Musée de l'Europe et de l'Afrique

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Quatrième nuit de Walpurgis

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jeudi 8 décembre 2016

Jeroen Dijsselbloem et Pierre Moscovici font front commun pour imposer une régression sociale contraire au droit international.

En août 2016, quelques semaines après le non au référendum, le gouvernement grec signe le troisième accord (MOU, Memorandum of Understanding) avec les créanciers. La Grèce recevra périodiquement des prêts lui permettant pour l’essentiel de rembourser sa dette, mais à une condition : faire des « réformes » qui seront périodiquement évaluées. Une première évaluation (review) a entériné un premier paquet de réformes, dont celle des retraites. Une deuxième évaluation était prévue avant la fin de l’année, qui devait sanctionner un nouveau paquet de réformes portant notamment sur le marché du travail.

À leur réunion du 5 décembre, les représentants de l’Eurogroupe ont refusé d’avaliser le dernier train de réformes. Ils ont cependant accepté ce qui est présenté comme un allègement de la dette. Commençons par le premier point, parce qu’il est révélateur de la violence et de l’hypocrisie des créanciers européens. Le point de blocage est la réforme du droit du travail. Les ministres de l’Eurogroupe voudraient relever de 5 % à 10 % du personnel le plafond des licenciements collectifs, supprimer l’autorisation du ministère du travail et refusent que soit restauré le principe des négociations collectives, supprimé durant la crise. Bref, le bras de fer continue et le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, comme Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques, font front commun pour imposer une régression sociale contraire au droit international.

Voilà pour le bâton. Quant à la carotte, c’est un allègement en trompe-l’œil. Il résulte d’une négociation parallèle et discrète avec le MES (Mécanisme européen de stabilité) qui finance les 86 milliards de prêts prévus pour ce troisième MOU. Les mesures sont assez techniques. La première consiste à allonger la maturité des prêts du deuxième MOU de 28 ans à 32,5 ans et ainsi de lisser un peu les remboursements des années 2030 et 2040. Le deuxième ensemble de mesures vise, pour simplifier, à réduire la variabilité des taux d’intérêt. Enfin, le MES renonce à augmenter de deux points les taux d’intérêt sur une tranche du précédent MOU.

Lire l'article de Michel Husson paru sous le titre "Grèce : « allègement » en trompe-l’oeil" sur le site du CADTM

mercredi 7 décembre 2016

Le gouvernement italien censuré dans les urnes s'apprête à livrer l'Italie à la Troïka

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Défait par les urnes sur un projet de réforme institutionnelle visant à faciliter l'adoption des Oukazes exigées de la Commission et son bras armé la BCE (et assurer l'immunité à une partie du personnel politique via le Sénat), le gouvernement italien envisage de livrer la population aux griffes de la Troïka en demandant un prêt au Mécanisme Européen de Stabilité[1]. Il ne propose donc pas moins que d'aliéner les "droits les plus sacrés du peuple" en transformant l'Italie en semi-protectorat, colonisé par la dette de ses banques... privées. Si l'internationalisme a encore un sens : RÉSISTANCE ! (Le Concierge)

L'Italie pourrait demander l'aide du Mécanisme européen de Stabilité (MES) pour sauver ses banques. Selon le quotidien turinois La Stampa, le ministère des Finances italien aurait déjà préparé un décret permettant de demander à l'institution de Luxembourg pas moins de 15 milliards d'euros pour renflouer le système bancaire italien. Une demande conforme à l'article 15 du traité instaurant le MES qui autorise les Etats de la zone euro à demander un prêt pour renflouer ses institutions financières. Le modèle de cette « aide » serait le plan espagnol qui avait attribué 40 milliards d'euros à Madrid en 2012.

Le problème du recours au MES est cependant double. D'abord, il est coûteux pour l'Etat. La facture finale de la crise bancaire espagnole pour le contribuable espagnol s'est élevée à 4,2 % du PIB, sans compter évidemment le coût social et politique. L'autre problème est que l'aide du MES est liée, à une forte conditionnalité. L'Italie va devoir accepter une « procédure d'ajustement ». La Stampa croit savoir que l'Italie devra corriger « sévèrement » son projet de budget qui était déjà peu apprécié à Bruxelles. Le déboursement de l'aide sera soumis à l'acceptation du conseil d'administration du MES qui jugera si les conditions sont remplies. Autrement dit, s'il n'y aura pas de « troïka » en Italie au sens littéral, puisque le MES agira seul, il y aura bien une « logique de troïka » à l'œuvre.

Lire l'article de Romaric Godin paru sous le titre L'Italie pourrait demander l'aide (sic) du MES pour sauver ses banques sur le site de La Tribune

Notes

[1] Le MES, dont le siège est fixé à Luxembourg, est doté du statut d’une institution financière internationale bénéficiant des immunités dont jouissent les institutions internationales. Il n’a donc aucun compte à rendre ni au Parlement européen, ni aux parlements nationaux, ni aux citoyens des États membres et ne peut en aucun cas faire l’objet de poursuites. Par contre, doté de la personnalité juridique, le MES pourra ester en justice. Locaux et archives du MES sont inviolables. Il est exempté de toute obligation imposée par la législation d’un État Membre. Le MES, ses biens, fonds et avoirs jouissent de l’immunité de toute forme de procédure judiciaire.Lire Un véritable coup d’Etat se prépare le 21 février 2012

lundi 5 décembre 2016

Tout le monde déteste l'UE !

“Voilà ce que signifie... l’aboutissement du plan de l’euro germanique: Déjà, plus de 500.000 Grecs ont quitté leurs pays, les meilleurs, les plus vaillants, les mieux formés, les plus jeunes. En même temps, ils sont remplacés progressivement par les migrants, et bientôt, autant ceux que l’Allemagne par exemple ne veut pas ou ne veut plus. Un climat alors de guerre civile et de chaos s’installe en Grèce, le risque d’un scénario à la Yougoslave n’est plus impossible, et à la clef, l’Allemagne pourrait... nous livrer à la Turquie, tout simplement”.

“Fort heureusement, le peuple italien leur dit ‘NON’, et espérons que sous peu, le peuple de France formulera alors une réponse similaire. Lors d’un voyage récent en Italie, des entrepreneurs italiens nous disaient alors très clairement: ‘Basta, nous voulons quitter cette Union Européenne allemande’, voilà comment, la fin de l’U.E. se profile à l’horizon. Tandis qu’à Athènes, nos politiciens pantins, font semblant de gouverner, se rendant alors à l’Hôtel Hilton de la capitale pour être interrogés et pour autant recevoir des ordres de la part des membres de la Troïka. Au même moment, l’Assemblée Nationale n’est qu’un piètre théâtre de pantomime, l’ensemble de la législation grecque est actuellement importée et imposée depuis l’étranger, tel est l’état dont nous nous trouvons enfin” (radio Realfm, Athènes, le 5 décembre).

Voilà pour ce qui se dit (entre autres) publiquement à Athènes, suite au grand ‘NON’ du peuple italien. Ensuite, un peu plus tard dans la matinée et sur les ondes de cette même radio, certains messages des auditeurs, pareillement explicites, ont été lus par les journalistes: “La seule et unique solution pour que les peuples européens puissent enfin construire une certaine Europe, c'est déjà... de démolir complètement l'actuelle Union Européenne”. Ou encore: “Un Référendum unique devrait se tenir le même jour partout aux pays de la zone euro, pour rejeter enfin cette ignominie”, et, “Nous remarquons que les journalistes évitent d'évoquer à l'occasion... l'affaire de notre référendum de 2015” (radio Realfm, Athènes, le 5 décembre).

(...)

Il y a alors comme un parallèle avec l’effondrement de l’Union Soviétique, le système avait fini par tourner dans le vide, la propagande des dirigeants, des médias, des supposées intellectuels et universitaires, des nantis du système n’ont plus tellement (et bientôt plus du tout) de prise sur les populations. Il n’y a plus d’autre solution pour le système en place, que de prendre la situation en main par la violence (par exemple dans un régime totalitaire ouvertement... accompli). Ceci, pourrait autant se réaliser par le biais du sentiment de la peur devenu dominant, peur alors destructrice comme on sait du lien social et donc de toute lutte organisée et efficace.

Peur au quotidien, désocialisation, peur au travail, peur... au chômage, peur de la mort, peur du froid, peur de la faim ; peur enfin de la menace hélas concerte des islamistes ou “islamistes”, qui pourront par exemple encore sévir de leur manière abominable... en Italie, en France... en Allemagne comme ailleurs dans cette Europe.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou par sous le titre "Au nom de la dignité" sur son blog Greek Crisis

François Hollande : "Mon action comme président est d'abord une action de protection des plus fragiles"

michel-sapin-de-g-a-d-a-bruxelles-le-25-juin-2015_5365781.jpg Michel Sapin, tortionnaire du peuple grec au nom du peuple français

Le programme d'ajustement budgétaire grec, exigé par l'ensemble des ministres des Finances de la zone Euro, comprend un ensemble de nouvelles mesures sévères, selon les sources.

Le nouveau document, qui définira le point de départ des discussions au cours de la réunion de l'Eurogroupe, le 5 décembre prochain , inclut de nouvelles coupes dans les prestations de solidarité sociale pour les retraités (CFST) et " l'allocation chauffage" pour les plus modestes.

Le parlement grec sera contraint de légiférer sur une série de nouvelles mesures drastiques, en espérant un allègement de la dette.

- L'allocation de solidarité sociale (EKAS) octroyée aux plus bas revenus, diminuera de 40% à compter du 1er janvier prochain. Elle sera complètement abandonnée en 2018. 430 millions d'euros seraient ainsi économisés en 2017.

- La suppression ou la réduction de "l'allocation chauffage". Seuls 105 millions d' euros seront affectés au budget 2018, contre 210 en 2014.

- La suppression ou une limite de 50% sur les déductions fiscales liées aux dépenses de santés et frais médicaux (pour les maladies lourdes et/ou invalidantes).

- L'abandon de la réduction mensuelle de 1,5% sur l'impôt pour les travailleurs salariés et les retraités .

- La suppression du statut fiscal spécial des marins.

- La suppression des allocations familiales ( actuellement versées aux parents qui travaillent, et d'un montant de 4,11€ par enfant).

- L'abolition de l'allocation "spéciale étudiants".

(www.lepetitjournal.com/athenes) vendredi 2 décembre 2016

dimanche 4 décembre 2016

À nos amis

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Meimarakis révèle que tous les partis politiques avaient été... fort aveuglés par les sondeurs. Ces derniers prévoyaient que les Grecs voteraient en faveur du ‘OUI’, et cela à plus de 60%. Il a même précisé que, dans un premier temps, ceux de la Nouvelle Démocratie pensaient s'abstenir du référendum, mais finalement, leurs cadres ont décidé d’y participer parce que tous les sondeurs avaient prédit la large victoire du ‘OUI’. En effet, Tsipras lui-même fut séduit par ces mêmes sondeurs. Il croyait en cette large victoire du ‘OUI’, et elle lui laisserait enfin les mains libres. Un ‘OUI’ massif au référendum, lui offrirait tout l'alibi politique nécessaire pour alors capituler et ainsi livrer totalement le pays aux envahisseurs néocoloniaux de l’UE et du FMI (Allemands en tête).

“Voyez-vous, c’est exactement le contraire qui s’est produit, le ‘NON’ l’a emporté à plus de 60%. En effet, et c’est bien exact, l’histoire que Varoufákis (ministre des Finances) et Konstantopoúlou (Présidente de l’Assemblée nationale) ont raconté: au soir des résultats, lorsqu’ils se sont rendus à la Résidence du Premier ministre, ils ont alors découvert un Alexis Tsipras décomposé, ne sachant plus quoi faire. Parce que le ‘NON’ l’avait emporté, et cela si largement !”

“Et je dois vous dire que ce jour-là, tous les dirigeants... ils ont été psychologiquement et politiquement effondrés, mais alors tous”. Puis, Meimarakis, révèle tout l'arrière-plan, suite à la démission de Samaras (chef de la Nouvelle Démocratie jusqu’au soir du referendum) et par la suite, il raconte comment “durant ces heures cruciales les décisions importantes ont été prises afin de trouver une solution au NON”, autrement-dit, comment annuler et trahir le verdict populaire des Grecs. On peut... accessoirement remarquer que Meimarakis en rigole lors de l’interview, c’est au moment où il expose “l'exploit et ainsi succès” qui consiste à inverser le trahir et à annuler le vote.

Enfin, poursuit-t-il, rendant... hommage au rôle du Président de la République (issu des rangs de la Nouvelle Démocratie), “ce dernier était en contact permanent avec ces éléments extra-institutionnels de l'UE et de l'étranger”, je dirais, les vrais maîtres de la politique grecque. Il en rajoute, en précisant qu’il est entré lui-même “en contact avec les éléments importants de l'UE, et que ces derniers”, l’ont convaincu d’accepter à prendre les commandes de son parti (suite à la démission de Samaras) “car les moments étaient fort difficiles”. En réalité, pour Meimarakis, comme pour Tsipras et comme pour les autres, “les moments fort difficiles” surviennent lorsque le peuple ose dire ‘NON’ aux ordres des patrons étrangers que les politiciens et autres ministrions “grecs” exécutent alors si docilement.

C’est ainsi, l’hiver européen... et cela jusqu’au port du Pirée. Sur son marché, les clients ne se bousculent pas comme avant, et à travers leurs affiches, les syndicats des marins, dénoncent la mise à mort de leurs Conventions Collectives et de leurs droits... par le gouvernement SYRIZA/ANEL. D’ailleurs, une main anonyme et certainement... populiste, y a rajouté: “Agents de la CIA”.

Cependant, je dirais à nos amis Italiens, que leur referendum, pourrait ne pas être directement comparé à celui des Grecs en 2015, mais plutôt, à la situation grecque des années 2011-2012. On se souviendra des mouvements populaires quotidiens contre la Troïka et contre le gouvernement primo mémorandaire de Georges Papandréou, dit “le simplet”, ou encore “le traître”.

Georges Papandréou avait tout de même osé (?) annoncer la tenue d’un vote référendaire, suite à cela, il a été “recadré” et d’ailleurs publiquement humilié par le duo Sarkozy - Merkel lors du sommet de Cannes, en octobre 2011. En réalité, ce référendum interdit par les Grandes Puissances (car l’Union Européenne c’est la géopolitique... plus l’hypocrisie), aurait largement fait apparaître la volonté du peuple grec de dire ‘NON’ à ses agresseurs et à leurs sbires bien d’ici. De retours de Cannes, Georges Papandréou avait été en réalité destitué par Merkel - Sarkozy, et dans l’avion du retour, Venizélos, son bras droit, le remplaçait déjà dans les affaires de son parti, le PASOK.

La suite (en Grèce déjà) est connue. Le système européiste a aussitôt imposé à la Grèce un Premier ministre de type ouvertement “Quisling”, en la personne de Loukás Papadémos, (entre autres) vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), un gouvernement dit “d'union nationale” composé de la droite (Nouvelle démocratie) des socialistes (PASOK) et de l’extrême-droite (parti LAOS).

“Le processus actuel de la démondialisation contrôlée qui gagne du terrain à travers les métropoles capitalistes traditionnelles, de toute évidence, ce n’est pas le plan stratégique de la gauche. Cette dernière ne peut pas et ne doit pas être rajoutée à cette nouvelle variante du fascisme international”, écrit Yórgos Kyritsis, éminent Syriziste, au quotidien du parti Tsiprosaure “Avgí” (30/12/2016). Du moins c’est... clair.

SYRIZA, dont deux parmi les membres de son gouvernement sont par exemple ouvertement liés aux fondations du financier Soros (lequel fait sa guerre par d’autres... gros moyens), considère à présent que tous ceux qui luttent pour la démondialisation sont alors (uniquement) fascistes.

Ce que l’Italie devrait ainsi éviter, c’est la mise en place après l’échec (quasi-prévisible ?) de Renzi, d’un gouvernement dit “technique” (ou “technocrate”) de type Papadémos, au-delà d’un lapse de temps nécessaire jusqu’à la tenue des prochaines élections législatives. Ensuite, il va falloir observer de très près les formations politiques œuvrant en faveur de la sortie de l’Italie de la zone Euro, afin de détecter si possible rapidement, toute... mithridatisation en cours. Il en va de même en France d’ailleurs, pour ce qui est des formations et candidats et candidates qui prétendent vouloir éloigner la France de l’Eurozone germanique (Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen notamment).

Sauf que l’Italie n’est pas la Grèce, autrement-dit, son histoire ainsi que son poids (et place) dans la géopolitique du continent européen est bien différente. L’Euro, cette arme de destruction massive, par ailleurs déifiée de manière calculée par les pseudo-élites des dominants, a détruit suffisamment la Grèce pour ne plus arriver à imposer ce même sort au peuple d’Italie. L’Italie, doit déjà sortir de l’Euro (en réalité le détruire), la Grèce de son côté, doit en plus, quitter l’Union Européenne... pour commencer. Et tous ceux qui, en Italie comme en France émettent déjà leurs critiques envers l’univers concentrationnaire européiste, ils devraient également déjà clarifier leurs positions, quitte à étonner certains. (souligné par nous)

Lire l'intégralité de l'article de Grigoriou Panagiotis paru sous le titre "A nos amis italiens" sur son blog Greek Crisis

Lettre ouverte à M. Tsipras

Camarade Alexis, je te tire mon chapeau, parce que tu es un gros dur. Le plus gros des durs depuis 450 av. J.C. jusqu’à nos jours en Grèce. Parce que tu fais tout ce que tu veux sans tenir compte de quiconque. Tu prends ton avion personnel, tu le remplis d’amis et d’amies, tu pars à Cuba et tu laisses l’addition de 300.000 dollars à payer par les gugusses qui gagnent 300 € par mois dans le meilleur des cas. Tu fais tout ce qui te plaît. Tu parle sur la Place de la Révolution à La Havane où parlait Fidel, comme un révolutionnaire pur et dur. Tu te dresses de toute ta superbe contre le Capitalisme Impérialisme. Tu te goinfres (600 euros pour un repas payé par le Ministre des Affaires Étrangères, donc par tes lèche-bottes). Tu t’amuses, tu fais la fête, alors que les gugusses de Grecs font la queue pour retirer leur retraite, payer électricité, banques, hôpital et surtout austérité sur austérité. Tu te la joues révolutionnaire et quand tu reviens, tu redeviens ce que tu étais, un gamin qui court pour exaucer tous les caprices de Merkel, d’Obama et de Juncker, que tu fustigeais de Cuba - et ça retombe à nouveau sur le dos du peuple grec si intelligent, parce que c’est lui qui a décidé d’être gouverné par des gens sans supporters et sans honneur, qui jouent les gouvernements. Rendez-vous aux abattoirs,

Mikis Theodorakis

Décembre 2016.


« À l’occasion de la lettre ouverte de Mikis à Tsipras, je me suis rappelé les moments que j’ai vécu avec Mikis en février 2012. Je vous raconte ici quelque chose qui n’est pas public, mais que j’ai vécu en première ligne et qui concerne Mikis et Tsipras.

Le 11 février 2012, une journée avant le vote à la Vouli du 2ème mémorandum, nous sommes chez Mikis et nous faisons les plans pour la manifestation du jour suivant. Glézos ont décidé de descendre à Syntagma et de manifester avec les milliers de citoyens. Moi je devais les accompagner en tant que médecin, parce qu’ils savent tous les deux qu’ils vont être attaqués par la police. Dans les plans, il est prévu que Tsipras sorte du Parlement, devant le Soldat Inconnu, où il doit rencontrer Mikis et Glézos, puis tous les trois doivent manifester avec le peuple. L’entente entre Mikis et Tsipras se fait devant moi au téléphone. Mikis est enthousiaste !

Le 12 février 2012, nous sommes arrivés devant le Soldat Inconnu. Le peuple défile par centaines de milliers dans le centre d’Athènes. Police et MAT partout. Tsipras nulle part. Les MAT ne perdent pas de temps et ils jettent les premiers lacrymos sur Mikis et Glezos. Très vite Athènes est noyée sous les lacrymos. Tsipras n’est nulle part ! Après quelques heures nous rentrons au sein du Parlement avec Miki. Accablé par les lacrymos, sur son fauteuil roulant, il crie dans l’Assemblée : « Assassins, aujourd’hui vous votez la mort de la Grèce ». C’est un des nombreux moments de cette journée où j’ai compris de quels métaux rares est forgé cet homme. Tsipras, visiblement informé que Mikis est entré dans la Vouli, sort de l’Assemblée et vient vers nous.

Mikis (dans son fauteuil roulant, accablé physiquement mais avec un très bon moral et une âme d’adolescent) : « Tu nous as vendus, on t’attendait, pourquoi tu n’es pas descendu ? ».

Tsipras (en costume, sans cravate, bien repassé) visiblement embarrassé, comme un gamin qu’on dispute, avec un sourire hors de propos :

« Nous nous battons ici, Mikis ».

Mikis : »Non Alexis, c’est dehors qu’ils se battent, le vrai combat se donne dehors à cet instant et ta place était là-bas, pas ici. »

Tsipras a bafouillé indistinctement et il s’est éloigné…

Voilà, en guise de réponse à tout ce qui s’écrit sur Mikis depuis hier. »

Yiorgos Vichas, (Dispensaire social Mitropolotiko d’Elliniko)

via Marie-Laure Coulmin Koutsaftis

dimanche 27 novembre 2016

Ultimes poubelles du marketing politicien

Original File Name: 2016112156.jpg Illus : Efi Achtsioglou. Nouvelle ministre du Travail[1]... hôtel Hilton. Presse grecque, novembre 2016 (Greek Crisis)

Sous la pluie justement et à Athènes en cet automne 2016, il y a de plus en plus de personnes fouillant dans les poubelles, parfois c’est pour en extraire divers restes à recycler, parfois c’est pour y trouver tout simplement de la nourriture. Trop, c’est trop.

Toujours à Athènes en ce moment, et le “gouvernement” va chiner ses... arguments jusqu’aux ultimes poubelles du marketing politicien. La dernière... mode consiste à nommer à certains postes de jeunes femmes, modernes, belles et photogéniques, s’agissant de la nouvelle porte-parole d’Alexis Tsipras à Thessalonique, ou de la ministre chargée de l’emploi (en train de mettre fin à un siècle de conventions collectives tout en instaurant les licenciements dits ‘automatiques’... sous le contact de la Troïka). Notons, que pour... atteindre les membres de la Troïka étendue, les “ministres grecs” doivent se rendre à l’hôtel Hilton (lieu favori de résidence des Troïkans... et de leurs chevaux !), tel est le genre le plus tangible du régime néocolonial que la Grèce connait de la sorte plus en profondeur, comparé à ce que subissent les autres pays de la funeste Union européenne.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Vendredi Noir" sur son blog Greek Crisis

Notes

[1] Par ailleurs épouse du nouveau ministre - américain à passeport grec - de l'Economie et du Développement

dimanche 20 novembre 2016

"LES GRECS VIVENT AU-DESSUS DE LEURS MOYENS"

Le ministre allemand de l’Economie, Wolfgang Schaüble, s’est surpassé dans la provocation : au cours d’un Congrès de banques vendredi dernier à Francfort, il a affirmé – pour le dénoncer – que « les Grecs vivent au-dessus de leurs moyens. Ils bénéficient de prestations sociales et de pensions hors de proportion avec leur revenu intérieur brut – et même supérieures à celles qui existent en Allemagne ( !) ».

Il a aussi répété que « la Grèce n’a pas de problème pour assurer le service de la dette au cours de la décennie prochaine », selon Reuters. Il a à nouveau émis l’opinion qu’un allègement de la dette grecque freinerait la mise en oeuvre des réformes.

Selon lui, la Grèce ne réalise pas les réformes nécessaires au développement du pays dans plusieurs domaines : les services publics, la question du travail et la réglementation du marché intérieur.

Il s’agit là du troisième « Non » du ministre allemand aux demandes de la Grèce concernant la dette, formulées après la visite du président américain sortant Obama à Athènes.

« Ceux qui parlent aujourd’hui d’allègement de la dette grecque découragent ceux qui veulent des réformes » a déclaré jeudi Schaüble à Vienne. Il avait soutenu la veille, dans une interview au journal Passauer Neue, que la discussion concernant l’allègement de la dette porte tort à la Grèce. « Celui qui dit : « Nous allons diminuer ta dette » fait du mal à la Grèce », a-t-il déclaré en vue de la réunion critique de l’Eurogroup prévue le 5 décembre.

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Au cours d’une intervention précédente, Schaüble avait soutenu que le problème du pays n’était pas la dette, mais le manque de compétitivité et avait souligné que l’allègement du fardeau ne ferait que diminuer la volonté de réformes. Il insiste pour le report de toute discussion à ce sujet à la fin de la réalisation du programme : « Si nous en parlons maintenant, cela amoindrira la disposition du gouvernement à réformer ».

ANNONCE D’UNE NOUVELLE VAGUE D’AUSTÉRITÉ EN GRÈCE

Ces déclarations provocantes de Schaüble ne sont pas seulement révélatrices du mépris profond qu’il a pour un peuple et pour un pays où tous les mémorandums qu’il a imposés ont échoué, un pays où règne depuis presque 9 années consécutives une très grave récession et une austérité d’une sauvagerie jamais vue.

Elles viennent à point pour montrer le ridicule de l’Obamania qui avait envahi la Grèce de la soumission volontairement : les paroles d’Obama concernant la dette se sont révélées un simple exercice de relations publiques, qui a été totalement ignoré en Allemagne. Surtout, ces déclarations sont l’annonce d’une nouvelle vague de coupes brutales dans les salaires, les retraites et les dépenses publiques, puisque selon Schaüble les Grecs reçoivent des prestations supérieures à ce qu’ils produisent, et même comparativement supérieures à celles que reçoivent les Allemands !

Ces prises de position ridiculisent aussi le gouvernement et toute la classe politique volontairement soumise aux mémorandums : Schaüble indique ainsi, avec une incroyable arrogance, en véritable colonialiste, le programme de privations et d’appauvrissement que le personnel politique grec devra mettre en application par la suite pour le plus grand malheur du peuple grec.

Il se confirme une fois de plus que la Grèce ne peut rien attendre de « philhellènes » du genre d’Obama – ni des néocolonialistes allemands qui tentent de sauver un « européanisme » antisocial et une « mondialisation » de brigandage et de guerre.

La Grèce peut et doit se redresser, avec une stratégie nationale de reconstruction et de justice, en réponse aussi bien au bloc néolibéral des mémorandums qu’à l’offensive réactionnaire des néo-conservateurs.

Source iskra.gr __ traduction Joelle Fontaine__, article paru sur le site Unité Populaire

La Cité libre

De son côté on dirait parallèle, Jacques Attali, alarmé et alarmiste lance autant son appel... de détresse: “Pour un nouveau Roosevelt européen”. “Aux États-Unis aujourd'hui, les élites financières, entrepreneriales et politiques, balayées par un menteur cynique, ne peuvent s'en prendre qu'à elles-mêmes: en ne faisant rien pendant des décennies pour repartir plus justement les revenus entre les classes sociales et entre les régions, en laissant les deux grands partis entre les mains de mafias obscures, qui ont barré la route aux meilleurs des candidats, dont Bernie Sanders, ces soit disant élites se sont condamnées elles mêmes. Le modèle qui vient, d'abord aux États-Unis, sera aussi fait de fermeture des frontières, d’investissements publics en infrastructures, de réduction massive des impôts. (...) Même si c'est au prix de la remise en cause de droits de l'homme chèrement conquis, d'accords internationaux essentiels, et de l'abandon de toute générosité à l'égard de souffrances étrangères. Ce modèle ne peut réussir en effet durablement que dans une société ouverte, altruiste, acceptant le nouveau”.

Peine perdue. Le sophisme de Jacques Attali est évident. “Sa” société “se doit” être “ouverte, altruiste, acceptant le nouveau” (ouverte à quoi ? Et d’ailleurs, acceptant alors quel type de nouveau?) ; cependant, rien ne peut garantir que cette société (en réalité celle des mondialisateurs habituels) sera... par exemple libre et démocratique.

Il ne peut pas exister un Roosevelt européen (Jacques Attali en réalité, voudrait dire européiste sans l’avouer), car tout simplement en Europe subsistent encore, nations, cultures, traditions, représentations et institutions bien distinctes. Parfois même, on y découvre, certains... résidus des souverainetés populaires... présumées démocratiques.

Une résistance... résiduelle des peuples face au monstre européiste, celui des harmostes qui dirigent depuis leur Kommandantur les garnisons installées et formées de technocrates, de pseudo-politiciens, d’agents pas forcement secrets, et même de paramilitaires de fait (conscients ou inconscients souvent recrutés sur place), tantôt (et à peine) déguisés en néonazis avérées, tantôt œuvrant sous la cagoule du pseudo-anarchisme (ou gauchisme) nihiliste (ces derniers étant parfois financés comme on sait par l’autre apôtre de la mondialisation, le financer Soros). Chaos... assuré.

Sans parler des politiciens et des ONG directement soutenus par ce même financier. “Je me rends à la rencontre de mon patron, monsieur Soros” a déclaré Giórgos Kamínis, maire d’Athènes, en quittant la salle de son conseil municipal le 19 mars 2015 (reportage du quotidien “Dimokratía” du 26 août 2016). Tel est le seul fonctionnement de la métadémocratie prétendument annonciatrice du... dernier Empire.

Les électeurs éborgnés élisent Kamínis, ou Tsipras (dont la moitié des membres de son cabinet sont issus de l’Institut Levy, d’autres sont tout simplement des... appointés Sorophiles, car on comprend aussi aisément qu’en Grèce, le plus grand nombre sombre ou sombrera bientôt dans le survivalisme), et à la clef, c’est Soros qui se charge (sans la moindre légitimité démocratique) de la politique de la ville, de la gestion des frontières, de l’arrivée des migrants et de leur installation massive au pays (ses ONG louent déjà des immeubles à Athènes). Tous ces petits et grands... Putschs permanents ne sont jamais annoncés dans les programmes supposés électoraux, et ne seront jamais par exemple soumis à un referendum.

Et pour ce qui est du totalitarisme européiste (tout comme de sa mondialisation... écrémée), ce dernier vise à gouverner d’abord par le chaos, ensuite (ou en même temps) par la soumission, après avoir brisé les repères, les solidarités sociales et familiales (les familles s’entredéchirent comme jamais en ce moment en Grèce sous le régime de la pénurie de ressources), détruire d’entrée de jeu les bases économiques, symboliques, culturelles et historiques des sociétés et des nations.

C’est exactement ce qui s’est passé en Grèce depuis 2010, mais en réalité depuis plus longtemps. Enfin et au besoin, gouverner par la guerre (ouverte). Jacques Attali, qui par ailleurs est capable d’analyses fort clairvoyantes, aurait pu trouver tout son courage pour exprimer l’entière vérité sur “son” programme. Ou sinon, il espère peut-être à un... certain miracle.

Car ce modèle ainsi dévoilé (pour ceux qui peuvent encore ouvrir les yeux), n’est qu’un prototype techno-féodal global, le tout, sous la “gouvernance” despotique des “élites” occidento-compatibles, en réalité, des dominants du 1%. Et enfin, pour ce qui relève “de droits de l'homme chèrement conquis”, il me semble bien (et je ne suis pas le seul à le penser, Cornelius Castoriadis l’avait si superbement formulé déjà dans les années 1980), qu’en réalité, les droits dits “universels” sont (au mieux) un leurre, en dehors d’une décision prise démocratiquement entre égaux, et cela bien, sur un territoire donné qui ne peut pas être celui d’un continent, et encore moins celui de la terre entière. De même, l’évocation des “accords internationaux essentiels” ne nous dit pas... automatiquement, aux yeux de qui (et pour quels intérêts), ils se prétendent de la sorte... si essentiels.

Enfin, il est plus qu’hypocrite, (que) de revenir sans cesse sur le prétendu “abandon de toute générosité à l'égard de souffrances étrangères” lorsque d’abord et pour leur essentiel, ces dernières trouvent leur origine dans l’exercice de la seule force (déguisé en “droit international”, plus la “démocratie”) de la part des mondialisateurs contre les états et contre les peuples. Cerise sur le gâteau, ces mêmes faiseurs du bas monde, sont de surcroît totalement indifférents devant les souffrances alors infligées à leurs propres peuples et cela désormais se voit.

Situation ainsi encore plus machiavélique que par le passé, car dans la guerre actuelle, les victimes alors... exotiques, sont massivement utilisées en qualité d’armes... de destruction massive contre les autres peuples, s’agissant notamment des migrations actuelles, programmées, provoquées et sponsorisés (aussi par le financier Soros), dans le but de détruire ce qui reste des peuples européens (et tout autant des autres, migrants compris), et fondamentalement, ôter tout espoir pour retrouver un jour, le chemin d’une forme de démocratie si possible tangible, et autant d’une certaine autonomie politique.

Déjà en son temps (et qui demeure suffisamment le nôtre), Cornelius Castoriadis avait fait remarquer que “pour les Grecs, la cité libre, la cité indépendante est, suivant l’expression de Thucydide que je vous ai citée tant de fois, autonomos, autodikos, autotelès: elle fait ses lois, juge elle-même ses affaires avec ses propres tribunaux, se gouverne elle-même”. (“Thucydide, la force et le droit”). Ce n’est certainement pas le cas de la “société ouverte, altruiste, acceptant le nouveau”, on peut alors comprendre !

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou, paru sous le titre La Dernière seconde du monde, sur son blog Greekcrisis

lundi 7 novembre 2016

Il reste la guerre...

J’ajouterais pour aussi faire bref, alors ceci: Dans le gouvernement Tsipras-III, y figurent deux membres du Think tank étasunien Levy Institut, Dimítris Papadimitríou, Président du “Levy Economics Institute of Bard College” et “Executive Vice President of Bard College” devient le nouveau ministre de l’Économie à Athènes, tandis que sa... compagne, Rania Antonopoulou du même Institut Levy, conserve toujours son poste ministériel (Ministre déléguée... à la lutte contre le chômage).

Aux contrées... moins périphériques de l’Empire, le personnel politique ainsi recruté, peut encore apparaître comme débarqué... de l’intérieur (Emmanuel Macron, banquier d'affaires chez les Rothschild par exemple).

De nos jours en réalité, il n’y a (pratiquement) plus de régime démocratique sur cette planète, et nous sommes introduits dans la phase d’une transformation imposée et sans doute radicale comme jamais, autrement-dit, sans retour possible, à défaut de réagir encore à temps.

Ce long cercle historique durant lequel l’Occident ayant paraphrasé les philosophes de l’Antiquité grecque pour ainsi s’offrir un emballage “démocratique” à la domination de son oligarchie a déjà pris fin, au détriment bien entendu de ce que les luttes des peuples ont pu faire... ainsi admettre, en termes de libertés, de justice sociale et de pratiques plus généralement ayant tendance à donner l’illusion que le progrès démocratique, comme le progrès tout court, serait de règle.

Nos oligarchies actuelles mondialisées utilisent encore pour l’instant les coquilles vides ainsi que le jargon... démocratiques, cela comme camouflage. Plus pour très longtemps d’ailleurs. Le financierisme mondialisateur a hâte d’imposer sa techno-féodalité à travers sa volonté de se maintenir comme étant l’unique “propriétaire” du système mondial, sans même... détenir de (vrais) capitaux en main. Car le financierisme actuel repose sur le factice de sa “recapitalisation continue”, le tout, en “avalant” les réalités (ainsi que les possibilités concrètes) dont ferait preuve l’immense majorité de tous ces autres devenus... “gênants” (bouffeurs d’énergie comme de ressources), avant de les exterminer d’une manière ou d’une autre.

Pour y arriver, il reste la guerre, à une échelle encore inégalée, issue nécessaire aussi parce que d’autres acteurs du monde actuel, les BRICS notamment, ne l’entendraient pas de la même oreille, d’où par exemple la diabolisation sans précédent de la Russie, et dans une moindre mesure de la Chine. Une guerre, et autant entreprise contre les sociétés (occidentales) en commençant (entre autres) par la destruction en cours de leur immense classe moyenne. Et dans cette guerre nous y sommes, la Grèce (de manière visible), depuis 2010 (aussi pour de raisons géopolitiques, et nous y reviendrons), et d’autres pays également, la société française par exemple le sera aussi nous semble-t-il... directement concernée dès 2017... et de manière plus que sensible.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou par sous le titre "Du Donbass... à Patras " sur son blog Greekcrisis

dimanche 30 octobre 2016

Mais non, Cher Paul.M, ce n’est pas vraiment « une formidable avancée démocratique » !

Après l’affrontement politique, c’est la bataille de la communication qui fait rage. Entre les libéraux qui rappellent que « pas une virgule n’a été changé dans le traité » et le PS qui matraque sur le thème du « nouveau Ceta », il s’agit naturellement d’imprimer sa marque et d’imposer dans l’opinion la figure du vainqueur. On ne tranchera pas ici la question de savoir où il faut exactement placer le curseur entre les « avancées significatives » et la « capitulation » en rase campagne. On notera cependant que les fameuses avancées sont essentiellement des promesses ou des rappels de principes généraux et que si l’engagement est pris de demander à la Cour européenne de justice de vérifier la compatibilité du mécanisme d’arbitrage avec les traités européens, le dit mécanisme est conservé. Des « zones d’ombre subsistent » disait le très modéré commentaire du CNCD. A tout le moins…

On peut par contre s’interroger avec pertinence sur la « formidable avancée démocratique » revendiquée par Paul Magnette devant le parlement wallon. Bien évidemment le débat sur le CETA a été un moment démocratique de forte intensit On ne le répètera jamais assez : la qualité du débat parlementaire, la mobilisation associative et le retour d’un certain volontarisme politique ont enchanté la vie publique…pendant quelque jours. Et le contraste est dès lors encore plus saisissant et plus choquant quand on voit comment Paul Magnette et sa majorité ont adopté en quelques heures un texte dont il affirmait, la veille encore, que l’étude d’éventuelles modifications prendrait des jours et des semaines. En un coup, un seul, un traité qui était considéré comme inacceptable est devenu « le modèle » indépassable. Et là, en une fois, la résistance se transformait en coup politique.

On pouvait estimer que le rapport de force ne permettait pas d’aller plus loin. C’est évidemment discutable mais pas illégitime de le penser. Mais le respect de « la formidable avancée démocratique » exigeait que cela soit expliqué et débattu devant les parlementaires et les citoyens. Avec clarté et modestie, avec le souci de la pédagogie politique qui a régné durant la « parenthèse wallonne ». Au lieu de cela, la nouvelle star – et son parti - ont choisi le triomphalisme dont les plus éclairés des commentateurs estiment qu’il n’a pas lieu d’être. Profitant d’une aura au firmament, le ministre président aurait pu expliquer que l’issue provisoire de l’affrontement imposait des concessions et que faute d’alliés (où était la gauche européenne ?), la bataille serait encore longue mais que des jalons majeurs avaient été tracés. Cela aurait permis de maintenir la mobilisation et de ne pas provoquer l‘amertume et la déception.

C’était en tous cas, le pari qu’exigeait le respect du citoyen. Paul Magnette n’a pas eu cette volonté, cette clairvoyance ou ce courage. Et le PS en manque cruel de cheval de bataille a transformé un combat exemplaire en une vulgaire stratégie de communication. Certes, Magnette a toujours proclamé sa foi dans le libre échangisme et son parti porte une politique sociale libérale depuis plusieurs décennies. De ce point de vue il n’y a pas de surprise. Mais incarner une résistance qui vous dépasse permet parfois de transcender un dessein politique. La lutte contre cette Europe du Ceta ou du Tttip ne s’arrête évidemment pas. Mais l’occasion de lui donner une nouvelle dimension a été manquée. Et de ce point de vue « Non, Cher Paul M., ce n’est pas une « formidable avancée démocratique ».

Hugues Lepaige

Paru dans Les blogs de Politique

jeudi 27 octobre 2016

CETA : un compromis intra-Belges ?

Cet article a été publié par Marc Raoul Jennar avant que le compromis intra-Belges soit signé. On peut le consulter ici. (Note du Concierge)

A supposer qu’un accord intervienne entre Belges – ceux-ci ont un sens aigu des compromis gagnant-gagnant, hors desquels il y a longtemps qu’il n’y aurait plus de Belgique – il faudrait encore que les 27 autres Etats de l’UE acceptent ce compromis. Et qu’ils décident d’ordonner à la Commission (qui sera réticente à se dédire) de le négocier avec le Canada. Et que les Canadiens l’acceptent. Tout ça avant jeudi, sachant que la réunion de mardi n’a pas abouti ?

Aussi longtemps que les Wallons ne bougeront pas sur le mécanisme d’arbitrage et le mécanisme de régulation (qu’on retrouve dans le TTIP-Tafta), il me semble impossible d’atteindre un accord. Ces deux mécanismes sont ceux qui font qu’on n’est plus dans le libre-échange, mais dans le démantèlement des États au profit des multinationales et des pouvoirs technocratiques. Ce qui est l’objectif recherché par ce type d’accords qui veulent dépasser les accords de l’OMC.

L’enjeu de ce qui est en cours est d’une importance majeure pour l’avenir. Il ne faut pas être grand clerc pour imaginer les pressions colossales qui doivent être exercées sur le Gouvernement wallon et sur les parlementaires wallons pour qu’ils renoncent. Menaces et promesses doivent alterner et augmenter en intensité.

Ce que tente la Wallonie, c’est rien moins que mettre fin à une évolution commencée en 1994 avec les accords de l’OMC, avec l’ALENA, avec le TTIP-Tafta, avec le CETA, avec le TISA, avec les APE*, dont l’objectif final est l’effacement des Etats devant le monde des affaires et de la finance, aux Etats n’étant laissé que les fonctions sécuritaires.

Raoul Marc Jennar (26 octobre 2016)

Ajout du 27/10/2016

Que penser de l'accord intra-Belges ?

Ce que j'ai lu est un texte d'un jargon juridique imbuvable. Il demande une analyse minutieuse. Ce que j'ose avancer à ce stade très précoce, c'est que le texte semble davantage se présenter comme "une réserve globale" de la Belgique à un traité qui demeure inchangé. Il est fréquent - et les traités européens en comptent beaucoup - qu'un Etat partie à un traité émette des réserves ou s'exclue de l'application de certains éléments du traité avec l'accord des autres Etats signataires (les Britanniques ont fait cela pour chaque traité européen). Si l'accord intra-Belges n'est que cela, et si les 27 autres Etats membres acceptent la réserve belge sans la prendre à leur compte (ce qui est fort probable) alors le CETA va s'appliquer dans son entièreté sauf, sur certains points, en Wallonie voire en Belgique. Je pense que les 27 Etats vont accepter la réserve belge. Ils soutiennent le CETA et les USA font tout pour qu'il en soit ainsi (40.000 firmes américaines au Canada). La Commission sera bien obligée de suivre à moins qu'elle ne soulève des arguties juridiques pour tenter d'annuler la réserve belge qui souligne quand même certains dangers du CETA. Il faudra voir si le Canada acceptera aussi la réserve belge, mais c'est probable. Je pense que la majorité du Parlement wallon suivra Paul Magnette qui a toute sa confiance. Mais attendons encore un peu. Magnette va présenter sa lecture de l'accord au Parlement wallon. On en saura plus alors.

Raoul Marc Jennar

Lire aussi sur son blog :

La « petite » Wallonie plus peuplée que 7 Etats souverains de l’UE. Et plus démocratique que 27.

La Commission européenne adresse un ultimatum à la Belgique !

mercredi 26 octobre 2016

Le Nabot Malfaisant Moscovici menace la Belgique de la Grosse Bertha

1) Textes et documents pour la classe

La Commission européenne veut plus d'explications de la part du gouvernement belge quant aux efforts structurels à fournir pour le budget 2017, ressort-il d'une lettre envoyée par le vice-président de la Commission Valdis Dombrovskis et le commissaire aux Affaires économiques et financières Pierre Moscovici.

Le budget 2017 a été présenté la semaine dernière. L'équipe Michel a fini par s'accorder sur des perspectives pour l'année prochaine qui lui permettent de présenter à la Commission une amélioration du solde structurel d'1,2% du PIB en 2016 et 2017, un effort estimé à quelque 3 milliards d'euros supplémentaires, et qui s'inscrit dans l'objectif du retour à l'équilibre en 2018.

"C'est dans la lignée de l'effort d'au moins 0,6% recommandé par le Conseil", écrit la Commission, "mais une évaluation préalable pointe l'incertitude quant à la réalisation de cet effort". Valdis Dombrovskis et Pierre Moscovici évoquent notamment "les différents hypothèses sous-jacentes, les facteurs méthodologiques et des visions divergentes sur le rendement de certaines mesures".

La Commission exige dès lors, pour jeudi 27 octobre, davantage d'informations sur la composition précise de l'effort structurel envisagé en 2017.

Il est également souligné dans cette lettre, que la Belgique court encore toujours le risque de piétiner les règles européennes sur la dette, "même en tenant compte de la dérogation temporaire accordée pour les dépenses réalisées en matière d'immigration et de sécurité".

La Commission européenne a reçu le budget fédéral belge deux jours en retard, le 17 octobre au lieu du 15.

Source : RTBF


2) Analyse et Commentaire burlonesques

Suite au renflouement par les contribuables des Banksters après 2008, les Rois fainéants de France et de Navarre (occupés qu'ils sont la plupart du temps à jouer à touche-pipi avec des danseuses) ont permis à la Commission Européenne d'assembler une arme de destruction massive, le "Six Pack", plus connue sous le nom de "La Grosse Bertha". Cette arme a plusieurs détentes. Tout d'abord le budget prévisionnel des États doit être transmis à la Commission Européenne en amont des Parlements (qui doivent leur naissance au... consentement à l'impôt-) dans le cadre du Semestre européen (qui constitue l'infrastructure juridique sur laquelle la Grosse Bertha a été construite : à l'époque les Rois fainéants avaient cru à la simple construction d'un bassin d'orage.) Mais ensuite le "two pack" commença à faire sortir la Grosse Bertha de terre (les Rois fainéants ayant cru à la construction d'un simple rond-point) liant la procédure de déficit excessif au semestre européen. C'est ce two-pack que le Nabot malfaisant Moscovici [1] vient d'enclencher à l'égard de la Belgique sur le ton menaçant de celui qui contrôle aussi le dernier étage de la Grosse Bertha, la procédure de déficit excessif (arme de printemps dont les Rois fainéants n'avaient pas vu qu'il s'agissait d'un revolver braqué sur la tempe des peuples, occupés à ne pas regarder ceux-ci dans les yeux en vérifiant que leurs pompes étaient bien cirées.) Car après les tirs de semonce du "two pack", la procédure de déficit excessif permet désormais à la Grosse Bertha de canarder à plein régime en imposant aux États des sanctions financières pouvant atteindre des milliards d'euros s'ils ne se plient pas aux Oukazes de la bande de psychopathes (larbins des forces obscures) qui ont décidé de détruire l'Europe pour construire une UE à leur image (autrement-dit l'Enfer sur terre.) C'est à la menace de la Grosse Bertha (relayée par l'Ennemi intérieur que constituent les Rois fainéants et leurs Cours de Nabots Malfaisants) que l'on doit ainsi la démolition du Code du Travail en France (dont El Khomri ne fut évidemment que la speakerine embauchée pour présenter le projet avec l'intention perverse d'exciter les travailleurs sucés par les Draculas du profit contre les franco-marocains.)

On ne peut en effet pour le moment pas coloniser directement des pays qui, pour ne pas être tout à fait du Nord, le sont quand même un peu. Le processus de destruction de tout ce qui permet la vie terrestre du plus grand nombre (services publics, droit du travail, salaires, sécurité sociale), ce que Bourdieu appelait une civilisation et de retour au capitalisme du XIXè siècle sous nos latitudes est quand même plus rapide en Europe de l'Est, puis en Grèce, au Portugal et à Chypre.

Pourtant, avec son gouvernement fédéral de libéraux fanatiques (le Parti socialiste ayant dû jeter l'éponge, ses électeurs ne lui ayant pas pardonné d'avoir condamné aux centres sociaux des chômeurs privés d'allocations par charrettes de dizaines de milliers pour complaire au Léviathan et conserver pour M. Di Rupo le loisir de jouer au train électrique à Mons en construisant une gare pharaonique dont le coût est déjà estimé à 1,5 milliards d'euros, censée attirer les TGV...), la Belgique avait cru apaiser le Moloch grâce à la Loi Peeters sur laquelle la "majorité" s'était engagée en même temps que l'accord budgétaire 2017. Celle-ci ne pulvériserait-elle pas notamment toute durée hebdomadaire légale du travail ? Car on sait la Commission européenne friande de la destruction de tous les droits des travailleurs, c'est là l'obsession des Fidèles Serviteurs du Grand Mordor, l'autre étant la modération salariale jusqu'au dernier euro[2], ce qui revient au même.

Alors ? Ayant subi dans le même temps 4 "ultimatums" en raison de la Fronde des Parlements Wallon et de la Communauté Wallonie-Bruxelles, organes refusant la Déclaration des Droits des Investisseurs nommée CETA, la Belgique est naturellement dans le collimateur de la Grosse Bertha.

Ce qu'ignore peut-être le Nabot Malfaisant Moscovici, c'est que son poste de tir est à Bruxelles (une capitale qu'il aurait sans doute du mal à situer sur une carte de géographie sociale, un peu comme Hollande l'Ukraine sur une carte de géographie.)

A défaut que l'Armée Belge ne cerne le Quartier Européen (en fait le Quartier Léopold, première zone entièrement occupée par l'UE[3]) ce qui lui permettrait de cesser de bombarder on ne sait qui on ne sait où, Le Musée de l'Europe & de l'Afrique a donné l'ordre d'appareiller à ses Frégates Lance-entonnoirs Thomas More et Erasme (cette dernière arrive toujours en retard malheureusement), notamment pour participer à la protection des Parlements encore un peu en état de marche et ravitailler en chantilly l'ensemble des travailleurs Belges qui peuplent les institutions européennes et les font tourner et dont on ne doute pas qu'ils entarteront les Nabots Malfaisants si la menace contre leur cher pays se précisait.

Il est peu probable qu'on puisse tous les mettre au placard, comme ce fut le cas de certains fonctionnaires européens mais néanmoins grecs, surpris à lire des textes considérés comme nazis sur leur ordinateur durant l'horaire de midi. Il s'agissait d'une tribune de Günther Grass. Et l'anecdote est authentique.

Depuis les toilettes de la Frégate Lance-entonnoirs Thomas More,

Le Peintre Du Champ

Lire

La lutte contre la loi travail peut être considérée comme un test majeur pour la Grosse Bertha de la "gouvernance économique" de l'UE

Faire un exemple dans le cas grec

Vers l'Europe néolibérale-autoritaire

Le traité d'austérité de l'UE : le rêve des lobbies du grand capital devient réalité.

Austérité à jamais

Ecouter

Les Bruxellois parlent aux Européens

Notes

[1] ""Nabot malfaisant" est le surnom donné par PLPL, canal historique à Alain Minc par pur plagiat de celui dont Marx avait affublé Adolphe Thiers (Note du Concierge)

[2] Lire « La Grèce doit devenir le miroir de l’Europe en matière de législation du travail »

[3] Lire Essayage : Le Prix Nobel de la Paix vous va si bien

lundi 24 octobre 2016

La dignité du Peuple

encheresgrece.PNG Cliquer sur l'image pour voir la vidéo

"La Dignité du Peuple" est un film de Fernando Solanas qui fait suite à "Mémoires d'un saccage" : alors que le second était consacré à l'écrasement des droits et de l'économie du plus grand nombre lors de l'offensive victorieuse de la dette en Argentine (improprement appelée "crise argentine") avec les complicités locales de plusieurs partis successifs, le premier décrit le sursaut populaire lorsque la vie ou la mort des petits propriétaires de la classe moyenne est posée par les saisies organisées au profit des fonds vautours. On y voit notamment la population empêcher le déroulement des enchères. Le scénario est le même en Grèce. Rappelons qu'un moratoire sur la saisie des résidences principales était en vigueur depuis la chute de la dictature. La troïka, aujourd'hui "les institutions", c'est à dire l'UE pour celle d'entre-elle qui prétend agir "en notre nom" par le biais d'on ne sait trop quel mandat, a toujours exigé que ce moratoire soit annulé par les memoranda successifs. Les pro-consuls européens en Grèce ont même convoqué des juges pour les menacer, car ils s'étaient refusés à ordonner des saisies immobilières. Finalement, le gouvernement Tsipras, "bouclier" de la population grecque comme le Maréchal Pétain fut celui de la population française (sic), n'ayant plus rien d'autre à céder, céda au printemps dernier. Il est bon de rappeler que c'est Moscovici, qui porta régulièrement cette exigence d'ancien trotskiste auprès de son homologue Tsipras auprès duquel il s'était fait rapidement expert en retournement de veste (le gendre idéal grec étant un peu emprunté, il avait besoin d'un peu d'aide pour ne pas trop déchirer son beau costume d'espoir de la gauche européenne !). Que personne n'oublie jamais le nom du Commissaire Moscovici, se présentant en notre nom à tous à la porte des chaumières grecques pour jeter à la rue des familles entières ! JAMAIS.

Le Concierge

Lire : Banalité du mal : L'huissier Moscovici se présente à la porte des chaumières grecques

Moscovici fait de la banalite du mal comme M. Jourdain de la prose

La marionnette Moscovici exige de nouvelles violations de la Constitution grecque

Moscovici fait pression sur la justice grecque

Les salauds ça ose tout, c'est à ça qu'on les reconnait !


source Iskra.gr

A SALONIQUE LES MANIFESTANTS ONT BRISE LES BARRAGES DE LA POLICE

LE COMBAT CONTINUE JUSQU’A LA SUPPRESSION TOTALE DES ENCHERES SUR LES HABITATIONS ET LES PATRIMOINES POPULAIRES

De nouvelles grandes mobilisations de citoyens et d’associations ont eu lieu mercredi 19 octobre devant les Tribunaux de paix de tout le pays. Accompagnées de l’abstention des notaires, elles ont empêché le déroulement des enchères.

A Salonique une mobilisation massive a bloqué, de manière particulièrement combattive, en brisant les barrages de la police, la mise aux enchères d’un champ par la présidente du Conseil des notaires de la ville, sans l’autorisation de ce Conseil !

Au cours de ces mobilisations, qui se sont déroulées devant les Tribunaux de paix de tout le pays, on entendait les mots d’ordre suivants : « Etat, UE et banques, les voyous volent les maisons du peuple ! », « Aucune maison aux mains du banquier ! », « Et aujourd’hui, et demain, et autant qu’il le faudra, nous serons dans les rues pour l’abolition ! », « Lutte, affrontement, abolition ! L’Histoire s’écrit en désobéissant ! », « Hors de nos maisons, vautours ! », « Vous accaparez nos maisons, vous vendez notre DEI (la compagnie d’électricité), à la fin vous allez vendre aussi l’Acropole ! »

Reprise du site de l'Unité Populaire (sans les encouragements de victoire du Parti...)

Traduction Joelle Fontaine

dimanche 23 octobre 2016

Le fou qui se prend pour le Président de l'Europe exige un Coup d'Etat en Belgique

La différence entre le fou qui se prend pour Napoléon et le Président de la République, c'est que le Président de la République, tout le monde croit qu'il est le Président de la République

Pierre Bourdieu

Après des mois et des années de protestations populaires contre les accords de libre-échange, sur lesquelles les représentations nationales ou régionales, soumises à leurs exécutifs et à toutes les maladies du parlementarisme de cooptation, se sont magnifiquement assises, deux des 7 Parlements compétents en Belgique, celui de la Wallonie et de la Communauté Française ont mis leur véto à l'accord de libre-échange entre le Canada et l'UE (comme toujours négocié sous la pression des lobbies et hors de tout contrôle démocratique) qui ouvre en outre la voie à la perte de compétences des juridictions nationales dans le domaine des "investissements", privatisation de la justice au profit de Cours d'arbitrages privées, consacrant l'irresponsabilité du big business devant la souveraineté nationale (un projet soutenu également par François Hollande dans le cadre du commerce transfrontalier.)

On ne peut que s'en féliciter, même s'il y a fort à penser qu'un PS menacé de disparition en Belgique comme ailleurs joue d'abord sa propre survie. Et que porter au pinacle une élite politique de remplacement, incarnée par Paul Magnette, sortie directement du sérail (il y a d'autres exemples dans d'autres pays !), c'est se préparer des lendemains qui déchantent, lorsque les politiciens professionnels lâcheront tout ce qu'il reste encore à lâcher en prétendant faire le contraire (l'exemple de la Grèce est sous nos yeux) après avoir relégitimé d'anciens appareils en pleine décadence. Tout simplement parce qu'on les aura crus...

Mais pour l'heure, c'est la réaction du fou qui se prend pour le Président de l'Europe (successeur de Van Rompuy, lire La boule à neige de l'Europe qui doit retenir l'attention. En adressant un "ultimatum" à la Belgique, celui-ci lui demande tout simplement de violer sa Constitution et de mater le Parlement Wallon, ce qui ne serait rien d'autre qu'un coup d’État. Or les coups d’État se succèdent en Europe. Les derniers ont eu lieu en Grèce, un pays transformé en protectorat des "Institutions" qui n'a même plus de parlementarisme formel, violant systématiquement sa Constitution et même son propre règlement parlementaire. A Chypre, il en va de même.

En France, les politiciens les plus arrivistes veulent en finir avec l’État de droit, dont on se demande si les Parlementaires comprennent seulement ce que c'est (il faut dire que la zone de non-droit du travail que constitue le Parlement fournit une première indication...). Et Le Premier Ministre, Valls, a lui-même fait l'éloge du nouveau système politique grec (abolition des droits du Parlement).

Dans un éclair tardif de lucidité (débouchant sur des préconisations tout à l'inverse de ses analyses, ce qui semble être sa marque de fabrique) Alain Lipietz y voyait l'ombre de la pensée juridique de Karl Schmidt. Et il est très clairement avancé que les Constitutions, pour ne pas être violées, doivent tout simplement être adaptées aux exigences des investisseurs. Ce que Noam Chomsky résumait en ces termes, un présent déjà là qui ne demande qu'à être gravé dans le marbre : Un « parlement virtuel » d’investisseurs et de bailleurs, qui « organise en permanence des référendums ».

L'ultimatum de Donald Tusk, les propos de Valls et des autres, sont des déclarations de purs factieux. La destruction du peu de souveraineté d'un petit État européen comme la Grèce et le sociocide en résultant sont des actes de guerre. Des actes de guerre qui nous rapprochent de guerres internes à nos sociétés (basées sur la solidarité "nationale" territorialisée QUI EST la sécurité sociale) mais aussi de guerres entre sociétés. Car théoriquement les Parlements décident aussi de la guerre et pourraient s'y opposer, particulièrement assiégés par la population, par exemple la guerre qui se déroule entre l'OTAN et la Russie, en Syrie et en Ukraine, en attendant de s'étendre.

Ces factieux doivent quitter la scène immédiatement car ils violent la souveraineté populaire de façon extraordinaire et non pas, comme on le vit tous les jours hélas !, ordinaire.

Le Concierge

mercredi 12 octobre 2016

Radicaux libres

Il est peu de mots qui en disent aussi long que celui de déradicalisation. Il ouvre, d’abord, un abîme dans le langage : d’un côté il existe semble-t-il toujours un « Parti radical », ou, plus étrange encore, un « Parti radical de gauche », qui regroupe, croit-on savoir, ceux de nos compatriotes de gauche qui sont les moins radicaux. Personne ne leur en veut ni ne songe à les enfermer. Personne ne propose non plus de déboulonner les statues d’Herriot, le radical par excellence, qui finit sa belle et stérile carrière en négociant on ne sait quoi avec Laval après le débarquement en Normandie. On voit s’ouvrir en revanche de fructueux petits commerces de « déradicalisation », où des gourous, où des gourelles, ayant compris la vie, tiennent commerce de nos peurs collectives et familiales sous la paternelle autorité du ministre de l’intérieur.

Telle quelle, l’idée de « déradicalisation » associe trois éléments : la haine du religieux, ou d’ailleurs de tout engagement décisif, la psychologisation de l’action publique, la préférence pour le traitement bureaucratique de tout.

Jean Birnbaum a bien montré, dans un essai récent, comment la gauche est incapable de penser le fait religieux en lui-même, dans lequel elle ne voit qu’une survivance archaïque[1]. Le seul défaut de cet essai est d’avoir limité son raisonnement à la gauche : en France, sous le rapport de la religion, la droite est de gauche, sauf cette partie de la droite qui prétend faire de la religion un facteur d’ordre et de préservation de la tradition, attitude littéralement blasphématoire naguère condamnée par le Pape à propos de l’Action française.

C’est l’héritage de la Révolution et de l’Empire. Bonaparte exigeait en 1800 que le mariage de Junot ait lieu de nuit, puisqu’il était impossible qu’un homme « investi de la faveur du Premier Consul » puisse être vu faisant « un acte religieux dans une église en plein jour ». Le Concordat, par lequel Napoléon espérait disposer d’évêques préfectoraux, ne changea rien, au contraire. C’était l’esprit de la Convention, quand Fouché à Lyon accrochait des crucifix à la queue des ânes pour mieux « foudroyer le fanatisme », et plus tard celui du Directoire, où un rapport de police signalait dans le quartier des Halles « un intérêt peu naturel » pour la religion catholique.

Nous en sommes toujours là. Que certains hommes envisagent un autre horizon que celui de la Bourse et du fitness nous dépasse, des anarchistes à nos jours en passant par ces moines qu’il fallut expulser du massif de la Chartreuse. Peut être ainsi qualifié de radical, à déradicaliser donc, tout homme qui pense que l’homme ne se réduit pas, dans sa destinée, à sa condition moderne de sujet de la théorie libérale des droits, pas plus qu’il ne se réduisait, sous les marxistes, à sa condition de travailleur. Disant cela, je ne mets certes pas tous les « radicaux » dans le même sac, les criminels et les autres, Merah et Antonin Artaud, mais je constate que la République, elle, les y met, sinon en usant, aujourd’hui comme hier, du même mot, mais en se soumettant aveuglément au même préjugé. Ce sont nos « élites républicaines » qui s’intéressent, non aux crimes, mais à ce qui selon elles les justifie, donnant dans le délire interprétatif et faisant à la fin la part belle au vocabulaire des criminels. Mieux vaudrait penser moins, réformer l’administration de la sécurité, laisser là la psychologie et traiter les assassins selon leurs actes au lieu de faire la police des intentions. Mais le courant est trop fort. En chaque fonctionnaire un théologien sommeille. La sociologie nous rassure et l’administration nous protège. On sondera les reins et les cœurs dans les centres subventionnés.

À ce compte-là, il eût fallu déradicaliser Rimbaud et La Poype, le héros de l’Union soviétique, André Breton et Léon Bloy, et peut-être l’oncle Gide, et sûrement François d’Assise et le vieil Ignace. Et on pourrait enfermer à Charenton, comme Napoléon le faisait des moines, tous ceux qui pensent que la mission de l’homme ne se réduit pas à la condition de salarié apeuré, réclamant des bagnes et des supplices, à droite, ou de créancier hargneux de la société macrobiotique et multiculturelle, à gauche.

Le Préfet, voilà l’horizon indépassable de notre temps. Le gouvernement précédent lui avait confié la charge de définir, par voie de consultation, l’« identité française », et ce grand moment de dinguerie administrative avait été l’un des points culminants du quinquennat. Le gouvernement d’aujourd’hui le change en gardien chef d’un petit univers asilaire où l’on guérira le mal de vivre. Ce faisant il dévoile le pot aux roses : quand les Français vantent leur République, c’est de leur Empire qu’ils parlent : égalitaire, autoritaire, policier, où le droit s’arrange toujours des nécessités de l’heure, pourvu que l’esprit soit tenu en lisière et qu’il y ait des soldats à applaudir.

François Sureau

Paru dans La Croix sous ce titre, le 20 septembre 2016

Notes

[1] Un silence religieux, Le Seuil, 2016, 240 p., 17 €.

samedi 24 septembre 2016

Le Conseil Constitutionnel proclame un Etat d'urgence au-dessus de la Constitution

Dans une analyse d'une décision récente du Conseil Constitutionnel ayant trait à la constitutionnalité des perquisitions administratives menées dans le cadre de l'Etat d'urgence avant l"entrée en vigueur de la loi du 15 novembre 2015, Paul Cassia pointe une évolution particulièrement dangereuse de la jurispridence du Conseil qui n'hésite pas à faire prévaloir l'Etat d'urgence sur la Constitution.

En effet, si ces perquisitions ont été déclarées anti-constitutionnelles,

Dans le dernier paragraphe de sa décision, le Conseil constitutionnel décide ceci : « la remise en cause des actes de procédure pénale consécutifs à une mesure prise sur le fondement des dispositions déclarées contraires à la Constitution méconnaîtrait l'objectif de valeur constitutionnelle de sauvegarde de l'ordre public et aurait des conséquences manifestement excessives. Par suite, les mesures prises sur le fondement des dispositions déclarées contraires à la Constitution ne peuvent, dans le cadre de l'ensemble des procédures pénales qui leur sont consécutives, être contestées sur le fondement de cette inconstitutionnalité ». En clair, l’inconstitutionnalité de la version originelle de l’article 11 de la loi du 3 avril 1955 est tout simplement neutralisée par le Conseil constitutionnel, parce que… celui-ci en a décidé ainsi ; par comparaison, en censurant une partie des dispositions du I de l'article 11 de la loi du 3 avril 1955 dans sa version issue de la loi du 20 novembre 2015 en tant que cette loi n'entourait pas de suffisamment de garanties les saisies informatiques réalisées au cours des perquisitions administratives, le Conseil constitutionnel avait décidé, dans sa décision Perquisitions administratives de l'état d'urgence I du 19 février 2016, que cette inconstitutionnalité "peut être invoquée dans toutes les instances introduites à cette date et non jugées définitivement".

Six mois plus tard, un simple « objectif de valeur constitutionnelle » de préservation de l’ordre public, qui n'est rien d'autre qu'une création issue de l'imagination des membres du Conseil constitutionnel dépourvue de valeur contraigante, vient tout-à-trac faire échec au droit constitutionnel au respect de la vie privée ancré dans la Déclaration de 1789 ; l'invocation stéréotypée et purement abstraite par le Conseil constitutionnel de vagues « conséquences manifestement excessives » (excessives pour qui ? pourquoi manifestement ?) ne constitue pas davantage une « motivation » suffisant à masquer l’arbitraire du « raisonnement » du Conseil constitutionnel sur les effets dans le temps de la censure ainsi neutralisée. Laurent Fabius ne cesse de dire, depuis sa nomination à la présidence du Conseil constitutionnel en février 2016, qu'il entend "enrichir" la motivation des décisions de l'institution qu'il préside ; il y a encore loin de la coupe au lèvres....

En définitive, des personnes pourront continuer à être poursuivies sur la base des plus de 780 perquisitions inconstitutionnelles menées entre le 14 et le 20 novembre 2015, alors que chacun sait désormais que l’opération de police qui est à l’origine des poursuites ne repose pas sur une assise législative conforme à la Constitution.

Ainsi va - ou plus exactement ne va pas - l’Etat de droit à la française sous l’empire de l’état d’urgence…

Lire l'intégralité de l'analyse de Paul Cassia sur son blog

vendredi 23 septembre 2016

"Alexis Tsipras et les siens sont une bande de criminels politiques"

“SYRIZA a offert tous les biens de l'État Grec à une hyper-caisse contrôlée par la Troïka, c'est-à-dire par des étrangers. C’est une trahison nationale qui dépasse d’ailleurs celle de la gauche par SYRIZA, voilà l’œuvre de SYRIZA, notre pays se trouve sous une occupation coloniale comme jamais auparavant. Le général Metaxás ou les Colonels... n’ont jamais tombé si bas. Alexis Tsipras et les siens sont une bande de criminels politiques, c’est le gouvernement le plus vendu... et cela depuis toujours”, déclare très ouvertement Alékos Alavános, ancien chef de... SYRIZA (radio 90.1 du Pirée). Je dirais que c’est le constat ainsi fait, le ressenti en tout cas, que j’entends tous les jours de la part des Grecs à plus de 90% d’entre eux. Ils en rajoutent d’ailleurs dans le... style: “Ces gens... il va falloir les pendre”, inutile de... commenter.

Entre la crise grecque, la “gestion” SYRIZA qui devient chaque jour davantage... le camp politique le plus haï en Grèce depuis bien longtemps et enfin, la crise importée et imposée, celle des migrants, le cocktail comme on dit est plus qu’explosif.

Nos nombreux touristes défilant devant Épidaure ou déambulant dans les ruelles étroites de Nauplie, n’y distinguent presque rien de l’implosion grecque laquelle s’accélère comme jamais, autant dans les faits qu’à travers ses réalités. Vivement l’été... 2017 !

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou, consacré aux événements de Lesbos, paru sous le titre "Au-delà de l'invisible" sur son blog Greekcrisis.

La vie dans une colonie contemporaine de la dette : la vérité sur la Grèce

En mai (2016), probablement pour la première fois dans l’histoire du monde occidental d’après-guerre, un Parlement national a volontairement cédé ce qui restait de la souveraineté de son pays, en se votant lui-même obsolète. Ce développement, cependant, n’a pas fait les grands titres dans le cycle des nouvelles mondiales et a également été ignoré par la plupart des médias soi-disant de gauche.

Le pays en question est la Grèce, où un projet de loi omnibus (c’est-à-dire portant sur divers sujets pas forcément reliés entre eux, NdT) de 7 500 pages vient d’être adopté, sans aucun débat parlementaire, transférant le contrôle sur tous les biens publics du pays à un fonds contrôlé par le Mécanisme de stabilité européenne (MSE) pour les 99 prochaines années. Cela inclut toute l’infrastructure publique, ports, aéroports et ressources naturelles, tous passés sous le contrôle du MSE, un organe non démocratique supranational, qui ne rend de comptes à aucune instance parlementaire ou élue. Dans ce même projet de loi, le Parlement grec s’est également privé de droit de vote : la législation annule le rôle du Parlement dans l’établissement d’un budget national ou l’adoption d’une loi fiscale. Ces décisions seront dorénavant prises automatiquement, à la demande de l’Union européenne : si les objectifs fiscaux définis par l’UE, le FMI et le MSE ne sont pas atteints, des coupes automatiques seront activées sans débat parlementaire, ce qui pourrait tailler dans les dépenses sociales, les salaires et les retraites. Dans la législation précédente, le Parlement grec acceptait de soumettre pour approbation tous les projets de loi en suspens à la troïka. Pour trouver un précédent historique, il ne faut pas remonter plus loin que la Loi des pleins pouvoirs adoptée par le Reichstag en 1933, où le Parlement allemand a voté en faveur de la suppression de son droit d’exercer son pouvoir législatif, transférant le pouvoir absolu de gouverner et d’édicter des lois, y compris non constitutionnelles, au chancelier Adolf Hitler (C'est pourtant cette "procédure parlementaire" que le factieux Valls a cité en exemple à suivre, Note du Concierge).

Le projet de loi grecque omnibus avait été précédé d’un autre, réformant le système des retraites de la Grèce par la promulgation de futures réductions des pensions, tout en augmentant les impôts presque entièrement automatiquement. Bien que le gouvernement soutienne le contraire, ces coupes sont régressives et auront un effet disproportionné sur les couches les plus pauvres de la société : la retraite de base a été abaissée à 345 euros par mois, les pensions complémentaires aux personnes pauvres ont été supprimées, la taxe sur la valeur ajoutée de beaucoup de produits de base a été élevée à 24%, le nombre de ménages ayant droit à des subventions pour le fuel de chauffage a été réduit de moitié, alors que les taxes sur le pétrole et le carburant ont de nouveau été augmentées, les participations sur les prescriptions de médicaments couvertes par l’assurance maladie publique ont été relevées de 25%, les contributions des salariés à la caisse de sécurité sociale ont été augmentées (réduisant efficacement les salaires), des taxes spéciales ont été introduites sur le café et les boissons alcoolisées, tandis que les petites entreprises en difficulté en Grèce ont vu leur taux d’imposition passer de 26 % à 29 %.

En plus des éléments législatifs mentionnés ci-dessus, le gouvernement grec a, en effet, renoncé à sa souveraineté nationale plus tôt cette année lorsque, dans le cadre de l’accord entre l’UE et la Turquie sur la crise des réfugiés et des migrants, la Grèce a accepté sans condition la présence de navires de guerre de l’OTAN et de personnel de l’armée et de la police turques dans la région de la mer Égée, tandis que le ministre grec de la Défense, le patriote Panos Kammenos, a publiquement proposé la construction d’une nouvelle base de l’OTAN sur l’île de Karpathos.

Alors que la Grèce a fait les manchettes mondiales ces dernières années, les médias sont restés silencieux sur cette dernière attaque néolibérale contre l’économie du pays et sur les entreprises et les ménages grecs déjà en difficulté. Mais ce ne sont pas seulement les médias grand public qui sont restés tranquilles. Des organes de presse censés être de gauche, comme Democracy Now ! ont oublié de parler de la Grèce, depuis la trahison par Syriza du résultat du référendum du 5 juillet 2015, où une majorité écrasante (62 %) de votants a rejeté une austérité accrue. Des intellectuels de gauche comme Noam Chomsky et Naomi Klein sont aussi restés silencieux. Ces médias et ces intellectuels de gauche avaient tous, à un moment donné, soutenu publiquement Syriza – même lorsqu’il y avait des signes que Syriza n’était pas ce qu’il prétendait être. Aujourd’hui, ces médias et ces personnalités intellectuelles refusent d’admettre qu’ils avaient tort ou de dénoncer ouvertement la trahison de Syriza, tout en n’apportant aucun soutien aux autres mouvements, véritablement opposés à l’austérité, qui existent en Grèce.

Bien sûr, même lorsque la Grèce apparaissait dans les informations, la vérité sur ce qui se passait réellement dans le pays était obscurcie par les partis pris majoritairement pro-UE et pro-austérité des médias internationaux, qui se faisaient passer pour des informations objectives. C’est également vrai pour les organes de presse contrôlés par l’oligarchie en Grèce. Regardons ce qu’ils ont dissimulé.

Traduit par Diane, vérifié par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

Lire la suite sur le site Le Saker Francophone

mercredi 14 septembre 2016

"Ils nous réduisent au niveau du bétail pour nous humilier"

Les affaires dites sociales iront ainsi d’euphémisme... en euphémisme, le commun des mortels se débat dans ses problèmes financiers, contre l'angoisse de se voir disparaître définitivement de l’économie réelle, et ainsi de l’existence... l’électricité en moins.

Il suffit d’observer (et surtout de vivre) par exemple une journée dans les locaux de la Régie d’Électricité (DEI), accueillant “son” si large public pour tout dire furieux et toujours à bord de l’explosion. Depuis... l’avènement de la crise et de la Troïka en Grèce, la facture d’électricité s’est considérablement alourdie, pour devenir... insupportable ; cela, entre l’accumulation de bien nombreuses taxes, les augmentations tarifaires, et les “autres coûts et prélèvements divers” que l’on voit apparaître dans les factures.

Ce que les Grecs ne savent pas toujours, c’est que ces... autres coûts ainsi facturés, tentent à couvrir en réalité les pertes que la Régie subit depuis que les branchements... sauvages et forcément illégaux sur son réseau se sont multipliés. Ce phénomène prend des proportions jamais imaginées, plus de 5.500 cas ont été détectés durant les six premiers mois de cette année, au lieu de 8.500 cas similaires avérés pendant toute l’année 2015, d’après les données rendues publiques par la Régie, reprises par pratiquement toute la presse ce dernier temps

Les agents de la Régie... enregistrent chaque mois près de 1000 nouveaux cas de branchements illégaux et dangereux (on compte déjà un certain nombre de morts par électrocution parmi les... intéressés) ; au... palmarès des pratiquants ainsi repérés, on y découvre non sans une certaine surprise, des hôtels, des restaurants, des boutiques, des étables et évidemment, de nombreuses habitations. Et lorsque les agents s’y rendent sur place, leurs tentatives... de neutralisation des compteurs s’avèrent fort risquées, entre menaces, passage à tabac... d’où peut-être tout “l'intérêt” d’installer un jour en Grèce des compteurs Linky (comme actuellement en France), histoire de pouvoir réaliser les opérations d’interruption et de mise en service à distance ! Début septembre, le patron d’une taverne dans la banlieue d’Athènes, a même ouvert le feu contre le véhicule des agents de la Régie, lesquels se sont aussitôt rendus au commissariat de la commune. En attendant, et pour... s’éviter le flagrant délit, l’auteur des faits a pris la fuite.

Le courant ne passe décidément plus comme avant en Grèce, car aux milliers de branchements illégaux, s’ajoutent les factures impayées, la somme globale... avoisine tout de même les trois milliards d’euros. Pour faire face à cette situation, la Régie renouvèle sans cesse ses “Programmes d'arrangement”, échelonnant sur plusieurs mois le règlement des factures impayées, avec l’obligation faite aux consommateurs de ne plus retarder d’un seul jour, le paiement des factures suivantes. Tout un programme... Devant les locaux de la Régie d’un quartier d’Athènes, un graffiti en dit long sur la situation: “Tu peux m'envoyer autant de factures que tu veux, je resterai toujours redevable de 492€” ! Compte... alors exact.

(...)

Mais il y a pire. En visitant un peu le bâtiment de la Régie, l’observateur... participant et averti, constatera avec stupeur qu’il s’agit d’un immeuble vidé et laissé à l’abandon, sauf au rez-de-chaussée, les réductions successives de l’effectif sont passées par là. “C'est comme durant l'autre Occupation Allemande d’après ce que ma mère me racontait, ils nous réduisent au niveau du bétail pour nous humilier” lance d’une voix bien forte une femme âgée (...)

Extraits de l'article de Panagiotis Grigoriou, paru sous le titre "D’euphémisme... en euphémisme " sur son blog Greekcrisis

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