Musée de l'Europe et de l'Afrique

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vendredi 16 décembre 2016

La contre-révolution, ce sont les médias

La révolution a tellement donné aux médias pour qu’ils prospèrent. Elle les a tirés du fin fond du puit de la censure, de l’instrumentalisation du pouvoir, du mercantilisme et de la concurrence déloyale du clan Ben Ali. Elle leur a offert un cadre juridique privilégiant la liberté d’expression, préservant aussi le paysage audiovisuel des conflits d’intérêt et de la concurrence déloyale. La liberté d‘entreprendre est également garantie par le même dispositif légal. Pour produire du contenu, elle leur a assuré pluralisme politique et liberté de création. En somme, les entreprises médiatiques sont certainement parmi les plus grands bénéficiaires de la révolution. Lui ont-ils renvoyé l’ascenseur ? Bien au contraire.

Les mouvements contestataires qui défendent des valeurs revendiquées par le soulèvement populaire sont diabolisés ou stigmatisés. Et ce, quand ils ne subissent pas le blackout. Depuis la polarisation du paysage politique en 2012, les chaînes tv ont suivi cette tendance, glissant ainsi sous les draps de l’instrumentalisation politique. Zitouna pour Ennahdha, Nessma pour Nida Tounes. Deux exemples parmi d’autres dans un paysage télévisuel qui a été ensuite bouleversé par la coalition scellée entre Nidaa et Ennahdha au lendemain des élections législatives et présidentielles de 2014. Alors que certains maintiennent leur position initiale, d’autres font les trapézistes au moment où les appétits politiques d’acteurs médiatiques, les amènent à faire de l’affairisme la boussole de leur quête du pouvoir.

Dans les rédactions, la responsabilité citoyenne est monnaie rare. La créativité, en dehors de quelques exceptions, manque à l’appel. D’ailleurs, le plagiat de concepts est désormais un réflexe de production, sans oublier les fréquents vols d’images. Le contenu informatif est minoritaire face au déluge des émissions de divertissements et les talkshows. D’ailleurs, ce « divertissement » offre souvent des cadeaux empoisonnés. Trop engouffrées dans l’actualité nationale, les chaînes tv se montrent inaptes à éclairer leurs téléspectateurs sur des événements internationaux majeurs.

L’éthique journalistique est bafouée par une tolérance effarante envers les maladresses discriminatoires et le discours de haine. Cependant, la machine de la restauration des figures de l’ancien régime est en marche. Ils bénéficient d’un important temps d’antenne pour déballer leurs rhétoriques révisionnistes. Révolution ou pas, l’attachement de l’ancienne garde à l’héritage de ses gourous est indéfectible, primant sur le droit des citoyens à une information honnête concernant les pages les plus importantes de notre Histoire.

Dans un contexte où le régulateur se noie dans les sables mouvants de l’autorité politique et accusent les coups des défenseurs de la loi de la jungle, difficile de pouvoir imposer la transparence financière. L’opacité règne dans l’audiovisuel privé. Une situation paisible pour les locataires de la Kasbah et de Carthage, autant que les indéboulonnables de la bâtisse grise de l’Avenue Bourguiba. L’antenne, c’est du pouvoir et ils en ont besoin. La révolution, c’est l’effondrement de l’ordre ancien et la concrétisation des valeurs universelles. Et ils n’en veulent pas.

Accéder aux très nombreux liens illustrant par le fait l'article de Thameur Mekki publié sous le titre " Six ans après, la révolution, est-elle télévisée ? " sur le site Nawaat.

jeudi 15 décembre 2016

Exterminez-moi tous ces retraités !

Les créanciers européens de la Grèce ont suspendu les mesures prises sur la dette la semaine passée pour répondre aux décisions sociales annoncées par Alexis Tsipras. Ce dernier est une nouvelle fois menacé d'une humiliation cuisante.

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Alexis Tsipras aura donc dû boire le calice de l'humiliation jusqu'à la dernière goutte. Six jours après avoir annoncé des mesures en faveur des retraités, avec notamment un treizième versement de 300 à 800 euros pour 1,6 millions de pensionnés grecs et la suspension du relèvement du taux de TVA dans les îles du Nord de la mer Egée, frappés par la vague migratoire, le Mécanisme européen de Stabilité (MES), vient d'annoncer le gel du « toilettage » de la dette décidé par l'Eurogroupe du 5 décembre dernier.

Un gel sans importance ?

« Les institutions sont arrivées à la conclusion que les actions du gouvernement grec semblent ne pas être en ligne avec nos accords », a indiqué un porte-parole du président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Les créanciers européens avaient montré de la mauvaise humeur après les annonces d'Alexis Tsipras, qui ne les en avait pas informé. Cette décision de geler les mesures sur la dette ne portent qu'assez peu à conséquence puisqu'il ne s'agissait que de mesures « préventives » contre de futures hausses de taux. Une seule mesure concerne 2017 et concerne une prime de 2 % que doit verser Athènes sur une dette contractée en 2012. L'essentiel n'est évidemment pas là.

Décision politique

Légalement, la décision d'Alexis Tsipras n'est pas en cause. Le mémorandum d'août 2015 prévoit que la Grèce puisse disposer de 40 % des excédents supplémentaires dégagés par le pays. Cet excédent supplémentaire en octobre 2016 s'élève à près de 3 milliards d'euros et les mesures prévues par le gouvernement grec ne sont que de 674 millions d'euros. Les engagements comptables d'Athènes ne sont essentiels que s'ils correspondent aux niveaux prévus par l'accord et par l'Eurogroupe qui a reconnu que de tels niveaux assuraient la viabilité (fictive) de la dette grecque. Elle est d'autant moins en cause que ces mesures sont socialement justifiables après les efforts du pays qui ont payé en termes budgétaires et les effets de la crise migratoire. Dès lors, cette mesure de rétorsion n'est qu'une décision purement politique visant à désarmer entièrement le gouvernement grec, à annihiler toute prétention à une politique sociale et économique autonome, mais aussi à achever de détruire la crédibilité politique d'Alexis Tsipras et de Syriza. Apparemment, les vieilles rancœurs politiques, qui avaient largement inspiré l'attitude des créanciers au cours du premier semestre 2015, ne sont pas éteintes.

Lire l'article de Romaric Godin paru sous le titre "Grèce : le ton monte entre l'Eurogroupe et le gouvernement" sur le site de la Tribune

Lire aussi :

"LES GRECS VIVENT AU-DESSUS DE LEURS MOYENS"

Grèce : ce que révèle le refus de Bruxelles de traiter l'urgence humanitaire

mercredi 14 décembre 2016

Liste des députés ayant voté POUR la prorogation de l'Etat d'urgence jusqu au 15 juillet 2017

Groupe socialiste, écologiste et républicain (288 membres)

IbrahimAboubacar ÉricAlauzet Jean-PierreAllossery FrançoisAndré NathalieAppéré KaderArif ChristianAssaf DelphineBatho NicolasBays CatherineBeaubatie Marie-FrançoiseBechtel Jean-MarieBeffara LucBelot KarineBerger ChantalBerthelot GisèleBiémouret ErwannBinet YvesBlein FlorentBoudié ChristopheBouillon BrigitteBourguignon MalekBoutih KheiraBouziane-Laroussi ÉmericBréhier Jean-LouisBricout Jean-JacquesBridey IsabelleBruneau Jean-ChristopheCambadélis YannCapet Marie-ArletteCarlotti Jean-YvesCaullet ChristopheCavard GuyChambefort Marie-AnneChapdelaine Jean-DavidCiot AlainClaeys Marie-FrançoiseClergeau DavidComet PhilipCordery ValérieCorre Jean-JacquesCottel PascaleCrozon KarineDaniel YvesDaniel GuyDelcourt PascalDemarthe SébastienDenaja FrançoiseDescamps-Crosnier Jean-LouisDestans MichelDestot FannyDombre-Coste SandrineDoucet PhilippeDoucet FrançoiseDubois Jean-PierreDufau WilliamDumas Jean-LouisDumont Jean-PaulDupré PhilippeDuron OlivierDussopt CorinneErhel OlivierFaure AlainFauré HervéFéron Jean-MarcFournel Jean-ClaudeFruteau GuillaumeGarot RenaudGauquelin YvesGoasdoué GenevièveGosselin-Fleury PascaleGot ÉlisabethGuigou RazzyHammadi JoëlleHuillier MichelIssindou LaurentKalinowski MariettaKaramanli ChaynesseKhirouni François-MichelLambert JeanLaunay Jean-YvesLeBouillonnec Jean-YvesLeDéaut VivianeLeDissez AnnieLeHouerou AnnickLeLoch PatrickLemasle AnnickLepetit Marie-ThérèseLeRoy MichelLesage MarieLeVern MichelLiebgott MartineLignières-Cassou LucetteLousteau MartineMartinel FrédériqueMassat MichelMénard KléberMesquida MichelPajon HervéPellois Jean-ClaudePerez PascalPopelin MichelPouzol CatherineQuéré DominiqueRaimbourg Marie-LineReynaud EduardoRihanCypel FrançoisdeRugy BéatriceSantais OdileSaugues GilbertSauvan GillesSavary SylvieTolmont StéphaneTravert CécileUntermaier DanielVaillant MichelVauzelle PatrickVignal Jean-MichelVillaumé PaolaZanetti

Groupe Les Républicains (199 membres)

Elie Aboud Bernard Accoyer Yves Albarello Nicole Ameline Benoist Apparu Laurence Arribagé Olivier Audibert-Troin Jean-Pierre Barbier Sylvain Berrios Marcel Bonnot Jean-Claude Bouchet Marine Brenier Xavier Breton Philippe Briand Bernard Brochand Dominique Bussereau Gilles Carrez Luc Chatel Gérard Cherpion Guillaume Chevrollier Alain Chrétien Jean-Louis Christ Dino Cinieri Philippe Cochet Jean-François Copé Jean-Louis Costes Édouard Courtial Jean-Michel Couve Marie-Christine Dalloz Olivier Dassault Marc-Philippe Daubresse Bernard Deflesselles Rémi Delatte Nicolas Dhuicq Sophie Dion Julien Dive Jean-Pierre Door Dominique Dord David Douillet Marianne Dubois Virginie Duby-Muller Daniel Fasquelle François Fillon Yves Foulon Marc Francina

Yves Fromion Laurent Furst Claude de Ganay Sauveur Gandolfi-Scheit Annie Genevard Guy Geoffroy Bernard Gérard Alain Gest Daniel Gibbes Franck Gilard Georges Ginesta Jean-Pierre Giran Philippe Gosselin Philippe Goujon Claude Greff Serge Grouard Henri Guaino Françoise Guégot Michel Herbillon Antoine Herth Christian Jacob Denis Jacquat Christian Kert Nathalie Kosciusko-Morizet Valérie Lacroute Jean-François Lamour Laure de La Raudière Guillaume Larrivé Charles de La Verpillière Thierry Lazaro Alain Leboeuf Isabelle Le Callennec Vincent Ledoux Frédéric Lefebvre Bruno Le Maire Dominique Le Mèner Jean Leonetti Pierre Lequiller Philippe Le Ray Céleste Lett Geneviève Levy Véronique Louwagie Gilles Lurton Jean-François Mancel Laurent Marcangeli

Thierry Mariani Alain Marty François de Mazières Gérard Menuel Philippe Meunier Jean-Claude Mignon Pierre Morange Yannick Moreau Pierre Morel-A-L'Huissier Dominique Nachury Yves Nicolin Patrick Ollier Stéphanie Pernod Beaudon Bernard Perrut Axel Poniatowski Christophe Priou Didier Quentin Frédéric Reiss Jean-Luc Reitzer Arnaud Robinet Camille de Rocca Serra Martial Saddier Paul Salen François Scellier Claudine Schmid André Schneider Jean-Marie Sermier Michel Sordi Éric Straumann Lionel Tardy Jean-Charles Taugourdeau Jean-Marie Tetart Pascal Thévenot Dominique Tian François Vannson Patrice Verchère Arnaud Viala Jean-Pierre Vigier Philippe Vitel Michel Voisin Jean-Luc Warsmann Laurent Wauquiez Éric Woerth Marie-Jo Zimmermann

Groupe de l'union des démocrates et indépendants (27 membres)

Thierry Benoit Charles de Courson Yannick Favennec Philippe Folliot Meyer Habib Francis Hillmeyer Yves Jégo Michel Piron Arnaud Richard François Rochebloine Maina Sage Rudy Salles Philippe Vigier Patrick Weiten

Groupe radical, républicain, démocrate et progressiste (18 membres)

Jean-Noël Carpentier Ary Chalus Gérard Charasse Stéphane Claireaux Jeanine Dubié Paul Giacobbi Joël Giraud Gilda Hobert Jacques Krabal Jean-Pierre Maggi Dominique Orliac Sylvia Pinel Thierry Robert Stéphane Saint-André Roger-Gérard Schwartzenberg

Groupe de la gauche démocrate et républicaine (15 membres)

Bruno Nestor Azérot Huguette Bello Marc Dolez Alfred Marie-Jeanne Gabriel Serville

Non inscrits (25 membres)

Thomas Thévenoud

Source : Analyse du scrutin n° 1362

mardi 13 décembre 2016

La Banque centrale européenne subventionne le réchauffement climatique

Quand la BCE investit dans les multinationales...

Le Corporate Europe Observatory a mis des noms sur la liste des bénéficiaires du programme d'achat d’obligations d’entreprises de la Banque centrale européenne. Les résultats sont pour le moins troublants, au moins pour ceux qui ne sont pas persuadés que le pétrole, les voitures de luxe, les autoroutes, le champagne et les jeux sont le meilleur endroit où investir l’argent public.

Lire la suite...

lundi 12 décembre 2016

30 bonnes raisons de sortir de l'Europe

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« Un carcan ne se réforme pas ; un carcan on le brise ou on y crève »

La critique de l’Union européenne revient depuis ces derniers mois dans l’actualité éditoriale (beaucoup plus que dans les primaires politiques!), faisant un contre-feu bienvenu à la propagande européiste qui n’a à la bouche que le mot de « populisme » lorsque, scrutin après scrutin, les populations soumises à la torture économique (quand ce n’est pas l’extermination, selon la position de classe et... l’appartenance nationale) crient leur révolte. Il existe cependant deux types de livres, lesquels peuvent se retrouver assez largement sur une critique radicale de la « malfaçon » européenne, pour en tirer étrangement des conclusions radicalement opposées. Longtemps, en effet, si on excepte l’époque bénie de la campagne référendaire de 2005 (on est loin d’être certains que si l’équivalent devait survenir les désormais « altermondialistes » seraient aujourd’hui dans le même camp), la critique de l’UE visait essentiellement à reconnaître des « dysfonctionnements » (si peu...) pour invoquer soit « plus d’Europe », soit une « autre Europe ». Dans ce registre un nouveau type de livres est apparu, une critique beaucoup plus radicale, au sens des « racines », plus structurelle, une critique parfois très bien argumentée et convaincante mais qui, curieusement, débouche sur les mêmes préconisations, « plus d’Europe » ou « une autre Europe ». Il s’agit d’ailleurs bien souvent de s’approprier des travaux faits par d’autres pour... en changer la conclusion ! Ce qui a le bon goût de réconcilier l’inconciliable (« les deux gauches » au sens électoraliste du terme) et pour les auteurs, la vertu critique éventuellement « indignée » et... la soumission, garante de la préservation d’une certaine place au sein du « cercle de la raison »... opportuniste. Le livre d’Olivier Delorme, « 30 bonne raisons de sortir de l’Europe » qui vient de paraître (décembre 2016) aux éditions H&O n’appartient pas à cette catégorie. Ces 30 bonnes raisons, loin de l’abécédaire, sont en fait 30 chapitres faciles à lire qui lapident les mythes de la propagande, historiquement, économiquement et politiquement, pour déboucher sur un pressant appel, avant toutes autres choses possibles par ailleurs à l’organisation des forces permettant une sortie du « carcan européen » (l’auteur reprend le titre de l’excellent ouvrage d’Annie Lacroix-Riz) qui serait aussi une façon de ne pas être entraînés dans son éclatement probable et le chaos qui en résulterait (« Gouverner, c’est prévoir », le moins qu’on puisse dire c’est que ça ne prévoit plus beaucoup !). Il articule ainsi un idéal politique, ancré dans une histoire nationale perçue comme un processus cumulatif (séparation des pouvoirs, démocratie, sécurité sociale etc.) et un pragmatisme non moins politique face au « trou noir » économique et politique européen (pour reprendre ici une expression d’Emmanuel Todd).

Contre le "Roman européen"

Olivier Delorme n’a pas peur des foudres européistes puisqu’il aborde tant la nécessité de réhabiliter le cadre mental, politique, économique et social de la nation, que les impérialismes américain et allemand qui s’affrontent de plus en plus sur le continent depuis que le premier, architecte en chef de la construction européenne se voit concurrencé par une Allemagne réunifiée ayant imposé sa monnaie et s’étant imposée par sa monnaie. Le Musée de l’Europe, non plus[1]. Car, paradoxalement, ou plutôt ceci expliquant cela, c’est au moment où ces deux nations se font de plus en plus impérialistes en Europe même, qu’il est de bon ton à « gauche » non pas tant de critiquer la nation, ce qui est sain (mais encore faudrait-il la critiquer partout, et particulièrement celles qui s’affirment au-delà de leurs frontières, ce qui reste bien sûr le cas de la France mais de plus en plus comme supplétif) mais d’interdire toute perspective historique, politique – et futuriste !- à son sujet, l’abandonnant, comme la question de l’euro et de l’UE, aux démagogues de droite de tout poil... qui l’utilisent pour faire passer la pilule de l’abandon, en pratique, de la souveraineté en agitant de purs symboles, en général belliqueux et racistes. On redoute l’effet de cette propagande sur son public-cible, mais il faut bien constater qu’elle est d’une efficacité « radicale » sur une certaine gauche dont les cris d’orfraie attestent qu’elle n’en connaît plus aucune autre définition que celle des démagogues de droite (parmi lesquels on inclut bien évidemment Manuel Valls), dont elle valide ainsi consciencieusement la propagande, contribuant à laver le cerveau de ses concitoyens. Mais revenons à notre auteur.

Au nombre des secrets de polichinelle qu’on est tenu d’éviter d’aborder dans la bonne société, éventuellement « progressiste », comptent les origines sulfureuses de cette Europe, avec une certaine continuité technocratique entre ce projet américain (puisque c’en est un) concrétisé dans l’après-guerre et le projet d’Europe allemande dans lequel une partie des élites, non moins technocratiques (on pourrait ici citer Paxton sur le rôle du courant technocratique né dans les années 30 autour d’Emmanuel Mounier et de son rôle dans la Collaboration économique), ont fait leurs premières armes « européennes » aux alentours de 40-44. Et le fait que ce projet est indissociable d’un autre traité, celui de l’OTAN.

Car si le « roman national » a pour certains mauvaise presse, soit par l’aspect « roman » soit par l’aspect « national » soit les deux, la polémique est bien faite pour cacher que le « roman européen » lui ne pose problème à personne, aussi grossier soit-il ! L’Europe, c’est la paix, l’Europe est un surcroît de puissance, Pères Fondateurs, couple franco-allemand, Parlement européen etc. autant de mythes qu’il est sans doute plus utile de « déconstruire » que ceux de l’histoire nationale (on n’en est quand même plus aux beaux jours de l’école de Jules Ferry!), par les temps qui courent, pour substituer à « ce que l’Europe n’est pas » « ce que l’Europe est en réalité », pour reprendre les intitulés des deux premières parties de cet ouvrage.

Le point d'aboutissement d'une histoire

Véritable manuel de résistance aux litanies de la propagande, politique, médiatique et demi-savante, ce manuel d’éducation populaire est nourri d’une sainte colère, finalement peu partagée, au-delà de quelques exercices convenus « d’indignation », par un certain internationalisme dont on doit bien se demander si, tout préoccupé de stigmatiser la nation sur la base de vagues souvenirs scolaires, il ne voit pas sa destruction, certes un peu brutale, en Grèce, comme un simple mauvais moment à passer, ou une erreur manifeste. Bon connaisseur de ce pays et historien des Balkans, Olivier Delorme n’a jamais quitté des yeux le « laboratoire grec », ce qui est loin d’être le cas de tous ceux qui ont vécu une grande aventure romantique de triomphe de la gauche avec Syriza et se bouchent désormais les oreilles pour ne pas entendre les râles d’un peuple que les institutions européennes assassinent et dépouillent « en notre nom ». Pour ne pas tuer la croyance en une alternative de gauche alors même que la stratégie de Podemos s’est également avérée un échec en voulant concilier l’inconciliable - ou en se donnant le temps que les sièges du parti de gauche se libèrent pour que « rien ne change »  ? Ce sont des questions que le Musée se pose de plus en plus en ces temps de campagne électorale car nous partageons, et elle nous coupe en fait le souffle, cette interrogation d’Olivier Delorme : « Comment peut-on... parler de l’UE et de sa réelle nature sans regarder s’actualiser sans frein son ubris sur ce petit pays méditerranéen ? ».

Toujours est-il que la « stratégie du choc » semble produire ses effets et paralyser les esprits les empêchant de reconnaître que la Grèce constitue une sorte de point d’aboutissement et non une « déviation ». Comme l’écrit l’auteur sur la base de sa démonstration historique « l’UE n’est que le développement logique et l’aboutissement d’un projet conçu par les Saint Pères fondateurs (sur lesquels vous saurez tout en lisant ce livre, notamment de leurs rapports avec les États-Unis, les « forces cléricales les plus réactionnaires », les « patrons de la finance et de l’industrie qui ont souvent soutenu les régimes totalitaires ou collaboré avec eux, et qui ont tiré profit de l’intégration économique du reich allemand étendu aux dimensions du continent » NDE ) pour servir exactement ce à quoi il sert aujourd’hui. »

Neutraliser la démocratie parlementaire et constitutionnaliser l'ordo-libéralisme

Il est exact que ceux qui alertaient sur la nature profonde de cette Europe, renouvelant les critiques du PCF que son effacement et sa social-démocratisation a fini par transformer en europhile, au tournant des années 2000 ne pensaient pas voir leurs pires cauchemars se réaliser. Pierre Bourdieu, qui n’a pas eu le temps de voir se vérifier ses sombres anticipations, insistait sur des « politiques à effet retard », rendant la lutte difficile puisqu’on n’en voyait pas encore les effets, lointain écho à Jean Monnet dont l’auteur résume ainsi la méthode : « créer une multitude de faits accomplis dont les citoyens ne doivent pas pouvoir distinguer la logique ni le but, faute de quoi ils y feraient obstacle. »

Et à mesure que les citoyens font « obstacle », les coups d’État se multiplient, d’autant plus que la multitude de « faits accomplis » a fini par atteindre la masse critique permettant au couple Commission européenne-BCE de mettre au moins les petits États à genou, avec la complicité des grands. Ces coups d’État sont inscrits à la fois dans une utopie fédéraliste (impossible à réaliser) qui nécessite de détruire les institutions démocratiques nationales et « l’ordolibéralisme » qui vise à mettre l’économie sous le contrôle de « lois naturelles » - qui ont sacrément besoin d’être légiférées ! : « le cadre européen dans lequel s’exerce ce que l’on continue à appeler démocratie a pour fonction essentielle de neutraliser la démocratie ».

De ce point de vue là, l’euro est une arme fatale. Et pas seulement parce qu’il est dans les mains de la BCE, fondée de pouvoir du « Parlement des investisseurs » comme dirait Chomsky, qui l’utilise effectivement comme une arme, de façon extraordinairement agressive, comme on l’a vu en Grèce et à Chypre. Mais aussi parce que c’est une arme de destruction massive des économies, « l’euro n’est pas européen » : « Car si le mensonge fondateur de l’Europe fut de prétendre qu’on se mettait à plusieurs pour être plus forts, alors qu’on privait les peuples de la maîtrise de leur destin, le mensonge fondateur de l’euro fut d’affirmer qu’on créait une monnaie européenne alors qu’on dessaisissait ces peuples de leur souveraineté monétaire – instrument essentiel de leur liberté – au profit d’une monnaie allemande. » Non seulement parce qu’elle aboutit à la surévaluation insoutenable de la monnaie des États moins compétitifs que l’économie la plus puissante d’Europe, c’est à dire à la destruction/colonisation de leurs économies - et on entend par là non pas seulement leur compétitivité internationale mais bien leur capacité de production pour satisfaire des besoins intérieurs, et toutes les relations sociales qui y sont liées, concurrencée par l’étranger, désormais « européen » qui ne veut rien de moins que son anéantissement comme naguère la capacité productive de la RDA - mais aussi parce qu’il s’agit d’une construction idéologique, d’une idole, d’un « Dieu maléfique » dirait Emmanuel Todd (« une prophétie de malheur » pour ses fidèles, dirait Max Weber ? ») : en effet, « l’euro n’est pas une monnaie, c’est un carcan idéologique ».

Et nous souffrons à des degrés divers - en fonction de la position dans les rapports de production et de la nationalité, il signifie éventuellement et plus souvent et massivement que l’on veut bien le voir la mort – et absurdement depuis la mise en place de cette idéologie monétaire mortifère qui fait en outre revenir les années 30 comme une farce, économiquement, politiquement mais aussi militairement. Une farce dont on ne sait où elle va s’arrêter et quelles désolations elle va encore semer. C’est sans doute là le chapitre central du livre qui en seulement huit pages limpides, permet de faire comprendre la source du Mal et de son accentuation incessante par des comptables déments avec le lâche assentiment d’élites politiques, particulièrement françaises, complices de cet « impérialisme par défaut qui ne s’impose qu’à cause de la fascination, de l’aveuglement et de la veulerie de ceux qui devraient y résister ». Une chose est sûre en tous cas, les États qui ont refusé l’euro se portent beaucoup mieux ! Car oui, « It’s economics, idiot ! ». Mais c’est aussi la politique, car entrer dans l’euro c’est se soumettre à des règles de plus en plus absurdes et anti-économiques, dont le seul but, qui n’est pas rien, devient en fait de détruire les conquêtes inscrites dans l’État social, « construit dans le cadre national après 1945 (qui en) assurant à tous une sécurité minimale en permettant une répartition des richesses la moins inégalitaire que l’homme ait jamais connue dans son histoire, a bien plus contribué à la paix que l’Europe ».

Les ambiguïtés de "la gauche de la gauche"

Si la tragédie grecque peut servir à l’histoire de l’Europe, c’est peut-être d’en finir avec le mythe européiste, car il est devenu on ne peut plus clair que le projet de construction est un projet de destruction des « droits les plus sacrés du peuple » ce que seule la gauche de gauche portugaise semble désormais assumer clairement. Et si on fait le tour des « présidentiables » en France, qui au moins peuvent générer la croyance qu’ils pourraient être élus pour faire une politique de gauche, le moins qu’on puisse dire c’est qu’à ce jour le seul qualifié sous ce critère est loin d’être particulièrement hardi sur la question européenne.

« La réalité, c’est qu’en éludant le débat essentiel par des formules habiles et des ambiguïtés, on est inaudible. La réalité, c’est qu’il n’y a rien à négocier dans le cadre de l’euro et de l’UE et que si l’on veut refaire de la politique en Europe aujourd’hui – hors celle du chien crevé au fil de l’eau – il faut en sortir. La réalité, c’est que si l’on veut faire autre chose que ce qu’a fait Syriza, il faut dire clairement ces vérités-là. Comment penser qu’on aura le courage , au pouvoir, de conduire les difficiles mais indispensables transitions si l’on n’a pas, en sollicitant les suffrages, l’audace de dire que ces transitions seront difficiles, mais qu’elles sont indispensables ? (…) La présidentielle de 2017 sera une élection pour rien si l’enjeu déterminant d’une sortie de l’UE – et de l’OTAN – n’est porté par aucun candidat et que celui qui peut troubler le jeu électoral entre droite extrême, droite classique et droite honteuse, en reste à l’artificieux discours de « l’autre Europe », dont tout le monde sait qu’elle n’adviendra jamais mais qu’elle sert d’alibi pour éluder la question de la sortie ».

L’auteur lance donc un appel à Mélenchon à être le candidat du Frexit, insistant fort justement : « une nouvelle constitution, sans sortir de l’euro et de l’UE, ne serait qu’un leurre ». Traduction :la première étape de tout processus constitutionnel conséquent consiste à sortir de l’UE et de pouvoir faire le tri dans les 100 000 pages d’acquis communautaires, mais aussi de se libérer de la Cour européenne de justice qui légifère à travers sa jurisprudence.

Car la troisième partie de son livre s’en prend à un autre secret de polichinelle : l’UE n’est pas réformable et aucune réforme n’est possible dans le carcan des traités, et certainement pas le programme des « insoumis », ce que tous les responsables politiques savent pertinemment, soit qu’ils s’en félicitent plus ou moins secrètement, soit, et c’est là l’avis du Musée, que l’électorat de classe moyenne qu’ils visent y est en grande partie hostile et qu’il ne faudrait donc pas trop le brusquer si l’on veut rassembler tous les déçus du PS. Ceux qui savent à quoi s’en tenir depuis trente ans, pour être les principales victimes, ont de bonnes raisons de ne pas faire confiance à un tribun de gauche qui se refuse jusqu’ici à prendre de véritables engagements, notamment celui de faire « place au Peuple » en promettant un référendum, ce qui serait pourtant sans doute un moyen de rallier des électeurs qui veulent « renverser la table » et craignent par-dessus tout d’être une nouvelle fois cocufiés. Car le « peuple » n’est pas dans un processus constituant « de gauche » mais bien dans le référendum, comme en 2005, comme dans le Brexit. Il n’y a que là qu’il puisse se rassembler pour poser un acte souverain et se libérer du carcan, au-delà des contradictions du marché électoral. Là se trouve la majorité temporaire, la Zone d'Occupation Temporaire du champ politique!

«Il faut arrêter de jouer avec les mots et les électeurs... Prétendre que, parce qu’on a du caractère, parce qu’on tapera du poing sur la table, parce que « moi je saurai résister, avec moi ce ne sera pas comme les autres, moi je saurai me faire entendre », on pourra inverser les logiques à l’œuvre depuis 60 ans relève de l’illusion. Ou du rideau de fumée à la Syriza. »

Élisons une sortie de l'UE ! Ce qui est encore la meilleure façon de ne pas faire "le jeu de l'extrême-droite"... La voilà, la convergence des luttes ! Ce livre, à la portée de tous, fournit les arguments permettant de rassembler le plus grand nombre autour d'un tel projet, ce qui est fort différent de la volonté de "créer un peuple" à son image... Car il en existe déjà un.

Le Concierge

Olivier Delorme, 30 bonnes raisons de sortir de l'Europe,H&O, en librairie depuis le 5 décembre 2016.

Notes

[1] Pour être parfaitement clair sur ce que nous concevons en ce domaine lire Code du travail : Proclamation de la République sociale démocratique et solidaire en danger

vendredi 9 décembre 2016

Un rassemblement de classes moyennes?

Jean-Luc Mélenchon a déclaré, dans une de ses dernières interventions publiques (texte écrit en octobre 2015, mais le problème de fond demeure, Note du Concierge), sa volonté d’« élargir » le Front de gauche aux frondeurs du PS et aux écologistes. Je ne vois aucune objection de principe à opposer à l’idée de « rassembler » le plus largement possible les forces capables d’imposer un changement politique véritablement démocratique en France. Même si cette intention de « rassemblement » ne me paraît pas dénuée de visées électoralistes, je veux la prendre au sérieux et dire ce qu’elle m’inspire.

Puisque l’attachement du Front de gauche et de son principal animateur aux principes démocratiques ne me paraît pas contestable, et puisque la démocratie, c’est la souveraineté populaire, c’est-à-dire le pouvoir de tout le peuple, y compris de ce qu’on appelle en sociologie des « classes populaires » (très nombreuses mais périphériques, banlieusardes, rurales, laborieuses, smicardes, sous-payées, sous-diplômées et dépolitisées), et puisque, parmi les électeurs du Front de gauche, comme d’ailleurs ceux de toutes les autres formations politiques, il ne semble pas y avoir pléthore de petites gens, je ne vois qu’une seule interprétation possible de la déclaration de Jean-Luc Mélenchon : ayant pris conscience de la désaffection grandissante des classes populaires pour les partis prétendument démocratiques et républicains et leur politique de gestion de l’ordre établi, le Front de gauche a décidé de s’adresser expressément aux classes populaires, comme le faisait naguère, mais ne sait plus le faire, le Parti communiste, pour qui les classes populaires se sont dissoutes dans un magma indifférencié, « les gens ».

Hélas, ce qu’a dit Mélenchon à Toulouse ne va pas du tout dans ce sens. Il n’a pas dit : « Prolétaires des villes et des campagnes, travailleurs de toutes origines, de toutes ethnies, de toutes confessions, de tous genres, de toutes entreprises, ouvriers, paysans, salariés agricoles, petits employés, petits retraités, chômeurs, intermittents, licenciés, expulsés, exploités, méprisés, sacrifiés et damnés du capitalisme, ralliez-vous à mon panache rouge, vous le trouverez toujours sur le chemin de l’honneur et de la défense des petits. » Il n’a même pas appelé cette masse d’exclus du jeu politique à faire front uni avec les salariés des classes moyennes dans la commune perspective de mettre un terme à la domination du capital sur le travail. Non, Mélenchon a invité les militants et les électeurs du Front de gauche, qui sont pour l’essentiel des membres des classes moyennes, à se rassembler avec les frondeurs du PS et les écologistes, qui appartiennent non moins essentiellement à d’autres constellations de la même nébuleuse sociologique, parfois même à des « astres morts » (Jean-Vincent Placé dixit).

Autrement dit, Mélenchon n’imagine pas que la rupture – que par ailleurs il préconise – avec la logique de la domination capitaliste implique une autre stratégie que le rassemblement d’une classe moyenne complètement inféodée au système. Autant demander à un alcoolique qui crève d’une cirrhose de se soigner au rhum. Les grands pays européens d’une façon générale, et la France en particulier, ne cessent de mesurer les dégâts de toute nature provoqués par un demi-siècle de moyennisation à outrance (depuis les années 1950), mais il y a encore des esprits, et non des moins distingués, pour croire que l’adoption à marche forcée du modèle américain peut produire autre chose que le déni d’humanité, d’intelligence et de justice que nous dénonçons aujourd’hui. Ainsi donc il n’est pas encore suffisant que les classes moyennes aient fait allégeance, à quelques groupuscules près, à la puissance capitaliste pour le compte de laquelle elles déploient leurs talents dans tous les domaines, il n’est pas suffisant qu’elles aient renforcé le pouvoir de l’Usine et de la Banque par celui de l’Amphi, du Labo et du Studio, en entassant capital culturel sur capital financier. Il faut aussi, pour parfaire la suprématie bourgeoise, que la démocratie se débarrasse de ses classes populaires, pour que les riches et leurs auxiliaires se partagent tous les pouvoirs.

Melenchongroupie

Je ne dis nullement que c’est là le projet délibéré de Mélenchon et de ses amis. Je dis que l’hégémonie conjointe du capital financier et du capital culturel sur notre civilisation ne peut qu’être consolidée objectivement par un rassemblement des classes moyennes comme celui proposé par Mélenchon. Au demeurant, il ne s’agit pas là d’un risque hypothétique ; c’est la situation dans laquelle se trouvent effectivement toutes les prétendues démocraties occidentales qui ont réussi, chacune à sa façon, à réaliser le paradoxe d’instaurer la démocratie sans le peuple, et plus exactement sans les classes populaires. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui le social-libéralisme (ou social-démocratie), dont les champions se retrouvent indifféremment au PS et chez les Républicains.

Les responsables de cet escamotage politique, ce sont bien sûr les forces d’un système totalement soumis, en dernier ressort, à l’argent. Mais celui-ci n’aurait pu obtenir un tel résultat sans la collaboration, aussi zélée qu’intéressée, des nouvelles classes moyennes qui, tout en affichant les meilleures intentions du monde, ont entrepris, sous couvert d’émanciper les classes populaires, de les mettre, depuis deux générations, sous assistance, sous tutelle, sous contrôle, sous l’éteignoir et finalement sous le tapis, à force de parler à leur place et d’agir en leur nom. Le Front de gauche et Jean-Luc Mélenchon seraient bien avisés, en même temps qu’ils s’honoreraient, de travailler à redonner vie politiquement aux classes populaires, à les rendre de nouveau visibles et audibles, non pas simplement en les réintégrant à titre de supplétifs électoraux à l’intérieur du système qui les exclut, mais en leur proposant de se battre pour un autre avenir que celui de la promotion individuelle dans le système, un autre horizon que celui de l’intégration aux classes moyennes et un autre idéal que celui qui consiste à vouloir devenir des bourgeois, en tout petits.

Alors seulement le Front de gauche pourra se flatter d’être vraiment à gauche. Pour le moment, il n’est qu’aux classes moyennes, qui sont, frondeuses ou serviles, les groupies du capitalisme.

Alain Accardo

Chronique parue dans La Décroissance sous le titre "Pour un regroupement des groupies" en octobre 2015

jeudi 8 décembre 2016

Jeroen Dijsselbloem et Pierre Moscovici font front commun pour imposer une régression sociale contraire au droit international.

En août 2016, quelques semaines après le non au référendum, le gouvernement grec signe le troisième accord (MOU, Memorandum of Understanding) avec les créanciers. La Grèce recevra périodiquement des prêts lui permettant pour l’essentiel de rembourser sa dette, mais à une condition : faire des « réformes » qui seront périodiquement évaluées. Une première évaluation (review) a entériné un premier paquet de réformes, dont celle des retraites. Une deuxième évaluation était prévue avant la fin de l’année, qui devait sanctionner un nouveau paquet de réformes portant notamment sur le marché du travail.

À leur réunion du 5 décembre, les représentants de l’Eurogroupe ont refusé d’avaliser le dernier train de réformes. Ils ont cependant accepté ce qui est présenté comme un allègement de la dette. Commençons par le premier point, parce qu’il est révélateur de la violence et de l’hypocrisie des créanciers européens. Le point de blocage est la réforme du droit du travail. Les ministres de l’Eurogroupe voudraient relever de 5 % à 10 % du personnel le plafond des licenciements collectifs, supprimer l’autorisation du ministère du travail et refusent que soit restauré le principe des négociations collectives, supprimé durant la crise. Bref, le bras de fer continue et le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, comme Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques, font front commun pour imposer une régression sociale contraire au droit international.

Voilà pour le bâton. Quant à la carotte, c’est un allègement en trompe-l’œil. Il résulte d’une négociation parallèle et discrète avec le MES (Mécanisme européen de stabilité) qui finance les 86 milliards de prêts prévus pour ce troisième MOU. Les mesures sont assez techniques. La première consiste à allonger la maturité des prêts du deuxième MOU de 28 ans à 32,5 ans et ainsi de lisser un peu les remboursements des années 2030 et 2040. Le deuxième ensemble de mesures vise, pour simplifier, à réduire la variabilité des taux d’intérêt. Enfin, le MES renonce à augmenter de deux points les taux d’intérêt sur une tranche du précédent MOU.

Lire l'article de Michel Husson paru sous le titre "Grèce : « allègement » en trompe-l’oeil" sur le site du CADTM

mercredi 7 décembre 2016

Le gouvernement italien censuré dans les urnes s'apprête à livrer l'Italie à la Troïka

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Défait par les urnes sur un projet de réforme institutionnelle visant à faciliter l'adoption des Oukazes exigées de la Commission et son bras armé la BCE (et assurer l'immunité à une partie du personnel politique via le Sénat), le gouvernement italien envisage de livrer la population aux griffes de la Troïka en demandant un prêt au Mécanisme Européen de Stabilité[1]. Il ne propose donc pas moins que d'aliéner les "droits les plus sacrés du peuple" en transformant l'Italie en semi-protectorat, colonisé par la dette de ses banques... privées. Si l'internationalisme a encore un sens : RÉSISTANCE ! (Le Concierge)

L'Italie pourrait demander l'aide du Mécanisme européen de Stabilité (MES) pour sauver ses banques. Selon le quotidien turinois La Stampa, le ministère des Finances italien aurait déjà préparé un décret permettant de demander à l'institution de Luxembourg pas moins de 15 milliards d'euros pour renflouer le système bancaire italien. Une demande conforme à l'article 15 du traité instaurant le MES qui autorise les Etats de la zone euro à demander un prêt pour renflouer ses institutions financières. Le modèle de cette « aide » serait le plan espagnol qui avait attribué 40 milliards d'euros à Madrid en 2012.

Le problème du recours au MES est cependant double. D'abord, il est coûteux pour l'Etat. La facture finale de la crise bancaire espagnole pour le contribuable espagnol s'est élevée à 4,2 % du PIB, sans compter évidemment le coût social et politique. L'autre problème est que l'aide du MES est liée, à une forte conditionnalité. L'Italie va devoir accepter une « procédure d'ajustement ». La Stampa croit savoir que l'Italie devra corriger « sévèrement » son projet de budget qui était déjà peu apprécié à Bruxelles. Le déboursement de l'aide sera soumis à l'acceptation du conseil d'administration du MES qui jugera si les conditions sont remplies. Autrement dit, s'il n'y aura pas de « troïka » en Italie au sens littéral, puisque le MES agira seul, il y aura bien une « logique de troïka » à l'œuvre.

Lire l'article de Romaric Godin paru sous le titre L'Italie pourrait demander l'aide (sic) du MES pour sauver ses banques sur le site de La Tribune

Notes

[1] Le MES, dont le siège est fixé à Luxembourg, est doté du statut d’une institution financière internationale bénéficiant des immunités dont jouissent les institutions internationales. Il n’a donc aucun compte à rendre ni au Parlement européen, ni aux parlements nationaux, ni aux citoyens des États membres et ne peut en aucun cas faire l’objet de poursuites. Par contre, doté de la personnalité juridique, le MES pourra ester en justice. Locaux et archives du MES sont inviolables. Il est exempté de toute obligation imposée par la législation d’un État Membre. Le MES, ses biens, fonds et avoirs jouissent de l’immunité de toute forme de procédure judiciaire.Lire Un véritable coup d’Etat se prépare le 21 février 2012

Breaking the news : candidature de Manuel Valls

vallsAntony.PNG Cliquer sur l'image pour revivre sa déclaration de candidature

lundi 5 décembre 2016

Tout le monde déteste l'UE !

“Voilà ce que signifie... l’aboutissement du plan de l’euro germanique: Déjà, plus de 500.000 Grecs ont quitté leurs pays, les meilleurs, les plus vaillants, les mieux formés, les plus jeunes. En même temps, ils sont remplacés progressivement par les migrants, et bientôt, autant ceux que l’Allemagne par exemple ne veut pas ou ne veut plus. Un climat alors de guerre civile et de chaos s’installe en Grèce, le risque d’un scénario à la Yougoslave n’est plus impossible, et à la clef, l’Allemagne pourrait... nous livrer à la Turquie, tout simplement”.

“Fort heureusement, le peuple italien leur dit ‘NON’, et espérons que sous peu, le peuple de France formulera alors une réponse similaire. Lors d’un voyage récent en Italie, des entrepreneurs italiens nous disaient alors très clairement: ‘Basta, nous voulons quitter cette Union Européenne allemande’, voilà comment, la fin de l’U.E. se profile à l’horizon. Tandis qu’à Athènes, nos politiciens pantins, font semblant de gouverner, se rendant alors à l’Hôtel Hilton de la capitale pour être interrogés et pour autant recevoir des ordres de la part des membres de la Troïka. Au même moment, l’Assemblée Nationale n’est qu’un piètre théâtre de pantomime, l’ensemble de la législation grecque est actuellement importée et imposée depuis l’étranger, tel est l’état dont nous nous trouvons enfin” (radio Realfm, Athènes, le 5 décembre).

Voilà pour ce qui se dit (entre autres) publiquement à Athènes, suite au grand ‘NON’ du peuple italien. Ensuite, un peu plus tard dans la matinée et sur les ondes de cette même radio, certains messages des auditeurs, pareillement explicites, ont été lus par les journalistes: “La seule et unique solution pour que les peuples européens puissent enfin construire une certaine Europe, c'est déjà... de démolir complètement l'actuelle Union Européenne”. Ou encore: “Un Référendum unique devrait se tenir le même jour partout aux pays de la zone euro, pour rejeter enfin cette ignominie”, et, “Nous remarquons que les journalistes évitent d'évoquer à l'occasion... l'affaire de notre référendum de 2015” (radio Realfm, Athènes, le 5 décembre).

(...)

Il y a alors comme un parallèle avec l’effondrement de l’Union Soviétique, le système avait fini par tourner dans le vide, la propagande des dirigeants, des médias, des supposées intellectuels et universitaires, des nantis du système n’ont plus tellement (et bientôt plus du tout) de prise sur les populations. Il n’y a plus d’autre solution pour le système en place, que de prendre la situation en main par la violence (par exemple dans un régime totalitaire ouvertement... accompli). Ceci, pourrait autant se réaliser par le biais du sentiment de la peur devenu dominant, peur alors destructrice comme on sait du lien social et donc de toute lutte organisée et efficace.

Peur au quotidien, désocialisation, peur au travail, peur... au chômage, peur de la mort, peur du froid, peur de la faim ; peur enfin de la menace hélas concerte des islamistes ou “islamistes”, qui pourront par exemple encore sévir de leur manière abominable... en Italie, en France... en Allemagne comme ailleurs dans cette Europe.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou par sous le titre "Au nom de la dignité" sur son blog Greek Crisis

François Hollande : "Mon action comme président est d'abord une action de protection des plus fragiles"

michel-sapin-de-g-a-d-a-bruxelles-le-25-juin-2015_5365781.jpg Michel Sapin, tortionnaire du peuple grec au nom du peuple français

Le programme d'ajustement budgétaire grec, exigé par l'ensemble des ministres des Finances de la zone Euro, comprend un ensemble de nouvelles mesures sévères, selon les sources.

Le nouveau document, qui définira le point de départ des discussions au cours de la réunion de l'Eurogroupe, le 5 décembre prochain , inclut de nouvelles coupes dans les prestations de solidarité sociale pour les retraités (CFST) et " l'allocation chauffage" pour les plus modestes.

Le parlement grec sera contraint de légiférer sur une série de nouvelles mesures drastiques, en espérant un allègement de la dette.

- L'allocation de solidarité sociale (EKAS) octroyée aux plus bas revenus, diminuera de 40% à compter du 1er janvier prochain. Elle sera complètement abandonnée en 2018. 430 millions d'euros seraient ainsi économisés en 2017.

- La suppression ou la réduction de "l'allocation chauffage". Seuls 105 millions d' euros seront affectés au budget 2018, contre 210 en 2014.

- La suppression ou une limite de 50% sur les déductions fiscales liées aux dépenses de santés et frais médicaux (pour les maladies lourdes et/ou invalidantes).

- L'abandon de la réduction mensuelle de 1,5% sur l'impôt pour les travailleurs salariés et les retraités .

- La suppression du statut fiscal spécial des marins.

- La suppression des allocations familiales ( actuellement versées aux parents qui travaillent, et d'un montant de 4,11€ par enfant).

- L'abolition de l'allocation "spéciale étudiants".

(www.lepetitjournal.com/athenes) vendredi 2 décembre 2016

dimanche 4 décembre 2016

À nos amis

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Meimarakis révèle que tous les partis politiques avaient été... fort aveuglés par les sondeurs. Ces derniers prévoyaient que les Grecs voteraient en faveur du ‘OUI’, et cela à plus de 60%. Il a même précisé que, dans un premier temps, ceux de la Nouvelle Démocratie pensaient s'abstenir du référendum, mais finalement, leurs cadres ont décidé d’y participer parce que tous les sondeurs avaient prédit la large victoire du ‘OUI’. En effet, Tsipras lui-même fut séduit par ces mêmes sondeurs. Il croyait en cette large victoire du ‘OUI’, et elle lui laisserait enfin les mains libres. Un ‘OUI’ massif au référendum, lui offrirait tout l'alibi politique nécessaire pour alors capituler et ainsi livrer totalement le pays aux envahisseurs néocoloniaux de l’UE et du FMI (Allemands en tête).

“Voyez-vous, c’est exactement le contraire qui s’est produit, le ‘NON’ l’a emporté à plus de 60%. En effet, et c’est bien exact, l’histoire que Varoufákis (ministre des Finances) et Konstantopoúlou (Présidente de l’Assemblée nationale) ont raconté: au soir des résultats, lorsqu’ils se sont rendus à la Résidence du Premier ministre, ils ont alors découvert un Alexis Tsipras décomposé, ne sachant plus quoi faire. Parce que le ‘NON’ l’avait emporté, et cela si largement !”

“Et je dois vous dire que ce jour-là, tous les dirigeants... ils ont été psychologiquement et politiquement effondrés, mais alors tous”. Puis, Meimarakis, révèle tout l'arrière-plan, suite à la démission de Samaras (chef de la Nouvelle Démocratie jusqu’au soir du referendum) et par la suite, il raconte comment “durant ces heures cruciales les décisions importantes ont été prises afin de trouver une solution au NON”, autrement-dit, comment annuler et trahir le verdict populaire des Grecs. On peut... accessoirement remarquer que Meimarakis en rigole lors de l’interview, c’est au moment où il expose “l'exploit et ainsi succès” qui consiste à inverser le trahir et à annuler le vote.

Enfin, poursuit-t-il, rendant... hommage au rôle du Président de la République (issu des rangs de la Nouvelle Démocratie), “ce dernier était en contact permanent avec ces éléments extra-institutionnels de l'UE et de l'étranger”, je dirais, les vrais maîtres de la politique grecque. Il en rajoute, en précisant qu’il est entré lui-même “en contact avec les éléments importants de l'UE, et que ces derniers”, l’ont convaincu d’accepter à prendre les commandes de son parti (suite à la démission de Samaras) “car les moments étaient fort difficiles”. En réalité, pour Meimarakis, comme pour Tsipras et comme pour les autres, “les moments fort difficiles” surviennent lorsque le peuple ose dire ‘NON’ aux ordres des patrons étrangers que les politiciens et autres ministrions “grecs” exécutent alors si docilement.

C’est ainsi, l’hiver européen... et cela jusqu’au port du Pirée. Sur son marché, les clients ne se bousculent pas comme avant, et à travers leurs affiches, les syndicats des marins, dénoncent la mise à mort de leurs Conventions Collectives et de leurs droits... par le gouvernement SYRIZA/ANEL. D’ailleurs, une main anonyme et certainement... populiste, y a rajouté: “Agents de la CIA”.

Cependant, je dirais à nos amis Italiens, que leur referendum, pourrait ne pas être directement comparé à celui des Grecs en 2015, mais plutôt, à la situation grecque des années 2011-2012. On se souviendra des mouvements populaires quotidiens contre la Troïka et contre le gouvernement primo mémorandaire de Georges Papandréou, dit “le simplet”, ou encore “le traître”.

Georges Papandréou avait tout de même osé (?) annoncer la tenue d’un vote référendaire, suite à cela, il a été “recadré” et d’ailleurs publiquement humilié par le duo Sarkozy - Merkel lors du sommet de Cannes, en octobre 2011. En réalité, ce référendum interdit par les Grandes Puissances (car l’Union Européenne c’est la géopolitique... plus l’hypocrisie), aurait largement fait apparaître la volonté du peuple grec de dire ‘NON’ à ses agresseurs et à leurs sbires bien d’ici. De retours de Cannes, Georges Papandréou avait été en réalité destitué par Merkel - Sarkozy, et dans l’avion du retour, Venizélos, son bras droit, le remplaçait déjà dans les affaires de son parti, le PASOK.

La suite (en Grèce déjà) est connue. Le système européiste a aussitôt imposé à la Grèce un Premier ministre de type ouvertement “Quisling”, en la personne de Loukás Papadémos, (entre autres) vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), un gouvernement dit “d'union nationale” composé de la droite (Nouvelle démocratie) des socialistes (PASOK) et de l’extrême-droite (parti LAOS).

“Le processus actuel de la démondialisation contrôlée qui gagne du terrain à travers les métropoles capitalistes traditionnelles, de toute évidence, ce n’est pas le plan stratégique de la gauche. Cette dernière ne peut pas et ne doit pas être rajoutée à cette nouvelle variante du fascisme international”, écrit Yórgos Kyritsis, éminent Syriziste, au quotidien du parti Tsiprosaure “Avgí” (30/12/2016). Du moins c’est... clair.

SYRIZA, dont deux parmi les membres de son gouvernement sont par exemple ouvertement liés aux fondations du financier Soros (lequel fait sa guerre par d’autres... gros moyens), considère à présent que tous ceux qui luttent pour la démondialisation sont alors (uniquement) fascistes.

Ce que l’Italie devrait ainsi éviter, c’est la mise en place après l’échec (quasi-prévisible ?) de Renzi, d’un gouvernement dit “technique” (ou “technocrate”) de type Papadémos, au-delà d’un lapse de temps nécessaire jusqu’à la tenue des prochaines élections législatives. Ensuite, il va falloir observer de très près les formations politiques œuvrant en faveur de la sortie de l’Italie de la zone Euro, afin de détecter si possible rapidement, toute... mithridatisation en cours. Il en va de même en France d’ailleurs, pour ce qui est des formations et candidats et candidates qui prétendent vouloir éloigner la France de l’Eurozone germanique (Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen notamment).

Sauf que l’Italie n’est pas la Grèce, autrement-dit, son histoire ainsi que son poids (et place) dans la géopolitique du continent européen est bien différente. L’Euro, cette arme de destruction massive, par ailleurs déifiée de manière calculée par les pseudo-élites des dominants, a détruit suffisamment la Grèce pour ne plus arriver à imposer ce même sort au peuple d’Italie. L’Italie, doit déjà sortir de l’Euro (en réalité le détruire), la Grèce de son côté, doit en plus, quitter l’Union Européenne... pour commencer. Et tous ceux qui, en Italie comme en France émettent déjà leurs critiques envers l’univers concentrationnaire européiste, ils devraient également déjà clarifier leurs positions, quitte à étonner certains. (souligné par nous)

Lire l'intégralité de l'article de Grigoriou Panagiotis paru sous le titre "A nos amis italiens" sur son blog Greek Crisis

Lettre ouverte à M. Tsipras

Camarade Alexis, je te tire mon chapeau, parce que tu es un gros dur. Le plus gros des durs depuis 450 av. J.C. jusqu’à nos jours en Grèce. Parce que tu fais tout ce que tu veux sans tenir compte de quiconque. Tu prends ton avion personnel, tu le remplis d’amis et d’amies, tu pars à Cuba et tu laisses l’addition de 300.000 dollars à payer par les gugusses qui gagnent 300 € par mois dans le meilleur des cas. Tu fais tout ce qui te plaît. Tu parle sur la Place de la Révolution à La Havane où parlait Fidel, comme un révolutionnaire pur et dur. Tu te dresses de toute ta superbe contre le Capitalisme Impérialisme. Tu te goinfres (600 euros pour un repas payé par le Ministre des Affaires Étrangères, donc par tes lèche-bottes). Tu t’amuses, tu fais la fête, alors que les gugusses de Grecs font la queue pour retirer leur retraite, payer électricité, banques, hôpital et surtout austérité sur austérité. Tu te la joues révolutionnaire et quand tu reviens, tu redeviens ce que tu étais, un gamin qui court pour exaucer tous les caprices de Merkel, d’Obama et de Juncker, que tu fustigeais de Cuba - et ça retombe à nouveau sur le dos du peuple grec si intelligent, parce que c’est lui qui a décidé d’être gouverné par des gens sans supporters et sans honneur, qui jouent les gouvernements. Rendez-vous aux abattoirs,

Mikis Theodorakis

Décembre 2016.


« À l’occasion de la lettre ouverte de Mikis à Tsipras, je me suis rappelé les moments que j’ai vécu avec Mikis en février 2012. Je vous raconte ici quelque chose qui n’est pas public, mais que j’ai vécu en première ligne et qui concerne Mikis et Tsipras.

Le 11 février 2012, une journée avant le vote à la Vouli du 2ème mémorandum, nous sommes chez Mikis et nous faisons les plans pour la manifestation du jour suivant. Glézos ont décidé de descendre à Syntagma et de manifester avec les milliers de citoyens. Moi je devais les accompagner en tant que médecin, parce qu’ils savent tous les deux qu’ils vont être attaqués par la police. Dans les plans, il est prévu que Tsipras sorte du Parlement, devant le Soldat Inconnu, où il doit rencontrer Mikis et Glézos, puis tous les trois doivent manifester avec le peuple. L’entente entre Mikis et Tsipras se fait devant moi au téléphone. Mikis est enthousiaste !

Le 12 février 2012, nous sommes arrivés devant le Soldat Inconnu. Le peuple défile par centaines de milliers dans le centre d’Athènes. Police et MAT partout. Tsipras nulle part. Les MAT ne perdent pas de temps et ils jettent les premiers lacrymos sur Mikis et Glezos. Très vite Athènes est noyée sous les lacrymos. Tsipras n’est nulle part ! Après quelques heures nous rentrons au sein du Parlement avec Miki. Accablé par les lacrymos, sur son fauteuil roulant, il crie dans l’Assemblée : « Assassins, aujourd’hui vous votez la mort de la Grèce ». C’est un des nombreux moments de cette journée où j’ai compris de quels métaux rares est forgé cet homme. Tsipras, visiblement informé que Mikis est entré dans la Vouli, sort de l’Assemblée et vient vers nous.

Mikis (dans son fauteuil roulant, accablé physiquement mais avec un très bon moral et une âme d’adolescent) : « Tu nous as vendus, on t’attendait, pourquoi tu n’es pas descendu ? ».

Tsipras (en costume, sans cravate, bien repassé) visiblement embarrassé, comme un gamin qu’on dispute, avec un sourire hors de propos :

« Nous nous battons ici, Mikis ».

Mikis : »Non Alexis, c’est dehors qu’ils se battent, le vrai combat se donne dehors à cet instant et ta place était là-bas, pas ici. »

Tsipras a bafouillé indistinctement et il s’est éloigné…

Voilà, en guise de réponse à tout ce qui s’écrit sur Mikis depuis hier. »

Yiorgos Vichas, (Dispensaire social Mitropolotiko d’Elliniko)

via Marie-Laure Coulmin Koutsaftis

samedi 3 décembre 2016

Arriver au gouvernement, ce n’est pas détenir le pouvoir

Alors qu’en France, la campagne présidentielle va prendre le dessus dans les débats, il est important de réfléchir sur le rapport qu’il y a entre le gouvernement et le pouvoir réel, en particulier quand il s’agit d’une force de gauche qui accède au gouvernement. L’article ci-dessous a été écrit quelques jours après la constitution du gouvernement d’Alexis Tsipras et avant que soit perceptible pour une grande partie de la gauche que la voie qu’il empruntait allait le conduire à la capitulation. Eric Toussaint analyse de manière synthétique les expériences des gouvernements de gauche en Amérique latine en particulier dans les années 2000 au Venezuela, en Bolivie et en Equateur. L’article publié sur le site du CADTM le 11 février 2015 (le gouvernement Tsipras a été constitué le 27 janvier 2015) se terminait en soulignant qu’il est nécessaire de désobéir au créanciers et prendre des mesures radicales dès le début. Il précisait qu’il fallait refuser de payer une partie substantielle de la dette, qu’il fallait arrêter les privatisations et rétablir pleinement les droits sociaux qui ont été affectés par les politiques d’austérité. Il ajoutait qu’il fallait « socialiser le secteur bancaire (c’est-à-dire exproprier les actionnaires privés et transformer les banques en service public sous contrôle citoyen). » L’article précisait que « Cette combinaison de mesures est vitale car, du côté des créanciers, on entend déjà s’élever les voix de ceux et celles qui proposent de réduire le poids de la dette de la Grèce en échange de la poursuite de politiques de réformes (entendez de contre-réformes, de privatisations, de précarisation des contrats de travail et des droits sociaux...). » Cette dernière phrase correspond exactement avec la situation présente : le gouvernement de Syriza, après avoir capitulé en juillet 2015, a poursuivi l’agenda des politiques néolibérales et annonce qu’un jour avec l’aide des créanciers la dette sera allégée. Le texte d’Eric Toussaint prend également du sens en lien avec la possibilité que Podemos et Izquierda Unida accèdent en Espagne dans les 3 ou 4 prochaines années au gouvernement. Enfin, pour revenir à la campagne électorale en France (la présidentielle de mai 2017 et les législatives qui suivront), l’orientation de l’article peut contribuer aux débats difficiles auxquels les différentes forces de gauche radicale sont confrontées dans un contexte préoccupant. Bien sûr, comme l’article le souligne d’emblée, les luttes sociales constituent un élément déterminant du rapport de force ainsi que les rapports entre ces luttes et la politique gouvernementale.

Lire l'article d'Eric Toussaint sur le site du CADTM

vendredi 2 décembre 2016

Campagne exceptionnelle de soutien - Greek Crisis - 5 ans

L'auteur du blog Greek Crisis, largement relayé par le Musée de l'Europe & de l'Afrique pour la qualité de ses informations, la pertinence de ses analyses, et de l'avertissement circonstancié qu'il constitue pour les autres peuples soumis à la dictature eurocratique, lance un appel à un soutien exceptionnel (en plus des donations mensuelles finançant ce précieux travail). Nous le relayons naturellement, avec tous nos remerciements à Panagiotis Grigoriou pour son indispensable travail. Le Concierge

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J'ai initié mon blog “Greek Crisis” en octobre 2011 (en français) et je ne pensais pas que voilà, au bout de cinq ans, je me dois toujours d’écrire, d’analyser, de rapporter les faits politiques, culturels, tout comme ceux du quotidien grec, l’état des mentalités... lutter même, pour aboutir à un certain sens, ainsi qu’à une certaine survie tout court sans sombrer dans “l’ananthropisme”, en ce XXIe siècle, le nôtre, de plus en plus inquiétant... et déjà suffisamment entamé.

Pour ses 5 ans, et espérant devenir... inutile dans moins de 5 ans, “Greek Crisis - 5 ans” lance cette campagne exceptionnelle, pour attendre la somme des 5.000€ ; elle sera destinée à financer l’acquisition d’une voiture d’occasion, essentielle pour les besoins du blog, et j’espère que nos lecteurs en tiendront compte dans leur action de solidarité et de soutien

Lire la suite sur Greek Crisis

Tunisia 2020 : la jeunesse conteste l’austérité et la corruption

À quelques mètres du palais des congrès où se déroule la conférence internationale sur l’investissement Tunisia 2020, la police a réprimé, cet après midi du mercredi 30 novembre 2016, un rassemblement du mouvement Manich Msamah, devant le ministère du Tourisme. Les militants voulaient gagner le lieu de la conférence qui selon eux « blanchi les corrompus » et continue à consacrer « l’injustice sociale, les disparités régionales, la détérioration des services publics et la perte de notre souveraineté ». Six manifestants ont été arrêtés puis relâchés. Trois autres ont été admis aux urgences des hôpitaux de Tunis.. Après avoir été agressés et harcelés par les forces de l’ordre, les manifestants se sont dirigés vers le théâtre municipale où ils ont poursuivi leur rassemblement.

Mobilisé autour de de son branding, le gouvernement est accusé de corruption et de trahison de ses promesses. Sur l’avenue Habib Bourguiba, Les slogans de la révolution sont toujours d’actualité. « Travail ! Liberté ! Dignité nationale » ou encore « le travail est une priorité ! Bande de voleurs ! » s’ajoutent des slogans s’attaquant directement au chef du gouvernement, accusé de devenir le nouveau « dictateur ». Depuis sa nomination, Youssef Chahed appelle les Tunisiens à plus de sacrifices et de patience. « Hélas, de son coté, il ne donne aucun signe positif qui encouragerait les affamés à patienter encore plus » dénonce Wissem Seghair de Manich Msamah.

Lire l'article d'Henda Chennaoui paru sur le site Nawaat.

dimanche 27 novembre 2016

Ultimes poubelles du marketing politicien

Original File Name: 2016112156.jpg Illus : Efi Achtsioglou. Nouvelle ministre du Travail[1]... hôtel Hilton. Presse grecque, novembre 2016 (Greek Crisis)

Sous la pluie justement et à Athènes en cet automne 2016, il y a de plus en plus de personnes fouillant dans les poubelles, parfois c’est pour en extraire divers restes à recycler, parfois c’est pour y trouver tout simplement de la nourriture. Trop, c’est trop.

Toujours à Athènes en ce moment, et le “gouvernement” va chiner ses... arguments jusqu’aux ultimes poubelles du marketing politicien. La dernière... mode consiste à nommer à certains postes de jeunes femmes, modernes, belles et photogéniques, s’agissant de la nouvelle porte-parole d’Alexis Tsipras à Thessalonique, ou de la ministre chargée de l’emploi (en train de mettre fin à un siècle de conventions collectives tout en instaurant les licenciements dits ‘automatiques’... sous le contact de la Troïka). Notons, que pour... atteindre les membres de la Troïka étendue, les “ministres grecs” doivent se rendre à l’hôtel Hilton (lieu favori de résidence des Troïkans... et de leurs chevaux !), tel est le genre le plus tangible du régime néocolonial que la Grèce connait de la sorte plus en profondeur, comparé à ce que subissent les autres pays de la funeste Union européenne.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Vendredi Noir" sur son blog Greek Crisis

Notes

[1] Par ailleurs épouse du nouveau ministre - américain à passeport grec - de l'Economie et du Développement

Musée Wiertz, Parc Léopold

Wiertzinhumation.jpg Antoine Wiertz, l'inhumation précipitée, 1854

Le Quartier Léopold est « férocement européen », au sens prédateur du terme, il est même précurseur, terrain d'expérimentation de l'expropriation généralisée du bien commun depuis le sol sous nos pieds jusqu'à nos droits à vivre les plus immatériels, la vente à la découpe du continent s'opérant désormais à l'échelle de pays entiers. Car qui ne voit que la construction de l'Europe des trusts est à l'image de ce quartier car elle obéit au même processus ? Les politiques de santé, les retraites, l'agriculture, la culture... ressemblent déjà singulièrement à des Déesses en fonte brandisseuses de « E » frappant les trois coups de la tiers-mondisation du continent. Au martyre grec, donc, le Quartier Léopold compatissant. (Note du Concierge)

Lire Essayage : le Prix Nobel de la Paix vous va si bien !

Voir "Façadisme, choucroute et Démocratie", un film de Gwenaël Brëes

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STOP à la déferlante des bureaux du Parlement européen et à la privatisation de l'espace public

À l’occasion du redéploiement de ses activités de représentation pendant la rénovation du ‘Caprice des Dieux’, le Parlement européen jette son dévolu sur le parc et la maison d'Antoine Wiertz, adjacents au musée du même nom.

Peintre fantasque et surréaliste avant la lettre, Wiertz s’y est installé vers 1850. Dans son testament, il a légué tous ses tableaux à l'État belge pourvu que son atelier soit ouvert gratuitement au public et que sa maison accueille des artistes en résidence. Henri Conscience, le Victor Hugo flamand, y décéda en 1883. Le jeune Auguste Rodin fit ses premières armes dans un des nombreux ateliers installés à proximité du Maître.

Aujourd’hui, beaucoup d’ateliers ont été rasés pour faire place à des bureaux. Le Musée Wiertz et son parc classé sont devenus le rempart contre l’énorme pression exercée par le Parlement européen pour tout le quartier de la chaussée de Wavre et le parc Léopold. Mais, négligé par des pouvoirs publics indolents, voilà qu’il a fini par susciter les convoitises de son insatiable voisin : pendant que le triste ‘Caprice des Dieux’ tentera de se refaire une beauté, la maison du peintre et son jardin deviendraient le lieu ‘convivial’ des sauteries entre personnes de bonne composition.

Par les temps qui courent, les mesures sécuritaires dans lesquelles se complaisent toujours plus les Institutions européennes auront nécessairement des répercussions néfastes sur le Musée Wiertz et sur ce qui a pu être préservé d'espace public et de diversité urbaine dans ce quartier. Avec le retour grandiose du façadisme, consacré récemment par l’installation au chausse-pied de la ‘Maison de l’Histoire européenne’ dans l’ancien Institut Eastman (parc Léopold), faut-il s’attendre aussi à voir se construire 3 étages supplémentaires sur la maison du peintre dont seules les façades auront été conservées ?

Nous sommes ceux qui habitent encore la ville et qui sommes aussi habités par elle, amoureux du patrimoine bruxellois, usagers de lieux culturels, acteurs économiques du quartier ou promeneurs du dimanche. Nous voulons un espace public qui le reste et des musées ouverts à tous. Nous demandons aux autorités belges et bruxelloises que cesse la déferlante administrative et son cortège de mesures sécuritaires dans le parc et le quartier Léopold.

Nous nous opposons à la mainmise de l’administration européenne sur le musée Wiertz et ses annexes. Plutôt que le vendre au Parlement européen (pour un euro symbolique !), nous demandons à l'État belge qu'il honore la mémoire et le testament d’Antoine Wiertz en ouvrant à nouveau sa maison aux artistes et en faisant en sorte que le musée soit mieux promotionné et plus souvent accessible.

Association du Quartier Léopold

Pétition en ligne

mardi 22 novembre 2016

Le Plan B

PlanB1.PNG Cliquer sur l'image pour lire la "Déclaration de Copenhague" qui renoue avec la tradition des "contre-sommets" altermondialistes qui a fait, depuis l'écrasement de celui de Gênes (anti-mondialisation à l'époque), la preuve de son inefficacité "globale" ET "locale" (mais cerise sur le gâteau les "premiers signataires" ne comptent que des politiques - au nombre impressionnant de sept! - se déclarant "Nous, élus, universitaires, syndicalistes, mouvements sociaux, organisations partisanes). Le principal "engagement" est l'organisation "d'un événement annuel du Plan B". Rappelons que la créature Tsipras est sortie de ces contre-sommets... (Note du Conciege)

Pour les followers, cette histoire n'a d'ailleurs pas l'air très claire...

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"CONFUSION", Détail (Collections du Musée de l'Europe & de l'Afrique)

dimanche 20 novembre 2016

"LES GRECS VIVENT AU-DESSUS DE LEURS MOYENS"

Le ministre allemand de l’Economie, Wolfgang Schaüble, s’est surpassé dans la provocation : au cours d’un Congrès de banques vendredi dernier à Francfort, il a affirmé – pour le dénoncer – que « les Grecs vivent au-dessus de leurs moyens. Ils bénéficient de prestations sociales et de pensions hors de proportion avec leur revenu intérieur brut – et même supérieures à celles qui existent en Allemagne ( !) ».

Il a aussi répété que « la Grèce n’a pas de problème pour assurer le service de la dette au cours de la décennie prochaine », selon Reuters. Il a à nouveau émis l’opinion qu’un allègement de la dette grecque freinerait la mise en oeuvre des réformes.

Selon lui, la Grèce ne réalise pas les réformes nécessaires au développement du pays dans plusieurs domaines : les services publics, la question du travail et la réglementation du marché intérieur.

Il s’agit là du troisième « Non » du ministre allemand aux demandes de la Grèce concernant la dette, formulées après la visite du président américain sortant Obama à Athènes.

« Ceux qui parlent aujourd’hui d’allègement de la dette grecque découragent ceux qui veulent des réformes » a déclaré jeudi Schaüble à Vienne. Il avait soutenu la veille, dans une interview au journal Passauer Neue, que la discussion concernant l’allègement de la dette porte tort à la Grèce. « Celui qui dit : « Nous allons diminuer ta dette » fait du mal à la Grèce », a-t-il déclaré en vue de la réunion critique de l’Eurogroup prévue le 5 décembre.

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Au cours d’une intervention précédente, Schaüble avait soutenu que le problème du pays n’était pas la dette, mais le manque de compétitivité et avait souligné que l’allègement du fardeau ne ferait que diminuer la volonté de réformes. Il insiste pour le report de toute discussion à ce sujet à la fin de la réalisation du programme : « Si nous en parlons maintenant, cela amoindrira la disposition du gouvernement à réformer ».

ANNONCE D’UNE NOUVELLE VAGUE D’AUSTÉRITÉ EN GRÈCE

Ces déclarations provocantes de Schaüble ne sont pas seulement révélatrices du mépris profond qu’il a pour un peuple et pour un pays où tous les mémorandums qu’il a imposés ont échoué, un pays où règne depuis presque 9 années consécutives une très grave récession et une austérité d’une sauvagerie jamais vue.

Elles viennent à point pour montrer le ridicule de l’Obamania qui avait envahi la Grèce de la soumission volontairement : les paroles d’Obama concernant la dette se sont révélées un simple exercice de relations publiques, qui a été totalement ignoré en Allemagne. Surtout, ces déclarations sont l’annonce d’une nouvelle vague de coupes brutales dans les salaires, les retraites et les dépenses publiques, puisque selon Schaüble les Grecs reçoivent des prestations supérieures à ce qu’ils produisent, et même comparativement supérieures à celles que reçoivent les Allemands !

Ces prises de position ridiculisent aussi le gouvernement et toute la classe politique volontairement soumise aux mémorandums : Schaüble indique ainsi, avec une incroyable arrogance, en véritable colonialiste, le programme de privations et d’appauvrissement que le personnel politique grec devra mettre en application par la suite pour le plus grand malheur du peuple grec.

Il se confirme une fois de plus que la Grèce ne peut rien attendre de « philhellènes » du genre d’Obama – ni des néocolonialistes allemands qui tentent de sauver un « européanisme » antisocial et une « mondialisation » de brigandage et de guerre.

La Grèce peut et doit se redresser, avec une stratégie nationale de reconstruction et de justice, en réponse aussi bien au bloc néolibéral des mémorandums qu’à l’offensive réactionnaire des néo-conservateurs.

Source iskra.gr __ traduction Joelle Fontaine__, article paru sur le site Unité Populaire

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