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Centre d'Economie du Bonheur

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samedi 4 juin 2016

Grève au Franprix à Saint-Denis : les raisons de la colère

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Depuis ce matin à 8h, une majorité des caissières du Franprix rue de la République de Saint-Denis c'est mis en grève, soutenu par l'UL SUD Solidaires et SUD Commerces et Services. Un rassemblement est prévu à 11h pour les soutenirs, signer la pétition, récolter des fonds pour la caisse de grève.

Voici ci dessous le tract des camarades :

Un travail pénible avec des conditions de travail difficiles, des salaires au plus bas, une vie familiale malmenée par des ouvertures le dimanche après 13h, alors que la loi l’interdit… une fâcheuse tendance anti-syndicale de l’enseigne Franprix où il faut par exemple passer par le tribunal pour obtenir les élections du personnel… Et cerise sur « l’exploitation » : la loi «travail» qui va fragiliser encore plus les salarié-é-s du commerce…

Le personnel du Franprix République a décidé de se rebiffer et de ne plus se laisser faire !

Les revendications :

- Fermeture du magasin à 13h le dimanche (c’est illégal d’ouvrir après 13h)

- Augmentation des salaires de 300 euros par mois

- Paiement double des heures travaillées le dimanche matin

- Remplacement des salarié-e-s en maladie ou en congé maternité

- Maintien de l’emploi sur le magasin

- Respect du temps de pause sur le magasin

- Paiement des heures supplémentaires

- Retrait de la loi «travail»

- Respect des instances représentatives du personnel sur le magasin

Passez devant le magasin, venez discuter, soutenez les grévistes !

Une caisse de grève et de solidarité est mise en place.

contact@solidaires-saintdenis.org

Dernières nouvelles :

Ce soir les salarié-e-s de ce Franprix ont plus de choses que ce matin !

Alors qu'en début d'après-midi les négociateurs de Franprix refusait de céder quoi que ce soit, la détermination des grévistes leur a permis d'engranger une première victoire. Un protocole d'accord a été signé qui prévoie une hausse des rémunérations le dimanche, un remplacement des personnes et l'ouverture de négociations pour l'augmentation des salaires. Dans ces conditions les camarades ont accepté de reprendre le travail. Et grâce à la caisse de grève alimenter par la population de la ville, elles et ils n'ont pas perdu d'argent sur leur maigre salaire. Merci à toutes celles et tous ceux qui ont apporter du soutien à la lutte. La solidarité paye !

Les salarié-e-s soutenu-e-s par la section syndicale du magasin et par l'UL SUD Solidaires Saint-Denis restent vigileant-e-s sur les suites données aux autres revendications. Le rassemblement de dimanche à 11h est annulé. L'UL reste sur ses gardes concernant toute attaque à l'égard des grévistes et alertera et mobilisera le plus grand nombre en cas de coup fourré et de répression.

Tou-te-s ensembles nous sommes plus fort-e-s !

vendredi 3 juin 2016

Note de la CGT à toutes ses organisations en date du 2 juin 2016

Extraits:

Il n'y a aucun contact avec le gouvernement pendant des mois, le seul qui ait eu lieu est l'appel téléphonique de samedi dernier.

Il n'y a aucune négociation secrète et c'est le cas dans toutes les professions.

Par rapport au texte de loi, la CGT rappelle les articles de loi qui son inacceptables et qui à eux seuls structurent l'intégralité du texte:

- L'article 2: inversion de la hiérarchie des normes, l'accord d'entreprise primant sur le Code de Travail -note de ma pomme-.

- L'article 10: référendum d'entreprise.

- l'article 11: accords de préservation et de développement de l'emploi.

- L'article 30: lienciements économiques.

- L'article 44: remise en cause de la médecine du travail.

- L'article 52: remboursement des indus par les privés d'emploi.

Ces articles constituent la colonne vertébrale de la loi et justifient notre demande de retrait.

Repris du blog de Roger Colombier

jeudi 2 juin 2016

« Je reviens du futur, j’ai vu la loi travail en action »

Son vélo, sa voiture... à en croire les chantres de l’ubérisation, on pourrait tout ubériser et beaucoup y gagner. Ce n’est pas l’expérience des autoentrepreneurs qui font le taxi dans leur voiture ou s’envoient des kilomètres à vélo pour livrer un burger. Témoignages.

Jérôme et Yacine, livreurs pour 2 euros

Il a fini par démissionner ou se faire mettre à la porte. Il ne sait pas vraiment si le terme est exact. Car il est juridiquement autoentrepreneur, pas salarié. Ou du moins pas encore. Pendant deux ans, Jérôme Pimot, 46 ans, a bouffé de l’asphalte. Pour le compte de Tok Tok Tok, Take Eat Easy, ou encore Deliveroo. Des plateformes qui mettent en relation des restaurants et des particuliers. Entre les deux, il pédale.

Au départ, il y est allé « parce que j’avais besoin de bosser ». Il quittait la Savoie pour s’installer à Argenteuil (Val-d’Oise). Au chômage après une reconversion professionnelle, il s’achète un vélo, et il a « commencé à sillonner Paris ». « Je me suis dit pourquoi pas gagner de l’argent en même temps ? »

Il commence à l’été 2014, chez le premier du genre en France. « On était 20 à l’époque. Il y a 5 000 livreurs à vélo désormais. » Il signe un contrat de 30 pages. « À l’intérieur, à chaque page, ça sent le lien de subordination » : obligation de porter casquette et manteau frappés de la marque, difficulté à refuser des courses : « Après 5 ou 6 refus de courses, il faut s’attendre à un coup de fil du manager. » « On est censé être libre de nos horaires : mais ils savaient mettre la pression sur des collègues, mariés, avec des dettes et des enfants, pour qu’ils bossent un samedi alors qu’ils n’étaient pas connectés. Ils osent à peu près tout. » Au départ, il devait être payé à l’heure et puis « on a commencé à être payé à la course : de 5,53 à 12,43 euros ». Sur quels critères ? « Ils me répondaient secret de fabrication. » Il peut atteindre 500 euros par semaine, plus les bonus : 150 euros supplémentaires. « Mais là, je cravachais. Je travaillais environ 50 heures par semaine, jusqu’à 23 heures le soir. » Mais il y a aussi les malus : 6 euros pour une boîte de roquette oubliée.

Un travail à la tâche (3 euros la cou­rse chez Deliveroo) où l’accident est toujours pour sa pomme. Pour lui, ce sera « le poignet, et deux mois d’arrêt, sans revenu. Il faut un an de cotisation de RSI (régime social des indépendants) pour avoir une indemnité ». « J’attends de voir les statistiques d’accidents de vélo pour le nombre de morts sur la route. »

Avec 10 autres livreurs Tok Tok Tok, ils ont attaqué aux prud’hommes pour obtenir leur requalification. 7 ont accepté une conciliation. Lui attend la délibération le 2 juin. Mais, déjà, il le sait : « Je reviens du futur, j’ai vu la loi El Khomri en action ».

Yacine, 17 ans, n’en est pas là du tout. En 3 mois, il a déjà parcouru 614 kilomètres. C’est ce que dit le « food traker » de la plateforme qui l’envoie. Parce qu’au passage, on peut suivre l’avancée du livreur à vélo depuis son smartphone ou son ordinateur. En descendant des cinq étages, Yacine souffle beaucoup. Il s’est fait émanciper pour pouvoir créer un statut d’autoentreprise. Il travaille trois soirs par semaine, 10 à 12 heures au total. Le reste du temps, il est à la fac et révise ses examens. « J’aime bien ce métier, je gagne 150 euros par semaine. J’aime faire du vélo. Et je fais un peu ce que je veux. »

Laurent, chauffeur de VTC et interdit bancaire

Dans sa voiture, Laurent, lui, ne croit pas à « l’argent facile ». Depuis l’arrivée de la plateforme Uber fin 2011, il travaille pour eux. « Je n’ai pas trop eu le choix. Je suis chauffeur de VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur) depuis 2006. Petit à petit ma clientèle privée a disparu, happée par Uber. » À l’époque, pour attirer le chauffeur, Uber le payait 42 euros hors taxe l’heure, aujourd’hui c’est 15 euros, 1 euro le km et 0,25 centime la minute. « Ce n’est plus viable. Ils vous promettent de gagner 3 000 euros. Mais personne ne dépasse le SMIC. Je travaille comme un fou : 70 heures par semaine, six jours sur sept, pour 1 300 euros. »

À 27 ans, avec sa femme et sa fille, il vit en région parisienne, près de Rambouillet. Aujourd’hui, il est interdit bancaire. « Quand Uber a décidé de baisser les tarifs de 20 % en octobre, ça a encore creusé le trou. Je suis harcelé par la banque. La seule chose que j’arrive encore à payer, c’est le loyer. »

Pour suivre les notifications de l’application Uber, il a dû acheter une voiture à 52 000 euros, il doit encore fournir l’essence. « En tout, je sors 1 500 à 2 000 euros de frais par mois. » Et Uber prend sur chacune de ses courses 20 % de commission.

Bien sûr, il envisage un recours pour faire requalifier sa relation de travail au tribunal des prudhommes. « Mais si j’intente une procédure, ils vont me déconnecter, j’ai peur de ne plus pouvoir nourrir ma famille. » Alors, en plus de ses 70 heures hebdomadaires, il « enchaîne avec un boulot de sécurité au noir dans les boîtes de nuit ». « Je suis usé, j’ai peur de m’endormir au volant. J’ai déjà été déconnecté une fois pour cela. »

« Je me sens complètement pris au piège par Uber, ils m’ont sorti du système. Je ne suis plus indépendant, ni salarié. »

Pia de Quatrebarbes

Jeudi, 26 Mai, 2016

Humanité Dimanche

samedi 28 mai 2016

Le Revenu de Base Inconditionnel n'est pas une utopie, hélas !

En Suisse, 126 000 citoyens ont signé une initiative pour un revenu de base inconditionnel (RBI) dont le principe sera sujet à votation en 2016. Comme dans le cas de la loi El-Khomri en France, l'incapacité d'une partie de la gauche à penser la société en ses fondements par une approche matérialiste et mutualiste l'amène à cautionner des réformes libérales comme M. Jourdain faisait de la prose (Note du Concierge)

(...)

Bien sûr, deux formes très différentes du RBI existent, sa forme progressiste et sa forme régressive-libérale. Du côté progressiste, l’introduction d’un RBI généreux financé exclusivement par une augmentation de l’imposition des tranches supérieures du revenu et de l’imposition des bénéfices – avec un maintien des prestations sociales et services publics existants – est théoriquement défendable à gauche (même s’il existe d’autres raisons de s’y opposer). C’est la position du professeur Rossi.

Mais, sérieusement, si la gauche avait la capacité d’introduire par une votation une redistribution aussi radicale du revenu, elle aurait aussi déjà eu la force d’obtenir des salaires minimums à 4000 francs, l’égalité des salaires hommes-femmes, des crèches publiques partout, une assurance-maladie universelle, etc.

S’il s’agissait d’un sondage d’opinion, on pourrait répondre «oui» au RBI en partant de l’idée que c’est sa version progressiste qui est discutée. Mais une initiative fédérale n’est pas un sondage d’opinion. Et il existe une version socialement régressive, et libérale, du RBI. Elle consiste à le faire financer par les revenus des travailleurs et travailleuses salariés (et non par les profits du capital), par l’absorption des assurances sociales existantes, et par des taxes sur la consommation. Surprise! c’est le modèle défendu par les initiant-e-s.

Malgré l’insistance mise sur l’idée qu’on voterait sur un «principe», on ne peut ignorer ni le contexte politique (un parlement à forte majorité de droite) ni, surtout, les propos mêmes des initiant-e-s. Dans la brochure officielle d’explication du vote, les initiant-e-s du RBI ne présentent pas les différents modèles de financement possibles. Ils en proposent un seul: le modèle libéral et régressif socialement. Comme tout le monde ne lit pas cette brochure, je me permets de les citer:

«Le revenu de base n’est pas un revenu supplémentaire. Les entreprises versent une contribution dans la caisse du revenu de base et bénéficient de coûts salariaux inférieurs. C’est un jeu à somme nulle: d’une part, les salaires individuels sont partiellement remplacés par le revenu de base et, d’autre part, celui-ci se substitue à la majorité des prestations sociales et subsides. (...) Nous plaçons l’humain au centre de nos préoccupations pour forger un avenir libéral.»

Les conséquences du modèle régressif-libéral

Quelles seraient les conséquences de ce mode de financement du RBI?

Premièrement, il ferait reposer la solidarité principalement sur les travailleuses et travailleurs salariés, par ponction de la première tranche de leur salaire, redistribué par une caisse étatique sous forme de RBI. Il n’est pas question de ponctionner les profits – au contraire, les initiants disent que les entreprises bénéficieront de «coûts salariaux inférieurs».

Deuxièmement, comme revendiqué par ses partisans cités ci-dessus, le RBI remplace – et donc détruit – les assurances sociales existantes. Il remplace un modèle d’assurances sociales fondées sur des cotisations (une conquête collective de la lutte des classes, et une manière de contester le pouvoir des détenteurs du capital sur la production), par une charité étatique fondée sur l’impôt.

Troisièmement, il conduirait à un éclatement des conditions de travail. Aucune entreprise n’aurait plus intérêt à engager des travailleurs salariés en son sein, car ceux-ci nécessiteraient le versement de «salaires/contributions» mensuelles de 2500 francs supérieurs à des travailleurs «indépendants» qui toucheraient, eux, un RBI financé par la collectivité. Selon ce modèle, les entreprises auraient alors tout intérêt à externaliser au maximum leur force de travail. C’est exactement le modèle économique de Uber et des autres requins de l’économie soi-disant numérique et «collaborative». A cet égard, il n’est pas surprenant qu’au sein de la droite, les quelques soutiens que rencontre le RBI en Suisse viennent précisément du patronat actif dans les nouvelles technologies, comme Richard Eisler (Le Temps, 25 avril 2016), fondateur de l’ultralibérale plateforme «comparis» – artisane de la mise en concurrence généralisée du domaine de la santé.

C’est exactement de cela dont il est question quand les partisans du RBI nous disent qu’il va favoriser l’entrepreneuriat. Le RBI libéral n’assure évidemment pas un capital de base suffisant pour financer une activité économique indépendante. Au contraire, il crée les conditions dans lesquelles une externalisation et une flexibilisation généralisées des rapports de travail deviennent la norme. Les travailleurs salariés – au bénéfice des protections conquises par la lutte des classes depuis un siècle – sont transformés en auto-entrepreneurs et en pseudo-indépendants qui, nantis de leur RBI, perdent toute protection collective.

Bien sûr, la situation actuelle en Suisse est inacceptable: des inégalités croissantes, une distribution tatillonne de l’aide sociale, un contrôle et une stigmatisation de ses bénéficiaires, un marché du travail de plus en plus flexible, etc. Mon opposition au RBI, pour les raisons indiquées ci-dessus, ne signifie pas une opposition à la réforme du système social, allant vers plus de dignité et de liberté, et plus d’inconditionnalité. Et il ne signifie pas non plus que je me satisfasse de la situation actuelle sur le marché du travail. Mais le RBI, tel que proposé, ne résout malheureusement pas ces difficultés. Il les aggrave plutôt.

Défaite idéologique de la gauche

Ce qui me met en rogne dans cette campagne, c’est que sans le vouloir, et sans même lever le petit doigt, la droite a engrangé des points majestueux. Des centaines de militant-e-s de gauche ont répété pendant toute la campagne que le plein emploi était un horizon fini (condamnant donc les tentatives de réduire le temps de travail), que l’État social était purement paternaliste et intrusif (justifiant donc sa suppression), que les robots allaient remplacer le travail (niant donc la perpétuation de l’exploitation du travail humain) et surtout que l’AVS[1] et les assurances sociales seraient impossibles à financer (ce qui constitue justement l’argument favori de la droite – alors que l’AVS est l’assurance la plus solide et la plus sociale qui soit). Ces bêtises auront des conséquences, notamment pour la campagne AVS+.

Le RBI acte le défaitisme ambiant de la gauche. Au projet d’une grande transformation socialiste, elle oppose les petits matins de l’adaptation permanente à un ordre social qu’elle a renoncé à contester.

Lire l'intégralité du point de vue de Romain Felli, paru dans Le Courrier (Lausanne).

Notes

[1] Assurance Vieillesse et Survivants

En finir avec ce gouvernement

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vendredi 27 mai 2016

Déclaration des fédérations FNIC-CGT, Fedechimie FO et SUD Solidaires

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France : comment truquer les chiffres du chômage.

En avril 2016, les records historiques de truquage des chiffres ont été battus !

En France, il y a trois façons de truquer les chiffres du chômage :

1- On peut truquer les chiffres du chômage en augmentant les « entrées en stage ».

Novembre 2015 : il y a eu 43 500 « entrées en stage ». Décembre 2015 : 45 000. Janvier 2016 : 45 800. Février 2016 : 47 400. Mars 2016 : 49 200. Avril 2016 : 52 900. Record historique battu !

2- On peut truquer les chiffres du chômage en augmentant les « défauts d’actualisation ».

Novembre 2015 : il y a eu 213 500 « défauts d’actualisation ». Décembre 2015 : 208 500. Janvier 2016 : 216 900. Février 2016 : 218 000. Mars 2016 : 225 800. Avril 2016 : 238 400. Record historique battu !

3- On peut truquer les chiffres du chômage en augmentant les « radiations administratives ».

Novembre 2015 : il y a eu 41 700 « radiations administratives ». Décembre 2015 : 42 700. Janvier 2016 : 42 100. Février 2016 : 42 500. Mars 2016 : 43 700. Avril 2016 : 46 800. Record historique battu !

Source :

dares.travail-emploi.gouv.fr (voir l'onglet "Page 11)

Pris à BA (via La Pompe à Phynance)

jeudi 19 mai 2016

La loi El Khomri version cheminots

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Repris du blog de Canaille le Rouge

Jérome Kerviel et la loi Travail

Ce 19 mai, l'ex-trader contestait son licenciement pour faute lourde par la Société générale aux prud'hommes, rue Louis Blanc à Paris.

L'avocat de Jérome Kerviel réclame au total un peu plus de 5 milliards d'euros. Dans le détail; 13 609 euros d'indemnités de licenciement, 18 000 euros d'indemnités de préavis, 1800 de congés payés sur préavis, 324 000 de dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, 300 000 euros de bonus sur l'année 2007, 170 000 euros de préjudice moral, 130 000 euros de condition vexatoire, 4,9 milliards d'euros pour absence de bonne foi et 10 000 euros d'article 700.

Extrait d'une défense de Jérome Kerviel parue sur le blog de Jean-Luc Mélenchon

Mais si extravagant que soit son métier et son rapport à l’entreprise, Jérôme Kerviel est quand même un salarié. C’est-à-dire qu’il est inclus dans les rapports juridiques du monde du travail ordinaire. Kerviel a été licencié pour « faute lourde ». Il n’a donc perçu aucune indemnité. Ni ses congés payés. Ni ses indemnités légales. Ni salaire. Rien. Il conteste donc ce licenciement et porte l’affaire devant le Conseil des Prud’hommes. La première audience, dite de conciliation, aura lieu le 4 juillet 2013 dans le dixième arrondissement de Paris.

Durant toute l’affaire, les juges ont oublié que Jérôme Kerviel agissait avant tout comme salarié. Ils ont oublié le contrat de subordination qui le liait à la Société générale. Ils ont oublié que dans le cadre de son emploi, il était soumis à une hiérarchie, à des objectifs, à un contrôle. Que sa rémunération en dépendant, sa hiérarchie ne pouvait pas ignorer ses gains. Il a fait gagner en 2 ans, près de 2 milliards d’euros à sa banque !

Les mots en droit sont importants. La « faute lourde » est invoquée quand un salarié a cherché à nuire « intentionnellement » à son employeur. Bien sûr le Conseil des Prud’hommes va devoir juger en droit. Il va devoir vérifier qu’il y a eu volonté de nuire de la part de Jérôme Kerviel. Ce n’est pas ce qu’a démontré son procès. Le jeune trader de l’époque cherchait au contraire à faire gagner de l’argent à son employeur qui encaissait sans broncher des sommes astronomiques. Si Jérôme Kerviel n’avait pas l’intention de nuire, le droit du travail prévoit une requalification de son licenciement et la possibilité pour le salarié de percevoir les indemnités liées à son contrat de travail.

De plus, Jérôme Kerviel demande des dommages et intérêts à la Société Générale. Il demande 4,9 milliards d’euros. Cette demande a pour but d’obtenir une expertise : la vérification de la réalité de la perte déclarée par la Société Générale est le cœur de la supercherie suspectée. Si le Conseil des Prud’hommes requalifie le licenciement et si l’expertise est ordonnée, Jérôme Kerviel peut avoir une nouvelle chance de prouver qu’il n’a pas abusé la confiance de sa banque. Dès lors c’est elle qui a trompé les juges. Alors le système qu’elle défend est en cause.

Jérôme Kerviel est innocent. Son affaire nous implique dans la mesure où elle montre quel genre de jouet nous sommes devenus. Nous ne sommes plus des citoyens libres si on peut nous prendre 1,7 milliards d’impôt pour les donner à une banque sur la base d’une simple déclaration de sa part et à partir de l’écrasement d’un homme fut-il un de leurs agents zélés.

L’affaire de Jérôme Kerviel doit permettre que la Justice, donc la société, marque un point d’arrêt aux collusions des sommets de l’Etat et de la finance. Un point d’arrêt à la toute puissance arrogante de l’oligarchie. Kerviel est innocent, il a donc droit à notre solidarité civique comme nous la devons aux milliers d’autres rouages que nous sommes tous à des degrés divers parce que chaque jour nous faisons tourner le système et nous manions nos cartes bancaires.

à lire en intégralité sur le site de jean-Luc Mélenchon

vendredi 13 mai 2016

Les États-Unis nous montrent ce que sera le XXIe siècle

Les États-Unis, un modèle à suivre.

Les États-Unis, un modèle pour tous les pays de la planète.

Les États-Unis nous montrent ce que sera le XXIe siècle.

Le XXIe siècle verra le retour des esclaves, qui resteront debout dans leurs usines pendant des heures, qui pisseront et qui chieront dans leurs couche-culottes.

Vendredi 13 mai 2016 :

États-Unis : privés de pause-toilettes, des employés portent des couches.

Les employés du secteur volailler aux États-Unis travaillent dans un tel climat de peur qu’ils n’osent pas demander de pause pour aller aux toilettes et portent des couches au travail, affirme l’ONG britannique Oxfam dans une étude.

D’après ce rapport publié mardi 10 mai, « la grande majorité » des 250.000 ouvriers du secteur avicole américain « dit ne pas bénéficier de pauses-toilettes adéquates », en « claire violation des lois américaines de sécurité au travail ».

Ils « luttent pour s’adapter à ce déni d’un besoin humain de base. Ils urinent et défèquent debout face à la ligne d’assemblage, portent des couches au travail, réduisent leurs prises de liquides et fluides à des niveaux dangereux » et risquent « de graves problèmes de santé », martèle l’étude.

Les chefs de ligne refusent aux ouvriers ces pauses « parce qu’ils sont sous pression pour maintenir la vitesse de production », fait valoir Oxfam. « Le secteur volailler affiche aujourd’hui des bénéfices records » tandis que « les ouvriers gagnent de faibles salaires, souffrent de taux élevés de blessures et maladies, évoluent dans des conditions difficiles » et « un climat de peur », dénonce l’étude.

Source : Le Parisien

Via BA qui publie sur le blog de Frédéric Lordon

Le taux de syndicalisation en France

Taux de syndicalisation des fonctionnaires : 20 %.

Taux de syndicalisation dans le secteur marchand et associatif : 9 %.

Jeudi 12 mai 2016 :

France : 11% des salariés sont syndiqués.

Onze pour cent des salariés français adhéraient à un syndicat en 2013, une proportion stable depuis le milieu des années 1990 et qui masque d’importantes disparités entre fonction publique et secteur privé, France métropolitaine et Outre-mer, selon une étude publiée jeudi.

Compilée par la Dares (direction des études du ministère du Travail), l’étude montre ainsi que le taux de syndicalisation des fonctionnaires (20%) est deux fois plus élevé que dans le secteur marchand et associatif (9%).

La Dares note enfin que le taux de syndicalisation français est l’un des plus faibles en Europe, se classant 26e parmi les 28 pays de l’Union européenne, devant l’Estonie et la Lituanie, mais très loin derrière les pays du nord : 74% en Finlande, 70% en Suède, et 68% au Danemark.

Via BA qui publie sur le blog de Frédéric Lordon

mercredi 11 mai 2016

Appelez donc la nouvelle loi El Khomri « loi Uber »

Dans la dernière version, la pire, de la loi El Khomri à l’Assemblée nationale, a été ré introduite la légalisation de la pieuvre multimilliardaire amie de Macron, UBER. Un coup tordu qui vient de loin : il s’agit d’habiller ces salariés en « indépendants » sans possibilité pour eux de faire « requalifier » leur contrat.

A l’origine, il y eut le 11 février 1994 la « loi Madelin » instaurant la « présomption de non salariat » pour les inscrits au registre du commerce, au répertoire des métiers ou même à l’Urssaf. (Art L.120-3 du code du travail devenu L.8221-6 après la recodification de 2004-2008). Nous avions obtenu l’abrogation de cette présomption de non-salariat dans la loi du 19 janvier 2000 (dite « Aubry 2 »). Fillon avait rétabli le dispositif Madelin dans sa loi du 1er août 2003 à laquelle les socialistes, comme toute la gauche s’étaient vivement opposés. Michel de Virville, DRH Renault, vedette du Medef, dans son rapport de janvier 2004, proposa alors que chacun ait le « libre choix » de son statut, salarié ou indépendant.

Nous y voilà, sous couvert de (prétendue) nouveauté, derrière le chantage aux plates formes numériques. Il s’agit de pousser des millions de travailleurs dans des activités non salariées, au bon gré de contrats commerciaux. Comme les VTC ils pourront travailler 20 h par jour, 120 h par semaine, sans cotisations sociales, ni contrat de travail, jetables sans ménagement au bon gré des donneurs d’ordre des plateformes numériques qui les feront officier au sifflet.

Deux députés, Caresche et Le Troallic, ont déposé 3 amendements identiques qui ont formé, dans la version 4 de la loi El Khomri le nouvel article 27 bis.

L’art 27 bis nomme les VTC d’Uber :  » travailleurs utilisant une plateforme de mise en relation par voie électronique » dans la 7° partie du Code du travail (celle avec les VRP, gérants…) et il est précisé que l’art. L.7411-1 du code du travail ne leur est pas applicable (c’est l’article qui dit que le code du travail est applicable). Uber, SI le travailleur cotise de lui-même pour les accidents du travail, doit prendre en charge cette cotisation-là ; se syndiquer et faire grève ne sont pas un motif de rupture, mais ce frêle habillage ne masque pas qu’ils n’ont ni horaires légaux ou maxima, ni salaire minimum, ni droit contractuel du travail, ni cotisations sociales, ni médecine du travail, ni élus du personneI, etc. Ils seront privés de droits et même du droit de défendre leurs droits.

Argument supplémentaire : l’ubérisation ne diminue pas la dépendance, au contraire elle l’augmente en nombre de personnes concernées en transformant d’anciens indépendants en dépendants puisque les plates formes tendent à phagocyter le marché. Les artisans contraints progressivement de passer par une plate forme pour trouver des clients perdent ainsi peu à peu leur indépendance. C’est finalement la tendance naturelle du capitalisme à la concentration qui s’exprime dans l’ubérisation. Et là ils font fort : ils utilisent l’attrait de la jeunesse pour les nouvelles technologies et l’indépendance à leur profit. Ils parviennent à faire cohabiter la modernité avec le retour au siècle de Zola.

Repris du blog de Gérard Filoche (6 mai 2016)

jeudi 5 mai 2016

Pourquoi la loi travail permettra de licencier sans motif la majorité des salariés

NuireDebout.png Affiche piquée à la Librairie Tropiques

Le projet de loi réformant le code du travail est arrivé mardi 3 mai à l’Assemblée nationale et examiné juqu’au 12 mai. El Amine Ghenim (avocat des salariés de Fralib, Unichips Flodor...) et Fiodor Rilov (avocat des salariés Goodyear, Continental, ArcelorMittal ...) réagissent et mettent l'accent sur le fait que «l'un des objectifs majeurs du texte est bien de bouleverser les rapports sociaux en France en permettant aux multinationales de licencier les salariés à leur guise».

Dans un groupe transnational les filiales de production n’ont donc aucune autonomie et aucun client. Elles sont réduites à de simples centres de coûts. Toutes leurs commandes proviennent de la société mère. Celle-ci fixe comme bon lui semble les quantités et les types de production, les prix et les salaires. La société mère peut transférer l’activité de l’une de ses unités industrielles à l’autre en un clin d’œil, surtout lorsque les deux usines fabriquent déjà le même type de biens ou de services. En outre, avec une telle organisation les salariés d’une multinationale n’ont aucune visibilité sur les lieux de commercialisation de leurs propres produits.

Ainsi, il est assez banal de constater qu’au sein d’un groupe international les performances économiques ne peuvent être évaluées qu’au niveau du groupe dans son ensemble.

Il ne viendrait à l’idée d’aucun investisseur, d’aucun analyste et, à ce jour, d’aucun Conseil de prud’hommes de contrôler la bonne ou la mauvaise santé économique d’une multinationale en vérifiant, tour à tour, les comptes de chacune de ses filiales. Ce qui importe, et ce qui est significatif, c’est le bilan et le compte de résultat consolidés.

Or, le projet de loi travail s’attaque précisément à cette règle. Le gouvernement et les promoteurs du texte affirment en cœur et avec une mauvaise foi à peine dissimulée que, dans une économie globalisée, le motif de licenciement d’un ouvrier qui produit des biens ou des services à destination du marché mondial doit s’apprécier exclusivement dans les frontières de l’hexagone. Autant dire que dans une France où la principale préoccupation est de trouver un emploi ou de ne pas perdre le sien, la dernière grande « réforme » du quinquennat permettra, si elle est votée, de licencier sans motif réel et avéré la majorité des salariés.

Lire l'intégralité sur Mediapart

samedi 30 avril 2016

Assurance chômage : virer le MEDEF des caisses sociales !

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Cliquer sur l'image pour écouter l'intervention de Samuel Churin (Coordination des intermittents et précaires) à Nuit debout, place de la République le 9 avril 2016

1er mai (1) : "Premier mai 1891 : Fourmies dans le Nord"

Après le 1er mai 1890, le gouvernement s'est juré de réprimer la revendication qui allait primer lors du 1er mai suivant, à savoir: 8h de travail, 8h de repos et 8 h de loisirs.

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Toutes les forces de l'ordre sont mobilisées contre les manifestation du 1er mai 1891. Le danger devait être bien grand, si l’on a besoin d’un tel déplacement de forces pour sauver la société capitaliste. La police a reçu l’ordre de disloquer les manifestations et de provoquer. La gendarmerie et l’armée doivent faire usage de leurs armes au moindre signal de résistance.

A Marseille, Clichy, Lyon, Saint-Quentin, Charleville, Bordeaux, Nantes, presque partout où des ouvriers manifestent publiquement, portent à la mairie ou à la préfecture leurs revendications de la journée de 8 heures et une législation du travail, ils sont brutalement assaillis, chargés sauvagement par la gendarmerie et la police.

A Fourmies, dans le département du Nord, les groupes du parti ouvrier de la localité ont décidé dans une assemblée générale, le 20 avril, de fêter le 1er mai et de faire savoir aux fabricants qu’ils cesseraient le travail, ce jour-là.

Les industriels de la région affichent qu’au 1er mai, les ouvriers absents des ateliers seront licenciés. Ils avaient espéré épouvanter les travailleurs. Mais le nombre de ceux qui franchissent le seuil des entreprises est si minime, qu'ils sont renvoyés dans leur foyer.

Si les ateliers sont vides, les rues et places regorgent d’ouvriers en habits de fête, se réjouissant du magnifique soleil printanier. Jamais on n’avait vu circuler autant de monde. Devant une filature, il y eut un rassemblement: les jaunes ont été salués à coups de sifflets et de cris de lâches et de traîtres.

A cette époque, Fourmies est un ville textile de 15 000 habitants dans laquelle la quasi totalité des ouvriers est en grève et manifeste pour la journée de huit heures et l'augmentation des salaires. Ceux-ci avaient baissé de 10% quand le pain augmentait de 20% et le charbon de 40% !

Le maire, poussé par les patrons du textile, demande au Sous-préfet l'envoi de 2 compagnies du 145e régiment de ligne. Après l'arrestation de 4 manifestants, le matin, deux nouvelles compagnies de soldats sont appelées en renfort.

L’après-midi, arrivent des jeunes gens, des femmes et des enfants. Ils chantent sur cette même place et exigent la libération des emprisonnés.

Alors, les soldats, sans avoir été provoqués ni fait les trois sommations réglementaires, tirent. La boucherie aurait duré longtemps si le curé n’était pas sorti de sa maison et n’avait pas crié : "Assez de victimes".

Un homme de 30 ans, 2 jeunes gens de 20 ans, 2 enfants de 11 et 12 ans et quatre jeunes filles de 17 à 20 ans sont mortellement blessés. Une de ces dernières tenait un rameau d'églantine dans la main, elle accompagnait son fiancé, portant un chapeau qui fut traversé par une balle.

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En 45 secondes, le nouveau fusil Lebel fit la démonstration de son efficacité contre les grévistes français.

Depuis cette date, en France, le 1er Mai est non non seulement un jour de revendication et de grèves, mais aussi la commémoration de la répression sauvage par l'armée au service du patronat et de l'État, lui-même largement inféodé à l'oligarchie financière.

Repris du blog de Roger Colombier

vendredi 29 avril 2016

Enjeux de la lutte contre la loi El Khomri et au-delà

1945.PNG à visualiser en cliquant sur l'image

Depuis déjà plusieurs jours les membres du Réseau Salariat sont présent.e.s dans les différentes Nuits Debout pour discuter et informer autour du projet du Réseau Salariat et en particulier du salaire à vie qui est l'une de nos propositions pour sortir du capitalisme, et dont on parle beaucoup dans les débats qui ont lieu autour de la mobilisation contre la loi dite « travail ». Durant ces discussions nous nous attachons également à déconstruire les définitions de travail et d’emploi que cherche à nous imposer la classe dominante.

Des militant.e.s de l’association sont présent.e.s à la Nuit Debout parisienne sur la place de la République depuis déjà une semaine et ont notamment participé à un débat sur le revenu de base et le salaire à vie durant la journée du 41 Mars (10 Avril) qui était centrée autour de la question « Qu’est-ce que le travail, le salaire à vie et le revenu de base ? ». On vous invite d’ailleurs à visionner ce débat, qui a été enregistré ici et l’interview de William et Stéphane du Réseau Salariat à TV Debout ici : à la 30ième minute.

A Toulouse sur la place du Capitole, Bernard Friot a participé à un atelier intitulé « Loi travail, pour aller plus loin… » le Vendredi 39 Mars (8 Avril) juste avant la conférence gesticulée du Réseau Salariat « 1945 : On continue ! ». L’atelier a été enregistré et a fait l’objet d’un article sur le site nuidebouttoulouse.fr . A la nuit debout du 42 Mars, des militant.e.s du groupe local Midi-Pyrénées ont animé un atelier « Réseau Salariat et salaire à vie ». Durant celui-ci, il a été question de la différence entre revenu de base et salaire à vie, du travail, des retraités, du statut des intermittents mais aussi des propositions du Réseau Salariat et notamment des échelles de qualifications du salaire à vie.

Repris du site réseau salariat

dimanche 24 avril 2016

Appel du 51ème Congrès de la CGT

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Le Figaro, journal historique de la droite et du patronat, dont le patron est Serge Dassault marchand d'armes et sénateur à vie de la Sarkozyland, résume la journée de ce mercredi du 51e congrès confédéral de mon organisation syndicale. Il titre: "Appel à la grève générale reconductible, capitalisme désigné comme l'ennemi, diatribes contre la centrale concurrente- la Cfdt note de ma pomme-... Les militants présents ont tenu des discours rouge vif à la tribune du congrès de Marseille".

Et bien mes camarades, ça me botte cet article du Figaro. Lorsque l'organe de la réaction aboie contre la CGT, c'est que les congressistes ont analysé et débattu de la situation sociale dans cette société de merde aux ordres du capitalisme géré par le PS dans notre pays. Par tout le parti de François Hollande. En effet, quitte à me répéter, pour qui votent les soi-disant frondeurs de ce bord à chaque élection (municipales, régionales, départementales, législatives partielles) depuis mai 2012? Si ce n'est pour l'organisation social-démocrate pour laquelle ils sont fidèles. Envers et contre tout.

Autre chose, loin de la politique politicienne est l'appel du 51e congrès de la CGT. Quitte à ce que, dès la cloture du congrès, ce vendredi, la CGT, toute la CGT, dans les entreprises et ses structures territoriales, comme dans chaque fédération, on se lève debout et pas que pour un jour ou une nuit:

Roger Colombier Lire son blog

"Les 1 000 délégués réunis en congrès à Marseille du 18 au 22 avril 2016 ont analysé la situation économique et sociale, le contexte des mobilisations désormais ancrées dans le pays depuis plus d’un mois et demi.

La CGT lance un appel fort et déterminé à l’ensemble des salariés du privé et du public, des jeunes, des privés d’emploi, des retraités et de ses syndicats, à poursuivre et amplifier partout le rapport de force jusqu’au retrait du projet de la loi dite « Travail » dynamitant notre modèle social.

Il s’agit d’organiser dans toutes les entreprises et les établissements des réunions d’information, des rencontres afin de s’opposer encore plus fort à tous les mauvais coups et à imposer de nouvelles conquêtes sociales. Un espoir immense s’ouvre pour le monde du travail grâce à la lutte unitaire menée par une CGT moderne, porteuse de propositions en phase avec l’ensemble des travailleurs-euses), à l’image du rejet massif du projet de loi El Khomri exprimé par 70% de l’opinion publique. Un mouvement qui fait face à un gouvernement désavoué, en rupture profonde avec la population et singulièrement toute la jeunesse. Un exécutif à l’écoute d’un patronat rétrograde et menaçant, privilégiant la finance à la réponse aux besoins sociaux et ambitionnant de détruire toutes les garanties collectives en fixant comme seul horizon la précarité généralisée, l’incertitude du lendemain.

Le désespoir est dans le renoncement, l’espoir est dans la lutte.

Dans ce cadre, la CGT appelle toutes les organisations à amplifier la riposte, dès le 28 avril, par la grève interprofessionnelle et les manifestations pour obtenir dans un premier temps le retrait du projet de loi de casse du code du travail.

D’ici le 28 avril, la poursuite de la construction de l’action implique la tenue d’assemblées générales dans les entreprises et les services publics pour que les salariés décident, sur la base de leurs revendications et dans l’unité, de la grève et de sa reconduction pour gagner retrait et ouverture de véritables négociations de progrès social.

Le 28 avril, comme le 1er mai, journée internationale de lutte des travailleurs-euses sont autant d’étapes vers la victoire.

Marseille, le 20 avril 2016

SNCF: un train de grèves peut en cacher un autre

L'ensemble des syndicats représentatifs à la SNCF a déposé un préavis de grève pour le 26 avril 2016, couvrant la période du lundi 25 avril à 19h jusqu'au mercredi 27 avril à 8h. Cela concerne leur opposition à la convention nationale ferroviaire réactionnaire qui serait mise en place au 1er juillet 2016. Projet qui a l'aval du pouvoir socialiste et du syndicat des transporteurs ferroviaires auquel appartient la SNCF et dépendant du MEDEF.

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Rappel important: La SNCF, pourtant détenue à 100% par l'Etat, est syndiquée à l'organisation patronale dirigée par Pierre Gattaz.

Ce 18 avril, la CGT-cheminots a déposé un nouveau préavis national. Il concerne la période du mercredi 27 avril à 19h au vendredi 29 avril à 8h.

D'autre part, la CGT, réunie en son 51e congrès à Marseille, appelle, dès le 28 avril, journée nationale de grève et de manifestations CGT-FO-Solidaires-FSU-Unef-Fidl-Unl, à amplifier la riposte contre le projet de loi El Khomri et au-delà contre le pouvoir et le patronat, dans tous les secteurs d'activité.

Repris du blog de Roger Colombier : Politique. Syndicalisme. Histoire Sociale. Chemin de Fer. Chemins de faire. Corbières éternelles.

La grogne de Quasimedef

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Un premier acquis pour les luttes ?

Une avancée pour les travailleurs ?

Devant un nouveau monde qui se cherche, la panique de Quasimedef !

"Retenez-moi ou je fais un malheur". "Je boue, je claque la porte"

Surtout ! ne le retenez pas, laissez le bouillir !

Et s'il se coince les doigts dans la lourde, pesons fort pour qu'il déguste, ce sera en prime.

Parce que la menace de l'adjudant du capital de quitter la table, derrière la volonté de mettre un peu de pression sur ses alliés au pouvoir, à ses troupes et leurs cénacles ronflant, est clair:

"Ordre de tenir coûte que coûte devant la vague qui monte et qui va finir par déferler".

Ben oui, on les comprend ; sinon c'est l'édifice patiemment construit qui va à la ruine.

C'est cet échaffaudage qui d'adversaires irréductibles tant la prédation des uns est antagonique au droit à la vie des autres, par un arsenal idéologique qui se grippe, a fabriqué le miroir aux alouettes des partenaires sociaux.

C'est ce paritarisme qui se fissure, la ligne de fractures traversant de façon horizontale certaines organisations syndicales laissant toutes leurs directions bras dessus - bras dessous avec le pouvoir et le patronat.

L'issue sociale passe par la fin du paritarisme qui alimente pragmatisme et consensus mamelles de l'idéologie dominante.

C'est ce que mesure le Capital. D’où la décision de son bras séculier depuis l'Elysée d'ordonner à Matignon de maintenir contre l'avis de la LDH, d’Amnistie international et des forces démocratiques de notre pays un état d'urgence qui vrille les tympans, tord les libertés au point de voir dans les cortèges l'apparition provocatrice de la police accompagnée de molosse agressif mais libère les forces du capital qui coopèrent avec les états terroristes.

Oui, la colère de Quasimedef est réjouissante. Elle confirme qu'en matière de choix de société rien n'est jamais joué, que le possible est du côté des luttes et que la lutte de classe révèle choix et issues. Son coup de gueule marque si ce n'est une défaite déjà un basculement sur la défensive.

Surtout ne pas baisser la garde et maintenir l'offensive, faire monter le rapport de force.

Maintenant, Avec un syndicalisme de lutte qui s'affirme pôle derassemblement des salariés , une convergence de catégories sociales qui décident de se mettre debout ; et pas que la nuit, oui c'est une potentielle symphonie pour un nouveau monde qui peut se concrétiser.

Que chaque membre de l'orchestre ne délègue pas à des maestro autoproclamés la programmation du concert. Dans l'histoire comme dans la musique on sait que les plus grands dirigeants sont ceux qui joue avec l'orchestre pas ceux qui le font marcher à la baguette.

Canaille Lerouge

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samedi 23 avril 2016

La Commission européenne se réjouit de la loi El Khomri

Le commissaire en charge de l’euro et du dialogue social se félicite de la loi travail en France, qui répond directement à l’analyse de Bruxelles sur les rigidités de l’économie française.

De passage à Paris, jeudi 31 mars, pour participer à une rencontre de l’OCDE, déjeuner avec Emmanuel Macron et dîner avec Michel Sapin, le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a eu du mal à honorer ses engagements dans les temps. La faute aux grèves des transports et autres manifestations contre la réforme du travail de la loi El Khomri.

Un sujet qui lui tient justement à cœur, alors que la France est toujours sous le coup d’une procédure pour déficit excessif. La loi El Khomri « est une initiative qui est destinée à répondre aux rigidités du marché du travail, et qui devrait relancer l’emploi » s’est réjoui le commissaire face à quelques journalistes. Le commissaire letton qui partage la responsabilité des affaires économiques avec le Français Pierre Moscovici, est connu pour ses positions libérales.

Lors des remarques transmises à la France, début mars, sur l’économie française, la Commission européenne a consacré une dizaine de pages de son pensum annuel au marché du travail, qui représente selon elle le principal problème de l’économie française.

En ce jour de manifestation, le commissaire s’est toutefois montré magnanime. « Nous surveillons avec attention le débat politique, et nous comprenons qu’il faille trouver le bon équilibre pour ce texte » a indiqué le commissaire, faisant référence à des mesures déjà retirées du projet de loi concernant notamment les négociations syndicales.

Mais il est clair que la loi est une réponse aux demandes de Bruxelles, dans la droite ligne de son analyse de l’économie française. Le manque de création d’emploi et la faible croissance sont, selon les experts de l’exécutif européen, liés aux rigidités structurelles de l’économie de l’Hexagone, et notamment aux difficultés de licencier des salariés, et non pas à d’autres facteurs comme un manque d’investissement ou l’évolution vers une économie de service peu créatrice d’emplois.

Lire la suite sur le site Euractiv

Lire aussi : la réforme du chômage en perspective européenne

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