Musée de l'Europe et de l'Afrique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Quatrième nuit de Walpurgis

Fil des billets - Fil des commentaires

mercredi 23 mai 2018

L’odeur si nauséabonde de l’hybris

Puis, aux dernières nouvelles… si peu contrastées finalement, le “gouvernement Tsipras” se prépare à dorer la pilule de cette énième diminution des montants des retraites décidée il faut préciser en toute… technicité avec l’aimable participation de la Troïka. D’où toute... cette utopie instable quant à la date probable des futures élections legislatives, entre l’automne prochain et l’année 2019, au moment le supposé mandat démocratique des Tsiprosaures irait à son terme et le pays avec.

Ces décisions de toute sorte sont ainsi adoptées actuellement et d’ailleurs en accéléré depuis que Tsipras et son cirque de SYRIZA/ANEL règnent alors en rois bouffons au pouvoir des marionnettes. Sans la moindre consultation démocratique, au détriment du pays, des droits, des règles en matière d’environnement, les gouvernants alors salissent et détruisent tout, laissant derrière eux l’odeur si nauséabonde de l’hybris.

Leur dernière decision en date, si peu présente à travers la presse, tient de ce terrible décret du ministrion de l’Energie, ayant provoqué déjà l’indignation chez habitants et aux collectivités locales à Agrafa, région montagneuse dont l’autonomie et l’autogestion furent même respectées sous les Ottomans, c’est pour dire.

Le décret, impose sans la moindre consultation la construction de deux immenses parcs d’éoliennes, et un scandale d’après le Mouvement des citoyens pour la protection de l’environnement de la région Evritania/Agrafa. Faisant suite à plusieurs ajournements et rejets, le ministère de l'Environnement et de l'énergie, a finalement accordé la licence d'installation pour deux projets éoliens géants dans cette région d'Agrafa, ces décisions ont été signées par le ministre par simple ordonnance adréssée au... Gestionnaire des Energies, un certain Alexopoulos.

Ceux du Mouvement des citoyens pour la protection de l’environnement de la région Evritania/Agrafa rappellent d’abord, que pour ce qui est du grand ensemble montagneux du Pinde, son cœur se situe très exactement à Agrafa. Ainsi, une économie viable et surtout intelligente dans la région, n’est alors possible qu’en mettant l'accent entre autres, sur le tourisme alternatif, sur l'agriculture et sur certaines autres activités traditionnelles.

“Seule une telle option viable peut redonner vie et ainsi espoir aux réalités humaines de la région, pour la maintenir même dans la mesure du possible au sein d’une économie nationale ayant enfin du sens.” Pauvre pays, dévasté durant la décennie 1940 entre l’Occupation et la Guerre Civile, Grèce des montagnes alors vidée de plus de 700.000 habitants et dont le coup de grâce se concrétise sous les escrocs politiques actuels.

Ces derniers, largement téléguidés (et très probablement… concrètement et correctement remerciés) par les constructeurs des éoliennes, éventuellement Allemands ; marionnettes politiques grecques faisant alors de leur… mieux. Deux grandes installations éoliennes doivent être construites aux sommets vierges de la région d’Agrafa et cela à une altitude d’ailleurs inhabituelle en Grèce comme dans le reste monde, se situant entre 1600 et 2000 mètres. L’Hybris et la démesure… qui atteignent des sommets jusque-là inimaginables.

Le tout, dans une zone très protégée et classée Natura... aux conséquences désastreuses alors incalculables, (“Quotidien des Rédacteurs” du 16 mai 2018).

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Problème technique" sur son blog Greek Crisis

La Cour de Justice de l'UE abolit le Parlementarisme et la souveraineté qui "appartient au peuple"

seguinmaastricht.PNG Philippe Seguin soulève une exception d'inconstitutionnalité lors du débat parlementaire sur l'adoption d'une modification de la Constitution visant à permettre l'adoption du Traité de Maastricht (cliquer sur l'image pour écouter le discours)

"Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément" (Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789)

Les ministres du Commerce de l'Union européenne ont validé mardi une nouvelle approche dans la conclusion des futurs accords commerciaux de l'Union qui permettra de se passer, selon les cas, de leur ratification par les Parlements nationaux afin d'accélérer les discussions.

Cette approche permettra à l'Union européenne d'éviter que les traités qu'elle négocie puissent être stoppés par un seul Parlement national ou régional, comme ce fut le cas dans le passé pour l'accord avec le Canada, le CETA.

Opposé à certains dispositions du CETA, le seul Parlement de la région belge francophone de Wallonie avait bloqué, fin 2016, sa signature pendant plusieurs jours, engendrant une mini-crise diplomatique avec Ottawa.

Décision de la Cour de justice de l'UE

La nouvelle approche européenne fait également suite à une décision rendue en mai 2017 par la Cour de justice de l'UE (CJUE) qui clarifie les compétences de l'Union et des Etats membres en matière commerciale.

La CJUE avait estimé que la quasi-totalité des thématiques négociées dans le cadre d'un accord de libre-échange était de la compétence exclusive de l'UE, à l'exception de certaines dispositions relatives à l'investissement.

A l'avenir, la Commission proposera donc de scinder les accords commerciaux en deux: d'un côté les dispositions purement commerciales qui ne nécessiteront que l'approbation du Parlement européen pour entrer en vigueur; de l'autre, un accord d'investissement qui devra être ratifié par tous les Parlements.

Cas par cas

Il appartiendra cependant aux États membres de décider, "au cas par cas, de la scission des accords commerciaux" en fonction de leur contenu, souligne le Conseil de l'UE dans son communiqué.

Les traités de libre-échange les plus récents conclus par l'UE étaient jusqu'alors ratifiés par les Parlements nationaux après un vote du Parlement européen.

Mais la procédure est longue: il a par exemple fallu quatre ans et demi pour que l'accord avec la Corée du Sud soit ratifié.

En outre, ces accords font face à une opposition publique grandissante dans toute l'Europe, ce qui rend incertaine leur ratification par l'ensemble des Parlements nationaux et régionaux européens.

Source : RTBF

mercredi 16 mai 2018

Ceci n'est pas un Coup d'Etat !

thisisnotacoup2.png Cliquer pour voir le film (sous-titres disponibles en plusieurs langues)

"Le 25 Janvier 2015, Syriza remporte les élections législatives sur un programme de rupture. Le 5 juillet, un incroyable «OXI», à 61%, confirmera la volonté grecque de ne pas se soumettre aux nouvelles ordonnances européennes. Pourtant une semaine après ce véritable plébiscite populaire pour le «NON», la messe est dite : dix-huit heures de négociations «au finish» ont eu raison des espoirs mis dans le gouvernement d’Aléxis Tsípras. Une capitulation en rase campagne. «J’assume la responsabilité d’un texte auquel je ne crois pas», affirmera le Premier ministre. Deux jours plus tard, le Comité central de Syriza rejette pourtant l’accord, dénonçant une atteinte sans pareille à «toute notion de démocratie et de souveraineté populaire». Le troisième Mémorandum (encore plus dur que les précédents) ? Il sera finalement entériné au Parlement grâce à l’appui de la droite et du PASOK.

Ce documentaire décrit les interventions financières de la BCE en Italie, Portugal, Chypre et Grèce. Ex chefs d'état (D. Christofias), ministres (O. Lafontaine), cadres de l'UE (E. Davignon), économistes et commentateurs éminents (A. Friedman, A. Petifor, O. Jones, etc.) analysent la relation des institutions avec les banques et les grandes entreprises. Il est démontré que la pression des créanciers s’est imposée pour faire plier les gouvernements, voire les renverser...

Un film de Aris Chatzistefanou et Aris Triandafyllou (2016)

Voir et revoir les précédents pour que l'histoire immédiate ne soit pas effacée pour préparer la suite des catastrophes - "émancipées" ! -...

FascismINC.jpg Cliquer sur l'image pour voir le film (activer les sous-titres en français)

Brèves histoires inconnues du passé, du présent et du futur du fascisme et de sa relation avec les intérêts économiques de chaque époque. Nous voyagerons de l’Italie de Mussolini à la Grèce pendant l’occupation nazie, la guerre civile et la dictature; et de l’Allemagne de Hitler au fascisme moderne en Grèce et en Europe.

Un film de Aris Chatzistefanou, Infowar Productions, 2014.

Le film est également téléchargeable gratuitement pour des projections, ici

Auteur également de : Catastroïka (2013) (à télécharger au format projection ici et à voir sur youtube)

catastroika.jpg

CATASTROIKA analyse les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, CATASTROIKA essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s΄applique à un pays sous surveillance économique

et

Debtocracy (2011) (à télécharger au format projection ici et à voir sur youtube)

Debtocracy.jpg

Debtocracy est un documentaire produit pour la première fois en Grèce par le public. Le film analyse les causes de la crise de la dette et propose des solutions jusqu’ici ignorées par le gouvernement et les médias. Aris Chatzistefanou et Katerina Kitidi interviewent des économistes, des journalistes et des intellectuels du monde entier, qui expliquent les étapes d’un processus qui a entrainé la Grèce dans la gouvernance par la dette. Le documentaire propose de suivre les expériences de pays comme l’Équateur qui a créé une commission d’audit de la dette.

Ces films constituent un travail militant mené quasiment en temps réel grâce à des souscriptions. Il est tout à fait inconséquent que les différentes "Nuits debout" ne les mettent pas au programme de leurs projections. L'histoire et le travail des militants, des chercheurs, et la résistance n'ont pas commencé un 31 mars, du passé, donc des causes, faisant table rase... (Note du Concierge)

dimanche 13 mai 2018

La Grèce sous tutelle jusqu’au remboursement des prêts

La fin annoncée du 3e mémorandum signé par Tsipras en août 2015 ne doit pas faire illusion : les conversations entre l’Eurogroupe et le Ministre des Finances grec Tsakalotos portent sur l’aménagement de la nécessaire « tutelle » législative et budgétaire qui va être imposée pendant des années à la Grèce par ses créanciers, dans le but d’effectuer les « réformes » non encore accomplies après le 28 août 2018, date prévue officiellement pour la fin du troisième programme « d’aide ».

L’Eurogroupe de janvier 2018 a précisé à nouveau la liste des 88 prérequis encore en suspens, à régler pour le bouclage de la 4e évaluation, qui doit avoir lieu au plus tard en juin 2018, pour la délivrance de la dernière tranche de 11,7 milliards d’euros, quatrième et dernier versement du programme. Selon le Ministre Tsakalotos « il n’y aura pas de nouvelles mesures », seules les « promesses » non réalisées sont concernées : le cadastre, les privatisations - en particulier dans le domaine de l’énergie - la « réforme » de la fonction publique et l’attribution des permis des maisons de jeu électronique et de casinos sont en première ligne, la baisse du seuil minimum d’imposition. À noter que le programme électoral de Syriza énoncé à Thessalonique en septembre 2014 prévoyait la restauration du seuil de non-imposition à 12 000 €/an. Le seuil de non-imposition a été fixé après de multiples négociations à 8.600 pour une personne seule, à 9000 euros annuels pour un couple avec deux enfants à charge. La situation va se dégrader car, sous la pression de la Troïka, le gouvernement s’est engagé en juin 2017 à rabaisser ce seuil à 5.700 euros et 6130 euros respectivement à partir du 01/01/2019 3. Et encore, la réalisation des mises aux enchères par internet, l’application de la TVA à 24% dans toutes les îles dès juillet 2018 (dont celles où sont confinés un grand nombre de réfugiés), la modification des critères de calcul de l’impôt ENFIA sur les bâtiments...

Sur les 86 milliards prévus du 3e accord de prêt d’aout 2015, la Grèce n’a reçu que 58,6 milliards € ; il est prévu que les 27,4 milliards restants seront attribués après mai 2018, une fois leur utilisation précisée. Précisons que la majeure partie de la somme est repartie immédiatement vers les créanciers sous la forme de remboursement de la dette, tandis que 45,4 milliards d’Euros, résultant de ces différents accords de prêt ont été injectés depuis 2010 dans la recapitalisation des banques privées. Pour recevoir le reste, le pays doit donc matérialiser une série de réformes avant le mois d’août 2018. D’après le Mécanisme Européen de Stabilité s’exprimant au nom des institutions, cette dernière tranche du prêt devra permettre principalement de régler les dettes du pays en suspens.

Comme Dijsselbloem le déclarait en janvier 2018 au Financial Time, « le Premier Ministre Tsipras et le ministre Tsakalotos ont entièrement changé le ton des rapports avec les partenaires communautaires. Tout est désormais beaucoup plus facile, c’est une situation tout à fait différente ». CQFD.

(...)

La dictature fiscale instaurée par le troisième mémorandum

Les mesures d’austérité du troisième mémorandum ont fait augmenter les dettes d’impôts de 20 milliards d’euros en créant 500.000 endettés fiscaux supplémentaires entre 2015 et 2017. Des dettes qui s’élevaient à 40 % du PNB fin 2014. Pourtant Tsipras avançant les chiffres officiels annonçait en janvier 2017 que les objectifs fiscaux avaient été atteints pour les deux années précédentes. C’est la démonstration que les objectifs fiscaux fixés par l’État grec sont bien supérieurs à ses besoins budgétaires mais surtout, qu’ils dépassent largement la capacité de paiement des contribuables grecs.

Résultat, pendant le seul mois de février 2018, 2,5 milliards d’euros supplémentaires se sont ajoutés aux dettes d’impôts non honorées. L’Agence Autonome des Recettes Publiques se prépare à procéder à des saisies, tandis que les mises aux enchères par internet pour dettes envers l’État seront mises en route, à partir du 27 avril 2018, en particulier pour contenter les créanciers qui en ont fait un prérequis sine qua non.

Avec la même multi-loi de janvier 2018, le numéro fiscal (AFiMi) personnel qui conditionne toutes les opérations commerciales et nombre de procédures administratives pourra être supprimé par l’Agence Autonome des Recettes publiques. Par ailleurs elle pourra attribuer un numéro fiscal à quiconque, personne physique ou morale, pourvu qu’elle dispose de quelques éléments clé, ce qui lui permettra de verbaliser ou d’agir en représaille de supposées infractions, y compris en réclamant à une nouvelle personne morale les arriérés dus par un des membres de son Conseil d’administration si celui-ci est un contribuable qui s’est endetté dans les cinq dernières années, pour une hauteur minimale de 15 000 euros, dans le cadre de la lutte contre l’évasion et l’échappement fiscal.

La Grèce s’était engagée à appliquer une baisse du seuil minimum d’imposition prévue après 2020. En effet le FMI et le reste des Institutions invoquent la nécessité de produire un excédent budgétaire de 3,5% du PIB dès 2019. Le gouverneur de l’Autorité Autonome des Recettes Publiques, contrôlée par les Institutions européennes et qui remplace le Trésor en Grèce a annoncé en mars 2018 que la baisse du minimum d’imposition interviendrait plus tôt que prévu, sous peine de voir activer le « sécateur » (koftis), voté par la multi-loi de mai 2016. Ce sécateur permet d’imposer de nouvelles mesures d’austérité sans passer par une décision ministérielle ou un vote préalable du parlement grec, en cas de non-respect de l’objectif d’un excédent primaire (hors service de la dette) de 3,5% en 2018 et après – et donc indépendamment de la composition du gouvernement

Lire l'intégralité de l'article de Marie-Laure Coulmin Koutsaftis sur le site du CADTM

mardi 1 mai 2018

La notion de faits matériels à l'époque de la post-vérité (institutionnelle)

Selon le Muslim Post, Tariq Ramadan, supposé innocent à ce stade de la procédure, devrait rester en détention provisoire à la demande du Procureur anti-terroriste de l'affaire Coupat et des juges d'instruction.

moulis.PNG "Le groupe de Tarnac était une fiction" : Le Procureur Moulis, responsable du fiasco de Tarnac... Et non sanctionné à ce jour pour s'être acharné sur des désormais officiellement innocents pendant... 10 ans ! Gare au Gorille ?

Pour ces derniers : « le délai prévisible d’achèvement de la procédure peut être fixé à seize mois »

Rappelons qu'en trois mois de détention, Tariq Ramadan n'a été interrogé par les juges... aucune fois !

Pour le Procureur :

Tariq Ramadan est « domicilié à l’étranger, à Londres, où il vit avec sa famille et se trouve titulaire d’un passeport suisse[1]. Il est amené à se déplacer régulièrement dans divers pays, dans le monde entier. » Le parquet craint que le professeur quitte l’Hexagone et, même s’il s’est présenté à la convocation des enquêteurs il y a deux mois, cela « ne constitue pas une garantie de représentation suffisante, eu égard à ses dénégations répétées en confrontation avec Paule-Emma A. » Autrement dit : c’est parce qu’il nie les faits que le risque de fuite serait accru. (Muslim Post)

Rappelons que les avocats de Tariq Ramadan ont proposé :

1) la remise de son passeport

2) une assignation à résidence en France

3) une caution

4) si cela n'était pas suffisant, un bracelet électronique

Par ailleurs selon le Procureur :

« le risque de pressions sur les témoins étant manifeste au regard du contexte de cette affaire et des manœuvres d’intimidation et de menaces dont font part les trois plaignantes. » (souligné par nous)

Dont font part...[2] : pas plus que les viols, il n'y a donc aucune preuve matérielle... Si ce n'est des captures d'écran d'insultes envoyées via Twitter et FB (et qui sont donc portées à charge d'un homme emprisonné ne pouvant communiquer avec l'extérieur et qui a dans une vidéo explicitement condamné ce genre d'attaques contres les plaignantes...). Sans compter que les plaignantes sont des plus fréquentables si on en juge par leurs soutiens

La Presse, juge des Libertés

Mais le meilleur est pour la fin :

Dans ses réquisitions, le parquet estime que, à cause du « retentissement médiatique indéniable et qui perdure, (…) la remise en liberté de l’intéressé (…) serait de nature à créer un trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public. »

La raison de la violation de l'Habeas Corpus, c'est donc la Presse...

Lourde responsabilité mise sur elle par le Parquet et les Juges...

Qu'en pensent Marine Turchi, Edwy Plenel et Raphaëlle Bacqué ?

Car d'une certaine façon, ils sont cités à l'instruction tous les trois...

On attend leurs protestations en Chaire...

On relira cette prédiction de Pierre Bourdieu sur "l'emprise du journalisme"

Conclusion

A ce jour une seule chose affirmée par les parties a été confirmée.

Tariq Ramadan souffre d'une sclérose en plaques.

C'est le seul élément matériel, dénié par l'appareil judiciaire dans un premier temps, qui a été prouvé.

Comme nous l'avions affirmé avant même son incarcération :

Tariq Ramadan est un prisonnier politique.

Quels que soient les faits, Tariq Ramadan N'EST PAS en détention provisoire pour des crimes qu'il reste à prouver.

Mais pour toute autre chose.

Le Musée de l'Europe exige sa libération immédiate.

Au nom de nos libertés à TOUTES ET TOUS.

PS (sic) : Le Tribunal du Musée de l'Europe a ouvert une enquête préliminaire contre Marine Turchi, Raphaëlle Bacquet et Edwy Plenel pour "mise en danger des libertés constitutionnelles".

Le Concierge

Bonus :

Autres faits matériels portés à la connaissance de la Presse ce jour...

Notes

[1] Jésus, Marie, Joseph !

[2] Se lit évidemment en rapport avec "manifeste" du point de vue de la Vérité...

lundi 30 avril 2018

"On est là dans quelque chose qui est d'une perversion extraordinaire"

vidalmanifeste.PNG cliquer sur l'image pour voir l'interview de Dominique Vidal

« Je le dis comme je le pense, un certain nombre de signataires de ce texte, avec ce texte, sont des fourriers de l’antisémitisme en France. » Le journaliste et historien Dominique Vidal réagit au « Manifeste contre le nouvel antisémitisme » publié le 22 avril par le journal Le Parisien et signé par 300 personnalités politiques, dont un ancien président de la République, trois ex-premiers ministres, des élu.e.s, des intellectuel.les,des artistes...

Y a-t-il une montée de l’antisémitisme en France ? Faut-il réécrire le Coran ? Critiquer Israël, est-ce antisémite ?

Les résidences principales tombent entre les griffes de l’Agence Autonome des Recettes Publiques

Trois ans après l’élection de janvier 2015 qui a porté Tsipras et Syriza au pouvoir sur un programme de sortie de l’austérité et des memoranda, seule possibilité pour la Grèce de retrouver sa souveraineté, la loi mammouth votée début janvier 2018 prévoit la saisie et la mise aux enchères des biens privés envers l’administration pour dettes supérieures à 501 €. À noter que tant le FMI que le gouverneur de la BCE, Mario Draghi lui-même, font des saisies en ligne une condition sine qua non pour la 4e évaluation qui conditionne le 4e et dernier versement. La même loi prévoit que les protestations contre les mises aux enchères qui en ont empêché jusque-là la « bonne tenue » seront pénalisées par des peines d’emprisonnement ferme de 3 à 6 mois.

"Le nombre des contribuables qui ne peuvent plus faire face à la pression fiscale augmente de manière proportionnelle à la progression du taux de pauvreté"Si les résidences principales des gens les plus modestes étaient jusque-là protégées de l’appétit des banques par un arsenal législatif (loi Katseli revue, durcie mais étendue jusque fin 2018 par la loi Stathakis), les nouvelles mises aux enchères prévues au bénéfice de l’Autorité Autonome des Ressources publiques, qui a remplacé le service des impôts et des douanes, ne sont soumises à aucune restriction. Ainsi dès février 2018, des résidences principales ont été mises aux enchères sur une plate-forme digitale, concernant indistinctement riches fraudeurs ou petits entrepreneurs ruinés qui ne peuvent plus payer les cotisations, petits propriétaires retraités pauvres ou chômeurs qui ne peuvent plus faire face à leurs taxes.

En effet, le nombre des contribuables qui ne peuvent plus faire face à la pression fiscale augmente de manière proportionnelle à la progression du taux de pauvreté, résultant des réformes imposées par les créanciers depuis 2010.

Petit à petit, même le paiement de factures domestiques est devenu difficile. En effet la hausse des impôts et le démantèlement des services publics comme l’électricité, l’eau courante et le gaz, et la surtaxation cumulée (TVA sur la somme finale qui contient déjà 15% de taxe...) ont abouti à des hausses exponentielles des factures. Résultat, il n’est pas rare que des factures d’électricité ou d’eau s’élève à 700 ou 1000 euros, causant un déséquilibre durable sur un budget familial serré. 30% des clients de DEI l’entreprise encore publique d’électricité sont en rupture de paiement et les coupures d’accès à l’électricité se multiplient.

Extrait de l'article de Marie-Laure Coulmin Koutsaftis paru sous le titre "Appauvris par les memoranda, les Grecs vont perdre tous leurs biens" sur le site du CADTM

Possibilité d’obtenir un visa Schengen pour tous les étrangers hors UE achetant un bien immobilier en Grèce pour plus de 250 000 euros

De fait, après une dizaine d’années de baisse continue des prix de l’immobilier dans le centre d’Athènes à cause de la crise, Airbnb commence à changer la donne. « Ces deux ou trois dernières années, il y a eu un véritable boom, tous les propriétaires athéniens ont publié une annonce sur Airbnb », explique Panagiotis Agapitis, agent immobilier. « Les loyers ont augmenté dans certains districts d’Athènes pour cette raison – même s’ils restent encore relativement bas. Dans les quartiers proches de l’Acropole, il n’existe tout simplement pas d’appartement libre à louer… »

Une des raisons de cette hausse : la possibilité d’obtenir un visa Schengen pour tous les étrangers hors UE achetant un bien immobilier en Grèce pour plus de 250 000 euros. Ensuite, ces appartements, pas toujours occupés, sont mis en location sur Airbnb. D’après la Banque de Grèce, les capitaux étrangers pour l’achat de biens immobiliers en Grèce ont augmenté de 61,7% au premier trimestre 2017, contre 45% en 2016. En 2015, avant l’adoption de cette mesure incitative, ils affichaient une baisse de 36%.

« La plupart des investisseurs chinois achètent à Exarchia, Koukaki et Kolonaki, des quartiers d’Athènes proches des sites touristiques. Malgré la bureaucratie qui reste importante, ils misent sur le tourisme qui se porte de mieux en mieux en Grèce », explique le président de l’association des agents immobiliers de l’Attique, Lefteris Patamianos. Selon Enterprise Greece, 4962 permis de séjour ont été accordés en 2017 à des acheteurs de biens immobiliers, dont 2091 à des Chinois, les premiers acheteurs étrangers en Grèce."

Le Courrier des Balkans, via La Grèce est à vendre tout va partir

samedi 28 avril 2018

Affaire Tariq Ramadan : la battue se poursuit

Il n’est pas besoin d’être partisan de Tariq Ramadan ni même d’être musulman pour se sentir très à l’aise à rappeler que, dans cette affaire, c’est le traitement médiatique et l’instrumentalisation politique qui posent problème et qui posent même un problème majeur pour notre démocratie.

L’acharnement contre Tariq Ramadan, le mépris de sa présomption d’innocence et de son droit à pouvoir répondre aux attaques médiatiques et politiques qu’il subit – alors que, placé en détention provisoire, il ne le peut manifestement pas -, n’interpellent pas seulement les musulmans ou ses partisans. Cette campagne objective de dénigrement, alors même qu’une procédure judiciaire est en cours, interpelle l’ensemble des Français à un moment de basculement périlleux de notre société où les frontières intellectuelles entre l’extrême-droite et une partie de la gauche et de la droite s’effondrent et promettent d’accentuer les clivages et d’exacerber les tensions.

(...)

Chacun peut et doit légitimement s’interroger sur l’attitude et les choix de communication des partisans de Tariq Ramadan, mais ne pas le faire au sujet des plaignantes, de leurs propres soutiens ou des détracteurs notoires de l’accusé, alors même que leur comportement est tout aussi discutable et litigieux, sinon même davantage, c’est faire preuve de déni et refuser de voir ce qui se produit pourtant sous nos yeux.

Peut-être Tariq Ramadan aura-t-il à répondre à son auditoire musulman au sujet d’éventuelles relations extra-conjugales qui le mettraient en porte-à-faux avec ses enseignements, c’est là un débat interne aux milieux musulmans et nul ne peut préjuger de ses conclusions. Ce qui est certain, c’est que la presse aura à répondre de ses propres agissements à l’ensemble des Français, dans un contexte social et intellectuel de plus en plus sensible et difficile.

Car comment la presse expliquera-t-elle, alors même que l’accusation pour crime de viol commence à s’effondrer, qu’elle a pu se complaire dans la mise en spectacle de la vie privée d’un homme aux seules fins de nuire à ce dernier ? Comment expliquera-t-elle qu’elle a accepté de trahir sa propre mission d’impartialité et de se laisser instrumentaliser politiquement, sinon de politiser elle-même le débat ? Comment expliquera-t-elle la sélection sinon la rétention d’informations – aujourd’hui encore – capables d’expliquer et de remettre en cause la position des plaignantes, alors même qu’elle fait feu de tout bois pour accabler l’accusé, lequel, placé aux arrêts et contraint au silence, ne pourra pas, elle le sait, lui répondre ?

Quelle est cette presse qui se comporte ainsi et prétend, ici comme sur d’autres sujets, nous éclairer sur l’avenir et jouer un rôle démocratique dans notre société ? Son entêtement relève-t-il simplement du déni et de l’orgueil, ou encore d’une prise de conscience qu’elle se serait fourvoyée et ne sait plus comment faire machine arrière ? Ou bien est-il possible que son rôle soit encore plus calamiteux et qu’elle se soit définitivement égarée ?

Extrait de l'article de Mathieu Vernerey paru sur son blog

GRÈCE 2018 : LA BATAILLE DE LA DETTE PRIVÉE ET DES HABITATIONS PRINCIPALES

(...) Après la capitulation de juillet 2015, suivant les termes du 3e mémorandum et les recommandations des créanciers internationaux de la Grèce (BCE, FMI, Commission Européenne), la loi a donné priorité au remboursement des banques en cas de faillite d'une entreprise. Cette priorité s'exerce au détriment de l'État, des caisses d'assurance et des particuliers, dont les salariés aux salaires impayés. Pour homologuer cette mesure il a fallu réformer en un clin d'œil le Code Civil grec. Quand la Troïka ordonne et que Tsipras s'exécute, la régularité juridique passe au second plan.

En faisant fi de toute cohérence, le gouvernement SYRIZA-ANEL n'a cessé de clamer sous tous les tons que, malgré sa capitulation (« compromis honorable » en novlangue syrizéenne) et son ralliement au camp des banquiers, les habitations principales des ménages modestes resteraient protégées des saisies. La désinformation a été relayée par des alliés au sein des directions des partis du Parti de la Gauche Européenne (PGE), acculés par le besoin de sauver les apparences suite à la terrible défaite.

La supposée protection des habitations principales des foyers modestes est celle de la « loi Katselis » mais bien rabotée suivant les recommandations des créanciers (BCE, FMI, Commission Européenne), par l'ajout de conditions à remplir par les débiteurs pour pouvoir en bénéficier. Il s'agit de clauses de revenus du foyer et de valeur du bien hypothéqué. Il faut qu'une partie des dettes de la personne soit due aux banques et que le débiteur n'ait pas exercé d'activité à caractère commercial l'année précédant sa demande de bénéficier des avantages de la loi. Il est important de citer que la dérogation à la saisie de l'habitation principale qui pourrait être accordée a seulement caractère de sursis, les effets de la loi prenant fin le 31 décembre 2018. Le nouveau format de la loi, dont SYRIZA fait mine de s'enorgueillir, figurant en tant qu'article de la loi d'application du 3e mémorandum (août 2015) et portant le nom « loi Katselis-Stathakis » (du nom du ministre actuel de SYRIZA) est restrictif pour une grande partie des débiteurs modestes menacés de saisie de leurs logements.

Concrètement, la loi protège les habitations principales de valeur inférieure à 180.000 euros, bonifiée par le nombre des membres du foyer. À noter que la valeur ainsi déterminée est la «valeur fiscale» fixée par le gouvernement, bien supérieure en temps de crise à la valeur du bien sur le marché.

Les revenus du débiteur éligible à la protection de la loi ne doivent dépasser de 70% le montant des «frais raisonnables de vie». Ce montant aujourd'hui fixé par le gouvernement grec à 680 euros mensuels pour une personne seule, indique que le niveau des revenus du débiteur ne doit dépasser les 1150 euros mensuels, dont 470 euros obligatoirement alloués au remboursement de sa dette. Ces sommes sont indexées sur le nombre des membres du foyer. Selon des sources proches du gouvernement, la loi actuelle protégerait les habitations principales de 60% des ménages surendettés. Mais, même en admettant que cette estimation soit réaliste, ce qui reste à démontrer, cette loi laisse à découvert 168.000 foyers, la précarisation desquels est susceptible de déclencher une nouvelle crise sociale.

Pour dorer la pilule, le gouvernement SYRIZA-ANEL précise que des allègements plus larges pourraient être obtenus par négociations directes «de bonne foi», entre les débiteurs et les banques. Voilà donc un gouvernement « de gauche » qui délègue la politique sociale aux banquiers !

Un autre retournement du gouvernement SYRIZA concerne l'interdiction aux banques de revendre des emprunts problématiques aux « sociétés de gestion de dettes» ou fonds-vautours. L'activité de ces sociétés (grecques, européennes ou en provenance de pays tiers) fut cependant légalisée par la loi du 16 décembre 2015. Ces sociétés ont le plein droit de racheter aux banques des prêts à prix jusqu'à 3% de la valeur nominale, de les revendre sous forme de paquets de titres ou d'exiger leur remboursement par des méthodes d’intimidation et de harcèlement dont elles ont le savoir-faire. Les banques obtiennent également le droit de revendre des prêts en règle dans des paquets mixtes. Les critiques de cette loi réclament la possibilité de rachat des prêts à une valeur raisonnablement inférieure à la nominale (pas moins de 50%) par les débiteurs eux-mêmes, mais le ministre Stathakis de SYRIZA rétorque qu'une telle disposition serait «un encouragement indirect à la fraude et à la mauvaise foi». Au sujet des saisies de logements à venir, le gouvernement SYRIZA soutient que leur mise en œuvre massivement « favorisera la reprise de l’économie grecque et la consommation car, si les banques se débarrassent des prêts problématiques elles pourront recommencer à prêter de l’argent » pour démarrer un nouveau cycle infernal identique au précédent, en ayant entre temps ponctionné des richesses aux classes populaires et moyennes.

Luttes pour la défense du logement des familles modestes

Les saisies et les ventes aux enchères s’intensifient aujourd’hui par le gouvernement Tsipras, guidé par la Troïka, dans l’effort de prévenir un nouveau naufrage des banques en Grèce, une fois de plus en équilibre instable. L’implémentation des mesures est « sous haute supervision » par le biais d’évaluations régulières de l’économie et de la politique grecques, dont la passation réussie est la condition pour le déblocage des tranches du financement à l’Etat grec. Pour les néolibéraux, la stabilisation en Grèce du système bancaire passe par l’expropriation et la précarisation des classes populaires et moyennes. Notons que, même lorsque les débiteurs saisis sont des personnes fortunées, les conséquences se reportent directement sur les classes travailleuses, dans le cas locaux alloués à la production, la saisie marquant l’arrêt de celle-ci. Ainsi, on ne s’étonne pas de voir le Parti Communiste de Grèce (KKE), qui ne s’est jamais positionné comme représentant des classes moyennes, ni partisan des mouvements citoyens horizontaux, rejoindre le mouvement populaire de lutte contre les saisies et les mises aux enchères.

Dans le contexte catastrophique de la Grèce actuelle, la défense du logement des familles modestes passe par des luttes massives et polymorphes d’obstruction au travail de l’administration, des notaires et de la justice lors des procédures de saisie, d’expropriation et de mise aux enchères. Le mouvement populaire grec, dans ses diverses tendances, s’y est déployé depuis le début de la crise, car le fléau des expropriations y était déjà à l’œuvre. Le grippage de la machine des saisies est une éventualité réaliste, compte tenu du nombre énorme de cas à traiter.

Les mobilisations massives devant et dans les tribunaux organisées par des collectifs citoyens ont été soutenues très activement par Unité Populaire, ANTARSYA, KKE et d’autres formations de la Gauche Radicale. Je profite pour faire un clin d’œil aux camarades français présents lors de certaines de ces mobilisations. Ces actions ont réussi d’empêcher les tribunaux de tenir audience et de rendre des décisions, faisant trainer les saisies de report en report. La répression policière violente déployée par le gouvernement SYRIZA, a davantage attisé la combativité les militants plutôt que de décourager le mouvement. Des dizaines d’audiences ont été empêchées.

Le gouvernement de SYRIZA, cavalier sur le jeu d’échec néolibéral, avance par petits sauts obliques pour préserver les restes de sa cote de popularité, mission impossible ! Ainsi, la mécanique infernale des saisies, que la Droite avait échoué de mettre en place, est pleinement déployée aujourd’hui, deux ans et demi après la capitulation de juillet 2015. La cerise sur le gâteau sera le démarrage des saisies électroniques par l’administration publique le 1er mai 2018, une manière ironique pour SYRIZA de célébrer la fête des travailleurs !

Afin de contourner cette résistance populaire le gouvernement SYRIZA implémente la mise aux enchères des biens saisis par voie électronique, notamment des logements des familles populaires. Ce dispositif avait initialement rencontré l’opposition des notaires grecs, surtout des petites villes de province, refusant de se connecter à la plateforme. Par la « loi-valise » d’application du mémorandum de janvier 2018, SYRIZA rend obligatoire et exclusif, à partir du 21/02/18, le recours à la voie électronique avec la possibilité de délocaliser la procédure en cas de situation locale compliquée. L’objectif est d’effectuer des mises aux enchères par centaines, et par milliers si possible. Il n’empêche que les études notariales, certes moins repérables que la salle d’audience du Tribunal d’Instance, sont des lieux physiques, lieu de rendez-vous possibles du mouvement populaire, qui y a déjà répondu présent plusieurs fois depuis l’application du nouveau dispositif.

Les poursuites à l'égard des militant-e-s et l'intensification de la répression restent donc des recours nécessaires pour le gouvernement SYRIZA qui veut mener le projet néolibéral jusqu’au bout. Un amendement de loi a donc été déposé, arguant dans le rapport préalable que les actions d’obstruction aux mises aux enchères « nuisent à l'intérêt budgétaire suprême de l'État, à la stabilité du système financier et à l'approvisionnement des banques en liquidités » (!) L'amendement ouvre la possibilité de poursuites d’office de ces militant-e-s et de jugements en comparution immédiate. L’entrave aux mises aux enchères est considérée comme un délit spécifique, sui generis. Auprès de l'opinion publique grecque, les dispositifs légaux d'exception ont très mauvaise presse, faisant écho au droit de la dictature des colonels et des suites de la guerre civile. La partition du néolibéralisme austéritaire version SYRIZA s'achève par l’usage immodéré de la force scélérate et brute : mensonges médiatiques, faux témoignages devant les tribunaux, matraquages, gazages, violences infligées aux militant-e-s-qui manifestent. Malgré le risque de «de faire des héros des opposants» de la vraie Gauche Radicale selon l'aveu d'un député de SYRIZA, exprimé lors de la réunion du groupe parlementaire.

Extrait de l'article d'Emmanuel Kosadinos, paru sur son blog

mercredi 25 avril 2018

Fake news : "Cette guerre d'aujourd’hui n'est rien qu'une paix qui éclate"

syriefrappes.jpg

Le Râleur : Mon oreille entend des sons que d’autres ne perçoivent pas et qui troublent l’oreille des sphères que les autres n’entendent pas non plus. Réfléchissez-y et si vous n’arrivez pas vous-même à une conclusion, faites appel à moi. J’aime à m’entretenir avec vous, vous donnez la réplique à mes monologues. J’aimerais me produire avec vous devant un public. Pour l’instant, je peux seulement lui dire que je me tais, et, si possible, ce que je tais.

L’Optimiste : Quoi, par exemple ?

Le Râleur : Par exemple : que si cette guerre ne tue pas les bons, il se peut qu’elle fabrique une île de moralité pour ceux qui même sans elle étaient déjà bons. Qu’en revanche elle métamorphosera tout l’arrière en un immense champ d’escroquerie, de délabrement et de félonie, et que le mal, grâce à elle et au-delà, continuera à sévir, il engraissera derrière les idéaux mis en avant, et enflera de ses victimes. Que dans cette guerre, cette guerre d’aujourd’hui, la civilisation ne se renouvelle pas, mais échappe par suicide au bourreau. Qu’elle a été plus qu’un péché – qu’elle a été un mensonge, mensonge quotidien, d’où coulait l’encre d’imprimerie comme du sang, l’un alimentant l’autre, se répandant comme un delta dans l’océan de la folie. Que cette guerre d’aujourd’hui n’est rien qu’une paix qui éclate, et qu’elle ne saurait se terminer par la paix, mais par la guerre du cosmos contre cette planète enragée ! Que d’insensés sacrifices humains ont été nécessaires : ils ne sont pas déplorables, une volontée imposée les ayant poussés vers l’abattoir, mais tragiques car devant expier une faute inconnue. Que pour celui qui ressent l’injustice sans pareille que le pire des mondes s’inflige – telle une torture appliquée à lui-même – que pour celui-là ne demeure qu’une ultime mission morale : dormir sans pitié durant toute cette période d’angoissante attente jusqu’à ce que le Verbe le délivre, ou l’impatience de Dieu.

L’Optimiste : Vous êtes un optimiste ! Vous croyez, vous espérez que le monde va s’écrouler.

Le Râleur : Non, il s’écoule simplement, comme mon cauchemar, et quand je mourrai, tout sera fini. Dormez bien !

Karl Kraus, Les Derniers jours de l'Humanité, Acte I, sc. 29

Traduit de l’allemand par Jean-Louis Besson & Henri Christophe pour... les lecteurs francophones ! (Nouvelle 4eme de couv des éditions Agone ! Ouaf, ouaf ! Le Concierge)

dimanche 15 avril 2018

1 GREC SUR 2 EN DESSOUS DU SEUIL DE PAUVRETÉ

1 GREC SUR 2 EN DESSOUS DU SEUIL DE PAUVRETÉ

1,5 MILLIONS DE PERSONNES VIVENT DANS L’EXTRÊME PAUVRETÉ

POUR UNE MOBILISATION NATIONALE DES RETRAITÉS !

Les organisations de retraités de Grèce appelllent à une mobilisation générale dans tout le pays .

1 grec sur 2 vit en dessous du seuil de pauvreté (382 € selon les critères de l’UE).

Plus d’1 millions de retraités ne touchent que 360€ environ.

Selon les statistiques officielles du ministère du Travail, un travailleur sur trois dans le secteur privé doit vivre avec 383 euros par mois, alors que 48% de la population, soit 5,1 millions de personnes, vivent en dessous du seuil de pauvreté. Parmi ces 48% , il y a 1,5 million de personnes vivant dans l' extrême pauvreté, soit avec moins de 182 euros par mois.

En outre, plus de 657 000 travailleurs parmi les 2,2 millions. ont des contrats à temps partiel avec un salaire moyen qui est inférieur à la moitié du salaire journalier correspondant à celui que reçoivent ceux qui ont à temps plein.

Selon les chiffres officiels collectés par le système Ergani, pour le 1er trimestre 2018, 53% des recrutements ont été réalisés avec des contrats à temps partiel ou de rotation, avec environ 1,5 million d'employés ayant des contrats à temps plein.

Selon les données du système « Soleil », 1,16 million. de retraités reçoivent 364€ de pension. Sur la base des mêmes données, 1157539 retraités perçoivent une pension de base inférieure à 500 euros , dont 612 933 ont des pensions de vieillesse avec une moyenne de 371,88 euros, des pensions de 395- 359 € des pensions de veuvage, avec une moyenne de 333,62€, 143 615 bénéficient d'une pension d'invalidité avec une moyenne de 386,48 €, alors que 5.632 sont d'autres pensions avec une moyenne de 190.27 euros.

Dans ce contexte, les organisations de retraités appellent à une mobilisation nationale sur la base des revendications suivantes :

- Aucun recalcul, aucune réduction avec la différence personnelle dans nos pensions de base et complémentaires; l'abolition de la loi 4387/16 (loi Katrogalou).

- Non aux réductions des non impositions, aux diminutions des allocations familiales et aux réductions des Allocation de solidarité sociale pour les retraités (ΕΚΑΣ).

- Nous affirmons que nous avons été exclus de toute protection juridique et sociale avec les lois antisociales votées par les tous les gouvernements;

- Nous exigeons l’attribution automatique, sans conditions préalables, des pensions de base et complémentaires sans ponctions arbitraires ni prélèvements de solidarité;

- Nous refusons la mise en oeuvre des mesures destructrices mémorandaires de la 4 ème évaluation et exigeons l’abolition de la loi sur les saisies et les ventes eux enchères.

A Athènes, les concentrations suivantes seront organisées sur la Place Εθνικής Αντίστασης:

Mercredi, 25 Avril à 10h

Mardi 15 mai à 10 heures.

Vendredi 25 mai à 10 heures.

Mardi, 19 Juin à 10 heures.

Les retraités sont aussi invités à se joindre aux manifestations du 1er Mai.

via La Grèce est à vendre tout va partir

samedi 14 avril 2018

Souviens-toi du 91 mars 1968... Si tu veux l'éviter en 2016 !

LDCtolbiac1.png La révolution ? Fière d'assister à un cours au premier rang ? Ouaf, ouaf !

Face à un enthousiasme un peu neuneu, qui voit des neuneues, croyant "leur temps arrivé" faire chanter un prétendu hymne du MLF à Tolbiac (tout en critiquant les hymnes nationaux... Ouaf, ouaf) nous republions cet article du 21/04/2016 qui annonçait, socioiogiquement, l'élection de Macron (pour lequel une certaine Laurence de Cock a intensément appelé à voter avec toute la rédaction moustachue ! Ouaf, ouaf !)... Et aujourd'hui la possibilité de sa victoire ultime grâce aux neuneux plus neuneux que jamais ?

30mai68.PNG Le Dernier jour de mai (cliquer sur l'image pour voir le documentaire)

Nuit Debout est un média : l'intellectuel organique de la droite réactionnaire (et néanmoins de télévision) dont on ne dira pas le nom l'a bien compris en envahissant son plateau pour mettre en scène son auto-éviction de la Place de la République. Une scène qui est à comparer à l'agitation bon-enfant menée sur le plateau de On n'est pas couché le samedi précédent face à Gattaz qui n'a pas trop tremblé : les participants ont d'ailleurs justifié leur action comme se contentant de mettre du "spectacle dans le spectacle".

Il est grand temps de prendre la droite réactionnaire vraiment au sérieux. A-t-on oublié les campagnes de Sarkozy ? La propagande de Valls à l'identique ? La victoire de la droite en Espagne après l'occupation des places ? Qui peut croire que, considérée la sociologie du pays, beaucoup moins jeune qu'en 1968 et avec des travailleurs individualisés comme jamais, ce n'est pas le populiste de droite qui est le maitre de l'agit-prop ?

L'une des tâches intellectuelles consiste à étudier son discours, sa réception et les causes de celle-ci (la dénonciation de sophismes de gauche pour refiler derrière des sophismes de droite) dans une partie importante, et sans doute stratégique, de la population si on veut espérer le contrer efficacement. Être capable de l'affronter sur son terrain. Ce qui nécessite certainement de poser la question de la responsabilité de ceux qui ont construit des impostures idéologiques à des fins de manipulation politique (on pense à SOS Racisme de MM. Dray et Mélenchon dont la figure emblématique est aujourd'hui... secrétaire d’État aux affaires européennes...) qui ont notamment, parmi pas mal de monstres, enfanté un tel intellectuel organique. D'autant plus qu'il ne fut que le premier d'une série qui s'annonce longue à subir pareille métamorphose.

Et ce n'est certainement pas, comme une certaine Laurence De Cock (professeure de catéchisme citoyenniste et BHLette des médias off et in), en affirmant sur un plateau de télé en face du ci-nommé, qu'il n'y a pas de problèmes dans les établissements scolaires mais seulement de mauvais profs (sophismes de gauche), c'est à dire en récusant les travaux sociologiques sur l'école inégalitaire et ses effets, et finalement en adoptant le même cadre mental que son contradicteur même si c'est pour aboutir à des conclusions inverses (c'est à dire tout aussi fausses) que l'on peut espérer faire rentrer le diable dans sa boite. Bien au contraire.

Car au petit jeu des petits intellectuels organiques rivaux manipulant de grands mots auxquels ils seraient bien incapables de donner un sens non-commun, bonne conscience contre bonne conscience, il n'y a pas beaucoup d'espoir de pouvoir rivaliser avec les sophistes de droite...

Et à la fin, qui c'est qui va en prendre plein la gueule ?

Le Concierge

lundi 9 avril 2018

Grèce : Conséquences de la politique européenne de libéralisation du transport ferroviaire

Il y a un an le feuilleton de la vente de TRAINOSE, a pris fin.

La société est passée à Ferrovie Dello Stato Italiano pour un prix de 45 millions d’euros. Inutile bien sûr de rappeler les déclarations de messieurs Stathakis et Tsipras quand le gouvernement Samaras-Vénizélos programmait la vente des chemins de fer grecs… L’accord a été signé après règlement de quelques problèmes particuliers : l’effacement de la dette de TRAINOSE envers OSE (750 millions d’euros) à la suite d’engagements imposés par le mémorandum en échange du patrimoine immobilier de l’OSE. (La dette de l’OSE à laquelle il est fait référence concerne les participations aux travaux d’infrastructure que l’État grec n’a pas payés obligeant ainsi l’établissement à emprunter pour en couvrir les dépenses.)

Quelles ont été les évolutions du réseau ferré en Grece depuis qu’a été instaurée la politique européenne de libéralisation du transport ferroviaire?

-démantèlement de l’établissement ferroviaire

-fermeture de 40 % du réseau

-fermeture de 60 % des gares

-réduction des effectifs de 14 500 personnes (1989) à 2900 personnes (2014)

-hausse spectaculaire des tarifs

-abandon du fret

-obsolescence du matériel roulant

-dévalorisation de l’infrastructure, vols, abandon du patrimoine

-diminution du niveau de sécurité et de qualité des services

-diminution du salaire des cheminots de l’ordre de 40 %

Quelles conséquences pour les utilisateurs

-Rétrécissement du réseau et des gares, augmentation des tarifs, diminution du niveau de sécurité et de qualité des services

Quelles ont été les actions des luttes sociales et politiques menées ces dernières années

Les travailleurs des chemins de fer ces dernières années ont lancé une série de mobilisations et d’actions contre les politiques du mémorandum et les privatisations. Il y a eu plus de 100 jours de grève, avec comme principales revendications l’arrêt des privatisations et le retour à un OSE sous sa forme publique et unique. Ont également eu lieu des dizaines de manifestations, des occupations de bâtiments, des annulations d’itinéraires, etc

À la question « pourquoi un OSE public et unique » la réponse est que l’expérience a prouvé que le morcellement organisationnel n’a, à ce jour, mené nulle part. Ce modèle organisationnel a été testé, a conduit à des gaspillages et des dysfonctionnements et a échoué.

À la question « pourquoi un OSE public » la réponse est que son importance en tant qu’entreprise de transport est stratégique:

– pour la sécurité nationale

-pour le soutien du développement économique du pays et pour la mise en œuvre d’un plan de développement national et le développement régional

Une structure organisationnelle unique, chapeautée par les Directions Générales des activités et une séparation logistique de ces activités permettant de les suivre avec la plus grande transparence possible, servira les intérêts du peuple grec de la meilleure façon possible.

Dates-clés pour les directives européennes en matière de transport .


***2001 directive européenne 2001/12

– Séparation de la gestion de l’infrastructure. directive européenne 2001/13

– Procédure d’octroi de licences pour les transporteurs ferroviaires.

directive européenne 2001/14

– Répartition des compétences en matière d’ infrastructure.

directive européenne 2001/16

– Interopérabilité du réseau ferroviaire conventionnel .


***2012 directive européenne 2012/34

– Unification du cadre législatif.


***2004 2004 : directive 2004/49, directive 2004/50, directive 2004/51, règlement 881/2004

– Une plus grande ouverture du marché du fret, adoption de procédures techniques communes en matière de sécurité, institution d’une Agence ferroviaire européenne.


***2007 directive 2007/58, directive 2007/59, règlement 1370/2007, règlement 1371/2007, règlement 3172/200

– Une plus grande ouverture du marché des transports de passagers, création d’un « brevet de conduite » européen pour les transports intra-européens, des droits pour les passagers et des critères de qualité minimum pour le travail de transport. 1991

Nombre d’organismes ferroviaires intervenant dans le transport de fret et de voyageurs.

OSE(ΟΣΕ) – gestionnaire de l’infrastructure TREN OSE(ΤΡΑΙΝΟΣΕ)-exploitant du réseau ferré EESTTY (ΕΕΣΤΤΥ) – société de maintenance du matériel roulant Y sont aussi liées indirectement les entreprises suivantes: GAIA OSE(ΓΑΙΑΟΣΕ) – valorisation du patrimoine immobilier ERG OSE(ΕΡΓΟΣΕ) – gestion des travaux cofinancés par l’UE

Bref historique sur la dette

L’OSE en tant qu’entreprise de transport – contrairement aux autres entreprises de transport privées ou publiques – a la responsabilité de la maintenance et de la surveillance des infrastructures (de ligne). Il a l’obligation de fournir des services à des fins nationales(défense) et bien sûr de faire œuvre sociale à travers sa politique tarifaire. L’état, déjà depuis la création de l’OSE en 1972, a défini ses obligations financières envers l’OSE, en signant une convention de financement correspondante.

a) Depuis 1972 et jusqu’à 1979, la convention de financement a été entièrement respectée. Depuis 1980 et jusqu’à 2002, elle a été respectée seulement pour un tiers avec pour résultat de porter la dette de l’État envers l’OSE à 2,7 milliards €(rapportés au taux actuel). Depuis 2003 et jusqu’à aujourd’hui, le gouvernement n’a pas versé un seul euro à l’OSE pour couvrir ne serait-ce qu’une partie de ses obligations envers l’OSE.

b ) Le coût de la participation nationale aux travaux de modernisation cofinancés et le coût des travaux financés par des fonds nationauxn’est pas entièrement couvert par le Programme d’investissement public. Ainsi depuis 1993 et jusqu’en 2004 l’OSE a emprunté 1,5 milliards € afin de respecter ses engagements en matière d’investissement. Le programme d‘investissement en 2006 et 2007 a été financé pour 640 millions € par la région de Grèce Occidentale(Π.Δ.Ε) et pour 540 millions par un emprunt de l’OSE. La prise en charge par l’OSE des obligations financières de l’État l’ont conduit à emprunter une somme totale d’environ 7 milliards € et le service de ces prêts a contribué pour 37 % à la création du déficit.

Sources : Syndicats des cheminots grecs

via Unité Populaire et La Grèce est à vendre, tout va partir

vendredi 6 avril 2018

Interdit de nourrir les chats !

Notons enfin que la dernière trouvaille en matière de loi mémorandaire de la part du “gouvernement”, avait été ce projet présenté au “Parlement” en matière d’animaux desposés (ayant un maître) et adespotes (sans maître). Ce projet a été finalement retiré, car il a suscité l’indignation générale, et particulièrement celle des associations lesquelles œuvrent en faveur des animaux adespotes. D’ailleurs et abord cette loi instaurait une taxe liée à la possession d’animaux domestiques, ainsi qu’une forme de... TVA animalière, pour chaque produit acheté au sein d’une boutique commercialisant des articles pour animaux, en plus de la TVA... très humaine à hauteur déjà de 24%.

Ensuite, par cette législation, et par ses dispositions explicites, que toute action l'action en faveur du bien-être animal de la part des citoyens et des associations puisse devenir interdite. En particulier, le sauvetage, le fait de nourrir, la stérilisation des animaux adespotes, ainsi que les efforts de la part des citoyens ou des associations fin de trouver un foyer à ces animaux, seraient dorénavant des actes illégaux.

En réalité, c’est même l’essentiel du travail des associations œuvrant pour la protection des animaux qui deviendrait interdit, en limitant considérablement leur champ d’intervention, quitte à les faire disparaître. Ainsi, tout citoyen ou toute association qui enfreindrait la loi en portant secours, hébergeant ou en sauvant un animal adespote, commettrait ainsi un acte passible d'une amende de 5 à 15 mille euros et d'un an d'emprisonnement, comme l’ont souligné les nombreux reportages de la presse ces deux dernières semaines à l’instar du quotidien “Kathimeriní”.

Ce projet de loi a été certes retiré, mais à l’avis de nombreux observateurs des faits et gestes bien grecs, ce n’est qu’une reculade d’urgence “de la part des salopards et autant marionnettes qui sont au gouvernement”, aux dires même de certains journalistes, à l’instar de ceux de la zone matinale sur la radio 90.1 FM en Attique. La presse aura surtout remarqué le caractère lamentablement aberrent d’une telle législation, ainsi que sa spécificité très comptable, rien que par l’instauration d’une taxe de plus, laquelle se rajouterait aux 37 nouvelles taxes rajoutées depuis 2010.

Il y a pire pourtant. Cette loi, à mon humble avis, elle aurait été très probablement rédigée, d’abord au sein d’un “cabinet d'experts internationaux” à l’instar du 95% de la “législation grecque” depuis 2010, laquelle est comme on sait... importée par mail, pour ensuite être traduite à la hâte pour les besoins de la supposée “procédure parlementaire”.

Ce que la presse n’a pas vu, ou qu’elle n’a pas voulu voir, c’est toute la mutation anthropologique violente que cette même loi avait tenté d’imposer, à savoir, et très exactement, la disparition des animaux adespotes, et par la même occasion, la destruction du lien très puissant qu’alors entretiennent avec eux les Grecs, ce qui n’est d’ailleurs pas qu’une spécificité grecque, il y a qu’à observer par exemple le lien analogue qu’entretiennent nos voisins Turcs avec leurs chats, entre autres à Constantinople, et cela jusqu’à en faire un beau film.

En somme, une telle législation a surtout pour vocation que de briser l’un des derniers ressorts culturels, voire existentiels encore subsistant chez les Grecs. Car au-delà du génocide économique et de la dépossession des biens, des symboles et des affects liés à ce que les Grecs considèrent très exactement comme relevant de leur patrie, “notre” tournure de mondialisation techno-féodale, imposerait pour autant, si elle y arrive, un tel méta-monde, où tout “contact” entre humains et également entre humains et animaux, passerait obligatoirement par la “création” numérique.

Nous en rajoutons déjà... en termes de méthode aux guerres de jadis, comme aux cuirassiers d’il y a un siècle, transformés en musées. Ainsi, le métanthropisme, le transhumanisme, leur supposée réalité augmentée, nous réduiraient et nous conduiraient de toute évidence... à “évoluer” finalement dans un monde azootique, aseptisé, desposé, donc déjà mort. En somme, c’est la “vie” dans un univers concentrationnaire quasi-planétaire, donnant ainsi raison à Günter Anders, lequel avait comme on sait considéré et analysé bien tôt, cette... “Obsolescence de l'Homme”.

Comme il est aussi observé ailleurs au sujet de son œuvre, “le titre de ‘L’Obsolescence de l’homme’ indique déjà qu’il y a quelque chose de périmé en l’homme, quelque chose hors sujet, à savoir son humanité. L’homme perd ses caractéristiques qui constituaient en propre son humanité: la liberté, la responsabilité, la capacité d’agir, la capacité à se faire être. En utilisant ces concepts, nous parlons le langage et la réalité d’un autre temps. Tout se passe comme si l’être de l’homme relevait aujourd’hui d’une nature morte.”

Je rajouterai seulement que cette nature morte, ce serait autant celle des animaux, et qu’en Grèce en ce moment, c’est très précisément un “gouvernement” de... gauche sous l’arriviste Alexis Tsipras qui de fait, il agit en faveur de l’avènement de ce monde alors fondamentalement morbide.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Résurrection" sur son blog Greek Crisis

mardi 3 avril 2018

Grèce ainsi courbée...

Temps ainsi et partiellement nouveaux. Le nouvel ordre mondial, entre autres celui des financieristes, expérimente depuis 2010 en Grèce, une forme de génocide économique, le tout, par un agenda géopolitique précis et dès lors perceptible. Le but, étant d’abord d’expérimenter, comme de tester les résistances populaires, sociales et nationales, et autant d’instrumentaliser les réactions à travers ces clivages politiques qui ne sont plus en réalité, ceux très précisément savamment départagés entre “gauches” et “droites”.

D’un côté les “gauches”, structurellement plus incapables que jamais à trouver une démarche commune... depuis 2010, car autant il faut dire largement acquises à la mondialisation et aux thématiques dénommées sociétales si chères aux financiers tels Soros, lequel d’ailleurs finance comme on sait les siens sur le terrain, et de l’autre côté, les supposés “patriotes” de l’Aube dorée en guise d’épouvantail, d’ailleurs historiquement naziforme pour ne rien manquer de leur affaire.

C’est alors ainsi que huit années de la réaction grecque, elle ont été finalement perdues et sacrifiées, le tout, non sans la complicité -en réalité il s’agit de la haute trahison aux yeux de la majorité de la population grecque- des politiciens comme autant des oligarques du pays, le cas le plus emblématique n’est autre que celui de l’avarie morale et politique que représente alors SYRIZA et son allié de droite, le parti de Kamménos.

Drôle d’époque vraiment en Méditerranée orientale, Athènes grouille alors d’espions et d’agents à peine secrets au service des puissances étrangères et financières (ce qui parfois revient au même), cela se dit, se sent, se détecte ainsi à travers les medias et évidement sur Internet. Déjà, l’escroc politique Alexis Tsipras n’est qu’une marionnette des puissances anglo-saxonnes et de l’Allemagne, piètre personnage politique issu de la pire tératogenèse au sein des partis, en même temps, un homme visiblement, physiquement et psychiquement éreinté, et qui serait déjà en phase d’être remplacée d’ici peu temps, c’est aussi palpable à travers les faits et gestes de la théâtralisation politique des derniers mois.

Drôle d’époque, et finalement, moments passionnants et passionnels, rien que par le nombre ou par la teneur des débats auxquels le public athénien peut assister ici ou là, pratiquement chaque jour de la semaine aux cafés dits littéraires de la ville. Ainsi, lors d’un débat sur thème de la géopolitique actuelle dans les Balkans et du rôle de la Grèce, organisé par les éditions “Infognomon” dirigées par Sávvas Kalenteridis, toujours à Athènes cette semaine, certains échanges ont été vifs entre ceux qui parmi le public considèrent que la Grèce ne peut pas tenir en dehors du pôle occidental, en réalité anglo-saxon et de l’OTAN, et ceux qui, parmi les intervenants avaient émis certaines réserves quant à la participation justement du pays à l’OTAN et à l’UE.

Notons que Sávvas Kalenteridis, est très précisément cet ancien officier de l’Armée grecque et des services de renseignements grecs, ayant été directement impliqué dans l’affaire d’Abdullah Öcalan, lorsqu’en 1999 le chef du PKK (kurde) avait été capturé par les services turcs à Nairobi, et depuis, Öcalan reste incarcéré en Turquie

(...)

Dans la capitale grecque et surtout à travers ses banlieues étendues, l’économie réelle et formelle périt chaque jour davantage. Sauf dans les quartiers très touristiques et/ou aisés de la Riviera d’Athènes, ailleurs, même près des plages, cafés et tavernes ferment définitivement et en masse leurs portes en ce moment, comme à Artémida, commune de l’Attique située en face de l’île d’Eubée, et ceci seulement et à peine trois mois avant l’été.

“Nous ne pouvons plus tenir le coup. Augmentation des taxes locales, imposition, contrôles, charges... nous fermons maintenant bien avant l'été, vous êtes pratiquement les derniers clients, l'établissement ferme définitivement avant ce week-end”, nous explique-t-elle alors sa gérante. Grèce ainsi courbée... Mon ami Aristote qui est du coin est d’ailleurs formel: “Nous ne pouvons même plus trouver un souvlaki dans le coin, alors où va-t-on ?

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou, paru sous le titre "Pays rêvé" sur son blog Greek Crisis

samedi 24 mars 2018

Au bout d’une année et à ce rythme, on arrivera à plus de 250.000 saisies sur l’année

Une personne du voisinage, rencontrée après tant de semaines, s’avoue vaincue par la situation: “J'avais mon travail à la banque, j'ai été mis à la porte comme tant de milliers d'autres, je ne retrouverai plus rien à faire pour gagner ma vie à 53 ans, je ne sors plus de chez moi, je me suiciderai...”, et c’est la deuxième personne dans l’entourage qui s’exprime de la sorte. Il s’agit de toute cette Grèce invisible, celle qui ne sortira pas boire son petit café de la résistance quotidienne, au besoin offert par les amis, et c’est cette même Grèce qu’il va falloir d’abord soutenir.

Car entre autres, les Grecs ont désormais compris combien les rarissimes pseudo-aides que les marionnettes du “gouvernement” prétendent distribuer à la population des paupérisés (au mieux 200€ par mois), elles ne seront octroyées que lorsque les bénéficiaires potentiels auront été obligés à liquider tous leurs biens immobiliers ou autres (véhicules, motos, petites embarcations). Tel est en somme le cœur de la politique que le FMI et l’UE imposent en réalité: Détruire complètement la classe moyenne, et rendre les citoyens totalement dépendants, frileux et avant tout, hétéronomes.

La société grecque grince ses dents et à part les cafés et les petits restaurants assez remplis, nos curieux touristes n’y voient le plus souvent guère autre chose. Dents alors qui grincent, et ainsi cette... “découverte” relatée par la presse grecque de la semaine au sujet de la santé dentaire des Grecs, “car elle relève alors déjà de la catastrophe”: Désormais, les implants dentaires sont délaissés au profit des dentiers, “on retourne alors aux années 1960” peut-on lire ici ou là, et on y apprend également que seulement 650 médecins dentistes exercent encore dans le cadre de la Santé publique à travers toute la Grèce.

Les autres... les dents serrées, ils ont massivement quitté le pays pour exercer ailleurs, au Royaume Uni ou en Allemagne, quotidien “Proto Thema” du 19 mars 2018. Au même moment, et pour parfaire la dépossession généralisée et organisée, c’est alors derrière l’habituel verbiage Syriziste, très largement gauchotrope pour les apparences, que l’on apprend par la presse les dernières grandes nouvelles du fisc grec. Il procède actuellement à près de 700 saisies par jour de biens immobiliers ou autres.

Au bout d’une année et à ce rythme, on arrivera à plus de 250.000 saisies sur l’année, et supposons qu’à chaque saisie il y a trois à quatre personnes concernées, eh bien, on frôlera le million de personnes concernées, autrement-dit, près du 10% de la population, rien qu’en une et seule année. Il fut un temps, durant la Grande Guerre, on évoquait par exemple la saignée humaine, l’Armée française perdait ainsi en moyenne 1000 hommes par jour, tombés au champ d’honneur. Autres temps, autres morts !

Le pays sombre dans un certain irrationnel, d’abord “d'en haut”, puis plus largement d’en bas. Cependant, l’amoralisme et l’affairisme des politiciens dépassent largement les pratiques analogues populaires. “Nous n'avons jamais été aussi pourris qu'eux en ce moment”, entend-on dire dans les cafés d’Athènes comme d’ailleurs. Affaires humaines. Le Printemps étant officiellement entamé, nos animaux adespotes (sans maître) nous surveillent, mieux sans doute que les “cybernétismes” humains de toute sorte. Beau pays. Parkings vides d’Athènes, esprits autant vides ou mal garés, publications aux sujets forcément diplomatiques, la légende du roi Arthur, patchwork grec, tout un poème !

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Equinoxe" à lire sur son blog Greek Crisis

Le 27 février 2015 à Athènes, Varoufakis fait acte d’allégeance à la Commission européenne, au FMI et à la BCE

Un moment critique aux conséquences incalculables pour des millions de citoyens d'Europe indirectement soumis à la Troïka, ses agents Smith locaux se présentant désormais à la porte de tous les institutions et établissements publics ou subsidiés pour imposer leurs "normes de qualité"... Satan conduit le bal (Le Concierge)

Après avoir relaté le déroulement de l’Eurogroupe du 24 février lors duquel il a présenté ses mesures à mettre en place dans le cadre du mémorandum plutôt que d’enclencher des mesures unilatérales, Varoufakis ajoute dans son récit : « Les erreurs sont comme les crimes, elles en engendrent d’autres. La décision de ne pas débrancher la téléconférence du 24 février a été amplifiée par une erreur encore plus grave, commise quelques jours plus tard. »

Par l’intermédiaire du bureau du président de l’Eurogroupe, le 25 février, Varoufakis est sommé par la Commission européenne, le FMI et la BCE de faire acte d’allégeance. La Troïka veut que le gouvernement grec envoie une lettre officielle pour confirmer l’accord que Varoufakis a donné la veille lors de la conférence de l’Eurogroupe. Après de nombreuses hésitations, il accepte de signer la lettre pro-forma que la Troïka a préparée. « Accepter la lettre des créanciers sans corrections, pour une demande aussi essentielle, signifiait que la prolongation nous serait accordée non pas suivant nos termes, mais suivant ceux de la Troïka. » Varoufakis reconnaît l’extrême gravité de la décision à prendre. Signer la lettre pro-forma revient à prolonger le mémorandum en cours et à le faire selon les termes dictés et imposés par la Troïka.

Varoufakis admet que la lettre était tellement inacceptable que Tsipras considérait qu’il était impensable de la signer et de la communiquer au parlement.

Varoufakis lui dit : « – Tu es sûr que tu ne peux pas arriver au Parlement, dire ce qu’il en est, obtenir le vote qui m’autoriserait à signer et tourner la page ? »

Varoufakis précise : « Découragé, épuisé, Alexis s’est retourné vers Sagias qui avait l’air aussi exténué et lui a conseillé de ne pas y aller. »

Varoufakis se propose pour faire le sale boulot : « – Dans ce cas-là, Alexis, je prends sur moi la responsabilité. Je signe ce maudit courrier sans l’aval du Parlement, je l’envoie aux bailleurs de fonds et je passe à autre chose. »

Varoufakis précise que le 27 février au petit matin : « J’ai signé le courrier et je l’ai envoyé aux créanciers, passablement écœuré. C’était un fruit des ténèbres, et je reconnais qu’il m’appartient. »

Extrait de l'article d'Eric Toussaint, paru sous le titre "La première capitulation de Varoufakis-Tsipras fin février 2015", 7ème volet de la série "Le témoignage de Yanis Varoufakis : accablant pour lui-même", à lire en intégralité sur le site du CADTM

vendredi 23 mars 2018

La sujétion de toute la vie sociale et de toute la sphère publique, y compris l’État, aux mécanismes du marché

Le système national de santé grec a été démantelé par l’application d’un ensemble de mesures imposées depuis 2010 par les créanciers de la Grèce dans les secteurs de santé primaire, secondaire et pharmaceutique. Ce texte présente une analyse critique des principales mesures de compression budgétaire mises en place dans ces secteurs et introduit un débat sur des initiatives communautaires censées renforcer certains déterminants sociaux de la santé (indemnités de chômage, assurance maladie, revenu minimum garanti). Il apparaît que les politiques mémorandaires ont manqué le but d’efficience et d’efficacité affiché, mais peut-être pas le projet implicite de construire un « nouveau modèle social européen » réduit à quelques prestations tout juste suffisantes à la survie des dépossédés. En s’appuyant sur de nombreux travaux scientifiques, des entretiens en Grèce auprès de militants et dans des établissements de soin et une enquête en cours dans des quartiers ouvriers du Pirée, l’article conclut à l’épuisement – passager ? – des forces luttant pour la survie des droits sociaux démocratiques.

L’hypothèse, défendue ailleurs plus en détail (Burgi, 2014a), est que nous assistons à la culmination d’un effort long de désinstitutionalisation des régimes de protection sociale, poursuivi graduellement depuis au moins trois décennies, qui s’accélère à la faveur des choix politiques arrêtés par les puissances hégémoniques d’Europe pour gérer les effets de la crise financière de 2007-2008. Cet effort est lié à un projet néolibéral de refondation complète des principes, des modalités et des finalités de l’intervention de l’État d’après 1945. Également appelé « fondamentalisme de marché », il préconise la sujétion de toute la vie sociale et de toute la sphère publique, y compris l’État, aux mécanismes du marché. Parmi les nouvelles attributions de l’État, l’une des règles essentielles commande que sa politique sociale soit entièrement remodelée pour accompagner « de façon active » et porter à leur paroxysme les mécanismes de concurrence.

Avant 2010, quasiment tous les gouvernements occidentaux, chacun à leur rythme et avec leurs modalités propres, ont cherché à progressivement reconfigurer leurs systèmes nationaux de protection sociale pour les conduire dans cette direction et les mener vers la constitution d’un nouveau « modèle social européen » dans lequel les prestations à vocation universelle des États sociaux construits après 1945 sont remplacées par un filet social minimal, par un « minimum vital » (Hayek, 1985 (1946):89-90).

Ce minimum n’est pas conçu comme un moyen de lutte contre la précarisation et la paupérisation des masses car il n’est pas question de s’attaquer à leurs causes ni de revenir sur la régulation néolibérale. Au contraire, dans le cadre du « fondamentalisme de marché », le minimum vital a pour fonction de faire en sorte que personne, en principe, ne tombe définitivement hors-jeu – hors du jeu de la concurrence généralisée. Pour le dire autrement, le problème théorique et pratique posé à la gouvernementalité néolibérale dans la redéfinition des politiques de protection sociale est de savoir, non pas comment combattre le chômage de masse ou contenir l’extension des zones de précarité et de vulnérabilité, mais jusqu’où il est possible et/ou souhaitable d’abaisser le « seuil de pauvreté “absolue” » en dessous duquel l’État devra imposer un filet social minimal, au sens d’un régime de soutien (et de contrôle étroit et punitif) des plus démunis, certes financé par la collectivité, mais juste suffisant pour le marché

La déconstruction méthodique, quoique parfois anarchique, des institutions grecques de santé publique s’inscrit dans cette évolution. Au rythme dicté par les institutions de la troïka, les gouvernements grecs ont taillé dans les dépenses de santé « avec des couteaux de boucher », selon l’expression d’un ancien ministre de la Santé (2010-2012), Andreas Loverdos, et cela, au moment même où les déterminants sociaux de la santé – les conditions de vie, fortement dégradées sous l’effet des politiques austéritaires dans leur ensemble – se répercutaient sur la santé de la population. Pour reconfigurer le secteur, des recettes « clé en main » de la Banque mondiale et du FMI (partage des coûts, principe de dissociation entre acheteurs et fournisseurs, tarification à l’activité, privatisation des services…) ont été plaquées sur le système public de santé grec dans l’intention prioritaire de réduire les coûts, d’extraire des ressources et de réorienter les comportements vers la consommation d’assurances et de services privés.

L’ampleur des coupes budgétaires et la logique qui leur est sous-jacente sont présentées dans un premier temps (I). Une deuxième partie étudie plus en détail les contradictions et les effets des politiques relatives aux médicaments et aux secteurs secondaire (hospitalier) et primaire (II). Abordant en dernier lieu la question des déterminants sociaux de la santé (III), la réflexion, centrée sur la mise en place d’un filet social équitable qui reste très largement insuffisant, débouche sur un questionnement portant sur le sens et les perspectives d’une société dite résiliente.

Extrait de "Grèce : Le démantèlement méthodique et tragique des institutions de santé publique" par Noëlle Burgi à lire en intégralité sur le site du CADTM

jeudi 15 mars 2018

Disposer de notre corps, mais pas de notre pays ni de notre régime politique ?

Original File Name: 2018031222.jpg illus. Greek Crisis

(...) ces derniers jours, nous avons vu apparaître dans Athènes certains tracts au message... clair: “Mort à la Grèce, pour que nous, nous puissions vivre, au Diable la famille et au Diable la Patrie”. Et dans un... nouvel ordre d’idées, en somme proches, on y découvre sur ce mêmes murs d’Athènes, cet autre message inévitablement méta-moderne... à propos de l’usage de notre “corps notre choix”.

Il y a même lieu de remarquer que le message en question se combine en six langues, sauf qu’il fait totalement et visiblement volontairement l’impasse sur la... langue du pays. Pourtant à Athènes on parle... encore le grec ! C’est bien connu, la mondialisation c’est l’amour des autres patries, tout comme l’adulation de toute altérité réelle ou supposée telle, et en même temps, la haine, ou sinon le rejet de l’identité.

Dans un tel monde... on disposerait peut-être de notre corps... ainsi notre seul et ultime choix, mais certainement pas de notre pays, ni de notre régime politique, et encore moins des droits et des devoirs. Et tous ces “libres corps” du lendemain des humains, découvriront peut-être un jour, qu’ils ne seront même plus jugés indispensables pour demeurer vivants, ni pour produire et encore moins pour consommer, le tout, et j’espère me tromper, face à un métanthropisme galopant comme autant face à son “humanité” augmentée... réservée aux “élus”.

Incidemment, toute cette dichotomie et comme par hasard, elle laisse la porte ouverte aux tenants du discours diamétralement opposé, lequel incite à n’accepter en l’adulant que tout ce qui relève de sa propre identité, haïssant toutes les autres. Le système tient et tiendra ainsi bon lorsqu’il suggère qu’entre le nihilisme apatride et celui des néonazis, aucune autre position n’est alors possible. Pauvres peuples, et ainsi futur unique des... fortunés.

Les frontières ne seraient donc plus, ni pour les marchandises, ni pour les flux financiers, ni entre les êtres, les cultures, les sexes, voire même entre les espèces. Une affiche publicitaire, pédophile et zoophile à la fois, ainsi aperçue car d’abord autorisée à figurer dans les couloirs du métro parisien, a tout de même heurté le bon sens, et autant cette... mesure qui pour certains philosophes, anciens comme contemporains, c’est la meilleure des choses.

L’hybris et la démesure visiblement dominent de Paris à Athènes, sauf que le sentiment identitaire par exemple celui des Grecs est toujours tangible, représentant en réalité plus du 80% de la population à travers les mentalités, en dépit des cercles des marionnettes qui gouvernent comme de leur magma athénocentrique en somme concis. Pauvres philosophes, entre autres d’Apamée. Car aussi par les temps qui courent, et à vol d’oiseau, rappelons qu’entre Apamée et Athènes il y a moins de 1.200 km, tandis qu’entre Athènes et Paris il y a le double de distance.

Sous le soleil alors, c’est à Athènes que l’œuvre d’Héraclite est en ce moment revisitée à travers un spectacle du même nom. Au même moment, la déferlante des plateformes dites communautaires payantes de location et de réservation de logements, conjuguée à huit années de Troïkanisme réellement existant, bouleversent de manière violente la situation de l’immobilier sur place. Car jamais autant de biens immobiliers n’avaient ainsi changé de mains à Athènes... depuis la précédente Occupation allemande, celle des années 1940.

Des... investisseurs petits, moyens et grands, surtout étrangers, achètent dans Athènes parfois par lots de cent appartements, et en même temps, la Troïka élargie a insisté pour que les saisies des biens des Grecs puissent se concrétiser de manière électronique et automatique. Dans le même ordre d’idées, le “gouvernement” des Tsiprosaures annonce ainsi plus d’un million de saisies de biens immobiliers et autres, rien que pour 2018.

Il faut dire qu’a propos des dernières liquidations et ventes aux enchères après saisie de biens immobiliers, encore effectuées de manière “physique”, c’est-à-dire en salle d’audience, le Syndicat des Officiers de la Police vient de lancer une attaque inhabituelle car très violente, vis-à-vis du gouvernement. Son communiqué avait été motivé par le fait que de nombreux policiers avaient été blessés lors des ventes aux enchères de ce type, surtout à Athènes devenant ainsi la cible visible et facile pour les citoyens concernés et paupérisés.

Les policiers y concluent même de la manière suivante: “Puisqu'ils ne nous respectent pas, le temps est arrivé où il va falloir nous craindre. Car au fait, ce sont bien les politiques mémorandaires qui se dissimulent derrière nos propres boucliers, et voilà que nous ne voulons plus défendre de tels procédures, lesquelles conduisent à la spoliation des biens des citoyens (...) Nous avertissons les politiques que ce mouvement au sein de la Police, au demeurant massif, annulera de fait cette attitude qui consiste à faire peser les effets de la responsabilité de telles politiques sur nos seules épaules, et enfin une fois de plus, nous rappelons que nous sommes non seulement considérés tels, mais nous faisons partie intégrante de la société réelle”, le reportage est du quotidien “Kathimeriní” du 12 mars 2018

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Résister" sur son blog Greek Crisis

- page 1 de 18