Musée de l'Europe et de l'Afrique

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Missions archéologiques

Fil des billets - Fil des commentaires

mercredi 4 avril 2018

Archive : Tariq Ramadan face à la renaissance de la Réaction

ramadanbrighelli.png Cliquer sur l'image pour voir l'archive

Dans cette séquence de 2010, Tariq Ramadan est confronté à Jean-Claude Brighelli, l'un des futurs porte-paroles de la Réaction issu de la gauche académique[1], et Jeannette Bougrab, alors secrétaire générale de l'UMP et présidente de la HALDE... Le débat porte, en présence de Raymond Barre, sur l'école.

Cette pièce archéologique est assez fascinante, car d'une certaine façon, on peut y voir quelque chose comme la gestation des néo-cons français (venus tant de droite que de gauche).

Ni Brighelli, ni Bougrab ne sont alors encore devenus totalement obsédés par l'Islam (respectivement par pure réaction et fonds de commerce)... Il faudra encore pour cela quelques années pour que et l'un et l'une, venus pourtant de droite et de gauche, se retrouvant ici seulement sur la "question scolaire"[2], se mettent à en faire des tonnes sur le sujet (chacun dans son style, respectivement roturier et courtisane, ce qui est très Balzacien !), bien fait pour liquider la question sociale et la lutte des classes[3].

Et on notera que Tariq Ramadan est bien le seul à essayer de tenir des positions de gauche (citoyenniste : négliger la lutte des classes est décidément un métier dangereux [4]) sur l'école et les inégalités sociales...

Le Concierge

Notes

[1] A qui une certaine Laurence de Cock fournit désormais un punching-ball idéal, il lui suffit en effet de dénoncer ses bêtises pour refiler, derrière, les siennes, selon le principe du moteur réactionnaire à deux-temps alimenté par une partie de la petite-bourgeoisie intellectuelle manipulatrice de biens de salut politiques.

[2] De ce point de vue-là l'éloge parallèle à Mme Bougrab de Luc Ferry et Manuel Valls est assez parlant...

[3] Comme la version "chique" de la "française musulmane" - qui ne l'est plus -des beaux quartiers (autre face de la même médaille qui comporte la version pas chique, arrivistes arrivées se distinguant d'arrivistes pas arrivées pour cause de décalage social - initial sauf pour les hobereaux - conséquent), stigmatisant les classes populaires et moyennes, à travers l'Islam, l'indique suffisamment caricaturalement - ce qui a pu inspirer le fumeux "Conseil des ex-musulmans de France" car tout est bon dans le cochon pour passer à la télévision en aspirant à la cooptation ! On y trouve d'ailleurs Nadia El-Fani toujours à l'affût d'une visibilité que son "oeuvre" a du mal à lui procurer hors victimisation par l'Islam" !

[4] Un dialogue a d'ailleurs eut lieu entre Ramadan et Brighelli en 2015 à l'initiative de la Revue des deux mondes où la question sociale a totalement disparu...

dimanche 18 mars 2018

« N'est pas Zola qui veut » : Tariq Ramadan et la critique des médias

« (...) C'est donc avec beaucoup de sérénité que je fais face aujourd'hui à ces accusations et à cette atmosphère qui est un peu irrationnelle et dont on a l'impression que tout y devient permis. J'aimerais dire aussi parce que je l'ai lu sur des réseaux sociaux ici et là que je ne pense pas en fait qu'il s'agisse d'un complot. C'est vrai qu'on avait entendu Jean-Claude Elfassi ou qu'on avait entendu Metmati ou même Gilles Kepel des mois auparavant, certains cherchaient des témoignages, d'autres proposaient de l'argent, Metmati proposait jusqu'à 3000 EUR pour des témoignages donc quelque chose était là, était dans l'air, on me visait, on m'avait dans le collimateur, mais ça je l'ai toujours su, ce n'était pas nouveau. Je pense en fait que c'est dans le climat de l'affaire Weinstein, une femme qui tout à coup livre un nom et puis ceux qui m'ont toujours eu dans leur viseur, ceux dont j'étais l'ennemi y ont vu une aubaine extraordinaire et s'y sont jetés tête baissée en pensant, voilà on va le finir. « On va le finir » ce sont des mots qu'on a lus sur twitter ce sont des mots qu'on a lus sur Facebook : « il faut le finir, Tariq Ramadan ». Et donc c'était une aubaine qui s'était présentée à eux. Ce qui est tout à fait étonnant, c'est que pas un journaliste en France, de Marianne à Mediapart, en passant par Le Monde ou par Le Nouvel Observateur, ne s'est arrêté en disant : « Mais qui est cette femme, il faut quand même qu'on vérifie qui elle est, d'où viennent ces accusations-là. Et ça c'est tout à fait sidérant, on l'aurait fait pour n'importe qui, on l'a fait pour d'autres affaires et d'autres personnes, là comme je suis le Diable, la parole qui m'accuse est forcément la parole de l'Ange. Une parole d’Évangile. C'est malheureux parce qu'on n'en arrive même pas à se rendre compte que sur trois dépositions, elle donne trois versions différentes, on ne sait rien de sa vie et si on avait le minimum d'investigations, on se rendrait compte que les témoignages, les récidives, la situation personnelle, sont tout à fait parlantes, je parle même de la première personne, quant à la deuxième le caractère totalement invraisemblable et illogique de ce qui est avancé de mes agissements n'est même pas mis en évidence. Parole d’Évangile encore. Et donc le minimum du travail de journaliste n'a pas été fait. Au contraire, on s'est dit, il faut qu'on charge d'avantage sur l'accusé qui est Tariq ramadan puisque c'est le Diable. Et on en a vus qui pensaient que j'étais à terre pour continuer à vouloir en rajouter. Dont Mediapart qui tout à coup ajoute une enquête vite fait pour pouvoir dire, ah non nous ne sommes pas les complices de l'homme. Vous savez en France, on a eu des personnes qui sont le symbole d'une certaine dignité intellectuelle. Zola avait pris la plume pour défendre l'honneur de la France et de la Justice. On ne s’improvise pas Zola, et n'est pas Zola qui veut. Certains vont prendre la plume pour sauver leur nom, leur personne, voire leur journal. C'est ainsi il faut prendre acte avec tristesse et en continuant sa route. Et ce que j'aimerais mettre en évidence de ce point de vue là c'est qu'on a voulu en même temps en chargeant, donner une image de ma personne qui était celle d'un fou, en fait. De quelqu'un de totalement déséquilibré. Et sur trente ans de ma vie, je ne l'aurais été que deux fois, et qu'en France, toute ma vie à l'extérieur, partout dans le monde anglophone, en Afrique, personne, pas de témoignage, donc je suis géographiquement fou, géographiquement déséquilibré, linguistiquement même puisque c'est en Français que les choses se passent. Tout à fait étonnant quand même que personne ne soit alerté par ça. Mais nous attendrons le temps de la Justice et le temps de la Vérité (...)

(Tariq Ramadan, vidéo enregistrée mi-novembre et mise en ligne le 14 mars 2018)

plenelramadan.PNG A l'exclusion de ce tweet pro-domo, CQFD , Mediapart n' a toujours pas rendu compte, à l'heure où nous écrivons, de ces propos circonstanciés de Tariq Ramadan, pas plus que des éléments apportés le 15/3 dans l'étrange lucarne par son avocat. En outre, doit-on rappeler à Marine-Rouletabille que Tariq Ramadan est embastillé et ne peut répondre ? (Le Concierge)

Dans une vidéo enregistrée en novembre et mise en ligne le 14 mars 2018, Tariq Ramadan se livre à une critique des médias circonstanciée, concernant la campagne de lynchage médiatique qu'il subissait depuis déjà un mois avec l'annonce puis le dépôt de deux plaintes pour viols à son encontre. Il s'en prend particulièrement à Médiapart et à Edwy Plenel, s'agissant d'une presse supposée « indépendante » et sérieuse, et non de celle de de marché détenue par les quelques milliardaires supporteurs de Macron.

La première remarque est qu'en effet, si on lit le témoignage publié dans les pages glacées de Vanity Fair, le 2 février dès l'annonce de la requête de détention provisoire de Paris (est-ce un hasard ?), entre deux publicités pour Gucci, avec un Tariq Ramadan se transformant en M. Hyde aux mâchoires grinçant « de gauche à droite », tel un barracuda croisé en Mer Rouge par Tintin, et à peu près aucun détail sur les faits rapportés en mode Nouveau Détective malgré six heures d'interview (et encore seulement pour la première séance) où l'héroïne fait défiler des preuves, dont on ne saura rien, sur son smartphone, on se demande comment un journal supposé sérieux comme Médiapart a pu accorder du crédit à un récit intégralement romancé dans le style BHL et impossible à recouper. De même nous nous sommes astreints, ne reculant devant aucun sacrifice, à la lecture du livre (si on peut dire) « autobiographique » (avec cahier photos central) de la première plaignante, paru quelque temps auparavant, qui n'est qu'une succession de clichés orientalistes et de stéréotypes racistes des plus kitschs (tant les « Arabes » que les « musulmans », Algériens ou Tunisiens, en prenant pour leur grade) dont le filage est particulièrement indigeste et abracadantesque. Les journalistes savent-ils encore faire la différence entre la réalité et la fiction et savent-ils lire, situer et contextualiser du texte a minima, faire la différence entre recherche de faits et critique de boulevard, ou bien ces emplois sont-ils définitivement pourvus par des « professionnels » ayant exclusivement tété « Nous Deux » et « SAS » ?

"Dignité" moustachue

Une bonne partie de la réponse est apportée par Edwy Plenel en personne, dans un passage aux Grandes Gueules le 13 mars 2018 sur RMC, qui confirme plus qu'implicitement les analyses de Tariq Ramadan. Ce télescopage est inattendu : puisqu'embastillé, Tariq Ramadan n'est pas supposé pouvoir répondre à Edwy Plenel, ce qui ne semble même pas traverser l'esprit du Tartuffe moustachu, qui se croit, plus que jamais autorisé à toutes les indécences.

« - Votre enquête sur Ramadan, elle était incomplète...

- Eh non ! Mais personne n'avait à cette date quand nous avons fait ces cinq volets de l'enquête sur Ramadan (avril 2016 NDE), personne, comme l'a très bien expliqué Matthieu Magnaudeix, enquête totalement impitoyable sur Tariq Ramadan, personne à cette date n'avait pu trouver et sortir les témoignages accablants qui aujourd'hui lui valent d'être poursuivi ».

« Enquête totalement impitoyable », sur laquelle Tariq Ramadan s'était exprimé longuement, considérant avec raison que Mediapart faisait « du Marianne ». Mediapart, pour des raisons mystérieuses, y brûlait celui qu'il avait réhabilité, au moins dans le champ de la presse écrite, quelques années plus tôt, démontant les arguments de ses détracteurs, pourtant repris ad nauseam dans cette « enquête » ("la plus longue jamais consacrée à Tariq Ramadan" proclamait Le Crieur de Mediapart !) n'ajoutant donc rien de plus aux attaques que Mediapart dénonçait encore la veille. Simple « retour à l'ordre » des « Chiens de garde ». On ne sait quel différend aura opposé Edwy Plenel à Tariq Ramadan pour qu'il lâche ainsi les « chiens », même si le soutien assidu à Hamon et Macron du premier un an plus tard s'opposait frontalement à l'appel à « l'abstention active » du second, caractérisant deux visions bien différentes, de deux pourtant « citoyennistes » notoires...

Plenel continue :

« j'ajoute que depuis nous nous sommes rattrapés, Marine Turchi, sur Mediapart, mène l'enquête comme sur d'autres délits sexuels dans le cadre de metoo et de balancetonporc »

Il s'agit de la nullissime « enquête » à charge de Marine Turchi, tout entière basée sur les témoignages des plaignantes rapportées par la presse, mais aussi sur ceux d'un cheptel de plaignantes putatives tenues sous le boisseau par un « pool d'une dizaine d'avocats » travaillant « bénévolement », depuis plus « d'un an », pour préparer une éventuelle action contre Tariq Ramadan, sans que cela semble un seul instant étrange à la journaliste (qui n'a pas eu l'idée de faire une « enquête » sur les impétrants qui lui balançaient des témoins à la demande, au détail ou en gros, tout étant bon dans le cochon...)

Mediapart shooté au "féminisme moustachu"

« ce midi sur Mediapart, vous savez cela fait 5 mois qu'est sorti le hashtag balancetonporc, nous sommes les premiers ce midi à faire le bilan combien ça a provoqué de plaintes, une trentaine en France entière, quelles ont été les suites de ces plaintes, quels sont les milieux concernés, sachant que tous les univers sont concernés, et qu'au niveau de ce point de vue, comment dire au niveau de l'intimité privée de certaines personnes qui abusent de leur pouvoir masculin, l'origine ne protège de rien. »

Cette profession de foi de « féminisme moustachu » est certes touchante, mais il est probable malheureusement pour Plenel, spécialiste du faux-scoop (basé sur des faxs moustachus comme s'en moquait PLPL) que les « informations » pêchées sur balancetonporc, Marianne et Vanity Fair, et non recoupées ni recoupables, puissent manquer de fiabilité par rapport, par exemple, aux infos que François Hollande lui avait balancées (comme Plenel l'a rapporté des années après) sur les Irlandais de Vincennes, quand il était tout jeune énarque au cabinet de François Mitterrand projeté là avec Ségolène par Jacques Attali... Mais c'est une partie de la clé, croquignolesque, de l'énigme : si l'ensemble de la rédaction de Mediapart a fumé la même moquette que le très neuneu Antoine Perrot tentant de se ménager une place au paradis qui sera issu de la « Révolution mondiale des femmes » (qui vient), en choisissant de « croire la parole des femmes », prenant fait et cause pour toute femme sans complément d' « enquête », c'est en fait tous les jours « parole d’Évangile » et l'apparition de la Sainte Vierge (qu'on espère pour eux moustachue) ! Mais quelle peut bien être cette secte étrange ? Et, il faut bien le dire, un brin misogyne, puisqu'on n'y saurait prêter à DES femmes les défauts, passions et soif de pouvoir de DES hommes, l'histoire n'étant qu'un gigantesque complot des hommes (qui viennent de Mars) contre les femmes (qui viennent de Saturne)... Sirius[1] se retourne dans sa tombe...

En un mot, Edwy Plenel, à l'instar d'une bonne partie de la petite-bourgeoisie intellectuelle (parisienne), est totalement shooté au numérique dont il proclame à qui veut l'entendre que c'est « une révolution démocratique », comme il l'a fait en recevant Macron l'avant-veille de son sacre, le célèbre auteur de... « Révolution ». Qui n'a pas totalement tort, car n'en déplaise aux Fidèles du culte de la « Révolution », la révolution est d'abord, et avant tout, l’avènement politique d'une classe portée par une économie. Ici les start-ups, les unes économiques, les autres idéologiques, au sujet desquellesTthomas Frank nous alerta, il y a déjà bien des temps... Elle peut s'accompagner de dimensions progressistes et/ou profondément régressives, ce qui est le cas lorsqu'il s'agit comme aujourd'hui d'une « révolution conservatrice » qui se pare des atours du « progrès » et non de la tradition comme la dernière (nazie), pas seulement technique mais aussi « sociétal », comme Bourdieu l'avait très tôt caractérisée. Le Président de la Table Ronde des Industriels Européens avait d'ailleurs vendu il y a un an la mèche lors d'une audition au Sénat : « Le numérique, c'est la mondialisation, mais il ne faut pas le dire, car si les gens comprennent, nous risquons d'avoir des révoltes comme nous avons eu contre la mondialisation » (cette archive audiovisuelle a été retirée du site du Sénat et cette phrase ne figure pas dans le compte-rendu écrit...).

Révisionnisme moustachu

Il poursuivit, non sur l'Affaire Ramadan (et la présomption d'innocence qu'il venait de fouler aux pieds tout en se revendiquant de « Déclaration des Droits de l'Homme » et de la « Constitution ») mais sur les accusations qu'il avait dû subir dans le cadre de cette affaire (car la victime, c'est lui!) : « Tout cela est une cabale qui n'avait pas de fondement, pour essayer de nous discréditer. » Raison qui l'aura poussé à « (se) rattraper » en jetant de l'essence sur le bûcher dressé par Vanity Fair et les ennemis de Tariq Ramadan « pour sauver (son) nom, (sa) personne, voire (son) journal ». Honte à jamais ! Honte à jamais !

On atteint ensuite le sommet de la duplicité (celle-là bien documentée) et du révisionnisme :

« Tout l'équipe était blessée, toute l'équipe était choquée dans sa diversité parce que tout cela était un faux procès. Alors pourquoi ce faux procès ? J'ai déjà vécu ça, quand j'étais au Monde, 25 ans au journal Le Monde, et qu'on a voulu provoquer la crise qui va faire perdre son indépendance au Monde, peu de gens s'en souviennent, mais à l'époque il fallait que devant les plateaux, la question n'était pas Ramadan, c'était la CIA, vous êtes membre de la CIA, Edwy Plenel (...) La cabale c'était un bouquin qui disait « Plenel est agent de la CIA », vous voyez ce monde de fous... »

Plenel fait ici allusion au livre de Pierre Péan « La face cachée du Monde » qui démontrait, confirmant et souvent reprenant le travail de PLPL, que loin d'avoir tenté de préserver l'indépendance du Monde de Beuve-Méry face aux puissances de l'argent, il leur avait au contraire livré le Quotidien né de la Libération sous l'influence de son gourou de l'époque, Alain Minc, quitte à finir par être débarqué par les actionnaires qu'il avait lui même fait rentrer (la même chose est arrivée à Serge July, et les deux se présentent sans aucune pudeur comme des martyres du capitalisme – Aude Lancelin a retenu la leçon à son échelle semble-t-il - alors qu'ils ont été les agents zélés du triomphe du pouvoir de l'argent dans la Presse qui, à partir de là a acquis les moyens de propagande reposant sur le capital symbolique générateur de croyance accumulé par des travailleurs de l'information intègres, lui permettant de détruire un à un tous les acquis du programme du CNR, et nous en vivons sans doute la victoire ultime sous la présidence Macron, à l’avènement duquel Edwy Plenel a prostitué son journal, il y a de cela presque un an.)

On voit d'ailleurs dans la suite de ce fascinant entretien aux « Grandes gueules », face à des animateurs, tout de même !, de RMC-BFM, jusqu'où peut aller la complaisance d'Edwy Plenel face au capital auquel il n'a que la vertu de Tartuffe à opposer :

« Nous on fait cela au service d'un idéal que vous partagez, vous qui travaillez ici dans cette radio dans cette chaîne de télévision . On a tous les mêmes valeurs quand on a tous la même carte de presse. On a même les mêmes chartes déontologiques (...) Nous disons aussi aux confrères et aux consœurs qu'il faut se battre pour l'indépendance. Que la détention du capital n'est pas toujours neutre. Qu'elle a des conséquences parfois. Non pas une conséquence qui vous interdirait d'être libres, mais qui parfois fait qu'on vous dit « ne touchez pas à mes intérêts, ne touchez pas à ce qui me concerne » (...) Moi je suis fidèle à de vieilles valeurs, qui sont celles du fondateur du Monde, qui parlait de la presse d'industrie, celles d'Hubert Beuve-Méry ».

Et de se mettre sous l'égide de François Ruffin... Mais, c'était trop pour le transcripteur, tenté de relire séance tenante la Sourate de la vache !

11. Et quand on leur dit: «Ne semez pas la corruption sur la terre», ils disent: «Au contraire nous ne sommes que des réformateurs!»

12. Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s’en rendent pas compte.

13. Et quand on leur dit: «Croyez comme les gens ont cru», ils disent: «Croirons-nous comme ont cru les faibles d’esprit?» Certes, ce sont eux les véritables faibles d’esprit, mais ils ne le savent pas.

14. Quand ils rencontrent ceux qui ont cru, ils disent: «Nous croyons»; mais quand ils se trouvent seuls avec leurs diables, ils disent: «Nous sommes avec vous; en effet nous ne faisions que nous moquer (d’eux)».

Où sont les critiques des médias ?

Il y a de cela 20 ans, sous l'impulsion et avec la caution de Pierre Bourdieu, naissait une critique radicale des médias qui n'hésitait pas à proclamer « un journal qui meurt, c'est un peu de liberté retrouvée ». Critique de combat, face à la prise de contrôle de la presse encore indépendante par les puissances de l'argent, mais aussi face à « l'emprise du journalisme » colonisant tous les univers où une pensée critique pouvait encore s'élaborer (champs scientifique, artistique, littéraire... Et pourquoi pas religieux ?)

On ne peut que s'étonner qu'ACRIMED notamment, descendant en ligne directe et continue de cette époque, n'ait toujours pas écrit une ligne sur l'Affaire Tariq Ramadan, et sur le lynchage digne d'Outreau que l'intéressé subit, ne pouvant répliquer car victime d'une véritable lettre de cachet (dont il y a véritablement lieu de se demander de quel niveau institutionnel elle émane in fine.)

On notera qu'ACRIMED ne s'est non plus jamais trop intéressé, c'est le moins qu'on puisse dire, à Mediapart. Ce journal « 100% numérique » (sic, cette proposition n'a évidemment aucun sens logique) qui fête ses 10 ans, doit une partie de son succès d'avoir puisé dans un capital critique accumulé par d'autres, recyclant très précisément tout le travail effectué entre 1995 et 2008, capital d'auteurs et d'analyses qui ont la caractéristique d'être de ceux qui n'avaient exceptionnellement droit de mention dans Le Monde d'Edwy Plenel que pour être éreintés. Ce que l'encore vaillant à l'époque (c'est à dire non Nouvel Obstisé-Mariannisé) Frédéric Lordon avait magistralement rappelé dans un article intitulé « Corruptions passées, corruptions présentes ».

On peut dire que ce travail critique, qui n'a jamais rien rapporté ni à ses producteurs, ni à ses diffuseurs, tous plus ou moins héroïques, ainsi recyclé, a permis au « Roi du Télé-achat » de se refaire une virginité et un lectorat de gauche, qui n'a d'ailleurs pas hésité à financer cette œuvre de presse qu'il pensait de salut public. C'est à l'occasion de la dernière campagne présidentielle que l'on a entendu les hurlements de douleur de ce primo-lectorat, lorsque le véritable Edwy Plenel jeta le masque en engageant une campagne de désinformation digne de la Pravda visant à éliminer Mélenchon par la promotion d'Hamon et à faire voter Macron en agitant un kitchissime « speeeeeeeectre des annééééééeees treeeente » en affirmant, Une après Une, que Marine Le Pen était aux portes du pouvoir. Depuis la censure impitoyable des abonnés, et les désabonnements consécutifs, n'ont plus cessé. « Grand remplacement » d'un lectorat militant de gauche de base par un lectorat de CSP++, solvable, et surtout électoralement vendable ?

Car si « speeeeeeeectre des annééééééeees treeeente » il y a, c'est bien celui d'une presse totalement vendue aux puissances de l'argent, celle-là même qui a fait l'élection de Macron et, est-ce un hasard ?, la curée contre Tariq Ramadan. Deux opérations auxquelles le très « indépendant » Mediapart (il n'a en effet pas l'excuse d'être « possédé » par autre chose que l'irrationnel bigot moustachu) a « librement » (et la responsabilité est d'autant plus grande si les mots ont un sens) « participé ». Une curée contre Ramadan qui, ne nous y trompons pas, n'est rien d'autre que 'avènement final du « racisme acceptable », légitimé par la presse unanime, incluant Mediapart, et à laquelle il faut rajouter tous ceux dont le silence est assourdissant, de Là-Bas-Si-J'y-Suis à Le Media (dont l'une des figures influentes est quand même ancienne rédactrice en chef de Marianne, est-ce un hasard ? La question mérite d'être posée.)

Ce qui nous ramène à la critique des médias et à ACRIMED. L'auteur de ces lignes a personnellement attiré l'attention, et à suffisantes reprises, d'un membre de cette association sur l'Affaire Ramadan. Certes, sans doute peu décisionnaire, mais disposant au moins d'un pouvoir de rédacteur. Ces efforts ont été suffisamment renouvelés pour acquérir la conviction que ce cas, pourtant « carabiné » du point de vue de la critique des médias, ne susciterait pas le moindre intérêt.

Un autre membre d'ACRIMED, Julien Salingue, publie ces jours-ci sur son blog un billet on ne peut plus « Plenelo-compatible » puisqu'il s'agit de défendre les médias et le journalisme et de stigmatiser comme populiste (et donc crypto-fasciste) toute attaque contre ce que le journal PLPL avait ironiquement appelé le PPA (Parti de la Presse et de l'Argent) s'attirant le même type de sous-entendus de la part de toute la corporation, moustachue ou non, au même titre et avec la même violence d'ailleurs, à l'époque, que Bourdieu.

D'une certaine façon, la boucle est bouclée. Il y a 20 ans, si tout un travail critique bénéficiait certes du développement d'internet, ce moyen de diffusion restait confidentiel. Aujourd'hui où les médias « indépendants » bénéficient d'une diffusion numérique potentiellement mainstream, les frontières entre le in et le off s'estompent. Et on voit d'ailleurs depuis quelques années des proto-médiacrates passant de l'un à l'autre, et pour les plus opportunistes se faisant voir dans le off pour être ensuite recrutés dans le in, moyennant prébendes sonnantes et trébuchantes, des médias comme Mediapart jouant le rôle de sas entre les deux.

usulhocquenghem.PNG "Usul" (sic) jetant aux pieds d'Edwy Plenel la Lettre ouverte de Guy Hocquenghem, dans l'édition post-facée par l'Organe Suprême (OS) des éditions Agone, peu de temps après avoir liquidé tous ses collaborateurs, l'accumulation primitive du capital, sous forme de catalogue, étant terminée (Le Concierge, qui s'est chargé de la première réédition de ce livre aux éditions Agone...)

Pire : le capital accumulé de critique des médias est de plus en plus mis au service de la légitimation de ce qu'il critiquait. L'exemple d'Henri Maler est emblématique, faisant la promotion éhontée d'Aude Lancelin, salariée et de son propre aveu, heureuse, du Nouvel Obs pendant les 10 ans où ACRIMED dénonçait les turpitudes néolibérales de ce magazine, faisant ainsi accroire que l'involution de ce journal daterait de l'élection de François Hollande et transformant une ancienne cheville ouvrière de la légitimation culturelle des pires régressions sociales en... résistante !

On a aussi vu Pierre Carles passant « le relais » (le meurtre du "père" n'attendit même pas le lendemain !) au triste pitre satellisé par Mediapart, Usul.

Autrement-dit : les critiques des anciens pitres légitiment les nouveaux pitres.

On vieillit... Enfin pas les moines mendiants, un avantage qui a aussi ses inconvénients !

On a aussi entendu un fondateur de PLPL suggérer que la critique des médias était devenue en frande partie appropriée par l'extrême-droite ». A qui la faute, quand ses chevilles ouvrières l'ont abandonnée ? Constat ne vaut pas analyse...

On est ainsi sidéré que la seule défense de Tariq Ramadan, sur des arguments strictement juridiques ait dû se réfugier sur un blog de... Causeur dont l'auteur, peu suspect de sympathie pour Tariq Ramadan, et à la différence de Plenel ne se dégonfla pas sous le flot d'insultes que cette analyse suscita.... Et que la dénonciation rigoureuse de son lynchage médiatique soit parue sur... AgoraVox.

C'est l'indice qu'il y a vraiment quelque chose de pourri à gauche. Le refus de la Raison, le mépris des Libertés publiques. Et depuis, notamment, les anti-dreyfusards de gauche (qui loin d'être antisémites se foutaient juste du sort de Dreyfus qui n'était pas du bon côté de la lutte des classes), cela n'est guère nouveau.

Sans oublier le déluge de racisme dans cette affaire qui semble invisible aux anti-racistes, et pour cause, ayant transformé ce dernier en simple signe de distinction sociale, et incapable de le reconnaître, pour le plus grand bien des racistes intelligents qui savent qu'ils n'ont plus que des vendeurs de soupe et de Tee-Shirts en face...

De quoi l'Affaire Ramadan est-elle le nom ?

La nullité du Club Dorothée anti-Ramadan mené par Caroline Fourest, source d'espoir malgré l'épouvantable machine judiciaire activée par un Procureur anti-terroriste sans doute soutenu par les plus hautes autorités de l’État, finira on l'espère par aboutir à la chute de toute une série de dominos. Et nul doute qu'à ce moment, on verra la gauche identitaire de marché se réveiller prenant subitement confiance dans le côté bankable de « la cause », résistants de la dernière heure. Y compris Plenel, nous n'en serions nullement étonné.

Mais ce jour-là, malgré la satisfaction d'une issue heureuse qui est loin d'être acquise, il ne faudra pas laisser les résistants de la dernière heure faire des selfies sur la dernière barricade. Il faudra les « dégager ».

Que plus jamais on ne puisse entendre : « La démocratie ce n'est pas le droit de vote. Si je ne sais pas, si je suis pris par l'idéologie, si je suis pris par le mensonge d’État, si je suis pris par la propagande, je peux voter et être aveugle. Et du coup voter pour mon pire ennemi. Pour mon pire malheur. Quand un Régime commence à devenir autoritaire, à qui s'en prend-t-il ? D'abord à la liberté des intellectuels, à la liberté de pensée, aux universitaires et à la presse »

Venant de la part d'Edwy Plenel, l'homme qui a fait voter Macron en agitant des peurs irrationnelles, propos tenus dans la même émission où il a légitimé, au moins par défaut, l'embastillement d'un intellectuel, condamné par lui et ses pairs de la presse, ce « double-discours » donne tout simplement la nausée.

Et ses créatures et ses homologues, les « faux impertinents » moqués jadis par PLPL, sont déjà si nombreux...

C'est aussi de tout cela dont l'Affaire Tariq Ramadan est le nom...

Le Concierge

Notes

[1] Nom duquel le fondateur du Monde, Hubert beuve-Méry signait ses – rares – éditoriaux

lundi 26 février 2018

Mise en perspective du mouvement altermondialiste et de la lutte contre le remboursement des dettes illégitimes

Éric Toussaint, porte-parole du CADTM, retrace l’histoire des mobilisations sociales depuis 2000, avec la naissance et la progression du Forum Social Mondial, dont il analyse le déclin. L’émergence spontanée du printemps arabe, des mouvements des indignés et d’Occupy Wall Street en 2011 n’a malheureusement pas débouché depuis sur une nouvelle coordination internationale capable de relayer des mobilisations à l’échelle internationale. Après la capitulation de Tsipras en Grèce, il importe de tirer les leçons de la tragédie de 2015. La remise en cause de l’emprise néolibérale et de l’endettement public et privé est une condition nécessaire pour mobiliser les peuples. C’est en revendiquant la désobéissance avec les institutions européennes et la zone euro, et en argumentant par un audit la suspension de paiement et la répudiation unilatérale des dettes illégitimes, que les futurs gouvernements de gauche trouveront l’appui des mouvements sociaux et de la population qui leur permettra de mener une politique souveraine.

A lire et voir sur le site du CADTM

lundi 9 janvier 2017

"La sociologie électorale de Podemos est limpide"

Pourtant, Podemos inspire, notamment en France. Par exemple, Jean-Luc Mélenchon semble se revendiquer à son tour et à la suite d'Iglesias de la philosophe Chantal Mouffe. Il est devenu « Youtubeur », comme Pablo Iglesias animait La Tuerka, une web télé…

Je peux comprendre ce qui a séduit dans le mouvement. Après tout, il semblait vouloir court-circuiter les institutions établies pour s’adresser directement au peuple – ce qui ressemble être du populisme dans le bon sens du terme, soit une politique venue du peuple et faite véritablement pour lui. Mais pour ce faire, il faut encore savoir à quel « peuple » l’on s’adresse. Or, Podemos a un électorat bien précis, à la fois socialement et géographiquement et, pour des raisons politiques et idéologiques, il a choisi de ne courtiser que cet électorat et de ne prendre de décisions que pour lui. La plupart des études réalisées, notamment par le CIS (Centre des Recherches sociologiques), montrent clairement que ce ne sont pas les plus démunis qui votent pour Podemos (ou pour Unidos Podemos, la coalition qu’il forme avec la Gauche unie, sorte de Front de Gauche à l’espagnole). Les citoyens dont les revenus dépassent les 4 500 euros mensuels votent en moyenne à 31 % pour la formation de Pablo Iglesias (et à 11,5 % pour le PP), tandis que le soutien envers Podemos tombe en-dessous des 15 % chez les personnes touchant entre 600 et 900 euros par mois (c’est-à-dire autour du salaire minimal, qui s’élève à 764,40 euros par mois en 2016), contre 21 % pour le PP. La sociologie électorale de Podemos est limpide, puisqu’elle repose pour l’essentiel sur les jeunes urbains (entre 18 et 35 ans) les mieux formés, souvent plus aisés, ayant suivi des études universitaires, ayant voyagé et n’étant pas réellement attachés à leur pays – pas plus qu’à la notion de nation en général.

Par ailleurs, au niveau géographique, Podemos et ses alliés font le plein dans l’Espagne périphérique – c’est-à-dire la Catalogne, le Pays basque, la Navarre, la Communauté de Valence et, dans une moindre mesure, les Baléares et la Galice. Par « Espagne périphérique », il ne faut surtout pas comprendre « Espagne défavorisée » puisqu’il s’agit, à l’exception de la Galice (et en partie de la Navarre), d’une Espagne plutôt riche et urbaine surtout désireuse de renforcer les privilèges déjà arrachés à l’État central. En réalité, Podemos est surtout le parti de ceux qui se reconnaissent dans une gauche « radicale » et pensent que Pablo Iglesias pourra les mener efficacement à l’indépendance de facto ou de jure de leur communauté autonome. Les dirigeants de Podemos n’ont d’ailleurs jamais caché leur soutien aux régionalistes et aux séparatistes de tout poil.

Si l’on se penche sur une carte des derniers résultats électoraux en Espagne, le bilan est facile à tirer : en dehors du cœur de l’agglomération madrilène (zone riche, dynamique et urbaine), qui leur est plutôt favorable, les podemitas ne séduisent guère dans le centre de l’Espagne. De la même façon, ils sont à la traîne dans les régions périphériques plus défavorisées (Région de Murcie, Andalousie, Canaries, Asturies). C’est pourtant dans ces zones que se trouvent les plus pauvres des Espagnols, ceux qui bénéficient le moins des avantages matériels offerts par la mondialisation – je pense notamment aux zones rurales de Castille-et-León, de Castille-La Manche, d’Aragon et d’Estrémadure. Ces régions sont centrales géographiquement mais périphériques économiquement et politiquement – et elles n’intéressent pas Podemos, puisqu’elles tournent le dos à cette formation (même si l’on note des exceptions locales, comme l’agglomération de Cadix, en Andalousie).

Faut-il renoncer à espérer que Podemos prône un jour la sortie de l’Union européenne pour l’Espagne comme le font de nombreux mouvements populistes dans d’autres pays de l’UE ?

Honnêtement, je n'y crois guère. Et si un tel bouleversement a lieu, ce sera avec d’autres dirigeants et des bases idéologiques radicalement différentes. En dehors de Juan Carlos Monedero, né en 1963 (mais qui ne fait plus partie du bureau politique de la formation), les principales figures de proue de Podemos sont nées dans les années 70 ou 80, ont grandi avec l’Union européenne, l’ouverture des frontières, la libre circulation des personnes, la dilution progressive des États-nations traditionnels, etc. Quand bien même ils pourraient en critiquer les orientations libérales, les responsables de ce parti ont un profond attachement à l’idée même d’Union européenne et ils l’ont toujours rappelé avec véhémence.

Bien entendu, ceux qui ont présenté Podemos comme un dangereux parti bolchevique prêt à faire la révolution prolétarienne à tout instant (c’est-à-dire tous les adversaires de droite du parti) ont aussi affirmé pendant des mois que l’élection de Pablo Iglesias à la tête du gouvernement espagnol supposerait une rapide sortie de l’Espagne de l’Union européenne. On l’a entendu aussi bien dans la bouche d’hommes politiques espagnols (comme Mariano Rajoy) que dans celle de journalistes de nombreux pays. Cela me semble ridicule : Iglesias et ses partisans n’ont eu de cesse que de rappeler qu’ils n’étaient pas opposés à l’idée même d’UE. Ils réclament cependant une autre Europe, une « Europe sociale », une « Europe des travailleurs », etc., de vieilles lunes dont on sait ce qu’il faut penser. L’Union européenne est comme elle est (libérale, antidémocratique, etc.) non pas par un accident de l’histoire, par la volonté néfaste des dirigeants des vingt dernières années ou par une fâcheuse déviation de ses objectifs initiaux : elle a été conçue pour devenir ce qu’elle est devenue. Et je ne suis pas sûr que les responsables et une bonne partie des électeurs de Podemos finissent par le comprendre. Ils ont un profond blocage psychologique et idéologique à ce sujet.

Extrait de l'entretien avec Nicolas Klein conduit par Alexandre Caral et publié sous le titre "Espagne : « ceux qui croient que Podemos remettra en cause l'Union européenne se trompent », entretien avec Nicolas Klein" paru sur le blog l'Arène nue.

Lire aussi : Qu’on se le dise : les classes sociales n’existent pas

et

Un rassemblement de classes moyennes?

vendredi 4 novembre 2016

Vérité des luttes à Paris, erreurs au-delà ?

ET SI SURTOUT la perte de la culture n’était pas achetée au prix de vies humaines ! La moindre d’entre elles, ne serait-ce même qu’une heure arrachée à la plus misérable des existences, vaut bien une bibliothèque brûlée. L’industrie intellectuelle bourgeoise se berce d’ivresse jusque dans l’effondrement lorsqu’elle accorde plus de place dans les journaux à ses pertes spécifiques qu’au martyre des anonymes, aux souffrances du monde ouvrier, dont la valeur d’existence se prouve de façon indestructible dans la lutte et l’entraide, à côté d’une industrie qui remplace la solidarité par la sensation et qui, aussi vrai que la propagande sur les horreurs est une propagande de la vérité, est encore capable de mentir avec elle. Le journalisme ne se doute pas que l’existence privée, comme victime de la violence, est plus près de l’esprit que tous les déboires du négoce intellectuel. Et surtout cet univers calamiteux qui occupe désormais tout l’horizon de notre journalisme culturel.

Karl Kraus, Troisième Nuit de Walpurgis

DCcampus.PNG

Lettre ouverte à Henri Maler d'Acrimed

Cher Henri Maler,

Nous ne nous sommes croisés qu’une fois je crois. C’était lors d’une des premières réunions d’Acrimed à laquelle j’avais accompagné Pierre Rimbert et Patrick Champagne.

Je vous écris aujourd’hui au sujet de la recension que vous avez consacrée au livre qui défraie la chronique (parisienne) : « Le monde libre »

Je trouve en effet assez croquignolesque que vous validiez la thèse que tous les médias colportent en contre-bande en s’appuyant sur cet essai, selon laquelle l’involution du Nouvel Observateur, aujourd’hui l’Obs, daterait de ces dernières années. Vous la comparez à celle subie par Libération, que vous situez sous la direction de Laurent Joffrin.

À Acrimed, vous êtes pourtant bien placé pour savoir, l’ayant, comme d’autres et souvent les mêmes, longuement documenté en son temps, que la messe est dite depuis bien longtemps au sujet de Libération et du Nouvel Observateur, accompagnateurs idéologiques zélés de la conversion de la « gauche de gouvernement » au néolibéralisme. Depuis bien longtemps, c’est à dire à peu près au moment où l’auteure du livre entrait au Nouvel Observateur.

À cette époque, je crois aussi me souvenir de l’analyse selon laquelle le surinvestissement dans la « culture » et le façadisme radical-chic étaient bien faits, dans ces journaux, pour accomplir cette mission historique. L’auteure semble pourtant déplorer que « l’équilibre » entre sociale-démocratie néolibéralisée et « radicalité » (les « deux gauches » paraît-il), établi selon elle par Jean Daniel (sans trop s’intéresser à sa fonction idéologique de blanchiment du néo-conservatisme), soit désormais rompu. Et semble affirmer qu’elle a connu un journal « de gauche ». Du point de vue d’Acrimed, cela devrait quand même apparaître un tantinet révisionniste... Ce serait comme dire que le PS a commencé sa mutation au moment où il l’achevait... Et que donc il faudrait revenir à 2012 et non à 1995 ou 1983... Sans compter que l’analyse de Pinto sur le "journalisme philosophique" concluait de façon très précoce aux effets structurellement néfastes de la fusion du journalisme et de l’EHESS, exactement ce que l’auteure présente avec nostalgie comme ce qui a fait la grandeur de son ex-journal...

En fait, je me demande si vous ne jetez pas aux pieds de ce livre tout le capital accumulé de critique des médias, dans un objectif politique à courte vue : en finir avec le PS. Or ce PS-là est mort, et d’ailleurs les rats quittent le navire. Comme le champ politique a horreur du vide, la vraie question est : sous quelle forme va-t-il ressusciter, et quels griots demi-savant nous empêcheront de le reconnaître ? Vous nous aideriez grandement si vous rappeliez « de quoi le Nouvel Oservateur fut le nom », donc ce principe de porte-tournante entre l’Université et le Journalisme, que l’émoi et moi et moi actuel contribue à dissimuler, avec votre renfort. Cela éviterait que ceux qui faisaient le serment, il y a quelques mois, de « ne plus jamais voter PS », ne votent pour son futur équivalent structurel sans s’en apercevoir, lui permettant de parachever son œuvre (comme en Grèce). Ou puissent faire semblant de ne pas s’en apercevoir.

La suite sur le site : De la gentrification des villes à la gentrification des luttes

vendredi 12 août 2016

Il y a dix ans: La Directive Bolkenstein

A l'heure où la "remise à plat" de la Directive sur les travailleurs détachés est sérieusement compromise (voir ci-dessous) dans une UE par construction non-réformable, le Musée de l'Europe exhume un montage comique réalisé en 2005 rappelant le niveau des débats dans les grands médias lors de la discussion d'une Directive dont les effets dévastateurs pour le monde du travail ont porté tous leurs fruits...

A écouter ici

Par : EurActiv France avec l'AFP

12 mai 2016

DLes pays de l'Est de l'Europe se sont allier contre le projet de réforme de Bruxelles, soutenu par les pays de l'Ouest.

Onze pays de l’UE, dont dix d’Europe de l’Est, font front commun contre un projet de la Commission européenne destiné à mieux lutter contre le dumping social des travailleurs détachés.

« La Commission a reçu des avis motivés de 11 Parlements nationaux. Ces avis représentent 22 sur 56 voix, c’est-à-dire que c’est le seuil du carton jaune, qui est fixé à 19 » a indiqué Christian Wigand, un des porte-parole de l’exécutif européen, questionné lors d’un point presse sur la résistance au projet sur les travailleurs détachés présenté le 8 mars par Bruxelles.

« Carton jaune »

Dans le jargon bruxellois, un « carton jaune » est le nom donné à une procédure instituée par le Traité de Lisbonne (entré en vigueur en 2009), permettant de contester une directive – un projet législatif européen – au motif que le sujet devrait être traité au niveau national et non européen.

C’est seulement la troisième fois depuis 2009 que le « carton jaune » est utilisé. Hormis le Danemark, tous les pays qui résistent au projet de la Commission sont d’anciens pays du bloc communiste: Bulgarie, Hongrie, Croatie, République tchèque, Pologne, Estonie, Roumanie, Lituanie, Lettonie, Slovaquie, ont précisé à l’AFP des eurodéputés.

Avis motivés

« La Commission va évaluer les avis motivés reçus dans le détail, les commentaires sont différents. Tout sera discuté de façon collégiale pour décider de la marche à suivre », a dit M. Wigand, qui n’a pas donné de date-butoir pour la fin de l’analyse.

Cette évaluation devrait en tous les cas retarder le processus législatif de ce projet, largement soutenu par la France, l’Allemagne et la Belgique notamment et destiné à mieux lutter contre le dumping social.

« En l’état, la situation actuelle concernant les travailleurs détachés n’est tenable pour personne: ni pour les entreprises, ni pour les travailleurs, ni pour l’Union européenne », a réagi l’eurodéputée française conservatrice Élisabeth Morin-Chartier.

En France, en Allemagne et en Belgique, de nombreuses voix avaient dénoncé cette main d’œuvre, venue surtout de l’est travailler pour des salaires dérisoires dans des exploitations agricoles, abattoirs ou chantiers en Europe occidentale.

Les principaux pays d’accueil des travailleurs détachés sont l’Allemagne (un peu plus de 400.000 en 2014), suivie de la France (un peu moins de 200.000) et la Belgique (environ 160.000). Les principaux pays d’origine sont la Pologne (428.000 personnes en 2014, en augmentation de 61 % par rapport à 2010), l’Allemagne (255.000, en hausse de 13 %) et la France (125.000, en baisse de 24 %).

mercredi 15 juin 2016

Il y a huit ans : "G8, Le Japon à l’avant-garde de la gouvernance mondiale"

"Je demande à la CGT de ne plus organiser ce type de manifestation sur Paris."

Manuel Valls, France Inter, 15/06/2016

novox1.gif

Une manifestation typique au Japon

Une délégation de No Vox France s’est rendue au Japon en juin et juillet 2008 à l’invitation de No Vox Japon et dans le cadre de la mobilisation contre le G8. La délégation a pris part à des manifestations contre le G8 à Tokyo, Osaka et Sapporo.

Le réseau No Vox dénonce l’absence de liberté de manifester au Japon. Les autorités japonaises tolèrent tout au plus des cortèges d’une largeur de trois mètres (le couloir normalement dévolu aux bus), empêchant le déploiement de nos banderoles. Les cortèges sont séparés des voies restant ouvertes à la circulation par une colonne de policiers et les défilés importants sont fractionnés en sous-groupes par des cordons de gardes mobiles.

Lire la suite...

vendredi 12 juin 2015

Former des enfants entreprenants contre la mauvaise influence parentale

entrepreunariatecole.PNG

L'archéologue préventif Patrick Taliercio se penche aujourd'hui sur un article du journal Le Soir intitulé "Faut-il incorporer l'entrepreunariat à l'école, playdoyer pour éducation entrepreunariale dès le primaire".

A visualiser ici

Retrouvez la section Enfants du Musée de l'Europe ici

lundi 20 avril 2015

L'espoir est toujours grec

Jeudi 9 avril, plus de 180 personnes se sont déplacées à Alès, dans le sud de la France, pour écouter Éric Toussaint, tout juste de retour d’Athènes, nous parler de la première réunion de travail de la Commission d’audit de la dette grecque.

Eric Toussaint revient sur la mission de la Commission avant de donner de précieux aperçus sur le contexte politique à Athènes qui laissent entrevoir une stratégie du gouvernement grec dans laquelle s'inscrit cette commission. Tout cela vient modérer l'offensive médiatique, y compris libertaire, martelant qu'il n'y a qu'une seule politique, c'est à dire pas de politique, possible et qu'un gouvernement est forcément un gouvernement qui capitule. Face à la collection de morts-vivants cyniques qui composent l'euro-groupe, l'espoir d'une Libération est plus que jamais grec.

Si l'histoire devait faire son grand retour dans les mois qui viennent, peut-on espérer que la mobilisation contre nos gouvernants et nos médias sera à la hauteur pour éviter un Münich athénien ? Après des années d'attentisme routinier des organisations qui prétendent à la "solidarité internationale", ce sont des choses qui doivent se préparer dès aujourd'hui. Une défaite en Grèce aurait des conséquences dramatiques.

A écouter ici

mardi 16 décembre 2014

Des canaris dans la mine

Voici quelques canaris aux cris stridents. Des canaris de Belgique et de Grèce qui sifflent l'alerte depuis le fond de la mine et s'agitent pour nous prévenir : c'est un terrible coup de grisou qui s'annonce sur nos droits, notre santé, nos vies, l'avenir de nos enfants. Un coup de grisou sur les peuples et la démocratie, et des coups de bâton pour ceux qui osent résister. Regardez ce reportage, prêtez l'oreille aux canaris : vous comprendrez qu'il est temps de sortir de la mine. Et vite.

Réalisation : Yannick Bovy - Octobre 2013 - 26 mn. Une émission proposée par la FGTB wallonne & produite par le CEPAG

En ligne

La Commission Européenne organise sciemment l'exploitation des travailleurs

Aujourd'hui, les esclaves sont «détachés». Traduction: ils peuvent se déplacer avec leurs chaînes. Ils sont Portugais, Polonais, Roumains, Espagnols, Slovènes, Bulgares... et viennent en Belgique se faire exploiter à meilleur prix que chez eux. «Dumping Cosmos» met en lumière les logiques et les conséquences de la fameuse directive européenne sur le détachement, qui organise un dumping social d'une ampleur inouïe. Avec un impact terrible sur les travailleurs de nombreux secteurs, notamment celui de la construction. Reportage et témoignages édifiants sur ce qu'il convient d'appeler le nouvel esclavage des temps modernes.

Réalisation : Yannick Bovy - Décembre 2013 - 26 mn. Une émission proposée par la FGTB wallonne & produite par le CEPAG

Voir en ligne

samedi 13 septembre 2014

Anti-écolos et pro-marchés financiers peuplent la Commission européenne

Le nouveau commissaire en charge du climat et de l’énergie, Miguel Arias Cañete, est l’ancien ministre de l’Agriculture et de l’Environnement du gouvernement conservateur espagnol. Il a présidé jusqu’en 2012 une compagnie pétrolière, Compañía Mercantil Petrolífera Ducar S.L, domicilié dans un paradis fiscal et dont il est toujours actionnaire. Il est aussi critiqué par les écologistes espagnols pour avoir autorisé l’extraction de gaz de schiste et la fracturation hydraulique et pour avoir fait de l’Espagne « la porte d’entrée des OGM en Europe ».

Lire l'article d'Yvan Du Roy sur basta

jeudi 4 septembre 2014

Jean Quatremer et le "misérabilisme" grec

Comme le faisait remarquer un auditeur de France-Inter hier, sous forme de commentaire publié sur le site de l’émission de Nicolas Demorand: “J'avais déjà entendu un interview de Mr Quatremer lors de la campagne des européennes. C'était un farouche défenseur du fait européen et j'avoue qu’entendre les termes dans lesquels il s'est exprimé aujourd'hui enjoignant sur un ton pour la moins acerbe de cesser ‘ce’ misérabilisme à propos des Grecs ayant ce qu'ils méritaient l'Europe étant pour moins dans leur malheur qu'eux même vivant avec et de la corruption depuis toujours, était difficilement soutenable.”

“À la phrase ‘on compte nos morts’ il répond très finement qu'il n'y avait rien de nouveau quand au possibilités de soins en Grèce, ayant ‘entendu parlé d'une personne’ nécessitant un soin d'urgence à laquelle on avait demandé de l'argent. Avant la crise... la corruption existant depuis avant, les morts sont donc les mêmes qu'avant d'après lui. Ceux qui ne peuvent pas payer excepté qu'étant aujourd'hui plus nombreux il y a donc plus de morts. Ce qu'il fallait démontrer. Problème cher Monsieur, la loi de l'offre et de la demande chère à votre Europe voudrait que le prix de la corruption lui même baisse avec les possibilités de son paiement en baisse. Les médecins corrompus ne pouvant se passer de revenus il est fort peu probable qu'ils rejettent tout ceux qui ne peuvent plus payer se permettant de perdre la proportion équivalente de revenu s'il ne baissait pas ses prétentions.”

(...)

Le pourparlers entre nos pantins et les représentants de la Troïka se poursuivent à Paris... jusqu’à épuiser sans doute les stocks des Grands Magasins et en même temps, le patrimoine national de la Grèce.

Les doxographes des prochains siècles se pencheront sans doute tant sur les écrits de Jean Quatremer, permettant ainsi d'établir l'histoire si possible exacte des guerres et des propagandes de notre court XXIe siècle. Si nécessaire.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou Choux de Bruxelles sur son blog Greek Crisis

Lire l'article du Musée de l'Europe'' Quand le correspondant de Libération à Bruxelles saute sur la radio-télévision grecque''

jeudi 19 décembre 2013

Blocage du sommet europeen à Bruxelles : le "processus" avance

Le sens historique n'est plus celui d’avant, ni pour ce qui est de l'Europe et autant en ce qui concerne la gauche, laquelle n'est pas forcement prête à agir au sein d’un monde en devenir. Le ‘généogramme’, les origines de cette gauche ne lui garantissent plus une identité disons avant-gardiste, il faut le dire. La nouvelle dynamique au niveau international qui consiste en cette simultanéité des révoltes nationales est un phénomène que les forces de gauche n’osent pas voir car elles sont peureuses

Note de travail des services archéologiques du Musée de l'Europe, section "Mouvements sociaux", au sujet du chantier de fouilles "Manifestations européennes" ouvert sur le site de l'ancien Quartier Européen.

Les traces d'un rituel pour "une autre Europe" tout juste exhumées qui semblent avoir pris place dans le cadre d'un "blocage de l'alliance 19-20" devraient nous en apprendre un peu plus sur les modes d'organisation qui ont abouti à la disparition des mouvements sociaux peu après les années 2010 (la date est un grand sujet de discussion entre les archéologues.) L'hypothèse actuelle se concentre sur "plate-forme" et "processus", deux concepts clés de l'époque qui restent encore fort mal compris. Les dernières découvertes permettent tout au plus d'articuler comme suit la pensée politique contestataire de l'époque sans que le sens profond en apparaisse encore. Pour certains chercheurs, c'est parce qu'il n'y en avait pas que les mouvements sociaux ont disparu dévorés par les prédateurs.

D'un côté la plate-forme qui est le produit du processus qui lui-même vient de loin puisque ça vient de la plate-forme n-1 qui elle-même vient du processus n-2 tout cela en régression à l'infini et en progression n+1 qui tend vers zéro mais qui est quand même mieux que les syndicats. De l'autre les syndicats qui sont quand même moins bien mais où il y a des bons parce que tous les syndicalistes ne sont pas d'accord, bons qui se reconnaissent dans les non-actions n+1 même s'ils ne savent pas dans quelle plate-forme n-2 issue de quel processus n-4 ils se situent (mais il y a sûrement quelqu'un au niveau cos(n+1) qui le sait): non-actions n+1 qui sont quand même mieux que les non-actions syndicales sans progression n+1 évidemment mais tout de même sans régression n-1 puisque les deux convergent en fait car non-actions qui bougent et ne font rien bouger (manifs) + non-actions qui ne bougent pas (blocages) qui ne bloquent rien = la tête à toto (soit la définition de la convergence n+1,)

Donc le processus avance.

mercredi 1 août 2012

Travailleuses et travailleurs du secteur du ménage et des soins à domicile privés de couverture sociale en Espagne

plusefficace.gif

Le gouvernement espagnol a décidé de mettre fin au régime spécial des travailleuses et travailleurs du secteur du ménage et des soins à domicile. Reportage de Patrick Taliercio à Barcelone : http://www.youtube.com/watch?v=NJOG9qjGuQc&feature=youtu.be

Lire la suite...

samedi 26 mai 2012

Notre "non" irlandais

23 mai à Bruxelles, près du Conseil de l'UE où se tient un sommet officiellement déclaré comme inutile, une trentaine de personnes expriment leur solidarité avec les Irlandais seuls appelés à approuver le pacte budgétaire le 31 mai prochain.

Voir le reportage de Patrick Taliercio

Lire la suite...

lundi 20 février 2012

Giorgos Mitralias : l'austérité appliquée au cobaye grec

Décrire ce qui se passe en Grèce comme une tragédie, c'est peu dire. Tout d'abord c'est quelque chose de tout à fait inédit. Non seulement dans l'hémisphère Nord de la planète, mais aussi dans le Tiers-monde. Une telle agression à tous les niveaux contre une population n'est jamais arrivée depuis au moins un siècle. Les coupes dans le pouvoir d'achat dépassent 50% et parfois 70%. Mais il ne s'agit pas seulement de ça. Il y a un tel démantèlement, une privatisation, de tout... Désormais envoyer les gosses au jardin d'enfants ou les vieux à la maison de retraite, à supposer que ça existe encore, parce que dans les plupart des cas, cela n'existe plus.

C'est une guerre ouverte, de ceux qui en ont trop contre l'immense majorité de ceux qui n'ont rien. Le malheur des Grecs est qu'ils ont été choisis dès le début par nos bourreaux communs comme un cas test, comme un laboratoire où la population est transformée en cobaye sur lequel on mesure la résistance de toutes les populations.

Giorgos Mitralias

Lire la suite...

Solidarité avec la Grèce

Actions de solidarité avec la Grèce à Bruxelles

Interventions de Yiorgos Vassalos @YiorgosVassalos et all.

Lire la suite...

samedi 11 février 2012

L'avenir toujours grec

Une mission archéologique de Patrick Taliercio en Grèce

Face à un nouveau tir de mesures d'austérité imposé par la Troïka via son servile premier ministre grec, la coalition gouvernementale a éclaté vendredi 10 février et tout le pays s'est montré une fois de plus très combatif.

Lire la suite...