Musée de l'Europe et de l'Afrique

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Quatrième nuit de Walpurgis

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dimanche 18 novembre 2018

Disparition des départements au profit des seules régions

Le Laboratoire grec où l'Union européenne (avec blanc-seing des Etats dominants) a eu les mains libres, permet de voir en accéléré les finalités du programme de "réformes" qui se déroule en France plus lentement. Aujourd'hui la disparition des collectivités au plus près des habitants, communes et départements,

Le Concierge

Aux Monastères des Météores les moines offrent parfois les restes de leurs pâtes aux matous du coin. “Ces animaux utiles, ils nous sont ainsi donnés de Dieu”, voilà pour les explications. C’est Byzance et c’est l’Orthodoxie !

Antiquité tardive, “romanité”, architecture paléochrétienne et caractère gréco-oriental favorisant ainsi l'émergence de l'Empire byzantin. Orient ancien comme Orient chrétien, notre monde n’est pas tout à fait nouveau, sauf que nous avons tendance à l’oublier.

Scènes figurées de la chambre funéraire, comme pour cette tombe du Jugement dernier, du début du IIIe s. av. J.-C. mais presque alors de notre temps. Scènes aussi mythiques ou héroïques, comme pour le magnifique cratère de Dervéni, découvert en 1962 dans la tombe à ciste nommée B dans la nécropole homonyme, correspondant probablement à l'ancienne Lété, non loin de Thessalonique, conservé au musée archéologique de Thessalonique.

Nous les admirerons parfois autant que les élèves toutes ces pièces des musées, si possible contemplatifs, laissant derrière nous les insignifiances des marionnettes qui nous “gouvernent”. Sauf que ces insignifiances sont cependant mortelles.

Les élus locaux, toujours imperturbables, ils préparent leurs campagnes électorales au pays où les communes ont été regroupées de force durant les premiers mois de l’Occupation Troïkanne, avec, à la clé, la disparition des départements au profit des seules Régions. Avant la première reforme datant de 1997, le pays comptait près de 5.900 petites et grandes communes et seulement 1033, avant la réforme de 2010. Depuis, le dit prétendu pouvoir local s’exerce à travers 325 hyper-communes dont les maires traitent, et en réalité ils sont... traités directement par Bruxelles et par Berlin.

Les campagnes ainsi assassinées n’auront même plus leur mot de la fin. Antiquité actuelle très tardive mais sans épigraphes, reformes prétendument administratives. Européisme en somme, favorisant l'émergence de l'Empire techno féodal.

Ruines et vestiges anciens. Premier coup de froid de l’automne au pays de Zeus sous les feuilles de l’arrière-saison, et le blog qui passera alors l’hiver. Jugement dernier.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Jugement Dernier" sur son blog Greek Crisis

vendredi 16 novembre 2018

Sites antiques grecs à vendre...

Le palais de Cnossos, en Crète, à l'origine du mythique labyrinthe du Minotaure, et le tumulus du roi Philippe II de Macédoine, père d'Alexandre le Grand, situé à Vergina, dans le nord de la Grèce, partagent la même destinée: ils sont tous deux appelés à être vendus.

Et la liste des vestiges archéologiques répertoriés par le ministère des Finances, pour être transmise au Taiped (le fonds de privatisations), ne s'arrête pas à ces deux monuments historiques. On y trouve aussi la Tour blanche de Thessalonique, ancienne prison et haut lieu symbolique des Balkans, le site préhistorique de Santorin, les sites archéologiques de Sparte, de Salamine ou d'Éleusis ainsi que bon nombre de musées archéologiques, les forts des villes d'Arta, Patras, Trikala et même celui de l'île de Corfou, classé par l'Unesco.

À cet inventaire, on peut encore ajouter les musées byzantins de Thessalonique ou de Veria et même des forêts estampillées par les normes internationales Natura ou Ramsar. ...

Source : Le Figaro

mercredi 14 novembre 2018

La République en vrac

S’il y a bien une chose que nous apprend l’appel au blocage du 17 novembre, c’est que les fractures sociales évoquées depuis plus de 20 ans par les politiques de tous bords sont à présent bien consommées. La question n’est pas tant de savoir ce qu’il faut faire ce samedi-là que de découvrir ce que cela fait ressortir comme fantasmes et représentations sociales de part et d’autre, des failles à présent béantes qui ont atomisé notre tissu social et qui nous empêchent à présent totalement de faire société.

giletsjaunes.png

(...)

Ce qui est frappant, ce sont les réactions à cette histoire et la profonde division de notre société qu’elles révèlent.

D’un côté, il y a ceux qui assument d’autant mieux l’augmentation du prix des carburants et le discours pseudo-écolo qui va avec qu’ils ne sont pas concernés. Parce que dès que l’on creuse un peu, on découvre que l’écrasante majorité des pourfendeurs du mouvement sont des urbains, c’est-à-dire des personnes qui ont plutôt intérêt à se passer de véhicule personnel, ce qui est d’autant plus aisé pour eux qu’ils bénéficient de l’intermodalité des transports en commun. Mais surtout, il devient assez vite évident que derrière les critiques d’un manque de conscience écologique ou d’une absence de sens des priorités dans les contestations, se cache un classisme assez peu reluisant qui consiste grossièrement à considérer comme complètement cons, primaires et risibles tous ceux qui ne partagent pas le même mode de vie, les mêmes idées, la même conception du monde : "Ceux qui ne sont pas comme moi sont juste de gros beaufs !"

De l’autre côté, on a la population des périphéries, ceux qui sont rejetés toujours plus loin des commodités et des boulots qualifiés par la spéculation immobilière et un ordre social de plus en plus inégalitaire et brutal, que l’on estime comme dispensables, surnuméraires, que l’on assigne aux jobs de larbins, de nouvelles domesticités au service du bienêtre et du confort des premiers de cordée.

Deux mondes qui ne se parlent plus, ne se voient plus, ne se comprennent plus et se détestent de plus en plus fermement. Deux mondes qui sont pourtant embarqués sur le même bateau qui coule, même si tout le monde n’a pas le cul qui trempe à la même vitesse.

Extrait de l'article d'Agnès Maillard paru sous ce titre sur son blog Le Monolecte

jeudi 8 novembre 2018

Le Mythe Schuman et les origines de l'Union européenne

Alors que le Président Macron lance sa campagne pour les élections européennes à destination des Castors ("l'Ue ou le fascisme"sur fond d'hommage au Maréchal Pétain, le "en même temps" pouvant mener directement à l'Ue Et le fascisme), nous republions cette note de lecture publiée par ATTAC-Bruxelles en 2012. (Le Concierge)

schuman-sculpture.gif illustration : Sculpture en hommage à Robert Schuman trônant devant le siège de la Commission européeene à Bruxelles, collections du Musée de l'Europe

D’où vient l’Europe communautaire ? Comment cette idée longtemps nébuleuse a-t-elle pu cheminer dans l’entre-deux-guerres jusqu’à se cristalliser au début des années 50 dans l’acte fondateur qu’est la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (la CECA)? La question pourrait paraître datée, à l’heure où l’Europe est engoncée dans une crise sans fin. Sauf que l’origine de la construction européenne dit beaucoup de la méthode de ses pionniers et de leurs idées, qui ont perduré bien au-delà de la défunte Haute Autorité du charbon. Adossée à la liturgie d’une Europe communautaire sortie en droite ligne des projets de la Résistance, l'historiographie classique passe naturellement sous silence tout ce que cette entreprise doit aux cercles intellectuels et politiques liés au régime de Vichy. Au nom de la Révolution nationale. En réalité, l'influence des idées corporatistes et personnalistes a complètement surdéterminé la genèse des premières institutions européennes. Ainsi, le projet d'une autorité supranationale chargée de gérer l'économie de marché «sans contrôle parlementaire» (comme le propose Schuman en mai 1950) hérite de ces conceptions. Sous quel commandement doit être placée l’économie ? Celui d’«un collège d'hommes indépendants» répondant à cet impératif propre à toute institution technique : «la compétence» détachée des «options politiques». Et puisque «ce sont des facteurs techniques qui commandent l'évolution de l'humanité», il faut donc, dans l'ordre international, «substituer les techniciens aux hommes politiques». Ces mêmes considérations, qui appellent les techniciens à assumer «les responsabilités du pouvoir», justifient la construction de l'Europe. Car «la Communauté européenne» propose une alternative, «une philosophie économique» qui ne serait «ni le socialisme ni le libéralisme ni le capitalisme» mais «quelque chose de nouveau» et de «totalement irréalisable dans un cadre national». Telle est bien l'ambiguïté qui relie cette «communauté économique» –instituée dans les années cinquante afin de donner à l'Europe les assises d'une «communauté plus large et plus profonde»– à cette autre «communauté », imaginée dans les années de guerre sous l'égide du Maréchal Pétain.

Extrait de l'article de Jean Flinker "Schuman dynamité !" à lire dans le n° d'Angles d'Attac de décembre 2012, bulletin à télécharger ici

NDE : ce texte de Jean Flinker résume notamment le livre d'Antonin Cohen, De Vichy à la Communauté européenne, PUF, 2012, auquel nous renvoyons, l'auteur ayant malencontreusement oublié de signaler ses très nombreux emprunts...

dimanche 4 novembre 2018

Une personne d’une importance sans équivalent dans la politique mondiale contemporaine

Les prisons rappellent la célèbre observation de Tolstoï sur les familles malheureuses : Chacune « est malheureuse à sa manière », bien qu’il y ait quelques traits communs – pour les prisons, la prise de conscience déprimante et accablante que quelqu’un d’autre a une autorité totale sur votre vie.

Mon épouse Valeria et moi venons de visiter une prison pour voir celui qui est sans doute le prisonnier politique le plus en vue de notre époque, une personne d’une importance sans équivalent dans la politique mondiale contemporaine.

En comparaison avec les prisons américaines que j’ai pu voir, la prison fédérale de Curitiba, au Brésil, n’est ni répugnante ni étouffante – mais la barre n’est pas placée bien haut. Rien de comparable avec les quelques-unes que j’ai visitées à l’étranger – Très loin de la chambre de torture israélienne de Khiam, dans le sud du Liban, qui a été réduite en poussière pour faire disparaître ce crime, et très loin des horreurs indicibles de la Villa Grimaldi, de Pinochet, où ceux qui survivaient aux séances de torture à répétition, finement conçues, étaient jetés à moisir dans une tour – un moyen de s’assurer que les premières expériences néolibérales, sous le regard des économistes les plus en vue de l’école de Chicago, ne soient pas perturbées par des voix discordantes.

Néanmoins, c’est une prison.

Le prisonnier auquel nous avons rendu visite, Luiz Inácio Lula da Silva – universellement connu sous le nom de « Lula » – a été condamné à la prison potentiellement à vie, à l’isolement, sans accès à la presse ou aux revues et avec des visites limitées un jour par semaine.

Le lendemain de notre visite, un juge, invoquant la liberté de la presse, a accédé à la demande du plus grand journal du pays, Folha de São Paulo, d’interviewer Lula, mais un autre juge est rapidement intervenu et a annulé cette décision, alors que les criminels les plus violents du pays – les chefs de milice et les trafiquants de drogue – sont régulièrement interviewés dans les prisons.

Pour l’appareil du pouvoir brésilien, il ne suffit pas que Lula soit en prison : ils veulent s’assurer que la population, à la veille des élections, n’entende pas parler de lui, et apparemment il est prêt à employer tous les moyens pour atteindre cet objectif.

Le juge qui a annulé la permission n’innovait pas. Il y a eu un précédent quand Antonio Gramsci a été condamné en 1926 par le gouvernement fasciste de Mussolini, le procureur a déclaré : « Nous devons empêcher son cerveau de fonctionner pendant 20 ans. »

« L’histoire ne se répète pas, mais elle rime souvent », comme l’a fait remarquer Mark Twain.

Lire la suite de l'article de Noam Chomsky traduite sur le site les crises

BOLSONARO, LULA : LA SITUATION AU BRÉSIL

merluchonbresil.PNG cliquer sur l'image pour voir la vidéo.

Il est à noter qu'en France le Procureur Molins a refusé le poste de Ministre de l'Intérieur...

Spéciale dédicace du Musée de l'Europe au "Parti des Castors"

lundi 22 octobre 2018

"Tout le système judiciaire d’un pays démocratique repose sur la défiance qu’il faut avoir vis-à-vis de l’institution"

Je ne pense pas m’avancer beaucoup, en disant que la fameuse enquête préliminaire a dû déjà être fructueuse et que le parquet dispose d’un dossier bien étoffé. De la même façon il me semble probable que la décision de l’ouverture de l’information judiciaire et la saisine d’un ou plusieurs juges d’instruction est déjà prise, et les magistrats instructeurs choisis. Lors du déclenchement de l’affaire Fillon par le Parquet National Financier, tout le monde savait à l’avance dans le monde judiciaire qui serait le juge d’instruction désigné et que le candidat LR serait immédiatement mis en examen.

Avec le grand cirque médiatico-judiciaire qui va se dérouler, le raid du 16 octobre va rapidement apparaître comme un léger hors-d’œuvre. Collection de convocations diverses et variées aux dirigeants et collaborateurs de la France Insoumise. Soit pour des mises en examen spectaculaires avec des qualifications sonores, de celles qui enjolivent les manchettes, « escroqueries en bande organisée, détournement de fonds publics en réunion, blanchiment de fraude fiscale etc. etc. ». Soit pour des gardes à vue fatigantes dont les durées seront fonctions des qualifications et pourront aller jusqu’à 96 heures… Nouvelles perquisitions bien sûr chez les mêmes, avec des écoutes téléphoniques tous azimuts. La presse sera comme d’habitude scrupuleusement alimentée de copies partielles de procès-verbaux, de pièces de procédure de toute nature, de transcriptions trafiquées d’écoutes téléphoniques. Il est d’ailleurs probable que les interlocuteurs privilégiés sont déjà choisis, l’officine Mediapart, fidèle et zélé petit télégraphiste du pouvoir étant bien sûr de la fête. Et dans les médias, la surenchère et l’effet de meute joueront à fond. Et naturellement comme d’habitude aussi toutes les plaintes pour violation du secret de l’instruction (protégé, il faut le rappeler, par la loi), seront soigneusement rangées par le parquet avec les autres dans l’armoire prévue à cet effet. Et comme d’habitude encore, rapidement couverts de poussière, ils ne donneront jamais lieu à la moindre investigation.

Alors j’espère, qu’à la France Insoumise on ne va plus entendre psalmodier l’incantation imbécile : «il faut faire confiance à la Justice ! ». Tout le système judiciaire d’un pays démocratique repose sur la défiance qu’il faut avoir vis-à-vis de l’institution. Sinon, pourquoi avoir un avocat ? Pourquoi celui-ci doit-il disposer de prérogatives et de privilèges importants ? Pourquoi le double degré de juridiction, pourquoi la collégialité, pourquoi toutes ces règles de procédure ? Parce que l’on donne l’usage de la violence légitime de l’État à des Hommes faillibles qu’il faut impérativement encadrer en rappelant « qu’adversaire acharnée de l’arbitraire, la forme est- la sœur jumelle de la liberté ». Il y a ensuite l’autre incantation : « mais puisqu’on n’a rien fait ! » Je partage depuis longtemps l’opinion du cardinal de Richelieu qui disait : « Donnez-moi deux lignes de la main d’un homme, et j’y trouverai de quoi suffire à sa condamnation. » Je sais bien qu’en France où l’on préfère l’ordre à la justice, prétendre que l’innocence ne protège de rien est blasphématoire, alors que c’est pourtant la réalité. CE QUI PROTÈGE L’INNOCENT C’EST LE DÉBAT CONTRADICTOIRE DANS LE RESPECT DES RÈGLES ET DES PRINCIPES FONDAMENTAUX, DEVANT DES JUGES IMPARTIAUX. On ajoutera que dans les affaires politico-judiciaires le risque est moins la sanction finale si elle arrive un jour, que dans les mises en cause et le cirque médiatique qui les accompagne. Après son démarrage en fanfare, l’affaire Fillon a dormi paisiblement pendant près de deux ans. Les objectifs qui avaient justifié l’urgence initiale ayant été atteints avec l’élimination du candidat de droite. La particularité de ces affaires, et cela se vérifie à chaque fois, est que chaque emportement médiatique provoqué par des révélations opportunes issues des dossiers judiciaires, est toujours directement corrélé à une actualité politique concernant les mis en cause. Et c’est justement cette expérience de ce qui s’est produit pour Nicolas Sarkozy, François Fillon et Marine Le Pen, pour ne citer que les leaders politiques opposés au pouvoir de Hollande puis de Macron, qui permettent de faire ces prévisions.

Extrait de l'article de régis de Castelneau paru sous le titre « Mélenchongate » : demandez le programme ! sur son blog Vu diu droit

samedi 6 octobre 2018

Il y a 6 ans "Essayage : le Prix Nobel de la Paix vous va si bien !"

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« C'est un moment, dans la vie des nations, qui ne manque pas de grandeur dans la mesure où, en dépit de l'éclairage électrique et même de tous les expédients de la radiotechnique, on renoue avec l'état primitif et où un bouleversement de toutes les conditions de vie passe souvent par la mort. »

Lire la suite...

mercredi 3 octobre 2018

Dernières nouvelles du laboratoire Grec...

Semaine alors fort... cyclonique en Grèce au point de faire oublier le durcissement de la politique gouvernementale, perceptible depuis le remaniement effectué en août dernier. Autocratie et présence plus forte de l'État policier et voilà que le chef du parti de l’Unité Populaire, Panagiótis Lafazánis a été convoqué à la Direction centrale de la Police à Athènes pour s’expliquer sur ses actions sur le terrain des Tribunaux, en opposant à la vente aux enchères forcée de l’habitat populaire. Pourtant homme politique ex-SYRIZA et ex-Ministre ayant quitté ce parti des balivernes historiques en août 2015, son interpellation a provoqué un certain mécontentement exprimé publiquement même chez les députés SYRIZA actuels. C’est le dernier honneur des cyniques arrivistes... joué dans les jeux d’aventure.

Sauf que l’aventure c’est autant celle du pays. Car dans cette affaire, il est fondamental de comprendre que Lafazánis a été interpellé de la sorte pour rendre compte devant un service lequel ne faisait pas vraiment parler de lui jusque là. Il s’agit de la “Direction de la Protection du Régime et de la Démocratie”. Ce n’est ni plus ni moins, une administration sinistre, digne des temps... cycloniques nouveaux, très réactionnaire et profondément anachronique et qui fait référence à d'autres temps bien obscurs. La dystopie techno-féodale se dessine alors déjà dans nos rétroviseurs, il y a urgence.

Cette administration a été mise en place sous le gouvernement du PASOK et du pion de l’Allemagne Simítis en 2000, et dont les prérogatives ont été confirmées et actualisées sous la Troïka et le Mémorandum, sous le gouvernement Papandréou en 2011. Notons-le à l’époque, sous le Ministre de l’Ordre public Chrístos. Papoutsís. Ce dernier, rappelons-le, il est issu de ce personnel politique... alors mûri et macéré dans les fonts baptismaux des intrigues du pouvoir des colonisateurs depuis son poste de Commissaire européen à l'Énergie entre 1995 et 1999.

Enfin, cette “Direction de la Protection du Régime et de la Démocratie” a été confirmée et “modernisée” dans ses fonctions en 2017 par le gouvernement Tsípras, lequel laisse en même temps volontairement, car il s’agirait alors et visiblement d’un plan, la criminalité diverse et variée ronger ce qui reste du pays réel et autant des dernières certitudes. Le pouvoir criminalise ainsi les opinions à la carte mais il favorise le crime si ce n’est que par la négligence.

Et sur Internet grec, on estime même, à l’instar de l’analyse proposée par le site des Ingénieurs Civils (issus des rangs de la gauche), que cette dite “Direction de la Protection du Régime et de la Démocratie”, “serait-elle alors largement contrôlée par le gouvernement et autant liée aux Services secrets étrangers des pays”... faiseurs comme on sait de la dernière pluie cyclonique à la géopolitique actuelle comme passée, site des Ingénieurs Civils, le 26 septembre 2018.

D’après les textes officiels reproduits pour les besoins de l’analyse publiée sur ce site, la mission de ce service au sein de la Division de la sécurité de l'État, “c’est la prévention et la répression des actes de violence ou des menaces graves dirigés contre la sécurité de l’État et contre le système démocratique. Dans ce contexte, elle recherchera, collectera, traitera et exploitera les informations et les renseignements nécessaires recueillis au sujet d'actes individuels ou de groupes organisés qui agissent contre la sécurité de l'État et du gouvernement démocratique ou d'actes de violence à l'égard des personnes ou des biens, tout en surveillant ces activités, œuvrant conjointement avec la Direction de la sécurité de l’État, la Police anticriminelle, ainsi que la Direction de la gestion et de l’analyse de l’information”.

Au même moment, et c’est du jamais vu en Grèce depuis la chute du régime des Colonels si l’on croit certaines analyses, des compagnies pétrolières s’apprêtant à exploiter le pétrole découvert dans la belle région montagnarde de l’Épire au Nord-Ouest du pays, feraient preuve de comportement et d’agissements inhabituels, pour tout dire criminels, et le “gouvernement” et l’État avec sa “Direction de la Protection du Régime et de la Démocratie” se limitent à un rôle d’observateurs.

“Car les promoteurs des projets pétroliers seraient en train depuis quelques semaines de criminaliser le droit de manifester afin de pouvoir détruire l’environnement assez intact de l’Épire. Ceux donc des compagnies privées de gardiennage, engagés par les pétroliers, sillonnent alors les villages concernés, jetant la lumière de leurs phares depuis leurs véhicules 4X4 au beau milieu de la nuit sur les habitations des citoyens ouvertement opposés à l'exploration et à l'extraction des hydrocarbures en Épire. Une équipe même issue des compagnies privées de gardiennage composée d’une vingtaine de personnes a pénétré dans le domicile des opposants à l'exploitation pétrolière. Jours de terrorisme en Épire”, article de Yánnis Perákis publié sur le site Internet du mouvement du Plan-B daté du 28 septembre 2018.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Zorba le Grec" sur son blog Greek Crisis

Lire aussi : La Grèce, la « loi travail », l’eurofascisme et la « gauche » de la « gauche »

vendredi 14 septembre 2018

La troika toujours !

Sous les apparences de cette normalité, au pays réel métamorphosé à jamais, les représentants de la Troïka, rendront alors visite aux valais locaux quatre fois par an au lieu de trois sous la Troïka officielle, et les dits marchés, décideront du financement de la colonie de la dette, en lieu et place des structures du dit mécanisme européen.

Car en dépit des mensonges de Tsípras, comme d’ailleurs du germanochrome Mitsotákis à la tête du parti de la Nouvelle Démocratie, la période supposée révolue de la Troïka laisse derrière elle, plus de 700 lois mémorandaires, près de 60 000 décisions gouvernementales allant dans le même sens unique et inique, plus de 300.000 décrets-lois et autres décisions ministérielles toujours en vigueur. Le tout, sous les signatures des gouvernements du mémorandum depuis 2010, SYRIZA compris.

La Grèce subira comme prévu l’entier suivi du programme amélioré de surveillance accrue... post-mémorandum, et cette réalité va durer durant de nombreuses décennies, sous les... auspices des visiteurs réguliers depuis les conclaves des Institutions. Sous le mémorandum... eternel, la surveillance durera ainsi au moins jusqu'au remboursement des 153 milliards.sur les 203 milliards d'euros que le pays de Zeus a comme on dit empruntés auprès du supposé mécanisme de sauvetage européen. D’après les calculs les plus optimistes, ce nouvel exploit hellénique arrivera à son terme seulement vers 2060. Retour vers le futur !

(...)

Après huit ans de lois austéritaires, et d’une fiscalité multipliée, après tant de dispositions antisyndicales sans oublier le coup de grâce porté sur le régime de la Sécurité Sociale, le bilan grec est... fort prometteur. Le pays a perdu près du 25% de son PIB, la population de la Grèce a diminué de plus de 700 000 personnes entre 2011et 2017. Pour 48% de la population, soit 5,1 millions de personnes, c’est subsister dans la survie sous le seuil de pauvreté, et il y a 1,5 million de personnes vivant dans la pauvreté alors extrême, c’est-à-dire au-dessous des 182 euros par mois.

Ainsi, trois Grecs sur dix vivent dans une pauvreté extrême, et ils sont incapables de subvenir à leurs besoins de base tels que la nourriture ou le chauffage. Selon ELSTAT, l’Office des Statistiques du pays, 26,7% des enfants de moins de dix-sept ans sont même privés de biens matériels de base. Pour 40,5% des pensionnaires et après dix diminutions successives des montants des retraites, leur pension, n’excède pas les 500 euros en brut par mois. Pour 30,15% des travailleurs du pays, ou alors 613 119 personnes qui travaillent encore, leur “salaire” se situe entre 328€ en net par mois et 580€, le capitalisme réel... plus les Smartphones.

(...)

Pendant ce temps, les acquéreurs des plages et des presqu’îles bradées par la Treuhand à la grecque, instituée pour sa version finale il faut dire sous Tsípras et qui contrôle et brade désormais l’ensemble des biens publics du pays pour une durée de 99 ans, financent des fouilles d’urgence pendant leurs travaux en cours. Maigre consolation il faut dire.

On vient même d’apprendre qu’outre les ports, les aéroports et les autres infrastructures, 10.119 parcs et autres biens immobiliers du domaine ex-public viennent d’être attribués à cette agence fiduciaire, pilotée comme on sait par les créanciers et autres rapaces internationaux, sous l’aimable patronage de la gestion métropolitaine du totalitarisme de l’UE, presse grecque de la semaine

(...)

Le virus du Nil occidental progresse car les services de l’État mafieux et partitocrate grec a cessé sous Tsípras toute campagne de prévention depuis 2016. L’Ordre des Médecins d’Athènes dans un communiqué récent, fustige cette gestion criminelle de la santé publique. Lorsque les Unités de soins intensifs déjà devenues si rares sont manifestement occupées par les patients souffrant du virus du Nil occidental c’est alors grave, sans oublier les dizaines de morts déjà, les régions touchées sont l’Attique, Athènes et aussi le Péloponnèse, quotidien Kathimeriní du 13 septembre . D’après Tsípras, les vieux peuvent doivent mourir, et apparemment tous les autres avec.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Exposition colonisée" sur son blog Greekcrisis

vendredi 7 septembre 2018

Remaniement

greekcrisis.PNG Illust. "Katerína Notopoúlou, ministre... bimboïde. Athènes, août 2018" GreekCrisis

Mais il y a aussi, le... pire de cette culture néohellénique, redoutablement vacillante. Le pseudo-gouvernement de la marionnette Tsípras vient d’être partiellement remanié, il faut dire dans l’indifférence, ou sinon, sous le sarcasme du peuple privé de son destin. Nominations hétéroclites, entre jeunes femmes “bimboïdes” et qui s’affichent de la sorte très volontairement pour en rajouter (Notopoúlou), ou encore, entre hommes et femmes très largement compatibles Sóros. Du personnel politique voué... à la destruction de la culture, de la société, comme de la nation grecque. Telle est singulièrement, la nomination de la PASÓKienne Myrsíni Zorbá au ministère de la Culture.

Il s’agit de la compagne de l’historien Antónis Liákos, connu pour incarner le patriarche actuel du révisionnisme “décoloriste” de l’histoire grecque, poulain en son temps du Premier ministre du PASOK et de Berlin Kóstas Simítis, et enfin depuis 2012, mentor alors très familier d’Aléxis Tsípras, un habitué des ateliers très rentables des modalisateurs.

Comme le remarque Státhis Stavrópoulos, caricaturiste et journaliste de la trop vieille gauche, c’est un gouvernement où les anciens PASÓKiens du cercle de Simítis détiennent alors une place de premier choix, à l’instar de Liákos et de sa femme, Zorbá. C’est le ministère de la Culture, c’est-à-dire, “la culture grecque aux mains de Sóros”, précise Státhis Stavrópoulos, “To Pontíki”, le 30 août.

Sans parler du cas l’indescriptible Katerína Papakósta redevenue ministre, une arriviste, ancienne député et même ministre de la supposée droite Nouvelle Démocratie, qui en rajoute à l’arrivisme et au ridicule ambiants des criminels Syrizístes. Papakósta, dont la dextérité politique se résume au remplissage régulier et généreux de sa seule poche, elle s’est même présentée à la cérémonie d’investiture accompagnée par sa fille, autre jeune femme dans le vent actuel volontairement “bimboïde”, (presse grecque de la semaine)

En quelque sorte, “nos politiciens, hommes ou femmes, incarneraient très exactement ces prostitués à la solde des violeurs et autres occupants escrocs venus de la mondialisation, Mitsotákis de la relève supposée prochaine compris.” Tel est le discours d’une bonne partie du peuple d’en bas, forcément d’en bas, y compris sur les terrasses des café du Pirée donnant face à la mer.

Ainsi va la vie et la mort au pays maritime, entre vents et surtout marées. Dans la série imaginaire si chère au bouffon politique Tsípras, “la Grèce sort du régime de la Troïka”, le gouvernement vient d’annoncer la mise en place prochaine d’un mécanisme de recensement des tous mes biens meubles comme de l’immobilier des Grecs (voitures, embarcations, motos, meubles, œuvres d’art, bijoux etc.), presse grecque, septembre 2018.

Ceci, histoire d’instituer très officiellement un futur nouvel impôt sur l’ensemble des biens que détiendrait encore le bien bas peuple, en somme, c’est une disposition impériale et totalitaire exigée depuis un moment par le FMI, dans le but de tout contrôler... et sans doute un jour de dépouiller les peuples indigènes... alors jusqu’au bout.

Extrait de "Pays maritime" publié par Panagiotis Grigoriou sur son blog Greek Crisis

Lire aussi, au chapitre "Sollersiennes", la Ministre bimbo de la destruction des droits des travailleurs...

Female power ??

jeudi 23 août 2018

Les principales affirmations sont totalement fausses car la Grèce reste bien sous tutelle des créanciers

Le 20 août 2018, le gouvernement grec d’Alexis Tsipras, le FMI et les dirigeants européens célèbrent la fin du 3e mémorandum. À cette occasion, le message qui est distillé par les grands médias et les gouvernants : la Grèce retrouve sa liberté, l’économie reprend, le chômage baisse, l’Europe a prêté 300 milliards à la Grèce et les Grecs vont devoir commencer à rembourser cette dette en 2022 ou en 2032…

Les principales affirmations sont totalement fausses car la Grèce reste bien sous tutelle des créanciers en général, elle doit, selon les accords que le gouvernement d’Alexis Tsipras a signés, impérativement dégager un surplus budgétaire primaire de 3,5% qui va la contraindre à poursuivre des politiques brutales de réduction de dépenses publiques dans le domaine social et dans l’investissement. Contrairement au message dominant qui laisse entendre ou affirme carrément que la Grèce ne commencera à rembourser la dette que dans le futur, il faut dire clairement que la Grèce rembourse en permanence des montants considérables à la BCE, au FMI, aux créanciers privés, ce qui l’empêche de répondre aux besoins de sa population.

Le silence complice qui pèse sur la situation de la majorité du peuple grec est scandaleux : des études très sérieuses indiquent que le taux de mortalité infantile a fortement augmenté depuis 2010, de même le taux de mortalité chez les personnes âgées (voir cet article. Voir aussi « Grèce : Le démantèlement méthodique et tragique des institutions de santé publique »). Le taux de suicides a été multiplié par trois.

En réalité, le bilan est littéralement dramatique pour le peuple grec en terme de dégradation de ses conditions de vie et d’atteinte à ses droits civils et politiques.

Si on se situe du point de vue de la Grèce en tant qu’État, il faut bien constater que les gouvernements qui se sont succédés depuis 2010 ont abandonné aux créanciers la conduite de la politique du pays. La Grèce est devenue un protectorat des puissances dominantes de la zone euro qui s’y conduisent comme en pays conquis.

C’est aussi un fiasco économique flagrant, du moins si on prend en compte les objectifs officiels des trois mémorandums qui ont été imposés au peuple grec depuis 2010.

Enfin, c’est également un échec pour une grande partie de la gauche internationale qui avait mis beaucoup d’espoir dans la possibilité de voir réussir un gouvernement de gauche qui s’était engagé à sortir son pays de l’austérité et de la soumission à la loi du capital.

Dans cet article, sont passés en revue quelques moments clés de la période mémorandaire et de celle qui l’a précédée

Lire l'article d'Eric Toussaint paru sous le titre "La politique de la Troïka en Grèce : Voler le peuple grec et donner l’argent aux banques privées, à la BCE, au FMI et aux États dominant la zone euro" sur le site du CADTM

dimanche 5 août 2018

Aléxis Tsípras, dans une allocution télévisée, déclare que “rien ni personne ne sera oublié”

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Notons qu’il y à peine trois semaines, plus exactement le 11 juillet dernier, et comme par hasard à la veille du sommet de l’OTAN, le “gouvernement” Tsípras avait expulsé deux diplomates russes au motif avancé de leur prétendue intervention aux affaires internes grecques au profit des opposants à l’accord Macédonien. C’est tout de même, une première historique pour la Grèce, car jamais Athènes n’avait exécuté de telles mesures visant la diplomatie russe, étant donné les liens historiques, religieux et culturels entre les deux peuples remontant à Byzance. Du jamais vu donc, même du temps des Colonels (1967-1974), voire, de la Guerre Civile (1944-1949) entre les communistes et la droite. Même parmi les analystes proches des cercles de l’OTAN à Athènes, cette mesure a été critiquée pour son aventurisme... de l’échine courbée, à l’instar par exemple d’Athanássios Droúgos le 13 juillet dernier.

Les Grecs savent que derrière... l’avènement Tsípras et de sa clique au pouvoir, il y a un agenda géopolitique imposé que d’ailleurs nous découvrons plutôt soudainement coup après coup. La marionnette Tsípras irait très probablement jusqu’au bout alors proche dans cet agenda à peine dissimulé d’ailleurs depuis l’arrivée de la Troïka en Grèce et de sa politique dite d’austérité. Agenda qui conduirait en cas de réussite, ni plus ni moins, à la disparation culturelle, nationale, sociale, sociétale, démographique et même partiellement territoriale de la Grèce contemporaine, telle est toute... la préparation des Tsípras et d’ailleurs des Mitsotákis qui arrivent derrière.

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Sauf qu’il y a urgence, car les Grecs se réveillent même... tétanisés, d’où cette urgence semblable quant à la mécanique sociale, cette dernière rajoutant du choc au deuil et du deuil au choc depuis près de huit ans maintenant. Et voilà que ces incendies en Attique Ouest et Est, visiblement volontairement provoqués supposons par de simples pyromanes (?) avec près de quatorze foyers initiaux simultanés lorsque la météo avait prévu la grande violence des vents soufflant jusqu’à 90 km/h, sont ainsi “arrivés” on dirait... à point nommé en Grèce.

Comme l’écrit mon ami Olivier Delorme sur son blog, le pays est: “seule face aux spéculateurs qui ont mis la Grèce à genou en 2010, seule face aux provocations et violations de sa souveraineté par une Turquie, dont on sait aujourd'hui, par le témoignage de l'ancien Premier ministre Yilmaz, que ses services spéciaux furent à l'origine de vagues d'incendies dans les îles durant les années 1990...”

Le jour des incendies et au-delà des causes structurelles du drame humain, car il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle, -concernant un habitat au départ illégal sans P.O.S. (Plan d'occupation des sols) et légalisé ensuite, sur une zone agricole, boisée seulement à partir des années 1950 pour ce qui est des communes les plus touchées-, les services de l’État mémorandaire grec ont complètement failli dans leur gestion de la crise, et c’est le moins que l’on puisse dire. À très juste titre cette impréparation grecque liée aux politiques imposées par la Troïka, a été dénoncé par le Sénateur de la majorité Alberto Bagnai en Italie, et son intervention fustigeant la supposée “solidarité européenne d’une meute de loups” a bien été signalée en Grèce par les analystes grecs à l’instar de Dimítris Konstantakópoulos sur son blog.

Sur le terrain et d’abord, aucun signal d’alarme n’a été déclenché et aucun plan d’évacuation de la population n’a été mis en exécution, quotidien “Kathimeriní” du 1er août. Parallèlement, la circulation sur l’avenue de Marathon avait été déviée de manière criminelle vers les zones d’habitant près de la côte, au lieu d’être interrompue. Les automobilistes de passage envoyés ainsi tout droit jusqu’au cœur de l’incendie par les autorités, autant que les habitants sous l’effet de la panique, ils ont été ainsi piégés et parfois brûlés vifs. “Les policiers, qui se trouvaient sur l’avenue Marathon, exécutaient bien des ordres. S’ils avaient reçu l’ordre d'arrêter la circulation et de renvoyer les voitures, plutôt que de les dévier tout droit vers le cœur du désastre, ils le feraient. L’erreur fatale est clairement due à un manque total de coordination. Les Pompiers, la Police, les municipalités et la Région d’Attique participent ainsi de cette catastrophe. La responsabilité de la coordination (...) incombe pourtant à la Protection Civile, laquelle n'a pas fait son travail”, quotidien “Kathimeriní” du 1er août.

Au même moment, aucun des systèmes d’alerte supposés établir le contact entre les différents postes de la Police, des Pompiers ainsi que le fameux numéro 112 n’ont fonctionné, ceci, entre coupes sobres dans les budgets depuis 2010 et aussi, entre le népotisme et l’irresponsabilité criminelle des gouvernants SÝRIZA compris. On sait que de nombreux officiers des Pompiers ont été remerciés et sortis du service, pour qu’un de leurs collègues, certes beaucoup moins bien noté mais cependant Syrizíste patenté, puisse être nommé à leur tête, sans la moindre expérience sur le terrain des incendies en Attique, région pourtant capitale, où d’ailleurs près du 40% de la population du pays y réside. Pauvre pays historique... et inflammable. Nos touristes n’auront finalement remarqué que cette inhabituelle grisaille météorologique dans le ciel de l’Acropole, et également du site bien théâtral d’Épidaure. Grèce éternelle des clichés accomplis partis en fumée !

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Nous sommes déjà à une plus d’une semaine de ce jour sombre du lundi 23 juillet dernier. Au soir de ce même lundi, et pendant que les informations sur les première victimes étaient déjà connues, Aléxis Tsípras devant les cameras de la télévision publique, n’en faisaient pas la moindre mention. Au gouvernement, on faisait déjà semblant que de minimiser l’ampleur du drame. Un show télévisé à but de communication et de gestion du temps politique. Mardi, le jour d’après, Aléxis Tsípras dans une allocution télévisée, déclare que “rien et personne ne sera oublié”. Mercredi, le porte-parole du gouvernement annonce des mesures à l’aide des victimes, à savoir, le... report des obligations fiscales de six mois et 5.000€ d’aide par foyer... complètement dévasté.

Le boomerang de la propagande se retourne alors contre le gouvernement. Ainsi, vendredi dernier, Tsípras se voit contraint de convoquer un conseil ministériel d'urgence... pour déclarer qu’il assume toute la “responsabilité politique” dans ce drame, sans formuler des excuses, car essentiellement niant toute responsabilité gouvernementale, évoquant plutôt la force du vent, les irrégularités quant au POS, puis ces “sombres centres voulant déstabiliser le gouvernement”.

Les révélations durant le week-end furent pourtant choquantes. Certains officiers de la Police et des Pompiers qui se trouvaient dans l’œil du cyclone au moment de la catastrophe, ont démontré qu’un certain nombre de morts était déjà connu dès lundi soir, au moment justement, où Tsípras organisait son... show télévisé.

Ils se sont passés déjà plusieurs jours. Aléxis Tsípras avait certes le temps pour visiter les lieux du martyre. Sauf qu’il ne voulait pas être exposé à la colère populaire. D’après ses calculs, rien que par les stratagèmes de communication, il surmonterait alors la crise. Finalement, Tsípras a visité les lieux de la tragédie à Mati, une semaine après l'incendie, à savoir le 30 juillet. Une visite très vespérale après 6h du matin, une visite autant non annoncée et tenue secrète, finalement suivie d’une seule camera...“prédestinée”. Cette visite a autant provoqué para suite les vives réactions de la presse pour son caractère savamment improvisé, à savoir, sans journalistes ni caméras.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Terre brûlée" sur son blog Greek Crisis

mardi 31 juillet 2018

Un gouvernement à la solde des colonisateurs

Si certains se demandent ce qu'on entend par "souveraineté", l'exemple d'un pays qui l'a perdue pourrait les faire réfléchir. Car faire des selfies de dénonciation des colonisations du passé sert surtout à cacher celles du présent, commises en notre nom. Nous ne savions pas? (le Concierge)

J’étais députée de Syriza et présidente du Parlement grec pendant les sept mois qu’a duré le premier gouvernement de ce parti. Lorsque Tsipras a signé le troisième mémorandum en dépit de sa toxicité, en 2015, j’ai lutté de toutes mes forces pour préserver nos procédures parlementaires que le Premier ministre et la troïka foulaient aux pieds. En dépit des pressions permanentes, j’ai refusé de déroger à nos règles démocratiques et d’endetter encore plus notre peuple. Avec des dizaines d’autres parlementaires de Syriza, j’ai voté contre cet accord monstrueux.

Tsipras a alors dissous prématurément le Parlement pour nous écarter, les parlementaires dissidents et moi.

Trois ans plus tard, sa capitulation devant la troïka s’est révélée aussi désastreuse que nombre d’entre nous l’avions prédit. La vie de nos concitoyens est devenue intolérable. Le chômage des jeunes est devenu la norme et on estime à 8 % la part de la population qui a quitté le pays à la recherche d’un emploi. Le salaire minimum ne permet pas de couvrir les factures et des centaines de milliers de familles doivent se passer d’électricité pendant de longues périodes.

Cette tragédie a commencé dès 2010, mais Tsipras et son gouvernement soi-disant de gauche ont tout fait pour prouver qu’ils pouvaient mener les politiques austéritaires mieux que leurs prédécesseurs. Ils se vantent même de dépasser les cruels objectifs de la troïka en matière de coupures budgétaires et d’impôts.

Pendant les élections anticipées de 2015, Tsipras a prétendu avoir signé le troisième mémorandum parce que la troïka lui avait promis des discussions sur un allègement de la dette. Le 21 juin dernier, l’Eurogroupe a convenu d’une extension de dix ans de l’échéancier de remboursement de la Grèce, ce qui en définitive, signifie que davantage d’enfants et de jeunes deviendront endettés contre leur volonté. Chaque nouveau-né en Grèce voit le jour avec une dette de 40 000 euros, et de moins en moins de bébés naissent depuis l’imposition de mesures d’austérité.

Tsipras a salué la prolongation de l’échéancier dans un discours où il qualifie ce 21 juin de « jour historique ». Je doute que quelqu’un s’en souvienne l’année prochaine. La dette de la Grèce, source de nos ennuis, a été déclarée « illégitime, illégale, odieuse et insoutenable » par la commission parlementaire d’audit de la dette que j’avais convoquée lorsque j’étais présidente du Parlement en 2015. Tsipras n’a jamais utilisé les rapports officiels de cette commission. Sous son mandat, la dette de la Grèce s’est encore accrue et selon les prévisions, elle devrait exploser.

L’Eurogroupe a imposé à la Grèce un objectif d’excédent budgétaire d’au moins 2,2 % du PIB d’ici 2060. Tsipras prétend que la Grèce « sortira proprement » du mémorandum en août prochain : il a déjà légiféré pour introduire de nouvelles mesures austéritaires prescrites par la troïka jusqu’à 2022, accepté la surveillance de l’économie jusqu’à 2060 et a renoncé à tout contrôle sur les biens publics jusqu’à 2114.

Tsipras prétendait vouloir mettre à bas les oligarques des médias. Aujourd’hui pourtant, ces anciens oligarques n’ont rien perdu de leur pouvoir et une nouvelle génération s’est même installée, les « oligarques de l’ère Tsipras ».

Sa politique étrangère a connu le même sort : en octobre dernier, alors qu’il représentait un État en faillite, il a dépensé pas moins de 2,4 milliards de dollars pour l’achat d’avions de chasse F-16 aux États-Unis. Il a ensuite fait l’éloge de Donald Trump qui, selon lui, perpétue « la tradition de démocratie et de liberté » née en Grèce. En bon caniche de Washington, Tsipras a également noué d’étroites relations avec le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou, a accepté de vendre des armes à l’Arabie Saoudite, dont le régime est actuellement accusé de bombarder des enfants au Yémen et a levé le véto de la Grèce à l’expansion de l’OTAN dans les Balkans. Il a également signé des accords sur les réfugiés qui constituent une violation criante du droit international humanitaire.

Depuis 2015, il a mis en œuvre un programme de privatisation cynique, vendant à vil prix nos ports, nos aéroports, nos côtes, nos voies ferrées, nos compagnies d’électricité, d’eau et de gaz, nos sites archéologiques et culturels, nos théâtres, nos tribunaux, nos mines d’or et d’autres entreprises prospères. Aucun de ses prédécesseurs néolibéraux n’avait osé aller aussi loin.

En 2017, son gouvernement a lancé la vente aux enchères en ligne des logements de familles qui n’étaient plus en mesure de s’acquitter de leur dette envers leur banque, en ayant recours à des méthodes anticonstitutionnelles et à la violence policière. Comme avocate, j’ai même vu la police user de gaz lacrymogène dans un tribunal. Pour complaire à la troïka, il a même criminalisé les manifestations contre la vente aux enchères des domiciles

Extrait de la tribune de Zoé Konstantopoulou parue sous le titre "Si vous aimez la Grèce, aidez-nous à nous débarrasser d’Alexis Tsipras et de son parti zombie" sur le site du CADTM.

dimanche 24 juin 2018

Grèce : quatre impostures et un trompe-l'oeil

tsipras-tie2.jpg "la cigarette sans cravate, qu'on fume à l'aube démocrate", cliquer sur l'image pour lire l'article de Keep Talking Greece sur la cravate de Tsipras...

Comme je l’ai écrit maintes fois, ici et ailleurs, la prétendue sortie du prétendu plan d’aide européen à la Grèce (qui n’a jamais été qu’un plan d’aide aux banques allemandes et françaises gavées de dette grecque, dont les créances sur la Grèce ont été transformées, par la grâce dudit plan d’aide, en titres sur les contribuables de l’UE) ne pouvait être qu’un chaos ou un trompe-l’œil.

On est désormais certain qu’il s’agira d’un trompe-l’œil ; reste à savoir si on aura aussi le chaos.

Hier soir, la télévision grecque diffusait une cérémonie où Tsipras officiait – cravaté ! la dernière étape de la mue ? – en grand prêtre de la célébration de la fin de la « crise grecque » – dans un entre-soi d’où le peuple était soigneusement tenu à l’écart, et pour cause ! –, une fin qu’aurait prétendument sonnée le récent accord sur la dette avec les ministres de la zone euro.

Et tous les médias français dominants, dont je lis les titres sur mon téléphone mobile, sur mon balcon nisyriote, exultent de joie : la crise grecque est finie, grâce à la purge, au courage de Tsipras, à la croissance qui revient, au tourisme qui explose…

J’ai déjà expliqué – et le FMI ne dit pas autre chose – que la croissance n’est pas de retour. Parler de croissance quand le PIB a repris 1,2 % en 2017 alors qu’il a perdu entre 25 et 30 % durant les années précédentes est une pure imposture. La croissance n’est pas repartie, la situation a simplement, comme ailleurs en Europe, cessé de se dégrader du fait de l’effet retard de la baisse du taux de change de l’euro par rapport au dollar. Une baisse qui est derrière nous. La croissance va donc – nonobstant les prévisions régulièrement démenties par les faits depuis le début de la « crise grecque » – ralentir puis s’évanouir.

Prétendre que ladite croissance peut reposer sur l’explosion du tourisme est une deuxième imposture. J’ai déjà expliqué, ici et ailleurs, qu’un des effets de la « crise grecque » était une spoliation, à une échelle à ma connaissance jamais atteinte en temps de paix, des biens publics et privés des Grecs, qu’il s’agisse des terrains et biens immobiliers que les Grecs sont obligés de brader pour survivre, se faire soigner ou payer des impôts qui, eux, ont atteint, sous la férule de la Germano-Europe, des niveaux aussi absurdes qu’insoutenables, ou qu’il s’agisse des infrastructures, portuaires, aéroportuaires, routières, ferroviaires, bradées à des intérêts étrangers par l’intermédiaire du TAIPED, structure de type colonial de liquidation des biens publics imposée par la Germano-Europe et copiée sur celle créée en Allemagne de l'Est après son Anschluss par l’Allemagne de l'Ouest.

De surcroît, ce qui « explose » en Grèce aujourd’hui ce sont les entrées et non les recettes du tourisme. Car le tourisme qui « explose » est un tourisme all inclusive dont les recettes sont encaissées dans les pays de départ et par des sociétés de tourisme allemandes, suisses, françaises, belges, britanniques… Seule une partie de ces recettes revient en Grèce pour payer les salaires de misère pratiqués dans l’hôtellerie depuis que les mémorandums germano-européens ont liquidé le droit social, et donc le salaire minimum (devenu purement théorique, sans parler des salaires qui ne sont plus versés qu'un mois sur deux, trois ou cinq), ou des prestataires de service pressurés, dans un pays où le chômage est massif et il faut travailler à n’importe quel prix, et souvent à un prix qui ne permet plus de vivre décemment. En revanche, les commerces de proximité profitent fort peu de ce tourisme-là (les estivants à bracelet consomment essentiellement à l’intérieur de leurs hôtels) alors qu’ils sont écrasés par une TVA qui se monte désormais à 24 % et par des impôts qui, au total, atteignent communément 70 % du… chiffre d’affaires !

Prétendre que la situation s’améliore alors que l’exil des jeunes et des diplômés, contraints au chômage ici, s’accélère (c’est la seule cause de la baisse infinitésimale du chômage dont se gargarisent les médias dominants) et vide le pays de ses compétences pour aller enrichir les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Suède ou… l’Allemagne, alors que de plus en plus de Grecs sont exclus de l’accès aux soins, que les retraités (qui ont souvent le seul revenu régulier d’une famille) voient leurs pensions coupées encore et encore (une nouvelle vient d'être opérée, une autre est programmée par les dernières mesures, plus de 80, votées récemment par le Parlement grec en échange du versement de la dernière tranche « d’aide »), qu'au moins la moitié de la population vit désormais autour ou sous le seuil de pauvreté, est une troisième et tragique imposture.

Mais à ces trois impostures vient de s’ajouter une quatrième, celle de la conclusion de l’accord sur la dette.

Lire la suite de l'article d'Olivier Delorme paru sur son blog

vendredi 15 juin 2018

Il ya 6 ans : les Bruxellois parlent aux Européens...

Chronique parue sur Radio Panik dans l'èmission Seuls Contre tous...

Austérité, Néolibéralisme, Italie...

à écouter en suivant ce lien...

Garanti non produit par Mediatarte !!!

jeudi 31 mai 2018

Le noeud gordien de la question italienne

En réalité, nous sommes aujourd'hui en Italie face à un crise comparable à celle qu'a connue la IIIe République française naissante, le 16 mai 1877 : un conflit de légitimité entre un président élu par un parlement dont la majorité à été écrasée dans les urnes et la nouvelle majorité.

La seule différence, de taille, c'est que le président italien est la marionnette d'une puissance étrangère.

Car Mattarella n'a pas refusé de nommer Matteo Salvini au motif que sa politique migratoire serait incompatible avec les traités européens ou des droits de l'Homme ; non, il a refusé de nommer Paolo Savona, ministre des Finances, parce que celui-ci, après avoir été partisan de l'euro, défend aujourd'hui que l'euro est une cage de fer allemande dans laquelle expire l'économie italienne - la pure et simple vérité.

Les masques sont donc une fois encore tombés : c'est l'ordre européen, c'est-à-dire l'ordolibéralisme allemand, qui conditionne désormais, partout en Europe, l'exercice du suffrage universel, qui contraint les choix des électeurs - en application du théorème Juncker énoncé au moment de la "crise grecque" : pas de démocratie contre les traités européens. C'est-à-dire pas de démocratie du tout. Explicitement désormais, le rite électoral est désormais limité à un concours de mode destiné à désigner le plus jeune, le plus avenant ou le mieux habillé parmi ceux qui ont accepté de conduire la seule politique acceptable - déterminée ailleurs, par la Caste qui sait mieux que les peuples ce qui est bon pour eux, hors de tout contrôle démocratique, et pour l'éternité des temps. Et c'est encore mieux si c'est un banquier et le plus soumis aux volontés de l'Allemagne : Macron, par exemple.

Une fois de plus, la preuve est faite que ce qu'il est convenu d'appeler l'Europe est incompatible avec la démocratie. Et comme on ne la changera plus, comme on ne la réorientera plus, parce qu'elle a été précisément conçue, dès l'origine, pour servir exactement à quoi elle sert, soit on choisit la démocratie et on sort de l'euro et de l'UE, soit on choisit de rester dans l'UE et l'euro et on enterre la démocratie.

C'est bien là qu'est le noeud gordien de la question italienne qu'il faut trancher, si l'on ne veut pas voir mourir la démocratie en Italie comme ailleurs en Europe. Hier soir, en meeting à Naples, Luigi di Maio, le leader du M5S n'a pas dit autre chose : "Pour revenir aux urnes, nous n'avons pas besoin du drapeau du mouvement, mais du drapeau italien, car dans ces couleurs il y a le peuple italien et la souveraineté appartient au peuple italien, pas au peuple allemand."

Alors ? Gouvernement technique sous la houlette de "Monsieur Ciseaux" pour gagner quelques mois et surtout mettre l'Italie à genoux devant les marchés, afin que la majorité trouve une situation dans laquelle elle aura pieds et poings liés. Forcer la Ligue et M5S à prendre l'engagement de rester dans l'euro où ils seront ligotés, et pilonner que la sortie de l'euro conduirait les Italiens à la ruine, à la pauvreté, à la faillite. Alors que c'est juste le contraire : la sortie de l'euro est la condition du redressement italien.

Extrait du billet d'Olivier Delorme paru sous le titre "Coup d'Etat à l'italienne" sur son blog

Ajout du 27/08/2018

François Asselineau a proposé une analyse constitutionnelle différente de celle d'Olivier Delorme à laquelle le Concierge adhère en fait. Sur le fond, les deux points de vue ne sont guère différents. Mais la forme reste importante pour une sortie de l'UE en bon ordre.

Lire:

Le refus du président de la République italienne de nommer un ministre des finances anti-euro démontre l’impasse totale de « l’alter-européisme » et de ses ambiguïtés programmatiques.

mercredi 30 mai 2018

L'Europe, c'est la paix !!!

On aurait pu croire que l’Union européenne et l’Allemagne s’offusqueraient de la position de la coalition M5S-Lega sur l’immigration. Le week end dernier nous a permis de comprendre que cette question était somme toute périphérique à côté de l’austérité budgétaire et des principes de la zone euro. Il y a 13 ans, les Français disaient non à cette Europe des grandes puissances financières et de l’ordolibéralisme allemand. Les Italiens se font désormais domestiquer par leurs maîtres outre-Rhin et leur commis Mattarella pour avoir été un peu trop critiques à l’égard de l’austérité et du fonctionnement de la zone euro.

Doit-on comparer la situation italienne avec le déroulement de la crise grecque ? Angela Merkel juge que oui. Celle-ci a en effet déclaré que la situation italienne allait bien entendu être problématique, mais que « comme à l’époque de la crise grecque et de Tsipras, il y a eu des problèmes, mais nous avons fini par nous accorder ». « Nous accorder » est donc le synonyme de faire capituler un leader démocratiquement élu, et de lui faire appliquer une austérité contraire au programme sur la base duquel il avait été propulsé au pouvoir. Voilà le sens de la démocratie selon Berlin. Si ce n’est pas assez clair, Angela Merkel a aussi déclaré : « Nous voulons collaborer avec tout le monde, mais il y a aussi des principes à l’intérieur de la zone euro ». A chaque crise, la rengaine qui consiste à déclarer, à l’instar de Jean-Claude Juncker, « qu’il n’y a pas de choix démocratique contre les traités européens » se réactive. Comme pour nous rappeler que nous vivons en régime de souveraineté limitée, et que l’on peut certainement débattre de la taille des haies et des abribus, mais en aucun cas de politique monétaire et budgétaire.

Au-delà des personnalités politiques allemandes, la presse s’en est aussi donnée à cœur joie. Comme l’a rapporté Libération, l’hebdomadaire des élites allemandes Der Spiegel a publié un éditorial dans lequel on explique que la Ligue et le M5S sont « des piques-assiettes » : « Comment pourrions-nous définir autrement le comportement d’un pays qui demande de financer le farniente et qui menace ensuite ceux qui sont sommés de régler leurs dettes ? Au moins, les clochards disent merci quand on leur donne quelque chose. » En Allemagne, on soumet les peuples d’Europe du Sud et on exige un sourire en retour. On compte sur les marchés aussi, puisque le commissaire européen Günther Oettinger a déclaré qu’il espérait que la panique financière pèserait dans le résultat des prochaines élections italiennes, déclenchant ainsi un tollé en Italie.

La France n’est pas bien plus courageuse. Emmanuel Macron a salué la décision de Sergio Mattarella de refuser de nommer Paolo Savona ministre de l’économie, considéré comme trop eurosceptique. Il y a vu un « grand sens de la responsabilité » et une décision courageuse, tout en lui renouvelant son soutien. Le courage consisterait donc désormais à bafouer les résultats d’une élection démocratique.

C’est toute l’Europe de la finance et de la soumission à l’austérité qui s’est activée ces derniers jours contre la coalition du Mouvement Cinq Étoiles et de la Lega, parce que ces forces voulaient proposer comme ministre de l’économie un économiste pourtant loin d’être subversif. Paolo Savona est en effet l’ex-président de la Confindustria, le MEDEF italien. Il est cependant l’un des auteurs d’un document publié en 2015 dans lequel il détaillait les dégâts de l’euro sur l’économie italienne, et les modalités pour en sortir. Il préconisait alors un plan secret de sortie de l’euro, dont la préparation serait dévolue à des experts en dehors de l’administration. De quoi suspecter la coalition gialloverde d’intentions cachées à l’égard de la zone euro, bien que Luigi Di Maio et Matteo Salvini aient déclaré à plusieurs reprises ne pas vouloir en sortir.

Lire la suite de l'article de Lenny Benbara paru sous le titre "3 ans après la Grèce, Berlin écrase les Italiens" sur le journal en ligne Le vent se lève

mardi 29 mai 2018

Du Parthénon au Colysée

Joli monde. Aux législatives du 4 mars dernier, les Italiens ont massivement voté en faveur de deux formations lesquelles sont porteuses d’un difficile message, espérons-le constructif en dépit des hésitations : Briser le carcan européiste, si cher à Jean-Claude Juncker lequel déclarait en 2015 : “il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens déjà ratifiés”. Ce n’est pour l’instant certes qu’un message, cependant, ce qui frappe déjà les esprits tient du refus du président Mattarella de nommer Paolo Savona, 81 ans, eurosceptique déclaré, à la tête du ministère des Finances. Une fois de plus (et de trop ?) les masques tombent.

Nous ignorons très naturellement les suites de l’histoire, celles notamment des prochaines très probables élections en Italie ainsi provoquées par le Putsch permanent européiste pour dire les choses de leur vrai nom. Cependant, depuis Athènes, nous saisissons alors mieux qu’ailleurs, tout le sens inique de ce Putsch, initié par cette politique supposée et présentée comme étant soi-disant unique entre Berlin, Bruxelles et Paris entre autres. Lorsque par exemple Matteo Salvini, (chef du parti de la Ligue), en pleine ascension politique après les législatives du 4 mars, déclare que “les journaux et les politiciens allemands nous insultent: Italiens mendiants, fainéants, adeptes de l'évasion fiscale, pique-assiettes et ingrats. Et nous, on devrait choisir un ministre de l'Economie qui les satisfait ? Non merci ! Les Italiens d'abord”, il a raison, (propos enfin reproduits par les médias français).

Ces propos de Matteo Salvini rappellent ainsi ces déclarations, et autant situations très analogues au sujet de la Grèce, c’était en Janvier 2015. En cette lointaine époque… un certain Alexis Tsipras avait prétendu incarner réellement la Constitution du pays, autrement-dit, celle du peuple supposé souverain, ceci faisant face au diktat des institutions non-représentatives, voire, dépourvues de toute légalité en matière de Droit international, à l’instar de l’Eurogroupe, pour ne nommer que cette salle de torture du seul européisme réellement existant.

Depuis, et faisant comme on sait suite au référendum de juillet 2015, trahit par Tsipras et par sa bande d’escrocs de la coalition SYRIZA/ANEL, le petit pays a été piétiné jusqu’aux entrailles de sa dignité et ainsi vassalisé pour 99 ans, d’après la signature d’Alexis Tsipras, par les forces néo-colonisatrices européistes. Ce qui s’y applique en lieu et place de programme politique autonome, tient du génocide économique, culturel et en fin de compte démographique est toujours en cours en pleine hétéronomie.

Une fin… de l’histoire absolument planifiée, avec l’aimable participation de Tsipras, lequel à mon humble avis, tout comme à l’avis du plus grand nombre en Grèce, avait été de toute évidence… franchement “préparé” pour cette tâche, sans oublier non plus, cette “étrange” neutralisation plutôt volontaire, de l’essentiel des autres forces pseudo-politiques du pays. Joli monde !

Nos amis d’Italie doivent retenir la triste leçon du cas grec pour ne pas tomber dans le même piège, quelle que soit d’ailleurs leur sensibilité politique première. N’oublions pas que le carcan européiste a placé un peu partout ses hommes et femmes marionnettes, dont ceux, occupant ces postes généralement sans pouvoir réel et encore moins légitime pour en plus outrepasser le cadre constitutionnel, à l’instar des présidents Mattarella en Italie et Pavlopoulos en Grèce. Au cas où le bon peuple “ d’en bas” fait “fausse route”, ces présidents seront toujours là, pour entraver au cas par cas, le fonctionnement encore subsistant et éventuel des institutions représentatives et démocratiques.

Les colporteurs du situationnisme européiste démâté, iront alors raconter au moyen de leurs medias que leurs contradicteurs, “tantôt de l’extrême-gauche, tantôt de l’extrême-droite incarnent alors les dangereux populismes du moment, dont la montée devrait être jugulée”. Tantôt les Tsiprosaures en 2015, tantôt ceux de la France Insoumise, en passant par la Ligue en Italie entre autres, la liste est bien longue.

Pourtant, le pire des extrémismes en Europe depuis les totalitarismes du Vingtième siècle, n’est autre que celui des institutions européistes méta-démocratiques et pratiquement soviétisées, pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris. Ce n’est plus une question de gauche et de droite, en tout cas dans un premier temps, mais d’abord, de résistance comme de survie organisatrice d’un autre projet collectif, voire européen concerté à partir de zéro.

Comme le souligne Philippe Grasset, à travers son analyse sous le titre : “Du Parthénon au Colisée”, “l’Europe a le sens du symbole, ou bien est-ce l’Histoire qui choisit d’imposer aux piètres artisans de la déstructuration qu’ils sont tous les instruments et toutes les circonstances qu’il faut pour donner au symbole qui en émerge toute la force qui importe et ainsi les placer devant le spectacle des ruines qu’ils accumulent... Je l’avoue et je suis sûr que je n’étonnerai personne, je suis partisan du deuxième terme de cette alternative du symbole. Eux, les déconstructeurs qui entropisent comme s’ils étaient anthropophages, ils ne savent pas grand’chose, ni de l’art ni de la puissance du symbole ; quand on fait dans l’entropie, on reste sur sa faim et l’on finit par se manger soi-même... (…)”

“Ce qu’on veut faire avec l’Italie aujourd’hui, à peine selon une autre méthode, c’est ce qu’on fit avec la Grèce il y a trois ans. L’Histoire nous impose, avec sa Grâce sans retenue, un symbole qui court du Parthénon au Colisée, de Platon à Julien l’Apostat (…) Il résulte de ce préambule quasi-antique que l’Europe-UE parvient ainsi à mettre les deux berceaux de la civilisation dont elle se réclame dans la même crèche de son imposture.”, article daté du 28/05/2018.

Ceci-dit, tout le monde admettra que l’Italie n’a pas la petite taille démographique ou géopolitique de la Grèce, ce qui n’arrangera sans doute pas les affaires de l’élite allemande et germano compatible qui fait de l’institutionnalisme européiste une sorte de Conférence de Wannsee… alors permanente et sans cesse réactualisée. Jusqu’où ?

Ce qui reste à prouver, tient de la volonté et la persévérance des politiques en Italie, ainsi que du fait que cette même volonté de résistance et de changement constructifs, puisse être partagée par une partie du moins des élites économiques et industrielles de l’Italie, au-delà des prochaines élections législatives, probablement en Septembre. Car au contraire et en Grèce, l’ensemble de la dite élite politique, comme de celle supposée élite intellectuelle et autant économique, tout ce beau monde “ d’en haut”, a très délibérément préféré la mise à mort du pays réel, plutôt que de s’opposer au carcan infligé.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "L'Italie d'abord" sur son blog Greek Crisis

mercredi 23 mai 2018

L’odeur si nauséabonde de l’hybris

Puis, aux dernières nouvelles… si peu contrastées finalement, le “gouvernement Tsipras” se prépare à dorer la pilule de cette énième diminution des montants des retraites décidée il faut préciser en toute… technicité avec l’aimable participation de la Troïka. D’où toute... cette utopie instable quant à la date probable des futures élections legislatives, entre l’automne prochain et l’année 2019, au moment le supposé mandat démocratique des Tsiprosaures irait à son terme et le pays avec.

Ces décisions de toute sorte sont ainsi adoptées actuellement et d’ailleurs en accéléré depuis que Tsipras et son cirque de SYRIZA/ANEL règnent alors en rois bouffons au pouvoir des marionnettes. Sans la moindre consultation démocratique, au détriment du pays, des droits, des règles en matière d’environnement, les gouvernants alors salissent et détruisent tout, laissant derrière eux l’odeur si nauséabonde de l’hybris.

Leur dernière decision en date, si peu présente à travers la presse, tient de ce terrible décret du ministrion de l’Energie, ayant provoqué déjà l’indignation chez habitants et aux collectivités locales à Agrafa, région montagneuse dont l’autonomie et l’autogestion furent même respectées sous les Ottomans, c’est pour dire.

Le décret, impose sans la moindre consultation la construction de deux immenses parcs d’éoliennes, et un scandale d’après le Mouvement des citoyens pour la protection de l’environnement de la région Evritania/Agrafa. Faisant suite à plusieurs ajournements et rejets, le ministère de l'Environnement et de l'énergie, a finalement accordé la licence d'installation pour deux projets éoliens géants dans cette région d'Agrafa, ces décisions ont été signées par le ministre par simple ordonnance adréssée au... Gestionnaire des Energies, un certain Alexopoulos.

Ceux du Mouvement des citoyens pour la protection de l’environnement de la région Evritania/Agrafa rappellent d’abord, que pour ce qui est du grand ensemble montagneux du Pinde, son cœur se situe très exactement à Agrafa. Ainsi, une économie viable et surtout intelligente dans la région, n’est alors possible qu’en mettant l'accent entre autres, sur le tourisme alternatif, sur l'agriculture et sur certaines autres activités traditionnelles.

“Seule une telle option viable peut redonner vie et ainsi espoir aux réalités humaines de la région, pour la maintenir même dans la mesure du possible au sein d’une économie nationale ayant enfin du sens.” Pauvre pays, dévasté durant la décennie 1940 entre l’Occupation et la Guerre Civile, Grèce des montagnes alors vidée de plus de 700.000 habitants et dont le coup de grâce se concrétise sous les escrocs politiques actuels.

Ces derniers, largement téléguidés (et très probablement… concrètement et correctement remerciés) par les constructeurs des éoliennes, éventuellement Allemands ; marionnettes politiques grecques faisant alors de leur… mieux. Deux grandes installations éoliennes doivent être construites aux sommets vierges de la région d’Agrafa et cela à une altitude d’ailleurs inhabituelle en Grèce comme dans le reste monde, se situant entre 1600 et 2000 mètres. L’Hybris et la démesure… qui atteignent des sommets jusque-là inimaginables.

Le tout, dans une zone très protégée et classée Natura... aux conséquences désastreuses alors incalculables, (“Quotidien des Rédacteurs” du 16 mai 2018).

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Problème technique" sur son blog Greek Crisis

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