Musée de l'Europe et de l'Afrique

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Quatrième nuit de Walpurgis

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lundi 18 mars 2019

16 mars : les vandales à Paris

A 6 heures du matin, un groupuscule de Black Blocks en costards privatise ADP, ENGIE, La Française des Jeux, prive une partie des allocataires de leurs prestations, supprime les tarifs réglementés du gaz, et saccage l'Assemblée Nationale en plein Paris... Se promettant de revenir après une ultime navette au Sénat

melenchonPacte.PNG Cliquer sur l'image pour voir la vidéo

Tous les Députés en Marche sont "complices"...

macroncomplices.PNG

Voir aussi :

melenchonPacte2.PNG Cliquer sur l'image pour voir la vidéo

jeudi 14 mars 2019

Le Conseil Constitutionnel jouera-t-il pleinement son rôle au regard de la constitution et des obligations et des engagements internationaux de la France ?

Un coup très dur au droit de manifester pacifiquement en France

La loi dite « anti-casseurs » vient d’être adoptée au Sénat. Un coup très dur au droit de manifester pacifiquement en France.

e droit français existant permettait déjà largement de prévenir, interpeller, poursuivre et sanctionner lourdement des personnes commettant des actes de violences lors de manifestations.

Contrairement à son intitulé, cette nouvelle loi n’apportera rien contre les « casseurs », et ne protégera surtout pas les manifestants pacifiques. Au contraire, elle ouvre en grand la porte à l’arbitraire des pouvoirs exécutifs d’aujourd’hui et de demain.

Moins de 18 mois après la fin de l’état d’urgence, les interdictions administratives rentrent dans le droit commun. Les préfets, et à travers eux le pouvoir exécutif, pourront interdire à une personne de manifester, sur des bases extrêmement floues, loin du regard de la justice.

De même, les manifestants pacifiques qui souhaiteraient protéger leur visage des effets des gaz lacrymogènes par exemple risquent désormais d’être exposés à des arrestations et condamnations arbitraires.

En France, les risques de dérives ont été dénoncés par 53 associations et syndicats. Au niveau international, trois experts indépendants des nations unies « ont exprimé leurs vives préoccupations sur certaines dispositions qui ne seraient, selon eux, pas conformes avec le Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel la France est partie (…) Ces dispositions pourraient être appliquées de manière arbitraire et conduire à des dérives extrêmement graves. ».

La commissaire aux droits de l’homme au conseil de l’Europe a elle aussi exprimé sensiblement les mêmes préoccupations.

Le Conseil Constitutionnel, qui sera saisi par le président de la République et des groupes parlementaires opposés à la loi, sera amené à examiner la loi au regard de la constitution française.

Le Conseil Constitutionnel jouera-t-il pleinement son rôle au regard de la constitution et des obligations et des engagements internationaux de la France ?

Communiqué d'Amnesty International

Lire par ailleurs l'analyse de l'ACAT APRES 100 JOURS DE MANIFESTATIONS , QUEL BILAN SELON L' ACAT?

L'ACAT, Action des chrétiens pour l'abolition de la torture, avait par ailleurs mis en garde et incité à l'action non-violente contre les violences policières dès leur origine, c'est à dire sous le gouvernement Hollande-Valls, face aux protestations contre la loi Macron II (subtilement appelée "Loi El-Khomri"), notamment à travers un rapport, et une campagne Violences policières, brisons le silence

mardi 12 mars 2019

Les origines économiques de l’autoritarisme d’Emmanuel Macron

pause21.gif illus. Le Mariage d'Art & Entreprise (collections du Musée de l'Europe)

(...) L’hybridation du système français correspondait à un équilibre social. Le détruire laisse nécessairement place au conflit. D’autant qu’Emmanuel Macron a, pour mener sa « révolution », ou plutôt sa destruction de ce système, surestimé l’ampleur de son soutien en se prévalant des élections présidentielle et législatives de 2017. Mais ces deux scrutins n’ont guère apporté de soutien clair à ses choix économiques. Le 5 mai, le scrutin a d’abord été un vote de rejet de l’extrême droite, tandis que les législatives sont souvent marquées par un « légitimisme » en faveur du chef d’Etat élu, qui ne s’est jamais démenti depuis 2002, et par une forte abstention.

La réalité est que le socle de soutien à cette politique économique présidentielle est réduit à ce que Bruno Amable et Stefano Palombarini appellent « le bloc bourgeois ». Un bloc qui n’est pas majoritaire, à la différence de ce que l’on observe dans les pays du nord de l’Europe, mais qui, système électoral oblige, peut l’emporter compte tenu de la division du bloc adverse. Sauf que ce bloc adverse peut faire front pour s’opposer à la politique de destruction du modèle français. C’est là que l’on en est désormais : un face-à-face violent et sans compromis possible, parce que l’essence même du système français est en jeu et que le régime électoral n’a pas pu clairement expliciter le choix de la majorité sur ce sujet.

Mais pour Emmanuel Macron, céder est impossible. Ce serait non seulement renoncer à son identité politique, mais aussi échouer à une épreuve essentielle, une forme de « baptême néolibéral ». « Les néolibéraux mettent en évidence la nécessité de passer outre les décisions populaires lorsqu’elles contreviennent à ce qui est vu comme un principe supérieur », écrit Quinn Slobodian. Assumer son impopularité, c’est se montrer capable de défendre la vérité envers et contre tout.

Il y a là une forme de fanatisme dans lequel on prouve sa capacité par son opposition à son propre peuple. On a vu des postures de ce genre dans toute l’Europe durant la crise de la dette : au Portugal, en Grèce, en Italie ou en Espagne. Pour Emmanuel Macron, c’est une façon de construire sa stature internationale, de montrer qu’il peut « réformer » ces Gaulois irréformables. C’était ce qui impressionnait tant les médias anglo-saxons au début du quinquennat.

Mais si céder est impossible, comment « passer outre » la résistance de la société française ? Quinn Slobodian décrit comment, à partir des années 1980, ont été construites des structures internationales capables de soumettre les États à l’ordre néolibéral : l’OMC, le FMI, l’UE, les marchés financiers… Lorsqu’un État décidait de changer de politique, cette pression « externe » le ramenait à la raison. Mais la France ne prête guère le flanc à ce genre de pression. La France n’a pas à craindre ses créanciers. Les marchés ont soutenu son modèle hybride et ne s’inquiètent guère du mouvement des gilets jaunes, ce qui rend, du reste, toute menace de l’UE peu crédible, à la différence du cas italien. Bref, cette option ne fonctionne pas.

Par ailleurs, Emmanuel Macron ne peut guère s’appuyer sur une prétendue « efficacité » de ses recettes économiques. Aucune de ses réformes, pas davantage que les précédentes, n’ont été en mesure de rendre la France plus solide économiquement, bien au contraire. En brisant le subtil équilibre entre État, consommateurs et entreprises et en faisant un mauvais diagnostic, centré sur l’attractivité et la compétitivité coût, il l’a plutôt affaiblie. Dès lors, la politique de « compensations » mise en place n’a guère porté ses fruits, d’autant qu’elle a été timide. Et les 10 milliards d’euros annoncés en décembre ne devraient pas tellement changer la donne, dans la mesure où les « réformes » atteignent le cœur du système français et donc de la confiance des ménages : l’emploi, la retraite, le chômage, le logement. On peut prétendre, comme le font les néolibéraux, qu’il en faut « encore plus », et c’est, du reste, ce que prétend le président de la République. Mais cette stratégie de la « fuite en avant » permanente est peu convaincante.

Incapable de prouver l’efficacité de sa politique, Emmanuel Macron n’a plus qu’une seule carte en main pour imposer sa « vérité » : celle de l’abus d’autorité. Une carte que le régime actuel, régime personnalisé dont le berceau est une guerre sanglante, lui permet de jouer aisément. Puisque le président de la République connaît la vérité, sait quelle est la bonne voie pour la France, il a le devoir, pour le bien de la France, de mener le pays dans cette voie, contre le désir du pays lui-même. Il lui faut faire le bonheur de « son » peuple malgré lui. Et cela vaut bien de le secouer, par une limitation du droit de manifester, par une tentation de contrôler la « neutralité » de la presse (donc son acceptation de la « vérité » néolibérale) et par une répression des mouvements d’opposition.

La certitude d’Emmanuel Macron d’agir pour le bien du pays et d’être guidé par une vérité transcendantale a de quoi fondamentalement inquiéter. Le néolibéralisme est actuellement sur la défensive. La crise de 2008 et ses suites, son inefficacité à relancer la croissance et à gérer la transition écologique tendent à le remettre en question.

Les grandes organisations internationales remettent en cause certains de ses dogmes comme la libéralisation du marché du travail, la « théorie du ruissellement », la liberté des capitaux… Ce qui se joue aujourd’hui, c’est une crise de régime économique, au sens de celle que l’on a connue dans les années 1930 et 1970. Dans ce contexte, la tentation autoritaire du néolibéralisme se renforce.

En février dernier, Dani Rodrik, l’économiste étasunien d’origine turque, professeur à Harvard, signalait que les démocraties libérales n’étaient pas menacées uniquement par un glissement vers la « démocratie illibérale », danger souvent agité. Un autre existe : « les libéralismes non démocratiques ». Cette idée a été développée par un autre chercheur de Harvard, Yascha Mounk, dans un chapitre de son ouvrage Le Peuple contre la démocratie, traduit aux éditions de l’Observatoire. Il s’agit d’un système où les vraies décisions sont soumises à des règles non choisies, issues de principes non démocratiques définis par l’ordre économique, et où le pouvoir se doit d’assurer l’obéissance des États à ces lois, s’il le faut au prix des libertés fondamentales. C’est vers un tel destin que la France semble désormais se diriger.

Extrait de l'article de Romaric Godin paru initialement sur Mediapart à lire en intégralité sur le site Europe Solidaire Sas Frontières

Lire aussi "Loi « anti-casseurs » : un point de non-retour dans la restriction des libertés pourrait être franchi" sur le site de BastaMag

dimanche 10 mars 2019

Les fusibles ne sont pas éternels...

Pourtant, la dimension sociale, voire celle de classe elle y est, et alors entière. La directrice locale d’un établissement appartenant à une enseigne grecque de supermarché, a récemment adressé un courrier à “ses” employés, courrier dont le contenu a pu être divulgué aussitôt dans la presse. “Vous devriez sourire aux clients car même ceux qui parmi vous gagnent 300€ par mois, ils doivent se rendre compte des réalités: 300€ c’est 300% de plus... que zéro”, presse grecque du 5 mars 2019. Bien entendu, devant le scandale et l’indignation provoqués depuis, cette directrice... présentée comme étant particulièrement locale, elle a été licenciée en pur marketing alors d’urgence, presse grecque du 8 mars. C’est bien connu, les fusibles ne sont pas eternels, contrairement aux inégalités, aux injustices et aux autres rapports de force.

Temps anciens et temps nouveaux... visiblement entremêlés. La presse s’en occupe à sa manière, lorsqu’elle ne s’attarde pas sur les belles prises des caïques de l’Égée, ou sur les repas de fête chez les moines du Mont-Athos, justement pour ne pas remâcher sur la politique. Temps dont il est question chez André-Jean Festugière, et notamment à travers les pages de son “Épicure et ses dieux”, datant certes de 1946. Il renvoi dans son œuvre à cette (autre) mutation, entre l’époque des cités démocratiques (surtout Athènes) de la période classique, et celle des Empires, Macédonien d’abord, Hellénistiques ensuite et enfin Romain. Un choc... ayant fini par être bien gobé chez le commun des mortels.

“L’homme, avec sa conscience propre et ses besoins spirituels, ne débordait pas le citoyen: il trouvait tout son épanouissement dans ses fonctions de citoyen. Comment ne pas s’apercevoir que, du jour où la cité grecque tombe du rang d’État autonome à celui de simple municipalité dans un État plus vaste (Empire), elle perd son âme? Elle reste un habitat, un cadre matériel: elle n’est plus un idéal. Il ne vaut plus la peine de vivre et de mourir pour elle. L’homme dès lors, n’a plus de support moral et spirituel. Beaucoup, à partir du IIIe siècle, s’expatrient, vont chercher travail et exploits dans les armées des Diadoques ou dans les colonies que ceux-ci ont fondées. Bientôt, à Alexandrie d’Égypte, à Antioche de Syrie, à Séleucie sur le Tigre, à Éphèse, se créent des villes relativement énormes pour l’Antiquité (2 à 300.000 habitants) ; l’homme n’est plus encadré, soutenu, comme il l’était dans sa petite patrie où tout le monde se connaissait de père en fils. Il devient un numéro, comme l'homme moderne, par exemple à Londres ou à Paris. Il est seul, et il fait l'apprentissage de sa solitude. Comme va-t-il réagir ?” (André-Jean Festugière, “Épicure et ses dieux”, 1946).

Lire l'intégralité de la chronique de Panagiotis Grigoriou, parue sous le titre Les limites de l’âme sur son blog Greek Crisis

mercredi 27 février 2019

COMMISSION EUROPÉENNE : PAS ASSEZ DE RÉFORMES EN GRECE !

delorme4emememorandum.PNG

Un rapport de conformité de la Commission européenne qui doit être publié mercredi devrait envoyer un message sévère au gouvernement grec pour intensifier ses efforts de réforme économique qui, comme d'habitude, ont été retardés.

Le rapport devrait indiquer des progrès dans certains domaines tout en demandant instamment que soient menées à bien les actions préalables en suspens dans la perspective du sommet des ministres des Finances de la zone euro prévu pour le 11 mars.

Athènes tient à obtenir une évaluation positive de l'Eurogroupe et à obtenir le déblocage d'un milliard d'euros, dont 750 millions d'euros de bénéfices sur les obligations grecques détenues par les banques centrales de la zone euro, le solde provenant de la renonciation à la hausse de la marge d'intérêt sur une partie des prêts de la zone euro.

Bien que la Grèce n'ait pas d'urgence besoin de cet argent, elle souhaite un résultat positif au sein de l'Eurogroupe pour rassurer les marchés et permettre aux autorités d'émettre une nouvelle obligation, probablement le mois prochain.

Il semble toutefois peu probable que les actions antérieures en suspens soient achevées dans les délais impartis, selon un responsable européen, les autorités grecques ne la géreraient probablement pas à temps pour l'Eurogroupe.

Le cadre juridique de la nouvelle législation sur la protection des résidences principales des débiteurs qui remplacerait la loi dite Katseli est un point de blocage essentiel.

Les créanciers grecs craignent que le cadre proposé ne protège les défaillants stratégiques et ne réduise probablement pas les prêts improductifs, qui pèsent davantage sur les banques grecques que tout autre pays européen.

Ils s'opposent également au fait que la protection s'étendrait aux prêts aux entreprises garantis à des résidences principales et il est proposé que la protection s'applique aux biens immobiliers d'une valeur maximale de 250 000 euros, ce qu'ils considèrent comme un chiffre élevé.

Les autres problèmes sont les retards dans le remboursement des dettes de l’État à des tiers et dans les privatisations, notamment l’appel d’offres pour la concession de l’exploitation de l’autoroute Egnatia.

De manière générale, le climat n'est pas particulièrement clément pour la Grèce, les récentes décisions du gouvernement semblant être axées sur les élections, notamment la hausse récente de 11% du salaire minimum et, avant cette décision, la décision de prolonger le taux de la taxe à la valeur ajoutée sur certaines îles .

Constant Kaimakis via Olivier Delorme

374 milliards d'euros rien qu'en 2017 !

BFMeuro.PNG Collections du Musée de l'Europe & de l'Afrique

Et donc, continuons le sacrifice de la société réelle, de la République solidaire et sociale, des habitants de ce pays pour satisfaire et apaiser le Dieu-Euro (Et l'Allemagne puisque ces bonnes recommandations viennent d'Outre-Rhin!)! Jusqu'à quand ?[1]

Nous sommes tous Grecs !

Source : BFM

PS (sic) :

Vous reprendrez bien un peu de Burkini pour parler d'autre chose ?

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Notes

[1] Le Musée de l'Europe remercie grandement le Centre d'études de politique européenne d'exposer ainsi l'éléphant au milieu de la pièce que la sphère politico-médiatique tentait avec succès de dissimuler depuis 20 ans ! Et cela en croyant apporter un argument de poids aux politiques de démolition néo-libérales de Macron ! A ce point d'aveuglement, alors que le pays est dans une agitation sans précéent et à vrai dire en sédition contre les politiques néo-libérales euro-centrées, tout semble enfin permis ! (Le Concierge)

samedi 23 février 2019

Les Gilets jaunes devraient regarder vers la Grèce pour voir ce que sera notre avenir si leur mouvement s’enlise

En février 1948, le général américain Van Fleet analysait l’intervention américaine dans la guerre civile grecque, qu’il supervisait, comme « une expérience de laboratoire ». Depuis 2010, les prétendues élites européistes mènent dans ce pays une autre expérience de laboratoire : jusqu’où une société européenne peut-elle, en temps de paix, être martyrisée, la démocratie réduite à une coquille vide, les forces de résistance collective paralysées par ce que Naomi Klein a décrit dans son livre de 2007, alors prophétique pour la Grèce, intitulé La Stratégie du choc ou la montée d’un capitalisme du désastre ? Et les Gilets jaunes en France, aujourd’hui, devraient regarder vers la Grèce pour voir ce que sera notre avenir si leur mouvement s’enlise, s’il se laisse circonvenir par les habiletés du pouvoir. S’ils ne prennent pas conscience que l’ensemble des questions économiques et sociales qui ont provoqué leur soulèvement tient au carcan de l’euro, à la libre circulation des capitaux, de la main-d’œuvre et des marchandises à l’intérieur du marché unique où règne la loi de la jungle du moins-disant salarial et fiscal, à la non-protection de ce marché par rapport aux pays à bas coût de main-d’œuvre. S’ils reprennent l’antienne d’une UE qu’il faudrait réformer, alors qu’elle est irréformable parce qu’elle a été conçue pour servir exactement à quoi elle sert : démanteler l’État social, faire du salaire la seule variable d’ajustement de la compétitivité, maximiser les profits d’une caste de plus en plus réduite et, au final, vider de toute substance la démocratie pour assurer, dans un cadre de plus en plus autoritaire au fur et à mesure que les peuples regimbent, le pouvoir technocratique de ceux qui sont persuadés de savoir mieux que les peuples ce qui est bon pour eux.

Les accusations portées contre les Grecs n’avaient qu’une utilité : faire croire qu’ils avaient mérité, par leurs « fautes », le traitement qu’on leur appliquait – de sorte que les autres ne puissent imaginer voir leur avenir dans le présent des Grecs. Mais dix ans plus tard, c’est bien ce même discours de culpabilisation que Macron transpose dans l’ordre intérieur en insultant ceux qui ne s’en sortent plus.

Le démantèlement de l’État social, de toutes les protections collectives, de tous les filets de sécurité, la paupérisation des classes moyennes et, au final, la spoliation des petits propriétaires, voilà le véritable agenda européen. Il s’applique à des rythmes et selon des modalités différents suivant les spécificités nationales, mais ce qui s’est passé et qui continue à se passer en Grèce marque la direction.

Ce que montre aussi la Grèce, c’est qu’une alternance de « gauche radicale » dans le cadre de l’euro et de l’UE ne peut se traduire par rien d’autre que par la poursuite et l’aggravation continue des mêmes politiques néolibérales. C’est que, comme la gauche réformiste avant elle, elle se discrédite et finit par restituer le pouvoir à la droite sans avoir rien modifié de l’ordre économique et social mais en ayant au passage achevé de discréditer le politique et la démocratie : le seul choix aujourd’hui est entre le cadre européen et l’alternance réelle.

Sortir de cette spirale mortifère pour la nation, la société et la démocratie suppose donc de sortir du cadre européen – ou de le faire exploser. Mais cela ne peut être ni de droite ni de gauche. La sortie du carcan européen ne peut rien régler « en soi ». La récupération de la souveraineté est un préalable indispensable à la reprise d’un vrai débat politique, projet contre projet, et à la restitution au peuple de sa capacité à trancher entre ces projets. Il ne faut donc pas demander à un Frexit d’être « de gauche », cela ne veut rien dire. La sortie ne peut prédéterminer l’avenir puisque son rôle est de rouvrir le champ des possibles, de mettre fin à l’alternance du pareil et du même. Car si l’on ne peut pas dire qu’il faut un « Frexit de gauche », on est en revanche assuré qu’en restant dans le cadre euro/UE, les politiques suivies seront toujours plus ordolibérales, austéritaires, liquidatrices des droits sociaux, du patrimoine et des services publics, et au final – comme on le voit se dessiner aussi bien en Grèce qu’avec le pouvoir macronien – des droits individuels et des libertés fondamentales.

La Résistance n’était ni de droite ni de gauche, elle visait à libérer le territoire de l’occupant afin de rendre à la nation sa liberté et au peuple sa capacité à maîtriser son destin.

En revanche, le Comité National de la Résistance qui regroupait des personnes et des mouvements de toute obédience – des communistes à une partie de l’extrême droite d’avant-guerre –, a réfléchi et élaboré un cadre économique et social assurant à chacun des sécurités élémentaires, le cadre dans lequel s’inscrirait le débat politique une fois la souveraineté nationale restaurée. C’est ce travail que nous avons à accomplir aujourd’hui.

Lire la 2eme partie de l'entretien avec Olivier Delorme paru sous le titre Olivier Delorme 2/2 : « Le principal acquis de l’ère Syriza restera sans doute l’immense discrédit qui frappe désormais le politique. »

Vendre les terres au plus offrant : Le plan de la Banque mondiale pour privatiser les biens communs

Vendre les terres au plus offrant : Le plan de la Banque mondiale pour privatiser les biens communs

Vendre les terres au plus offrant : Le plan de la Banque mondiale pour privatiser les biens communs détaille comment la Banque préconise des réformes, via un nouvel indicateur foncier dans le projet EBA, encourage les acquisitions de terres à grande échelle et l’expansion de l’agrobusiness dans les pays en développement. Ce nouvel indicateur est désormais un élément clé de l’initiative EBA, qui dicte les réformes favorables aux entreprises que les gouvernements devraient mener dans le secteur agricole. Initié comme projet pilote dans 38 pays en 2017, l’indicateur foncier devrait être étendu à 80 pays en 2019. Le projet est financé par les gouvernements des États-Unis et du Royaume-Uni et par la Fondation Bill and Melinda Gates.

Les principales recommandations de l’EBA aux gouvernements sont de formaliser les droits de propriété privée, de faciliter la vente et de la location de terres à usage commercial, la systématisation de la vente de terrains publics aux enchères au plus offrant et l’amélioration des procédures d’expropriation. Les pays sont notés sur la manière dont ils mettent en œuvre ces recommandations. Leurs notes sont ensuite utilisées pour déterminer le volume d’aide internationale et d’investissements étrangers qu’ils reçoivent.

Parmi les nombreux problèmes détaillés dans le rapport, figure la prescription de la Banque aux gouvernements des pays en développement, en particulier en Afrique, de transférer les terres publiques ayant une « valeur économique potentielle » à un usage privé et commercial, afin que les terres puissent être utilisées « de manière optimale ». « Assurant que les pays à faible revenu ne gèrent pas efficacement les terres publiques, la Banque plaide en faveur de la privatisation de ces terres. Ce-faisant, elle ne tient pas compte du fait que des millions de ruraux pauvres vivent et travaillent sur ces terres, qui sont essentielles à leur subsistance, tout en constituant un capital ancestral d’une profonde signification sociale et culturelle.

Vendre les terres au plus offrant est publié dans le cadre de la campagne Nos terres, Notre business, composée de 280 organisations du monde entier, qui demande la fin du programme Enabling the Business of Agriculture.

Des versions courte et longue du rapport sont disponibles sur le site du CADTM

vendredi 22 février 2019

Forêts domaniales à vendre

La vente du pays par appartements continue

L'information est sortie dans le magazine Challenges le 8 octobre. Pour réduire son déficit, l'Office National des Forêts pourrait privatiser une partie de la forêt domaniale, patiemment constituée depuis huit siècles par les rois de France, puis par la République !

En octobre 2015, le magazine Challenges annonçait la volonté de l'ONF de privatiser une partie de la forêt domaniale.

L'objectif était de trouver de l'argent, indispensable au budget de l'office National des Forêts.

Deux ans et quelques mois plus tard, nouvel article, de nos confrères de Capital cette fois, qui explique que l'ONF est au bord de la faillite. Et cela malgré ces ventes de bois. Des ventes qui contribuent à 30% des ressources de l'Office mais qui ne décollent pas, selon le chiffre du magazine.

En réalité, le Code Forestier autorise déjà la cession par l'Etat de petits massifs (moins de 150 hectares), à condition que l'exploitation ne soit pas rentable et que l'intérêt écologique soit faible.

Mais le contrat d'objectif 2016/2020 de l'ONF préconise de systématiser ces ventes pour boucher le trou de l'Office, qui affiche un déficit supérieur à 20 millions d’euros sur un budget de 855 millions.

L'ensemble des syndicats de forestiers n'hésite pas à parler de "braderie" :

Cette nouvelle disposition heurte profondément les personnels de l’ONF car elle marquerait un virage sans précédent de la politique forestière de l’Etat qui initierait ainsi la privatisation au moins partielle du patrimoine forestier public.

En 2015, selon Christian Dubreuil, alors directeur de l'ONF, qui vient de quitter ses fonctions, c'est d'abord aux collectivités locales qu'il sera proposé d'acheter ces petites forêts. Ou de les échanger contre des bois communaux pour rationaliser l'exploitation de part et d'autre. Mais la cession au privé n'était pas exclue.

En Lorraine, où la plus grandes partie des forêts sont publiques (Etat et collectivités), le sujet est sensible.

Après l'annonce de la fermeture du campus ONF de Velaine-en-Haye, cette annonce posait la question du rôle de la puissance publique à l'heure du "tout économique". L'administration des Eaux et Forêts remonte à Philippe le Bel, mais ça ne fait pas si longtemps qu'on lui demande d'être rentable.

Benoît de Butler, France 3 Grand Est

mardi 19 février 2019

Entretien avec Olivier Delorme

Olivier Delorme est essayiste et historien. Enseignant à l’Institut d’Études Politiques de Paris, il a reçu le prix « Mondes en guerre, mondes en paix » pour les trois volumes de La Grèce et les Balkans, a publié 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe aux éditions HO en 2017. Il nous livre une entrevue au sujet de la Grèce sous le prisme de la guerre économique au sein de l’Union Européenne dont voici la première partie

Dans votre essai 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe (HO éditions, 2017), vous soulignez l’origine historique des modalités – politiques comme juridiques – de mise en œuvre de la construction européenne, soit l’Allemagne nazie ou encore l’État français de Vichy. D’un point de vue historique et politique, 1945 a-t-elle signifié une rupture en ce qui concerne l’édification de l’Union ?

Le thème de « l’Europe », de l’ordre européen, de la croisade européenne contre le bolchevisme, volontiers assimilé à un asiatisme et/ou à un « complot juif », est en effet un thème majeur de la propagande du régime nazi comme de tous les gouvernements collaborationnistes en Europe, Vichy compris. Cette Europe-là est alors présentée comme une « troisième voie », et le combat pour la construire autour de l’Allemagne, modèle et moteur, vise à la fois le bolchevisme et la « ploutocratie anglo-saxonne » qui, dans cette vision délirante du monde, est elle aussi un instrument « aux mains des juifs ». Et la même propagande d’ajouter que cette Europe apportera le travail, les loisirs, le bien-être, la concorde et… la fin des guerres.

Il est d’ailleurs amusant de voir qu’on a choisi Aix-la-Chapelle pour lieu de signature du dernier traité franco-allemand : la référence à l’empire de Charlemagne est constante depuis le début de ce qu’il est convenu d’appeler « la construction européenne », comme elle l’était chez les collaborationnistes français qui baptisèrent « Charlemagne » la division SS française qui se battit jusque dans les ruines de Berlin.

Si je crois utile d’insister sur ces points, c’est que depuis le traité créant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en 1951, on nous serine que l’Europe serait « par nature » un concept destiné à promouvoir la concorde et la fraternité des peuples. Or, entre 1941 et 1945, ce concept d’Europe a servi à justifier la guerre d’agression comme la hiérarchisation des peuples et le racisme d’État. Il faudrait donc qu’à un moment les européistes arrêtent de raconter n’importe quoi.

Notons qu’il y a également une continuité frappante entre les totalitarismes du XXe siècle et ladite « construction européenne » en ce qu’ils partagent la même croyance que les peuples sont incapables de se gouverner par eux-mêmes : la conviction la plus profonde de Jean Monnet, le principal inspirateur de l’édifice européen, fut sans doute que si on laisse les peuples se gouverner sans tuteur, ils font obligatoirement des « bêtises » : porter au gouvernement un parti se présentant comme de gauche radicale en Grèce, des « populistes » ailleurs, voter contre le traité dit constitutionnel ou en faveur du Brexit, pour les exemples les plus récents. Ils doivent donc s’en remettre à une technocratie : le gouvernement de sachants qui savent mieux que les peuples ce qui est bon pour eux et qui, dans le cas de l’UE, s’exerce à travers le réseau de plus en plus étroit de traités privant des gouvernements en apparence démocratiques de la réalité du pouvoir et, au stade actuel, logiquement, de toute crédibilité. Au stade suivant, dont on commence à distinguer les prémisses dans certains discours, cette logique conduira, si on n’en interrompt pas le cours, à la remise en cause du suffrage universel au profit d’une nouvelle forme de suffrage censitaire restreint aux membres de ce que d’aucuns nomment « le cercle de la raison ».

Quant à la coupure chronologique que vous évoquez, elle se situe plutôt en 1948-1949. Dans l’immédiat après-guerre, bon an mal an, la Grande Alliance se maintient. Mais au fur et à mesure que se multiplient les heurts entre les deux systèmes qui se partagent l’espace européen (Trieste, guerre civile grecque, première crise de Berlin) et que la poigne stalinienne s’appesantit sur la partie orientale de l’Europe, les Européens de l’Ouest réclament que les États-Unis garantissent leur sécurité : c’est là que tout commence.

La première organisation européenne, l’Organisation européenne de coopération économique (OECE transformée en Organisation de coopération et de développement économiques, OCDE, en 1961), est fondée en 1948 pour répartir les crédits et matériels livrés au titre du Plan Marshall. Et celui-ci, en application de la « doctrine Truman » définie l’année précédente, a pour but de redresser les économies d’Europe de l’Ouest afin d’empêcher la contagion communiste. Mais l’OECE ne se bornera pas à cette tâche d’intendance. Elle jettera les bases d’une organisation, non de l’Europe, mais d’un espace transatlantique comprenant États-Unis, Canada et États d’Europe de l’Ouest, en abaissant les barrières douanières, en organisant une union de paiement, en favorisant l’introduction du fordisme, en harmonisant les normes. Jusqu’à aujourd’hui, cet organisme n’a cessé de produire de l’idéologie néolibérale et libre-échangiste en même temps que des statistiques et des injonctions destinées à étendre toujours davantage le champ d’application de cette idéologie. Quant à son premier secrétaire général, de 1948 à 1955, il se nomme Robert Marjolin, âme damnée de Monnet. Il sera successivement l’un des concepteurs des traités de Rome (1957), puis le vice-président (1958-1967) de la Commission européenne présidée par l’ancien juriste nazi Walter Hallstein, lequel, prisonnier en juin 1944, fut recruté par le programme américain de reformatage des élites allemandes. En outre, on sait aujourd’hui par les archives américaines que Marjolin se vit prescrire par le Département d’État américain, dès 1965, de préparer une union monétaire européenne « en rusant », jusqu’au moment où son adoption deviendrait « pratiquement inéluctable1 ».

Puis, alors que les États-Unis avaient, depuis leur indépendance, pour principe absolu le refus des alliances permanentes en temps de paix, ils acceptèrent la conclusion d’une telle alliance avec la signature du traité de l’Atlantique Nord en avril 1949. Et celle-ci précéda de peu la création par les Anglo-Saxons d’une République fédérale d’Allemagne à laquelle répondra celle de la République démocratique allemande.

C’est dans cette logique de guerre froide, et dans aucune autre, qu’il faut placer la conclusion du traité de CECA en 1951 : la défense de l’Europe occidentale par les États-Unis doit trouver comme contrepartie une réorganisation économique de l’ouest du continent européen permettant une meilleure pénétration des produits américains. Il ne faut pas oublier que le formidable essor économique qu’ont connu les États-Unis durant le deuxième conflit mondial génère après 1945, dans l’opinion comme chez les responsables américains, la très forte crainte que le rétablissement de la paix ne s’accompagne d’une crise de surproduction et d’un retour à la Grande Dépression des années 1930.

Dans ces conditions, c’est une des autres impostures européistes qu’il faut mettre au jour : on est plus forts à plusieurs. Or on n’est pas plus forts à plusieurs lorsqu’on a des intérêts divergents et que les décisions ne sont toujours que l’expression du plus petit commun dénominateur. En revanche, de la CECA au TAFTA, il est bien plus commode pour les Américains de s’entendre avec une autorité supranationale qui ne rend aucun compte démocratique à un peuple européen qui n’existe pas, ne se décrète pas et ne naîtra pas d’injonctions à respecter un taux d’inflation ou un niveau de déficit budgétaire, plutôt qu’avec plusieurs gouvernements qui, à chaque échéance électorale, doivent rendre des comptes à leur peuple respectif.

De surcroît et nonobstant son état-civil, Monnet est, tout au long de sa vie de négociant d’alcool et de banquier, bien plus américain qu’européen. Sitôt nommé à la tête de la CECA, il réclame à Washington qu’on lui envoie comme ambassadeur l’ancien chef de la branche européenne de l’OSS (l’ancêtre de la CIA). La CECA substitue alors au charbon polonais, d’excellente qualité mais venant d’une Europe avec laquelle les États-Unis veulent que cessent les échanges commerciaux, du très médiocre charbon américain subventionné par Washington pour cause de surproduction. Puis Monnet sollicite un prêt américain dont la contrepartie sera une augmentation de ces importations qui conduit, à terme, à la ruine et à la liquidation de l’industrie charbonnière des États membres de la CECA.

Monnet est également derrière le projet de Communauté européenne de défense (CED) : du fait de la guerre de Corée, Washington exige que les Européens participent davantage à leur défense et donc que l’Allemagne réarme. Mais en Europe et en France, les oppositions à la renaissance d’une armée allemande, cinq ans après la fin de l’Occupation et de ses innombrables crimes, sont considérables. Monnet imagine donc une armée prétendument européenne, en réalité de supplétifs américains, dans laquelle serait noyé un contingent allemand. Le projet se heurtant (avant d’échouer) à l’opposition, en France, des gaullistes et des communistes, Monnet fait encore partie des « sages » qui conçoivent l’organisation militaire intégrée du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) : la circulation du personnel politique entre organisations européennes, OTAN et multinationales américaines en dit long sur les racines américaines de cette prétendue « construction européenne ». Le Belge Paul-Henri Spaak, un des principaux concepteurs des traités de Rome dont la négociation commence moins d’un an après la mort de la CED, devient moins de deux mois après la signature de ces traités (25 mars 1957) le deuxième secrétaire général de l’OTAN, avant d’intégrer en 1966 le conseil d’administration de la compagnie américaine de téléphonie ITT – rien de nouveau avec Barroso-Goldman Sachs ! Le même Spaak, et le français Robert Schuman, autre « père de l’Europe », sont d’ailleurs qualifiés de hired hands (mains mercenaires) dans les archives d’une CIA qui n’a cessé d’arroser de généreux subsides les mouvements européistes. Quant au Néerlandais Joseph Luns, autre « père » des traités de Rome, il battra tous les records de longévité au secrétariat général de l’OTAN (1971-1984).

En réalité, la « construction européenne » n’a jamais été (sauf durant l’intermède gaulliste vite effacé par les dirigeants européens et français) que la construction américaine d’un glacis ouest-européen dans le cadre de la guerre froide, avant de devenir, à la fin de celle-ci, l’antichambre de l’admission dans l’OTAN des États d’Europe orientale affranchis du joug soviétique – des États pour lesquels, comme c’est chaque jour plus évident, les relations avec les États-Unis priment tout engagement contracté dans le cadre de l’UE.

Ce qui, désormais, dans le contexte de la « convergence des crises » qu’elle doit affronter et qui peut laisser espérer enfin sa disparition, pose un problème existentiel à cette UE. Car la quasi-totalité de ses membres (à commencer par l’Allemagne) ne peuvent pas même imaginer une Europe qui soit autre chose que l’arrière-cour des États-Unis… alors que le créateur témoigne de moins en moins d’aménité pour sa créature. C’est que, du fait de la reconfiguration en cours de la puissance américaine dans laquelle l’Europe est devenue secondaire, l’UE et l’OTAN apparaissent de plus en plus comme les reliquats d’un « vieux monde », perçus au mieux comme des poids morts et au pire comme des obstacles. Car si Trump n’est pas le premier à accuser les Européens de ne pas dépenser assez pour leur défense, il innove en tournant la page du multilatéralisme et du libre-échange généralisé parce que ceux-ci jouent désormais contre la puissance américaine – orientation probablement aussi durable et indépendante des alternances politiques à venir que fut le tournant Thatcher-Reagan des années 1980. De même pour la monnaie unique, naguère voulue par le Département d’État, mais qui s’est transformée – du fait de sa sous-évaluation pour l’Allemagne alors qu’elle asphyxie la plupart des États de l’eurozone pour lesquels elle est surévaluée – en puissant instrument de dumping des produits allemands, au détriment des emplois américains.

Lire l'intégralité de l'entretien paru sous le titre " Olivier Delorme 1/2 : « Si en Grèce, l’Europe c’est la paix, elle ressemble de très près à la paix des cimetières. »"

jeudi 14 février 2019

Modèle anthropologique présumé inédit

La situation est inédite, car tel est manifestement le modèle anthropologique y afférant. En relisant le carnet personnel d’un Athénien cultivé, issu de la vielle bourgeoisie grecque de Constantinople, texte alors rédigé comme on dit “à chaud” durant les années de l’Occupation Allemande de 1941-1944, une certaine comparaison est alors possible quant à l’état des mentalités, entre cette époque pas si lointaine et la nôtre.

Pour Yórgos Pappás (1903-1982), c’est le nom de l’auteur, il n’y a guère de doute. En dépit des difficultés, de la famine, de la dureté, voire, de la cruauté dont faisaient preuve les forces occupantes, après une guerre d’abord victorieuse pour l’Armée grecque contre celle de Mussolini sur les montages d’Albanie, la triple Occupation du pays, Allemande, Italienne et Bulgare, était considérée comme provisoire et surtout, “nous n’avions pas du tout une mentalité de vaincus”, précise-t-il alors Yórgos Pappás. Ensuite, il y a cet épisode, déjà remarquable aux yeux de Pappás.

Tsolákoglou , alors Premier ministre de type “Quisling”, installé au pouvoir par les Allemands durant la première période de l’Occupation (avril 1941-décembre 1942), avait reçu dans son bureau, c’était en 1941, Pános Kókkas (1919-1974), jeune avocat à l’époque et éditeur de presse par la suite après la guerre. “C’est Kókkas qui donc insista pour cette rencontre, dont le but était de notifier à Tsolákoglou un document argumenté et préparé par le jeune avocat, prouvant que le Premier ministre était coupable du crime de la haute trahison. Tsolákoglou a lu le texte en présence de Kókkas sans réagir, et il lui a aussitôt demandé à quitter les lieux. Tout le monde s’attendait à l’arrestation de Kókkas, mais il ne s’est rien passé.” Tsolákoglou faisait preuve en effet d’un certain sens des réalités ainsi que de ce minimum de morale comme de patriotisme, ce que les historiens spécialistes de la période n’ont d’ailleurs pas manqué de souligner.

L’année suivante, le 5 mars 1943, une manifestation massive, patriotique et résistante a lieu au centre d’Athènes. Les Athéniens protestent contre l’annonce de la mise en place d’une forme de STO (Service du Travail Obligatoire) au profit bien entendu de l’Allemagne. La manifestation a été violement réprimée par les occupants, et il y a eu près d’une vingtaine de morts sur place et de nombreux blessés. Le gouvernement, toujours de type “Quisling” dirigé par Konstantínos Logothetópoulos (1878-1961) a pourtant reculé devant la volonté populaire. “Aucun Grec ne sera envoyé en Allemagne pour y travailler”, avait-on alors annoncé très officiellement et tel a été effectivement le cas.

Les arguments, toujours actuels, ne manquent pas lorsqu’il s’agit de considérer Tsípras ainsi que les Premiers ministres avant lui et depuis le moment du premier Mémorandum signé avec la Troïka en 2010, comme coupables de ce crime de la haute trahison en passant aussi par la violation permanente de la Constitution. Tsípras ne réagit certes pas pour avoir été qualifié de traître à la patrie, ceci ouvertement même à travers certains médias, mais c’est cependant l’ensemble d’un système institutionnel et autant institutionnalisé qui ne réagit alors pas. Régime supposé démocratique, sauf que sa coquille est vide.

Pis encore, le cynisme, ainsi que l’amoralisme de l’inculte Aléxis Tsípras (comme de nombreux autres politiciens) sont alors tels, que cette marionnette du temps présent, insulte alors ouvertement l’immense majorité du peuple grec lorsque ce dernier se montre très majoritairement opposé à sa politique. Comme encore, il ne reculera pas devant une masse non négligeable celle des manifestants. On dirait même que les Tsolákoglou et autres Logothetópoulos, posséderaient-ils davantage le sens des réalités, et notamment celui du rejet dont ils faisaient l’objet de la part de l’immense majorité du pays réel. Ils tenaient même parfois compte de cette opinion publique et certaines manifestations de 1943 ont eu d’écho, contrairement à celles des années 2010-2019. Plus maintenant.

Il faut ici préciser que sous le leurre de la dite mondialisation, les entités humaines et sociales se trouvent privées de leurs conditions anthropologiques originales, celles qui depuis la nuit des temps avaient alors assuré leur reproduction culturelle, voire biologique. Cette paranoïa réellement existante, déclarera accessoirement la guerre à la famille, elle atomisera les êtres humains jusqu'à l’os, comme elle paupérisera à outrance ce qui subsiste encore de l’ancienne classe décidément (trop) moyenne.

Les retraités athéniens devenus vendeurs à la sauvette, n’échangeront ainsi que du seul regard avec les retraités... encore maintenus et de passage. On parle peu, on observe à peine, et surtout, on fait du surplace. Ce nouveau monde devient fragmenté, incohérent et irrationnel. Il s’apparente même à une situation humaine généralisée ayant prévalu durant les longs siècles et les temps avant même l’apparition du fait politique. “Notre” ultime postmodernisme incarne en réalité le retour imposé à un temps humain que l’on qualifierait de largement pré-politique.

Modèle anthropologique que l’on présumerait inédit. Anthropologie postmoderne impliquant une mosaïque de formes aplaties, impersonnelles, dénuées de sens et politiquement largement inexprimées comme inexprimables. Le tout, dirigé par cette main invisible qui régit les relations entre les individus impliqués, profusément stimulée par des spéculateurs parfaits à la Soros, des athéistes consacrés à la Tsípras, des égoïstes profiteurs, et qui s'engageront d’abord dans la recherche du plaisir et de l'eudémonisme. Pour le reste, la caste des marionnettes est autant imbibée visiblement dans le vice de moins en moins caché, l’anomie, et c’est l’arbitraire, le leur, qui devient ainsi obligatoire.

Manifestement, Tsípras, à l’instar de tant d’autres, appartient à cette caste ainsi préfabriquée. Et au niveau pratique, il ne restait que l’officialisation de la liaison, entre la gauche, la droite dite “libérale”, et les globalistes à la Soros. C’est chose faite avec la fin de l’illusion socialiste, de même qu’avec la fin de l’illusion trompeuse des démocraties dites représentatives. Pourtant nous avons été quelque part prévenus. Panagiótis Kondylis (1943-1998), grand esprit du siècle dernier, avait déjà insisté sur le dénominateur commun essentiel du marxisme originel et du libéralisme capitaliste. Ce dénominateur commun alors réside dans la prétendue certitude de l'élimination des guerres, rien que par l'absorption de l'élément politique par l'élément économique.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou par sous le titre Monde fini sur son blog Greek Crisis

mercredi 13 février 2019

Dernières nouvelles de Grèce

Le système politique s’effondre, déjà aux yeux et aux consciences encore humaines du pays réel, sauf qu’il n’est pas remplacé. Par contre, les réalités et autres évidences du pays sont pour leur part bel et bien remplacées. Ainsi, la presse du jour fait également ses titres sur l’Airbnbisation galopante. “Les acquéreurs, Russes, Israéliens, Chinois, Libanais et autres, achètent même nos immeubles entiers pour les transformer aussitôt en... buildings Airbnb exclusifs.” La ville d’Athènes est ainsi sillonnée par ces véhicules neuf places appartenant aux agences immobilières, souvent étrangères. L’autre jour, des acquéreurs potentiels venus de Chine, ils ont été déposés de la sorte dans le quartier de l’Académie. Aristote... appréciera.

Entre le “Programme de réhabilitation du centre historique” ainsi que le Redémarrage dit économique, c’est certes la fuite en avant... sauf qu’elle se réalise pratiquement sans les habitants du pays, voire, en majorité contre eux. D’après la presse grecque, près de 60% des appartements Airbnbiens en Grèce appartiennent aux investisseurs étrangers. Les nationaux ou sinon les forces vives de la nation d’après notre... dialecte européen des temps visiblement très anciens, n’ont qu’à aller voir ailleurs, ailleurs... ou dans l’au-delà.

Sous le lustre de la normalité, il y a ces galeries commerciales asséchées, puis, derrière les vitrines ailleurs en ville, y figurent les nouveaux guides touristiques pour si possible quitter le pays à destination de la Russie ou de la Pologne. Nos libraires centrales tiennent finalement le coup, et il y a même certaines nouvelles librairies nommées “bazars”, sans oublier les enseignes qui proposent de l’alimentaire présumé biologique, comme celui issu de la production régionale grecque.

Ainsi va la vie et... la mort, pays ainsi refait à neuf, les mourants, 70% de la population dans de difficultés, 30% restant qui s’en sort et qui consomme, les touristes et les nouveaux habitants en plus. Acquéreurs d’immobilier, retraités de pays occidentaux dont le montant de leurs retraites ne permettant plus une vie économiquement digne chez eux, migrants subventionnés ou pas par les ONG à la Soros ou par l’UE, voire, truands de toute sorte ayant trouvé un terrain bien labouré par les criminels bien d’ici. Terrain labouré autant par la concrétisation aussi rapide du “paradigme grec” sous la Troïka. En moins de dix ans c’est alors flagrant... pays territoire et “nouvelle économie”.

Sous le lustre de la normalité donc, la mutation et souvent la mutilation dominent alors corps et âmes. Les Grecs ne réagissent plus de manière endurante, et lorsqu’ils le font pacifiquement, près de 600.000 manifestants contre l’accord macédonien de Tsípras à Athènes le 20 janvier dernier, eh bien, ils sont totalement ignorés par le para-pouvoir. Notons-le, même si par exemple et sur cette question macédonienne, tous les sondages indiquent que les Grecs lui sont opposés à près de 75%. Le fardeau est lourd, l’histoire se rallonge depuis près de neuf ans, l’écœurement se transforme ainsi en cette haine méticuleusement stockée dans les batteries potentielles du futur, mais alors jusqu’à quand ?

“La dette, tout comme la politique de la Troïka depuis 2010, c’est une histoire montée par les directoires mondialisateurs et germano européistes pour prendre le pays en otage. En somme, pour prendre le pays tout court. Les biens appartenant à l’État grec, les biens privés, les ressources, les infrastructures, et enfin, ce qui en reste de sa souveraineté. Tel a été le plan bien préparé comme souvent dans la géopolitique, car il s’agit avant tout de guerre et de géopolitique. La classe politique immonde et corrompue suit et obéit aux ordres des agresseurs du pays, sans la moindre vergogne. Piètres politiciens dont Tsípras et sa gauche incarnent alors le comportement criminel le plus abject qui soit depuis le temps des funestes Colonels. Tsípras est un traître et d’ailleurs visiblement, il est heureux de l’être, ceci, parce que finalement et entre autres, Tsípras est un conard et pour ne rien cacher, c’est un idiot fini”, radio 90.1 FM, propos du journaliste Yórgos Trángas le 4 février 2019, cité de mémoire.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre Assemblée... "prostituante" sur son blog Greek Crisis

Bonus (14/02/2019)

ΔΕΗ: APRÈS LES CENTRALES THERMIQUES , LA SOCIÉTÉ S’APPRÊTE À VENDRE LES CENTRALES HYDROELECTRIQUES :

La société de distribution de l’électricité grecque ΔΕΗ qui a mis en vente ses centrales thermiques s’apprêterait à vendre les centrales hydroélectriques sur la base de l’accord conclu avec la Commission européenne. La vente potentielle des centrales hydroélectriques constituerait un crime majeur au niveau national et serait bien entendu le coup fatal pour ce qui reste de ΔΕΗ et de ses employés.

catastroika.PNG Cliquer pour voir l'extrait du film Catastroïka consacré à la privatisation de l'électricité en Californie et en Grèce

Voir aussi le film de Gilles Balbastre, Main basse sur l'énergie

Et participez à la souscription pour financer le prochain film de Gilles Balbastre

samedi 9 février 2019

Le témoignage de Yanis Varoufakis accablant pour lui-même (8)

Les négociations secrètes et les espoirs déçus de Varoufakis avec la Chine, Obama et le FMI

Dans la septième partie, la première capitulation du 20 février 2015 a été analysée en détail. Cette huitième partie se concentre sur l’échec des négociations avec les autorités chinoises, la poursuite de la diplomatie secrète, les relations avec le FMI, la non-application de la décision de suspendre le paiement de la dette au FMI, l’absence de soutien de Varoufakis à la Commission pour la vérité sur la dette grecque.

Extrait :

Varoufakis rend compte d’une réunion surréaliste entre Tsipras et ses principaux ministres qui a eu lieu le vendredi 3 avril 2015. Il explique qu’avant la réunion, il a essayé de convaincre Tsipras de ne pas faire le prochain paiement au FMI prévu pour le 9 avril 2015 pour un montant de 462,5 millions d’euros. Son argument : il fallait mettre la pression sur les dirigeants européens et la BCE afin d’obtenir quelque chose (par exemple, la rétrocession à la Grèce des deux milliards d’euros de bénéfices de la BCE sur les titres grecs de 2010-2012) car rien n’avait été obtenu de leur part au cours du mois de mars. Varoufakis déclare qu’il a eu l’impression de ne pas avoir réussi à convaincre Tsipras. Il relate les propos et le comportement de Tsipras lors du « conseil des ministres informel » (sic ! p. 348) qui a suivi :

« Nous étions sur une voie qui ne menait nulle part, dit-il, mais plus il parlait, plus l’atmosphère devenait lugubre. Le temps qu’il finisse, une chape de résignation pesait dans la salle. Plusieurs ministres se sont exprimés, mais ils trahissaient une profonde mélancolie. Alexis a repris la parole pour conclure. Il a fini comme il avait commencé – lent, sombre, presque déprimé –, rappelant que la situation était critique et potentiellement dangereuse, mais petit à petit il a pris du rythme et gagné en énergie.

– Avant que vous arriviez, je discutais avec Varoufakis. Il essayait de me convaincre que c’est le moment de faire défaut au FMI. Nos interlocuteurs ne montrent aucune volonté d’arriver à un accord honnête, économiquement viable et politiquement tenable, me disait-il. Je lui ai répondu que ce n’est pas le moment. (…) Mais vous savez, quoi, camarades ? Je pense qu’il a raison. Trop c’est trop. Nous avons scrupuleusement respecté leurs règles. Nous avons suivi leurs procédures. Nous avons reculé pour leur montrer que nous sommes prêts à accepter des compromis. Et que font-ils, eux ? Ils tardent pour mieux nous accuser de tarder. La Grèce est un pays souverain, et aujourd’hui il nous revient à nous, le cabinet ministériel, de déclarer « Assez ! » Il s’est levé de sa chaise et d’une voix de plus en plus forte, il a pointé le doigt vers moi en hurlant : Non seulement on va leur faire défaut, mais tu vas prendre l’avion, filer à Washington et l’annoncer personnellement à la grande dame du FMI !

Des cris de joie ont fusé dans la salle. Certains échangeaient des regards stupéfaits, conscients de vivre un moment historique. La tristesse et la noirceur avaient disparu, quelqu’un avait arraché le rideau pour laisser entrer la lumière. Comme tout le monde, peut-être même plus, je me suis laissé aller à l’exaltation. On aurait dit une révélation, une eucharistie, aussi étrange que cela puisse paraître pour une bande d’athées revendiqués. » (chap. 13. pp. 349-350).

(...)

De la tragédie à la farce : il n’y a qu’un vol d’avion

Reprenons la narration de Varoufakis. À son arrivée à Washington, le dimanche 5 avril, Tsipras lui communique un contre-ordre.

Voici le dialogue entre Tsipras et Varoufakis tel que présenté dans le livre de ce dernier :

« – Écoute, Yanis, on a décidé de ne pas aller au défaut tout de suite, c’est trop tôt.

– Comment ça « On » ? j’ai répondu, abasourdi. Qui a décidé qu’« on » ne ferait pas défaut ?

– Moi, Sagias, Dragasakis… on s’est dit que c’était une décision malvenue, juste avant Pâques.

– Je te remercie de me prévenir, dis-je, hors de moi.

J’ai pris le ton le plus neutre et plus dégagé possible et je lui ai demandé :

Qu’est-ce que je fais maintenant ? Je reprends l’avion et je rentre ? Je ne vois pas l’intérêt de voir Lagarde.

– Surtout pas, n’annule pas le rendez-vous. Tu te pointes comme convenu. Tu vas voir la grande dame et tu lui annonces qu’on lui fait défaut.

Jamais je n’avais entendu un truc aussi absurde.

– Qu’est-ce que tu veux dire exactement ? Je lui annonce qu’on va lui faire défaut tout en lui disant qu’on a décidé le contraire ?

– Parfaitement. Tu la menaces pour qu’elle soit assez angoissée et appelle Draghi en lui demandant de mettre fin à la contraction des liquidités. À ce moment-là, on la remercie et on annonce qu’on paie le FMI. »

Et Varoufakis accepte d’aller jouer une comédie grotesque au siège du FMI et déclare à Christine Lagarde : « je suis autorisé à vous informer que dans quatre jours nous serons en défaut de paiement par rapport à notre calendrier de remboursements au FMI, et ce tant que nos créanciers feront traîner les négociations et que la BCE limitera nos liquidités ».

Or, le départ de Varoufakis vers Washington avait été rendu public. Ce que ne dit pas Varoufakis dans son livre, c’est que Dimitris Mardas, vice-ministre des finances choisi par Varoufakis, avait déclaré à la presse internationale que la Grèce paierait ce qu’elle devait au FMI le 9 avril 2015. L’agence de presse allemande officielle, Deutsche Welle, écrit : « Le vice-ministre des finances Dimitris Mardas a assuré ce samedi que la Grèce disposait de l’argent suffisant. ’Le paiement dû au FMI sera effectué le 9 avril. Il y a l’argent nécessaire au paiement des salaires, des pensions et de toutes les dépenses qui devront être faites la semaine prochaine’, a déclaré Mardas. »

Retournons à la narration de Varoufakis concernant son entrevue avec Christine Lagarde : « Nous avons pris le temps de balayer de nombreux sujets. Ce fut une conversation chaleureuse, constructive, plaisante, où chacun essayait de comprendre le point de vue de l’autre. (…)

-Vous comprenez pourquoi nous avons besoin de vous avoir à nos côtés, Christine ? Vous comprenez que nous souhaitons maintenir la Grèce dans la zone euro ? »

Plus loin dans la discussion, il déclare avoir dit à la directrice du FMI : « Maintenant, soyons sérieux. Vous – Mario (Draghi), Angela (Merkel) et vous-même, Christine – devez nous donner une feuille de route. »

C’était poursuivre dans la soumission à la Troïka.

On est aux antipodes des déclarations publiques de Tsipras et de Varoufakis qui prétendaient que la Grèce avait retrouvé la liberté et que la Troïka n’existait plus.

Et sans honte, Varoufakis continue le récit en mentionnant l’échange suivant entre lui et Poul Thomsen, le directeur Europe du FMI qui assistait à cette réunion :

« Thomsen – Ne pas rembourser le 9 (avril) n’est pas une solution, si c’est ce que vous comptez annoncer à vos collègues européens.

Varoufakis – Je n’ai jamais dit ça.

Lagarde – Il n’a jamais dit ça, a confirmé Christine.

Varoufakis – Ce que j’ai dit en revanche, c’est que si nous n’avons aucune nouvelle liquidité d’ici là, nous serons en défaut de paiement, qu’on le veuille ou non. »

Selon son propre récit, Varoufakis est allé dire à Christine Lagarde que la Grèce n’avait pas l’intention de se déclarer en défaut de paiement mais qu’elle y serait peut-être contrainte si la BCE ne lui fournissait pas de liquidités.

De nouveau, on voit très clairement que Varoufakis n’a jamais remis en cause la dette réclamée par le FMI à la Grèce, n’a jamais exigé une réduction de celle-ci, n’a jamais dénoncé le caractère illégitime des créances réclamées par le FMI à la Grèce alors qu’elles étaient le produit du premier mémorandum qui avait causé tant de tort au peuple grec. Il n’a jamais non plus menacé le FMI de se déclarer volontairement en suspension de paiement.

Il n’a évoqué devant le FMI que la possibilité d’une suspension de paiement qui aurait été causée par un manque de liquidités et pas par une volonté de remettre en cause les dettes odieuses et illégitimes réclamées à la Grèce.

Il y a une différence entre se déclarer en défaut de paiement par manque de liquidités, ce que Varoufakis avançait comme possibilité, et suspendre le paiement de la dette en arguant que la poursuite du remboursement aurait été contraire aux intérêts de la population et aux obligations du gouvernement à l’égard de son peuple.

Varoufakis a montré à Christine Lagarde que le gouvernement grec n’avait pas le cran de recourir à la suspension de paiement (de même qu’il avait montré à Mario Draghi le 4 février qu’il n’avait pas l’intention réellement de recourir à une décote des titres grecs en possession de la BCE). Varoufakis, à chaque grande étape de la négociation, a fait preuve de faiblesse, il a montré que ces menaces de défaut ne risquaient pas d’être mises à exécution, ce qui a convaincu les dirigeants européens et du FMI de pousser plus loin l’asphyxie de la Grèce.

Une preuve parmi d’autres de cette attitude inacceptable : alors que Varoufakis déclare le 5 avril à Christine Lagarde que la Grèce sera contrainte au défaut de paiement le 9 avril si la BCE ne met pas de liquidités à la disposition du gouvernement, son ministère effectue le paiement à la date prévue sans que la BCE rouvre l’accès normal aux liquidités et le gouvernement a finalement continué à vider les caisses publiques pour payer la dette.

La narration des évènements telle que présentée par Varoufakis induit constamment le lecteur en erreur car il prétend qu’il a vraiment laissé entendre à Lagarde que la Grèce pourrait suspendre le paiement le 9 avril. Il se garde bien de rappeler dans son livre qu’il a déclaré le contraire à la presse. Voici une citation de la dépêche de l’agence Deutsche Welle datée du 6 avril 2015 : « Le ministre des finances grec promet un remboursement dans les temps au FMI. La Grèce a accepté de rembourser sa dette due au Fonds monétaire international cette semaine, selon la directrice du Fonds. Christine Lagarde a eu une discussion informelle avec le ministre des finances grec à Washington. Cette semaine, la Grèce doit rembourser plus de 450 millions d’euros (494 millions de dollars) au FMI. Après la rencontre de dimanche, Yanis Varoufakis a déclaré que la Grèce ’a l’intention de répondre à toutes ses obligations envers tous ses créanciers, ad infinitum’ »

Non seulement Varoufakis a clairement affirmé à la presse que la Grèce paierait la dette au FMI mais il a ajouté que son pays rembourserait tous ses créanciers ad infinitum. En conclusion, la narration de Varoufakis concernant ce qui s’est passé entre le 3 et le 5 avril, c’est du pur baratin, de l’enfumage de ses lecteurs en espérant que ceux-ci ne vérifieront pas une histoire où il se donne le beau rôle.

Le reste du résumé de l’entrevue avec Christine Lagarde et Poul Thomsen est tout à fait édifiant. Varoufakis exprime clairement l’empathie qu’il éprouve à l’égard de Christine Lagarde et se laisse mener en bateau par elle. Elle lui fait croire qu’elle n’est pas au courant des exactions des banquiers privés grecs et lui demande de la tenir au courant de la situation. Varoufakis de son côté lui explique qu’il souhaiterait l’accord de la Troïka pour mettre à la tête des banques grecques des patrons du nord de l’Europe, en priorité des banquiers allemands. Il prend comme exemple à suivre la décision de mettre à la tête de la Banque de Chypre, le Suisse Joseph Ackerman, ex-patron de la Deutsche Bank (chap. 13. p. 365 et note 12, p. 519-520). Ackerman a été mêlé à de multiples fraudes organisées par la Deutsche Bank (impliquée à l’époque dans plus de 6 000 litiges judiciaires dans le monde) et a joué un rôle néfaste dans la préparation de la restructuration de la dette grecque de 2012, ce que Varoufakis ne dit évidemment pas.

Quand il arrive à Athènes le 6 avril, il déclare à Alexis Tsipras que son déplacement à Washington a été très utile. Il avait visiblement oublié l’effet produit par le contre-ordre donné par Tsipras et était persuadé que sa conversation avec Christine Lagarde allait avoir des conséquences bénéfiques pour la Grèce. Dans son livre, il ne dit pas non plus un mot du paiement effectué le 9 avril au profit du FMI, continuant ainsi à nier des faits pourtant tout à fait fondamentaux dans le processus des soi-disant négociations.

Lire le texte intégral de l'article d'Eric Toussaint sur le site du CADTM.

La tragédie de l'euro

“La tragédie de l’euro” ou l’incroyable bulle cognitive dans laquelle l’Europe s’est enfermée : interview exclusive de Ashoka Mody, auteur du livre économique de l’année 2018 aux États-Unis.

Publié en juin 2018 aux Etats-Unis, “EuroTragedy : un drame en 9 actes” (disponible uniquement en anglais) vient d’être consacré Livre économique de l’année 2019 par l’association des éditeurs américains. En moins de 500 pages, Mody nous raconte notre histoire, celle de l’euro, et de l’aveuglement de nos dirigeants portés par une ambition politique dénuée de tout sens économique. Ashoka Mody n’est pas un économiste hétérodoxe, ancien du FMI et de la Banque Mondiale, proche du Prix Nobel George Akerlof -époux de Janet Yellen, ancienne présidente de la FED- Mody fait intervenir dans son livre une énorme quantifié de références, une succession d’avertissements provenant des plus éminents économistes de la planète, dont de nombreux Prix Nobel. Des avertissements qui n’ont jamais été pris en compte, rejetés par les certitudes franco-allemandes. Alors que l’Europe et l’euro se présentent au monde comme l’émanation de la “raison”, Mody détricote les règles qui en sont l’architecture, en démontrant comment cette pensée “super-orthodoxe” qui s’est greffée sur une construction déjà imparfaite, a produit de considérables dégâts sur les pays de la zone euro. Du mandat exclusif de stabilité des prix de la BCE, aux règles budgétaires -les fameux 3%- en passant par les “réformes structurelles”, Mody nous raconte comment les européens ont bâti un monde parallèle, une “bulle cognitive” basée sur des règles dépourvues de toute raison économique. La capacité de déni des européens devient alors la ligne rouge de ce livre. Pourtant, à aucun moment, Mody ne recommande d’en finir avec l’euro. Il ne fait que constater, décrire, raconter, l’histoire intégrale de cette folie économique qui domine la question européenne, ou comment, comme il l’indique dans notre interview, l’euro a inversé les immenses bienfaits issus des origines des premiers pas de la construction européenne. EuroTragedy n’est pas encore traduit en Français, et comme Ashoka Mody nous l’a indiqué “J’ai voyagé dans toute l’Europe pour le livre, mais en France, personne ne semble vouloir écouter”.

Lire l'interview parue à l'orgine sur le site Atlantico sur le blog Les Crises

mardi 5 février 2019

Perquisition Médiapart : l’État autoritaire s’affole

Ne soyons pas comme Fabrice Arfi quand il pérorait à mon sujet « Depuis deux jours les fausses nouvelles volent en escadrille. La première d’entre elles consiste à dire par un habile syllogisme que les procureurs de la république n’étant pas indépendants en France, la perquisition visant un membre de l’opposition est la preuve d’une justice aux ordres de l’Elysée. CQFD. C’est pourtant bien plus compliqué que cela. Mais que valent la complexité et la nuance quand il s’agit de s’ériger en martyr ? »

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Ce jour-là, Médiapart n’eut pas un mot pour s’étonner des 17 perquisitions contre les militants de « La France insoumise » et trois de leurs prestataires, ni pour les motifs, ni pour la méthode. Pas un mot d’étonnement sur le déploiement de cent policiers avec les méthodes réservées au grand banditisme, ni la perquisition au domicile du Président d’un groupe parlementaire d’opposition, de la saisie de tout le contenu de l’ordinateur de la Secrétaire Générale du groupe, pourtant aucunement concernée par les deux dossiers bizarrement joints qui servaient de prétexte à cette razzia. Pas un mot contre la confiscation d’ordinateurs ou de leur contenu intégral, rien contre la capture du fichier d’adhérents au Parti de Gauche, pas un mot contre l’interdiction faite aux responsables d’être présents pendant la perquisition du siège de « La France insoumise ». J’en passe et non des moindres.

Médiapart ne s’étonna de rien, approuva tout, se tut sur tout ce qui à l’évidence sentait à plein nez l’instrumentalisation politique de la justice et de la police. Rien sur les liens politiques entre les décideurs de l’opération, rien sur l’anomalie d’une opération construite sur deux simples dénonciations et dont seul j’ai eu à pâtir parmi nombre d’autres cités dans ces deux domaines des assistants au Parlement européen et des comptes de campagnes pourtant validés. Rien. Au contraire Médiapart a organisé une croisade de presse contre moi le jour même pour crime de lèse-majesté médiatique. Mediapart a tout justifié, tout validé. Médiapart a couvert de boue dans des spasmes de rage misogyne Sophia Chikirou. Edwy Plenel a tellement dépassé les bornes qu’il a dû lui-même retirer un de ses tweets graveleux. Médiapart a claironné que « les hommes politiques n’ont pas de vie privée ». Médiapart a diffusé des mensonges délibérés comme celui d’après lequel nous aurions été prévenus de longue date de ces perquisitions. Médiapart a fait tout ce qui lui était possible pour salir nos personnes, notre honneur, nos vies personnelles. Médiapart a été dans cette circonstance le chien de garde zélé des basses besognes de la Macronie.

Mais voilà que l’arroseur est arrosé. Médiapart est pris à son tour dans les manipulations de coups tordus entre divers étages de la police, et de la justice. Cela sous couvert d’une plainte de Benalla à propos d’un supposé viol du secret de l’instruction concernant sa vie privée. L’une d’entre nous a pourtant déposé une plainte de même nature. Bien sûr, elle n’a été suivie d’aucun effet d’aucune sorte. Alors que se passe-t-il ?

Lire la suite sur le blog de Jean-Luc Mélenchon

dimanche 3 février 2019

Tribune: répression des gilets jaunes, les libertés publiques en danger

Nous, avocats signataires, tenons à alerter quant aux dérives que nous constatons et qui semblent porter atteinte aux droits individuels et aux libertés publiques dans notre République.

jojo.PNG Cliquer sur l'image pour voir la vidéo "Hé mon Jojo", un crime de lèse-majesté et néanmoins une incitation à l'émeute qui appelle la répression la plus sévère (illus. Musée de l'Europe)

Notre pays traverse une période de contestation inédite sous la Vème République depuis le 17 novembre 2018.

De manière tout aussi inédite les juridictions, principalement pénales, sont particulièrement sollicitées afin de statuer, dans des conditions parfois discutables, sur la culpabilité ou l’innocence de justiciables qui, pour un grand nombre d’entre eux, n’ont jamais eu à connaître les instances judiciaires pénales ni même les services de police et d’enquête. Les gardes à vue sont légion et ont lieu dans des conditions qui inquiètent nombre d’avocats, auxiliaires de justice mais aussi défenseurs des libertés publiques et individuelles. Par la présente tribune, nous, avocats signataires entendons alerter quant au danger que constituent ces procédures faites, souvent, dans l’urgence et visant principalement à gonfler, souvent de manière artificielle, des chiffres qui seront annoncés par le Ministère de l’Intérieur. En amont de toute poursuite, et sans décision judiciaire, nous avons pu constater la violation délibérée des droits de manifestants par des expulsions et délogements totalement illicites et en ayant recours à la force publique.

Nous avons constaté des poursuites pour des motifs saugrenus tel que l’occupation illicite du domaine public alors que les personnes poursuivies n’avaient fait que stationner quelques minutes aux alentours d’un rond-point. Nous avons constaté dans certains commissariats ou gendarmeries, que des avocats n’ont pas pu s’entretenir avec leur client gardé à vue en dépit de leur désignation. Certains encore ne sont pas tenus informés des suites judiciaires décidées par le seul Parquet relatives aux personnes pour lesquelles ils doivent intervenir : soit de remise en liberté, soit de leur présentation devant un Procureur de la République alors que l’avocat doit être averti de celles-ci. Pire encore, tant dans le cadre des auditions libres que des auditions durant les gardes à vue, nombre de « Gilets Jaunes » indiquent que des enquêteurs les ont dissuadés du recours à l’assistance d’un avocat en arguant de ce que si l’avocat intervenait, ils seraient remis en liberté beaucoup plus tardivement. Nombres de personnes ont donc renoncé au droit essentiel de la présence d’un avocat à leurs côtés pendant leurs auditions, espérant ainsi une sortie plus rapide de garde à vue ou bien la clémence des services judiciaires. Il a pu être constaté ainsi des auditions hors présence d’un avocat dont les personnes contestaient par la suite le contenu. Nous tenons ici à rappeler que nombre de « Gilets Jaunes » n’ont jamais eu à connaître auparavant la Justice pénale. Après des enquêtes souvent rapides, des investigations réduites au minimum et des prolongations de garde à vue dites de « confort », les gardés à vue sont fréquemment déférés en vue de procédures de jugements rapides dites comparutions immédiates. Ces procédures, où le mis en cause est jugé immédiatement après une garde à vue par définition éprouvante, sont habituellement réservées aux personnes ayant des antécédents judiciaires, pour des affaires relativement évidentes et relevant d’une gravité certaine.

Pour autant, s’agissant des « Gilets Jaunes », nous avons pu voir ce choix procédural du Parquet être mis en œuvre pour des affaires plus complexes, pour des personnes sans aucun antécédent et s’agissant d’affaires ne présentant pas la gravité habituellement retenue pour ce choix procédural (dégradations, outrages…) Le traitement rapide des affaires judiciaires des manifestants nous semble l’œuvre du désir des pouvoirs exécutifs de donner une réponse forte. Nous rappelons que seul le Parquet dispose de l’opportunité des poursuites ce qui signifie que lui seul détermine le choix des procédures. Nous rappelons aussi que par plusieurs décisions, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (plus haute juridiction européenne, garante des libertés publiques et individuelles) a condamné la France pour absence d’indépendance du Parquet considérant que les magistrats du Parquet ne disposaient pas de l’indépendance nécessaire puisque relevant directement de l’Exécutif. Monsieur Castaner, Ministre de l’Intérieur, d’autres membres de l’Exécutif mais aussi Monsieur le Président de la République, Emmanuel MACRON, ayant indiqué, dans des tweets ou par voie de presse, que des réponses judiciaires sévères seront apportées par la Justice. Il convient ici de rappeler que constitutionnellement, le Président de la République est le gardien de l’indépendance de la Justice. De sorte que la sévérité ainsi demandée aux magistrats du siège pourrait constituer une atteinte à l’indépendance des magistrats du siège.

Cependant, il semblerait que certains magistrats ne s’émeuvent pas des consignes des pouvoirs publics et adhèrent à cette sévérité en prononçant des peines fermes avec mandat de dépôt, en ne tenant pas compte des critères habituels, notamment celui de la personnalisation de la peine et son adaptation au profil et aux faits reprochés et ce, alors que les mis en cause n’ont jamais été condamnés. De manière tout aussi fréquente, sont mises en place des procédures de convocation par procès-verbal remis par les procureurs et donc plaçant les mis en cause sous contrôle judiciaire parfois de longs mois avant leur jugement. Ces contrôles judiciaires, très contraignants, portent parfois des obligations ayant des conséquences graves comme des interdictions de paraître dans certaines villes alors qu’il s’agit du lieu de travail des mis en cause, ou encore des obligations de soins, sans lien avec les faits reprochés ou même des interdictions de conduire tout véhicule alors que là encore sans lien avec les faits reprochés. Nous avons même pu constater une interdiction de quitter le domicile entre certains horaires ! Certains avocats et aussi des magistrats du siège constatent aujourd’hui cette sévérité pénale et manifestement souvent inadaptée, et s’en émeuvent.

A l’inverse, nous avons constaté que les procédures relatives à de présumées violences policières ne faisaient pas l’objet de la même célérité d’enquête ou de poursuites. L’identification de policiers mis en cause est longue et laborieuse, les poursuites rares, dans le cadre de procédures excluant les avocats (enquêtes préliminaires, enquêtes internes) de sorte qu’à ce jour, à la connaissance des avocats signataires, aucune poursuite pénale n’a abouti concernant des violences policières. Nous dénonçons par ailleurs des comportements qui posent question de la part des services de police quant à la présence de certains avocats, qui ont pu s’émouvoir de pratiques policières qu’ils constataient et qui ont fait l’objet eux-mêmes de mesures coercitives particulièrement inquiétantes. Nous pensons notamment à notre confrère de Nancy. Enfin, à l’instar de plusieurs parlementaires, nous sommes particulièrement inquiets quant au projet de loi actuellement en discussion dit « anti-casseurs » qui nous semble contraire à nombre de principes fondamentaux. Le cas échéant nous envisageons de saisir, par la voie de la Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC), le Conseil Constitutionnel afin de déterminer si les libertés publiques, le droit européen et les textes fondateurs de notre République ne sont pas transgressés par l’application de la loi, si elle restait en l’état.

Nous, avocats signataires, tenons à alerter quant aux dérives que nous constatons et qui semblent porter atteinte aux droits individuels et aux libertés publiques dans notre République.

Sophia ALBERT-SALMERON, avocate à Avignon – Khalida BADJI, avocate à Clermont-Ferrand – Georges BANTOS, avocat à Marseille – Betrand BEAUX, avocat à Montélimar – Myriam BERLINER, avocate à Paris – Marjorie BEREZA, avocate à Strasbourg – Avi BITTON, avocat à Paris – Sandrine BLEUX, avocate à Cambrai – Alexandra BODEREAU, avocat à Arras – Annabelle BOURG, avocate à Clermont-Ferrand – Joëlle CABROL, avocate à Toulon – Christine CASABIANCA, avocate à Aix-en-Provence – Brigitte CHARLES, avocate à Nice – Régis DE CASTELNAU, avocat à Paris – Cyril DE GUARDIA DE PONTE, avocat à Perpignan – Philippe DE VEULLE, avocat à Paris – Christine CLAUDE-MAYSONNADE, avocate à Tarbes – Clotilde COURATIER-BOUIS, avocate à Paris – Mathieu CROIZET, avocat à Paris – Mathilde SANSON, avocate à Rouen – Estelle DELATTRE-ARENA, avocate à Bethune – Richard DOUDET, avocat à Limoges – Aziza DRIDI, avocat à Grasse – Jean Jacques DULONG avocat à Paris – Christophe DUMEZ, avocat à Montpellier – Anne DUNAN, avocate à Toulon – Alix ESTUBLIER-ADAMO, avocate à Toulon – Mazen FAKIH, avocat à Paris – Yoave FENNECH, avocat à Toulon – Olivier FERRI, avocat à Toulon – Saphia FOUGHAR, avocate à Nîmes – Mireille GODARD, avocate à Aix-en-Provence – Charline GAIA, avocate à Toulon – Guylène GRIMAULT, avocate à Evreux – Charlotte GRUNDMAN, avocate à Paris – Anne GUTTADORO, avocate à Cannes – Marie-jeanne KAHN, avocate à Montpellier – Jacques LABROUSSE, avocat à Toulon – Jean LÉNAT avocat à Lyon – Charline LHOTE, avocate à Colmar – David LIBESKIND, avocat à paris – Alfonso M.DORADO, avocat à Paris – Christophe MACONE, avocat à Toulon – Alexandra MAILLOT, avocat à Saint-Denis (La Réunion) – Melissa MARIAU, avocate à Rennes – Sandra MOLINERO, avocate à Rouen – Nathalie MOULINAS, avocate à Tarascon – Léa N’GUESSAN, avocate à Paris – Michèle NAUDIN, avocate à Marseille – Jean-Marc PANFILI avocat à Montauban – Pascal PENCIOLELLI, barreau d’Evry – Salomé PERRIER, avocate à Nîmes – Sandrine RAGALD, avocate à Saint-Aimé (Martinique) – Elisabeth RAMACKERS, avocate à Nîmes – Florence RAULT avocate à Paris – Virgile RENAUD, avocat à Marseille – Nancy RISACHER avocate à Épinal – Anouk ROZZI, avocate à Dijon – Lizzie SACCHERO, avocate à Toulon – Karim SEBIHAT, avocat à Paris – Maïdou SICRE, avocat à Toulouse – Anthony SUTTER, avocat à Mont de Marsan – Cendrine TOBAILEM, avocate à Perpignan – Karine VICENTINI, avocate à Saint Quentin – Prisca VITALI, avocate à Marseille

jeudi 24 janvier 2019

10 VENTES AUX ENCHERES ANNULÉES !

Le mouvement contre les ventes aux enchères et Unité Populaire ( LAE) avaient appelés à se mobiliser contre des ventes aux enchères ce mercredi 23 janvier au cabinet notarial de la rue Académia.

La mobilisation a encore une fois payé puisque, sous la pression politique créée par leur annonce, 10 enchères de résidences principales populaires ont été suspendues.

Selon LAE et le mouvement anti-enchères, 474 enchères en ligne ont été programmées cette semaine. Parmi celles-ci figurent les 14 résidences principales , tandis que 70% du total sont des biens d’une valeur objective de moins de 300 000 euros.

via Constant Kamakis

Lire aussi : La dignité du Peuple

vendredi 18 janvier 2019

LES GRECS PLUS PAUVRES QUE LES CITOYENS DE L'ANCIEN BLOC DE L'EST...

LES GRECS PLUS PAUVRES QUE LES CITOYENS DE L’ANCIEN BLOC DE L’EST…

L’institut statistique grec ELSTAT vient de sortir une étude qui démontre que le PIB par habitant des Grecs a chuté, ouvrant ainsi un fossé avec le reste des Européens.

Selon les données ELSTAT, il aurait encore chuté à 16 378 EUR en 2016, alors que, sur la base d'Eurostat, le PIB par habitant "a chuté" en 2017, pour atteindre 67% de la moyenne de l'Union européenne.

À son entrée dans la crise, le PIB par habitant de la Grèce s'élevait à 21 845 euros. En 2009, il représentait 94% de la moyenne de l'UE, reflétant les attentes selon lesquelles la population aurait grandi à la fin de la décennie pour que la convergence réelle soit notoire. Quelques années plus tard, les Grecs en termes de pouvoir d’achat se trouvent dans une situation encore pire, même par rapport aux États baltes, ceux de l’ancien bloc de l’Est.

Le plus haut PIB par habitant de 2016 est enregistré en Attique à 22 204 euros (-0,1% par rapport à 2015), mais la comparaison avec les données de 2008 (29 215 euros) est décourageante, mais elle est révélatrice de ce qui est arrivé aux ménages.

On a ainsi par régions:

le sud de la mer Égée avec 17 769 euros (-2,8%),

les îles Ioniennes avec 15 182 euros (+ 0,3%),

Grèce centrale avec 14 727 euros (+ 3%),

Macédoine occidentale avec 14 361 euros (-8,9%),

Crète avec 13 811 euros (-1,8%),

le Péloponnèse avec 13 579 euros (+ 1%),

Macédoine centrale avec 12 880 euros (+ 1,7%),

La Thessalie avec 12 662 euros (+ 1,2%),

l'Egée septentrionale avec 12 266 € (-3,4%),

Grèce occidentale avec 12 058 euros (-0,8%),

Épire avec 11 785 euros (+ 1,5%)

Macédoine de l'Est et Thrace avec 11 432 euros (+ 1,3%).

En conclusion, la différence entre la région la plus riche (Attique) et la plus pauvre (Macédoine-Thrace orientale) est de 6 337 euros.

Tableaux :

https://www.iefimerida.gr/sites/default/files/eisod-1.jpg

https://www.iefimerida.gr/sites/default/files/eisod-2.jpg

Tableau EUROSTAT PIB par habitant :

https://ec.europa.eu/eurostat/tgm/table.do?tab=table&init=1&language=fr&pcode=tec00114&plugin=1

Via Constant Kmakis

mercredi 16 janvier 2019

Natalie Loiseau ou la prolétarisation du député européen

Joli lapsus que celui commis ce matin par madame Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes. Mais est-ce vraiment un lapsus ? Ou plus simplement dans un moment de franchise madame Loiseau nous a révélé ce qu’elle pense vraiment ? Je vous laisse juges… en tout cas, voilà le propos qu’elle a tenu ce matin même dans « le grand entretien » sur France Inter :

«Nigel Farage est quelqu’un qui s’est fait élire député européen, qui est toujours député européen, qui est salarié par l’Union européenne pour cracher sur l’Union européenne (…) » (c’est moi qui souligne)

Ainsi donc les députés européens sont « salariés » par l’Union européenne. Si Nathalie Loiseau dit vrai, alors c’est extrêmement grave. Car ce qui caractérise le salariat, c’est le lien de subordination qui lie le travailleur à leur employeur. C’est là une jurisprudence constante de la Cour de cassation : « “Ont justifié leur décision (…) les juges qui ont requalifié en relation de travail salarié l’activité de deux artisans, dont il était prétendu qu’ils exécutaient des travaux en sous-traitance pour le compte d’une entreprise du bâtiment, dès lors qu’il résulte de leurs constatations que ces travailleurs (…) exerçaient leur activité dans des conditions de fait caractérisant un lien de subordination juridique permanente à l’égard de cette entreprise ». (Crim., 10 mars 1998, Bull. crim. 1998, n° 95)

Comment se définit cette « subordination » ? Là encore, écoutons les juges : « Le lien de subordination est caractérisé par l’exécution d’un travail sous l’autorité de l’employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné » (Cass. soc., 13 novembre 1996, Bull. civ., V, n° 386; pourvoi n°94-13187).

Résumons donc : selon Nathalie Loiseau, les députés européens sont des salariés de l’Union européenne, et à ce titre sont « sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de leur donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et d’en sanctionner les manquements ». J’ose espérer qu’avant les élections européennes, le gouvernement éclairera les Français sur le statut des députés qu’ils sont appelés à élire. Il serait dommage que les citoyens aillent aux urnes en pensant élire des législateurs qui ne doivent des comptes qu’à leurs électeurs, alors qu’il s’agit simplement de sélectionner quelques “salariés” de l’Union européenne tenues d’exécuter les instructions reçues sous peine de sanction.

S’agit-il d’un lapsus, d’une simple erreur ? Je ne le pense pas. Et je tire cette conviction de la conclusion que madame Loiseau tire du statut de Nigel Farage. Elle s’indigne en effet qu’étant rémunéré par l’Union européenne ce dernier se permette de la critiquer son en toute opportunité. En d’autres termes, elle estime que cette rémunération donne droit à l’Union d’exiger de monsieur Farage qu’il s’abstienne de critiquer son employeur. Exactement comme un salarié, tenu à une obligation de loyauté envers son patron. Madame Loiseau se place donc bien dans une logique de subordination.

Madame Loiseau devrait réviser son droit constitutionnel. Les députés – qu’ils soient nationaux ou européens d’ailleurs – ne sont pas des « salariés ». Ils reçoivent non pas un « salaire », qui impliquerait un lien de subordination, mais une « indemnité » censée leur permettre d’exercer librement leur mandat en les « tenant indemnes » de toute influence extérieure. Et le choix des mots n’est pas neutre. Il est triste – et cocasse – de devoir rappeler quelque chose d’aussi élémentaire à une ancienne diplomate qui a dirigé quelque temps l’Ecole Nationale d’Administration…

Article publié sous ce titre sur le blog de Descartes

"C’est notre futur et le futur des générations qui nous suivront qui est en jeu"

La cérémonie du Nobel se termina par un banquet où Van Rompuy porta un toast et remercia les organisateurs pour lui avoir fait passer une journée inoubliable.

Promettant une Union européenne de « 100 ans de paix », il conclut : « The Demons of the past have been laid to rest ».

Juste au même moment, on entendit le terrible ricanement de l'Histoire.

Lire Il y a 6 ans "Essayage : le Prix Nobel de la Paix vous va si bien !

Nous arrivons à un tel point grave, à un point de rupture. La parodie SYRIZA s’ajoute à la parodie méta-démocratique pour enfin poignarder le pays prétendument paisible, et ceci jusqu’à l’os, et ceci manifestement de manière irréversible. Sans majorité conforme à la lettre et encore moins à l’esprit de la Constitution après le départ programmé du gouvernement des opportunistes de Kamménos et entre le soir du 15 et celui du 16 janvier, SYRIZA se maintiendrait-il sollicitant la confiance de la Chambre par un vote de confiance, uniquement grâce à ces arrivistes apostats élus de Kamménos, comme autant, grâce aux élus itinérants d’autres partis politiques. Un “Parlement” et une Chambre d’enregistrement de décisions prises partout ailleurs sauf en Grèce, Chambre devenue autant celle de la prostitution politique, des Syrizístes et des autres. La politique, le plus vieux métier du monde.

Les moments sont dramatiques car ensuite, très probablement vers la fin de la semaine ou durant la semaine prochaine, SYRIZA et les itinérants... essaieront de faire passer l’accord Macédonien de Tsípras, ce qui équivaut à offrir à terme du territoire national sans guerre, en tout cas classique, aux voisins Slaves de l’ex République Yougoslave de Macédoine et en réalité aux Puissances ouvertement intervenues dans le processus du pseudo-accord. Essentiellement il faut dire l’Allemagne avec son dessein balkanique, d’où le voyage de la Chancelière à Athènes il y a quelques jours... ordonnant l’accélération du processus pour la ratification de l’accord, comme il se dit ouvertement à Athènes dans la rue et dans les médias, et ensuite les États-Unis, via la... finalisation de l’élargissement de l’OTAN aux pays des Balkans, toujours et encore, contre l’influence historique et culturelle de la Russie slave et orthodoxe dans cette même région.

Notons que ce mercredi 16 janvier, l’administrateur colonial Moscovici est en visite à Athènes, hasard du calendrier ? La balkanisation est comme on sait ce plat traditionnel que les antagonismes intra-européens ont parfois et d’abord fait chauffer, avant que leur coin cuisine ne prenne alors feu. Et c’est exactement ce que fait l’européisme actuel alors sous un Kominterm il faut dire berlinois. Donc, il y a feu.

Désormais à Athènes, c’est la lutte finale... contre cette gauche avariée du para-culturalisme et de l’ultra libéralisme, en somme, contre l’ensemble du système politique grec, car “eh bien sinon, c’est notre fin” comme on entend dire un peu partout en Grèce en ce moment. Le Putsch permanant comme mode de gouvernance austéritaire a pleinement tourné en Occupation avec ses traîtres plus obligeants que jamais, pour enfin livrer l’essentiel de la souveraineté, de l’histoire et de l’identité hellénique, autrement-dit, le noyau dur de notre essence, tel est en tout cas le ressenti des Grecs à plus de 80%, ce que les Ambassades impliquées n’ignorent pas, d’où finalement cette accélération dans le crime très organisé que Tsípras et sa bande voudront ainsi parachever avant de disparaître de l’histoire.

“Ces gens de SYRIZA, ils ont ainsi vendu leur mère, et ils en sont fiers, car cette gauche est mondialiste, apatride et accessoirement vendue”, peut-on entendre depuis les ondes de la radio 90.1 FM au soir du 15 janvier, par le journaliste Mazarákis, et par les analystes Karambélias et Aposkítis, tous trois pourtant issus de la trop vielle gauche. “Nous arrivons à un tel point de rupture, où il va falloir nous battre pour notre liberté comme à chaque fois que nous étions en guerre, car nous sommes en guerre. Et il faut dire que notre arme pacifique, à savoir le Référendum sur la question macédonienne n’est visiblement réclamé par aucune force politique, ni de gauche, ni de droite, à l’exception du petit parti centriste de Levéntis. Donc nous savons à qui nous avons à faire.”

“Et admettre ainsi ce Mal alors absolu, voilà ce qui nous rend encore mieux déterminés, tous nos sens en alerte, nous devenons des fauves à notre tour, voilà ce que nous sommes devenus dans les turbulences des mutations actuelles. Les paroles doivent cesser et les actes doivent prendre le pas. Face à nous, il y a un régime déterminé à livrer le pays et pour ce faire, il a autant assassiné la démocratie. Donc c’est le peuple qui se doit agir alors seul pour prendre les choses en main, pour défendre à la fois la démocratie, la patrie et sa liberté, devant les nains politiques et les marionnettes du système des partis dont le fascisme reste alors la seule et unique pratique”

Le Maire de Meneméni de Thessalonique est intervenu lors de l’émission pour dire “qu’au niveau régional à travers tout le Nord de Grèce, on s’organise pour descendre à Athènes et manifester déjà durant les prochains jours, pour que cet accord ne puisse pas passer, et qui constitue une défaite diplomatique et nationale, ouvrant la porte toute grande à l’irrédentisme des voisins. Et après tout, ce gouvernement n’a pas aucunement négocié, j’ai posé directement a question à deux collaborateurs de Kotziás le ministre des Affaire Étrangères au moment de la signature, collaborateurs ayant pris part aux prétendues négociations, et ils nous ont dit qu’ils avaient exprimé de nombreuses réserves et que Kotziás leur a aussitôt répondu ‘laissez tomber les arguments diplomatiques et scientifiques et suivez ma ligne’. J’ai également posé la question à un député SYRIZA de Thessalonique, ‘pourquoi n’avez-vous pas organisé un référendum’ et il m’a cyniquement répondu qu’il était hors de question car un tel référendum nous allons bien entendu le perdre, voilà pour ces gens.”

Non, les Grecs ne sont pas devenus fous subitement, et il n’y a aucune velléité de changement des frontières du côté grec, comme d’ailleurs du côté bulgare. Aux yeux des Grecs, le nom historique de la Macédoine grecque ne peut pas être ainsi offert aux voisins Slaves, arrivés dans la région plusieurs siècles après Alexandre le Grand mais se réclamant de ce personnage historique, en réalité pour donner prétexte à leur irrédentisme. Reconnaitre ainsi ce pays sous le nom de Macédoine du Nord est alors fort dangereux er préjudiciable pour les relations bilatérales à terme, et c’est tout le contraire de l’apaisement dont se réclame Tsípras par exemple. Nos voisins Bulgares et Serbes le savent autant, et ils font part de leur inquiétude. Sauf que les Puissances ont sans doute décidé la modification les frontières dans la région, c’est plus violent dans les Balkans, et c’est plus sournois à travers le système néocolonial de la dite Union Européenne, joli monde.

Pour le maire de Meneméni il n’y a plus de doute. “Le système politique grec n’a plus cette légitimé, même relative comme en 2015, pour décider quoi que ce soit, sauf que tout est préparé pour que leur décision, autrement-dit, la décision imposée par les Puissances étrangères puisse être cautionnée même par 150 ou 151 élus (sur un total de 300). De notre côté, nous réfléchissons en tant qu’élus locaux de la manière, la nôtre pour par exemple, pour ne plus laisser fonctionner l’État grec, une sorte de grève politique, accompagnée de la fermeture des entreprises et des écoles, voilà pour certaines idées. Toute la Grèce doit déjà converger à Athènes pour le rassemblement du 20 janvier. Cette fois, tout le monde doit sortir et manifester, car c’est notre futur et le futur des générations qui nous suivront qui est en jeu.”

Lire l'intégralité du texte de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Prostitution politique" sur son blog Greek Crisis

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