Musée de l'Europe et de l'Afrique

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mercredi 17 avril 2019

Contes et légendes du Brexit

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mardi 16 avril 2019

La justice administrative annule la privatisation de l’aéroport de Toulouse

A Toulouse, alors que les actionnaires chinois étaient en plein processus de revente de la participation qu'ils avaient achetées en 2015 à l'Etat, la cour administrative d'appel, saisie par trois syndicats, a annulé ce mardi les décisions portant sur la sélection des candidats pour l'achat des parts de l'Etat en 2014. Opposés à la privatisation, la CGT, FSU et Solidaires arguaient que "l'offre indicative" (initiale) avait été déposée par Casil associé à la SNC Lavalin, mais que l'offre finale n'avait été présentée que par le groupe Casil.

La cour leur a donné raison mardi sur ce point et "a annulé la décision de céder à la société Casil Europe" les parts du capital, "l'autorisation du ministre chargé de l'Economie (Emmanuel Macron, NDE) du 7 avril 2015 et l'arrêté ministériel du 15 avril 2015".

Source : La Tribune

Lire aussi : Les plus Chinois ne sont pas ceux que l'on croit

Coralie Delaume: «Un référendum sur la privatisation d’ADP permettrait au moins d’en débattre!»

Aéroport de Toulouse, Solidaires, CGT et FSU demandent la mise sous séquestre

Laboratoire grec

" Les 14 aéroports les plus bénéficiaires vendus à une entreprise allemande pour 1,23 milliard d'€. "

OPA sur Notre-Dame

Les "grandes familles" du Royaume se pressaient pour apporter leur obole, prélevée dans d'immenses fortunes volées au Peuple de France, présageant ainsi faire taire la colère des manants qui réclamaient toujours plus et inscrire leur noms dans la pierre, parmi tous les Saints (en bouche d'or), pour des siècles et des siècles..; (Fabliau du Concierge)

LVMHNotredame.PNG Cliquer sur l'image pour ce grand moment d'Histoire de France

Bonus

Et pour que cette belle et émouvante générosité ne se tarisse pas, l’ancien ministre de la culture Jean-Jacques Aillagon demandait que la cathédrale détruite soit déclarée « trésor national » pour bénéficier d’une défiscalisation de 90 % des dons, selon les termes de sa propre loi de 2003. Il est vrai que Jean-Jacques Aillagon est aussi directeur général… de la Fondation Pinault et qu’il voit ici une belle opportunité de réduire la réalité du don annoncé de 100 à 10 millions d’euros. La proposition a été soutenue par Anne Hidalgo. Dans la foulée, Total, L’Oréal, Bouygues et d'autres géant du capitalisme français ont annoncé des dons, ne voulant pas être en reste… En une journée, les milliardaires ont déjà promis 600 millions d'euros pour reconstruire Notre-Dame.

Étrange époque, donc, où l’on pense pouvoir remplir une tâche que le président de la République a déclarée comme profondément liée au passé, au présent et à l’avenir du pays, par cette comédie des dépenses fiscales. Comédie dérisoire où de riches personnages vaniteux peuvent se redorer l’ego à bon marché en laissant effectivement l’essentiel du coût de la reconstruction de Notre-Dame à l’État.

Comédie d’autant plus dérisoire que ces gens sont souvent les plus fervents défenseurs des baisses d’impôts et de l’optimisation fiscale. Rappelons que même si le conseil de Jean-Jacques Aillagon n’était pas écouté, les dons des fondations sont défiscalisés à hauteur de 60 %, ce qui d’après la Cour des comptes coûte pas loin du milliard d’euros chaque année. Rappelons aussi que la Fondation Louis Vuitton a bénéficié d'une défiscalisation de plus de 500 millions d'euros et que le groupe de François Pinault, Kering, a économisé 2,5 milliards d'euros dans un montage dévoilé par Mediapart.

Source : Romaric Godin, Mediapart

jeudi 11 avril 2019

Il y a 11 ans : Wikileaks et le soldat Manning révèlent une "bavure" de l'armée américaine en Irak

iraq.PNG Cliquer sur l'image pour voir l'archive

Don de VS

Le raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad est une bavure américaine survenue dans le cadre de la guerre d'Irak menée par la coalition alliée, durant laquelle un hélicoptère Apache américain a ouvert le feu au chain gun M230 30mm sur un groupe de civils, comprenant notamment deux reporters de l'agence Reuters. Au moins 18 personnes ont été tuées au total1: 12 personnes dans les deux premiers bombardements, incluant les deux reporters et deux enfants blessés, et sept personnes dans la troisième frappe . Le 5 avril 2010, une vidéo publiée par le site Internet WikiLeaks montre la scène vue depuis la caméra embarquée de l'hélicoptère, alors que c'était jusqu'ici une information classifiée par l'armée américaine.

Bonus

Mention spéciale pour sa Une au petit télégraphiste de faxs moustachus responsable éditorial de la diffusion du "plus gros bobard de la fin du XXème siècle"...

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Coralie Delaume: «Un référendum sur la privatisation d’ADP permettrait au moins d’en débattre!»

FIGAROVOX/TRIBUNE - Pour Coralie Delaume, qui avait lancé avec David Cayla une pétition en ligne contre la privatisation d’ADP, la procédure de référendum d’initiative partagée initiée par des parlementaires de l’opposition est la dernière chance d’espérer un réel débat citoyen sur cette mesure contestée.

rics.PNG Londres, le 29 mars 2019, Collections du Musée de l'Europe

FIGAROVOX.- Une procédure de référendum d’initiative partagée contre la privatisation d’ADP a été initiée par plus de 200 députés et sénateurs. A-t-elle une chance d’aboutir?

Coralie DELAUME.- Il y a beaucoup d’obstacles à franchir avant qu’un référendum ne soit organisé. D’abord, il faut que la proposition de loi déposée par les députés et sénateurs soit validée par le Conseil constitutionnel. Celui-ci va étudier si le sujet peut-être être soumis à référendum, car tous les sujets ne peuvent pas l’être. Le Conseil constitutionnel va devoir se prononcer sur le fait de savoir si la privatisation d’ADP est une «réforme relative à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent», au sens de l’article 11 de la Constitution (qui énumère les sujets pouvant être soumis à référendum).

Si le Conseil constitutionnel valide la proposition de loi, il faudra ensuite que 10 % du corps électoral l’appuie, c’est-à-dire 4,7 millions de personnes inscrites sur les listes électorales, ce qui est énorme. Mais le délai pour obtenir les signatures étant de 9 mois, cela va laisser du temps pour débattre. Il est probable que la question des privatisations dans leur ensemble vienne sur le tapis. Celle notamment, scandaleuse, des autoroutes, qui a beaucoup mobilisé les «gilets jaunes» et donné lieu à diverses actions sur des péages. On pourra sans doute saisir l’occasion pour rappeler que le Conseil d’État vient d’obliger Bercy, par une décision en date du 18 mars, à rendre public un «protocole secret» signé entre l’État et les sociétés concessionnaires des autoroutes (SCA) en 2015. Un militant écologiste de Grenoble s’est battu pendant trois ans pour obtenir la publicité de ce texte et on sait désormais ce qu’il contient. Du coup, on comprend que plusieurs ministres de l’époque, notamment Emmanuel Macron - ministre de l’économie à l’époque et l’un des deux signataires du protocole avec Ségolène Royal - aient tout fait pour que son contenu reste confidentiel.

On aura également l’occasion d’évoquer ce projet fou de privatisation de certaines routes nationales, récemment révélé par une enquête de la cellule investigations de Radio France. Ou encore le précédent de la privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. On savait déjà qu’il était en train de tourner au vinaigre. On savait que le concessionnaire chinois avait tendance à vider les caisses de l’entreprise, qu’il n’avait aucune expérience en matière de gestion aéroportuaire, qu’il avait été épinglé très durement dans un rapport de la Cour des comptes en octobre 2018. On sait désormais également, grâce à une récente enquête de Médiacité, que ça empire de jour en jour. Casil Europe (le consortium chinois auquel on a imprudemment concédé la gestion de l’aéroport) vient apparemment de faire adopter en conseil de surveillance le principe de reverser 100 % du résultat de l’aéroport en dividendes pour les cinq prochaines années. Ce qui devrait représenter environ 170 millions d’euros pour les actionnaires. Un «pognon de dingue», comme on dit désormais.

Bref, le temps de collecte des signatures citoyennes (9 mois) va permettre de reparler de tout cela, de mettre les choses en perspective, et de montrer à quel point cette orgie de privatisations qui n’a que trop duré, relève du capitalisme de connivence et de prédation. Rien que pour cela, ce sera utile!

Si les signatures sont collectées, est-ce que le gouvernement a l’obligation d’organiser un référendum?

Hélas non. Il y a encore d’autres contraintes. D’abord, un RIP ne peut pas abroger une disposition législative promulguée depuis moins d’un an. Or la loi PACTE, qui prévoit la privatisation d’ADP, devrait être définitivement votée ce jeudi par l’Assemblée nationale. Cela dit, votée ne veut pas dire promulguée. Si le Conseil constitutionnel est saisi pour étudier la constitutionnalité de la loi PACTE, cela va différer la promulgation. Or il est bel et bien question qu’il le soit, notamment parce que la constitutionnalité de la privatisation d’ADP est sujette à caution, s’agissant vraisemblablement d’un «monopole de fait» (donc non privatisable aux termes du 9ème alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, qui fait partie de notre bloc de constitutionnalité).

Enfin, dernière contrainte et non des moindres: si la proposition de loi des 200 députés et sénateurs passe devant les Assemblées (et on peut compter sur la majorité pour s’en saisir), qu’elle est débattue mais rejetée, aucun référendum n’aura lieu. Autant dire que ce n’est pas gagné. Du coup, on a un peu l’impression que cette procédure du RIP a été pensée pour ne jamais pouvoir aller à son terme.

Mais encore une fois, cette action va permettre un débat sur la question des privatisations, ce n’est pas rien. Par ailleurs, toutes les manœuvres politiciennes visant à faire en sorte que la consultation populaire n’ait pas lieu, se verront. Les citoyens vont attendre «leur» référendum, et s’il ne vient jamais (ce qui est probable), il faudra leur expliquer pourquoi...

L’émergence d’une demande de démocratie participative à la suite du mouvement des «gilets jaunes» a-t-elle selon vous favorisé cette initiative?

Tout cela participe en effet d’un profond mouvement de réappropriation, dans la droite ligne du mouvement des «gilets jaunes». Ceux-ci se sont d’ailleurs beaucoup mobilisés contre cette privatisation. Plusieurs d’entre eux ont relayé la pétition que nous avons lancée il y a un mois avec David Cayla et qui atteint aujourd’hui, notamment grâce à des partages sur des pages Facebook «gilets jaunes», près de 158 000 signatures. Des «opérations spéciales» ont également été montées. Des «gilets jaunes» ont par exemple organisé un flashmob dans le terminal 1 de l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle pour protester contre la privatisation. Ils ont beaucoup contribué à la prise de conscience sur ce sujet.

À noter également: l’initiative des parlementaires montre qu’il existe encore des élus capables de prendre à leur compte les intérêts du pays (le caractère transpartisan de l’affaire montre d’ailleurs qu’il s’agit d’une question d’intérêt national, qui transcende les clivages politiques traditionnels). Pour le coup, cela revalorise la politique, dont on avait tendance à croire qu’elle n’était plus le fait, désormais, que d’une oligarchie comprador pressée de tout dépecer pour offrir des rentes à ses amis des banques et des multinationales.

Source : Le Figaro

Il y a 5 ans : les brochures du Musée de l'Europe & de l'Afrique

Les éditions du Musée de l'Europe & de l'Afrique mettent progressivement à disposition des brochures tirées de nos collections prêtes à l'impression (en annexes ci-dessous).

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arbre_texte.gif Collections du Musée de l'Europe

mercredi 10 avril 2019

Dernières nouvelles de la fin du monde

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Bonus

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dimanche 7 avril 2019

Implosion de la classe moyenne

Rien que près de la date du 4 avril, et de la mémoire du suicide historique et politique de Dimítris Christoúlas, j’ai pu remarquer à travers la presse régionale, qu’un homme de 80 ans s’est pendu à Andritsaina dans le Péloponnèse, presse locale de Patras. Ou à Elatia en Grèce Centrale, un homme de 35 ans s’est également pendu, presse locale, puis le 31 mars un homme de 54 ans s’est suicidé faisant usage de son fusil de chasse sur l’île de Zante, presse locale, ou le 21 mars, un homme qui s’est suicidé de la même manière à Agrínio en Grèce de l’Ouest, presse locale, ensuite un adolescent de 16 ans qui s’est suicidé à Siteía en Crète, presse locale, enfin, cette femme de 52 ans qui s’est suicidée en se jetant de son balcon du 5ème étage à Patras, presse locale. Le... nombre y est, Charon est on dirait de la “fête”.

Au pays réel et non pas celui des politiciens, on peut certes boire son café sous le soleil à Athènes ou s’y balader devant les boutiques fermées, comme on peut autant disparaître, soleil d’ailleurs ou pas... par suppression volontaire et autant autodestructrice. En même temps et c’est aussi une forme de réaction, des monastères et notamment ceux du Mont Athos, inaugurent alors églises et locaux en ville, pour que leurs moines puissent rencontrer les fidèles en ville, de plus en nombreux. On dirait que le petit peuple s’accroche comme il le peut, là où il peut.

L’analyse de Christophe Guilluy est d’ailleurs pertinente. “Pour la première fois dans l’Histoire, les catégories modestes ne vivent plus là où se crée l’emploi. Du fait de la division internationale du travail et de la polarisation de l’emploi, il était logique que la classe moyenne, la classe majoritaire, implose. Les conséquences culturelles et politiques sont gigantesques.”

“Notre modèle ne fait plus société, n’intègre pas le plus grand nombre. Comment combiner un modèle mondialisé avec une volonté d’intégrer économiquement tous les territoires? Soyons clairs: même si ces territoires créaient de l’emploi, çà ne changerait pas grand-chose en ce qui concerne le PIB. En revanche, d’un point de vue culturel, ça change tout. Il y a un décalage flagrant avec l’élite, auquel s’ajoute un mépris de classe”, presse belge entre autres.

Ainsi, à travers Athènes... en large, c’est l’irruption de la métropolisation mais alors violente. La classe moyenne fut défaite en un temps record, autant que sa société grecque, le tout précédé d’une forme de viol qui n’est pas que symbolique. La relative gestion du futur lui a été retirée, autant que celle de la petite mais très large propriété foncière, la seule assurance réelle des Grecs devant les aléas finalement visibles de la globalisation. Les projets pharaoniques en Attique, dont celui du Grand Pirée, mené entre autres par le géant chinois COSCO en disent bien long sur les suites illogiques en cours.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre " Refaire société " sur son blog Greek Crisis

Les amis européens de BHL : le chef d'un gouvernement incluant des néo-nazis et le fossoyeur de la gauche en Europe !

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bhl5.PNG Collections du Musée de l'Europe

Bonus

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Le Professeur Gilderoy Lockhart était un magicien de sang mélé. Diplômé de la Hogwarts School of Witchcratf and Wizardry, il fut célèbre dans le milieu de la magie comme auteur de nombreux ouvrages sur les créatures maléfiques et ses supposées confrontations avec elles.

Lorsqu'il fut recruté comme Professeur de Défense contre les forces du Mal à la Hogwarts School of Witchcratf and Wizardry pour l'année scolaire 1992-1993, il avait déjà reçu de nombreuses distinctions honorifiques, parmi lesquelles l'Ordre de Merlin de 3ème classe, membre honoraire de la Ligue de Défense contre les Forces du Mal, et remporté cinq fois le prix du plus charmant sourire de la semaine. Il est l'inventeur d'un shampoing au jaune d’œuf d'Occamy[1] qui s'est avéré trop dangereux et trop coûteux pour être mis sur le marché. Son but dans la vie devint alors de parvenir à commercialiser ce produit.

Lockhart n'a en fait jamais réalisé aucune des actions héroïques qu'il prétendit, mais parvint grâce à son immense compétence dans le domaine des sorts de mémoire à contraindre les véritables auteurs de ces exploits à en perdre le souvenir. Ironie du sort, Lockhart perdit la mémoire le 29 mai 1993.

Notes

[1] créature carnivore originaire d’Inde et d’Extrême-Orient, ressemblant à un serpent ailé, doté de plumes, marchant sur deux jambes et atteignant jusqu’à quatre mètres cinquante... en présence d’humains, il pense souvent à assurer la protection de ses oeufs (source : « Dossier : les créatures du film, les Animaux fantastiques », in La Gazette du Sorcier, 31 juillet 2016.

samedi 6 avril 2019

Les plus Chinois ne sont pas ceux que l'on croit

Le bandit chinois auquel Emmanuel Macron a vendu l'aéroport de Toulouse semble avoir intéressé des élites locales à la spoliation d'un bien public... Une petite marche pour le patronat local, un bond en avant pour le Capital... (Le Concierge)

Le président du conseil de surveillance de l'aéroport Toulouse-Blagnac, Charles Champion, a confirmé mardi 22 janvier la signature d'un accord entre les actionnaires locaux et le Chinois Casil Europe sur la question des dividendes. Sur cinq ans, l'intégralité du résultat net pourra être reversé aux actionnaires. Jusqu'ici, les collectivités locales avaient toujours déploré cette logique, mais elles se félicitent désormais que les réserves financières de l'aéroport ne figurent pas dans le texte. Décryptage.

C'était une annonce très attendue après trois ans de débats houleux autour de la question des dividendes versés aux actionnaires. Le président du conseil de surveillance de l'aéroport Toulouse-Blagnac, Charles Champion, a confirmé mardi 22 janvier la signature récente d'un accord entre les actionnaires locaux et le Chinois Casil Europe sur cette question.

"L'accord voté à l'unanimité en décembre dernier consiste à définir une politique en matière de dividendes sur le plan d'affaires des cinq prochaines années. On considère que l'on peut redistribuer autour de l'intégralité du résultat net en normes françaises aux actionnaires sous réserve de leur approbation chaque année au vu des comptes de l'aéroport", a-t-il précisé.

Autrement dit jusqu'en 2023, les actionnaires pourraient toucher jusqu'à 100% du résultat net annuel de l'aéroport (qui a atteint 14 millions d'euros en 2017). Une demande de l'actionnaire chinois depuis son arrivée

Pour rappel en 2015, la société d'actionnaires chinois Casil Europe a racheté 49,99% des parts de l'aéroport pour 308 millions d'euros à l'État. De l'autre côté, la Région, le Département, Toulouse Métropole et la CCI de Toulouse détiennent 40% des parts, sans oublier l'État et ses 10,01% restants. Alors, depuis son arrivée dans le capital, l'actionnaire chinois réclame "un retour sur investissement raisonnable", sous forme de dividendes.

Dès 2016, il demande 40 millions d'euros pour l'ensemble des actionnaires. Mais il obtiendra "seulement" 17,5 millions d'euros en puisant dans les réserves financières de l'aéroport, malgré un vote d'opposition des collectivités locales. L'année suivante, les actionnaires français votent à nouveau contre le versement de 7,85 millions d'euros aux actionnaires (dont 1,5 million d'euros puisé dans les réserves). En mai 2018, rebelote. Les collectivités locales et la CCI votent contre le versement de l'intégralité du résultat net de l'aéroport, soit 14 millions d'euros de dividendes (aucune ponction cette fois dans les réserves). "Les élus ont capitulé"

"100% des bénéfices reversés, c'est trop", déplorait alors Pascal Boureau représentant du Département au conseil de surveillance de l'aéroport. Le même aujourd'hui n'est plus choqué par l'accord qui autorise le versement de l'intégralité du résultat net de l'aéroport, et ce sur les cinq prochaines années.

"On nous a montré une étude qui indique que le reversement de l'intégralité du résultat net n'impacte pas la viabilité de l'aéroport. L'important est que nous avons sanctuarisé les réserves de l'aéroport qui ne figurent pas dans l'accord", plaide-t-il.

Même commentaire du côté de Bernard Keller, vice-président de Toulouse Métropole, également membre du conseil de surveillance. "L'accord veut dire qu'on ne puise pas dans les réserves financières et qu'on préserve la capacité d'autofinancement", souligne-t-il. De son côté, Pascal Boureau relève aussi que le texte prévoit "que seuls les salariés siègent au directoire, alors que jusqu'ici des membres de Casil Europe en faisaient partie".

Pour autant, l'accord passe très mal dans l'opposition municipale. Marc Péré, membre du groupe d'opposition Métropole citoyenne, lance :

"Les élus ont capitulé, c'est une honte. 100% du résultat net, c'est inadmissible sachant qu'en moyenne au CAC40, 66% des bénéfices sont reversés sous forme de dividendes, un niveau déjà extrêmement élevé. Sur la forme, un tel engagement aurait dû être approuvé au préalable en conseil métropolitain, d'autant qu'il y a des élections municipales en 2020".

Pour sa part, le président de la CCI Occitanie, Alain Di Crescenzo, s'est félicité d'un tel accord soulignant que les dividendes représentent "une ressource financière non négligeable pour la CCI". Le gouvernement a en effet décidé de coupes drastiques dans les budgets des chambres de commerce.

Source: La Tribune

Le chanteur Graeme Allwright a fêté ses 92 ans

graeme.PNG Cliquer sur l'image pour écouter "Qu'as-tu appris l'école ?"

Graeme Allwright a eu 92 ans le 7 novembre 2018. Né à Wellington en Nouvelle-Zélande, il a arpenté bien des estrades et soutenu bien des causes nobles.

Des célébrités meurent. La presse nous inonde d’éloges posthumes. Et comme les œuvres des défunts me laissent indifférent, je conserve le recul pour songer à cette bizarrerie. Tous ces éloges ! Mais pourquoi des éloges posthumes ? C’est aux vivants que l’on a envie de dire des mots de sympathie, de tendresse, d’amour.

Et voilà comment des éloges posthumes trop appuyés m’ont donné l’envie de dire mon amitié, non devant des cercueils, mais à des vivants âgés qui m’ont marqué mon chemin d’une pierre blanche. Après une série pour dire ma vive sympathie à Gilles Vigneault, voici depuis quelques temps, en bas de mes bafouilles, une nouvelle série pour exprimer cette même sympathie à Graeme Allwright.

Graeme avait chanté toute la nuit – oui, vraiment toute la nuit, ce n’est pas une figure de style ! – lors d’une manif estivale sur le plateau du Larzac. Il avait commencé après les autres chanteurs, vers minuit, et n’a cessé de chanter que vers les huit ou neuf heures du matin. Les paysans du Larzac s’en souviennent encore.

Tu sais, les paysans ont l’habitude de bosser sans regarder leur montre. On n’arrête que lorsqu’on a fini le champ, rentré la moisson ou terminé la couvraille. Alors, voir ce gars, un artiste, un chanteur guitariste, bref un branleur aux yeux de gens qui bossent dur, un gars qui ne lâche pas la patate de toute la nuit, ça les a marqués. Les paysans du Larzac n’ont jamais oublié et l’été, au marché paysan de Montredon, ils te parlent encore de cette nuit avec Graeme Allwright.

Ce n’est pas un détail. Voir un gars sortir ses tripes une nuit entière sur une scène bricolée, ça te met le moral au grand beau pour longtemps. Tu te dis que tu vas gagner parce que, si des gens qui viennent du bout du monde sont capables de ça, ta cause en vaut vraiment la peine et ne peut pas sombrer. Tu vas gagner !

Combien de cœurs dans combien de soirées Graeme Allwright a-t-il ainsi revigorés ?

En s’adressant à un accordéoniste amateur-président de la République, Valéry Giscard dit d’Estaing, à Anne (Anne-Aymone Marie Josèphe Christiane Sauvage de Brantes) son épouse, à Valérie-Anne leur fille, Graeme Allwright le néo-zélandais chante en bossa nova brésilienne “Larzac 75”.

A lire et écouter en intégralité sur le blog du Yeti

mercredi 3 avril 2019

Bilan de la BCE

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Depuis le début de la crise en 2007-2008, la BCE a joué un rôle vital pour venir à la rescousse des grandes banques privées, de leurs grands actionnaires et principaux dirigeants tout en garantissant la poursuite de leurs privilèges. On peut affirmer sans risque de se tromper que sans l’action de la BCE, de grandes banques seraient tombées en faillite, ce qui aurait forcé les gouvernements à prendre à l’égard de leurs dirigeants et des grands actionnaires des mesures contraignantes fortes. Il faut ajouter que l’action de la BCE a renforcé la concentration du secteur bancaire au profit d’une vingtaine de grandes banques qui jouent un rôle dominant. La BCE a contribué activement à maintenir en place et à développer des monstres bancaires trop grands que pour faire faillite. En plus du sauvetage des grands actionnaires des banques, la BCE poursuit officiellement l’objectif d’une inflation de 2%. De ce point de vue, le bilan de la BCE est un échec puisque le taux d’inflation dans l’Eurozone en 2018 a atteint seulement 1,6% et qu’il est en baisse au premier trimestre 2019.

Trois objectifs supplémentaires de l’action de la BCE peuvent être résumés de la manière suivante :

Défendre l’euro qui est une camisole de force pour les économies les plus faibles de la zone euro ainsi que pour tous les peuples européens. L’euro est un instrument au service des grandes entreprises privées et des classes dominantes européennes (le 1% le plus riche). Les pays qui font partie de la zone euro ne peuvent pas dévaluer leur monnaie puisqu’ils ont adopté l’euro. Or les pays les plus faibles de la zone euro auraient avantage à dévaluer afin de retrouver de la compétitivité face aux géants économiques allemands, français, au Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) et à l’Autriche. Des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou l’Italie sont donc coincés par leur appartenance à la zone euro. Les autorités européennes et leur gouvernement national appliquent dès lors ce qu’on appelle la dévaluation interne : ils imposent une diminution des salaires au seul profit des actionnaires des grandes entreprises privées. La dévaluation interne est synonyme de réduction des salaires.

Renforcer la domination des économies européennes les plus fortes (Allemagne, France, Benelux…) où sont basées les plus grandes entreprises privées européennes. Cela implique de maintenir de fortes asymétries entre les économies les plus fortes et les plus faibles.

Participer et soutenir de manière offensive les attaques du Capital contre le Travail afin d’augmenter les profits des entreprises et rendre les grandes entreprises européennes plus compétitives sur le marché mondial face à leurs concurrents états-uniens, chinois, japonais, coréens… Les exemples de l’intervention de la BCE pour atteindre cet objectif en Italie, en Grèce, à Chypre, au Portugal, en Irlande, en Espagne, … sont multiples.

L’acharnement de la BCE à contribuer aux attaques contre ceux d’en bas vient une fois de plus de s’exprimer très clairement. En mars 2019, la BCE et les banques de l’Eurosystème ont refusé de rendre à la Grèce une partie des bénéfices réalisés sur le dos du peuple grec (2) sous le prétexte que le gouvernement d’Alexis Tsipras n’avait pas suffisamment approfondi les contre réformes sociales. Il s’agit notamment de la volonté de la BCE de voir supprimer les derniers obstacles à l’expulsion des ménages grecs incapables de poursuivre le remboursement de la dette hypothécaire pour leur résidence principale. Rien n’est épargné comme sacrifices au peuple grec qui constitue une victime expiatoire de la Troïka au sein de laquelle la BCE joue un rôle clé.

La nécessité de solutions radicales

La nouvelle crise financière qui vient s’inscrit dans un contexte plus large de crise systémique du capitalisme global. Cette crise systémique est multidimensionnelle : économique, écologique, sociale, politique, morale, institutionnelle, …

Il faut rompre de manière radicale avec la logique qui guide aujourd’hui les gouvernements en place et prendre des mesures d’urgence. A l’opposé du système actuel qui offre l’impunité et des parachutes dorés aux responsables des débâcles, il est nécessaire de faire payer la facture des sauvetages bancaires à ceux et celles qui en sont responsables.

Les mesures annoncées pour discipliner les banques sont cosmétiques. La supervision centralisée des banques de la zone euro, la création d’un fonds européen de garantie des dépôts, l’interdiction de certaines opérations (ne touchant que 2% de l’activité bancaire globale), le plafonnement des bonus, la transparence des activités bancaires ou encore les nouvelles règles de Bâle III ne constituent que des recommandations, des promesses ou, au mieux, des mesures tout à fait insuffisantes en regard des problèmes à résoudre. Or il faut imposer de véritables règles très strictes et incontournables.

Cette crise devrait être dépassée par la réalisation de mesures qui touchent la structure même du monde de la finance et du système capitaliste .

Le métier de la banque est trop sérieux pour être laissé dans les mains du secteur privé. Il est nécessaire de socialiser le secteur bancaire (ce qui implique son expropriation) et de le placer sous contrôle citoyen (des salariés des banques, des clients, des associations et des représentants des acteurs publics locaux), car il doit être soumis aux règles d’un service public et les revenus que son activité génère doivent être utilisés pour le bien commun.

La dette publique contractée pour sauver les banques est clairement illégitime et doit être répudiée. Un audit citoyen doit déterminer les autres dettes illégitimes, illégales, odieuses, insoutenables… et permettre une mobilisation telle qu’une alternative anticapitaliste crédible puisse prendre forme.

Ces deux mesures doivent s’inscrire dans un programme plus large que nous avons ébauché ailleurs Voir : Gilets jaunes : apprendre de l’histoire et agir dans le présent

Les banques centrales doivent être radicalement refondées, leurs missions doivent être redéfinies. Elles doivent reprendre le rôle de création monétaire en faveur du secteur public et contribuer activement au financement de la transition écologique et à la lutte contre l’injustice sociale.

La mobilisation citoyenne et l’auto-organisation sociale constituent la condition sine qua non à la réalisation des différentes solutions proposées.

Extrait de l'article d'Eric Toussaint paru sous le titre "La crise économique et les banques centrales" sur le site du CADTM

mardi 2 avril 2019

De la gentrification des villes à la gentrification de l'Europe

Le soleil brille, le crépuscule est de saison. Athènes se transforme: pouvoirs, territoires, propriétés, règles d’urbanisme, et ainsi usages. Tout change progressivement pour être assujetti à un destin à un plus haut degré d’hétéronomie quasi-coloniale. La capitale de l’ex-classe moyenne grecque... “s’ouvre” enfin à sa métropolisation, celle très exactement que le globalisme de la Troïka et des marionnettes grecques auront pu imposer, rien qu’en une petite décennie d’adaptation aux normes, sous la violence de la dite “crise”. Athènes, nouvelle citadelle de la mondialisation, une globalisation “heureuse” profitant d’abord à ceux qui arrivent, et il faut dire qu’ils sont nombreux. Siècle nouveau, vielles recettes.

lseathens.PNG London School of Economics, dans le cadre du programme LSEcities soutenu par la Deutsche Bank... (coll. du Musée de l'Europe)

Pour à peine paraphraser le géographe Christophe Guilluy lorsqu’il décrit les réalités françaises actuelles, la Grèce est forcée de devenir une société globalisée comme les autres, inégalitaire et si possible même multiculturelle. D’un modèle largement égalitaire, acquis depuis de l’avènement de l’étendue classe moyenne à la fin de la dictature des Colonels en 1974, nous basculerons progressivement en une société socialement inégalitaire et sous tensions identitaires. Ce basculement, désastreux pour les classes populaires, en somme les deux tiers de l’ancienne classe moyenne désormais paupérisée, provoque déjà un chaos culturel et social sans précédent, (voir Christophe Guilluy, “Le crépuscule de la France d’en haut”, Flammarion 2017).

“La mondialisation a en effet généré l'existence de nouvelles citadelles, les métropoles, ou se concentre une nouvelle bourgeoisie qui capte l'essentiel des bienfaits du modèle mondialisé. Au nom de la société ouverte, elle accompagne et soutient ainsi les choix économiques et sociétaux de la classe dominante, dont la conséquence est de rejeter inéluctablement ceux dont le système économique n'a plus besoin dans les périphéries territoriales et culturelles”, écrit Christophe Guilluy.

“Dans la réalité, l’entre-soi et le réseautage n’ont jamais été aussi pratiqués. Cette aimable bourgeoisie participe ainsi directement ou indirectement au plus important processus de relégation sociale et culturelle des classes populaires, en excluant par ses choix économiques et sociaux les catégories modestes des territoires qui comptent, ceux qui créent l’emploi et les richesses. La prédation qu’elles opèrent sur l’ensemble du parc de logements privés des grandes métropoles, hier destiné aux classes populaires, n’a pas d’équivalent dans l’histoire. Mieux, il se réalise à bas bruit, sans qu’à aucun moment l’emprise de dépossession ne soit questionnée, encore moins remise en question. Il faut dire que la concentration des catégories supérieures sur les territoires qui créent l’essentiel des richesses et de l’emploi s’accompagne aussi d’une emprise de ces catégories sur le débat public et son expression.”

En Grèce et d’abord à Athènes, la prédation qu’une partie de la bourgeoise grecque et en premier lieu, des rapaces internationaux, est ainsi opérée sur l’ensemble du parc de logements privés, en passant par celui des hôtels et des bureaux, hier encore propriété de l’immense classe moyenne grecque. Prédation qui n’a pas d’équivalent dans l’histoire du pays. Sauf, sous l’autre Occupation (Allemande), celle des années 1940, lorsque en trois ans seulement, près de 250.000 biens immobiliers avaient changé de propriétaires, spoliés en réalité au bénéfice de la caste des profiteurs et autant collaborateurs de l’autre... Ordre Nouveau.

Votre... pauvre blog avait d’ailleurs considéré dès ses débuts que la dite crise grecque n’était qu’une forme de guerre alors déclarée contre la société et contre le peuple grec, un génocide parfois lent et quelquefois accéléré, génocide entre autres économique et autant démographique. Et ce n’est que par le biais de cette situation exceptionnelle, devenue ainsi la... norme, qu’une telle prédation ait pu devenir faisable en si peu de temps. Tout en neutralisant il faut dire, les réactions populaires... essentiellement grâce à l’aimable collaboration de la gauche, SYRIZA en tête.

C’était un jour de ce lointain mai 2010, lorsque le FMI, l’Union européenne et la BCE, constitués en une sainte alliance ultralibérale, missionnèrent aussitôt leurs experts et mirent le pays sous leur tutelle: la Troïka était formée, et ses... Troïkans entrés dans la place. Leurs traitements de cheval - faits de coupes budgétaires et de privatisations à tout crin - allaient mettre à genoux tout un peuple, tout à fait dépossédé de tout pouvoir sur le cours de son devenir. Les existences, les comportements, individuels et collectifs, bref toute la société en seraient profondément modifiés. Ces transformations, induites par la thérapie de choc, ont engendré une nouvelle situation dans un contexte d’accélération des temps nouveaux, accélération à la fois redoutée et pourtant acquise - dans les faits et dans tous les esprits - ceci entre 2010 et 2019.

Maintenant on sait. L’accélération du programme depuis 2015, ainsi que sa terrible composante géopolitique (affaire Macédonienne, Turquie, Mer Égée, Chypre), essentiellement incarnées et avec quel... culot par la gauche SYRIZA, ont-elles fini par rendre les évidences bien plus terribles. La Grèce, pays de la petite propriété, surtout immobilière devait alors être brisé et ceci d’ailleurs hâtivement. La surmultiplication de la fiscalité, elle a augmenté d’environ 400% depuis 2010, ainsi que la paupérisation rapide infligée faisant passer la classe moyenne de 70% à moins de 25% de la population, de même que l’arrivée massive de capitaux prédateurs et globalistes, ont fini par s’attaquer à l’épine dorsale du système économique, culturel, voire familial des Grecs, une prédation pour laquelle les dites “élites politiques et économiques grecques” il faut dire s’en félicitent.

Il y a un avant et un après le règne des Memoranda, comme lors d’une entrée en guerre ou d’une occupation. Il souffle désormais un vent mauvais, le poison ambiant n'épargne personne, nous assistons à une mise à mort de nos petites et grandes habitudes: cette mutation collective rapide est suspendue à la perte de nos repères. Désormais les individus plongent, y compris dans les quartiers chics. Le programme avait été précipité, car faire d’Athènes une nouvelle citadelle des globalistes n’aurait pas pu se réaliser sans venir à bout de la résistance culturelle et économique de la vaillante classe moyenne grecque, pour laquelle l’État grec même était alors à ses yeux un ennemi disons structurel. Pourtant, même après une décennie... de guerre, cette petite propriété et autant économie à la grecque résistent alors toujours encore dans un sens.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre " Vivi semplicemente ! " paru sur son blog Greek Crisis

samedi 30 mars 2019

"Une des pires ignominies de l'histoire contemporaine"

bhlgrece.PNG "BHL à Athènes"... Ceci n'est pas un poisson d'avril. A vos tartes ! (collections du Musée de l'Europe)

En règle générale la Grèce du pays réel est en train de s’appauvrir, et en même temps, le fait de se maintenir pour de nombreux foyers, ne tient qu’aux quelques revenus de plus, notamment informels. On claque alors les dents jusqu’au bout, d’après une enquête récente, seulement 0,7% de la population grecque adulte ayant entre 35 et 44 ans, a les dents sont en bonne santé, presse grecque, mars 2019. Sauve qui peut... alors canines comprise ! Au même moment, et d’après une enquête de OCDE citée cette semaine par la presse grecque, les Grecs considèrent que leurs impôts ne leur reviennent pas sous forme d’un État aux services dignes de ce nom, et ceci pour plus de 82% d’entre eux. Ils s’illustrent même en tête du tableau des mécontents, devant les Israéliens, les Mexicains et les Chiliens (les Français sont en milieu du classement avec... seulement 57% de mécontents).

Merveilleuse époque brisée... et autant empreinte de l’instinct de la casse. Une boutique à Athènes propose-t-elle à ses clients que de se défouler en cassant tant d’objets divers et variés, vaisselle, téléviseurs, téléphones entre autres. Ailleurs, ce sont les affiches mêmes vieillies qui promettent la lune, vantant tout le mérite des... “Prophètes”, surtout lorsqu’ils sont venus depuis les Antipodes bien entendu.

fuckVerhof.PNG "No Brexit Day", 29 mars 2019, collections du Musée de l'Europe

Antiquité on dirait Tardive. Une bonne partie des pays de la dite Union européenne et de leur état actuel, vus de 2019, apparaissent comme la répétition générale des premières années de la crise grecque. Une des pires ignominies de l'histoire contemporaine de la Grèce aura été certainement l'abominable chantage à la prétendue lutte contre la Troïka, exercé par les Syrizístes et par ceux du parti ANEL, les acquis visiblement de toutes les caisses globalistes. Époque des illusions. On se souviendra des politiciens d’alors et de toujours, on se souviendra même de ces illuminés improvisés et inconnus Place Sýntagma à Athènes, prêcher autant dans le vide.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou, paru sous le titre "Chronique des humbles" à lire en intégralité sur son blog Greek Crisis

lundi 18 mars 2019

16 mars : les vandales à Paris

A 6 heures du matin, un groupuscule de Black Blocks en costards privatise ADP, ENGIE, La Française des Jeux, prive une partie des allocataires de leurs prestations, supprime les tarifs réglementés du gaz, et saccage l'Assemblée Nationale en plein Paris... Se promettant de revenir après une ultime navette au Sénat

melenchonPacte.PNG Cliquer sur l'image pour voir la vidéo

Tous les Députés en Marche sont "complices"...

macroncomplices.PNG

Voir aussi :

melenchonPacte2.PNG Cliquer sur l'image pour voir la vidéo

dimanche 17 mars 2019

Epreuve formative

Consigne : Interprète les documents photographiques ci-dessous, à partir de ce que tu sais de l'évolution socio-économique de la France depuis l'introduction de l'Euro.

macron_ski.PNG NB: cette photo date de 2017

bhlGilestJaunes.PNG

bhlontheroad.PNG

fouquet.PNG

jeudi 14 mars 2019

Le Conseil Constitutionnel jouera-t-il pleinement son rôle au regard de la constitution et des obligations et des engagements internationaux de la France ?

Un coup très dur au droit de manifester pacifiquement en France

La loi dite « anti-casseurs » vient d’être adoptée au Sénat. Un coup très dur au droit de manifester pacifiquement en France.

e droit français existant permettait déjà largement de prévenir, interpeller, poursuivre et sanctionner lourdement des personnes commettant des actes de violences lors de manifestations.

Contrairement à son intitulé, cette nouvelle loi n’apportera rien contre les « casseurs », et ne protégera surtout pas les manifestants pacifiques. Au contraire, elle ouvre en grand la porte à l’arbitraire des pouvoirs exécutifs d’aujourd’hui et de demain.

Moins de 18 mois après la fin de l’état d’urgence, les interdictions administratives rentrent dans le droit commun. Les préfets, et à travers eux le pouvoir exécutif, pourront interdire à une personne de manifester, sur des bases extrêmement floues, loin du regard de la justice.

De même, les manifestants pacifiques qui souhaiteraient protéger leur visage des effets des gaz lacrymogènes par exemple risquent désormais d’être exposés à des arrestations et condamnations arbitraires.

En France, les risques de dérives ont été dénoncés par 53 associations et syndicats. Au niveau international, trois experts indépendants des nations unies « ont exprimé leurs vives préoccupations sur certaines dispositions qui ne seraient, selon eux, pas conformes avec le Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel la France est partie (…) Ces dispositions pourraient être appliquées de manière arbitraire et conduire à des dérives extrêmement graves. ».

La commissaire aux droits de l’homme au conseil de l’Europe a elle aussi exprimé sensiblement les mêmes préoccupations.

Le Conseil Constitutionnel, qui sera saisi par le président de la République et des groupes parlementaires opposés à la loi, sera amené à examiner la loi au regard de la constitution française.

Le Conseil Constitutionnel jouera-t-il pleinement son rôle au regard de la constitution et des obligations et des engagements internationaux de la France ?

Communiqué d'Amnesty International

Lire par ailleurs l'analyse de l'ACAT APRES 100 JOURS DE MANIFESTATIONS , QUEL BILAN SELON L' ACAT?

L'ACAT, Action des chrétiens pour l'abolition de la torture, avait par ailleurs mis en garde et incité à l'action non-violente contre les violences policières dès leur origine, c'est à dire sous le gouvernement Hollande-Valls, face aux protestations contre la loi Macron II (subtilement appelée "Loi El-Khomri"), notamment à travers un rapport, et une campagne Violences policières, brisons le silence

mercredi 13 mars 2019

Certains profs d'histoire-géo sont rigolos...

genocide2.PNG Aucun problème structurel... (Laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein)

Brexit : Au terme d'une négociation-Party de 2 ans, les Britanniques gagnent un séjour de 10 000 ans dans l'Enfer du Royaume-Uni

xiquexique.PNG Maurice Tillieux, L'Enfer de Xique-Xique

Il ne pleuvra pas de grenouilles le 29 mars... Les avions voleront toujours, les diabétiques recevront de l'insuline (les diabétiques britanniques parce que les Grecs...), les pêcheurs pêcheront, les étudiants Erasmeront (le Programme Erasmus n'étant d'ailleurs pas limité à l'UE...) et... les mêmes doxosophes qui se seront encore trompés sur tout continueront à raconter n'importe quoi à la télévision (snif...). Le Concierge

Les parlementaires européens ont désormais donné leur feu vert à des mesures d’urgence relatives au voyage, au transport, au programme Erasmus, à la sécurité sociale ou encore à la pêche. Celles-ci sont toutes limitées dans le temps et adoptées unilatéralement par l’UE, à condition que le Royaume-Uni en approuve des similaires.

En vertu des textes validés, les étudiants et les professeurs engagés dans un échange Erasmus des deux côtés de la Manche obtiennent notamment la garantie de pouvoir l’achever, tandis que les citoyens européens au Royaume-Uni et les Britanniques dans l’UE ont la certitude de conserver leurs prestations de sécurité sociale acquises avant le retrait.

Des dispositions de base permettant de maintenir des services aériens, de transport de marchandises et de bus entre l’Union et la Grande-Bretagne ont également été approuvées, tout comme des autorisations temporaires de pêche pour les navires européens dans les eaux territoriales britanniques et inversement.

Ce dernier point revêt un intérêt particulier pour la Belgique, où environ 2.500 emplois dans le secteur halieutique seraient menacés en cas de fermeture des eaux du Royaume-Uni, d’après une estimation récente de la fédération sectorielle.

Source : Le Soir

Lire aussi : Brexit: En cas de sortie sans accord, le Royaume-Uni va drastiquement baisser ses droits de douane

ouaf, ouaf !

mardi 12 mars 2019

Les origines économiques de l’autoritarisme d’Emmanuel Macron

pause21.gif illus. Le Mariage d'Art & Entreprise (collections du Musée de l'Europe)

(...) L’hybridation du système français correspondait à un équilibre social. Le détruire laisse nécessairement place au conflit. D’autant qu’Emmanuel Macron a, pour mener sa « révolution », ou plutôt sa destruction de ce système, surestimé l’ampleur de son soutien en se prévalant des élections présidentielle et législatives de 2017. Mais ces deux scrutins n’ont guère apporté de soutien clair à ses choix économiques. Le 5 mai, le scrutin a d’abord été un vote de rejet de l’extrême droite, tandis que les législatives sont souvent marquées par un « légitimisme » en faveur du chef d’Etat élu, qui ne s’est jamais démenti depuis 2002, et par une forte abstention.

La réalité est que le socle de soutien à cette politique économique présidentielle est réduit à ce que Bruno Amable et Stefano Palombarini appellent « le bloc bourgeois ». Un bloc qui n’est pas majoritaire, à la différence de ce que l’on observe dans les pays du nord de l’Europe, mais qui, système électoral oblige, peut l’emporter compte tenu de la division du bloc adverse. Sauf que ce bloc adverse peut faire front pour s’opposer à la politique de destruction du modèle français. C’est là que l’on en est désormais : un face-à-face violent et sans compromis possible, parce que l’essence même du système français est en jeu et que le régime électoral n’a pas pu clairement expliciter le choix de la majorité sur ce sujet.

Mais pour Emmanuel Macron, céder est impossible. Ce serait non seulement renoncer à son identité politique, mais aussi échouer à une épreuve essentielle, une forme de « baptême néolibéral ». « Les néolibéraux mettent en évidence la nécessité de passer outre les décisions populaires lorsqu’elles contreviennent à ce qui est vu comme un principe supérieur », écrit Quinn Slobodian. Assumer son impopularité, c’est se montrer capable de défendre la vérité envers et contre tout.

Il y a là une forme de fanatisme dans lequel on prouve sa capacité par son opposition à son propre peuple. On a vu des postures de ce genre dans toute l’Europe durant la crise de la dette : au Portugal, en Grèce, en Italie ou en Espagne. Pour Emmanuel Macron, c’est une façon de construire sa stature internationale, de montrer qu’il peut « réformer » ces Gaulois irréformables. C’était ce qui impressionnait tant les médias anglo-saxons au début du quinquennat.

Mais si céder est impossible, comment « passer outre » la résistance de la société française ? Quinn Slobodian décrit comment, à partir des années 1980, ont été construites des structures internationales capables de soumettre les États à l’ordre néolibéral : l’OMC, le FMI, l’UE, les marchés financiers… Lorsqu’un État décidait de changer de politique, cette pression « externe » le ramenait à la raison. Mais la France ne prête guère le flanc à ce genre de pression. La France n’a pas à craindre ses créanciers. Les marchés ont soutenu son modèle hybride et ne s’inquiètent guère du mouvement des gilets jaunes, ce qui rend, du reste, toute menace de l’UE peu crédible, à la différence du cas italien. Bref, cette option ne fonctionne pas.

Par ailleurs, Emmanuel Macron ne peut guère s’appuyer sur une prétendue « efficacité » de ses recettes économiques. Aucune de ses réformes, pas davantage que les précédentes, n’ont été en mesure de rendre la France plus solide économiquement, bien au contraire. En brisant le subtil équilibre entre État, consommateurs et entreprises et en faisant un mauvais diagnostic, centré sur l’attractivité et la compétitivité coût, il l’a plutôt affaiblie. Dès lors, la politique de « compensations » mise en place n’a guère porté ses fruits, d’autant qu’elle a été timide. Et les 10 milliards d’euros annoncés en décembre ne devraient pas tellement changer la donne, dans la mesure où les « réformes » atteignent le cœur du système français et donc de la confiance des ménages : l’emploi, la retraite, le chômage, le logement. On peut prétendre, comme le font les néolibéraux, qu’il en faut « encore plus », et c’est, du reste, ce que prétend le président de la République. Mais cette stratégie de la « fuite en avant » permanente est peu convaincante.

Incapable de prouver l’efficacité de sa politique, Emmanuel Macron n’a plus qu’une seule carte en main pour imposer sa « vérité » : celle de l’abus d’autorité. Une carte que le régime actuel, régime personnalisé dont le berceau est une guerre sanglante, lui permet de jouer aisément. Puisque le président de la République connaît la vérité, sait quelle est la bonne voie pour la France, il a le devoir, pour le bien de la France, de mener le pays dans cette voie, contre le désir du pays lui-même. Il lui faut faire le bonheur de « son » peuple malgré lui. Et cela vaut bien de le secouer, par une limitation du droit de manifester, par une tentation de contrôler la « neutralité » de la presse (donc son acceptation de la « vérité » néolibérale) et par une répression des mouvements d’opposition.

La certitude d’Emmanuel Macron d’agir pour le bien du pays et d’être guidé par une vérité transcendantale a de quoi fondamentalement inquiéter. Le néolibéralisme est actuellement sur la défensive. La crise de 2008 et ses suites, son inefficacité à relancer la croissance et à gérer la transition écologique tendent à le remettre en question.

Les grandes organisations internationales remettent en cause certains de ses dogmes comme la libéralisation du marché du travail, la « théorie du ruissellement », la liberté des capitaux… Ce qui se joue aujourd’hui, c’est une crise de régime économique, au sens de celle que l’on a connue dans les années 1930 et 1970. Dans ce contexte, la tentation autoritaire du néolibéralisme se renforce.

En février dernier, Dani Rodrik, l’économiste étasunien d’origine turque, professeur à Harvard, signalait que les démocraties libérales n’étaient pas menacées uniquement par un glissement vers la « démocratie illibérale », danger souvent agité. Un autre existe : « les libéralismes non démocratiques ». Cette idée a été développée par un autre chercheur de Harvard, Yascha Mounk, dans un chapitre de son ouvrage Le Peuple contre la démocratie, traduit aux éditions de l’Observatoire. Il s’agit d’un système où les vraies décisions sont soumises à des règles non choisies, issues de principes non démocratiques définis par l’ordre économique, et où le pouvoir se doit d’assurer l’obéissance des États à ces lois, s’il le faut au prix des libertés fondamentales. C’est vers un tel destin que la France semble désormais se diriger.

Extrait de l'article de Romaric Godin paru initialement sur Mediapart à lire en intégralité sur le site Europe Solidaire Sas Frontières

Lire aussi "Loi « anti-casseurs » : un point de non-retour dans la restriction des libertés pourrait être franchi" sur le site de BastaMag

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