Musée de l'Europe et de l'Afrique

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Quatrième nuit de Walpurgis

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samedi 22 avril 2017

"Nous savons que plus aucun changement politique significatif ne peut être introduit par les urnes"

Original File Name: 2017042129.jpg illus. Greek Crisis

Mon autre cousine Lemoniá, a démissionné de son travail... forcé, pour aider son fils dans la petite épicerie familiale. “Je travaillais dans un hôtel près des Météores. J’étais payée 500€ par mois pour six jours de travail par semaine et pour dix heures de travail par jour, d’ailleurs sans frais de déplacement. Mon fils travaillait dans un bar pour 20€ par nuit... et ce n’est pas une vie tout cela. Nous venons d’ouvrir cette petite épicerie car il faut faire quelque chose, il faut s’accrocher... lutter... survivre. Notre affaire peut nous faire vivre... comme elle peut ne pas durer trop longtemps. Mais alors sinon, que faire d’autre ? Le salariat, lorsqu’il existe encore, il devient synonyme d’esclavage dans ce pays, et encore, nous ne sommes pas à Athènes, nous avons notre potager, nos poules et nos lapins.”

Dans une déclaration publique récente, le député ANEL (parti de la majorité avec SYRIZA) Dimítris Kamménos, a soutenu la thèse suivante et alors... innovante: “Il est préférable de réduire la retraite du grand-père de 100€ par mois, et ces cent euros iront ainsi à l'État, plutôt que de lui laisser utiliser cette même somme... pour financer l'oisiveté de ses petits fils dans les cafés”. En plus, une taxe “spéciale café”, initiée en janvier 2017, a fait augmenter le prix du café (consommé en ville ou acheté chez l’épicier du coin) d’environ 30%, les Grecs ont certainement... apprécié ce goût du café amer et autant la déclaration du député

Certes, la funeste junte des Colonels est tombée en 1974, sauf que depuis un certain temps déjà (sous le régime de la Troïka), nombreux sont ceux en Grèce qui se prononcent “pour un retour à un régime de ce type”. Le coup de grâce porté à l’espoir qui consistait à attendre la solution par les urnes avait été l’œuvre du “gouvernement” SYRIZA/ANEL en 2015, notamment lorsque le ‘NON’ massif des Grecs aux mesures austéritaires européistes (référendum) avait été transformé en ‘OUI’ par les cyniques Tsiprosaures, seulement quelques jours après.

Toutes les enquêtes d’opinion en Grèce montrent que dorénavant, les Grecs restent largement indifférents, pour ne pas dire hostiles devant l’éventualité d’un nouveau scrutin, essentiellement il s’agirait de la tenue d’élections législatives anticipées. “Nous savons que plus aucun changement politique significatif ne peut être introduit par les urnes, en tout cas, à travers la conjoncture actuelle. C’est plutôt un autre type d’événement, avec probablement l’implication de l’armée qui pourrait peut-être désormais changer la donne en Grèce et rien d’autre”, opinion d’un auditeur, exprimée et diffusée en direct, durant l’émission du journaliste Lámbros Kalarrytis à la radio du Pirée 90,1 FM, jeudi 20 avril 2017 dans la soirée. Nouveau régime politique... et ainsi nouveau type anthropologique on dirait.

C’est sans doute pour se démarquer du risque Syriziste, que le candidat à l’élection présidentielle en France, Jean-Luc Mélenchon a récemment déclaré: “Moi je ne suis pas Alexis Tsipras. Moi, je ne m'enferme pas pendant 17 heures avec quelqu'un qui m'insulte! Je représente la France”.

Déclaration aussitôt très médiatise il faut dire en Grèce et pour cause, comme durant la soirée du jeudi 20 avril, où entre observateurs des faits su monde, nous avons analysé la dernière actualité de la campagne électorale française, en direct depuis le studio de la radio du Pirée 90,1 FM (à la veille de l’attaque terroriste sur les Champs Élysées).

Depuis surtout deux semaines, la tournure de cette campagne électorale française, intrigue autant le public grec. “Il va être surtout intéressant de voir la suite: Dans quelle mesure un éventuel vainqueur incarnant supposons l’antisystème (de gauche ou de droite), appliquera ou non, une politique réellement opposée à l’actuelle bancocratie financieriste mondiale, apparemment détentrice du seul vrai pouvoir... à tendance d’ailleurs totalitaire.” Et ce fut la question de la fin, ouvertement posée à micros ouverts par le journaliste Andréas Mazarakis, question restant évidemment (pour l’instant ?) sans réponse.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Pliure anthropologique" sur son blog Greek Crisis

dimanche 16 avril 2017

L'Italie accepte des coupes budgétaires d'urgence pour satisfaire Bruxelles

L’Italie a approuvé hier – 11 avril – des coupes budgétaires d’urgence afin de respecter ses engagements budgétaires envers l’UE. Le ministre de l’Économie, Pier Carlo Padoan, a annoncé un programme de ventes d’actifs appartenant à l’État ; il s’agit essentiellement de participations dans des entreprises publiques.

Prévues pour cette année, les cessions sont estimées à une valeur totale de 5 milliards d’euros (le plan pourrait à terme apporter 20 milliards d’euros aux caisses de l’État). Rome souhaite ainsi répondre aux exigences de la Commission européenne. En 2016, l’Italie a rempli moins de 20 % de son objectif de privatisation, la proportion devrait être du même ordre cette année. La dette publique italienne (133 % du PIB), deuxième de la zone euro derrière celle de la Grèce, préoccupe beaucoup à Bruxelles, à Francfort (siège de la BCE) et dans les milieux financiers.

Les entreprises publiques concernées par les ventes d’actifs seraient : le groupe postal Poste Italiane, le géant des services aux collectivités Enel, le réseau ferroviaire, dont la privatisation partielle était prévue. L’État pourrait également céder des participations dans le groupe pétrolier et gazier Eni et dans le groupe de défense Leonardo.

Lire la suite sur le site de Ruptures

vendredi 31 mars 2017

L'Europe, c'est la paix...

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Cette semaine (à part ce neuvième épisode à l’Eurogroupe), toute la presse grecque (et parfois même francophone) relate la dernière provocation... culturaliste de Jeroen Dijsselbloem. “À en croire Jeroen Dijsselbloem, les pays du sud de l’Europe ‘dépensent tout leur argent en alcool et en femmes’, et demandent ensuite l’aide de leurs besogneux voisins du Nord. Une déclaration qui suscite une vive indignation dans les pays visés.”, remarque le Courrier International, et en Grèce, ce discours (soulignons-le, ouvertement partagé par Schäuble car il vient de réitérer son soutien à son valet Jeroen), vient de provoquer une colère de plus au pays où l’européisme ne passe alors plus du tout.

Outre les insultes proférées ici ou là (et encore à travers les médias - inutile de les reproduire ici), c’est sur la zone matinale de la radio 90,1FM, que le journaliste Yórgos Trangas a durant toute cette semaine, appelé à boycotter massivement... toutes les bières, tous les fromages et plus généralement tous les produits néerlandais: “Boycottez Amstel, boycottez Heineken, le fromage Gouda... KLM, faites-les souffrir, faisons en sorte pour que leurs entreprises finissent par quitter notre pays” (cité de mémoire), voilà pour l’ambiance réellement existante, loin, très loin des tromperies des commémorations du Traité de Rome.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Fête Nationale" sur son blog GreekCrisis

Pour rappel :

La Chine dénonce les propos du commissaire européen Oettinger sur "les bridés" (RTBF, 2/11/2016)

La Chine a dénoncé ce mercredi le "sentiment de supériorité" du commissaire européen à l'Economie numérique Günther Oettinger, qui a utilisé dans un discours le terme péjoratif de "bridés" pour décrire les Chinois.

Le responsable politique allemand avait été secrètement enregistré lors d'une réunion de chefs d'entreprises à Hambourg (nord de l'Allemagne) la semaine dernière. Il racontait avoir reçu des ministres chinois, tous "peignés de gauche à droite avec du cirage noir".

L'auteur de l'enregistrement, diffusé vendredi sur YouTube et repris samedi par le site du magazine allemand Der Spiegel, déclare avoir commencé à filmer après que Günther Oettinger eut utilisé des termes comme "les yeux bridés" ou les "escrocs" à propos des Chinois.

"Un effarant sentiment de supériorité"

"Les remarques en question démontrent un effarant sentiment de supériorité enraciné chez certains dirigeants politiques occidentaux", a déclaré mercredi Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'un point presse régulier. "Nous espérons qu'ils puissent apprendre à avoir une vision objective d'eux-mêmes et des autres et à respecter et traiter les autres sur un pied d'égalité."

Interrogé par le journal allemand Die Welt, Günther Oettinger avait assuré samedi qu'il "s'agissait d'une expression familière qui ne se voulait en aucun cas un manque de respect vis-à-vis de la Chine".

Oettinger n'en est pas à son premier dérapage. En 2014, il avait traité la France de "pays déficitaire récidiviste", ce à quoi le PS français avait appelé à sa démission du poste de commissaire européen.

Plus récemment, dans le contexte des négociations sur le CETA, l'Allemand a affirmé que "la Wallonie est une micro-région gérée par des communistes qui bloque toute l'Europe", ajoutant "ce n'est pas acceptable". Des propos que le ministre-président wallon Paul Magnette (PS) avait qualifié de "mépris total"

lundi 20 mars 2017

"Tout gouvernement sain d'esprit, saurait pourtant transformer cette menace en initiative propre, afin de quitter ce monstre pétrifié que vous appelez l'Union européenne"

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En attendant, et même si certains se baladent encore, Peter Koening (économiste et analyste géopolitique) vient d’adresser son accablante et émouvante “Lettre ouverte au peuple de Grèce: Vous êtes abattus sous les yeux du monde entier” (en anglais sur le site canadien d’analyse “Global Research”).

L’auteur, dénonce entre autres et à très juste titre, les “socialistes caviar de SYRIZA pour avoir laissé leur pays saigner à mort littéralement, moralement, socialement et psychologiquement.

"(...) Prenez votre situation en vos mains. Ne croyez pas vos politiciens, ni vos médias ! Quittez cette organisation criminelle appelée Union européenne, de même que ce système monétaire criminel de l’Occident, et qui vous étrangle jusqu’à la mort. Récupérez votre souveraineté, votre monnaie. Cessez de payer la dette, et le système occidental ne pourra rien faire contre votre décision. Et il ne pourra rien faire, parce que vous ferez tourner votre pays via vos propres banques publiques et votre monnaie, en y allant progressivement mais sûrement, en reconstruisant toute une économie dévastée. Le paiement de la dette est d’ailleurs négociable. Les exemples abondent dans ce monde. L'Argentine en est un, et d’ailleurs récent. Même l'Allemagne avait renégocié sa dette internationale en 1952 lors des Accords de Londres sur la dette extérieure allemande”.

“Ô peuple de Grèce, réveille-toi devant l’évidence. N’acceptez pas ce que le gouvernement, Bruxelles et la Troïka vous imposent, à vous, comme à votre pays. Exigez le Grexit en suite fort logique et légale à votre vote triomphant du ‘NON’ à tout nouveau ‘plans de sauvetage’ passant par l'austérité imposée par la Troïka. Si vous le faites, vous verrez rapidement la lumière au bout du tunnel - une lumière ayant a été trop longtemps dissimulée par l'Allemagne, par ces gangsters de la Troïka et par votre propre gouvernement”.

“Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, essaye toujours de duper les Grecs, et d'impressionner le reste du monde, en menaçant de la Grèce de sortie de la zone euro. Tout gouvernement sain d'esprit, saurait pourtant transformer cette menace en initiative propre, afin de quitter ce monstre pétrifié que vous appelez l'Union européenne, ainsi que sa fausse et illusoire monnaie commune nommée euro. Sauf qu’en Grèce, c’est la morbidité qui y règne, et c’est tout le problème. Ainsi, à la morbidité de la Troïka, le gouvernement grec répond par sa propre et totale servitude morbide, en se conformant entièrement à la destruction de millions de compatriotes dépossédés et réduits en esclavage”.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Ni piéton ni phoque sur son blog Greekcrisis

La Grèce, la « loi travail », l’eurofascisme et la « gauche » de la « gauche »

Suite à des dénonciations sur FB auxquelles le Concierge ne peut répondre même poliment car aussitôt bloqué, nous republions cet article datant du 10 juin 2016 qui résume nos positions et nos inquiétudes.

Bonus : La lutte contre le fascisme s'intensifie sur FB...

Jean-Loup Amselle Il faudrait également prendre en compte le personnage louche de Bruno Drwesky dont Garnier est proche. J’aime · Répondre · 2 · 1 h

Isidore Abraham Ducasse Par contre je crois que Garnier est tout seul dans son délire "anarchiste parmi les stalino thoreziens". Ils sont surtout ridicules ! J’aime · Répondre · 1 · 1 h

Valérie de Saint-Do Ben, je connaissais Benoît Eugène, ex ds éditions Agone, qui tombe dans le même délire. J’aime · Répondre · 1 · 1 h

Jean-Loup Amselle Valérie de Saint-Do Vous pouvez m'en dire plus sur lui. Je n'en ai jamais entendu parler. Je poursuivrai cette discussion avec vous sur Messenger. J’aime · Répondre · 53 min

La Grèce, la « loi travail », l’eurofascisme et la « gauche » de la « gauche »

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Manuel Valls a déclaré sur BFM-TV, le 26 mai 2016 : "Je ne minimise ni les difficultés pour notre entrepr... heu notre pays ni le comportement irresponsable de la CGT... "

"Pour que chacun le comprenne, reconnaissons-le, c’est beaucoup trop long. Je me faisais la remarque pour que vos auditeurs et vos téléspectateurs comprennent bien. En Grèce, le gouvernement Tsipras, un gouvernement de gauche, avec d’abord une grève générale, mène des réformes courageuses, ces réformes ont été adoptées en quelques heures : 1500 pages (7500 pages en anglais pour être précis, NDE), sans amendements par le Parlement. Parce que parfois il faut aller vite dans la réforme. Nous ce texte a dû être adopté au Conseil des Ministres au début de l’année, il va être adopté définitivement au mois de juillet parce qu’il y a plusieurs lectures, à l’Assemblée et au Sénat, c’est notre constitution. Donc le texte va revenir seulement à l’Assemblée Nationale au début de juillet..." (Bourdin Direct, RMC, 26 mai 2016).

Quelques jours plus tard, en visite à Athènes, capitale d’un pays d’Europe du Sud colonisé par l’UE et les multinationales, le triste Sire poursuivait ses aveux en rendant hommage au Premier Ministre grec Alexis Tsipras « qui a su prendre des décisions de réformes courageuses et difficiles et qui a su convaincre le Parlement grec de les adopter » (L'Obs, 3 juin 2016), . L’allusion était transparente au fait que Manuel Valls avait dû recourir au 49.3 pour espérer voir adoptée la « réforme courageuse » que constitue « la loi travail ».

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« Plaisir spinoziste de la vérité qui se révèle »

Selon la presse, le seul reproche adressé au Premier Ministre fut de se rendre au soleil quand la Région parisienne était sous la pluie se dont il de défendit vaillamment : « Oui, il y a les inondations mais personne ne pourra me reprocher d'être en Grèce, confie le Premier ministre. Je suis en Europe, à 3 heures de Paris, et la situation est gérée par François Hollande, donc tout va bien » (RTL, 3/06/2016).

Et pourtant.

Les déclarations de Manuel Valls sonnent comme les dernières prémices d’un Coup d’État et en disent long sur la métamorphose qui affecte les partis dominants de la classe politique française, nous rappelant ces politiciens factieux des années 30 convertis en leur for intérieur au fascisme et préparant activement son avènement.

Ces aveux sont de ceux qui résonnent au Tribunal de l’Histoire.

Car d’une part, Valls souhaite ouvertement la fin du Parlementarisme en se félicitant implicitement des progrès accomplis en Grèce sur cette voie.

Et d’autre part, Valls avoue que la « loi travail » s’inscrit dans le même type de « réformes courageuses » qui ont tout à voir avec la destruction totale du droit et de la sécurité sociale que connaît la Grèce livrée à l’occupation de l’Union européenne. Réduite à un protectorat de l’UE désormais dépourvu de toute souveraineté, cette Grèce citée en exemple prometteur est martyre d’un sociocide accompli avec la complicité totale dudit Valls, de Hollande, du Parti socialiste et du Parlement français, dont les responsabilités criminelles sont engagées.

En vendant la mèche, Valls rend un fier service à tous ceux et toutes celles qui, depuis au moins 2005, alertent inlassablement contre la marche forcée à l’eurofascisme qui s’est accélérée avec le parachèvement de la main-mise totale des banques et des multinationales sur une UE dont elles sont les principales architectes.

Puisse cette compréhension de ce qui se joue historiquement se répandre suffisamment vite par le travail militant.

Car la France en lutte contre la « loi travail » ne le sait pas clairement, mais elle est en lutte contre l’eurofascisme et, comme le laboratoire grec l’indique, il est minuit moins le quart.

Lire la suite...

samedi 18 mars 2017

François Asselineau : le véritable insoumis ?

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Par Jean-Pierre Garnier

(...)

Cependant, la question que devraient finalement se poser dans l’immédiat tous ceux qui se réclament de l’émancipation collective n’est pas là. Elle est de savoir si la réalisation de cet idéal dont le come back dans leurs discours pourrait paraître surprenant vu l’abandon de toute perspective révolutionnaire de leur part, est compatible avec le maintien de la France, pour s’en tenir à notre pays, dans l’euro, l’Union européenne et de l’OTAN. Répondre par l’affirmative est, disons-le sans crainte, une absurdité puisque, ainsi que l’a montré l’interminable succession d’«alternances» politiciennes sans alternative politique, ces institutions ont précisément été conçues pour verrouiller toute tentative d’échapper à la sujétion capitaliste.

Certes, F. Asselineau n’évoque à un aucun moment la possibilité ni même l’éventualité d’un débouché socialiste à cette triple sortie. Son « ni droite ni gauche » de même que sa référence répétée à la diversité des sensibilités politiques des adhérents ou des sympathisants de ce parti, qui vont du nationalisme républicain le plus traditionnel à l’étatisme anticapitaliste le plus affirmé, laisse la porte ouverte à toutes les issues politiques si l’on excepte l’anarchisme, encore que des débordements dans ce sens ne soient pas non plus à exclure. Celle qui prévaudra ne pourra être que la résultante des contradictions, des conflits et des luttes tant internes qu’extérieures que ne manqueront pas d’engendrer en tout cas la situation inédite ainsi créée. Mais au moins le gros travail aura été fait pour extraire le pays de ce qui empêche la majorité de ses citoyens de décider de leur sort, c’est-à-dire de se redéfinir comme peuple, au lieu de demeurer des sujets.

En attendant, les mesures gouvernementales énoncées par F. Asselineau au cas où, par miracle, il disposerait d’une majorité, pour les faire voter, devraient faire réfléchir les petits malins qui en ont visiblement perdu l’habitude. Restauration des services publics dans leur plénitude, renationalisation des réseaux indispensables à la vie quotidienne et interdiction de nouvelles privatisations, rampantes ou non, des services publics, renforcement droit du travail au profit des travailleurs et annulation des réformes qui l’ont affaibli, rétablissement du contrôle des mouvements de capitaux, éviction des féodalités financières qui orientent la politique économique, et, sur le plan international, fin de la Françafrique et politique étrangère de non alignement. On a quand même vu des programmes plus à droite !

Lire l'intégralité de l'article de Jean-Pierre Garnier paru sous le titre "le véritable insoumis" sur le site de la librairie Tropiques.

samedi 11 mars 2017

La population grecque officiellement privée de droits fondamentaux par l'Union européenne

Paupérisation rapide de la population, disparition forcée de la classe moyenne, “ambiance psychiatrique régnante” (radio 90.1 Fm, le 10 mars, zone matinale) et d’abord, régime d’exception, telle est la réalité grecque.

La Grèce à été, rappelons-le, volontairement placée (et cela au moyen d’un Putsch devenu permanent) en dehors du cadre des droits fondamentaux (supposés valables dans l’Union européiste). Cette triste vérité, difficilement dissimulable désormais, est de ce fait remarquée par certains journalistes de la presse internationale (même largement mainstream), à l’instar de “La Tribune”:

“Le 1er décembre, deux députés socialistes, la Portugaise Maria Joao Rodrigues, vice-présidente du groupe, et sa consœur allemande Jutta Steinruck, coordinatrice pour les questions d'emploi, écrivent à Jean-Claude Juncker pour déplorer que ‘la Grèce a été forcée par les memoranda de décentraliser la négociation collective, ce qui a entraîné l'effondrement du système de négociation collective’. Des mesures qui expliqueraient des baisses de salaires pouvant atteindre 40 %”.

“Les deux élues somment le président de la Commission de faire respecter en Grèce la Charte des droits fondamentaux, dont le président Juncker se dit par ailleurs un ardent supporter, et qui stipule en son article 28 le droit à la négociation collective. ‘Le système actuel n'est pas conforme à la Charte des droits fondamentaux, ni avec les conventions de l'Organisation internationale du travail. Il faut restaurer l'exercice collectif de la négociation collective’, écrivent les élues dans ce courrier vu par La Tribune.”

“La réponse, envoyée une semaine plus tard par le président de la Commission, et dont la teneur a été également vue, a de quoi susciter un certain émoi. S'appuyant sur un arrêt de la Cour européenne de Luxembourg, le président répond que les Memorandum of Understanding (MoU) -en clair, les conditions posées par les créanciers pour accorder leur soutien-, sont des actes du Mécanisme européen de stabilité ‘qui tombent en dehors de l'ordre légal de l'Union européenne’. En mettant en œuvre le MoU, la Grèce ne met pas en œuvre la loi européenne et ‘par conséquent, la Charte des droits fondamentaux ne s'applique pas en tant que telle aux mesures grecques’”.

“En d'autres termes : la Charte laborieusement entrée en vigueur en 2009 ne s'applique plus dans la Grèce de 2017... De quoi, pour le moins, susciter l'émoi des citoyens ordinaires qui se croyaient protégés par la Charte et dont ils pensaient qu'elle serait une sorte de parapluie de droits universels.” (Blog de Florence Autret, le 2 mars 2017).

La conséquence logique et cependant irrationnelle des “Memorandum of Understanding” (MoU) passablement illégaux, conduit très précisément au... cannibalisme prononcé des rapports économiques, sociaux et symboliques entre les êtres supposés finalement humains. Déjà en Grèce, de bien nombreux employés du secteur privé, sont payés en coupons alimentaires au lieu et place de salaire, une pratique illégale. Ensuite, une loi relativement récente, oblige les employeurs à verser chaque mois sur le compte bancaire de leurs employés, la somme alors... très exacte, correspondant au montant précis de leur salaire en conformité avec les contrats et conventions signés.

Et ce n’est pas un truisme que de l’exprimer ainsi. Pour ne pas trop surprendre les amis et lecteurs du blog, disons plutôt... heureux habitants des pays encore moins marqués par le dernier capitalisme réellement existant, je dois préciser ceci: de nombreux employeurs ne versaient souvent et jusqu’alors, qu’une partie du salaire légal, après avoir conclu avec leurs salariés, un “accord” implicite et oral, introduisant une baisse ainsi illégale des rémunérations, sous la menace verbale et parfois même physique exercées sur les employés.

Depuis cette nouvelle loi, la... pratique a évolué, franchissant un cran essentiel quant à la prolifération des pratiques alors ouvertement mafieuses. On apprend ainsi en ce mars 2017, que... sitôt les salaires versés dans certaines entreprises, des gros bras “accompagnent” les employés devant les guichets automatiques à proximité de leurs lieux de travail, les obligeant à retirer de leurs comptes cette part des salaires... “devant revenir” aux patrons. Sous la menace d’être tabassés, et/ou licenciés.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Nouveau Monde" sur son blog Greekcrisis

lundi 6 mars 2017

Contre-Réforme et inquisition néolibérale en Grèce

chutedesanges.jpg illus. : Les "Institution" (ex-troïka) réforment un petit état (social) méditerranéen

Aujourd’hui, la Grèce se trouve dans une triple impasse. La première est économique : depuis 2009, elle a connu plus de dix plans de rigueur assortis de coupes budgétaires, de mesures de démantèlement du droit du travail, de centaines de réformes dites structurelles (notamment lors de l’imposition à ses gouvernements des trois mémorandums de 2010, 2012 et 2015), des baisses de salaires et de pensions ainsi que des dizaines de hausses ou créations d’impôts. Car depuis sept ans, la Grèce s’est vu imposer par l’UE et le FMI un véritable délire fiscal dont la dernière manifestation consiste à taxer les contribuables sur la différence entre la montant minimal que, eu égard à leurs revenus, ils « doivent » avoir réglé par carte bancaire et le montant dont ils peuvent justifier qu’ils l’ont dépensé, si le second est inférieur au premier – mesure destinée, en réalité, à réduire la circulation d’argent liquide et à faire passer toutes les transactions par les banques.

Cette politique déflationniste, d’une violence inconnue en Europe depuis les années 1930 (où elle a amené Hitler au pouvoir en Allemagne), a étouffé la consommation intérieure, provoqué des milliers de faillites et l’évaporation d’au moins le quart (sans doute autour du tiers, nonobstant les habillages statistiques) de la richesse nationale. Elle a fait plonger le tiers de la population sous le seuil de pauvreté et gravement précarisé un autre tiers désormais lui aussi menacé de basculer ; elle a en grande partie liquidé les classes moyennes – fondement sociologique de la démocratie – et creusé les inégalités dans un pays qui était déjà, avant 2009, l’un des plus inégalitaires d’Europe.

Cette politique a mis les salariés dans l’entière dépendance d’employeurs qui payent les salaires de plus en plus irrégulièrement – quand ils peuvent ou quand ils veulent. Elle a jeté plus du quart de la population active (sans doute autour du tiers, nonobstant les habillages statistiques), et plus de la moitié des jeunes, dans le chômage dont l’indemnisation est quasiment inexistante. Elle a liquidé l’État social qui, du fait des circonstances particulières à la Grèce après 1945 (guerre civile, régimes autoritaire puis dictatorial sous protection américaine), ne fut construit qu’après 1974 et était déjà l’un des moins généreux d’Europe.

Cette politique déflationniste, motivée par la résorption de la dette, a également provoqué l’explosion de celle-ci – de 120 % à 180 % du PIB. Pire, elle menace la vie de nombreux Grecs. La fermeture d’hôpitaux publics, de blocs opératoires, de lits met les établissements qui demeurent hors d’état de remplir leur mission, la réduction des dotations conduisant certains à ne plus pouvoir fournir les médicaments aux malades, à assurer l’hygiène élémentaire, la blanchisserie ou la restauration. Des patients cancéreux ont parfois été renvoyés chez eux sans avoir pu recevoir une chimiothérapie programmée à l’avance. Des laboratoires pharmaceutiques occidentaux ont suspendu leurs livraisons faute d’être assurés de la solvabilité de leurs clients grecs.

Dans les îles, la hausse des tarifs des transports maritimes conduit de plus en plus les malades à différer le voyage jusqu’à un hôpital fonctionnant encore à peu près, si bien que nombre de pathologies sont prises en charge trop tard pour être efficacement soignées. Et un tiers des Grecs n’a plus, de toute façon, ni couverture sociale ni moyen de payer les soins. En 2014 déjà, le docteur Vichas, fondateur d’un des premiers dispensaires solidaires (celui d’Ellenikon dans la banlieue d’Athènes) qui se sont créés afin de pallier le défaut d’accès aux soins pour un nombre toujours croissant de Grecs, dénonçait par exemple les diabètes qui, en raison d’un défaut de traitement, entraînent de nouveau cécités ou amputations. L’état des hôpitaux psychiatriques est alarmant, les handicapés ont souvent été réduits à la précarité par la baisse de leurs allocations, les programmes de prévention ou d’accompagnement des toxicomanes ont été liquidés, ou peu s’en faut, le taux de contamination par le VIH a augmenté de manière inquiétante, en même temps que diminuait le taux de vaccination des enfants.

L’insécurité énergétique ne cesse de croître – en milieu urbain, la plupart des immeubles collectifs, quand ils sont encore chauffés en hiver, ne le sont plus – au mieux – que deux heures le matin et deux autres le soir, l’augmentation des prix de l’électricité rend pour beaucoup impossible l’utilisation d’un chauffage d’appoint, et les installations de fortune utilisant le bois ajoutent la pollution aux risques d’incendie. L’insécurité alimentaire progresse elle aussi, notamment chez les retraités mais, à maints endroits, des enseignants ont aussi dû mettre en place des systèmes de solidarité destinés à ceux de leurs élèves qui ne peuvent plus faire trois repas par jour…

Alors que, avant la crise, la Grèce figurait déjà parmi les pays européens où l’investissement public dans l’éducation était le plus faible, les coupes budgétaires imposées par les créanciers ont entraîné la fermeture ou la privatisation d’une importante partie de l’enseignement supérieur – grave hypothèque sur l’avenir. Mais elles altèrent aussi le fonctionnement des niveaux primaire et secondaire. « Entre 2009 et aujourd’hui, le budget a diminué de 70 %. Nous n’avons même pas de quoi acheter les craies. Nous avons dû organiser une collecte sur la place centrale de la ville pour nous procurer les fournitures scolaires », déclare au journal suisse Le Temps le directeur d’une école d’Éleusis, centre industriel à l’ouest d’Athènes dévasté par les politiques appliquées depuis 2010. De surcroît, le chômage de masse conduit à l’exode nombre des plus diplômés, dont le contribuable grec a payé la formation et dont la compétence va profiter aux États-Unis, au Canada, à l’Australie ou aux pays d’Europe occidentale vers lesquels s’exilent ces populations qui estiment ne plus avoir d’avenir en Grèce. Parmi les conséquences multiples de ces politiques, il faut également citer les transferts de propriété. C’est le cas pour le patrimoine public et les infrastructures bradés à des prix sans rapport avec leur valeur réelle à des intérêts étrangers, allemands au premier chef, mais aussi français, italiens, chinois… C’est aussi le cas des propriétés privées, soit par le biais des lois imposées par les créanciers qui élargissent les conditions de saisie des biens immobiliers par les banques, soit que beaucoup de propriétaires ne pouvant plus faire face à l’accroissement indéfini de la charge fiscale, du fait de l’épuisement de leur épargne après sept ans de déflation, cherchent à se débarrasser de biens dont la valeur diminue à mesure que l’offre augmente. Dans tous les cas, ces transferts de propriété s’apparentent à un processus de spoliation des Grecs et de la nation dans son ensemble – une spoliation sur laquelle tout gouvernement soucieux de l’intérêt national devra revenir.

Enfin, de même que ces politiques justifiées par une dette excessive ont fait exploser celle-ci, le délire fiscal censé remédier à un rendement insuffisant de l’impôt n’a fait qu’encourager le développement de l’économie informelle. Lorsque les salaires ne suffisent plus pour vivre décemment, lorsque la survie des entreprises est menacée par un excès de taxes, lorsque l’État, déjà historiquement peu légitime en Grèce parce que, trop souvent, il s’est fait, comme aujourd’hui, le docile instrument d’un étranger dominant, est mis, par les politiques européennes, hors d’état de rendre les services qu’on attend de lui et pour lesquels on paye l’impôt, lorsque les politiques en question frappent les faibles et épargnent toujours les forts, il ne faut pas s’étonner que la société se défende avec les armes qui sont à sa disposition.

Avec une consommation intérieure asphyxiée et un euro qui continue à étouffer la production, l’économie grecque n’a pas la moindre chance de rebondir. Constamment démenties depuis sept ans, les prévisions de reprise de l’UE, de l’OCDE ou du FMI pour 2017 sont évidemment insincères et motivées, comme les politiques imposées à la Grèce, par la seule idéologie qui les sous-tend. L’insignifiante « croissance » de 2016 (autour de 0,4 %) n’indique qu’une stabilisation provisoire sur un niveau très bas, due essentiellement à la baisse du taux de change de l’euro (qui reste néanmoins dramatiquement surévalué pour les structures de l’économie grecque), à celle des prix de l’énergie et à la situation géopolitique qui, de l’Égypte à la Turquie ou à la Tunisie, a permis au tourisme grec de tirer son épingle du jeu. Pour autant, hors phénomènes conjoncturels, dans un environnement de pays à monnaies faibles, ce tourisme reste lui aussi gravement handicapé par l’euro, tandis que le développement du « modèle » all inclusive irrigue de moins en moins l’économie locale, à la fois parce que les infrastructures appartiennent souvent à des sociétés non grecques qui ne réinvestissent pas sur place leurs bénéfices, et parce que les salaires, dans l’hôtellerie, ne permettent plus de vivre décemment – quand ils sont encore payés régulièrement.

Lire la suite de l'interview d'Olivier Delorme parue sous le titre Vers le Grexit ? 1/3 - Grèce : l'impasse économique sur le blog L'Arène nue

mardi 14 février 2017

Pilleurs des tombes des démocraties occidentales

Ces... Macronymies d’un futur orwellien ne sont guère lointaines, dans l’éventualité désastreuse bien évidemment où nous les laisserions s’accomplir comme elles l’entendent, sans que nous réagissions. Sur le site du Forum Économique Mondial, Ida Auken, femme politique au Danemark et... cousine (autant politique) clonée d’Emmanuel Macron (comme de “notre” Tsipras “Newborn”), signe un article qui ne laisse aucun doute quant aux intentions réelles de la caste dominante:

“Bienvenue dans l'année 2030. Bienvenue dans ma ville - ou devrais-je dire, ‘notre ville’. Je ne possède rien. Je ne possède pas de voiture. Je ne possède pas de maison. Je ne possède pas d’appareils ou de vêtements. Ce qui peut vous sembler étrange est cependant parfaitement logique pour nous dans cette ville. Tout ce que vous considérez comme un produit, devient désormais un service. Nous avons accès aux transports, à l'hébergement, à la nourriture et à toutes ces choses dont nous avons besoin dans notre vie quotidienne (...)”

“Et d’abord, la communication numérique est gratuite pour tout le monde. Puis, à partir du moment où l'énergie propre est devenue accessible à tous, les choses ont commencé à bouger rapidement. Le prix des transports a chuté de manière spectaculaire. Il n'a pas plus de sens pour nous de posséder une voiture, parce que nous pouvons appeler un véhicule sans conducteur ou une voiture volante pour nos longs trajets à tout instant. (...) Dans notre ville, nous ne payons pas de loyer, parce que quelqu'un d'autre utilise notre espace libre chaque fois que nous n’en avons pas besoin. Mon salon est utilisé pour des réunions d'affaires aux moments où je suis absente”.

“Une fois de temps à autre, je vais préférer cuisiner pour moi-même. C’est facile - le matériel de cuisine nécessaire est livré à ma porte en quelques minutes. (...) Lorsque les produits sont transformés en services, personne n'a d’intérêt pour que les choses aient une durée de vie courte. Tout est conçu pour la durabilité, la réparabilité et la recyclabilité. (...) Et c’est la mort du shopping”.

“Shopping ? Je ne me souviens alors plus vraiment ce que ce terme signifie. (...) Car à partir du moment où les robots accomplissent une bonne partie de notre travail, nous avons soudainement le temps de bien manger, bien dormir, tout comme de retrouver d'autres personnes. Le concept de l'heure de pointe n’a plus de sens, puisque le travail que nous faisons se réalise alors à tout moment. (...) Certes, de temps en temps je me sens ennuyée du fait de ne pas avoir vraiment de vie privée. Je ne peux rien faire sans être enregistrée. Je sais que quelque part, tout ce que je fais, tout ce que je pense et tout ce dont je rêve, est enregistré en totalité. J'espère simplement que personne n’ira utiliser ces enregistrements (ces données) contre moi”, (Ida Auken, “Welcome to 2030. I own nothing, have no privacy, and life has never been better”, World Economic Forum's Annual Meeting 2017).

Ida Auken appartient en réalité à cette caste des VRP du projet orwellien en gestation. Une fois le dessein accompli, tous ces politiciens auront achevé leur mission de mercenaire et alors ils disparaîtront tout simplement. C’est en ce sens seulement que ces gens, à l’instar d’Emmanuel Macron, d’Alexis Tsipras, de Kyriákos Mitsotakis (droite grecque), “agissent” encore. Ils incarnent les ultimes pilleurs des tombes des démocraties occidentales, “parlements” compris.

Dans le même (nouvel) ordre d’idées, on retrouve le prétendu revenu universel d’existence (forcement en monnaie virtuelle entièrement contrôlée par l’hyperclasse), la disparition de l’argent liquide, la dépossession imposée (en cours déjà en Grèce) à la classe moyenne de tous ses biens immobiliers et autres. En Grèce, on annonce pour 2018 une loi fiscale très... innovante. Toute personne physique signalera obligatoirement dans une liste, l’ensemble de biens dont elle possède, immobiliers, mobiles, argent liquide, pièces d’or, bijoux, œuvres d’art, un peu... à la manière des listes exigées des Juifs par les Allemands dans les années 1940. La suite est connue.

Lire l'article de PANAGIOTIS GRIGORIOU paru sous le titre Macronymies orwelliennes sur son blog GREEKCRISIS

samedi 7 janvier 2017

Le Temps des cyclopes

L’année 2017 est arrivée... exactement comme 2016 n’a pas laissé un souvenir suffisamment remarquable. Le pompiste du coin a réajusté ses prix, suite aux nouvelles mesures, à savoir l’augmentation des taxes frappant les carburants à la pompe: près de 12 centimes de plus pour le GPL et le diesel (0,80 €/L et 1,25 €/L respectivement), un peu moins pour l’essence SP (1,55 €/L).

Dans le... même breuvage, le prix du café acheté ou servi a augmenté en moyenne de 15%, celui des cigarettes... de 5O centimes à un euro le paquet, une taxe... inaugurale frappe désormais également la cigarette électronique. Enfin, une taxe de 6% accroît de la même manière l’ensemble des factures de téléphonie et internet fixe en Grèce, tout cela, à partir de ce 1er janvier 2017. Bonne... année donc, toute la presse en parle. Temps... sans cesse nouveau !

Ces derniers jours, le premier des Tsiprosaures au rire comme on sait acosmique, se fait alors huer, aussi parce que certaines des retraites subsistantes des handicapés, subiront de coupes sobres à hauteur de 50%, (presse grecque du 6 janvier). Sans évoquer ce décret publié la veille de Noel et passé initialement inaperçu, par cette... décision, le montant minimum garanti des retraites (fixé à 486 €/mois) vient ainsi d’être supprimé, ouvrant la voie au grand rêve ordo-libéral, à savoir, transformer les retraites en mini-allocations et encore (presse grecque du 3 janvier). SYRIZA... gauche radicale.

Au pays où certains habitants prennent parfois en charge les animaux adespotes (sans maître), il devient visiblement urgent que de ne plus pouvoir (ou vouloir) verser un centime de plus à l’État occupant et occupé. D’après les chiffres du Ministère des Finances, les impayés envers le fisc grec s’élèvent désormais à 94,2 euromilliards, dont 12,6 milliards se sont ajoutés rien qu’en 2016. Ces... impayés concernent au total 4,3 millions de personnes physiques (la Grèce compte 10 millions d’habitants !) et dont la moitié d’entre eux, subiront prochainement les saisies... adéquates (presse grecque du 3 janvier).

Et du côté extérieur, l’année 2017, sera celle (du début) du grand remodelage géopolitique et/ou du chaos, passage... et repassage obligés. La dite “mondialisation”, autrement-dit, la guerre de quelques uns contre (presque) tous, touche ses limites, et certainement celles de la planète. Alexis Tsipras, le plus grand et incontestable souilleur, Mitsotakis qui l’est autant depuis son parti et clan germanotrophe de la Nouvelle Démocratie, seraient alors tôt ou tard balayés, par les événements en cascade, et, espérons-le en tout cas, par le peuple.

La zone euro ne sera plus et nous aspirons (non sans agir dans ce sens) à mettre rapidement fin à la plus grande entreprise criminelle depuis un siècle à l’échelle de l’Europe, à savoir la dite Union européenne. Les Grecs, finissent ainsi (et c’est bien tard à mon avis, mais mieux vaut tard que... morts), par considérer l’euro et l’UE comme entreprises finissantes et d’ailleurs nuisibles et indignes. “La majorité, (le consensus) de l'euro, est en train de se briser en ce moment en Grèce”, titre le nouveau mensuel politique grec “Point Zéro - Recommencer tout”. On y apprend en le lisant que d’après les dernières enquêtes d’opinion, ceux qui rejettent alors davantage l’euro et l’UE, sont les jeunes de 18 à 24 ans.

"Tout comme Rome portait en elle les causes de son propre déclin, de même, notre peuple a déjà saisi combien cette ‘sale’ captivité issue de notre dépendance vis-à-vis des Allemands comme vis-à-vis des Atlantistes, a séquestré notre pays dans cet enfer de l’euro”, écrit une éditorialiste dans ce même numéro de la revue. Grèce... alors vent nouveau !

Hiver grec aux touristes chaudement habillés, et aux chômeurs pêcheurs à la ligne. Athènes en ce moment, c’est autant le froid, le tout, sous un climat géopolitique, il faut dire, très instable. Les fêtes sont passées et, visiblement, la rue grecque n’agit plus. Cependant, les mentalités sont travaillées comme jamais, depuis que le système hybrocrate (hybrocratie, le pouvoir de l’hybris) a abattu sa (dernière ?) carte, à savoir SYRIZA et assimilés.

Ce même système, lequel a fait monter les outsiders de la pseudo Gauche radicale du 4% en 2009, et encore ce même système (medias compris, entre 2011 et 2013), ayant haussé ces insignifiants (et ouvertement) nazitrophes de l’Aube dorée radicale, à près de 10% de l’électorat... présent, depuis leur 0,4% d’origine, toujours en 2009. C’est de cette manière (en plus de la complicité des autres partis “politiques” petits, moyens et grands) que tout a été mis en œuvre pour qu’aucun mouvement d’envergure (et en réalité en dehors des brebis forcement galeuses du système des partis) ne puisse naître, et ne puisse surtout menacer les monocultures... politiques peuplocidaires des dominants.

Temps certainement des Cyclopes. Mondialisation... soupoïde, négation des peuples comme de leurs communautés délibératives, monstruosité européiste. À ce propos, et c’était déjà dans Homère, Cornelius Castoriadis avait alors fait remarquer ceci: “Voilà ce que l’on trouve dans l’épisode des Cyclopes -et que, permettez-moi de me répéter, les enfants grecs ont bu avec le lait de leur mère... d’abord, les Cyclopes n’ont pas de themistes, c’est-à-dire, de lois: et ils n’ont pas d’agorai boulèphoroi, d’assemblées délibératives. Ces termes renvoient à une définition implicite de ce qu’est une communauté humaine: une communauté humaine a des lois, et elle a des assemblées délibératives, où les choses se discutent et se décident. Une collectivité qui n’a pas cela est monstrueuse.” (Cornelius Castoriadis, “Ce qui fait la Grèce. 1. D'Homère à Héraclite”. Paris, Seuil, 2004).

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous ce titre sur son blog Greekcrisis

vendredi 16 décembre 2016

Foutez-moi toutes ces classes moyennes sur le trottoir !

Avant l’adhésion de la Grèce à la CEE (Communauté économique européenne) en 1981, les banques grecques octroyaient des prêts immobiliers à des taux d’intérêts très élevés allant jusqu’à 25%. Avec l’entrée du pays dans la CEE, ces taux ont diminué pour arriver à 16%. Puis, au moment de l’adoption de l’euro, les prêts immobiliers se sont démultipliés de manière exponentielle, permettant aux débiteurs d’emprunter jusqu’à 75% de la valeur du bien, tandis que les prêts à la consommation pouvaient couvrir les 25% restants, ouvrant ainsi les portes de l’emprunt à de plus en plus de ménages. La crise économique a néanmoins mis un terme à cette pratique et la non-solvabilité des ménages a eu des conséquences catastrophiques en ce qui concerne notamment la question du droit au logement.

C’est ainsi que la Grèce vit depuis quelques mois une vague de ventes publiques liées à des prêts non performants dits « NPL » (Non performing loans). Les NPL sont des prêts que les débiteurs ne sont plus en mesure de rembourser. En effet, une grande partie de la population a vu ses revenus chuter, voire disparaître, en quelques années, et s’est ainsi retrouvée en situation d’insolvabilité, ce qui a amené les créanciers (banques, État et acteurs privés divers) à recourir à des ventes publiques débouchant sur des expulsions. Ce phénomène a crû provoquant une crise profonde du logement entrainant la création du comité « Vente aux enchères STOP ».

Extrait de l'Interview de Filippos Filippides

N’oublions pas aussi que, sous la pression de la Troïka, l’évolution du cadre législatif (en référence aux lois votées dans la nuit du 22 au 23 juillet 2015, conditions préalables à la conclusion du troisième mémorandum |3|), n’a fait que renforcer la position des banques par rapport à celle des débiteurs. Elles ont acquis des privilèges importants notamment en matière de facilitation d’expulsion et de vente de biens immobiliers dans le cas des prêts hypothécaires non performants, mettant les ménages déjà fragilisés en position de faiblesse. Le troisième mémorandum a également introduit la possibilité d’une mise en ligne des ventes aux enchères, évitant ainsi les tribunaux de paix et la contestation qui s’y exprime, mais cette loi n’a pas encore été appliquée à cause des grandes grèves des avocats et notaires de ces derniers mois. Les débiteurs que nous défendons sont donc tous victimes, sans exception, des accords conclus par le gouvernement grec avec ses créanciers

Lire l'intégralité de l'interview parue sous le titre « Les banques et l’Etat grecs essaient de prendre nos maisons tous les mercredis au tribunal de paix » sur le site du CADTM

Lire aussi:

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Banalité du mal : L'huissier Moscovici se présente à la porte des chaumières grecques

Moscovici fait de la banalite du mal comme M. Jourdain de la prose

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jeudi 15 décembre 2016

Exterminez-moi tous ces retraités !

Les créanciers européens de la Grèce ont suspendu les mesures prises sur la dette la semaine passée pour répondre aux décisions sociales annoncées par Alexis Tsipras. Ce dernier est une nouvelle fois menacé d'une humiliation cuisante.

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Alexis Tsipras aura donc dû boire le calice de l'humiliation jusqu'à la dernière goutte. Six jours après avoir annoncé des mesures en faveur des retraités, avec notamment un treizième versement de 300 à 800 euros pour 1,6 millions de pensionnés grecs et la suspension du relèvement du taux de TVA dans les îles du Nord de la mer Egée, frappés par la vague migratoire, le Mécanisme européen de Stabilité (MES), vient d'annoncer le gel du « toilettage » de la dette décidé par l'Eurogroupe du 5 décembre dernier.

Un gel sans importance ?

« Les institutions sont arrivées à la conclusion que les actions du gouvernement grec semblent ne pas être en ligne avec nos accords », a indiqué un porte-parole du président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Les créanciers européens avaient montré de la mauvaise humeur après les annonces d'Alexis Tsipras, qui ne les en avait pas informé. Cette décision de geler les mesures sur la dette ne portent qu'assez peu à conséquence puisqu'il ne s'agissait que de mesures « préventives » contre de futures hausses de taux. Une seule mesure concerne 2017 et concerne une prime de 2 % que doit verser Athènes sur une dette contractée en 2012. L'essentiel n'est évidemment pas là.

Décision politique

Légalement, la décision d'Alexis Tsipras n'est pas en cause. Le mémorandum d'août 2015 prévoit que la Grèce puisse disposer de 40 % des excédents supplémentaires dégagés par le pays. Cet excédent supplémentaire en octobre 2016 s'élève à près de 3 milliards d'euros et les mesures prévues par le gouvernement grec ne sont que de 674 millions d'euros. Les engagements comptables d'Athènes ne sont essentiels que s'ils correspondent aux niveaux prévus par l'accord et par l'Eurogroupe qui a reconnu que de tels niveaux assuraient la viabilité (fictive) de la dette grecque. Elle est d'autant moins en cause que ces mesures sont socialement justifiables après les efforts du pays qui ont payé en termes budgétaires et les effets de la crise migratoire. Dès lors, cette mesure de rétorsion n'est qu'une décision purement politique visant à désarmer entièrement le gouvernement grec, à annihiler toute prétention à une politique sociale et économique autonome, mais aussi à achever de détruire la crédibilité politique d'Alexis Tsipras et de Syriza. Apparemment, les vieilles rancœurs politiques, qui avaient largement inspiré l'attitude des créanciers au cours du premier semestre 2015, ne sont pas éteintes.

Lire l'article de Romaric Godin paru sous le titre "Grèce : le ton monte entre l'Eurogroupe et le gouvernement" sur le site de la Tribune

Lire aussi :

"LES GRECS VIVENT AU-DESSUS DE LEURS MOYENS"

Grèce : ce que révèle le refus de Bruxelles de traiter l'urgence humanitaire

mercredi 14 décembre 2016

Liste des députés ayant voté POUR la prorogation de l'Etat d'urgence jusqu au 15 juillet 2017

Groupe socialiste, écologiste et républicain (288 membres)

IbrahimAboubacar ÉricAlauzet Jean-PierreAllossery FrançoisAndré NathalieAppéré KaderArif ChristianAssaf DelphineBatho NicolasBays CatherineBeaubatie Marie-FrançoiseBechtel Jean-MarieBeffara LucBelot KarineBerger ChantalBerthelot GisèleBiémouret ErwannBinet YvesBlein FlorentBoudié ChristopheBouillon BrigitteBourguignon MalekBoutih KheiraBouziane-Laroussi ÉmericBréhier Jean-LouisBricout Jean-JacquesBridey IsabelleBruneau Jean-ChristopheCambadélis YannCapet Marie-ArletteCarlotti Jean-YvesCaullet ChristopheCavard GuyChambefort Marie-AnneChapdelaine Jean-DavidCiot AlainClaeys Marie-FrançoiseClergeau DavidComet PhilipCordery ValérieCorre Jean-JacquesCottel PascaleCrozon KarineDaniel YvesDaniel GuyDelcourt PascalDemarthe SébastienDenaja FrançoiseDescamps-Crosnier Jean-LouisDestans MichelDestot FannyDombre-Coste SandrineDoucet PhilippeDoucet FrançoiseDubois Jean-PierreDufau WilliamDumas Jean-LouisDumont Jean-PaulDupré PhilippeDuron OlivierDussopt CorinneErhel OlivierFaure AlainFauré HervéFéron Jean-MarcFournel Jean-ClaudeFruteau GuillaumeGarot RenaudGauquelin YvesGoasdoué GenevièveGosselin-Fleury PascaleGot ÉlisabethGuigou RazzyHammadi JoëlleHuillier MichelIssindou LaurentKalinowski MariettaKaramanli ChaynesseKhirouni François-MichelLambert JeanLaunay Jean-YvesLeBouillonnec Jean-YvesLeDéaut VivianeLeDissez AnnieLeHouerou AnnickLeLoch PatrickLemasle AnnickLepetit Marie-ThérèseLeRoy MichelLesage MarieLeVern MichelLiebgott MartineLignières-Cassou LucetteLousteau MartineMartinel FrédériqueMassat MichelMénard KléberMesquida MichelPajon HervéPellois Jean-ClaudePerez PascalPopelin MichelPouzol CatherineQuéré DominiqueRaimbourg Marie-LineReynaud EduardoRihanCypel FrançoisdeRugy BéatriceSantais OdileSaugues GilbertSauvan GillesSavary SylvieTolmont StéphaneTravert CécileUntermaier DanielVaillant MichelVauzelle PatrickVignal Jean-MichelVillaumé PaolaZanetti

Groupe Les Républicains (199 membres)

Elie Aboud Bernard Accoyer Yves Albarello Nicole Ameline Benoist Apparu Laurence Arribagé Olivier Audibert-Troin Jean-Pierre Barbier Sylvain Berrios Marcel Bonnot Jean-Claude Bouchet Marine Brenier Xavier Breton Philippe Briand Bernard Brochand Dominique Bussereau Gilles Carrez Luc Chatel Gérard Cherpion Guillaume Chevrollier Alain Chrétien Jean-Louis Christ Dino Cinieri Philippe Cochet Jean-François Copé Jean-Louis Costes Édouard Courtial Jean-Michel Couve Marie-Christine Dalloz Olivier Dassault Marc-Philippe Daubresse Bernard Deflesselles Rémi Delatte Nicolas Dhuicq Sophie Dion Julien Dive Jean-Pierre Door Dominique Dord David Douillet Marianne Dubois Virginie Duby-Muller Daniel Fasquelle François Fillon Yves Foulon Marc Francina

Yves Fromion Laurent Furst Claude de Ganay Sauveur Gandolfi-Scheit Annie Genevard Guy Geoffroy Bernard Gérard Alain Gest Daniel Gibbes Franck Gilard Georges Ginesta Jean-Pierre Giran Philippe Gosselin Philippe Goujon Claude Greff Serge Grouard Henri Guaino Françoise Guégot Michel Herbillon Antoine Herth Christian Jacob Denis Jacquat Christian Kert Nathalie Kosciusko-Morizet Valérie Lacroute Jean-François Lamour Laure de La Raudière Guillaume Larrivé Charles de La Verpillière Thierry Lazaro Alain Leboeuf Isabelle Le Callennec Vincent Ledoux Frédéric Lefebvre Bruno Le Maire Dominique Le Mèner Jean Leonetti Pierre Lequiller Philippe Le Ray Céleste Lett Geneviève Levy Véronique Louwagie Gilles Lurton Jean-François Mancel Laurent Marcangeli

Thierry Mariani Alain Marty François de Mazières Gérard Menuel Philippe Meunier Jean-Claude Mignon Pierre Morange Yannick Moreau Pierre Morel-A-L'Huissier Dominique Nachury Yves Nicolin Patrick Ollier Stéphanie Pernod Beaudon Bernard Perrut Axel Poniatowski Christophe Priou Didier Quentin Frédéric Reiss Jean-Luc Reitzer Arnaud Robinet Camille de Rocca Serra Martial Saddier Paul Salen François Scellier Claudine Schmid André Schneider Jean-Marie Sermier Michel Sordi Éric Straumann Lionel Tardy Jean-Charles Taugourdeau Jean-Marie Tetart Pascal Thévenot Dominique Tian François Vannson Patrice Verchère Arnaud Viala Jean-Pierre Vigier Philippe Vitel Michel Voisin Jean-Luc Warsmann Laurent Wauquiez Éric Woerth Marie-Jo Zimmermann

Groupe de l'union des démocrates et indépendants (27 membres)

Thierry Benoit Charles de Courson Yannick Favennec Philippe Folliot Meyer Habib Francis Hillmeyer Yves Jégo Michel Piron Arnaud Richard François Rochebloine Maina Sage Rudy Salles Philippe Vigier Patrick Weiten

Groupe radical, républicain, démocrate et progressiste (18 membres)

Jean-Noël Carpentier Ary Chalus Gérard Charasse Stéphane Claireaux Jeanine Dubié Paul Giacobbi Joël Giraud Gilda Hobert Jacques Krabal Jean-Pierre Maggi Dominique Orliac Sylvia Pinel Thierry Robert Stéphane Saint-André Roger-Gérard Schwartzenberg

Groupe de la gauche démocrate et républicaine (15 membres)

Bruno Nestor Azérot Huguette Bello Marc Dolez Alfred Marie-Jeanne Gabriel Serville

Non inscrits (25 membres)

Thomas Thévenoud

Source : Analyse du scrutin n° 1362

jeudi 8 décembre 2016

Jeroen Dijsselbloem et Pierre Moscovici font front commun pour imposer une régression sociale contraire au droit international.

En août 2016, quelques semaines après le non au référendum, le gouvernement grec signe le troisième accord (MOU, Memorandum of Understanding) avec les créanciers. La Grèce recevra périodiquement des prêts lui permettant pour l’essentiel de rembourser sa dette, mais à une condition : faire des « réformes » qui seront périodiquement évaluées. Une première évaluation (review) a entériné un premier paquet de réformes, dont celle des retraites. Une deuxième évaluation était prévue avant la fin de l’année, qui devait sanctionner un nouveau paquet de réformes portant notamment sur le marché du travail.

À leur réunion du 5 décembre, les représentants de l’Eurogroupe ont refusé d’avaliser le dernier train de réformes. Ils ont cependant accepté ce qui est présenté comme un allègement de la dette. Commençons par le premier point, parce qu’il est révélateur de la violence et de l’hypocrisie des créanciers européens. Le point de blocage est la réforme du droit du travail. Les ministres de l’Eurogroupe voudraient relever de 5 % à 10 % du personnel le plafond des licenciements collectifs, supprimer l’autorisation du ministère du travail et refusent que soit restauré le principe des négociations collectives, supprimé durant la crise. Bref, le bras de fer continue et le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, comme Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques, font front commun pour imposer une régression sociale contraire au droit international.

Voilà pour le bâton. Quant à la carotte, c’est un allègement en trompe-l’œil. Il résulte d’une négociation parallèle et discrète avec le MES (Mécanisme européen de stabilité) qui finance les 86 milliards de prêts prévus pour ce troisième MOU. Les mesures sont assez techniques. La première consiste à allonger la maturité des prêts du deuxième MOU de 28 ans à 32,5 ans et ainsi de lisser un peu les remboursements des années 2030 et 2040. Le deuxième ensemble de mesures vise, pour simplifier, à réduire la variabilité des taux d’intérêt. Enfin, le MES renonce à augmenter de deux points les taux d’intérêt sur une tranche du précédent MOU.

Lire l'article de Michel Husson paru sous le titre "Grèce : « allègement » en trompe-l’oeil" sur le site du CADTM

mercredi 7 décembre 2016

Le gouvernement italien censuré dans les urnes s'apprête à livrer l'Italie à la Troïka

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Défait par les urnes sur un projet de réforme institutionnelle visant à faciliter l'adoption des Oukazes exigées de la Commission et son bras armé la BCE (et assurer l'immunité à une partie du personnel politique via le Sénat), le gouvernement italien envisage de livrer la population aux griffes de la Troïka en demandant un prêt au Mécanisme Européen de Stabilité[1]. Il ne propose donc pas moins que d'aliéner les "droits les plus sacrés du peuple" en transformant l'Italie en semi-protectorat, colonisé par la dette de ses banques... privées. Si l'internationalisme a encore un sens : RÉSISTANCE ! (Le Concierge)

L'Italie pourrait demander l'aide du Mécanisme européen de Stabilité (MES) pour sauver ses banques. Selon le quotidien turinois La Stampa, le ministère des Finances italien aurait déjà préparé un décret permettant de demander à l'institution de Luxembourg pas moins de 15 milliards d'euros pour renflouer le système bancaire italien. Une demande conforme à l'article 15 du traité instaurant le MES qui autorise les Etats de la zone euro à demander un prêt pour renflouer ses institutions financières. Le modèle de cette « aide » serait le plan espagnol qui avait attribué 40 milliards d'euros à Madrid en 2012.

Le problème du recours au MES est cependant double. D'abord, il est coûteux pour l'Etat. La facture finale de la crise bancaire espagnole pour le contribuable espagnol s'est élevée à 4,2 % du PIB, sans compter évidemment le coût social et politique. L'autre problème est que l'aide du MES est liée, à une forte conditionnalité. L'Italie va devoir accepter une « procédure d'ajustement ». La Stampa croit savoir que l'Italie devra corriger « sévèrement » son projet de budget qui était déjà peu apprécié à Bruxelles. Le déboursement de l'aide sera soumis à l'acceptation du conseil d'administration du MES qui jugera si les conditions sont remplies. Autrement dit, s'il n'y aura pas de « troïka » en Italie au sens littéral, puisque le MES agira seul, il y aura bien une « logique de troïka » à l'œuvre.

Lire l'article de Romaric Godin paru sous le titre L'Italie pourrait demander l'aide (sic) du MES pour sauver ses banques sur le site de La Tribune

Notes

[1] Le MES, dont le siège est fixé à Luxembourg, est doté du statut d’une institution financière internationale bénéficiant des immunités dont jouissent les institutions internationales. Il n’a donc aucun compte à rendre ni au Parlement européen, ni aux parlements nationaux, ni aux citoyens des États membres et ne peut en aucun cas faire l’objet de poursuites. Par contre, doté de la personnalité juridique, le MES pourra ester en justice. Locaux et archives du MES sont inviolables. Il est exempté de toute obligation imposée par la législation d’un État Membre. Le MES, ses biens, fonds et avoirs jouissent de l’immunité de toute forme de procédure judiciaire.Lire Un véritable coup d’Etat se prépare le 21 février 2012

lundi 5 décembre 2016

Tout le monde déteste l'UE !

“Voilà ce que signifie... l’aboutissement du plan de l’euro germanique: Déjà, plus de 500.000 Grecs ont quitté leurs pays, les meilleurs, les plus vaillants, les mieux formés, les plus jeunes. En même temps, ils sont remplacés progressivement par les migrants, et bientôt, autant ceux que l’Allemagne par exemple ne veut pas ou ne veut plus. Un climat alors de guerre civile et de chaos s’installe en Grèce, le risque d’un scénario à la Yougoslave n’est plus impossible, et à la clef, l’Allemagne pourrait... nous livrer à la Turquie, tout simplement”.

“Fort heureusement, le peuple italien leur dit ‘NON’, et espérons que sous peu, le peuple de France formulera alors une réponse similaire. Lors d’un voyage récent en Italie, des entrepreneurs italiens nous disaient alors très clairement: ‘Basta, nous voulons quitter cette Union Européenne allemande’, voilà comment, la fin de l’U.E. se profile à l’horizon. Tandis qu’à Athènes, nos politiciens pantins, font semblant de gouverner, se rendant alors à l’Hôtel Hilton de la capitale pour être interrogés et pour autant recevoir des ordres de la part des membres de la Troïka. Au même moment, l’Assemblée Nationale n’est qu’un piètre théâtre de pantomime, l’ensemble de la législation grecque est actuellement importée et imposée depuis l’étranger, tel est l’état dont nous nous trouvons enfin” (radio Realfm, Athènes, le 5 décembre).

Voilà pour ce qui se dit (entre autres) publiquement à Athènes, suite au grand ‘NON’ du peuple italien. Ensuite, un peu plus tard dans la matinée et sur les ondes de cette même radio, certains messages des auditeurs, pareillement explicites, ont été lus par les journalistes: “La seule et unique solution pour que les peuples européens puissent enfin construire une certaine Europe, c'est déjà... de démolir complètement l'actuelle Union Européenne”. Ou encore: “Un Référendum unique devrait se tenir le même jour partout aux pays de la zone euro, pour rejeter enfin cette ignominie”, et, “Nous remarquons que les journalistes évitent d'évoquer à l'occasion... l'affaire de notre référendum de 2015” (radio Realfm, Athènes, le 5 décembre).

(...)

Il y a alors comme un parallèle avec l’effondrement de l’Union Soviétique, le système avait fini par tourner dans le vide, la propagande des dirigeants, des médias, des supposées intellectuels et universitaires, des nantis du système n’ont plus tellement (et bientôt plus du tout) de prise sur les populations. Il n’y a plus d’autre solution pour le système en place, que de prendre la situation en main par la violence (par exemple dans un régime totalitaire ouvertement... accompli). Ceci, pourrait autant se réaliser par le biais du sentiment de la peur devenu dominant, peur alors destructrice comme on sait du lien social et donc de toute lutte organisée et efficace.

Peur au quotidien, désocialisation, peur au travail, peur... au chômage, peur de la mort, peur du froid, peur de la faim ; peur enfin de la menace hélas concerte des islamistes ou “islamistes”, qui pourront par exemple encore sévir de leur manière abominable... en Italie, en France... en Allemagne comme ailleurs dans cette Europe.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou par sous le titre "Au nom de la dignité" sur son blog Greek Crisis

François Hollande : "Mon action comme président est d'abord une action de protection des plus fragiles"

michel-sapin-de-g-a-d-a-bruxelles-le-25-juin-2015_5365781.jpg Michel Sapin, tortionnaire du peuple grec au nom du peuple français

Le programme d'ajustement budgétaire grec, exigé par l'ensemble des ministres des Finances de la zone Euro, comprend un ensemble de nouvelles mesures sévères, selon les sources.

Le nouveau document, qui définira le point de départ des discussions au cours de la réunion de l'Eurogroupe, le 5 décembre prochain , inclut de nouvelles coupes dans les prestations de solidarité sociale pour les retraités (CFST) et " l'allocation chauffage" pour les plus modestes.

Le parlement grec sera contraint de légiférer sur une série de nouvelles mesures drastiques, en espérant un allègement de la dette.

- L'allocation de solidarité sociale (EKAS) octroyée aux plus bas revenus, diminuera de 40% à compter du 1er janvier prochain. Elle sera complètement abandonnée en 2018. 430 millions d'euros seraient ainsi économisés en 2017.

- La suppression ou la réduction de "l'allocation chauffage". Seuls 105 millions d' euros seront affectés au budget 2018, contre 210 en 2014.

- La suppression ou une limite de 50% sur les déductions fiscales liées aux dépenses de santés et frais médicaux (pour les maladies lourdes et/ou invalidantes).

- L'abandon de la réduction mensuelle de 1,5% sur l'impôt pour les travailleurs salariés et les retraités .

- La suppression du statut fiscal spécial des marins.

- La suppression des allocations familiales ( actuellement versées aux parents qui travaillent, et d'un montant de 4,11€ par enfant).

- L'abolition de l'allocation "spéciale étudiants".

(www.lepetitjournal.com/athenes) vendredi 2 décembre 2016

dimanche 4 décembre 2016

À nos amis

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Meimarakis révèle que tous les partis politiques avaient été... fort aveuglés par les sondeurs. Ces derniers prévoyaient que les Grecs voteraient en faveur du ‘OUI’, et cela à plus de 60%. Il a même précisé que, dans un premier temps, ceux de la Nouvelle Démocratie pensaient s'abstenir du référendum, mais finalement, leurs cadres ont décidé d’y participer parce que tous les sondeurs avaient prédit la large victoire du ‘OUI’. En effet, Tsipras lui-même fut séduit par ces mêmes sondeurs. Il croyait en cette large victoire du ‘OUI’, et elle lui laisserait enfin les mains libres. Un ‘OUI’ massif au référendum, lui offrirait tout l'alibi politique nécessaire pour alors capituler et ainsi livrer totalement le pays aux envahisseurs néocoloniaux de l’UE et du FMI (Allemands en tête).

“Voyez-vous, c’est exactement le contraire qui s’est produit, le ‘NON’ l’a emporté à plus de 60%. En effet, et c’est bien exact, l’histoire que Varoufákis (ministre des Finances) et Konstantopoúlou (Présidente de l’Assemblée nationale) ont raconté: au soir des résultats, lorsqu’ils se sont rendus à la Résidence du Premier ministre, ils ont alors découvert un Alexis Tsipras décomposé, ne sachant plus quoi faire. Parce que le ‘NON’ l’avait emporté, et cela si largement !”

“Et je dois vous dire que ce jour-là, tous les dirigeants... ils ont été psychologiquement et politiquement effondrés, mais alors tous”. Puis, Meimarakis, révèle tout l'arrière-plan, suite à la démission de Samaras (chef de la Nouvelle Démocratie jusqu’au soir du referendum) et par la suite, il raconte comment “durant ces heures cruciales les décisions importantes ont été prises afin de trouver une solution au NON”, autrement-dit, comment annuler et trahir le verdict populaire des Grecs. On peut... accessoirement remarquer que Meimarakis en rigole lors de l’interview, c’est au moment où il expose “l'exploit et ainsi succès” qui consiste à inverser le trahir et à annuler le vote.

Enfin, poursuit-t-il, rendant... hommage au rôle du Président de la République (issu des rangs de la Nouvelle Démocratie), “ce dernier était en contact permanent avec ces éléments extra-institutionnels de l'UE et de l'étranger”, je dirais, les vrais maîtres de la politique grecque. Il en rajoute, en précisant qu’il est entré lui-même “en contact avec les éléments importants de l'UE, et que ces derniers”, l’ont convaincu d’accepter à prendre les commandes de son parti (suite à la démission de Samaras) “car les moments étaient fort difficiles”. En réalité, pour Meimarakis, comme pour Tsipras et comme pour les autres, “les moments fort difficiles” surviennent lorsque le peuple ose dire ‘NON’ aux ordres des patrons étrangers que les politiciens et autres ministrions “grecs” exécutent alors si docilement.

C’est ainsi, l’hiver européen... et cela jusqu’au port du Pirée. Sur son marché, les clients ne se bousculent pas comme avant, et à travers leurs affiches, les syndicats des marins, dénoncent la mise à mort de leurs Conventions Collectives et de leurs droits... par le gouvernement SYRIZA/ANEL. D’ailleurs, une main anonyme et certainement... populiste, y a rajouté: “Agents de la CIA”.

Cependant, je dirais à nos amis Italiens, que leur referendum, pourrait ne pas être directement comparé à celui des Grecs en 2015, mais plutôt, à la situation grecque des années 2011-2012. On se souviendra des mouvements populaires quotidiens contre la Troïka et contre le gouvernement primo mémorandaire de Georges Papandréou, dit “le simplet”, ou encore “le traître”.

Georges Papandréou avait tout de même osé (?) annoncer la tenue d’un vote référendaire, suite à cela, il a été “recadré” et d’ailleurs publiquement humilié par le duo Sarkozy - Merkel lors du sommet de Cannes, en octobre 2011. En réalité, ce référendum interdit par les Grandes Puissances (car l’Union Européenne c’est la géopolitique... plus l’hypocrisie), aurait largement fait apparaître la volonté du peuple grec de dire ‘NON’ à ses agresseurs et à leurs sbires bien d’ici. De retours de Cannes, Georges Papandréou avait été en réalité destitué par Merkel - Sarkozy, et dans l’avion du retour, Venizélos, son bras droit, le remplaçait déjà dans les affaires de son parti, le PASOK.

La suite (en Grèce déjà) est connue. Le système européiste a aussitôt imposé à la Grèce un Premier ministre de type ouvertement “Quisling”, en la personne de Loukás Papadémos, (entre autres) vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), un gouvernement dit “d'union nationale” composé de la droite (Nouvelle démocratie) des socialistes (PASOK) et de l’extrême-droite (parti LAOS).

“Le processus actuel de la démondialisation contrôlée qui gagne du terrain à travers les métropoles capitalistes traditionnelles, de toute évidence, ce n’est pas le plan stratégique de la gauche. Cette dernière ne peut pas et ne doit pas être rajoutée à cette nouvelle variante du fascisme international”, écrit Yórgos Kyritsis, éminent Syriziste, au quotidien du parti Tsiprosaure “Avgí” (30/12/2016). Du moins c’est... clair.

SYRIZA, dont deux parmi les membres de son gouvernement sont par exemple ouvertement liés aux fondations du financier Soros (lequel fait sa guerre par d’autres... gros moyens), considère à présent que tous ceux qui luttent pour la démondialisation sont alors (uniquement) fascistes.

Ce que l’Italie devrait ainsi éviter, c’est la mise en place après l’échec (quasi-prévisible ?) de Renzi, d’un gouvernement dit “technique” (ou “technocrate”) de type Papadémos, au-delà d’un lapse de temps nécessaire jusqu’à la tenue des prochaines élections législatives. Ensuite, il va falloir observer de très près les formations politiques œuvrant en faveur de la sortie de l’Italie de la zone Euro, afin de détecter si possible rapidement, toute... mithridatisation en cours. Il en va de même en France d’ailleurs, pour ce qui est des formations et candidats et candidates qui prétendent vouloir éloigner la France de l’Eurozone germanique (Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen notamment).

Sauf que l’Italie n’est pas la Grèce, autrement-dit, son histoire ainsi que son poids (et place) dans la géopolitique du continent européen est bien différente. L’Euro, cette arme de destruction massive, par ailleurs déifiée de manière calculée par les pseudo-élites des dominants, a détruit suffisamment la Grèce pour ne plus arriver à imposer ce même sort au peuple d’Italie. L’Italie, doit déjà sortir de l’Euro (en réalité le détruire), la Grèce de son côté, doit en plus, quitter l’Union Européenne... pour commencer. Et tous ceux qui, en Italie comme en France émettent déjà leurs critiques envers l’univers concentrationnaire européiste, ils devraient également déjà clarifier leurs positions, quitte à étonner certains. (souligné par nous)

Lire l'intégralité de l'article de Grigoriou Panagiotis paru sous le titre "A nos amis italiens" sur son blog Greek Crisis

Lettre ouverte à M. Tsipras

Camarade Alexis, je te tire mon chapeau, parce que tu es un gros dur. Le plus gros des durs depuis 450 av. J.C. jusqu’à nos jours en Grèce. Parce que tu fais tout ce que tu veux sans tenir compte de quiconque. Tu prends ton avion personnel, tu le remplis d’amis et d’amies, tu pars à Cuba et tu laisses l’addition de 300.000 dollars à payer par les gugusses qui gagnent 300 € par mois dans le meilleur des cas. Tu fais tout ce qui te plaît. Tu parle sur la Place de la Révolution à La Havane où parlait Fidel, comme un révolutionnaire pur et dur. Tu te dresses de toute ta superbe contre le Capitalisme Impérialisme. Tu te goinfres (600 euros pour un repas payé par le Ministre des Affaires Étrangères, donc par tes lèche-bottes). Tu t’amuses, tu fais la fête, alors que les gugusses de Grecs font la queue pour retirer leur retraite, payer électricité, banques, hôpital et surtout austérité sur austérité. Tu te la joues révolutionnaire et quand tu reviens, tu redeviens ce que tu étais, un gamin qui court pour exaucer tous les caprices de Merkel, d’Obama et de Juncker, que tu fustigeais de Cuba - et ça retombe à nouveau sur le dos du peuple grec si intelligent, parce que c’est lui qui a décidé d’être gouverné par des gens sans supporters et sans honneur, qui jouent les gouvernements. Rendez-vous aux abattoirs,

Mikis Theodorakis

Décembre 2016.


« À l’occasion de la lettre ouverte de Mikis à Tsipras, je me suis rappelé les moments que j’ai vécu avec Mikis en février 2012. Je vous raconte ici quelque chose qui n’est pas public, mais que j’ai vécu en première ligne et qui concerne Mikis et Tsipras.

Le 11 février 2012, une journée avant le vote à la Vouli du 2ème mémorandum, nous sommes chez Mikis et nous faisons les plans pour la manifestation du jour suivant. Glézos ont décidé de descendre à Syntagma et de manifester avec les milliers de citoyens. Moi je devais les accompagner en tant que médecin, parce qu’ils savent tous les deux qu’ils vont être attaqués par la police. Dans les plans, il est prévu que Tsipras sorte du Parlement, devant le Soldat Inconnu, où il doit rencontrer Mikis et Glézos, puis tous les trois doivent manifester avec le peuple. L’entente entre Mikis et Tsipras se fait devant moi au téléphone. Mikis est enthousiaste !

Le 12 février 2012, nous sommes arrivés devant le Soldat Inconnu. Le peuple défile par centaines de milliers dans le centre d’Athènes. Police et MAT partout. Tsipras nulle part. Les MAT ne perdent pas de temps et ils jettent les premiers lacrymos sur Mikis et Glezos. Très vite Athènes est noyée sous les lacrymos. Tsipras n’est nulle part ! Après quelques heures nous rentrons au sein du Parlement avec Miki. Accablé par les lacrymos, sur son fauteuil roulant, il crie dans l’Assemblée : « Assassins, aujourd’hui vous votez la mort de la Grèce ». C’est un des nombreux moments de cette journée où j’ai compris de quels métaux rares est forgé cet homme. Tsipras, visiblement informé que Mikis est entré dans la Vouli, sort de l’Assemblée et vient vers nous.

Mikis (dans son fauteuil roulant, accablé physiquement mais avec un très bon moral et une âme d’adolescent) : « Tu nous as vendus, on t’attendait, pourquoi tu n’es pas descendu ? ».

Tsipras (en costume, sans cravate, bien repassé) visiblement embarrassé, comme un gamin qu’on dispute, avec un sourire hors de propos :

« Nous nous battons ici, Mikis ».

Mikis : »Non Alexis, c’est dehors qu’ils se battent, le vrai combat se donne dehors à cet instant et ta place était là-bas, pas ici. »

Tsipras a bafouillé indistinctement et il s’est éloigné…

Voilà, en guise de réponse à tout ce qui s’écrit sur Mikis depuis hier. »

Yiorgos Vichas, (Dispensaire social Mitropolotiko d’Elliniko)

via Marie-Laure Coulmin Koutsaftis

dimanche 27 novembre 2016

Ultimes poubelles du marketing politicien

Original File Name: 2016112156.jpg Illus : Efi Achtsioglou. Nouvelle ministre du Travail[1]... hôtel Hilton. Presse grecque, novembre 2016 (Greek Crisis)

Sous la pluie justement et à Athènes en cet automne 2016, il y a de plus en plus de personnes fouillant dans les poubelles, parfois c’est pour en extraire divers restes à recycler, parfois c’est pour y trouver tout simplement de la nourriture. Trop, c’est trop.

Toujours à Athènes en ce moment, et le “gouvernement” va chiner ses... arguments jusqu’aux ultimes poubelles du marketing politicien. La dernière... mode consiste à nommer à certains postes de jeunes femmes, modernes, belles et photogéniques, s’agissant de la nouvelle porte-parole d’Alexis Tsipras à Thessalonique, ou de la ministre chargée de l’emploi (en train de mettre fin à un siècle de conventions collectives tout en instaurant les licenciements dits ‘automatiques’... sous le contact de la Troïka). Notons, que pour... atteindre les membres de la Troïka étendue, les “ministres grecs” doivent se rendre à l’hôtel Hilton (lieu favori de résidence des Troïkans... et de leurs chevaux !), tel est le genre le plus tangible du régime néocolonial que la Grèce connait de la sorte plus en profondeur, comparé à ce que subissent les autres pays de la funeste Union européenne.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Vendredi Noir" sur son blog Greek Crisis

Notes

[1] Par ailleurs épouse du nouveau ministre - américain à passeport grec - de l'Economie et du Développement

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