide d'une association féministe au Ministère des droits de la femme, donc. Tout comparaison avec SOS Racisme et Ni Putes Ni Soumises serait évidemment inconvenante mais néanmoins sociologiquement juste.). Elle quitte le PS en avril 2014 et sa liste « Féministes pour une Europe solidaire » obtient 0,29% aux élection européennes en Ile-de-France. En janvier 2016, elle lance avec Elliot Lepers et Arnauld Champremier-Trigano la campagne "Pour une primaire à gauche".

Ce pedigree suggère que les luttes ne sont jamais aussi bien structurellement trahies que par ceux et celles qui dégainent les premiers lorsqu'une vague de contestation se forme pour y associer leur nom et être propulsé par la vague d'Hosukaï vers des hauteurs institutionnelles (un rapport horizontalité/verticalité pas si mal décrit par Frédéric Lordon dans Imperium, mais que la sagesse populaire appelle "opportunisme", ce qui est quand même plus facile à comprendre.)

Les signataires sont représentés par la photo de leur profil facebook (biais par lequel on signe la pétition) et on accède à leur nom en passant la souris dessus.

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Le troisième texte, et seule pétition, semble une initiative personnelle. Il a le mérite de revendiquer quelque chose, malheureusement totalement farfelu, que des députés de gauche et de droite s'entendent sur un texte de censure commun (en supposant que la droite est contre la loi !), et encore seulement pour obliger le gouvernement à retirer le texte pour éviter la censure et "une crise institutionnelle".

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Il y a là certainement de quoi désespérer Billancourt...

Une chose semble sûre : la fraction de classe moyenne qui s'agite médiatiquement autour de la loi El-Khomri n'a aucune détermination à empêcher qu'elle soit adoptée. Face à un gouvernement, si ce n'est un "Régime" comme on dit des Républiques bananières, véritablement à bout de souffle, c'est l'occasion de s'iconifier et de prendre position sur les barricades médiatiques. Et de constituer des bases de données sous forme de pétitions et de motions (ce qui est d'ailleurs l'objet de beaucoup de commentaires facebook sur la motion De Haas.)

Une chose est sûre : il faut faire tomber le gouvernement Vallas Macron notamment pour empêcher l'adoption de la loi El-Khomri.

N'en déplaise aux insurrectionnistes, c'est par la pression de la rue ET la voie institutionnelle que l'on peut y parvenir.

"En leur faisant peur". A qui ? Aux Députés qui ont signé la motion de censure de gauche mais refusé de voter la motion de censure de droite et dont la liste est ici.

Le Concierge

Laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein

mercredi 18 mai 2016

Meeting de l’appel “On bloque tout ! ”

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« On bloque tout ! », l’appel des syndicalistes contre la loi « travail » rassemble aujourd’hui plus de 1400 signataires dont 100 structures syndicales CGT, CNT, CNT-SO, FO, FSU, SUD-Solidaires… Nous continuons de dire que « la seule manière de gagner et de faire plier le gouvernement, c’est de bloquer l’économie » et que pour cela « il faut confirmer l’ancrage de la grève, préparer sa généralisation et sa reconduction partout où c’est possible dans les jours et semaines qui viennent ! »

Le mois de mai doit être celui durant lequel le mouvement social prendra toute son ampleur : l’heure est à la convergence des luttes, à la grève interprofessionnelle reconductible, partout où c’est possible.

Le jeudi 19 mai, à la Bourse du travail de Paris (salle Grande Croizat), soyons nombreuses et nombreux à participer au meeting de l’appel “On bloque tout ! ” à partir de 19h.

Calendrier de la mobilisation

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Repris du blog de Canaille le Rouge

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