Musée de l'Europe et de l'Afrique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 27 mai 2016

Réponse de Cécile Duflot à l'adresse aux Députés ayant signé une motion de censure de gauche mais refusé de voter la motion de censure de droite

Lire l'adresse aux parlementaires

La réponse de la Députée est publiée à la suite de notre réponse à la réponse

duflot.png

Mme Cécile Duflot, députée de la 6ème circonscription de Paris

Madame,

nous ne commenterons pas votre confusion entre l'Assemblée Nationale, qui est chargée de contrôler un gouvernement qui viole les biens les plus précieux de la population, avec un comité d'"éthique" : il est exact que c'est très exactement le projet de ce gouvernement, réduire votre Assemblée à une autorité morale consultative ou une chambre d'enregistrement, ce qui fut le funeste destin du Parlement grec (avec la complicité criminelle du Parlement français), pris comme un exemple par Manuel Valls sur RMC le 26 mai dernier.

Nous nous en tiendrons à l'incohérence logique que recèle votre analyse et révèlerait un défaut de la pensée, si la thèse de l'opportunisme serti d'"éthique" (et sachez que l'auteur de ces lignes est un anticlérical conséquent, c'est à dire qui sait reconnaître la "Sainte hypocrisie") n'était pas la plus probable.

Vous écrivez en effet : 1) "Encore fallait-il réunir 288 voix pour adopter la censure et faire tomber ce projet de loi, ce qui apparaissait peu probable" (au passage, il s'agit de faire tomber le gouvernement dans le cadre d'une motion de censure, et non le "projet de loi", mais comme il est évident que vous vous refusez à la première option, ce lapsus n'en est évidemment pas un). 2) "je ne pouvais me résoudre à soutenir la motion de la droite tant que demeure l'espoir et la possibilité de déposer une motion des écologistes et des gauches à l'occasion de la deuxième lecture."

Outre que prendre le risque de reculer la chute du gouvernement en juillet, pendant les vacances et après des mois de luttes desquelles le gouvernement joue l'épuisement, c'est prendre le risque de perdre (mais nous avons bien compris que vos "convictions" ne vont pas jusqu'à faire ce qu'il faut pour gagner), vous conviendrez que si les Députés de droite adoptent votre "éthique", ils ne voteront pas la motion de censure "de gauche", qui de toutes façons n'a aucune chance d'être adoptée par la majorité de 2012. Toute motion de censure sera de toutes façons votée par une majorité de droite, ce qui risque de vous poser des problèmes d'"éthique".

Après tout, ne s'agit-il pas de faire tomber le gouvernement le plus à l'extrême-droite depuis 1944 ? Et donc d'un règlement de comptes entre deux droites, également en état de fascisation avancée.

Vous avez perdu une bonne occasion de vous ranger derrière la majorité de ce pays, qui se contre-fiche de votre "éthique" et de vos "convictions" ainsi que de votre souci de respecter, en bon soldat, l'agenda d'un Parlement proche de la mort clinique (et avec lui le parlementarisme, mais sans doute comme votre ancienne camarade Cosse, pensez-vous qu'il faut "plus d'Europe" et donc moins d'"État" en attendant plus d’État du tout comme en Grèce.)

Vous avez raté l'occasion de rétablir a minima l'illusion de souveraineté déléguée au Parlement et en tous cas le Parlement lui-même.

Il est donc évident que : vous ne nous représentez pas.

Très cordialement,

Pour Le Musée de l'Europe & de l'Afrique

Le Concierge


En réponse à

Bonjour,

J'ai tardé à vous répondre et j'en suis désolée mais compte tenu du grand nombre de mails reçus et vu l'importance du sujet, j'ai tenu à répondre à chacun-e d'entre vous.

Mon opposition à la loi travail est totale depuis l'origine du projet gouvernemental, annoncé sans la moindre concertation préalable et pour lequel la menace du recours à l'article 49 alinéa 3 était déjà évoquée.

J'y suis resté opposée après concertation et modifications dès lors que le projet demeurait inacceptable, notamment du fait de l'inversion de la hiérarchie des normes ouvrant à toutes les dérives au sein de chaque branche professionnelle.

C'est ensuite encore davantage la méthode qui rencontre mon intangible opposition. Attachée aux valeurs de la gauche et aux vertus de la délibération politique et parlementaire, je ne peux tolérer qu'on ignore le peuple, la rue et une pétition historique ayant recueilli plus de 1,3 millions de signatures comme je ne peux d'avantage tolérer une méthode éliminant tout débat parlementaire et toute possibilité d’amender ce texte à l'Assemblée.

L'utilisation, par un gouvernement issu de la gauche, de l'article 49.3 de la Constitution, sur un texte portant réforme du Code du Travail, est un acte politique d'une extrême gravité.

Vous devez savoir que j'ai fait tout mon possible pour que soit déposée une motion de censure de gauche, réunissant des députés socialistes, écologistes, membres du front de gauche ou non inscrits, afin d'incarner ensemble le refus du projet de loi travail mais aussi du recours au 49.3. Si celle-ci a échouée, elle a tout de même recueillie – dans le délai imparti de 24 heures – 56 signatures, soit deux de moins que le nécessaire imposé par la Constitution.

Nombreux-ses sont celles et ceux qui m'ont sollicité, me demandant de voter la motion de censure déposée par la droite. Cela ne m'est pas apparu envisageable et ce d'abord pour des raisons d'éthique.

Il n'était pas envisageable de voter une motion de censure de droite prétendant que ce projet de loi a été dénaturé "suite à la pression d'organisations syndicales plus ou moins représentatives" et dont "la quasi-totalité des mesures positives ont été abandonnées" alors qu'ils s'agissait de mesures que nous avons, avec vous, farouchement combattues.

Il n'était pas envisageable de voter cette motion de censure dès lors qu'elle n'est pas un simple texte visant à censurer le gouvernement, mais aussi un texte d'orientation motivé, justifiant la censure par des considérations à l'opposé de celles qui sont les miennes.

Il n'était pas envisageable de voter un texte réclamant un projet de loi plus libéral, réclamant notamment l'assouplissement des licenciements économiques et taxant celui que nous combattons de ne pas aller assez loin.

Encore fallait-il réunir 288 voix pour adopter la censure et faire tomber ce projet de loi, ce qui apparaissait peu probable.

Surtout, je ne pouvais me résoudre à soutenir la motion de la droite tant que demeure l'espoir et la possibilité de déposer une motion des écologistes et des gauches à l'occasion de la deuxième lecture. Compte tenu de la fermeté du gouvernement sur ce texte et de la coloration politique du Sénat, il ne fait aucun doute que la seconde lecture à l'Assemblée nationale sera l'occasion d'une nouvelle motion de censure.

Le combat n'est pas fini. Soyez assuré que mes convictions continueront de guider mes choix et mes votes.

Bien à vous,

Cécile Duflot Députée de Paris

samedi 21 mai 2016

Nouvelles réponses à l'Adresse aux Parlementaires ayant signé une motion de gauche

Lire l'adresse aux parlementaires

Par ordre d'apparition

Les réponses des députés sont précédées de nos réponses aux réponses

Mme Danielle Auroi

Puy-de-Dôme (3e circonscription) - EELV désormais non-inscrite suite à l'explosion de son groupe parlementaire

N'a pas voté la motion de censure

Auroi.png

Chère Madame,

nous vous remercions de votre réponse.

Vous écrivez : "Le texte de la motion de censure présenté par le groupe Les Républicains est en totale contradiction avec les valeurs écologistes et humanistes que j’ai toujours portées à travers mon action parlementaire et citoyenne. Il préconise entre autres plus de flexibilité pour les entreprises, une plus grande facilité de licenciement et la réduction des dépenses publiques.

C’est pourquoi je n’ai pas pu me résoudre à voter ce texte."

Nous sommes au regret de vous informer qu'il s'agit là d'un grossier sophisme. Faire chuter le gouvernement Valls-Macron, le plus à l'extrême-droite depuis 1944, est une nécessité historique. Le préambule de la motion n'a pas plus de valeur législative qu'une profession de foi du candidat Hollande.

Nous ne comprenons pas, par ailleurs, ce que vous entendez par "action parlementaire et citoyenne". Dans un régime parlementaire qui fonctionne, l'action parlementaire consiste à contrôler un gouvernement qui n'a pas de mandat pour violer les droits les plus sacrés de la population.

Il s'agit tout simplement d'équilibre des pouvoirs.

En refusant de faire tomber le gouvernement, vous permettez l'adoption de la loi El-Khomri et trahissez votre mandat, au même titre que le Président de la République.

Une motion de censure devrait à nouveau être déposée lorsque le texte reviendra à l'Assemblée nationale.

Quelle soit de droite ou de gauche, si vous ne la votiez pas, notre association militera activement pour s'opposer à tout nouveau mandat que vous réclameriez à l'avenir aux électeurs.

Très cordialement,

pour le Musée de l'Europe & de l'Afrique

En réponse à

Madame, Monsieur,

Dernièrement, vous avez été nombreuses et nombreux à m’interpeller sur l’initiative du Premier Ministre d’utiliser le recours à l’article 49.3 de la constitution pour faire adopter le projet de loi travail en première lecture à l’Assemblée nationale.

Je partage vos préoccupations sur ce texte de loi régressif, rejeté par 71% des Françaises et des Français, qui n’institue pas de nouvelles protections pour les actifs, mais seulement plus de libertés pour les entreprises.

Je partage également votre indignation quant au passage en force du Gouvernement dédaignant ainsi le débat démocratique et le travail parlementaire.

Notre pays et sa représentation nationale méritaient un vrai débat sur cette réforme : nous écologistes avons d’ailleurs fait le choix par voie d’amendements de proposer un autre code du travail du XXIème siècle.

Comme vous le savez, nous avons également fait tout notre possible pour que soit déposée une motion de censure écologiste et des gauches pour une alternative progressiste. Malheureusement, nous n’avons pas réussi à réunir le nombre suffisant des 58 signatures dans le délai imparti afin qu’elle puisse être déposée.

Le texte de la motion de censure présenté par le groupe Les Républicains est en totale contradiction avec les valeurs écologistes et humanistes que j’ai toujours portées à travers mon action parlementaire et citoyenne. Il préconise entre autres plus de flexibilité pour les entreprises, une plus grande facilité de licenciement et la réduction des dépenses publiques.

C’est pourquoi je n’ai pas pu me résoudre à voter ce texte.

Mais je reste plus que jamais mobilisée pour le retrait de la loi travail.

Le combat n’est pas perdu. En initiant un projet de motion de censure de gauche, nous avons posé collectivement les bases d’une véritable refondation de la gauche et des écologistes, porteuse d’espoir. Une alternative progressiste crédible est en marche.

Je m’engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir afin de réunir les signatures nécessaires pour déposer une nouvelle motion de censure écologiste et de gauche en seconde lecture.

Je vous invite à retrouver le texte de cette proposition de motion dans le communiqué de presse du groupe écologiste du 11 mai dernier sur mon blog : http://danielleauroi.fr/?p=11051

Nous avons par ailleurs déposé avec certains de mes collègues et à l’initiative d’Isabelle Attard, députée écologiste du Calvados, une proposition de loi élaborée par le groupe d’universitaires GR-Pact (Groupe de recherche pour un autre Code du travail), visant à protéger et équilibrer le temps de travail que vous pouvez consulter ici : http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/propositions/pion3700.pdf.

En vous remerciant de votre implication et de votre mobilisation citoyenne, je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, mes cordiales salutations.

Danielle Auroi

Députée du Puy-de-Dôme

Présidente de la commission des Affaires européennes

http://danielleauroi.fr/


M. Pouria Amirshahi

Député des Français de l’étranger (Maghreb/Afrique de l’Ouest). Démissionnaire du Parti socilaiste

A voté la motion de censure (contrairement à ce que nous avions indiqué par erreur)

Pouria_Amirshahi.jpg

Cher Monsieur,

Nous vous remercions de votre réponse et de votre vote de censure du gouvernement Valls-Macron.

Nous avions publié une analyse du scrutin et indiqué par erreur que vous ne l'aviez pas votée. Cette erreur a été corrigée et très clairement signalée.

Nous vous présentons toutes nos excuses.

Très cordialement,

pour le Musée de l'Europe & de l'Afrique

le Concierge

En réponse à

Bonjour,

Je vous remercie vivement pour votre message dont j’accuse bonne réception.

Je reste en effet fermement opposé à ce projet de loi qui constitue une régression majeure. En inversant la hiérarchie des normes et en s’attaquant au principe de faveur, le texte détricote notre droit du travail au profit de toujours plus de précarité, d’incertitudes et d’insécurité pour les salariés.

Pour ces raisons, j’ai donc contribué à initier le dépôt d’une motion de censure des gauches et des écologistes contre le projet de loi travail, à la suite de la décision du gouvernement d’user de l’article 49-3. Celle-ci n’a malheureusement pas recueilli suffisamment de signatures pour pouvoir être déposée. J’ai malgré tout voté la censure qui avait été déposée car c’est le seul moyen d’empêcher l’adoption d’un texte néfaste.

Vous trouverez pour information sur mon site Internet ma tribune « L’évidente censure » publiée dans Le Monde, du mercredi 11 mai 2016 suite à la décision du gouvernement d’user de l’article 49-3 pour le projet de loi Travail : http://www.pouriaamirshahi.fr/2016/05/12/levidente-censure/.

J’en profite pour partager avec vous ces quelques articles qui pourront vous intéresser :

- mes interventions sur le projet de loi travail, avant que l’examen du texte ne soit interrompu par le 49-3 : http://www.pouriaamirshahi.fr/2016/05/04/oui-le-travail-est-une-question-autant-sociale-que-democratique/ et www.pouriaamirshahi.fr/2016/05/10/loi-travail-debut-des-debats-en-seance/.

- l’ensemble des amendements que j’ai déposés sur ce projet de loi : http://www.pouriaamirshahi.fr/2016/04/29/examen-par-lassemblee-nationale-du-projet-de-loi-travail/.

Bien cordialement.

Pouria Amirshahi

Député des Français de l’étranger (Maghreb/Afrique de l’Ouest) +33 1 40 63 06 09-59 pamirshahi@assemblee-nationale.fr www.pouriaamirshahi.fr

jeudi 19 mai 2016

Le toit du musée européen de Schengen s'effondre

toitSchengen.jpg

RTBF avec Belga, Publié le mercredi 11 mai 2016 à 19h28

Le plafond du Musée européen de la petite ville luxembourgeoise de Schengen, haut-lieu de l'intégration de l'UE, vient de s'effondrer soudainement, comme une allégorie, diront certains, de la grave crise de la construction européenne.

Schengen1.PNG Collections du Musée de l'Europe, n°inventaire SYM20160519-1; don de Gwenaël Breës Visitez aussi les anciennes collections du Musée

C'est au moment de la fermeture, mardi, peu après 18H00, que le plafond du musée s'est affaissé sur un tiers de sa superficie, sans faire de blessés parmi les deux visiteurs et l'employé se trouvant encore à l'intérieur.

"C'est le signe qu'il faudra faire des travaux", a prosaïquement dit à l'AFP Ben Homan, le bourgmestre de Schengen, dont le nom est associé depuis 30 ans à la libre-circulation des biens, services et personnes, l'un des acquis les plus concrets de la construction européenne.

Schengen2.PNG Collections du Musée de l'Europe, n°inventaire SYM20160519-2; don de Gwenaël Breës Visitez aussi les anciennes collections du Musée__

S'il refuse d'y voir un "symbole" de la grave crise migratoire qui fracture l'Europe, Ben Homan a toutefois exhorté l'Union européenne à "tout faire pour que cet espace soit préservé".

Contrôles rétablis aux frontières

C'est à Schengen, village planté de vignes en bordure de la Moselle, que cinq États membres de l'UE (l'Allemagne, la France, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg) "ont signé le 14 juin 1985 sur le bateau 'Princesse Marie-Astrid' un accord prévoyant la suppression des contrôles des personnes à leurs frontières intérieures", rappelle le musée sur son site.

L'accord, aujourd'hui adopté par 22 pays de l'UE mais aussi l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse, est entré en vigueur en 1995. Mais, débordés par l'afflux de réfugiés, l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Suède et la Norvège ont rétabli l'an dernier des contrôles à leurs frontières.

Roger Weber, le président de l'association qui gère le musée, espère "pouvoir rouvrir dans 15 jours".

Le musée retrace l'évolution des frontières de l'Europe de 1815 à nos jours avec des cartes interactives, rappelle l'activité des contrebandiers, expose des képis de douaniers et propose à ses visiteurs de fabriquer, dans une machine, un passeport.

mercredi 18 mai 2016

Corporatisme ou Représentation nationale ?

Le Parti EELV est le successeur structural des radicaux de la IVème République apportant des Députés complémentaires aux gouvernements de droite comme de gauche, élus d'ailleurs à la discrétion des partis dominants (puisque ne représentant rien dans les urnes). Mme Emmanuelle Cosse est ainsi entrée dans un gouvernement de droite extrême, celui de Valls et Macron, tandis que Mme Duflot ne participe qu'à des gouvernements plus à gauche. C'est le parti des opportunistes, dont les membres sont tout à leurs luttes de pouvoir entre-eux, véritable plaie. Et c'est grâce à ce parti notamment que la loi El-Khomri risque bien d'être adoptée, Mme Duflot se refusant à voter une motion de censure déposée par la droite, seul moyen institutionnel d'empêcher l'immolation des droits des travailleurs et plus encore des travailleuses. Le Musée de l'Europe & de l'Afrique appelle à mettre toute la pression populaire sur les Députés ayant signé une motion de censure de gauche mais refusant de voter la motion de censure de droite et donc de faire tomber un gouvernement honni.

Ils ne ne nous représentent pas !

Le Concierge & la Commission des Châtiments Corporels

VU dans Mediapart

DuflotVu.PNG

PAS VU dans Mediapart

DuflotPasVu.gif

Lire notre lettre ouverte à Madame la Députée Cécile Duflot

vendredi 13 mai 2016

Premières réponses à "l'adresse aux parlementaires signataires de la motion de censure de gauche"

Lire l'adresse aux parlementaires

Avertissement : les Réponses des Député(e)s sont précédées le cas échéant de nos commentaires en réponse (note du Concierge)

Par ordre d'entrée en scène :

Monsieur Alain Bocquet (PCF)

Nord - 20e circonscription - a voté la censure du gouvernement

Bocquet.JPG

ReponseBocquet.PNG

Lire Reponse_de_Monsieur_BOCQUET_sur_le_projet_de_loi_Travail.pdfsa lettre en pièce jointe

M. Mathieu Hanotin

Député de Seine-Saint-Denis, Conseiller départemental, Parti Socialiste

Hanotin.jpg

N'a pas voté la motion de censure pour sauver ses mandants. Rude sacrifice que le Musée n'a pas apprécié à sa juste valeur

Monsieur,

c'est par erreur que nous vous avons gratifié d'une distinction que vous ne méritiez guère :

En effet, votre email (ci-dessous. NDE) nous avait "enduit" d'erreur, car il supposait que vous aviez voté la motion de censure, pour des raisons de pure logique. Mais, en bon sophiste, celle-ci ne vous étouffe pas. Par contre vous nous étouffez !

Entre-temps nous avons pris connaissance du prospectus que vous nous avez adressé précisant (si j'ose dire) :

"J’ai fait le choix de ne pas voter pour la motion de censure de la droite. En effet, alors que je suis en désaccord avec les régressions pour les salariés inscrites dans la loi travail, la motion de censure de la droite (cliquez ici pour la lire) demande encore plus de dérégulations et encore moins de droits inscrits dans la loi pour les salariés. Je ne peux pas voter pour un texte qui est à l’opposé de mes convictions et aider la droite à reprendre le pouvoir et mener une politique antisociale."

Quel blagueur faisant de son corps parlementaire le rempart contre la régression sociale ! Petit canaillou !

Un tel demi-cervelet ne mérite évidemment pas d'être un de nos représentants à l'Assemblée Nationale, puisqu'il est prêt à sacrifier les intérêts vitaux de la population à ses intérêts microcosmiques !

Tss, Tss, grand fou que vous êtes ! On tolère cela jusqu'à 5 ans dans le bac à sable de la cour de récréation qu'est manifestement l'Assemblée Nationale, avec toutes les histoires de touche-pipi tellement touchantes !

Le Musée de l'Europe & de l'Afrique, qui aime bien jouer, mais se doit quand même de veiller aux conditions minimales de survie de la population de ce pays (oui vous avez raison, quelle immaturité !) est au regret de vous informer, que par décret n° 2016/13/05-48, il militera activement pour vous empêcher d'obtenir tout mandat que dans votre infantile inconscience vous oseriez solliciter à l'avenir.

Vous ne nous représentez pas.

Absence totale de salutation

Pour le Musée de l'Europe & de l'Afrique

Le Concierge

En réponse à

Le 2016-⁠05-⁠12 13:21, Mathieu Hanotin a écrit :

Madame, Monsieur,

Opposé à la loi travail, j'ai signé la motion de censure des gauches et des écologistes. Retrouvez les raisons de mon choix et le texte et les 56 signataires de la motion de censure à laquelle il a manqué seulement 2 signatures pour être soumise au vote.

Bien cordialement,

Mathieu Hanotin Député de Seine-⁠Saint-⁠Denis 36 rue de la Légion d'Honneur 93200 Saint-⁠Denis


Mme Brigitte Allain

Députée EELV de Dordogne

BrigitteAllain.jpg

N'a pas voté la censure car "censure de droite, prônant une politique de l'emploi ultralibérale, à laquelle je n'adhère pas et contre laquelle nous devons nous opposer".

A se demander ce qu'est la loi El Khomri et le gouvernement Valls !!! Ah, le bouclier Pétain doit se retourner d'aise dans sa tombe ! Bravo, quel courage !

Madame,

Nous sommes désolés de vous informer que votre argument ne tient pas debout.

Le préambule de la motion de censure de droite ne vaut pas plus qu'une proclamation de foi du candidat Hollande.

Vous avez donc ouvert la porte à un carnage social qui comme nous l'écrivions ouvre les portes au fascisme et à la guerre.

Notre association vous en tiendra personnellement responsable et militera activement contre tout renouvellement de votre mandat.

En effet, vous aurez permis le passage d'une loi dont vous ne souffrirez pas. Et vous avez sacrifié le sort du plus grand nombre à vos intérêts politiciens. Et vous avez dores et déjà du sang sur les mains.

La conclusion est évidente : Vous ne nous représentez pas.

Très cordialement, la Commission des châtiments corporels du Laboratoire de Neunueulogie parlementaire du Collège d'Argein

En réponse à

Le 2016-⁠05-⁠12 15:52, Brigitte Allain a écrit :

Madame, Monsieur,

Vous m’avez sollicitée sur ma position sur la loi travail, que je vous communique ici : Je fais partie des 56 parlementaires à avoir signé la motion de censure de gauche, aux côtés de mes collègues écologistes et de la gauche, hier, mercredi 11 mai. Je l'ai signée car le gouvernement n'a pas su faire évoluer les droits des travailleurs vers un mieux-⁠vivre sociétal, qui aurait été un facteur de croissance sociale, écologique, économique, culturel et citoyen. C'est ce que j'attendais d'un gouvernement de gauche avec desécologistes.Toutefois, je ne voterai pas la motion de censure de droite, prônant une politique de l'emploi ultralibérale, à laquelle je n'adhère pas et contre laquelle nous devons nous opposer. Ce serait à mon sens une faute politique grave, et j'invite mes collègues à bien lire le texte de cette motion de censure de droite.

Bien cordialement,

Brigitte ALLAIN, Députée de Dordogne 01 40 63 96 05

www.brigitteallain.eelv.fr www.facebook.com/BrigitteALLAINdeputee


Gaby CHARROUX

Député front de gauche Des Bouches du Rhône

gaby_charroux_80_0_0.jpg

Le Député Charroux a voté la censure et a pris le temps de nous adresser une réponse envisageant les possibilités institutionnelles de faire échouer la loi, ce qui semble être son objectif.

Cher Monsieur le Député,

Cette attitude vous honore et nous prenons votre réponse comme du miel.

Stratégiquement, il convient d'obtenir la chute de ce gouvernement pour empêcher le passage de la loi quelle que soit la motion de censure déposée.

Objectivement, cela suppose de mettre la pression populaire maximale et par tous les moyens sur les députés PS soit-disant frondeurs qui ont le gouvernement entre leurs mains.

Ce qui parait un objectif beaucoup plus atteignable que la révolution mondiale ou l'abolition du capitalisme.

Le cas échéant, me permettrez de vous de vous prendre pour conseiller technique du calendrier et de la procédure parlementaires que vous avez pris le temps de m'exposer ce dont je vous remercie infiniment ?

Très chaleureusement,

Pour le Musée

Le Concierge

Le 2016-⁠05-⁠12 16:28, Gaby Charroux a écrit :

Bonjour, J’accuse réception de votre courriel. En tant que député communiste,membre du groupe des députés G.D.R, Front de gauche, je tenais à vous répondre.Oui, cet après-⁠midi a lieu la séance d’examen de la motion de censure déposée par les députés de droite suite à l’utilisation de l’article 49 alinéa 3 de la constitution pour adopter sans vote la loi travail. Jusqu’au bout, avec les députés du front de gauche, des députés ultra-⁠marins du groupe GDR, des écologistes et des socialistes refusant la loi travail, nous avons tout fait pour pouvoir déposer une motion de censure de gauche. Nous ne sommes pas passés loin avec 56 signatures alors que la constitution en réclame 58. Mais ce n’est que partie remise car le texte reviendra dans un mois à l’Assemblée, après avoir été rejeté par le sénat. Le gouvernement sera alors en grande difficulté pour utiliser à nouveau le 49.3 avec la pression du mouvement populaire, des jeunes et la quasi-⁠certitude que cette fois, une motion de censure de gauche sera déposée. La bataille est loin d’être terminée et l’ampleur de la mobilisation sera déterminante. Je voterai cet après-⁠midi la motion de censure car c’est le seul moyen dont nous disposons aujourd’hui pour continuer à faire reculer la loi travail. Le contenu de cette motion est à l’opposé de mes valeurs et de ma conception du travail mais ce n’est pas sur la motion que je m’exprimerai, c’est sur la censure. En effet, l’adoption d’une motion de censure n’a pas pour incidence l’application de celle-⁠ci. Elle a pour conséquence la démission du Gouvernement et, par conséquent, le retrait de la loi travail. Le Président de la République pourrait avoir ainsi l'occasion, en nommant un nouveau Gouvernement, de mettre enfin le cap à gauche. Mais tout ne s’arrêtera pas là et, je le répète, la loi travail ne sera pas adopté aujourd’hui. Il reste la lecture au Sénat puis, après la Commission Mixte Paritaire, une nouvelle lecture à l’Assemblée nationale. Plus que jamais le retrait de cette loi est une exigence.Vous pouvez compter sur moi et sur les députés du front de gauche pour être à vos côtés dans ce combat et pour utiliser tous les moyens à notre disposition pour contrer cette loi.

Bien à vous

Gaby CHARROUX Député front de gauche Des Bouches du Rhône


M. ROMAIN JORON

Député de la 2ème circonscription de la Somme, EELV,

Joron.jpg

N'a pas voté la motion de censure car il a "toujours combattu"... "l'idéologie libérale de droite". Encore faudrait-il savoir la reconnaître... Mais nous sommes rassurés : "vous pouvez compter sur moi pour continuer le combat parlementaire". Ouaf ouaf :

Monsieur,

vous écrivez : "où j’explique pourquoi je n’ai pas voté celle de droite, qui consisterait à adopter leur idéologique libérale que j’ai toujours combattu (sic).".

Ceci est un pur sophisme qui prouve à notre association que vous n'êtes pas digne de votre mandat.

La conclusion est simple : Vous ne nous représentez pas.

Notre association militera activement pour s'opposer à tout mandat électif que vous auriez dans le futur l'indécence de revendiquer.

Sans la moindre salutation,

Pour le Musée de l'Europe & de l'Afrique

Le Concierge

En réponse à :

Le 2016-⁠05-⁠13 15:37, Romain Joron a écrit :

Madame, Monsieur,

Vous avez bien voulu me solliciter concernant le projet de loi « Nouvelles libertés et nouvelles protections pour les entreprises et les actifs » dit « LOI TRAVAIL » et je vous en remercie.

Je vous invite à découvrir MON COMMUNIQUÉ dans lequel je reviens sur les raisons qui m'ont amené à signer la motion de censure des gauches et des écologistes et où j'explique pourquoi je n'ai pas voté celle de droite, qui consisterait à adopter leur idéologique libérale que j'ai toujours combattu.

La LOI TRAVAIL reviendra à l'Assemblée nationale dans les semaines à venir après son passage au Sénat. L' opposition des députés signataires de la motion de censure est ferme et résolue, vous pouvez compter sur moi pour continuer le combat parlementaire.

Sincère salutations,

ROMAIN JORON

Député de la 2ème circonscription de la Somme

www.romainjoron.fr


Mme Fanélie Carrey-⁠Conte

Députée de la 15ème circonscription de Paris

PS

Fanelie_Carrey-_Conte.jpeg

N'a pas voté la censure car, fine stratège de la lutte contre l'exploitation, considère que "la manière la plus juste et efficace aujourd’hui de combattre la loi Travail, et (sic) de reconstruire de l’espoir à Gauche"

Chère Madame,

vous écrivez : "je n’ai pas voté cette motion, car il m’a semblé que la manière la plus juste et efficace aujourd’hui de combattre la loi Travail, et de reconstruire de l’espoir à Gauche".

Votre refus de voter la motion de censure pour "reconstruire de l'espoir à Gauche" est un exemple de langue de bois tout à fait réjouissant.

Dans cette affaire, la population que vous prétendez "représenter" (sic) ne vit pas d'espoir. Elle vit de rapports de force au travail encadrés par la loi et qui ne sont déjà guère joyeux (je doute que cela vous dise quelque chose.)

Vous êtes donc une sophiste vendeuse d'espoir, c'est à dire une politicienne professionnelle.

Conclusion pragmatique : vous ne nous représentez pas.

A ce titre, croyez que notre association mettra tout en œuvre, quelles que soient les conséquences, pour vous empêcher d'obtenir tout mandat que vous auriez l'outrecuidance de solliciter à l'avenir.

Veuillez agréer, chère Madame Neuneue, notre absence de salutations.

Pour le Musée de l'Europe & de l'Afrique

Le Concierge

En réponse à

Le 2016-⁠05-⁠13 17:16, Fanélie Carrey-⁠Conte a écrit :

Bonjour,

J'ai bien reçu votre message à propos de la loi Travail, un projet de loi dont j'ai dénoncé les dangers depuis le début des débats à son sujet. Je voulais en retour vous transmettre quelques réflexions quant à mes actions et mon état d'esprit à l'issue d'une semaine politique plus que mouvementée… Et vous expliquer en particulier mon positionnement quant au 49-⁠3 et à la motion de censure.

Le mardi 10 mai, le Premier ministre a décidé d'utiliser l'article 49-⁠3 de la Constitution pour faire adopter par l'Assemblée, sans aucun débat ni vote dans l'hémicycle, le texte de la loi Travail, qui propose notamment une réécriture de l'ensemble de la partie législative du Code du Travail. Aux dangers que comporte cette loi (consécration dans le droit du Travail du principe d'inversion de la hiérarchie des normes, avec le risque d'accroissement du « dumping social » entre les entreprises, et donc de la dégradation des conditions de travail, incitation à l'augmentation du temps de travail, facilitation des licenciements…), s'est donc ajouté un déni démocratique majeur, puisque le Parlement a été empêché de débattre et de voter sur un texte aujourd'hui rejeté par une majorité de nos concitoyens. C'est à mon sens un acte politique extrêmement grave. Il y a dans l'ADN de la Gauche l'idée que le Code du Travail ne saurait être réformé que dans le sens d'une amélioration des protections des salariés, et encore moins par le biais d'un 49-⁠3 sans débat au Parlement ! Il fallait je crois une réaction politique à la hauteur de cette grave situation. Avec plusieurs députés issus de toutes les formations de gauche et écologistes de l'Assemblée, nous avons décidé de signer une motion de censure de Gauche. Vous en trouverez ci-⁠dessous le texte et les signataires. Il fallait heureusement 58 signataires pour pouvoir la déposer effectivement et la soumettre au vote ; nous en avons recueilli 56, il nous a donc manqués deux voix. Mais cette dynamique politique iniitiée autour de cette démarche de motion de Gauche n'en demeure pas moins inédite, très forte, et doit être poursuivie et amplifiée, pour continuer à se mobiliser contre les dangers de la loi Travail, pour démontrer qu'il y a une voie pour d'autres politiques possibles à Gauche.

La question qui nous est à présent posée est celle des perspectives, et de l'efficacité de la suite de nos combats. Jeudi 12 mai a été soumise au vote une motion de censure présentée par la Droite, dénonçant la loi Travail comme pas assez libérale, insultant les syndicats… ; je n'ai pas voté cette motion, car il m'a semblé que la manière la plus juste et efficace aujourd'hui de combattre la loi Travail, et de reconstruire de l'espoir à Gauche, ce n'était pas d'ajouter de la confusion politique en votant sur la base d'une proposition et du projet de la Droite, à l'occasion d'un vote dont on savait qu'il n'aboutirait pas, le 49-⁠3 étant un puissant outil de verrouillage institutionnel...

Ce choix fait débat, tous à gauche ne l'ont pas fait. Je crois que chacun a essayé de faire ce qui lui semblait le plus juste et le plus pertinent. Mais pour ma part, il m'a véritablement semblé que l'action la plus puissante qui peut et doit être menée aujourd'hui est celle qui consiste à l'inverse à consolider et à amplifier la dynamique initiée autour de notre motion de Gauche, rassembleuse, construite sur des arguments politiques clairs. Cela me semble essentiel pour les étapes à venir contre les dangers de loi Travail, dans la rue avec la poursuite des mobilisations, et dans la perspective de la deuxième lecture du texte (car le parcours législatif n'est pas fini). Nos forces doivent grandir pour cela, et j'ai la conviction qu'elles le feront d'autant plus dans le rassemblement autour de convictions partagées sur le fait qu'il existe un autre chemin pour les politiques concernant le Travail, un chemin par lequel modernité ne rime pas avec régressions, mais bien avec progrès sociaux. C'est à quoi je m'emploierai dans les semaines et mois à venir, je ne manquerai pas de revenir sur les suites de cette séquence lors de mes prochaines newsletters, et d'en tenir également les citoyens informés à partir de mon site Internet. .

Je reste pleinement à votre disposition pour poursuivre les échanges sur ce sujet.

Bien cordialement,

Fanélie Carrey-⁠Conte


Mme Danielle Auroi

Puy-de-Dôme (3e circonscription) - EELV désormais non-inscrite suite à l'explosion de son groupe parlementaire

N'a pas voté la motion de censure

Auroi.png

Chère Madame,

nous vous remercions de votre réponse.

Vous écrivez : "Le texte de la motion de censure présenté par le groupe Les Républicains est en totale contradiction avec les valeurs écologistes et humanistes que j’ai toujours portées à travers mon action parlementaire et citoyenne. Il préconise entre autres plus de flexibilité pour les entreprises, une plus grande facilité de licenciement et la réduction des dépenses publiques.

C’est pourquoi je n’ai pas pu me résoudre à voter ce texte."

Nous sommes au regret de vous informer qu'il s'agit là d'un grossier sophisme. Faire chuter le gouvernement Valls-Macron, le plus à l'extrême-droite depuis 1944, est une nécessité historique. Le préambule de la motion n'a pas plus de valeur législative qu'une profession de foi du candidat Hollande.

Nous ne comprenons pas, par ailleurs, ce que vous entendez par "action parlementaire et citoyenne". Dans un régime parlementaire qui fonctionne, l'action parlementaire consiste à contrôler un gouvernement qui n'a pas de mandat pour violer les droits les plus sacrés de la population.

Il s'agit tout simplement d'équilibre des pouvoirs.

En refusant de faire tomber le gouvernement, vous permettez l'adoption de la loi El-Khomri et trahissez votre mandat, au même titre que le Président de la République.

Une motion de censure devrait à nouveau être déposée lorsque le texte reviendra à l'Assemblée nationale.

Quelle soit de droite ou de gauche, si vous ne la votiez pas, notre association militera activement pour s'opposer à tout nouveau mandat que vous réclameriez à l'avenir aux électeurs.

Très cordialement,

pour le Musée de l'Europe & de l'Afrique

En réponse à

Madame, Monsieur,

Dernièrement, vous avez été nombreuses et nombreux à m’interpeller sur l’initiative du Premier Ministre d’utiliser le recours à l’article 49.3 de la constitution pour faire adopter le projet de loi travail en première lecture à l’Assemblée nationale.

Je partage vos préoccupations sur ce texte de loi régressif, rejeté par 71% des Françaises et des Français, qui n’institue pas de nouvelles protections pour les actifs, mais seulement plus de libertés pour les entreprises.

Je partage également votre indignation quant au passage en force du Gouvernement dédaignant ainsi le débat démocratique et le travail parlementaire.

Notre pays et sa représentation nationale méritaient un vrai débat sur cette réforme : nous écologistes avons d’ailleurs fait le choix par voie d’amendements de proposer un autre code du travail du XXIème siècle.

Comme vous le savez, nous avons également fait tout notre possible pour que soit déposée une motion de censure écologiste et des gauches pour une alternative progressiste. Malheureusement, nous n’avons pas réussi à réunir le nombre suffisant des 58 signatures dans le délai imparti afin qu’elle puisse être déposée.

Le texte de la motion de censure présenté par le groupe Les Républicains est en totale contradiction avec les valeurs écologistes et humanistes que j’ai toujours portées à travers mon action parlementaire et citoyenne. Il préconise entre autres plus de flexibilité pour les entreprises, une plus grande facilité de licenciement et la réduction des dépenses publiques.

C’est pourquoi je n’ai pas pu me résoudre à voter ce texte.

Mais je reste plus que jamais mobilisée pour le retrait de la loi travail.

Le combat n’est pas perdu. En initiant un projet de motion de censure de gauche, nous avons posé collectivement les bases d’une véritable refondation de la gauche et des écologistes, porteuse d’espoir. Une alternative progressiste crédible est en marche.

Je m’engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir afin de réunir les signatures nécessaires pour déposer une nouvelle motion de censure écologiste et de gauche en seconde lecture.

Je vous invite à retrouver le texte de cette proposition de motion dans le communiqué de presse du groupe écologiste du 11 mai dernier sur mon blog : http://danielleauroi.fr/?p=11051

Nous avons par ailleurs déposé avec certains de mes collègues et à l’initiative d’Isabelle Attard, députée écologiste du Calvados, une proposition de loi élaborée par le groupe d’universitaires GR-Pact (Groupe de recherche pour un autre Code du travail), visant à protéger et équilibrer le temps de travail que vous pouvez consulter ici : http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/propositions/pion3700.pdf.

En vous remerciant de votre implication et de votre mobilisation citoyenne, je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, mes cordiales salutations.

Danielle Auroi

Députée du Puy-de-Dôme

Présidente de la commission des Affaires européennes

http://danielleauroi.fr/


M. Pouria Amirshahi

Député des Français de l’étranger (Maghreb/Afrique de l’Ouest). Démissionnaire du Parti socilaiste

A voté la motion de censure (contrairement à ce que nous avions indiqué par erreur)

Pouria_Amirshahi.jpg

Cher Monsieur,

Nous vous remercions de votre réponse et de votre vote de censure du gouvernement Valls-Macron.

Nous avions publié une analyse du scrutin et indiqué par erreur que vous ne l'aviez pas votée. Cette erreur a été corrigée et très clairement signalée.

Nous vous présentons toutes nos excuses.

Très cordialement,

pour le Musée de l'Europe & de l'Afrique

le Concierge

En réponse à

Bonjour,

Je vous remercie vivement pour votre message dont j’accuse bonne réception.

Je reste en effet fermement opposé à ce projet de loi qui constitue une régression majeure. En inversant la hiérarchie des normes et en s’attaquant au principe de faveur, le texte détricote notre droit du travail au profit de toujours plus de précarité, d’incertitudes et d’insécurité pour les salariés.

Pour ces raisons, j’ai donc contribué à initier le dépôt d’une motion de censure des gauches et des écologistes contre le projet de loi travail, à la suite de la décision du gouvernement d’user de l’article 49-3. Celle-ci n’a malheureusement pas recueilli suffisamment de signatures pour pouvoir être déposée. J’ai malgré tout voté la censure qui avait été déposée car c’est le seul moyen d’empêcher l’adoption d’un texte néfaste.

Vous trouverez pour information sur mon site Internet ma tribune « L’évidente censure » publiée dans Le Monde, du mercredi 11 mai 2016 suite à la décision du gouvernement d’user de l’article 49-3 pour le projet de loi Travail : http://www.pouriaamirshahi.fr/2016/05/12/levidente-censure/.

J’en profite pour partager avec vous ces quelques articles qui pourront vous intéresser :

- mes interventions sur le projet de loi travail, avant que l’examen du texte ne soit interrompu par le 49-3 : http://www.pouriaamirshahi.fr/2016/05/04/oui-le-travail-est-une-question-autant-sociale-que-democratique/ et www.pouriaamirshahi.fr/2016/05/10/loi-travail-debut-des-debats-en-seance/.

- l’ensemble des amendements que j’ai déposés sur ce projet de loi : http://www.pouriaamirshahi.fr/2016/04/29/examen-par-lassemblee-nationale-du-projet-de-loi-travail/.

Bien cordialement.

Pouria Amirshahi

Député des Français de l’étranger (Maghreb/Afrique de l’Ouest) +33 1 40 63 06 09-59 pamirshahi@assemblee-nationale.fr www.pouriaamirshahi.fr


Lire l'adresse aux parlementaires

La réponse de la Députée est publiée à la suite de notre réponse à la réponse

Mme Cécile Duflot, députée de la 6ème circonscription de Paris

N'a PAS voté la motion de censure

duflot.png

Madame,

nous ne commenterons pas votre confusion entre l'Assemblée Nationale, qui est chargée de contrôler un gouvernement qui viole les biens les plus précieux de la population, avec un comité d'"éthique" : il est exact que c'est très exactement le projet de ce gouvernement, réduire votre Assemblée à une autorité morale consultative ou une chambre d'enregistrement, ce qui fut le funeste destin du Parlement grec (avec la complicité criminelle du Parlement français), pris comme un exemple par Manuel Valls sur RMC le 26 mai dernier.

Nous nous en tiendrons à l'incohérence logique que recèle votre analyse et révèlerait un défaut de la pensée, si la thèse de l'opportunisme serti d'"éthique" (et sachez que l'auteur de ces lignes est un anticlérical conséquent, c'est à dire qui sait reconnaître la "Sainte hypocrisie") n'était pas la plus probable.

Vous écrivez en effet : 1) "Encore fallait-il réunir 288 voix pour adopter la censure et faire tomber ce projet de loi, ce qui apparaissait peu probable" (au passage, il s'agit de faire tomber le gouvernement dans le cadre d'une motion de censure, et non le "projet de loi", mais comme il est évident que vous vous refusez à la première option, ce lapsus n'en est évidemment pas un). 2) "je ne pouvais me résoudre à soutenir la motion de la droite tant que demeure l'espoir et la possibilité de déposer une motion des écologistes et des gauches à l'occasion de la deuxième lecture."

Outre que prendre le risque de reculer la chute du gouvernement en juillet, pendant les vacances et après des mois de luttes desquelles le gouvernement joue l'épuisement, c'est prendre le risque de perdre (mais nous avons bien compris que vos "convictions" ne vont pas jusqu'à faire ce qu'il faut pour gagner), vous conviendrez que si les Députés de droite adoptent votre "éthique", ils ne voteront pas la motion de censure "de gauche", qui de toutes façons n'a aucune chance d'être adoptée par la majorité de 2012. Toute motion de censure sera de toutes façons votée par une majorité de droite, ce qui risque de vous poser des problèmes d'"éthique".

Après tout, ne s'agit-il pas de faire tomber le gouvernement le plus à l'extrême-droite depuis 1944 ? Et donc d'un règlement de comptes entre deux droites, également en état de fascisation avancée.

Vous avez perdu une bonne occasion de vous ranger derrière la majorité de ce pays, qui se contre-fiche de votre "éthique" et de vos "convictions" ainsi que de votre souci de respecter, en bon soldat, l'agenda d'un Parlement proche de la mort clinique (et avec lui le parlementarisme, mais sans doute comme votre ancienne camarade Cosse, pensez-vous qu'il faut "plus d'Europe" et donc moins d'"État" en attendant plus d’État du tout comme en Grèce.)

Vous avez raté l'occasion de rétablir a minima l'illusion de souveraineté déléguée au Parlement et en tous cas le Parlement lui-même.

Il est donc évident que : vous ne nous représentez pas.

Très cordialement,

Pour Le Musée de l'Europe & de l'Afrique

Le Concierge


En réponse à

Bonjour,

J'ai tardé à vous répondre et j'en suis désolée mais compte tenu du grand nombre de mails reçus et vu l'importance du sujet, j'ai tenu à répondre à chacun-e d'entre vous.

Mon opposition à la loi travail est totale depuis l'origine du projet gouvernemental, annoncé sans la moindre concertation préalable et pour lequel la menace du recours à l'article 49 alinéa 3 était déjà évoquée.

J'y suis resté opposée après concertation et modifications dès lors que le projet demeurait inacceptable, notamment du fait de l'inversion de la hiérarchie des normes ouvrant à toutes les dérives au sein de chaque branche professionnelle.

C'est ensuite encore davantage la méthode qui rencontre mon intangible opposition. Attachée aux valeurs de la gauche et aux vertus de la délibération politique et parlementaire, je ne peux tolérer qu'on ignore le peuple, la rue et une pétition historique ayant recueilli plus de 1,3 millions de signatures comme je ne peux d'avantage tolérer une méthode éliminant tout débat parlementaire et toute possibilité d’amender ce texte à l'Assemblée.

L'utilisation, par un gouvernement issu de la gauche, de l'article 49.3 de la Constitution, sur un texte portant réforme du Code du Travail, est un acte politique d'une extrême gravité.

Vous devez savoir que j'ai fait tout mon possible pour que soit déposée une motion de censure de gauche, réunissant des députés socialistes, écologistes, membres du front de gauche ou non inscrits, afin d'incarner ensemble le refus du projet de loi travail mais aussi du recours au 49.3. Si celle-ci a échouée, elle a tout de même recueillie – dans le délai imparti de 24 heures – 56 signatures, soit deux de moins que le nécessaire imposé par la Constitution.

Nombreux-ses sont celles et ceux qui m'ont sollicité, me demandant de voter la motion de censure déposée par la droite. Cela ne m'est pas apparu envisageable et ce d'abord pour des raisons d'éthique.

Il n'était pas envisageable de voter une motion de censure de droite prétendant que ce projet de loi a été dénaturé "suite à la pression d'organisations syndicales plus ou moins représentatives" et dont "la quasi-totalité des mesures positives ont été abandonnées" alors qu'ils s'agissait de mesures que nous avons, avec vous, farouchement combattues.

Il n'était pas envisageable de voter cette motion de censure dès lors qu'elle n'est pas un simple texte visant à censurer le gouvernement, mais aussi un texte d'orientation motivé, justifiant la censure par des considérations à l'opposé de celles qui sont les miennes.

Il n'était pas envisageable de voter un texte réclamant un projet de loi plus libéral, réclamant notamment l'assouplissement des licenciements économiques et taxant celui que nous combattons de ne pas aller assez loin.

Encore fallait-il réunir 288 voix pour adopter la censure et faire tomber ce projet de loi, ce qui apparaissait peu probable.

Surtout, je ne pouvais me résoudre à soutenir la motion de la droite tant que demeure l'espoir et la possibilité de déposer une motion des écologistes et des gauches à l'occasion de la deuxième lecture. Compte tenu de la fermeté du gouvernement sur ce texte et de la coloration politique du Sénat, il ne fait aucun doute que la seconde lecture à l'Assemblée nationale sera l'occasion d'une nouvelle motion de censure.

Le combat n'est pas fini. Soyez assuré que mes convictions continueront de guider mes choix et mes votes.

Bien à vous,

Cécile Duflot

Députée de Paris


Mme Eva Sas

Députée de la 7ème circonscription de l'Essonne

EELV, non-inscrite suite à l'explosion de son groupe parlementaire

N'a PAS voté la motion de censure

sas.jpeg

Chère Madame,

vous écrivez : "C'est pourquoi je m'engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour réunir les signatures nécessaires pour déposer une nouvelle motion de censure écologiste et de gauche, en seconde lecture de la loi travail, à l'Assemblée nationale."

J'imagine que dans cette heureuse perspective, vous ferez en sorte qu'elle ne puisse être votée par la droite et que la vertu des signataires soit ainsi préservée ?

Vous ne faites "jamais la politique du pire", écrivez-⁠vous.

Non, vous la laissez faire par le gouvernement le plus à l'extrême-droite depuis 1944 pour préserver votre vertu, sourde à l'appel du pays.

C'est à cette capacité de ne pas céder à la populace que l'on reconnaît les grandes figures de notre histoire.

Vous comprenez cependant que vous ne nous représentiez pas.

Nous ferons cependant tout ce qui est en notre pouvoir auprès du Musée des Télécoms pour que votre conjuration des vertueux mise à la retraite d'office puisse se réunir dans la cabine téléphonique publique qui servait aux Radicaux à cet usage et que cet établissement conserve précieusement.

Ainsi soit-⁠il,

Pour le Musée de l'Europe & de l'Afrique

Le Concierge

En réponse à

Madame, Monsieur,

Vous m'avez interpellé, en tant que députée, quant à ma position sur la loi instaurant de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actif-ve-s, dite « loi travail ». Je tiens tout d'abord à vous remercier pour votre mobilisation sur ce sujet, qui représente un combat politique essentiel pour notre démocratie et les conditions de travail des salariés.

Ma position n'a pas changé depuis l'annonce de cette réforme : j'y suis opposée. Le 8 mars, pendant les questions au gouvernement, j'expliquais mon opposition aux orientations gouvernementales, tout en proposant de construire « une réforme du Droit du travail du XXI ème siècle ».

Face à l'obstination du gouvernement, qui organise la mise en concurrence des salariés, la course au moins disant social entre entreprises, et pire entre les établissements d'une même entreprise, je suis intervenue à nouveau pendant les questions au gouvernement le 5 avril. Je rappelais alors au gouvernement le succès des manifestations des 9 et 31 mars, ayant réunies respectivement 500 000 et 1,2 millions de citoyennes et de citoyens. J'ai aussi salué dans l'hémicycle le phénomène « Nuit debout, né de la contestation de la précarité qu'organise la loi travail, mais qui représente aussi l'aspiration à une nouvelle forme de démocratie et de société ».

Pour promouvoir une autre réforme, j'ai, avec les député-es EELV et apparenté-es, déposé 52 amendements, en commission et en séance, pour améliorer cette loi dans le sens de justice sociale et de l'intérêt général.

Le mardi 3 mai 2016, j'ai eu l'honneur de monter à la tribune au nom de mon groupe pour défendre notre proposition pendant la discussion générale. J'ai alors interpellé le gouvernement avec force en demandant : « Est-ce pour cela que nous avons été élus en 2012 ? », et de conclure, « au nom des valeurs de progrès, de justice et d'intérêt général qui nous unissent, j'espère encore que vous écouterez nos propositions, que vous abandonnerez le chemin que vous avez emprunté avec ce projet de loi, et que vous vous souviendrez des espoirs qu'en mai et juin 2012, les Français avaient placé en nous ».

Malheureusement, après la discussion générale, le débat parlementaire n'a pas pu se poursuivre. Le gouvernement a engagé, le mardi 10 mai, sa responsabilité devant le parlement en utilisant l'article 49 alinéa 3 de la Constitution pour passer en force : j'ai dénoncé et regretté ce déni de démocratie.

En conséquence, avec les députés EELV, nous avons fait le choix de réunir les conditions pour déposer une motion de censure progressiste, de toutes les gauches et de l'écologie représentées à l'Assemblée nationale. Nous ne sommes parvenu, malheureusement, à réunir que 56 signatures, contre les 58 requises, dans le délai imparti de 24 heures, pour respecter la règle constitutionnelle.

Pour autant, je n'ai pas voté la motion déposée par Les Républicains, débattue le 12 mai dans l'hémicycle. En effet, le texte de cette motion exprime la volonté de déréguler plus encore le marché du travail et de réduire les dépenses publiques. Cette orientation est néfaste pour notre pays et je ne choisis jamais la politique du pire.

Mon objectif est de protéger notre modèle social qui nous permet de vivre bien ensemble, contre les coups de butoir de ce gouvernement, mais aussi contre le programme libéral de la droite. Je ne peux voter un texte en totale contradiction avec les valeurs écologistes et humanistes que j'ai toujours portées dans mon engagement politique.

Toutefois, je reste plus que jamais mobilisée pour obtenir le retrait de la loi El Khomri. En initiant un projet de motion de censure écologiste et de gauche, nous avons posé collectivement les bases d'une véritable refondation de la gauche et des écologistes, porteuse d'espoir.

C'est pourquoi je m'engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour réunir les signatures nécessaires pour déposer une nouvelle motion de censure écologiste et de gauche, en seconde lecture de la loi travail, à l'Assemblée nationale.

C'est la nouvelle bataille qui est devant nous, et elle est imminente, puisqu'elle se déroulera entre juin et juillet prochain.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes respectueuses salutations.

Députée de la 7eme circonscription de l'Essonne

Permanence locale

56, Grande rue

91260 Juvisy-sur Orge


Benoît HAMON

Député de la 11ème circonscription des Yvelines PS, Groupe Socialiste, écologiste et républicain

N'a PAS voté la motion de censure

Hamon.jpg

Monsieur le Révérend Père Benoît Hamon,

Nous avons été très profondément touchés par votre invocation des plus hautes valeurs éthiques et politiques qui vous ont préservé de la Tentation de voter la motion de censure dite de droite faisant ainsi la si pieuse Démonstration de votre Vertu inextinguible."La très Sainte Morale préside à toutes les vocations politiciennes" (Évangile Parlementaire, Titre I, article 2.)

Apprenez que ces Valeurs et l'esprit sacerdotal qui vous animent sont partagés dans les mêmes termes, pratiquement au verset près, par votre sœur en religion, la Très Sainte Nitouche Cécile Duflot.

Elle partage avec vous la Très Sainte arithmétique impénétrable du Seigneur, selon laquelle l'addition de 51 voix "de gauche" ayant signé une motion de censure de la même réputation et des 246 voix ayant voté la motion de censure de droite n'ont "concrètement aucune chance" d'atteindre un résultat égal ou supérieur à 288.

Et nous respectons votre choix de la pureté qui fut de ne point mêler votre essence qui est un Don de Notre Seigneur, Peuple souverain, à celles frelatées des fornicateurs de LP et du FN, expiant ainsi votre péché commis en la Sodome et Gomorrhe du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen à la date maudite de 2005.

Nous ne doutons pas que vous ne tolérerez point identiquement que si survient le Miracle de la Motion de Censure de Gauche (Alléluia et Bénie Soit-Elle), elle puisse être souillée d'impures et sacrilèges voix de droite (Car maudites soient-elles).

La chute de l'Ante-Christ, le gouvernement le plus d'extrême-droite depuis 1944, que réclame aveuglément la populace, ne saurait en effet se faire au prix d'un Sacrilège en votre Sainte Église politicienne (Bénie soit-elle pour des siècles et des siècles), qui EST Éthique, Valeurs et Lumière du Progrès Humain et Supra-Humain.

Amen.

Pour le Musée de l'Europe & de l'Afrique,

le Concierge

En réponse à :

Bonjour,

Il y a maintenant plusieurs semaines, le gouvernement nous proposait un avant-projet de loi travail tout simplement inacceptable, faisant consensus contre lui. Après quelques modifications, subsistaient néanmoins des désaccords de fond, notamment sur l’inversion de la hiérarchie des normes qui constitue une légalisation du dumping social au sein de chaque branche professionnelle. Face à l’opposition massive -tant populaire que parlementaire- qu’a suscité ce projet de loi, le gouvernement s’est trouvé dans l’obligation de recourir au 49-3 pour faire passer le texte, bloquant ainsi tout débat supplémentaire, pourtant essentiel à la vie démocratique de notre pays. Loin d’apaiser le climat social, cette décision n’a fait que renforcer les tensions déjà vives autour de ce projet.

En tant que député de gauche attaché à des valeurs que je porte et défends depuis le début de mon engagement politique, j'ai agi pour réunir 55 autres députés socialistes, écologistes, membres du front de gauche ou non inscrits pour incarner ensemble le refus du projet de loi travail mais également du recours au 49-3. Nous nous sommes ainsi rassemblés autour une motion de censure de gauche, qui n’a cependant pas abouti : il a hélas manqué deux signataires afin de pouvoir la déposer.

J’ai été à de nombreuses reprises sollicité, comme la plupart de mes collègues, pour voter la motion de censure déposée par la droite. Mais pour des raisons d’ordre éthique, il m’a semblé inenvisageable de voter cette motion de droite. D’abord, parce qu’elle est à l’exact opposé de mon engagement et de mes positions, en réclamant notamment l’assouplissement des licenciements économiques et en dénonçant les syndicats qui “verrouillent le système”. Ensuite, parce qu’il aurait fallu réunir 288 voix pour bloquer le projet de loi Travail, ce qui n’était que très peu probable. J’aurais donc mêlé ma voix à celle du Front National et des Républicains pour voter un texte dont le contenu m’est étranger et qui n’avait concrètement aucune chance de bloquer la loi travail.

Le combat n’est pas fini. Si le gouvernement n'entend pas la contestation et n'ouvre aucune discussion nouvelle, rien ne s'opposera au principe d'une nouvelle motion de censure de gauche lors de la deuxième lecture du texte, prévue en juillet 2016.

Soyez assuré que mes convictions continueront de guider mes choix et mes prises de position.

Bien à vous,

Benoît Hamon Député des Yvelines

dimanche 8 mai 2016

Welcome Mister US Ambassador to Greece !

Exposition temporaire du Musée de l'Europe & de l'Afrique pour célébrer la nomination de son Excellence Geoffrey R. Pyatt au poste d'Ambassadeur des États-Unis en Grèce

Pyatt11.PNG

Pyatt5.PNG

Pyatt10.PNG

Pyatt6.PNG

Pyatt8.PNG

Pyatt12.PNG

Pyatt13.PNG

Pyatt1.PNG

Pyatt3.PNG

Pyatt14.PNG

Pyatt9.PNG

Pyatt7.PNG

vendredi 6 mai 2016

"Il faut comprendre pourquoi ils sont partis, c’est parce que vous êtes entre vous…"

pasdachat.jpg

Lors des mobilisations contre le sommet de l’Union européenne, à Laeken en décembre 2001, une institution bruxelloise, les Halles de Schaerbeek, avait proposé une manifestation intitulée «C.H.A.H.U.T.» (les débuts de la fin de la neutralisation politique du monde du travail par l'artivisme réservé à la consommation politique de la petite-bourgeoisie intellectuelle, commençaient...). Le collectif Ne pas plier – qui y proposait une «épicerie d’art frais» destinée à fournir des images à différents mouvements «pour qu’aux signes de la misère ne s’ajoute pas la misère des signes» – avait subordonné la présentation de ses travaux à l’invitation d’une association de chômeurs française, l’APEIS, dont il se proposait de rendre les luttes visibles. À l’issue du vernissage de l’exposition eut lieu un débat où les deux collectifs firent face à un public à peu près inexistant. S’ensuivit un échange orageux avec les responsables culturels qui dit bien les limites des ambitions politiques de la culture actuelle.

Ne pas plier : Là, on a la chance d’être accueilli dans un endroit de culture, et pour nous qui sommes habitués à des luttes quelquefois plus radicales, d’être dans des lieux comme ça, de repos, c’est quand même formidable. En même temps, je suis bien forcé de constater qu’on nous invite, et c’est bien, mais ce sont des coquilles creuses. On nous invite dans des endroits d’échange et nous, on n’a rien à échanger parce qu’on est entre nous. Il y a là une contradiction. Ce monde de la culture nous bassine de luttes politiques, etc., et là, ils sont avec des gens qui sont des résistants à cette globalisation, qui sont dans la nécessité des luttes et ils n’ont même pas la politesse d’être présents. Moi, je suis assez ulcéré de voir tous ces gens, dont je trouve qu’ils leur manquent d’une décence minimale, de ne pas être présents ici pour écouter des paroles véritables. Cette parole véritable emmerde tout le monde. Moi, j’ai bien vu des gens se barrer au fur et à mesure des témoignages et peut-être que ce n’est pas les formes habituelles, usuelles…

Responsable culturelle : Il faut comprendre pourquoi ils sont partis, c’est parce que vous êtes entre vous…

Ne pas plier : Si vous venez entre nous, on sera entre nous. Je ne peux pas accepter… Quand j’ai rencontré l’APEIS, ils étaient aussi entre eux et maintenant, on est entre nous. Je n’ai pas affaire à des gens timides, j’ai affaire à des gens cultivés qui ont parfaitement compris ce qu’était la différence, et rassembler les différences, c’est le rôle de la culture. Il faut que la culture fasse son boulot parce qu’elle touche du fric pour le faire. Si elle a la timidité de penser, quand il y a des corps qui ne sont pas les mêmes, qu’elle n’ose pas se glisser parmi ces corps, il y a un problème. On leur fait peur ?

Responsable culturelle : Ça, c’est ta culture, et ta culture est faite d’individus qui ne sont pas forcément une masse.

Ne pas plier : Comment vous expliquez qu’ils sont partis, on leur fait peur ou quoi ?

Responsable culturelle : Vous êtes un rassemblement… Je suis venue pour écouter quelque chose et participer, mais je ne suis pas venue face à un groupe. C’est tout.

Ne pas plier : Ce que tu poses comme problème, c’est que quand les gens sont dans des galères, ils sont intéressants quand ils sont un ou deux et qu’on peut aller chialer sur eux, mais quand ils sont une communauté forte, là on ne peut plus discuter avec eux de collectif à collectif. Vous, vous êtes combien ici ? Où ils sont tous ces culturels qui sont payés par les forces publiques ? Pourquoi ils ne sont pas là ? (…) Tu prends comme une agression le fait qu’on ait un langage…

Responsable culturelle : Ce n’est pas un langage, je n’ai pas bien vu à qui parler. Je suis venue regarder les images ? J’étais très intéressée par les images et puis, tout d’un coup, je ne m’attendais pas à un tel rassemblement de gens qui se connaissaient tous ! Et qui ne me permettaient pas de vous initier discrètement, simplement. Ce que je veux dire, c’est que vous êtes quand même un groupe, il est difficile de s’immiscer dans un groupe. Ce que je veux dire, c’est juste remettre ça en question. C’est tout.

Ne pas plier : Je comprends ce que tu dis, que tu ne sois pas une précaire en situation de détresse, tu n’aurais pas le langage, tu es une personne cultivée dans une sécurité de travail, dans un travail de culture, donc ce serait à toi d’avoir la capacité de comprendre, y compris cet effet de groupe. À partir du moment où les gens sont dans des luttes, ils ont tendance à se regrouper pour être plus forts et échanger leur tendresse, leur force. Effectivement, ce groupe est très soudé parce qu’il est soudé par une lutte contre la misère et il ne tient que par l’amour que les gens ont entre eux et ça se ressent sûrement dans les solidarités. On n’a empêché personne de parler. Ne me fais pas le coup de l’intellectuelle dégoulinante de peur, ça commence à me faire chier. Moi, je crois, et là je crois que je vais t’agresser, il faut arrêter, tu es une professionnelle, ici je suis avec des professionnels de la culture. Je ne suis pas dans un débat public au hasard de quelqu’un qui est rentré. Or, déjà, je n’en vois qu’une qui a du courage, et je te remercie d’être là. Mais je ne vois pas les autres et j’aimerais bien que les gens qui nous ont invités nous disent pourquoi on est là… (…)

APEIS : J’ai bien observé dans la pénombre le mouvement des gens. Je suis désolé de le dire, mais j’ai vu des gens partir après le film. Je n’ai pas vu des gens partir au fur et à mesure, en écoutant, en étant choqués par la violence ou la radicalité des propos. J’ai vu beaucoup de gens partir après avoir vu les images. Tout de suite, ça m’a gêné. Effectivement, moi je viens dans un débat et ces gens qui nous ont invités s’en vont après le film, ils ont entendu les commentaires, applaudi, G. en a accroché quelques-uns en nous faisant une diatribe comme il en a l’habitude, de manière très chaleureuse et avec beaucoup d’humour, mais après il y a encore une brochette de gens qui sont partis. Je pense qu’il y a, comme d’habitude, comme à chaque fois qu’on rencontre des gens, beaucoup d’incompréhension de ce que vivent les gens qui sont dans la grande misère. Ça fait des années qu’on s’en rend compte et ça fait des années qu’on est en quête de solidarité avec vous, avec les autres, avec le politique, avec le syndicalisme, qui nous rejettent en permanence. On connaît très bien les organisations de chômeurs en Belgique, Charleroi, Liège, Bruxelles. Tous nous ont dit : nous n’avons pas d’autonomie, nous ne pouvons pas nous battre parce que nous n’avons pas de solidarité. Les gens qui nous payent, ce sont les syndicats et les syndicats nous privent de ça[1]. Nous, on est des oiseaux de passage, on le sera ­souvent, s’il y en a ici qui veulent des solidarités, à vous de jouer !

Notes

[1] Les syndicats co-gèrent les allocations chômage (en fait un salaire) en Belgique

samedi 30 avril 2016

1er mai (2) : "Vente militante du muguet au stand de la section du PCF de l'Arrageois"

muguet1.PNG muguet2.PNG collections du Musée de l'Europe & de l'Afrique

Repris du Blog des militants communistes de l'Arrageois

Exposition temporaire Luc Gwiazdzinski

Le Musée de l'Europe est heureux de vous présenter l'exposition temporaire Luc Gwiazdzdinski, génie du Département de Géographie Alpine et surtout homme-sandwich académique de la légitimation du capitalisme par l'idéologie des "alternatives".

Gwiazdzinsky2.PNG

dada.PNG

rabiGrenoble.PNG

entreprendreautrement.PNG

creativite.PNG

lisez.PNG

gastro.PNG

innofeminin.PNG

mardi 26 avril 2016

"Retiens la nuit !"

Gwiazdzinsky.PNG

La Nuit Debout nous permet de découvrir en feuilletant les quotidiens (et en suivant les liens publiés par @nuitdebout qui renvoient assez rarement à des communiqués syndicaux...) un gisement insoupçonné de génies des alpages. Voici un intéressant spécimen qui a attiré l'attention du Laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein par le biais d'une tribune publiée dans Libération intitulée La ville à l’épreuve des places (Nuit Debout étant un média, idiot !, le matuvisme mainstream de l'analphabétisme académique y prend des airs de défilé de mode dans les pages "Débats" ce qui permet un peu de renouveler les habituelles têtes de Turcs dans un souci de démocratisation). On y lit les pédanteries rituelles : "formes de vivre ensemble", la "résonance avec" (inventaire à la Prévert et Démon de l'analogie : "tentes des Enfants de Don Quichotte", "«révolution des parapluies» de Hongkong", "places de New York, de Grèce, de Turquie, d’Ukraine et les printemps arabes", "squats", "campements de SDF ou de Roms", "ZAD", "poétiques «occupations potagères» et les alternatives locales qui s’allument partout comme des lucioles"), "transgression", "ville métaphorique", "ville malléable, réversible ou adaptable", "utopies en actes", "spatialités temporaires", "«droit à la ville» d’Henri Lefebvre et «néosituationnisme» au sens de Guy Debord", laboratoires vivants de la complexité", "«ouvroir de démocratie potentielle» qui favorise la citoyenneté" etc.

Cet immense poète, "Marianne d’Or de l’Innovation 2005 pour les travaux sur les temps de la ville, Assemblée nationale" est malheureusement soit-disant "géographe". Pire : il a charge d'âmes puisqu'il est directeur de l’Institut de Géographie Alpine de l'Université de Grenoble et a en charge l'éducation de 700 étudiants... Merci, patron !

Imagine-t-on changer la société sans changer la façon dont les formateurs de notre belle jeunesse sont recrutés ?

La question mérite d'être posée !

En tous cas, ce spécialiste académico-certifié de "la nuit" semble avoir un agenda néolibéral assez chargé à en croire son blog...

IGA.PNG

Agenda

GWIAZDZINSKI L., 2015, Space-time Planning for Smart City, The 3rd International Conference on Smart Sustainable City and Big Data, Shanghai (China), July 27-28, 2015

GWIAZDZINSKI L., 2015, Governance and participation models as tools for improving attractions, Summer School Expo 2015 The Forms of Urban Attractivity: methods of analysis and Case Studies, Milan, 29 juin 2015

GWIAZDZINSKI L., 2015, Des villes et des nuits, Atelier Anthropologie de la nuit, Laboratoire d'ethnologie, Paris, Université Paris 10, 5 juin 2015

GWIAZDZINSKI L., 2015, NUITS, Lumières dans la nuit, pavillon de l'arsenal, 1er juin 2015

GWIAZDZINSKI L., 2015, Habiter le numérique, Séminaire L'Humain au défi du numérique, Collège des Bernardins, Paris, 20 mai

GWIAZDZINSKI L., 2015, "Actions et expérimentations citoyennes et artistiques dans l’espace public. Entre néo-situationnisme et esthétique de la bricole", Séminaire doctoral 2014-2015, TERRITOIRES ESTHETIQUES Territoires – Art - Architecture - Culture, Laboratoire CRH-LAVUE (UMR - CNRS 7218), Paris, 12 mai 2015

GWIAZDZINSKI L., 2015, Les beautés de la ville la nuit, Conférence, IULM, Milan, 22 avril 2015

GWIAZDZINSKI L., 2015, Assises de la nuit, Nantes, 13-14 avril 2015

GWIAZDZINSKI L., 2015, La ville malléable, Audition Séminaire Fondation Bouygues, Issy les Moulineaux, 8 avril 2015

GWIAZDZINSKI L., 2015, "le vélo sans couture", Rencontre nationale du Club des villes et territoires cyclables, Ville de Paris, Hôtel de Ville de Paris, 31 mars 2015

GWIAZDZINSKI L., 2015, L'hybridation, sésame de l'innovation, séminaire "projet culturel innovant", Observatoire des politiques publiques, Maison des métallos, Paris, 13 mars 2015

Le Concierge

PG (sic) : Selon certains informateurs, il semble que ce professeur existe réellement et qu'il ne s'agisse aucunement (pas plus que Sylvain Laurens) d'un canular socio-situationniste du peintre Du Champ...

Visiter l'

Lire la suite...

"Mais horizontalement, c'est toi que je préfère de loin..."

diplo.PNG coll. du Laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein

Quand Le Monde Diplomatique twitte ligne à ligne un entretien avec Frédéric Lordon publié sur son blog... La Révélation soulevant la vague d'Hokusaï de la démocratie numérique ? Ou ivresse du philosophe surfant sur la (petite) vague juste avant de boire la (grande) tasse ?

Tsunami_by_hokusai_19th_century.jpg

Y-a-t-il un bouton Lord-off au Diplo ?

dimanche 24 avril 2016

Affiche CGT contre les violences policières: réponse de la CGT au ministre de la police de François Hollande

cgt-violence-policieres-avri.jpg

A la vue de cette affiche éditée par la CGT de l'Information et de la Communication, Bernard Cazeneuve était monté sur ses grands chevaux, afin de défendre quelques uns de ses chevau-légers. Il avait donc écrit en ce sens au secrétaire général de la CGT. Celui-ci lui a répondu.

(Repris du blog de Roger Colombier)

lettre-p-martinez-a-cazeneuv.gif

mercredi 20 avril 2016

Pas vu sur Nuit Debout

Vu sur convergences-des-luttes.org

reinventerEurope.jpg Montage publié sur Mouvement de libération graphique et artistique

Pas vu sur convergences-des-luttes.org

oxi-grecemauve.gif Montage NON-publié sur Mouvement de libération graphique et artistique

BONUS

globaldebout.PNG

revemondial.PNG

VaroufGlobalDebout.PNG Sur Yanis Varoufakis, lire Le monde brûle et le chat se peigne

et aussi :

varoufMacron.jpg

La Nuit du Grec Debout

jeudi 14 avril 2016

A qui appartient Nuit Debout ?

ERRATA : le nom de Domaine convergences-des-luttes.org n'appartient PAS à une société de gestion de données contrairement à ce qui a été écrit dans cet article. Toutes les plates excuses du Concierge!

Nous avons déjà débusqué les propriétaires du nom de domaine qui se proclame site officiel, nuitdebout.fr qui est une société spécialisée dans le web-management et la constitution de fichiers de données à des fins de marketing.

Intéressons-nous à TV-Debout qui enregistre des records d’audience tous les soirs (« dignes des chaînes de télévisions » selon un Figaro tout autant en extase que l’ensemble de la presse mainstream totalement discréditée. De son animateur, Rémy Buisine, nous apprenons qu’il est « Community Manager » pour trois radios du groupe « 1981 » (Ado, Voltage et Latina). Le groupe fut le propriétaire de Sud-Radio dont il portait le nom jusqu’à la vente de cette station en 2013 pour 7 millions d’euros. Le nom « 1981 » est choisi, sans doute parce que 1984 était déjà pris, ou plutôt parce que 1984 est daté 1981 dans la mémoire de la gauche. En effet le groupe est ainsi nommé « en souvenir de l'année de naissance des radios libres, et (annonce le même jour) plus de 5 millions d'euros d'investissements ». Son capital est de 40 millions d’euros et son chiffre d’affaires de 20 millions.

Ajoutons qu’« En janvier 2014, à l’international, le groupe 1981 annonce l’investissement de 500 000 € dans le création d’une radio francophone Frissons Radio à Cotonou, au Bénin destinée à un auditoire de plus de 40 ans. » et que le groupe investit en 2015 deux millions d’euros dans la radio numérique : 7 sites internet pour ses radios hertziennes et création de 67 webradios. On imagine que le Community Manager Remy Buisine n’est pas trop mal payé et a un bel avenir capitaliste devant lui... Tant mieux pour lui.

Intéressons-nous à son patron, Jean-Eric Valli :

« En novembre 1992, le Groupement « Les Indépendants » a été créé à l’initiative de Jean-Éric Valli, Président-fondateur de Groupe 1981 (anciennement dénommé Groupe Start puis Sud Radio Groupe) et d’Éric Hauville, fondateur du réseau disparu « Radio Vallée-de-Seine » (RVS).

Depuis le 1er janvier 2009, TF1 Publicité est la nouvelle régie publicitaire du Groupement. Elle commercialise les espaces publicitaires nationaux, multivilles et franciliens du Groupement, les stations conservant la commercialisation de la publicité locale. En novembre 2010, « Les Indépendants » sont rebaptisés « Les Indés Radios ». En 2014, le Chiffre d’Affaires global (tous types de publicité confondu) généré par les stations des Indés Radios est de 165 millions d’euros HT, dont 85,3 millions d’euros de recettes publicitaires nationales, selon les communiqués de TF1 Publicité et des Indés Radios. »

Inutile de commenter davantage ?

On peut aussi parler de Periscope, le media sur lequel Remy Buisine diffuse. Son principal fondateur Kayvon Beykpour, star de 27 ans de la Silicon Valley, raconte qu’il en a eu l’idée à Istanbul où il était témoin des événements de la place Taksim (tiens, tiens...). Aussitôt dit aussitôt fait et Periscope aurait été racheté par Twitter 100 millions de dollars avant même sa création.

Autant dire que le Journal Fakir ne fait pas le poids en terme de contenu face à la médiatisation « virale » de ce qui est produit comme un « événement »... marketing.

Le Concierge

samedi 7 novembre 2015

Super Mario Draghi roule en Volkswagen

Ces dernières années, les banques ont considérablement réduit leurs prêts aux ménages et aux entreprises, en particulier les PME. Alors Super Mario Draghi, le directeur de la Banque Centrale Européenne, a eu une idée formidable : encourager les banques à relancer la titrisation et donc la création de produits financiers structurés – les mêmes qui ont mené un grand nombre de banques au bord de la faillite en 2008 et qui nous ont coûté un pont quand il a fallu les sauver. Mais pourquoi faire une telle chose, demanderez-vous bien naïvement ? On pourrait effectivement croire que le pauvre Mario souffre de surmenage et aurait bien besoin de (longues) vacances (en prison)...

Que nenni ! Il y a une logique derrière tout ça ! Depuis l’année dernière, la BCE propose aux banques qui ont besoin de liquidités (et elles en ont un besoin insatiable) de lui déposer leurs produits structurés en collatéral (c’est-à-dire en garantie), afin d’obtenir du financement qu’elles pourront ainsi proposer à leur tour à leurs clients, ménages et PME en priorité bien sûr ! Financement que les banques obtiennent, au passage, à du 0,05 %, le taux actuel de la BCE, sans faute de frappe, vous avez bien lu, et c’est bien entre 80 et 100 fois moins cher que ce que vous payez pour le crédit de votre Volkswagen.

Volkswagen, justement ! Cette même entreprise qui vient de se faire prendre la main dans le sac, en train de berner la Terre entière en trichant – négligemment, bien entendu – sur les taux d’émission réels de particules fines et de CO² de ses véhicules diesel et à essence... Comme toute grande entreprise qui se respecte, Volkswagen dispose de sa propre banque : Volkswagen Financial Services, qui lui permet de proposer directement des crédits à ses clients. Donc Volkswagen vend des voitures à crédit à ses clients, puis, sous les bons conseils de la BCE, fait des produits structurés avec ces crédits, de petits paquets de crédits comprenant chacun différents niveaux de risque, que l’on appelle ABS (Asset Backed Securities) et qu’elle revend à des investisseurs. Cela lui permet d’obtenir du financement de la part de ces investisseurs, et donc de proposer plus de crédits à ses clients et ainsi de vendre plus de voitures. Et donc de faire plus d’ABS, qu’elle peut vendre à des investisseurs, qui lui apporteront plus de financement... Bref, vous avez compris, et si vous avez encore un doute, vous pouvez aller jeter un œil au schéma à la fin de cet article).

Mais ce n’est pas tout ! Depuis le mois de janvier, la BCE a lancé un vaste programme de rachat de titres de dette souveraine, de covered bonds et d’ABS : le QE, pour Quantitative Easing. Tous les mois, la BCE rachète pour 60 mds € de ces titres et produits structurés, et elle continuera de le faire au moins jusqu’en septembre 2016. L’objectif, encore une fois, est de permettre aux banques de dégager de leurs bilans ces titres de dette et autres produits structurés, afin de leur permettre de faire du crédit aux ménages et aux entreprises. Donc depuis un moment déjà, la BCE achète des ABS Volkswagen. Et VW étant le 2e plus gros émetteur d’ABS en Europe, tous secteurs confondus, la BCE peut potentiellement en acheter beaucoup.

Lire la suite de l'article d'Eric Toussaint et Pierre Gottiniaux paru sur le site du CADTM

mercredi 9 septembre 2015

La Rose Pourpre de Tunis : «Ceci n’est pas un film»

Samedi 19 septembre 2015

POÈME 2 30, Rue d’Ecosse 1060 Bruxelles

Une activité de Smala Cinéma (ex-Cinéma Arenberg) en partenariat avec le théâtre Poème 2

POLITIQUE et CINEMA ? Interventions et rencontres

purplerose1.jpg

15H00 Benoit Eugène & Bendy Glu (Musée de l'Europe & de l'Afrique)

« Ceci n’est pas un film » : Cinéma et Contre-Révolution.

La « Révolution tunisienne » fut un soulèvement populaire massif péniblement capté par les élites néolibérales jusque là tenues en laisse par la famille régnante.

Les images ont joué un grand rôle pour effacer les classes oppressées (et toute pensée révolutionnaire) qui ont permis la chute de Ben Ali (car le Régime est toujours là) au profit d’une petite-bourgeoisie « bien de chez nous » (et qui cache la grande) prenant la pose à grand renfort de selfies (qui peuvent être des films bien subventionnés), dans laquelle nombre de militants, d’artistes etc… de l’autre rive ont pu se mirer romantiquement pour poser à leur tour en combattants de la liberté jaillis tout droit de l’iconographie de ce que certains osent encore appeler « la gauche » aujourd’hui.

Alors que les élites néolibérales « révolutionnent » l’Europe, en Grèce comme partout, il est prudent de sortir du film dont le Happy End s’écrit en lettres de sang, en plongeant dans le miroir en abyme tunisien. En espérant en sortir.

16h00 Jérémie Piolat (Auteur du « Portrait du colonialiste. L’effet boomerang de sa violence et de ses destructions » La Découverte, coll. « Les empêcheurs de penser en rond », 2011, auteur compositeur, interprète (Hydra), réalisateur et animateur d'ateliers vidéo à Bruxelles.

SYMPATHIQUES ÉNONCÉS… COLONIALISTES

A quoi est dû le fait qu'un Européen peut faire un film en Tunisie sur des Tunisiens ? L'inverse est-il pensable ? Il s’agit de problématiser ce qui semblerait devoir ou pouvoir à priori aller de soi : faire, montrer, regarder un film.

Ainsi, répondant à cette invitation, je proposerai une courte réflexion sur ce que je nomme les « énoncés colonialistes » :

Où, à la fin d'une conférence dansée sur la salsa cubaine, des occidentaux, en présence d'unemusique afro-latine, se laissent aller à des postures étranges et interpellantes relativement à l'idée absolument primitive et animale – au sens mécaniste - de la danse et de l'Afrique qu'elles énoncent.

Où des associations prétendant émanciper les migrants se révèlent, notamment « grâce » à l'affirmation de ce pouvoir d'émancipation, profondément sous humanisantes.

Il s'agit donc de penser certains énoncés – gestuels ou discursifs – à partir de leur mise en perspective avec le contexte de la réalité coloniale et son imaginaire.

Il s'agira également de se demander à quelle condition, travailler aux côtés de et avec les « indigénisés » peut se révéler, non émancipateur, mais, au moins, non vecteur de mort… Il pourra s'agir, enfin, peut-être, de voir s'il n'y a pas d'abord à penser ce que nous sommes nous-mêmes et pourquoi, dés que l'on s'approche des indigénisés, et des absences que le contact avec ces derniers révèlent de nos propres réalités ; absences héritées d'une histoire, pour partie, contre toute attente, commune (mais ceci reste encore à expliciter évidemment).

17h00 Débat : « REPRÉSENTER LA SOCIÉTÉ POUR COMPRENDRE ET AGIR » Avec Gwenaël Brees, Benoit Eugène, Isabelle Mathieu, Bernard Mulliez, Jéremie Piolat et Patrick Taliercio.

18h00 FACISM INC, Un film de Aris Hadjistéphanou, Grèce, 2014

« Etant donné que le fascisme ne se limite pas à Aube Dorée mais est également promu par des dirigeants politiques, des entrepreneurs et des éditeurs…

Etant donné que les conditions de la crise qui favorisent le fascisme nous entourent et ne sont pas derrière nous…

Etant donné que toute l’Europe s’enfonce rapidement dans l’obscurité de l’extrême-droite… »

Nous voyagerons de l’Italie de Mussolini à la Grèce pendant l’occupation nazie, la guerre civile et la dictature; et de l’Allemagne de Hitler au fascisme moderne en Grèce et en Europe. Ce nouveau documentaire suivra les traces de Debtocracy et de Catastroika, qui décrivaient les causes de la crise de la dette, l’impact des mesures d’austérité, l’érosion de la démocratie et le bradage des richesses du pays..

20h00 - Avant-première

LE BARBIER DE TUNIS (en présence de l’équipe du film) de Bernard Mulliez, en collaboration avec Benoit Eugène, 2015, 114’

Film carnet de voyage tourné en mars 2012, plus d’un an après la chute de Ben-Ali. Les Tunisiens découvraient l'exercice de la démocratie et de la liberté d’expression longtemps confisqué par les anciens régimes. Benoit Eugène et Bernard Mulliez rassemblent une suite de portraits aux multiples facettes. Au rythme des interviews émerge la doxa libérale dévolue à la compétitivité qui maintient bas les salaires des travailleurs et accorde l’exonération fiscale aux investisseurs étrangers.

Au travers de ce paysage social urbain fortement hiérarchisé, notre vision de la "révolution arabe" se complexifie déjouant l’antagonisme réducteur du conflit d’identité politicomédiatique instauré opposant les Lumières de la modernité à l’obscurantisme islamique.

Loin de la machine à laver médiatique sur les « révolutions » arabes, loin des miroirs dans lesquels se regarde les « droits-de-l’hommistes » libéralisés, enfin une Tunisie concrète. Un vrai regard sur le réel tunisien. Et, la (re)découverte que la lutte de classes - eh oui ! - ça existe.

mardi 18 août 2015

Je vous ai apporté... des terrasses. Car les places publiques, c'est péééérisssaaable... Et l'horeca, c'est tellement bon...

Même les places publiques sont à vendre

(écouter un débat à Marseille avec le Musée de l'Europe)

10 nouvelles terrasses font désormais de l’ombre aux clients des restaurants de la place Sainte-Catherine, sur le terre-plein central au pied de l’église. Certains riverains regrettent l’espace public phagocyté et parlent de «domestication par le cappuccino».

Marion Lemesre, vous êtes échevine MR du Commerce à la Ville de Bruxelles. On vous reproche de gagner sur les espaces publics...

Je viens de discuter avec une riveraine qui me dit qu’elle voudrait que ses enfants puissent jouer au foot ou lancer le frisbee place Sainte-Catherine. Je lui réponds qu’il y a un terrain de basket place du Nouveau Marché aux Grains et des terrains de foot parc Fontainas. Il y a aussi une aire de jeu juste à côté d’ici, place du Vieux Marché aux Grains.

La Ville lutte contre les night shops. On parle d’une interdiction de vendre de l’alcool après une certaine heure. Par contre, je peux consommer une bière en terrasse ici. N’est-ce pas une réglementation à deux vitesses?

L’ancienne législature a laissé les night shops se multiplier. Ça ne me plaît pas. Il n’y aura bientôt plus de consommation d’alcool permise en rue. Je préfère que vous consommiez une bière là sur la terrasse. L’occupation commerciale de l’espace public, ça ne me gêne évidemment pas en tant qu’échevin du commerce. Je préfère que les gens mangent à table plutôt que couchés par terre avec une canette du night shop. Pour ceux-là, il y a d’autres emplacements en ville.

Quid de celui qui n’a pas les moyens de s’attabler?

J’inviterai ces personnes à faire leurs courses dans un supermarché, à ramener leurs boissons chez elles dans un sachet pour les y consommer. Mais la consommation de rue doit cesser.

Mais si ces personnes sont sans-abri?

Alors elles doivent prendre contact avec le CPAS pour trouver une solution de logement.

Comme certains riverains, vous déplorez aussi la mendicité et le comportement de certains sans-abri. Mais que faire?

On m’a raconté que certains sans-abri viennent place Sainte-Catherine et font leurs besoins dans les poubelles. Juste là. Ça doit cesser! Il faut donner aux policiers les moyens d’agir. Un tel comportement, pour moi, ça mérite une arrestation. Et le Samu Social doit aussi trouver des solutions pour venir en aide à ces gens.

Les enseignes de la place Sainte-Catherine sont relativement luxueuses...

Je dirais surtout que Sainte-Catherine devient peu à peu le ventre de Bruxelles, avec ses restaurants qualitatifs et ses magasins gastronomiques: boulangerie, boucherie, champignons, poissons... Ce sont des offres de qualité vers lesquelles le quartier se spécialise.

Vous visez un développement similaire dans le piétonnier, aujourd’hui principalement couvert par des snacks?

J’espère qu’on pourra upgrader l’offre commerciale du piétonnier mais il ne doit pas devenir 100% horeca. Il faudra donc rester vigilant quant aux changements d’affectation et veiller à la cohésion de l’offre. L’idée c’est de segmenter le piétonnier avec certains tronçons horeca, puis des tronçons commerçants. Nous placerons aussi les terrasses au centre en laissant les flux piétons passer devant les vitrines.

N’y a-t-il pas trop d’événements sur le territoire de la Ville de Bruxelles?

La pression est énorme sur la Ville en terme d’animations. On a des dizaines de demandes chaque jour. On en refuse un nombre incroyable. La future agence régionale du tourisme aura là son rôle à jouer. Car la Ville n’est pas demandeuse de toutes ces activités. Certains événements restent incontournables, comme l’Ommegang, Plaisirs d’Hiver ou le Tapis de Fleurs. Mais d’autres font fuir les clients des commerces. Bien sûr, il ne faut pas voir chaque événement par la lorgnette du commerce. Mais c’est mon rôle.

source : l'Avenir (don de Patrick Taliercio)

mardi 21 juillet 2015

Soirée autour du film de Patrick Taliercio : La Seconde fugue d'Arthur Rimbaud

affiche2.jpg

Mardi 28 juillet 2015

Au Centre Social Auto-géré, Le Palmier, 59 avenue du maréchal foch, Saint-Girons

18h00 Écoute du documentaire sonore « Thomé Génot, Prends l'oseille et tire-toi »

19h00 Débat "Rimbaud et la désindustrialisation", animé par la radio La Locale

20h00 Auberge Espagnole, Apéro Pétanque

21h30 Euroland, un court-métrage de Patrick Taliercio

22h00 La Seconde fufgue d'Arthur Rimbaud, suivie d'une discussion avec le réalisateur

''La seconde fugue d'Arthur Rimbaud est une aventure de dix ans. Les premiers repérages de ce documentaire de création ont été effectués en 2005, année durant laquelle le projet a reçu une aide au développement de la part de la Communauté Française de Belgique. C'est d'abord la marotte d'un étudiant marseillais sortant de l'INSAS (Institut Supérieur des Arts du Spectacle de Bruxelles) qui ne connaissait de la Belgique à son arrivée en 2000 que ce qu'en avait écrit Rimbaud, trois poèmes en particulier : Au Cabaret-Vert, La Maline, L'éclatante victoire de Sarrebrück. Patrick Taliercio repart donc sur les lieux, remonte à pieds le trajet de la fugue jusqu'à Charleville-Mézières. En 2006, la fermeture des ateliers Thomé-Génot à Nouzonville vient ajouter un épisode à la série des pillages d'industries à laquelle semble abonnée la vallée de la Meuse. Le film se précise peu à peu comme un aller-retour passé-présent, marchant d'un pied tout aussi bien littéraire que politique.

Découverte d'un inédit

En 2007, le film reçoit une aide à la production de la Communauté Française de Belgique que vient compléter le Centre Vidéo de Bruxelles (CBA.) Différentes aides sont par contre refusées côté français. Seule la direction des musées de Charleville-Mézières accorde une résidence artistique d'un mois et demi dans la Maison des ailleurs située dans l'une des anciennes demeures de la famille Rimbaud. C'est là que le tournage commence en mars 2008 alors que la boulonnerie Lenoir & Mernier de Levrézy à Bogny-sur-Meuse fait l'actualité. Entre couverture de ce énième conflit social et exploration des archives rimbaldiennes, Patrick Taliercio découvre fortuitement chez un libraire de Mézières un texte inédit d'Arthur Rimbaud : le Rêve de Bismarck.''

Un trajet, des poèmes

Le tournage du film se poursuit en sillonnant autour de plusieurs étapes à Sedan, Fumay puis Charleroi jusqu'à l'automne 2008. Chaque lieu apporte des éléments venant à la fois compléter des observations faites ailleurs sur la fin du monde ouvrier et ses suites et résonner d'une manière ou d'une autre avec l'un des poèmes écrits par Rimbaud au moment de son trajet, à l'aube de l'ère industrielle.

jeudi 16 juillet 2015

Ni en notre nom, Ni en celui de la sainte vierge : oxi !

Texte d'accompagnement de l'installation du Musée de l'Europe " De l'autre côté du foulard" à la Chapelle d'Havré, Tourcoing, dans le cadre de Lille 2004, Capitale européenne de la culture.

Tourcoinggeneral1.gif

"De l'autre côté du foulard" installation temporaire pour la chapelle d'Havré, maison folie de Tourcoing du 14 mai au 7 juin inclus"

En complément de ses collections présentées au musée de Tourcoing jusqu'au 24 mai 2004, le "Musée de l'Europe"propose une installation temporaire à la chapelle d'Havré. Celle-ci est composée d'un drapeau européen suspendu dans la nef, d'un isoloir dont les rideaux ont été remplacés par deux hidjabs et de reproductions de documents officiels de la commission européenne.

Une sécularisation au dessus de tout soupçon ?

"Le Chancelier allemand ADENAUER et Robert SCHUMAN, tous deux fervents chrétiens, ont placé dès l'origine leurs efforts de reconstruction européenne dans la tradition chrétienne du continent et sous une sainte protection. Le choix d'un drapeau " marial " à 12 étoiles sur fond bleu ne fera que confirmer cet acte fondateur" peut-on lire dans des documents de la commission épiscopale. C'est pour cette raison que la drapeau européen a été suspendu dans la nef, en interaction avec le manteau bleu ciel de la Vierge de la chapelle d'Havré. Cet héritage revendiqué par certains peut prendre dans l'imagerie développée par l'Union Européenne des formes naïves et compassionnelles, comme l'illustrent les deux photos - comme deux images pieuses- encadrées à l'extérieur de l'isoloir, face à l'autel, et extraites de la série officielle "Symboles de l'Europe" disponible sur le site de la médiathèque de l'Union européenne.

images_pieuses_drapeau.gif

Le débat sur la charte des droits fondamentaux, la constitution européenne et l'adhésion de la Turquie ont fait de nouveau affleurer cet inconscient anthropologique. L'Islam n'en risque que plus d'être instrumentalisé comme un miroir négatif "anti-humaniste" et "anti-démocratique", repoussoir d'un héritage chrétien qui serait le socle d'une "identité européenne".

detail_pieux1.gif

"Le travail, c'est la liberté" : la providence des marchés

Le spectateur entrant dans l'isoloir est confronté à la reproduction de la couverture d'une brochure de l'Union européenne consacrée au volet économique du programme Euromed : constitution d'une zone de libre-échange euro-méditerranéenne et développement du secteur privé. En vis à vis, un texte extrait de la brochure (souligné en bleu dans celle-ci) assimile, sans lien logique, pluralisme et démocratie d'une part, développement du secteur privé et libération du "potentiel humain" d'autre part. Par ce glissement sémantique qui joue sur les deux sens de "libéralisme" (politique et économique), l'enjeu économique de la zone de libre-échange est paré des vertus démocratiques. Les traités de libre-échange signés avec les pays partenaires par l'Union européenne comportent une clause "droits de l'homme", théoriquement suspensive, mais qui n'a pas d'application pratique, comme le démontre suffisamment le cas de la Tunisie, qui fait partie des signataires (et dont le "miracle économique" tant célébré ne s'embarrasse pas de démocratie). Avec ce texte, on est en fait au coeur du credo libéral selon lequel la libéralisation de l'économie conduit, outre à la prospérité, aux libertés politiques. Le graphisme de la brochure, qui représente une ouvrière marocaine et emprunte à Andy Warhol (qui choisissait plutôt des chaises électriques et des accidents de la route) est une forme d'esthétisation du travail en usine, bien faite pour euphémiser les réalités sociales. On pourrait sous-titrer le message implicite, qui est ainsi véhiculé, d'un orwellien : "le travail, c'est la liberté". On peut pourtant difficilement croire que la constitution d'une zone de libre-échange euro-méditerranéenne qui, par exemple dans le domaine du textile, entend accentuer la "vocation", c'est à dire la spécialisation au nom des "avantages comparatifs" de "pays ateliers à bas salaires" pour concurrencer la Chine et la zone Etats-Unis-Amérique centrale soit guidée avant tout par des considérations humanistes, une volonté politique progressiste et l'ambition démocratique de renforcer les organisations de défense des travailleurs face aux donneurs d'ordre dans ces pays...

interieur1.gif

Il existe ainsi une contradiction profonde entre les politiques libérales de l'Union Européenne et ce qui fait sa légitimité et provoque donc l'adhésion du citoyen et de l'électeur : son caractère démocratique et sa vocation humaniste. Rappelons qu'aux marches de la forteresse Europe, dans le détroit de Gibraltar, on compte des milliers de morts par noyade, dans une indifférence générale, tandis que des centaines de milliers de "sans-papiers" sont maintenus sans droits dans une clandestinité propice à toutes les exploitations. Et ce n'est pas un hasard si certains de ces derniers, qui ont cru pouvoir trouver dans l'UE une terre d'accueil, se réfugient parfois dans les églises.

meda.gif

texte.gif

tunisie.gif

La croyance démocratique

Le drapeau européen symbolise la croyance démocratique dans le projet européen. Les institutions européennes violent pourtant les principes de base de l'équilibre des pouvoirs en régime parlementaire (le pouvoir législatif appartient de fait au Conseil des Ministres, c'est à dire au collège des différents exécutifs nationaux, et non au Parlement élu comme l'électeur est induit à le croire). Démocratie en trompe l'oeil pour marché véritablement de droit divin. Simultanément, l'Islam, à travers une construction médiatique favorisée par le contexte international, est de plus en plus présentée comme l'envers de la "démocratie" et d'une Europe dont les racines seraient avant tout chrétiennes. On sait que lors des élections régionales de 2004, certains assesseurs zélés ont prétendu faire retirer le foulard à des électrices musulmanes avant de pénétrer dans l'isoloir, dont la fonction est pourtant précisément de voiler au regard des autres citoyens l'exercice de la liberté politique. De plus en plus, les questions politiques sont ainsi posées en termes d'identité, de symboles d'appartenance, d'adhésion formelle à des valeurs, et non plus d'enjeux sociaux ni même d'équilibre des pouvoirs : ce n'est pas le moindre des paradoxes d'une Europe qui s'est voulue fondée sur le rejet du nationalisme et le pluralisme et qui pourrait être tentée par la construction d'un ennemi "anti-démocratique" bien commode pour sceller son unité, base de tous les nationalismes, qui serait incarné par des "barbares" de l'intérieur comme de l'extérieur. Masquant ainsi la révolution contre-démocratique qui s'opère sous son égide, vidant les "valeurs" de tout contenu, les transformant en slogans, mots d'ordre, voiles des réalités sociales et paradoxalement gages de la croyance démocratique ritualisée dans l'isoloir. Si on peut être démocrate chrétien, on peut être démocrate musulman. Cela nécessite sans doute de réintégrer véritablement la culture musulmane dans le patrimoine commun de l'Europe mais plus encore de ne pas voiler par un humanisme et un progressisme pour brochures, justement perçus comme cyniques et paternalistes, les conséquences sociales et humaines des politiques économiques menées à l'échelle euro-méditerranéenne.

vierge.gif

Bruxelles, Tourcoing, le 18 mai 2004

Bendy Glu, peintre du champ in Sint Gillis

vendredi 10 juillet 2015

Le vent de la révolte

ventdelarevolte.jpg

DIMANCHE 19 JUILLET 2015

Projection/ discussion au Mas d'Azil (09)

Pourquoi il n'y aura finalement pas d'éoliennes industrielles à Camarade en Ariège...

mais toujours davantage au Mexique ?

Le projet de Camarade est abandonné. Venez vous informer : Est ce une victoire ou doit-on rester sur nos gardes?

Autour du film Le vent de la révolte réalisé en 2015 par Alessi Dell'umbria, nous discuterons de l'implantation des projets d'éoliennes industrielles au Mexique, pays particulièrement frappé par ce «capitalisme vert». Ce magnifique film documentaire raconte la résistance des communautés de paysans et de pêcheurs à l'implantation de gigantesques parcs de plusieurs milliers d'éoliennes dans le sud du pays. Que signifie l'implantation de ces projets dans leur vie? Quelles sont les méthodes de l'Etat méxicain et des promoteurs -comme EDF energies nouvelles- pour arriver à leurs fins? Comment lutter contre ces projets destructeurs qu'on nous impose en France et au Mexique alors qu'ils sont vendus comme la solution au réchauffement climatique?__?

Le vent de la révolte est un film documentaire tourné dans l'Isthme de Tehuantepec, au Sud-Est du Mexique. Il montre la résistance des communautés indigènes de cette région aux multinationales de l'industrie éolienne, et la violence avec lequel un véritable capitalisme "vert" les dépossède de leurs terres et de leurs lagunes.A partir de ces images se révèle toute la cosmovision de paysans et pêcheurs respectueux de l'écosystème dans lequel ils vivent depuis toujours.__

Projection/débat en présence du réalisateur

et de l'association En avant camarade.

à la salle multimédia du Mas d'Azil

18h30 : Apéro, prises de paroles sur le projet de Camarade

19h30 : Projection du film

21h : Discussion auberge espagnole

- page 2 de 3 -