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Quatrième nuit de Walpurgis

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vendredi 18 janvier 2019

LES GRECS PLUS PAUVRES QUE LES CITOYENS DE L'ANCIEN BLOC DE L'EST...

LES GRECS PLUS PAUVRES QUE LES CITOYENS DE L’ANCIEN BLOC DE L’EST…

L’institut statistique grec ELSTAT vient de sortir une étude qui démontre que le PIB par habitant des Grecs a chuté, ouvrant ainsi un fossé avec le reste des Européens.

Selon les données ELSTAT, il aurait encore chuté à 16 378 EUR en 2016, alors que, sur la base d'Eurostat, le PIB par habitant "a chuté" en 2017, pour atteindre 67% de la moyenne de l'Union européenne.

À son entrée dans la crise, le PIB par habitant de la Grèce s'élevait à 21 845 euros. En 2009, il représentait 94% de la moyenne de l'UE, reflétant les attentes selon lesquelles la population aurait grandi à la fin de la décennie pour que la convergence réelle soit notoire. Quelques années plus tard, les Grecs en termes de pouvoir d’achat se trouvent dans une situation encore pire, même par rapport aux États baltes, ceux de l’ancien bloc de l’Est.

Le plus haut PIB par habitant de 2016 est enregistré en Attique à 22 204 euros (-0,1% par rapport à 2015), mais la comparaison avec les données de 2008 (29 215 euros) est décourageante, mais elle est révélatrice de ce qui est arrivé aux ménages.

On a ainsi par régions:

le sud de la mer Égée avec 17 769 euros (-2,8%),

les îles Ioniennes avec 15 182 euros (+ 0,3%),

Grèce centrale avec 14 727 euros (+ 3%),

Macédoine occidentale avec 14 361 euros (-8,9%),

Crète avec 13 811 euros (-1,8%),

le Péloponnèse avec 13 579 euros (+ 1%),

Macédoine centrale avec 12 880 euros (+ 1,7%),

La Thessalie avec 12 662 euros (+ 1,2%),

l'Egée septentrionale avec 12 266 € (-3,4%),

Grèce occidentale avec 12 058 euros (-0,8%),

Épire avec 11 785 euros (+ 1,5%)

Macédoine de l'Est et Thrace avec 11 432 euros (+ 1,3%).

En conclusion, la différence entre la région la plus riche (Attique) et la plus pauvre (Macédoine-Thrace orientale) est de 6 337 euros.

Tableaux :

https://www.iefimerida.gr/sites/default/files/eisod-1.jpg

https://www.iefimerida.gr/sites/default/files/eisod-2.jpg

Tableau EUROSTAT PIB par habitant :

https://ec.europa.eu/eurostat/tgm/table.do?tab=table&init=1&language=fr&pcode=tec00114&plugin=1

Via Constant Kmakis

mercredi 16 janvier 2019

Natalie Loiseau ou la prolétarisation du député européen

Joli lapsus que celui commis ce matin par madame Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes. Mais est-ce vraiment un lapsus ? Ou plus simplement dans un moment de franchise madame Loiseau nous a révélé ce qu’elle pense vraiment ? Je vous laisse juges… en tout cas, voilà le propos qu’elle a tenu ce matin même dans « le grand entretien » sur France Inter :

«Nigel Farage est quelqu’un qui s’est fait élire député européen, qui est toujours député européen, qui est salarié par l’Union européenne pour cracher sur l’Union européenne (…) » (c’est moi qui souligne)

Ainsi donc les députés européens sont « salariés » par l’Union européenne. Si Nathalie Loiseau dit vrai, alors c’est extrêmement grave. Car ce qui caractérise le salariat, c’est le lien de subordination qui lie le travailleur à leur employeur. C’est là une jurisprudence constante de la Cour de cassation : « “Ont justifié leur décision (…) les juges qui ont requalifié en relation de travail salarié l’activité de deux artisans, dont il était prétendu qu’ils exécutaient des travaux en sous-traitance pour le compte d’une entreprise du bâtiment, dès lors qu’il résulte de leurs constatations que ces travailleurs (…) exerçaient leur activité dans des conditions de fait caractérisant un lien de subordination juridique permanente à l’égard de cette entreprise ». (Crim., 10 mars 1998, Bull. crim. 1998, n° 95)

Comment se définit cette « subordination » ? Là encore, écoutons les juges : « Le lien de subordination est caractérisé par l’exécution d’un travail sous l’autorité de l’employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné » (Cass. soc., 13 novembre 1996, Bull. civ., V, n° 386; pourvoi n°94-13187).

Résumons donc : selon Nathalie Loiseau, les députés européens sont des salariés de l’Union européenne, et à ce titre sont « sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de leur donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et d’en sanctionner les manquements ». J’ose espérer qu’avant les élections européennes, le gouvernement éclairera les Français sur le statut des députés qu’ils sont appelés à élire. Il serait dommage que les citoyens aillent aux urnes en pensant élire des législateurs qui ne doivent des comptes qu’à leurs électeurs, alors qu’il s’agit simplement de sélectionner quelques “salariés” de l’Union européenne tenues d’exécuter les instructions reçues sous peine de sanction.

S’agit-il d’un lapsus, d’une simple erreur ? Je ne le pense pas. Et je tire cette conviction de la conclusion que madame Loiseau tire du statut de Nigel Farage. Elle s’indigne en effet qu’étant rémunéré par l’Union européenne ce dernier se permette de la critiquer son en toute opportunité. En d’autres termes, elle estime que cette rémunération donne droit à l’Union d’exiger de monsieur Farage qu’il s’abstienne de critiquer son employeur. Exactement comme un salarié, tenu à une obligation de loyauté envers son patron. Madame Loiseau se place donc bien dans une logique de subordination.

Madame Loiseau devrait réviser son droit constitutionnel. Les députés – qu’ils soient nationaux ou européens d’ailleurs – ne sont pas des « salariés ». Ils reçoivent non pas un « salaire », qui impliquerait un lien de subordination, mais une « indemnité » censée leur permettre d’exercer librement leur mandat en les « tenant indemnes » de toute influence extérieure. Et le choix des mots n’est pas neutre. Il est triste – et cocasse – de devoir rappeler quelque chose d’aussi élémentaire à une ancienne diplomate qui a dirigé quelque temps l’Ecole Nationale d’Administration…

Article publié sous ce titre sur le blog de Descartes

"C’est notre futur et le futur des générations qui nous suivront qui est en jeu"

La cérémonie du Nobel se termina par un banquet où Van Rompuy porta un toast et remercia les organisateurs pour lui avoir fait passer une journée inoubliable.

Promettant une Union européenne de « 100 ans de paix », il conclut : « The Demons of the past have been laid to rest ».

Juste au même moment, on entendit le terrible ricanement de l'Histoire.

Lire Il y a 6 ans "Essayage : le Prix Nobel de la Paix vous va si bien !

Nous arrivons à un tel point grave, à un point de rupture. La parodie SYRIZA s’ajoute à la parodie méta-démocratique pour enfin poignarder le pays prétendument paisible, et ceci jusqu’à l’os, et ceci manifestement de manière irréversible. Sans majorité conforme à la lettre et encore moins à l’esprit de la Constitution après le départ programmé du gouvernement des opportunistes de Kamménos et entre le soir du 15 et celui du 16 janvier, SYRIZA se maintiendrait-il sollicitant la confiance de la Chambre par un vote de confiance, uniquement grâce à ces arrivistes apostats élus de Kamménos, comme autant, grâce aux élus itinérants d’autres partis politiques. Un “Parlement” et une Chambre d’enregistrement de décisions prises partout ailleurs sauf en Grèce, Chambre devenue autant celle de la prostitution politique, des Syrizístes et des autres. La politique, le plus vieux métier du monde.

Les moments sont dramatiques car ensuite, très probablement vers la fin de la semaine ou durant la semaine prochaine, SYRIZA et les itinérants... essaieront de faire passer l’accord Macédonien de Tsípras, ce qui équivaut à offrir à terme du territoire national sans guerre, en tout cas classique, aux voisins Slaves de l’ex République Yougoslave de Macédoine et en réalité aux Puissances ouvertement intervenues dans le processus du pseudo-accord. Essentiellement il faut dire l’Allemagne avec son dessein balkanique, d’où le voyage de la Chancelière à Athènes il y a quelques jours... ordonnant l’accélération du processus pour la ratification de l’accord, comme il se dit ouvertement à Athènes dans la rue et dans les médias, et ensuite les États-Unis, via la... finalisation de l’élargissement de l’OTAN aux pays des Balkans, toujours et encore, contre l’influence historique et culturelle de la Russie slave et orthodoxe dans cette même région.

Notons que ce mercredi 16 janvier, l’administrateur colonial Moscovici est en visite à Athènes, hasard du calendrier ? La balkanisation est comme on sait ce plat traditionnel que les antagonismes intra-européens ont parfois et d’abord fait chauffer, avant que leur coin cuisine ne prenne alors feu. Et c’est exactement ce que fait l’européisme actuel alors sous un Kominterm il faut dire berlinois. Donc, il y a feu.

Désormais à Athènes, c’est la lutte finale... contre cette gauche avariée du para-culturalisme et de l’ultra libéralisme, en somme, contre l’ensemble du système politique grec, car “eh bien sinon, c’est notre fin” comme on entend dire un peu partout en Grèce en ce moment. Le Putsch permanant comme mode de gouvernance austéritaire a pleinement tourné en Occupation avec ses traîtres plus obligeants que jamais, pour enfin livrer l’essentiel de la souveraineté, de l’histoire et de l’identité hellénique, autrement-dit, le noyau dur de notre essence, tel est en tout cas le ressenti des Grecs à plus de 80%, ce que les Ambassades impliquées n’ignorent pas, d’où finalement cette accélération dans le crime très organisé que Tsípras et sa bande voudront ainsi parachever avant de disparaître de l’histoire.

“Ces gens de SYRIZA, ils ont ainsi vendu leur mère, et ils en sont fiers, car cette gauche est mondialiste, apatride et accessoirement vendue”, peut-on entendre depuis les ondes de la radio 90.1 FM au soir du 15 janvier, par le journaliste Mazarákis, et par les analystes Karambélias et Aposkítis, tous trois pourtant issus de la trop vielle gauche. “Nous arrivons à un tel point de rupture, où il va falloir nous battre pour notre liberté comme à chaque fois que nous étions en guerre, car nous sommes en guerre. Et il faut dire que notre arme pacifique, à savoir le Référendum sur la question macédonienne n’est visiblement réclamé par aucune force politique, ni de gauche, ni de droite, à l’exception du petit parti centriste de Levéntis. Donc nous savons à qui nous avons à faire.”

“Et admettre ainsi ce Mal alors absolu, voilà ce qui nous rend encore mieux déterminés, tous nos sens en alerte, nous devenons des fauves à notre tour, voilà ce que nous sommes devenus dans les turbulences des mutations actuelles. Les paroles doivent cesser et les actes doivent prendre le pas. Face à nous, il y a un régime déterminé à livrer le pays et pour ce faire, il a autant assassiné la démocratie. Donc c’est le peuple qui se doit agir alors seul pour prendre les choses en main, pour défendre à la fois la démocratie, la patrie et sa liberté, devant les nains politiques et les marionnettes du système des partis dont le fascisme reste alors la seule et unique pratique”

Le Maire de Meneméni de Thessalonique est intervenu lors de l’émission pour dire “qu’au niveau régional à travers tout le Nord de Grèce, on s’organise pour descendre à Athènes et manifester déjà durant les prochains jours, pour que cet accord ne puisse pas passer, et qui constitue une défaite diplomatique et nationale, ouvrant la porte toute grande à l’irrédentisme des voisins. Et après tout, ce gouvernement n’a pas aucunement négocié, j’ai posé directement a question à deux collaborateurs de Kotziás le ministre des Affaire Étrangères au moment de la signature, collaborateurs ayant pris part aux prétendues négociations, et ils nous ont dit qu’ils avaient exprimé de nombreuses réserves et que Kotziás leur a aussitôt répondu ‘laissez tomber les arguments diplomatiques et scientifiques et suivez ma ligne’. J’ai également posé la question à un député SYRIZA de Thessalonique, ‘pourquoi n’avez-vous pas organisé un référendum’ et il m’a cyniquement répondu qu’il était hors de question car un tel référendum nous allons bien entendu le perdre, voilà pour ces gens.”

Non, les Grecs ne sont pas devenus fous subitement, et il n’y a aucune velléité de changement des frontières du côté grec, comme d’ailleurs du côté bulgare. Aux yeux des Grecs, le nom historique de la Macédoine grecque ne peut pas être ainsi offert aux voisins Slaves, arrivés dans la région plusieurs siècles après Alexandre le Grand mais se réclamant de ce personnage historique, en réalité pour donner prétexte à leur irrédentisme. Reconnaitre ainsi ce pays sous le nom de Macédoine du Nord est alors fort dangereux er préjudiciable pour les relations bilatérales à terme, et c’est tout le contraire de l’apaisement dont se réclame Tsípras par exemple. Nos voisins Bulgares et Serbes le savent autant, et ils font part de leur inquiétude. Sauf que les Puissances ont sans doute décidé la modification les frontières dans la région, c’est plus violent dans les Balkans, et c’est plus sournois à travers le système néocolonial de la dite Union Européenne, joli monde.

Pour le maire de Meneméni il n’y a plus de doute. “Le système politique grec n’a plus cette légitimé, même relative comme en 2015, pour décider quoi que ce soit, sauf que tout est préparé pour que leur décision, autrement-dit, la décision imposée par les Puissances étrangères puisse être cautionnée même par 150 ou 151 élus (sur un total de 300). De notre côté, nous réfléchissons en tant qu’élus locaux de la manière, la nôtre pour par exemple, pour ne plus laisser fonctionner l’État grec, une sorte de grève politique, accompagnée de la fermeture des entreprises et des écoles, voilà pour certaines idées. Toute la Grèce doit déjà converger à Athènes pour le rassemblement du 20 janvier. Cette fois, tout le monde doit sortir et manifester, car c’est notre futur et le futur des générations qui nous suivront qui est en jeu.”

Lire l'intégralité du texte de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Prostitution politique" sur son blog Greek Crisis

mardi 15 janvier 2019

Depuis quand sont-ce les procureurs et les préfets qui jugent ?

Dans le silence obstiné des organisations syndicales, un pouvoir aux abois a instrumentalisé une répression judiciaire sans précédent pour tenter de mater un mouvement social. Il y a bien évidemment la stratégie du ministère de l’intérieur qui pousse à la violence pour tenter de disqualifier le mouvement. Mais malheureusement la magistrature accepte ces dérives et joue sa partition dans ce qui désormais s’apparente à une répression de masse qui entretient des rapports très lointains avec l’État de droit dont on nous rebat pourtant les oreilles. Cravachés par Nicole Belloubet en personne (!) se déplaçant au tribunal de Paris un dimanche, et par les interventions permanentes de la place Vendôme voire de Matignon y compris des instructions individuelles pourtant interdites par la loi, les parquets déchaînés basculent avec zèle dans la répression de masse, font procéder à des arrestations souvent préventives, par milliers, défèrent également par milliers des gens devant les tribunaux, à l’aide de procédures d’urgence dans lesquelles par des réquisitoires violents, il demande des peines folles. Et de façon stupéfiante la magistrature du siège a accepté de rentrer dans cette logique et distribue en cadence des peines ahurissantes. Depuis le début du mouvement, plus de 5000 arrestations, 1000 condamnations, 350 personnes incarcérées sur la base d’incriminations parfois farfelues. Et avec des interprétations de la loi répressive souvent audacieuses pour ne pas dire plus. Désolé, mais ceci n’est pas de la justice, c’est de l’abattage.

Et manifestement c’est loin d’être fini. Des anecdotes effarantes remontent de toute la France sur ce qui est en train de se passer. Tel sera condamné à six mois de prison ferme pour avoir partagé un statut sur Facebook, tel autre à 28 mois tout aussi fermes, sans avoir été défendu par un avocat, au prétexte selon la présidente du tribunal « que cela n’aurait rien changé ». Il y a des dizaines et des dizaines d’autres histoires qui font froid dans le dos. La France prend un drôle de chemin. Dans tel département, le procureur et le préfet font conférence de presse commune pour menacer : « la justice sera impitoyable ! » Depuis quand sont-ce les procureurs et les préfets qui jugent ? Jusqu’à nouvel ordre, dans une démocratie, ils sont responsables du maintien de l’ordre, pas de rendre la justice. Dans tel autre, il semblerait bien que le procureur ait organisé une forme de « comité de salut public » chargé de fournir les charrettes, et on dit que les juges du siège qui vont juger le font sur la base du volontariat !

Lire l'intégralité du billet de Régis de Castelnau paru sous le titre "Gilets jaunes : la Justice est là pour rendre la Justice. Pas pour rétablir l’ordre."sur son blog Vu du Droit

samedi 12 janvier 2019

Il y a 5 ans. Fascisme Inc

FascismINC_m.jpg cliquer sur l'image pour voir le film (activer les sous-titres

Voir aussi les autres films de Aris Chatzistefanou et de ses amis, produits par souscription pour alerter des processus en-cours dont la Grèce est le laboratoire.

Il y a 5 ans. "Le concept d'eurofascisme" : le nazisme était un complot des élites, c'est venu par le haut...

eurofascisme.PNG Cliquer sur l'image pour voir la vidéo

Voir aussi dans les archives du Musée ces films - déjà oubliés - réalisés pour que le "Laboratoire grec" serve à nous prémunir de la chose (the thing)

Et merde aux anti-fa anachroniques....

jeudi 10 janvier 2019

Il y a 2 ans. La Grèce, la « loi travail », l’eurofascisme et la « gauche » de la « gauche »

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Manuel Valls a déclaré sur BFM-TV, le 26 mai 2016 : "Je ne minimise ni les difficultés pour notre entrepr... heu notre pays ni le comportement irresponsable de la CGT... "

"Pour que chacun le comprenne, reconnaissons-le, c’est beaucoup trop long. Je me faisais la remarque pour que vos auditeurs et vos téléspectateurs comprennent bien. En Grèce, le gouvernement Tsipras, un gouvernement de gauche, avec d’abord une grève générale, mène des réformes courageuses, ces réformes ont été adoptées en quelques heures : 1500 pages (7500 pages en anglais pour être précis, NDE), sans amendements par le Parlement. Parce que parfois il faut aller vite dans la réforme. Nous ce texte a dû être adopté au Conseil des Ministres au début de l’année, il va être adopté définitivement au mois de juillet parce qu’il y a plusieurs lectures, à l’Assemblée et au Sénat, c’est notre constitution. Donc le texte va revenir seulement à l’Assemblée Nationale au début de juillet..." (Bourdin Direct, RMC, 26 mai 2016).

Quelques jours plus tard, en visite à Athènes, capitale d’un pays d’Europe du Sud colonisé par l’UE et les multinationales, le triste Sire poursuivait ses aveux en rendant hommage au Premier Ministre grec Alexis Tsipras « qui a su prendre des décisions de réformes courageuses et difficiles et qui a su convaincre le Parlement grec de les adopter » (L'Obs, 3 juin 2016), . L’allusion était transparente au fait que Manuel Valls avait dû recourir au 49.3 pour espérer voir adoptée la « réforme courageuse » que constitue « la loi travail ».

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« Plaisir spinoziste de la vérité qui se révèle »

Selon la presse, le seul reproche adressé au Premier Ministre fut de se rendre au soleil quand la Région parisienne était sous la pluie se dont il de défendit vaillamment : « Oui, il y a les inondations mais personne ne pourra me reprocher d'être en Grèce, confie le Premier ministre. Je suis en Europe, à 3 heures de Paris, et la situation est gérée par François Hollande, donc tout va bien » (RTL, 3/06/2016).

Et pourtant.

Les déclarations de Manuel Valls sonnent comme les dernières prémices d’un Coup d’État et en disent long sur la métamorphose qui affecte les partis dominants de la classe politique française, nous rappelant ces politiciens factieux des années 30 convertis en leur for intérieur au fascisme et préparant activement son avènement.

Ces aveux sont de ceux qui résonnent au Tribunal de l’Histoire.

Car d’une part, Valls souhaite ouvertement la fin du Parlementarisme en se félicitant implicitement des progrès accomplis en Grèce sur cette voie.

Et d’autre part, Valls avoue que la « loi travail » s’inscrit dans le même type de « réformes courageuses » qui ont tout à voir avec la destruction totale du droit et de la sécurité sociale que connaît la Grèce livrée à l’occupation de l’Union européenne. Réduite à un protectorat de l’UE désormais dépourvu de toute souveraineté, cette Grèce citée en exemple prometteur est martyre d’un sociocide accompli avec la complicité totale dudit Valls, de Hollande, du Parti socialiste et du Parlement français, dont les responsabilités criminelles sont engagées.

En vendant la mèche, Valls rend un fier service à tous ceux et toutes celles qui, depuis au moins 2005, alertent inlassablement contre la marche forcée à l’eurofascisme qui s’est accélérée avec le parachèvement de la main-mise totale des banques et des multinationales sur une UE dont elles sont les principales architectes.

Puisse cette compréhension de ce qui se joue historiquement se répandre suffisamment vite par le travail militant.

Car la France en lutte contre la « loi travail » ne le sait pas clairement, mais elle est en lutte contre l’eurofascisme et, comme le laboratoire grec l’indique, il est minuit moins le quart.

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La Grèce et le parlementarisme

Ce dont Valls se félicite en matière de procédure législative en Grèce et qu’il appelle implicitement de ses vœux pour la France n’est ni plus ni moins que violations à répétition de la Constitution et abolition du Parlementarisme. Soit le point ultime de l’inversion de la hiérarchie des normes, dont Alain Lipietz nous dit au sujet de la loi travail en France, de quoi elle est le nom : « la philosophie « Carl Schmitt », celle de la souveraineté sans limite du pouvoir politique, du « souverain » qui change la société par des lois d’exception. Carl Schmitt explique justement que le « souverain » est celui qui agit en état d’exception... ».

Qui est ce souverain aujourd’hui en Grèce ? Les créanciers de cette « colonie bancaire » et leur représentant, l’Eurogroupe, « Un groupe (légalement NDE) inexistant qui a l'immense pouvoir de déterminer la vie des Européens » comme Varoufakis en a fait la démonstration hallucinée

Le Parlement qui adopte leurs exigences - qui sont autant de viols hallucinants, car au vu et au su de toutes les élites européennes, juridiques notamment, de la Constitution mais surtout de tous les Droits fondamentaux que l’on croyait au moins formellement sacrés et juridiquement protégés en Europe – le fait en s’asseyant sur la procédure parlementaire, ce que Zoé Konstantopoulo n’a cessé de dénoncer point par point, en tant que Députée d’opposition, puis Présidente du Parlement confrontée à l’ignominieux traité de capitulation signé par Tsipras, puis aujourd’hui comme ancienne Députée et Présidente du Parlement.

Ce qui permet en effet d’adopter en quelques heures un texte de 7500 pages en anglais dicté par le réel Souverain.

ParlementGrec.PNG Illus. Vote en commission de la Justice au Parlement grec le 12/9/2013. En l’absence de quorum, le Président, M. Virvidakis ignore les objections de la Députée Zoe Konstantopoulou (future Présidente du Parlement grec) et adopte tous les articles « à la majorité ». Les interventions de la Députée ont été supprimées des minutes parlementaires mais la vidéo a été diffusée sur internet (cliquer sur l'image).

Bref voilà ce que Valls cite en exemple à suivre : l’abolition du parlementarisme. C’est en cela que Valls est un factieux. Malheureusement, il n’est pas membre d’un conjuration comme La Cagoule des années 30, mais chef du gouvernement, et son projet s’il advient ne s’appellera pas « État Français » mais « République Française de l’Union européenne ».

La Grèce et la République sociale

Si on fait le bilan de la destruction de la République sociale grecque, quelques que fussent les nombreux défauts de l’État grec, on comprend ce que Valls et consorts veulent dire en France par « réformes courageuses ».

Non pas l’amputation des retraites mais l’abolition du droit à la retraite.

Non pas la lutte contre le fort mythique « trou de la sécu » mais la disparition de la sécurité sociale et de la santé publique et du droit à la santé ;

Non pas la « flexibilité du travail » mais la disparition de tout droit du travail, tout droit des travailleurs et la réalisation de l’ « utopie d’une exploitation sans limite » (selon la formule de Bourdieu) ;

Non pas « la compétitivité » mais l’éradication de toute activité économique en-dessous d’un certain seuil de rentabilité et la concentration de toute économie au sein de monopoles industriels.

Non pas « la réforme fiscale » mais la population livrée à des Fermiers Généraux basés à l’étranger.

Non pas la « modernisation de la justice » mais l’abolition de tout pouvoir de la justice civile sur les grandes entreprises.

En un mot, la destruction du « tissu social et démocratique qui a été l’une des contributions majeures de l’Europe à la civilisation moderne » et que l’on doit aux luttes sociales depuis le XIXème siècle.

Pour être bien clair sur ce programme, on peut se référer au « Rapport des cinq présidents » qui en 2015 traçait de nouvelles perspectives de réformes institutionnelles et prônait la dépolitisation totale des politiques sociales et économiques à l’échelle nationale par la création d’autorités de la compétitivité : « Ces autorités de la compétitivité devraient être des entités indépendantes ayant pour mandat de déterminer si les salaires évoluent en accord avec la productivité, par comparaison avec l’évolution dans d’autres pays de la zone euro et chez les principaux partenaires commerciaux comparables (…) Le système d’autorités de la compétitivité de la zone euro rassemblerait ces organismes nationaux et la Commission, qui coordonnerait leurs actions sur une base annuelle. La Commission prendrait alors en compte les résultats de cette coordination pour décider de mesures dans le cadre du Semestre européen, en particulier pour son examen annuel de la croissance et pour les décisions à prendre au titre de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques (PDM), y compris s’agissant de recommander ou non l’activation de la procédure concernant les déséquilibres excessifs (...) Les acteurs nationaux, tels que les partenaires sociaux, devraient continuer à jouer leur rôle conformément aux pratiques établies dans chaque État membre, mais ils devraient tenir compte de l’avis des autorités de la compétitivité lors des négociations sur les salaires. »

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L’Eurofascisme

Alain Lipietz a eu le courage d’écrire : « Je ne dis pas que Mme El Khomri ou M. Valls seraient nazis ! Mais le renversement brutal de la hiérarchie des normes « à la Carl Schmitt » fait logiquement système avec l’usage du 49.3 et la prolongation indéfinie de l’état d’urgence. »

Et cela dans le but de « s’aligner dans la concurrence internationale sur cette « course vers le bas » à coup de dumping social, qui fait rage depuis les années 80. »

« Plan B » du patronat dans les années 20 et 30, le fascisme est aussi un mode de production caractérisé, comme la colonisation, par la terreur exercée sur le monde du travail pour permettre les conditions d’exploitation les plus extrêmes. Il est donc d’abord dirigé contre les syndicats et les militants, et la lutte anti-fasciste est par essence une lutte du travail. De ce point de vue-là, la lutte contre la loi travail est une lutte contre l’eurofascisme tel qu’il s’est mis en place en Grèce, ce qui en fait aussi une lutte anti-coloniale, puisque la colonisation, c’est l’asservissement de populations auxquelles tout droit sont déniés, réduites à leur seule force de travail et spoliées de toutes ressources.

acropole.gif

On peut suivre l’évolution de ce projet capitaliste extrême à travers les directives envoyées depuis 20 ans par La Table Ronde des Industriels Européens au Conseil européen, appelant inlassablement à la concentration de tout le pouvoir au sein d’institutions irresponsables politiquement « pour accélérer au niveau européen mais aussi aux échelons nationaux la mise en œuvre des décisions ». Outre que cette concentration du pouvoir n’a eu de cesse de progresser, on a aussi assisté ces dernières années à l’apparition d’institutions également juridiquement irresponsables avec le Mécanisme de Stabilité Européenne et aujourd’hui le fonds de saisie des avoirs grecs : dans les deux cas, ces institutions ne peuvent faire l’objet d’aucune enquête, d’aucune perquisition et le personnel ne peut être poursuivi.

L’autre dimension est évidemment le sécuritaire, avec des Directives sur la lutte contre le terrorisme dont on voit bien aujourd’hui avec l’état d’urgence qu’elles sont appelées à se substituer au droit commun et constituent un nouveau code pénal, en attendant la création d’un parquet européen. C’est en fait tout l’ordre juridique qui est mis à bas pour lui substituer « la souveraineté sans limite du pouvoir politique, du « souverain » qui change la société par des lois d’exception ». Ajoutons la fabrication de « l’ennemi intérieur » et l’euro-fascisme nous semble caractérisé.

pause21.gif illus: Exposition du Musée de l'Europe au Musée de Tourcoing, Lille 2004

La gauche de la gauche

Les interprétations du fascisme au primat du seul rapport ethnique de l’Allemagne nazie à la Nation ont à peu près fait disparaître des esprits, avec le triomphe final de l’éradication du marxisme et de l’histoire sociale par l’école de Jules Ferry, que le fascisme est avant tout un système de terreur permettant de réduire les travailleurs à leur seule force de travail, continuant la lutte des classes par d’autres moyens extrêmes, dans le but d’asservir totalement les possédés aux possédants. On ne s’étonnera dès lors pas qu’il n’y ait pas plus aveugle à l’euro-fascisme que ceux qui font profession d’anti-fascisme, que ce soit sous la forme sectaire des « anti-fa » ou citoyenniste des « pédagogues ». Le même processus a affecté le concept de « colonisation » à tel point que ceux qui font aujourd’hui leurs choux-gras d’anti-colonialisme s’avèrent totalement incapables de reconnaître une colonisation lorsqu’elle se déroule en Grèce sous leurs yeux, quand ils ne chantent pas les louanges des partis des exploiteurs en Tunisie sous prétexte de lutte contre l’ « islamo-fascisme » (une expression employée par Valls au sujet du Parti Ennahda au soir de l’assassinat de Chokri Belaïd qui devait déclencher la constitution d’un gouvernement de « technocrates neutres » dirigé par un Franco-Tunisien détaché dans le protectorat par le groupe Total !).

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Il y a fort à parier que l’actuelle « gauche de la gauche » fortement petite-bourgeoise et ne plaçant pas la question du travail au centre de ses préoccupations pourtant officiellement « anti-capitalistes », voyant dans la contestation de la loi Travail « presqu’un prétexte » pour certain(e)s prendre position dans la course au renouvellement du personnel politique qui s’annonce (comme en Grèce ? La question mérite d’être posée, et le fait qu’elle ne soit pas posée est déjà un élément de réponse...) se révélera un important obstacle à la si vitale sortie de l’UE. À travers « l’alter-mondialisme » une partie de cette classe s’internationalise (on pourrait même dire s’américanise tant mondialisation et américanisation sont les deux faces d’un même processus impérialiste) et donc a objectivement de plus en plus intérêt à la mondialisation : ce n’est pas le « changement de cadre » qui est poursuivi, mais le changement... de cadres ! Le fait de vouloir un processus constituant à l’échelle nationale alors que la Constitution grecque a de facto été abolie ce qui devrait faire prendre conscience aux plus aveugles qu’aujourd’hui la Constitution se sont les traités (hors desquels il n'y a pas de démocratie selon le trop payé Juncker) dont il faut sortir met pour le moins la charrue avant les bœufs.

Sans parler de la gauche négriste qui voit dans l’État-Nation l’ennemi principal et qui est prête à laisser le capital achever l’ambulance et les droits sociaux du même coup pour ensuite construire un « autre monde » (c’était la position de Negri appelant à voter « oui » au traité constitutionnel européen). Et ne voit surtout pas le Léviathan européen qui se constitue sur la destruction des États par les élites politiques mêmes, sans oublier que le capitalisme a son État qui s’appelle les États-Unis et qu’au final il en resterait toujours un qui serait celui-là...

On le voit aujourd’hui, c’est ce qui reste de monde du travail organisé qui est encore capable de s’opposer à l’euro-fascisme. Il est tout à fait sidérant de voir les spécialistes du changement de cadre dénigrant d’un côté les luttes « locales » (or cela devrait être un truisme que les gens luttent... localement, car ils sont quelque part!) s’avérer incapables d’oser indiquer clairement quel est le cadre qu’il faut prioritairement changer.

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C'est un référendum sur la sortie de l'UE qu'il faut élire, pas un président !

Dans la perspective de 2017, ce n’est pas un président qu’il doit s’agir d’élire. Il faut élire un référendum de sortie de l’UE. Et la gauche « all exclusive » n’inspire confiance à personne sur le choix d’une telle perspective qui est le choix clivant autour duquel se recompose la demande politique. Qui est un choix de classes.

Il y a 15 ans Bourdieu exhortait à « une gauche de gauche ». Il y a vraiment des jours où on ne serait pas loin d’appeler à défaut de « gauche de gauche » et vue la sociologie du pays à « une droite de gauche » pour éviter aussi tant que possible la Réaction qui vient, attisée par un PS new-look en formation, une nouvelle gauche morale qui rendra toutes les nouvelles victimes du néolibéralisme aussi furieuses que les premières charrettes qui ont précédé face à la curetaille des petits "manipulateurs de biens de salut" politiques de gauche...

Le Concierge

lundi 7 janvier 2019

Les Grecs, otages fiscaux de la Troïka et des banquiers

En Grèce, une Autorité Autonome des Ressources Publiques (Anexartiti Archi Dimosion Esodon, AADE), où siègent deux représentants de la Commission Européenne, a remplacé le Trésor Public et récupéré toutes les attributions du Ministère des Finances « L’Autorité jouit d’une autonomie de fonctionnement, elle est autonome administrativement et économiquement, et elle n’est soumise au contrôle ou à la tutelle d’aucun organe du gouvernement ni d’institution d’État ni d’autres autorités administratives ». De même dans l’article 3 on note que « le président, les membres du Conseil d’Administration, le Conseiller (nommé sur proposition de la Commission Européenne) et l’Administrateur exercent leurs fonctions selon la loi et leur seule conscience ; ils ne sont soumis à aucun contrôle hiérarchique ni aucune tutelle administrative, à aucun organe du gouvernement ni à d’autres autorités administratives ni autre organisme public ou privé. » Résultat : de plus en plus de contribuables modestes se retrouvent dans l’incapacité de payer leurs impôts. Pour recouvrer les arriérés de paiement et dette envers l’État, l’Agence Autonome opère des saisies directement sur les comptes bancaires des particuliers, sans crier gare. Pourtant les objectifs fiscaux fixés par l’AADE sont largement atteints pour la troisième année consécutive.

Lire l'article de Louv Coukouts, paru sur le site du CADTM

mercredi 2 janvier 2019

"Comme nos ancêtres, il y a un siècle"...

Au village thessalien on installe des bâches sur les potagers d’hiver comme on brûle du bois. Telle est la vie locale un peu partout en Grèce. La fanfare municipale a été de sa plus belle musique en ville de Tríkala, bourgade vivante, où aux dires des habitants il fait certainement mieux vivre qu’à Athènes. Au village, le voisin Nikos et aussi cousin un peu lointain, me raconte comment et combien la commune se dépeuple, elle a perdu plus du tiers de sa population depuis les années dites de la crise.

“Les jeunes sont partis en Allemagne et les vieux donc... ils meurent. Ce n’est plus rentable du tout que de travailler la terre, toutes les terres du village finissent par être exploitées par deux ou au mieux, par trois familles, lesquelles ont alors les moyens et pour tout dire, disposent de la mécanisation nécessaire et de pointe pour y parvenir. Nous travaillons déjà et nous travaillerions davantage pour eux ; comme nos ancêtres il y a plus d’un siècle. Nous sommes les abandonnés des politiciens, le Parlement devrait un jour... sauter, sans blague.”

Dans un sens, Chrístos Yannarás, philosophe et théologien orthodoxe ne dit pas vraiment autre chose. “La solution est simple, nous le savons tous: nous avons besoin d’un gouvernement en dehors de l’ensemble des partis du Parlement actuel et qui exclura institutionnellement la possibilité de faire fonctionner toute sorte d’un état clientéliste. Un gouvernement alors de transition, technique, issu des ‘personnalités’, doté d'un mandat de deux ans, et autant soumis au contrôle du parlement actuel, mais bénéficiant d'un appui de type référendaire pour éliminer l’interminable état clientéliste, et ainsi exclure constitutionnellement sa reconstitution”, quotidien Kathimeriní du 31 décembre 2018.

Entre le clientélisme réellement existant, puis la méta-démocratie Troïkanne et enfin leur dernier ridicule des politiciens grecs, ces mêmes politiciens ont été ainsi “tués”, déjà dans la conscience collective pour un nombre alors important de citoyens. La semaine dernière, Tsípras a inauguré à Thessalonique une station du métro de la ville... lequel fonctionnera concrètement seulement en 2022. Sur les photos publiées par une partie de la presse, on y distingue certaines... machines à ticket factices, puis, une part de la station ainsi “inaugurée” sera démontée pour que les travaux puissent alors se poursuivre. Voilà que le ridicule tue encore dans un sens.

Les élections législatives auront lieu cette année certes, le système politique survivra, et peut-être que lors des élections d’après, d’autres mouvements pourront voir le jour, authentiques, radicaux, émanant du pays réel, pour que l’unique espoir puisse ainsi tenir de la chimère en cette possibilité de surprise. Et à commencer par la dénonciation des accords avec la Troïka et évidemment par la sortie de la Grèce de l’Union européenne, c’est un minimum et ce n’est qu’un début car cette voie est bien longue et difficile.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Bonne année !" sur son blog Greek Crisis

dimanche 23 décembre 2018

Le commissaire européen Günther Oettinger veut sanctionner la France pour son budget

Les dépenses française supplémentaires inquiètent outre-Rhin. Le commissaire allemand réclame l’ouverture d’une procédure pour déficit excessif.

Günther Oettinger, le commissaire au budget, appelle au déclenchement d’une procédure pour déficit excessif à l’encontre de la France. Dans une interview au journal allemand FOCUS, il considère les récents ajustements du budget français « particulièrement problématiques ».

Pour répondre à la fronde des « gilets jaunes » sur le pouvoir d’achat, Emmanuel Macron, le Président français, avait annoncé au début du mois un paquet de mesures. Parmi celles-ci, la hausse de la prime d’activité pour certains salariés touchant le Smic, l’annulation de la hausse de la taxe carbone ou encore la baisse de la CSG pour un grand nombre de retraités.

Ces changements budgétaires de dernière minute ont été votés dans la nuit de mercredi à jeudi par l’Assemblée Nationale dans le Projet de loi de finance 2019. Au total, près de 10 milliards d’euros seront nécessaires. Ce qui fera passer le déficit français à 3,2 %, soit au-dessus de la fameuse limite européenne des 3 %.

« Ce ne sont pas des cadeaux de Noël »

Pour Günther Oettinger, ces ajustements ne sont pas « des cadeaux de Noël ponctuels mais des dépenses structurellement durables, il y en a qui s’étendront après 2020 ». Une situation qui pourrait déraper donc, et le passif récent de la France ne l’incite pas à la clémence : « Le pays viole pour la onzième année consécutive les règles de la dette, à l’exception de 2017 », s’alarme-t-il.

De son côté, Pierre Moscovici, le commissaire français, estime que ce déficit de 3,2 % est « acceptable » et « limité », bien que le chiffre soit « déjà élevé ». Il rappelle qu’il n’y avait pas de procédure à enclencher pour un dépassement temporaire, « dès lors qu’il est exceptionnel et limité ».

Il n’hésite en revanche pas à remarquer que la France est le seul pays de l’UE à repasser au-dessus des 3 %. Si le transfert du Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE) opère cette année un effet grossissant d’environ 0,9 points du PIB, le déficit français reste un des plus élevés en Europe, à 2,3 ou 2,4 %.

Les discussions sont suffisantes, pour l’instant

Mais la musique est très différente côté commissaire allemand. « Je ne suis absolument pas d’accord avec mon collègue. On ne peut pas absoudre la France aussi aisément », a tonné l’ex-leader de la CDU. Il accuse même le pays de ne pas avoir su profiter des six dernières années de croissance pour réduire sa dette : « La dette est comme en 2013, à 95 % du PIB », regrette-t-il.

La Commission mène actuellement des discussions avec la France pour s’assurer que la situation ne devienne pas hors de contrôle. Ce qui est largement suffisant à ce stade pour Sven Giegold, porte-parole du groupe des Verts au Parlement européen.

« La sortie de Günther Oettinger est une mise en scène prématurée, condamne-t-il. Il agit de manière unilatérale et dommageable. » Lui aussi allemand, il s’inquiète de l’effet de cette sortie sur les relations du couple franco-allemand. « La Commission n’a pas besoin d’un commissaire disciplinaire allemand. »

Pas de différence de traitement entre Italie et France

Pourtant, l’eurodéputé n’en reste pas moins attentif à la situation française, qui doit être traitée avec la même fermeté que pour l’Italie si la situation empire. « La Commission ne peut pas risquer d’être accusée d’appliquer un traitement différent à l’Italie et à la France », fait-il remarquer.

Après un long affrontement de plus de deux mois, un accord a été trouvé entre Bruxelles et Rome, plus tôt cette semaine. Le gouvernement italien a dû renoncer à deux réformes phares sur les retraites et le revenu de citoyenneté.

La France doit donc trouver le moyen de financer durablement ses réformes pour éviter un réel durcissement de la Commission. Sven Giegold imagine une hausse des taxes pour les « personnes aisées » afin de « solidifier » les dépenses supplémentaires.

Pas sûr que l’idée soit reprise dans l’immédiat par le gouvernement, qui continue pour l’instant à dialoguer avec Bruxelles pour rassurer l’exécutif européen sur sa santé financière.

Source : Euractiv

Sur la procédure pour déficit excessif lire Austérité à jamais

Lire aussi Gilets jaunes : « Macron a les pieds et les poings liés par l'Union européenne »

et

Grèce : ce que révèle le refus de Bruxelles de traiter l'urgence humanitaire

Pour rappel : "L'Europe, c'est la paix"

La Chine dénonce les propos du commissaire européen Oettinger sur "les bridés" (RTBF, 2/11/2016)

La Chine a dénoncé ce mercredi le "sentiment de supériorité" du commissaire européen à l'Economie numérique Günther Oettinger, qui a utilisé dans un discours le terme péjoratif de "bridés" pour décrire les Chinois.

Le responsable politique allemand avait été secrètement enregistré lors d'une réunion de chefs d'entreprises à Hambourg (nord de l'Allemagne) la semaine dernière. Il racontait avoir reçu des ministres chinois, tous "peignés de gauche à droite avec du cirage noir".

L'auteur de l'enregistrement, diffusé vendredi sur YouTube et repris samedi par le site du magazine allemand Der Spiegel, déclare avoir commencé à filmer après que Günther Oettinger eut utilisé des termes comme "les yeux bridés" ou les "escrocs" à propos des Chinois.

"Un effarant sentiment de supériorité"

"Les remarques en question démontrent un effarant sentiment de supériorité enraciné chez certains dirigeants politiques occidentaux", a déclaré mercredi Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'un point presse régulier. "Nous espérons qu'ils puissent apprendre à avoir une vision objective d'eux-mêmes et des autres et à respecter et traiter les autres sur un pied d'égalité."

Interrogé par le journal allemand Die Welt, Günther Oettinger avait assuré samedi qu'il "s'agissait d'une expression familière qui ne se voulait en aucun cas un manque de respect vis-à-vis de la Chine".

Oettinger n'en est pas à son premier dérapage. En 2014, il avait traité la France de "pays déficitaire récidiviste", ce à quoi le PS français avait appelé à sa démission du poste de commissaire européen.

Plus récemment, dans le contexte des négociations sur le CETA, l'Allemand a affirmé que "la Wallonie est une micro-région gérée par des communistes qui bloque toute l'Europe", ajoutant "ce n'est pas acceptable". Des propos que le ministre-président wallon Paul Magnette (PS) avait qualifié de "mépris total"

samedi 22 décembre 2018

Les Grecs regardent les gilets jaunes avec émotion et espoir

Athènes se transforme finalement en une destination également hivernale, au croisement on dirait des mutations et des ronds-points... et autres apories giratoires de notre modernité. Le centre-ville croule sous cette nouvelle affluence, entre le tiers de la population grecque échappant à la paupérisation en tout cas plénière, l’essor des activités dites parallèles sans oublier l’économie liée au crime en plein essor, cela fait du beau monde, puis, il y a comme visiteurs hivernaux les Airbnbistes, puis ceux les hôtels, assez remplis pour un hiver grec.

Non sans rapport, l’immobilier grec passe alors aux mains des dits “investisseurs” venus du plus vaste monde, près des deux tiers des logements Airbnb, et bien entendu presque tous les hôtels nouveaux ou rénovés leur appartiennent, à Athènes, comme d’ailleurs au reste du pays. Dans la capitale, les boutiques et les locataires... trop vieux de 40 ans sont alors expulsés, pour que leurs immeubles puissent se transformer en hôtels et autres auberges avant si possible la saison 2019, et on vient d’apprendre que dix grands ports s’ajoutent à la liste des privatisations... le grand appareillage. Toujours dans Athènes, des publicités foncièrement sauvages et à la gloire des rapaces internationaux, incitent les paupérisés de la classe moyenne à brader leurs derniers biens: “Tony Buys House achète des logements”. On vient de loin, on y va et on dépouille !

Mais c’est bientôt Noël. Les retraités devenus vendeurs de billets de loterie sont partout, s’agissant de la loterie ex-nationale, car la... “Grecque des Jeux” a été bradée aux “investisseurs” étrangers pour moins que l’équivalant d’une année de bénéfices. N’en empêche, le maire Yórgos Kamínis vient d’inaugurer l’arbre des circonstances Place de la Constitution, la fanfare municipale y est souvent, de même que nos musiciens de rue, plus nombreux que jamais, Grecs alors paupérisés au regard accablé, interprétant le bon vieux Rebétiko, cette musique populaire apparue dans les années 1920, à la suite des vagues migratoires des populations, principalement, grecques expulsées d'Asie mineure par la Turquie kémaliste.

Pays moderne, méconnaissable. Plus d’une saisie par minute et par journée ouvrable est déclenchée par l’administration fiscale appartenant à la Troïka, désormais pour une dette envers l’État de moins de 500 euros, et par ailleurs, quatre millions sur dix millions d’habitants sont redevables envers le fisc, d’après les reportages du jour, informations radiophoniques du 22 décembre, (et presse grecque de la semaine). Comme il est noté ailleurs, notre société “elle est désormais exposée à la rapacité de forces qu’elle ne contrôle pas et qu’elle ne compte ni n’espère reconquérir et dompter”. C’est peut-être pour cette raison, que certains organisent à Athènes des conférences pour ainsi populariser la méthode Gandhi. Pourtant, les Grecs regardent les gilets-jaunes français avec émotion et espoir.

Lire l'article de Panagiotis Grogoriou paru sous le titre "Joyeux Noël" sur son blog Greek Crisis

mardi 4 décembre 2018

"La plus grande dépossession des biens publics et privés d’un pays et de sa population, sans lui déclarer la guerre"

Situation alors grecque D’après les récentes statistiques officielles, 4.312.395 personnes ont de dettes impayées envers l’administration fiscale, c’est-à-dire un demi-million de plus qu’en septembre dernier, et parmi eux, 1.797.492 contribuables verront leurs biens, lorsqu’ils en ont encore, saisis par le fisc, ce qui est déjà le cas pour 1.148.583 d’entre eux, presse grecque de la semaine. Notons que la population grecque dépasse à peine les dix millions d’habitants et qu’entre les banques, cédées à des fonds rapaces internationaux sous la gouvernance des escrocs de SYRIZA, et qui réclament des saisies par milliers et les saisies du fisc qui n’est pas grec non plus, près du 25% de la population se voit confisquer ses biens, essentiellement immobiliers, auxquels s’ajoutent ceux qui les ont déjà bradés pour les mêmes raisons.

Aux yeux des historiens du futur, il s’agit de la plus grande dépossession des biens publics et privés d’un pays et de sa population, sans lui déclarer la guerre, disons de type traditionnel. Une banque réclame même de la famille d’un entrepreneur qui s’est suicidé à Thessalonique, la somme de 590.000€, c’est pour dire, presse de la semaine.

La paupérisation très ordonnée de la classe moyenne, comme presque de toutes les autres classes sociales c’est tout un programme, et les Grecs commentent également les événements français, parfois sous un air de déjà-vu. “Oui, nous avons connu une période peut-être analogue durant les premières années de la crise. Dès l’arrivée de la Troïka et durant les grandes manifestations, c’était en mai 2010, les salopards du système ont envoyé sur place les casseurs anarchistes mettant le feu en marge des manifestations, et notamment à une agence bancaire, trois employés dont une jeune femme enceinte y ont trouvé la mort, et déjà, durant un temps les Grecs ont été tétanisés, puis retournés chez eux durant un moment.”

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Gilets-Jeunes" sur son blog Greek Crisis

Ajout

NOUVELLE EXIGENCE DES BANQUES GRECQUES POUR LES SAISIES:

Selon les médias grecs, les banques grecques sont entrain d’exiger que le seuil de dettes qui engendreront des saisies sur les résidences principales des débiteurs grecs passe à 80 000euros ( Pour rappel la proposition de l’UE était 75 000€…)

Ce nouveau seuil amènerait des saisies de maisons dans les zones populaires et des petites propriétés dans les zones moyennes. Par exemple, cela pourrait alors arriver pour des appartements de 90 m² à Drapetsona ou 60 m² à Halandri ou même 50 m² à Kifissia.

La limite de 80.000 €, si elle était adoptée, fonctionnera indépendamment de tout ajustement pour remplacer le cadre de la protection de la résidence principale dans la Loi Katseli , qui entrera en vigueur à partir de 01/01/2019.

Le plan des banques ne prendra pas la forme législative , mais c’ est un accord informel entre les banques. Les banques ont eu des contacts à ce sujet avec l’UE à la mi-Novembre.

Cette nouvelle limite engendrerait bien sûr une situation inhumaine pour tous ceux qui sont objectivement incapables de payer, et irait bien sûr vers une augmentation des saisies et des ventes aux enchères de ces biens.

via Constant Kaimakis

samedi 24 novembre 2018

Les Fermiers Généraux de la Grèce

Comme l’affirme ainsi à très juste titre mon ami Olivier Delorme au sujet des totalitarismes si actuels, “auxquels, par là, il s’apparente, le projet européen est avant tout oligarchique et technocratique: le pouvoir doit être exercé par ceux qui ont des compétences techniques, par ceux qui savent - qui savent notamment mieux que les peuples ce qui est bon pour eux et qui empêcheront ces peuples de faire des bêtises. Mais imposer le dessaisissement des peuples dans le cadre national est impossible autrement que par la force, le coup d’État, la dictature”.

“En réalité, si l’on regarde l’Europe économique aujourd’hui, les pays qui vont le mieux sont tous hors de l’UE ou de l’euro et ne souhaitent pas y entrer. Les seules exceptions sont l’Allemagne - surtout -, les Pays-Bas et l’Autriche pour qui l’euro, sous-évalué par rapport à ce que serait le taux de change de leur monnaie nationale, est un puissant instrument de dumping. Pour tous les autres, l’euro qui, du fait même de sa nature et de ses règles - irréformables - est et restera structurellement surévalué, constitue un pesant boulet qui les ralentit ou qui les tue.” “Putsch Magazine”, 20 novembre 2018. Bas, très bas Empire.

Sur nos radios pas totalement contrôlées peut-être, on peut distinguer ces voix, à l’instar de la radio 90.1 FM du Pirée, voix qui répètent sans cesse que le pays devenu territoire est occupé par l’européisme et par Berlin, et que Berlin et Bruxelles placent leurs hommes un peu partout, surtout et d’abord au sein du gouvernement. Les Grecs le savent, sauf que leur univers, leur teneur disons anthropologique, culturelle, économique et sociale, se trouvent désormais suffisamment désarticulés pour que l’action collective puisse alors reprendre de manière efficace. Contrairement, espérons-le, aux gilets jaunes en France, dont l’existence par exemple économique n’est pas encore tout à fait détruite, alors espoir ?

Ce qui ne veut pas dire que le pays réel grec ne manifeste plus. Cette semaine par exemple, les retraités ont manifesté à Athènes comme ailleurs à travers le pays, presse grecque de la semaine. De même, ceux du personnel de la Santé Publique ont déversé du foin bien gras devant le dit Ministère des Finances. Ce dernier, il est placé comme on sait, entièrement sous le contrôle de Bruxelles et de Berlin. D’ailleurs, c’est “l’Autorité Indépendante des Recettes fiscales” (“Establisment and operation of Independent Authority for Public Revenue” IAPR) qui récolte taxes, impôts et amendes, ainsi que le fruit bien attardé des saisies et qui décide de leur usage, Autorité laquelle “jouit d'une indépendance opérationnelle, d'une autonomie administrative et financière et qu’elle n'est pas soumise au contrôle, ni à la surveillance des organismes gouvernementaux ou d'autres autorités administratives” (grecques).

Une agence... fiduciaire, notons-le, ainsi non-grecque, mise en place en 2016, depuis l’acte final de la mise-à-mort de la Grèce par la bande et la gauche des criminels et autres traîtres à la Tsípras et visiblement heureux de l’être, une structure enfin, en réalité illégale... si l’on considère autant que faire se peut la Constitution, théoriquement toujours en cours mais seulement théoriquement. Là encore, comme il vient d’être décrit pour une... condition collective humaine et européenne désormais analogue très actuelle, nous sommes face à un totalitarisme et autant “un gouvernement cynique et impavide, qui est clairement prêt - c’est sa grande différence avec tous ses prédécesseurs - à aller jusqu’aux pires extrémités pinochetistes.”

Estrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Black Mayday" sur son blog Greek Crisis

mercredi 21 novembre 2018

L’austérité infligée à la Grèce soulève la question des indemnisations

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Les dommages causés par l’austérité en Grèce soulèvent la question de la responsabilité des institutions européennes. Et d’une éventuelle indemnisation. 40 % des populations rurales sont aujourd’hui exposées au risque de pauvreté en Grèce.

« Le niveau des dommages pourrait augmenter la responsabilité de l’UE, mais le problème est d’identifier ceux qui ont été directement touchés par les mesures d’austérité et qui pourraient porter l’affaire devant les tribunaux », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’article 340 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne « stipule très clairement que les dommages causés par la faute des institutions européennes devraient être indemnisés ».

« Je sais que certaines personnes y pensent et on m’a demandé de donner des conseils sur cette possibilité », a-t-il ajouté.

Olivier de Schutter, qui a été rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation de 2008 à 2014, a commenté un rapport publié le 20 novembre, qui concluait que les mesures d’austérité prises pendant la crise grecque avaient conduit à une violation du droit à l’alimentation.

Il a noté que le droit à l’alimentation avait tout simplement été ignoré lorsque des mesures d’austérité avaient été conçues et appliquées en Grèce.

Violation du droit à l’alimentation

Les auteurs du rapport écrivent que la Grèce s’est retirée du programme de sauvetage de huit ans en août dernier, et qu’il est maintenant temps de discuter de ce que l’austérité a laissé derrière elle, en particulier en ce qui concerne la durabilité des zones rurales et le droit à l’alimentation.

Selon leur rapport « La démocratie n’est pas à vendre : Lutte pour la souveraineté alimentaire durant l’époque de l’austérité en Grèce », réalisé par l’Institut transnational, FIAN International et Agroecopolis, les plans de sauvetage ont porté un coup à l’économie rurale du pays.

Le rapport note que près de 40 % des habitants des zones rurales de Grèce sont exposés au risque de pauvreté, tandis que le chômage dans ces mêmes zones a bondi de 7 % en 2008 à 25 % en 2013.

De même, le revenu rural par habitant a diminué de 23,5 % au cours de la période 2008-2013.

En outre, l’insécurité alimentaire a doublé pendant la crise, passant de 7 % en 2008 à plus de 14 % en 2016, tandis que 40 % des enfants grecs souffrent de privations matérielles et sociales.

La situation s’est particulièrement détériorée entre 2010 et 2013, lorsque le prix des denrées alimentaires a augmenté alors que les revenus chutaient fortement. Les auteurs du rapport ont noté que les petits exploitants, en particulier, ont été énormément touchés par l’augmentation des cotisations sociales, de l’impôt foncier et sur les revenus ainsi que par l’augmentation de la TVA sur les produits agricoles.

Le rapport explique que le secteur agricole grec était déjà vulnérable avant la crise. Lorsque la Grèce a rejoint l’UE en 1981, elle était exportatrice nette de produits agricoles. Mais depuis lors, elle s’est débattue avec le déficit du commerce alimentaire et a commencé à dépendre des importations.

Commentant ces conclusions, Harry Konstantinidis, co-auteur du rapport de l’Université du Massachusetts, explique que le secteur agroalimentaire déjà vulnérable a été encore plus comprimé pendant la mise en œuvre des politiques d’austérité.

« Nous soulignons que le droit à l’alimentation en tant que droit de l’homme a été gravement compromis pendant la crise, le nombre de personnes en Grèce qui connaissent l’insécurité alimentaire étant passée, selon Eurostat, de 7,6 % de la population en 2009 à 13,2 % en 2017 », a-t-il rappelé.

« Nous cherchons à savoir quels acteurs doivent être tenus responsables de cet échec et nous cherchons à contribuer à un débat qui renforcerait la production alimentaire durable et l’accès à l’alimentation tant en Grèce qu’en Europe en général », a ajouté Harry Konstantinidis.

Sylvia Kay, politologue et co-auteure du rapport, a déclaré que plusieurs initiatives citoyennes avaient été prises pendant la crise et a souligné le rôle des différentes entités sociales qui ont fait preuve de solidarité envers les personnes dans le besoin.

Elle a également évoqué l’initiative « du producteur au consommateur », qui visait à raccourcir la chaîne d’approvisionnement alimentaire en supprimant les intermédiaires pour obtenir de meilleurs prix pour les consommateurs.

Selon Sylvia Kay, l’initiative était « une bouée de sauvetage » lancée aux personnes dans le besoin qui ont réussi à acheter de la nourriture 20-50 % moins chère que les prix au supermarché.

source : Euractiv, 21/11/2018

dimanche 18 novembre 2018

Disparition des départements au profit des seules régions

Le Laboratoire grec où l'Union européenne (avec blanc-seing des Etats dominants) a eu les mains libres, permet de voir en accéléré les finalités du programme de "réformes" qui se déroule en France plus lentement. Aujourd'hui la disparition des collectivités au plus près des habitants, communes et départements,

Le Concierge

Aux Monastères des Météores les moines offrent parfois les restes de leurs pâtes aux matous du coin. “Ces animaux utiles, ils nous sont ainsi donnés de Dieu”, voilà pour les explications. C’est Byzance et c’est l’Orthodoxie !

Antiquité tardive, “romanité”, architecture paléochrétienne et caractère gréco-oriental favorisant ainsi l'émergence de l'Empire byzantin. Orient ancien comme Orient chrétien, notre monde n’est pas tout à fait nouveau, sauf que nous avons tendance à l’oublier.

Scènes figurées de la chambre funéraire, comme pour cette tombe du Jugement dernier, du début du IIIe s. av. J.-C. mais presque alors de notre temps. Scènes aussi mythiques ou héroïques, comme pour le magnifique cratère de Dervéni, découvert en 1962 dans la tombe à ciste nommée B dans la nécropole homonyme, correspondant probablement à l'ancienne Lété, non loin de Thessalonique, conservé au musée archéologique de Thessalonique.

Nous les admirerons parfois autant que les élèves toutes ces pièces des musées, si possible contemplatifs, laissant derrière nous les insignifiances des marionnettes qui nous “gouvernent”. Sauf que ces insignifiances sont cependant mortelles.

Les élus locaux, toujours imperturbables, ils préparent leurs campagnes électorales au pays où les communes ont été regroupées de force durant les premiers mois de l’Occupation Troïkanne, avec, à la clé, la disparition des départements au profit des seules Régions. Avant la première reforme datant de 1997, le pays comptait près de 5.900 petites et grandes communes et seulement 1033, avant la réforme de 2010. Depuis, le dit prétendu pouvoir local s’exerce à travers 325 hyper-communes dont les maires traitent, et en réalité ils sont... traités directement par Bruxelles et par Berlin.

Les campagnes ainsi assassinées n’auront même plus leur mot de la fin. Antiquité actuelle très tardive mais sans épigraphes, reformes prétendument administratives. Européisme en somme, favorisant l'émergence de l'Empire techno féodal.

Ruines et vestiges anciens. Premier coup de froid de l’automne au pays de Zeus sous les feuilles de l’arrière-saison, et le blog qui passera alors l’hiver. Jugement dernier.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Jugement Dernier" sur son blog Greek Crisis

vendredi 16 novembre 2018

Sites antiques grecs à vendre...

Le palais de Cnossos, en Crète, à l'origine du mythique labyrinthe du Minotaure, et le tumulus du roi Philippe II de Macédoine, père d'Alexandre le Grand, situé à Vergina, dans le nord de la Grèce, partagent la même destinée: ils sont tous deux appelés à être vendus.

Et la liste des vestiges archéologiques répertoriés par le ministère des Finances, pour être transmise au Taiped (le fonds de privatisations), ne s'arrête pas à ces deux monuments historiques. On y trouve aussi la Tour blanche de Thessalonique, ancienne prison et haut lieu symbolique des Balkans, le site préhistorique de Santorin, les sites archéologiques de Sparte, de Salamine ou d'Éleusis ainsi que bon nombre de musées archéologiques, les forts des villes d'Arta, Patras, Trikala et même celui de l'île de Corfou, classé par l'Unesco.

À cet inventaire, on peut encore ajouter les musées byzantins de Thessalonique ou de Veria et même des forêts estampillées par les normes internationales Natura ou Ramsar. ...

Source : Le Figaro

mercredi 14 novembre 2018

La République en vrac

S’il y a bien une chose que nous apprend l’appel au blocage du 17 novembre, c’est que les fractures sociales évoquées depuis plus de 20 ans par les politiques de tous bords sont à présent bien consommées. La question n’est pas tant de savoir ce qu’il faut faire ce samedi-là que de découvrir ce que cela fait ressortir comme fantasmes et représentations sociales de part et d’autre, des failles à présent béantes qui ont atomisé notre tissu social et qui nous empêchent à présent totalement de faire société.

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(...)

Ce qui est frappant, ce sont les réactions à cette histoire et la profonde division de notre société qu’elles révèlent.

D’un côté, il y a ceux qui assument d’autant mieux l’augmentation du prix des carburants et le discours pseudo-écolo qui va avec qu’ils ne sont pas concernés. Parce que dès que l’on creuse un peu, on découvre que l’écrasante majorité des pourfendeurs du mouvement sont des urbains, c’est-à-dire des personnes qui ont plutôt intérêt à se passer de véhicule personnel, ce qui est d’autant plus aisé pour eux qu’ils bénéficient de l’intermodalité des transports en commun. Mais surtout, il devient assez vite évident que derrière les critiques d’un manque de conscience écologique ou d’une absence de sens des priorités dans les contestations, se cache un classisme assez peu reluisant qui consiste grossièrement à considérer comme complètement cons, primaires et risibles tous ceux qui ne partagent pas le même mode de vie, les mêmes idées, la même conception du monde : "Ceux qui ne sont pas comme moi sont juste de gros beaufs !"

De l’autre côté, on a la population des périphéries, ceux qui sont rejetés toujours plus loin des commodités et des boulots qualifiés par la spéculation immobilière et un ordre social de plus en plus inégalitaire et brutal, que l’on estime comme dispensables, surnuméraires, que l’on assigne aux jobs de larbins, de nouvelles domesticités au service du bienêtre et du confort des premiers de cordée.

Deux mondes qui ne se parlent plus, ne se voient plus, ne se comprennent plus et se détestent de plus en plus fermement. Deux mondes qui sont pourtant embarqués sur le même bateau qui coule, même si tout le monde n’a pas le cul qui trempe à la même vitesse.

Extrait de l'article d'Agnès Maillard paru sous ce titre sur son blog Le Monolecte

jeudi 8 novembre 2018

Le Mythe Schuman et les origines de l'Union européenne

Alors que le Président Macron lance sa campagne pour les élections européennes à destination des Castors ("l'Ue ou le fascisme"sur fond d'hommage au Maréchal Pétain, le "en même temps" pouvant mener directement à l'Ue Et le fascisme), nous republions cette note de lecture publiée par ATTAC-Bruxelles en 2012. (Le Concierge)

schuman-sculpture.gif illustration : Sculpture en hommage à Robert Schuman trônant devant le siège de la Commission européeene à Bruxelles, collections du Musée de l'Europe

D’où vient l’Europe communautaire ? Comment cette idée longtemps nébuleuse a-t-elle pu cheminer dans l’entre-deux-guerres jusqu’à se cristalliser au début des années 50 dans l’acte fondateur qu’est la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (la CECA)? La question pourrait paraître datée, à l’heure où l’Europe est engoncée dans une crise sans fin. Sauf que l’origine de la construction européenne dit beaucoup de la méthode de ses pionniers et de leurs idées, qui ont perduré bien au-delà de la défunte Haute Autorité du charbon. Adossée à la liturgie d’une Europe communautaire sortie en droite ligne des projets de la Résistance, l'historiographie classique passe naturellement sous silence tout ce que cette entreprise doit aux cercles intellectuels et politiques liés au régime de Vichy. Au nom de la Révolution nationale. En réalité, l'influence des idées corporatistes et personnalistes a complètement surdéterminé la genèse des premières institutions européennes. Ainsi, le projet d'une autorité supranationale chargée de gérer l'économie de marché «sans contrôle parlementaire» (comme le propose Schuman en mai 1950) hérite de ces conceptions. Sous quel commandement doit être placée l’économie ? Celui d’«un collège d'hommes indépendants» répondant à cet impératif propre à toute institution technique : «la compétence» détachée des «options politiques». Et puisque «ce sont des facteurs techniques qui commandent l'évolution de l'humanité», il faut donc, dans l'ordre international, «substituer les techniciens aux hommes politiques». Ces mêmes considérations, qui appellent les techniciens à assumer «les responsabilités du pouvoir», justifient la construction de l'Europe. Car «la Communauté européenne» propose une alternative, «une philosophie économique» qui ne serait «ni le socialisme ni le libéralisme ni le capitalisme» mais «quelque chose de nouveau» et de «totalement irréalisable dans un cadre national». Telle est bien l'ambiguïté qui relie cette «communauté économique» –instituée dans les années cinquante afin de donner à l'Europe les assises d'une «communauté plus large et plus profonde»– à cette autre «communauté », imaginée dans les années de guerre sous l'égide du Maréchal Pétain.

Extrait de l'article de Jean Flinker "Schuman dynamité !" à lire dans le n° d'Angles d'Attac de décembre 2012, bulletin à télécharger ici

NDE : ce texte de Jean Flinker résume notamment le livre d'Antonin Cohen, De Vichy à la Communauté européenne, PUF, 2012, auquel nous renvoyons, l'auteur ayant malencontreusement oublié de signaler ses très nombreux emprunts...

dimanche 4 novembre 2018

Une personne d’une importance sans équivalent dans la politique mondiale contemporaine

Les prisons rappellent la célèbre observation de Tolstoï sur les familles malheureuses : Chacune « est malheureuse à sa manière », bien qu’il y ait quelques traits communs – pour les prisons, la prise de conscience déprimante et accablante que quelqu’un d’autre a une autorité totale sur votre vie.

Mon épouse Valeria et moi venons de visiter une prison pour voir celui qui est sans doute le prisonnier politique le plus en vue de notre époque, une personne d’une importance sans équivalent dans la politique mondiale contemporaine.

En comparaison avec les prisons américaines que j’ai pu voir, la prison fédérale de Curitiba, au Brésil, n’est ni répugnante ni étouffante – mais la barre n’est pas placée bien haut. Rien de comparable avec les quelques-unes que j’ai visitées à l’étranger – Très loin de la chambre de torture israélienne de Khiam, dans le sud du Liban, qui a été réduite en poussière pour faire disparaître ce crime, et très loin des horreurs indicibles de la Villa Grimaldi, de Pinochet, où ceux qui survivaient aux séances de torture à répétition, finement conçues, étaient jetés à moisir dans une tour – un moyen de s’assurer que les premières expériences néolibérales, sous le regard des économistes les plus en vue de l’école de Chicago, ne soient pas perturbées par des voix discordantes.

Néanmoins, c’est une prison.

Le prisonnier auquel nous avons rendu visite, Luiz Inácio Lula da Silva – universellement connu sous le nom de « Lula » – a été condamné à la prison potentiellement à vie, à l’isolement, sans accès à la presse ou aux revues et avec des visites limitées un jour par semaine.

Le lendemain de notre visite, un juge, invoquant la liberté de la presse, a accédé à la demande du plus grand journal du pays, Folha de São Paulo, d’interviewer Lula, mais un autre juge est rapidement intervenu et a annulé cette décision, alors que les criminels les plus violents du pays – les chefs de milice et les trafiquants de drogue – sont régulièrement interviewés dans les prisons.

Pour l’appareil du pouvoir brésilien, il ne suffit pas que Lula soit en prison : ils veulent s’assurer que la population, à la veille des élections, n’entende pas parler de lui, et apparemment il est prêt à employer tous les moyens pour atteindre cet objectif.

Le juge qui a annulé la permission n’innovait pas. Il y a eu un précédent quand Antonio Gramsci a été condamné en 1926 par le gouvernement fasciste de Mussolini, le procureur a déclaré : « Nous devons empêcher son cerveau de fonctionner pendant 20 ans. »

« L’histoire ne se répète pas, mais elle rime souvent », comme l’a fait remarquer Mark Twain.

Lire la suite de l'article de Noam Chomsky traduite sur le site les crises

BOLSONARO, LULA : LA SITUATION AU BRÉSIL

merluchonbresil.PNG cliquer sur l'image pour voir la vidéo.

Il est à noter qu'en France le Procureur Molins a refusé le poste de Ministre de l'Intérieur...

Spéciale dédicace du Musée de l'Europe au "Parti des Castors"

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