Musée de l'Europe et de l'Afrique

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mercredi 2 septembre 2015

"Ils m'ont tellement électrocuté que je pourrais éclairer tout un bâtiment"

Tunis 1er septembre 2015

Mettre fin aux abus (sic!) sécuritaires

Après la diffusion de la vidéo « Tfarjou Fina TORTURE » produite par l’association Forza Tounes qui donne la parole à des jeunes racontant par le menu les provocations, la torture, les arrestations arbitraire, le chantage… qu’ils ont subis.

ForzaTunis.PNG cliquer pour voir la vidéo sous-titrée en français

Face à la persistance des abus et des séances de tortures dans les lieux de détention en l’absence de sanctions effectives de la part de l’autorité de tutelle…Les associations et organisations de défense des droits de l’Homme signataires de ce communiqué exigent :

L’ouverture immédiate d’une enquête sérieuse tenant compte des témoignages recueillis dans la vidéo, des plaintes contre des pratiques de torture et des mauvais traitements et violations des droits de l’Homme.

Des sanctions contre tous ceux qui se sont adonnés à ces pratiques humiliantes et le dédommagement des victimes pour en finir avec le fait accompli de l’impunité.

Les associations et organisations signataires :

Considèrent que la persistance de ces pratiques traduit le manque de sérieux (sic) dans la lutte contre ce lourd héritage d’ancien régime et l’absence d’une vision globale (sic) pour l’éradication de cette « culture » qui institutionnalise la torture, l’extorsion des aveux par la force et la violation de la loi par les représentants de la loi.

Elles rappellent au gouvernement que l’État tunisien est tenu, de par ses engagements nationaux et internationaux, de combattre la pratique de la torture et toutes les formes d’humiliation et d’en punir les auteurs.

Les associations et organisations signataires tiennent à affirmer avec force que le tout répressif en lieu et place d’une stratégie de dialogue et d’un projet national d’intégration de la jeunesse marginalisée, c’est la porte ouverte (sic) à toutes les aventures : l’extrémisme, la violence et les barques de la mort, comme en témoigne la vidéo.

Signataires :

Syndicat Nationale des Journalistes Tunisiens - SNJT Réseau Euro-Med des Droits de l’Homme – REMDH Association Tunisienne des Femmes Démocrates – ATFD Association Vigilance pour la Démocratie et l’Etat Civil – Yaquadha Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie – CRLDHT Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux – FTDES Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives – FTCR Organisation 10-23 de Soutien au Processus de la Transition Démocratique

Contact : Messaoud Romdhani – 00 216 97 322 921 – mah.talbi@gmail.com

Les "sic" sont du Concierge...

dimanche 30 août 2015

«Nous n’accepterons jamais la méthode proposée pour classer les dossiers de corruption»

« Une commission clandestine de réconciliation économique et financière ». Voilà comment la coalition civile contre la loi de réconciliation qualifie la commission que Béji Caid Essebsi propose de gérer les dossiers de corruption et « tourner la page » en « urgence ». Dans ce que les opposants appellent désormais « la guerre déclarée du Président contre la justice transitionnelle », le projet de loi organique n°49 lié à la réconciliation dans le milieu économique et financier ne cesse d’alimenter un débat houleux entre une minorité résistante et une majorité partisane. Lors d’une conférence de presse, tenue à Tunis, jeudi matin 27 août, par la coalition civile contre le projet de loi de la réconciliation, Le juge démissionnaire du tribunal administratif, Ahmed Soueb, ainsi que Abdeljelil El Bedoui ont exposé les défaillances du projet de loi aux niveaux constitutionnel, juridique et économique.

Lire l'article d'Henda Chennaoui paru sur le site Nawaat

mercredi 26 août 2015

« Regagnez vos positions ! »

Empruntée au langage martial, l’expression peut paraître excessivement belliqueuse. Elle n’en est pas moins devenue un mot d’ordre, partagé depuis peu par de nombreux internautes, d’anciens compagnons de lutte d’avant 14 janvier 2011. C’est que le projet de loi dit de réconciliation économique, porté par la présidence de la République, point d’orgue d’une batterie de lois droitières, a touché à l’essence même de la révolution tunisienne, son ADN, en cherchant à restaurer un système corrompu sans passer par la case Vérité.

Lire l'article de Seif Soudani paru sur le site Nawaat

mercredi 19 août 2015

Tunisie: Projet de loi blanchissant la corruption sous Ben Ali

Le projet de loi organique de réconciliation dans les domaines économique et financier devrait être examiné à l’Assemblée des représentants du peuple à la rentrée parlementaire, à partir du 27 août prochain. Si, comme le prédit désormais Rached Ghannouchi, « la loi passera après quelques amendements », la force de frappe de la nouvelle majorité parlementaire (près des trois quarts théoriques des députés) cache mal un isolement croissant de certaines élites politiques sur cette question précise, épineuse, et éthiquement polémique.

L’Instance Vérité & Dignité a essentiellement cinq mandats et autant de commissions spécialisées, dédiées à leur réalisation. Toutes sont menacées par le projet de loi organique relatif aux « dispositions particulières concernant la réconciliation dans le domaine économique et financier », un texte dont les auteurs prétendent qu’il ne touche qu’un aspect unique de la justice transitionnelle, mais qui interfère en réalité dans l’ensemble des missions imparties à l’IVD.

L’article 12, le plus dangereux de ce texte de loi, stipule expressément que :

Sont abrogés tous les articles liés à la corruption et la spoliation des deniers publics contenus dans la loi de décembre 2013 relative à la justice transitionnelle.

L’un des principaux mandats de la commission investigation et recherche consiste à faire la lumière sur les violations massives des droits humains. Or, le moteur de la machine dictatoriale s’articulait en Tunisie précisément autour de la corruption, l’ancienne dictature n’étant pas régie par une quelconque idéologie, contrairement à d’autres régimes autoritaires. Son objectif était de capter les richesses de l’Etat vers une fraction de la société.

Par conséquent, cette première commission ne pourrait plus examiner les plaintes lui parvenant, ayant un lien direct avec un acte de corruption au départ et qui finit, comme souvent, par un acte de violation des droits humains.

Lire l'article de Seif Soudani paru sur le site Nawaat.org sous le titre "L’arbitrage économique, ou l’arbre qui cache la forêt"

dimanche 16 août 2015

Tunisie : vers la normalisation de la torture au nom de la lutte anti-terroriste

Environ vingt personnes ont été torturées entre juillet et début août 2015 dans les prisons, centres de détention et même dans la rue. Un chiffre que des organisations de la société civile ont recensé sans réussir à donner une liste exhaustive des dépassements et violations des droits de l’Homme commis par les forces de l’ordre durant la même période. Depuis la déclaration d’une guerre acharnée contre le « terrorisme », les observateurs ne cessent de noter une montée considérable de la violence policière. D’un autre côté, les décideurs du pays ne semblent pas trouver un équilibre entre la démocratisation du pays et la lutte anti-terroriste.

Lire l'article d'Henda Chennaoui sur le site Nawaat.org

mardi 11 août 2015

Trahison des clercs en Tunisie

trahisondesclercs.jpg

Ainsi ai-je noté dans la suite de l'affaire du prétendu kidnapping et torture de 7 individus soupçonnés de terrorisme, l'empressement systématique de nos intellos à s'en remettre à la version officielle. Je note le cas de l'universitaire Raja Ben Slama par exemple, qui s'en prend carrément aux sceptiques et les accuse de défendre le terrorisme : "Le terrorisme a ses défenseurs. Ils appellent l'arrestation kidnapping. Les terroristes seraient au dessus des lois. Les médias relaient leurs allégations. Le terrorisme profite d'une justice complaisante et de médias aux ordres" (écrit le 5 Août sur sa page FB). Cette dame ignore le concept de présomption d'innocence et semble beaucoup plus outrée par les avertissements des sceptiques que par l'usage probable de la torture.

Ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres illustrant une tendance générale qu'il est difficile d'expliquer. Est-ce la peur maladive de tout ce qui porte une barbe qui appauvrit leur raisonnement ? Est-ce la loyauté aveugle à l'ordre bourguibiste ? Est-ce leur nostalgie inavouée au Benalisme ? ...

Lire l'article de Z sur son site Debat Tunisie sous le titre "Le barrage de la Révolution cède"

dimanche 9 août 2015

Bancocratie tunisienne

Tard dans la nuit de jeudi à vendredi 7 août, la loi 37/2015 relative à la recapitalisation et la restructuration de trois banques publiques, la Société tunisienne de Banque (STB), la Banque de l’Habitat (BH) et la Banque nationale agricole (BNA), a été adoptée dans son intégralité, par 109 voix pour, 10 contre, et 8 abstentions. Un vote qui creuse davantage le fossé entre l’élite politique et une société civile inquiète d’une culture de l’impunité institutionnalisée.

En fin de séance plénière, 90 députés étaient absents lors du vote de cette mesure qui pourrait coûter au contribuable tunisien la bagatelle de 950 millions de dinars au total, soit 100 dinars par citoyen. Une opération destinée à secourir des établissements phagocytés par la concurrence, la mauvaise gouvernance, mais aussi par la kleptocratie de l’ancien régime.

Une procédure complexe

L’Etat s’apprête en effet à injecter à la STB un minimum de 190,8 millions de dinars, auxquels s’ajoutent 191 millions de dinars indirectement, via l’actionnariat public. Les actionnaires privés, minoritaires, seront quant à eux appelés à verser 374 millions. Comme il est peu probable que cette somme soit ainsi obtenue, c’est l’Etat qui se chargera de combler ce qui manque à la recapitalisation, ce qui porterait la facture à 757 millions pour la seule STB…

Lirr la suite de l'article de Seif Soudani paru sur le site Nawaat sous le titre "La controversée recapitalisation des banques publiques".

vendredi 31 juillet 2015

Contre le terrorisme, les prémices du fascisme

Signe que le climat ultra répressif n’a pas attendu le législateur pour sévir : au moment même où les députés se penchaient sur la loi de manière expéditive, symbolique du 25 juillet en tête, le ministère de l’Intérieur annonçait des descentes de police dans pas moins de 99 locaux, aux quatre coins du pays, soupçonnés d’« abriter des organisations terroristes ».

Parmi eux, l’auteur d’une banale vidéo de type conspirationniste, accusant les autorités de complicité dans l’attaque du 26 juin à Sousse. Il faut dire que la vidéo en question est rapidement devenue virale, avec plus d’un demi-million de vues en quelques jours, les esprits réceptifs aidant. De là à l’accuser, le 27 juillet, de « terrorisme », il y a clairement une fuite en avant dans l’hystérie collective.

Une névrose particulièrement explicite dans les titres d’une certaine presse adepte du terrorisme intellectuel, où le bon vieux procédé toujours fascisant des « listes » est de retour : les noms des 10 élus qui se sont abstenus de voter la nouvelle loi est donné en pâture, avec l’injonction implicite d’en découdre via le « takhwin », réflexe intellectuel cousin du « takfir ». Un exercice dans lequel excelle depuis peu le journal du service public La Presse. Dans son édition du 28 juillet, le quotidien appelle carrément à poursuivre en justice les députés qui se sont abstenus de voter la nouvelle loi antiterroriste.

Pourtant, l’héroïsme des dix iconoclastes est tout relatif. Reconnaissons-leur du moins le mérite d’être venus affronter la séance du vote, et de ne pas s’être défilés comme les 23 absents, probablement soucieux de ne surtout pas être associés pour le restant de leur vie au grotesque procès d’intention d’« absolution du terrorisme ». En soi, le 0 vote contre en dit long sur l’état de santé de la démocratie tunisienne.

Lire l'article de Seif Soudani paru sur le site Nawaat.org

samedi 20 juin 2015

Retour à la violence policière

Durant les derniers jours, la violence policière est revenue en force pour réprimer les mouvements sociaux et les manifestations à Tunis et ailleurs. Les manifestations de la campagne #Winou_el_pétrole ont été réprimées, d’une façon systématique, par la police. Les arrestations aléatoires ont été multipliées et le silence du ministère de l’Intérieur se fait de plus en plus pesant.

Le samedi 6 juin, à l’Avenue Habib Bourguiba, des dizaines de manifestants ainsi que des journalistes ont été tabassés violemment par des agents de police lors d’un rassemblement populaire de la campagne #winou_el_pétrole. Les partisans de la campagne affirment que 70 personnes ont été arrêtées par la police et relâchées le même jour.

Aman Allah Mansouri, un des militants tabassés durant cette manifestation, témoigne que «l’ambiance était très tendue et les policiers étaient beaucoup plus nombreux que les manifestants! D’un coup, je me suis retrouvé entouré par sept policiers qui m’ont tabassé sauvagement. Des coups de poings et de pieds sur tout mon corps même après avoir montré ma carte de journaliste. Après, ils m’ont emmené à un fourgon pas loin et ont continué à me tabasser durant une dizaine de minutes. Je me suis évanoui entre temps … Après m’avoir relâché, j’ai essayé d’avoir un certificat médical, mais les médecins ont refusé et en sortant de l’hôpital étatique Charles Nicole, j’ai trouvé les mêmes policiers qui m’ont encore une fois agressé dans leur camion…», atteste Mansouri, qui a porté plainte contre ses agresseurs.

Dans la même manifestation, le militant d’Amnesty International, Nadim Bouamoud, a été violemment tabassé. «Les policiers qui m’ont battu voulaient confisquer ma caméra et mon ordinateur. À l’hôpital, on m’a prescrit 10 jours de repos et le médecin a constaté une commotion cérébrale. Suite au soutien de quelques organisations des droits de l’homme comme Amnesty International, l’Observatoire des Droits et des Libertés et l’Organisation Mondiale Contre la Torture, le ministre de l’Intérieur s’est engagé à suivre de près ce dossier en disant explicitement que le ministère est prêt à renvoyer les coupables comme il l’a fait dans des cas précédents», témoigne Nadim.

Lire la suite de l'article d'Henda Chennaoui paru sur le site Nawaat sous le titre "Retour à la violence policière et absence de réformes substantielles."

vendredi 12 juin 2015

Tunisie : RSF recense plus d’une quarantaine d’agressions de journalistes par les forces de l’ordre en 2015

Reporters sans frontières (RSF) est extrêmement inquiète suite aux dernières agressions commises par les forces de l’ordre contre des journalistes, lors de la manifestation « Winou El Pétrole », samedi 6 juin. L’organisation demande, dans un communiqué diffusé ce vendredi 12 juin, que des poursuites judiciaires soient engagées contre les agresseurs, car seules des sanctions exemplaires mettront fin à l’impunité de ces exactions.

Samedi 6 juin, alors que la manifestation « Où est le pétrole » était organisée sur l’avenue Habib Bourguiba à Tunis, plusieurs journalistes parmi lesquels Latifa Anouar de Radio 6, Latifa Hammami de Tunisie Numérique, Soumeya Ouled Gharbia de la Société tunisienne de production, Seif Trabelsi de Shems FM, Mohamed Mdalla de l’Agence turque Anadolu, Houssem Bouhla de Mosaïque FM, Khalil El Klai d’El Moutawasset et Wahiba Akoubi, correspondante à Tunis de Oasis FM ont été agressés physiquement et verbalement par plusieurs agents de police. Certains d’entre eux ont également vu leur matériel fortement endommagé.

Lire l'article paru sur le site webdo

mardi 2 juin 2015

Permanence de la révolution

Nulle part nous n’avons assisté à une victoire nette de la réaction et à un retournement de la situation tant à l’échelle régionale qu’à l’échelle continentale.

En Égypte, le maréchal Sissi a reculé devant les formidables mobilisations des bastions ouvriers et de certaines couches salariées de la fonction publique.

En Tunisie, nous n’avons pas vu non plus une défaite de l’ensemble de la classe travailleuse, même si les différentes augmentations de salaires obtenues grâce aux milliers de grèves qui ont éclaté durant les années 2011, 2012 voir 2013, ont été grignotées par une inflation organisée et une dévaluation de la monnaie nationale qui sont les deux armes dont dispose la bourgeoisie pour récupérer d’une main ce qu’elle cède de l’autre en période de forte mobilisation.

Nous avons assisté aussi à un phénomène de fuite de capitaux et un début de délocalisation de « patrons voyous », tunisiens et étrangers, (plus d’un milliers) visant à faire payer aux travailleurs leurs « indiscipline » et leur « entêtement ».

« Courant chaud » de la révolution *

Durant ces quatre premières années, ce que l’on peut retenir, c’est d’abord et avant tout que nous sommes toujours dans le « courant chaud » de la révolution.

La formidable mobilisation des masses populaires et de la jeunesse a fini par « dégager » le Ben Ali du Burkina Faso : Blaise Campaoré, l’assassin de Thomas Sankara, durant l’année 2014.

En Grèce, Syrisa (le « Front Populaire » grec) qui ne s’est jamais compromis dans une alliance avec un « Bajbouj » grec, vient d’emporter les élections législatives, suite à la crise institutionnelle due à l’incapacité de la droite grecque de constituer une large alliance de gouvernement.

En Espagne, Podemos vient de bousculer le train train institutionnel et bientôt au Portugal, voir en Irlande, les gauches radicales peuvent réitérer l’exploit.

Avec la chute vertigineuse du prix du baril de pétrole (moins de 60 dollars le baril), les généraux algériens qui avaient des prétentions de remettre de l’ordre chez leurs voisins tunisien et libyen en intervenant directement dans leurs affaires (soutien à Haftar en Libye et alimentation des filières « terroristes » en Tunisie dans la bonne tradition des GIA de la décade sanglante en Algérie) ; en sont à réviser leurs stratégies : la poudrière algérienne calmée à coups de distribution d’une partie de la rente pétrolière est sur le point d’exploser, à nouveau, par l’épuisement de la cagnotte exceptionnelle de devises…

Les grèves générales qui se sont déroulées en Italie, en Belgique, les grèves sectorielles importantes qui secouent l’Allemagne et l’Espagne et l’annonce que 2015/2016 va encore voir la crise systémique inaugurée en 2007/2008 s’aggraver, voilà un beau cocktail explosif Toutes les fortes mobilisations qui secouent l’Etat tunisien au moment où la Destourie revient aux commandes indiquent que celle-ci ne connaîtra point de répit.

Elle reprend les rênes du pouvoir en n’ayant aucune marge de manœuvre. Nen déplaisent à tous ceux qui s’illusionnent sur un soutien des principaux partenaires impérialistes à la « jeune démocratie tunisienne » ; en affaires, les affaires sont les affaires ! Pour ne prendre que le principal partenaire de la Tunisie, la France de Hollande; la récession qui frappe l’économie de ce pays fait que ce dernier a plus besoin de déverser sa quincaillerie en Tunisie que de voir les produits tunisiens vendus en plus grande quantité en France… L’affaire de la vente des Rafales, dont personnes ne veut, à l’Etat égyptien désargenté en est une preuve supplémentaire de la fuite en avant de dirigeants « socialistes », qui comme leurs alter-égos Umpistes, pompent dans les rétro-commissions et les dessous de table pour renflouer les caisses noires des futures élections…

2015 est l’année du renouveau des luttes après l’intermède « élections » qui a joué le rôle de temporisateur pour de larges secteurs de la population.

La dégradation du pouvoir d’achat d’une grande partie de la population, l’augmentation vertigineuse du chômage, en particulier des jeunes, due à une croissance toujours en berne pour toutes les raisons citées plus haut sont gros de perturbations sociales inévitables.

La descente en enfer qui va toucher une grande partie des fameuses « couches moyennes » qui assistent à la disparition du mirage de l’argent facile produit essentiellement par le jeu de la spéculation sur le foncier en particulier et sur toutes ces branches de l’économie informelle alimentée par les trafics en tous genre aggravera encore la situation qui nous rappellera, alors, celle de la Grèce et de l’Espagne.

Ajouté à tout cela une politique d’austérité que la Destourie met en œuvre pour contenir les dépenses qui explosent, à l’exemple de la caisse de compensation, tout cela est un mélange détonnant annonçant les soubresauts à venir.

Extrait de l'article de Hamadi Aouina paru sous le titre « Il faut prendre à César tout ce qui ne lui appartient pas » sur le site Nawaat

lundi 1 juin 2015

Du droit, ou pas, de faire grève

Personne n’aura échappé ces temps-ci aux interminables débats sous forme de polémique sur l’ensemble des mouvements sociaux qui ponctuent la vie de la nation. Des mouvements populaires sans précédent. Des révoltes qui n’ont fait que mettre en évidence, sous les grossissements d’une loupe impardonnable de vérité, les inégalités entre les diverses couches du pays et autres « richesses » inégalement dispatchées sur les différentes régions.

Lire l'article de Selima Karoui paru sur le site Nawaat

mardi 26 mai 2015

Les dispositions sur le secret d’Etat et le « dénigrement » des forces de sécurité menacent la liberté d’expression

Tunis, le 13 mai 2015

Les législateurs tunisiens doivent abandonner les dispositions problématiques d’une nouvelle loi sur la sécurité, ont indiqué aujourd’hui 13 organisations non gouvernementales dans une déclaration conjointe. Les dispositions du projet de loi, qui sont incompatibles avec les standards internationaux des droits humains et avec la Constitution tunisienne, pourraient incriminer le comportement des journalistes, des lanceurs d’alerte, des défenseurs des droits humains et de tout individu qui critique la police, et permettent également aux forces de sécurité d’utiliser la force létale lorsque celle-ci n’est pas strictement nécessaire pour protéger des vies humaines.

Le gouvernement a envoyé le projet de loi au Parlement le 10 avril 2015, suite à l’attaque du musée du Bardo survenue à Tunis le 18 mars – au cours de laquelle des hommes armés ont tué 23 personnes – et suite à une série d’attaques meurtrières menées par des groupes armés contre les forces de sécurité. Depuis le soulèvement qui a renversé le Président Zine El-Abidine Ben Ali en janvier 2011, ces attaques ont également tué plus de 75 membres de l’armée tunisienne et d’autres forces de sécurité, et blessé au moins 190 personnes. Le parlement n’a pas encore fixé de date pour débattre du projet de loi.

« Le parlement tunisien doit certes s’assurer que les forces de sécurité tunisiennes sont en mesure de protéger la population contre de potentielles attaques, mais sans pour autant porter atteinte aux droits humains », a déclaré Eric Goldstein, Directeur Adjoint pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Les dispositions de la loi sur le secret d’Etat, le dénigrement et l’utilisation de la force létale ne remplissent pas ces conditions. »

Lire la suite et la liste des premiers signataires sur le site Nawaat.org

mercredi 20 mai 2015

Art et contre-révolution

Une critique de l'exposition Monumentales de Stéphane Pencréac' à l'Institut du Monde Arabe

Monumentales2.gif

Certains artistes, de ceux qui ont commercialisé la « révolution », ont fait gratuitement de ce sujet l’objet de leurs travaux ; ils l’ont défigurée. Des artistes qui n’ont jamais eu de propos engagé, qui ne se sont jamais intéressés à la Cité, de ceux qui exposaient auparavant des bouquets de fleurs sur une table nappée, des corbeilles de fruits ou autres natures mortes.

A l’ère du sentimentalisme, nous sommes tombés dans un marchandage des sensations et des émotions. Notre propre pays fait son business avec la « révolution », ses parallèles et ses retombées. Nous sommes aujourd’hui dans un folklore de la « révolte du 14 Janvier » et les quatre années qui se sont écoulées depuis. L’on a troqué la médina et le sefsari, pour le drapeau national et les étendards patriotiques pour ceux qui ne l’ont jamais été. Regardez les événements programmés par le ministère du Tourisme. Et cette idée obsessionnelle de toujours opposer terrorisme et « events » promotionnels culturels. Est-ce réellement le résultat d’un travail en profondeur ou simplement un slogan vendeur à retrouver dans l’attirail « cartes postales » ?

Lire l'intégralité de l'article de Selima Karoui paru sur le site Nawaat sous le titre "Vous avez dit « Monumentales » ?".

Lire aussi "La contre-révolution, c'est le spectateur"

et écouter notre chronique "Aux artistes tunisiens"

dimanche 3 mai 2015

Musée de la Tunisie

Le Musée de l'Europe & de l'Afrique prépare l'inauguration de ses salles consacrées à la Tunisie.

Nous lançons un appel aux explorateurs et aux collectionneurs afin d'alimenter nos collections.

drapeau.PNG Don de Patrick Taliercio (numéro d'inventaire TUN203)

vendredi 1 mai 2015

Anti-terrorisme et répression des mouvements sociaux : le miroir grossissant tunisien

Tunisie: Des intellectuels appellent le gouvernement à sanctionner les grévistes

Un groupe d’intellectuels et d’activistes de la société civile ont averti le chef du gouvernement contre les retombées des grèves qui se multiplient en Tunisie.

L’avertissement a été transmis, jeudi 30 avril 2015, au locataire du Palais de la Kasbah par le biais d’un huissier de justice.

Selon les auteurs de l’avertissement, les grèves sont certes légitimes, mais le pays a besoin d’une trêve sociale pour sortir de la grave crise où il trouve, en raison notamment des grèves anarchiques, qui se suivent, se multiplient et touchent tous les secteurs, risquant de conduire à l’instabilité sociale, d’affecter plus gravement encore l’économie nationale et de préparer ainsi le terrain aux extrémistes religieux de l’Etat islamique (Daêch).

Selon ‘‘Assabahnews’’, les salafistes jihadistes, qui contrôlent des régions entières dans la Libye voisine où ils disposent de camps d’entrainement et d’armement de guerre, pourraient, en effet, profiter du climat d’instabilité sociale et de crise économique, pour s’introduire dans le territoire tunisien et y mener des attaques terroristes.

Les auteurs de l’avertissement vont jusqu’à demander au gouvernement de sanctionner tous les grévistes, seule solution pour mettre fin à la dégradation de la situation socio-économique dans le pays.

Source : Kapitalis

jeudi 30 avril 2015

Journal intime d'une jeunesse Tunisienne

Nous sommes ceux qu’on traite de bons à rien, d’irresponsables, d’incapables, de chômeurs, de terroristes, d’alcooliques, de schizophrènes…

Nous sommes nés à l’époque de Ben Ali, ceux qui n’ont pas connu Bourguiba, ceux que la génération précédente traite d’incultes, d’ignares ou d’impolis…

Nous sommes ceux qui risquent leurs vies au fond d’une mer méditerranée qui sert de carte postale pour ceux qui sont dans l’autre rive…

Nous sommes ceux qui choisissent de se jeter à la mer à la recherche d’une vieille blondasse qui leur garantirait un avenir meilleur à coups d’allocations et de primes de chômage…

Ceux qui se baladent dans les rues de Naples ou de Paris, sans papiers, sans identité, mais avec un iPhone dernier cri qui joue du Mezoued à tue-tête et des baskets de marque couleur fluo comme signe de réussite…

Nous sommes ceux qui triment leur race à la recherche d’un emploi, les stagiaires à durée indéterminée, les contractuels à durée déterminée et les chômeurs à vie, ceux qui passent les concours, qui repassent les concours et qui re-repassent les mêmes concours sans jamais voir le bout du tunnel…

Nous sommes ceux qui terminent leurs études à 25 ans, qui chôment jusqu’à 30 ans, qui rament jusqu’à 40, et qui à 50 attendront impatiemment la retraite anticipée, une retraite pas dorée du tout…

Lire le texte de Sarra Fazaa paru sur le site Nawaat

mardi 28 avril 2015

"Nous ne sommes qu’un miroir… "

Lors de la manifestation rituelle célébrant le "bac sport" en Tunisie, des élèves ont déployé des œuvres de leur composition célébrant Hitler et Daesh, immédiatement dénoncées par tout ce que le pays compte de vierges sécuritaires outragées acharnées à détruire la jeunesse du pays. Une jeunesse qui, après la barbe et le Niqab, ne sait manifestement plus quel bras d'honneur adresser à la petite-bourgeoisie intellectuelle tunisienne.

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Mehdi, "bras cassé au cerveau débile et immobile" répond dans Nawaat à la tribune publiée par un certain professeur Ali GANNOUN, enseignant-chercheur à l'Université de Montpellier, parue sous le titre éminemment "méritocratique" : « Dakhlet el bac » : ce tifo de dégénérés

Nous ne sommes qu’un miroir … nous ne sommes qu’une conséquence et une continuité de ce que vous avez commencé. Nous n’avons pas choisi de naître dans un pays du tiers monde, dirigé par un bandit cocu, sa garce et leurs bâtards et peuplé par des lâches qui n’ont jamais daigné ouvrir la bouche face à l’injustice et à la médiocrité dans laquelle ils vivent. Nous n’avons pas choisi d’avoir des enseignants qui ne cessaient d’insulter leurs classes à longueur de journée et de traiter leurs élèves de cancres et de vauriens, exactement comme vous le faites. Je n’ai pas choisi de ne trouver aucun lieu pour m’accueillir, étant jeune, où je peux me divertir et développer mes talents. Je n’ai pas choisi de trouver refuge dans la rue et dans le virage qui vous pose apparemment problème. C’est dans cette même rue et dans cette même Curva que j’ai compris que nous vivions dans la merde, que mes rêves ne comptaient pas vraiment car ils n’allaient fort probablement jamais voir le jour. C’est là aussi que j’ai appris à accepter la vérité et à l’affronter en étant un homme. J’ai appris à ne jamais baisser la tête devant l’oppression, à ne jamais craindre la brutalité de l’État, à ne jamais la fermer, à ne jamais accepter de voir mes frères se faire tabasser par terre sans rien faire. C’est là aussi, et grâce aux grands, que j’ai appris à contrôler ma colère, que j’ai appris à travailler dur pour espérer un jour devenir capable de changer la merde dans laquelle vous nous avez pondus et dont vous êtes en grande partie responsables. Nous on l’a juste trouvée là, on l’a éparpillée sur du tissu et on l’a pendue assez haut pour que vous puissiez l’admirer. Assez haut pour que vous puissiez redescendre sur terre, admettre vos erreurs et sauver ce qu’il reste à sauver.

Lire l'intégralité sur le site de Nawaat

Tunisie : rétablissement de la force et du prestige de la police

Quatre ans après le départ de Ben Ali, la Tunisie n’arrive, toujours, pas à tourner la page de la dictature policière. Juste la semaine dernière, la presse nationale s’est félicitée du retour en force d’Ali Seriati, l’homme de confiance de Ben Ali et le patron de sa garde présidentielle. Lors d’une cérémonie d’hommage aux anciens cadres du Ministère de l’Intérieur, l’Union Nationale des Syndicats des Forces de l’Ordre annonce la création d’un conseil des « sages » cadres du Ministère de l’Intérieur.

Ce conseil des anciens aura pour missions l’encadrement des agents de sécurité, la réforme du ministère de l’Intérieur, le rétablissement de la force et du prestige de la police et la lutte contre le terrorisme. « Victimes de diabolisation et d’exclusion arbitraire », selon certains médias, les anciens cadres du régime policier doivent mettre à la disposition de la nouvelle génération leur « expertise ». Le journal Al Chourouk, le seul média présent à cet événement, a confirmé, dans un article controversé par son style partisan, que le conseil va jouer « un rôle déterminant dans les réformes nécessaires au sein de l’appareil sécuritaire ».

Rappelons que l’ancien ministre de la Défense Ridha Grira a ordonné l’arrestation d’Ali Seriati, le 14 janvier 2011, peu après le départ de Ben Ali vers l’Arabie Saoudite. Le 12 août 2011, il était acquitté pour complicité de falsification de passeports avec lesquels Ben Ali et sa famille ont pris la fuite. Le 13 juin 2012, le tribunal militaire du Kef annonce un non-lieu pour Seriati concernant des ordres de répression dans les événements de janvier 2011 à Thala et Kasserine. Le 19 juillet, le tribunal militaire de Tunis le condamne à 20 ans de prison dans le procès des martyrs et blessés de la révolution. En avril 2013, cette peine a été ramenée en appel à seulement trois ans de prison et un non-lieu dans l’affaire d’un martyr et de deux blessés de Sfax.

Lire l'article d'Henda Chennaoui paru sur le site Nawaat, sous le titre : Les sages bourreaux et tortionnaires de Ben Ali reviennent pour « corriger » la révolution

jeudi 9 avril 2015

"Cooperation" franco-tunisienne : impérialisme et révolution

Au lendemain de l’attentat du musée du Bardo, il s’avère que la coopération proposée par le gouvernement français au « pays qui a engagé le printemps arabe » vise des contrats financiers en matière de sécurité et de renseignement, de plus est, payés par un tiers, à savoir les Emirats Arabes Unis. Quant aux dettes tunisiennes, il ne s’agit nullement de les éponger, aussi odieuses soient-elles, mais de faire semblant de les convertir à nouveau pour les beaux yeux de la Tunisie. A quelques exceptions près, le traitement médiatique français de ce ratage politique annoncé fut étonnamment consensuel.

CazeneuveTunis.png.jpg Brochette de Démocrates à l'aéroport de Tunis-Carthage sous le précedent gouvernement de "technocrates neutres"

Lire l'article de Nadia Haddaoui paru sur le site Nawaat sous le titre France/Tunisie : Ces couacs diplomatiques et médiatiques qui n’en finissent pas !

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