Musée de l'Europe et de l'Afrique

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dimanche 4 mars 2018

Lettre ouverte de soutien au Professeur Tariq Ramadan par des Brésiliens

Nous diffusons ce texte tel qu'il a été publié, malgré les maladresses originelles de traduction (Le Concierge)

Il y a trois mois de cela que nous, enseignant-chercheurs et universitaires, professionnels du secteur informel, musulmans et non musulmans de diverses nationalités résidents au Brésil, accompagnons attentivement la procédure d’accusation du Prof. Tariq Ramadan.

Par la présente lettre ouverte, nous venons exprimer notre soutient à un des meileurs penseurs musulmans.

Détenu par la justice française depuis le 2 février, Tariq Ramadan qui s’est présenté spontanément vit une condamnation sans jugement.

Il n’est nullement question pour nous de nous attribuer quelque mérite que ce soit, qu’il soit coupable ou innocent. Ce qui nous revient à considérer en tant que citoyens est la présomption d’innocence qui ne lui a pas été conférée.

Nous qui accompagnons ses textes et discours publics, réitérons son engagement vis à vis des causes humanitaires.

Nous soulignons ses discours contre l’islamophobie, le terrorisme et les gouvernants corrompus (que ce soit ceux de pays arabe ou non) d’Europe ou d’autres continents.

Tariq Ramadan est un des grands penseurs de l’Islam Réformiste qui constitue une fine pensée portant sur le changement des coeurs et mentalités des musulmans. Son point de départ est l’éthique islamique (Akhlaq) à travers plusieurs champs du savoir.

Dans son livre Mon intime conviction, il réitère l’importance que les musulmans étudient dans les mêmes écoles que les non musulmans et non qu’ils construisent un monde à part.

En considérant ses préoccupations humanitaires et sa pensée, il nous revient de nous poser la question de savoir : à qui profite la prison du Prof. Tariq Ramadan ?

À ses supposées victimes ou aux politiques et idéologues xénophobes et islamophobes ? Avec l’idée de préserver une certaine pensée homogène, ils retirent les voiles des jeunes, régulent les espaces de prière et maintenant, en faveur de la ‘’sécurité’’ des femmes, on incarcère un professeur qui, il y a des années de cela, se dédie à l’enseignement et a dans sa longue carrière académique bien d’étudiantes dont plusieurs d’entre elles ainsi que d’ex-étudiantes et collègues qui l’appuient en ce moment.

Nous réitérons l’importance de considérer la présomption d’innocence de l’accusé de même qu’un jugement impartial, la préservation de sa santé physique et psycologique, en tenant en compte qu’il s’agit d’un patient souffrant de multiples scléroses à qui l’on a interdit depuis presque un mois de cela tout contact physique ou téléphonique avec sa famille.

Les visites lui ont été refusées même quand il s’est trouvé hospitalisé, ce qui démontre la violation des droits fondamentaux de la personne ainsi que la prison, l’isolement et la restriction de communication par courrier.

Tous ces traitements sont à questionner du point de vue des droits humains.

Signataires

Francirosy Campos Barbosa, Université de São Paulo (USP/RP)

Denise Dias Barros, Université de São Paulo et Casa Das Áfricas-Amanar

Mahfouz Ag Adnane, PUC- SP, Casa das Áfricas Amanar.

Idrissa Deme - Master en Météorologie et étudiant musulman résident au Brésil

Beatriz Barbosa Cezar, journaliste DRT MT 1341

Marcos Tenório, activiste pour les Droits Humains et pour la paix et directeur de Cebrapaz

Carlos Eduardo de Castro e Silva Carreira, avocat, étudiant en Master et chercheur de USP

Sylvia Caiuby Novaes, Université de São Paulo

Izabella Souza H. Rodrigues – Étudiante (Unifesp)

Moustafa Assem, Médecin chirurgien dentiste.

Cláudia Almeida de Souza- professeure

Jihad Jamal Elllakkis Mouallem – médecin Cardiologiste. Médecine Générale de la préfecture de la Commune de São Paulo

Association Islamique de São Paulo - Freguesia do Ó/SP

Mohamed Kadri, président de l'association islamique de São Paulo, auton

Pedro Paulo Pereira, Unifesp – Santé Collective

Pingréwaoga Béma Abdoul Hadi Savadogo – Socioanthropologue, Université Fédérale de Rio Grande do Norte et Casa das Áfricas-Amanar

Ali Mazloum, Juge fédéral, professeur de droit constitutionnel et des droits de l'homme

Ana Escaleira, Médicin Vétérinaire et internationaliste

Antônio Sérgio Santos Rabello. Avocat. OAB/MG 108. 532

Andrew Traumann, Historien

Felipe Freitas de Souza, Pédagogue

Elisabeth Spinelli de Oliveira, Université de São Paulo (USP)

Shadia Husseini de Araújo, Université de Brasilia (UnB)

Aline Sobral . Professeure

Samir Osman Isbelle, étudiant en génie chimique par Universidade Federal Fluminense (UFF)

Bobby Johnson, cheikh imam de la mosquée Anhangabau

Layla Mohamed El Mouallem, psychiatre résident - Unifesp.

Anwar Mohamed El Mouallem, Médecin résident Gynécologie et Obstétrique- Unifesp

Mohamed Nabil Mouallem, ingénieur chimiste.

Giovane Alves Nunes - Avocat. Directeur Juridique d'ANAJI - Association Nationale des Juristes Islamiques.

Reginaldo Nasser, PUC (Université Catholique Ponticale)

Moustafa El-Guindy, professeur Unicamp, avocat

Wellington Soares, Assistant medical.


"Nous qui accompagnons ses textes et discours publics, réitérons son engagement vis à vis des causes humanitaires"

RamadanGeniedeIslam.png Cliquer sur l'image pour écouter l'émission d'où est issue la citation ci-dessous

« (L’Etat d‘urgence) donne au pouvoir aujourd’hui administratif, à l’Etat, des latitudes qui dépassent tout contrôle judiciaire. Et ça c’est un vrai problème. Mais je ne suis pas le seul à le dire. Les Magistrats de ce pays sont en train de dire « Attention, où allons-nous ? » Et nous l’avons déjà vécu, nous avons vu les dégâts du Patriot Act aux Etats-Unis. Nous avons des gens qui sont en prison, ils n’ont rien fait, il y a des gens qui sont assignés à résidence, ici, en France, ils n’ont rien fait. Donc cette atmosphère de suspicion, l’état d’urgence qu’on prolonge - et on se demande bien pourquoi - est en train d’alimenter une atmosphère… Et c’est là, vous me posiez la question « qui est responsable ? », c’est là la co-responsabilité… Aujourd’hui, j’attends des gouvernements européens, aux premiers rangs desquels le Gouvernement français ou le gouvernement belge qu’ils comprennent que leurs concitoyens de confession musulmane sont des partenaires pour des solutions, et non pas des suspects pour entretenir un climat de peur…. »

Et il nous semble bien qu'un Procureur anti-terroriste ait innové en utilisant l'arbitraire de la détention provisoire contre un "suspect"... qui ne doit surtout pas être "un partenaire" pour "entretenir un climat de peur" susceptible de conduire à la destruction des Libertés publiques (liées à une "civilisation")... Dans tous les cas, c'est ce qui se produit en pratique depuis le 13 novembre 2015... Ceux qui se mobilisèrent immédiatement à l'époque contre cet état d'urgence, inscrit désormais dans le droit commun, et qui pourrait bien contaminer la procédure pénale "régulière" par le biais de la coutume (barbare), feraient bien d'y penser... (Le Concierge)

mercredi 21 février 2018

Tariq Ramadan : pour une justice impartiale et égalitaire

Tribune mise en "Une" du Club Mediapart, rompant ainsi un si bruyant silence... (Le Concierge)

Selon l'expertise médicale ordonnée par la justice pour statuer sur la demande de remise en liberté de Tariq Ramadan, son état de santé a été jugée compatible avec son maintien en détention. Pour défendre les principes d'une justice équitable et le refus des instrumentalisations dans la lutte contre les violences faites aux femmes, des personnalités entendent intervenir sur le fond éthique et politique.

Depuis le 2 février 2018, Tariq Ramadan est détenu dans le quartier haute sécurité de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) et placé à l’isolement. Le 15 février, son état de santé s’étant considérablement dégradé en raison d’un manque de traitement médical – il est atteint d’une sclérose en plaques associée à une deuxième maladie non identifiée –, Tariq Ramadan s’est rendu en ambulance au palais de justice pour savoir si la cour d’appel le maintenait ou non en détention.

Pour appuyer sa demande de remise en liberté, les avocats Yassine Bouzrou et Julie Granier ont remis au juge une lettre officielle du médecin de la prison stipulant que l’état de santé de Tariq Ramadan n’était pas compatible avec sa détention. Les avocats ont également proposé plusieurs garanties prévenant complètement le risque de fuite de leur client qui motive sa détention : remise de son passeport suisse (il n’en possède aucun autre), pointage quotidien au commissariat, interdiction de quitter le territoire, versement d’une caution de 50 000 euros.

En dépit de tous ces éléments, le tribunal a choisi de différer sa décision et réclamé un examen médical, renvoyant Tariq Ramadan en cellule quand des dispositifs moins risqués pour son état de santé étaient envisageables : le port d’un bracelet électronique ou l’assignation à résidence.

Une telle sévérité de traitement, notamment au regard d’irrégularité manifeste de la procédure judiciaire (perte d’un élément majeur fourni par la défense), rend légitimes les inquiétudes et les questionnements sur le caractère « particulier » que revêt désormais cette affaire.

Condamné avant même le démarrage de l’enquête judiciaire dans de nombreux médias et par des personnalités en guerre contre ses engagements religieux et politiques, Tariq Ramadan voit son droit à la présomption d’innocence massivement bafoué depuis cet automne. En outre il est aujourd’hui placé à l’isolement, sans aucune visite de ses plus proches ni coup de téléphone, quand d’autres personnes, cibles d’accusations semblables, présumées ou reconnues, ne sont pas mises en prison.

Face à cette sévérité et à cette inégalité de traitement, quel sentiment distille-t-on dans l’esprit des Français si ce n’est celui, déjà ancré, d’une justice à géométrie variable ? Quelle cause en faveur des femmes espère-t-on défendre en se montrant tout à fait intraitable à l’égard de certains et complaisant à l’égard d’autres ?

Les récentes campagnes sur les réseaux sociaux montrent à quel point les violences sexuelles faites aux femmes sont un phénomène majeur et grave, touchant l’ensemble de notre société. Et nous défendons avec force l’idée que le viol est un crime qui doit être sévèrement puni. C’est aussi pourquoi nous devons prendre garde à ce que ce mouvement en faveur des femmes, qui emporte aujourd’hui une adhésion beaucoup plus large, ne soit pas instrumentalisé à des fins politiques sans rapport avec la cause des femmes.

Ainsi, sans présager de l’innocence ou de la culpabilité de Tariq Ramadan, et dans le respect complet de la parole des plaignantes, nous défendons le droit de Tariq Ramadan à une procédure judiciaire régulière, ainsi qu’à sa libération immédiate au regard de son état de santé alarmant. Le respect des droits fondamentaux d’une personne, indépendamment de ses origines, de sa religion et de ses opinions politiques, est le socle sur lequel notre démocratie a bâti ses principes égalitaires.

Il est de notre devoir aujourd’hui de nous inquiéter d’un traitement judiciaire d’exception à l’endroit de Tariq Ramadan et de sonner l’alarme contre les motivations politiques qui pourraient contrevenir au bon fonctionnement de la procédure judiciaire et empêcher la vérité, quelle qu’elle soit. Il en va de notre intérêt à toutes et tous.

Ajout du 26/02 : Publiée par Mediapart et politis, cette tribune avait été refusée par Le Monde et Libération (Le Concierge)

Les signataires :

Sihame Assebague, militante antiraciste

Karen Armstrong, auteure et chercheuse en religion comparative

Fanny Bauer Motti, docteure en psychologie clinique

Jean Daniel Belfond, directeur Presses du Châtelet et Archipel

Judith Bernard, enseignante, metteure en scène, journaliste

Cheikh Boikari Fofana, président du conseil supérieur des imams en Côte d’Ivoire

Houria Bouteldja, militante antiraciste

Jonathan AC Brown, professeur à l’université de Georgetown

François Burgat, politologue

Massimo Campanini, historien en philosophie islamique (Italie)

Stéphanie Chevrier, directrice des éditions Don Quichotte

Ismahane Chouder, militante féministe MTE

Philippe Christanval, ancien footballeur professionnel

Blondin Cissé, philosophe et maître de conférences (Sénégal)

Sonia Dayan Herzbrun, sociologue et philosophe

Christine Delphy, sociologue, militante féministe

Nathalie Dollé, journaliste

Nabil Ennasri, docteur en sciences politique

Farid Esack, écrivain, professeur d' études islamiques à l' Université de Johannesburg

John Esposito, professeur d'affaires internationales et d'études islamiques à l'université de Georgetown, (Washington, D.C.)

Richard Falk, professeur de droit international à l'Université de Princeton

Mireille Fanon Mendès-France, ex UN expert, consultante juridique

Jacques Faty, footballeur professionnel

François Gèze, éditeur

Alain Gresh, journaliste

Ramon Grosfoguel, professeur des universités à Berkeley

Michelle Guerci, journaliste, féministe antiraciste

Farid Hafez, chef du département d’Études religieuses à l’université de Johannesburg

Malika Hamidi, auteure et sociologue

Eric Hazan, éditeur

Moussa Ibn Yacoub, travailleur humanitaire

Rachid Id Yassine, sociologue

Ahmet Kavas, diplomate

Salim Kerkar, footballeur professionnel

Sho Konishi, professeur d’Histoire moderne du Japon Université d’Oxford

Stathis Kouvelakis, professeur en théorie politique à King's College (Londres)

Nathan Lean, chercheur et écrivain Université d’Oxford

Olivier Le Cour GrandMaison, universitaire

Gustave Massiah, économiste

Ebrahim Moosa, professeur d'études islamiques à l'université de Notre-Dame (Indiana)

Marwan Muhammad, auteur & statisticien

Kalypso Nicolaidis, professeure relations internationales, Université d’Oxford

Didier Lestrade, journaliste et écrivain

Mame Penda Ba, professeure en science politique à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal)

Marie Lorraine Pradelles, psychanalyste

Geneviève Rail, militante féministe, professeure à l'université de Concordia (Canada)

Nadine Rosa Rosso, enseignante et militante

Catherine Samary, économiste

Felwine Sarr, écrivain, économiste

Simon Saunders, professeur de philosophie, université d’Oxford

Joan W. Scott, professeure émérite, Institute for Advanced Study (Princeton NJ)

Abdourahmane Seck, anthropologue et historien

Michèle Sibony, militante antiraciste

Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture au Mali, militante altermondialiste

Françoise Vergès, politologue et militante féministe antiraciste

Dominique Ziegler, auteur, metteur en scène

samedi 17 février 2018

Si on en croit l'AFP, Caroline Fourest aurait encore menti...

Une dépêche de l'AFP datée du 17 février 2018 affirme :

Dans leurs investigations, les enquêteurs ont mis au jour que les deux plaignantes ont partagé des contacts réguliers avec plusieurs détracteurs de l'intellectuel.

Selon un procès-verbal dont l'AFP a eu connaissance, les relevés téléphoniques ne font apparaître aucun contact direct entre Henda Ayari et Christelle entre le 6 mai et le 6 novembre 2017.

En revanche, ils montrent des communications fréquentes de chacune avec la ligne de Fiammetta Venner, une intime de Mme Fourest (116 fois pour Christelle et 156 pour Mme Ayari), sur cette même période de six mois.

Alors, on ne sait pas comment l'AFP s'est procuré ce "PV". Pas plus qu'Europe 1 ceux de l'audition en garde à vue (la justice de ce pays est un vrai mystère...)

Soit l'AFP s'est fait refiler des faux (la presse de ce pays étant un vrai mystère...).

Soit, Caroline Fourest a menti (ce qui ne serait pas la première fois. Car Caroline Fourest est un vrai mystère ! Autant de mystères, ça tient du génie national ! C'est l'affaire Dreyfus qui revient en version club Dorothée et le monde entier n'a pas fini de se marrer !).

En effet, dans un entretien à CNews, elle a déclaré le 31/10/2017 :

(5’00’’→ 5’51’’)

Vous vous faites le porte-parole de ces femmes aujourd’hui ?

Comme je vous le dis parce que à partir du moment où Henda Ayari que je ne connaissais pas jusqu’à ces tous derniers jours, que j’ai découvert comme tout le monde dans la presse quand elle a annoncé qu’elle portait plainte contre Tariq Ramadan… J’avais en plus, sincèrement j’avais un peu décroché sur Tariq Ramadan. De vous à moi, moi j’en avais soupé, j’ai quand même beaucoup donné. Et puis quand j’avais entendu tous ces récits, j’’ai eu une sorte de vrai dégoût, de vraie nausée, donc j’avais vraiment beaucoup de mal de continuer à travailler sur ce personnage… Donc j’avais un peu oublié toutes ces affaires… Et quand Henda Ayari a parlé, et que j’ai vu se mettre en place la meute habituelle que je connais parce que ça fait 15 ans que je les ais aux trousses, ça fait 15 ans que j’ai ces procès d’intention, je suis traitée ed’islamophobe, de menteuse, par les fans, et les alliés aussi, plus sérieux de Tariq Ramadan… Je ne pouvais pas ne pas dire pour le coup, écoutez son récit mérite d’être entendu… (souligné par Le Concierge)

On passe sur les accusations récurrentes de l'Imam Cachée Caroline Fourest (connue par les seul(e)s initié(e)s sous le sigle ICCF) dans la suite de l'interview (seule Caroline Fourest connait la véritable pensée de Tariq ramadan qui pratique la double-pensée et a raconté sur tous ces thèmes n'importe quoi à edgar Morin et sa femme avant d'aller diffuser ses propres mensonges, non seulement sur les chaines de télé en compagnie de l'intéressé, mais à son public lors de ses conférences... qui lui-même avait reçu un SMS précisant qu'il fallait comprendre tout le contraire de ce que Tariq ramadan disait - langage codé !!!).

Pour arriver à la conclusion :

(12’19’’→ 13’09’’)

Pour conclure Caroline Fourest, est-ce que vous attendez… est-ce que vous avez peut-être déjà d’autres femmes ou jeunes filles qui vous ont contactée ?

Ben suite à mon article…

Peut-être certaines ont plus peur de parler que d’autres… en Grande-Bretagne ou ailleurs ?

Ben écoutez, en tous cas je l’espère… Si je pouvais servir à ça dans les quelques plateaux télé qu’il me reste à faire sur ce personnage avant d’en finir de mon côté en tous cas, ce serait vraiment d’inviter celles qui ont une histoire similaire à Henda Ayari et celle qu’on appelle Crystelle à se manifester et à ne pas croire que parce deux sont en train de prendre tous les coups et tous les risques ça peut suffire à l’arrêter… Si elles pensent que c’est aussi grave (sic) que certaines le disent, il faut qu’elles se manifestent et qu’elles portent plainte parce que la justice demande beaucoup pour pouvoir prouver une agression sexuelle.

Rejoignant ainsi la stratégie d'un "pool de 10 avocats', une "petite équipe" qui a largement abreuvé le Nouveau Détective Moustachu de témoignages "accablants" !

De son côté, Médiatarte, depuis que le courageux Plenel a essayé de se débarrasser du sparadrah Ramadan (bien avant les plaintes et en 5 articles à charge truffés d'erreurs) a censuré des Tribunes ('après vérification', ouaf ouaf !), avant de les remettre, rapportant des faits, au moins en partie depuis confirmés par les intéressés[1] !!!

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Tout cela ne dit bien sûr rien de la réalité des faits (qui doivent être établis par des preuves et non la conviction du Procureur de Paris qui a signé la lettre de cachet - digne d'un dessin de Charlie Hebdo faisant le lien explicite entre Tariq ramadan et les kamikazes -, quand même ancien chef de cabinet d'Alliot-Marie et en charge de toutes les affaires terroristes au niveau national...).

Mais si les informations de l'AFP sont "vraies", alors Caroline Fourest a menti.

Or son "expertise de Tariq Ramadan" (attestée par un "livre", un peu comme dans l'Affaire Coupat à l'envers, truffé d'erreurs) est clairement un élément à charge.

Sans compter qu'elle a fourni des éléments à charge dans le cas de la 2ème plainte comme elle l'a déclaré elle-même.

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Dans tous les cas, la mise en détention préventive de Tariq Ramadan, pour des mois si la Cour d'Appel la confirme, dans un quartier sécurisé, avec refus de visite de sa famille, à quelques centaines de mètres d'Abdelslam dépasse de loin le cadre d'une instruction suite aux plaintes pour viols. C'est une détention politique, celle d'une personnalité considérée par les autorités françaises comme un dangereux islamiste, contre laquelle rien n'a jamais pu être prouvé (et pour cause !).

Telle est bien "la France de Caroline Fourest", de Manuel Valls et de ses indignes successeurs. Ce n'est pas la notre.

le Musée de l'Europe exige la mise en liberté immédiate de M. Tariq Ramadan

le Concierge

Dernières nouvelles

Caroline Fourest aurait fuit à l'étranger !

Capture_d_e_cran_2018-02-18_a__01.01.57.png Le motif invoqué est suffisamment grotesque (ou BHLesque ?) pour signer la fuite

LHOOQ.jpg L.H.C.O.O.Q

extrait d'un post de Caroline Fourest sur son blog après la dépêche AFP

Capture_d_e_cran_2018-02-18_a__01.04.34.png Malheureusement pour le Club Dorothée, ce sont des contacts avec la compagne de Caroline Fourest dont on parle, pas entre les plaignantes, c'est d'ailleurs assez typique de la façon de procéder de Carolien Fourest...

Capture_d_e_cran_2018-02-18_a__01.05.59.png ... qui sont donc des contacts avec Caroline Fourest. ! Ce sont ces fadettes qu'il fallait démentir ! Le Musée en conclut donc qu'elles sont établies, en réponse à nos propres interrogations plus haut sur la dépêche AFP...

Notes

[1] Il semble que Michel Debacq, ancien chef de l'ati-terrorisme et ami du très grenouilleur Gilles Kepel (le BHL du Monde Arabe adoubé par Macron) soit avocat à la Cour de Cassation désormais et donc rien à voir avec le service chargé de l'enquête Ramadan. Mais si Médiatarte avait fait des "vérifications", la censure aurait pu se contenter de demander le retrait du seul "Michel Debacq, un juge employé par le service chargé des interrogatoires de Tariq Ramadan, aurait pu avoir accès à son dossier". Pas par la voie officielle, en même temps, dans l'anti-terrorisme dont il est, ça grenouille, ça grenouille, surtout quand on est proche du Président, et que du coup... on l'expose ! !

vendredi 2 février 2018

Tariq Ramadan est un prisonnier politique

Communiqué du Musée de l'Europe

Le Parquet vient de requérir le placement en détention préventive du Professeur Tariq Ramadan.

Se faisant, il viole les principes généraux du droit suivants :

1) La présomption d'innocence

2) La charge de la preuve revient à l'accusation

3) L'Habeas Corpus (repris dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen... avec beaucoup de retard, n'en déplaise aux François)

4) Le Principe de proportionnalité

fourestRamadan.PNG Caroline Fourest est donc l'auteur du "Bordereau", publié par... Grasset !

L'inversion de la charge de la preuve avait été réclamée dans plusieurs tribunes par des "intellectuelles" : il ne s'agit de rien d'autre que du démantèlement des libertés publiques[1].

blogDelphy.png A ce jour, il aurait été plus précis de parler de la parole de 'deux femmes" (si on exclut Sœur Caroline du Silence, qui sait depuis longtemps mais n'a rien dit comme une Céline Duflot de base !). Les femmes, ça fait quand même usurpation de la parole de quelques milliards de femmes... par des intellos qui font des tribunes dans Libération !

L'accusation est portée par Caroline Fourest, témoin à charge, témoin de rien.

Caroline Fourest est une affabulatrice médiacratique notoire qui harcèle le Professeur Ramadan depuis des années, alors qu'elle a été prise la main dans le sac de trucage de ses sources. C'est une semeuse de haine professionnelle. Une sorte de radio des 1000 collines.

La décision du Parquet est extrêmement grave. Le Parquet étant subordonné, la responsabilité est celle des plus hautes autorités de l’État, et donc bien sûr du Président de la République, "Jupitérien".

Elle est susceptible de créer de graves troubles à l'ordre public.

Elle ouvrira une "affaire Dreyfus".

Elle renforcera le communautarisme attisé depuis des années par des irresponsables. Pendant ce temps-là, les biens et les services publics pourront continuer à être pillés par les prédateurs, et tout cela est bien évidemment lié.

Elle accréditera aux yeux du monde entier que la France est un État raciste et arbitraire.

Par ailleurs, la sécurité du Professeur Ramadan ne sera pas assurée en prison.

Dès lors, le Musée de l'Europe considère Tariq Ramadan comme un prisonnier politique.

Il exige sa libération immédiate.

Le Concierge

Capture_d_e_cran_2018-02-09_a__01.08.03.png

NB : Les illustration ont été rajoutées après la publication à chaud.

Ajout du 25/02/2018 : Christine Delphy a signé l'appel Tariq Ramadan : pour une justice impartiale et égalitaire ce qui nous a fait pousser un "ouf" de soulagement...

Notes

[1] Dans une première version nous avions écrit "Etat de droit". Mais Etat de droit est l'habillage idéologique derrière lequel se cache l''état de non-droit, qui permet tous les mauvais coups. Pour une fois que c'est un Professeur d'Université qui en fait les frais, on pense à tous ceux qui occupent une position subalterne, victimes quotidiennes de "la justice de classe"

mercredi 17 janvier 2018

Retour à l'Etat de droit ? Ce serait une excellente idée !

vinci.gif

Le grabataire lyonnais, figure, s'il en est, de la "jeunesse en marche", se propose de créer un "Larzac" par ordonnance sur le site de Notre-Dame-Des Landes.

Il ferait mieux, étant donné son talent agricole et auto-gestionnaire, de lancer ses forces contre la multinationale Vinci, pour faire revenir dans le giron de l’État, une entreprise qui en émane totalement, et à laquelle un contrat léonin en PPP a été accordé sur ce site, par des suspects de Haute trahison et de corruption au dernier degré, typiquement néo-libéraux, et typiquement escrocs en biens publics. L'affaire n'est pas récente puisque Vinci rançonne, depuis si longtemps, une population, sur des autoroutes qu'elle a payées avec ses impôts.

CRS, Armée ? Oh oui ! Mais pour nationaliser un bien public aux mains des accapareurs publics-privés, dont LA PLACE EST EN PRISON AVEC TOUS LEURS COMPLICES ! (Le Concierge)

Retour à l'État de droit

«Personne n'a envie qu'il y ait un drame», a néanmoins rappelé Benjamin Griveaux, faisant référence à l'évacuation de la ZAD de Sivens dans le Tarn. Le 26 octobre 2014, un militant écologiste de 21 ans, Rémi Fraisse, avait succombé à l'explosion d'une grenade tirée par un gendarme lors de violents affrontements.

«Il faut gérer ce genre de crise avec beaucoup de maîtrise», a souligné Gérard Collomb. Le ministre de l'Intérieur a expliqué vouloir donner un autre avenir à cette ZAD, créée en 1974. «Il y a toute une série de gens qui ont des projets sur la ZAD, qui sont prêts le cas échéant à pouvoir faire autre chose», a-il ajouté, laissant imaginer un avenir similaire à celui du Larzac.

Le Figaro

lundi 15 janvier 2018

Une marina à Anderlecht ?

Le Porte-Urinoirs Marcel Noël Bourdieu, ses frégates lance-entonnoirs Karl Kraus et Guy Hocquenghem, le ravitailleur en crème chantilly premier prix Erasme et le navire de déconditionnement Clouscard, au terme (provisoire) d'une campagne rondement menée au service des écoliers de la Fédération Wallonie-Bruxelles, se préparent à faire relâche sur le site de la (future?) Marina d'Anderlecht. Des opérations croquignolesques seront éventuellement planifiées, en cas de besoin, pour porter assistance aux joyeux flibustiers en lutte contre ce bétonnage irrégulier et nocif à la vie maritime...

En attendant, signez la pétition !

croisiere.png Premières images transmises par le satellite Wangui Mbatia du Porte-Urinoirs à quai à Anderlecht (cliquer sur l'image)

marina1.png

marina2.png

Chers tous,

Vous avez certainement entendu parlé d'un projet tout à fait incongru de marina (un bassin pour des yachts) à Anderlecht, près de la rue Wayez. Ce projet est choquant et totalement déconnecté des besoins et réalités des habitants de ce quartier et tout simplement des besoins de la Région bruxelloise elle-même. Contrairement à ce que de nombreuses personnes pensent, il n'est nullement situé sur le bassin de Biestebroeck mais bien en plein milieu d'un îlot urbain.

C'est un projet très dense de 300 logements assortis de 345 places de parkings organisés autour d'un bassin destinés à accueillir une quarantaine de yachts. Comme vous le constatez sur la photo, la marina n'est absolument pas ouverte mais très repliée sur elle-même.

Les raisons de s'opposer au projet sont multiples, en voici quelques unes :

(1) L'actuel port de plaisance de la Région, le Brussels Royal Yacht Club (BRYC) n'est rempli qu'à 60 % et sert essentiellement de port d'hivernage. Tout simplement car en raison de ses nombreuses écluses et la circulation des péniches, le canal n'est pas adapté à la plaisance. Si bien que le risque est bien réel que la futur marina reste pratiquement vide.

(2) Les coûts connexes de la création de la marina sont très importants et se chiffrent à plusieurs millions d'euros. Elle nécessite le déplacement d'un collecteur récoltant les eaux usées de 100.000 habitants, elle suppose la création d'un pont pour permettre la continuation de la voirie et de la piste cyclable qui sera inévitablement perturbée, pendant le long chantier il faudra rabattre la nappe phréatique,... Comme le souligne l'étude d'incidences du projet, il faudra 60 ans pour amortir les coûts connexes liés à la création de la marina. Son enclavement a pour conséquences que son entretien sera coûteux et malaisé. A terme, le risque est grand de se retrouver avec une friche aquatique difficilement reconvertible.

(3) Ces coûts importants ont pour conséquences que le promoteur devra vendre ces logements à un prix élevé hors de portée du revenu moyen et certainement des habitants de ce quartier populaire. Le projet générera des pressions spéculatives dans le quartier et ouvre la voie à la densification sur la rive gauche du canal déjà très dense.

(4) Le projet n'est absolument pas vert, il nécessite l'abattage de 87 arbres (seulement 5 replantés), pratiquement toute la parcelle est construite et le bassin est construit sur une dalle de béton.

Que vous habitiez ou non Anderlecht, ce projet symbolise la ville qui se fait contre les habitants. C'est pourquoi je vous invite à signer et à relayer la pétition

Vous trouverez plus de d'informations sur ce projet ici

Le projet est avancé et au stade de la délivrance des permis.

Une commission de concertation est prévue le 18 janvier à 14h30 à la Maison communale d’Anderlecht dans la salle de réunion du 3ème étage, rue Van Lint 6.

Faisons en sorte que ce projet ne reste que de l'ordre du fantasme de certains.

Merci à vous!

mercredi 29 novembre 2017

Macron : « Le franc CFA est un non-sujet pour la France »

L’économiste Kako Nubukpo fustige la position du président français sur le CFA, qu’il juge « imprécise et caricaturale ».

Ce que nous redoutions depuis des années s’est produit hier, mardi 28 novembre, à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, au Burkina Faso, lors des échanges qui ont fait suite au discours de M. Macron. Une façon arrogante, pour ne pas dire plus, de la part de M. Macron, d’exprimer le déni de l’histoire monétaire françafricaine, renvoyant les dirigeants africains à leur servitude monétaire volontaire, les mettant à nu de la pire des façons, à travers des réponses d’une violence symbolique inouïe, dont la plus emblématique fut sans doute : « Le franc CFA est un non-sujet pour la France. »

Le franc CFA fait couler beaucoup d’encre, depuis longtemps, avec une accélération et une tension sans précédent depuis quelques mois. On était donc en droit de s’attendre de la part de M. Macron, dans le cadre d’un discours à une jeunesse africaine préoccupée à juste titre par son avenir, à des propos structurés, réfléchis et fortement argumentés sur sa vision de l’avenir de cette monnaie, à l’intérieur même de son discours. Mal nous en a pris, car de franc CFA, il ne fut guère question.

Siphonnage des ressources africaines

Il a donc fallu attendre qu’une remarque lui fut faite par un étudiant burkinabé pour l’entendre enfin exposer sa vision : imprécise, caricaturale et, pour finir, déshonorante pour les dirigeants africains.

Imprécise, car M. Macron semble ignorer que cette monnaie fut imposée aux Africain.e.s dans le cadre des turpitudes de la colonisation française. En effet, le franc CFA est le produit de la création de la Banque du Sénégal en 1855, banque créée grâce aux ressources versées par la métropole française aux esclavagistes en guise de réparations après l’abolition de l’esclavage le 27 avril 1848. Cette banque deviendra, au début du XXe siècle, la Banque de l’Afrique de l’Ouest (BAO), qui aura le privilège d’émission de la monnaie ancêtre du franc CFA qui naîtra officiellement le 26 décembre 1945, dix ans avant la création de l’Institut d’émission de l’Afrique occidentale française (AOF) et du Togo, lequel institut deviendra la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) quelques années plus tard.

C’est dire si le fait monétaire en Afrique francophone épouse les contours de la violence esclavagiste, coloniale et postcoloniale. Rien que pour cela, pour les souffrances des paysan.e.s africain.e.s obligé.e.s de payer l’impôt en franc CFA, dont la disponibilité exclusive était liée à la rémunération de la production et de la vente des produits de rente (café, cacao, coton) et donc l’abandon des cultures vivrières, M. Macron aurait dû faire preuve de respect et de plus d’égards à l’endroit des enfants et petits-enfants de paysan.e.s burkinabé.e.s qui ont payé un lourd impôt colonial, fait de travail forcé et de déportations massives vers la zone « office du Niger » au Mali.

Caricaturale, car M. Macron, vantant la prétendue stabilité qu’offre le franc CFA, a oublié d’insister sur le fait que les arrangements institutionnels organisant le fonctionnement de la zone franc constituaient le véhicule par excellence de l’accumulation de richesses hors du continent africain. En effet, la fixité de la parité entre le franc CFA et l’euro, la totale garantie de convertibilité entre ces deux monnaies, et enfin la liberté de circulation des capitaux entre les deux zones (franc et euro), permettent un siphonage en toute légalité des ressources africaines vers des cieux où le capital serait en meilleure sécurité, obligeant les forces productives de la zone franc à recommencer, chaque année, le processus d’accumulation du capital.

De concession sur les faiblesses structurelles du franc CFA, il n’en fut guère question de la part de M. Macron, sinon quelques propos imprécis sur la compétitivité, le nom et le périmètre de la monnaie. Et pourtant, il eût été facile de reconnaître que cette monnaie, trois quarts de siècle après sa création, n’a impulsé aucune dynamique positive en matière d’échanges intra zone franc, d’accroissement de la compétitivité prix et hors prix, d’accès facilité au crédit productif et enfin de création d’emplois massifs pour les jeunes.

Déshonorante enfin pour les dirigeants africains, car la leçon donnée hier à Ouagadougou par M. Macron peut se résumer de façon ironique en un conseil qu’a toujours donné le grand historien burkinabé Joseph Ki-Zerbo : « Il ne faut pas dormir sur la natte des autres, car c’est comme dormir par terre. » En effet, utilisant une rhétorique guerrière, à la limite de la courtoisie envers ses hôtes burkinabés, M. Macron a montré aux dirigeants africains qui auraient des états d’âme sur le franc CFA la porte de sortie, tordant ainsi le cou au prétendu « complot français » derrière lequel les chefs d’Etat africains ont beau jeu de se réfugier de manière rituelle pour justifier leur inertie en matière de gestion monétaire.

Improvisation économique des chefs d’État africains

Les chefs d’Etat africains, cédant comme toujours aux sirènes de l’improvisation économique dictée par leur absence de vision stratégique de long terme et à la dictature du court terme, refusent ostensiblement de prendre à bras-le-corps la question de l’inadéquation entre l’utilisation du franc CFA et la réalisation de l’émergence économique, de peur de mécontenter le tuteur historique que constitue la figure tutélaire du président de la République française.

Mal leur en prend, car hier M. Macron a retiré, sans crier gare, le tapis qui recouvrait la poussière d’un arrangement monétaire d’un autre temps, politiquement dévastateur en termes de souveraineté, économiquement mortifère en termes de création d’emplois et socialement inique en termes de redistribution de la richesse collective.

Gérer soi-même sa monnaie est le gage premier de la souveraineté. Pour avoir sous-estimé cette vérité d’évidence historique, et avoir pensé naïvement pouvoir se départir sans frais de l’exigence de rigueur liée à la gouvernance des peuples, les dirigeants africains de la zone franc ont subi hier de la part de M. Macron un camouflet qui rejaillit sur l’ensemble de la jeunesse africaine comme un énième viol de ses rêves d’émancipation. Au tribunal de l’Histoire, il leur faudra de bons avocats.

Kako Nubukpo est économiste et ancien ministre de la Prospective et de l’évaluation des politiques publiques du Togo.

Source : Le Monde Afrique, paru sous le titre "Franc CFA : les propos de M. Macron sont « déshonorants pour les dirigeants africains »"

Lire aussi le texte d'une autre conférence à l'Université de Ouagadougou : Crises mondiales et mouvements sociaux

Rebondissement (en forme de CQFD) 8/12/2017

La tribune contre le franc CFA signée par le Togolais Kako Nubukpo le 30 novembre sur Le Monde Afrique en réponse aux propos tenus par Emmanuel Macron lors de son déplacement à Ouagadougou, le 28 novembre, aura été celle de trop. Le directeur de la francophonie économique et numérique au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a été officiellement suspendu de ses fonctions mardi 5 décembre par la secrétaire générale de l’institution, Michaëlle Jean. Une éviction qualifiée de « brutale » par M. Nubukpo qui, après avoir refusé de démissionner, s’est vu notifier une « suspension de fonctions à titre conservatoire ». Son salaire a été bloqué, son ordinateur et son adresse mail lui ont été retirés tout comme son badge lui donnant accès à l’immeuble de l’avenue Bosquet, dans le 7e arrondissement de Paris où se trouve le siège de l’OIF.

Lire la suite sur le site du Monde-Afrique

mardi 25 avril 2017

Insoumis, faites mouvement !

Chers insoumis,

Sauf à ce qu'un spécialiste de la sociologie électorale me démontre le contraire, l'opération menée par Hollande et le CAC 40 a réussi. Macron est d'ores et déjà élu au 2nd tour. Donc ce débat sur le vote de second tour n'a pas lieu d'être.

Chacun n'a qu'à faire ce qu'il veut. Il n'y a pas de campagne à mener. Car sinon, vous allez vous diviser.

Et vous vous diviserez d'autant plus qu'il est essentiel pour le pouvoir et le CAC 40 que vous soyiez divisés. Ils vont tout faire pour cela, avec les mêmes méthodes (la presse) par lesquelles ils ont mis Macron au pouvoir (c'est un coup d'Etat des ingénieurs électoraux, préparé de longue date et mené de main de maître). Ne vous divisez pas.

Faites "mouvement". Soyez un mouvement d'opposition, puissant. Cessez-là ces débats qui n'ont pas lieu d'être. Et réfléchissez aux moyens de lutter contre ce président élu dès le 1er tour, quoi que l'on fasse. Qui disposera très certainement d'une majorité bicéphale à l'allemande, indéboulonnable. Et liquidera nos droits sociaux par ordonnances et sous état d'urgence. Les Grandes Orientations de Politique Economique (GOPE) de la Commission européenne pavent le chemin, et elles sont plus ou moins radicales selon la souveraineté du pays concerné, le passage à la limite s'effectuant en Grèce, où l'on voit jusqu'où ils peuvent aller quand plus rien ne les en empêche.

Oubliez la mère Le Pen qui n'est là que pour neutraliser 25% des électeurs (mais pas plus) pour empêcher le pouvoir du peuple et permettre la domination sans partage de la minorité possédante, le bloc bourgeois. Ne vous dispersez pas, ne vous divisez pas. Votez ou non chacun en votre âme et conscience, ne dites même pas votre choix, réservez-le à l'isoloir.

Ne mettez pas en jeu la cohérence d'un collectif. Ou plutôt, faites le advenir comme collectif, collectif de lutte, collectif de soutien aux luttes. Faites mouvement de résistance au Président des riches puisqu'il est déjà élu.

Le Concierge

lundi 6 mars 2017

Pourquoi nous appelons les chômeurs à soutenir la grève du 6 mars à Pôle emploi

Cette grève est appelée par 5 organisations syndicales pour dénoncer le Plan stratégique Pôle Emploi 2020 dont l’objet est la disparition pure et simple d’un certain nombre de missions fondamentales, inscrite dans la LOI n° 2008-126 du 13 février 2008, par étape, par couche, dont, entre autres : l’accès au service public par la fermeture des agences locales en demi journée, la dématérialisation acharnée des contacts (de l’inscription à la radiation en passant par les entretiens de suivis), les suppressions de services ou agences spécifiques (à destination des licenciés économiques, ou des cadres), la disparition du métier indemnisation en supprimant les professionnels de la « Gestion des Droits ».

Le choix de l’alliance entre Pôle Emploi et des innovateurs digitaux qui se nomment eux-mêmes les barbares fait partie de la stratégie. Ils fabriquent leurs gadgets modernes, nourris aux algorithmes et donnent l’illusion que tout le monde peut s’inscrire, tout seul, à Pôle Emploi, s’indemniser sans l’aide de personnel compétent, se former, s’orienter, s’évaluer, et répondre à une multitudes d’offres d’emploi tailler sur mesure, pour soi, par Bob emploi.

Cette grève dénonce « la vente à la découpe » du Service Public :

L’externalisation de missions fondamentales de Pôle Emploi vers des entreprises privées (CAPGEMINI, WEBHELP, INGEUS, AKSIS, TESSI , ARVATOR...la liste est longue) qui se gavent grâce aux largesses du Service Public et à la cécité de ceux qui l’administrent, le financent, le gèrent et le contrôlent (3,3 Md€ en 2016 proviennent de nos cotisations : Article L5422-24) participent à la liquidation de Pôle Emploi qui se voit, pour la première fois, réduire son budget de 30 millions d’euros en 2016.

Un personnel en perte d’identité :

Les psychologues se déqualifient, les conseillers de la « gestion des droits » se mettent la rate au court bouillon en assistant à leur mort annoncée, et les conseillers emplois, sous une pression jamais égalée, prescrivent à tours de bras, au privé, des prestations-à-la-noix nommées : Activ’Emploi, Activ’Projet, Activ’Créa (peu importe ce qu’il en sortira, mais surtout Activ’Toi ailleurs qu’à Pôle Emploi) !

Cette grève est un appel à lutter contre la destruction de Pôle Emploi, et à défendre un service public humain, un service public de qualité, et une protection sociale digne de ce nom. Cette grève va dans le sens de l’intérêt de ses usagers.

Lire l'appel sur CIP-IDF

jeudi 9 février 2017

Les défis pour la gauche dans la zone euro

Voici un texte co-signé par plus de 70 personnes actives dans de nombreux pays d’Europe (voir liste complète en bas de l’article). Ce texte collectif établit une analyse claire des rapports de force dans l’Union européenne et avance une série de propositions radicales mais nécessaires, pour quiconque prétend lutter contre l’austérité, en faveur d’une Europe des peuples et pour la transition écologique.

''Ce qui fait l’importance de ce texte, outre son contenu, est qu’il est co-signé par des personnalités et des militant-e-s de plus de 15 pays européens, provenant de différents horizons : de Podemos et Izquierda Unida au Bloc de Gauche portugais, du Parti de Gauche au NPA en passant par Ensemble ! en France, de l’Unité populaire à Antarsya en Grèce, de la gauche radicale danoise à celle de Chypre en passant par celle de pays comme la Slovénie, la Bosnie-Herzégovine ou la Hongrie. Il est signé par des député-e-s européen-ne-s de différents partis et de différents pays, par le responsable des finances de la Ville de Madrid, par l’ex-présidente du parlement grec, par une série de membres de la commission pour la vérité sur la dette grecque…

Les 10 propositions avancées dans ce texte résultent de l’analyse de la situation en Europe depuis 2010, de l’affrontement entre Syriza et la Troïka – car ce fut bien un affrontement – au premier semestre 2015 et de l’application des politiques d’austérité par Syriza depuis lors, mais aussi des expériences espagnoles, irlandaises ou chypriotes. Les événements récents ont clairement démontré la nécessité pour un gouvernement de gauche d’avoir le courage de désobéir aux injonctions des autorités et des traités européens. Cela doit s’accompagner d’une mobilisation populaire encouragée par le gouvernement et d’une série de mesures fortes : organiser un audit de la dette avec participation citoyenne, mettre en place un contrôle des mouvements de capitaux, socialiser le secteur financier et le secteur de l’énergie, réformer radicalement la fiscalité… Et bien sûr, avoir l’inévitable débat sur la zone euro, dont la sortie est une option qui doit être défendue au moins dans certains pays.''

L’analyse objective des politiques européennes des dernières années nous amène invariablement à cette conclusion : seules des mesures souveraines et unilatérales fortes d’autodéfense permettront aux autorités nationales et aux peuples qui les ont mandatées pour rompre avec l’austérité de mettre en œuvre cette rupture et de donner une première réponse au problème de la dette illégitime.

Lire l'exposé des motifs précédent ces 10 propositions ainsi que la liste des signataires sur le site du CADTM

Dix propositions afin de ne pas reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce

Pour éviter de reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce en 2015, voici dix propositions pour la mobilisation sociale et l’action d’un gouvernement réellement au service du peuple à mettre en œuvre immédiatement et simultanément.

La première proposition est la nécessité, pour un gouvernement de gauche, de désobéir, de manière très claire et annoncée au préalable, à la Commission européenne. Le parti qui prétend, ou la coalition de partis qui prétendent gouverner et, bien sûr, nous pensons à l’Espagne, devront refuser d’obéir, dès le début, aux exigences d’austérité, et s’engager à refuser l’équilibre budgétaire. Il faudra dire : « Nous ne respecterons pas l’obligation décrétée par les traités européens de respecter l’équilibre budgétaire parce que nous voulons augmenter les dépenses publiques pour lutter contre les mesures antisociales et d’austérité, et pour entreprendre la transition écologique ». Par conséquent, le premier point est de s’engager d’une manière claire et déterminée à désobéir. Après la capitulation grecque, il est essentiel d’abandonner l’illusion d’obtenir de la Commission européenne et des autres gouvernements européens qu’ils respectent la volonté populaire. Conserver cette illusion nous conduirait au désastre. Nous devons désobéir.

Deuxième point : S’engager à appeler à la mobilisation populaire. Tant au niveau de chaque pays qu’au niveau européen. Cela aussi a échoué en 2015 en Grèce et en Europe. Il est évident que les mouvements sociaux européens ne furent pas à la hauteur en termes de manifestations, qui certes eurent lieu, mais ne montrèrent pas un niveau suffisant de solidarité avec le peuple grec. Mais il est vrai aussi que l’orientation stratégique de Syriza ne prévoyait pas de faire appel à la mobilisation populaire au niveau européen, ni même de faire appel à la mobilisation populaire en Grèce. Et quand le gouvernement de Tsipras a appelé à la mobilisation par le référendum du 5 Juillet 2015, ce fut pour ensuite ne pas respecter la volonté populaire de 61,5 % des Grecs, qui avaient refusé d’obéir aux exigences des créanciers et avaient rejeté leurs propositions.

Rappelons-nous qu’à partir de la fin février 2015 et jusque fin juin 2015, Yanis Varoufakis et Alexis Tsipras ont fait des déclarations qui visaient à convaincre l’opinion qu’un accord était en vue et que les choses s’arrangeaient. Imaginons au contraire qu’après chaque négociation importante, ils aient expliqué les enjeux, au travers de communiqués, par des déclarations orales aux médias, par des prises de parole sur les places publiques, devant le siège des institutions européennes à Bruxelles et ailleurs. Imaginons qu’ils aient fait la lumière sur ce qui se tramait, cela aurait abouti à des concentrations de milliers ou de dizaines de milliers de personnes, les réseaux sociaux auraient relayé à des centaines de milliers ou des millions de destinataires ce discours alternatif.

Troisième point : S’engager à organiser un audit de la dette avec la participation des citoyens. Les situations dans les 28 pays de l’Union européenne sont différentes, de même bien sûr à l’intérieur de la zone euro. Il y a des pays européens où la suspension des remboursements est une mesure de nécessité absolue et prioritaire, comme dans le cas de la Grèce dans le but de répondre avant tout aux besoins sociaux et de garantir les droits humains fondamentaux. C’est aussi un élément clé d’une stratégie d’autodéfense. En Espagne, au Portugal, à Chypre, en Irlande, cela dépend du rapport de force et de la conjoncture. Dans d’autres pays, il est possible de réaliser d’abord l’audit et ensuite décider de la suspension des remboursements. Ces mesures doivent être mises en œuvre en tenant compte de la situation spécifique de chaque pays.

Quatrième mesure. Mettre en place un contrôle des mouvements de capitaux. Et tenir compte de ce que cela signifie. C’est à dire aller à l’encontre de l’idée selon laquelle il serait interdit aux citoyens de transférer quelques centaines d’euros à l’étranger. Il est évident que les transactions financières internationales seront autorisées jusqu’à un certain montant. Par contre, il s’agit de mettre en place un contrôle strict sur les mouvements de capitaux au-dessus de ce montant.

Cinquième mesure : Socialiser le secteur financier et le secteur de l’énergie. Socialiser le secteur financier ne consiste pas seulement à développer un pôle bancaire public. Il s’agit de décréter un monopole public sur le secteur financier, à savoir les banques et les sociétés d’assurance. Il s’agit d’une socialisation du secteur financier sous contrôle citoyen. C’est-à-dire transformer le secteur financier en service public |10|. Dans le cadre de la transition écologique, bien sûr, la socialisation du secteur de l’énergie est également une mesure prioritaire. Il ne peut y avoir de transition écologique sans monopole public sur le secteur de l’énergie, tant au niveau de la production que de la distribution.

Proposition numéro six : Création d’une monnaie complémentaire, non convertible et l’inévitable débat sur l’euro. Que ce soit dans le cas d’une sortie de l’euro ou d’un maintien dans la zone euro, il est nécessaire de créer une monnaie complémentaire non convertible. Autrement dit, une monnaie qui sert, en circuit court, aux échanges à l’intérieur du pays. Par exemple, pour le paiement de l’augmentation des retraites, des augmentations de salaire aux fonctionnaires, pour le paiement des impôts, pour le paiement des services publics ... Utiliser une monnaie complémentaire permet de se détacher et de sortir partiellement de la dictature de l’euro et de la Banque centrale européenne.

Bien sûr, on ne peut pas éviter le débat sur la zone euro. Dans plusieurs pays, la sortie de la zone euro est également une option qui doit être défendue par les partis, les syndicats, d’autres mouvements sociaux. Plusieurs pays de la zone euro ne pourront pas réellement rompre avec l’austérité et lancer une transition écosocialiste sans quitter la zone euro. Dans le cas d’une sortie de la zone euro, il faudrait soit mettre en œuvre une réforme monétaire redistributive soit appliquer un impôt exceptionnel progressif au-dessus de 200 000 €. Cette proposition ne concerne que le patrimoine liquide, elle ne concerne donc pas le patrimoine immobilier (maisons, etc.) évoqué dans la septième mesure.

La septième mesure : une réforme radicale de la fiscalité. Supprimer la TVA sur les biens et les services de consommation de base, comme la nourriture, l’électricité, le gaz et l’eau (pour ces trois derniers, jusqu’à un certain niveau de consommation par individu), et d’autres biens de première nécessité. Par contre, une augmentation de la TVA sur les biens et les produits de luxe, etc. Nous avons aussi besoin d’une augmentation des impôts sur les bénéfices des entreprises privées et des revenus au-dessus d’un certain niveau. Autrement dit, un impôt progressif sur les revenus et sur le patrimoine. La maison d’habitation devrait être exonérée d’impôt en dessous d’un certain montant qui varie en fonction de la composition du foyer. La réforme de la fiscalité doit produire des effets immédiats : une baisse très sensible des impôts indirects et directs pour la majorité de la population et une augmentation très sensible pour les 10 % les plus riches et pour les grandes entreprises. Enfin, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale serait intensifiée.

Huitième mesure : Déprivatisations. « Racheter » les entreprises privatisées pour un euro symbolique. Ainsi, de ce point de vue, utiliser l’euro pourrait s’avérer très sympathique, en payant un euro symbolique à ceux qui ont profité des privatisations. Et renforcer et étendre les services publics sous contrôle citoyen.

Neuvième mesure : La mise en œuvre d’un vaste plan d’urgence pour la création d’emplois socialement utiles et pour la justice. Réduire le temps de travail avec maintien des salaires. Abroger les lois antisociales et adopter des lois pour remédier à la situation de la dette hypothécaire abusive, des dispositions qui concernent en priorité des pays comme l’Espagne, l’Irlande, la Grèce... Cela pourrait très bien se résoudre par la loi, en évitant des procès (car il y a de nombreux procès sur la dette hypothécaire où les ménages sont confrontés aux banques). Un Parlement peut décréter par une loi l’annulation des dettes hypothécaires inférieures à 150 000 euros par exemple et mettre ainsi un terme à des procédures judiciaires. Il s’agit aussi de mettre en œuvre un vaste programme de dépenses publiques afin de relancer l’emploi et l’activité socialement utile en favorisant les circuits courts.

Dixième mesure : Entamer un véritable processus constituant. Il ne s’agit pas de changements constitutionnels dans le cadre des institutions parlementaires actuelles. Il s’agirait de dissoudre le parlement et de convoquer l’élection au suffrage direct d’une Assemblée constituante. Et de rechercher à insérer ce processus dans d’autres processus constituants au niveau européen.

Ce sont dix propositions de base à soumettre au débat. Mais une chose est certaine, les mesures à prendre doivent aller à la racine des problèmes et elles doivent être appliquées simultanément car il faut un programme cohérent. En l’absence de la mise en œuvre de mesures radicales annoncées depuis le début, il n’y aura pas de rupture avec les politiques d’austérité. Il est impossible de rompre avec les politiques d’austérité sans prendre des mesures radicales contre le grand capital. Ceux qui pensent que l’on peut éviter cela sont des « enfumeurs » qui ne pourront pas obtenir de réelles avancées concrètes. Au niveau européen, la nature de l’architecture européenne et l’ampleur de la crise du capitalisme font qu’il n’y a pas de réel espace pour des politiques productivistes néo-keynésiennes. L’écosocialisme ne doit pas être à la marge mais au cœur du débat, d’où doivent venir les propositions immédiates et concrètes. Il faut mener à bien la lutte contre l’austérité et se lancer sur le chemin de l’anticapitalisme. La transition écosocialiste est une nécessité absolue et immédiate.

Wangui a besoin d'être opérée d'urgence

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Mon amie Wangui Mbatia Nyauma, dont les participants au Forum Social mondial de Nairobi se souviennent sûrement, a été opérée il y a trois ans dans une clinique de Mumbaï d’un cancer extrêmement rare et particulièrement redoutable (vésicule biliaire) grâce notamment à la solidarité financière organisée par ATTAC Germany. Les infrastructures sanitaires du Kenya et l’accès aux soins sont en effet particulièrement réduits au Kenya, ce qui devrait encore plus nous inciter à nous mobiliser pour un droit à la santé et une sécurité sociale pour tous.

Aujourd’hui, les sutures internes à l’abdomen se sont rouvertes et nécessitent une nouvelle intervention d’urgence.

Comme il y a trois ans, outre la récolte de fonds au Kenya, nos amis allemands se mobilisent pour réunir les fonds nécessaires.

M. Alexis Schwartz a mis en place un compte en Allemagne à cette fin :

IBAN :DE52430609672008093300

BIC : GENODEM1GLS (GLS Gemeinschaftsbank)

Communication : Wangui

On peut le contacter par message privé sur FB

Voir le site qui avait été ouvert en 2013 afin de financer l'opération

Wangui est mariée et a une petite fille.

mardi 10 janvier 2017

Le Musée de l'Europe "souhaite la victoire" de Valls... à la primaire !

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« On commence par dire que l’euro ce n’est plus possible, demain on remet en cause les frontières… Je ne sais pas où ça s’arrête », a déploré M. Hamon. « Je pense que Jean-Luc, comme Arnaud, comme d’autres, sont solides sur leurs convictions, mais il faut faire attention que les concepts que l’on manipule ne conduisent pas à ce que nos électeurs choisissent d’aller voter Front national au motif que l’on aurait entretenu une forme d’euroscepticisme », a poursuivi le député des Yvelines, jugeant « important de redire qu’aujourd’hui on peut être dans la coopération en Europe et dans le progrès social à la fois ».

« Je ne veux pas être un de ceux qui ferment la porte et éteignent la lumière en disant “l’Europe c’est terminé”. Je ne briserai pas le projet européen », a encore assuré l’ancien ministre de l’éducation, à l’issue d’un déjeuner avec M. Varoufakis.

« Il y a une troisième voie »

L’ancien ministre grec, pourfendeur de l’austérité en Europe, est aujourd’hui à la tête de DIEM 25, un « mouvement pour la démocratie en Europe » qui plaide pour « la création d’une internationale progressiste », opposée à « l’internationale nationaliste ». « C’est à Benoît (Hamon), Arnaud (Montebourg), Emmanuel Macron, Jean-Luc (Mélenchon), de répondre à nos propositions et de dire dans quelle mesure ils sont d’accord avec les positions de DIEM 25 », a-t-il ajouté.

Le Monde

L'impayable Varoufakis a encore frappé ! Mais ce faisant, il contribue à clarifier une situation politique, qui pour être claire ne l'est toujours pas pour tout le monde.

D'un point de vue purement électoraliste la "gauche" ne peut espérer gagner la présidentielle que représentée par un seul candidat. Le mieux placé est évidemment Mélenchon. Valls étant clairement de droite tout comme Macron, leurs candidatures s'ajouteraient logiquement aux autres candidatures de droite, éparpillant les voix.

Si des électeurs sont prêts à voter pour Montebourg et pas pour Mélenchon, on les rangera bien évidemment à droite.

Benoît Hamon et Varoufakis font ici une magnifique opération de transparence : comme Syriza ils sont prêts à sacrifier les gens ordinaires au nom de l'UE et se présentent en recours, troisième voie... auprès de ceux qui ont le pouvoir de coopter les gouvernements.

Certes, Jean-Luc Mélenchon est tout sauf clair sur l'UE. Mais candidat unique à "gauche", l'opportunité d'une pression sociale immense sur le candidat deviendrait posible.

Là où l'ambition raisonnable ne serait que de créer une opposition socialiste à un gouvernement de droite, dont il serait le leader, réalisation d'une ambition tenue en échec au sein du Parti qu'il a quitté, l'alternative d'élimination des Montebourg, Hamont et Peillon à une primaire où personne n'irait voter ouvrirait enfin une perspective où la pression populaire pourrait obtenir quelque chose.

Pour cette raison, le Musée de l'Europe "souhaite la victoire" de Valls... à la primaire. Personne ayant juré de "ne plus voter socialiste" ne doit voter à cette primaire !

Le Concierge

dimanche 8 janvier 2017

Raoul-Marc Jennar: " L' UE, c'est la nouvelle Bastille à prendre et à démanteler"

Nous n’avons pas besoin de la Commission européenne, ce monstre administratif avec ses dizaines de milliers de fonctionnaires vendus à l’idéologie néolibérale et aux lobbies du monde des affaires et de la finance. Nous n’avons pas besoin d’un parlement européen avec ses centaines de députés grassement rémunérés qui sont surtout en capacité d’imposer à une nation ce qu’elle refuse. Nous n’avons pas besoin d’institutions européennes qui violent les principes fondamentaux de la démocratie : séparation des pouvoirs, indépendance de la Justice, contrôle du pouvoir exécutif par des élus du peuple. Une union entre des peuples d’Europe qui la souhaitent, basée sur la souveraineté absolue de chaque peuple, n’a besoin que d’un organe transparent de coordination intergouvernementale.

L’UE, c’est la nouvelle Bastille à prendre et à démanteler. Comment y parvenir ? D’abord, en imposant la question dans le débat électoral qui va occuper 2017 et en exigeant la plus grande clarté de la part des candidats, à l’élection présidentielle comme aux législatives. Les candidats doivent mériter la confiance qu’ils sollicitent. Il faut les interpeller, les harceler si besoin est. Il faut les forcer à indiquer quelle Europe ils veulent et comment ils comptent y parvenir. Ne prenons plus pour argent comptant leurs promesses qui n’engagent que les naïfs qui les gobent. En 1997, Jospin avait promis de renégocier le traité d’Amsterdam. Il ne l’a pas fait. En 2008, le PS et l’UMP avec la complicité des Verts ont rendu possible le traité de Lisbonne dont le texte avait été rejeté par le peuple français en 2005. En 2012, Hollande avait promis de renégocier le pacte budgétaire (TSCG). Il ne l’a pas fait. N’oublions pas leur mépris du peuple.

Ensuite, en faisant avancer le débat d’idées sur la nécessité du démantèlement de l’UE comme moyen d’unir les peuples qui le veulent sur des bases vraiment démocratiques, sociales et écologiques et sur le primat de la souveraineté populaire.

Enfin, en lançant un mouvement mobilisateur pour promouvoir cet objectif ; un mouvement qui fera descendre dans la rue celles et ceux qui veulent décoloniser les peuples soumis à l’UE-OTAN.

Extrait du texte de Raoul Marc Jennar paru sur son blog sous le titre Qu’est-ce que l’Europe ? Qu’est-ce que l’UE ? Quelle union des peuples d’Europe ?

vendredi 2 décembre 2016

Campagne exceptionnelle de soutien - Greek Crisis - 5 ans

L'auteur du blog Greek Crisis, largement relayé par le Musée de l'Europe & de l'Afrique pour la qualité de ses informations, la pertinence de ses analyses, et de l'avertissement circonstancié qu'il constitue pour les autres peuples soumis à la dictature eurocratique, lance un appel à un soutien exceptionnel (en plus des donations mensuelles finançant ce précieux travail). Nous le relayons naturellement, avec tous nos remerciements à Panagiotis Grigoriou pour son indispensable travail. Le Concierge

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J'ai initié mon blog “Greek Crisis” en octobre 2011 (en français) et je ne pensais pas que voilà, au bout de cinq ans, je me dois toujours d’écrire, d’analyser, de rapporter les faits politiques, culturels, tout comme ceux du quotidien grec, l’état des mentalités... lutter même, pour aboutir à un certain sens, ainsi qu’à une certaine survie tout court sans sombrer dans “l’ananthropisme”, en ce XXIe siècle, le nôtre, de plus en plus inquiétant... et déjà suffisamment entamé.

Pour ses 5 ans, et espérant devenir... inutile dans moins de 5 ans, “Greek Crisis - 5 ans” lance cette campagne exceptionnelle, pour attendre la somme des 5.000€ ; elle sera destinée à financer l’acquisition d’une voiture d’occasion, essentielle pour les besoins du blog, et j’espère que nos lecteurs en tiendront compte dans leur action de solidarité et de soutien

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dimanche 27 novembre 2016

Musée Wiertz, Parc Léopold

Wiertzinhumation.jpg Antoine Wiertz, l'inhumation précipitée, 1854

Le Quartier Léopold est « férocement européen », au sens prédateur du terme, il est même précurseur, terrain d'expérimentation de l'expropriation généralisée du bien commun depuis le sol sous nos pieds jusqu'à nos droits à vivre les plus immatériels, la vente à la découpe du continent s'opérant désormais à l'échelle de pays entiers. Car qui ne voit que la construction de l'Europe des trusts est à l'image de ce quartier car elle obéit au même processus ? Les politiques de santé, les retraites, l'agriculture, la culture... ressemblent déjà singulièrement à des Déesses en fonte brandisseuses de « E » frappant les trois coups de la tiers-mondisation du continent. Au martyre grec, donc, le Quartier Léopold compatissant. (Note du Concierge)

Lire Essayage : le Prix Nobel de la Paix vous va si bien !

Voir "Façadisme, choucroute et Démocratie", un film de Gwenaël Brëes

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STOP à la déferlante des bureaux du Parlement européen et à la privatisation de l'espace public

À l’occasion du redéploiement de ses activités de représentation pendant la rénovation du ‘Caprice des Dieux’, le Parlement européen jette son dévolu sur le parc et la maison d'Antoine Wiertz, adjacents au musée du même nom.

Peintre fantasque et surréaliste avant la lettre, Wiertz s’y est installé vers 1850. Dans son testament, il a légué tous ses tableaux à l'État belge pourvu que son atelier soit ouvert gratuitement au public et que sa maison accueille des artistes en résidence. Henri Conscience, le Victor Hugo flamand, y décéda en 1883. Le jeune Auguste Rodin fit ses premières armes dans un des nombreux ateliers installés à proximité du Maître.

Aujourd’hui, beaucoup d’ateliers ont été rasés pour faire place à des bureaux. Le Musée Wiertz et son parc classé sont devenus le rempart contre l’énorme pression exercée par le Parlement européen pour tout le quartier de la chaussée de Wavre et le parc Léopold. Mais, négligé par des pouvoirs publics indolents, voilà qu’il a fini par susciter les convoitises de son insatiable voisin : pendant que le triste ‘Caprice des Dieux’ tentera de se refaire une beauté, la maison du peintre et son jardin deviendraient le lieu ‘convivial’ des sauteries entre personnes de bonne composition.

Par les temps qui courent, les mesures sécuritaires dans lesquelles se complaisent toujours plus les Institutions européennes auront nécessairement des répercussions néfastes sur le Musée Wiertz et sur ce qui a pu être préservé d'espace public et de diversité urbaine dans ce quartier. Avec le retour grandiose du façadisme, consacré récemment par l’installation au chausse-pied de la ‘Maison de l’Histoire européenne’ dans l’ancien Institut Eastman (parc Léopold), faut-il s’attendre aussi à voir se construire 3 étages supplémentaires sur la maison du peintre dont seules les façades auront été conservées ?

Nous sommes ceux qui habitent encore la ville et qui sommes aussi habités par elle, amoureux du patrimoine bruxellois, usagers de lieux culturels, acteurs économiques du quartier ou promeneurs du dimanche. Nous voulons un espace public qui le reste et des musées ouverts à tous. Nous demandons aux autorités belges et bruxelloises que cesse la déferlante administrative et son cortège de mesures sécuritaires dans le parc et le quartier Léopold.

Nous nous opposons à la mainmise de l’administration européenne sur le musée Wiertz et ses annexes. Plutôt que le vendre au Parlement européen (pour un euro symbolique !), nous demandons à l'État belge qu'il honore la mémoire et le testament d’Antoine Wiertz en ouvrant à nouveau sa maison aux artistes et en faisant en sorte que le musée soit mieux promotionné et plus souvent accessible.

Association du Quartier Léopold

Pétition en ligne

lundi 24 octobre 2016

Au Parlement de la Région wallonne et aux électeurs belges

Nous sommes des universitaires canadiens possédant une vaste expertise collective dans le règlement des différends investisseurs-État (ISDS) et les questions connexes relatives aux accords de commerce et d’investissement du Canada. Nous appartenons également au petit groupe d’experts canadiens dans ce domaine qui ne travaillent pas comme juges arbitres ISDS dans des cabinets d’avocats ou pour le gouvernement.

Nous écrivons après avoir lu les articles de presse du week-end passé faisant état des tactiques d’intimidation utilisées par les politiciens canadiens et les représentants des entreprises pour influencer vos processus législatifs et gouvernementaux. Nous ne pensons pas que ces voix rendent compte fidèlement de l’expérience du Canada dans le cadre du système de protection des investisseurs étrangers que le CETA voudrait étendre. Il faut savoir que de nombreux Canadiens ont exprimé leur profonde préoccupation au sujet de ce système de protection des investisseurs étrangers en raison de l’expérience du Canada avec un système similaire, l’Accord de libre- échange nord-américain (ALENA), et lors des débats sur le FIPA (Canada-China Foreign Investment Promotion and Protection Agreement), parmi d’autres accords.

Alors que nous nous concentrons ici sur les conséquences néfastes de l’ISDS dans le CETA, il faut aussi souligner que ce traité imposerait de nouvelles contraintes dans de nombreux autres domaines des politiques publiques, notamment la réglementation pharmaceutique, la santé publique, l’agriculture, les marchés publics, les services publics, le droit du travail, et l’accès au marché. Nous signalons que d’autres universitaires ont soulevé des préoccupations majeures au sujet du CETA dans ces domaines.

Depuis l’entrée en vigueur de l’ALENA en 1994, le Canada a été et reste le seul pays développé occidental qui a accepté l’ISDS sur une base globale alors que sa situation était des plus vulnérables à l’égard des pays importateurs de capitaux. Le Canada a signé l’ALENA sur cette base avec les États-Unis et, depuis, il a été confronté à davantage de plaintes d’investisseurs étrangers que n’importe quel autre pays, il a versé de nombreux dédommagements suite à ces plaintes, il a modifié des décisions du gouvernement ou des processus décisionnels afin de tenir compte des intérêts des investisseurs étrangers et pour réduire les risques de responsabilité potentiellement énormes.

Les porte-parole du monde des affaires qui ont défendu ces concessions à la démocratie et à la souveraineté du Canada représentent souvent des sociétés étrangères, ou encore des sociétés canadiennes qui possèdent des entreprises à l’étranger et qui ont un intérêt à introduire des plaintes contre le Canada. Que les grandes entreprises soient enthousiastes à l’idée d’acquérir des droits exclusifs et un accès privilégié à l’argent public via l’ISDS, on peut le comprendre, mais c’est terriblement déplorable.

Les réformes de l’ISDS dans le CETA, invoquées trompeusement par les responsables canadiens pour qualifier le CETA de « progressiste », sont inadéquates pour répondre aux problèmes majeurs posés par le CETA. Ces problèmes sont : l’affaiblissement de la régulation démocratique, le privilège spécial des investisseurs étrangers, les manques d’indépendance judiciaire et d’équité procédurale dans les processus de décision, et le manque de respect pour les institutions et tribunaux nationaux. En particulier, dans le CETA, l’ICS (Investment Court System) ne supprime pas la menace financière qui pèse sur la réglementation démocratique, en raison des plaintes des investisseurs étrangers ; il ne réduit pas le privilège énorme et injustifié qu’ont les investisseurs étrangers sur quiconque aurait un droit ou un intérêt conflictuel ; enfin, il ne crée pas une réelle juridiction munie des garanties habituelles d’indépendance et d’équité.

La récente déclaration interprétative conjointe publiée par le Canada et l’Union européenne (dans toutes les formes différentes sous lesquelles cette déclaration a été rendue publique) ne résout en rien ces problèmes gigantesques.

Que vos processus démocratiques, en Wallonie, aient permis l’examen étroit et attentif des défauts du CETA dans le cadre d’un véritable débat argumenté nous encourage. Nous aurions aimé que les Canadiens aient pu avoir un débat similaire dans le cadre d’un vote au Parlement du Canada et dans les assemblées législatives provinciales, mais cela n’a pas été le cas ni sous le gouvernement Harper ni sous le gouvernement Trudeau. Contrairement aux vues peu diplomatiques exprimées par certains politiciens canadiens et par les représentants des entreprises, il nous semble que la démocratie belge a été exercée de façon responsable, comme il se doit, pour permettre le vote des parlementaires sur les structures quasi-constitutionnelles créées par des accords de protection des investisseurs étrangers comme le CETA.

Chez nous, au Canada, notre démocratie a souffert parce que le gouvernement fédéral a fait le forcing pour imposer des accords comme l’ALENA et le CETA sans votes législatifs aux niveaux fédéral et provincial. Par conséquent, sans l’approbation des représentants élus, nous nous sommes retrouvés avec un ISDS liant tous les niveaux de gouvernement et qui liera encore très longtemps tous les futurs gouvernements élus au Canada. Notre expérience montre clairement les dangers auxquels est confrontée la démocratie européenne dans le cas du CETA.

Quelles que soient les décisions que vous prendrez, nous vous demandons de ne pas succomber aux mêmes tactiques que celles qui ont été utilisées pour manipuler et effrayer les Canadiens, jusqu’à saper leur démocratie pour le compte des investisseurs étrangers. Le Canada et la Commission européenne connaissent depuis des années l’importante opposition citoyenne et universitaire au CETA en raison des protections qu’il accorde aux investisseurs étrangers. Pourtant, ils ont refusé de supprimer ces éléments non-commerciaux du CETA.

Dans un contexte où il n’y a aucune justification crédible pour inclure l’ISDS ou l’ICS dans le CETA – compte tenu de la grande fiabilité, de l’indépendance et de l’équité des processus démocratiques et judiciaires canadiens et européens -, nous sommes sidérés de constater à quel point les grands groupes d’affaires – et les gouvernements qui agissent pour leur compte – s’accrochent si férocement à un modèle aussi profondément vicié et antidémocratique.

Pour plus d’informations sur l’ISDS et l’ICS, vous trouverez ci-dessous une liste de publications. Nous avons également listé une série de publications pertinentes des signataires de cette lettre ouverte.

D’après ce que nous avons pu lire, vous avez fait preuve d’un grand courage dans votre opposition au CETA et, sachant comment l’ISDS a été imposé aux Canadiens au fil des années, nous tenons à exprimer notre soutien à vos choix démocratiques.

Cordialement,

David R. Boyd

Adjunct Professor

University of British Columbia and Simon Fraser University – Vancouver, British Columbia

John R. Calvert

Associate Professor – Faculty of Health Sciences

Simon Fraser University Vancouver, British Colombia

Marjorie Griffin Cohen – Professor

Simon Fraser University Vancouver, British Columbia

Stephen Gill

Distinguished Research Professor York University Toronto, Canada

Ronald Labonté

Professor and Canada Research Chair

School of Epidemiology, Public Health and Preventative Medicine University of Ottawa Ottawa, Ontario

David Schneiderman

Professor of Law and Political Science University of Toronto Toronto, Ontario

Dayna Nadine Scott

Associate Professor

Osgoode Hall Law School and Faculty of Environmental Studies York University Toronto, Ontario

Kyla Tienhaara

Research Fellow

School of Regulation and Global Governance Australian National University Canberra, Australia

Gus Van Harten Professor

Osgoode Hall Law School York University Toronto, Ontario

Stepan Wood

Professor and York Research Chair in Environmental Law and Justice Osgoode Hall Law School York University

Toronto, Ontario

jeudi 22 septembre 2016

Questions à Yanis Varoufakis

Alexis Cukier, membre d’Ensemble ! et du réseau ERENSEP (European Research Network on Social and Economic Policies) et Patrick Saurin, un des portes parole du syndicat Sud Solidaires BPCE, et membre de la Commission pour la Vérité sur la Dette grecque interpellent dans une lettre Yanis Varoufakis sur son texte «La gauche européenne après le Brexit».''

Texte publié originellement sur le site Mediapart sous le titre : "Désobéir à l’Union européenne: nous sommes d'accord avec vous Yanis Varoufakis"

Extrait

En résumé, le « programme alternatif pour les progressistes européens », l’« affrontement frontal avec l’establishment européen » que vous appelez de vos vœux, et l’appel à la « désobéissance » que vous lancez ne nécessitent-ils pas, pour trouver leur traduction dans les faits, la mise en œuvre d’un plan d’action comportant des mesures radicales telles que :

-La désobéissance aux traités européens et le respect des droits humains fondamentaux inscrits dans de multiples textes, en particulier de droit international ;

-Le non-paiement de la part de la dette publique dont il est peut être démontré de manière incontestable, comme ce fut le cas pour la Grèce, qu’elle est tout à la fois illégale, illégitime, odieuse et insoutenable ;

-Le contrôle des capitaux (notamment comme mesure défensive contre le chantage de la BCE) ;

- L’arrêt des privatisations des biens communs et l’annulation de celles qui ont déjà été réalisées ;

- La socialisation de l’intégralité du système bancaire ;

-Une refonte des institutions européennes, nationales et locales assurant une véritable démocratie ?

En ce qui nous concerne, si un tel programme devait nécessiter la sortie de l’Union européenne, nous assumerions cette sortie car nous préférons la lutte pour un progrès social – même si nous n’avons pas l’assurance de gagner ce combat – au maintien résigné dans une Union européenne avec la garantie de l’austérité perpétuelle.

Picture_60.png Une réaction sensée être de gauche à ce texte (Collections du Musée de l'Europe & de l'Afrique). Lire note note d'introduction au billet Histoire immédiate

Lire l'intégralité de la lettre ci-dessous

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jeudi 1 septembre 2016

De l’appel « On bloque tout », vers un réseau intersyndical de lutte

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Par le Collectif d’animation de l’appel « On bloque tout ! », le 1er septembre 2016.

Nous sommes des syndicalistes affilié.e.s à différentes organisations (CGT, Solidaires, CNT-SO, CNT, FSU, FO, LAB, Confédération paysanne…). Ensemble, nous nous sommes retrouvé.e.s dans l’appel « On bloque tout ! ». Depuis mars dernier, nous en avons porté les propositions dans des meetings, dans nos structures, auprès de nos camarades, de nos collègues. Nous avons ainsi contribué à la mobilisation large et déterminée pour le retrait de la loi « travail », et à populariser l’objectif du blocage de l’économie. Nous nous battons toujours pour l’abrogation de cette loi.

Pour autant nous avons toutes et tous, et ce quel que soit notre organisation syndicale, eu des difficultés pour ancrer la grève dans nos secteurs professionnels, pour l’étendre, à passer aux nécessaires reconduction et généralisation de la grève. Nous continuons de penser que c’est un instrument décisif pour construire un rapport de force en mesure de repousser les attaques de l’État et du patronat. Nous continuons de penser que les structures syndicales doivent continuer de réfléchir aux obstacles à l’action et à l’engagement des salarié.e.s ainsi qu’aux pratiques syndicales qui les perpétuent.

L’appel « On bloque tout ! » s’est voulu porteur de l’exigence de reprendre l’offensive, après des années passées à défendre des acquis sans cesse attaqués par les gouvernements successifs. Le constat est fait que notre lutte est restée pour l’instant trop défensive, pas assez imaginative. Et nous continuons de penser que, pour donner l’envie d’en découdre, il faut aussi se battre « pour » des alternatives progressistes. C’est pourquoi l’appel « On bloque tout ! » a proposé de porter la revendication des 32 heures de travail hebdomadaires sans flexibilité ni perte de salaire, perspective audacieuse qui contrevient à l’air du temps autant qu’elle porte des espérances concrètes d’amélioration immédiate de luttes pour les conditions de travail, les salaires et contre la précarité et le chômage. C’est aussi un exemple de revendication unifiante car commune à plusieurs organisations syndicales et concernant aussi bien les salarié.e.s du secteur privé et du secteur public, les chômeurs et les chômeuses, etc. Aujourd’hui, nous proposons de dépasser la forme appel d’« On bloque tout ! ». C’est le bilan qui a été tiré en juillet dernier après quatre mois de lutte. Des déclinaisons concrètes de l’appel sont réclamées, c’est pourquoi on pourrait imaginer de « faire émerger un réseau pérenne de syndicalistes de lutte, appuyé sur de réels collectifs locaux, dont la forme comme le nom resterait à trouver mais qui viserait à dépasser la forme « appel » pour être capable d’initiatives concrètes et de terrain. (…) Un réseau, des collectifs de syndicalistes de lutte pourrait (…) organiser des rencontres, régionales et nationales, des formations, des campagnes mêmes… ».

Nous invitons donc, largement, toutes et tous les syndicalistes qui pensent qu’un tel réseau ou collectif serait utile à le construire, dès maintenant, avec nous. Un tel outil ne se substituerait pas à nos organisations respectives : nous sommes respectueuses et respectueux du fédéralisme de nos organisations, des rythmes et des temps démocratiques de nos structures. Simplement, nous pensons que mener des débats, des actions, ouvertes et plurielles, contribuerait à redonner du souffle au syndicalisme de lutte dans toute sa diversité. Cette unité intersyndicale gagnerait à s’incarner dès la base : voilà ce que nous proposons de faire exister.

Pour cela, nous organisons le samedi 8 octobre, à la Bourse du travail de Paris, salle Léon Jouhaux (annexe Turbigo) une première rencontre constitutive de cet outil commun. Nous vous y attendons, nombreuses et nombreux, toujours en lutte !

mercredi 31 août 2016

Secondaire : tous en grève le 8 septembre !

La rentrée 2016 devrait voir mise en œuvre la réforme du collège imposée par le gouvernement alors même qu’elle est toujours contestée par la majorité des personnels du second degré. Ces derniers qui ont manifesté tout au long de l’année dernière leur opposition et leur volonté d’une reprise des discussions pour une autre réforme n’ont pas désarmé. L’autoritarisme , le mépris manifestés par la ministre de l’Éducation qui a négligé de répondre aux demandes d’audience de l’intersyndicale du second degré, la désorganisation causée dans les collèges par la réforme n’ont fait que renforcer la détermination à combattre cette dernière.

L’intersyndicale a appelé les collègues à ne pas mettre en œuvre des dispositifs imposés et qu’ils jugent inefficaces ; elle demande à l’ensemble des personnels du second degré de recenser et faire remonter dans le cadre des assemblées générales de pré rentrée tous les problèmes d’une rentrée qui s’annonce très difficile :collège, lourdeur des effectifs en lycée, insuffisance des moyens affectés à la vie scolaire, emplois du temps …La poursuite des mobilisations conduites durant l’année précédente doit déboucher sur l’abrogation de la réforme et l’ouverture rapide de discussions sur d’autres bases. A l’approche d’échéances électorales importantes le gouvernement doit enfin entendre les personnels Après les congés d’été, c’est avec combativité que les personnels entament ce début d’année scolaire décidés à agir pour leurs métiers et leurs élèves, lutter contre les inégalités et le maintien de garanties collectives mises à mal dans la loi travail comme dans l’Éducation

C’est pourquoi l’’intersyndicale du second degré appelle les personnels à se mettre en grève et rejoindre les manifestations le 8 septembre pour une autre réforme du collège et de meilleures conditions de travail et d’étude en collège comme en lycée. Elle les invite à s’associer aux initiatives prises par l’intersyndicale interprofessionnelle CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL, le 15 septembre pour obtenir l’abrogation de la loi Travail imposée par l’utilisation du 49-3 et conquérir de nouvelles garanties et protections collectives.

Lire aussi Entretien avec Olivier Vinay, "En 2003, l'éducation nationale s'est trouvée en situation de jouer la locomotive du mouvement social"

mardi 23 août 2016

Varoufakis "a passé presque tout son temps à faire campagne en faveur du Remain"

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Tariq Ali parle du BREXIT invité au meeting d’Unité Populaire à Athènes

Chers amis,

Je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui. Comme vous le savez déjà, la campagne en Grande-Bretagne faveur du Brexit a été largement dominée par la droite. Le Lexit (ndlt: Left + Exit = campagne des mouvements et partis de gauche en faveur du Brexit) a mis un peu de temps à démarrer, mais nous avons mené une campagne plutôt dynamique. Notre problème fut que pas un seul représentant d’envergure du Parti Travailliste ne s’est déclaré en faveur du Brexit, et cela a été un problème énorme pour nous.

Jeremy Corbyn, le leader de gauche du Parti Travailliste, a déclaré « nous ne mènerons pas une campagne conjointe avec les Conservateurs », ce qui était très positif, et il a passé le plus clair de son temps à attaquer le néolibéralisme, l’austérité, mais il s’est finalement déclaré en faveur du Remain (ndlt: du maintien dans l’UE).

Et la gauche grecque nous a fait un cadeau pas vraiment bienvenu. Ce cadeau avait pour nom Yanis Varoufakis. C’était un bien mauvais cadeau, parce qu’il a passé presque tout son temps à faire campagne en faveur du Remain, et quand je l’ai interpellé lors d’un débat public, il a répondu qu’il était d’accord avec la plupart de mes vues, mais que, pour changer l’UE, il est nécessaire de lutter de l’intérieur. Donc on a dit: « Mais comment? » « … Comment peut-on changer cette UE-là? »

Non pas que nous ne soyons pas internationalistes, non pas que nous ne soyons pas Européens. Ce contre quoi nous luttons, c’est l’UE en tant qu’institution. Et à cette question-là, ils n’ont pas de réponse.

En fait, nous proposons maintenant d’essayer d’organiser, en septembre ou en octobre, une petite conférence afin que les opposants de gauche à l’UE se rassemblent et discutent l’idée d’une institution alternative, avec d’éminents économistes comme Costas Lapavitsas et d’autres, pour prendre ensemble le temps de se poser la question: « peut-on trouver une alternative? » parce que c’est notre responsabilité.

Voilà donc à quoi nous nous sommes attelés, en ce qui concerne l’UE.

Cette campagne du Remain a présenté un aspect très intéressant, même de la part de ceux à gauche qui défendaient le Remain, c’est qu’ils étaient très provinciaux. Ils prétendaient lutter pour l’Europe, mais ne savaient pas ce qu’est vraiment l’Europe. . L’Europe en tant qu’Union Européenne, était perçue comme une abstraction. Les seuls à avoir pointé ce que l’UE a fait à la Grèce, ce sont les partisans du Lexit.

Et moi-même, et John, et beaucoup d’autres, pendant la campagne, nous avons dit « pour nous, l’une des principales raisons pour lesquelles il faut mettre un coup de pied aux fesses de l’UE, c’est pour les punir de ce qu’ils ont fait à la Grèce. Mais du côté du Remain, il n’y a eu aucune critique, même les personnes qui se considéraient comme critiques, n’ont jamais formulé la moindre critique sur le mode de fonctionnement de l’UE.

Ne nous y trompons pas: le vote pour le Brexit est une grande claque en plein dans la figure de l’establishment britannique, l’establishment financier britannique et pour l’establishment de l’UE, et je dois dire que ceux ont été battus en sont déjà à discuter de comment ils pourraient retourner leur défaite, et ils se glissent discrètement l’un à l’autre, à l’oreille: « Tsipras l’a bien fait, lui, en Grèce. Apprenons de son expérience! »

Mais le problème, pour eux, est le suivant: il leur faut arbitrer entre le coût politique et le coût économique. Et je pense que les plus intelligents parmi eux réalisent réalisent que le coût politique, s’ils décident de passer outre le résultat du référendum, sera bien plus élevé que le coût économique, et Jeremy Corbyn, le leader du Parti Travailliste, a appelé publiquement à la mise en application de l’article 50 (ndlt: pour la sortie de l’UE).

Nous avons actuellement une triple crise au Royaume-Uni: la première est une crise de légitimité du Royaume lui-même : les Ecossais se prononcent très clairement pour leur indépendance, et le débat va s’ouvrir pour déterminer dans quelle mesure ils peuvent être indépendants dans le cadre de l’UE. Ils jugeront eux-mêmes s’il vaut mieux entrer dans l’UE ou avoir un bloc du Nord avec la Norvège, l’Islande, comme cela a été suggéré.

Le second problème, c’est la crise énorme, aujourd’hui, en Angleterre. Je parle bien de l’Angleterre, pas de l’Ecosse., mais bien de l’Angleterre.

Il y a encore une autre crise de légitimité. Nombreux sont ceux qui veulent un parti de gauche, et l’establishment, au sein même du Parti Travailliste, s’oppose à cette volonté très forte. On est ainsi témoin de scènes ignobles, chaque semaine, avec les tentatives de la plupart des députés du Parti Travailliste pour se débarrasser de leur leader élu.

Et, en soutien à leur leader, nous avons des chiffres incroyables: depuis la tentative faite pour se débarrasser de Jeremy Corbyn, une centaine de milliers de personnes ont rejoint le Parti Travailliste en moins de 2 semaines, la plupart l’ont fait pour le soutenir à l’intérieur du Parti Travailliste. Donc le Parti Travailliste a un quart de million de membres, ce qui en fait, je crois, le plus grand parti politique d’Europe.

Et cette crise est loin d’être résolue.

Corbyn rend les coups, il se bat fort, de son côté; il est soutenu par les membres du parti, et la plupart des représentants parlementaires, qui ont été élus sous les mandats des Premiers Ministres précédents, tels que Blair et Brown, refusent de l’admettre. Il s’agit donc d’une situation critique au sein du Parti Travailliste. Et puis il y a une situation, aussi bien en Ecosse qu’en Angleterre, qui ne va pas disparaître comme par enchantement.

L’avantage du Brexit, c’est que c’est un grand pays d’Europe qui a décidé de le faire, et non un petit pays. Concernant la façon dont le débat va se développer, à l’échelle européenne, nous pouvons d’ores et déjà voir, au Danemark, que tous les sondages montrent une revendication de référendum. En France, Hollande est si inquiet à la perspective de ce Brexit qu’il a fait ce dont on ne l’aurait jamais cru capable – il ne s’agit que d’une menace, mais significative, en soi. Il a dit que la France opposerait son veto à un pacte de l’UE avec le TTIP.

Le dernier point que je voudrais évoquer ici, c’est la question du racisme et de l’immigration.

Bien entendu, l’extrême droite a joué un rôle important dans cette campagne, et le UKIP a fondé son argumentation sur cette position.

Mais permettez-moi de vous faire part d’une chose étrange et intéressante, qui s’est produite il y a 48 heures. La femme qui est sans doute promise aux fonctions de Premier Ministre d’Angleterre, Theresa May -elle était pour le Remain-, a déclaré qu’il convenait de statuer sur la situation des étrangers ressortissants de l’UE. Farage a alors réagi vivement, s’indignant : » c’est une déclaration absolument révoltante. Les étrangers devraient avoir le droit de séjour ».

Vous voyez que l’idée selon laquelle les partisans du Remain sont de blanches colombes antiracistes est un non-sens total.

Deux des plus grandes villes comptant de larges minorités -parfois même des majorités- ethniques, Birmingham et Bradford, ont voté pour le « Leave ».

Donc c’est un argument simpliste que d’affirmer que ce n’était qu’une question de racisme.

Ce l’était effectivement, si l’on évacue le fait que le Brexit procède de la volonté de 17 millions de personnes de mettre une claque magistrale à l’establishment britannique et de dire « on en a marre de vous, marre de vos politiques, marre du néolibéralisme, marre de vivre des vies invivables », voilà de quoi il est question.

Voilà de quoi il s’agit, et c’est pourquoi nous disposons maintenant d’une base de travail en commun avec les socialistes européens, les syndicats, les réseaux informels, les mouvements sociaux, pour tenter de construire quelque chose de meilleur. Voilà à quoi nous devons travailler.

Traduction Marie-Laure Veilhan, repris du blog Unité Populaire

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