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Centre d'Economie du Bonheur

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mercredi 11 avril 2018

Notre-Dame-Des Landes : la voilà, la Blanche Hermine ?

Les gendarmes ont mené ce mercredi après-midi une charge massive sur les zadistes et leurs soutiens, de plus en plus éparpillés, pour le troisième jour des opérations d'expulsions à Notre-Dame-des-Landes.

Notre-Dame-des-Landes-la-destruction-de-lieux-de-vie-a-t-elle-fait-basculer-la-situation.jpg Cliquer sur l'image pour écouter la chanson de Gilles Servat, La Blanche Hermine

Je ne sais pas si on la chante à NDDL...

sans doute que non, car un peu datée du point de vue du rapport entre les sexes...

Mais alors, on a tort.

Les temps changent, la force des chansons reste.

Le Concierge

mardi 10 avril 2018

Comment la dette de la SNCF enrichit les marchés financiers, au détriment des cheminots et des usagers

9 avril par Nolwenn Weiler, Bastamag, via CADTM.

Sous prétexte de sauver la SNCF, endettée de près de 50 milliards d’euros, le gouvernement Philippe prépare une profonde réforme du secteur ferroviaire, ouvrant la porte à sa privatisation de fait. Présentée comme la conséquence de performances insuffisantes de l’entreprise, cette dette résulte pourtant très largement de choix politiques et organisationnels antérieurs. Loin des fantasmes sur le statut des cheminots, Basta ! retrace l’histoire de cet endettement, qui constitue aussi une rente annuelle de plus d’un milliard d’euros pour les marchés financiers. Pour en venir à bout, d’autres solutions sont possibles.

Lors de l’inauguration de la ligne grande vitesse Paris-Rennes, en juillet dernier, Emmanuel Macron a évoqué une offre : l’État pourrait prendre en charge la dette de la SNCF en échange d’un « nouveau pacte social » au sein de l’entreprise publique, qui verrait le statut des cheminots progressivement supprimé. Emmanuel Macron faisait ainsi implicitement le lien entre l’endettement colossal de la SNCF – 46,6 milliards d’euros – et le « coût du statut » des cheminots, qui leur donne notamment la possibilité de partir en retraite plus tôt. Le rapport Spinetta, remis le 15 février dernier au gouvernement en vue d’une loi réformant la SNCF, reprend cette thèse d’un coût du travail trop élevé qui viendrait gréver les finances du système ferroviaire français.

« C’est une escroquerie intellectuelle de laisser penser cela, s’insurge Jean-René Delépine, représentant du syndicat Sud-rail au conseil d’administration de SNCF réseau, la branche qui gère les voies ferrées. Cette dette, c’est d’abord la contre-valeur d’un bien commun : un réseau de chemin de fer. Elle est visible parce qu’elle se trouve au sein d’une seule société. Si une entreprise avait, à elle seule, la charge de maintenir et de développer le réseau routier, sa dette serait infiniment supérieure ! L’État, qui se présente comme la victime d’un endettement non maîtrisé de la SNCF, est en fait le premier responsable de l’explosion de la dette. »

Une dette « mise sous le tapis » il y a vingt ans

Dans les années 80, la politique du « tout TGV », vers lequel les investissements sont essentiellement dirigés, se traduit par une diminution continuelle des budgets de maintenance et de renouvellement du reste du réseau – dessertes des agglomérations, lignes rurales, lignes inter-cités – qui aboutit à un état de délabrement alarmant d’une partie des voies. « En 2005, un audit sur l’état du réseau français réalisé par l’école polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) à la demande de Réseau ferré de France (RFF) et de la SNCF alertait sérieusement sur le vieillissement du réseau et pointait la responsabilité de l’État », souligne la CGT dans un récent rapport sur l’avenir du service public ferroviaire. Plus de 9000 kilomètres (sur un total de 30 000) sont considérés comme vétustes voire dangereu. À certains endroits, les rails sont si dégradés que les trains doivent ralentir. Tout cela oblige l’État à engager un important et très coûteux programme de travaux au début des années 2000.

En 1997, pour répondre aux critères du traité de Maastricht qui conditionne le passage à l’euro à la maîtrise du déficit public, la France choisit de loger sa dette ferroviaire dans un nouvel établissement public, séparé de la SNCF : Réseau ferré de France (RFF, renommé SNCF réseau en 2014). « C’est une façon de masquer la dette publique, estime Jean-René Delépine. À la même époque, l’Allemagne a de son côté décidé de reprendre la dette du système ferroviaire, alors qu’elle était en pleine réunification ! »

La dette de 46,6 milliards d’euros qui plombe actuellement le système ferroviaire est celle de SNCF réseau, mise sous le tapis il y a vingt ans. « RFF puis SNCF réseau se retrouvent à porter, seules, des investissements qui doivent normalement revenir à l’État, poursuit Jean-René Delépine. C’est pourtant lui qui prend les décisions d’aménagements ! »

Dix milliards ponctionnés par les marchés financiers

À la fin des années 2000, le gouvernement de Nicolas Sarkozy décide de lancer un vaste programme de travaux, mais sans y allouer les finances nécessaires. À la remise en état des voies vieillissantes, s’ajoute la construction de quatre nouvelles Lignes à grande vitesse (LGV). En 2010, SNCF réseau investit 3,2 milliards d’euros tout en percevant 2,2 milliards de subventions. Il faut donc emprunter sur les marchés pour trouver le milliard manquant. En 2012, les investissements s’élèvent à 4,3 milliards d’euros quand les subventions de l’État plafonnent à 1,2 milliard. Nouvel emprunt. En 2015, rebelote : alors que SNCF réseau doit débourser 5,3 milliards, il ne reçoit que 1,1 milliard de l’État. Cette année là, les subventions ne couvrent que 23 % des besoins d’investissement. Le recours à l’emprunt augmente encore. Depuis, les subventions consenties par l’État restent bien inférieures aux montants de travaux... pourtant engagés à sa demande ! « En 2017, 5,4 milliards d’euros ont été investis pour la régénération du réseau. 2,2 milliards ont été versés par des subventions. Le reste a été emprunté », illustre Jean-René Delépine.

À ce système structurellement déficitaire, s’ajoute le fait qu’« SNCF Réseau doit payer les intérêts de sa dette passée, comme l’explique Adrien Coldrey, économiste au sein du cabinet d’expertise Degest 4. Or, il n’a plus aucune ressource pour payer ces intérêts puisque celles-ci ont été utilisées pour l’investissement : il doit donc s’endetter pour les payer. C’est un effet boule de neige, qui ressemble à une situation de surendettement pour un particulier. »

Ces dix dernières années, cette charge de la dette – 10,3 milliards d’euros seulement pour les intérêts – pèse plus lourd que l’entretien et le développement du réseau – 7,2 milliards d’euros ! « Quand la SNCF emprunte 100 euros pour le réseau, il ne peut en utiliser que 41. Les 59 restant sont ponctionnés par le système financier », détaille Arnaud Eymery, le directeur du cabinet Degest. Soit les banques, assurances et fonds d’investissement qui prêtent à la SNCF.

« On travaille pour financer les banques »

« Pour le dire autrement, afin d’investir 100 euros sur la modernisation des voies, la SNCF doit emprunter 243 euros ! Le surcoût est considérable. C’est une rente pour les marchés financiers, même si les taux sont actuellement très bas. » Si les taux devaient remonter, l’absurdité de ce choix économique serait encore plus flagrante. « La charge de la dette avale les trois quarts de la performance économique de l’outil industriel, assène Jean-René Delépine, de Sud-rail. On travaille pour financer les banques. C’est une honte. » Et plus le temps passe, plus la dette se creuse. « Si l’État l’avait reprise en 2010, seulement 7,2 milliards d’euros d’endettement auraient été générés, contre 17,5 milliards actuellement », calcule Arnaud Eymery du cabinet Degest.

Autre choix politique absurde : en 2006, le gouvernement de Dominique de Villepin privatise les autoroutes, ce qui provoque un gros manque à gagner pour le système ferroviaire. Une partie des subventions versées par l’État à la SNCF provient de l’agence de financement des investissements de transports de France, qui était alimentée par les redevances des concessions d’autoroutes...

Pour se faire une idée des sommes dont est aujourd’hui privé le système ferroviaire, il suffit de regarder le montant des dividendes que se sont partagés les actionnaires des sociétés concessionnaires d’autoroute (SCA) en 2016 : 4,7 milliards d’euros ! « La suppression du projet d’écotaxe en octobre 2014 (par le gouvernement de Manuel Valls, ndlr), également prévue par le Grenelle de l’environnement pour financer la construction des LGV, vient à nouveau gréver les finances et donc le report des trafics de la route vers le train », ajoute Arnaud Eymery.

Pour les usagers, le prix des billets explose

Le report de la route vers le train constitue un défi crucial face au réchauffement climatique et à l’aggravation de la pollution atmosphérique. Mais pour les usagers, le coût du train s’envole. Car pour faire face à sa situation financière, le tarif facturé par RFF aux sociétés exploitants les trains – et donc principalement à la SNCF – a été considérablement augmenté (+26 % entre 2007 et 2013). « La hausse est aussitôt répercutée sur le prix des billets, qui augmente de 20% entre 2008 et 2013 », souligne Arnaud Eymery. Résultat : les Français délaissent le train jugé hors de prix.

Dès 2010, la fréquentation des TGV est en baisse. Un cercle infernal se met en place : les gens prennent moins le train, le nombre de trains diminue, les péages augmentent, de même que les billets, ainsi que les investissements nécessaires. Entre 2010 et 2016, le trafic ferroviaire enregistre une hausse de 1 % quand la voiture bondit de 7 % et le transport aérien de 17 %.

Plutôt que de taxer la route pour financer le transport ferroviaire, beaucoup moins polluant, l’État prétend que celui-ci peut s’autofinancer à condition que les cheminots travaillent plus et mieux. Pourtant, d’importants efforts ont déjà été consentis. « Chaque année, on demande à la SNCF d’économiser 1,5 milliard d’euros. Et la principale source d’économies, c’est l’emploi », poursuit Arnaud Eymery. Entre 2004 et 2014, les effectifs cheminots ont chuté. Ces derniers passent de 175 000 à 154 000 salariés, soit 2000 emplois supprimés chaque année.

Productivité élevée, espérance de vie réduite

Selon le cabinet Degest, une étude des gains de productivité laisse apparaître, entre 2004 et 2014, une progression plus forte pour les cheminots (+3,2% par an) que pour l’économie française dans sa globalité (+1,9%). Une tendance qui devrait se prolonger ces prochaines années du fait des contrats de performance signés entre l’État et la SNCF. Néanmoins, le coût de cette pression sur le travail est élevé. À la SNCF comme ailleurs, les salariés sont écartelés entre des objectifs sans cesse accrus et des moyens revus à la baisse. Au point que certains ne peuvent plus assurer correctement la sécurité sur les voies (lire notre enquête sur l’accident de Brétigny en 2013). Et que d’autres sont sommés de proposer aux voyageurs les billets les plus chers.

Pour que les trains puissent rouler en continu, la maintenance est davantage assurée de nuit, alors que le travail nocturne a des effets importants sur la santé. « Les indices de morbidité (le nombre de jours d’absence des salariés pour maladie ou accident du travail, ndlr) ont augmenté au fur et à mesure que des gains de productivité étaient enregistrés », remarque Arnaud Eymery.

L’espérance de vie des cheminots est inférieure à la moyenne nationale, notamment pour les personnels de l’exécution et de la traction. Ces derniers meurent quatre ans plus tôt que le reste de la population. La fédération Sud-rail, à qui la direction refuse de fournir des chiffres, estime qu’une cinquantaine de cheminots se suicident chaque année.

1269 euros, le salaire de base d’un chef de bord

En parallèle, les réorganisations et le déploiement de nouvelles technologies entraînent une hausse de l’encadrement. « En créant trois entités en 2014, on a créé trois états-majors différents, illustre Jean-René Delépine. Cela augmente automatiquement la masse salariale puisque les cadres sont plus nombreux et mieux payés. » L’augmentation exponentielle de la sous-traitance a également entraîné une augmentation du taux d’encadrement. Pour réaliser des économies, il serait ainsi possible de regarder du côté de l’organisation du travail, ou encore... de la direction.

En 2017, les onze membres du comité exécutif de SNCF Réseau se sont ainsi partagés une rémunération nette imposable de 2,5 millions d’euros, assortis de 38 000 euros d’avantages en nature, soit une moyenne de 19 000 euros par mois et par personne. En 2017, Florence Parly, l’actuelle ministre des Armées, a été payée 52 000 euros par mois en tant que directrice générale chargée de SNCF voyageurs. Par comparaison, le traitement de base d’un chef de bord, qui assure les trajets à bord d’un train corail, est de 1269 euros nets, assortis de plusieurs primes.

D’autres solutions pour financer le réseau

Comment sortir le système ferroviaire de cette voie de garage ? L’État pourrait aider l’entreprise dont il est actionnaire à sortir du cycle infernal de l’endettement, et doter le train de financements pérennes. La CGT propose de flécher 6 milliards d’euros des recettes de la TICPE (taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques) pour le financement du réseau ferré national. En 2016, ces recettes se sont élevées à 28,5 milliards d’euros pour les produits pétroliers 9. La CGT propose par ailleurs de mettre fin aux exonérations et au remboursement partiel de cette taxe dont bénéficient les transporteurs routiers ou le secteur aérien.

La confédération syndicale propose également de mettre en place un « versement transport additionnel régional » : calculé à partir de la masse salariale et redevable par les entreprises d’au moins onze salariés, cet impôt permettrait de doter les régions de 500 à 850 millions d’euros par an pour financer les lignes locales. « Sur le modèle du Livret A créé pour financer le logement social, nous proposons la création d’un nouveau livret d’épargne défiscalisé offrant un produit d’épargne sécurisé, dont les fonds seraient centralisés par la Caisse des dépôts et consignations », suggère encore la CGT.

Développer le train pour sauver le climat

De son côté, le syndicat Sud-rail propose de réunir les trois entités qui composent actuellement la SNCF en une seule et même entreprise, ce qui permettrait de mutualiser les capitaux propres : ceux de SNCF mobilités s’élèvent à 15 milliards d’euros, alors que ceux de SNCF réseau sont négatifs de 12 milliards. « Nous aurions une entité qui démarrerait avec un capital positif de 3 milliards de capitaux propres » , résume Jean-René Delépine. La fusion entraînerait une mutualisation des marges opérationnelles, diluant la charge liée au remboursement de la dette et améliorant la capacité d’autofinancement.

Cette réunification aurait, toujours selon Sud-rail, un autre avantage : économiser les coûts de fonctionnement liés à la multitude de contrats passés entre les deux entités. Par exemple, lorsque SNCF réseau ferme une ligne pour réaliser des travaux, elle dédommage SNCF mobilités qui ne peut plus y faire passer ses trains. « Ces transactions créent des litiges, et induisent des surcoûts organisationnels monstrueux. » Sans oublier le bon millier de filiales créées par la SNCF, véritable mille-feuille organisationnel dont les effet économiques et sociaux réels restent à déterminer.

Sur le plan climatique, le secteur des transport est l’un des plus émetteur en gaz à effet de serre. Privilégier les modes de transport les moins polluants est donc indispensable. Une étude réalisée en Europe par le cabinet néerlandais CE Delf met en évidence un coût social et environnemental neuf fois plus élevé pour la voiture que pour le train. « Je pense même qu’en France, où le parc diesel est très important, ces chiffres sont encore supérieurs », estime Arnaud Eymery. Face aux défis, immenses, que pose le changement climatique, le train pourrait être considéré comme un atout plutôt que comme un poids. Ce n’est malheureusement pas le sens des conclusions du rapport Spinetta, qui sert de base à la future réforme ferroviaire.

vendredi 6 avril 2018

Scandale de la privatisation des barrages

Le gouvernement a donc annoncé la privatisation des 150 plus grands barrages hydrauliques de France. Cela fait plus de 10 ans que la Commission européenne fait pression sur Paris pour en finir avec la gestion publique du secteur hydroélectrique, sans succès. Avec Macron, Bruxelles est rapidement satisfaite. Cette décision est pourtant lourde de conséquences, tant pour la bonne gestion du réseau électrique national et la facture du consommateur que pour la sécurité du territoire.

L’excédent brut des concessions est de 2,5 milliards € par an, dont la moitié revient aux collectivités territoriales. Ce qu’on appelle la « rente hydroélectrique », c’est-à-dire le bénéfice final, est donc d’au moins 1,25 milliard €. Globalement, le secteur est très excédentaire, y compris parce que la masse salariale n’est pas très importante : 21 000 pour tout le secteur hydraulique. Les coûts sont surtout liés à l’entretien des infrastructures. «Un GW d’hydraulique coûte 1 milliard d’euros à construire, mais tous nos barrages sont déjà amortis depuis longtemps, tout ce qui est turbiné aujourd’hui c’est du pur bénéfice, ce sera la poule aux œufs d’or pour le repreneur», explique Laurent Heredia, de la FNME-CGT.

L’Etat espère tirer 520 millions € de redevances par an (Cours des Comptes), soit presque 5 fois moins que l’excédent brut des concessions actuelles… Cela semble donc une très mauvaise opération financière. Alors pourquoi une telle décision ?

La France est le seul pays d’Europe auquel on ait demandé la privatisation des barrages. En Allemagne par exemple, les concessions ont été déléguées aux Landers. En Norvège, qui tire 99% de son électricité des barrages (certes non membre de l’UE) les licences hydrauliques ne sont ouvertes qu’à des opérateurs publics. La Slovénie a quant à elle constitutionnalisé «un grand service public de l’eau».

Avant Emmanuel Macron, les gouvernements avaient cherché à gagner du temps sur la question, malgré les pressions de Bruxelles. Les ministres socialistes Delphine Batho et Ségolène Royal avaient par exemple essayé de trouver un équilibre en créant des sociétés d’économie mixte pour opérer des petits barrages : le public y conserverait une minorité de blocage de 34 % pour cadrer les éventuels repreneurs privés. En juin 2015, la Commission européenne juge que cela n’a rien à voir avec une concurrence « libre et non faussée » et met en demeure Paris « d’accélérer l’ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques».

La France «aurait pu classer son hydroélectricité comme service d’intérêt général échappant à la concurrence, mais n’en a rien fait», s’étonne Alexandre Grillat de la CFE-Energies. En effet, comme on l’a vu, contrôler un barrage peut avoir des répercussions jusque dans l’intégrité des centrales nucléaires…

Pour ne pas être accusé de « brader » les barrages à des étrangers, le gouvernement a laissé entendre qu’une priorité serait donnée aux repreneurs français. Total et Engie espèrent ainsi rafler la mise, mais des firmes allemandes, espagnoles, italiennes, norvégiennes, suisses, canadiennes et chinoises se sont déjà montrées intéressées. Un pas de plus sur le chemin de l’intrusion de puissances étrangères au cœur du réseau énergétique ?

Extrait de l'article de Pierre Gilbert à lire sur Le Vent se lève

vendredi 5 janvier 2018

Macron présente ses voeux au Musée de l'Europe

Le Pt Macron a eu la gentillesse d'adresser ses bons voeux de "Travail, Europe, Droits, Devoirs" au Musée de l'Europe, ainsi qu'à de nombreux autres allocataires qui en seront, eux-aussi, certainement flattés.

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Ils prouvent en tout cas que le système-expert qui envoie des courriers au nom de la CAF (depuis la victoire des cyborgs sur l'Etat social édifié par la Résistance au sortir de la victoire - temporaire hélas - sur l'euro-fascisme) a des problèmes de protocole réseau avec celui qui occupe Pôle Emploi (mais aussi avec lui-même manifestement)...

Nous sommes en effet "officiellement" (si ce mot veut encore dire quelque chose) en "formation"...

On peut compter que le Conseil Départemental à qui la CAF vient donc de livrer une charrette d'otages tirés au sort par l'IA, à charge pour lui de les débrancher de la Matrix, s'empressera de convoquer le Concierge par lettre à son domicile, dont il est absent, car en formation (affronté à une autre armée de cyborgs prétendant transformer les professeurs du secondaire en système-experts chargés de produire de la main-d'oeuvre recyclable tous les 5 ans au service de la société de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, en fonction des objectifs du Gosplan fixé à Bruxelles par des technocrates-augmentés par l'IA). Il sera dès lors envoyé au STO, si on comprend bien, ou définitivement débranché si non reconditionnable...

Les jours heureux, c'est pour quand, François, Frédéric, Jean-Luc et les autres... ? ça va, vous vous éclatez avec vos nouveaux jouets ?

Le Concierge

mercredi 20 décembre 2017

Le monde de Macron

Depuis la proclamation de la République Perverse-Narcissique de l'Union européenne (RPNUE) du bas d'une pyramide, il se confirme qu'une secte DRHoïde bien étrange entend livrer la population à une "exploitation sans limite"... Que ses membres en fassent les frais, comme on en a déjà eu écho, vaut toutes les démonstrations... (Le Concierge)

Concilier vie privée et engagement politique oblige à faire des sacrifices. Les proches d'Emmanuel Macron, ceux de la première heure comme les nouveaux venus, mesurent la difficulté de la tâche. Derrière un président hyperactif, qui travaille beaucoup et ne dort que quelques heures par nuit, la troupe des conseillers ministériels et des élus de La République en marche tente tant bien que mal de suivre le rythme. Au risque de tirer un trait sur la vie personnelle.

« Je sais que mon couple ne résistera pas à mon engagement auprès d'Emmanuel, mais c'est ainsi », disait à L'Opinion un proche du président, quand il était encore ministre de l'Économie. « J'ai disparu de ma vie privée. C'est dur. Je me suis effacé derrière une cause. Et cette cause, c'est lui », assurait Christophe Castaner, un fidèle du chef de l'État, au Parisien en novembre dernier, avant de prendre la tête de LREM.

À Noël, il va y avoir beaucoup d'ultimatums familiaux

Conséquence des nuits à rallonge à l'Assemblée nationale et d'un agenda ultra-chargé dans les ministères, « on est parti pour un nombre de divorces sans précédent », alerte François-Michel Lambert, député LREM des Bouches-du-Rhône. « À Noël, il va y avoir beaucoup d'ultimatums familiaux, genre Si tu y retournes, je te quitte. On va avoir des surprises en janvier. Il y a un conflit entre la vie familiale et la politique telle qu'elle est conçue aujourd'hui », souligne Bruno Bonnell, député de la majorité dans le Rhône.

L'Opinion rapporte qu'un membre de l'entourage d'Emmanuel Macron à Bercy, puis dans l'équipe de campagne du futur président, est confronté à une crise familiale ces derniers jours. Son couple n'a pas survécu aux cadences infernales. « Il y a des cellules familiales en voie d'explosion parmi les députés parisiens, indique un élu de la capitale. Mais les plus touchés sont les députés de province, qui passent toute la semaine à l'Assemblée, le vendredi jusqu'à pas d'heure et reprennent le train samedi à l'aube pour rentrer dans leur circonscription et revoir leur famille. »

Extrait d'un article du Point.

samedi 16 décembre 2017

Hold-up social : comment le droit du travail a été démantelé en Europe

L’Allemagne, la Grèce, l’Italie, la Roumanie, ou encore l’Espagne... Et maintenant la France. Ces dix dernières années, la plupart des pays de l’Union européenne ont subi de profondes réformes du droit du travail. Officiellement, au nom de la lutte contre le chômage. Mais les études réalisées depuis, y compris par les institutions les plus libérales, sont unanimes : leur impact sur l’emploi a été minime. En revanche, ces politiques se sont traduites par une explosion de la précarité et une baisse des rémunérations pour les salariés. Basta !, en collaboration avec les journalistes d’Investigate Europe, vous propose une enquête grand format sur le hold-up des « réformes structurelles ».

La misère de l’emploi précaire a de nombreux visages. Elle peut prendre la forme de contrats de travail sans assurance maladie ni protection sociale. Il peut s’agir de temps partiels qui n’apportent pas un revenu suffisant pour vivre. Ceux et celles que cette misère affecte en sont aussi réduits à s’accrocher à un contrat temporaire après l’autre, ou sont contraints de gagner leur vie en tant qu’auto-entrepreneurs fictifs ou travailleurs prétendument indépendants. Les méthodes varient selon les législations nationales de chaque pays, mais le résultat est toujours le même : des millions d’Européens doivent se contenter d’emplois précaires et mal payés, qui ne leur offrent aucune perspective. Et le phénomène continue de s’étendre.

Le président français Emmanuel Macron souhaite renforcer cette tendance. Dans sa dernière réforme, son gouvernement a par exemple autorisé les employeurs à embaucher des travailleurs pour des projets ponctuels, avec des contrats qui prendront automatiquement fin à l’issue de leur réalisation. Dans le même temps, les accords collectifs nationaux, qui offraient jusqu’ici des protections importantes aux salariés, ont vu leur rôle fortement affaibli.

A lire sur Bastamag!

Travail forcé et esclavage moderne sont de retour en Europe

Ils sont 600 000 « esclaves modernes » rien qu’en Europe. Un phénomène « alarmant » au point que le Royaume-Uni a adopté un Modern Slavery Act et que des formations au droit du travail sont dispensées aux réfugiés en Allemagne. Car maintenus dans la précarité par leur statut fragile, les travailleurs migrants, en particulier les sans-papiers et demandeurs d’asile, sont les plus exposés à cette exploitation. En France, la justice peine à lutter contre ce travail forcé qui se répand dans l’agriculture, la construction, l’industrie ou la restauration.

« Vous connaissez ce mot, "droits" ? », demande Birgitta Wodke. Elle écrit le mot sur le tableau, pendant un cours d’allemand à destination des réfugiés dans un quartier du sud de Berlin. « "Rechte" (droits, ndlr). "Arbeitsrecht" (droit du travail)... » Face à elle, une dizaine d’étudiants écrivent consciencieusement sur leur cahier. Ils ont entre vingt et cinquante ans, viennent de Syrie, du Pakistan, d’Égypte, d’Iran, du Ghana, d’Afghanistan, et parlent déjà bien allemand. Birgitta Wodke n’est pas professeure de langue. Elle intervient ici pour une courte formation au droit du travail allemand. L’objectif : protéger ces nouveaux arrivants contre les abus et exploitations en tous genres.

Il y a ici six hommes, quatre femmes. L’une est diplômée d’anglais et a travaillé neuf ans dans une agence de voyage en Iran. Il y a un ancien professionnel de la broderie qui projette de se reconvertir comme chauffeur de bus, une jeune Ghanéenne qui était esthéticienne dans son pays, un Afghan qui conduisait des poids lourds et travaille aujourd’hui un dizaine d’heures par semaine dans un fast-food. Ou encore, un ingénieur égyptien avec 18 années d’expérience, une enseignante, un menuisier, un jeune Syrien qui a travaillé trois ans en Turquie au début de son exil et espère désormais trouver un emploi dans la vente ou la réparation de téléphones portable.

« On est payé pendant les congés ? »

La formatrice distribue une bande-dessinée toute simple : un personnage propose du travail à un autre, pour cinq euros de l’heure. Ce dernier accepte ; il fait la plonge, sans gants. Reçoit sa première paie, presque rien. Il réclame son dû, et l’employeur lui répond : « Tu n’auras pas plus. Maintenant tu peux partir ». « Cela m’est déjà arrivé », réagit l’homme afghan. Mais il ne savait pas comment se défendre. C’est justement de ce genre d’abus que cet enseignement entend protéger les réfugiés. « Même sans contrat écrit, un accord oral vaut pour contrat en Allemagne. Si vous venez travailler après cet accord oral, il faut que l’employeur vous paie. Et s’il vous licencie, il doit le faire dans les règles », souligne la formatrice. « Qui peut vous aider dans une telle situation ? », demande-t-elle. « Les association d’aides aux migrants, les syndicats, et aussi la police. Même si vous travaillez sans autorisation, il y a des situations où vous pouvez quand même vous adresser à la police. Si le patron vous frappe, ou qu’il a pris votre passeport. Un employeur n’a pas le droit de vous prendre votre passeport. »

Au cours des trois heures, la formatrice explique ce qu’il faut savoir pour se défendre : bien noter le nom de l’entreprise, son adresse, des contacts de collègues qui pourraient témoigner du fait que l’on a bien travaillé sur le site, prendre une photo de soi sur son lieu de travail. Ce que doit contenir un contrat, quel est le salaire minimum, quels sont les droits aux congés, en cas de maladie… « On est payé pendant les congés ? », interroge un homme. « Oui – Et en cas d’accident du travail ? – Oui – En cas de maladie ? – Oui. » Autant de points essentiels à connaître.

(...)

Lire la suite de l'article de Rachel Knaebel paru sur le site de Bastamag!

mardi 28 novembre 2017

Faire la manche : un nouveau travail pour le pôle emploi allemand

En Allemagne, pays modèle selon nos gouvernants, la pauvreté et le chômage sont pourtant bien une réalité. Une réalité qui a frappé Michael et Christa Hansen, un couple d’une cinquantaine d’années au chômage. Ensemble, depuis les réformes Hartz IV, ils ne touchaient que 760 euros par mois, en plus du loyer et du chauffage pris en charge par l’Etat. Alors parfois, Michael Hansen, enfant de l’assistance publique, et sans emploi depuis 2005 avait la prétention de vouloir « se permettre quelque chose de nouveau chez lui » et avec sa chienne Molly, il s’en allait braver le froid et espérer que les passants soient généreux.

Mais Michael ne savait pas qu’il s’exposait alors à l’inhumanité rapide du Jobcenter. Une employée qui l’a reconnu l’a dénoncé. Ainsi pour eux, M. Hansen se tient régulièrement dans la rue pour procéder à « une collecte de dons privée ». L’administration n’a alors pas uniquement valorisé son temps à faire la manche en temps de travail, elle a aussi dévalorisé ses allocations de 300 euros… Le Jobcenter a motivé cette décision par le calcul suivant : à 10 euros en moyenne par journée de manche, trente jours d’activité par mois rapportent environ cette somme.

460 euros. Il fallait continuer de faire la manche non plus pour mettre du beurre, mais pour avoir des épinards…Et ainsi ils ont rencontré une avocate qui s’est insurgée et a fait appel de la décision. Un appel qui ne pouvait que servir à améliorer un peu la somme perçue par le couple car la défense est restée dans ce schéma comptable. Ainsi celle-ci a pu gagner de revoir les sommes à la baisse : faire la manche ou plutôt une collecte de dons privés ne rapporte en moyenne que 6 euros par jour, et seulement vingt jours par mois. Ce qui fait 120 euros, moins 30 euros au titre de l’exonération pour les dons, soit 90 euros.

Mais le jobcenter, ne compte pas se contenter de moyenne et a envoyé une lettre à Michael afin qu’il tienne un journal de son activité, avec le décompte exact de ses revenus ainsi qu’une projection pour les douze prochains mois. Il a également été invité à se rendre au bureau du commerce afin de déterminer si son activité relevait du « travail indépendant ».

(...)

Muriel Radler

Paru sous ce titre sur le site Révolution permanente

mardi 14 novembre 2017

Une personne sur trois ne perçoit pas les aides sociales auxquelles elle a droit

Les aides pour les familles sont les plus méconnues, selon un sondage publié mardi pour Adessadomicile, une fédération d'aide à domicile.

Méconnaissance, complexité administrative ou encore réticence à demander de l'aide... Une personne sur trois ne touche pas les prestations sociales auxquelles elle a droit, notamment celles dédiées aux familles ou à la dépendance, selon un sondage* publié mardi.

Le manque d'information, principal obstacle. Ainsi, 34% des personnes éligibles aux prestations sociales ne bénéficient d'aucune aide, indique cette enquête du cabinet Adjuvance pour Adessadomicile, fédération d'aide à domicile, rendue publique dans le Parisien. Pour une personne sur deux, la principale raison est le manque d'information (49% des réponses), viennent ensuite le recours à d'autres solutions dans l'entourage, pour de la garde d'enfant ou de l'aide à domicile par exemple (23%), la complexité administrative des démarches (16%), un reste à charge trop élevé (16%), la réticence "à ouvrir sa sphère privée" (16%) ou encore la défiance envers les administrations (10%).

44% des personnes âgées éligibles n'y accèdent pas. Les aides pour les familles sont les plus méconnues, selon ce sondage : moins d'une famille sur quatre (37%) connaît les aides qui lui sont dédiées et 50% de celles éligibles aux aides à la parentalité ne les touchent pas. Pour les personnes âgées, 44% des personnes éligibles mais non bénéficiaires de l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA) n'y accèdent pas car "elles en ignorent l'existence", est-il précisé. 13% des personnes âgées interrogées trouvent leurs propres solutions.

Neuf Français sur dix connaissent en revanche les aides concernant le handicap (Allocation adulte handicapé, prestation de compensation du handicap, allocation d'éducation de l'enfant handicapé). Elles sont "les moins difficiles d'accès car elles bénéficient intrinsèquement d'un circuit d'accompagnement et de prescription, du fait de la dimension médicale de la fragilité concernée", estime l'étude. Mais "la question du reste à charge reste un frein important".

Pour pallier à ces chiffres, certaines administrations, comme la CAF, cherchent désormais à identifier les familles passant à côté de leurs prestations.

Europe 1 (AFP)

  • Enquête réalisée sur internet en octobre auprès d'un échantillon national représentatif de 1.577 personnes éligibles et/ou bénéficiaires d'aides, et en face-à-face auprès de 24 personnes (six personnes handicapées, six familles fragilisées, six personnes âgées, et six professionnels de l'aide sociale ou d'associations).

mercredi 13 septembre 2017

Le Portugal reprend des couleurs après deux ans de désobéissance à la Commission européenne

Le Portugal n'a presque plus de déficit budgétaire, bénéficie d'une des meilleures croissances de la zone euro, a fait baisser son chômage et attire les investisseurs. Le petit miracle économique et social portugais s'est réalisé en moins de 2 ans avec une politique pourtant opposée aux demandes de la Commission européenne.

Depuis la crise financière de 2008 et celle des dettes souveraines de 2010, la plupart des pays du sud de l'Europe n'ont pas réussi à sortir la tête de l'eau : les déficits budgétaires sont souvent supérieurs aux critères européens, le chômage y est toujours très élevé, les problèmes sociaux causés par la précarité persistent. Les prêts concédés par le FMI, sous l'égide de la BCE et de la Commission européenne pour aider ces pays à retrouver un peu de vigueur et payer leurs dettes ont été tous accompagnés d'obligations de réductions des déficits, par une baisse des dépenses publiques et des demandes précises, comme le gel des salaires des fonctionnaires, des pensions de retraite, la baisse des prestations sociales.

Ces politiques dites d'austérité ont été doublées de réformes structurelles du marché du travail visant à assouplir les droits des salariés pour améliorer la compétitivité des entreprises. Ces réformes du marché du travail sont elles aussi une demande de Bruxelles. La Grèce, l'Italie ou l'Espagne ont effectué ces politiques d'austérité et ces réformes sans succès concret. Tout comme le Portugal jusqu'en 2015. L'Italie, si elle a baissé ses dépenses et a atteint un déficit inférieur à 3% en 2016, n'arrive pas à faire baisser son chômage qui est supérieur à 11%. En Espagne, le chômage est à 18,7% au premier trimestre 2017, et le déficit public ne colle toujours pas aux critères de Bruxelles : 3,6% en 2016. L'échec des politiques de rigueur budgétaire accompagnés des "assouplissements du marché du travail" ne permettent visiblement pas de faire repartir ces économies.

Le Portugal a démontré depuis 2 ans, qu'une politique — inverse aux politiques austéritaires, et donc basée sur une relance par la demande et l'amélioration des protections sociales — pouvait fonctionner. Ce que le FMI avait déjà confirmé en 2016 en annonçant à propos de la Grèce que "l'austérité ne fonctionnait pas". De là à préconiser une politique sociale de relance en Europe, le pas est un peu grand pour l'institution internationale qui a toujours été favorable au désengagement financier social des Etats et à la privatisation de leurs infracstructures et services.

Lire : Portugal : un redressement économique et social qui prend Bruxelles à contre-pied, sur le site de TV5-Monde

dimanche 11 juin 2017

La lutte pour la généralisation du salaire à vie est la seule réponse à la contre-révolution Rocard-Macron

Sans négliger la question du pouvoir d’achat que le remplacement de la cotisation par la CSG modifie à la marge à la hausse ou à la baisse, l’enjeu est ailleurs : Macron assume, plus délibérément encore que Jospin, la contre-révolution rocardienne. Qu’est-ce à dire ? Il faut revenir à la création de la CSG en 1990. Elle est inséparable des autres mesures du gouvernement Rocard : le RMI, le contrat emploi-solidarité (CES), la loi Évin sur le marché de l‘assurance maladie complémentaire, le Livre blanc sur les retraites. Il s’agit d’en finir avec la dynamique du salaire à la qualification et du régime général de sécurité sociale, deux débuts de généralisation du salaire à vie parce que lié à la personne, et de les remplacer par les deux « piliers de ressources » préconisés par l’Union européenne.

La CSG, le RMI et le CES relèvent du « premier pilier », dit « non contributif » et financé par un impôt de solidarité. La CSG est créée contre le salaire pour les parents, tel que l’avait créé la loi Croizat d’août 1946 sur les allocations familiales : les parents n’ont pas droit au salaire, mais à de la solidarité. Même chose pour le RMI, qui entérine le désastreux accord Unédic de 1984 qui a multiplié les chômeurs non indemnisés en renforçant le lien entre durée de cotisation et durée de prestations : les chômeurs « en fin de droit » (imaginez des malades ou des retraités en fin de droit…) n’ont pas droit au salaire, mais à une allocation de solidarité spécifique ou à un revenu minimum. Même chose pour le CES et les emplois aidés : c’est à la solidarité (pas aux employeurs) de payer des jeunes non reconnus à leur qualification et que depuis 1977 les « mesures jeunes » condamnent au travail gratuit ou payé (le plus souvent par l’impôt) sans aucune référence à la qualification. Dans la foulée de Rocard, les gouvernements successifs vont renforcer ce premier pilier de ressources, à la fois négateur du droit au salaire et fiscalisé :

– Le smic remplace systématiquement le salaire à la qualification pour les premières embauches et de nombreuses carrières ; il est largement fiscalisé avec le RSA-activité et surtout les exonérations Aubry-Fillon de cotisations patronales.

– L’assurance vieillesse et l’assurance maladie sont fiscalisées par la CSG, pour le « fonds de solidarité vieillesse » (FSV) et pour le panier de soins de base.

Le projet de généraliser une indemnisation forfaitaire du chômage sans doute financée par la CSG (avec suppression dans un premier temps de la cotisation salarié) et gérée par l’État s’inscrit dans la même logique de premier pilier et ressemble fort au revenu de base universel que la classe dirigeante vante comme cerise sur le gâteau de la négation du droit au salaire pour les 800 ou 1 000 premiers euros de ressources.

Ce premier pilier est inséparable du second, fait des droits très contributifs et qui trouve ses premières expressions dans la loi Évin de 1989 et le Livre blanc des retraites de 1991. Le modèle est le compte individuel de cotisations-retraite dans l’Arrco-Agirc : le « j’ai cotisé, j’ai droit » s’impose dans la réforme des pensions qui les calcule sur les 25 et non les 10 meilleures années et allonge la durée de la carrière complète. Le projet Macron d’unifier le régime de retraite poursuit cette entreprise : il supprimera le régime général et ne fera reposer les pensions que sur des comptes individuels (sauf un plancher de sécurité financé par la CSG du FSV).

Le panier de soins fiscalisé est complété par des mutuelles ou institutions paritaires qui, depuis l’obligation de tels régimes dans l’ANI de 2013, ont vocation à assurer à l’avenir l’essentiel des prestations de santé, toujours sur la base du « j’ai cotisé, j’ai droit » (il y a aujourd’hui 80 taux de cotisations et quatre menus à la Mutuelle générale de l’Éducation nationale, pour prendre ce seul exemple).

Quant à l’indemnisation du chômage au-delà du forfait de base fiscalisé, elle sera considérablement rendue plus contributive (aujourd’hui déjà le nombre de jours prestés dépend du nombre de jours cotisés) avec sanction des refus d’emploi. Le droit à la formation, déjà lui aussi quantifié dans un compte individuel étroitement lié aux performances du travailleur, se jouera sur un marché des organismes de formation dont la normalisation prévue va accélérer la concentration dans des entreprises à but lucratif.

Les ressources assurées jusqu’ici par le salaire direct à la qualification seront assurées par des alternances de contrats de projet ou de mission et de travail indépendant, comme c’est déjà largement le fait de branches comme le BTP, une situation que Macron entend généraliser à tout l’appareil productif, services publics compris avec mise en cause du salaire à vie des fonctionnaires, remplacé par des contrats de cinq ou six ans.

Le salaire à la qualification, surtout s’il est attaché à la personne et donc à vie, est une révolution. Sur les 50 millions de plus de 18 ans, 17 à 18 ont déjà un salaire à vie : 5,5 millions de fonctionnaires, la moitié la mieux payée des 15 millions de retraités, les 3 à 4 millions de salariés des entreprises à statut et des branches (comme la métallurgie, la chimie, la banque) où les syndicats ont été en mesure d’imposer un droit à carrière. La lutte pour la généralisation du salaire à la qualification à vie pour tous les plus de 18 ans (par exemple dans une fourchette allant de 1 500 à 6 000 euros nets par mois, avec attribution automatique du premier niveau à 18 ans) est la seule réponse à la contre-révolution Rocard-Macron. Oui, le salaire doit devenir un droit de la personne !

Bernard Friot

Paru sous le titre "CSG : Macron et la CFDT continuent la contre-révolution rocardienne" sur Politis

vendredi 30 décembre 2016

Eric Toussaint : "sur la base de l'expérience grecque, il faut la désintégration de l'UE, il faut la désintégration de la zone euro"

En douze minutes, Eric Toussaint donne son point de vue sur ce que la gauche radicale devrait adopter comme orientation face à l’Union européenne suite à l’expérience de la capitulation de Syriza en 2015 en Grèce. Il explique quelles mesures prioritaires un gouvernement de gauche devrait prendre.

Cette intervention a été réalisée lors de la conférence internationale intitulée « France et Europe après Brexit » réalisée à Paris les 2 et 3 décembre 2016 à l’initiative du réseau EReNSEP (voir le programme complet).

On peut voir la vidéo sur le site du CADTM

Transcription (et titre) du Musée de l'Europe

Bon évidemment, il y a crise capitaliste, crise de la gouvernance néolibérale, crise de l'UE, tout cela ce sont des évidences… Le problème principal, pour nous, c'est qu'il y a crise de la gauche radicale. La gauche radicale a peur de son ombre. De son ombre socialiste, marxiste, anti-capitaliste… La gauche radicale alors qu'elle a une ouverture, une fenêtre qui ne s'était pas présentée depuis une soixantaine d'années dans une série de pays européens, cette gauche radicale a peur de dire qu'il faut rompre avec le système, qu'il faut appliquer des mesures clairement anti-capitalistes (…)

Le point que je veux faire, c'est que depuis 2008-2009, je pense qu'il est absolument évident que des secteurs très importants des différents pays européens non seulement rejettent l'UE, le néolibéralisme et l'austérité mais veulent des solutions clairement radicales, et ils peuvent voter pour des solutions radicales à droite ou à gauche. Mais manifestement, on a encore une ouverture pour plusieurs années où l'option de gauche radicale de rupture a véritablement des chances de convaincre. C'est vrai en Europe, et je pense que ça reste vrai en GB vu le succès des propositions de Corbyn. C'était vrai aussi très clairement dans le cadre de la campagne des élections aux EU où les différents sondages indiquaient clairement qu'en cas de bataille entre Sanders et Trump, c’est Sanders qui l'aurait emporté. Parce que nous avons bien vu que c'est la défection du soutien populaire à Clinton qui a permis à Trump de gagner. Si Bernie Sander avait été candidat avec un programme radical socialiste il aurait réduit les abstentions et il aurait pu gagner les élections.

Donc je pense qu'après ce qui s'est passé en Grèce, la gauche radiale doit dire très clairement, l'UE est irréformable, la zone euro est irréformable. Je pense qu'il faut faire l'économie d'essayer de démontrer dans un premier temps qu'on pourrait réformer et montrer la mauvaise volonté de la Commission européenne pour dire ensuite il faut radicaliser. On n'a pas le temps de faire ça. Il faut dire maintenant sur la base de l'expérience grecque, il faut la désintégration de l'UE, il faut la désintégration de la zone euro. Et expliquer bien sûr pourquoi ces institutions ne sont pas réformables. Je pense que la gauche radicale doit dire dans ses propositions, dans sa politique concrète de tous les jours quand elle s'adresse à la population qu'elle se propose d'être portée au gouvernement, qu'elle veut éviter une capitulation comme la capitulation grecque et que dès lors elle s'engage très clairement pendant sa campagne électorale et avant, en cas d'élection, elle s'engage à désobéir à la Commission européenne. Dire très clairement, nous refusons les contraintes budgétaires, nous nous engageons à augmenter les dépenses publiques, nous le disons très clairement. Nous userons du droit à l'auto-défense. Il y a une obligation des gouvernements face aux attaques néolibérales de protéger le peuple par des actes unilatéraux basé sur des arguments du droit international, du droit interne, des principes généraux. Nous nous engageons à appeler à la mobilisation populaire dans le pays pour nous soutenir dans notre affrontement avec les institutions européennes et nous appelons à la mobilisation en Europe. Nous nous engageons à réaliser un audit de la dette avec le maximum de participation citoyenne. Et dans certains cas, ça dépend des circonstances concrètes et des pays concrets , s'engager à suspendre le paiement de la dette immédiatement. Je dis dans certains cas. C'était évident pour la Grèce, il fallait suspendre le paiement de la dette dès février 2015, cela aurait changé radicalement la situation pour la Grèce et pour l'Europe. Il faut s'engager à contrôler les mouvements de capitaux. Il faut s'engager à socialiser les banques et à poursuivre en justice les responsables de la crise. il faut s'engager à créer une monnaie complémentaire et dans certains cas il faut opter clairement pour une sortie de la zone euro d'emblée. Pour cela il faut s'être préparé à ça et avoir préparé l'opinion à cela et obtenir un soutien de celle-ci, ce que Syriza avait refusé de faire, puisque Syriza n'a pas demandé un mandat pour sortir de l'euro et est allé au gouvernement avec un mandat pour y rester avec la formule "pas de sacrifice supplémentaire pour l'euro" mais qui avait même été un peu mise de côté pendant la campagne électorale. Il faut s'engager à des mesures fiscales radicales c’est-à-dire supprimer la TVA sur des produits de base, augmenter évidemment la TVA sur les produits de luxe, un impôt très fort sur la fortune, donc le patrimoine du 1% le plus riche, un impôt progressif sur le revenu et fortement progressif. S'engager à déprivatiser, à renforcer les services publics, à réduite le temps de travail, à abroger les lois anti-sociales et s'engager à convoquer un véritable processus constituant.

Je pense que dans une série de propositions qui ont été faites ici et qui sont solides, l'aspect démocratique est insuffisamment mis en avant. Je pense qu'il faut convaincre de la nécessité dans nos différents pays de refonder profondément la structure du pays et donc d'ouvrir un ample débat sur la constitution avec un véritable processus constituant c’est-à-dire des élections générales à une assemblée constituante souveraine pour élaborer en un temps qu'il faut déterminer avec un calendrier précis une proposition de nouvelle constitution à soumettre ensuite à l'approbation populaire au suffrage universel. Et évidemment pour lancer aussi une dynamique à l'échelle européenne dans ce sens là, s'adresser aux autres peuples européens. Le sens de ce que je viens de dire, c’est clairement que dans le contexte européen il n’y aura pas la possibilité pour un pays comme l’Espagne ou le Portugal et c’était le cas de la Grèce il y a un an… un gouvernement de gauche et un peuple qui a porté au pouvoir un gouvernement de gauche ne peut pas attendre les autres peuples, ne peut pas attendre les autres changements, donc il faut des actes unilatéraux très précis. Et il faut renforcer donc de manière délibérée la crise de ceux d’en haut. Et bien sûr pour moi, c’est dans une démarche anti-capitaliste, c’est-à-dire c’est l’affrontement avec la Commission européenne évidemment, mais c’est aussi l’affrontement avec son grand capital. avec le grand capital dans son pays et chercher évidemment l’alliance avec non seulement la classe ouvrière mais les secteurs qui vivent de l’agriculture, les PME, le petit commerce, toute une série de secteurs qui composent le peuple. Dans chacune de nos circonstances concrètes il faut faire ce qu’avait dit Fidel Castro dans son discours de Moncada « l’histoire m’absoudra «  quand il a dit « Qu’est ce que le peuple de Cuba ? » Et il cite au moins une dizaine ou une quinzaine de composantes pour que tous les secteurs du peuple se retrouvent dans ce que c’est le peuple et non pas une référence incantatoire à la classe ouvrière qui est juste hors de propos aujourd’hui. Il faut un discours rassembleur sur un véritable bloc populaire.

Pensons juste à ce que ça aurait donné si Varoufakis au lieu de signer l’accord du 20 février avec l’eurogroupe en 2015 avait annoncé la suspension de paiement, l’audit de la dette, la transformation des participations de l’Etat grec dans les banques grecques en actions ordinaires pour socialiser les banques, le lancement d’une monnaie complémentaire, des mesures fortes sur le plan des impôts y compris une annulation des dettes des 2,5 millions de ménages et de petites entreprises qui ont une dette à l’égard de l’Etat grec de moins de 3500 EUR, pour certains c’est 500 EUR de dettes qui les mettent dans l’illégalité, des mesures fortes qui auraient créé un soutien populaire en Grèce pour affronter l’Europe… bien sûr la monnaie complémentaire. et cela aurait amené effectivement à la sortie de l’euro, bien sûr, qu’il aurait fallu préparer au cours de cette confrontation pendant plusieurs mois. Et si Varoufakis avait annoncé cela en demandant à Bruxelles à ce qu’on l’écoute sur la place publique et à ce qu’il y ait des mobilisations populaires et que le gouvernement grec s’exprime sur la place publique devant le peuple, on aurait eu 10 000, 20 000 ou 30 000 personnes à Bruxelles pour l’écouter et on aurait lancé une dynamique sur le plan européen. Il faudrait donc, et je termine, qu’en cas de victoire (…) on connaisse ce type de confrontation avec l’appel à des mobilisations populaires en Europe et des actes unilatéraux.

Lire aussi :

Pour la prise de pouvoir par le peuple : Dix propositions afin de ne pas reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce

samedi 3 décembre 2016

Arriver au gouvernement, ce n’est pas détenir le pouvoir

Alors qu’en France, la campagne présidentielle va prendre le dessus dans les débats, il est important de réfléchir sur le rapport qu’il y a entre le gouvernement et le pouvoir réel, en particulier quand il s’agit d’une force de gauche qui accède au gouvernement. L’article ci-dessous a été écrit quelques jours après la constitution du gouvernement d’Alexis Tsipras et avant que soit perceptible pour une grande partie de la gauche que la voie qu’il empruntait allait le conduire à la capitulation. Eric Toussaint analyse de manière synthétique les expériences des gouvernements de gauche en Amérique latine en particulier dans les années 2000 au Venezuela, en Bolivie et en Equateur. L’article publié sur le site du CADTM le 11 février 2015 (le gouvernement Tsipras a été constitué le 27 janvier 2015) se terminait en soulignant qu’il est nécessaire de désobéir au créanciers et prendre des mesures radicales dès le début. Il précisait qu’il fallait refuser de payer une partie substantielle de la dette, qu’il fallait arrêter les privatisations et rétablir pleinement les droits sociaux qui ont été affectés par les politiques d’austérité. Il ajoutait qu’il fallait « socialiser le secteur bancaire (c’est-à-dire exproprier les actionnaires privés et transformer les banques en service public sous contrôle citoyen). » L’article précisait que « Cette combinaison de mesures est vitale car, du côté des créanciers, on entend déjà s’élever les voix de ceux et celles qui proposent de réduire le poids de la dette de la Grèce en échange de la poursuite de politiques de réformes (entendez de contre-réformes, de privatisations, de précarisation des contrats de travail et des droits sociaux...). » Cette dernière phrase correspond exactement avec la situation présente : le gouvernement de Syriza, après avoir capitulé en juillet 2015, a poursuivi l’agenda des politiques néolibérales et annonce qu’un jour avec l’aide des créanciers la dette sera allégée. Le texte d’Eric Toussaint prend également du sens en lien avec la possibilité que Podemos et Izquierda Unida accèdent en Espagne dans les 3 ou 4 prochaines années au gouvernement. Enfin, pour revenir à la campagne électorale en France (la présidentielle de mai 2017 et les législatives qui suivront), l’orientation de l’article peut contribuer aux débats difficiles auxquels les différentes forces de gauche radicale sont confrontées dans un contexte préoccupant. Bien sûr, comme l’article le souligne d’emblée, les luttes sociales constituent un élément déterminant du rapport de force ainsi que les rapports entre ces luttes et la politique gouvernementale.

Lire l'article d'Eric Toussaint sur le site du CADTM

dimanche 20 novembre 2016

Réponse à l'analyse de Varoufakis sur le bilan du premier gouvernement Syriza

Alexis Cukier, membre d’Ensemble ! et du réseau ERENSEP (European Research Network on Social and Economic Policies) et Patrick Saurin, un des porte paroles du syndicat Sud Solidaires BPCE, et membre de la Commission pour la Vérité sur la Dette grecque répondent à Yanis Varoufakis sur l’accord du 20 février 2015 et les alternatives à l’austérité en Europe. Cher Yanis Varoufakis,

Suite à votre article, « La Gauche Européenne après le Brexit », paru le 5 septembre dernier sur Mediapart, nous avons souhaité engager une discussion avec vous en publiant à notre tour sur ce même média un article intitulé, « Désobéir à l’Union européenne : nous sommes d’accord avec vous Yanis Varoufakis », dans lequel nous vous posions un certain nombre de questions. Vous avez accepté de poursuivre ces échanges, ce dont nous vous remercions, en publiant toujours sur Mediapart un nouvel article, « Pourquoi j’ai signé l’accord du 20 février 2015 avec l’Eurogroup ? Quelle est la stratégie de Diem25 pour démocratiser l’Europe » en réponse aux questions que nous vous avions adressées.

Votre analyse appelle de notre part de nouveaux développements car nous pensons que cette discussion au sujet du bilan de premier gouvernement Syriza – dont vous avez été le ministre des finances jusqu’au 6 juillet 2015 – et particulièrement de la séquence qui a conduit de l’élection à la capitulation du 13 juillet, est d’une importance cruciale pour la mise en oeuvre d’une politique alternative au néolibéralisme, et la sortie des peuples européens de la cage de fer de l’austérité.

C’est pourquoi nous répondons à notre tour à votre réponse et vous invitons à poursuivre ce débat autour de deux questions qui nous semblent essentielles : l’accord du 20 février 2015 et les alternatives possibles à cette époque pour le gouvernement.

Lire la suite...

samedi 20 août 2016

Du vent dans la thune

duventdanslathune.PNG Cliquer sur l'image pour visualiser le reportage

Sur la liquidation de la pêche artisanale décidée par l'UE avec la complicité des États, lire aussi : Repêcher... l'Union Européenne

Un quart des agriculteurs a touché moins de 10.000 euros en 2015

Les producteurs laitiers perdent de 60 euros à 100 euros pour 1000 litres

Les éleveurs bovins perdent autour de 300 euros pour une bête de 400 kg

Près d'un tiers d'entre eux pourraient disparaître dès cet automne, prévient Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération Nationale Bovine (FNB)

Pour un céréalier, la perte est de 60.000 à 70.000 euros pour une exploitation de 120 hectares

Un quart des agriculteurs a touché moins de 10.000 euros en 2015. Par ailleurs, les dettes des agriculteurs augmentent. L'endettement moyen est ainsi passé de 50.000 euros en 1980 à 171.600 euros en 2012, selon Agreste.

En 15 ans, la moitié des exploitations a disparu, 20.000 à 25.000 éleveurs étaient au bord du dépôt de bilan en 2015 et ce nombre ne cesse de croitre. Le nombre de suicides dans le secteur est également en forte hausse.

Source : Le Figaro

samedi 9 juillet 2016

le golf de Chailly-sur-Armançon pris pour cible

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Le golf et le travail font-ils bon ménage ? C’est la question que l’on peut se poser suite aux gestes de colère que les jardiniers du château de Chailly-sur-Armaçon ont découvert ce vendredi matin alors que le MEDEF Côte-d’Or avait prévu d’organiser une compétition pour ses adhérents.

« Les greens ont été saccagés. Plusieurs trous sont bétonnés et les poteaux ont été jetés ci ou là », raconte Julien Narcisse directeur du golf. Devant un point d’eau, une banderole annonce ‘’Fini de jouer’’ et une autre : ‘’200 € = un golf ou un mois de galère’’. Au total, seulement six trous sur dix-huit sont restés intacts. « Nous n’avons jamais été confrontés à un tel débordement de violence », regrette Claudine Babonnet, directrice du château-golf. « Mes équipes vont tout faire pour que the show must go, que la compétition continue ».

La Gendarmerie nationale et Jean-Michel Pluvinage, secrétaire général du Medef 21, se sont rendus sur place.

X. Dumesnil, Le Bien Public, 09/07/2016

vendredi 8 juillet 2016

DECLARATION COMMUNE du 8 Juillet 2016 CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL

Les organisations syndicales de salarié-es et de jeunesse (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) ont pris acte et dénoncent la nouvelle utilisation du 49-3, véritable déni de démocratie, pour faire passer le projet de loi travail.

C'est bien la preuve, si celle-ci était nécessaire, que ce texte de régression sociale reste minoritaire.

Soutenues par une large majorité de la population, elles réaffirment leur opposition à ce projet et la nécessité de nouveaux droits pour les salarié-es, privé-es d'emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es.

Ce sont encore plus d'un million qui ont participé à la votation citoyenne et signifié leur rejet de ce projet.

Les nombreux rassemblements et manifestations de ces derniers jours, notamment le 5 juillet, ont réuni plusieurs dizaines de milliers de participant- es.

Les organisations syndicales et de jeunesse dénoncent les conditions contraignantes de manifestations qui ont empêché certain-es d'y participer.

Elles réaffirment que la liberté de manifester doit rester un droit.

Les mobilisations initiées depuis quatre mois n'ont pas été entendues par ce gouvernement.

Qu'à cela ne tienne !

La détermination, malgré le passage en force à l'assemblée nationale, reste intacte et toute la période estivale sera l'occasion de la rappeler.

Nombre d'initiatives locales, sur tout le territoire, sont déjà prévues et organisées de manière unitaire.

Les organisations syndicales et de jeunesse invitent l'ensemble des salarié-es, privé-es d'emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es à adresser une carte postale au président de la République pour lui assurer qu'ils seront toujours mobilisés à la rentrée !

Les organisations (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) donnent rendez vous à l'ensemble des salarié-es, privé-es d'emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es pour une journée d'actions et d'initiatives le 15 septembre pour obtenir l'abrogation de la loi Travail et conquérir de nouvelles garanties et protections collectives.

Elles se retrouveront pour faire le point le 31 août.

Paris, le 8 juillet 2016

Un non de classe

Le peuple anglais l’a montré et au premier chef la classe ouvrière, isolée, de Grande Bretagne, lors du référendum, avec son formidable non à l’union européenne face aux pressions de toutes sortes exercées par la caste des eurodictateurs. Ce non n’était pas de gauche, mais il n’était certainement pas d’extrême-droite. Malgré les tentatives de récupération de l’extrême-droite. C’était clairement un non de classe. C’était le non des milliers de mineurs chômeurs et de leurs familles, que Thatcher a jeté à la rue au nom de l’intégration européenne.

Tous les sondages indépendants en Europe montrent ce changement d’opinion des gens. Malgré la sale campagne des médias, les peuples ne sont pas disposés à sacrifier leurs droits et leurs acquis sur l’autel de l’union européenne. C’est là que la gauche se doit d’intervenir avec un discours de classe clair.

(...)

La France a toujours été l’atelier de la politique sociale de l’Europe.

Actuellement la classe ouvrière française se trouve en première ligne du combat pour empêcher l’adoption en France des injonctions mémorandaires, anti ouvrières et antidémocratiques.

Depuis quatre mois se déroulent grèves et mobilisations contre une loi que désapprouve, dans une proportion écrasante, une majorité des citoyens.

Face à eux, une majorité pitoyable. Un gouvernement de représentants aux ordres du capital allemands et français qui s’efforcent de prendre la société en otage à coup de décrets. Comme ils ne sont pas parvenus à calomnier ni à épuiser la résistance des syndicats avec les chaines télévisées et leurs informations trafiquées, ils adoptent la violence pour réponse : répression des manifestations, menaces d’interdiction, un état policier qui, en collaboration avec les médias, exerce une contrainte intolérable sur la justice, qui procède à des emprisonnements de syndicalistes avec des peines pour l’exemple.

La bête blessée lorsqu’elle est acculée dans un coin devient de plus en plus agressive.

(...)

Étant donné qu’à l’intérieur de l’UE il est impossible en pratique d’appliquer l’ensemble de notre programme de transition, il faut un référendum explicite contre le maintien dans une UE qui exclut toute perspective d’un changement progressiste

Parmi les tâches des organisations membres de LAE à l’étranger figure la poursuite d’un enrichissement réciproque grâce aux combats de tous les autres peuples européens. Dans la conjoncture politique actuelle, la victoire du mouvement ouvrier français qui se profile à l’horizon constituera un levier incitatif pour le peuple grec. « Il suffit à un peuple de décider qu’il n’est pas esclave pour qu’il soit déjà libre » disait Etienne de la Boétie. A nous de passer maintenant à la contre-attaque, pour une classe ouvrière souveraine dans une Grèce souveraine. Pour l’Europe des peuples libres, souverains et coopérant entre eux.

Extraits du Discours de Vangelis Goulas pendant la conférence fondatrice d’Unité Populaire en Grèce, à lire en intégralité sur le site d'Unité Populaire, France.

ΟΧΙ ΓΙΑ ΠΑΝΤΑ / NON POUR TOUJOURS

oxi-grecemauve.gif illus. Nouvelles collections du Musée de l'Europe

Un an.

Un an déjà que nous avons dit « non » massivement, par-delà nos différences, lors d’un référendum qui n’était pas une élection ni un plébiscite, mais une occasion d’exprimer ce que nous avions sur le cœur : un immense ras-le-bol et un profond désir de rupture.

Dans la chaleur du début de l’été 2015, nous luttions chacun à notre façon, avec des utopies différentes en ligne de mire, mais avec un même mot à la bouche, un mot en trois lettres, un mot qui résumait tout : OXI.

NON. Quelles que soient nos idées sur le monde à venir, nous voulions marquer tout ensemble d’une pierre noire notre refus de celui-là. A défaut d’être d’accord sur le capitalisme, l’état ou la démocratie, nous chantions à l’unisson notre refus du libéralisme, de l’austérité et de la « debtocratie » dévastatrice.

Lire l'article de Yannis Youlountas paru sous ce titre sur le site du CADTM, accompagné de "vidéos, photos, souvenirs".

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