Musée de l'Europe et de l'Afrique

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Grandes Conférences du Musée de l'Europe

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mercredi 17 mai 2017

Le développement durable : une pollution mentale au service de l'industrie

Pour célébrer la nomination du nouveau Ministre de la "transition écologique", Le Musée de l'Europe sort de ses collections cet article datant de 2005.

environnement.gif Rond Point Schuman, Bruxelles, sculpture célébrant l'année de l'environnement. Collections du Musée de l'Europe

Les grands pollueurs ont tout intérêt à ce que le « développement durable » soit avant tout un problème de responsabilisation du consommateur-citoyen, faisant ainsi de la pollution un problème de manque de civisme et de la consommation une solution : la meilleure façon de protéger la nature, c’est encore de consommer… Et le consommateur n’a plus que l’embarras du choix : entre Leclerc et Carrefour, lequel soutenir de son acte d’achat « écologique » et « éthique » ? Quelle enseigne oligopolistique vouée à la consommation de masse, poussant au productivisme, au dumping social et aux délocalisations, jetant sur les routes un flux exponentiel de camions, est la plus engagée sur la voie du « développement durable » ?

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mardi 19 avril 2016

Le "localisé" contre le pompier global : Du jardin d'Hamois à Jeevanjee Garden

lotissement.jpg

A l'heure où l'occupation de la Place de la République, commencée comme un moyen de remporter une lutte "nationale" pour sauver le droit du travail, est médiatisée sous une forme "globale" dans un espace de mobilisations politiques et de registres d'actions déjà standardisés et délocalisés, comment le "global" s'inscrit-il et est-il reproduit sur un territoire ? Et comment résister localement à cette imposition des rapports sociaux globaux, qui peut s'appuyer sur les rapports de domination locaux incarnés par divers contre-maîtres, en les exposant pour pouvoir les subvertir ?

Le travail que nous avons mené dans le champ artistique à partir de 1999 - date à laquelle nous menions une recherche-action en tant qu'élève libre à L’École Nationale des Arts Visuels de la Cambre (Bruxelles) tout en suivant les cours de Pierre Bourdieu consacrés au monopole de l’État sur la production des producteurs artistiques (l’École des Beaux-Arts de Paris et le Salon) au temps de Manet - n'a pas perdu de sa pertinence ni de ses potentialités subversives.

Particulièrement à l'heure où le "pompier" entendu comme intellectualisme autoritaire et monopolistique s'imposant à la pratique, c'est à dire au travail et à la vie elle-même, prend plus que jamais la forme de la mondialisation de ce qu'on appelait autrefois les "appareils idéologiques d’État".(Et on peut les appeler "impériaux" dans le sens où, plus le temps passe et les technologies de la Silicon Valley prennent le pouvoir, un seul État tend à exercer cette violence symbolique).

Nous dédions la republication de ce texte agrémenté de quelques notes du Concierge, datant de 2008, à toutes les "petites mains" et aux organisations de base, particulièrement le DAL, qui produisent concrètement la forme localisée de l'occupation d'une place publique dont des publicitaires et des intellectuels auto-proclamés produisent le sens global pour mieux nous enfermer dans l'impuissance du pompier globalisé qui est le contraire de la créativité des luttes.

Le Peintre du Champ

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jeudi 14 avril 2016

Nuit Debout n'existe pas. C'est un média, idiot !

Tous les observateurs disposant de quelques réflexes sociologiques auront remarqué qu’il existe au moins deux « Nuit Debout ».

La première a une existence concrète sur la Place de la République où l’on peut espérer qu’il se passe quand même quelque chose. Oh, certainement pas une ZAD comme l’a déclaré pompeusement l’un des initiateurs, François Ruffin ! Enfin est-ce un lieu de rassemblement en attendant éventuellement d’être un lieu de convergence pour « ne pas rentrer chez soi » si le mouvement contre la loi Khomri débordait les syndicats. Ce qui est d’une importance vitale pour la sécurité (sociale, la seule, l’unique) de tous les habitants de ce pays, « présents et à venir » comme dit joliment le Roi des Belges lorsqu’il promulgue les lois au Journal Officiel. Et lorsque des gens se rassemblent, même dans un endroit où il n’y a plus que des bars branchés et où - à part effectivement les chauffeurs de taxi uberisés ou non (Lordon a de l’espoir!) - on ne risque pas de voir un travailleur après le boulot (à l’exclusion des graphistes et des publicitaires), des liens peuvent se lier qui faciliteraient grandement le sacerdoce du DAL pour obtenir le logement intra-muros de familles populaires (en réquisitionnant les surfaces vides du privé comme du public.) et empêcher les autres d'être virées par le Grand Paris jusqu'à Calais ! Et porter assistance et protection aux camps de réfugiés itinérants de Stalingrad et d’ailleurs traqués par le gouvernement le plus d’extrême-droite depuis 1944.

Mais bon pour le moment, force est de constater que ce n’est pas grand monde, et comparer ce feu de paille aux places de Madrid et de Barcelone, c’est se payer de mots et d’images (il y a encore du peuple et des classes moyennes paupérisées dans ces deux villes, malgré tout, tandis qu’à Paris intra-muros, c’est mort.) Ça tombe bien, c’est de mots et d’images qu’il est question. Car la Nuit Debout n’existe pas. Ou plutôt seul son double, la Nuit Debout médiatique, a une quelconque ampleur. Et pour aller encore plus loin, la Nuit Debout EST un média. Et les seules questions politiques qui valent sont donc : à qui appartient ce média ? Quelles catégories de représentation du monde social véhicule-t-il ? Et que va-t-il réussir à nous vendre ?

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mardi 24 décembre 2013

Nymphobancomaniac : la Justine des bancocrates

deesseEurope.jpg L'Union bancaire dans le grand lit unique européen

A l'occasion de l'adoption par le Conseil Européen du projet d'Union bancaire, largement rédigé par les lobbies bancaires eux-mêmes (qui entendent jouir sans entraves dans le grand lit unique européen) et préservant les banques régionales allemandes qui restent en grande partie des banques d'Etat permettant à la première puissance européenne de conserver un secteur bancaire soumis au pouvoir politique ce à quoi les autres "partenaires" ont naïvement renoncé, Le Musée de l'Europe vous offre la traduction hard-trash d'un article du Corporate Europe Observatory,Not about safer banks, initialement titrée "l'Union bancaire, la Justine des bancocrates". La version longue non censurée sera diffusée par la radio La Locale de Saint-Girons (récemment privée de ses subventions par la mairie et le Conseil Général...)

A écouter sur le site de La Petite Radio

jeudi 12 septembre 2013

Comment l'antiglobalisation est devenue l'altermondialisme

Paru sous le titre Le Grand Théâtre Belge de l'Europe de la Gouvernance, ce texte est un compte-rendu du "Dialogue" tenu à Gand en 2001 à l'initiative du Premier Ministre belge de l'époque, Guy Verhofstadt, dont le duo comique avec Daniel Cohn Bendit, alors que le théâtre est désormais en feu, est aujourd'hui animé par Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles. Baby Thatcher, qui n'avait pas encore été converti à l'Europe lors de la visite d'une église du Rwanda réussit ce jour-là le tour de force de convertir l'anti-globalisation à l'alter-mondialisme, moment important de la gentrification des luttes exhumé des archives du Musée...

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samedi 11 février 2012

La réforme du chômage en perspective européenne

Belgique : Le nouveau train de réformes notamment du chômage décidé par le « gouvernement papillon » (dirigé par le socialiste Di Rupo) prend prétexte de la crise pour en précipiter l'urgence. Y-a-t-il un lien entre ces mesures et la crise?

Il suffit de consulter le dernier rapport disponible remis par la Belgique à la Commission européenne au titre du suivi de la « stratégie européenne pour l'emploi » mise en place par les accords de Lisbonne (voir plus bas) pour conclure qu'il n'en est rien.

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dimanche 30 janvier 2011

Crises mondiales et mouvements sociaux

On m’a demandé d’intervenir sur la question de la crise mondiale et dans l’avion j’ai lu le Wall Street Journal qui nous informe qu’en 2009 les «Banques renouent avec le profit». En gros pour le secteur bancaire, la crise est terminée. Le seul bémol est qu’ils n’osent pas trop le dire, c’est encore dans ce journal, «de peur des réactions populaires». Tout est dit finalement. L’une des originalités de cette crise est qu’elle a frappé les riches. Et quand les riches sont en crise, ils ont les moyens de se faire entendre. C’est la différence avec les pauvres qui, eux, sont en crise tout le temps mais n’ont pas ces moyens. Il faut une étudiante en sociologie de l’Université de Ouagadougou qui a fait sa maitrise sur «les conséquences de la crise climatique sur l’artisanat féminin dans des villages burkinabè», un travail très intéressant, pour être informé d’une crise qui ne sera pas discutée au G20. Sans doute pas non plus au Forum Mondial, si personne ne fait ce qu’il faut pour cela. Or, c’est une crise comme une autre.

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samedi 1 janvier 2011

La "vision" de la culture dans le Plan International de Développement de Bruxelles

Une grande conférence du musée de l'Europe donnée à la Librairie Aden (Bruxelles) le 28 novembre 2007

voir en ligne

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mercredi 5 avril 2006

La stratégie de Lisbonne et l'emploi

Une Grande Conférence du Musée de l'Europe donnée à Marseille en avril 2006 devant les étudiants mobilisés contre le Contrat Premier Emploi (CPE)

Voir la vidéo de Patrick Taliercio

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dimanche 12 juin 2005

Précis d'Architecture de l'Union Européenne

On entend beaucoup dire ces temps derniers que le fameux titre III du projet de constitution européenne contre lequel un vent de révolte souffle dans le pays n’est que la reprise des traités précédents et que le rejet du Traité Constitutionnel Européen n’y changera rien. Raison de plus pour revenir sur les fondations récentes de l’Union européenne, maison soit disant commune où tout est bien rangé comme dans l’urbanisme à la Lecorbusier et où chacun a déjà une place réservée : qui aux cuisines, qui au ménage, qui précepteur des enfants, qui maître et qui domestique, ces derniers s’adaptant en permanence aux besoins du patron, jour et nuit grâce à la flexibilité, en fonction de ses nouvelles lubies grâce à l’éducation tout au long de la vie.

Conférence donnée à Noire Atlantique (Nantes) le 13 mai 2005, dans le cadre de la campagne pour le non au Traité constitutionnel.

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