Musée de l'Europe et de l'Afrique

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mercredi 18 mai 2016

Calendrier de la mobilisation

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Repris du blog de Canaille le Rouge

mardi 17 mai 2016

Droit de réponse à Frédéric Bonnaud et Costa-Gavras

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« Je vous parle solidarité avec les étudiants et les ouvriers, et vous me parlez travelling et gros plan ! Vous êtes des cons ! »

Jean-Luc Godard, festival de Cannes, 17 mai 1968

(...)

Vous prétendez dans votre communiqué que nous nous en prenons à la Cinémathèque, mais ce n’est pas la Cinémathèque française que nous visons : ce sont les pratiques managériales issues du néo-libéralisme le plus inhumain qui y ont cours.

Au cours de cette action nous avons été immédiatement rejoints par une partie du public, qui n’était pas au courant de notre projet d’occupation, mais qui en a reconnu la nécessité.

Des sympathisants extérieurs, aussi pacifistes, nous ont rejoints. Vers minuit, les forces de l’ordre sont arrivées. Nous avons alors quitté la salle Henri Langlois pour occuper la mezzanine, où nous avons continué à tenir notre Assemblée générale.

Nous avons tous dit notre exécration d’un système – la sous-traitance – conçu pour nous empêcher de nous syndiquer et faire valoir nos droits de travailleurs pendant que les sociétés sous-traitantes prospèrent en broyant ceux qui les enrichissent.

L’arrivée de Michel Romand-Monnier, directeur adjoint de la Cinémathèque française, a été l’occasion pour nous de lui demander de prendre des engagements concrets sur la sous-traitance.

Michel Romand-Monnier est alors allé d’excuses en faux-fuyants, préférant détourner le débat et jouer la montre plutôt que de s’efforcer de nous répondre avec honnêteté. Il nous rétorque : « La Cinémathèque française n’est pas de gauche » (ce à quoi nous avons répondu par une salve d’applaudissements), Henri Langlois non plus, pas davantage que Truffaut.

Cela donnerait-il à la Cinémathèque le droit d’exploiter ses petites mains ?

Lire l'intégralité du texte du collectif des précaires des métiers de la culture et ses sympathisants sur le site de Vacarme

vendredi 13 mai 2016

BLOQUONS LA LOI PEETERS ET SON MONDE

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Dans le cadre de l'Appel International Nuit Debout, mobilisons-nous contre la loi travail à la Belge.

Stop aux 45 heures !

Jeunes, précaires, travailleur.ses dans ou hors emploi, étudiant.es, allocataires, syndicalistes nous refusons sans appel la lettre et l'esprit du texte élaboré par le ministre de l'emploi.

Nous refusons la semaine de 45 heures (et la journée jusqu'à 11 heures), l'annualisation du temps de travail qui permet aux employeurs de faire travailler leurs salariés quand ils le veulent et autant qu'ils le veulent, et de ne plus payer les heures supplémentaires.

Cette mesure est la mesure de trop, elle ne passera pas !

Nous avons donc décidé de nous organiser pour bloquer cette loi. Notre union se veut une coordination d'assemblées locales démocratiques où se réunissent celles et ceux qui veulent bloquer cette loi et son monde par tous les moyens nécessaires.

Rendez-vous le 15 mai, 14h gare centrale

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jeudi 12 mai 2016

Adresse aux parlementaires signataires de la "motion de censure de gauche"

Mesdames, Messieurs, les Députés,

Vous êtes co-signataires d’une motion de censure qui n’est pas parvenue au seuil des 58 signatures, suite au passage en force par l’article 49.3 de la Loi El Khomri. Nous vous en félicitons, mais il vous faut faire un pas de plus.

Ce 49.3 est un coup d’État contre le Droit du travail qui résulte de 200 ans de luttes et la seule véritable protection des travailleurs de ce pays. C’est un carnage social qu’il annonce.

Il fait pleinement partie de l’offensive victorieuse des forces les plus réactionnaires qui mènent le continent tout droit au fascisme et à la guerre. L’exemple de ce qui se passe en Grèce depuis maintenant des années et plus particulièrement depuis cet été, c’est à dire ni plus ni moins la destruction méthodique d’une société et des conditions qui permettent la vie du plus grand nombre, prouve à lui-seul de quoi ces forces sont capables. Plus personne ne peut l’ignorer.

Puisque nous nous adressons à des Parlementaires, il est d’ailleurs utile de souligner que, de facto, le parlementarisme a été aboli en Grèce par les memoranda.

Le gouvernement Valls est très probablement le plus à l’extrême-droite depuis 1944.

Il est de votre responsabilité historique de le faire tomber.

Ne pas voter la motion de censure qui a été présentée par la droite constituerait un soutien à ce gouvernement honni qui bafoue les biens les plus précieux de la population de ce pays.

La fin justifie aujourd’hui les moyens face à ce péril extrême.

Et toute considération partisane dans un tel moment ne serait que pur intérêt boutiquier dont vous seriez historiquement comptable.

Vous avez très clairement un mandat de la population de ce pays pour exprimer aujourd’hui sa volonté. La chute du gouvernement Valls pour faire échouer la loi El-Khomri.

Y faillir serait refuser d’exprimer notre souveraineté, ce pour quoi vous êtes institués et livrer la population à la loi El-Khomri dont vous ne subirez pas les effets.

Dans l’espoir que vous accomplirez votre devoir,

Veuillez agréer, en tant que mandataires, l’expression de nos salutations de mandants temporairement jusqu’à ce soir.

Pour le Musée de l’Europe & de l’Afrique et la Commission des Châtiments Corporels

Le Concierge

Voir les réponses reçues

Adresses emails des Députés en question :

labeille@assemblee-nationale.fr;abachelay@assemblee-nationale.fr;ballain@assemblee-nationale.fr;pamirshahi@assemblee-nationale.fr;fasensi@assemblee-nationale.fr;iattard@assemblee-nationale.fr;dauroi@assemblee-nationale.fr;lbaumel@assemblee-nationale.fr;hbello@assemblee-nationale.fr;jpblazy@assemblee-nationale.fr;abocquet@assemblee-nationale.fr;mbonneton@assemblee-nationale.fr;ibruneau@assemblee-nationale.fr;mgbuffet@assemblee-nationale.fr;jjcandelier@assemblee-nationale.fr;fcarrey-conte@assemblee-nationale.fr;pcarvalho@assemblee-nationale.fr;gcharroux@assemblee-nationale.fr;achassaigne@assemblee-nationale.fr;dchauvel@assemblee-nationale.fr;pcherki@assemblee-nationale.fr;scoronado@assemblee-nationale.fr;mdolez@assemblee-nationale.fr;cduflot@assemblee-nationale.fr;afilippetti@assemblee-nationale.fr;jfraysse@assemblee-nationale.fr;ggaillard@assemblee-nationale.fr;ygalut@assemblee-nationale.fr;lgourjade@assemblee-nationale.fr;egueugneau@assemblee-nationale.fr;bhamon@assemblee-nationale.fr;mhanotin@assemblee-nationale.fr;chutin@assemblee-nationale.fr;sjanquin@assemblee-nationale.fr;rjoron@assemblee-nationale.fr;rjuanico@assemblee-nationale.fr;lkalinowski@assemblee-nationale.fr;jlambert@assemblee-nationale.fr;jlassalle@assemblee-nationale.fr;jllaurent@assemblee-nationale.fr;cleonard@assemblee-nationale.fr;nmamere@assemblee-nationale.fr;amarie-jeanne@assemblee-nationale.fr;jpnilor@assemblee-nationale.fr;pnogues@assemblee-nationale.fr;cpaul@assemblee-nationale.fr;mpouzol@assemblee-nationale.fr;paprat@assemblee-nationale.fr;bromagnan@assemblee-nationale.fr;jlroumegas@assemblee-nationale.fr;nsansu@assemblee-nationale.fr;esas@assemblee-nationale.fr;gsebaoun@assemblee-nationale.fr;stallard@assemblee-nationale.fr;tthevenoud@assemblee-nationale.fr;pzanetti@assemblee-nationale.fr

mardi 10 mai 2016

Loi travail : la responsabilité historique des Députés, des syndicats, des Intellectuels, et des mouvements sociaux

Comme prévu, la responsabilité du gouvernement est engagée via le 49.3 sur la loi El Khomri. Donc la responsabilité des Député(e)s est engagée. Celle des mouvements sociaux aussi.

Est engagée la responsabilité des opportunistes de premier rang : Députés « frondeurs » ou soit-disant tels (sans compter les opportunistes de second rang comme Emmanuelle Cosse - membre du gouvernement DONC solidaire du texte - même si son « compagnon » se charge de mettre en musique à quel milieu prédateur, régi par un Code datant de Cro-Magnon et réactualisé par King Kong théorie, on a à faire. Et ses turpitudes sont bien faites pour cacher celles de sa compagne qui plaque tous les travailleurs, et bien plus encore les travailleuses, de ce pays, contre un mur des Fédérés pour essayer de leur donner un autre type de baiser qui est celui de l'exploitation et de la mort sociale). Il faut faire tomber Valls et Macron, c'est à dire voter la censure. Maintenant ou jamais. Que cette loi passe et la gauche sera définitivement morte. Ces Députés prétendument « frondeurs » auront du mal à s’en remettre, et le seul appel qu’on puisse leur faire est celui de leur survie politique à moyen terme (à court terme, cela se paiera de leur mandat.) L’occasion est trop belle pour des opportunistes de se refaire un semblant de virginité. Qu’ils la saisissent puisqu’on en est là en matière de « représentation ».

Celle des mouvements sociaux. « La gauche ne peut pas mourir » dixit Frédéric Lordon. Pour lui la lutte contre la loi El Khomri était un « prétexte ». Et les luttes locales (c’est à dire les luttes des gens là et dans les conditions où ils vivent) vouées à l’échec sectoriel. Qu’a-t-il proposé en lieu et place ? Un festival politique, Place de la République. Bravo ! Bravissimo ! On imagine que les accapareurs de la plus-value du travail utilisent aussi le « périscope » pour dénombrer le nombre de manifestants à proximité de l’Assemblée Nationale, le soir où El-Khomri, dépourvue de majorité, a prononcé la « réserve de vote ». C’est le résultat concret de votre « travail » de "montée d'un niveau", M. Frédéric Lordon ! Bravo, Bravissimo !

Ruffin avait proposé de donner son corps à la lutte « pour un an ». Merci du peu. À lire le dernier Fakir, ça n’aura pas duré deux mois. Pas grave, son corps n’ayant rien de thaumaturge, on s’en fout. Mais ces deux-là pourraient bien être les idiots utiles qui auront inventé le hashtag #NuitDebout qui comme #JesuisCharlie est l’oraison funèbre de l’idée même de « République sociale ». Frédéric Lordon se fout de la loi El Khomri. Normal, il sera le dernier touché. Oh, certes, les fonctionnaires sont aussi visés par la loi, à travers le Compte d’Activité Personnalisé. Mais on peut penser que les diplômés des grandes écoles directeurs de recherche au CNRS (« La Noblesse d’État ») auront, au pire, des problèmes de reproduction sociale pour leur progéniture éventuelle : et encore, devenu star mondiale de la contestation intellectuelle française (les Badiou, Rancière et autres pitres ayant fait leur temps), ça devrait bien se passer dans un monde « mondialisé ». Ça s’appelle l’aveuglement de classe, tout simplement, ou le « biais scolastique » de façon plus Bourdieuso-Austino tordue !

Essayer de suivre « Nuit Debout » depuis le fin fond du Département rural le plus excentré, et le plus pauvre, de France est un bon exercice. On y cherche en vain le moindre contenu inscrit dans les luttes depuis 1995 et les mobilisations victorieuses contre le « plan » Juppé. Aucune continuité visible. Rien n’a été transmis en 20 ans, alors qu’il y a 20 ans nous étions quelques-uns à essayer de transmettre l’expérience des luttes qui avaient précédé depuis la Libération, que nous ne connaissions que par bribes, et dont nous cherchions à empêcher l’effacement. Même le Monde Diplomatique, qui pleure chaque année (comme Acrimed sur Radio Debout : Malher de Malher, quelle indécence alors que vous ne faites plus rien depuis au moins 10 ans de faire tapiner des salariés précaires pour quémander 60000 EUR comme la dernière des paroisses de la gauche soumise à son évêque !) pour recueillir des dons sensés asseoir son indépendance alors qu’il est loin d’être pauvre, a succombé à la logique du marché : qu’il libère ses archives 1995-2005 payantes en ligne dans un moment pareil, cet Arpagon !

Du contenu ? Rien. Absolument rien. Et alors que tous les contenus sont disponibles et ont été produits et publiés au prix de tant de sacrifices... Je pense à Agone, dont j’étais. Je pense à Balbastre (Dis-moi François Ruffin, tu vas lui en filer un peu de tune à Gilles sur le fric qui va enfin rentrer à Fakir, là ? Lui faire un tout petit plus de pub que tu as fait semblant de faire ? Parce que les Mutins de Panurge, ils ont des tunes mais par pur opportunisme. Et ils partagent pas trop... Donc tu vas peut-être avoir les moyens de financer les « purs » qui n’ont besoin que de budgets de merde, assurent le retour sur investissement par leur talent et leur conscience politique, et sont même capables de dire merci en se faisant arnaquer sans s’en rendre compte?). « Nuit Debout n’est qu’un média », écrivions-nous. Mais le nerf de la guerre, ce qui relie, ce n’est plus la religion (« religere »), c’est le média ! Alors passer du webmanager de radios (d’autant plus de marché qu’elles sont réputées indépendantes - start-ups de la « Fabrique du consentement ») dépolitisantes, Rémi Buisine, à Xavier Renou (Sciences Po Paris viré de Greenpeace pour l’inefficacité de ses campagnes purement médiatiques contre le nucléaire et persuadé que le changement social viendra du marketing !) pour « Télé-Debout », ce n’est même pas passer de Pujadas à Élise Lucet ! La télévision « publique » fait mieux ! Quant à Radio Debout, initiée par ceux qui se sont écrasés face à Mermet, on ne peut guère en attendre qu’ils aillent jusqu’au bout de leur logique de légitimation : « il faut avoir les moyens de faire, OK, tout est dégueulasse, mais il faut avoir des moyens de production ». Si c’était un choix, ben maintenant que vous les avez, vous filez le bébé à Cyran ? (« Si tu veux faire la Révolution, je te file mon 06 »?).

Bref. Il faut mettre la pâtée à la loi El-Khomri. Tout en découle. C'est tellement évident que depuis le début, ça aurait dû être le seul objectif. Ah les intellectuels ! Il n’y a que ceux qui ont le cul dans le beurre et pratiquent la Distinction académique et politique de gauche qui ne l’ont pas compris. Sont juste pas concernés par le sort commun, vulgaire. Et nous envoient dans le mur capitaliste en prophétisant la fin du capitalisme (qui a depuis longtemps synthétisé les produits chimiques qui nettoient le sang social résultant des bavures intellectualistes sur les baskets, cher Frédéric Lordon.)

Lorsque j’ai eu vent de cette loi, j’ai écrit un petit texte en pensant « tract ». Il manque un peu d’ouverture, de « Pour » face au « Contre ». J’avais fait le déplacement à la Bourse du Travail... Mais cette réunion n’était là que pour entériner des décisions déjà prises (et Frédéric Lordon rapporte à longueur d’interviews - qu’il ne donne pas puisque qu’il les donne à des « médias alternatifs » qui ne le sont plus depuis 10 ans et courent la reprise par le mainstream qu’ils relégitiment ! - que ce sont les siennes, d’ « idées », donc de quelqu’un qui n’a aucune idée de la sociologie du pays ni aucune expérience des luttes sociales.)

C’est un peu comme les AG des gens qui passent Place de la République...

Pas de représentation, donc pas de mandataires, donc pas de mandants, donc pas de démocratie, tout simplement...

À ceux et celles qui ont le pouvoir au-moins de la parole parce que nous y avons cru, là maintenant, TOUS ENSEMBLE contre la loi « travaille !» .

S'il vous plait. S'il vous plait... Soit on gagne, soit c'est le fascisme.

S'il vous plait, s'il vous plait, s'il vous plait...

« On touche à l’os » dixit Gérard Filoche. Un socialiste. Qui vaut plus que tous les socialistes honteux qui « ne revendiquent rien ». Car ils ont déjà tout. Et pourront bien aller se réfugier où ils voudront si nécessaire et passer pour des héros.

S'il vous plait...

Et s'il ne vous plait pas, cette fois-ci, j'espère bien que nous vous passerons sur le corps

Vive la République sociale, démocratique et solidaire,

Vive la Sociale

Le Concierge

dimanche 8 mai 2016

Personnels de l'éducation debout : nous aussi on bloque tout !

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Nous, personnels de l’éducation, syndiqués ou non syndiqués, combattons pour le retrait total de la loi El-Khomri, car nous sommes convaincus qu’elle constitue une loi de régression sociale sans précédent.

Contrairement à ce que prétend le gouvernement, cette loi concerne tous les salariés : les contractuels, les précaires mais aussi les fonctionnaires. La casse de tous les droits des salariés du privé prépare la destruction du statut de fonctionnaire.

Cette loi synthétise la volonté de détruire les garanties et acquis collectifs par l’individualisation et la mise en concurrence des salariés entre eux, des écoles entre elles, des collectivités entre elles… Elle fait écho aux contre-réformes successives qui attaquent l’Éducation nationale et la fonction publique : réforme des statuts, des rythmes scolaires, réforme collèges, réforme territoriale, gel des salaires, PPCR (parcours professionnels, carrières et rémunérations), loi déontologie… Déjà, nombre de personnels dans notre secteur connaissent la précarité : CAE-CUI, AED, enseignants contractuels... Dans nombre de régions, plusieurs centaines de suppressions de postes sont prévues dans ces catégories de personnels.

Le 31 mars, nous avons fait grève pour le retrait de la loi Travail, à l’appel des organisations syndicales unies, aux côtés des centaines de milliers de travailleurs du public et du privé, et des jeunes. Le 5 avril et le 9 avril, nous étions de nouveau dans la rue, avec les jeunes, lycéens et étudiants. Personnels de l’éducation, nous ne pouvons tolérer de voir des centaines de nos élèves, de lycéens, d’étudiants, se faire matraquer, arrêter, passer en comparution immédiate et écoper de lourdes peines pour le simple fait d’avoir manifesté. Nous exigeons l’annulation de toutes les poursuites et condamnations contre nos élèves ainsi que l’arrêt de la répression administrative au sein des lycées (conseils de discipline…).

Depuis plus d’un mois que la mobilisation a démarré, impulsée par la jeunesse, le climat social a changé dans le pays. Cette contestation se maintient, appuyée depuis le 31 mars par les Nuits Debout qui s’ancrent à République et se développent en banlieue parisienne et dans les régions. Le gouvernement est isolé. Nous avons la possibilité de le faire céder mais pour cela il y a nécessité de grèves reconductibles dans plusieurs secteurs comme ce fut le cas dans les luttes victorieuses de 1995 et du CPE.

Et maintenant la question de la grève reconductible se pose déjà dans plusieurs secteurs :

- A commencer par les transports (cheminots, routiers…), qui partent en grève reconductible à partir du 17 mai.

- L’appel du congrès confédéral de la CGT intègre la grève reconductible.

- La convergence des luttes occupe une place importante dans les préoccupations des militants de Nuits Debout. Nous soutenons la volonté d’actions en commun entre Nuit Debout et des organisations syndicales pour faire un pas vers un mouvement d’ensemble contre la loi « Travail » et son monde.

Dans l’éducation, nous avons, depuis le 9 mars, fait plusieurs grèves dans la suite de celles pour les moyens, contre la refonte de l’éducation prioritaire ou pour le retrait de la « réforme » du collège, sans réussir à engager un mouvement de l’ensemble de l’Education nationale et nos combats sont restés trop souvent isolés des autres secteurs. Mais cette fois-ci nous avons la possibilité d’y aller tous ensemble et d’infliger enfin une défaite au gouvernement, prélude à d’autres. Oui, aujourd’hui, c’est la question de la généralisation de la grève pour le retrait qui est posée, et avec elle la mise en commun des luttes des différents secteurs mobilisés avec les Nuits Debout ! Dès le 31 mars, par centaines de milliers, nous avons montré ensemble que nous étions prêts !

Nous appelons les personnels d’éducation de la région parisienne (enseignants, CPE, AED, personnels d’administration et d’entretien, animateurs…), convaincus de la nécessité de construire la grève reconductible dans le secteur de l’éducation, à s’organiser dans cette perspective.

Nous savons que nous avons besoin de nouveaux appels à la grève pour réunir les collègues et poser dans nos assemblées générales la question de la reconduction. Mobilisés dès la rentrée ce mardi 3 mai, date du début de l’examen de la loi El Khomri à l’Assemblée nationale, nous étions une nouvelle fois dans la rue. Nous appelons d’ores et déjà à faire du 12 mai une nouvelle journée de grève et d’actions, et à faire de la date du mercredi 18 mai le point de départ de la reconductible, aux côtés de tous les secteurs en lutte. Nous appelons à porter cette perspective dans toutes les assemblées générales à Paris comme en régions, Nuits Debout, instances syndicales, et réunions syndicales qui vont se tenir. Nous appelons également à la constitution de cortèges « Personnels de l’éducation : nous aussi on bloque tout ! » dans toutes les manifestations à venir.

Cet appel voir le site est ouvert à signatures individuelles et collectives : https://docs.google.com/forms/d/1QM....

Nous sommes également joignables sur notre page Facebook : « Personnels de l’éducation debout : nous aussi on bloque tout », sur laquelle vous pouvez également ajouter votre signature, en envoyant un message ou en publiant sur la page.

Premiers signataires

Agathe Lederer (PE, EE 22 Métra, 75)

Armelle Pertus (PE, Ecole Emancipée – Snuipp – FSU92)

Aurélien Gavois (Ecole Emancipée – Snes – FSU 93)

David Pijoan (Ecole Emancipée – Snes – FSU92)

Nathalie Astolfi (PE, EE 24 Métra, 75, CNT)

Rémi Gilardin (enseignant contractuel de SES, lycées Voltaire et Dorian, Snes – FSU75)

Olivier Vinay (Émancipation – Snes – FSU 93)

Mathilde Eisenberg (PE, Ecole Emancipée – Snuipp – FSU92)

Rémi Kranzer (professeur d’histoire-géographie, lycée Voltaire, Snes – FSU75)

Pascaline Dockx (PE, EM Clamart, SUD Education 92)

Vassili Ptakhine (enseignant agrégé en éducation musicale, collège Marie de Luxembourg, La Fère, Snes – FSU02)

Elvis Bruneaux (PE, Paul Langevin B, Gennevilliers, SUD Education 92)

Gaëtan Le Porho (SUD Education 92)

Elise Lecoq (collège Barbara, Stains, Ecole Emancipée – Snes – FSU 93)

Alice Bonamy (doctorante en préparation du CAPES)

Irène Docekal (collège Rosa Luxembourg, Aubervilliers, Ecole Emancipée – Snes – FSU93)

Mathieu Sotgiu (PE, Eugénie Cotton B, 75)

Marisa Soumaré (professeur documentaliste, Saint-Denis, CGTEduc'action93)

Lucie Lefèvre (professeure de français, Saint Gilles Croix de Vie, 85, SNES-FSU, EE)

Jérôme Martin (collège Henri Barbusse, Saint-Denis, SUD Education 93)

Manu Reillhac (PE, Poissonniers, Snuipp-FSU 75)

Anaïs Hoffmann (PE, école Paul Langevin, Nanterre, 92)

Adrien Vodslon (collège Henri Barbusse, Saint-Denis, EE-Snes-FSU93)

Assemblée générale des personnels du lycée Mozart

Eléonore Vinay-Léger (AED, Émancipation, Snes-FSU93)

Rajaa Aloussi (Émancipation, Snes-FSU93)

Isabelle Petit (Émancipation, Snuep-FSU93)

Suzanne d'Hermies (Émancipation, Snes-FSU93)

Stéphane Rey (Émancipation, Snes-FSU77)

Anouk Guezet (Émancipation, Snes-FSU77)

Laurence Fiant (Émancipation, Snes-FSU94)

Daniel Lartichaux (Émancipation, Snes-FSU95)

Sylvette Minnaert (Émancipation, Snuipp-FSU93)

Nicolas (lycée d'Hulst)

Nicolas Kemoun (Lycée Maupassant Colombes, CGT éduc’action 92)

Marie-Moreau (professeur de lettres classiques, collège Romai Rolland, Ivry-sur-Seine, Snes-FSU94)

Françoise Debreuille Carrasquedo (professeur de lettres à la retraite, lycée Guyenemer, Oloron, 64)

Lola Navamuel (PE, école Baudin, Le-Pré-Saint-Gervais, 93)

Emilie Layrac (PE, Bagnolet, SUD éducation 93)

Lucile Saison (PE brigade, 75)

Valérie GERARD (lycée Fénelon, Paris 6e, Snes-FSU75)

vendredi 6 mai 2016

La répression anti-syndicale prend un nouveau tournant

matraqueravenir.jpg Affiche de la CGT info'com

Communiqué de l’Observatoire de la répression et de la discrimination syndicale

Avec l’arrestation le 28 avril dernier de Nicolas P., cheminot et syndicaliste de Sud-Rail Solidaires, et de Nicolas Jounin, sociologue à et syndiqué CGT, la répression gouvernementale contre les syndicalistes a franchi une nouvelle étape.

Leur interpellation s’est faite à l’issue d’une action, qui relevait pourtant d’une mobilisation classique de blocage de l’outil de travail (l’entrée du port de marchandises de Gennevilliers) et s’inscrivait dans le cadre de la journée de grève et de mobilisations pacifiques contre la loi travail. C’est au cours d’une intervention policière que ces deux syndicalistes ont été arrêtés, placés en garde à vue et déférés devant le tribunal de Bobigny. Ils sont aujourd’hui placés sous contrôle judiciaire jusqu’au 6 octobre 2016, date prévue pour le procès.

Après s’être abattue essentiellement sur les lycéen-ne-s et les étudiant-e-s, la répression policière dans le cadre du mouvement contre la Loi Travail s’étend aujourd’hui aux syndicalistes. Elle vient confirmer la tendance à la criminalisation de l’action syndicale déjà illustrée, entre autres, par le cas des Goodyear, La poste ou Air France.

La crainte d’une possible liaison entre le mouvement des jeunes et celui des salariés en est certainement à l’origine. On assiste au total à une accentuation des moyens de répression contre le mouvement social et syndical à un niveau jamais atteint ces dernières années : inculpation de près de 50 lycéens dans le 92, de syndicalistes dans le 93, garde à vue de nombreux syndicalistes partout en France (cheminots de Villeneuve St Georges, dirigeant CGT-RATP arrêté le 28 avril à la Nation), mise à sac d’un local syndical à Lille, tirs de flashball contre les militants et la camionnette de Solidaires à Marseille, sans compter les violences policières qui s’exercent contre les personnes mobilisées dans le cadre des « Nuits debout » qui ont atteint leur paroxysme le 1er mai.

C’est pourquoi nous condamnons fermement l’ensemble de ces mesures qui visent à bâillonner le mouvement syndical et avec lui l’ensemble du mouvement social. Non les syndicalistes et les jeunes ne sont pas des criminels : ils ne font que s’opposer par des voies démocratiques aux mesures de régressions sociales que le gouvernement veut imposer par la force. Nous exigeons l’abandon des poursuites judiciaires engagées envers l’ensemble des syndicalistes et des jeunes mis en cause dans le cadre des mobilisations contre la loi Travail.

Une riposte unitaire pour affirmer le droit démocratique à débattre et manifester est nécessaire. L’Observatoire de la répression et de la discrimination syndicales est disponible pour y participer. C’est dans cet esprit qu’il sera présent à la réunion du 4 mai convoqué par les initiateurs de l’appel « Un pouvoir qui matraque la jeunesse est faible et méprisable »

Dans le cadre de notre travail de recension, d’analyse et de publicisation des faits de répression et d’entrave aux libertés syndicales, nous appelons toutes les structures syndicales à nous faire connaitre les cas de répression dont elles ont connaissance et faire remonter ces informations à l’adresse suivante

Le 18 mai et après, la grève et la rue contre la loi « travail »

Lire l'intégralité sur le site On Bloque tout

l-eleve-du-capital.jpg Image piquée à Canaille le Rouge

Le mois de mai doit être celui durant lequel le mouvement social prendra toute son ampleur : pour cela nous ferons tout pour que la grève des cheminot.e.s à partir du 18 mai soit aussi celle de la convergence des luttes, à travers une grande journée de grève interprofessionnelle. D’autant que dans la même période, une grève reconductible unitaire est aussi annoncée dans le transport routier.

Parce que ce n’est pas à l’Élysée, ni à Matignon, ni au Palais-Bourbon qu’on obtiendra satisfaction : organisons-nous collectivement et de façon unitaire, faisons grève et reconduisons la, développons les actions de blocage économique et soyons toutes et tous dans la rue le 18 mai pour le retrait total de la loi « travail » !

Nous invitons les syndicalistes et les structures syndicales signataires de l’appel « On bloque tout ! », et bien au-delà toutes et tous celles et ceux qui s’y reconnaissent, à s’emparer de ces propositions, à les porter dans les intersyndicales locales et les assemblées générales, pour faire de la journée du 18 mai une démonstration de force permettant de reconduire la grève.

Le collectif d’animation de l’appel « On bloque tout ! » le 4 mai 2016

Meeting « On bloque tout ! »

19 mai 19h-22h

Salle Grande Croizat de la Bourse du Travail de Paris 3 rue du Château d'eau Paris, 75010 France

mercredi 27 avril 2016

On bloque tout : Rencontre nationale du samedi 23 avril

Le samedi 23 avril était organisée à la Bourse du Travail de Paris une rencontre nationale de l’appel « On Bloque Tout ! » ce sont près de 100 militant.e.s (CGT, SUD-Solidaires, FO, CNT-SO, FSU, CFDT) qui y ont participé tout au long de la journée.

Des commentaires sur le mouvement de rejet de la loi « travail » ont accordé une place centrale et un rôle décisif à la jeunesse scolarisée mais force est de constater que la mobilisation dans les lycées et, surtout, dans les universités est très en-deçà des derniers gros mouvements étudiants, en 2009 par exemple. L’absence de lutte d’ampleur dans les facs depuis 2010 explique que des pratiques de terrain se soient perdues et il n’est pas étonnant de constater aujourd’hui que les assemblées générales les plus massives se sont tenues dans les universités où les syndicats étudiants ont fait un travail régulier de mobilisation. À l’université comme dans le monde du travail, il n’y a pas de secret : on mobilise d’autant mieux les collègues qu’on a l’habitude d’échanger, d’argumenter et d’agir.

Au-delà des universités, l’absence de fort mouvement interprofessionnel depuis 2010 et l’absence de victoire significative au niveau national depuis 2006 explique que la mobilisation actuelle peine à s’ancrer réellement. Notre tâche doit donc être de remettre au centre des débats la question de la grève, en reprenant les « bases » : expliquer comment faire grève en fonction des secteurs professionnels, expliquer comment organiser la solidarité, etc.

Des traditions de mobilisation sont à reconstruire afin que les collègues se sentent suffisamment en confiance pour se lancer dans la lutte. La difficulté n’est pas tant de déborder des directions syndicales qui freineraient (même si les appels confédéraux pourraient être plus dynamiques et même si les situations sont différentes en fonction des organisations syndicales) mais bien d’emmener des collègues dans la lutte.

Pour l’instant, nous ne pouvons pas faire autrement que de nous appuyer sur les journées de mobilisation décidées au niveau intersyndical mais l’enjeu est de maintenir une visibilité du mouvement entre ces journées d’action afin d’élargir la contestation et de généraliser les grèves. Cela passe par l’organisation de tournées, de diffusions de tract, de collages ou d’affichages mais aussi l’action locale interprofessionnelle en direction de la population dans les gares, devant les supermarchés, à la sortie des métros, etc.

Pour ancrer la mobilisation sur le terrain, plusieurs formes d’organisation sont possible: unions locales syndicales mais aussi AG interprofessionnelles ou comités d’action. Cet ancrage local, qui passe également par le mouvement des « Nuits debout », peut servir à stimuler la contestation sociale mais il faut veiller à ce que ces formes de mobilisation restent liées à l’intervention syndicale sur son lieu de travail.

Lire l'intégralité sur le site onbloquetout.org

lundi 25 avril 2016

Adresse aux usagers et à la population: ce que l’on ne vous dit pas sur la politique business de la SNCF !

sncfBalbastre.PNG Cliquer sur l'image pour visualiser le film de Gilles Balbastre Vérités et mensonges sur la SNCF

Communiqué de la CGT-Cheminots

Mesdames, Messieurs, bonjour

Depuis des années, la Direction de la SNCF n’a de cesse d’imposer des gains de productivité. Ainsi, du fait de la suppression de près de 30 000 emplois de cheminots depuis 2003, le chiffre d’affaires généré par agent a augmenté de 30 % (sur la base des résultats 2007). Pourtant et au-delà des conséquences catastrophiques sur la qualité du service public ferroviaire (accidents ferroviaires, suppressions et retards de trains, vieillissement du réseau ferré), l’augmentation du prix des billets se poursuit !

Loin d’enrayer l’endettement du système ferroviaire, la réforme de 2014 qui enjoint en fait à l’autofinancement, est marquée en réalité par un désengagement de l’Etat et du Patronat (qui profite largement du transport public) au détriment des cheminots et des usagers qui devront payer la note !

Pire, cette politique engendre un report massif sur les routes de camions et d’autocars…

Or, la route est quasi uniquement financée par les deniers publics (infrastructures, coût des émissions de CO2 et de la pollution atmosphérique qui reposent sur les collectivités).

Tandis que le vocable des dirigeants de la SNCF s’enrichit pour passer des « usagers » aux « clients », symptôme supplémentaire de cette politique business, cette même Direction fait le choix d’investir massivement à l’international ainsi que dans les filiales routières plutôt que dans les trains du quotidien pourtant si chers à Guillaume Pépy.

Ils détruisent le ferroviaire, occultent l’écologie, sacrifient des pans entiers de territoires et tout cela avec notre argent !

Ainsi, l’achat d’OHL (USA) a coûté 717 millions d’euros, celui de l’ATE (Australie) 113 millions d’euros et 29,3 millions de pertes de Kéolis à Boston.

Le Partenariat Public Privé (PPP) sur la LGV SEA (Sud Europe Atlantique) coûtera au bas mot 230 millions d’euros par an pour engraisser un consortium privé (LISEA) piloté par Vinci Construction !

La libéralisation des autocars (loi Macron) coûtera 200 millions d’euros minimum chaque année.

D’ailleurs, les 110 millions d’euros injectés dans « Ouibus » en deux ans serviront directement à faire concurrence aux trains SNCF et ce malgré des remplissages de bus estimés entre 10 et 20 voyageurs.

Exit donc l’égalité de traitement, la péréquation tarifaire, le service public ferroviaire !

D’AUTRES CHOIX EXISTENT !

Ainsi, la Fédération CGT des Cheminots propose de créer une contribution du Patronat pour financer les TER (versement transport), de baisser la TVA, d’augmenter la prise en charge du trajet domicile/travail par les employeurs, de créer un plan d’épargne populaire pour financer les infrastructures de transports…

Ce qui permettrait de parvenir aux moyens nécessaires à même d’assurer un service public ferroviaire pour répondre aux besoins exprimés en territoires et d’appliquer une tarification appropriée.

dimanche 24 avril 2016

L'appel des syndicalistes contre "la loi travail"

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Le projet de loi El Khomri est une insulte au monde du travail. Rarement l’attaque aura été aussi grave. Avec l’inversion de la hiérarchie des normes qui permet aux accords locaux au rabais, obtenus sous la pression, de se substituer aux accords de branche ; en lançant l’offensive contre l’outil syndical avec la promotion des référendums-bidons en entreprise ; en organisant et généralisant la précarité, la flexibilité et en facilitant les licenciements, c’est une dégradation majeure du temps et des conditions de travail de millions de salarié.e.s que prépare activement le gouvernement.

À nous de nous préparer tout aussi activement à l’en empêcher ! Tout ce que mérite un tel projet c’est une riposte déterminée et massive des travailleuses, des travailleurs du privé comme du public qui doivent converger, et de la jeunesse. Et pour cela, c’est le blocage de l’économie qui est à l’ordre du jour.

Le 9 mars, nous étions des centaines de milliers à battre le pavé. Pour nombre de salarié.e.s qui composaient la majorité des cortèges, la grève s’imposait. Le 17 mars, le 24 mars, la jeunesse lycéenne et étudiant s’est mobilisée activement. Le projet de loi a été présenté en Conseil des ministres, avec quelques effets d’annonces destinés à faire croire que la copie a été revue :nous le disons tout net, le projet de loi n’est ni amendable, ni négociable et seul son retrait, total, s’impose.

Le 31 mars, la grève interprofessionnelle a confirmé l’élan donné le 9 mars. La suite du mouvement doit être activement préparée et nous devons profiter de toutes les occasions pour renforcer la mobilisation. La seule manière de gagner et de faire plier le gouvernement, c’est de bloquer l’économie. Les travailleurs et les travailleuses doivent en effet prendre leurs affaires en mains dans cette lutte et ne doivent pas s’en remettre à des politiciens ou politiciennes qui n’ont que les élections de 2017 en vue. Et pour bloquer l’économie, ce qu’il faut c’est confirmer l’ancrage de la grève, préparer sa généralisation et sa reconduction partout où c’est possible dans les jours et semaines qui suivront !

Alors nous obtiendrons le retrait du projet de loi El Khomri. Alors nous pourrons préparer la contre-offensive, NOTRE contre-offensive en popularisant des revendications qui permettent de rassembler, sur lesquelles les équipes syndicales pourraient s’engager ensemble, à la base et dans l’unité. La réduction du temps de travail à 32 heures par semaine, sans réduction de salaires, ni flexibilité, sans arnaque à la clef comme l’ont été dans de nombreux secteurs les « 35 heures-Aubry », voilà par exemple ce qu’il est urgent de mettre en avant pour contrer les dégradations des conditions de travail et imposer des créations d’emplois.

Tout cela, nous nous engageons à le mettre en débat auprès de nos collègues, dans nos structures syndicales, dans les intersyndicales auxquelles nous participons. Nous sommes certain.e.s que ces préoccupations, nombreuses et nombreux sont les syndicalistes qui les partagent. Quelles que soient les appartenances syndicales, nous les appelons à rejoindre cet appel, à en proposer la signature à leur structure syndicale et à mutualiser les informations sur la mobilisation sur le blog lié à cet appel. C’est toutes et tous ensemble qu’on va lutter, c’est toutes et tous ensemble qu’on va gagner!

Liste des signataires...

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Liège : bloquons la semaine de 45 heures !

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Appel de syndicalistes pour une rupture avec l’Union Européenne

Nous sommes des travailleurs syndicalistes et politiques de toutes tendances du mouvement ouvrier, de tous les pays du continent européen (membres ou non de l’Union européenne). Un référendum est convoqué le 23 juin en Grande Bretagne, avec une question à l’ordre du jour : « Rester » dans l’Union- européenne ou « la quitter». Nous saluons et appuyons ,les syndicats, les sections du Labour et les militants ouvriers britanniques qui, malgré les consignes de la direction du Labour et des sommets de la Confédération européenne des syndicats (CES), ont décidé d’appeler à voter pour « quitter » l’Union européenne le 23 juin !…

De la Grèce au Portugal, de la Pologne à l’Allemagne… nous avons, depuis des années, fait l’expérience de ce que signifient les traités européens fondés sur la « concurrence libre et non faussée », les directives et les plans dictés par l’Union européenne ou par la troïka (et mis en œuvre par chacun des gouvernements, quelle que soit leur couleur politique).

Nos peuples et les travailleurs de toute l’Europe ont subi cette politique, que leur pays soit membre de l’Union européenne ou qu’il soit sous « partenariat d’association » : déréglementation, casse des codes du travail et des droits ouvriers (retraites, Sécurité sociale, conventions collectives), privatisation-destruction des services publics et coupes dans les budgets au nom de la dette, remise en cause de toute forme de souveraineté nationale et populaire. Nous constatons que l’Union européenne (imbriquée dans l’OTAN par les traités) soutient les interventions militaires étrangères qui jettent sur les routes de l’exil des millions de réfugiés.

Nous constatons que lors du sommet européen des 18 et 19 février, le Premier ministre britannique et la Commission européenne ont scellé un accord qui aggravera encore la mise en concurrence des travailleurs entre eux. Au nom de cet accord, tout travailleur originaire d’un pays de l’Union européenne, émigré en Grande-Bretagne, sera privé pendant quatre ans de tous les droits sociaux arrachés par la classe ouvrière britannique. Ce qui ne pourra amener qu’à une concurrence entre travailleurs, qu’à une nouvelle offensive pour baisser le « coût du travail » des travailleurs britanniques, et à favoriser un climat xénophobe réactionnaire.

Contre cette « Union européenne » qui tente par tous les moyens de dresser les travailleurs les uns contre les autres au plus grand profit des capitalistes et des banquiers, nous opposons l’union des travailleurs et des peuples de toute l’Europe pour la défense et la reconquête de leurs droits, de la souveraineté et de la démocratie. Avec les 578 délégués réunis à la conférence annuelle de l’Union locale de Trondheim de la Confédération syndicale norvégienne (LO), nous soutenons les travailleurs britanniques qui voteront pour « quitter l’UE » et « lutter main dans la main avec les travailleurs d’Europe et du monde entier ».

Une victoire des travailleurs britanniques le 23 juin sera un point d’appui pour tous les travailleurs qui, dans tous les pays, s’opposent par leur propre lutte de classe aux plans de destruction de l’Union européenne et des gouvernements qui appliquent sa politique.

Les 123 premiers signataires...

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En Belgique, Khomri s'appelle Peeters !

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Le gouvernement belge a décidé de mettre en place d'ici janvier 2017 une modification profonde de la loi sur le travail en prétextant un besoin de flexibilité des entreprises pour créer de l'emploi. Le gouvernement veut instaurer la semaine de 45 heures de travail, et la journée de 9h – et même des journées de 11 heures et des semaines de 50 h ! Il veut libéraliser les règles pour les heures supplémentaires et le travail le soir, la nuit et le de week-end. Il impose que le temps de travail soit calculé sur une base annuelle ... En pratique, l'employeur nous imposera quand nous devrons travailler plus et quand nous resterons à la maison. Les heures supplémentaires (qui sont déjà possibles aujourd'hui, mais dans un cadre négocié) ne donneront souvent plus droit à des sursalaires ! Les horaires variables pourraient n'être connus que 24 heures à l'avance. Comment pourrons-nous dans cette flexibilité sans limites organiser notre temps et notre vie ?

Pétition à signer sur change.org

Lire aussi La Commission européenne se réjouit de la loi El Khomri

et

La Réforme du chômage en perspective européenne

vendredi 22 avril 2016

Lettre des mouvements grecs à la jeunesse manifestante en France

PAS VU sur #GlobalDebout

Chèr-es camarades,

Vos mobilisations constituent le phare pour toute la jeunesse de l’Europe, qui, aujourd’hui est frappée de l’attaque des gouvernements réactionnaires et néolibérales, ainsi que de l’Union Européenneet du FMI. Avec cette lettre nous voulons exprimer notre solidarité internationaliste indéfectible. Nous voulons apprendre par vos luttes, coordonner notre pas avec le votre.

Vos luttes, qui n’hésitent pas devant l’état d’urgence et la répression violente que subissent vos manifestations, sont aussi nos luttes. Comme vous, nous sommes face à une situation de chômage permanent et de travail précaire. Notre jeunesse est forcée à l’émigration à la recherche d’une vie meilleure. Tous ceux qui restent, nous sommes incapables d’être économiquement indépendants, de s’amuser, de s’éduquer, d’aimer, de vivre. La jeunesse constitue le cobaye de leur politique. Alors qu’ils essayent d’exploiter nos facultés au maximum, en même temps la majorité de notre génération se trouve face au chômage et dépérissement de nos capacités et notre créativité. Leur but est que nous travaillons sous les pires conditions, dans des travaux précaires, sans aucune sécurité. La loi El Khomri s’aligne parfaitement à ces préoccupations et nous rappelle les mesures adoptées en Grèce depuis le début de la crise économique. Et cela démontre que l’attaque se passe partout malgré les différentes vitesses avec lesquelles elle est est promue. Et si aujourd’hui c’est vous qui êtes le cible, au prochain virage ça sera nous

Lire la suite sur le site attack.org

jeudi 14 avril 2016

Place occupée, mais où sommes-nous ?

(...)

Alors, la loi travail n’est qu’une étape parmi d’autres dans ce processus. Mais, pour le moment, tout ne se passe pas comme prévu et c’est très enthousiasmant. Le contexte d’une forte mobilisation n’était pourtant pas favorable entre état d’urgence, appel à l’union nationale et gauche au pouvoir disposant de ses habituels relais pour maintenir un semblant de paix sociale. On pourrait même dire que c’est original un mouvement contre une réforme liée au travail avec le Parti Socialiste aux affaires. Nous, ça fait longtemps qu’on y croit pas mais au moins maintenant les choses sont claires pour tout le monde. Finie la croyance dans l’alternance qui devait enfin défendre les aspirations des travailleurs, chômeurs et précaires. Plus question d’esprit de responsabilité aux prochaines élections : la gauche au pouvoir depuis 35 ans n’a fait que poursuivre une gestion capitaliste, raciste et autoritaire de l’Etat français.

L’autre chose, c’est que même si elles n’ont bien sûr pas disparues, ce mouvement arrive dans une période de décomposition des organisations politiques traditionnelles. Et ça fait du bien de se débarasser un peu de la puissance des bureaucraties syndicales et politiques, de leurs manoeuvres pour tout encadrer et récupérer la contestation, de leurs chefs providentiels et de leurs services d’ordre qui n’hésitent pas à donner du coup de poing en manif si on ne suit pas leurs ordres.

L’enjeu est d’éviter que cette désagrégation ne débouche sur davantage d’isolement et d’individualisme dans les luttes. Les changements que nous pourrons obtenir ne viendront que d’un rapport de force avec le pouvoir. Ce qui ne découle pas de l’addition d’individus mais de notre capacité à s’organiser collectivement. Avoir des lieux publics, ouverts, où se réunir, se rencontrer, s’organiser et même s’embrouiller est l’une des premières nécessités d’un mouvement. Face aux fermetures administratives des universités et aux difficultés de tenir un lieu grand et accessible à Paris, l’occupation de la Place de la République apparaît de fait comme une réponse à cette nécessité. Evidemment hétéroclite, confuse et chaotique, il n’en demeure pas moins que cette initiative réunit des milliers de personnes chaque jour et tient en dépit des opérations de police (et de la pluie).

Espérons juste que cette occupation ne centralisera pas toutes les énergies et que d’autres initiatives participeront à la dynamique du mouvement. Espérons surtout que cette occupation ne s’enfermera pas dans une idéologie qui, en se prétendant en permanence citoyenne et démocrate, annihile de fait toute analyse de la conflictualité sociale et toute possibilité de s’organiser concrètement. Voter frénétiquement en AG toutes les propositions (le plus souvent sans réalisation effective derrière) ne garantit en rien l’implication du plus grand nombre et la transparence de la décision. Cela avalise bien davantage un rapport individuel et abstrait à la lutte : tu peux voter pour les cahiers de doléances à la sortie du métro, contre le déménagement de la cantine, t’abstenir sur le vandalisme sans jamais ni t’impliquer ni t’organiser collectivement.

Le risque également de cette idéologie citoyenno-démocrate est une dépolitisation, une simplification à l’extrême et un déni de la conflictualité sociale derrière des slogans comme « les 99 % face au 1 % » ou « la police avec nous ». La police tue dans les quartiers, tabasse en manifs, mutile à coup de flashballs. Ils sont et seront toujours du côté de l’Etat et des dominants. Alors, non, nous ne construirons rien avec eux. Pour nous, la lutte des classes n’a pas disparu avec le déclin de la société industrielle. Ce système capitaliste continue plus que jamais de profiter à une classe dominante qui ne cèdera que sous la pression d’un rapport de force et pas d’un bulletin de vote ni de 80 000 smiley sur Périscope. (souligé par le Concierge)

Alors, essayons de profiter du joyeux bordel pour être moins isolés, se retrouver dans une assemblée générale, une occupation d’un Subway, un blocage d’un magasin H&M, un saccage de boîte d’interim, une manifestation sauvage... Et la liste est encore bien longue !

LES PATRONS ET LE GOUVERNEMENT NE COMPRENNENT QU’UN LANGAGE : GREVE, BLOCAGE, SABOTAGE !

Des exploité-e-s pas si atomisé-e-s

Dédicace à tous les chômeuses et chômeurs, précaires, rsastes, autoexploité-e-s, ouvriers et ouvrières de la société de services

Paris-banlieue, avril 2016

Lire l'intégralité du texte paru sous le titre Le travail ne fera pas sa loi sur CIP-IDF

lundi 11 avril 2016

D’avril à mai… bâtir la grève

L’intersyndicale nationale a fixé une prochaine date de grève et de manifestations le jeudi 28 avril prochain. Cette date de grève, nous allons tout faire pour qu’elle soit la plus forte possible, la plus étendue, la plus ancrée dans les entreprises et les services. Mais, isolée, elle paraît bien lointaine.

Pour cela, nous pensons que les journées d’actions appelées par la Coordination nationale étudiante auraient dû faire partie du calendrier de mobilisation intersyndicale et interprofessionnelle.

Le samedi 9 avril, les mardi 12, jeudi 14 et mercredi 20 avril – comme cela a été le cas les 17 et 24 mars et le 5 avril – des appels à la grève, des débrayages, une présence des salarié.e.s aux côtés de la jeunesse mobilisée… c’est nécessaire et ça aidera à construire la grève du 28 avril !

Alors que le gouvernement envoie la police et les gendarmes briser dans la violence les mobilisations des lycéen.ne.s et des étudiant.e.s, il ne faut pas nous diviser et nous devons continuer à renforcer le mouvement social contre la loi « travail » toutes et tous ensemble !

A Rennes le 5 avril, c’est ensemble, étudiant.e.s, lycéen.ne.s et salarié.e.s, que les manifestant.e.s ont bloqué deux heures durant les voies SNCF. Au Havre, le 24 mars, 2000 dockers CGT avaient rejoint la manifestation des jeunes. Au-delà de ces deux exemples, dans de nombreuses villes, des opérations de blocage sont discutées, des actions se préparent appuyées par les équipes militantes syndicales, avec la jeunesse mobilisée.

D’avril à mai, il faut continuer à porter la grève, à se rassembler, à se mobiliser, à monter en puissance pour obtenir le retrait total de la loi « travail » !

Les « Nuits debout », les assemblées générales interprofessionnelles qui essaiment un peu partout peuvent être l’occasion de tisser ces liens. Sans évacuer la question centrale sans laquelle il n’y a pas de blocage réel de l’économie : faire en sorte que la grève se généralise, que sa reconduction se débatte entre salarié.e.s.

Claire Bidon (Solidaires étudiant.e.s Paris 8), Fabien Delmotte (CNT-Solidarité Ouvrière), Guillaume Goutte (CGT Correcteurs), Gaétan Helon (Syndicat étudiant.es et lycéen.ne.s CGT du valenciennois), Kaou Lampriere (SUD-Rail Bretagne), Jean-Yves Lesage (Syndicat général du Livre-CGT), Alexis Louvet (CGT RATP-Bus), Hugo Reis (SUD PTT), Théo Roumier (Solidaires Loiret)

Repris du site ON BLOQUE TOUT L’appel des syndicalistes contre la loi «travail»

vendredi 18 décembre 2015

Appel unitaire : « Sortir de l’état d’urgence »

En réaction à l’horreur des attentats, l’état d’urgence a été décrété par le gouvernement, puis aggravé et prolongé pour une durée de trois mois. Nos organisations ont immédiatement exprimé leurs craintes vis-à-vis de ce régime d’exception ; ces craintes sont aujourd’hui confirmées par l’ampleur des atteintes aux libertés constatées depuis quelques semaines. Nous assistons à un véritable détournement de l’état d’urgence qui cible également des personnes sans aucun lien avec des risques d’attentat. Ces abus doivent cesser.

La volonté de se rassembler et de manifester ensemble a prévalu après les attentats commis à Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes, en janvier 2015. Elle prévaut encore. Or, depuis le 13 novembre 2015, les interdictions visant les mobilisations sur la voie publique se multiplient. Manifester n’est plus un droit, et les rares concessions accordées par les préfectures, qui attendent souvent le dernier moment pour informer de leurs intentions, entravent dans les faits son exercice.

Le ministère de l’Intérieur justifie tout cela par son incapacité à sécuriser les parcours alors même qu’il autorise, dans le même temps, les rencontres sportives et des événements tels que les marchés de Noël, qui se tiennent sur la voie publique. L’interdiction des rassemblements et manifestations entraîne la multiplication des arrestations, des gardes à vue, des assignations à résidence, un fichage policier des militants, et, pour quelques-uns, des condamnations. Qui peut croire que cela soulage les autorités ? La censure, ici, s’avère doublement contreproductive…

L’état d’urgence autorise par ailleurs des perquisitions sur ordre des préfectures, de jour comme de nuit, en dehors de tout cadre judiciaire, sur le fondement de fiches possiblement erronées, de dénonciations, d’informations et de soupçons sujets à caution. Plus de deux mille six cents intrusions discrétionnaires sont intervenues à domicile, dans des mosquées, des commerces, interventions souvent violentes, sans qu’aucune mise en examen pour terrorisme n’ait eu lieu. Rien n’indique qu’une telle frénésie va s’arrêter, chacun peut en être victime.

Les assignations à résidence se multiplient sur la base de motifs aussi vagues que la présence sur le lieu d’une manifestation ou le fait de « connaître » tel ou tel individu. Ces graves restrictions sont appliquées, sans distinction, et de manière massive, d’autant que les juridictions administratives ont montré qu’elles s’en accommodent, quitte à ce que les libertés en souffrent. Elles reprennent à leur compte toutes les allégations du ministère de l’Intérieur et, comble de la démission, sont nombreuses à considérer qu’il n’y aurait pas d’urgence à statuer sur l’état d’urgence.

L’état d’urgence et le climat de guerre intérieure alimenté par le gouvernement contribuent au renforcement des amalgames et aux pratiques discriminantes, notamment de la part des forces de police. Ce ne sont pas « les terroristes qui sont terrorisés », ce sont des jeunes et des populations victimes de l’arbitraire en raison de leur origine et/ou de leur religion qui voient leur situation encore davantage fragilisée.

Reprenant à son compte les exigences de l’extrême droite, FN en tête, le gouvernement s’engage honteusement dans une modification de la Constitution visant à étendre la déchéance de la nationalité aux binationaux nés en France.

Ces multiples atteintes portées au contrat démocratique sont une mauvaise réponse aux actes terroristes. Notre pays a été blessé, mais loin d’en apaiser les plaies, l’état d’urgence risque de les exacerber en appauvrissant notre démocratie, en délégitimant notre liberté.

Dans ces circonstances, nous appelons les pouvoirs publics à :

jouer leur rôle de garants de la défense des droits et des libertés publiques ;

rétablir, sans délai, le droit plein et entier de manifester ;

cesser les perquisitions et les assignations à résidence arbitraires et à agir dans le cadre de procédures judiciaires ;

mettre en place des garanties effectives de contrôle ;

lever l’état d’urgence ;

renoncer à une réforme constitutionnelle préparée dans l’urgence et au contenu inacceptable.

Signataires :

AFD International, Agir pour le changement démocratique en Algérie (Acda), Altertour, L’Appel des appels, Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort), Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF), Association française des juristes démocrates (AFJD), Association France Palestine solidarité (AFPS), Association Grèce France Résistance, Association interculturelle de production, de documentation et de diffusion audiovisuelles (AIDDA), Association des Marocains en France (AMF), Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (Aurdip), Attac, Cadac, Cedetim, Centre islamique Philippe Grenier (CIPG), Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid), CGT-Police Paris, Collectif 3C, Collectif des 39, Collectif CGT Insertion-Probation (UGFF-CGT), Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP), Collectif Stop le contrôle au faciès, Confédération générale du travail (CGT), Confédération nationale du logement (CNL), Confédération paysanne, Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), Collectif des féministes pour l’égalité (CFPE), Collectif Memorial 98, Collectif des musulmans de France (CMF), Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Comité pour le développement et le patrimoine (CDP), Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Commission islam et laïcité, Confédération syndicale des familles (CSF), Coordination de l’action non-violente de l’Arche (Canva), Coordination des collectifs AC !, Droits devant !, Droit au logement (Dal), Droit solidarité, Emmaüs France, Emmaüs International, Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), Fédération nationale de la Libre pensée, Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Femmes Solidaires, Filles et fils de la République (FFR), Fondation Copernic, Fondation Danielle Mitterrand France Libertés, Genepi, Ipam, La Cimade, La Ligue de l’enseignement, La Quadrature du Net, Le Gisti, Le Mouvement de la paix, Les Amoureux au ban public, Les Céméa, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Maison des potes, Mamans toutes égales (MTE), Minga-agir ensemble pour une économie équitable, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Observatoire international des prisons (OIP) – section française, Organisation de femmes égalité, Osez le féminisme !, Planning familial, Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RaidH), Réseau éducation sans frontières (RESF), Réseau euromaghrébin culture et citoyenneté (REMCC), Réseau Euromed France (REF), Réseau Immigration Développement Démocratie (IDD), SNPES-PJJ/FSU, Solidaires étudiant-e-s, Solidarité laïque, Sud Intérieur, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat français des artistes interprètes (SFA), Syndicat de la magistrature, Syndicat de la médecine générale, Syndicat national des arts vivants (Synavi), Syndicat national des journalistes (SNJ), Syndicat national unitaire interministériel des territoires, de l’agriculture et de la mer (SNUITAM – FSU), SNJ-CGT, Unef, Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT (UGFF-CGT), Union juive française pour la paix (UJFP), Union nationale lycéenne (UNL), Union syndicale de la psychiatrie (USP), Union syndicale Solidaires, Union des travailleurs immigrés tunisiens (Utit).

Associations locales et autres :

Asti 93, Collectif 07 stop au gaz et huile de schiste, Collectif BDS Saint-Etienne, Collectif Justice & Libertés (Strasbourg), Collectif Maquis de Corrèze, Collectif Romeurope 94, la revue Ecole émancipée, Espace franco-algérien, Faucheurs volontaires de la Loire, la revue Inprecor, le journal Regards, Réseaux citoyens Saint-Etienne, Vigilance OGM 18.

vendredi 27 novembre 2015

BRAVONS L'ETAT D’URGENCE, RETROUVONS-NOUS LE 29 NOVEMBRE PLACE DE LA REPUBLIQUE

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour comprendre que l’état d’urgence décrété pour trois mois n’allait pas se limiter à protéger la population française contre de nouveaux attentats. Ce week-end, une grande partie de la ville de Sens (Yonne) a été soumise à un couvre-feu, sans rapport clair avec les attentats. C’est la perquisition d’un appartement – dont les locataires n’auraient finalement pas été inquiétés – qui a justifié cette punition collective. Parmi les 1072 perquisitions nocturnes diligentées hors de tout cadre judiciaire par les préfets, moins d'une sur dix a abouti à une garde-à-vue. À Nice, c'est une fillette de six ans qui a été blessée lors d'une opération de police : les policiers intervenus en pleine nuit avaient enfoncé la mauvaise porte. Dimanche en Loire-Atlantique, c'est une caravane de 200 vélos accompagnée de 5 tracteurs qui a été bloquée par les forces de l'ordre : il s'agissait de dissuader les cyclistes de rejoindre Paris pour la COP21. Pendant ce temps, le gouvernement reprend sans scrupules des mesures promues hier encore par l’extrême droite. Les journaux nous l’assurent : les sondages confirment l’adhésion massive des Français à cet état d’exception sans precedent depuis cinquante ans. C'est une victoire pour daesh que d'être parvenu, avec moins d'une dizaine d'hommes, à faire sombrer l’État dans ses pires réflexes réactionnaires. C'est une victoire pour daesh que d'avoir provoqué la mise sous tutelle sécuritaire de la population tout entière. Le dimanche 29 novembre, une gigantesque manifestation était prévue dans les rues de Paris pour faire pression sur les gouvernants mondiaux, à qui personne ne faisait confiance pour trouver une solution au réchauffement climatique. Des centaines de milliers de personnes étaient attendues de toute l'Europe. Manuel Valls, certainement lucide sur le caractère dérisoire des accords qui sortiront de la COP21, craignait beaucoup cette manifestation; il a donc decide de l’interdire. Le prétexte : la foule risquerait d’être la cible d'un attentat – M. Valls jouerait-il avec le feu en laissant les Français risquer leur vie en faisant leurs courses de Noël ? Les moyens: ceux qui voudraient manifester encourent 6 mois de prison. M. Valls va-t-il nous mettre en prison pour nous protéger des attentats ? La proposition que nous faisons, nous savons que dans les circonstances actuelles nous aurons du mal à la faire entendre. Depuis dix jours, les écrans ressassent la gloire des “valeurs” françaises. Nous prenons cela au pied de la lettre. S’il existe quelque chose comme une valeur française, c’est d’avoir refusé depuis au moins deux siècles de laisser la rue à l’armée ou à la police. La mobilisation à l'occasion de la COP21 est un enjeu primordial et nous n'acceptons pas que le gouvernement manipule la peur pour nous interdire de manifester.

Dimanche 29 novembre, nous appelons à braver l'état d'urgence et à nous retrouver à 14h sur la place de la République.

Cet appel est à signer sur change.org

vendredi 20 novembre 2015

Créer un illusoire sentiment de sécurité en mettant en place, pour plusieurs mois, un État réellement policier

Extrait de l'Appel de la Quadrature du net

Paris, le 19 novembre 2015 - L'Assemblée nationale a voté aujourd'hui le projet de loi sur la refonte de l'état d'urgence1, adopté en extrême urgence dans un climat de surenchère autoritaire sans précédent. La Quadrature du Net s'inquiète de plusieurs mesures contenues dans la loi, notamment concernant les perquisitions informatiques, la censure d'Internet et la liberté d'association. À rebours de toute réflexion de fond sur les causes profondes des attentats et la manière de régler une situation complexe, la classe politique dans son ensemble se désavoue elle-même en répondant par la restriction générale des libertés publiques à une attaque sans précédent contre nos libertés.

Lire l'analyse de la loi par la Quadrature du Net

« Le débat et le vote de la loi sur l'état d'urgence à l'Assemblée nationale montrent que les députés et le gouvernement sont dans le déni complet de la situation actuelle. Ce vote marqué par une ambiance d'acharnement contre l'État de droit et la séparation des pouvoirs montre que la France est bien loin d'avoir entrepris le travail nécessaire à un vrai règlement du risque terroriste dans toute sa profondeur. Nous appelons les citoyens à marquer leur désapprobation auprès de leurs représentants de manière très claire, puisque c'est au nom de leurs craintes que les députés, paniqués, sacrifient aujourd'hui les libertés. Ils croient ainsi créer un illusoire sentiment de sécurité en mettant en place, pour plusieurs mois, un État réellement policier. Devant ce vote en sur-urgence, il ne nous reste plus guère que la possibilité de documenter le désastre, en espérant un sursaut proche. » déclare Adrienne Charmet, coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net.

La Quadrature du Net vous invite à appeler vos députés pour leur demander d'ouvrir une enquête parlementaire d'investigation sur les lois de surveillance et antiterroristes : la réponse aux attentats ne peut pas être qu'une baisse des libertés

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