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Quatrième nuit de Walpurgis

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dimanche 30 octobre 2016

Mais non, Cher Paul.M, ce n’est pas vraiment « une formidable avancée démocratique » !

Après l’affrontement politique, c’est la bataille de la communication qui fait rage. Entre les libéraux qui rappellent que « pas une virgule n’a été changé dans le traité » et le PS qui matraque sur le thème du « nouveau Ceta », il s’agit naturellement d’imprimer sa marque et d’imposer dans l’opinion la figure du vainqueur. On ne tranchera pas ici la question de savoir où il faut exactement placer le curseur entre les « avancées significatives » et la « capitulation » en rase campagne. On notera cependant que les fameuses avancées sont essentiellement des promesses ou des rappels de principes généraux et que si l’engagement est pris de demander à la Cour européenne de justice de vérifier la compatibilité du mécanisme d’arbitrage avec les traités européens, le dit mécanisme est conservé. Des « zones d’ombre subsistent » disait le très modéré commentaire du CNCD. A tout le moins…

On peut par contre s’interroger avec pertinence sur la « formidable avancée démocratique » revendiquée par Paul Magnette devant le parlement wallon. Bien évidemment le débat sur le CETA a été un moment démocratique de forte intensit On ne le répètera jamais assez : la qualité du débat parlementaire, la mobilisation associative et le retour d’un certain volontarisme politique ont enchanté la vie publique…pendant quelque jours. Et le contraste est dès lors encore plus saisissant et plus choquant quand on voit comment Paul Magnette et sa majorité ont adopté en quelques heures un texte dont il affirmait, la veille encore, que l’étude d’éventuelles modifications prendrait des jours et des semaines. En un coup, un seul, un traité qui était considéré comme inacceptable est devenu « le modèle » indépassable. Et là, en une fois, la résistance se transformait en coup politique.

On pouvait estimer que le rapport de force ne permettait pas d’aller plus loin. C’est évidemment discutable mais pas illégitime de le penser. Mais le respect de « la formidable avancée démocratique » exigeait que cela soit expliqué et débattu devant les parlementaires et les citoyens. Avec clarté et modestie, avec le souci de la pédagogie politique qui a régné durant la « parenthèse wallonne ». Au lieu de cela, la nouvelle star – et son parti - ont choisi le triomphalisme dont les plus éclairés des commentateurs estiment qu’il n’a pas lieu d’être. Profitant d’une aura au firmament, le ministre président aurait pu expliquer que l’issue provisoire de l’affrontement imposait des concessions et que faute d’alliés (où était la gauche européenne ?), la bataille serait encore longue mais que des jalons majeurs avaient été tracés. Cela aurait permis de maintenir la mobilisation et de ne pas provoquer l‘amertume et la déception.

C’était en tous cas, le pari qu’exigeait le respect du citoyen. Paul Magnette n’a pas eu cette volonté, cette clairvoyance ou ce courage. Et le PS en manque cruel de cheval de bataille a transformé un combat exemplaire en une vulgaire stratégie de communication. Certes, Magnette a toujours proclamé sa foi dans le libre échangisme et son parti porte une politique sociale libérale depuis plusieurs décennies. De ce point de vue il n’y a pas de surprise. Mais incarner une résistance qui vous dépasse permet parfois de transcender un dessein politique. La lutte contre cette Europe du Ceta ou du Tttip ne s’arrête évidemment pas. Mais l’occasion de lui donner une nouvelle dimension a été manquée. Et de ce point de vue « Non, Cher Paul M., ce n’est pas une « formidable avancée démocratique ».

Hugues Lepaige

Paru dans Les blogs de Politique

jeudi 27 octobre 2016

CETA : un compromis intra-Belges ?

Cet article a été publié par Marc Raoul Jennar avant que le compromis intra-Belges soit signé. On peut le consulter ici. (Note du Concierge)

A supposer qu’un accord intervienne entre Belges – ceux-ci ont un sens aigu des compromis gagnant-gagnant, hors desquels il y a longtemps qu’il n’y aurait plus de Belgique – il faudrait encore que les 27 autres Etats de l’UE acceptent ce compromis. Et qu’ils décident d’ordonner à la Commission (qui sera réticente à se dédire) de le négocier avec le Canada. Et que les Canadiens l’acceptent. Tout ça avant jeudi, sachant que la réunion de mardi n’a pas abouti ?

Aussi longtemps que les Wallons ne bougeront pas sur le mécanisme d’arbitrage et le mécanisme de régulation (qu’on retrouve dans le TTIP-Tafta), il me semble impossible d’atteindre un accord. Ces deux mécanismes sont ceux qui font qu’on n’est plus dans le libre-échange, mais dans le démantèlement des États au profit des multinationales et des pouvoirs technocratiques. Ce qui est l’objectif recherché par ce type d’accords qui veulent dépasser les accords de l’OMC.

L’enjeu de ce qui est en cours est d’une importance majeure pour l’avenir. Il ne faut pas être grand clerc pour imaginer les pressions colossales qui doivent être exercées sur le Gouvernement wallon et sur les parlementaires wallons pour qu’ils renoncent. Menaces et promesses doivent alterner et augmenter en intensité.

Ce que tente la Wallonie, c’est rien moins que mettre fin à une évolution commencée en 1994 avec les accords de l’OMC, avec l’ALENA, avec le TTIP-Tafta, avec le CETA, avec le TISA, avec les APE*, dont l’objectif final est l’effacement des Etats devant le monde des affaires et de la finance, aux Etats n’étant laissé que les fonctions sécuritaires.

Raoul Marc Jennar (26 octobre 2016)

Ajout du 27/10/2016

Que penser de l'accord intra-Belges ?

Ce que j'ai lu est un texte d'un jargon juridique imbuvable. Il demande une analyse minutieuse. Ce que j'ose avancer à ce stade très précoce, c'est que le texte semble davantage se présenter comme "une réserve globale" de la Belgique à un traité qui demeure inchangé. Il est fréquent - et les traités européens en comptent beaucoup - qu'un Etat partie à un traité émette des réserves ou s'exclue de l'application de certains éléments du traité avec l'accord des autres Etats signataires (les Britanniques ont fait cela pour chaque traité européen). Si l'accord intra-Belges n'est que cela, et si les 27 autres Etats membres acceptent la réserve belge sans la prendre à leur compte (ce qui est fort probable) alors le CETA va s'appliquer dans son entièreté sauf, sur certains points, en Wallonie voire en Belgique. Je pense que les 27 Etats vont accepter la réserve belge. Ils soutiennent le CETA et les USA font tout pour qu'il en soit ainsi (40.000 firmes américaines au Canada). La Commission sera bien obligée de suivre à moins qu'elle ne soulève des arguties juridiques pour tenter d'annuler la réserve belge qui souligne quand même certains dangers du CETA. Il faudra voir si le Canada acceptera aussi la réserve belge, mais c'est probable. Je pense que la majorité du Parlement wallon suivra Paul Magnette qui a toute sa confiance. Mais attendons encore un peu. Magnette va présenter sa lecture de l'accord au Parlement wallon. On en saura plus alors.

Raoul Marc Jennar

Lire aussi sur son blog :

La « petite » Wallonie plus peuplée que 7 Etats souverains de l’UE. Et plus démocratique que 27.

La Commission européenne adresse un ultimatum à la Belgique !

mercredi 26 octobre 2016

Le Nabot Malfaisant Moscovici menace la Belgique de la Grosse Bertha

1) Textes et documents pour la classe

La Commission européenne veut plus d'explications de la part du gouvernement belge quant aux efforts structurels à fournir pour le budget 2017, ressort-il d'une lettre envoyée par le vice-président de la Commission Valdis Dombrovskis et le commissaire aux Affaires économiques et financières Pierre Moscovici.

Le budget 2017 a été présenté la semaine dernière. L'équipe Michel a fini par s'accorder sur des perspectives pour l'année prochaine qui lui permettent de présenter à la Commission une amélioration du solde structurel d'1,2% du PIB en 2016 et 2017, un effort estimé à quelque 3 milliards d'euros supplémentaires, et qui s'inscrit dans l'objectif du retour à l'équilibre en 2018.

"C'est dans la lignée de l'effort d'au moins 0,6% recommandé par le Conseil", écrit la Commission, "mais une évaluation préalable pointe l'incertitude quant à la réalisation de cet effort". Valdis Dombrovskis et Pierre Moscovici évoquent notamment "les différents hypothèses sous-jacentes, les facteurs méthodologiques et des visions divergentes sur le rendement de certaines mesures".

La Commission exige dès lors, pour jeudi 27 octobre, davantage d'informations sur la composition précise de l'effort structurel envisagé en 2017.

Il est également souligné dans cette lettre, que la Belgique court encore toujours le risque de piétiner les règles européennes sur la dette, "même en tenant compte de la dérogation temporaire accordée pour les dépenses réalisées en matière d'immigration et de sécurité".

La Commission européenne a reçu le budget fédéral belge deux jours en retard, le 17 octobre au lieu du 15.

Source : RTBF


2) Analyse et Commentaire burlonesques

Suite au renflouement par les contribuables des Banksters après 2008, les Rois fainéants de France et de Navarre (occupés qu'ils sont la plupart du temps à jouer à touche-pipi avec des danseuses) ont permis à la Commission Européenne d'assembler une arme de destruction massive, le "Six Pack", plus connue sous le nom de "La Grosse Bertha". Cette arme a plusieurs détentes. Tout d'abord le budget prévisionnel des États doit être transmis à la Commission Européenne en amont des Parlements (qui doivent leur naissance au... consentement à l'impôt-) dans le cadre du Semestre européen (qui constitue l'infrastructure juridique sur laquelle la Grosse Bertha a été construite : à l'époque les Rois fainéants avaient cru à la simple construction d'un bassin d'orage.) Mais ensuite le "two pack" commença à faire sortir la Grosse Bertha de terre (les Rois fainéants ayant cru à la construction d'un simple rond-point) liant la procédure de déficit excessif au semestre européen. C'est ce two-pack que le Nabot malfaisant Moscovici [1] vient d'enclencher à l'égard de la Belgique sur le ton menaçant de celui qui contrôle aussi le dernier étage de la Grosse Bertha, la procédure de déficit excessif (arme de printemps dont les Rois fainéants n'avaient pas vu qu'il s'agissait d'un revolver braqué sur la tempe des peuples, occupés à ne pas regarder ceux-ci dans les yeux en vérifiant que leurs pompes étaient bien cirées.) Car après les tirs de semonce du "two pack", la procédure de déficit excessif permet désormais à la Grosse Bertha de canarder à plein régime en imposant aux États des sanctions financières pouvant atteindre des milliards d'euros s'ils ne se plient pas aux Oukazes de la bande de psychopathes (larbins des forces obscures) qui ont décidé de détruire l'Europe pour construire une UE à leur image (autrement-dit l'Enfer sur terre.) C'est à la menace de la Grosse Bertha (relayée par l'Ennemi intérieur que constituent les Rois fainéants et leurs Cours de Nabots Malfaisants) que l'on doit ainsi la démolition du Code du Travail en France (dont El Khomri ne fut évidemment que la speakerine embauchée pour présenter le projet avec l'intention perverse d'exciter les travailleurs sucés par les Draculas du profit contre les franco-marocains.)

On ne peut en effet pour le moment pas coloniser directement des pays qui, pour ne pas être tout à fait du Nord, le sont quand même un peu. Le processus de destruction de tout ce qui permet la vie terrestre du plus grand nombre (services publics, droit du travail, salaires, sécurité sociale), ce que Bourdieu appelait une civilisation et de retour au capitalisme du XIXè siècle sous nos latitudes est quand même plus rapide en Europe de l'Est, puis en Grèce, au Portugal et à Chypre.

Pourtant, avec son gouvernement fédéral de libéraux fanatiques (le Parti socialiste ayant dû jeter l'éponge, ses électeurs ne lui ayant pas pardonné d'avoir condamné aux centres sociaux des chômeurs privés d'allocations par charrettes de dizaines de milliers pour complaire au Léviathan et conserver pour M. Di Rupo le loisir de jouer au train électrique à Mons en construisant une gare pharaonique dont le coût est déjà estimé à 1,5 milliards d'euros, censée attirer les TGV...), la Belgique avait cru apaiser le Moloch grâce à la Loi Peeters sur laquelle la "majorité" s'était engagée en même temps que l'accord budgétaire 2017. Celle-ci ne pulvériserait-elle pas notamment toute durée hebdomadaire légale du travail ? Car on sait la Commission européenne friande de la destruction de tous les droits des travailleurs, c'est là l'obsession des Fidèles Serviteurs du Grand Mordor, l'autre étant la modération salariale jusqu'au dernier euro[2], ce qui revient au même.

Alors ? Ayant subi dans le même temps 4 "ultimatums" en raison de la Fronde des Parlements Wallon et de la Communauté Wallonie-Bruxelles, organes refusant la Déclaration des Droits des Investisseurs nommée CETA, la Belgique est naturellement dans le collimateur de la Grosse Bertha.

Ce qu'ignore peut-être le Nabot Malfaisant Moscovici, c'est que son poste de tir est à Bruxelles (une capitale qu'il aurait sans doute du mal à situer sur une carte de géographie sociale, un peu comme Hollande l'Ukraine sur une carte de géographie.)

A défaut que l'Armée Belge ne cerne le Quartier Européen (en fait le Quartier Léopold, première zone entièrement occupée par l'UE[3]) ce qui lui permettrait de cesser de bombarder on ne sait qui on ne sait où, Le Musée de l'Europe & de l'Afrique a donné l'ordre d'appareiller à ses Frégates Lance-entonnoirs Thomas More et Erasme (cette dernière arrive toujours en retard malheureusement), notamment pour participer à la protection des Parlements encore un peu en état de marche et ravitailler en chantilly l'ensemble des travailleurs Belges qui peuplent les institutions européennes et les font tourner et dont on ne doute pas qu'ils entarteront les Nabots Malfaisants si la menace contre leur cher pays se précisait.

Il est peu probable qu'on puisse tous les mettre au placard, comme ce fut le cas de certains fonctionnaires européens mais néanmoins grecs, surpris à lire des textes considérés comme nazis sur leur ordinateur durant l'horaire de midi. Il s'agissait d'une tribune de Günther Grass. Et l'anecdote est authentique.

Depuis les toilettes de la Frégate Lance-entonnoirs Thomas More,

Le Peintre Du Champ

Lire

La lutte contre la loi travail peut être considérée comme un test majeur pour la Grosse Bertha de la "gouvernance économique" de l'UE

Faire un exemple dans le cas grec

Vers l'Europe néolibérale-autoritaire

Le traité d'austérité de l'UE : le rêve des lobbies du grand capital devient réalité.

Austérité à jamais

Ecouter

Les Bruxellois parlent aux Européens

Notes

[1] ""Nabot malfaisant" est le surnom donné par PLPL, canal historique à Alain Minc par pur plagiat de celui dont Marx avait affublé Adolphe Thiers (Note du Concierge)

[2] Lire « La Grèce doit devenir le miroir de l’Europe en matière de législation du travail »

[3] Lire Essayage : Le Prix Nobel de la Paix vous va si bien

lundi 24 octobre 2016

La dignité du Peuple

encheresgrece.PNG Cliquer sur l'image pour voir la vidéo

"La Dignité du Peuple" est un film de Fernando Solanas qui fait suite à "Mémoires d'un saccage" : alors que le second était consacré à l'écrasement des droits et de l'économie du plus grand nombre lors de l'offensive victorieuse de la dette en Argentine (improprement appelée "crise argentine") avec les complicités locales de plusieurs partis successifs, le premier décrit le sursaut populaire lorsque la vie ou la mort des petits propriétaires de la classe moyenne est posée par les saisies organisées au profit des fonds vautours. On y voit notamment la population empêcher le déroulement des enchères. Le scénario est le même en Grèce. Rappelons qu'un moratoire sur la saisie des résidences principales était en vigueur depuis la chute de la dictature. La troïka, aujourd'hui "les institutions", c'est à dire l'UE pour celle d'entre-elle qui prétend agir "en notre nom" par le biais d'on ne sait trop quel mandat, a toujours exigé que ce moratoire soit annulé par les memoranda successifs. Les pro-consuls européens en Grèce ont même convoqué des juges pour les menacer, car ils s'étaient refusés à ordonner des saisies immobilières. Finalement, le gouvernement Tsipras, "bouclier" de la population grecque comme le Maréchal Pétain fut celui de la population française (sic), n'ayant plus rien d'autre à céder, céda au printemps dernier. Il est bon de rappeler que c'est Moscovici, qui porta régulièrement cette exigence d'ancien trotskiste auprès de son homologue Tsipras auprès duquel il s'était fait rapidement expert en retournement de veste (le gendre idéal grec étant un peu emprunté, il avait besoin d'un peu d'aide pour ne pas trop déchirer son beau costume d'espoir de la gauche européenne !). Que personne n'oublie jamais le nom du Commissaire Moscovici, se présentant en notre nom à tous à la porte des chaumières grecques pour jeter à la rue des familles entières ! JAMAIS.

Le Concierge

Lire : Banalité du mal : L'huissier Moscovici se présente à la porte des chaumières grecques

Moscovici fait de la banalite du mal comme M. Jourdain de la prose

La marionnette Moscovici exige de nouvelles violations de la Constitution grecque

Moscovici fait pression sur la justice grecque

Les salauds ça ose tout, c'est à ça qu'on les reconnait !


source Iskra.gr

A SALONIQUE LES MANIFESTANTS ONT BRISE LES BARRAGES DE LA POLICE

LE COMBAT CONTINUE JUSQU’A LA SUPPRESSION TOTALE DES ENCHERES SUR LES HABITATIONS ET LES PATRIMOINES POPULAIRES

De nouvelles grandes mobilisations de citoyens et d’associations ont eu lieu mercredi 19 octobre devant les Tribunaux de paix de tout le pays. Accompagnées de l’abstention des notaires, elles ont empêché le déroulement des enchères.

A Salonique une mobilisation massive a bloqué, de manière particulièrement combattive, en brisant les barrages de la police, la mise aux enchères d’un champ par la présidente du Conseil des notaires de la ville, sans l’autorisation de ce Conseil !

Au cours de ces mobilisations, qui se sont déroulées devant les Tribunaux de paix de tout le pays, on entendait les mots d’ordre suivants : « Etat, UE et banques, les voyous volent les maisons du peuple ! », « Aucune maison aux mains du banquier ! », « Et aujourd’hui, et demain, et autant qu’il le faudra, nous serons dans les rues pour l’abolition ! », « Lutte, affrontement, abolition ! L’Histoire s’écrit en désobéissant ! », « Hors de nos maisons, vautours ! », « Vous accaparez nos maisons, vous vendez notre DEI (la compagnie d’électricité), à la fin vous allez vendre aussi l’Acropole ! »

Reprise du site de l'Unité Populaire (sans les encouragements de victoire du Parti...)

Traduction Joelle Fontaine

dimanche 23 octobre 2016

Le fou qui se prend pour le Président de l'Europe exige un Coup d'Etat en Belgique

La différence entre le fou qui se prend pour Napoléon et le Président de la République, c'est que le Président de la République, tout le monde croit qu'il est le Président de la République

Pierre Bourdieu

Après des mois et des années de protestations populaires contre les accords de libre-échange, sur lesquelles les représentations nationales ou régionales, soumises à leurs exécutifs et à toutes les maladies du parlementarisme de cooptation, se sont magnifiquement assises, deux des 7 Parlements compétents en Belgique, celui de la Wallonie et de la Communauté Française ont mis leur véto à l'accord de libre-échange entre le Canada et l'UE (comme toujours négocié sous la pression des lobbies et hors de tout contrôle démocratique) qui ouvre en outre la voie à la perte de compétences des juridictions nationales dans le domaine des "investissements", privatisation de la justice au profit de Cours d'arbitrages privées, consacrant l'irresponsabilité du big business devant la souveraineté nationale (un projet soutenu également par François Hollande dans le cadre du commerce transfrontalier.)

On ne peut que s'en féliciter, même s'il y a fort à penser qu'un PS menacé de disparition en Belgique comme ailleurs joue d'abord sa propre survie. Et que porter au pinacle une élite politique de remplacement, incarnée par Paul Magnette, sortie directement du sérail (il y a d'autres exemples dans d'autres pays !), c'est se préparer des lendemains qui déchantent, lorsque les politiciens professionnels lâcheront tout ce qu'il reste encore à lâcher en prétendant faire le contraire (l'exemple de la Grèce est sous nos yeux) après avoir relégitimé d'anciens appareils en pleine décadence. Tout simplement parce qu'on les aura crus...

Mais pour l'heure, c'est la réaction du fou qui se prend pour le Président de l'Europe (successeur de Van Rompuy, lire La boule à neige de l'Europe qui doit retenir l'attention. En adressant un "ultimatum" à la Belgique, celui-ci lui demande tout simplement de violer sa Constitution et de mater le Parlement Wallon, ce qui ne serait rien d'autre qu'un coup d’État. Or les coups d’État se succèdent en Europe. Les derniers ont eu lieu en Grèce, un pays transformé en protectorat des "Institutions" qui n'a même plus de parlementarisme formel, violant systématiquement sa Constitution et même son propre règlement parlementaire. A Chypre, il en va de même.

En France, les politiciens les plus arrivistes veulent en finir avec l’État de droit, dont on se demande si les Parlementaires comprennent seulement ce que c'est (il faut dire que la zone de non-droit du travail que constitue le Parlement fournit une première indication...). Et Le Premier Ministre, Valls, a lui-même fait l'éloge du nouveau système politique grec (abolition des droits du Parlement).

Dans un éclair tardif de lucidité (débouchant sur des préconisations tout à l'inverse de ses analyses, ce qui semble être sa marque de fabrique) Alain Lipietz y voyait l'ombre de la pensée juridique de Karl Schmidt. Et il est très clairement avancé que les Constitutions, pour ne pas être violées, doivent tout simplement être adaptées aux exigences des investisseurs. Ce que Noam Chomsky résumait en ces termes, un présent déjà là qui ne demande qu'à être gravé dans le marbre : Un « parlement virtuel » d’investisseurs et de bailleurs, qui « organise en permanence des référendums ».

L'ultimatum de Donald Tusk, les propos de Valls et des autres, sont des déclarations de purs factieux. La destruction du peu de souveraineté d'un petit État européen comme la Grèce et le sociocide en résultant sont des actes de guerre. Des actes de guerre qui nous rapprochent de guerres internes à nos sociétés (basées sur la solidarité "nationale" territorialisée QUI EST la sécurité sociale) mais aussi de guerres entre sociétés. Car théoriquement les Parlements décident aussi de la guerre et pourraient s'y opposer, particulièrement assiégés par la population, par exemple la guerre qui se déroule entre l'OTAN et la Russie, en Syrie et en Ukraine, en attendant de s'étendre.

Ces factieux doivent quitter la scène immédiatement car ils violent la souveraineté populaire de façon extraordinaire et non pas, comme on le vit tous les jours hélas !, ordinaire.

Le Concierge

mercredi 12 octobre 2016

Radicaux libres

Il est peu de mots qui en disent aussi long que celui de déradicalisation. Il ouvre, d’abord, un abîme dans le langage : d’un côté il existe semble-t-il toujours un « Parti radical », ou, plus étrange encore, un « Parti radical de gauche », qui regroupe, croit-on savoir, ceux de nos compatriotes de gauche qui sont les moins radicaux. Personne ne leur en veut ni ne songe à les enfermer. Personne ne propose non plus de déboulonner les statues d’Herriot, le radical par excellence, qui finit sa belle et stérile carrière en négociant on ne sait quoi avec Laval après le débarquement en Normandie. On voit s’ouvrir en revanche de fructueux petits commerces de « déradicalisation », où des gourous, où des gourelles, ayant compris la vie, tiennent commerce de nos peurs collectives et familiales sous la paternelle autorité du ministre de l’intérieur.

Telle quelle, l’idée de « déradicalisation » associe trois éléments : la haine du religieux, ou d’ailleurs de tout engagement décisif, la psychologisation de l’action publique, la préférence pour le traitement bureaucratique de tout.

Jean Birnbaum a bien montré, dans un essai récent, comment la gauche est incapable de penser le fait religieux en lui-même, dans lequel elle ne voit qu’une survivance archaïque[1]. Le seul défaut de cet essai est d’avoir limité son raisonnement à la gauche : en France, sous le rapport de la religion, la droite est de gauche, sauf cette partie de la droite qui prétend faire de la religion un facteur d’ordre et de préservation de la tradition, attitude littéralement blasphématoire naguère condamnée par le Pape à propos de l’Action française.

C’est l’héritage de la Révolution et de l’Empire. Bonaparte exigeait en 1800 que le mariage de Junot ait lieu de nuit, puisqu’il était impossible qu’un homme « investi de la faveur du Premier Consul » puisse être vu faisant « un acte religieux dans une église en plein jour ». Le Concordat, par lequel Napoléon espérait disposer d’évêques préfectoraux, ne changea rien, au contraire. C’était l’esprit de la Convention, quand Fouché à Lyon accrochait des crucifix à la queue des ânes pour mieux « foudroyer le fanatisme », et plus tard celui du Directoire, où un rapport de police signalait dans le quartier des Halles « un intérêt peu naturel » pour la religion catholique.

Nous en sommes toujours là. Que certains hommes envisagent un autre horizon que celui de la Bourse et du fitness nous dépasse, des anarchistes à nos jours en passant par ces moines qu’il fallut expulser du massif de la Chartreuse. Peut être ainsi qualifié de radical, à déradicaliser donc, tout homme qui pense que l’homme ne se réduit pas, dans sa destinée, à sa condition moderne de sujet de la théorie libérale des droits, pas plus qu’il ne se réduisait, sous les marxistes, à sa condition de travailleur. Disant cela, je ne mets certes pas tous les « radicaux » dans le même sac, les criminels et les autres, Merah et Antonin Artaud, mais je constate que la République, elle, les y met, sinon en usant, aujourd’hui comme hier, du même mot, mais en se soumettant aveuglément au même préjugé. Ce sont nos « élites républicaines » qui s’intéressent, non aux crimes, mais à ce qui selon elles les justifie, donnant dans le délire interprétatif et faisant à la fin la part belle au vocabulaire des criminels. Mieux vaudrait penser moins, réformer l’administration de la sécurité, laisser là la psychologie et traiter les assassins selon leurs actes au lieu de faire la police des intentions. Mais le courant est trop fort. En chaque fonctionnaire un théologien sommeille. La sociologie nous rassure et l’administration nous protège. On sondera les reins et les cœurs dans les centres subventionnés.

À ce compte-là, il eût fallu déradicaliser Rimbaud et La Poype, le héros de l’Union soviétique, André Breton et Léon Bloy, et peut-être l’oncle Gide, et sûrement François d’Assise et le vieil Ignace. Et on pourrait enfermer à Charenton, comme Napoléon le faisait des moines, tous ceux qui pensent que la mission de l’homme ne se réduit pas à la condition de salarié apeuré, réclamant des bagnes et des supplices, à droite, ou de créancier hargneux de la société macrobiotique et multiculturelle, à gauche.

Le Préfet, voilà l’horizon indépassable de notre temps. Le gouvernement précédent lui avait confié la charge de définir, par voie de consultation, l’« identité française », et ce grand moment de dinguerie administrative avait été l’un des points culminants du quinquennat. Le gouvernement d’aujourd’hui le change en gardien chef d’un petit univers asilaire où l’on guérira le mal de vivre. Ce faisant il dévoile le pot aux roses : quand les Français vantent leur République, c’est de leur Empire qu’ils parlent : égalitaire, autoritaire, policier, où le droit s’arrange toujours des nécessités de l’heure, pourvu que l’esprit soit tenu en lisière et qu’il y ait des soldats à applaudir.

François Sureau

Paru dans La Croix sous ce titre, le 20 septembre 2016

Notes

[1] Un silence religieux, Le Seuil, 2016, 240 p., 17 €.

samedi 24 septembre 2016

Le Conseil Constitutionnel proclame un Etat d'urgence au-dessus de la Constitution

Dans une analyse d'une décision récente du Conseil Constitutionnel ayant trait à la constitutionnalité des perquisitions administratives menées dans le cadre de l'Etat d'urgence avant l"entrée en vigueur de la loi du 15 novembre 2015, Paul Cassia pointe une évolution particulièrement dangereuse de la jurispridence du Conseil qui n'hésite pas à faire prévaloir l'Etat d'urgence sur la Constitution.

En effet, si ces perquisitions ont été déclarées anti-constitutionnelles,

Dans le dernier paragraphe de sa décision, le Conseil constitutionnel décide ceci : « la remise en cause des actes de procédure pénale consécutifs à une mesure prise sur le fondement des dispositions déclarées contraires à la Constitution méconnaîtrait l'objectif de valeur constitutionnelle de sauvegarde de l'ordre public et aurait des conséquences manifestement excessives. Par suite, les mesures prises sur le fondement des dispositions déclarées contraires à la Constitution ne peuvent, dans le cadre de l'ensemble des procédures pénales qui leur sont consécutives, être contestées sur le fondement de cette inconstitutionnalité ». En clair, l’inconstitutionnalité de la version originelle de l’article 11 de la loi du 3 avril 1955 est tout simplement neutralisée par le Conseil constitutionnel, parce que… celui-ci en a décidé ainsi ; par comparaison, en censurant une partie des dispositions du I de l'article 11 de la loi du 3 avril 1955 dans sa version issue de la loi du 20 novembre 2015 en tant que cette loi n'entourait pas de suffisamment de garanties les saisies informatiques réalisées au cours des perquisitions administratives, le Conseil constitutionnel avait décidé, dans sa décision Perquisitions administratives de l'état d'urgence I du 19 février 2016, que cette inconstitutionnalité "peut être invoquée dans toutes les instances introduites à cette date et non jugées définitivement".

Six mois plus tard, un simple « objectif de valeur constitutionnelle » de préservation de l’ordre public, qui n'est rien d'autre qu'une création issue de l'imagination des membres du Conseil constitutionnel dépourvue de valeur contraigante, vient tout-à-trac faire échec au droit constitutionnel au respect de la vie privée ancré dans la Déclaration de 1789 ; l'invocation stéréotypée et purement abstraite par le Conseil constitutionnel de vagues « conséquences manifestement excessives » (excessives pour qui ? pourquoi manifestement ?) ne constitue pas davantage une « motivation » suffisant à masquer l’arbitraire du « raisonnement » du Conseil constitutionnel sur les effets dans le temps de la censure ainsi neutralisée. Laurent Fabius ne cesse de dire, depuis sa nomination à la présidence du Conseil constitutionnel en février 2016, qu'il entend "enrichir" la motivation des décisions de l'institution qu'il préside ; il y a encore loin de la coupe au lèvres....

En définitive, des personnes pourront continuer à être poursuivies sur la base des plus de 780 perquisitions inconstitutionnelles menées entre le 14 et le 20 novembre 2015, alors que chacun sait désormais que l’opération de police qui est à l’origine des poursuites ne repose pas sur une assise législative conforme à la Constitution.

Ainsi va - ou plus exactement ne va pas - l’Etat de droit à la française sous l’empire de l’état d’urgence…

Lire l'intégralité de l'analyse de Paul Cassia sur son blog

vendredi 23 septembre 2016

"Alexis Tsipras et les siens sont une bande de criminels politiques"

“SYRIZA a offert tous les biens de l'État Grec à une hyper-caisse contrôlée par la Troïka, c'est-à-dire par des étrangers. C’est une trahison nationale qui dépasse d’ailleurs celle de la gauche par SYRIZA, voilà l’œuvre de SYRIZA, notre pays se trouve sous une occupation coloniale comme jamais auparavant. Le général Metaxás ou les Colonels... n’ont jamais tombé si bas. Alexis Tsipras et les siens sont une bande de criminels politiques, c’est le gouvernement le plus vendu... et cela depuis toujours”, déclare très ouvertement Alékos Alavános, ancien chef de... SYRIZA (radio 90.1 du Pirée). Je dirais que c’est le constat ainsi fait, le ressenti en tout cas, que j’entends tous les jours de la part des Grecs à plus de 90% d’entre eux. Ils en rajoutent d’ailleurs dans le... style: “Ces gens... il va falloir les pendre”, inutile de... commenter.

Entre la crise grecque, la “gestion” SYRIZA qui devient chaque jour davantage... le camp politique le plus haï en Grèce depuis bien longtemps et enfin, la crise importée et imposée, celle des migrants, le cocktail comme on dit est plus qu’explosif.

Nos nombreux touristes défilant devant Épidaure ou déambulant dans les ruelles étroites de Nauplie, n’y distinguent presque rien de l’implosion grecque laquelle s’accélère comme jamais, autant dans les faits qu’à travers ses réalités. Vivement l’été... 2017 !

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou, consacré aux événements de Lesbos, paru sous le titre "Au-delà de l'invisible" sur son blog Greekcrisis.

La vie dans une colonie contemporaine de la dette : la vérité sur la Grèce

En mai (2016), probablement pour la première fois dans l’histoire du monde occidental d’après-guerre, un Parlement national a volontairement cédé ce qui restait de la souveraineté de son pays, en se votant lui-même obsolète. Ce développement, cependant, n’a pas fait les grands titres dans le cycle des nouvelles mondiales et a également été ignoré par la plupart des médias soi-disant de gauche.

Le pays en question est la Grèce, où un projet de loi omnibus (c’est-à-dire portant sur divers sujets pas forcément reliés entre eux, NdT) de 7 500 pages vient d’être adopté, sans aucun débat parlementaire, transférant le contrôle sur tous les biens publics du pays à un fonds contrôlé par le Mécanisme de stabilité européenne (MSE) pour les 99 prochaines années. Cela inclut toute l’infrastructure publique, ports, aéroports et ressources naturelles, tous passés sous le contrôle du MSE, un organe non démocratique supranational, qui ne rend de comptes à aucune instance parlementaire ou élue. Dans ce même projet de loi, le Parlement grec s’est également privé de droit de vote : la législation annule le rôle du Parlement dans l’établissement d’un budget national ou l’adoption d’une loi fiscale. Ces décisions seront dorénavant prises automatiquement, à la demande de l’Union européenne : si les objectifs fiscaux définis par l’UE, le FMI et le MSE ne sont pas atteints, des coupes automatiques seront activées sans débat parlementaire, ce qui pourrait tailler dans les dépenses sociales, les salaires et les retraites. Dans la législation précédente, le Parlement grec acceptait de soumettre pour approbation tous les projets de loi en suspens à la troïka. Pour trouver un précédent historique, il ne faut pas remonter plus loin que la Loi des pleins pouvoirs adoptée par le Reichstag en 1933, où le Parlement allemand a voté en faveur de la suppression de son droit d’exercer son pouvoir législatif, transférant le pouvoir absolu de gouverner et d’édicter des lois, y compris non constitutionnelles, au chancelier Adolf Hitler (C'est pourtant cette "procédure parlementaire" que le factieux Valls a cité en exemple à suivre, Note du Concierge).

Le projet de loi grecque omnibus avait été précédé d’un autre, réformant le système des retraites de la Grèce par la promulgation de futures réductions des pensions, tout en augmentant les impôts presque entièrement automatiquement. Bien que le gouvernement soutienne le contraire, ces coupes sont régressives et auront un effet disproportionné sur les couches les plus pauvres de la société : la retraite de base a été abaissée à 345 euros par mois, les pensions complémentaires aux personnes pauvres ont été supprimées, la taxe sur la valeur ajoutée de beaucoup de produits de base a été élevée à 24%, le nombre de ménages ayant droit à des subventions pour le fuel de chauffage a été réduit de moitié, alors que les taxes sur le pétrole et le carburant ont de nouveau été augmentées, les participations sur les prescriptions de médicaments couvertes par l’assurance maladie publique ont été relevées de 25%, les contributions des salariés à la caisse de sécurité sociale ont été augmentées (réduisant efficacement les salaires), des taxes spéciales ont été introduites sur le café et les boissons alcoolisées, tandis que les petites entreprises en difficulté en Grèce ont vu leur taux d’imposition passer de 26 % à 29 %.

En plus des éléments législatifs mentionnés ci-dessus, le gouvernement grec a, en effet, renoncé à sa souveraineté nationale plus tôt cette année lorsque, dans le cadre de l’accord entre l’UE et la Turquie sur la crise des réfugiés et des migrants, la Grèce a accepté sans condition la présence de navires de guerre de l’OTAN et de personnel de l’armée et de la police turques dans la région de la mer Égée, tandis que le ministre grec de la Défense, le patriote Panos Kammenos, a publiquement proposé la construction d’une nouvelle base de l’OTAN sur l’île de Karpathos.

Alors que la Grèce a fait les manchettes mondiales ces dernières années, les médias sont restés silencieux sur cette dernière attaque néolibérale contre l’économie du pays et sur les entreprises et les ménages grecs déjà en difficulté. Mais ce ne sont pas seulement les médias grand public qui sont restés tranquilles. Des organes de presse censés être de gauche, comme Democracy Now ! ont oublié de parler de la Grèce, depuis la trahison par Syriza du résultat du référendum du 5 juillet 2015, où une majorité écrasante (62 %) de votants a rejeté une austérité accrue. Des intellectuels de gauche comme Noam Chomsky et Naomi Klein sont aussi restés silencieux. Ces médias et ces intellectuels de gauche avaient tous, à un moment donné, soutenu publiquement Syriza – même lorsqu’il y avait des signes que Syriza n’était pas ce qu’il prétendait être. Aujourd’hui, ces médias et ces personnalités intellectuelles refusent d’admettre qu’ils avaient tort ou de dénoncer ouvertement la trahison de Syriza, tout en n’apportant aucun soutien aux autres mouvements, véritablement opposés à l’austérité, qui existent en Grèce.

Bien sûr, même lorsque la Grèce apparaissait dans les informations, la vérité sur ce qui se passait réellement dans le pays était obscurcie par les partis pris majoritairement pro-UE et pro-austérité des médias internationaux, qui se faisaient passer pour des informations objectives. C’est également vrai pour les organes de presse contrôlés par l’oligarchie en Grèce. Regardons ce qu’ils ont dissimulé.

Traduit par Diane, vérifié par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

Lire la suite sur le site Le Saker Francophone

mercredi 14 septembre 2016

"Ils nous réduisent au niveau du bétail pour nous humilier"

Les affaires dites sociales iront ainsi d’euphémisme... en euphémisme, le commun des mortels se débat dans ses problèmes financiers, contre l'angoisse de se voir disparaître définitivement de l’économie réelle, et ainsi de l’existence... l’électricité en moins.

Il suffit d’observer (et surtout de vivre) par exemple une journée dans les locaux de la Régie d’Électricité (DEI), accueillant “son” si large public pour tout dire furieux et toujours à bord de l’explosion. Depuis... l’avènement de la crise et de la Troïka en Grèce, la facture d’électricité s’est considérablement alourdie, pour devenir... insupportable ; cela, entre l’accumulation de bien nombreuses taxes, les augmentations tarifaires, et les “autres coûts et prélèvements divers” que l’on voit apparaître dans les factures.

Ce que les Grecs ne savent pas toujours, c’est que ces... autres coûts ainsi facturés, tentent à couvrir en réalité les pertes que la Régie subit depuis que les branchements... sauvages et forcément illégaux sur son réseau se sont multipliés. Ce phénomène prend des proportions jamais imaginées, plus de 5.500 cas ont été détectés durant les six premiers mois de cette année, au lieu de 8.500 cas similaires avérés pendant toute l’année 2015, d’après les données rendues publiques par la Régie, reprises par pratiquement toute la presse ce dernier temps

Les agents de la Régie... enregistrent chaque mois près de 1000 nouveaux cas de branchements illégaux et dangereux (on compte déjà un certain nombre de morts par électrocution parmi les... intéressés) ; au... palmarès des pratiquants ainsi repérés, on y découvre non sans une certaine surprise, des hôtels, des restaurants, des boutiques, des étables et évidemment, de nombreuses habitations. Et lorsque les agents s’y rendent sur place, leurs tentatives... de neutralisation des compteurs s’avèrent fort risquées, entre menaces, passage à tabac... d’où peut-être tout “l'intérêt” d’installer un jour en Grèce des compteurs Linky (comme actuellement en France), histoire de pouvoir réaliser les opérations d’interruption et de mise en service à distance ! Début septembre, le patron d’une taverne dans la banlieue d’Athènes, a même ouvert le feu contre le véhicule des agents de la Régie, lesquels se sont aussitôt rendus au commissariat de la commune. En attendant, et pour... s’éviter le flagrant délit, l’auteur des faits a pris la fuite.

Le courant ne passe décidément plus comme avant en Grèce, car aux milliers de branchements illégaux, s’ajoutent les factures impayées, la somme globale... avoisine tout de même les trois milliards d’euros. Pour faire face à cette situation, la Régie renouvèle sans cesse ses “Programmes d'arrangement”, échelonnant sur plusieurs mois le règlement des factures impayées, avec l’obligation faite aux consommateurs de ne plus retarder d’un seul jour, le paiement des factures suivantes. Tout un programme... Devant les locaux de la Régie d’un quartier d’Athènes, un graffiti en dit long sur la situation: “Tu peux m'envoyer autant de factures que tu veux, je resterai toujours redevable de 492€” ! Compte... alors exact.

(...)

Mais il y a pire. En visitant un peu le bâtiment de la Régie, l’observateur... participant et averti, constatera avec stupeur qu’il s’agit d’un immeuble vidé et laissé à l’abandon, sauf au rez-de-chaussée, les réductions successives de l’effectif sont passées par là. “C'est comme durant l'autre Occupation Allemande d’après ce que ma mère me racontait, ils nous réduisent au niveau du bétail pour nous humilier” lance d’une voix bien forte une femme âgée (...)

Extraits de l'article de Panagiotis Grigoriou, paru sous le titre "D’euphémisme... en euphémisme " sur son blog Greekcrisis

dimanche 11 septembre 2016

Histoire immédiate

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A l'heure où Yanis Varoufakis met tout en oeuvre pour sauver (la croyance en) la zone euro et l'UE (remparts contre les "populismes" et l'extrême-droite si on comprend bien, alors qu'elles les enfantent jour après jour !), après y avoir sacrifié la Grèce en refusant de "renverser la table" pour finalement "passer dessous", puis avoir fait campagne pour le Remain au Royaume-Uni et qu'un référendum sur la sortie de l'UE a été abandonné par la gauche de la gauche à Marine Le Pen (qui a fini par s'en saisir par électoralisme bien compris et machiavelisme ux petits pieds du grand Sophiste devant l'Eternel en burkini Jacques Sapir), avec toutes les conséquences que cela va avoir (à savoir exactement ce que cette gauche auto-proclamée et socialement auto-centrée prétend vouloir éviter, comble de la "Distinction"!), il est bon de revenir sur l'histoire immédiate, telle que rapportée par Eric Toussaint, initiateur de la Commission d'audit sur la dette grecque qui, comme il le souligne n'est même pas mentionnée dans le livre de Varoufakis publié en 2016 "Et les faibles subiront ce qu'ils doivent" (c'est le cas de le dire !), suivant en cela Tsipras qui a fait disparaitre ses travaux du site du Parlement. Le déni dans la gauche de la gauche de ce que les Grecs appellent eux sans fausse pudeur "internationaliste", et pour cause, "la trahison de Tsipras" (on veut parler de l'internationalisme de Tartuffe bien évidemment qui se concentre bien traquillement sur "l'échelle internationale" qui cache mal le rêve de faire son nid dans des instances supra-nationale, à défaut de tout soutien international efficient aux luttes "nationales" dont la Commission sur la dette grecque a pourtant démontré de façon exemplaire les perspectives d'efficacité) qui trouve ses racines en 2012 (et dont Varoufakis est partie prenante) provoque en effet parfois le même sentiment que ressenti par Orwell, revenu de la Guerre d'Espagne et lisant la presse de gauche de son pays. Et malheureusment, à bien des égards, on peut craindre que la gauche de la gauche ne soit pas loin de penser : "nous sommes tous Tsipras" (Et il est bien possible qu'elle le soit.). Espérons que les mois qui viennent nous donneront tort...

Le Concierge

Picture_53.png Collections du Musée de l'Europe. C'est sûr que face à la tiers-modisation du Sud, l'urgence est de protéger les rentiers du Nord de l'inflation !!! Et que les euros du Sud ne sont pas déjà réfugiés en Allemagne !!! (Note du Concierge)

Extraits :

"La deuxième raison qui a poussé James Galbraith à ne pas signer cet appel (l’appel international de soutien à la constitution du comité pour l'audit de la dette grecque NDE) , c’est l’avis que lui a donné Yannis Varoufakis. Celui-ci a expliqué publiquement en 2011 pourquoi il refusait de souscrire à l’appel à la création de la commission d’audit. Il déclare qu’il a été contacté par Galbraith qui lui demandait s’il fallait signer ou pas cet appel et qu’il lui a recommandé de ne pas le faire. Ce refus de Yannis Varoufakis permet de mieux comprendre son attitude distante à l’égard de la Commission pour la vérité sur la dette grecque quand il est devenu ministre des Finances dans le premier gouvernement d’Alexis Tsipras en 2015 Dans une longue lettre publique publiée au printemps 2011, Y. Varoufakis justifie son refus de soutenir la création du comité citoyen d’audit (ELE). Il déclare que si la Grèce suspendait le paiement de la dette, elle devrait sortir de la zone euro et se retrouverait du coup à l’âge néolithique (sic !). Y. Varoufakis explique que, par ailleurs, les personnes qui ont pris cette initiative sont bien sympathiques et bien intentionnées et qu’en principe, il est favorable à l’audit mais que, dans les circonstances dans lesquelles la Grèce se trouve, celui-ci n’est pas opportun"

(...)

Quelques mots sur cette conférence. Elle a donc eu lieu début mars 2011 à Athènes. J’y ai été invité comme intervenant par Synaspismos (la composante principale de Syriza) et par le Parti de la Gauche européenne. Au cours de cette conférence ont pris la parole Alexis Tsipras, Yanis Varoufakis, Oskar Lafontaine (un des fondateurs de Die Linke), Pierre Laurent (dirigeant du PCF et du Parti de la Gauche Européenne), Mariana Mortagua du Bloc de Gauche au Portugal, Euclide Tsakalotos (qui est devenu ministre des Finances après la démission de Yanis Varoufakis), Yannis Dragazakis (qui est devenu vice-Premier ministre dans les gouvernements Tsipras 1 et 2), moi-même et plusieurs autres invités. À cette conférence, ma communication a porté sur les causes de la crise, l’importance vitale de réduire radicalement la dette par des mesures d’annulation liées à la réalisation d’un audit de la dette avec participation citoyenne. Yanis Varoufakis a présenté ce qu’il a appelé une modeste proposition qu’il a reprise lors de la première phase de négociation avec les créanciers en février 2015, soit 4 années plus tard.

Extrait de Grèce : L’ambivalence des dirigeants vis-à-vis de l’ordre financier et de la dette malgré des débuts prometteurs de la lutte

Lire aussi : Les leçons de la capitulation du 13 Juillet 2015

Quand Tsipras fait disparaître toute trace de ses contradicteurs !...

Synthèse du rapport de la Commission pour la vérité sur la dette grecque

Le Plan B pour l'Europe ?

mercredi 7 septembre 2016

L'UE et Syriza dissolvent le peuple grec

Pays métapolitique Tsipriote, brisures de riz sociales... l’avenir en pilaf, l’économie en moins ! “L'époque où quelqu’un était son propre patron est terminée”, a déclaré (25 août) à la télévision Chara Kafandari, députée SYRIZA, pour ensuite faire l’éloge d’une supposée nouvelle forme d’entreprises ‘KOINSEP’, “Entreprises sociales et coopératives” entre particuliers... avec une participation nécessaire des collectivités locales.

Notons que la... “Passionaria” Kafandari, n’a travaillé que sous l’étiquette... protégée de syndicaliste à la Banque Nationale de Grèce, née en 1958 et déjà... jeune retraitée aisée depuis un temps, au moment où ceux de la Grèce... de l’envers, viennent de constater que le montant de leur retraite a encore été diminué depuis le 1er Septembre. Et quand au futurs retraités... c’est certainement dans un authentique au-delà qu’ils existeront.

“Le gouvernement annonce ces mesures dites ‘d’économie sociale’, pour en réalité renforcer le rôle des infâmes KOINSEP, destinées aux petites et moyennes entreprises et aux travailleurs indépendants de taille. On annonce aussi un programme de travail de trois à huit mois pour les chômeurs, pour ainsi aménager le paysage de leur misère, avant bien sûr, le grand changement de caractère ‘institutionnel’ (la reforme de la Constitution annoncée par Alexis Tsipras) !!!”

“Puis, s’y ajoute ce paysage de la télévision en pleine mutation !!! C’est la possibilité alors accordée aux autres ‘puissances démocratiques’... à nous ‘administrer’ de la culture, des loisirs comme supposons, de nous informer. Enfin, ne pleurez pas pour l'exode massif de vos enfants à l'étranger, ils sont ainsi devenus des... citoyens du monde. Quelle est-elle alors notre planète actuellement ? Un Village Global. Ceux qui partent à l'étranger, ou sinon... qui quittent ce monde définitivement, seront donc remplacés par les migrants. Ainsi, le solde déficitaire entre les départs et les arrivées, entre les naissances et les décès, sera couvert de manière adéquate. D'ailleurs, cela vient même d’être dit sous certaines lèvres officielles du gouvernement. La déshellénisation, de ce fait programmée à tous les niveaux est en route”, analyse de son côté Yórgos Siozos dans son pamphlet publié sur un site politiquement très à gauche. Yórgos, vieux militant et cadre jadis très actif à gauche (et très ancien de SYRIZA), Yorgos, ami depuis les bancs de l’école surtout, de notre ami Panagiótis Papadákis, qui n’est plus de ce si bas monde depuis mai dernier.

Pays métapolitique Tsipriote, brisures de riz... sociales, SYRIZA (et son allié ANEL, formation du dernier ridicule), a dissous la Gauche, avant de dissoudre enfin le peuple grec tout court. Le cirque métapolitique continue et l’amertume largement partagée se transforme en haine. C’est inévitable, seuls les apparatchiks gouvernementaux et les leurs... ne peuvent, ou ne veulent rien y voir, ni entendre.

Récemment à Athènes, j’ai rencontré par hasard A.Z., une connaissance, nous avions partagé certains moments du temps des luttes contre les mémoranda, mais en... 2014. A.Z., poursuit sa carrière Syriziste du... haut de son (petit) poste de fonctionnaire supposé modeste, il raconte combien et comment il trouve le temps d’œuvrer pour son plus grand bien, ayant très précisément pris part au sein d’une KOINSEP, propulsée par tel ministère, financée en partie par telle collectivité, et ainsi soutenue dans une future campagne de... Crowdfunding. “C'est l'avenir, et cela semble nous réussir déjà”, me dit-il.

Je lui raconte nos difficultés... notre survie à la petite semaine, nos... tentatives économiques incertaines, le contexte au voisinage, nos amis chômeurs... nos disparus ; toute cette adversité finalement d’un autre type de temps de guerre. “Ah... non, tout ira mieux, d'ailleurs nous attendons tous... le versement des prochaines aides de l’UE, comme celles du paquet Juncker. Cela financera nos... nouvelles structures, et le pays entier ira mieux... comprends-tu ? D’ailleurs, as-tu envie de participer à une Commission consultative au Ministère... ?” Bonne blague, ou plutôt très mauvaise. Je lui ai fait brièvement part de mon point de vue, essentiellement, de ma désapprobation alors profonde de la... gouvernance actuelle et je l’ai sèchement salué. A.Z. habite désormais une autre planète... voilà comment on apprend aussi à vivre avec les... extra-terrestres.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Sports extrêmes" sur son blog Greekcrisis

mardi 6 septembre 2016

Polémique suite à la réforme de l'audiovisuel en Grèce

On reverra avec intérêt la fin de Fascisme Inc. qui montre ces chaines faire la promotion des skinheads d'Aube dorée devenus respectables par la grâce de ces médias. On dit quoi ? On dit merci Tsipras ! Et rendez-vous devant le TPI... (Note du Concierge)

Le secteur de l’audiovisuel grec est en pleine ébulition suite à la réforme portée par le Premier Ministre Alexis Tsipras. Voulant « mettre fin à la corruption dans le secteur des médias et permettre une meilleure régulation » l’initiative du chef du gouvernement s’est traduite par la mise en place d’enchères qui ont permis de récolter 246 milliards d’euros et qui ont vu difficilement le nombre de chaines privées passer de 8 à 4 ! Un chiffre jugé suffisant pour le gouvernement au regard d’un marché publicitaire de 280 milliards d’euros annuels et qui a provoqué une vive réaction dans l’opposition qui accuse le gouvernement de faire la chasse aux patrons des médias opposés à l’actuel exécutif !!! Les quatre vainqueurs sont les chaines déjà existantes Skai et Antenna TV detenues pour des familles d’armateurs ainsi que les diffuseurs de nouvelle génération des programmes de l’homme d’affaires Ionnis Kalogritsas et de l’armateur Vangelis Marinakis

Source telesatellite.com via Véronique Azemat

Complément du 7 septembre 2016, extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Sports extrêmes" sur son blog Greekcrisis

Au rythme... des symboles désuets qui définissent le pays en ce moment, le gouvernement multiplie les opérations de communication... en brassant de l’air dans une Grèce asphyxiée. Alexis Tsipras vient ainsi d’inaugurer une portion d’autoroute dans le Péloponnèse, construite par l’entreprise de BTP appartenant à son... ami promoteur (de “gauche”) Chrístos Kalogritsas (radio 90.1 FM, le 2 septembre).

Pour la petite histoire, Kalogritsas, ingénier civil et... quasi-journaliste, avait été l’éditeur par le lointain passé (1986-1990) d’un quotidien de gauche pro-KKE (PC grec), il est par la suite devenu homme agissant de la télévision privée, avant d’être propulsé à la tête de l’ERT (Radio et Télévision publique) par décision d’Andréas Papandréou en personne. Notons que Kalogritsas avait été maintenu à son poste durant l’essentiel de la période Simítis, et à l’époque, il a entre autres... bienfaisances, ouvert “son” temps télévisuel au journaliste arriviste Stávros Theodorakis, l’actuel chef du parti... de Jean-Claude Juncker et de Martin Schulz en Grèce “To Potami” (“Rivière”).

Kalogritsas fonde en 2011, la société ‘Pileus Holding’, spécialisée dans les transactions immobilières, participant également au capital d’autres structures ; le champ est alors large: informatique, médias, sociétés de sondages et de publicité. Le capital initial (annoncé) de sa société était de 500 000 euros (source: “To Pontíki” du 2 Septembre).

Le... hasard du calendrier fait que Kalogritsas est aussi un des quatre “gagnants” de la... procédure d’octroi des quatre licences de chaînes nationales généralistes privées en Grèce. “Soixante-trois heures durant lesquelles les huit candidats en lice et leurs équipes, parmi les hommes d’affaires les plus influents du pays, sont restés enfermés dans un huis clos inédit au sein d’un bâtiment, surprotégé pour l’occasion, du Secrétariat général de l’information et de la communication. Cette bataille à coups de millions a donné l’avantage à quatre des oligarques grecs les plus puissants, et pas les moins polémiques. Chacune des quatre licences était mise aux enchères à 3 millions d’euros. Le gouvernement a annoncé avoir finalement récolté près de 246 millions. Un record, qui montre la férocité avec laquelle se sont déroulées les opérations”.

“L’armateur multimillionnaire Vangélis Marinakis, par ailleurs président du grand club de foot du Pirée, l’Olympiakos, a obtenu une licence en déboursant 73,9 millions d’euros. M. Marinakis, très actif politiquement dans la municipalité du Pirée - on l’appelle aussi le “maire de l’ombre” de ce port stratégique grec -, fait toujours l’objet d’une action en justice dans une affaire de crimes organisés (matchs truqués) dans le milieu du football (...) Ivan Savvidis, un homme d'affaires gréco-russe à la tête d'un groupe florissant en Russie, particulièrement offensif économiquement à Thessalonique, la grande ville du Nord, a, quant à lui, finalement renoncé à obtenir une licence (...) Les deux nouveaux venus dans l’univers des médias auront comme adversaires Théodore Kiriakou et Yiannis Alafouzos, tous deux armateurs et propriétaires respectivement des chaînes ANT1 et Skai, déjà existantes et qui peuvent donc continuer leurs activités”, note Adéa Guillot dans son reportage fort détaillé publié dans “Le Monde”.

Pour compléter ce reportage (car “Le Monde” aurait du mal à... s’exprimer de la sorte), Ivan Savvidis aurait été en réalité écarté car il serait proche du pouvoir en Russie, les... Occidentalistes auraient interdit au “petit” Tsipras d’accorder (même indirectement) une fréquence aux... Russes, surtout lorsqu’on sait que l’opinion publique grecque est (déjà) largement russophile et encore, très hostile à l’européisme (d’ailleurs condamné à travers les mentalités partout en Europe), comme à la politique germano-compatible de celui-ci. Par symétrie opposée, certains éditeurs et journalistes des médias de Yiannis Alafouzos (‘Skai’ et ‘Kathimeriní’), télévision déjà existante et qui peut effectivement continuer ses activités, sont souvent invités du côté de... “Bilderberg Group”, Alexis Papahelas entre autres. Ceci explique éventuellement cela !

“Cette procédure d'octroi des quatre licences tient de l'orchestration d'une cérémonie satanique... par une bande de mafiosi”, commente de son côté Alékos Alavános, (très) ancien chef de SYRIZA et actuel initiateur du mouvement du ‘Plan-B’. C’est... plutôt clair.

mercredi 31 août 2016

Cotisations sociales post-modernes à la mode des escropathes des "Institutions" (ex-troïka)

Père Ubu a trouvé son maître. Mais au passage c'est toute forme de rationalité économique et étatique, et de calculabilité pour parler commeMax Weber, nécessaire à la vie sociale qui y passe. Leur programme est de détruire intégralement le tissu des PME grecques, une sorte de dékoulakisation industrielle... En attendant famines et épidémies. Qui arrêtera cette bande de névropathes ? (Le Concierge)

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En vertu d’une nouvelle loi destinée à lutter contre le travail au noir, désormais, les entreprises grecques ne devront plus payer leurs charges sociales en fonction de leurs effectifs déclarés, mais en fonction des effectifs qu’elles seront supposées avoir en vertu d’un certain nombre de critères.

Ces critères, au nombre de 8, permettront de déterminer l’effectif théorique elles devraient avoir pour réaliser le chiffre d’affaires qu’elles ont enregistré. Ce sont les suivants :

Type d’entreprise

Taille de l’entreprise

Nombre d’heures d’opérations

Nature éventuellement saisonnière de l’activité

Chiffre d’affaires de l’entreprise

Nombre de personnes qualifiées nécessaires pour les activités de l’entreprise

Situation géographique de l’entreprise

Travail personnel effectué par l’employeur ou ses partenaires en affaires.

Ainsi, si le ministère du Travail parvient à la conclusion, sur la base de ces critères, qu’une entreprise ayant déclaré un effectif de 3 personnes, devrait en employer 5, alors elle devra payer des contributions sociales calculées sur la base d’un effectif de 5 personnes.

De même, si elle a déclaré que ses 3 employés travaillent à temps partiel, ils seront réputés être à temps complet. Une mesure passée inaperçue

La mesure a été votée en juin dernier dans le cadre de la Réforme des Pensions, mais comme les baisses des pensions également prévues dans cette réforme ont monopolisé l’attention des médias et du public, elle est totalement passée inaperçue.

Elle vise à lutter contre le travail clandestin, que l’on évalue à 25 % du PIB grec. Le manque à gagner correspondant pour le Fonds de sécurité sociale du secteur privé (IKA) s’élèverait à entre 5 et 6 milliards d’euros. Des effets pervers ?

“Cela pourrait dans aboutir à une hausse de 70 % des contributions sociales pour les employeurs”, commente le site Capital.gr.

Le blog Talking Greece déplore vivement la mise en oeuvre de cette mesure :

“Le plan, tout satanique qu’il semble être, comporte aussi un autre aspect scandaleux : le Fonds IKA recevra de l’argent pour des employés fictifs et il n’aura jamais à retourner ce montant sous forme de pensions et/ou de services de soins de santé. L’IKA sera sauvé, mais les très petites entreprises, et les petites et moyennes entreprises seront détruites. (…)

Vous vous demandez toujours pourquoi entre 65.000 et 70.000 auraient prétendument postulé pour délocaliser leurs sièges sociaux à l’étranger ? Si les impôts et les contributions absorbent plus de 50 % de leurs revenus, et que c’est l’Etat qui détermine combien d’employés votre entreprise doit avoir, quel est l’intérêt d’avoir une entreprise en Grèce ?”

Source : l'Express via Véronique Azemat

Note du Concierge : Pour bien comprendre la "restructuration" massive à l'oeuvre en Grèce, lire aussi Réduire radicalement la petite paysannerie grecque pour ouvrir un boulevard à l’agrobusiness encore peu implanté en Grèce et Repêcher... l'Union Européenne . Il s'agit, comme dans l'URSS de Staline, de liquider l'économie existante et les formes de vie qui y sont liées (dékoulakisation) pour faire tout autre chose, une économie de monopoles industriels tout puissants. Alors une question se pose : pourquoi les écologistes, les alter-mondialistes, les Mélenchonistes (et même les Lordonistes, un petit livre et puis s'en va ?) ne parlent quasiment plus de la Grèce qui devrait pourtant leur fournir des exemples on vivo et particulièrement mortifères de la véritable nature de l'Union européenne, dans le même temps où les petits kapos de la Grèce que sont notamment Valls et Moscovici en font l'exemple de ce qu'il faut faire et donc de ce qui nous attend ? Pourquoi les écologistes n'alertent-ils pas sur la catastrophe écologique en Grèce qui se fait formellement en "notre nom" ? Pourquoi les anti-productivistes ne dénoncent-ils pas à flux tendu la destruction des PME grecques et de l'agriculture paysanne et/ou à petite échelle pour les remplacer par les Konzerns qui détruisent tout sur leur passage ? Pourquoi les anti- et dé- coloniaux s'avèrent-ils incapables d'identifier une colonisation conduite en notre nom à tous et sous no yeux ? Seulement parce qu'il ne faut surtout pas que les gens se demandent comment ils ont pu croire aux beaux discours de Tsipras avant de se rabattre sur son habile complice en trahison, le très Sorossien Varoufakis, car cela ne peut que rendre tout beau discours "de gauche" éminemment suspect (ce qui serait sain 60 ans après la mort d'Orwell) alors que la seule chose qui compte serait la conquête du pouvoir à la faveur de la désintégration du champ politique qui nécessite essentiellement de "faire croire" ? Dans ce cas c'est plutôt ce silence qui achèvera de discréditer les porte-paroles auto-proclamés d'un "autre monde possible" et assurera le triomphe final de la réaction... A moins qu'ils ne parviennent à être cooptés, sur fond de romantisme révolutionnaire kitchissime et de flûte d'Hamelin/Facebook/Twitter/Google/Amazon au service des intérêts servis par les ingénieurs en changement de régime et renouvellement du personnel politique d'encadrement ?

samedi 27 août 2016

Moscovici fait pression sur la justice grecque

Le semblant d’été grec s’éclipse, et le “gouvernement” ayant définitivement perdu aux yeux des Grecs son imperméable... supposé de gauche, tente de faire diversion comme il ne le peut plus ; entre les déclarations d’Alexis Tsipras “sur la nécessaire reforme de l'Europe” à l’insignifiante réunion des chefs socio-démocrates de Paris, et la mise (enfin) en examen de Georgíou, responsable de l’Office des Statistiques ayant délibérément falsifié ses données, pour transmettre une image plus dégradée qu’en réalité de la dette et du déficit grecs, comme on sait cette piètre image a officiellement motivé le déclenchement du processus mémorandaire ainsi que la... Parousie de la Troïka en Grèce en 2010.

L’histoire de ce piège programmé est déjà connue, cependant (et pour cause), la Commission Européenne vient de protester officiellement contre cette décision (“étrangement” si tardive de la Justice grecque), ce n’est pas une première certes, et d’ailleurs, le mémorandum Tsipras (2015-2016) prévoit la “neutralisation des obstacles” potentiels que poseraient ces lois (encore) nationales (Constitution comprise), au processus de colonisation mémorandaire en cours.

Nikítas Kaklamánis, député Nouvelle Démocratie et ancien Maire d’Athènes, a ouvertement fustigé cette ingérence de la Commission jugée scandaleuse, et il a invité les... intéressés (si possible) à démentir certaines sources au sujet d’une éventuelle collecte de fonds de la part des lobbies (à Athènes comme à Bruxelles), cela dans le but de permettre... à Georgíou la meilleure défense possible (“To Pontíki”, 25 août)

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou sur son blog Greekcrisis sous le titre "Collision en mer".


Bruxelles réaffirme que les statistiques grecques étaient fiables s'attirant une riposte d'Athènes

Bruxelles - La Commission européenne a de nouveau défendu mercredi les statistiques publiées entre 2010 et 2015 sur l'économie grecque, après l'inculpation en Grèce de l'ex-responsable du service statistique Elstat, s'attirant une riposte d'Athènes.

De récentes déclarations dans les médias (...) ont remis en question la qualité et la fiabilité des statistiques officielles en Grèce, a regretté la commissaire européenne aux Affaires sociales Marianne Thyssen, lors d'un point presse à Bruxelles.

Laissez-moi être parfaitement claire, les données sur la dette grecque sont totalement fiables et ont été correctement rapportées à Eurostat, l'office de statistiques européen, a souligné Mme Thyssen. Contrairement à la situation au cours de la période précédente, a-t-elle précisé.

La commissaire prend ainsi la défense d'Andreas Giorgiou, qui en 2010 avait pris la direction d'Elsat, l'office de statistiques grec nouvelle version voulu par les créanciers du pays.

Il y avait procédé à une nouvelle révision à la hausse du déficit public de 2009, à 15,4% du PIB, après un premier doublement de ce chiffre qui avait déclenché la crise de la dette grecque et l'appel d'Athènes à l'aide internationale.

Des poursuites avaient été ouvertes contre lui en 2013 sous le précédent gouvernement droite-socialiste d'Antonis Samaras, après qu'une collaboratrice l'eut accusé d'avoir gonflé le déficit, suscitant une première manifestation d'inquiétude de la Commission.

Elles avaient été abandonnées en 2015 mais la Cour suprême grecque a rouvert début août l'affaire. Désormais inculpé de fausse attestation au détriment de l'État, avec deux autres statisticiens, M. Giorgiou a été renvoyé en procès à une date indéterminée.

Alors que beaucoup interprètent l'affaire comme un règlement de comptes politique voulu par le gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras, le ministre d'État Nikos Pappas a souhaité une enquête en profondeur.

Les investigations devront donner des réponses sur comment et si les déficits ont été gonflés pour accélérer des décisions politiques préalablement préparées afin de pousser la Grèce à demander des prêts internationaux, avait-il affirmé à la radio Sto Kokkino le 2 août.

Mme Thyssen a aussi envoyé une lettre à Athènes, avec ses collègues Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission, et Pierre Moscovici, en charge des Affaires économiques.

La Commission appelle les autorités à dissiper activement et publiquement la fausse impression selon laquelle les données ont été manipulées entre 2010 et 2015 et à protéger Elstat et son personnel de toute déclaration infondée.

Le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, y a répondu mercredi, exprimant sa surprise pour cette intervention dans une affaire examinée par la justice, alors même que la Commission se défend de toute ingérence dans une procédure judiciaire, a indiqué la porte-parole du gouvernement grec, Olga Gerovassili.

Les révisions à la hausse du déficit public et de la dette grecs ont précipité le pays dans une crise qui a nécessité depuis trois plans de renflouement internationaux.

Les défenseurs de M. Giorgiou ont souligné qu'il était arrivé à la tête d'Elstat en août 2010, après la première révision des comptes opérée à l'arrivée du gouvernement socialiste de Georges Papandréou.

Sous sa direction, jusqu'en 2015, Elstat a révisé ses critères de collectes de données, en ligne avec les normes européennes, notamment en incluant les entreprises d'État en difficulté dans le calcul de la dette publique.

Les plans de redressement imposés au pays en contrepartie de son sauvetage financier battent les records d'impopularité en Grèce, et sont considérés comme responsables de l'effondrement de l'économie et de l'explosion du chômage.

(©AFP / 24 août 2016 15h58)

Lire aussi Banalité du mal : L'huissier Moscovici se présente à la porte des chaumières grecques

mardi 23 août 2016

Des politiciens parvenus juste bons à s'entretuer pour le pouvoir prennent les "musulman(e)s" en otage

TropiquesBURKINI.jpg Piqué à la Librairie Tropiques, lire L'actualité culturelle : le succès de l'été

Un nouveau communiqué du Premier Ministre Manuel Valls revendique une vaste prise d'otages en France. Selon ses termes "L'élection présidentielle va se jouer sur la place de l'islam". Selon les spécialistes de l'arrivisme radical, le Premier Ministre s'inspire d'un prédicateur de la rive gauche qui dans ses sermons professe que "l'Islam doit remplacer la question sociale". Un nouveau record olympique d'instrumentalisation de la religion à des fins politiques et de négation des principes fondamentaux de la République qui renvoie les groupuscules politico-fondamentalistes au statut de radicaux du dimanche ! Par ailleurs, en violation flagrante de la loi de 1905, Manuel Valls se proclame Pape de l’Église musulmane (qui n'existe pas en l'absence de Clergé dans cette religion) chargé du Petit et du Grand Séminaire, de l'ordination des prêtres, du catéchisme et du Pèlerinage à Béziers : "Nous devons bâtir un islam français, européen, occidentalisé, avec nos traditions et nos valeurs" (comme s'il n'existait pas ! Les autorités catholiques n'ont cependant pas suivi la proposition du Prophète auto-proclamé de cette nouvelle religion de revendiquer un Islam chrétien ! Les libre-penseurs se verraient bien quant à eux cardinaux d'un Islam athée et libertin, selon certaines indiscrétions. Un philosophe de télévision parle ainsi du grand remplacement de l'Islam des caves par l'Islam des backrooms) . Il renchérissait sur son principal concurrent pour soumettre les musulman(e)s de France à la Question, le chef de guerre intégriste Nicolas Sarkozy, responsable de la campagne de Libye, qui n'est pas loin de vouloir conduire à Chateaubriand dans un centre Guy Moquet les otages musulman(e)s de la lutte impitoyable que se livrent les factions tribales pour le trône de France. Afin sans doute d'inciter aux pogroms balnéaires, une opération médiatico-politique a été lancée sous le nom de code "Burkini" (rendant le costume d'Adam obligatoire.)

Le Procureur du Grand Tribunal du Musée de l'Europe a ouvert une enquête pour incitation à la haine raciale d’État...

Pour rappel, deux autres dossiers sont à l'instruction :

Manuel Valls revendique une tentative d'attentat

Manuel Valls suggère à Daech d'exterminer les Chrétiens d'Orient

Lire aussi : Attentat contre le Code du Travail

Bonus : Quand les autorités françaises font la propagande jihadiste

Franceinfo : Comment les sympathisants de l'Etat islamique ont-ils réagi aux récentes interdictions du port du burkini sur certaines plages de France ?

David Thomson : Les sympathisants jihadistes semblent eux-mêmes surpris que la police municipale de Nice fasse leur travail de propagande à leur place. Pour eux, c'est du pain bénit. Le récit jihadiste martèle depuis des années qu'il serait impossible pour un musulman de vivre sa religion dignement en France. Alors évidemment, dès leur diffusion, ces photos sont passées en quelques minutes à peine en tête des sujets les plus discutés dans la "jihadosphère", où la tonalité générale était : "La France humilie une pauvre musulmane."

Pourtant, au début de la polémique sur le burkini, jihadistes et salafistes s'étonnaient de "tout le vacarme fait par des mécréants" au sujet d'un usage vestimentaire qu'eux-mêmes jugent contraire à leur dogme.

Plus spécifiquement, quel écho ont rencontré les photos publiées mardi par le Daily Mail ?

Depuis hier, ces images ont littéralement "cassé" l'internet jihadiste, que ce soit du côté des partisans de l'Etat islamique ou chez ceux d'Al-Qaïda. Il serait très étonnant que ces quatre photos ne soient pas abondamment reprises dans les vidéos de propagande jihadistes officielles, car elles représentent l'incarnation même de leur rhétorique anti-France.

Celle d'un pays ennemi de l'islam, présenté comme une terre de mécréance par excellence, où l'on humilie les musulmans sous le regard passif d'un public immobile, à travers des forces de l'ordre perçues comme une autorité qualifiée "d'idolâtre", c'est-à-dire découlant de la souveraineté populaire et non divine.

Sans exagérer, on peut considérer que ces clichés de Nice vont alimenter des années de propagande jihadiste.

Les mesures prises au nom du respect de l'ordre public telles que l'interdiction du burkini risquent donc d'être contre-productives ?

Vu la brutalité de son application, on peut en effet le considérer. Dans un contexte de récurrence des attentats, les municipalités qui l'ont interdit estiment que le burkini est l'expression d'un "communautarisme" qui pourrait constituer un marchepied vers une forme de radicalité. Mais à l'inverse, pour celles qui le portent, ce vêtement de bain est paradoxalement vécu comme un compromis entre leur conservatisme religieux et la société occidentale moderne.

Ce compromis est intolérable chez les salafistes et les jihadistes. Dans ces milieux, les femmes ne vont tout simplement pas à la plage ou alors dans des conditions beaucoup plus strictes et sûrement pas en burkini, entourées d'autres femmes en bikini. Le burkini est jugé non conforme à leur interprétation du Coran et de la sunna la loi divine.

En revanche, son interdiction génère des crispations très fortes dans une grande partie de la communauté musulmane, et en donnant corps à la propagande jihadiste, il n'est pas impossible que cette polémique génère une fracture, un dégoût de la France chez certains musulmans, au-delà même des cercles salafistes ou jihadistes. A l'heure où l'on parle de la nécessité de développer un discours pour contrer le narratif jihadiste, on s'aperçoit que non seulement ce contre-discours n'existe pas, mais qu'en plus, certaines autorités françaises offrent de quoi renforcer ce contre quoi elles pensent lutter.

lundi 22 août 2016

Réduire radicalement la petite paysannerie grecque pour ouvrir un boulevard à l’agrobusiness encore peu implanté en Grèce

Les agriculteurs sont une des catégories socio-professionnelles particulièrement ciblée fiscalement par ce troisième mémorandum et la loi votée le 8 mai. L’objectif : réduire radicalement la petite paysannerie grecque pour ouvrir un boulevard à l’agrobusiness encore peu implanté en Grèce. Un horizon clairement assumé par le gouvernement, pour qui la finalité serait que deux tiers des agriculteurs « sortent du métier », que des 750 000 agriculteurs sollicitant des subventions dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) n’en restent plus que 275 000. Pour y parvenir, l’artillerie lourde est sortie : annulation des exemptions sur le carburant diesel, élévation de la TVA à 23% sur le matériel et les intrants agricoles, suppression du seuil de non-imposition de 12 000 euros, doublement de la taxation sur le revenu qui atteindra 26% en 2017, paiement de cet impôt de façon anticipée, augmentation des cotisations sociales de 30% de leur revenu. À quoi s’ajoutent l’abandon du projet de renégociation des prêts bancaires et la libéralisation du marché du lait, qui vont avoir un effet désastreux sur les exploitations agricoles grecques, qui sont à 90% de taille petite ou moyenne. Face à l’annonce de toutes ces mesures, les paysans ont résisté par un important mouvement social en 2015 mais qui malheureusement n’a pas fait reculer le gouvernement de Tsipras.

Lire l'article d'Anouk Renaud paru sous le titre "Le triste anniversaire du 3e mémorandum grec" sur le site du CADTM

samedi 13 août 2016

"Rien ne prend, et rien ne prendra plus jamais à gauche"

Nous savourons nos figues, leur été, et ainsi ce temps historique prétendument étincelé sous un tel soleil. Au même moment, les recettes fiscales de l’État vont de mal en pire, le gouvernement se lance comme il peut dans une... croisade contre l’évitement de l’impôt. Ce que je constate partout, tient du fait que les Grecs ne peuvent plus et ne veulent plus verser un seul sou à l’État, étant donné qu’en retour, ils obtiennent la réduction, voire l’anéantissement de leurs retraites, de leur système de santé, de leur possibilité de vivre, d’entreprendre... d’exister.

Il faut rappeler que le cynisme des arrivistes... “apatrides” de SYRIZA (comme le peuple préfère les désigner de plus en plus souvent en ce moment), a eu d’abord comme conséquence de disqualifier toutes, mais vraiment toutes les formations de la gauche grecque. “Rien ne prend, et rien ne prendra plus jamais à gauche, ou sinon... il va falloir attendre trente ans. Le ballon a changé de terrain et nous n’avons d’ailleurs plus d’équipe pour disputer un quelconque terrain politique. L’Unité Populaire - la Gauche tout court - n’est autre chose qu’un ramassis de sectes où les monologues se croisent... comme ils s’éloignent de la réalité concrète. Notre temps politique a été perdu, c’est-à-dire gaspillée et trahi entre 2012 et 2015 voilà tout. Les Grecs attendent d’autres... solutions, ils guettent le moment où ceux de la droite extrême, autres que les nazillons de l’Aube Dorée proposeront une issue à la crise. Je le vois venir”. Témoignage direct et très récent d’un cadre de l’Unité Populaire (et qui n’y restera pas très longtemps) ayant tout de même le sens des réalités.

Accessoirement (manière aussi de parler), comme SYRIZA (à l’exact suite des attitudes des gouvernements précédents), tente (en vain) de préserver “sa” fonction publique des pires conséquences des mémoranda, faisant peser sur tous les autres l’essentiel du fardeau ; il vient de ce fait d’entériner dans les mentalités et déjà... à travers les usages, la plus grande fracture sociologique que la Grèce contemporaine après la Guerre Civile (1944-1949) ait connue, à savoir, l’hostilité grandissante et d’ailleurs partagée, entre nos concitoyens fonctionnaires et toutes les autres catégories socioprofessionnelles que compte alors encore (un peu) ce pays.

Tandis que durant les grands mouvements sociaux et politiques contre les mémoranda en 2011 et 2012 par exemple, on observait bien cette osmose d’en bas, dépassant tout clivage socioprofessionnel, en 2016, le dialogue même entre ces “bandes rivales” est déjà impossible. Lorsque ceux de la fonction publique en ragent contre les commerçants qui n’éditent pas leurs factures, ces derniers rétorquent ouvertement qu’ils n’ont pas envie de payer pour engraisser une fonction publique à leurs yeux inutile, voire nuisible.

“Nous ne voulons pas et nous ne pouvons pas payer pour que vous, vous existiez, tandis que nous, nous mourons. Nous ferons tout pour faire couler votre navire, ainsi Tsipras sera obligé d’accepter les coupes sobres sur la fonction publique, rendues comme on sait automatiques après son... troisième mémorandum. Il a signé la mise à mort du secteur privé, nous lui rendrons ainsi... son dû”.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Seul le Soleil sait" sur son blog Greekcrisis

mardi 2 août 2016

"Reste la grande question de l’engagement militaire français contre l’OEI"

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Reste la grande question de l’engagement militaire français contre l’OEI : « Nous sommes face à un groupe, Daech, qui nous a déclaré la guerre. Nous devons mener cette guerre par tous les moyens », affirmait une nouvelle fois François Hollande mardi dernier sur le perron de l’Hôtel de Ville de Saint-Etienne du Rouvray, trois heures seulement après l’exécution du père Jacques Hamel. Mais n’est-ce pas aussi la France qui a déclaré la guerre à Daech en traquant ses émules au Sahel, en Libye, en Syrie, en Irak — au risque de s’attirer les foudres de cette organisation sur son propre territoire ?

"En d’autres termes, faut-il s’étonner que la France soit à ce point ciblée prioritairement par la multinationale du salafisme, alors qu’elle est géopolitiquement en première ligne : meilleure alliée occidentale de Washington (au Proche-Orient, au Sahel) ; désormais seule dans l’Union européenne à compter militairement (après la demi-défection de la Grande-Bretagne), avec des engagements sur plusieurs fronts simultanés ; proche partenaire de l’Arabie saoudite (dont elle dépend pour son approvisionnement en pétrole et ses marchés d’armement) ; et toujours prompte à guerroyer tous azimuts, au nom de sa mission internationale, sinon de ses propres intérêts.

François Hollande prétend qu’une sortie de l’État de droit pour combattre le terrorisme chez soi (que préconise une certaine droite) serait inefficace et finirait par se retourner contre la France, tout en soutenant que frapper l’OEI et chercher à l’éradiquer « chez elle » revient à s’en protéger chez soi. Ce que policiers et juges tentent de faire en France, les pilotes de Rafale et de Mirage chercheraient à l’accomplir depuis le ciel du Proche-Orient.

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Va-t’en-guerre

Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian, dans un discours récent à la Brookings Institution de Washington, ne dit pas autre chose : « Frapper Daech au Levant, c’est du même coup — pour nous et pour d’autres — protéger nos territoires ». Tout en affirmant que « la France n’est pas un va-t’en-guerre, mais sait reconnaître que certaines guerres s’imposent à elle », il assure que « l’idée selon laquelle nous pourrions en quelques sorte “acheter” notre tranquillité en n’intervenant pas contre Daech n’a aucun sens ». Selon le ministre, laisser l’OEI consolider son emprise sur le Proche-Orient, c’est lui donner encore plus de ressources, de combattants, et « de capacités de planification pour nous frapper, comme il l’a fait notamment en novembre dernier, selon un plan travaillé de longue date ».

Ancien haut-fonctionnaire au ministère de la défense et spécialiste entre autres de la « contre-radicalisation », Pierre Conesa estime au contraire, dans un entretien le 27 juillet à France 24 que la France paie de plus en plus — et au prix fort — son engagement militaire contre l’OEI « à la place des pays musulmans de la région »  : « Nous n’avons pas à nous mêler d’une guerre de religion entre sunnites et chiites, qui n’a rien à voir avec nos intérêts propres, et qui nous fait apparaître comme une puissance occidentale faisant une fois de plus la police au Moyen-Orient ». Mais il est un des seuls à poser ainsi clairement la question d’un lien de cause à effet entre les frappes en Syrie-Irak et les attentats en France.

Lire l'article de Philippe Leymarie paru sous le titre La France en guerre contre le terrorisme d’opportunité sur son blog Défense en ligne

Temps de chien !

Effectivement les temps changent et... la crise épuise. Ces jours-ci, la presse grecque souligne une fois de plus ces évidences devenus triviales: les Grecs versent 50% à 60% de leur revenu à l’État, après imposition directe et indirecte et après avoir versé leurs cotisations. Ce qui incite le plus grand nombre possible, à s’aventurer dans l’économie parallèle, voire parfois même criminelle, ce qui encourage autant un nombre croissant d’entrepreneurs comme on dit indépendants, à (se) délocaliser.

Avocats, architectes, médecins, consultants et même comptables, préféreront désormais d’exercer leurs activités depuis Chypre, depuis la Bulgarie ou depuis parfois un pays de l’Eurocentre, c’est une évidence. Pour ce qui est des... petits indépendants, surtout depuis la récente réforme du mémorandum Tsipras imposant la hausse des cotisations et des taxes, le calcul fournit par la presse grecque est fort éclairant en la matière.

Sur un chiffre d’affaires annuel disons de 20.000€ par an, un... petit entrepreneur grec versera en taxes, impôts et cotisations 15.000€ à 16.000€, au lieu par exemple de 6.000€ à Chypre ou en Irlande. Ce qui explique autant le non-versement devenu massif des cotisations chez les indépendants, tandis que les autres organismes de prévoyance (beau... euphémisme) se trouvent également au bord de la faillite. Bientôt l’effondrement?

(...)

Le Pirée devient autant... une zone de pêche, puis, près de l’entée du grand port, les habitués du quartier se baignent sous les ruines des fortifications datant de l’époque très lointaine de Périclès. Ce dernier temps, ceux du “gouvernement” actuel, Alexis Tsipras en tête, se déplacent à la première occasion pour “inaugurer”, tantôt deux nouveau feux rouges et un nouveau parc, tantôt... trois cent mètres supplémentaires en rallonge à la piste de l’aérodrome de l’île de Paros.

Une disposition adoptée à la hâte et de nuit au “Parlement” donne désormais la possibilité à prendre en charge (par l’État) et cela “de manière optimale” les frais de déplacement et de bouche de tout accompagnateur des politiques en voyage officiel, 54 personnes (épouses et compagnes comprises) devraient... escorter Alexis Tsipras à Paros et des chambres d’hôtels 5 étoiles avaient été réservés à l’occasion, sauf qu’après ce que la presse a cru révélé, les apparatchiks Syrizistes ont fait marche-arrière, l’inauguration a simplement nécessité un déplacement aller et retour dans la journée.

Finalement, le ridicule tue, et d’ailleurs il peut coûter bien cher. Pays ainsi embourbé sauf pour ce qui est de certaines initiatives économiques, personnelles et collectives bien fragiles en dehors du népotisme régnant. En attendant... et dans le renoncement général, les (nombreux) idiots s’adonnent au nouveau jeu ‘Pokémon’ Place de la (supposée) Constitution, tandis que le “gouvernement” flirterait de nouveau avec l’idée de provoquer une fois encore, des élections législatives anticipées avant la fin de l’année, d’après certains reportages en tout cas.

SYRIZA a de plus de plus de mal à courtiser ainsi sa (dernière) clientèle politique, celle des fonctionnaires et des retraités, tout laisse à penser que le “gouvernement” fait et fera tout pour préserver si possible “sa” fonction publique, quitte à précariser jusqu’à l’extrême les salariés du secteur privé (de l’économie formelle), provoquant délibérément des faillites et des délocalisations qui se comptent comme on sait par milliers.

Inutile de préciser qu’au beau milieu d’une telle tempête... le consentement à l’impôt (déjà culturellement et historiquement faible en Grèce), a littéralement volé en éclats. Le ministère des finances vient ainsi de recruter quatre chiens renifleurs... afin de détecter l’argent liquide dissimulé dans les valises, en partance vers l’étranger, aux aéroports et aux postes frontières. Temps de chien !

Lire dans son intégralité l'article de Panagiotis Grigoriou pau sous le titre L'Obsolescence... de l'été ? sur son blog Greekcrisis.

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