Musée de l'Europe et de l'Afrique

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Quatrième nuit de Walpurgis

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jeudi 6 juillet 2017

Gênes 2001 : La Cour européenne des Droits de l'Homme condamne l'Italie pour "torture"

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Seize ans après les faits un arrêt rendu le 22 juin 2017, la Cour européenne des Droits de l'Homme a condamné l'Italie à verser des dommages et intérêts aux victimes des écoles Diaz et Pascoli pour violation de l'article 3 de la Convention européenne des Droits de l'Homme, c'est à dire "torture", lors des opérations punitives menées à l'issue des mobilisations contre le G8 à Gênes en 2001. Le code civil italien ne disposant en effet pas d'implication pénale pour le crime de "torture", les faits avaient été largement déclarés prescrits.

L'arrêt revient largement sur le contexte et les faits.

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Lire l'arrêt (également en pièce jointe)

C'est à l'issue de Gênes, où il fut écrasé, que le mouvement anti-globalisation est devenu altermondialiste, "self-policed" et finalement faux-nez de la mondialisation, coquille vide tendant aujourd'hui à être investi par l'openSociety depuis que la jonction entre les militants professionnels et Occupy Wall Street! s'est opérée.

Pourtant, l'incapacité des "internationalistes" à suivre les procès de Gênes et à manifester la moindre solidarité avec les victimes italiennes expiatoires de Gênes, purgeant de lourdes peines de prison, de même que leur incapacité à soutenir le peuple grec autrement qu'en invoquant "une autre Europe" (dont Varoufakis est désormais le nouveau porte-drapeau) prouvent que l'abandon du cadre national des luttes fait le jeu de ce qu'on prétend (de moins en moins) combattre.

Le constater suffit de nos jours à se faire traiter de "rouge-brun" par la petite-bourgeoisie avide d'accumuler du capital international afin de s'insérer dans la division du travail (parfois au nom du climat) de production de l'idéologie de la globalisation.

Le Concierge

Lire : Il ne s'est (presque) rien passé à Gênes en 2001

mardi 4 juillet 2017

Interdiction d'embauche à des postes normaux

Mauvaise surprise pour les touristes qui se promènent en ce moment à Athènes ou sur les îles grecques  : les poubelles s’entassent, résultat d’une grève des travailleurs dans les mairies...

En effet, plus de 10 000 travailleurs, pour la moitié dans le nettoyage, ont soudainement appris, par décision du tribunal, que leur contrat précaire de huit mois, renouvelé fin 2016 exceptionnellement pour un an, n’est pas conforme à la législation instaurée par la troïka en 2011, et que, par conséquent, non seulement ils vont se retrouver automatiquement au chômage mais aussi qu’ils vont être obligés de rembourser les salaires perçus  !

La réponse des travailleurs a été immédiate  : la lutte commence, mais elle est minée notamment par le cadre européen imposé, qui interdit les embauches à des postes de travail normaux et qui prévoit la privatisation de toute la chaîne, hautement lucrative, de la gestion des déchets. En interdisant aux mairies – formellement responsables – de payer ces salaires, on pousse celles-ci en urgence à conclure des contrats avec des sociétés privées. Le gouvernement tente de stopper le mouvement en appelant les salariés à travailler gratuitement, avec des promesses de ne pas réclamer les salaires payés, inventant aussi des contrats renouvelables de deux mois dans une perspective d’embauche très incertaine pour un quart d’entre eux l’année prochaine…

Privatiser, la troïka sait très bien faire  : la dernière réunion de l’Eurogroupe a failli éclater, car la justice grecque s’est mise à examiner le scandaleux bradage de 28 immeubles publics par la troïka en 2011-2013. Ainsi, on a appelé pour examen les «  experts  » de l’époque (les cadres nommés par la troïka pour le bradage avaient, eux, été par précaution «  immunisés  » de toute responsabilité  !). Mais comme ces dits «  experts  » n’étaient pas tous grecs, des ministres, notamment l’espagnol Luis de Guindos, ont menacé de mettre leur veto si leurs compatriotes n’étaient pas exemptés de tout examen judiciaire...

Du coup, la décision de l’Eurogroupe tombe bien  : débloquer les 8,5 milliards d’euros qui arrivent à échéance ce mois-ci, et «  en échange  », obtenir de la part des Grecs la promesse de 113 nouvelles mesures (libéralisation plus poussée des licenciements, ventes aux enchères des appartements de gens pauvres endettés, nouvelles coupes des retraites, limitations du droit de grève, baisse des allocations sociales, etc.), ainsi qu’un projet de contrôle du budget très contraignant... jusqu’à 2060 (projet que même le FMI juge «  irréaliste  » et ridicule).

Quant aux promesses de restructuration de la dette ou d’extension en Grèce du programme «  quantitative easing  » de la Banque centrale européenne – les deux batailles symboliques du marchandage de Syriza – elles ont été superbement ignorées par l’élite européenne. La contribution spécifique de Macron aura été une «  clause de croissance  » pour s’assurer qu’un surplus éventuel additionnel irait bien aux créditeurs, et non à la populace…

(...)

Source : L’Hebdo Anticapitaliste (NPA), via CADTM, paru sous le titre " Grèce : Seule la lutte peut stopper cette descente aux enfers"

Macron, c’est la “Troïka de l’intérieur”

Yanis Varoufakis raconte que Schaüble (ministre des Finances allemand) lui aurait dit : “le véritable objectif c’est Paris, la Troïka veut imposer ses politqiues en France”. Si on accepte cette idée, c’est qu’effectivement l’étape suivante de l’Union Européenne consiste à se porter vers le lien où on trouve la pointe la plus avancée de l’Etat social sur le continent, c’est-à-dire vers nous.

Imposer à la cinquième puissance du monde une mise sous tutelle comme la Grèce, c’est irrecevable. La Grèce est la première colonie de la dette ; la société a été brutalisée comme jamais depuis la fin de la guerre civile en Grèce. En France, je pense que cette thérapie de choc peut être apportée non pas de l’extérieur, mais de l’intérieur. Comme le disait Galbraith, Macron représente en France la “Troïka de l’intérieur”. On se retrouverait avec une troika de l’intérieur : c’est Macron et son gouvernement technique. On ne peut pas apporter en France, comme en Grèce, des experts du FMI en cravate dans les hôtels parisiens pour importer leur politique. En revanche, on peut l’imposer de l’intérieur.

Je relisais le contenu du mémorandum de 2010 sur les modification du droit grec du travail ; ce qui est souhaitable dans ce mémorandum, c’est que les accords d’entreprise priment sur les accords de branche, que les procédures de licenciement soient allégées; on retrouve les mêmes attendus dans le programme de Macron.

Macron, c’est la “Troïka de l’intérieur” ; son but est de réduire l’Etat social, c’est de mettre en place ce que Noëlle Burgi nomme “l’Etat social minimal”, avec la transition de notre régime social de l’assurentiel vers l’existentiel. Cette purge-là, c’est le gouvernement technique de M. Macron qui va essayer de la mettre en oeuvre, par des mesures dures à l’égard de la population, du droit du travail, par de l’austérité. Il va le faire prudemment, car il est conscient du rapport de force. Mais la volonté de M. Macron d’obtenir l’assentiment de l’Allemagne peut nous amener, non pas à une “stratégie du choc” à la grecque, mais à un remaniement profond de la protection sociale et du droit du travail; à moins qu’entre-temps n’arrive l’inattendu, une secousse qui emporterait la zone euro et qui viendrait d’Italie.

Extrait d'Interview de Frédéric Farah parue dans Le vent se lève

Lire aussi : Ce qui arrive dans des endroits comme la Grèce n'a rien à voir avec la Grèce , qui constitue la dernière intervention progressiste de Varoufakis avant sa conversion publique à "l'autre Europe" (qu'il avait mise en pratique en refusant toute sortie de l'euro et par son hostilité à l'audit de la dette grecque)

vendredi 30 juin 2017

La colonie se porte bien

Tout ne passe pourtant pas inaperçu, en dépit de la lassitude des âmes grecques. Ces derniers jours, une partie de la presse s’est tout de même sentie obligée de réagir face à l’annonce du montant du salaire annuel (270.000€) dont bénéfice Ourania Aikateriniari, PDG de la “Treuhand-II” “à la grecque”. Agence comme on sait fiduciaire ayant comme mission de brader les biens publics du pays, au profit des néo-colonisateurs appelés parfois “créanciers” (ou assimilés) dans la novlangue dominante (hebdomadaire “To Pontíki” du 29 juin) .

Pour la petite histoire, la PDG... exécutante, a déjà besogné (et certainement appris) auprès de la BNP Paribas, de l’Eurobank, de Deutsche Bank, de DEI (vice-PDG Régie d’Électricité en Grèce, entre 2010 et 2015, qu’elle privatisera d’ailleurs, d’après les prérogatives liées à son nouveau poste), elle a enfin aussi œuvré chez Ernst & Young

(...)

La colonie se porte alors si bien, la dite “Haute Cour de Justice”, dans sa délibération du 29 juin, elle vient d’annuler la procédure pénale visant neuf membres du TAIPED (“Treuhand” - I, structure imposée par les colonisateurs Troïkans en 2011), voilà pour la dernière des nouvelles (quotidien “Kathimeriní” du 30 juin) .

Parmi ces neufs... technocrates, explicitement accusés pour détournements de fonds et pour avoir fait perdre à l’État grec près de 580 millions d’euros suite à la vente de 28 biens immobiliers (publics appartenant à divers ministères), trois, sont les ressortissants des pays de l’Eurocontrol (un Espagnol, un Italien et un Slovène). Ainsi, suite au récent Eurogroupe ; ces pays, dont d’bord l’Espagne, ont menacé de bloquer l’attribution de la tranche (nommée “dose” pour la presse grecque) de près de huit milliards d’euros, destinés à la Grèce... et servant quasi-exclusivement, à réintégrer les caisses des dits créanciers (le remboursement eternel !).

La procédure visant donc ces neuf technocrates à la tête du TAIPED date de juillet 2015, et elle a été initiée et instruite par deux Procureurs luttant contre la corruption, Ioánna Sévi et Angelikí Triantafillou, ayant donné également suite à la plainte déposée par un bon nombre d’avocats inscrits au barreau du Pirée (médias grecs du 20 juillet 2015)

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Grèce... cadre naturel !" sur son blog Greekcrisis

jeudi 29 juin 2017

L'ennemi, ce n'est pas la finance, c'est le code du travail...

Ptus.jpg Illus. Martin Sheen dans la serie US "The West Wing", 1999

Aux dirigeants américains, « je vais leur dire "voilà, la France a changé, elle vous accueille, n’ayez plus d’inquiétudes sur le droit du travail français, n’ayez plus d’inquiétudes sur l’instabilité fiscale française" », annonce Bruno Le Maire, déroulant le programme de son voyage à New York.

Le ministre français de l’Economie, qui a entamé mercredi une visite au cours de laquelle il rencontrera le gotha de Wall Street, a expliqué vouloir « arracher des décisions aux institutions financières américaines et leur dire "vous êtes les bienvenues en France" ». « La finance, c’est près de 800.000 emplois en France et il y a des possibilités de développement qui se chiffrent en milliers d’emplois pour notre pays. Il faut foncer », a justifié Bruno Le Maire.

« L’ennemi, ce n’est pas la finance »

« Je vais leur dire très simplement qu’à nos yeux, l’ennemi ce n’est pas la finance, l’ennemi c’est le chômage, et nous allons tout faire pour faire revenir de la richesse, des investissements, des emplois en France », a ajouté le ministre en marge de l’inauguration d’une nouvelle boutique de la chaîne de boulangeries française Maison Kayser sur la très chic 5e Avenue, à deux rues de l’Empire State Building.

Vont s’enchaîner des entretiens avec les voix parmi les plus influentes des milieux d’affaires américains, notamment dès mercredi soir un entretien avec Larry Fink, le PDG de BlackRock, fonds présent au capital de nombreux grands groupes américains (McDonald’s, Apple…) et étrangers (BNP Paribas…)

Dîner « attractivité de la France »

Le ministre français prendra également part à un dîner organisé sous le thème « attractivité de la France », avec Kenneth Jacobs, le patron de la banque Lazard, et le financier américain John Paulson, dont le fonds éponyme est au capital de différentes entreprises.

John Paulson fait partie d’une catégorie d’investisseurs baptisés « activistes », dont l’émergence et la montée en puissance ces dernières années ont bousculé les traditions dans les conseils d’administration et fait de la rémunération des actionnaires la priorité des entreprises. Dan Loeb, un de ces « activistes », vient d’entrer au capital de Nestlé à qui il a demandé dimanche de céder sa participation dans le géant des cosmétiques français L’Oréal.

Paris veut accueillir les grandes banques qui fuient le Brexit

Jeudi, Bruno Le Maire doit rencontrer tour à tour des dirigeants de trois des six grandes banques américaines (JPMorgan, Morgan Stanley et Citigroup), dont Jamie Dimon. Un rendez-vous est également prévu avec Henry Kravis, le co-patron du puissant fonds d’investissement KKR.

Le Brexit devrait être au centre de ces quatre rendez-vous, car Paris voudrait devenir un grand centre financier en récupérant les activités que les grandes banques doivent déménager de Londres vers le continent dans le cadre du divorce entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.

La France espère que l’élection d’Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires ayant promis des réformes structurelles dont celle du travail, est un argument de poids pour l’emporter face à Francfort, Luxembourg et Dublin. Paris accuse du retard, certaines banques ayant déjà opté pour d’autres villes. JPMorgan Chase, qui emploie 16.000 personnes au Royaume-Uni et prévoit d’en transférer 4.000 vers l’UE, a choisi Dublin, Francfort et Luxembourg.

Paru dans 20mn, le 29/06/2017 sous le titre Bruno Le Maire à Wall Street: «N'ayez plus d'inquiétudes sur le droit du travail français»

mercredi 21 juin 2017

"La destruction de l’UE s’impose ainsi comme l’une des tâches les plus urgentes, les plus radicales, mais aussi les plus compliquées du combat pour l’émancipation de notre temps"

Ce que montre le cas de la Grèce, c’est que le régime d’exception mis en place à l’occasion de la crise de surendettement a instauré une nouvelle ligne de fracture, à l’intérieur même de cette aire qui, juste avant la crise, faisait partie de l’ensemble relativement homogène des pays de l’Europe de l’ouest. La violence avec laquelle cette frontière interne, latente lors de la phase intérieure, pendant laquelle la croissance économique a servi à masquer les disparités croissantes, surgit lors de la crise renvoie toutefois à un phénomène qui excède la simple dimension économique.

Frontière interne et frontière externe ont de fait convergé dans un régime néocolonial chargé de gérer aussi bien la thérapie néolibérale de choc infligée à un pays à la dérive qu’un flux de population migrante mettant à l’épreuve le régime de frontière de la « forteresse Europe ». Le « point de vue de la Grèce » permet ainsi de capter dans toute son acuité la vérité de l’« Etat sécuritaire » qui émerge de l’intérieur de l’UE en tant que celle-ci réalise la constitutionnalisation des politiques néolibérales à travers un dispositif soustrait à toute forme de contrôle démocratique. La prolifération à tous les niveaux d’instances échappant aux règles des institutions représentatives, auxquelles sont confiées un nombre grandissant de fonctions étatiques, l’interpénétration de plus en plus étroite entre les sommets bureaucratiques des Etats nationaux, mais, davantage encore, ceux de l’UE et les intérêts des grands groupes capitalistes et financiers[, ainsi que le recours croissant à des méthodes répressives constituent deux aspects majeurs de cette forme politique, version radicalisée de l’« étatisme autoritaire » dont Nicos Poulantzas avait diagnostiqué la montée dès la fin des années 1970.

Les méridionaux de la périphérie interne, européens de seconde zone et Blancs déjà imprégnés d’Orient, sont ainsi appelés non seulement à consentir de vivre sous un régime de dépossession indéfinie de leur souveraineté politique et économique mais, de surcroît, de bien vouloir continuer à jouer les garde-chiourmes de la forteresse pour épargner aux pays du centre le désagréable spectacle de hordes de nécessiteux et de persécutés venant s’échouer sur des rivages de Lampedusa ou de Lesbos.

Si l’on resserre la focale au cas de la Grèce, le constat de son succès s’impose, même si, à moyen terme, son maintien est loin d’être assuré. Ce régime a néanmoins réussi à s’institutionnaliser et à se stabiliser, donc à engendrer une forme de « normalité », ce qui est un succès d’autant plus remarquable que la faillite des politiques économiques mises en œuvre est patente. La clé de ce succès réside dans la capacité dont il a su faire preuve à passer le test de l’arrivée au pouvoir d’une force politique qui se présentait à l’origine comme un adversaire, et qui, par un processus alliant coercition (économique) et persuasion en est devenue un serviteur efficace. Cette expérience, unique dans sa radicalité, de transformisme politique exerce un effet dévastateur et durable sur les capacités de résistance des classes subalternes et obère, pour une période au moins, la possibilité de formation d’une contre-hégémonie des subalternes.

Le deuxième succès de ce régime réside dans le fait qu’il a pu faire remplir son rôle de laboratoire des politiques néolibérales radicalisées dont l’aire d’application, sous des formes certes différenciées, n’est nullement restreinte à la Grèce ou même aux pays de la périphérie de l’UE. En ce sens, il est clair que, pour prendre cet exemple, la politique de « réformes structurelles » exigées par les instances bruxelloises à la France, au premier rang desquelles figure la liquidation du code du travail, est dans le droit fil de ce que les mémorandums ont mis en place dans le sud Européen. A entendre le programme du candidat Fillon par exemple, dont Macron a présenté une version édulcorée en matière économique et sociale, une oreille grecque distingue sans peine la familière musique des Mémorandums, et même une bonne partie des paroles. A une différence près toutefois, qui est de taille : il manque la Troïka au sens strict. Bien sûr, les pactes européens, celui dit « de stabilité et de gouvernance », celui pour l’euro (dit « Euro plus »), ainsi qu’un ensemble de règlementations (Six Pack et Two Pack) ont resserré davantage encore le corset néolibéral et ce pour l’ensemble des pays. Les marges de manœuvre ne sont toutefois, à l’évidence, pas du même ordre selon qu’on se trouve à Athènes, à Paris ou à Amsterdam.

Pour le dire autrement, le régime néocolonial ne peut se généraliser, ni, a fortiori, être transposé en tant que tel dans un pays du « centre » européen. Il reste le signe distinctif du statut de « périphérie interne », dont le « centre » a toutefois besoin s’il veut maintenir ce qui reste de crédibilité à un projet d’« intégration européenne » déjà considérablement malmené par le rejet venant d’en bas, dont le Brexit est l’un des symptômes les plus éloquents. Par ailleurs, ce régime remplit une fonction idéologique de disciplinarisation fort utile pour les classes dominantes. La façon dont la Grèce turbulente a été matée, et dont ses dirigeants supposés rebelles sont devenus de dociles – bien que très peu fiables – serviteurs de l’ordre néocolonial en fait un cas d’école. Si l’on ne veut pas connaître les déboires des Grecs, mieux vaut se tenir à carreau et obéir aux injonctions bruxelloises, qui finiront de toute façon par s’imposer comme l’illustre de façon éclatante la gloire fanée d’Alexis Tsipras.

Là réside sans doute le cœur de la question. Car c’est bien entendu par ce qu’elle a révélé de l’impuissance et des illusions de la gauche dite « radicale » que l’expérience grecque nous intéresse au premier chef. C’est par son incapacité à comprendre les mécanismes extrêmement puissants qui ont façonné ce nouvel espace hiérarchisé, polarisé, radicalement soustrait à toute possibilité de contrôle populaire, que les forces de la gauche qui ont essayé d’impulser des ruptures, même partielles, avec ce régime ont lamentablement échoué. Cette absence de compréhension ne relève toutefois pas d’une simple bévue intellectuelle. Son fondement est politique, il renvoie au refus d’un véritable affrontement avec les forces dominantes, lui-même dérivé de l’intériorisation par la gauche de sa défaite historique. L’aveuglement européiste a joué à cet égard un rôle capital : le ralliement au discours dominant, qui présente l’adhésion au projet de l’UE comme preuve d’« internationalisme » et de défense de « valeurs d’ouverture », a interdit de penser la nécessité de ce que l’on appelle un « plan B », qui comportait la sortie de la zone euro, comme outil indispensable pour résister au chantage de la Troïka.

Telle est donc la leçon amère de la Grèce pour les forces de la transformation sociale et de la lutte anticapitaliste. Si l’on n’est pas disposé à aller jusqu’au bout dans une logique de confrontation et de rupture avec la cage de fer qui s’appelle Union Européenne, on est fatalement conduit vers la capitulation. La vaine recherche d’une troisième possibilité n’a fait que préparer la voie à cette débâcle aux conséquences écrasantes, pour le peuple grec bien sûr mais aussi pour les peuples européens. Aucune réflexion stratégique ne peut sérieusement débuter si d’emblée n’est pas posée la nécessité d’une confrontation avec la structure institutionnelle de l’UE, expression concentrée de la violence des politiques néolibérales et impériales qui condamnent à une vie précaire déshumanisée, quand ce n’est pas à la mort pure et simple, des populations entières.

La destruction de l’UE s’impose ainsi comme l’une des tâches les plus urgentes, les plus radicales, mais aussi les plus compliquées du combat pour l’émancipation de notre temps.

Lire l'article de Stathis Kouvélakis paru sous le titre "La Grèce, la frontière, l’Europe" dans Contre-Temps

dimanche 11 juin 2017

Réforme fiscale : Autorité Administrative Indépendante sans forme juridique !

En ce vendredi 9 juin, la “majorité” Tsipras, a même introduit certains amendements et modifications grammaticales aux lois... adoptées pourtant il y a à peine dix jours. Modifications bien entendu qui ont été imposées par la Troïka élargie. Il faut surtout y faire croire.

À travers les ondes des radios on évoque donc avec amertume cette ultime (?) ridiculisation du régime parlementaire (90,1 FM zone matinale du 9 juin): “Lorsque la moindre virgule ou tournure de phrase doit désormais être directement dictée par les émissaires de la Troïka, le gouvernement grec atteint désormais les sommets de la bouffonnerie. Et cette ridiculisation, elle tient aussi au fait que les textes ainsi modifiés (autant dictés par la Troïka) avaient été votés seulement dix jours auparavant.”

Alexis Tsipras et les siens, (tout comme les Mitsotakis ou les funestes Pasokiens), incarnent alors jusqu’à la moelle ces petites élites locales fort conciliantes, fabriquées et/ou recrutées pour seconder à l’asservissement de “leur” pays, participant de leur manière à la dernière en date... technologie disciplinaire, imposée notamment par le financierisme globalisant.

(...)

La dite “crise” c’est un changement de régime alors durable. Pratiquement toutes les administrations de l’État grec sont tutélisées par les contrôleurs troïkans, et d’ailleurs, les contribuables grecs remplissent et déposent déjà très officiellement leurs déclarations de revenus auprès cette Autorité (dite) Indépendante des Recettes Publiques (conçue directement et contrôlée par la Troïka et par Bruxelles), et non pas, auprès de l’administration fiscale de leur pays dont le caractère régalien et (supposons démocratiquement contrôlée) vient d’être tout simplement supprimé (loi 4389 - 94/Α/27-5-2016 “gouvernement” SYRIZA).

D’après cette loi, (...) “est instituée l’Autorité Administrative Indépendante sans forme juridique sous le nom l’Autorité Administrative Indépendante (A.A.D.E.) dont la mission consiste à l'évaluation et à la perception des impôts, des douanes et autres organismes publics, des recettes relatives à la portée de ses prérogatives. L'Autorité jouit de son entière indépendance opérationnelle, de son autonomie administrative et financière et elle n’est pas soumise au contrôle, ni à la surveillance des organismes gouvernementaux, des agents ministériels ou d'autres autorités administratives.”

“L'Autorité est soumise à un contrôle parlementaire, tel que défini par les Règles de la Chambre et l'article 4 de la présente loi. (...) Par cette institution de l'Autorité, le Secrétariat Général du ministère des Finances (imposition des revenus, taxes est supprimé” (loi 4389 - 94/Α/27-5-2016) . Notons ici que le prétendu contrôle parlementaire de l’Autorité n’est que fumisterie. D’après l’article 4 de cette même loi, “les membres et le président de l'Autorité peuvent être amenés à s'exprimer devant l'Assemblée pour des éclaircissements, voire de collaborer le cas échéant”. Syntaxe suffisamment vague, tout simplement, pour (presque) dire que l’Autorité n’est pas soumise au contrôle du “Parlement”.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Mémoires du large" sur son blog GreekCrisis

samedi 10 juin 2017

La mort du salaire brut

Macron prépare la plus terrible attaque contre nos salaires de toute l’histoire de notre pays. Du jamais vu.

Il va supprimer le salaire brut.

Les grands médias des 9 milliardaires font mine de nier ou déforment la réalité : comme si seul comptait le salaire net en bas de la feuille de paie.

Mais non, c’est le salaire brut qui compte !

Réexpliquons le à nos concitoyens car le pouvoir cherche à supprimer les feuilles de paie papier et à les « simplifier » pour pas qu’on voit la manœuvre.

Le salaire net c’est pour payer la force de travail.

Le salaire brut c’est pour payer la reproduction de la force de travail.

Le salaire net on vit avec au mois le mois

Le salaire brut on vit avec tout au long de la vie.

Le salaire net vous permet de consommer et de vivre quotidiennement.

Le salaire brut vous permet de faire face à tous les aléas de la vie, quand vous avez besoin de logement, quand vous êtes en charge de famille, quand vous êtes malades, quand vous avez un accident du travail ou une maladie professionnelle, quand vous êtes au chômage, et quand vous êtes en retraite.

Les cotisations ne sont pas des impôts, elles sont obligatoirement pré affectées à ce pourquoi elles sont collectées, elles ne vont pas aux caisses publiques, car les différentes caisses de Sécurité sociale sont de droit privé (et devraient être gérées par les cotisants, les représentants des salariés normalement élus comme cela l’était à l’origine de la « Sécu ». Allez revoir le film « La sociale » de Gilles Perret).

Le salaire brut ce n’est pas une « charge » comme ils le disent, c’est un bonheur.

C’est une partie du salaire mutualisée et redistribuée à chacun selon ses besoins, c’est ce qu’il y a de plus beau dans notre pays.

Le salaire brut vous est redonné en « temps différé » quand vous êtes malades, en « temps indirect » pour le logement, mais aussi en « temps réel » quand vous êtes en retraite (car dans ce cas il va en direct, de ceux qui travaillent à ceux qui sont en retraite, la retraite par répartition n’est pas une épargne !).

C’est le capital, l’actionnaire, l’employeur qui paient votre protection sociale, le salaire brut, chaque mois, en même temps que votre salaire.

Macron a déjà supprimé les cotisations familiales, il a baissé les cotisations parfois jusqu’à 1,6 ou 1,9 fois le smic. Là, il supprime et remplace tout par l’impôt.

C’est nous, par nos impôts, qui paieront dorénavant à la place de notre patron. Un hold up de 470 milliards contre nous ! Un cadeau géant de 470 milliards pour le Medef.

Pour tenter de masquer ça, ils vont augmenter de quelques euros votre salaire net mais baisser de centaines d’euros votre salaire brut.

Ils baissent le haut de la feuille de paie en faisant croire qu’ils augmentent le bas de celle-ci. C’est un coup de bonneteau.

Et c’est pourquoi Macron diffère le prélèvement de l’impôt à la source prévu fin janvier 2018, purement pour manipuler, cacher cette énorme arnaque.

Gérard Filoche

jeudi 8 juin 2017

"Alors voici enfin la pauvre vérité : tout cela est normal"

La dernière fois que je suis revenu d’Athènes, c’était avec une mise en garde. Cette fois, c’est avec une révolte pure, drue, angoissante, dégagée de tout sentimentalisme et de toute illusion sur le cynisme des coupables. S’ils avaient été prêts à reconnaître leur échec, ils auraient déjà d’eux-mêmes abandonné l’exercice du pouvoir. Tout a été dit sur eux, y compris leurs noms. Et voici qu’ils s’apprêtent à se faire remettre toutes les commandes de mon pays, la France, et cela au nom du renouveau — mieux, de la « révolution ».

(...)

La mort des hommes n’a l’air de rien, puisqu’elle fait partie du plan.

Mais ce n’est pas parce qu’ils sont incompétents, corrompus, malveillants ou stupides que nos gouvernants ne nous aident pas à nous sauver de cette chute lente, prudente, dans la bassesse. C’est parce qu’ils ont sincèrement, honnêtement, ignoblement accepté l’idée qu’une grande partie des humains doit par nécessité supporter sans protester les mille morts d’une vie indigne. Les grands riches sont d’ailleurs toujours de profonds pessimistes. Leur cupidité ou leur imbécillité ne sont que des conséquences de ce chagrin philosophique. C’est lui le problème. On consume le monde par préférence, comme de petits bardes regardant brûler Rome en jouant de la lyre.

Les zombies de Grèce ne sont pas des oubliés : ils sont le carburant du monde. Ou plutôt : sa fumée. La terreur de ce destin inimaginable sert de lien social aux Européens modernes. Cette damnation attend chacun de ceux qui ne veulent pas, ou ne savent pas, jouer à la grande belote infantile du salut par l’argent. Hors d’elle, c’est la chute aléatoire dans une trappe, la chasse ouverte, le tir aux pigeons. Qui tombera le premier ? Soi-même ou l’un des fantômes qui peuplent, seuls eux aussi, les coursives de nos immeubles ?

L’idéal des modernes, c’est donc de maintenir l’équilibre entre la misère et son produit, parce que, comprenez-vous, l’homme ne vaut pas mieux et que, voyez-vous ça, leurs adversaires sont tous des irresponsables. Et dire que c’est au nom de ce nihilisme qu’une petite majorité dispersée, divisée et même contradictoire s’occupe de gérer les affaires publiques…

Face à cet univers bien pensé, nul besoin de mise en garde, je m’étais trompé. C’était une diversion et je suis tombé dans le piège. On voulait me faire croire que le projet politique dominant ne militait pas pour cette habitude face à la mort spectaculaire et aléatoire, ou alors si peu. Et je l’ai cru pendant de longues années, au point d’avoir choisi mon métier, mes plaisirs, mes paix intimes en la considérant comme la dernière poche de l’ennemi à réduire. Mais non. Le tri a commencé entre nous.

C’est de refus que je vais faire preuve aujourd’hui, et dorénavant.

Lire Je reviens d’Athènes, par Léonard Vincent.

mardi 6 juin 2017

Mémorandum IV : l'UE assassine

Alors que médias traditionnels et réseaux sociaux se font concurrence pour relayer massivement moult faits divers faisant diversion, commentés, analysés, "détricotés" par de nouveaux intellectuels médiatiques faisant leurs premiers pas dans la société du spectacle, des crimes d'une ampleur inouïe continuent d'être commis en notre nom. La fonction des polémiques sur tout et rien complaisamment relayées par les guignols de l'info, les "historiens" en peau de lapin et autres candidats de "rassemblement autour de bibi" est ainsi établie : couvrir les crimes du présent (parfois même sous les trompettes de la commémoration de ceux du passé.) Le Concierge

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Le Parlement grec a adopté jeudi 18 mai 2017 soir de nouvelles mesures d'austérité, réclamées par les créanciers, UE et FMI. Elles sont censées permettre le versement d'une nouvelle tranche des prêts internationaux au pays, qui espère aussi un allégement de sa dette.

Les principaux articles de la loi comprennent de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses des impôts. Ils ont été approuvés par la faible majorité de la coalition gouvernementale, soit 153 députés de la gauche Syriza d'Alexis Tsipras et du petit parti souverainiste Anel, tandis que 128 députés ont voté contre, selon un vice-président du Parlement.

Le gouvernement grec dominé par Syriza espère que l'adoption de ces mesures, quatre jours avant une réunion des ministres des finances de la zone euro à Bruxelles, convaincra les créanciers qu'Athènes peut obtenir une tranche de 7,5 milliards d'euros d'aide et un nouvel allégement de sa dette.

En début de soirée, des milliers de manifestants s'étaient rassemblés aux abords du Parlement avec des banderoles frappées des mots "Non aux plans d'aide! Non à l'austérité!". Selon la police, plus de 10 000 personnes ont manifesté pour protester contre un projet de loi comprenant de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses des impôts.

Des échauffourées se sont produites entre les policiers et de petits groupes d'individus cagoulés qui lançaient des cocktails Molotov. La police a tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser. ATS

Pas tous égaux devant l'austérité

Tous les Grecs doivent faire des efforts pour réparer les erreurs du passé. L’antienne est connue: elle ne correspond pourtant aucunement à la réalité. Une étude de l’institut Hans Böckler a démontré que les hausses d’impôts subies par les Grecs entre 2008 et 2013 touchaient très diversement les citoyens. Ainsi, les catégories les plus modestes ont vu leurs prélèvements augmenter de 337% tandis que les riches ne paient que 9% de plus qu’auparavant.

Du côté des revenus, le constat est similaire. Selon les chercheurs, les 10% des Grecs les plus pauvres auraient perdu durant ce laps de temps 86% de leur revenu! Les 30% les plus riches, eux, n’auraient subi qu’une chute de 17% à 20% de leurs entrées. Des chiffres que les derniers plans d’austérité n’ont certainement fait qu’aggraver

Lire l'article du Courrier du 18 mai 2017 "A Athènes, mourir dans le dénuement"

mercredi 10 mai 2017

Demandez le programme (2)

Au bout de huit années de “crise grecque”, la société en sort transformée, les liens interpersonnels, amoureux, conjugaux, amicaux, professionnels ne sont plus pratiqués de la même façon qu’avant 2010. La gestion même du temps (comme... du temps existentiel restant), devient alors impossible pour le plus grand nombre. Dans un sens, à défaut de calendrier évident, pas d’espoir manifeste, et point d’avenir...

La presse grecque, médias hertziens et électroniques compris, plus cadavérique que jamais, versera en outre chaque jour, son flot d’atrocités de toute sorte: criminalité “ingénieuse”, meurtres en série (dont infanticides et même filicides), sans oublier les nouvelles... renouvelées sans cesse depuis le front des dites reformes structurelles initiées par la Troïka élargie, avec l’aimable participation des “gouvernements grecs”. Conditionnement... consubstantiel comme on sait d’une certaine mécanique sociale.

Et en Grèce, ce conditionnement d’une certaine mécanique sociale, voire d’une mécanique sociale alors certaine, avait été inauguré (pour ce qui est de sa phase actuelle) par la “préparation” de l’opinion devant “l'opportunité positive, incarnée en la personne de Georges Papandréou” (et tous le violons de la presse s’accordèrent), c’était en 2009.

La suite est connue. Georges Papandréou a inauguré l’ère de la métadémocratie mémorandaire en 2010. Depuis, la Constitution est sans cesse violée suivant une série caractérisée par de nombreux Putschs successifs, (pseudo) légalisés par le “Parlement” ou sinon au moyen de la “gouvernance” par décrets (ordonnances). Faire élire sous ces conditions “petit Georges”, comme les Grecs le surnomment le plus souvent, relève alors du Putsch inaugural, s’agissant de cette séquence historique qui est la nôtre, qui plus est, introduite par la bancocratie ambiante.

C’est en ce sens d’ailleurs que les Grecs croient ressentir, et cela avec amertume et tristesse, que l’élection (ou “élection”) d’Emmanuel Macron en France, inaugurerait probablement cette même séquence historique pour les Français, certes toute proportion gardée. Le nouveau régime issu “de la crise” se fait bien long. Cette semaine par exemple... rien qu’en Grèce, la presse publie le texte original du mémorandum-4bis qu’un certain Alexis Tsipras vient de parapher.

Plus de 140 mesures et reformes dites structurelles y figurent, et cela pour une durée... prévue et ainsi étalée sur cinq ans. Et déjà, l’énième diminution du montant des retraites qui figure dans ce texte vient d’être jugée anticonstitutionnelle par la Cour de Justice compétente à Athènes mardi 9 mai, d’après le reportage du jour, par exemple celui du quotidien “Kathimeriní”, et alors ?

Cette liste est publiée le plus souvent dans son “état brut”, c’est-à-dire en anglais, notons-le également. L’ex-Commissaire Européiste (1999-2004) et par la suite ministre de l’Éducation (2009-2012) Anna Diamantopoúlou (PASOK), avait en son... grand temps proposé l’adoption de la langue anglaise à usage officiel en Grèce. On y arrive presque...

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Remembrances" sur son blog Greek Crisis

lundi 8 mai 2017

Demandez le programme !

euroslaughter.jpg Portrait officiel de Macro III le Petit tentant de "sauver la Grèce" selon Varoufakis

Entre avril et mai, c’est autant le moment... très solennel des factures d’électricité qui arrivent dans les boîtes aux lettres, celles qui correspondent très exactement à la consommation hivernale. Les impayés se comptent alors déjà par dizaines de milliers. SYRIZA et ses nouvelles mesures austéritaires annoncées (tout de même au soir du 1er mai), moins l’électricité.

“Nous avons conclu cet accord avec les institutions (Troïka) au soir du 1er mai. Les mesures adoptées sont douloureuses, sauf que par notre action globale, nous mettrons alors fin un jour, à la situation de dépendance que connait le pays. Ensuite, nous évoquerons pour la première fois officiellement, la diminution rendue nécessaire du montant de la dette grecque, et c’est une avancée très positive”, voilà pour le résumé du discours lénifiant et stéréotypé ténu par les “gouvernants” pour faire passer entre autres, la quatorzième diminution du montant des retraites depuis 2010 et l’ouverture des commerces... chaque dimanche durant toute l’année, une exigence de taille exprimée par le FMI dès 2010. Il fallait y penser et aussitôt le faire, et c’est alors fait !

“Alexis Tsipras et ses ministres sont des menteurs nés. Ils avaient déclaré publiquement, comme autant lors des rencontres avec nous, qu’une telle mesure ne passerait jamais, et nous voilà une fois de plus piégés par ces politiciens convertis... en valets des subordonnés de la Troïka. En Grèce, 90% du commerce, c’est toujours le fait des petites et moyennes entreprises, et d’ailleurs, près du 85% des employés y travaillent.”

“Nous, en tant qu’intersyndicale nous avons vivement protesté, et à nos côtés, se sont aussi rangées certaines grandes entreprises, notamment les hypermarchés tenus par des grecs. Le gouvernement, sous l’ordre de la Troïka s’occupe alors uniquement de l’intérêt des multinationales, comme autant de celui de certains gros poissons bien de chez nous, et encore pas tous. Leur but c’est la mise à mort du petit commerce et celle des employés avec. Fait inouï, en règle générale, nos patrons sont avec nous dans cette... guerre d’extermination contre le peuple grec,” (le Président de l’intersyndicale des employés dans le secteur du commerce, radio 90.1 FM, 06 mai 2017), cité de mémoire.

Sous le soleil très exactement, le pays est dépecé en mille et un morceaux, entre “investisseurs” et autres acquéreurs de tout: biens publics ainsi offerts sur un plateau, à l’agence des privatisations et cela pour une durée de 99 ans, développent sans doute visiblement durable. Cependant, il est parfois (ironiquement ?) question de cette Caryatide alors volé jadis par Thomas Bruce, alias Lord Elgin, (1766-1841), diplomate et militaire britannique, surtout connu pour avoir “déplacé” le décor sculpté du Parthénon d'Athènes à Londres. Anachronisme ou sinon ultime souvenir collectif ?

Au même moment sous l’Acropole, appartements, immeubles, hôtels, ou encore centres commerciaux, passent massivement sous contrôle... étranger, la très nouvelle économie y oblige, entre tourisme réconforté et l’engouement pour les plateformes de location uberophiles. Les... investisseurs affluent ainsi de partout, États-Unis, France, Allemagne, pays Scandinaves, mais également depuis l’Iran, le Liban, la Chine, voire la Turquie, et même la presse en parle (par exemple le quotidien économique “Imerisía” du 30/04), c’est pour dire. L’Occident... mirage de l’Orient !

Sous le soleil toujours, les livreurs forcément ambulants, certains d’entre eux en tout cas, les plus courageux, appellent à manifester et à suivre leur mouvement de grève prévu pour la journée d’action du 25 mai. Parmi leurs revendications: moins de précarisation, ne plus user (et abuser) des motos privées appartenant aux employés dans le cadre de leur “travail”... sans remboursement des frais d’entretien et parfois d’essence.

Ces hyposalariés... hypermobiles, voudraient que leur travail soit enfin officiellement déclaré et que les cotisations, certes symboliques, soient également versées. Suite à huit années de régime de la Troïka... Macronymique avant l’heure, les travailleurs restants, luttent (lorsqu’ils le peuvent) pour faire valoir leurs droits et conditions alors acquis... dès les années 1930 ou 1950.

Certains métiers, également touchés (en réalité anéantis), autant par la crise que par les bouleversements dits technologiques, ne s’en remettront d’ailleurs plus jamais. La presse par exemple. D’après les données les plus récentes, parmi son personnel, composé de journalistes, techniciens et collaborateurs, et qui travaillaient il y a encore dix ans dans les médias, aujourd'hui, seul un quart restant y travaille encore. Et ce n’est pas tout. Et ce n’est pas tout, les rémunérations actuelles sont versés sans retard... pour seulement un petit 20% des salariés de la branche.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Décor sculpté" paru sur son blog Greek Crisis

jeudi 4 mai 2017

Toi aussi, décode le programme de la Matrix !

matrice.jpg

Les ingénieurs du laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein ont finalement réussi à hacker le programme de la Matrix pour le 2ème tour :

(début boucle SI) (SI) (NON) var?IDENTITE=MACRO (THEN) VAR?IDENTITE=MACRELLE (fin boucle SI)

Le Concierge

lundi 1 mai 2017

Le Frexit revient comme un boomerang par la fenêtre de l'histoire

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L’ancien ministre français de l’Économie et candidat à la présidentielle française, Emmanuel Macron, a averti Bruxelles que la France pourrait quitter l’UE prochainement si les autorités européennes ne menaient pas les réformes nécessaires.

source : sputnik via BBC

Commentaire du Concierge

La Matrix est en pleine forme...

Je résume :

Mélenchon ne ramasse pas le Frexit qui trainait par terre.

Le Pen fait semblant de le ramasser et le laisse par terre.

Hollande et Quatremer hurlent : si si elle l’a planqué dans son soutien-gorge.

Micron regarde, comme tous ses collègues, dans le soutien-gorge de Le Pen.

En se baissant, il marche sur le Frexit qui trainait par terre.

Micron ramasse le Frexit.

Le Frexit devient le Plan B (qui n’existe pas) pour passer à l’UE fédérale (Plan A mais certains Etats sont rétifs donc il faut les menacer d’un Plan B, heureusement la Perfide Albion a dégagé)

Ni de droite, ni de gauche, le Frexit devient d’extrême-centre (instauration d’une dictature faussement fédérale sous la menace pour faire céder les "partenaires" récalcitrants à liquider leur souveraineté.)

Etonnant, non ?

Conclusion en forme de supplique

Petits peuples d'Europe encore libres, comme l'Autriche ?, activez l'art.50 ! Il suffit de se présenter à Bruxelles aux heures de bureau !

vendredi 28 avril 2017

Macronymie politique

Comme prévu, il y a eu aussitôt la réaction... spontanée des cadres SYRIZA, à l’instar de la porte-parole du parti Tsiprosaure, Rania Svigou, ayant publiquement et si chaleureusement félicité Pierre Laurent et son PC décidément Macronymique de leur “attitude responsable car de gauche” (quasi-explicitement se rangeant derrière Macron). Et pour ce qui tient de l’inqualifiable... qualifié d’Alexis Tsipras, celui-ci s'est empressé d'appeler au téléphone Emmanuel Macron pour lui souhaiter, d’après le reportage des médias grecs “le plus grand succès dans la bataille pour le second tour contre l'extrême droite, et pour lui exprimer toute sa confiance devant son élection. Et alors, pour qu'elles se prolongent enfin, l'amitié et la coopération entre la Grèce et France.”

“Emmanuel Macron lui a répondu qu'il avait soutenu depuis le début, en sa qualité de ministre de François Hollande, tous les efforts du gouvernement grec, et également, cette nécessité impérative de changer d'attitude envers la Grèce: 'Il est certain que si je suis élu, nous travaillerons ensemble pour que l'Europe puisse répondre aux besoins de notre génération”... les Français, déjà après les Grecs, génération après génération devraient donc... se sentir rassurés.

(...)

En cette même semaine... décidément bien Macronymique, le “gouvernement” Tsipras de la bonne méthode enfin découverte... pour enfin satisfaire aux exigences de la Troïka élargie, au sujet de l’ouverture des commerces durant tous les dimanches de l’année. Cette décision peut-elle être prise désormais au niveau régional et local (presse grecque du 26 avril) . C’est certainement en cela (également), que l'Europe... finira par répondre aux besoins dune certaine génération, d’après toujours la déclaration téléphonique... et d’amour, entre Emmanuel Macron et Alexis Tsipras.

Ainsi va la vie... et d’ailleurs pour de nombreux Grecs, leur quête de la survie s’approche bien fatalement du cercle implacable des nécessités vitales, d’où également cette mutation quand à leur sens politique restant. Lorsqu’on sait que l’action politique ne débute qu’à partir du moment où les humains transgressent un jour le domaine des nécessités vitales pour s’interroger sur le juste et l’injuste, on prend alors toute la mesure de... l’acosmisme triomphant en Grèce (comme ailleurs) en ce moment.

(...)

Depuis la Grèce, nous savons déjà qu’il ne s’agit ni d’une “transition” d’un temps court et encore moins d’un moment (seulement ou simplement) électoral. Notre... Antiquité Tardive ainsi revisitée en avant-goût, est un temps relativement (et historiquement) long, et sûrement dangereux. Ce qui ne veut guère dire que ce... même temps ne nous serait-il pas compté dans un sens, bien au contraire, la Macronymie politique incarne déjà ce premier stade de la métapolitique, “l'épopée” d’Elon Musk et la technoscience en plus et en gestation.

Emmanuel Macron appartient ainsi à cette première génération 100% cooptée d’automates de la “politique” robotisée, à une différence près, les électeurs sont encore gentiment “menés” à finaliser le choix de... l’Empire. Seulement, ce processus métanthropique, se terminera tôt ou tard (si rien ne change), et tout simplement le droit de vote sera supprimé (ou sinon très largement réduit).

Les Grecs “d'en bas”, commentent alors le résultat de ce premier tour de la Présidentielle en France non sans une certaine amertume, pour ne pas dire sympathie hélas impuissante, face aux... perspectives qui semblent ainsi “s'offrir” au peuple français. Ensuite, les Français rencontrés par exemple à Athènes, sont visiblement hésitants et inquiets, indépendamment des choix politiques d’ailleurs. Nous cheminons parfois ensemble rue de la Théorie, et c’est comme pour les besoins d’une cérémonie pratiquante, qu’ensemble toujours, nous restons très méditatifs dans les musées, par exemple devant cet “ostrakon” portant le nom de Thémistocle fils de Néoclès, morceau de poterie sur lequel on inscrivait son vote durant le court épisode de la démocratie athénienne antique.

Extraits choisis de l'article de Panagiotis Grogoriou paru sous le titre "Printemps des poulpes " à lire en intégralité sur son blog Greek Crisis

mercredi 26 avril 2017

Macron ou le syndrome européen

En Grèce, En Marche ! s'appelle Potami (Le Fleuve) et Macron Théodorakis, mais c'était déjà allé trop loin en 2015 pour que les gens s'y laissent prendre. Alors il y a eu Tsipras qui, au final, a joué le même rôle.

En Italie, Macron s’appelle Renzi et c’est venu par un coup d’Etat intérieur au parti dit de gauche PDS ; ça c'est très vite usé.

En Espagne, Marcron s’appelle Rivera, En Marche ! porte le nom de Ciudadanos (Citoyens), et ça a suffisamment marché pour permettre à la droite de rester au pouvoir grâce au soutien faux-cul des socialistes.

Chaque fois, il s’est agi de faire croire qu’on faisait du neuf afin de donner un répit au vieil empire germano-européen en voie d’effondrement sur lui-même mais dont les peuples ne parviennent pas à comprendre qu’il faut se débarrasser pour retrouver des marges de maîtrise de leur propre destin. Chaque fois, il s’est agi de fournir une roue de secours au carrosse du désastre qui nous emporte à toute berzingue vers l’abîme.

Partout, ça s’installe grâce au ralliement de la nomenklatura affolée de voir le peuple remettre en question sa position dominante – son dû.

Partout, les très vieilles recettes, usées jusqu’à la trame, portées par des oligarques cacochymes blanchis sous le harnais de 40 ans d’échecs euro-ordolibéraux, avec le soutien des idiots utiles, se cachent derrière le même jeune visage lisse aux yeux vides. Avec en France, une touche hystérique de ridicule pseudo-messianique.

Tout ça avec l'argent de qui ? Comment monte-t-on en un rien de temps ce genre de mouvement kleenex ?

Avec, ici et maintenant, la muleta du pseudo-fascisme qu’on agite sous les naseaux du taureau pour être certain qu’il se précipite bien, avec l'élan voulu, droit sur l’épée du matador germano-bruxellois. Mais le vote Le Pen ne sort pas de nulle part, comme l'écrit si bien aujourd'hui Jacques Sapir, et, nonobstant les jappements frénétiques de toutes les sortes de chiens de garde, on ne fait pas barrage avec la politique qui ne cesse depuis des lustres d'amener l'eau au moulin du FN.

Enfin si ça ne marche pas, derrière, il y a toujours celui qui fait croire qu’une "alternance à gauche" est possible, mais qui, comme il ne veut pas/ne peut pas (intellectuellement) rompre avec le dogme européen, est/sera broyé (avec ou sans son consentement) pendant qu'il croit négocier quelque chose, par des moyens de coercition financiers et monétaires préparés de longue main à l'usage de ceux qui croient encore, après l'expérience grecque, que parce qu'ils sont eux et parlent haut, on les écoutera.

Mais dans ce cas-là aussi c’est bingo puisque, comme en Grèce, le système germano-européen tue toute idée même de "gauche" pour au moins 30 ans : anthropologiquement plié, comme l'écrit l'ami Panagiotis Grigoriou.

Car il n'y a rien à négocier ; il n'y a qu'à partir ou à subir.

La seule solution pour briser ce cercle infernal et vicieux qu'on nous présente comme le cercle de la raison, c'est d'expliquer clairement avant d'arriver au pouvoir pourquoi et comment il faut en sortir, c'est de le rompre en arrivant au pouvoir par des mesures immédiates et radicales de sauvegarde – à commencer par le rétablissement de la monnaie nationale et le contrôle des changes. Et puis ensuite on négocie : les termes du divorce. C'est-à-dire la seule la seule chose qu'il y a à négocier avec ce bastringue européen. Faute de quoi on est cuit. Qu'on le veuille ou non, qu'on en ait conscience ou non.

Il n'y a ni réforme possible ni issue démocratique dans le cadre du carcan européen : un carcan, ça se brise ou on y crève.

Olivier Delorme (repris de son blog

Auteur de 30 bonnes raisons de sortir de l'Europe

"Toi aussi, participe à un complot !"

Un peu de conspirationnisme ? (Smile ! Le Concierge)

Aujourd’hui, il est l’heure pour ces gens là de passer à la phase opérationnelle. Ce qui se prépare en France à l’occasion de ces élections présidentielles peut être qualifié de coup d’État, tant les séquences collent exactement à la définition qu’en font des spécialistes.

Par la manipulation de l’opinion publique et la maitrise des structures de l’État, des hauts fonctionnaires, des hommes politiques, des élus et des journalistes véritables mercenaires au service des patrons de grandes entreprises multinationales et de la finance internationale tentent de soumettre le peuple français à un destin qu’il ne s’est pas choisi. De gauche à droite, du PS au Centre, contre le restant de l’échiquier politique une minorité s’apprête à prendre le pouvoir en France.

repris du site (complotiste) Investig'action (paru sous le titre "2017, le Coup d'Etat) Toute ressemblance avec des événements récents serait une pure coïncidence

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samedi 22 avril 2017

"Nous savons que plus aucun changement politique significatif ne peut être introduit par les urnes"

Original File Name: 2017042129.jpg illus. Greek Crisis

Mon autre cousine Lemoniá, a démissionné de son travail... forcé, pour aider son fils dans la petite épicerie familiale. “Je travaillais dans un hôtel près des Météores. J’étais payée 500€ par mois pour six jours de travail par semaine et pour dix heures de travail par jour, d’ailleurs sans frais de déplacement. Mon fils travaillait dans un bar pour 20€ par nuit... et ce n’est pas une vie tout cela. Nous venons d’ouvrir cette petite épicerie car il faut faire quelque chose, il faut s’accrocher... lutter... survivre. Notre affaire peut nous faire vivre... comme elle peut ne pas durer trop longtemps. Mais alors sinon, que faire d’autre ? Le salariat, lorsqu’il existe encore, il devient synonyme d’esclavage dans ce pays, et encore, nous ne sommes pas à Athènes, nous avons notre potager, nos poules et nos lapins.”

Dans une déclaration publique récente, le député ANEL (parti de la majorité avec SYRIZA) Dimítris Kamménos, a soutenu la thèse suivante et alors... innovante: “Il est préférable de réduire la retraite du grand-père de 100€ par mois, et ces cent euros iront ainsi à l'État, plutôt que de lui laisser utiliser cette même somme... pour financer l'oisiveté de ses petits fils dans les cafés”. En plus, une taxe “spéciale café”, initiée en janvier 2017, a fait augmenter le prix du café (consommé en ville ou acheté chez l’épicier du coin) d’environ 30%, les Grecs ont certainement... apprécié ce goût du café amer et autant la déclaration du député

Certes, la funeste junte des Colonels est tombée en 1974, sauf que depuis un certain temps déjà (sous le régime de la Troïka), nombreux sont ceux en Grèce qui se prononcent “pour un retour à un régime de ce type”. Le coup de grâce porté à l’espoir qui consistait à attendre la solution par les urnes avait été l’œuvre du “gouvernement” SYRIZA/ANEL en 2015, notamment lorsque le ‘NON’ massif des Grecs aux mesures austéritaires européistes (référendum) avait été transformé en ‘OUI’ par les cyniques Tsiprosaures, seulement quelques jours après.

Toutes les enquêtes d’opinion en Grèce montrent que dorénavant, les Grecs restent largement indifférents, pour ne pas dire hostiles devant l’éventualité d’un nouveau scrutin, essentiellement il s’agirait de la tenue d’élections législatives anticipées. “Nous savons que plus aucun changement politique significatif ne peut être introduit par les urnes, en tout cas, à travers la conjoncture actuelle. C’est plutôt un autre type d’événement, avec probablement l’implication de l’armée qui pourrait peut-être désormais changer la donne en Grèce et rien d’autre”, opinion d’un auditeur, exprimée et diffusée en direct, durant l’émission du journaliste Lámbros Kalarrytis à la radio du Pirée 90,1 FM, jeudi 20 avril 2017 dans la soirée. Nouveau régime politique... et ainsi nouveau type anthropologique on dirait.

C’est sans doute pour se démarquer du risque Syriziste, que le candidat à l’élection présidentielle en France, Jean-Luc Mélenchon a récemment déclaré: “Moi je ne suis pas Alexis Tsipras. Moi, je ne m'enferme pas pendant 17 heures avec quelqu'un qui m'insulte! Je représente la France”.

Déclaration aussitôt très médiatise il faut dire en Grèce et pour cause, comme durant la soirée du jeudi 20 avril, où entre observateurs des faits su monde, nous avons analysé la dernière actualité de la campagne électorale française, en direct depuis le studio de la radio du Pirée 90,1 FM (à la veille de l’attaque terroriste sur les Champs Élysées).

Depuis surtout deux semaines, la tournure de cette campagne électorale française, intrigue autant le public grec. “Il va être surtout intéressant de voir la suite: Dans quelle mesure un éventuel vainqueur incarnant supposons l’antisystème (de gauche ou de droite), appliquera ou non, une politique réellement opposée à l’actuelle bancocratie financieriste mondiale, apparemment détentrice du seul vrai pouvoir... à tendance d’ailleurs totalitaire.” Et ce fut la question de la fin, ouvertement posée à micros ouverts par le journaliste Andréas Mazarakis, question restant évidemment (pour l’instant ?) sans réponse.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Pliure anthropologique" sur son blog Greek Crisis

dimanche 16 avril 2017

L'Italie accepte des coupes budgétaires d'urgence pour satisfaire Bruxelles

L’Italie a approuvé hier – 11 avril – des coupes budgétaires d’urgence afin de respecter ses engagements budgétaires envers l’UE. Le ministre de l’Économie, Pier Carlo Padoan, a annoncé un programme de ventes d’actifs appartenant à l’État ; il s’agit essentiellement de participations dans des entreprises publiques.

Prévues pour cette année, les cessions sont estimées à une valeur totale de 5 milliards d’euros (le plan pourrait à terme apporter 20 milliards d’euros aux caisses de l’État). Rome souhaite ainsi répondre aux exigences de la Commission européenne. En 2016, l’Italie a rempli moins de 20 % de son objectif de privatisation, la proportion devrait être du même ordre cette année. La dette publique italienne (133 % du PIB), deuxième de la zone euro derrière celle de la Grèce, préoccupe beaucoup à Bruxelles, à Francfort (siège de la BCE) et dans les milieux financiers.

Les entreprises publiques concernées par les ventes d’actifs seraient : le groupe postal Poste Italiane, le géant des services aux collectivités Enel, le réseau ferroviaire, dont la privatisation partielle était prévue. L’État pourrait également céder des participations dans le groupe pétrolier et gazier Eni et dans le groupe de défense Leonardo.

Lire la suite sur le site de Ruptures

vendredi 31 mars 2017

L'Europe, c'est la paix...

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Cette semaine (à part ce neuvième épisode à l’Eurogroupe), toute la presse grecque (et parfois même francophone) relate la dernière provocation... culturaliste de Jeroen Dijsselbloem. “À en croire Jeroen Dijsselbloem, les pays du sud de l’Europe ‘dépensent tout leur argent en alcool et en femmes’, et demandent ensuite l’aide de leurs besogneux voisins du Nord. Une déclaration qui suscite une vive indignation dans les pays visés.”, remarque le Courrier International, et en Grèce, ce discours (soulignons-le, ouvertement partagé par Schäuble car il vient de réitérer son soutien à son valet Jeroen), vient de provoquer une colère de plus au pays où l’européisme ne passe alors plus du tout.

Outre les insultes proférées ici ou là (et encore à travers les médias - inutile de les reproduire ici), c’est sur la zone matinale de la radio 90,1FM, que le journaliste Yórgos Trangas a durant toute cette semaine, appelé à boycotter massivement... toutes les bières, tous les fromages et plus généralement tous les produits néerlandais: “Boycottez Amstel, boycottez Heineken, le fromage Gouda... KLM, faites-les souffrir, faisons en sorte pour que leurs entreprises finissent par quitter notre pays” (cité de mémoire), voilà pour l’ambiance réellement existante, loin, très loin des tromperies des commémorations du Traité de Rome.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Fête Nationale" sur son blog GreekCrisis

Pour rappel :

La Chine dénonce les propos du commissaire européen Oettinger sur "les bridés" (RTBF, 2/11/2016)

La Chine a dénoncé ce mercredi le "sentiment de supériorité" du commissaire européen à l'Economie numérique Günther Oettinger, qui a utilisé dans un discours le terme péjoratif de "bridés" pour décrire les Chinois.

Le responsable politique allemand avait été secrètement enregistré lors d'une réunion de chefs d'entreprises à Hambourg (nord de l'Allemagne) la semaine dernière. Il racontait avoir reçu des ministres chinois, tous "peignés de gauche à droite avec du cirage noir".

L'auteur de l'enregistrement, diffusé vendredi sur YouTube et repris samedi par le site du magazine allemand Der Spiegel, déclare avoir commencé à filmer après que Günther Oettinger eut utilisé des termes comme "les yeux bridés" ou les "escrocs" à propos des Chinois.

"Un effarant sentiment de supériorité"

"Les remarques en question démontrent un effarant sentiment de supériorité enraciné chez certains dirigeants politiques occidentaux", a déclaré mercredi Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'un point presse régulier. "Nous espérons qu'ils puissent apprendre à avoir une vision objective d'eux-mêmes et des autres et à respecter et traiter les autres sur un pied d'égalité."

Interrogé par le journal allemand Die Welt, Günther Oettinger avait assuré samedi qu'il "s'agissait d'une expression familière qui ne se voulait en aucun cas un manque de respect vis-à-vis de la Chine".

Oettinger n'en est pas à son premier dérapage. En 2014, il avait traité la France de "pays déficitaire récidiviste", ce à quoi le PS français avait appelé à sa démission du poste de commissaire européen.

Plus récemment, dans le contexte des négociations sur le CETA, l'Allemand a affirmé que "la Wallonie est une micro-région gérée par des communistes qui bloque toute l'Europe", ajoutant "ce n'est pas acceptable". Des propos que le ministre-président wallon Paul Magnette (PS) avait qualifié de "mépris total"

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