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Quatrième nuit de Walpurgis

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samedi 28 avril 2018

Affaire Tariq Ramadan : la battue se poursuit

Il n’est pas besoin d’être partisan de Tariq Ramadan ni même d’être musulman pour se sentir très à l’aise à rappeler que, dans cette affaire, c’est le traitement médiatique et l’instrumentalisation politique qui posent problème et qui posent même un problème majeur pour notre démocratie.

L’acharnement contre Tariq Ramadan, le mépris de sa présomption d’innocence et de son droit à pouvoir répondre aux attaques médiatiques et politiques qu’il subit – alors que, placé en détention provisoire, il ne le peut manifestement pas -, n’interpellent pas seulement les musulmans ou ses partisans. Cette campagne objective de dénigrement, alors même qu’une procédure judiciaire est en cours, interpelle l’ensemble des Français à un moment de basculement périlleux de notre société où les frontières intellectuelles entre l’extrême-droite et une partie de la gauche et de la droite s’effondrent et promettent d’accentuer les clivages et d’exacerber les tensions.

(...)

Chacun peut et doit légitimement s’interroger sur l’attitude et les choix de communication des partisans de Tariq Ramadan, mais ne pas le faire au sujet des plaignantes, de leurs propres soutiens ou des détracteurs notoires de l’accusé, alors même que leur comportement est tout aussi discutable et litigieux, sinon même davantage, c’est faire preuve de déni et refuser de voir ce qui se produit pourtant sous nos yeux.

Peut-être Tariq Ramadan aura-t-il à répondre à son auditoire musulman au sujet d’éventuelles relations extra-conjugales qui le mettraient en porte-à-faux avec ses enseignements, c’est là un débat interne aux milieux musulmans et nul ne peut préjuger de ses conclusions. Ce qui est certain, c’est que la presse aura à répondre de ses propres agissements à l’ensemble des Français, dans un contexte social et intellectuel de plus en plus sensible et difficile.

Car comment la presse expliquera-t-elle, alors même que l’accusation pour crime de viol commence à s’effondrer, qu’elle a pu se complaire dans la mise en spectacle de la vie privée d’un homme aux seules fins de nuire à ce dernier ? Comment expliquera-t-elle qu’elle a accepté de trahir sa propre mission d’impartialité et de se laisser instrumentaliser politiquement, sinon de politiser elle-même le débat ? Comment expliquera-t-elle la sélection sinon la rétention d’informations – aujourd’hui encore – capables d’expliquer et de remettre en cause la position des plaignantes, alors même qu’elle fait feu de tout bois pour accabler l’accusé, lequel, placé aux arrêts et contraint au silence, ne pourra pas, elle le sait, lui répondre ?

Quelle est cette presse qui se comporte ainsi et prétend, ici comme sur d’autres sujets, nous éclairer sur l’avenir et jouer un rôle démocratique dans notre société ? Son entêtement relève-t-il simplement du déni et de l’orgueil, ou encore d’une prise de conscience qu’elle se serait fourvoyée et ne sait plus comment faire machine arrière ? Ou bien est-il possible que son rôle soit encore plus calamiteux et qu’elle se soit définitivement égarée ?

Extrait de l'article de Mathieu Vernerey paru sur son blog

GRÈCE 2018 : LA BATAILLE DE LA DETTE PRIVÉE ET DES HABITATIONS PRINCIPALES

(...) Après la capitulation de juillet 2015, suivant les termes du 3e mémorandum et les recommandations des créanciers internationaux de la Grèce (BCE, FMI, Commission Européenne), la loi a donné priorité au remboursement des banques en cas de faillite d'une entreprise. Cette priorité s'exerce au détriment de l'État, des caisses d'assurance et des particuliers, dont les salariés aux salaires impayés. Pour homologuer cette mesure il a fallu réformer en un clin d'œil le Code Civil grec. Quand la Troïka ordonne et que Tsipras s'exécute, la régularité juridique passe au second plan.

En faisant fi de toute cohérence, le gouvernement SYRIZA-ANEL n'a cessé de clamer sous tous les tons que, malgré sa capitulation (« compromis honorable » en novlangue syrizéenne) et son ralliement au camp des banquiers, les habitations principales des ménages modestes resteraient protégées des saisies. La désinformation a été relayée par des alliés au sein des directions des partis du Parti de la Gauche Européenne (PGE), acculés par le besoin de sauver les apparences suite à la terrible défaite.

La supposée protection des habitations principales des foyers modestes est celle de la « loi Katselis » mais bien rabotée suivant les recommandations des créanciers (BCE, FMI, Commission Européenne), par l'ajout de conditions à remplir par les débiteurs pour pouvoir en bénéficier. Il s'agit de clauses de revenus du foyer et de valeur du bien hypothéqué. Il faut qu'une partie des dettes de la personne soit due aux banques et que le débiteur n'ait pas exercé d'activité à caractère commercial l'année précédant sa demande de bénéficier des avantages de la loi. Il est important de citer que la dérogation à la saisie de l'habitation principale qui pourrait être accordée a seulement caractère de sursis, les effets de la loi prenant fin le 31 décembre 2018. Le nouveau format de la loi, dont SYRIZA fait mine de s'enorgueillir, figurant en tant qu'article de la loi d'application du 3e mémorandum (août 2015) et portant le nom « loi Katselis-Stathakis » (du nom du ministre actuel de SYRIZA) est restrictif pour une grande partie des débiteurs modestes menacés de saisie de leurs logements.

Concrètement, la loi protège les habitations principales de valeur inférieure à 180.000 euros, bonifiée par le nombre des membres du foyer. À noter que la valeur ainsi déterminée est la «valeur fiscale» fixée par le gouvernement, bien supérieure en temps de crise à la valeur du bien sur le marché.

Les revenus du débiteur éligible à la protection de la loi ne doivent dépasser de 70% le montant des «frais raisonnables de vie». Ce montant aujourd'hui fixé par le gouvernement grec à 680 euros mensuels pour une personne seule, indique que le niveau des revenus du débiteur ne doit dépasser les 1150 euros mensuels, dont 470 euros obligatoirement alloués au remboursement de sa dette. Ces sommes sont indexées sur le nombre des membres du foyer. Selon des sources proches du gouvernement, la loi actuelle protégerait les habitations principales de 60% des ménages surendettés. Mais, même en admettant que cette estimation soit réaliste, ce qui reste à démontrer, cette loi laisse à découvert 168.000 foyers, la précarisation desquels est susceptible de déclencher une nouvelle crise sociale.

Pour dorer la pilule, le gouvernement SYRIZA-ANEL précise que des allègements plus larges pourraient être obtenus par négociations directes «de bonne foi», entre les débiteurs et les banques. Voilà donc un gouvernement « de gauche » qui délègue la politique sociale aux banquiers !

Un autre retournement du gouvernement SYRIZA concerne l'interdiction aux banques de revendre des emprunts problématiques aux « sociétés de gestion de dettes» ou fonds-vautours. L'activité de ces sociétés (grecques, européennes ou en provenance de pays tiers) fut cependant légalisée par la loi du 16 décembre 2015. Ces sociétés ont le plein droit de racheter aux banques des prêts à prix jusqu'à 3% de la valeur nominale, de les revendre sous forme de paquets de titres ou d'exiger leur remboursement par des méthodes d’intimidation et de harcèlement dont elles ont le savoir-faire. Les banques obtiennent également le droit de revendre des prêts en règle dans des paquets mixtes. Les critiques de cette loi réclament la possibilité de rachat des prêts à une valeur raisonnablement inférieure à la nominale (pas moins de 50%) par les débiteurs eux-mêmes, mais le ministre Stathakis de SYRIZA rétorque qu'une telle disposition serait «un encouragement indirect à la fraude et à la mauvaise foi». Au sujet des saisies de logements à venir, le gouvernement SYRIZA soutient que leur mise en œuvre massivement « favorisera la reprise de l’économie grecque et la consommation car, si les banques se débarrassent des prêts problématiques elles pourront recommencer à prêter de l’argent » pour démarrer un nouveau cycle infernal identique au précédent, en ayant entre temps ponctionné des richesses aux classes populaires et moyennes.

Luttes pour la défense du logement des familles modestes

Les saisies et les ventes aux enchères s’intensifient aujourd’hui par le gouvernement Tsipras, guidé par la Troïka, dans l’effort de prévenir un nouveau naufrage des banques en Grèce, une fois de plus en équilibre instable. L’implémentation des mesures est « sous haute supervision » par le biais d’évaluations régulières de l’économie et de la politique grecques, dont la passation réussie est la condition pour le déblocage des tranches du financement à l’Etat grec. Pour les néolibéraux, la stabilisation en Grèce du système bancaire passe par l’expropriation et la précarisation des classes populaires et moyennes. Notons que, même lorsque les débiteurs saisis sont des personnes fortunées, les conséquences se reportent directement sur les classes travailleuses, dans le cas locaux alloués à la production, la saisie marquant l’arrêt de celle-ci. Ainsi, on ne s’étonne pas de voir le Parti Communiste de Grèce (KKE), qui ne s’est jamais positionné comme représentant des classes moyennes, ni partisan des mouvements citoyens horizontaux, rejoindre le mouvement populaire de lutte contre les saisies et les mises aux enchères.

Dans le contexte catastrophique de la Grèce actuelle, la défense du logement des familles modestes passe par des luttes massives et polymorphes d’obstruction au travail de l’administration, des notaires et de la justice lors des procédures de saisie, d’expropriation et de mise aux enchères. Le mouvement populaire grec, dans ses diverses tendances, s’y est déployé depuis le début de la crise, car le fléau des expropriations y était déjà à l’œuvre. Le grippage de la machine des saisies est une éventualité réaliste, compte tenu du nombre énorme de cas à traiter.

Les mobilisations massives devant et dans les tribunaux organisées par des collectifs citoyens ont été soutenues très activement par Unité Populaire, ANTARSYA, KKE et d’autres formations de la Gauche Radicale. Je profite pour faire un clin d’œil aux camarades français présents lors de certaines de ces mobilisations. Ces actions ont réussi d’empêcher les tribunaux de tenir audience et de rendre des décisions, faisant trainer les saisies de report en report. La répression policière violente déployée par le gouvernement SYRIZA, a davantage attisé la combativité les militants plutôt que de décourager le mouvement. Des dizaines d’audiences ont été empêchées.

Le gouvernement de SYRIZA, cavalier sur le jeu d’échec néolibéral, avance par petits sauts obliques pour préserver les restes de sa cote de popularité, mission impossible ! Ainsi, la mécanique infernale des saisies, que la Droite avait échoué de mettre en place, est pleinement déployée aujourd’hui, deux ans et demi après la capitulation de juillet 2015. La cerise sur le gâteau sera le démarrage des saisies électroniques par l’administration publique le 1er mai 2018, une manière ironique pour SYRIZA de célébrer la fête des travailleurs !

Afin de contourner cette résistance populaire le gouvernement SYRIZA implémente la mise aux enchères des biens saisis par voie électronique, notamment des logements des familles populaires. Ce dispositif avait initialement rencontré l’opposition des notaires grecs, surtout des petites villes de province, refusant de se connecter à la plateforme. Par la « loi-valise » d’application du mémorandum de janvier 2018, SYRIZA rend obligatoire et exclusif, à partir du 21/02/18, le recours à la voie électronique avec la possibilité de délocaliser la procédure en cas de situation locale compliquée. L’objectif est d’effectuer des mises aux enchères par centaines, et par milliers si possible. Il n’empêche que les études notariales, certes moins repérables que la salle d’audience du Tribunal d’Instance, sont des lieux physiques, lieu de rendez-vous possibles du mouvement populaire, qui y a déjà répondu présent plusieurs fois depuis l’application du nouveau dispositif.

Les poursuites à l'égard des militant-e-s et l'intensification de la répression restent donc des recours nécessaires pour le gouvernement SYRIZA qui veut mener le projet néolibéral jusqu’au bout. Un amendement de loi a donc été déposé, arguant dans le rapport préalable que les actions d’obstruction aux mises aux enchères « nuisent à l'intérêt budgétaire suprême de l'État, à la stabilité du système financier et à l'approvisionnement des banques en liquidités » (!) L'amendement ouvre la possibilité de poursuites d’office de ces militant-e-s et de jugements en comparution immédiate. L’entrave aux mises aux enchères est considérée comme un délit spécifique, sui generis. Auprès de l'opinion publique grecque, les dispositifs légaux d'exception ont très mauvaise presse, faisant écho au droit de la dictature des colonels et des suites de la guerre civile. La partition du néolibéralisme austéritaire version SYRIZA s'achève par l’usage immodéré de la force scélérate et brute : mensonges médiatiques, faux témoignages devant les tribunaux, matraquages, gazages, violences infligées aux militant-e-s-qui manifestent. Malgré le risque de «de faire des héros des opposants» de la vraie Gauche Radicale selon l'aveu d'un député de SYRIZA, exprimé lors de la réunion du groupe parlementaire.

Extrait de l'article d'Emmanuel Kosadinos, paru sur son blog

mercredi 25 avril 2018

Fake news : "Cette guerre d'aujourd’hui n'est rien qu'une paix qui éclate"

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Le Râleur : Mon oreille entend des sons que d’autres ne perçoivent pas et qui troublent l’oreille des sphères que les autres n’entendent pas non plus. Réfléchissez-y et si vous n’arrivez pas vous-même à une conclusion, faites appel à moi. J’aime à m’entretenir avec vous, vous donnez la réplique à mes monologues. J’aimerais me produire avec vous devant un public. Pour l’instant, je peux seulement lui dire que je me tais, et, si possible, ce que je tais.

L’Optimiste : Quoi, par exemple ?

Le Râleur : Par exemple : que si cette guerre ne tue pas les bons, il se peut qu’elle fabrique une île de moralité pour ceux qui même sans elle étaient déjà bons. Qu’en revanche elle métamorphosera tout l’arrière en un immense champ d’escroquerie, de délabrement et de félonie, et que le mal, grâce à elle et au-delà, continuera à sévir, il engraissera derrière les idéaux mis en avant, et enflera de ses victimes. Que dans cette guerre, cette guerre d’aujourd’hui, la civilisation ne se renouvelle pas, mais échappe par suicide au bourreau. Qu’elle a été plus qu’un péché – qu’elle a été un mensonge, mensonge quotidien, d’où coulait l’encre d’imprimerie comme du sang, l’un alimentant l’autre, se répandant comme un delta dans l’océan de la folie. Que cette guerre d’aujourd’hui n’est rien qu’une paix qui éclate, et qu’elle ne saurait se terminer par la paix, mais par la guerre du cosmos contre cette planète enragée ! Que d’insensés sacrifices humains ont été nécessaires : ils ne sont pas déplorables, une volontée imposée les ayant poussés vers l’abattoir, mais tragiques car devant expier une faute inconnue. Que pour celui qui ressent l’injustice sans pareille que le pire des mondes s’inflige – telle une torture appliquée à lui-même – que pour celui-là ne demeure qu’une ultime mission morale : dormir sans pitié durant toute cette période d’angoissante attente jusqu’à ce que le Verbe le délivre, ou l’impatience de Dieu.

L’Optimiste : Vous êtes un optimiste ! Vous croyez, vous espérez que le monde va s’écrouler.

Le Râleur : Non, il s’écoule simplement, comme mon cauchemar, et quand je mourrai, tout sera fini. Dormez bien !

Karl Kraus, Les Derniers jours de l'Humanité, Acte I, sc. 29

Traduit de l’allemand par Jean-Louis Besson & Henri Christophe pour... les lecteurs francophones ! (Nouvelle 4eme de couv des éditions Agone ! Ouaf, ouaf ! Le Concierge)

dimanche 15 avril 2018

1 GREC SUR 2 EN DESSOUS DU SEUIL DE PAUVRETÉ

1 GREC SUR 2 EN DESSOUS DU SEUIL DE PAUVRETÉ

1,5 MILLIONS DE PERSONNES VIVENT DANS L’EXTRÊME PAUVRETÉ

POUR UNE MOBILISATION NATIONALE DES RETRAITÉS !

Les organisations de retraités de Grèce appelllent à une mobilisation générale dans tout le pays .

1 grec sur 2 vit en dessous du seuil de pauvreté (382 € selon les critères de l’UE).

Plus d’1 millions de retraités ne touchent que 360€ environ.

Selon les statistiques officielles du ministère du Travail, un travailleur sur trois dans le secteur privé doit vivre avec 383 euros par mois, alors que 48% de la population, soit 5,1 millions de personnes, vivent en dessous du seuil de pauvreté. Parmi ces 48% , il y a 1,5 million de personnes vivant dans l' extrême pauvreté, soit avec moins de 182 euros par mois.

En outre, plus de 657 000 travailleurs parmi les 2,2 millions. ont des contrats à temps partiel avec un salaire moyen qui est inférieur à la moitié du salaire journalier correspondant à celui que reçoivent ceux qui ont à temps plein.

Selon les chiffres officiels collectés par le système Ergani, pour le 1er trimestre 2018, 53% des recrutements ont été réalisés avec des contrats à temps partiel ou de rotation, avec environ 1,5 million d'employés ayant des contrats à temps plein.

Selon les données du système « Soleil », 1,16 million. de retraités reçoivent 364€ de pension. Sur la base des mêmes données, 1157539 retraités perçoivent une pension de base inférieure à 500 euros , dont 612 933 ont des pensions de vieillesse avec une moyenne de 371,88 euros, des pensions de 395- 359 € des pensions de veuvage, avec une moyenne de 333,62€, 143 615 bénéficient d'une pension d'invalidité avec une moyenne de 386,48 €, alors que 5.632 sont d'autres pensions avec une moyenne de 190.27 euros.

Dans ce contexte, les organisations de retraités appellent à une mobilisation nationale sur la base des revendications suivantes :

- Aucun recalcul, aucune réduction avec la différence personnelle dans nos pensions de base et complémentaires; l'abolition de la loi 4387/16 (loi Katrogalou).

- Non aux réductions des non impositions, aux diminutions des allocations familiales et aux réductions des Allocation de solidarité sociale pour les retraités (ΕΚΑΣ).

- Nous affirmons que nous avons été exclus de toute protection juridique et sociale avec les lois antisociales votées par les tous les gouvernements;

- Nous exigeons l’attribution automatique, sans conditions préalables, des pensions de base et complémentaires sans ponctions arbitraires ni prélèvements de solidarité;

- Nous refusons la mise en oeuvre des mesures destructrices mémorandaires de la 4 ème évaluation et exigeons l’abolition de la loi sur les saisies et les ventes eux enchères.

A Athènes, les concentrations suivantes seront organisées sur la Place Εθνικής Αντίστασης:

Mercredi, 25 Avril à 10h

Mardi 15 mai à 10 heures.

Vendredi 25 mai à 10 heures.

Mardi, 19 Juin à 10 heures.

Les retraités sont aussi invités à se joindre aux manifestations du 1er Mai.

via La Grèce est à vendre tout va partir

samedi 14 avril 2018

Souviens-toi du 91 mars 1968... Si tu veux l'éviter en 2016 !

LDCtolbiac1.png La révolution ? Fière d'assister à un cours au premier rang ? Ouaf, ouaf !

Face à un enthousiasme un peu neuneu, qui voit des neuneues, croyant "leur temps arrivé" faire chanter un prétendu hymne du MLF à Tolbiac (tout en critiquant les hymnes nationaux... Ouaf, ouaf) nous republions cet article du 21/04/2016 qui annonçait, socioiogiquement, l'élection de Macron (pour lequel une certaine Laurence de Cock a intensément appelé à voter avec toute la rédaction moustachue ! Ouaf, ouaf !)... Et aujourd'hui la possibilité de sa victoire ultime grâce aux neuneux plus neuneux que jamais ?

30mai68.PNG Le Dernier jour de mai (cliquer sur l'image pour voir le documentaire)

Nuit Debout est un média : l'intellectuel organique de la droite réactionnaire (et néanmoins de télévision) dont on ne dira pas le nom l'a bien compris en envahissant son plateau pour mettre en scène son auto-éviction de la Place de la République. Une scène qui est à comparer à l'agitation bon-enfant menée sur le plateau de On n'est pas couché le samedi précédent face à Gattaz qui n'a pas trop tremblé : les participants ont d'ailleurs justifié leur action comme se contentant de mettre du "spectacle dans le spectacle".

Il est grand temps de prendre la droite réactionnaire vraiment au sérieux. A-t-on oublié les campagnes de Sarkozy ? La propagande de Valls à l'identique ? La victoire de la droite en Espagne après l'occupation des places ? Qui peut croire que, considérée la sociologie du pays, beaucoup moins jeune qu'en 1968 et avec des travailleurs individualisés comme jamais, ce n'est pas le populiste de droite qui est le maitre de l'agit-prop ?

L'une des tâches intellectuelles consiste à étudier son discours, sa réception et les causes de celle-ci (la dénonciation de sophismes de gauche pour refiler derrière des sophismes de droite) dans une partie importante, et sans doute stratégique, de la population si on veut espérer le contrer efficacement. Être capable de l'affronter sur son terrain. Ce qui nécessite certainement de poser la question de la responsabilité de ceux qui ont construit des impostures idéologiques à des fins de manipulation politique (on pense à SOS Racisme de MM. Dray et Mélenchon dont la figure emblématique est aujourd'hui... secrétaire d’État aux affaires européennes...) qui ont notamment, parmi pas mal de monstres, enfanté un tel intellectuel organique. D'autant plus qu'il ne fut que le premier d'une série qui s'annonce longue à subir pareille métamorphose.

Et ce n'est certainement pas, comme une certaine Laurence De Cock (professeure de catéchisme citoyenniste et BHLette des médias off et in), en affirmant sur un plateau de télé en face du ci-nommé, qu'il n'y a pas de problèmes dans les établissements scolaires mais seulement de mauvais profs (sophismes de gauche), c'est à dire en récusant les travaux sociologiques sur l'école inégalitaire et ses effets, et finalement en adoptant le même cadre mental que son contradicteur même si c'est pour aboutir à des conclusions inverses (c'est à dire tout aussi fausses) que l'on peut espérer faire rentrer le diable dans sa boite. Bien au contraire.

Car au petit jeu des petits intellectuels organiques rivaux manipulant de grands mots auxquels ils seraient bien incapables de donner un sens non-commun, bonne conscience contre bonne conscience, il n'y a pas beaucoup d'espoir de pouvoir rivaliser avec les sophistes de droite...

Et à la fin, qui c'est qui va en prendre plein la gueule ?

Le Concierge

lundi 9 avril 2018

Grèce : Conséquences de la politique européenne de libéralisation du transport ferroviaire

Il y a un an le feuilleton de la vente de TRAINOSE, a pris fin.

La société est passée à Ferrovie Dello Stato Italiano pour un prix de 45 millions d’euros. Inutile bien sûr de rappeler les déclarations de messieurs Stathakis et Tsipras quand le gouvernement Samaras-Vénizélos programmait la vente des chemins de fer grecs… L’accord a été signé après règlement de quelques problèmes particuliers : l’effacement de la dette de TRAINOSE envers OSE (750 millions d’euros) à la suite d’engagements imposés par le mémorandum en échange du patrimoine immobilier de l’OSE. (La dette de l’OSE à laquelle il est fait référence concerne les participations aux travaux d’infrastructure que l’État grec n’a pas payés obligeant ainsi l’établissement à emprunter pour en couvrir les dépenses.)

Quelles ont été les évolutions du réseau ferré en Grece depuis qu’a été instaurée la politique européenne de libéralisation du transport ferroviaire?

-démantèlement de l’établissement ferroviaire

-fermeture de 40 % du réseau

-fermeture de 60 % des gares

-réduction des effectifs de 14 500 personnes (1989) à 2900 personnes (2014)

-hausse spectaculaire des tarifs

-abandon du fret

-obsolescence du matériel roulant

-dévalorisation de l’infrastructure, vols, abandon du patrimoine

-diminution du niveau de sécurité et de qualité des services

-diminution du salaire des cheminots de l’ordre de 40 %

Quelles conséquences pour les utilisateurs

-Rétrécissement du réseau et des gares, augmentation des tarifs, diminution du niveau de sécurité et de qualité des services

Quelles ont été les actions des luttes sociales et politiques menées ces dernières années

Les travailleurs des chemins de fer ces dernières années ont lancé une série de mobilisations et d’actions contre les politiques du mémorandum et les privatisations. Il y a eu plus de 100 jours de grève, avec comme principales revendications l’arrêt des privatisations et le retour à un OSE sous sa forme publique et unique. Ont également eu lieu des dizaines de manifestations, des occupations de bâtiments, des annulations d’itinéraires, etc

À la question « pourquoi un OSE public et unique » la réponse est que l’expérience a prouvé que le morcellement organisationnel n’a, à ce jour, mené nulle part. Ce modèle organisationnel a été testé, a conduit à des gaspillages et des dysfonctionnements et a échoué.

À la question « pourquoi un OSE public » la réponse est que son importance en tant qu’entreprise de transport est stratégique:

– pour la sécurité nationale

-pour le soutien du développement économique du pays et pour la mise en œuvre d’un plan de développement national et le développement régional

Une structure organisationnelle unique, chapeautée par les Directions Générales des activités et une séparation logistique de ces activités permettant de les suivre avec la plus grande transparence possible, servira les intérêts du peuple grec de la meilleure façon possible.

Dates-clés pour les directives européennes en matière de transport .


***2001 directive européenne 2001/12

– Séparation de la gestion de l’infrastructure. directive européenne 2001/13

– Procédure d’octroi de licences pour les transporteurs ferroviaires.

directive européenne 2001/14

– Répartition des compétences en matière d’ infrastructure.

directive européenne 2001/16

– Interopérabilité du réseau ferroviaire conventionnel .


***2012 directive européenne 2012/34

– Unification du cadre législatif.


***2004 2004 : directive 2004/49, directive 2004/50, directive 2004/51, règlement 881/2004

– Une plus grande ouverture du marché du fret, adoption de procédures techniques communes en matière de sécurité, institution d’une Agence ferroviaire européenne.


***2007 directive 2007/58, directive 2007/59, règlement 1370/2007, règlement 1371/2007, règlement 3172/200

– Une plus grande ouverture du marché des transports de passagers, création d’un « brevet de conduite » européen pour les transports intra-européens, des droits pour les passagers et des critères de qualité minimum pour le travail de transport. 1991

Nombre d’organismes ferroviaires intervenant dans le transport de fret et de voyageurs.

OSE(ΟΣΕ) – gestionnaire de l’infrastructure TREN OSE(ΤΡΑΙΝΟΣΕ)-exploitant du réseau ferré EESTTY (ΕΕΣΤΤΥ) – société de maintenance du matériel roulant Y sont aussi liées indirectement les entreprises suivantes: GAIA OSE(ΓΑΙΑΟΣΕ) – valorisation du patrimoine immobilier ERG OSE(ΕΡΓΟΣΕ) – gestion des travaux cofinancés par l’UE

Bref historique sur la dette

L’OSE en tant qu’entreprise de transport – contrairement aux autres entreprises de transport privées ou publiques – a la responsabilité de la maintenance et de la surveillance des infrastructures (de ligne). Il a l’obligation de fournir des services à des fins nationales(défense) et bien sûr de faire œuvre sociale à travers sa politique tarifaire. L’état, déjà depuis la création de l’OSE en 1972, a défini ses obligations financières envers l’OSE, en signant une convention de financement correspondante.

a) Depuis 1972 et jusqu’à 1979, la convention de financement a été entièrement respectée. Depuis 1980 et jusqu’à 2002, elle a été respectée seulement pour un tiers avec pour résultat de porter la dette de l’État envers l’OSE à 2,7 milliards €(rapportés au taux actuel). Depuis 2003 et jusqu’à aujourd’hui, le gouvernement n’a pas versé un seul euro à l’OSE pour couvrir ne serait-ce qu’une partie de ses obligations envers l’OSE.

b ) Le coût de la participation nationale aux travaux de modernisation cofinancés et le coût des travaux financés par des fonds nationauxn’est pas entièrement couvert par le Programme d’investissement public. Ainsi depuis 1993 et jusqu’en 2004 l’OSE a emprunté 1,5 milliards € afin de respecter ses engagements en matière d’investissement. Le programme d‘investissement en 2006 et 2007 a été financé pour 640 millions € par la région de Grèce Occidentale(Π.Δ.Ε) et pour 540 millions par un emprunt de l’OSE. La prise en charge par l’OSE des obligations financières de l’État l’ont conduit à emprunter une somme totale d’environ 7 milliards € et le service de ces prêts a contribué pour 37 % à la création du déficit.

Sources : Syndicats des cheminots grecs

via Unité Populaire et La Grèce est à vendre, tout va partir

vendredi 6 avril 2018

Interdit de nourrir les chats !

Notons enfin que la dernière trouvaille en matière de loi mémorandaire de la part du “gouvernement”, avait été ce projet présenté au “Parlement” en matière d’animaux desposés (ayant un maître) et adespotes (sans maître). Ce projet a été finalement retiré, car il a suscité l’indignation générale, et particulièrement celle des associations lesquelles œuvrent en faveur des animaux adespotes. D’ailleurs et abord cette loi instaurait une taxe liée à la possession d’animaux domestiques, ainsi qu’une forme de... TVA animalière, pour chaque produit acheté au sein d’une boutique commercialisant des articles pour animaux, en plus de la TVA... très humaine à hauteur déjà de 24%.

Ensuite, par cette législation, et par ses dispositions explicites, que toute action l'action en faveur du bien-être animal de la part des citoyens et des associations puisse devenir interdite. En particulier, le sauvetage, le fait de nourrir, la stérilisation des animaux adespotes, ainsi que les efforts de la part des citoyens ou des associations fin de trouver un foyer à ces animaux, seraient dorénavant des actes illégaux.

En réalité, c’est même l’essentiel du travail des associations œuvrant pour la protection des animaux qui deviendrait interdit, en limitant considérablement leur champ d’intervention, quitte à les faire disparaître. Ainsi, tout citoyen ou toute association qui enfreindrait la loi en portant secours, hébergeant ou en sauvant un animal adespote, commettrait ainsi un acte passible d'une amende de 5 à 15 mille euros et d'un an d'emprisonnement, comme l’ont souligné les nombreux reportages de la presse ces deux dernières semaines à l’instar du quotidien “Kathimeriní”.

Ce projet de loi a été certes retiré, mais à l’avis de nombreux observateurs des faits et gestes bien grecs, ce n’est qu’une reculade d’urgence “de la part des salopards et autant marionnettes qui sont au gouvernement”, aux dires même de certains journalistes, à l’instar de ceux de la zone matinale sur la radio 90.1 FM en Attique. La presse aura surtout remarqué le caractère lamentablement aberrent d’une telle législation, ainsi que sa spécificité très comptable, rien que par l’instauration d’une taxe de plus, laquelle se rajouterait aux 37 nouvelles taxes rajoutées depuis 2010.

Il y a pire pourtant. Cette loi, à mon humble avis, elle aurait été très probablement rédigée, d’abord au sein d’un “cabinet d'experts internationaux” à l’instar du 95% de la “législation grecque” depuis 2010, laquelle est comme on sait... importée par mail, pour ensuite être traduite à la hâte pour les besoins de la supposée “procédure parlementaire”.

Ce que la presse n’a pas vu, ou qu’elle n’a pas voulu voir, c’est toute la mutation anthropologique violente que cette même loi avait tenté d’imposer, à savoir, et très exactement, la disparition des animaux adespotes, et par la même occasion, la destruction du lien très puissant qu’alors entretiennent avec eux les Grecs, ce qui n’est d’ailleurs pas qu’une spécificité grecque, il y a qu’à observer par exemple le lien analogue qu’entretiennent nos voisins Turcs avec leurs chats, entre autres à Constantinople, et cela jusqu’à en faire un beau film.

En somme, une telle législation a surtout pour vocation que de briser l’un des derniers ressorts culturels, voire existentiels encore subsistant chez les Grecs. Car au-delà du génocide économique et de la dépossession des biens, des symboles et des affects liés à ce que les Grecs considèrent très exactement comme relevant de leur patrie, “notre” tournure de mondialisation techno-féodale, imposerait pour autant, si elle y arrive, un tel méta-monde, où tout “contact” entre humains et également entre humains et animaux, passerait obligatoirement par la “création” numérique.

Nous en rajoutons déjà... en termes de méthode aux guerres de jadis, comme aux cuirassiers d’il y a un siècle, transformés en musées. Ainsi, le métanthropisme, le transhumanisme, leur supposée réalité augmentée, nous réduiraient et nous conduiraient de toute évidence... à “évoluer” finalement dans un monde azootique, aseptisé, desposé, donc déjà mort. En somme, c’est la “vie” dans un univers concentrationnaire quasi-planétaire, donnant ainsi raison à Günter Anders, lequel avait comme on sait considéré et analysé bien tôt, cette... “Obsolescence de l'Homme”.

Comme il est aussi observé ailleurs au sujet de son œuvre, “le titre de ‘L’Obsolescence de l’homme’ indique déjà qu’il y a quelque chose de périmé en l’homme, quelque chose hors sujet, à savoir son humanité. L’homme perd ses caractéristiques qui constituaient en propre son humanité: la liberté, la responsabilité, la capacité d’agir, la capacité à se faire être. En utilisant ces concepts, nous parlons le langage et la réalité d’un autre temps. Tout se passe comme si l’être de l’homme relevait aujourd’hui d’une nature morte.”

Je rajouterai seulement que cette nature morte, ce serait autant celle des animaux, et qu’en Grèce en ce moment, c’est très précisément un “gouvernement” de... gauche sous l’arriviste Alexis Tsipras qui de fait, il agit en faveur de l’avènement de ce monde alors fondamentalement morbide.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Résurrection" sur son blog Greek Crisis

mardi 3 avril 2018

Grèce ainsi courbée...

Temps ainsi et partiellement nouveaux. Le nouvel ordre mondial, entre autres celui des financieristes, expérimente depuis 2010 en Grèce, une forme de génocide économique, le tout, par un agenda géopolitique précis et dès lors perceptible. Le but, étant d’abord d’expérimenter, comme de tester les résistances populaires, sociales et nationales, et autant d’instrumentaliser les réactions à travers ces clivages politiques qui ne sont plus en réalité, ceux très précisément savamment départagés entre “gauches” et “droites”.

D’un côté les “gauches”, structurellement plus incapables que jamais à trouver une démarche commune... depuis 2010, car autant il faut dire largement acquises à la mondialisation et aux thématiques dénommées sociétales si chères aux financiers tels Soros, lequel d’ailleurs finance comme on sait les siens sur le terrain, et de l’autre côté, les supposés “patriotes” de l’Aube dorée en guise d’épouvantail, d’ailleurs historiquement naziforme pour ne rien manquer de leur affaire.

C’est alors ainsi que huit années de la réaction grecque, elle ont été finalement perdues et sacrifiées, le tout, non sans la complicité -en réalité il s’agit de la haute trahison aux yeux de la majorité de la population grecque- des politiciens comme autant des oligarques du pays, le cas le plus emblématique n’est autre que celui de l’avarie morale et politique que représente alors SYRIZA et son allié de droite, le parti de Kamménos.

Drôle d’époque vraiment en Méditerranée orientale, Athènes grouille alors d’espions et d’agents à peine secrets au service des puissances étrangères et financières (ce qui parfois revient au même), cela se dit, se sent, se détecte ainsi à travers les medias et évidement sur Internet. Déjà, l’escroc politique Alexis Tsipras n’est qu’une marionnette des puissances anglo-saxonnes et de l’Allemagne, piètre personnage politique issu de la pire tératogenèse au sein des partis, en même temps, un homme visiblement, physiquement et psychiquement éreinté, et qui serait déjà en phase d’être remplacée d’ici peu temps, c’est aussi palpable à travers les faits et gestes de la théâtralisation politique des derniers mois.

Drôle d’époque, et finalement, moments passionnants et passionnels, rien que par le nombre ou par la teneur des débats auxquels le public athénien peut assister ici ou là, pratiquement chaque jour de la semaine aux cafés dits littéraires de la ville. Ainsi, lors d’un débat sur thème de la géopolitique actuelle dans les Balkans et du rôle de la Grèce, organisé par les éditions “Infognomon” dirigées par Sávvas Kalenteridis, toujours à Athènes cette semaine, certains échanges ont été vifs entre ceux qui parmi le public considèrent que la Grèce ne peut pas tenir en dehors du pôle occidental, en réalité anglo-saxon et de l’OTAN, et ceux qui, parmi les intervenants avaient émis certaines réserves quant à la participation justement du pays à l’OTAN et à l’UE.

Notons que Sávvas Kalenteridis, est très précisément cet ancien officier de l’Armée grecque et des services de renseignements grecs, ayant été directement impliqué dans l’affaire d’Abdullah Öcalan, lorsqu’en 1999 le chef du PKK (kurde) avait été capturé par les services turcs à Nairobi, et depuis, Öcalan reste incarcéré en Turquie

(...)

Dans la capitale grecque et surtout à travers ses banlieues étendues, l’économie réelle et formelle périt chaque jour davantage. Sauf dans les quartiers très touristiques et/ou aisés de la Riviera d’Athènes, ailleurs, même près des plages, cafés et tavernes ferment définitivement et en masse leurs portes en ce moment, comme à Artémida, commune de l’Attique située en face de l’île d’Eubée, et ceci seulement et à peine trois mois avant l’été.

“Nous ne pouvons plus tenir le coup. Augmentation des taxes locales, imposition, contrôles, charges... nous fermons maintenant bien avant l'été, vous êtes pratiquement les derniers clients, l'établissement ferme définitivement avant ce week-end”, nous explique-t-elle alors sa gérante. Grèce ainsi courbée... Mon ami Aristote qui est du coin est d’ailleurs formel: “Nous ne pouvons même plus trouver un souvlaki dans le coin, alors où va-t-on ?

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou, paru sous le titre "Pays rêvé" sur son blog Greek Crisis

samedi 24 mars 2018

Au bout d’une année et à ce rythme, on arrivera à plus de 250.000 saisies sur l’année

Une personne du voisinage, rencontrée après tant de semaines, s’avoue vaincue par la situation: “J'avais mon travail à la banque, j'ai été mis à la porte comme tant de milliers d'autres, je ne retrouverai plus rien à faire pour gagner ma vie à 53 ans, je ne sors plus de chez moi, je me suiciderai...”, et c’est la deuxième personne dans l’entourage qui s’exprime de la sorte. Il s’agit de toute cette Grèce invisible, celle qui ne sortira pas boire son petit café de la résistance quotidienne, au besoin offert par les amis, et c’est cette même Grèce qu’il va falloir d’abord soutenir.

Car entre autres, les Grecs ont désormais compris combien les rarissimes pseudo-aides que les marionnettes du “gouvernement” prétendent distribuer à la population des paupérisés (au mieux 200€ par mois), elles ne seront octroyées que lorsque les bénéficiaires potentiels auront été obligés à liquider tous leurs biens immobiliers ou autres (véhicules, motos, petites embarcations). Tel est en somme le cœur de la politique que le FMI et l’UE imposent en réalité: Détruire complètement la classe moyenne, et rendre les citoyens totalement dépendants, frileux et avant tout, hétéronomes.

La société grecque grince ses dents et à part les cafés et les petits restaurants assez remplis, nos curieux touristes n’y voient le plus souvent guère autre chose. Dents alors qui grincent, et ainsi cette... “découverte” relatée par la presse grecque de la semaine au sujet de la santé dentaire des Grecs, “car elle relève alors déjà de la catastrophe”: Désormais, les implants dentaires sont délaissés au profit des dentiers, “on retourne alors aux années 1960” peut-on lire ici ou là, et on y apprend également que seulement 650 médecins dentistes exercent encore dans le cadre de la Santé publique à travers toute la Grèce.

Les autres... les dents serrées, ils ont massivement quitté le pays pour exercer ailleurs, au Royaume Uni ou en Allemagne, quotidien “Proto Thema” du 19 mars 2018. Au même moment, et pour parfaire la dépossession généralisée et organisée, c’est alors derrière l’habituel verbiage Syriziste, très largement gauchotrope pour les apparences, que l’on apprend par la presse les dernières grandes nouvelles du fisc grec. Il procède actuellement à près de 700 saisies par jour de biens immobiliers ou autres.

Au bout d’une année et à ce rythme, on arrivera à plus de 250.000 saisies sur l’année, et supposons qu’à chaque saisie il y a trois à quatre personnes concernées, eh bien, on frôlera le million de personnes concernées, autrement-dit, près du 10% de la population, rien qu’en une et seule année. Il fut un temps, durant la Grande Guerre, on évoquait par exemple la saignée humaine, l’Armée française perdait ainsi en moyenne 1000 hommes par jour, tombés au champ d’honneur. Autres temps, autres morts !

Le pays sombre dans un certain irrationnel, d’abord “d'en haut”, puis plus largement d’en bas. Cependant, l’amoralisme et l’affairisme des politiciens dépassent largement les pratiques analogues populaires. “Nous n'avons jamais été aussi pourris qu'eux en ce moment”, entend-on dire dans les cafés d’Athènes comme d’ailleurs. Affaires humaines. Le Printemps étant officiellement entamé, nos animaux adespotes (sans maître) nous surveillent, mieux sans doute que les “cybernétismes” humains de toute sorte. Beau pays. Parkings vides d’Athènes, esprits autant vides ou mal garés, publications aux sujets forcément diplomatiques, la légende du roi Arthur, patchwork grec, tout un poème !

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Equinoxe" à lire sur son blog Greek Crisis

Le 27 février 2015 à Athènes, Varoufakis fait acte d’allégeance à la Commission européenne, au FMI et à la BCE

Un moment critique aux conséquences incalculables pour des millions de citoyens d'Europe indirectement soumis à la Troïka, ses agents Smith locaux se présentant désormais à la porte de tous les institutions et établissements publics ou subsidiés pour imposer leurs "normes de qualité"... Satan conduit le bal (Le Concierge)

Après avoir relaté le déroulement de l’Eurogroupe du 24 février lors duquel il a présenté ses mesures à mettre en place dans le cadre du mémorandum plutôt que d’enclencher des mesures unilatérales, Varoufakis ajoute dans son récit : « Les erreurs sont comme les crimes, elles en engendrent d’autres. La décision de ne pas débrancher la téléconférence du 24 février a été amplifiée par une erreur encore plus grave, commise quelques jours plus tard. »

Par l’intermédiaire du bureau du président de l’Eurogroupe, le 25 février, Varoufakis est sommé par la Commission européenne, le FMI et la BCE de faire acte d’allégeance. La Troïka veut que le gouvernement grec envoie une lettre officielle pour confirmer l’accord que Varoufakis a donné la veille lors de la conférence de l’Eurogroupe. Après de nombreuses hésitations, il accepte de signer la lettre pro-forma que la Troïka a préparée. « Accepter la lettre des créanciers sans corrections, pour une demande aussi essentielle, signifiait que la prolongation nous serait accordée non pas suivant nos termes, mais suivant ceux de la Troïka. » Varoufakis reconnaît l’extrême gravité de la décision à prendre. Signer la lettre pro-forma revient à prolonger le mémorandum en cours et à le faire selon les termes dictés et imposés par la Troïka.

Varoufakis admet que la lettre était tellement inacceptable que Tsipras considérait qu’il était impensable de la signer et de la communiquer au parlement.

Varoufakis lui dit : « – Tu es sûr que tu ne peux pas arriver au Parlement, dire ce qu’il en est, obtenir le vote qui m’autoriserait à signer et tourner la page ? »

Varoufakis précise : « Découragé, épuisé, Alexis s’est retourné vers Sagias qui avait l’air aussi exténué et lui a conseillé de ne pas y aller. »

Varoufakis se propose pour faire le sale boulot : « – Dans ce cas-là, Alexis, je prends sur moi la responsabilité. Je signe ce maudit courrier sans l’aval du Parlement, je l’envoie aux bailleurs de fonds et je passe à autre chose. »

Varoufakis précise que le 27 février au petit matin : « J’ai signé le courrier et je l’ai envoyé aux créanciers, passablement écœuré. C’était un fruit des ténèbres, et je reconnais qu’il m’appartient. »

Extrait de l'article d'Eric Toussaint, paru sous le titre "La première capitulation de Varoufakis-Tsipras fin février 2015", 7ème volet de la série "Le témoignage de Yanis Varoufakis : accablant pour lui-même", à lire en intégralité sur le site du CADTM

vendredi 23 mars 2018

La sujétion de toute la vie sociale et de toute la sphère publique, y compris l’État, aux mécanismes du marché

Le système national de santé grec a été démantelé par l’application d’un ensemble de mesures imposées depuis 2010 par les créanciers de la Grèce dans les secteurs de santé primaire, secondaire et pharmaceutique. Ce texte présente une analyse critique des principales mesures de compression budgétaire mises en place dans ces secteurs et introduit un débat sur des initiatives communautaires censées renforcer certains déterminants sociaux de la santé (indemnités de chômage, assurance maladie, revenu minimum garanti). Il apparaît que les politiques mémorandaires ont manqué le but d’efficience et d’efficacité affiché, mais peut-être pas le projet implicite de construire un « nouveau modèle social européen » réduit à quelques prestations tout juste suffisantes à la survie des dépossédés. En s’appuyant sur de nombreux travaux scientifiques, des entretiens en Grèce auprès de militants et dans des établissements de soin et une enquête en cours dans des quartiers ouvriers du Pirée, l’article conclut à l’épuisement – passager ? – des forces luttant pour la survie des droits sociaux démocratiques.

L’hypothèse, défendue ailleurs plus en détail (Burgi, 2014a), est que nous assistons à la culmination d’un effort long de désinstitutionalisation des régimes de protection sociale, poursuivi graduellement depuis au moins trois décennies, qui s’accélère à la faveur des choix politiques arrêtés par les puissances hégémoniques d’Europe pour gérer les effets de la crise financière de 2007-2008. Cet effort est lié à un projet néolibéral de refondation complète des principes, des modalités et des finalités de l’intervention de l’État d’après 1945. Également appelé « fondamentalisme de marché », il préconise la sujétion de toute la vie sociale et de toute la sphère publique, y compris l’État, aux mécanismes du marché. Parmi les nouvelles attributions de l’État, l’une des règles essentielles commande que sa politique sociale soit entièrement remodelée pour accompagner « de façon active » et porter à leur paroxysme les mécanismes de concurrence.

Avant 2010, quasiment tous les gouvernements occidentaux, chacun à leur rythme et avec leurs modalités propres, ont cherché à progressivement reconfigurer leurs systèmes nationaux de protection sociale pour les conduire dans cette direction et les mener vers la constitution d’un nouveau « modèle social européen » dans lequel les prestations à vocation universelle des États sociaux construits après 1945 sont remplacées par un filet social minimal, par un « minimum vital » (Hayek, 1985 (1946):89-90).

Ce minimum n’est pas conçu comme un moyen de lutte contre la précarisation et la paupérisation des masses car il n’est pas question de s’attaquer à leurs causes ni de revenir sur la régulation néolibérale. Au contraire, dans le cadre du « fondamentalisme de marché », le minimum vital a pour fonction de faire en sorte que personne, en principe, ne tombe définitivement hors-jeu – hors du jeu de la concurrence généralisée. Pour le dire autrement, le problème théorique et pratique posé à la gouvernementalité néolibérale dans la redéfinition des politiques de protection sociale est de savoir, non pas comment combattre le chômage de masse ou contenir l’extension des zones de précarité et de vulnérabilité, mais jusqu’où il est possible et/ou souhaitable d’abaisser le « seuil de pauvreté “absolue” » en dessous duquel l’État devra imposer un filet social minimal, au sens d’un régime de soutien (et de contrôle étroit et punitif) des plus démunis, certes financé par la collectivité, mais juste suffisant pour le marché

La déconstruction méthodique, quoique parfois anarchique, des institutions grecques de santé publique s’inscrit dans cette évolution. Au rythme dicté par les institutions de la troïka, les gouvernements grecs ont taillé dans les dépenses de santé « avec des couteaux de boucher », selon l’expression d’un ancien ministre de la Santé (2010-2012), Andreas Loverdos, et cela, au moment même où les déterminants sociaux de la santé – les conditions de vie, fortement dégradées sous l’effet des politiques austéritaires dans leur ensemble – se répercutaient sur la santé de la population. Pour reconfigurer le secteur, des recettes « clé en main » de la Banque mondiale et du FMI (partage des coûts, principe de dissociation entre acheteurs et fournisseurs, tarification à l’activité, privatisation des services…) ont été plaquées sur le système public de santé grec dans l’intention prioritaire de réduire les coûts, d’extraire des ressources et de réorienter les comportements vers la consommation d’assurances et de services privés.

L’ampleur des coupes budgétaires et la logique qui leur est sous-jacente sont présentées dans un premier temps (I). Une deuxième partie étudie plus en détail les contradictions et les effets des politiques relatives aux médicaments et aux secteurs secondaire (hospitalier) et primaire (II). Abordant en dernier lieu la question des déterminants sociaux de la santé (III), la réflexion, centrée sur la mise en place d’un filet social équitable qui reste très largement insuffisant, débouche sur un questionnement portant sur le sens et les perspectives d’une société dite résiliente.

Extrait de "Grèce : Le démantèlement méthodique et tragique des institutions de santé publique" par Noëlle Burgi à lire en intégralité sur le site du CADTM

jeudi 15 mars 2018

Disposer de notre corps, mais pas de notre pays ni de notre régime politique ?

Original File Name: 2018031222.jpg illus. Greek Crisis

(...) ces derniers jours, nous avons vu apparaître dans Athènes certains tracts au message... clair: “Mort à la Grèce, pour que nous, nous puissions vivre, au Diable la famille et au Diable la Patrie”. Et dans un... nouvel ordre d’idées, en somme proches, on y découvre sur ce mêmes murs d’Athènes, cet autre message inévitablement méta-moderne... à propos de l’usage de notre “corps notre choix”.

Il y a même lieu de remarquer que le message en question se combine en six langues, sauf qu’il fait totalement et visiblement volontairement l’impasse sur la... langue du pays. Pourtant à Athènes on parle... encore le grec ! C’est bien connu, la mondialisation c’est l’amour des autres patries, tout comme l’adulation de toute altérité réelle ou supposée telle, et en même temps, la haine, ou sinon le rejet de l’identité.

Dans un tel monde... on disposerait peut-être de notre corps... ainsi notre seul et ultime choix, mais certainement pas de notre pays, ni de notre régime politique, et encore moins des droits et des devoirs. Et tous ces “libres corps” du lendemain des humains, découvriront peut-être un jour, qu’ils ne seront même plus jugés indispensables pour demeurer vivants, ni pour produire et encore moins pour consommer, le tout, et j’espère me tromper, face à un métanthropisme galopant comme autant face à son “humanité” augmentée... réservée aux “élus”.

Incidemment, toute cette dichotomie et comme par hasard, elle laisse la porte ouverte aux tenants du discours diamétralement opposé, lequel incite à n’accepter en l’adulant que tout ce qui relève de sa propre identité, haïssant toutes les autres. Le système tient et tiendra ainsi bon lorsqu’il suggère qu’entre le nihilisme apatride et celui des néonazis, aucune autre position n’est alors possible. Pauvres peuples, et ainsi futur unique des... fortunés.

Les frontières ne seraient donc plus, ni pour les marchandises, ni pour les flux financiers, ni entre les êtres, les cultures, les sexes, voire même entre les espèces. Une affiche publicitaire, pédophile et zoophile à la fois, ainsi aperçue car d’abord autorisée à figurer dans les couloirs du métro parisien, a tout de même heurté le bon sens, et autant cette... mesure qui pour certains philosophes, anciens comme contemporains, c’est la meilleure des choses.

L’hybris et la démesure visiblement dominent de Paris à Athènes, sauf que le sentiment identitaire par exemple celui des Grecs est toujours tangible, représentant en réalité plus du 80% de la population à travers les mentalités, en dépit des cercles des marionnettes qui gouvernent comme de leur magma athénocentrique en somme concis. Pauvres philosophes, entre autres d’Apamée. Car aussi par les temps qui courent, et à vol d’oiseau, rappelons qu’entre Apamée et Athènes il y a moins de 1.200 km, tandis qu’entre Athènes et Paris il y a le double de distance.

Sous le soleil alors, c’est à Athènes que l’œuvre d’Héraclite est en ce moment revisitée à travers un spectacle du même nom. Au même moment, la déferlante des plateformes dites communautaires payantes de location et de réservation de logements, conjuguée à huit années de Troïkanisme réellement existant, bouleversent de manière violente la situation de l’immobilier sur place. Car jamais autant de biens immobiliers n’avaient ainsi changé de mains à Athènes... depuis la précédente Occupation allemande, celle des années 1940.

Des... investisseurs petits, moyens et grands, surtout étrangers, achètent dans Athènes parfois par lots de cent appartements, et en même temps, la Troïka élargie a insisté pour que les saisies des biens des Grecs puissent se concrétiser de manière électronique et automatique. Dans le même ordre d’idées, le “gouvernement” des Tsiprosaures annonce ainsi plus d’un million de saisies de biens immobiliers et autres, rien que pour 2018.

Il faut dire qu’a propos des dernières liquidations et ventes aux enchères après saisie de biens immobiliers, encore effectuées de manière “physique”, c’est-à-dire en salle d’audience, le Syndicat des Officiers de la Police vient de lancer une attaque inhabituelle car très violente, vis-à-vis du gouvernement. Son communiqué avait été motivé par le fait que de nombreux policiers avaient été blessés lors des ventes aux enchères de ce type, surtout à Athènes devenant ainsi la cible visible et facile pour les citoyens concernés et paupérisés.

Les policiers y concluent même de la manière suivante: “Puisqu'ils ne nous respectent pas, le temps est arrivé où il va falloir nous craindre. Car au fait, ce sont bien les politiques mémorandaires qui se dissimulent derrière nos propres boucliers, et voilà que nous ne voulons plus défendre de tels procédures, lesquelles conduisent à la spoliation des biens des citoyens (...) Nous avertissons les politiques que ce mouvement au sein de la Police, au demeurant massif, annulera de fait cette attitude qui consiste à faire peser les effets de la responsabilité de telles politiques sur nos seules épaules, et enfin une fois de plus, nous rappelons que nous sommes non seulement considérés tels, mais nous faisons partie intégrante de la société réelle”, le reportage est du quotidien “Kathimeriní” du 12 mars 2018

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Résister" sur son blog Greek Crisis

lundi 5 mars 2018

"Toute leur pratique dans la gestion de l'économie comme de la société, n’est que la résultante quasi exacte de ce qui leur avait été enseigné au sein des collèges et universités anglo-américains"

Dans la vraie vie restante, les Grecs achètent encore parfois leur poisson directement auprès des caïques (embarcations traditionnelles en bois), et poisson abondant ou pas, les discussions entre eux, peuvent être alors bien animées par les temps qui courent. Il faut ainsi comprendre, que jamais la rupture entre les gouvernés et les gouvernants n’a été aussi abyssale que des nos jours.

Et depuis quelques mois, même les observateurs des faits et gestes actuels (et indéniables), tous chroniqueurs des medias systémiques (mais demeurés honnêtes), ne mâchent plus leurs mots (ou maux), à l’instar de Yórgos Kostoulas, ancien financier et analyste au média capital.gr (2 mars 2018) lorsqu’il écrit:

“Toute cette récente fièvre macédonienne (les deux grands rassemblements patriotiques du mois de février dernier ayant réuni à Thessalonique et à Athènes plus d’un million de personnes), a ainsi révélé combien et comment la conscience nationale demeure tous comptes faits active, et cela, pour une très large part de la société. D’autant plus, que cette désormais évidence, laisse entrevoir une rupture alors beaucoup plus profonde.”

“La réalité d’une telle fracture c’est que dans cette même portion, la société se montre désormais plutôt fatiguée, incontestablement fatiguée de tout. Autrement-dit, ces gens ont complètement épuisé leur dernière tolérance à l'égard du conformisme technocratique, ou encore, face à l’épuration volontaire du discours public (celui des politiciens) de tout ce qui peut réellement concerner la vie concrète pour de millions de citoyens.”

“En face, s’y positionne alors cette élite institutionnelle et intellectuelle dont dans la plupart de cas, elle reste agrégée à l'introduction des normes occidentales (en Grèce), entrant comme on peut le comprendre constamment en conflit avec les valeurs traditionnelles. Et il ne s'agit pas seulement de la solution à trouver au double nom de ce pays (au problème macédonien), mais plus généralement, de la façon dont ceux ‘d’en haut’ chez nous ainsi faits d’éducation et culture anglo-saxonnes, raisonnent et agissent pour ce qui tient des affaires en interne de notre pays.”

“Précisons que par le terme ‘culture anglo-saxonne’, nous entendons alors l'éducation, l'expérience, et en somme la culture en général, dont les dirigeants politiques (grecs) sont si imprégnés. Il va de soi ensuite, que toute leur pratique dans la gestion de l'économie comme de la société, n’est que la résultante quasi exacte de ce qui leur avait été enseigné au sein des collèges et universités anglo-américains.”

“Imbibés de la sorte, et entretenant une bien réelle distance vis-à-vis de tout ce qui peut encore être considéré comme grec, les membres de cette élite ont toujours été (et) à très juste titre, incapables de toute conception historique, géopolitique et pour tout dire dynamique car autonome, de la Grèce contemporaine. Il est donc à la fois certain, et objectivement intelligible: ces élites ne peuvent percevoir le pays, autrement que par l’unique regard de l’étranger. Leur raisonnement, tout comme leurs actions sur le terrain sont de ce point de vue hétéronomes, suscitées même depuis l’étranger, et pour tout dire, profondément homogénéisées.”

“Je dois dire que personnellement, au cours des années 70 et 80, j’avais été autant immergé dans ce milieu issu de l’Imperium Anglo-saxon, j’appartenais ainsi entièrement à ces cadres dirigeants dans la banque et dans la finance, formés à l’américaine. Je me souviens d’ailleurs combien, rien que l'expression ‘spécificités grecques’, s’agissant toujours du domaine de notre activité, fut pour nous une phrase totalement prohibée.”

“Tout ce qui ne correspondait guère à la politique, ou sinon aux outils d'analyse que nous utilisions habituellement faisant très exactement suite à notre culture managériale importée, tout ce qui ne cadrait pas avec nos recettes ou avec nos solutions toutes prêtes, était aussitôt banni. Le mot d’ordre, la seule réponse permanente d’après... notre ‘top management’ fut tout simplement: ‘Educate your customer’ (Éduquez votre client).”

Un certain parallèle... plutôt évident, pourrait être établi lorsqu’on considère nos gauches si diverses et variées et leur marxisme des zincs et des amphithéâtres depuis plus de quarante ans, pareillement divergeant il faut encore le préciser, des valeurs traditionnelles. Une gauche, laquelle a si... “miraculeusement” intégré au bout du processus, toute la culture managériale importée et la mondialisation métaculturelle avec, et notamment... les subsides y afférents au bénéfice prioritaire des principaux intéressés recyclés et députés, ministres et autres chefs et alors splendides marionnettes. Plus le cynisme et l’amoralisme, dont le cas SYRIZA en Grèce, n’est qu’outrageusement grossier... comparée à d’autres cas semblables.

(...)

Pauvre époque et son monde décidément si bas. Suivant les réglementations de l’UE, ceux du secteur des embarcations et autres bateaux traditionnels se mobilisent enfin pour sauver ce qui en reste, après ces milliers de caïques mis à la casse, et c’est toute une culture qui se brise ainsi. C’est connu, en face, s’y trouve encore cette élite réglementaire et intellectuelle, dont dans la plupart des cas, elle reste agrégée à l'introduction des normes financieristes, toujours et encore en conflit avec les valeurs traditionnelles.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou, paru sous le titre "Poisson laïque" sur son blog Greekcrisis

Toute ressemblance avec les élites africaines... et de plus en plus d'Europe occidentale, serait pure coïncidence... impériale ! (Le Concierge).

Sur la destruction de la pêche artisanale grecque, l'auteur écrivait en août 2015 : "Pour ce qui est de la CEE, évoluée par la suite en Union européenne, le futur leur a largement donné raison. La Grèce a perdu ses (déjà) marges étroites en autonomie politique ou économique, ses industries ont périclité, 40% des terres cultivables sont abandonnées, et plus, dix milles petits et grands caïques - ces embarcations traditionnelles construites en bois et utilisées par les pêcheurs - ont été détruites depuis 2010, faisant suite aux directives de l’UE. Autre exemple, plus de dix mille ingénieurs ont quitté le pays en cinq ans, d’après les statistiques de leur union professionnelle, (journaux grecs, 2015). Non, la Grèce ne vit pas que du tourisme, en dépit de certains clichés."

vendredi 2 mars 2018

Le grand carnaval grec des politiciens... ne finit pas d’en finir

Au même moment, c’est à travers l’Internet grec, d’abord local et par la suite plus ample, que les instantanées issus de l’entraînement annuel et hivernal des aspirants Sous-officiers à l'École militaire homonyme établie à Trikala (Thessalie), ont été largement et si positivement accueils par la presse ; l’entraînement a lieu chaque année dans les imposantes montagnes enneigées de la Thessalie occidentale, .

On y découvre ainsi (propagande ou pas), ces images plutôt parlantes, comme on y découvre également par la même occasion, la cérémonie de la bénédiction officielle des troupes de l'École des Sous-officiers de Trikala, faite par le Métropolite de la région . Une situation démontrant une fois de plus qu’aux yeux des Grecs (c’est-à-dire pour près du 80% des sondés à travers les enquêtes d’opinion , et cela en dépit de la propagande ambiante), les institutions auxquelles les Grecs accordent encore leur confiance, ne sont alors autres, que l’Armée (80%) et dans une moindre mesure (50%) l’Église Orthodoxe, contrairement par exemple aux partis politiques (18%).

La société grecque se lézardant, l’usurpation européiste des faits et des réalités, comme autant son l’idéologie-terminale de la postmodernité, ont d’abord et très concrètement chassé près de 700.000 Grecs de leurs foyers, les incitant et les obligeant à quitter le pays depuis 2010 (la Grèce compte près de dix millions d’habitants).

Ensuite, la guerre sociale (contre la société) sur terre brûlée de l’économie se poursuit-elle (mais alors jusqu’a quand ?), et aussitôt le carnaval (celui de la tradition) terminé, le fisc “grec” vient d’entamer une nouvelle procédure de saisie obligatoire (et en réalité confiscation, rien que par l’ampleur de la mesure), sur les biens meubles et immobiliers (coffres de banque compris), sur ce que les Grecs possèdent encore, sous prétexte de dette envers l’État. Notons que cette mesure concerne plus d’un million de personnes, autrement-dit plus du 10% de la population du pays (presse grecque de la semaine)

Au pays si beau et toutefois mourant, une partie de la population se voit désormais même rêver d’un (autre) régime... forcément fort. Car la situation “d'en bas” est alors telle, qu’au très hypothétique cas de figure, où une petite poignée de (prétendus ou pas) patriotes, qui plus est, militaires, irait confisquer le pouvoir, remplaçant par la force nos ultimes marionnettes du régime de la pseudo-démocratie (après huit années de dictature économique, institutionnalisée entre autres à travers le diktat d’un certain Eurogroupe d’ailleurs sans la moindre légitimité juridique), eh bien, dans une telle éventualité, les Grecs, dans un premier temps en tout cas, ne s’y opposeront peut-être guère. Postmodernité d’un entre-deux-guerres encore plus funeste alors réitéré ?

Et pendant qu’au Pirée, des Aubedoriens ont assailli dimanche dernier (25 février) un lieu de rencontre appartenant au milieu anarchiste causant cinq blessés , dont l’avocate de la famille de Pavlos Fyssas (musicien assassiné par les néonazis de l’Aube Dorée en septembre 2013), le grand carnaval grec des politiciens... ne finit pas d’en finir.

Lundi soir (26/02), Rania Antonopoulou, jusque là secrétaire d'État au Travail (?), a été limogée par Tsipras, quand il est apparu qu'elle avait perçu 1000 euros par mois d'indemnité logement depuis deux ans. Il faut préciser qu’elle forme avec son mari, Dimitris Papadimitríou (établi aux États-Unis depuis plus de quarante ans) et pour sa part ministre de l'Économie depuis novembre 2016, un de ces couples de nantis néogauchisants, manifestement recherchés pour compléter les (derniers ?) “gouvernements” si opératoires (et d’opérette) de l’ère métadémocratique.

Tous deux universitaires en congé du “Levy Economics Institute of Bard College” (dans l'État de New York aux États-Unis), ils ont déclaré un portefeuille de quelque 2,7 millions de dollars et un revenu annuel de plus de 450.000 dollars. Alexis Tsipras se montant agacé de cette affaire, il a congédié Rania Antonopoulou, puis, dans la nuit du 26 au 27 février, il a annoncé dans un communiqué qu'il avait également “accepté la démission” de Dimitris Papadimitríou .

Vraisemblablement dans la logique du couple parachuté en Grèce (et d’ailleurs par qui réellement ?) en plein territoire administré, cette... prime au logement servant à occuper un appartement loué à Kolonáki (le quartier chic historique d’Athènes, et pendant que les intéressés possèdent une villa dans les Cyclades), s’apparente à ces indemnités reliées aux postes et aux déplacements, habituellement proposées aux cadres dirigeants des entreprises et des autres méta-structures transnationales. D’où d’ailleurs l’embarras que Rania Antonopoulou a exprimé dès le debout de cette affaire il y a deux jours, d’où encore, la non-automaticité assumée de sa démission.

Elle a certes indiqué qu'elle n'avait fait que “bénéficier d'une loi accordant une subvention pour leur loyer aux députés et aux ministres - ‘Je n'ai jamais eu l'intention d'insulter le peuple grec’”, a-t-elle assuré dans un communiqué, cette loi avait été cependant été introduite par SYRIZA/ANEL en 2015 sans trop de publicité à son sujet, histoire d’en rajouter aux privilèges de sa caste, entre politiciens marionnettes et arrivistes. Dans sa précipitation de sauver les meubles, le “gouvernement” annonce qu’il fera rapidement abroger sa propre loi, peine comme on sait totalement perdue.

Les Grecs, à en juger déjà (et) rien que par les messages que les auditeurs adressent à chaud à leurs journaux et autres médias, et notamment les radions au matin du 27 février 2018, en sont plus que tout simplement outrés: “Nous payons pour eux, nous nous paupérisons, nous mourons pour engraisser ces salopards de SYRIZA, ces politicards en plus qui haïssent ouvertement notre patrie et autant son peuple et qui besognent uniquement au bénéfice de leur poche et à celui des puissances et institutions étrangères comme la Troïka” (Radio 90.1 FM, zone matinale, émission de Yórgos Choudalakis, 27/02, cité de mémoire). Image ainsi plutôt trouble de notre ultime monde, sauf que comme le hurlent encore certains et en plein carnaval: “Nous sommes encore vivants”.

Lorsqu’une journaliste (Radio 90.1 FM, zone matinale, émission de Yórgos Choudalakis, 27/02), a évoqué en direct le remaniement gouvernemental en gestation, ainsi que les noms probables des ministrables qui circulent, un auditeur a aussitôt réagi formulant toute sa colère à travers son message lu en direct: “Nous en avons assez de tout cela, ces noms et les ministres ne font plus parte de notre vie, de tout ce que nous endurons, de tout ce dont nos mentalités et représentations sont désormais fabriquées au quotidien. Leur monde n'est plus du tout le nôtre. Arrêtez d’en parler, basta !”.

Temps carnavalesques, temps lourds, temps supposés morts. Mon ami Th. va de mal en pis, sans travail depuis des années et sans espoir d’en trouver car le travail n’existera plus, ou sinon, à travers la généralisation fulgurante des salaires de 327€ par mois pour déjà les 636.000 employés (sur deux millions que compte le pays) en temps (théoriquement partiel), d’après les chiffres officiels , le tout, sous le ministère du Travail de Rania Antonopoulou entre autres.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Carnaval" sur son blog Greekcrisis

lundi 26 février 2018

Déluge de racisme "accepté" sur internet

Comme sur la plupart des forums faisant suite aux articles consacrés à Tariq Ramadan, déluge de racisme, de "complotisme" et de "confusionnisme" (qu'en pense Philippe Corcuff ?) que les éditeurs, ici RTL pris au hasard, laissent en ligne...

rapadanracisme.PNG

ramadanracisme2.PNG La fabrication d'un "racisme acceptable" ?

ramadancomplotisme.PNG Complotisme ?

ramadancomments1.PNG Confusionnisme ?

Le tout ici propulsé par RTL...

Si on rajoute les réseaux sociaux, les radios des 1000 collines ont de beaux jours devant elles.

Priez pour nous ?

Le monde nous regarde...

Le Concierge

Lire la suite...

dimanche 25 février 2018

L'Audit : Enquête sur la dette grecque

Alors que Yanis Varoufakis, dont le dernier livre même atteste sans ambiguïté qu'il est l'un des principaux immolateurs de la Grèce pour l'avoir sacrifiée aux créanciers en trahissant dès le premier jour le mandat anti-austérité confié à la majorité Syriza, lève des fonds pour "sauver la Grèce" en créant un nouveau parti membre du très burlonesque Front de Désobéissance Réaliste Européen (MéRA25) - après avoir tout planté, donc -, retour sur l'audit de la dette grecque (jamais mentionné par Varoufakis dans ses différents ouvrages !!!)

Le Concierge

DetteZinTV.PNG Cliquer sur l'image pour voir le film (Starring : Gandalf Toussaint Le Blanc)

Bonus !

diem25-1.PNG "Je crois que c'est clair" comme disait Serge July aux Guignols[1]

Diem2.PNG

Varoufakis n'ira pas jusqu'à nous dire combien de personnes ont voté lors de ce "grand moment d'innovation démocratique" (qui ressemble à s'y méprendre aux "consultations" de "citoyenneté européenne active" de la Commission européenne !) Ni comment les votes se sont partagés (innovation démocratique, c'est le cas de le dire !!!)

Le résultat en est d'ailleurs :

1) typiquement technocratique (MéRA25, ça va parler aux foules !)

2) Typiquement troïkien : ce sont les "Européens" qui décident pour les Grecs !!!

Le Concierge

Notes

[1] Notons que toutes les vidéos des Guignols ont été retirées du web par Bolloré, on en trouve encore en suivant le lien plus haut

jeudi 22 février 2018

Une affaire d'Etat

Alors que la Cour d'Appel a confirmé le placement en détention provisoire de M. Tariq Ramadan, il est bon de revenir sur le précédent de Tarnac et un acteur commun aux deux affaires...

C'est le Procureur de Paris, François Molins, qui a requis la mise en détention provisoire de M. Tariq Ramadan (la non-indépendance du Parquet ayant par ailleurs été mille fois dénoncée par les observateurs du système juridique français soucieux de la séparation des pouvoirs).

Directeur de cabinet de la Garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie au moment du déclenchement de "l'Affaire de Tarnac", c'est en tant que Procureur de Paris que François Molins avait eu ensuite à en traiter, s'acharnant à imposer la qualification "terroriste", malgré les juges d'instruction eux-mêmes. Il fallut une décision de la Cour de Cassation pour que cette qualification soit définitivement abandonnée... le 10 janvier 2017 (soit 9 ans après les faits !).

Le journal l'Humanité rappelait à cette occasion l'acharnement du Procureur Molins sur les prévenus :

Sur le fond, la décision de la Cour de cassation s’inscrit dans le droit fil de celle prise par les juges d’instruction. En août 2015, Après sept années d’une enquête qui n’a cessé de se dégonfler, ils n’avaient pas retenu la qualification « terroriste ». Mais vu seulement une opération de dégradation du réseau ferroviaire, effectuée dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, à Dhuisy (Seine-et-Marne), au moyen d’un crochet de fer à béton déposé sur une caténaire. Les magistrats instructeurs admettaient que ces actions ont été commises « dans le dessein patent de désorganiser le fonctionnement d’un rouage considéré comme étatique, la SNCF ». Mais, au-delà du désagrément causé aux usagers, elles ne pouvaient être considérées « comme ayant intimidé ou terrorisé tout ou partie de la population ».

L’affaire aurait pu s’arrêter là. Mais le parquet de Paris, mené par François Molins, qui était directeur de cabinet de la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie en 2008, ne l’entend pas ainsi. Il fait appel de l’ordonnance des juges, en s’appuyant notamment sur le fameux pamphlet signé par le Comité invisible, l’Insurrection qui vient, attribué à Julien Coupat. Selon le parquet, ce texte – jamais interdit de vente – ne laisserait « aucun doute quant à la finalité de renverser par la violence l’État et détruire la société occidentale actuelle »... Examinés en juin 2016, ces arguments n’ont pas convaincu la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. Jusqu’au-boutiste, le parquet général s’est tout de même pourvu en cassation. Avec la réussite que l’on sait. Lors de l’audience, en décembre, même l’avocat général de la Cour de cassation n’a pas défendu la position du parquet.

"Détruire la civilisation occidentale actuelle"... Rien que ça ! On peut imaginer ce que le Procureur de Paris peut fantasmer sur Tariq Ramadan[1]...

Depuis, le Procureur de Paris a eu à traiter de toutes les affaires de terrorisme (et particulièrement islamiste) à l'échelon national, pour lesquelles il est seul compétent.

Il y a donc de fortes raisons de penser que l'incarcération de M. Tariq Ramadan soit une incarcération anti-terroriste qui ne dit pas son nom, et qu'elle n'ait finalement que peu à voir avec le témoignage des plaignantes (quels que soient les faits), Tariq Ramadan ayant depuis des années été accusé d'être un inspirateur du terrorisme par une partie de la presse (comme l'atteste, de façon si subtile !, la Une de Charlie Hebdo du 7 février 2018, Nouveau Journal Officiel de la République Française[2]...) et de hauts responsables de l’État ...

Comme l'a montré l'affaire Coupat, Tariq Ramadan risque donc d'être emprisonné, sans jugement, pour de très longs mois (plus de six mois dans le cas du premier !) à la discrétion d'autorités publiques, agissant "au nom du Peuple Français" qui a donc des comptes à leur demander - surtout après le fiasco de l'affaire de Tarnac qui n'a pourtant entrainé aucune sanction (et quels que soient les prétendus "changement de majorités" - 2 quand même !)...

Il ne s'agit de rien d'autre que d'une lettre de cachet. On imagine mal que celle-ci n'ait pas reçu l'aval de la Ministre de la Justice et du Président de la République...

Mais considérée la notoriété internationale dont jouit le prévenu, cette "affaire d’État" se déroule désormais soust les yeux du monde entier qui s'écarquillent devant le charme discret de la séparation des pouvoirs au pays de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et de Montesquieu...

Depuis le 11 janvier, les plus hautes autorités de l’État n'auront décidément eu de cesse de concéder victoire sur victoire aux terroristes (qui détestent Tariq Ramadan au plus haut point) en dynamitant les libertés publiques qui, n'en déplaise aux Inquisiteurs de la politique de la peur, font partie intégrante, et ici pour le meilleur, de la-dite "civilisation occidentale".

Le Concierge

Notes

[1] Ajout du 24/02 : Grand lecteur, il n'avait pour se faire une idée qu'à lire "Frère Tariq", écrit par Caroline Fourest, principale "témoin" à charge, et semble-t-il livre de chevet de Manuel Valls et Alain Bauer, deux amateurs de romans de gare bien connus

[2] Un humour de lâches, face à un homme incarcéré ?

mardi 20 février 2018

D'une guerre à l'autre

La situation n’est donc pas à prendre à la légère, et aux frontières de la Grèce... il n’y a ni la Belgique, ni le Danemark. Comme le fait remarquer sur son blog l’analyste en géopolitique Dimitris Konstantakópoulos, “les États-Unis sont à présent représentées en Grèce par l'ambassadeur Geoffrey Pyatt, mondialement connu pour son mandat précédent à Kiev. Durant son mandat, les événements en Ukraine ont été les suivants: une révolte, un coup d'État, une guerre civile, un avion civil abattu, ainsi que la plus grande crise des trente dernières années dans les relations russo-occidentales.”

“En ce moment, M. Pyatt se rend à Ankara pour négocier l'avenir de la Grèce et de Chypre accompagnant Rex Tillerson secrétaire d'État des États-Unis de l'administration du président Donald Trump, dans ses pourparlers avec M. Erdogan. La présence d'Athènes et de Nicosie était évidemment jugée inutile dans ces discussions. Ces deux autres capitales seront informées rétrospectivement de ce qu'elles doivent tout juste savoir... et quant à nous, nous subirons les suites.”

“Erdogan, Tillerson et Pyatt mettront tout sur le tapis pour déterminer ce qu'ils donneront de la Grèce et de Chypre à la Turquie afin que le Sultan (Erdogan) puisse donner son accord, ce qui d’ailleurs n’est pas certain. Dans l’éventualité d’un accord entre la Turquie, l'Occident et Israël, nous ici, nous paierons une partie de la facture, et à défaut d’accord, il ne peut pas être exclu qu’une... belle guerre gréco-turque puisse par la suite être organisée.” (Dimitris Konstantakópoulos, “Grèce: tout droit vers le précipice”, 15 février 2018)

L’expérience grecque ainsi que l’analyse qui est celle de ce blog depuis ses débuts (2011), c’est que l’austérité (euphémisme en toute évidence qui cache une réalité beaucoup plus apocalyptique), la prise du contrôle total des finances du pays (et des pays), des institutions, des mentalités (mécanique sociale), l’annulation (dans les faits) de la Constitution, la marionnettisation surpassant le ridicule de la classe politique (en réalité apolitique), la fin des droits sociaux, ce n’est qu’une palier dans cette guerre asymétrique que les pays, nations et sociétés subissent... au risque de disparaître même entièrement... en succombant, à défaut de résister.

Et lorsque cette mainmise sur les ressources, sur les cultures, sur les populations, sur les mentalités atteint le niveau visé (par certains pays supposés grands et pas la dite élite mondialisatrice pour qui les petits gens ne sont que “de la vermine”, c’est bien connu), eh bien, il ne restera que le chaos provoqué comme provoquant. Plus évidemment la guerre tout court... faite par d’autres moyens. D’où à notre avis, le handicap (en réalité assumé) des analyses (supposées marxisantes) que la gauche à la SYRIZA adopte ici ou là, histoire tout naturellement de (mal) dissimuler son appartenance consubstantiel (mais bientôt cosmétique) au méta-monde de l’hybris, comme de la piraterie généralisée, qui est le “nôtre”.

Les Grecs l’ont si bien compris qu’ils ne manifesteront plus jamais nous semble-t-il, à l’appel des partis de gauche ou des syndicats. Désormais, ce sont les questions identitaires, celles liées à l’ultime existence ainsi acculée, qui véhiculent, véhiculeront et canaliseront l’immense douleur des années troïkannes, ce que les grands rassemblements à propos de la question Macédonienne ont déjà prouvé à Thessalonique et surtout à Athènes.

Inutile de dire combien et comment une déflagration gréco-turque en Égée (même de courte durée), en Thrace ou à Chypre, pourrait devenir ce catalyseur qui balaiera, non seulement le “gouvernement” SYRIZA/ANEL, mais peut-être bien, l’ensemble du régime politique grec. Un peu comme l’invasion turque à Chypre et la courte guerre gréco-turque en 1974, ont balayé le régime de l’autre junte, celle des Colonels.

Il n’y aura pas de retour ne arrière dans ce processus qui est le nôtre actuellement, et nous irons très probablement jusqu’au bout. Les Grecs n’ont même plus d’illusions quant à l’état du monde, quant au simulacre de la démocratie, ou quant aux enjeux géopolitiques dans cette région du monde. Tsipras et les siens sont désormais haïs (et non seulement politiquement rejetés) par plus du 70% de la population. La situation à Athènes... étant sans cesse observée, les Ambassades à Athènes devraient autant le savoir.

Enfin, ce que les Grecs savent (si ce n’est que par intuition), ce que Tsipras (visiblement davantage que Samaras), après avoir paraphé tant de mémoranda coloniaux, il aurait en même temps, donné son accord à un agenda géopolitique dissimulé, au détriment des intérêts, voire, de l’intégrité territoriale du pays. Pour une “majorité” réelle (et non pas forcément électorale) se basant sur près du 10% des Grecs (et encore), tout cela ne passe absolument pas, d’où ce qualificatif lequel revient ainsi sans cesse en ce moment en Grèce pour designer les Syrizistes: “Traîtres”.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou, paru sous ce titre sur son blog Greek Crisis

lundi 12 février 2018

L’enjeu central pour eux est de baisser, partout en Europe, les salaires, les retraites et les allocations sociales, de précariser les contrats, limiter le droit de grève, réduire les dépenses sociales dans les dépenses de l’État, privatiser, etc.

Le contact avec Schäuble commence mal car celui-ci refuse de lui serrer la main. Varoufakis met en avant les deux points suivants : « Premier point, je ne demandais pas de radiation de la dette, et l’échange de dettes que je proposais bénéficierait à l’Allemagne et à la Grèce. Deuxième point, j’ai insisté sur ma détermination à traquer les fraudeurs et faire passer des réformes pour encourager l’entreprenariat, la créativité et la probité dans la société grecque »

Varoufakis explique que la relation s’est détendue, Schäuble lui proposant de se tutoyer et de lui envoyer cinq cents inspecteurs du fisc allemand. « Je l’ai remercié pour sa générosité, mais j’avais peur qu’ils se découragent en réalisant qu’ils ne pouvaient déchiffrer ni les déclarations de revenus ni les papiers nécessaires. En revanche j’avais une idée : et s’il nommait le secrétaire général de l’administration fiscale de mon ministère ? »

Varoufakis précise qu’il s’agissait de sa part d’une proposition tout à fait sérieuse. Il en a profité pour expliquer à Schäuble quelque chose que le ministre allemand savait certainement déjà : à savoir qu’au sein du ministère grec des Finances, le service de collecte des impôts avait été confié à une personne du privé. Varoufakis explique : « la personne qui en était responsable n’était ni nommée par moi ni redevable devant moi ou mon Parlement, même si c’était à moi de rendre compte de son action quotidienne. Voilà donc ce que je lui proposais : il choisirait un administrateur fiscal allemand aux références irréprochables et à la réputation intacte qui serait nommé sur-le-champ et responsable devant lui et moi ; si il ou elle avait besoin de renfort de son ministère, je n’y voyais aucun inconvénient. » Sur ce point, Varoufakis propose une solution qui constituerait, si elle était appliquée, un abandon encore plus important de souveraineté, et cela directement au profit du gouvernement allemand.

Mais Schäuble n’était pas intéressé et passe au sujet qui est au cœur de toute sa stratégie et de ses motivations profondes : « sa théorie suivant laquelle le modèle social européen « trop généreux » était intenable et bon à jeter aux orties. Comparant le coût du maintien des États-providences avec ce qu’il se passe en Inde ou en Chine, où il n’y a aucune protection sociale, il estimait que l’Europe perdait en compétitivité et était vouée à stagner si on ne sabrait pas massivement dans les prestations sociales. Sous-entendu, il fallait bien commencer quelque part, et ce quelque part pouvait être la Grèce. »

Si Varoufakis, Tsakalotos et le cercle dirigeant autour de Tsipras avaient pris au sérieux le message que voulait faire passer Schäuble et que son homologue italien avait déjà transmis à Varoufakis deux jours plus tôt, lors de son passage à Rome, ils auraient compris que la proposition d’échanges de dettes n’avait aucune chance de convaincre le gouvernement allemand et tous les gouvernements de la zone euro qui font de l’augmentation de la compétitivité (au profit des grandes entreprises privées exportatrices) leur objectif principal |6|. L’enjeu central pour eux est de baisser, partout en Europe, les salaires, les retraites et les allocations sociales, de précariser les contrats, limiter le droit de grève, réduire les dépenses sociales dans les dépenses de l’État, privatiser, etc. Si la proposition de Varoufakis avait été acceptée, elle aurait permis au gouvernement grec de desserrer l’étau de la dette. Or, le gouvernement allemand et la plupart des autres gouvernements de la zone euro (sinon tous) ont besoin de l’étau de la dette pour imposer la poursuite de l’application de leur modèle et se rapprocher des objectifs qu’ils se sont fixés. Ils souhaitaient aussi ardemment faire échouer le projet de Syriza afin de démontrer aux peuples des autres pays qu’il est vain de porter au gouvernement des forces qui prétendent rompre avec l’austérité et le modèle néolibéral

Extrait de la sériée d'Eric Toussait : "Le témoignage de Yanis Varoufakis : accablant pour lui-même".

Épisode6 : "Varoufakis-Tsipras vers l’accord funeste avec l’Eurogroupe du 20 février 2015".

A lire sur le site du CADTM

vendredi 19 janvier 2018

Tout y passe ou presque, du droit de grève... au “remodelage” de la moitié du code pénal

Original File Name: 2018011057.jpg La ministre grecque de la destruction du droit du travail (coll. Greekcrisis)

Le temps était encore doux jusqu’à vendredi à Athènes. Ce même jour, le pseudo-gouvernement présentait au pseudo-Parlement son énième mémorandum intermédiaire, et autant fourre-tout ravageur des acquis sociaux et démocratiques depuis plus d’un siècle. Il s’agit d’un texte de loi... de 1.531 pages, lequel comme d’habitude les “députés” ne liront (presque) pas. Sa lecture (partielle sur Internet) trahit même son origine: une traduction rapide et quasi automatique, ayant comme langue source la novlangue du patois globaliste, à savoir, l’anglais des Troïkans et non pas celui de Shakespeare.

Sous Alexis Tsipras, le pays déjà défait, devient alors un territoire sciemment décomposé. Et dès ce samedi, voilà la pluie et le froid qui marquent ainsi leur retour ! Telle est notre... désormais bien longue, tradition dans la “gouvernance” mémorandaire. Cette... écriture aux 1.531 pages de tant de mesures et de nouvelles réglementations, doit être adoptable et adaptable très officiellement “d'urgence”, c’est-à-dire avant l’Eurogroupe ainsi imminent, fixé pour lundi prochain.

Original File Name: 2016112156.jpg La même en 2016, livrant les conventions collectives à la troïka lors d'une petite réunion entre amis au Hilton (arch. Greekcrisis, lire Ultimes poubelles du marketing politicien)

Tout y passe ou presque, du droit de grève... au “remodelage” de la moitié du code pénal, comme autant de la privatisation de fait de la Justice, par la mise en place d’un système de conciliatoire privé rendu obligatoire. On a beau avoir fêté la Théophanie partout en Grèce avec la traditionnelle cérémonie de la bénédiction des eaux qui se déroule dans toutes les églises grecques (près des eaux) chaque année à la date du 6 janvier ; rien n’y fait.

Et comme nous le remarquions récemment sur ce même blog, les “réconciliateurs” ainsi prévues, pourront être recrutés également en dehors des formations et des professionnels du Droit, et ils seront d’ailleurs directement rétribués par les citoyens intéressés, quand en même temps, ces derniers n’auront plus vraiment la possibilité de saisir directement les Tribunaux. Tsipras, est alors et décidément... de la dernière pluie... toxique qui tombe sur le pays.

En attendant l’adoption de cette (bien énorme) loi, et en réaction de celle-ci, mardi dernier 9 janvier, certains membres du syndicat PAME (affilié au PC grec), avaient investi par surprise les locaux du Ministère du Travail (dont celui de la Ministre Achtsioglou). La motivation annoncée pour cette action fut trouvée en la réactualisation (et autant officialisation) de la mise entre parenthèse du droit de grève, mesure qui figure au présent mémorandum (dit également “intermédiaire”).

Au-delà du symbole recherché (et trouvé) au moyen d’une telle action, à l’efficacité il faut l’admettre plutôt contestable, les Grecs ont tout de même pu (une fois de plus) à cette occasion, relever grâce à l’irruption des syndicalistes de PAME, toute l’animosité qui caractérise alors pareils affrontements (pour l’instant verbaux).

Sauf qu’on y relève surtout cette expression et autant posture corporelle des protagonistes, dont l’arrogance et le mépris perceptibles à travers l’attitude de la Ministre Achtsioglou. Le tout d’ailleurs, devant les photographes de presse présents sur les lieux. Arrogance, mépris et ainsi cynisme, relevant de toute évidence des tendances obsédantes fondamentales de la psychologie individuelle et collective chez les pseudo-gouverneurs actuels, c’est bien connu. À leur propos, le voisin Kostas maintient alors mordicus que “ces gens... sont manifestement mandatés et désignés par un certain au-delà”.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre " Tutoyer le réel " sur son blog Greekcrisis

Lire aussi : Les accords précédents avec les créanciers ont aboli le régime parlementaire grec

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