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Centre d'Economie du Bonheur

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mardi 14 novembre 2017

Une personne sur trois ne perçoit pas les aides sociales auxquelles elle a droit

Les aides pour les familles sont les plus méconnues, selon un sondage publié mardi pour Adessadomicile, une fédération d'aide à domicile.

Méconnaissance, complexité administrative ou encore réticence à demander de l'aide... Une personne sur trois ne touche pas les prestations sociales auxquelles elle a droit, notamment celles dédiées aux familles ou à la dépendance, selon un sondage* publié mardi.

Le manque d'information, principal obstacle. Ainsi, 34% des personnes éligibles aux prestations sociales ne bénéficient d'aucune aide, indique cette enquête du cabinet Adjuvance pour Adessadomicile, fédération d'aide à domicile, rendue publique dans le Parisien. Pour une personne sur deux, la principale raison est le manque d'information (49% des réponses), viennent ensuite le recours à d'autres solutions dans l'entourage, pour de la garde d'enfant ou de l'aide à domicile par exemple (23%), la complexité administrative des démarches (16%), un reste à charge trop élevé (16%), la réticence "à ouvrir sa sphère privée" (16%) ou encore la défiance envers les administrations (10%).

44% des personnes âgées éligibles n'y accèdent pas. Les aides pour les familles sont les plus méconnues, selon ce sondage : moins d'une famille sur quatre (37%) connaît les aides qui lui sont dédiées et 50% de celles éligibles aux aides à la parentalité ne les touchent pas. Pour les personnes âgées, 44% des personnes éligibles mais non bénéficiaires de l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA) n'y accèdent pas car "elles en ignorent l'existence", est-il précisé. 13% des personnes âgées interrogées trouvent leurs propres solutions.

Neuf Français sur dix connaissent en revanche les aides concernant le handicap (Allocation adulte handicapé, prestation de compensation du handicap, allocation d'éducation de l'enfant handicapé). Elles sont "les moins difficiles d'accès car elles bénéficient intrinsèquement d'un circuit d'accompagnement et de prescription, du fait de la dimension médicale de la fragilité concernée", estime l'étude. Mais "la question du reste à charge reste un frein important".

Pour pallier à ces chiffres, certaines administrations, comme la CAF, cherchent désormais à identifier les familles passant à côté de leurs prestations.

Europe 1 (AFP)

  • Enquête réalisée sur internet en octobre auprès d'un échantillon national représentatif de 1.577 personnes éligibles et/ou bénéficiaires d'aides, et en face-à-face auprès de 24 personnes (six personnes handicapées, six familles fragilisées, six personnes âgées, et six professionnels de l'aide sociale ou d'associations).

mercredi 13 septembre 2017

Le Portugal reprend des couleurs après deux ans de désobéissance à la Commission européenne

Le Portugal n'a presque plus de déficit budgétaire, bénéficie d'une des meilleures croissances de la zone euro, a fait baisser son chômage et attire les investisseurs. Le petit miracle économique et social portugais s'est réalisé en moins de 2 ans avec une politique pourtant opposée aux demandes de la Commission européenne.

Depuis la crise financière de 2008 et celle des dettes souveraines de 2010, la plupart des pays du sud de l'Europe n'ont pas réussi à sortir la tête de l'eau : les déficits budgétaires sont souvent supérieurs aux critères européens, le chômage y est toujours très élevé, les problèmes sociaux causés par la précarité persistent. Les prêts concédés par le FMI, sous l'égide de la BCE et de la Commission européenne pour aider ces pays à retrouver un peu de vigueur et payer leurs dettes ont été tous accompagnés d'obligations de réductions des déficits, par une baisse des dépenses publiques et des demandes précises, comme le gel des salaires des fonctionnaires, des pensions de retraite, la baisse des prestations sociales.

Ces politiques dites d'austérité ont été doublées de réformes structurelles du marché du travail visant à assouplir les droits des salariés pour améliorer la compétitivité des entreprises. Ces réformes du marché du travail sont elles aussi une demande de Bruxelles. La Grèce, l'Italie ou l'Espagne ont effectué ces politiques d'austérité et ces réformes sans succès concret. Tout comme le Portugal jusqu'en 2015. L'Italie, si elle a baissé ses dépenses et a atteint un déficit inférieur à 3% en 2016, n'arrive pas à faire baisser son chômage qui est supérieur à 11%. En Espagne, le chômage est à 18,7% au premier trimestre 2017, et le déficit public ne colle toujours pas aux critères de Bruxelles : 3,6% en 2016. L'échec des politiques de rigueur budgétaire accompagnés des "assouplissements du marché du travail" ne permettent visiblement pas de faire repartir ces économies.

Le Portugal a démontré depuis 2 ans, qu'une politique — inverse aux politiques austéritaires, et donc basée sur une relance par la demande et l'amélioration des protections sociales — pouvait fonctionner. Ce que le FMI avait déjà confirmé en 2016 en annonçant à propos de la Grèce que "l'austérité ne fonctionnait pas". De là à préconiser une politique sociale de relance en Europe, le pas est un peu grand pour l'institution internationale qui a toujours été favorable au désengagement financier social des Etats et à la privatisation de leurs infracstructures et services.

Lire : Portugal : un redressement économique et social qui prend Bruxelles à contre-pied, sur le site de TV5-Monde

dimanche 11 juin 2017

La lutte pour la généralisation du salaire à vie est la seule réponse à la contre-révolution Rocard-Macron

Sans négliger la question du pouvoir d’achat que le remplacement de la cotisation par la CSG modifie à la marge à la hausse ou à la baisse, l’enjeu est ailleurs : Macron assume, plus délibérément encore que Jospin, la contre-révolution rocardienne. Qu’est-ce à dire ? Il faut revenir à la création de la CSG en 1990. Elle est inséparable des autres mesures du gouvernement Rocard : le RMI, le contrat emploi-solidarité (CES), la loi Évin sur le marché de l‘assurance maladie complémentaire, le Livre blanc sur les retraites. Il s’agit d’en finir avec la dynamique du salaire à la qualification et du régime général de sécurité sociale, deux débuts de généralisation du salaire à vie parce que lié à la personne, et de les remplacer par les deux « piliers de ressources » préconisés par l’Union européenne.

La CSG, le RMI et le CES relèvent du « premier pilier », dit « non contributif » et financé par un impôt de solidarité. La CSG est créée contre le salaire pour les parents, tel que l’avait créé la loi Croizat d’août 1946 sur les allocations familiales : les parents n’ont pas droit au salaire, mais à de la solidarité. Même chose pour le RMI, qui entérine le désastreux accord Unédic de 1984 qui a multiplié les chômeurs non indemnisés en renforçant le lien entre durée de cotisation et durée de prestations : les chômeurs « en fin de droit » (imaginez des malades ou des retraités en fin de droit…) n’ont pas droit au salaire, mais à une allocation de solidarité spécifique ou à un revenu minimum. Même chose pour le CES et les emplois aidés : c’est à la solidarité (pas aux employeurs) de payer des jeunes non reconnus à leur qualification et que depuis 1977 les « mesures jeunes » condamnent au travail gratuit ou payé (le plus souvent par l’impôt) sans aucune référence à la qualification. Dans la foulée de Rocard, les gouvernements successifs vont renforcer ce premier pilier de ressources, à la fois négateur du droit au salaire et fiscalisé :

– Le smic remplace systématiquement le salaire à la qualification pour les premières embauches et de nombreuses carrières ; il est largement fiscalisé avec le RSA-activité et surtout les exonérations Aubry-Fillon de cotisations patronales.

– L’assurance vieillesse et l’assurance maladie sont fiscalisées par la CSG, pour le « fonds de solidarité vieillesse » (FSV) et pour le panier de soins de base.

Le projet de généraliser une indemnisation forfaitaire du chômage sans doute financée par la CSG (avec suppression dans un premier temps de la cotisation salarié) et gérée par l’État s’inscrit dans la même logique de premier pilier et ressemble fort au revenu de base universel que la classe dirigeante vante comme cerise sur le gâteau de la négation du droit au salaire pour les 800 ou 1 000 premiers euros de ressources.

Ce premier pilier est inséparable du second, fait des droits très contributifs et qui trouve ses premières expressions dans la loi Évin de 1989 et le Livre blanc des retraites de 1991. Le modèle est le compte individuel de cotisations-retraite dans l’Arrco-Agirc : le « j’ai cotisé, j’ai droit » s’impose dans la réforme des pensions qui les calcule sur les 25 et non les 10 meilleures années et allonge la durée de la carrière complète. Le projet Macron d’unifier le régime de retraite poursuit cette entreprise : il supprimera le régime général et ne fera reposer les pensions que sur des comptes individuels (sauf un plancher de sécurité financé par la CSG du FSV).

Le panier de soins fiscalisé est complété par des mutuelles ou institutions paritaires qui, depuis l’obligation de tels régimes dans l’ANI de 2013, ont vocation à assurer à l’avenir l’essentiel des prestations de santé, toujours sur la base du « j’ai cotisé, j’ai droit » (il y a aujourd’hui 80 taux de cotisations et quatre menus à la Mutuelle générale de l’Éducation nationale, pour prendre ce seul exemple).

Quant à l’indemnisation du chômage au-delà du forfait de base fiscalisé, elle sera considérablement rendue plus contributive (aujourd’hui déjà le nombre de jours prestés dépend du nombre de jours cotisés) avec sanction des refus d’emploi. Le droit à la formation, déjà lui aussi quantifié dans un compte individuel étroitement lié aux performances du travailleur, se jouera sur un marché des organismes de formation dont la normalisation prévue va accélérer la concentration dans des entreprises à but lucratif.

Les ressources assurées jusqu’ici par le salaire direct à la qualification seront assurées par des alternances de contrats de projet ou de mission et de travail indépendant, comme c’est déjà largement le fait de branches comme le BTP, une situation que Macron entend généraliser à tout l’appareil productif, services publics compris avec mise en cause du salaire à vie des fonctionnaires, remplacé par des contrats de cinq ou six ans.

Le salaire à la qualification, surtout s’il est attaché à la personne et donc à vie, est une révolution. Sur les 50 millions de plus de 18 ans, 17 à 18 ont déjà un salaire à vie : 5,5 millions de fonctionnaires, la moitié la mieux payée des 15 millions de retraités, les 3 à 4 millions de salariés des entreprises à statut et des branches (comme la métallurgie, la chimie, la banque) où les syndicats ont été en mesure d’imposer un droit à carrière. La lutte pour la généralisation du salaire à la qualification à vie pour tous les plus de 18 ans (par exemple dans une fourchette allant de 1 500 à 6 000 euros nets par mois, avec attribution automatique du premier niveau à 18 ans) est la seule réponse à la contre-révolution Rocard-Macron. Oui, le salaire doit devenir un droit de la personne !

Bernard Friot

Paru sous le titre "CSG : Macron et la CFDT continuent la contre-révolution rocardienne" sur Politis

vendredi 30 décembre 2016

Eric Toussaint : "sur la base de l'expérience grecque, il faut la désintégration de l'UE, il faut la désintégration de la zone euro"

En douze minutes, Eric Toussaint donne son point de vue sur ce que la gauche radicale devrait adopter comme orientation face à l’Union européenne suite à l’expérience de la capitulation de Syriza en 2015 en Grèce. Il explique quelles mesures prioritaires un gouvernement de gauche devrait prendre.

Cette intervention a été réalisée lors de la conférence internationale intitulée « France et Europe après Brexit » réalisée à Paris les 2 et 3 décembre 2016 à l’initiative du réseau EReNSEP (voir le programme complet).

On peut voir la vidéo sur le site du CADTM

Transcription (et titre) du Musée de l'Europe

Bon évidemment, il y a crise capitaliste, crise de la gouvernance néolibérale, crise de l'UE, tout cela ce sont des évidences… Le problème principal, pour nous, c'est qu'il y a crise de la gauche radicale. La gauche radicale a peur de son ombre. De son ombre socialiste, marxiste, anti-capitaliste… La gauche radicale alors qu'elle a une ouverture, une fenêtre qui ne s'était pas présentée depuis une soixantaine d'années dans une série de pays européens, cette gauche radicale a peur de dire qu'il faut rompre avec le système, qu'il faut appliquer des mesures clairement anti-capitalistes (…)

Le point que je veux faire, c'est que depuis 2008-2009, je pense qu'il est absolument évident que des secteurs très importants des différents pays européens non seulement rejettent l'UE, le néolibéralisme et l'austérité mais veulent des solutions clairement radicales, et ils peuvent voter pour des solutions radicales à droite ou à gauche. Mais manifestement, on a encore une ouverture pour plusieurs années où l'option de gauche radicale de rupture a véritablement des chances de convaincre. C'est vrai en Europe, et je pense que ça reste vrai en GB vu le succès des propositions de Corbyn. C'était vrai aussi très clairement dans le cadre de la campagne des élections aux EU où les différents sondages indiquaient clairement qu'en cas de bataille entre Sanders et Trump, c’est Sanders qui l'aurait emporté. Parce que nous avons bien vu que c'est la défection du soutien populaire à Clinton qui a permis à Trump de gagner. Si Bernie Sander avait été candidat avec un programme radical socialiste il aurait réduit les abstentions et il aurait pu gagner les élections.

Donc je pense qu'après ce qui s'est passé en Grèce, la gauche radiale doit dire très clairement, l'UE est irréformable, la zone euro est irréformable. Je pense qu'il faut faire l'économie d'essayer de démontrer dans un premier temps qu'on pourrait réformer et montrer la mauvaise volonté de la Commission européenne pour dire ensuite il faut radicaliser. On n'a pas le temps de faire ça. Il faut dire maintenant sur la base de l'expérience grecque, il faut la désintégration de l'UE, il faut la désintégration de la zone euro. Et expliquer bien sûr pourquoi ces institutions ne sont pas réformables. Je pense que la gauche radicale doit dire dans ses propositions, dans sa politique concrète de tous les jours quand elle s'adresse à la population qu'elle se propose d'être portée au gouvernement, qu'elle veut éviter une capitulation comme la capitulation grecque et que dès lors elle s'engage très clairement pendant sa campagne électorale et avant, en cas d'élection, elle s'engage à désobéir à la Commission européenne. Dire très clairement, nous refusons les contraintes budgétaires, nous nous engageons à augmenter les dépenses publiques, nous le disons très clairement. Nous userons du droit à l'auto-défense. Il y a une obligation des gouvernements face aux attaques néolibérales de protéger le peuple par des actes unilatéraux basé sur des arguments du droit international, du droit interne, des principes généraux. Nous nous engageons à appeler à la mobilisation populaire dans le pays pour nous soutenir dans notre affrontement avec les institutions européennes et nous appelons à la mobilisation en Europe. Nous nous engageons à réaliser un audit de la dette avec le maximum de participation citoyenne. Et dans certains cas, ça dépend des circonstances concrètes et des pays concrets , s'engager à suspendre le paiement de la dette immédiatement. Je dis dans certains cas. C'était évident pour la Grèce, il fallait suspendre le paiement de la dette dès février 2015, cela aurait changé radicalement la situation pour la Grèce et pour l'Europe. Il faut s'engager à contrôler les mouvements de capitaux. Il faut s'engager à socialiser les banques et à poursuivre en justice les responsables de la crise. il faut s'engager à créer une monnaie complémentaire et dans certains cas il faut opter clairement pour une sortie de la zone euro d'emblée. Pour cela il faut s'être préparé à ça et avoir préparé l'opinion à cela et obtenir un soutien de celle-ci, ce que Syriza avait refusé de faire, puisque Syriza n'a pas demandé un mandat pour sortir de l'euro et est allé au gouvernement avec un mandat pour y rester avec la formule "pas de sacrifice supplémentaire pour l'euro" mais qui avait même été un peu mise de côté pendant la campagne électorale. Il faut s'engager à des mesures fiscales radicales c’est-à-dire supprimer la TVA sur des produits de base, augmenter évidemment la TVA sur les produits de luxe, un impôt très fort sur la fortune, donc le patrimoine du 1% le plus riche, un impôt progressif sur le revenu et fortement progressif. S'engager à déprivatiser, à renforcer les services publics, à réduite le temps de travail, à abroger les lois anti-sociales et s'engager à convoquer un véritable processus constituant.

Je pense que dans une série de propositions qui ont été faites ici et qui sont solides, l'aspect démocratique est insuffisamment mis en avant. Je pense qu'il faut convaincre de la nécessité dans nos différents pays de refonder profondément la structure du pays et donc d'ouvrir un ample débat sur la constitution avec un véritable processus constituant c’est-à-dire des élections générales à une assemblée constituante souveraine pour élaborer en un temps qu'il faut déterminer avec un calendrier précis une proposition de nouvelle constitution à soumettre ensuite à l'approbation populaire au suffrage universel. Et évidemment pour lancer aussi une dynamique à l'échelle européenne dans ce sens là, s'adresser aux autres peuples européens. Le sens de ce que je viens de dire, c’est clairement que dans le contexte européen il n’y aura pas la possibilité pour un pays comme l’Espagne ou le Portugal et c’était le cas de la Grèce il y a un an… un gouvernement de gauche et un peuple qui a porté au pouvoir un gouvernement de gauche ne peut pas attendre les autres peuples, ne peut pas attendre les autres changements, donc il faut des actes unilatéraux très précis. Et il faut renforcer donc de manière délibérée la crise de ceux d’en haut. Et bien sûr pour moi, c’est dans une démarche anti-capitaliste, c’est-à-dire c’est l’affrontement avec la Commission européenne évidemment, mais c’est aussi l’affrontement avec son grand capital. avec le grand capital dans son pays et chercher évidemment l’alliance avec non seulement la classe ouvrière mais les secteurs qui vivent de l’agriculture, les PME, le petit commerce, toute une série de secteurs qui composent le peuple. Dans chacune de nos circonstances concrètes il faut faire ce qu’avait dit Fidel Castro dans son discours de Moncada « l’histoire m’absoudra «  quand il a dit « Qu’est ce que le peuple de Cuba ? » Et il cite au moins une dizaine ou une quinzaine de composantes pour que tous les secteurs du peuple se retrouvent dans ce que c’est le peuple et non pas une référence incantatoire à la classe ouvrière qui est juste hors de propos aujourd’hui. Il faut un discours rassembleur sur un véritable bloc populaire.

Pensons juste à ce que ça aurait donné si Varoufakis au lieu de signer l’accord du 20 février avec l’eurogroupe en 2015 avait annoncé la suspension de paiement, l’audit de la dette, la transformation des participations de l’Etat grec dans les banques grecques en actions ordinaires pour socialiser les banques, le lancement d’une monnaie complémentaire, des mesures fortes sur le plan des impôts y compris une annulation des dettes des 2,5 millions de ménages et de petites entreprises qui ont une dette à l’égard de l’Etat grec de moins de 3500 EUR, pour certains c’est 500 EUR de dettes qui les mettent dans l’illégalité, des mesures fortes qui auraient créé un soutien populaire en Grèce pour affronter l’Europe… bien sûr la monnaie complémentaire. et cela aurait amené effectivement à la sortie de l’euro, bien sûr, qu’il aurait fallu préparer au cours de cette confrontation pendant plusieurs mois. Et si Varoufakis avait annoncé cela en demandant à Bruxelles à ce qu’on l’écoute sur la place publique et à ce qu’il y ait des mobilisations populaires et que le gouvernement grec s’exprime sur la place publique devant le peuple, on aurait eu 10 000, 20 000 ou 30 000 personnes à Bruxelles pour l’écouter et on aurait lancé une dynamique sur le plan européen. Il faudrait donc, et je termine, qu’en cas de victoire (…) on connaisse ce type de confrontation avec l’appel à des mobilisations populaires en Europe et des actes unilatéraux.

Lire aussi :

Pour la prise de pouvoir par le peuple : Dix propositions afin de ne pas reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce

samedi 3 décembre 2016

Arriver au gouvernement, ce n’est pas détenir le pouvoir

Alors qu’en France, la campagne présidentielle va prendre le dessus dans les débats, il est important de réfléchir sur le rapport qu’il y a entre le gouvernement et le pouvoir réel, en particulier quand il s’agit d’une force de gauche qui accède au gouvernement. L’article ci-dessous a été écrit quelques jours après la constitution du gouvernement d’Alexis Tsipras et avant que soit perceptible pour une grande partie de la gauche que la voie qu’il empruntait allait le conduire à la capitulation. Eric Toussaint analyse de manière synthétique les expériences des gouvernements de gauche en Amérique latine en particulier dans les années 2000 au Venezuela, en Bolivie et en Equateur. L’article publié sur le site du CADTM le 11 février 2015 (le gouvernement Tsipras a été constitué le 27 janvier 2015) se terminait en soulignant qu’il est nécessaire de désobéir au créanciers et prendre des mesures radicales dès le début. Il précisait qu’il fallait refuser de payer une partie substantielle de la dette, qu’il fallait arrêter les privatisations et rétablir pleinement les droits sociaux qui ont été affectés par les politiques d’austérité. Il ajoutait qu’il fallait « socialiser le secteur bancaire (c’est-à-dire exproprier les actionnaires privés et transformer les banques en service public sous contrôle citoyen). » L’article précisait que « Cette combinaison de mesures est vitale car, du côté des créanciers, on entend déjà s’élever les voix de ceux et celles qui proposent de réduire le poids de la dette de la Grèce en échange de la poursuite de politiques de réformes (entendez de contre-réformes, de privatisations, de précarisation des contrats de travail et des droits sociaux...). » Cette dernière phrase correspond exactement avec la situation présente : le gouvernement de Syriza, après avoir capitulé en juillet 2015, a poursuivi l’agenda des politiques néolibérales et annonce qu’un jour avec l’aide des créanciers la dette sera allégée. Le texte d’Eric Toussaint prend également du sens en lien avec la possibilité que Podemos et Izquierda Unida accèdent en Espagne dans les 3 ou 4 prochaines années au gouvernement. Enfin, pour revenir à la campagne électorale en France (la présidentielle de mai 2017 et les législatives qui suivront), l’orientation de l’article peut contribuer aux débats difficiles auxquels les différentes forces de gauche radicale sont confrontées dans un contexte préoccupant. Bien sûr, comme l’article le souligne d’emblée, les luttes sociales constituent un élément déterminant du rapport de force ainsi que les rapports entre ces luttes et la politique gouvernementale.

Lire l'article d'Eric Toussaint sur le site du CADTM

dimanche 20 novembre 2016

Réponse à l'analyse de Varoufakis sur le bilan du premier gouvernement Syriza

Alexis Cukier, membre d’Ensemble ! et du réseau ERENSEP (European Research Network on Social and Economic Policies) et Patrick Saurin, un des porte paroles du syndicat Sud Solidaires BPCE, et membre de la Commission pour la Vérité sur la Dette grecque répondent à Yanis Varoufakis sur l’accord du 20 février 2015 et les alternatives à l’austérité en Europe. Cher Yanis Varoufakis,

Suite à votre article, « La Gauche Européenne après le Brexit », paru le 5 septembre dernier sur Mediapart, nous avons souhaité engager une discussion avec vous en publiant à notre tour sur ce même média un article intitulé, « Désobéir à l’Union européenne : nous sommes d’accord avec vous Yanis Varoufakis », dans lequel nous vous posions un certain nombre de questions. Vous avez accepté de poursuivre ces échanges, ce dont nous vous remercions, en publiant toujours sur Mediapart un nouvel article, « Pourquoi j’ai signé l’accord du 20 février 2015 avec l’Eurogroup ? Quelle est la stratégie de Diem25 pour démocratiser l’Europe » en réponse aux questions que nous vous avions adressées.

Votre analyse appelle de notre part de nouveaux développements car nous pensons que cette discussion au sujet du bilan de premier gouvernement Syriza – dont vous avez été le ministre des finances jusqu’au 6 juillet 2015 – et particulièrement de la séquence qui a conduit de l’élection à la capitulation du 13 juillet, est d’une importance cruciale pour la mise en oeuvre d’une politique alternative au néolibéralisme, et la sortie des peuples européens de la cage de fer de l’austérité.

C’est pourquoi nous répondons à notre tour à votre réponse et vous invitons à poursuivre ce débat autour de deux questions qui nous semblent essentielles : l’accord du 20 février 2015 et les alternatives possibles à cette époque pour le gouvernement.

Lire la suite...

samedi 20 août 2016

Du vent dans la thune

duventdanslathune.PNG Cliquer sur l'image pour visualiser le reportage

Sur la liquidation de la pêche artisanale décidée par l'UE avec la complicité des États, lire aussi : Repêcher... l'Union Européenne

Un quart des agriculteurs a touché moins de 10.000 euros en 2015

Les producteurs laitiers perdent de 60 euros à 100 euros pour 1000 litres

Les éleveurs bovins perdent autour de 300 euros pour une bête de 400 kg

Près d'un tiers d'entre eux pourraient disparaître dès cet automne, prévient Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération Nationale Bovine (FNB)

Pour un céréalier, la perte est de 60.000 à 70.000 euros pour une exploitation de 120 hectares

Un quart des agriculteurs a touché moins de 10.000 euros en 2015. Par ailleurs, les dettes des agriculteurs augmentent. L'endettement moyen est ainsi passé de 50.000 euros en 1980 à 171.600 euros en 2012, selon Agreste.

En 15 ans, la moitié des exploitations a disparu, 20.000 à 25.000 éleveurs étaient au bord du dépôt de bilan en 2015 et ce nombre ne cesse de croitre. Le nombre de suicides dans le secteur est également en forte hausse.

Source : Le Figaro

samedi 9 juillet 2016

le golf de Chailly-sur-Armançon pris pour cible

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Le golf et le travail font-ils bon ménage ? C’est la question que l’on peut se poser suite aux gestes de colère que les jardiniers du château de Chailly-sur-Armaçon ont découvert ce vendredi matin alors que le MEDEF Côte-d’Or avait prévu d’organiser une compétition pour ses adhérents.

« Les greens ont été saccagés. Plusieurs trous sont bétonnés et les poteaux ont été jetés ci ou là », raconte Julien Narcisse directeur du golf. Devant un point d’eau, une banderole annonce ‘’Fini de jouer’’ et une autre : ‘’200 € = un golf ou un mois de galère’’. Au total, seulement six trous sur dix-huit sont restés intacts. « Nous n’avons jamais été confrontés à un tel débordement de violence », regrette Claudine Babonnet, directrice du château-golf. « Mes équipes vont tout faire pour que the show must go, que la compétition continue ».

La Gendarmerie nationale et Jean-Michel Pluvinage, secrétaire général du Medef 21, se sont rendus sur place.

X. Dumesnil, Le Bien Public, 09/07/2016

vendredi 8 juillet 2016

DECLARATION COMMUNE du 8 Juillet 2016 CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL

Les organisations syndicales de salarié-es et de jeunesse (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) ont pris acte et dénoncent la nouvelle utilisation du 49-3, véritable déni de démocratie, pour faire passer le projet de loi travail.

C'est bien la preuve, si celle-ci était nécessaire, que ce texte de régression sociale reste minoritaire.

Soutenues par une large majorité de la population, elles réaffirment leur opposition à ce projet et la nécessité de nouveaux droits pour les salarié-es, privé-es d'emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es.

Ce sont encore plus d'un million qui ont participé à la votation citoyenne et signifié leur rejet de ce projet.

Les nombreux rassemblements et manifestations de ces derniers jours, notamment le 5 juillet, ont réuni plusieurs dizaines de milliers de participant- es.

Les organisations syndicales et de jeunesse dénoncent les conditions contraignantes de manifestations qui ont empêché certain-es d'y participer.

Elles réaffirment que la liberté de manifester doit rester un droit.

Les mobilisations initiées depuis quatre mois n'ont pas été entendues par ce gouvernement.

Qu'à cela ne tienne !

La détermination, malgré le passage en force à l'assemblée nationale, reste intacte et toute la période estivale sera l'occasion de la rappeler.

Nombre d'initiatives locales, sur tout le territoire, sont déjà prévues et organisées de manière unitaire.

Les organisations syndicales et de jeunesse invitent l'ensemble des salarié-es, privé-es d'emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es à adresser une carte postale au président de la République pour lui assurer qu'ils seront toujours mobilisés à la rentrée !

Les organisations (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) donnent rendez vous à l'ensemble des salarié-es, privé-es d'emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es pour une journée d'actions et d'initiatives le 15 septembre pour obtenir l'abrogation de la loi Travail et conquérir de nouvelles garanties et protections collectives.

Elles se retrouveront pour faire le point le 31 août.

Paris, le 8 juillet 2016

Un non de classe

Le peuple anglais l’a montré et au premier chef la classe ouvrière, isolée, de Grande Bretagne, lors du référendum, avec son formidable non à l’union européenne face aux pressions de toutes sortes exercées par la caste des eurodictateurs. Ce non n’était pas de gauche, mais il n’était certainement pas d’extrême-droite. Malgré les tentatives de récupération de l’extrême-droite. C’était clairement un non de classe. C’était le non des milliers de mineurs chômeurs et de leurs familles, que Thatcher a jeté à la rue au nom de l’intégration européenne.

Tous les sondages indépendants en Europe montrent ce changement d’opinion des gens. Malgré la sale campagne des médias, les peuples ne sont pas disposés à sacrifier leurs droits et leurs acquis sur l’autel de l’union européenne. C’est là que la gauche se doit d’intervenir avec un discours de classe clair.

(...)

La France a toujours été l’atelier de la politique sociale de l’Europe.

Actuellement la classe ouvrière française se trouve en première ligne du combat pour empêcher l’adoption en France des injonctions mémorandaires, anti ouvrières et antidémocratiques.

Depuis quatre mois se déroulent grèves et mobilisations contre une loi que désapprouve, dans une proportion écrasante, une majorité des citoyens.

Face à eux, une majorité pitoyable. Un gouvernement de représentants aux ordres du capital allemands et français qui s’efforcent de prendre la société en otage à coup de décrets. Comme ils ne sont pas parvenus à calomnier ni à épuiser la résistance des syndicats avec les chaines télévisées et leurs informations trafiquées, ils adoptent la violence pour réponse : répression des manifestations, menaces d’interdiction, un état policier qui, en collaboration avec les médias, exerce une contrainte intolérable sur la justice, qui procède à des emprisonnements de syndicalistes avec des peines pour l’exemple.

La bête blessée lorsqu’elle est acculée dans un coin devient de plus en plus agressive.

(...)

Étant donné qu’à l’intérieur de l’UE il est impossible en pratique d’appliquer l’ensemble de notre programme de transition, il faut un référendum explicite contre le maintien dans une UE qui exclut toute perspective d’un changement progressiste

Parmi les tâches des organisations membres de LAE à l’étranger figure la poursuite d’un enrichissement réciproque grâce aux combats de tous les autres peuples européens. Dans la conjoncture politique actuelle, la victoire du mouvement ouvrier français qui se profile à l’horizon constituera un levier incitatif pour le peuple grec. « Il suffit à un peuple de décider qu’il n’est pas esclave pour qu’il soit déjà libre » disait Etienne de la Boétie. A nous de passer maintenant à la contre-attaque, pour une classe ouvrière souveraine dans une Grèce souveraine. Pour l’Europe des peuples libres, souverains et coopérant entre eux.

Extraits du Discours de Vangelis Goulas pendant la conférence fondatrice d’Unité Populaire en Grèce, à lire en intégralité sur le site d'Unité Populaire, France.

ΟΧΙ ΓΙΑ ΠΑΝΤΑ / NON POUR TOUJOURS

oxi-grecemauve.gif illus. Nouvelles collections du Musée de l'Europe

Un an.

Un an déjà que nous avons dit « non » massivement, par-delà nos différences, lors d’un référendum qui n’était pas une élection ni un plébiscite, mais une occasion d’exprimer ce que nous avions sur le cœur : un immense ras-le-bol et un profond désir de rupture.

Dans la chaleur du début de l’été 2015, nous luttions chacun à notre façon, avec des utopies différentes en ligne de mire, mais avec un même mot à la bouche, un mot en trois lettres, un mot qui résumait tout : OXI.

NON. Quelles que soient nos idées sur le monde à venir, nous voulions marquer tout ensemble d’une pierre noire notre refus de celui-là. A défaut d’être d’accord sur le capitalisme, l’état ou la démocratie, nous chantions à l’unisson notre refus du libéralisme, de l’austérité et de la « debtocratie » dévastatrice.

Lire l'article de Yannis Youlountas paru sous ce titre sur le site du CADTM, accompagné de "vidéos, photos, souvenirs".

mardi 5 juillet 2016

"La dernière version de la loi Uber/El Khomri est (hormis la parenthèse Sénat) la pire"

Il faut toujours vérifier : comme pour les lois Sapin (juin 2013), Macron et Rebsamen (août 2015), la dernière version de la loi Uber/El Khomri est (hormis la parenthèse Sénat) la pire. Aux reculs précédents rappelés plus loin en complément, il faut ajouter pour le projet de loi qui revient à l’Assemblée nationale :

1/ A défaut d’accord les modalités du « droit à la déconnexion » seront décidées unilatéralement par l’employeur, qui, dans les entreprises de plus de cinquante salariés, ne sera tenu qu’à se conformer à une charte élaborée…par l’employeur (article 2)

2/ Abusivement présentée dans les « dispositions supplétives » a été insérée une modification sur le travail du dimanche : désormais le maire, qui devait déjà depuis la loi Macron fixer la liste des dimanches où il autorise le travail (entre 5 et 12), pourra modifier la liste de ces dimanches deux mois avant chaque dimanche concerné ! (article 2)

3/ confirmation (des moutures précédentes) de l’instauration d’un secret des accords collectifs : les employeurs signataires pourront invoquer le secret pour interdire la publication d’un accord collectif. Rendant ainsi plus difficile l’information des salariés à leurs droits ainsi qu’aux représentants du personnel et militants syndicaux (article 7).

A contrario, l’article L.225-102-1 du code du commerce prévoit l’information des actionnaires par le conseil d’administration (« Il est fait état des accords collectifs conclus dans l’entreprise et de leurs impacts sur la performance économique de l’entreprise ») (article 20 ter)

4/ Le licenciement « pour cause réelle et sérieuse » des salariés qui refuseront de voir baisser leur salaire et augmenter leur temps de travail prévus par leur contrat, en raison de la signature d’un accord dit de « développement de l’emploi », reposera sur un « motif spécifique ». Une façon cavalière de bien certifier que le motif n’est pas économique et de fortifier ainsi le recul par rapport au projet de texte précédent qui renvoyait entièrement la procédure à celle du licenciement individuel pour motif économique : le salarié licencié n’aura ainsi pas droit au « contrat de sécurisation professionnelle » mais à un « parcours d’accompagnement » pendant lequel son allocation ne sera pas celle prévue pour le contrat de sécurisation professionnelle (75% du salaire brut pendant douze mois) mais une allocation simplement « supérieure » à celle prévue par le régime commun d’assurance-chômage (57% du salaire brut) et ce pour une durée « maximale » de douze mois » (article 11).

5/ Légalisation d’UBER et des autres employeurs utilisant des plateformes électroniques : la formulation du texte précédent expliquant que les travailleurs de ces entreprises ne sont pas salariés (« L’article L.7411-1 ne s’applique pas ») devient « Le présent titre est applicable aux travailleurs indépendants recourant, pour l’exercice de leur activité professionnelle, à une ou plusieurs plateformes de mise en relation par voie électronique »). Le projet de loi tend ainsi à annuler la procédure entamée par l’Urssaf d’Ile de France réclamant à Uber plus d’un million d’euros pour les cotisations sociales de ses salariés non déclarés. Sans doute pour calmer les craintes d’Uber sur sa « responsabilité sociale » évoquée dans la précédente version du projet de loi, le droit de grève reconnu à ces travailleurs est restreint (« sauf abus » a été ajouté) et la prise en charge par Uber et Cie de la cotisation volontaire d’accident du travail ne sera pas automatique (le travailleur devra dépasser un chiffre d’affaires qui sera déterminé par décret) et sera plafonnée à une hauteur déterminée également par décret (article 27 bis).

6/ L’inspection du travail est réduite à une mission de conseil et dans ce cadre, les employeurs et les salariés sont mis sur le même plan (« Ils fournissent des informations et conseils techniques aux employeurs et aux salariés sur les moyens les plus efficaces d’observer ces dispositions (Code du travail) et stipulations (accords collectifs) ». Cet ajout à l’article L.8112-1 du code du travail (version d’avant le 7 avril 2016) figure dans le même alinéa et à la suite de la définition du rôle de l’inspection du travail (veiller à l’application du Code du travail et des accords collectifs).

(Pour l’anecdote, la casse du droit du travail est si rapide que les rédacteurs de cet amendement n’ont pas réalisé que l’article L.8112-1 qu’ils modifiaient l’avait déjà été par l’ordonnance scélérate n°2016-413 du 7 avril 2016 qui limite déjà drastiquement les pouvoirs de sanction des inspecteurs du travail ; cela entraînant une erreur dans l’alinéa modifié) (article 28 bis AA).

7/ Facilitation des licenciements pour motif économique : l’étude du motif économique et l’examen des solutions de reclassement se feront apparemment au niveau de l’entreprise seule, pas même au niveau national pour les entreprises d’un groupe. A apparemment disparu également la référence aux « difficultés économiques créées artificiellement à la seule fin de supprimer des emplois » (article 30)

8/ Extension à des établissements privés hors contrat du bénéfice de la taxe d’apprentissage (article 32)

9/ Du travail gratuit pour les entreprises : des contrats d’apprentissage pourront être conclus dans le secteur public avec une partie de la « formation pratique » en entreprise (article 32 Ter A)

10/ Compte Personnel d’Activité : ce cauchemar de mise en concurrence de tous contre tous (actifs et retraités) et de mise en route d’une société sans statut et sans droits s’enrichit d’une participation des retraités à la formation professionnelle continue (article 33 bis)

11/ Un petit rabotage de seuil social, pour le fun : en faisant passer pour certaines dispositions de la formation continue le seuil de 10 à 11, le nouveau projet de loi va restreindre les droits des salariés des entreprises ayant exactement 10 salariés (ancienneté pour bénéficier du DIF, conditions d’autorisation de la demande, prise en charge des dépenses d’un congé de bilan de compétences) (article 35 bis)

12/ Institutionnalisation de la concurrence sur l’ensemble de l’éducation nationale : en plus des établissements s’enseignement supérieur déjà inclus par la loi n°2013-660 du 22 juillet 2013, tous les établissements d’enseignement scolaire du second degré, les centres de formation d’apprentis, les sections d’apprentissage et les lycées professionnels doivent rendre publics le taux d’insertion professionnelle, par diplôme, à la suite de la formation dispensée. L’insertion est mesurée dans les douze mois de l’obtention du diplôme pour les établissements du second degré et les centres de formation d’apprentis.

Pour que nul n’ignore que l’objectif de cette publication est de soumettre toujours plus au marché les établissements d’enseignement, il est précisé : « Un élève ou apprenti ne peut s’inscrire dans un cycle ou une formation sans avoir préalablement pris connaissance des taux de réussite et d’insertion correspondant à ce choix » (article 36)

13/ Compte personnel de formation, un rabotage prévisible : les frais de formation étaient pris en charge par les organismes collecteurs paritaires agréés sur la base d’un forfait horaire ; ce forfait ne sera plus horaire (article 36 bis)

14/ Privatisation, toujours plus : extension à l’Etat de la possibilité de créer des groupements d’employeurs avec des personnes de droit privé (article 40 bis)

15/ Maintien de la suppression du recours du salarié auprès de l’inspecteur du travail contre une décision du médecin du travail, mais avec une modification par rapport aux précédentes versions du projet de loi : les prud’hommes sont remplacés par une « commission régionale » composée de trois…médecins du travail. Autant dire un recours perdu d’avance (article 44)

16/ Codification rapide opérée dans cette dernière version du projet de loi des dispositions scélérates de l’ordonnance n°2016-413 du 7 avril 2016 qui limite les pouvoirs des inspecteurs du travail et organise l’évitement des tribunaux pour les employeurs délinquants en créant des « amendes administratives » négociées dans le bureau du D.I.R.E.C.C.T.E avec qui tous les arrangements entre amis seront possibles (articles 51 et 51 quater)

Repris du blog de Richard ABAUZIT, paru sous le titre "LOI UBER/EL KHOMRI : Clap de fin", sur lequel on lira à la suite de ce texte un "RAPPEL de la synthèse des reculs du projet de loi avant sa transmission au Sénat, reculs maintenus pour ce deuxième passage à l’Assemblée nationale"

samedi 2 juillet 2016

Loi travail : Violation grave et immédiate des conventions fondamentales 87 et 98 de l'OIT

INTERVENTION LIMINAIRE DE LA DÉLÉGATION CGT

Philippe Martinez, Catherine Perret, Fabrice Angeï, Mohammed Oussedik

Monsieur le Premier ministre,

Madame la ministre du Travail,

Vous connaissez notre position sur le contenu de la loi qui mobilise, aujourd’hui, contre elle une majorité de l’opinion publique, une majorité des organisations syndicales représentatives de notre pays et qui ne parvient pas à réunir une majorité de députés à l’Assemblée nationale.Vous connaissez aussi nos propositions en faveur d’un Code du travail du XXIe siècle, à même de protéger les salariés contre les effets de la course au moins-disant social sur fond de précarisation du travail et de ceux qui l’exercent.Je vais donc concentrer mon propos sur ce que, peut-être, vous ignorez encore: avant même son éventuelle adoption, la loi dite travail que porte votre gouvernement viole de façon magistrale les conventions fondamentales de l’OIT.(Organisation Internationale du Travail, OIT).

En effet, en 2012, le comité de la liberté syndicale de l’OIT a jugé une affaire très similaire concernant un projet de réforme du gouvernement grec de l’époque organisant la décentralisation de la négociation collective au niveau des entreprises. Souvenez-vous, la Grèce était alors dans le viseur de la Troïka qui avait imposé au pays un bouleversement des règles de négociation collective ressemblant à s’y méprendre à l’article 2 de votre projet de loi.

Les conclusions du comité ne laissent aucun doute possible quant à l’infraction que constitue ce type de réforme par rapport aux conventions de l’OIT. Je me permets de vous en citer un court extrait qui résonne comme un avertissement :

''« Le comité souligne que la mise en place de procédures favorisant systématiquement la négociation décentralisée de dispositions dérogatoires dans un sens moins favorable que les dispositions de niveau supérieur peut conduire à déstabiliser globalement les mécanismes de négociation collective ainsi que les organisations d’employeurs et de travailleurs et constitue en ce sens un affaiblissement de la liberté syndicale et de la négociation collective à l’encontre des principes des conventions 87 et 98 »''

Pour la CGT, la signification de cette jurisprudence est claire. Elle transforme en avorton l’article 2 du projet de loi dit travail.

Si le gouvernement s’entêtait à le maintenir, il est clair qu’il exposerait la France à une violation grave et immédiate des conventions fondamentales 87 et 98 de l’OIT qui, je vous le rappelle, protègent les libertés syndicales et la négociation collective dans le monde.

Il serait irresponsable de demander la semaine prochaine aux députés d’adopter une loi bafouant aussi clairement le droit international du travail, et encore davantage d’utiliser une nouvelle fois le 49-3 à cette fin.

Nous prendrions alors immédiatement nos responsabilités en alertant l’opinion publique sur ces violations et en portant plainte devant les instances habilitées de l’OIT. Et croyez-moi, nous trouverons une majorité des organisations syndicales de ce pays pour le faire.

De notre point de vue, vous n’avez par conséquent, pas d’autre choix que de retirer immédiatement l’article 2 de la loi.

Mais il y a plus grave encore, Monsieur le premier ministre. Il n’y a pas que l’article 2 qui contrevient aux engagements internationaux de la France.

Le projet de loi dans son ensemble viole le Pacte des Nations Unies relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Lire la suite...

jeudi 16 juin 2016

Hôpitaux, les casseurs

La cartes des dégâts réalisé par les casseurs en gros

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Repris du blog de Canaille Le Rouge

mardi 14 juin 2016

"La CFDT et le MEDEF mènent un dialogue fructueux depuis de nombreuses années"

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Repris du blog de Canaille le Rouge

dimanche 12 juin 2016

La mobilisation s'étend

Communiqué de la CGT du 9 juin 2016

Loi travail

Déterminés à gagner le retrait du projet de loi travail et de nouveaux droits les salarié-es jeunes retraités privés d’emploi continuent cette semaine à faire la démonstration que les mobilisations se développent avec force. Les 8 et 9 juin étaient organisées de très nombreuses initiatives, rassemblements, manifestations, grèves, occupations pacifiques, et notamment :

- Des dizaines de milliers de retraité-es dont 5 000 à Paris ont manifesté dans plus de 90 villes de France pour exiger une augmentation de leur pouvoir d’achat à l’appel d’une intersyndicale (CGT, FO, CFTC, CFE CGC, FSU, Solidaires). Ces manifestations ont convergé avec les actions et manifestations des jeunes et des salarié-es contre la loi travail.

- Dans tous les départements, des initiatives diverses et massives avec de nombreuses manifestations et notamment :

o Au Havre 37 000 personnes ont défilé les grèves se poursuivent notamment à la Compagnie Industrielle Maritime et au terminal pétrolier.

o A la frontière franco-belge, une manifestation a rassemblé 1000 salarié-es des 2 pays

o En Ile de France, 1000 salarié-es ont bloqué le MIN de Rungis

o Dans le Tarn des journées parking gratuit et coupure des radars ont été organisées

- Les mouvements de grève continuent à s’étendre avec de nouvelles professions et entreprises :

o Les portuaires étaient massivement en grève, avec plus de 80% de l’activité arrêtée dans la quasi totalité des ports de France.

o 6 sites de traitement des ordures et déchets ménagères sont en grève, dont celui de la TIRU (paris 13e) depuis 10 jours ;

o La mobilisation est massive dans l’énergie avec notamment 200 000 foyers franciliens basculés ce 9 juin en heures creuses, des arrêts de travail dans 5 centrales nucléaires, plusieurs sites bloqués (Porcheville, Romainville, Villeneuve la Garenne…)

o La grève continue chez les cheminots, les suites du mouvement sont débattues en AG et la signature de la CGT sur le projet d’accord sera décidée par les syndiqués

o Les intermittent-es continuent à se mobiliser et ont envahi le siège du MEDEF le 8/06

o La mobilisation s’ancre et s’élargit dans le privé avec des des actions reconductibles dans de nombreuses entreprises du verre (Owen Sillinoy 63, Pochet du Courval 80, Verrerie Brosse 76, l’ensemble des sites de Verralia,…), de l’agroalimentaire (Panzani 13, Volvic 63, William Saurin 02, Brossard 45 où les salariés après avoir investi une réunion avec la direction, sont en grève à 80% depuis mardi…) du commerce (Amazone 3 sites français sur 4, débrayages d’une heure dans les Intermarché), de la sécurité/prévention (SERRIS, ICTS…) Construction (Vinci IDF, SPIE 44)

La Votation dans les lieux de travail et de vie se poursuit : près de 600 votations sont recensés sur le site votationtravail.fr, permettant à toute la population et notamment aux ingénieurs, cadres et techniciens de débattre et donner leur avis sur la loi travail.

La mobilisation porte d’ores et déjà ses fruits, et des avancées ont été arrachées dans de nombreuses entreprises. Derniers en date, ERDF à Noisy le sec où les agents ont gagné des recrutements et augmentations de salaires tout en faisant profiter 820 familles de leur lutte, et les territoriaux de St Etienne et de son agglomération (embauches…).

La répression qui s’accentue est scandaleuse. Des dizaines de salarié-es mobilisés font l’objet de poursuites, un jeune militant de la CGT est même incarcéré depuis 3 semaines à Lille ! Le gouvernement doit retrouver la raison et répondre à la demande de l’intersyndicale qui appelle à des négociations ! La stratégie de passage en force ne fonctionne pas, les salarié-es sont déterminés à gagner : le 14 juin s’annonce d’ores et déjà massif, et le 23 et 28 juin, nouvelles journées de grève et manifestation, sont prévues par l’intersyndicale. La CGT appelle les salarié-es à continuer à étendre et amplifier leurs luttes !

Montreuil, le 9 juin 2016

Repris du blog de Canaille le Rouge

samedi 11 juin 2016

La CGT interpelle la France devant l’ONU sur les répressions et violences anti-syndicales !

La CGT était lundi 6 juin à Genève pour dénoncer devant le Comité des droits économiques et sociaux des Nations unies la répression syndicale et le climat social délétère en France.

A l’occasion du 58ème examen de la France dans le cadre de l’application du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (« PIDESC ») - le texte de référence en la matière-, la CGT a exposé devant cette instance internationale la discrimination et la criminalisation de l’action syndicale dans notre pays : acharnement judiciaire, peine de prisons fermes à l’encontre de syndicalistes.

La CGT est également revenue sur le projet de loi travail (dit El Khomri) évoquant les dispositions dangereuses et régressives pour les travailleurs qui flexibilisent et insécurisent l’ensemble de nos concitoyens, sans processus parlementaire et avec usage d’une procédure d’exception.

Suite à notre intervention, plusieurs membres du Comité des Nations Unies ont interpellé les représentants du Gouvernement français pour qu’ils s’expliquent sur la stigmatisation du fait syndical et les possibles conséquences sociales du projet de loi El Khomri, ainsi que sur les limitations des droits fondamentaux des travailleurs et citoyens.

Alors que la France traverse une période de tensions sociales sans précédent, la prolongation de l’Etat d’urgence compromet la liberté de manifester pacifiquement, en toute sécurité physique, le droit de grève et la liberté syndicale. A chaque manifestation, aujourd’hui, il y a des blessés, parfois très grièvement. L’usage indéterminé de la violence ainsi que l’utilisation d’un langage guerrier à l’encontre de représentants syndicaux ou de manifestants est en soi une atteinte grave aux droits fondamentaux. On neutralise les manifestants et contribue à porter atteinte à l’exercice effectif de ces droits.

Le gouvernement français s’est retrouvé en difficulté pour répondre aux questions, et a choisi l’esquive, en demandant une suspension de séance.

La CGT reste mobilisée et agit sur tous les fronts pour combattre le projet de loi El Khomri et faire respecter les acquis sociaux, les droits et les libertés publiques en France.

Montreuil le 8 juin 2016

Repris du blog de Canaille Le Rouge

Florilège réactionnaire gouvernemental et ce qu'en dit la CGT

Précisions : ce n'est pas parce que Canaille le Rouge peut avoir et a sur certains points des avis divergents avec ce qui est sorti du 51e congrès de la CGT qu'il va se distancier de ses camarades quand les coup redoublent de violence pour nous faire taire.

Nous débattrons à partir de l'expérience des questions de la CES, celui des contenus revendicatidf et du cahier du même nom plus tard.

Pour le moment, la vichysations du régime pousse à rassembler et faire plier ce pouvoir.

Là est l'essentiel.

La note gouvernementale en direction des alentours des stades est là pour montrer qu'un pouvoir aux abois est prêt à tout pour s'affranchir de la délmocratie.

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Communiqué de la CGT :

Loi Travail

La liberté d’expression existe-t-elle encore pour le ministère de l’intérieur ?

vendredi 10 juin 2016

C’est avec stupéfaction que la CGT vient de découvrir les consignes de sécurité publiées par le ministère de l’intérieur pour l’Euro. Dans le chapitre intitulé « Bien se comporter au sein et aux abords des stades », le ministère de l’intérieur recommande de « ne pas tenir de propos politiques, idéologiques, injurieux, racistes ou xénophobes ». Ces consignes remettent en cause le fondement de la démocratie, la liberté d’expression. En mettant sur le même plan propos diffamatoires, racistes ou xénophobes - qui relèvent de l’infraction pénale - et propos politiques et idéologiques - qui fondent les libertés constitutionnelles et le débat démocratique - elles génèrent un scandaleux mélange des genres. Notons au passage que le ministère de l’intérieur s’inquiète davantage des propos politiques que du sexisme et de l’homophobie, oubliés de ces consignes alors qu’ils sont malheureusement bien présents dans les stades.

Le gouvernement a-t-il peur que les supporters, qui sont aussi salarié-es, privé-es d’emplois, jeunes… ne débattent de la loi travail ? La ficelle est grosse et démontre que la stratégie visant à opposer supporters et grévistes ne fonctionne pas. Une large majorité de français-es refusent la loi travail, c’est donc aussi le cas des supporters ! De telles consignes sont en tout cas la preuve de la fébrilité du gouvernement, qui depuis 4 mois, en empêchant la négociation et le débat parlementaire, refuse tout débat sur la loi travail. La CGT exige des clarifications rapides de la part du ministère de l’intérieur et la modification de ces consignes, manifestement contradictoires avec les libertés constitutionnelles.

La CGT continuera sa campagne d’information massive sur la loi travail et ses dangers, sur les lieux de travail, les lieux publics et aux abords des stades. La CGT Ile de France organise d’ailleurs dès cette après-midi une opération « Carton rouge à la loi Travail ». Des initiatives de votation et débats avec les supporters sont prévues partout en France.

Pour que les supporters passent un bel Euro et que ce grand évènement sportif valorise la France, la CGT réitère son appel à l’ouverture de discussions. L’intersyndicale attend toujours la réponse du Président de la République à son courrier du 20 mai dernier, dans lequel les organisations syndicales demandaient à être reçues. Par son refus de négocier le gouvernement est responsable du blocage. La loi travail est minoritaire dans l’opinion, minoritaire chez les syndicats, minoritaire chez les parlementaires, elle doit être retirée !

Montreuil, le 10 juin 2016

Et comme il faut tout décortiquer et mettre à plat tant les chiens de gardes sont aussi obéissants qu'agressif, précisions de la confédé CGT :

Loi travail

Le vrai dialogue c’est pour quand ?

vendredi 10 juin 2016

La CGT s’étonne de découvrir par voie de presse que la Ministre du travail et du dialogue social serait prête à recevoir "dans la minute" Philippe Martinez. En effet, alors que la CGT réclame depuis plus de trois mois maintenant la possibilité de faire valoir ses revendications autour d’un code du travail du XXIème siècle, et qu’elle est prête à être reçue y compris le samedi et le dimanche, la ministre a fait savoir hier que son agenda ne permettait pas un tel rendez-vous avant le 17 juin.

La Cgt se réjouit donc de cette annonce et espère que le rendez-vous à venir permettra enfin au gouvernement d’entendre la colère et l’exaspération de millions de salariés.

Montreuil, le 10 juin 2016

Repris du blog de Canaille le Rouge

samedi 4 juin 2016

Grève au Franprix à Saint-Denis : les raisons de la colère

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Depuis ce matin à 8h, une majorité des caissières du Franprix rue de la République de Saint-Denis c'est mis en grève, soutenu par l'UL SUD Solidaires et SUD Commerces et Services. Un rassemblement est prévu à 11h pour les soutenirs, signer la pétition, récolter des fonds pour la caisse de grève.

Voici ci dessous le tract des camarades :

Un travail pénible avec des conditions de travail difficiles, des salaires au plus bas, une vie familiale malmenée par des ouvertures le dimanche après 13h, alors que la loi l’interdit… une fâcheuse tendance anti-syndicale de l’enseigne Franprix où il faut par exemple passer par le tribunal pour obtenir les élections du personnel… Et cerise sur « l’exploitation » : la loi «travail» qui va fragiliser encore plus les salarié-é-s du commerce…

Le personnel du Franprix République a décidé de se rebiffer et de ne plus se laisser faire !

Les revendications :

- Fermeture du magasin à 13h le dimanche (c’est illégal d’ouvrir après 13h)

- Augmentation des salaires de 300 euros par mois

- Paiement double des heures travaillées le dimanche matin

- Remplacement des salarié-e-s en maladie ou en congé maternité

- Maintien de l’emploi sur le magasin

- Respect du temps de pause sur le magasin

- Paiement des heures supplémentaires

- Retrait de la loi «travail»

- Respect des instances représentatives du personnel sur le magasin

Passez devant le magasin, venez discuter, soutenez les grévistes !

Une caisse de grève et de solidarité est mise en place.

contact@solidaires-saintdenis.org

Dernières nouvelles :

Ce soir les salarié-e-s de ce Franprix ont plus de choses que ce matin !

Alors qu'en début d'après-midi les négociateurs de Franprix refusait de céder quoi que ce soit, la détermination des grévistes leur a permis d'engranger une première victoire. Un protocole d'accord a été signé qui prévoie une hausse des rémunérations le dimanche, un remplacement des personnes et l'ouverture de négociations pour l'augmentation des salaires. Dans ces conditions les camarades ont accepté de reprendre le travail. Et grâce à la caisse de grève alimenter par la population de la ville, elles et ils n'ont pas perdu d'argent sur leur maigre salaire. Merci à toutes celles et tous ceux qui ont apporter du soutien à la lutte. La solidarité paye !

Les salarié-e-s soutenu-e-s par la section syndicale du magasin et par l'UL SUD Solidaires Saint-Denis restent vigileant-e-s sur les suites données aux autres revendications. Le rassemblement de dimanche à 11h est annulé. L'UL reste sur ses gardes concernant toute attaque à l'égard des grévistes et alertera et mobilisera le plus grand nombre en cas de coup fourré et de répression.

Tou-te-s ensembles nous sommes plus fort-e-s !

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