Musée de l'Europe et de l'Afrique

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mercredi 11 avril 2018

Il y a 20 ans : L'intellectuel négatif

Grand retour de BHL, l'affaire libyenne n'ayant guère troublé les éditorialistes, pour appeler à bombarder en Syrie et condamner Tariq Ramadan (dans les deux cas au nom des victimes)... Une vieille histoire qui, elle, ne sera jamais jugée...

Screen_Shot_2018-04-11_at_18.09.36.png Propagande de viol, propagande de guerre ?

Tous ceux qui ont été là, jour après jour, pendant des années, pour recevoir les réfugiés algériens, les écouter, les aider à rédiger des curriculum vitæ et à faire des démarches dans les ministères, les accompagner dans les tribunaux, écrire des lettres aux instances administratives, aller en délégation auprès des autorités responsables, solliciter des visas, des autorisations, des permis de séjour, qui se sont mobilisés, dès juin 1993, dès les premiers assassinats, non seulement pour apporter secours et protection autant que c'était possible, mais pour essayer de s'informer et d'informer, de comprendre et de faire comprendre une réalité complexe, et qui se sont battus, inlassablement, par des interventions publiques, des conférences de presse, des articles dans les journaux, pour arracher la crise algérienne aux visions unilatérales, tous ces intellectuels de tous les pays qui se sont unis pour combattre l'indifférence ou la xénophobie, pour rappeler au respect de la complexité du monde en dénouant les confusions, délibérément entretenues par certains, ont soudain découvert que tous leurs efforts pouvaient être détruits, anéantis, en deux temps, trois mouvements.

Deux articles écrits au terme d'un voyage sous escorte, programmé, balisé, surveillé par les autorités ou l'armée algériennes, qui seront publiés dans le plus grand quotidien français, quoique bourrés de platitudes et d'erreurs et tout entiers orientés vers une conclusion simpliste, bien faite pour donner satisfaction à l'apitoiement superficiel et à la haine raciste, maquillée en indignation humaniste. Un meeting unanimiste regroupant tout le gratin de l'intelligentsia médiatique et des hommes politiques allant du libéral intégriste à l'écologiste opportuniste en passant par la passionaria des « éradicateurs ». Une émission de télévision parfaitement unilatérale sous des apparences de neutralité. Et le tour est joué. Le compteur est remis à zéro. L'intellectuel négatif a rempli sa mission : qui voudra se dire solidaire des égorgeurs, des violeurs et des assassins, — surtout quand il s'agit de gens que l'on désigne, sans autre attendu historique, comme des « fous de l'islam », enveloppés sous le nom honni d'islamisme, condensé de tous les fanatismes orientaux, bien fait pour donner au mépris raciste l'alibi indiscutable de la légitimité éthique et laïque ?

Pour poser le problème en des termes aussi caricaturaux, il n'est pas besoin d'être un grand intellectuel. C'est pourtant ce qui vaut au responsable de cette opération de basse police symbolique, antithèse absolue de tout ce qui définit l'intellectuel, la liberté à l'égard des pouvoirs, la critique des idées reçues, la démolition des alternatives simplistes la restitution de la complexité des problèmes, d'être consacré par les journalistes comme intellectuel de plein exercice.

Et pourtant, je connais toutes sortes de gens qui, bien qu'ils sachent parfaitement tout cela, pour s'être heurtés cent fois à ces forces, recommenceront, chacun dans son ordre et avec ses moyens, à entreprendre des actions toujours menacées d'être détruites par un compte rendu distrait, léger ou malveillant ou d'être récupérées, en cas de réussite, par des opportunistes et des convertis de la onzième heure, qui s'obstineront à écrire des mises au point, des réfutations ou des démentis voués à être recouverts sous le flot ininterrompu du bavardage médiatique, convaincus que, comme l'a montré le mouvement des chômeurs, aboutissement d'un travail obscur et si désespéré parfois qu'il apparaissait comme une sorte d'art pour l'art de la politique, on peut, à la longue du temps, faire avancer un peu, et sans retour, le rocher de Sisyphe.

Parce que, pendant ce temps, des « responsables » politiques habiles à neutraliser les mouvements sociaux qui ont contribué à les porter au pouvoir, continuent à laisser des milliers de « sans papiers » dans l'attente ou à les expulser sans ménagements vers le pays qu'ils ont fui, et qui peut être l'Algérie.

Paris, janvier 1998

Pierre Bourdieu

mardi 10 avril 2018

Comment la dette de la SNCF enrichit les marchés financiers, au détriment des cheminots et des usagers

9 avril par Nolwenn Weiler, Bastamag, via CADTM.

Sous prétexte de sauver la SNCF, endettée de près de 50 milliards d’euros, le gouvernement Philippe prépare une profonde réforme du secteur ferroviaire, ouvrant la porte à sa privatisation de fait. Présentée comme la conséquence de performances insuffisantes de l’entreprise, cette dette résulte pourtant très largement de choix politiques et organisationnels antérieurs. Loin des fantasmes sur le statut des cheminots, Basta ! retrace l’histoire de cet endettement, qui constitue aussi une rente annuelle de plus d’un milliard d’euros pour les marchés financiers. Pour en venir à bout, d’autres solutions sont possibles.

Lors de l’inauguration de la ligne grande vitesse Paris-Rennes, en juillet dernier, Emmanuel Macron a évoqué une offre : l’État pourrait prendre en charge la dette de la SNCF en échange d’un « nouveau pacte social » au sein de l’entreprise publique, qui verrait le statut des cheminots progressivement supprimé. Emmanuel Macron faisait ainsi implicitement le lien entre l’endettement colossal de la SNCF – 46,6 milliards d’euros – et le « coût du statut » des cheminots, qui leur donne notamment la possibilité de partir en retraite plus tôt. Le rapport Spinetta, remis le 15 février dernier au gouvernement en vue d’une loi réformant la SNCF, reprend cette thèse d’un coût du travail trop élevé qui viendrait gréver les finances du système ferroviaire français.

« C’est une escroquerie intellectuelle de laisser penser cela, s’insurge Jean-René Delépine, représentant du syndicat Sud-rail au conseil d’administration de SNCF réseau, la branche qui gère les voies ferrées. Cette dette, c’est d’abord la contre-valeur d’un bien commun : un réseau de chemin de fer. Elle est visible parce qu’elle se trouve au sein d’une seule société. Si une entreprise avait, à elle seule, la charge de maintenir et de développer le réseau routier, sa dette serait infiniment supérieure ! L’État, qui se présente comme la victime d’un endettement non maîtrisé de la SNCF, est en fait le premier responsable de l’explosion de la dette. »

Une dette « mise sous le tapis » il y a vingt ans

Dans les années 80, la politique du « tout TGV », vers lequel les investissements sont essentiellement dirigés, se traduit par une diminution continuelle des budgets de maintenance et de renouvellement du reste du réseau – dessertes des agglomérations, lignes rurales, lignes inter-cités – qui aboutit à un état de délabrement alarmant d’une partie des voies. « En 2005, un audit sur l’état du réseau français réalisé par l’école polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) à la demande de Réseau ferré de France (RFF) et de la SNCF alertait sérieusement sur le vieillissement du réseau et pointait la responsabilité de l’État », souligne la CGT dans un récent rapport sur l’avenir du service public ferroviaire. Plus de 9000 kilomètres (sur un total de 30 000) sont considérés comme vétustes voire dangereu. À certains endroits, les rails sont si dégradés que les trains doivent ralentir. Tout cela oblige l’État à engager un important et très coûteux programme de travaux au début des années 2000.

En 1997, pour répondre aux critères du traité de Maastricht qui conditionne le passage à l’euro à la maîtrise du déficit public, la France choisit de loger sa dette ferroviaire dans un nouvel établissement public, séparé de la SNCF : Réseau ferré de France (RFF, renommé SNCF réseau en 2014). « C’est une façon de masquer la dette publique, estime Jean-René Delépine. À la même époque, l’Allemagne a de son côté décidé de reprendre la dette du système ferroviaire, alors qu’elle était en pleine réunification ! »

La dette de 46,6 milliards d’euros qui plombe actuellement le système ferroviaire est celle de SNCF réseau, mise sous le tapis il y a vingt ans. « RFF puis SNCF réseau se retrouvent à porter, seules, des investissements qui doivent normalement revenir à l’État, poursuit Jean-René Delépine. C’est pourtant lui qui prend les décisions d’aménagements ! »

Dix milliards ponctionnés par les marchés financiers

À la fin des années 2000, le gouvernement de Nicolas Sarkozy décide de lancer un vaste programme de travaux, mais sans y allouer les finances nécessaires. À la remise en état des voies vieillissantes, s’ajoute la construction de quatre nouvelles Lignes à grande vitesse (LGV). En 2010, SNCF réseau investit 3,2 milliards d’euros tout en percevant 2,2 milliards de subventions. Il faut donc emprunter sur les marchés pour trouver le milliard manquant. En 2012, les investissements s’élèvent à 4,3 milliards d’euros quand les subventions de l’État plafonnent à 1,2 milliard. Nouvel emprunt. En 2015, rebelote : alors que SNCF réseau doit débourser 5,3 milliards, il ne reçoit que 1,1 milliard de l’État. Cette année là, les subventions ne couvrent que 23 % des besoins d’investissement. Le recours à l’emprunt augmente encore. Depuis, les subventions consenties par l’État restent bien inférieures aux montants de travaux... pourtant engagés à sa demande ! « En 2017, 5,4 milliards d’euros ont été investis pour la régénération du réseau. 2,2 milliards ont été versés par des subventions. Le reste a été emprunté », illustre Jean-René Delépine.

À ce système structurellement déficitaire, s’ajoute le fait qu’« SNCF Réseau doit payer les intérêts de sa dette passée, comme l’explique Adrien Coldrey, économiste au sein du cabinet d’expertise Degest 4. Or, il n’a plus aucune ressource pour payer ces intérêts puisque celles-ci ont été utilisées pour l’investissement : il doit donc s’endetter pour les payer. C’est un effet boule de neige, qui ressemble à une situation de surendettement pour un particulier. »

Ces dix dernières années, cette charge de la dette – 10,3 milliards d’euros seulement pour les intérêts – pèse plus lourd que l’entretien et le développement du réseau – 7,2 milliards d’euros ! « Quand la SNCF emprunte 100 euros pour le réseau, il ne peut en utiliser que 41. Les 59 restant sont ponctionnés par le système financier », détaille Arnaud Eymery, le directeur du cabinet Degest. Soit les banques, assurances et fonds d’investissement qui prêtent à la SNCF.

« On travaille pour financer les banques »

« Pour le dire autrement, afin d’investir 100 euros sur la modernisation des voies, la SNCF doit emprunter 243 euros ! Le surcoût est considérable. C’est une rente pour les marchés financiers, même si les taux sont actuellement très bas. » Si les taux devaient remonter, l’absurdité de ce choix économique serait encore plus flagrante. « La charge de la dette avale les trois quarts de la performance économique de l’outil industriel, assène Jean-René Delépine, de Sud-rail. On travaille pour financer les banques. C’est une honte. » Et plus le temps passe, plus la dette se creuse. « Si l’État l’avait reprise en 2010, seulement 7,2 milliards d’euros d’endettement auraient été générés, contre 17,5 milliards actuellement », calcule Arnaud Eymery du cabinet Degest.

Autre choix politique absurde : en 2006, le gouvernement de Dominique de Villepin privatise les autoroutes, ce qui provoque un gros manque à gagner pour le système ferroviaire. Une partie des subventions versées par l’État à la SNCF provient de l’agence de financement des investissements de transports de France, qui était alimentée par les redevances des concessions d’autoroutes...

Pour se faire une idée des sommes dont est aujourd’hui privé le système ferroviaire, il suffit de regarder le montant des dividendes que se sont partagés les actionnaires des sociétés concessionnaires d’autoroute (SCA) en 2016 : 4,7 milliards d’euros ! « La suppression du projet d’écotaxe en octobre 2014 (par le gouvernement de Manuel Valls, ndlr), également prévue par le Grenelle de l’environnement pour financer la construction des LGV, vient à nouveau gréver les finances et donc le report des trafics de la route vers le train », ajoute Arnaud Eymery.

Pour les usagers, le prix des billets explose

Le report de la route vers le train constitue un défi crucial face au réchauffement climatique et à l’aggravation de la pollution atmosphérique. Mais pour les usagers, le coût du train s’envole. Car pour faire face à sa situation financière, le tarif facturé par RFF aux sociétés exploitants les trains – et donc principalement à la SNCF – a été considérablement augmenté (+26 % entre 2007 et 2013). « La hausse est aussitôt répercutée sur le prix des billets, qui augmente de 20% entre 2008 et 2013 », souligne Arnaud Eymery. Résultat : les Français délaissent le train jugé hors de prix.

Dès 2010, la fréquentation des TGV est en baisse. Un cercle infernal se met en place : les gens prennent moins le train, le nombre de trains diminue, les péages augmentent, de même que les billets, ainsi que les investissements nécessaires. Entre 2010 et 2016, le trafic ferroviaire enregistre une hausse de 1 % quand la voiture bondit de 7 % et le transport aérien de 17 %.

Plutôt que de taxer la route pour financer le transport ferroviaire, beaucoup moins polluant, l’État prétend que celui-ci peut s’autofinancer à condition que les cheminots travaillent plus et mieux. Pourtant, d’importants efforts ont déjà été consentis. « Chaque année, on demande à la SNCF d’économiser 1,5 milliard d’euros. Et la principale source d’économies, c’est l’emploi », poursuit Arnaud Eymery. Entre 2004 et 2014, les effectifs cheminots ont chuté. Ces derniers passent de 175 000 à 154 000 salariés, soit 2000 emplois supprimés chaque année.

Productivité élevée, espérance de vie réduite

Selon le cabinet Degest, une étude des gains de productivité laisse apparaître, entre 2004 et 2014, une progression plus forte pour les cheminots (+3,2% par an) que pour l’économie française dans sa globalité (+1,9%). Une tendance qui devrait se prolonger ces prochaines années du fait des contrats de performance signés entre l’État et la SNCF. Néanmoins, le coût de cette pression sur le travail est élevé. À la SNCF comme ailleurs, les salariés sont écartelés entre des objectifs sans cesse accrus et des moyens revus à la baisse. Au point que certains ne peuvent plus assurer correctement la sécurité sur les voies (lire notre enquête sur l’accident de Brétigny en 2013). Et que d’autres sont sommés de proposer aux voyageurs les billets les plus chers.

Pour que les trains puissent rouler en continu, la maintenance est davantage assurée de nuit, alors que le travail nocturne a des effets importants sur la santé. « Les indices de morbidité (le nombre de jours d’absence des salariés pour maladie ou accident du travail, ndlr) ont augmenté au fur et à mesure que des gains de productivité étaient enregistrés », remarque Arnaud Eymery.

L’espérance de vie des cheminots est inférieure à la moyenne nationale, notamment pour les personnels de l’exécution et de la traction. Ces derniers meurent quatre ans plus tôt que le reste de la population. La fédération Sud-rail, à qui la direction refuse de fournir des chiffres, estime qu’une cinquantaine de cheminots se suicident chaque année.

1269 euros, le salaire de base d’un chef de bord

En parallèle, les réorganisations et le déploiement de nouvelles technologies entraînent une hausse de l’encadrement. « En créant trois entités en 2014, on a créé trois états-majors différents, illustre Jean-René Delépine. Cela augmente automatiquement la masse salariale puisque les cadres sont plus nombreux et mieux payés. » L’augmentation exponentielle de la sous-traitance a également entraîné une augmentation du taux d’encadrement. Pour réaliser des économies, il serait ainsi possible de regarder du côté de l’organisation du travail, ou encore... de la direction.

En 2017, les onze membres du comité exécutif de SNCF Réseau se sont ainsi partagés une rémunération nette imposable de 2,5 millions d’euros, assortis de 38 000 euros d’avantages en nature, soit une moyenne de 19 000 euros par mois et par personne. En 2017, Florence Parly, l’actuelle ministre des Armées, a été payée 52 000 euros par mois en tant que directrice générale chargée de SNCF voyageurs. Par comparaison, le traitement de base d’un chef de bord, qui assure les trajets à bord d’un train corail, est de 1269 euros nets, assortis de plusieurs primes.

D’autres solutions pour financer le réseau

Comment sortir le système ferroviaire de cette voie de garage ? L’État pourrait aider l’entreprise dont il est actionnaire à sortir du cycle infernal de l’endettement, et doter le train de financements pérennes. La CGT propose de flécher 6 milliards d’euros des recettes de la TICPE (taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques) pour le financement du réseau ferré national. En 2016, ces recettes se sont élevées à 28,5 milliards d’euros pour les produits pétroliers 9. La CGT propose par ailleurs de mettre fin aux exonérations et au remboursement partiel de cette taxe dont bénéficient les transporteurs routiers ou le secteur aérien.

La confédération syndicale propose également de mettre en place un « versement transport additionnel régional » : calculé à partir de la masse salariale et redevable par les entreprises d’au moins onze salariés, cet impôt permettrait de doter les régions de 500 à 850 millions d’euros par an pour financer les lignes locales. « Sur le modèle du Livret A créé pour financer le logement social, nous proposons la création d’un nouveau livret d’épargne défiscalisé offrant un produit d’épargne sécurisé, dont les fonds seraient centralisés par la Caisse des dépôts et consignations », suggère encore la CGT.

Développer le train pour sauver le climat

De son côté, le syndicat Sud-rail propose de réunir les trois entités qui composent actuellement la SNCF en une seule et même entreprise, ce qui permettrait de mutualiser les capitaux propres : ceux de SNCF mobilités s’élèvent à 15 milliards d’euros, alors que ceux de SNCF réseau sont négatifs de 12 milliards. « Nous aurions une entité qui démarrerait avec un capital positif de 3 milliards de capitaux propres » , résume Jean-René Delépine. La fusion entraînerait une mutualisation des marges opérationnelles, diluant la charge liée au remboursement de la dette et améliorant la capacité d’autofinancement.

Cette réunification aurait, toujours selon Sud-rail, un autre avantage : économiser les coûts de fonctionnement liés à la multitude de contrats passés entre les deux entités. Par exemple, lorsque SNCF réseau ferme une ligne pour réaliser des travaux, elle dédommage SNCF mobilités qui ne peut plus y faire passer ses trains. « Ces transactions créent des litiges, et induisent des surcoûts organisationnels monstrueux. » Sans oublier le bon millier de filiales créées par la SNCF, véritable mille-feuille organisationnel dont les effet économiques et sociaux réels restent à déterminer.

Sur le plan climatique, le secteur des transport est l’un des plus émetteur en gaz à effet de serre. Privilégier les modes de transport les moins polluants est donc indispensable. Une étude réalisée en Europe par le cabinet néerlandais CE Delf met en évidence un coût social et environnemental neuf fois plus élevé pour la voiture que pour le train. « Je pense même qu’en France, où le parc diesel est très important, ces chiffres sont encore supérieurs », estime Arnaud Eymery. Face aux défis, immenses, que pose le changement climatique, le train pourrait être considéré comme un atout plutôt que comme un poids. Ce n’est malheureusement pas le sens des conclusions du rapport Spinetta, qui sert de base à la future réforme ferroviaire.

lundi 9 avril 2018

Grèce : Conséquences de la politique européenne de libéralisation du transport ferroviaire

Il y a un an le feuilleton de la vente de TRAINOSE, a pris fin.

La société est passée à Ferrovie Dello Stato Italiano pour un prix de 45 millions d’euros. Inutile bien sûr de rappeler les déclarations de messieurs Stathakis et Tsipras quand le gouvernement Samaras-Vénizélos programmait la vente des chemins de fer grecs… L’accord a été signé après règlement de quelques problèmes particuliers : l’effacement de la dette de TRAINOSE envers OSE (750 millions d’euros) à la suite d’engagements imposés par le mémorandum en échange du patrimoine immobilier de l’OSE. (La dette de l’OSE à laquelle il est fait référence concerne les participations aux travaux d’infrastructure que l’État grec n’a pas payés obligeant ainsi l’établissement à emprunter pour en couvrir les dépenses.)

Quelles ont été les évolutions du réseau ferré en Grece depuis qu’a été instaurée la politique européenne de libéralisation du transport ferroviaire?

-démantèlement de l’établissement ferroviaire

-fermeture de 40 % du réseau

-fermeture de 60 % des gares

-réduction des effectifs de 14 500 personnes (1989) à 2900 personnes (2014)

-hausse spectaculaire des tarifs

-abandon du fret

-obsolescence du matériel roulant

-dévalorisation de l’infrastructure, vols, abandon du patrimoine

-diminution du niveau de sécurité et de qualité des services

-diminution du salaire des cheminots de l’ordre de 40 %

Quelles conséquences pour les utilisateurs

-Rétrécissement du réseau et des gares, augmentation des tarifs, diminution du niveau de sécurité et de qualité des services

Quelles ont été les actions des luttes sociales et politiques menées ces dernières années

Les travailleurs des chemins de fer ces dernières années ont lancé une série de mobilisations et d’actions contre les politiques du mémorandum et les privatisations. Il y a eu plus de 100 jours de grève, avec comme principales revendications l’arrêt des privatisations et le retour à un OSE sous sa forme publique et unique. Ont également eu lieu des dizaines de manifestations, des occupations de bâtiments, des annulations d’itinéraires, etc

À la question « pourquoi un OSE public et unique » la réponse est que l’expérience a prouvé que le morcellement organisationnel n’a, à ce jour, mené nulle part. Ce modèle organisationnel a été testé, a conduit à des gaspillages et des dysfonctionnements et a échoué.

À la question « pourquoi un OSE public » la réponse est que son importance en tant qu’entreprise de transport est stratégique:

– pour la sécurité nationale

-pour le soutien du développement économique du pays et pour la mise en œuvre d’un plan de développement national et le développement régional

Une structure organisationnelle unique, chapeautée par les Directions Générales des activités et une séparation logistique de ces activités permettant de les suivre avec la plus grande transparence possible, servira les intérêts du peuple grec de la meilleure façon possible.

Dates-clés pour les directives européennes en matière de transport .


***2001 directive européenne 2001/12

– Séparation de la gestion de l’infrastructure. directive européenne 2001/13

– Procédure d’octroi de licences pour les transporteurs ferroviaires.

directive européenne 2001/14

– Répartition des compétences en matière d’ infrastructure.

directive européenne 2001/16

– Interopérabilité du réseau ferroviaire conventionnel .


***2012 directive européenne 2012/34

– Unification du cadre législatif.


***2004 2004 : directive 2004/49, directive 2004/50, directive 2004/51, règlement 881/2004

– Une plus grande ouverture du marché du fret, adoption de procédures techniques communes en matière de sécurité, institution d’une Agence ferroviaire européenne.


***2007 directive 2007/58, directive 2007/59, règlement 1370/2007, règlement 1371/2007, règlement 3172/200

– Une plus grande ouverture du marché des transports de passagers, création d’un « brevet de conduite » européen pour les transports intra-européens, des droits pour les passagers et des critères de qualité minimum pour le travail de transport. 1991

Nombre d’organismes ferroviaires intervenant dans le transport de fret et de voyageurs.

OSE(ΟΣΕ) – gestionnaire de l’infrastructure TREN OSE(ΤΡΑΙΝΟΣΕ)-exploitant du réseau ferré EESTTY (ΕΕΣΤΤΥ) – société de maintenance du matériel roulant Y sont aussi liées indirectement les entreprises suivantes: GAIA OSE(ΓΑΙΑΟΣΕ) – valorisation du patrimoine immobilier ERG OSE(ΕΡΓΟΣΕ) – gestion des travaux cofinancés par l’UE

Bref historique sur la dette

L’OSE en tant qu’entreprise de transport – contrairement aux autres entreprises de transport privées ou publiques – a la responsabilité de la maintenance et de la surveillance des infrastructures (de ligne). Il a l’obligation de fournir des services à des fins nationales(défense) et bien sûr de faire œuvre sociale à travers sa politique tarifaire. L’état, déjà depuis la création de l’OSE en 1972, a défini ses obligations financières envers l’OSE, en signant une convention de financement correspondante.

a) Depuis 1972 et jusqu’à 1979, la convention de financement a été entièrement respectée. Depuis 1980 et jusqu’à 2002, elle a été respectée seulement pour un tiers avec pour résultat de porter la dette de l’État envers l’OSE à 2,7 milliards €(rapportés au taux actuel). Depuis 2003 et jusqu’à aujourd’hui, le gouvernement n’a pas versé un seul euro à l’OSE pour couvrir ne serait-ce qu’une partie de ses obligations envers l’OSE.

b ) Le coût de la participation nationale aux travaux de modernisation cofinancés et le coût des travaux financés par des fonds nationauxn’est pas entièrement couvert par le Programme d’investissement public. Ainsi depuis 1993 et jusqu’en 2004 l’OSE a emprunté 1,5 milliards € afin de respecter ses engagements en matière d’investissement. Le programme d‘investissement en 2006 et 2007 a été financé pour 640 millions € par la région de Grèce Occidentale(Π.Δ.Ε) et pour 540 millions par un emprunt de l’OSE. La prise en charge par l’OSE des obligations financières de l’État l’ont conduit à emprunter une somme totale d’environ 7 milliards € et le service de ces prêts a contribué pour 37 % à la création du déficit.

Sources : Syndicats des cheminots grecs

via Unité Populaire et La Grèce est à vendre, tout va partir

samedi 7 avril 2018

Nano-histoire sociale : Avis de décès (post-mortem) de la Fondation Copernic

Créée sans doute suite à une idée de Pierre Bourdieu, pour être un "think tank" de gauche, comme Acrimed dans le domaine des médias, dans le cadre d'une stratégie de résistance à l'Europe néolibérale, la Fondation Copernic, comme ATTAC, après l'effacement de la victoire de 2005 par le Traité de Lisbonne et la crise de 2008 qui fut mise à profit pour accomplir l'agenda contre lequel nous luttions (jusqu'à détruire in fine des Etats comme la Grèce), la petite "maison" restait, malgré tout, gardée, tenue à bout de bras, aussi végétante fût-elle, dans l'espoir qu'elle pourrait peut-être servir à quelque chose, si le balancier néolibéral repartait, enfin, en arrière, par Pierre Khalfa.

Au-moment de céder la main, la tête que faisait Pierre Khalfa avait tout pour filer le mouron au Concierge...

Avoir maintenu ce petit cadavre à la renverse en vie pendant tant d'années, au lieu de le saborder comme un pédalo à Toulon, pour qu'il tombe aujourd'hui aux mains de Troskaroïdes (revenant comme une farce!)...

Tss, tss.

LDCCopernic.png Ben oui Thierry (en haut à... droite), tu peux bien lever les yeux au ciel ! Mais tu aurais mieux fait d'y penser avant de livrer tes collaborateurs à De Cock ! Cliquer sur l'image pour voir la résurrection de la "Fondation Copernic" par cette messe (noire) burlonesque de dents qui rayent le parquet !

Lors de cette AG de "refondation" (terme néolibéral s'il en est !), tenue devant des cheveux plus que grisonnants, à l'exception notable de Thierry Discepolo qui relevait - malgré tout - la moyenne d'âge, manifestement trainé là comme un gentil Toutou par Laurence De Cock (qui s'était fait ses dents d'entriste sur les éditions Agone dès 2008, ce qui devait aboutir à l'éradication de toute l'équipe de ce collectif pour asseoir ses ambitions carriéristes depuis une position non répertoriée dans l'organigramme), on apprit qu'en 6ème position des priorités figurait "l'Europe", "sujet d'actualité" (dixit Laurence De Cock !).

Dans l'ordre nous avions :

1) "Discriminations, inégalités" mais en fait... "racisme, laïcité" (la disparition de la question sociale en somme, ou plus précisément son américanisation)

2) "Le revenu maximum" (c'est quand même le "revenu minimum", voire le salaire universel, qui intéresse les gens ! Mais en tant qu'agrégée astreinte à un temps de travail pour le moins limité pour un traitement à vie - honteusement "national" ! -, Laurence De Cock a une perception des conditions d'existence du plus grand nombre un peu ethnocentriste, et ce n'est pas nouveau !!!)

3) La "question de l'éducation au sens large : transmission, co-construction, démocratisation" : soit le "pédagogisme" (qui nourrit la réaction qui sait qu'il ne s'agit-là que de mots !) bien fait pour masquer la néo-libéralisation de l'école...

4) "La planification écologique, autre axe dont il faut qu'on s'empare" (Une bande d'universitaires bénéficiant du traitement à vie et dont on devine qu'ils "habitent" ordinairement considérés leurs moyens a peu de temps après sauté sur Notre-Dame-Des-Landes comme horizon utopique de gens bien installés et normés sous tout rapport de capitalisme d'Etat, ce qui vaut tout commentaire !!!)

5) "La question du comment on travaille avec les autres groupes ?". C'est sûr qu'en traitant tous ceux et celles qui ne sont pas d'accord avec elle de "rouges-bruns" et en demandant leur interdiction (sur Mediapart, Face Book... ou en menaçant des anarchistes retraités du CNRS de leur casser la gueule, on va y arriver !)

6) "Question liée à l'actualité, la question de l'Europe"; Ouaf, ouaf !!! Comme on l'a vu sur la question de la SNCF, et considérée la (toute microcosmique soit-elle) histoire de la Fondation Copernic, c'est pour pleurer !!!

7) Travailler à une meilleure diffusion et valorisation des "notes de la fondation Copernic". Ouaf ouaf ! La présence de Thierry Discepolo n'en est que plus comique (pas attiré là pour rien !), les éditions Agone avaient en effet publié "Réformisme & Révolution" d'Yves Salesse, Premier Pt de la Fondation... Un ouvrage qui nous paraissait un peu tiède, mais qui aujourd'hui est un véritable brûlot par rapport à cette "refondation" !!! Signe des temps (maudits). Mais Laurence De Cock étant parvenue à l'existence médiatique, comme la Mère Ubu, grâce à la collection "Passé&Présent" du CVUH, pourquoi ne pas renouveler l'opération de la honte - en tous cas pour le moment, elle a surtout commencé, sans vergogne ni attendre, à faire sa pub ! - , au point où en sont les éditions Agone !!!

Ouaf, ouaf !

Je me souviens d'un jour à la toute fin des années 90, où j'avais participé à la première réunion, dans une toute petite salle de la Bourse du travail, au lancement d'un hypothétique (et qui s'est révélé impossible) Mouvement Social Européen...

Bourdieu avait essayé de confier à la Fondation Copernic la rédaction d'une charte pour ce mouvement...

Aussitôt, deux jeunes trotskistes de la LCR avaient hurlé à la "manipulation" (ça leur allait bien !)

Sur le trottoir, en sortant, Bourdieu, un peu choqué, nous dit, à moi et Paul Dirkx : "Les jeunes sont de plus en plus vieux, ça fait trente ans que je le dis !".

Un peu estomaqué, j'en oubliais ma carte bleue dans une cabine téléphonique de la Place de la République, et m'en trouvais plus qu'emmerdé pendant 15 jours...

Voir aujourd'hui une trotscarde dévorer de ses dents qui rayent le parquet ce qu'il reste de cette "Fondation" (ouaf, ouaf, car elle n'a guère eu l'occasion d'exister) fait, au moins, la joie du satiriste, aussi démuni que Karl Kraus revenant comme une farce, face à la réalité dépassant la satire (ce qui est bien la preuve ultime que Thierry Discepolo n'a jamais rien compris, en bon sophiste, à ce qu'il a publié !)

Le Concierge

vendredi 6 avril 2018

Scandale de la privatisation des barrages

Le gouvernement a donc annoncé la privatisation des 150 plus grands barrages hydrauliques de France. Cela fait plus de 10 ans que la Commission européenne fait pression sur Paris pour en finir avec la gestion publique du secteur hydroélectrique, sans succès. Avec Macron, Bruxelles est rapidement satisfaite. Cette décision est pourtant lourde de conséquences, tant pour la bonne gestion du réseau électrique national et la facture du consommateur que pour la sécurité du territoire.

L’excédent brut des concessions est de 2,5 milliards € par an, dont la moitié revient aux collectivités territoriales. Ce qu’on appelle la « rente hydroélectrique », c’est-à-dire le bénéfice final, est donc d’au moins 1,25 milliard €. Globalement, le secteur est très excédentaire, y compris parce que la masse salariale n’est pas très importante : 21 000 pour tout le secteur hydraulique. Les coûts sont surtout liés à l’entretien des infrastructures. «Un GW d’hydraulique coûte 1 milliard d’euros à construire, mais tous nos barrages sont déjà amortis depuis longtemps, tout ce qui est turbiné aujourd’hui c’est du pur bénéfice, ce sera la poule aux œufs d’or pour le repreneur», explique Laurent Heredia, de la FNME-CGT.

L’Etat espère tirer 520 millions € de redevances par an (Cours des Comptes), soit presque 5 fois moins que l’excédent brut des concessions actuelles… Cela semble donc une très mauvaise opération financière. Alors pourquoi une telle décision ?

La France est le seul pays d’Europe auquel on ait demandé la privatisation des barrages. En Allemagne par exemple, les concessions ont été déléguées aux Landers. En Norvège, qui tire 99% de son électricité des barrages (certes non membre de l’UE) les licences hydrauliques ne sont ouvertes qu’à des opérateurs publics. La Slovénie a quant à elle constitutionnalisé «un grand service public de l’eau».

Avant Emmanuel Macron, les gouvernements avaient cherché à gagner du temps sur la question, malgré les pressions de Bruxelles. Les ministres socialistes Delphine Batho et Ségolène Royal avaient par exemple essayé de trouver un équilibre en créant des sociétés d’économie mixte pour opérer des petits barrages : le public y conserverait une minorité de blocage de 34 % pour cadrer les éventuels repreneurs privés. En juin 2015, la Commission européenne juge que cela n’a rien à voir avec une concurrence « libre et non faussée » et met en demeure Paris « d’accélérer l’ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques».

La France «aurait pu classer son hydroélectricité comme service d’intérêt général échappant à la concurrence, mais n’en a rien fait», s’étonne Alexandre Grillat de la CFE-Energies. En effet, comme on l’a vu, contrôler un barrage peut avoir des répercussions jusque dans l’intégrité des centrales nucléaires…

Pour ne pas être accusé de « brader » les barrages à des étrangers, le gouvernement a laissé entendre qu’une priorité serait donnée aux repreneurs français. Total et Engie espèrent ainsi rafler la mise, mais des firmes allemandes, espagnoles, italiennes, norvégiennes, suisses, canadiennes et chinoises se sont déjà montrées intéressées. Un pas de plus sur le chemin de l’intrusion de puissances étrangères au cœur du réseau énergétique ?

Extrait de l'article de Pierre Gilbert à lire sur Le Vent se lève

Interdit de nourrir les chats !

Notons enfin que la dernière trouvaille en matière de loi mémorandaire de la part du “gouvernement”, avait été ce projet présenté au “Parlement” en matière d’animaux desposés (ayant un maître) et adespotes (sans maître). Ce projet a été finalement retiré, car il a suscité l’indignation générale, et particulièrement celle des associations lesquelles œuvrent en faveur des animaux adespotes. D’ailleurs et abord cette loi instaurait une taxe liée à la possession d’animaux domestiques, ainsi qu’une forme de... TVA animalière, pour chaque produit acheté au sein d’une boutique commercialisant des articles pour animaux, en plus de la TVA... très humaine à hauteur déjà de 24%.

Ensuite, par cette législation, et par ses dispositions explicites, que toute action l'action en faveur du bien-être animal de la part des citoyens et des associations puisse devenir interdite. En particulier, le sauvetage, le fait de nourrir, la stérilisation des animaux adespotes, ainsi que les efforts de la part des citoyens ou des associations fin de trouver un foyer à ces animaux, seraient dorénavant des actes illégaux.

En réalité, c’est même l’essentiel du travail des associations œuvrant pour la protection des animaux qui deviendrait interdit, en limitant considérablement leur champ d’intervention, quitte à les faire disparaître. Ainsi, tout citoyen ou toute association qui enfreindrait la loi en portant secours, hébergeant ou en sauvant un animal adespote, commettrait ainsi un acte passible d'une amende de 5 à 15 mille euros et d'un an d'emprisonnement, comme l’ont souligné les nombreux reportages de la presse ces deux dernières semaines à l’instar du quotidien “Kathimeriní”.

Ce projet de loi a été certes retiré, mais à l’avis de nombreux observateurs des faits et gestes bien grecs, ce n’est qu’une reculade d’urgence “de la part des salopards et autant marionnettes qui sont au gouvernement”, aux dires même de certains journalistes, à l’instar de ceux de la zone matinale sur la radio 90.1 FM en Attique. La presse aura surtout remarqué le caractère lamentablement aberrent d’une telle législation, ainsi que sa spécificité très comptable, rien que par l’instauration d’une taxe de plus, laquelle se rajouterait aux 37 nouvelles taxes rajoutées depuis 2010.

Il y a pire pourtant. Cette loi, à mon humble avis, elle aurait été très probablement rédigée, d’abord au sein d’un “cabinet d'experts internationaux” à l’instar du 95% de la “législation grecque” depuis 2010, laquelle est comme on sait... importée par mail, pour ensuite être traduite à la hâte pour les besoins de la supposée “procédure parlementaire”.

Ce que la presse n’a pas vu, ou qu’elle n’a pas voulu voir, c’est toute la mutation anthropologique violente que cette même loi avait tenté d’imposer, à savoir, et très exactement, la disparition des animaux adespotes, et par la même occasion, la destruction du lien très puissant qu’alors entretiennent avec eux les Grecs, ce qui n’est d’ailleurs pas qu’une spécificité grecque, il y a qu’à observer par exemple le lien analogue qu’entretiennent nos voisins Turcs avec leurs chats, entre autres à Constantinople, et cela jusqu’à en faire un beau film.

En somme, une telle législation a surtout pour vocation que de briser l’un des derniers ressorts culturels, voire existentiels encore subsistant chez les Grecs. Car au-delà du génocide économique et de la dépossession des biens, des symboles et des affects liés à ce que les Grecs considèrent très exactement comme relevant de leur patrie, “notre” tournure de mondialisation techno-féodale, imposerait pour autant, si elle y arrive, un tel méta-monde, où tout “contact” entre humains et également entre humains et animaux, passerait obligatoirement par la “création” numérique.

Nous en rajoutons déjà... en termes de méthode aux guerres de jadis, comme aux cuirassiers d’il y a un siècle, transformés en musées. Ainsi, le métanthropisme, le transhumanisme, leur supposée réalité augmentée, nous réduiraient et nous conduiraient de toute évidence... à “évoluer” finalement dans un monde azootique, aseptisé, desposé, donc déjà mort. En somme, c’est la “vie” dans un univers concentrationnaire quasi-planétaire, donnant ainsi raison à Günter Anders, lequel avait comme on sait considéré et analysé bien tôt, cette... “Obsolescence de l'Homme”.

Comme il est aussi observé ailleurs au sujet de son œuvre, “le titre de ‘L’Obsolescence de l’homme’ indique déjà qu’il y a quelque chose de périmé en l’homme, quelque chose hors sujet, à savoir son humanité. L’homme perd ses caractéristiques qui constituaient en propre son humanité: la liberté, la responsabilité, la capacité d’agir, la capacité à se faire être. En utilisant ces concepts, nous parlons le langage et la réalité d’un autre temps. Tout se passe comme si l’être de l’homme relevait aujourd’hui d’une nature morte.”

Je rajouterai seulement que cette nature morte, ce serait autant celle des animaux, et qu’en Grèce en ce moment, c’est très précisément un “gouvernement” de... gauche sous l’arriviste Alexis Tsipras qui de fait, il agit en faveur de l’avènement de ce monde alors fondamentalement morbide.

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Résurrection" sur son blog Greek Crisis

jeudi 5 avril 2018

L’essence du néolibéralisme

Le monde économique est-il vraiment, comme le veut le discours dominant, un ordre pur et parfait, déroulant implacablement la logique de ses conséquences prévisibles, et prompt à réprimer tous les manquements par les sanctions qu’il inflige, soit de manière automatique, soit — plus exceptionnellement — par l’intermédiaire de ses bras armés, le FMI ou l’OCDE, et des politiques qu’ils imposent : baisse du coût de la main-d’œuvre, réduction des dépenses publiques et flexibilisation du travail ? Et s’il n’était, en réalité, que la mise en pratique d’une utopie, le néolibéralisme, ainsi convertie en programme politique, mais une utopie qui, avec l’aide de la théorie économique dont elle se réclame, parvient à se penser comme la description scientifique du réel ?

Cette théorie tutélaire est une pure fiction mathématique, fondée, dès l’origine, sur une formidable abstraction : celle qui, au nom d’une conception aussi étroite que stricte de la rationalité identifiée à la rationalité individuelle, consiste à mettre entre parenthèses les conditions économiques et sociales des dispositions rationnelles et des structures économiques et sociales qui sont la condition de leur exercice.

Il suffit de penser, pour donner la mesure de l’omission, au seul système d’enseignement, qui n’est jamais pris en compte en tant que tel en un temps où il joue un rôle déterminant dans la production des biens et des services, comme dans la production des producteurs. De cette sorte de faute originelle, inscrite dans le mythe walrasien (1) de la « théorie pure », découlent tous les manques et tous les manquements de la discipline économique, et l’obstination fatale avec laquelle elle s’accroche à l’opposition arbitraire qu’elle fait exister, par sa seule existence, entre la logique proprement économique, fondée sur la concurrence et porteuse d’efficacité, et la logique sociale, soumise à la règle de l’équité.

Cela dit, cette « théorie » originairement désocialisée et déshistoricisée a, aujourd’hui plus que jamais, les moyens de se rendre vraie, empiriquement vérifiable. En effet, le discours néolibéral n’est pas un discours comme les autres. A la manière du discours psychiatrique dans l’asile, selon Erving Goffman (2), c’est un « discours fort », qui n’est si fort et si difficile à combattre que parce qu’il a pour lui toutes les forces d’un monde de rapports de forces qu’il contribue à faire tel qu’il est, notamment en orientant les choix économiques de ceux qui dominent les rapports économiques et en ajoutant ainsi sa force propre, proprement symbolique, à ces rapports de forces. Au nom de ce programme scientifique de connaissance, converti en programme politique d’action, s’accomplit un immense travail politique (dénié puisque, en apparence, purement négatif) qui vise à créer les conditions de réalisation et de fonctionnement de la « théorie » ; un programme de destruction méthodique des collectifs.

Le mouvement, rendu possible par la politique de déréglementation financière, vers l’utopie néolibérale d’un marché pur et parfait, s’accomplit à travers l’action transformatrice et, il faut bien le dire, destructrice de toutes les mesures politiques (dont la plus récente est l’AMI, Accord multilatéral sur l’investissement, destiné à protéger, contre les Etats nationaux, les entreprises étrangères et leurs investissements), visant à mettre en question toutes les structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur : nation, dont la marge de manœuvre ne cesse de décroître ; groupes de travail, avec, par exemple, l’individualisation des salaires et des carrières en fonction des compétences individuelles et l’atomisation des travailleurs qui en résulte ; collectifs de défense des droits des travailleurs, syndicats, associations, coopératives ; famille même, qui, à travers la constitution de marchés par classes d’âge, perd une part de son contrôle sur la consommation.

Le programme néolibéral, qui tire sa force sociale de la force politico-économique de ceux dont il exprime les intérêts — actionnaires, opérateurs financiers, industriels, hommes politiques conservateurs ou sociaux-démocrates convertis aux démissions rassurantes du laisser-faire, hauts fonctionnaires des finances, d’autant plus acharnés à imposer une politique prônant leur propre dépérissement que, à la différence des cadres des entreprises, ils ne courent aucun risque d’en payer éventuellement les conséquences —, tend globalement à favoriser la coupure entre l’économie et les réalités sociales, et à construire ainsi, dans la réalité, un système économique conforme à la description théorique, c’est-à-dire une sorte de machine logique, qui se présente comme une chaîne de contraintes entraînant les agents économiques.

La mondialisation des marchés financiers, jointe au progrès des techniques d’information, assure une mobilité sans précédent de capitaux et donne aux investisseurs, soucieux de la rentabilité à court terme de leurs investissements, la possibilité de comparer de manière permanente la rentabilité des plus grandes entreprises et de sanctionner en conséquence les échecs relatifs. Les entreprises elles-mêmes, placées sous une telle menace permanente, doivent s’ajuster de manière de plus en plus rapide aux exigences des marchés ; cela sous peine, comme l’on dit, de « perdre la confiance des marchés », et, du même coup, le soutien des actionnaires qui, soucieux d’obtenir une rentabilité à court terme, sont de plus en plus capables d’imposer leur volonté aux managers, de leur fixer des normes, à travers les directions financières, et d’orienter leurs politiques en matière d’embauche, d’emploi et de salaire.

Ainsi s’instaurent le règne absolu de la flexibilité, avec les recrutements sous contrats à durée déterminée ou les intérims et les « plans sociaux » à répétition, et, au sein même de l’entreprise, la concurrence entre filiales autonomes, entre équipes contraintes à la polyvalence et, enfin, entre individus, à travers l’individualisation de la relation salariale : fixation d’objectifs individuels ; entretiens individuels d’évaluation ; évaluation permanente ; hausses individualisées des salaires ou octroi de primes en fonction de la compétence et du mérite individuels ; carrières individualisées ; stratégies de « responsabilisation » tendant à assurer l’auto-exploitation de certains cadres qui, simples salariés sous forte dépendance hiérarchique, sont en même temps tenus pour responsables de leurs ventes, de leurs produits, de leur succursale, de leur magasin, etc., à la façon d’« indépendants » ; exigence de l’« autocontrôle » qui étend l’« implication » des salariés, selon les techniques du « management participatif », bien au-delà des emplois de cadres. Autant de techniques d’assujettissement rationnel qui, tout en imposant le surinvestissement dans le travail, et pas seulement dans les postes de responsabilité, et le travail dans l’urgence, concourent à affaiblir ou à abolir les repères et les solidarités collectives (3).

L’institution pratique d’un monde darwinien de la lutte de tous contre tous, à tous les niveaux de la hiérarchie, qui trouve les ressorts de l’adhésion à la tâche et à l’entreprise dans l’insécurité, la souffrance et le stress, ne pourrait sans doute pas réussir aussi complètement si elle ne trouvait la complicité des dispositions précarisées que produit l’insécurité et l’existence, à tous les niveaux de la hiérarchie, et même aux niveaux les plus élevés, parmi les cadres notamment, d’une armée de réserve de main-d’œuvre docilisée par la précarisation et par la menace permanente du chômage. Le fondement ultime de tout cet ordre économique placé sous le signe de la liberté, est en effet, la violence structurale du chômage, de la précarité et de la menace du licenciement qu’elle implique : la condition du fonctionnement « harmonieux » du modèle micro-économique individualiste est un phénomène de masse, l’existence de l’armée de réserve des chômeurs.

Cette violence structurale pèse aussi sur ce que l’on appelle le contrat de travail (savamment rationalisé et déréalisé par la « théorie des contrats »). Le discours d’entreprise n’a jamais autant parlé de confiance, de coopération, de loyauté et de culture d’entreprise qu’à une époque où l’on obtient l’adhésion de chaque instant en faisant disparaître toutes les garanties temporelles (les trois quarts des embauches sont à durée déterminée, la part des emplois précaires ne cesse de croître, le licenciement individuel tend à n’être plus soumis à aucune restriction).

On voit ainsi comment l’utopie néolibérale tend à s’incarner dans la réalité d’une sorte de machine infernale, dont la nécessité s’impose aux dominants eux-mêmes. Comme le marxisme en d’autres temps, avec lequel, sous ce rapport, elle a beaucoup de points communs, cette utopie suscite une formidable croyance, la free trade faith (la foi dans le libre-échange), non seulement chez ceux qui en vivent matériellement, comme les financiers, les patrons de grandes entreprises, etc., mais aussi chez ceux qui en tirent leurs justifications d’exister, comme les hauts fonctionnaires et les politiciens, qui sacralisent le pouvoir des marchés au nom de l’efficacité économique, qui exigent la levée des barrières administratives ou politiques capables de gêner les détenteurs de capitaux dans la recherche purement individuelle de la maximisation du profit individuel, instituée en modèle de rationalité, qui veulent des banques centrales indépendantes, qui prêchent la subordination des Etats nationaux aux exigences de la liberté économique pour les maîtres de l’économie, avec la suppression de toutes les réglementations sur tous les marchés, à commencer par le marché du travail, l’interdiction des déficits et de l’inflation, la privatisation généralisée des services publics, la réduction des dépenses publiques et sociales.

Sans partager nécessairement les intérêts économiques et sociaux des vrais croyants, les économistes ont assez d’intérêts spécifiques dans le champ de la science économique pour apporter une contribution décisive, quels que soient leurs états d’âme à propos des effets économiques et sociaux de l’utopie qu’ils habillent de raison mathématique, à la production et à la reproduction de la croyance dans l’utopie néolibérale. Séparés par toute leur existence et, surtout, par toute leur formation intellectuelle, le plus souvent purement abstraite, livresque et théoriciste, du monde économique et social tel qu’il est, ils sont particulièrement enclins à confondre les choses de la logique avec la logique des choses.

Confiants dans des modèles qu’ils n’ont pratiquement jamais l’occasion de soumettre à l’épreuve de la vérification expérimentale, portés à regarder de haut les acquis des autres sciences historiques, dans lesquels ils ne reconnaissent pas la pureté et la transparence cristalline de leurs jeux mathématiques, et dont ils sont le plus souvent incapables de comprendre la vraie nécessité et la profonde complexité, ils participent et collaborent à un formidable changement économique et social qui, même si certaines de ses conséquences leur font horreur (ils peuvent cotiser au Parti socialiste et donner des conseils avisés à ses représentants dans les instances de pouvoir), ne peut pas leur déplaire puisque, au péril de quelques ratés, imputables notamment à ce qu’ils appellent parfois des « bulles spéculatives », il tend à donner réalité à l’utopie ultraconséquente (comme certaines formes de folie) à laquelle ils consacrent leur vie.

Et pourtant le monde est là, avec les effets immédiatement visibles de la mise en œuvre de la grande utopie néolibérale : non seulement la misère d’une fraction de plus en plus grande des sociétés les plus avancées économiquement, l’accroissement extraordinaire des différences entre les revenus, la disparition progressive des univers autonomes de production culturelle, cinéma, édition, etc., par l’imposition intrusive des valeurs commerciales, mais aussi et surtout la destruction de toutes les instances collectives capables de contrecarrer les effets de la machine infernale, au premier rang desquelles l’Etat, dépositaire de toutes les valeurs universelles associées à l’idée de public, et l’imposition, partout, dans les hautes sphères de l’économie et de l’Etat, ou au sein des entreprises, de cette sorte de darwinisme moral qui, avec le culte du winner, formé aux mathématiques supérieures et au saut à l’élastique, instaure comme normes de toutes les pratiques la lutte de tous contre tous et le cynisme.

Peut-on attendre que la masse extraordinaire de souffrance que produit un tel régime politico-économique soit un jour à l’origine d’un mouvement capable d’arrêter la course à l’abîme ? En fait, on est ici devant un extraordinaire paradoxe : alors que les obstacles rencontrés sur la voie de la réalisation de l’ordre nouveau — celui de l’individu seul, mais libre — sont aujourd’hui tenus pour imputables à des rigidités et des archaïsmes, et que toute intervention directe et consciente, du moins lorsqu’elle vient de l’Etat, par quelque biais que ce soit, est d’avance discréditée, donc sommée de s’effacer au profit d’un mécanisme pur et anonyme, le marché (dont on oublie qu’il est aussi le lieu d’exercice d’intérêts), c’est en réalité la permanence ou la survivance des institutions et des agents de l’ordre ancien en voie de démantèlement, et tout le travail de toutes les catégories de travailleurs sociaux, et aussi toutes les solidarités sociales, familiales ou autres, qui font que l’ordre social ne s’effondre pas dans le chaos malgré le volume croissant de la population précarisée.

Le passage au « libéralisme » s’accomplit de manière insensible, donc imperceptible, comme la dérive des continents, cachant ainsi aux regards ses effets, les plus terribles à long terme. Effets qui se trouvent aussi dissimulés, paradoxalement, par les résistances qu’il suscite, dès maintenant, de la part de ceux qui défendent l’ordre ancien en puisant dans les ressources qu’il recelait, dans les solidarités anciennes, dans les réserves de capital social qui protègent toute une partie de l’ordre social présent de la chute dans l’anomie. (Capital qui, s’il n’est pas renouvelé, reproduit, est voué au dépérissement, mais dont l’épuisement n’est pas pour demain.)

Mais ces mêmes forces de « conservation », qu’il est trop facile de traiter comme des forces conservatrices, sont aussi, sous un autre rapport, des forces de résistance à l’instauration de l’ordre nouveau, qui peuvent devenir des forces subversives. Et si l’on peut donc conserver quelque espérance raisonnable, c’est qu’il existe encore, dans les institutions étatiques et aussi dans les dispositions des agents (notamment les plus attachés à ces institutions, comme la petite noblesse d’Etat), de telles forces qui, sous apparence de défendre simplement, comme on le leur reprochera aussitôt, un ordre disparu et les « privilèges » correspondants, doivent en fait, pour résister à l’épreuve, travailler à inventer et à construire un ordre social qui n’aurait pas pour seule loi la recherche de l’intérêt égoïste et la passion individuelle du profit, et qui ferait place à des collectifs orientés vers la poursuite rationnelle de fins collectivement élaborées et approuvées.

Parmi ces collectifs, associations, syndicats, partis, comment ne pas faire une place spéciale à l’Etat, Etat national ou, mieux encore, supranational, c’est-à-dire européen (étape vers un Etat mondial)[1], capable de contrôler et d’imposer efficacement les profits réalisés sur les marchés financiers et, surtout, de contrecarrer l’action destructrice que ces derniers exercent sur le marché du travail, en organisant, avec l’aide des syndicats, l’élaboration et la défense de l’intérêt public qui, qu’on le veuille ou non, ne sortira jamais, même au prix de quelque faux en écriture mathématique, de la vision de comptable (en un autre temps, on aurait dit d’« épicier ») que la nouvelle croyance présente comme la forme suprême de l’accomplissement humain.

Pierre Bourdieu

Publié dans le Monde Diplomatique de mars 1998

(1) NDLR : par référence à Auguste Walras (1800-1866), économiste français, auteur de De la nature de la richesse et de l’origine de la valeur (1848) ; il fut l’un des premiers à tenter d’appliquer les mathématiques à l’étude économique.

(2) Erving Goffman, Asiles. Etudes sur la condition sociale des malades mentaux, Editions de Minuit, Paris, 1968.

(3) On pourra se reporter, sur tout cela, aux deux numéros des Actes de la recherche en sciences sociales consacrés aux « Nouvelles formes de domination dans le travail » (1 et 2), no 114, septembre 1996, et no 115, décembre 1996, et tout spécialement à l’introduction de Gabrielle Balazs et Michel Pialoux, « Crise du travail et crise du politique », no 114, p. 3-4.

Lire aussi :

Si ce type de personnage peut arriver au pouvoir ou être proche du pouvoir, c'est parce qu'il y a des précédents qui ne sont pas à chercher dans les années trente, mais qui sont à chercher par exemple du côté des Etats Unis dans un passé beaucoup plus récent, dans la personne de Ronald Reagan qui est un bellâtre de cinéma, un personnage de second ordre, toujours bronzé, toujours bien coiffé, comme d´autres aujourd'hui, toujours sportif, porteur d'idéologie ultra nationaliste, ultra réactionnaire, et prêt à jouer le rôle d´un fantoche au service des pouvoirs les plus conservateurs et des volontés les plus conservatrices des forces économiques. C'est-à-dire que c'est une incarnation "chic", ou même pas "chic" mais "kitsch", du laisser-faire total du pouvoir économique. On pourrait continuer, pour aller très vite, avec Margaret Thatcher, mais aussi Tony Blair qui aujourd'hui même à Lisbonne prend sur l´Europe des positions plus réactionnaires que le président français de droite.

Il y a 16 ans : "Contre la pensée Tietmeyer"

Il y a 20 ans : Discours aux cheminots grévistes, Paris, Gare de Lyon, 12 décembre 1995

Notes

[1] L'histoire ayant montré que l'utopie européenne a contribué à détourner les mouvements (plus occupés désormais à promouvoir l'écriture inclusive, comme la maison de retraite d'ATTAC ou de la Fondation Copernic) auxquels Bourdieu s'adressait, du cadre social dans lequel ils pouvaient conserver une certaine "puissance d'agir", nous avons préféré barrer ces lignes obsolètes. Il est évident que comme le dit Bourdieu il est un peu vain de vouloir dominer certaines forces, comme la finance, à l'échelle nationale. Sauf que, politiquement, il s'est avéré que c'était totalement impossible dans un cadre supra-national, politiquement neutralisé. C'est donc nationalement qu'il faut poser ces actes de souveraineté populaire, et il y a fort à espérer que des actes de souveraineté populaire similaires suivront. En tous cas, il n'y a pas d'autre voie rationnelle, parole de quelqu'un qui y a cru avec Bourdieu, et qui pense que si la mortt n'en avait pas décidé autrement, en bon empiriste, il serait arrivé à la même conclusion vues les circonstances (Le Concierge)

LA PHILOSOPHIE SOCIALE DU NÉO-LIBÉRALISME

Je voudrais ici développer une thèse - dont l'exposé demanderait beaucoup de temps - selon laquelle ce que l'on appelle le " néo-libéralisme " et que l'on essaie de fonder sur une certaine forme de science économique, est en fait une philosophie sociale. Quelqu'un, avant moi, a parlé d'" enjeu de société " : c'est souvent une expression que l'on emploie à la légère, dans les débats de télévision notamment, mais il est vrai que ce dont il est question ici est un enjeu de société, c'est-à-dire une vision du monde social. Le néo-libéralisme se présente lui-même comme une vision du monde, cohérente, fondée sur un certain nombre de propositions, à prétention scientifique, mais qui peuvent être ramenés à ce que les ethnologues ou les sociologues appellent un " ethos ", à savoir un ensemble de valeurs, pour la plupart implicites, qui sont inscrites dans les manières de vivre les plus ordinaires, les plus banales, les plus quotidiennes. C'est cet " ethos " que je vais m'efforcer ici d'expliciter.

Le premier principe sur lequel repose le modèle néo-libéral est que l'économie est un domaine séparé du social, gouvernée par des lois naturelles et universelles que les gouvernements doivent éviter de contrarier. Deuxième principe : le marché est le moyen optimal d'organiser la production et les échanges de manière efficace et équitable dans les sociétés démocratiques. Troisième principe, qui est plus conjoncturel : la globalisation exige la réduction des dépenses étatiques, spécialement dans le domaine social, les droits sociaux en matière d'emploi et de sécurité sociale étant à la fois coûteux et dysfonctionnels. Contrairement à ce qui est dit souvent, ces principes s'enracinent profondément dans une tradition contingente, pas du tout universelle, liée à l'histoire particulière d'une société particulière, qui est la société américaine.

Par parenthèse, je sais que dire cela expose à l'accusation d'antiaméricanisme. Je m'en explique : les mêmes, souvent, qui accusaient ceux qui critiquaient l'Union soviétique d'" anticommunisme ", s'empressent aujourd'hui de dénoncer toute réserve - même factuelle - comme relevant de l'" antiaméricanisme ", cette épithète étant d'ailleurs utilisé de manière très sélective, à l'exemple du Nouvel Observateur, lieu d'expression des pourfendeurs de l'" antiaméricanisme ", mais qui dénoncent le " communautarisme ", le mouvement gay, le mouvement féministe, le mouvement lesbien, etc. Il est évident qu'il n'y a, dans mon esprit, aucune espèce d'antiaméricanisme, et je pense que beaucoup d'Américains - que je connais et que j'aime - souscriraient à ce que je vais dire du système américain, dont ils sont d'ailleurs les premiers à souffrir. Il y a un " antiaméricanisme " américain. Il faut savoir aussi qu'un certain nombre de mouvements universalistes, anti-impérialistes, sont partis des États-Unis - par exemple celui en faveur de la taxe Tobbin. De même, je pense qu'un certain nombre de mouvements - comme le vôtre - auraient intérêt à s'appuyer sur des mouvements américains pour se donner de la force politique.

La première particularité de la société américaine est que l'État y est réduit au minimum, affaibli systématiquement par la " révolution conservatrice " néo-libérale. Cette société, paradoxalement très avancée économiquement et scientifiquement, est très arriérée socialement et politiquement. Les fondements mêmes de la démocratie américaine sont en question dans son fonctionnement : taux d'abstention très élevés, mode de financement des partis, dépendance à l'égard des médias et de l'argent... Ce modèle de la démocratie avancée est en fait, par certains côtés, très archaïque. L'une des propriétés de l'État, sur laquelle s'accordent tous les sociologues, avec Max Weber ou Norbert Elias, est que celui-ci se définit comme le détenteur du monopole de l'exercice légitime de la violence : or, s'il y a bien un pays où ce monopole étatique de la violence s'affirme peu, c'est bien les États-Unis et leurs 70 millions de porteurs d'armes.

En second lieu, cet État est atrophié, croupion, du point de vue économique : il s'est retiré progressivement de l'économie, et les biens publics comme la santé, le logement, la sécurité, l'éducation ou la culture, se sont convertis peu à peu en biens commerciaux. Les usagers sont devenus des clients. Tout ceci, à partir d'une vision philosophique qui se résume dans l'expression de Self Help, à savoir l'idée que les individus doivent réaliser eux-mêmes leur salut. Il s'agit là de la vieille vision calviniste selon laquelle Dieu aide ceux qui s'aident eux-mêmes, vision qui est devenue constitutive de ce que l'on appelle, en langage commun, " la mentalité " américaine. Ainsi, dans les enquêtes sociologiques, on observe que les gens licenciés de leur entreprise ont tendance - d'une façon surprenante pour un Européen, et spécialement pour un Français - à s'imputer la responsabilité de ce licenciement. Cette exaltation de la responsabilité individuelle - qui est au cour de la vision conservatrice de la société - a été relayée jusque dans nos gouvernements dits socialistes : on a entendu tel premier ministre dénoncer la " vision sociologique ", identifiée à la tendance à imputer la responsabilité de la maladie, de la délinquance, du crime ou de la consommation de drogue, à des facteurs de type " social ".

Troisième propriété de l'État américain : le fait qu'il ne soit plus du tout porteur de la vision que l'on pourrait appeler " hégéliano-durkheimienne ", selon laquelle l'État est considéré comme une sorte de " conscience supérieure " aux individus, capable d'intégrer les attentes, les demandes, qui peuvent être contradictoires et conflictuelles, et d'arbitrer au nom de " l'intérêt général ", au nom d'une représentation supposée positive de l'intérêt collectif. Cette vision, qui n'a jamais été très forte dans la tradition américaine, a été assassinée par la " révolution conservatrice " (on parlait de " révolution conservatrice " en Allemagne dans les années trente à propos des mouvements qui ont précédé le nazisme), qui désigne des mouvements qui sont conservateurs en se donnant des airs révolutionnaires. Et il est vrai que le néo-libéralisme avance masqué sous le langage de la " réforme ", de la " révolution ", du " mouvement ", du " changement ", ceux qui s'y opposent étant des " ringards ", des " rétrogrades ", des " passéistes ", etc : s'il est difficile à combattre, c'est qu'il peut mimer la révolution dans ses actions les plus conservatrices. Il peut mimer, par exemple, l'attention au sort individuel des malades, alors qu'il est en train de liquider la protection sociale...

Autre caractéristique : la société américaine incarne la forme extrême, réalisée, de l'esprit du capitalisme. Max Weber fait commencer " L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme ", par un commentaire d'un très beau texte de Benjamin Franklin - dont nos amis libéraux pourraient s'inspirer ! - qui place au centre de l'existence humaine, du projet social, du " projet de société ", comme on dit, l'individu et le bien de l'individu. Ce texte obéit à une sorte de logique de calcul des profits individuels, pas seulement des profits monétaires, on pourrait même parler des profits de bonheur, mais toujours dans une logique individuelle et calculatrice. Et il est de fait qu'aucune autre société contemporaine n'a réalisé à un tel point la mentalité calculatrice. Il existe, par exemple, un livre de sociologie de l'éducation - intitulé " Academic Market Place " - qui est une description de ces conventions qui se tiennent une fois par an, souvent à New York, où les universitaires se vendent en quelque sorte sur un marché, dans lequel il faut se rendre intéressant pour des acheteurs potentiels. Le monde américain a pénétré jusque dans les univers les plus désintéressés - le champ littéraire, scientifique, etc. - qui se sont construits contre la logique de l'argent : on est toujours surpris, quand on va aux États-Unis, de voir la brutalité avec laquelle les gens parlent de leur valeur en dollars - brutalité dans laquelle on peut discerner des vertus, mais qui ne donne pas beaucoup de satisfaction aux attentes humanistes.

Cela m'amène à évoquer le culte de l'individu et de l'individualisme, ce que Dorothy Ross nomme " l'individualisme métaphysique ", qui est au fondement de toute la théorie économique et qui nous rapproche de cette philosophie de l'action qui se désigne comme " individualisme méthodologique ", et qui ne peut reconnaître que des actions sciemment et consciemment calculés par un agent isolé, l'action collective n'étant pas autre chose qu'une agrégation d'actions individuelles : un plus un, plus un, etc. Ce qui est ignoré ici, c'est que les individus peuvent changer par le fait d'échanger, qu'échanger change la nature de l'échange et des choses échangées, que les individus qui vont partager " le pain et le sel " - c'est dit dans toutes les traditions - vont former une communauté qui aura des intérêts transcendants aux intérêts individuels, qu'ils vont pouvoir se révolter en commun, etc.

Un autre topique de la vulgate néo-libérale est que l'ordre social américain est dynamique, par opposition à la rigidité des sociétés européennes, et qu'il associe la productivité à une forte flexibilité. Cette vision d'un monde reposant sur la " souplesse " et sur l'adaptabilité, conduit à voir dans l'insécurité un principe positif d'organisation collective, et à faire de l'insécurité le moteur même de la société. " Vous voulez les faire bosser, rendez-les précaires ! "... "Vous voulez censurer les journalistes, pas la peine d'instaurer une censure, faites des CDD ! ". Il s'agit là d'une philosophie sociale totalement antithétique de ce que l'on appelait, au XIXe siècle, le " solidarisme " - une tradition qui était souvent commune à des sociologues et à des médecins, une philosophie " organiciste ", un peu suspecte d'ailleurs...

Ce que j'essaie de dire ici est que cette philosophie individualiste, cette exaltation de la mobilité conduit à de nouveaux types de contrats de travail, tout à fait antinomiques avec tout ce que les sociétés européennes ont conquis et construit dans leur histoire. La force de ce néo-libéralisme est d'instituer l'insécurité, d'installer les gens, jusqu'à des niveaux élevés de la hiérarchie, dans l'instabilité, en faisant de cette insécurité permanente le moteur des ambitions, des aspirations, etc. Dans le même temps, ces contrats de travail sont particularisés - il n'y a plus que des cas particuliers - et ils instituent une diversité qui a pour effet, étant donné la force des mécanismes sociaux, de s'instituer aussi dans les structures mentales. On individualise les individus en les désocialisant, en les arrachant au lien social fondamental qui s'instaure dans le travail. Il ne faut pas sous-estimer cet adversaire, capable d'installer l'insécurité jusqu'au cour même des structures, c'est-à-dire jusqu'aux lieux qui étaient perçus comme des constantes, comme des invariants, et dont la fonction est de rassurer. Par parenthèse, travaillant en Algérie, j'avais été frappé par ceci que les sous-prolétaires - occupant des emplois instables, travaillant un jour, et l'autre pas... - me disaient, avec une fréquence statistique frappante, qu'ils se perdaient : dans la rue, dans le temps...

Cette philosophie néo-libérale est aussi un " néo-darwinisme ", au sens où, seuls, les plus forts survivraient. Elle exclut toute solidarité à l'égard des " canards boiteux ", qu'il s'agisse des entreprises ou des individus.

Évidemment, cette présentation peut être jugée simplificatrice - la société américaine est pleine de contradictions, de complexités, etc. Mais il faut bien voir que l'importation, le transfert de ce modèle - dans le domaine de la santé, comme dans beaucoup d'autres - a d'immenses conséquences, dans la mesure où ce qui est dynamité, c'est un système de valeurs, un " ethos " hérité de toute une tradition. D'autant que ce modèle s'impose à travers des mécanismes de " persuasion clandestine " - je préfère dire de " violence symbolique ", c'est-à-dire de formes de dominations qui s'exercent avec la collaboration inconsciente des dominés, complices d'une certaine façon des mécanismes dont ils sont victimes. Et qu'il sape, en quelque sorte, les fondements de la civilisation européenne. En 1995, lorsque j'avais pris la parole à la gare de Lyon, j'avais dit quelque chose comme : " Ce qui est en jeu, c'est une civilisation "... À la réflexion, je m'étais dit : " Là, tu as employé un grand mot, tu as exagéré. " Mais, plus j'y pense, plus je crois avoir eu raison, au sens où il s'agit bien d'une culture, d'une tradition culturelle, collectivement produite et collectivement transmise, qui s'est inventée très lentement, et notamment au XIXe siècle.

Dans ses écrits politiques, Marcel Mauss raconte ses rencontres, de Londres à Francfort, et il explique comment a été inventé la solidarité en cas d'" accident du travail ", la notion d'" assurance maladie ", les mutuelles... Les Américains inventent peut-être des molécules ; nous, nous avons inventé des formes sociales et des champs de " sociation ", ce qui suppose une lutte contre les rapports sociaux établis dans les institutions et dans les têtes... Ce qui suppose aussi des dizaines et des dizaines d'inventions, inspirées toutes par une même vision du monde, orientée par la recherche du bonheur collectif.

Aujourd'hui, dire cela peut paraître naïf, ou ringard. Mais il faut bien voir que, derrière cette philosophie néo-libérale, il y a des forces sociales : économiques, quand elles passent par les grands organismes du commerce international ; juridico-politiques, quand elles passent par Bruxelles. Or, s'il y a quelque chose qui nous différencie du système américain dans le domaine de la santé, c'est bien cette vision " solidariste " qui est au principe d'une institution telle que la mutuelle. Or, les mutuelles sont-elles encore des mutuelles, et pourquoi ne comprend-on même plus la philosophie des mutuelles, si ce n'est parce qu'elle a été rongée par la philosophie néo-libérale, qui dit : " Il faut faire des profits, il faut réinvestir "... Le temps n'est-il pas venu, pourtant, de reprendre le meilleur de ce qui a été inventé autrefois, pour le faire revivre en l'inventant à nouveau ?

Pierre Bourdieu

(texte paru dans l'Humanité du du 4/11/1999)

Lire aussi :

Si ce type de personnage peut arriver au pouvoir ou être proche du pouvoir, c'est parce qu'il y a des précédents qui ne sont pas à chercher dans les années trente, mais qui sont à chercher par exemple du côté des Etats Unis dans un passé beaucoup plus récent, dans la personne de Ronald Reagan qui est un bellâtre de cinéma, un personnage de second ordre, toujours bronzé, toujours bien coiffé, comme d´autres aujourd'hui, toujours sportif, porteur d'idéologie ultra nationaliste, ultra réactionnaire, et prêt à jouer le rôle d´un fantoche au service des pouvoirs les plus conservateurs et des volontés les plus conservatrices des forces économiques. C'est-à-dire que c'est une incarnation "chic", ou même pas "chic" mais "kitsch", du laisser-faire total du pouvoir économique. On pourrait continuer, pour aller très vite, avec Margaret Thatcher, mais aussi Tony Blair qui aujourd'hui même à Lisbonne prend sur l´Europe des positions plus réactionnaires que le président français de droite.

Il y a 16 ans : "Contre la pensée Tietmeyer"

Il y a 20 ans : Discours aux cheminots grévistes, Paris, Gare de Lyon, 12 décembre 1995

mercredi 4 avril 2018

Pour un moratoire sur la lapidation médiatique de Tariq Ramadan et le féminisme moustachu

Alors qu'on s'excitait précisément sur le bombardement de Shanghai par les Japonais et que je l'avais rencontré au moment où il était aux prises avec un fameux "problème de virgule", il me dit à peu près : "Je sais que tout cela est dénué de sens, quand la maison est en feu. Mais aussi longtemps que c'est possible d'une façon quelconque, je dois faire cela, car si les gens qui y sont tenus par obligation avaient toujours veillé à ce que toutes les virgules soient à la bonne place, alors Shangaï ne serait pas en train de brûler."

Karl Kraus, 3ème Nuit de Walpurgis

lapidation.png illus. Edwy Plenel reprend la place qui lui revient de Grand Prètre du PPA (cliquer sur l'image pour assister à la conférence de rédaction de Mediatarte)

Dans une vidéo enregistrée avant son incarcération, Tariq Ramadan dressait le constat "N'est pas Zola qui veut" s'adressant directement à Edwy Plenel :

Et donc le minimum du travail de journaliste n'a pas été fait. Au contraire, on s'est dit, il faut qu'on charge d'avantage sur l'accusé qui est Tariq ramadan puisque c'est le Diable. Et on en a vus qui pensaient que j'étais à terre pour continuer à vouloir en rajouter. Dont Mediapart qui tout à coup ajoute une enquête vite fait pour pouvoir dire, ah non nous ne sommes pas les complices de l'homme. Vous savez en France, on a eu des personnes qui sont le symbole d'une certaine dignité intellectuelle. Zola avait pris la plume pour défendre l'honneur de la France et de la Justice. On ne s’improvise pas Zola, et n'est pas Zola qui veut. Certains vont prendre la plume pour sauver leur nom, leur personne, voire leur journal. C'est ainsi il faut prendre acte avec tristesse et en continuant sa route.

Rendue publique le 14 mars 2018, elle répondait étrangement opportunément, de la part d'un homme incarcéré donc ne pouvant se défendre publiquement, à des déclarations d'Edwy Plenel sur RMC le 13 mars violant la présomption d'innocence et donnant des gages au "milieu" : il avait bien, comme toute la presse, jeté sa pierre, et même plusieurs, lors de la lapidation médiatique de Tariq Ramadan.

- Votre enquête sur Ramadan, elle était incomplète...

- Eh non ! Mais personne n'avait à cette date quand nous avons fait ces cinq volets de l'enquête sur Ramadan (avril 2016 NDE), personne, comme l'a très bien expliqué Matthieu Magnaudeix, enquête totalement impitoyable sur Tariq Ramadan, personne à cette date n'avait pu trouver et sortir les témoignages accablants qui aujourd'hui lui valent d'être poursuivi ».

(...)

« j'ajoute que depuis nous nous sommes rattrapés, Marine Turchi, sur Mediapart, mène l'enquête comme sur d'autres délits sexuels dans le cadre de metoo et de balancetonporc[1] »

dignity.png "Dignité, dignité, dignité : la rédaction essayant de ressusciter l'honneur de la presse grâce au numérique (cliquer sur l'image pour voir cette scène pathétique)"...

On n'est plus guère surpris de découvrir ce jour en Une de Médiatarte une nouvelle "enquête" totalement à charge, toujours sous la plume de Marine Turchi, ce qui permet tout de même au "journal 100% numérique" (sans doute rédigé par des cyborgs?) d'y insérer la vidéo du 14 mars dont il n'avait à ce jour soufflé mot...

Celle-ci sort manifestement du même encrier que la précédente "enquête" du "Nouveau Détective Moustachu".

Toujours aussi sobrement titrée, cette fois-ci "Tariq Ramadan a acheté le silence d’une femme ", on y apprend que Tariq Ramadan aurait attaqué en référé une Bruxelloise en février 2015 qui publiait sur internet des propos mettant en cause sa personne, suite à une relation qu'il aurait, selon cette femme, entretenue avec elle (ouf! Y a tellement de conditionnel qu'on hésite sur la syntaxe !) à partir de 2009. Et que la procédure se serait conclue par un accord confidentiel à l'amiable.

Un magistrat belge pour crédibiliser une absence de document

L'accord a été confirmé à Médiapart par... le très médiatique Pt du Tribunal correctionnel francophone de Bruxelles, Luc Hennart.

Mais Médiapart ne s'est procuré qu'un "projet de convention" (Remis par qui ? Signé ou non par qui ?[2] La citation du Pt de Tribunal n'est en fait là que pour faire croire qu'il en a confirmé le contenu et dans une première version de cet article nous nous y sommes faits prendre, autant dire que la structure narrative marche bien ![3]) Tout ce qui concerne la convention est pourtant à l'indicatif, alors que Mediapart ne dispose pas de celle qui a été signée...

Si l'accord conclu était "confidentiel" :

« l'audience en référé était publique ». « Cette transaction intervenue entre les parties a clos l'affaire en ce qui concerne la justice.

Mais ni Le Vif, ni Médiatarte ne font même mention de l'ordonnance sensée clore l'affaire, qu'ils n'ont donc pas consultée (cela n'apporterait peut-être pas grand chose mais une "enquête" est une "enquête", n'est-ce pas Edwy Plenel ?

Une femme non-violée ?

Notons que la Bruxelloise en question, selon Médiatarte,

...a dit ne pas avoir été « violée ». Mais elle a affirmé s'être « sentie violée mentalement » par un « manipulateur destructeur ».

Marine Turchi y voit un élément à charge :

Or il se trouve que dans l'affaire qui le vise aujourd'hui, Tariq Ramadan, 55 ans, est mis en cause par plusieurs témoignages de femmes – devant la justice et dans la presse[4], en France, en Belgique, en Suisse et aux États-Unis –, qu'il conteste fermement. Les unes l'accusent de viols et de harcèlement – des faits pénalement répréhensibles –, d'autres évoquent des relations extraconjugales consenties, à mille lieues de son discours rigoriste. Mais toutes racontent une « emprise » mentale qu’aurait exercée l’islamologue sur elles, profitant de son statut d'intellectuel célèbre[5]

Rappelons que l'avocat d'une des plaignantes, le joyeux Républicain Jonas Haddad (débarqué depuis au profit de Francis Szpiner, non moins politique puisque ayant fait partie du "Cabinet noir" de l'Elysée sous Chirac et Villepin) avait ainsi résumé le dossier lors de la mise en examen de Tariq Ramadan :

« La mise en examen, c’est la reconnaissance d’indices graves et concordants. Les indices graves cela concerne la personnalité mais également les indices concordants c’est la reconnaissance d’un système, ce système qui pendant des mois s’est déchainé vis-à-vis de ma cliente parce qu’elle avait osé prendre la parole, elle avait osé dire qu’elle avait été victime de cette agression sexuelle… ».

Dès le début de son "enquête" Marine Turchi nous signifie donc qu'elle instruit à charge, non sur des faits, mais sur une "personnalité" et "un système"[6] (mettant au passage pour ce faire quasiment sur le même plan, comme dans son précédent article, "relations extra-conjugales", "emprise psychologique" et... "viols".)

Il semble en effet établi que sans preuves matérielles possibles (pour cause d'ancienneté des faits présumés), la condamnation pour viols de Tariq Ramadan ne pourra en l'état l'être qu'en "produisant la croyance" d'un Jury, comme son maintien en détention provisoire ne peut l'être sans que la presse ait convaincu l'opinion de sa culpabilité (au-cas où il s'agirait d'une Affaire d'Etat, sait-on jamais, car l'hypothèse ne peut être si facilement écartée...)

"Ils nous décrivent, souffla-t-il. Ils ont le pouvoir de description, et nous succombons à l'image qu'ils fabriquent" (Salman Rushdie, Les Versets Sataniques)

Un "tapuscrit"

Décidément, depuis l'Affaire de Tarnac, on raffole des livres dans le cadre des procédures (de Justice "ET de Presse" - sic). Dans le dossier (de "Justice Et de Presse"!) il y a déjà le livre de Caroline Fourest, celui de Ian Hamel, celui de Henda Ayari, bientôt quelques autres... Voici donc désormais un "tapuscrit" brandi par notre "enquêtrice". Livre qui n'aurait jamais été publié en vertu de l'accord qui serait intervenu au civil.

AyariLivre.png "Nous aussi (au village), à Rouen, on a de belles traumatisées"

"Rédigé en 2010 et intitulé provisoirement Un voyage en eaux troubles avec Tariq Ramadan, ce manuscrit – dont Mediapart s'est procuré l'une des versions –, relate, sur 81 pages, sous la forme d'un journal tenu quotidiennement, la vision de Marjane Bernoussi. d'une « relation » « sous (l')emprise » psychologique de l'islamologue."

À Paris Match, elle a relaté le comportement de l'islamologue lors de cette rencontre, à l'hôtel Crowne Plaza : « Il m’a demandé de monter dans sa chambre, il a commandé à manger. Et puis, soudain, il m’a mordu le bras, jusqu’au sang », a-t-elle raconté, en confiant « avoir eu peur ». Mais Tariq Ramadan serait ensuite « immédiatement redevenu normal »

joetzette.jpg Marine Turchi a-t-elle trop lu Jo et Zette ? En tous cas l'article de Paris Match date du 14/11/2017 et de nouvelles scènes semblent avoir été rajoutées depuis 2013 au "tapuscrit"...

On n'en saura pas plus[7] (ce qui est typique de cette affaire observée à travers la Presse où les plaignants sont mises en scène faisant défiler des preuves sur leur smartphone devant une journaliste... Ce qui ne prouve rien mais joue un grand rôle dans le story-telling à charge auquel tout cela se résume à l'heure actuelle, selon d'ailleurs un seul schéma narratif, dont on tire la conclusion d'un "mode opératoire" unique, ce qui prouve bien l'existence d' "un système" et donc la culpabilité de l'accusé... Ce qui est proprement hallucinant en termes de déontologie journalistique et de simple rigueur intellectuelle...)

lesyeux.jpg Sûr que "sous l'emprise" d'un "islamologue", ça fait franchement flipper !

Un "Teaser" sur internet qui a plu à des sites "au-dessus de tout soupçon"

Quoi d'autre ? C'est un article qui s'étend sur trois pages, mais dans lequel il n'y a guère de faits (ce qui est une caractéristique commune à toutes les "exclusivités" mettant en scène une des dénonciatrices - de justice ET de Presse ! - remplies essentiellement par la biographie de l'héroïne et de son bourreau présumé).

"C'est à la fin de l'année 2013, alors que s'achève, selon elle, une longue « relation » « chaotique, destructrice » entrecoupée de « ruptures », que Majda Bernoussi décide de « tout balancer » sur Internet. La Bruxelloise publiera des messages sur Facebook, puis des vidéos, des enregistrements sonores, une photo. Dans sa première vidéo, datée du 15 août 2014 et que Mediapart s’est procurée, elle relate les grandes lignes de son « histoire ». Elle annonce aussi la publication d’un livre et d’un site internet « pour l’historique, les preuves et toute sorte de témoignages et de choses qui viendront étayer un peu plus cette histoire », dit-elle, mais aussi des « interviews médiatiques ».

Elle affirme ne pas être « la seule » « à s’être fait piéger » par un homme « qui représente quelque chose » et a « une valeur morale » : « On est plusieurs filles », assure-t-elle. Selon elle, ces femmes auraient « peur », « elles témoignent, elles sont complètement écrasées, mais elles sont sous pression » et « ont du mal à aller jusqu’au bout ». Des affirmations qui font écho aux témoignages de femmes recueillis par la justice et par la presse depuis plusieurs mois." (souligné par nous.)

Une histoire dont le story telling n'est pas encore au point qu'il fallait encore "étayer" ? L'essentiel pour Marine Turchi est que cela fasse "écho" et crédibilise les témoignages des plaignantes dans cette instruction - de Justice et de Presse ! - à charge...

Et si on voulait mener "l'enquête" à la manière de Marine Turchi, c'est à dire à la mode anti-fa, on ferait remarquer à l'impétrante que fournir comme "preuves" de l'existence de ce teaser effacé les traces quelle en a trouvées sur des sites d'extrême-droite israéliens est un jeu un peu trouble susceptible de nourrir le "complotisme"... ça prouve surtout que l'extrême-droite israëlienne a tariq ramadan dans le collimateur...

majda1.png

majda2.png

"Sur Internet, on trouve encore quelques traces de reprises des publications de Majda Bernoussi, notamment sur des sites proches de l'extrême droite israélienne comme JSSNews." (légende de Marine Turchi en-dessous de ces captures d'écran qui prouvent surtout qu'il n'y a guère de "traces" de "révélations" dans les "publications" qu'elle a pu trouver[8]...)

Le Vif l'Express, partenaire de cette "enquête" donne des détails plus croustillants (dont la débilité n'a sans doute, quand même, pas échappé à Marine Turchi : "supériorité intellectuelle de Médiatarte sur Le Vif !):

Alors que sa relation épisodique avec Tariq Ramadan périclite, elle décide de balancer sur des sites communautaires, Facebook, YouTube, Rutube, etc., des textes, photos, vidéos et enregistrements sonores. Ses accusations sont relayées par le blogueur bruxellois Khalil Zeguendi. Une photo, en particulier, circule : Tariq Ramadan en caleçon dans une chambre d'hôtel, penché sur son gsm. (souligné par nous car séma,tiquement révélateur du contexte féministe-moustachu qui paralyse les neurones à Médiatarte...)

rapadancalecon.png

Quant au "blogueur bruxellois Khalil Zeguendi", ayant vus ses espoirs politiques déçus par différents partis dans les années 90, il y a longtemps qu'il s'est recyclé y compris dans le complotisme anti-Ramadan de bon aloi...

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Zeguendi1.png

Zeguendi2.png Blog au-dessus de tout soupçon (collections du Laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein)

Une victime de l'Hérault ?

Comme tout cela n'est quand même pas très convainquant et que c'est par l'accumulation et la répétition qu'on produit la croyance,

"Ces dernières années, Majda Bernoussi est effectivement entrée en contact avec d'autres femmes se disant victimes de Tariq Ramadan. Parmi elles, Sara, dont Mediapart avait dévoilé le témoignage. Cette femme de 36 ans, résidant dans l'Hérault, nous avait raconté SMS à l'appui ses nombreux échanges épistolaires sexuels avec Tariq Ramadan, en 2013" (souligné par nous)

Ah, les SMS ! Les journalistes en raffolent apparemment !

Conditionnels crédibilisés par... le silence des avocats !

Bougret.jpg

Dans cette enquête, Marine Turchi, passé le titre à l'indicatif "Tariq Ramadan a acheté le silence d’une femme" et ses affrimations sur le contenu d'une convention dont elle avoue ne pas disposer, use et abuse de la conditionnalité...

"une Belge d'origine marocaine qui pourrait bientôt être amenée à témoigner"

"C'est à la fin de l'année 2013, alors que s'achève, selon elle, une longue « relation »"

"L'histoire, d'après Majda Bernoussi, aurait commencé en juin 2009"

"Elle dit avoir pensé que"

"Suivent, selon elle, un premier échange virtuel"

"Dans son manuscrit, elle dit ensuite avoir fait une autre découverte, toujours sur le Web"

"Les SMS de Tariq Ramadan seraient alors devenus « de plus en plus entreprenants », selon elle : « Je te veux, que tu sois mienne. »"

"La rencontre aurait eu lieu le 22 juillet 2009, à Lille"

"« Il m’a demandé de monter dans sa chambre, il a commandé à manger. Et puis, soudain, il m’a mordu le bras, jusqu’au sang », a-t-elle raconté, en confiant « avoir eu peur ». Mais Tariq Ramadan serait ensuite « immédiatement redevenu normal »"

"Ces dernières années, Majda Bernoussi est effectivement entrée en contact avec d'autres femmes se disant victimes de Tariq Ramadan"

"Elle avait assuré"

"Elle avait affirmé avoir fait l'objet d'un « chantage »"

"Elle avait aussi reçu des menaces judiciaires d'un avocat introuvable – d'après nos vérifications (sic) – et un mail d’intimidation d’une personne se présentant comme Ahmed Mawlawi, un ancien (sic) « proche de Tariq »."

"La Bruxelloise pourrait aujourd'hui réapparaître, mais dans l'enquête judiciaire en cours en France, où elle pourrait être amenée à témoigner."

Les indices sont plutôt maigres... Mais pour crédibiliser son article remplit d'un immense vide Marine Turchi enquête aussi à décharge. C'est qu'elle s'en pose des questions, quand même !

Bougret-Charolles.jpg

Qu'est-ce qui a poussé Tariq Ramadan à passer un tel accord avec Majda Bernoussi ? Que redoutait-il ? Que contenaient les publications ? Joint par Mediapart, l'avocat de l'islamologue, Emmanuel Marsigny, estime ne pas avoir « à répondre à des questions sur un dossier en cours, sur un aspect du dossier qu'(il) ne conna(ît) pas ». « Je n’ai rien à vous dire. J’en parlerai avec (Tariq Ramadan) une fois que ce sera dans le dossier, ou pas, je ne sais pas. »

"Sollicitée, l'avocate belge Inès Wouters, à l'époque conseil de Tariq Ramadan, se retranche derrière « le respect du secret professionnel », tout en signalant qu'un « accord transactionnel peut avoir beaucoup de raisons et notamment d'éviter un litige qui est très coûteux », et qu'« il n'est pas nécessairement une reconnaissance de quoi que ce soit ». « La confidentialité est en général de règle, ce qui est particulièrement important dans des matières telles que la diffamation. On ne met pas fin à un litige en la matière pour continuer à en parler », ajoute-t-elle (lire notre Boîte noire)."

Bon là... A décharge elle aurait pu se demander si Tariq Ramadan n'aurait pas voulu, le cas échéant, s'éviter exactement ce qu'il lui arrive aujourd'hui en plus grave, c'est à dire des mois de lynchage médiatique sans la moindre preuve (mais Marine Turchi ne pense pas assez aux médias... Ce n'est pas dans sa disquette, les médias... Qui ne sont rien d'autre que la liberté démocratique, n'est-ce pas ? Pourtant le mot de "diffamation" et les dégâts qu'elle peut faire aurait pu lui mettre une contre-hypothèse à l'oreille...)

"Tariq Ramadan a-t-il eu l'occasion de lire ce document ? Ce manuscrit rapporte en tout cas des situations et une « emprise » morale qui ne sont pas sans rappeler les témoignages d'autres femmes recueillis par Mediapart, dans le cadre de notre première enquête."

Ici on ne voit pas le rapport entre la question et la fin de la phrase... Mais si, bon sang, c'est bien sûr ! C'est la preuve potentielle que le "système" existe et que la "personnalité" ne voulait pas qu'il soit dévoilé car il sait bien qu'il y a "d'autres femmes" puisqu'il est coupable, et ça en est d'ailleurs la preuve !

"Quelle relation Tariq Ramadan a-t-il entretenue avec Majda Bernoussi ? Cette question, adressée par Mediapart aux avocats de l'islamologue, est restée sans réponse."

C'est tout de même louche ces avocats qui font obstacle au travail des Albert Londres de notre temps... ça prouve bien que... ça ne fait pas le poids dans la balance avec les choses qui ont été effacées sur internet, non, et la vidéo qui a été retrouvée de menaces de 4mn par la Bruxelloise qui reste muette mais qui pourrait peut-être, bientôt, sûrement ? (C'est délicieusement surréaliste que cette construction sur du "rien" ! C'est payé combien la pige ?)

Ian Hamel

Heureusement pour achever de crédibiliser la culpabilité de viols de Tariq Ramadan sur la base d'un "système" et d'une "personnalité" accrédités par un "tapuscrit" bruxellois, il y a Ian Hamel...

"« Il exigeait ma confiance absolue, a-t-elle déclaré au Point" (article de Ian Hamel)

"Dans son manuscrit, elle dit ensuite avoir fait une autre découverte, toujours sur le Web, comme l'avait déjà relevé Le Point : « Je tombe sur un site qui me glace d'effroi… (...) Là devant mes yeux, des tas de filles qui hurlent leur désarroi, qui racontent leurs rencontres avec T.R." (encore Ian Hamel).

"Cette même année, Majda Bernoussi contacte plusieurs journalistes, parmi lesquels Ian Hamel, du Point, qui publiera son témoignage trois ans plus tard (ici et là), après le dépôt des deux plaintes pour « viol » contre l’islamologue, sans que cela ne suscite de sa part la moindre réaction."__ (Souligné par nous... Rappelons que TR avait fait le choix de ne pas communiquer après le dépôt des plaintes... Mais c'est pas grave c'est super-louche, non, de ne pas répondre à Ian Hamel qui le harcèle depuis 10 ans... ça fait d'ailleurs 10 ans qu'il ne lui répond plus...)

"Le journaliste Ian Hamel avait confirmé à Mediapart que Majda Bernoussi avait fait l'objet de « menaces », à coups de « messages vocaux » notamment. « Elle a été menacée lorsqu'elle a voulu dénoncer l'homme qu'elle appelle un “tartuffe”, un prédateur », a-t-il aussi écrit dans Le Point."

Ian Hamel jouit donc de toute la confiance de Marine Turchi ! On n'est pas loin de penser qu'elle est "sous emprise mentale" !

Ennemi juré de Tariq Ramadan auquel il a consacré un livre, sa prose sur Mondafrique fleure bon l'extrême-droite (Attention Marine ! Vous commencez à être en très mauvaise compagnie d'un point de vue "anti-fa", comme si vous faisiez partie d'un "système" -ça va si vite ! - entre sites d'extrême-droite israélienne, blogger belge complotiste, sans parler naturellement de tous les nouveaux amis d'Henda Ayari !). Il est surtout la première source de fake news sur Tariq Ramadan, comme on peut le démontrer en une heure de temps...

Mais Marine Turchi n'a pas mené l'enquête dans cette direction, pas plus que dans celle du lien entre les plaignantes et Caroline Fourest. Elle n'a pas interviewé Gilles Kepel (qui a l'air de savoir des trucs), ni Hakim El-Karoui (on ne sait jamais !), ni l'ancien Procureur Debacq, ou rappelé que l'actuel, le Procureur Molins qui s'est saisi de l'affaire est celui de l'affaire Tarnac, ancien chef de cabinet d'Alliot-Marie et politisé jusqu'à l'os.

Ce ne sont que des pistes.

Qui valent bien celle de Marine Turchi.

Car une enquête se mène à charge et à décharge dans toutes les directions.

Mais bien évidemment, cette "enquête" ne prouve qu'une chose.

L'incompétence et l'absence de tout professionnalisme de Marine Turchi et la tartufferie d'Edwy Plenel.

Et cela, quels que soient les faits...

Le Concierge

Bonus

Pour la 2ème fois, c'est Marine Turchi qui dirige la lapidation...

RamadanSilence.png

En moins de deux, Le Soir de Bruxelles, sans la moindre enquête reprend les informations (sans même indiquer qu'il les tire du Vif et de Médiatarte !)... Il parle sans conditionnel de "preuves, sur divers réseaux sociaux d’agissements controversés du théologien" alors que Mediatarte n'allait pas si loin...

Et pour le serial fakenewser : "Tariq Ramadan passe donc un accord avec Majda Bernoussi, pour qu’elle fasse disparaître ces preuves. Il paye 27.000 euros. L’accord a eu lieu à Bruxelles, en 2015." (souligné par nous, tout est dans le "donc" !)

Accord que personne n'est sensé avoir vu ! Et dont on se demande bien qui a fourni le draft à Médiatarte et au Vif...

ramdanlesoirmediatarte1.png ramadanmediatartelesoir2.png Textes et documents pour un cours sur les médias...

En moins de deux, la RTBF, sans la moindre enquête connait les contenus qui auraient été effacés d'internet selon les termes d'un accord que personne n'est supposé avoir vu ! Et titre une "victime" (le lecteur pressé ne lit que le titre, il entendra donc "viol"...)

"Au terme de sa relation avec Tariq Ramadan, Majda Bernoussi avait, via Facebook et Youtube, expliqué les comportements déplacés de ce dernier avec les femmes. Elle a notamment publié une photo de lui en caleçon dans une chambre d'hôtel." (souligné par nous, tout est dans le "notamment" !)

ramadanmeditrtbf.png

En moins deux, la Libre affirme (sans... preuves !) que la Bruxelloise a posté des "preuves" sur les réseaux sociaux et que " le théologien... a alors passé un accord avec la jeune femme pour faire enlever toutes ces preuves "

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En moins de deux, Le Figaro attribue faussement les infos de Médiatarte y compris sur le contenu de la convention et sa justification à "la justice belge" et au Pt du Tribunal correctionnel (accusé incidemment donc de faute professionnelle lourde !). C'est exactement ce qu'induit la lecture de l'article de Mediatarte...

RamadanMediaFig.png

En moins de deux, l'AFP publie une bien étrange dépêche...

Celle-ci indique que "L'intellectuel musulman Tariq Ramadan a passé en 2015 un accord avec une Belge d'origine marocaine pour qu'elle cesse, en échange de 27.000 euros, ses révélations publiques sur leur "relation", a indiqué mercredi la justice belge, confirmant des informations de presse."

Or rien n'indique qu'il s'agisse de "révélations" et même si "relation" est entre guillemets, rien n'en atteste si ce n'est la "révélatrice". Or le lecteur est incité à croire que la "justice belge" s'est prononcée sur la question, alors qu'il n'est question que d'un accord pour qu'elle cesse de publier à tort et à travers sur le sujet, sous des formes qui peuvent aussi relever du harcèlement, selon le projet de "convention" que dit s'être procuré Médiatarte. Car en effet, ça y ressemble, si ce qu'il faut arrêter, c'est ceci: ''" Le Vif/L'Express a lu le projet de convention, non signé et non daté. La Bruxelloise s'y engage "à ne plus mentionner publiquement, directement ou indirectement, la deuxième partie, ou un membre de sa famille proche (épouses, enfants et leurs conjoints, petits-enfants, etc.) et ses collaborateurs par écrit, oralement, et y compris par photos, commentaires, mentions, allusions, commentaires publics et toute autre forme, dans une quelconque publication, sous quelque forme que ce soit : livre, Facebook, Twitter, YouTube, Rutube, réseaux sociaux, sites Internet, télévision, films, DVD, ou autre forme de publication, présente et à venir." Elle ne peut pas "entrer en contact avec des collaborateurs en relation directe ou indirecte" avec l'objet du litige. Elle doit "faire supprimer tout ce qu'elle aurait publié et/ou posté en son nom ou à son intervention : vidéos, audio, photos, commentaires en son nom et notamment auprès de YouTube et Rutube". Les parties promettent de "ne plus avoir de contacts sous quelque forme que ce soit (sinon à titre exceptionnel pour l'application du présent accord) : sms, mail, message audio, courrier, téléphone, etc.". En particulier, il est interdit à Majda Bernoussi d'"envoyer des messages injurieux et/ou menaçants à la seconde partie (NDLR : Tariq Ramadan) ou/et à ses proches" sous peine de dommages et intérêts immédiats de 500 euros. Toute violation de l'accord est passible de 100 000 euros de dommages et intérêts.""

Il ne s'agit donc pas de "révélations" mais par la magie de ce seul mot (remplaçant tout ce qui est cité dans le paragraphe précédent!), l'AFP a fait disparaître ce qui peut tout aussi bien être interprété comme du harcèlement...

Ajoutons qu'à une exception, toutes les phrases attribuées à M. Hennart sont rigoureusement les mêmes que celles publiées par Mediatarte. L'exception est la suivante : "Les montants avancés par Mediapart correspondent à la réalité", a confirmé M. Hennart (or l'accord est quand même strictement "confidentiel", confidentialité dont la Justice, donc M. Hennart sont garants...)

Bref (ces détails juste pour apprendre aux journalistes à lire) seul le contexte médiatique général à charge donne un sens à cette "information". C'est d'ailleurs un enseignement du Professeur Ramadan : pas de texte, aussi sacré soit-il, sans contexte de production et de réception ! La presse ne fait que fournir du contexte de réception, rien d'autre (le contexte de production de l'accusation, bof !). CQFD !

ramadanmediaAFP.png Une guillemet ouverte vaut-elle une guillemet fermée ?

L'affaire est entendue... Merci Marine Turchi et tous ses amis pour ce "professionnalisme"... dans la production du "context de réception" et la "production de la croyance"...

Irresponsabilité criminelle des journalistes... "Temps de chien" ?

jehova.png Journaliste incompris...

Notes

[1] Ajout : donc la ligne est fixée à Marine Turchi par le gourou moustachu, c'est "balancetonporc" et "délits sexuels", tout le reste est hors cadre et non sujet à "enquête" : il ne saurait y avoir de contexte politique et de toutes façons choix a été fait de "croire la parole des victimes" par inversion de la charge de la preuve. Du grand journalisme !

[2] Ajout : Le Vif est plus précis : pas signé, pas daté. Ajout: Pourtant en réponse à un lecteur, Marine Turchi affirme : "nous avons pu vérifier les conditions et les montants de cet accord, qui prévoit le versement d'une somme totale de 27 000 euros par Tariq Ramadan. Cet accord financier a été entériné devant la justice belge, par un jugement prononcé le 6 mai 2015, comme expliqué dans l'article." Et plus haut : "l'audience en référé était publique, comme le jugement." Le "jugement" ne peut avoir été qu'une ordonnance mentionnant l'accord passé. "Confidentiel" celui-ci n'était, par définition, pas public. Qui a donc fourni le document confidentiel fixant les termes d'un accord passé, précisément, notamment pour que cette affaire ne puisse faire l'objet d'une exploitation médiatique ? Qui a violé l'accord avec toutes les conséquences médiatiques pour Tariq Ramadan qui a bien pu "acheter" sa tranquillité face à ce qui peut être du harcèlement de lui et ses proches ? Hypothèse comme une autre quand on enquête à charge et à décharge, ce qui n'est pas le cas de Marine Turchi.

[3] Modification effectuée 30mn après la mise en ligne de cet article, l'honneur du blog est sauf, celui du Magistrat aussi !

[4] Souligné par nous. Il n'y a pas de procédure juridique en Suisse. Mais la Justice et la Presse, pour Marine Turchi c'est, semble-t-il, la même chose...

[5] Les "intellectuels célèbres" se font tout petits en ce moment... Or... Lire Servir les hommes... De là à ce que ce soit la raison de leur silence, ce serait très Proustien !

[6] Comme l'indique le titre de sa première "enquête" : "Violences sexuelles: le système Tariq Ramadan", rédigé en partie grâce à un pool de 10 avocats travaillant bénévolement depuis 1 ans pour incriminer Tariq Ramadan sans que cela ne l'interroge plus que cela ni qu'elle ne nous en informe plus que cela

[7] Toutes les citations du "tapuscrit" reproduites par Marine Turchi ont été recopiées dans l'article du Point de Ian Hamel qui est censé en avoir hérité trois ans plus tôt... Il a dores et déjà déjà interviewé dans Mondafrique une autre femme - apparemment particulièrement barrée - sur la rédaction en cours de son livre sur... Tariq Ramadan, dont il pourrait bien être le nègre (ce qui permettrait d'assurer une certaine "cohérence" pour accréditer "un système" ! Toujours est-il que selon Le Vif, Hamel a transmis en format Word le "tapuscrit" et que donc la destinataire, Maraine Turchi, n'y a rien trouvé de plus que ce que Ian Hamel en a publié... C'est à dire pas grand-chose.

[8] C'est également vrai du teaser qui est réapparu sur internet et dont Marine Turchi fait grand cas, alors qu'il n'y a aucun fait évoqué...

Archive : Tariq Ramadan face à la renaissance de la Réaction

ramadanbrighelli.png Cliquer sur l'image pour voir l'archive

Dans cette séquence de 2010, Tariq Ramadan est confronté à Jean-Claude Brighelli, l'un des futurs porte-paroles de la Réaction issu de la gauche académique[1], et Jeannette Bougrab, alors secrétaire générale de l'UMP et présidente de la HALDE... Le débat porte, en présence de Raymond Barre, sur l'école.

Cette pièce archéologique est assez fascinante, car d'une certaine façon, on peut y voir quelque chose comme la gestation des néo-cons français (venus tant de droite que de gauche).

Ni Brighelli, ni Bougrab ne sont alors encore devenus totalement obsédés par l'Islam (respectivement par pure réaction et fonds de commerce)... Il faudra encore pour cela quelques années pour que et l'un et l'une, venus pourtant de droite et de gauche, se retrouvant ici seulement sur la "question scolaire"[2], se mettent à en faire des tonnes sur le sujet (chacun dans son style, respectivement roturier et courtisane, ce qui est très Balzacien !), bien fait pour liquider la question sociale et la lutte des classes[3].

Et on notera que Tariq Ramadan est bien le seul à essayer de tenir des positions de gauche (citoyenniste : négliger la lutte des classes est décidément un métier dangereux [4]) sur l'école et les inégalités sociales...

Le Concierge

Notes

[1] A qui une certaine Laurence de Cock fournit désormais un punching-ball idéal, il lui suffit en effet de dénoncer ses bêtises pour refiler, derrière, les siennes, selon le principe du moteur réactionnaire à deux-temps alimenté par une partie de la petite-bourgeoisie intellectuelle manipulatrice de biens de salut politiques.

[2] De ce point de vue-là l'éloge parallèle à Mme Bougrab de Luc Ferry et Manuel Valls est assez parlant...

[3] Comme la version "chique" de la "française musulmane" - qui ne l'est plus -des beaux quartiers (autre face de la même médaille qui comporte la version pas chique, arrivistes arrivées se distinguant d'arrivistes pas arrivées pour cause de décalage social - initial sauf pour les hobereaux - conséquent), stigmatisant les classes populaires et moyennes, à travers l'Islam, l'indique suffisamment caricaturalement - ce qui a pu inspirer le fumeux "Conseil des ex-musulmans de France" car tout est bon dans le cochon pour passer à la télévision en aspirant à la cooptation ! On y trouve d'ailleurs Nadia El-Fani toujours à l'affût d'une visibilité que son "oeuvre" a du mal à lui procurer hors victimisation par l'Islam" !

[4] Un dialogue a d'ailleurs eut lieu entre Ramadan et Brighelli en 2015 à l'initiative de la Revue des deux mondes où la question sociale a totalement disparu...

mardi 3 avril 2018

Grèce ainsi courbée...

Temps ainsi et partiellement nouveaux. Le nouvel ordre mondial, entre autres celui des financieristes, expérimente depuis 2010 en Grèce, une forme de génocide économique, le tout, par un agenda géopolitique précis et dès lors perceptible. Le but, étant d’abord d’expérimenter, comme de tester les résistances populaires, sociales et nationales, et autant d’instrumentaliser les réactions à travers ces clivages politiques qui ne sont plus en réalité, ceux très précisément savamment départagés entre “gauches” et “droites”.

D’un côté les “gauches”, structurellement plus incapables que jamais à trouver une démarche commune... depuis 2010, car autant il faut dire largement acquises à la mondialisation et aux thématiques dénommées sociétales si chères aux financiers tels Soros, lequel d’ailleurs finance comme on sait les siens sur le terrain, et de l’autre côté, les supposés “patriotes” de l’Aube dorée en guise d’épouvantail, d’ailleurs historiquement naziforme pour ne rien manquer de leur affaire.

C’est alors ainsi que huit années de la réaction grecque, elle ont été finalement perdues et sacrifiées, le tout, non sans la complicité -en réalité il s’agit de la haute trahison aux yeux de la majorité de la population grecque- des politiciens comme autant des oligarques du pays, le cas le plus emblématique n’est autre que celui de l’avarie morale et politique que représente alors SYRIZA et son allié de droite, le parti de Kamménos.

Drôle d’époque vraiment en Méditerranée orientale, Athènes grouille alors d’espions et d’agents à peine secrets au service des puissances étrangères et financières (ce qui parfois revient au même), cela se dit, se sent, se détecte ainsi à travers les medias et évidement sur Internet. Déjà, l’escroc politique Alexis Tsipras n’est qu’une marionnette des puissances anglo-saxonnes et de l’Allemagne, piètre personnage politique issu de la pire tératogenèse au sein des partis, en même temps, un homme visiblement, physiquement et psychiquement éreinté, et qui serait déjà en phase d’être remplacée d’ici peu temps, c’est aussi palpable à travers les faits et gestes de la théâtralisation politique des derniers mois.

Drôle d’époque, et finalement, moments passionnants et passionnels, rien que par le nombre ou par la teneur des débats auxquels le public athénien peut assister ici ou là, pratiquement chaque jour de la semaine aux cafés dits littéraires de la ville. Ainsi, lors d’un débat sur thème de la géopolitique actuelle dans les Balkans et du rôle de la Grèce, organisé par les éditions “Infognomon” dirigées par Sávvas Kalenteridis, toujours à Athènes cette semaine, certains échanges ont été vifs entre ceux qui parmi le public considèrent que la Grèce ne peut pas tenir en dehors du pôle occidental, en réalité anglo-saxon et de l’OTAN, et ceux qui, parmi les intervenants avaient émis certaines réserves quant à la participation justement du pays à l’OTAN et à l’UE.

Notons que Sávvas Kalenteridis, est très précisément cet ancien officier de l’Armée grecque et des services de renseignements grecs, ayant été directement impliqué dans l’affaire d’Abdullah Öcalan, lorsqu’en 1999 le chef du PKK (kurde) avait été capturé par les services turcs à Nairobi, et depuis, Öcalan reste incarcéré en Turquie

(...)

Dans la capitale grecque et surtout à travers ses banlieues étendues, l’économie réelle et formelle périt chaque jour davantage. Sauf dans les quartiers très touristiques et/ou aisés de la Riviera d’Athènes, ailleurs, même près des plages, cafés et tavernes ferment définitivement et en masse leurs portes en ce moment, comme à Artémida, commune de l’Attique située en face de l’île d’Eubée, et ceci seulement et à peine trois mois avant l’été.

“Nous ne pouvons plus tenir le coup. Augmentation des taxes locales, imposition, contrôles, charges... nous fermons maintenant bien avant l'été, vous êtes pratiquement les derniers clients, l'établissement ferme définitivement avant ce week-end”, nous explique-t-elle alors sa gérante. Grèce ainsi courbée... Mon ami Aristote qui est du coin est d’ailleurs formel: “Nous ne pouvons même plus trouver un souvlaki dans le coin, alors où va-t-on ?

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou, paru sous le titre "Pays rêvé" sur son blog Greek Crisis

dimanche 1 avril 2018

Henda Ayari et tous ses amis

Ceci n'est pas un poisson d'avril...

bunny0.png C'est pas gentil pour Bunny, je sais !

Le Musée de l'europe & de l'Afrique ouvre une salle d'exposition temporaire consacrée à Henda Ayari et tous ses amis (qui sera complétée au fil des besoins). En suivant ses tweets, une équipe d'archéologues préventifs du pire est en effet tombée sur un gisement particulièrement nauséabond. Du type que tout le monde aurait dénoncé il y a encore quelques années, tant cela évoque le "Minute" des années 70... Mais Minute ne fait même plus ça... Ce n'est d'ailleurs plus nécessaire : notamment "grâce" à Charlie-Hebdo, ce racisme confusionniste est en train de devenir mainstream et décuplé par les réseaux sociaux des 1000 collines... Le seul fait que qui que ce soit puisse prendre une seule seconde au sérieux les témoignages dignes du Nouveau Détective des plaignantes dans l'Affaire Tariq Ramadan en dit long sur l'inconscient raciste qui a colonisé les esprits, en grande partie par le biais des "responsables" d'Etat...

Et le silence des "anti-racistes" et autres "anti-fa" est plus que jamais assourdissant...

Sans parler du "spectre" complet de la gauche auto-proclamée: de Hamon, aux Laurence Decocksisés plus ou moins moustachus (LDH, Copernic, Attac, "mouvementistes" plus ou moins trotscards ou en tous cas plus que fatigués) aux anarchoïdes, à Mélenchon, à l'UPR, aux "Marxiens" - à gogoche, gogoche et demie ? (pour décliner le "spectre" politique de gauche dans l'ordre croissant)

ASSOURDISSANT !

Une dernière chose : Chère Henda Ayari, à moins que ce pays ne bascule définitivement dans le fascisme, le vrai, celui de ce siècle (un calcul qu'on peut faire mais qui reste très risqué), il est encore temps de dire la vérité, les conséquences juridiques pour vous en seront moins lourdes...

(Le Concierge)

Attention : des images peuvent choquer. Et si elles ne choquent pas, il est temps d'aller consulter.

Cette salle d'exposition est sous confinement anti-peste brune (la vraie...)

Lire la suite...

Poisson d'Abril

poissondabril.jpg Aquarelle de Nadine Abril

Voir son site

Georges Brassens parle de la "male langue"

Brassenslangue.png Cliquer sur l'image pour voir cette archive INA

Une langue c'est une convention, on doit jouer avec, on doit s'en servir... Il faut essayer de connaître l'orthographe...

A cette époque-là, un analphabète créait tous les jours. Il était obligé de se forger un peu sa langue. A force de la forger à la fréquentation de ses copains. Si trois ou quatre types étaient un peu doués dans un village, ils arrivaient à créer une espèce de langage avec des expressions d'ailleurs très particulières à ce village, qui petit à petit ont disparu... Maintenant on n'en a plus besoin de ça, on n'en a plus besoin de ces expressions, puisqu'il suffit d'aller à l'école, de sucer ce truc avec le... avec l'enseignement obligatoire pour avoir la langue... Alors on la cherche pas, quand on n'a pas besois de quelque chose... Quand un outil existe déjà, on s'en fabrique pas un... Et souvent l'outil qu'on se serait fabriquer il irait plus loin, il travaillerait mieux que l'autre, celui qu'on donne tout fait...

Parce qu'autre fois, il y avait des foyers un peu partout... La langue naissait un peu partout... Et puis il arrivait un jour où des gens plus universels prenaient toutes ces petites choses qui émanaient du public de Sète, du public d'Alès, du public de Paris, du public de Lille... Pour en faire quelque chose. Mais aujourd'hui avec les moyens dont on dispose pour universaliser la chose, ça va être comme les maisons; Bientôt à Sète on parlera exactement comme on parle aux informations, quoi. Par la force des choses... Puisque les gens passent plus de temps maintenant à écouter la télévision ou la radio qu'à écouter leurs voisins... Alors les gens parlent comme on parle aux informations, comme on parle aux informations... Je ne pense pas qu'une langue populaire riche puisse naitre maintenant... Parce que immdiatement quand une expression plait, elle plaît à tout le monde, et tout le monde l'adopte et tout le monde l'emploie. Tu as entendu fréquemment des gens employer les mots qu'ils avaient entendus la velle au cours d'une émission ou dans une information radio-diffusée. Autrefois la langue se faisait comme ça, on faisait un mot, et ça devenait pas universel, c'était très local... La langue était encore en pleine formation, il n'y a pas si longtemps de ça, avant l'invention de ces machines diaboliques... Elle était encore en pleine formation... Puisque tu fais allusion à des expressions que tu as entendues à Alès et qu'on n'emploie sûrement de moins en moins aujourd'hui... Même les accents vont forcément disparaître...

Don au Musée de Nadine Abril

samedi 31 mars 2018

François Asselineau invité par "Le Media"

AsselineauMedia.png Cliquer sur l'image pour écouter l'interview

Mais pas par Aude Lancelin ! (Le Concierge)

Lire : Pour une droite de gauche ?

lundi 26 mars 2018

SNCF : mais pourquoi donc personne n'en a voulu ?

asselineau.png François Asselineau déchire les "Grandes Orientations de Politique Economique - GOPE. Cliquer sur l'image pour revoir ce programme électoral.

Le Tariq Ramadan de la politique ? Celui dont on dit qu'il est d'extrême-droite sans l'écouter, comme on dit que Tariq Ramadan a un "double-discours" ? Des deux côtés des hommes venant d'univers conservateurs (l'Islam, la droite) qui se sont émancipés (par la Raison). Des deux côtés des hommes qui ont un physique appelant une "lecture" stéréotypée : un "Arabe", un "Petit gros cravaté". Qui est raciste ? "Ils nous décrivent, souffla-t-il solennellement. C'est aussi simple que cela. Ils ont le pouvoir de description. Et nous succombons à l'image qu'ils construisent" - Salman Rushdie, les Versets sataniques - (Le Concierge)

Lire : Pour une droite de gauche ?

CE QUE LES MEDIAS NE DISENT PAS SUR LA SNCF

Screen_Shot_2018-03-26_at_15.14.09.png Cliquer sur l'image pour voir l'émission spéciale du "Fil d'actu"

Tandis que les héritiers intellectuels auto-proclamés de 1995 et 2005 font des selfies sur des barricades numériques en affichant leur méconnaissance "Copernicienne" des dossiers, le travail politique de critique des médias et d'éducation populaire continue grâce à une nouvelle génération, véritable héritière de cette période qui a véritablement "pris le relais" (que Pierre Carles a burlonesquement transmis à l'opportuniste moustachu Usul sous les yeux écarquillés du Concierge[1]).

Toutes les félicitations du Concierge ! On lâche rien !

Voir aussi : Le TFUE ou la privatisation de la SNCF

Notes

[1] On peut d'ailleurs comparer avec la nullissime vidéo d'opportuniste de l'impétrant consacrée à la SNCF, qui n'est pour lui qu'une façon de se prendre en selfy - et il ne parle que de spn nombril ! - sur un sujet médiatique, non sans avoir pillé le travail de Gilles Balbastre en faisant semblant de lui rendre hommage, pour l'enterrer, comme Pierre Carles s'est fait enterrer, mais lui sans combattre... Quel couillon !

Du 1er au 4e paquet ferroviaire

Transmis à nos grands "intellectuels" notamment "Coperniciens" qui signent des "Appels" tartuffoïdes de soutien aux cheminots en dissimulant les causes sous le tapis comme l'éléphant au milieu de la pièce... (Le Concierge)

Procédant par étape, la Commission a commencé par définir les fonctions essentielles et annoncer son intention d’ouvrir à la concurrence le fret international dans son 1er paquet ferroviaire. Ce qui a conduit à la libéralisation effective du fret dans un 2e paquet ferroviaire.

Le 3e paquet ferroviaire a abouti à l’ouverture à la concurrence du transport international des voyageurs (cabotage) laissant inachevée la libéralisation du transport ferroviaire et ouvrant la voie à une ultime réforme libéralisant le transport de voyageurs domestique.

Le 4e paquet ferroviaire dont les volets techniques puis politiques ont fait l’objet d’accords entre les Etats membres en 2015 puis en avril 2016, doit être débattu devant le Parlement européen à l’automne 2016. 1er paquet ferroviaire : définition des fonctions essentielles et ouverture à la concurrence du fret international

Adopté le 26 mars 2001, il entré en vigueur deux ans plus tard, a ainsi été qualifié de « paquet infrastructure ». Composé de deux directives, il eut pour objet de définir une stratégie plus contraignante pour les Etats membres, en approfondissant les textes existants. La directive 2001/12/CE impose aux Etats d’adapter leurs législations pour permettre l’extension des droits d’accès à la partie nationale du réseau transeuropéen de fret, réseau dont le projet d’ouverture à la concurrence fut l’objet principal dudit paquet ferroviaire. Elle a également pour objet de préciser les fonctions, désormais qualifiées d’ « essentielles », qui doivent faire l’objet de précautions supplémentaires, pour éviter toute asymétrie d’informations.

Quelles sont les fonctions essentielles ?

-préparation et adoption des décisions concernant la délivrance de licences aux entreprises ferroviaires, y compris l’octroi de licences individuelles,

- adoption des décisions concernant la répartition des sillons, y compris la définition et l’évaluation de la disponibilité, ainsi que l’attribution de sillons individuels,

- adoption des décisions concernant la tarification de l’infrastructure,

- contrôle du respect des obligations de service public requises pour la fourniture de certains services.

La directive 2001/13/CE précise la méthode d’attribution des licences ferroviaires pour le fret et la 2001/14/CE définit plus précisément la tâche de répartition des sillons – l’une des fonctions les plus sensibles du gestionnaire de réseau – et impose la création d’un organisme de régulation indépendant. La même année paraît un Livre blanc sur la politique européenne des transports, transcrivant la volonté de la Commission de relancer le transport ferroviaire, sûr et non polluant1. Il sert de base et d’orientation au second paquet ferroviaire.

2e paquet ferroviaire : ouverture à la concurrence du fret

Proposé à la suite de ce Livre blanc, il a été adopté en avril 2004. La principale directive du paquet 2004/51/CE avait pour objet d’ouvrir véritablement l’ouverture à la concurrence du fret international au 1er janvier 2006 et du fret domestique au 1er janvier 2007. Les directives l’accompagnant devaient quant à elles aboutir à l’interopérabilité du réseau à grande vitesse et la création d’une agence nationale de sécurité dans chaque Etat membre , en lien avec l’Agence ferroviaire européenne créée à cette occasion et chargée de rapprocher les règles techniques et de sécurité.

Cette ouverture du fret, plus rapide et plus brutale que prévue, eut des conséquences désastreuses dans les pays peu préparés à un tel changement, à commencer par la France. Le fret français fait aujourd’hui office de précédent pour éviter une répétition des erreurs du passé, expliquant en partie la volonté des pouvoirs publics actuels de réformer la structure de la SNCF pour mieux la préparer à l’ouverture fort probable du transport domestique des voyageurs à la concurrence.

3e paquet ferroviaire : ouverture à la concurrence du transport international de voyageurs

Le cœur du troisième paquet ferroviaire, proposé dès 2004 et adopté en 2007, est le point sensible de la libéralisation du transport de voyageurs. Prévue par la directive 2007/58/CE, cette libéralisation débute par la prévision de l’ouverture du transport international de voyageurs au plus tard en 2010. Le service international est doublé d’une possibilité de cabotage, c’est-à-dire la possibilité de prendre des passagers dans un pays pour effectuer un trajet intérieur, mais dans le prolongement d’un trajet international.

Par exemple, un train allemand effectuant la desserte Munich-Paris via Strasbourg pourra vendre non seulement du Munich-Paris, du Munich-Strasbourg, comme c’est le cas aujourd’hui, mais aussi du Strasbourg-Paris.2 Cette directive centrale est entourée d’autres textes visant la certification des conducteurs (directive 2007/59/CE), les droits des voyageurs (Règlement n°1371/2007). Le Règlement 1370/2007 (dit « Obligation de service public ») tend à modérer l’évolution dans le sens de la libéralisation. Il instaure un cadre légal en matière d’octroi de compensation et/ou de droits exclusifs pour les contrats de service public à conclure dans le domaine des transports.

L’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf) est créée lors de la transposition par la France du 3e paquet ferroviaire, en 2009.

Directive « Refonte »

La directive 2012/34/UE, adoptée le 21 novembre 2012 par le Conseil et le Parlement, a été rédigée pour tirer les conséquences du Livre blanc et est actuellement applicable. Loin de constituer une rupture brutale avec la direction établie par les trois paquets ferroviaires précédents, cette directive a pour objet principal la refonte des textes précédents pour éviter de multiplier les textes ; ses avancées sont donc limitées.

La séparation entre gestionnaire d’infrastructure et exploitant ferroviaire est considérée comme acceptable dès lors qu’il existe une séparation comptable entre les deux activités, qui peuvent demeurer au sein de la même entreprise, tant que des divisions distinctes sont mises en place. Une précaution spécifique (article 6 paragraphe 1) mentionne l’interdiction de transférer les aides publiques versées à l’une de ces deux activités à l’autre, afin d’éviter les subventions croisées, qui font partie des atteintes à la concurrence fréquentes lorsque seule une séparation comptable est en place entre le gestionnaire et l’opérateur historique.

La directive reprend en outre les fonctions essentielles énumérées dès la directive 2001/12/CE, en y ajoutant certaines précisions et rappelant que l’investissement, l’entretien et le financement peuvent être confiés à des entreprises ferroviaires et ne constituent donc pas des fonctions essentielles au sens de l’article 6. En l’absence d’indépendance sur le plan juridique, organisationnel et décisionnel, les fonctions essentielles doivent être assumées par un organisme de tarification et par un organisme de répartition, répondant aux critères d’indépendance posés par la directive.

La directive ne comporte donc pas l’ultime étape de libéralisation du transport des voyageurs mais s’en tient à organiser et confirmer les libéralisations déjà prévues par les directives précédentes.

4e paquet ferroviaire : vers l’ouverture des transports nationaux de voyageurs

Afin de parachever l’espace ferroviaire unique européen, la Commission européenne a présenté un projet de directive rendue publique le 30 janvier 2013. L’étape ultime de la libéralisation doit être réalisée par ce 4e paquet ferroviaire. Il s’agit d’un ensemble de cinq textes composant le pilier « technique » (Agence ferroviaire européenne, interopérabilité et sécurité ferroviaire) et le volet « marché » (gouvernance des acteurs et ouverture à la concurrence du transport de voyageurs)

Le Parlement européen s’est prononcé le 26 février 2014, en première lecture sur les deux volets du 4e paquet ferroviaire, technique et politique. L’année 2015 aura vu une accélération dans le processus de discussion.

Le pilier technique, couvrant les questions de sécurité et l’interopérabilité des réseaux ferroviaires fait l’objet, depuis le mois de juillet 2015, d’un accord informel entre les trois parties : Parlement, Conseil et Commission européens. Il doit être formalisé par le Parlement européen à l’été 2016.

Le pilier « marché » relatif à l’ouverture à la concurrence des marchés nationaux et à la gouvernance des acteurs du système ferroviaire, a fait l’objet d’un accord entre les Etats membres et le Parlement européen, le 28 avril 2016. Il a été définitivement adopté mi-décembre 2016 et devrait être publié d’ici à la fin de cette même année.

Les grands enjeux des textes portent sur le périmètre et le calendrier d’ouverture à la concurrence des marchés ferroviaires nationaux. Cela vise l’open access pour les lignes nationales non conventionnées (les LGV en France) et l’attribution par appel d’offres pour les contrats de service public de transport nationaux ou régionaux (TER et Trains d’équilibre du territoire).

A partir du 3 décembre 2019, il n’y aura plus de monopole d’Etat et ces lignes pourront être ouvertes à d’autres opérateurs. Sur les lignes nationales non conventionnées, ils pourront commercialiser des liaisons à partir de décembre 2019 pour l’horaire de service 2021, sous le contrôle du régulateur.

Pour les contrats de service public, les autorités organisatrices pourront lancer des appels d’offres dès décembre 2019. A partir de 2023, l’attribution concurrentielle devient la règle.

Les textes du 4e paquet ferroviaire tendent également à clarifier les relations entre les gestionnaires d’infrastructure et les entreprises afin de permettre au système ferroviaire européen d’être plus ouvert à la concurrence, plus compétitif et, in fine, de rendre le service le meilleur possible pour les clients et usagers du transport ferroviaire. Ils prévoient ainsi un rôle renforcé du régulateur pour garantir l’indépendance du gestionnaire d’infrastructure.

Le législateur a également étendu le domaine de contrôle du régulateur aux activités de gestion de la circulation et de programmation des travaux pour veiller à ce qu’elles ne soient pas des sources d’entrave au bon fonctionnement du marché.

Source : Autorité de régulation des activités routières et ferroviaires

samedi 24 mars 2018

Le Traité sur le Fonctionnement de l'Union européenne impose la privatisation de la SNCF

Eléphant dans la pièce, l'ouverture à la concurrence du rail imposée par les traités européens ne semble guère retenir l'attention en ces temps de "lutte finale" (du néolibéralisme qui désormais EST la "Révolution" et donc légitimé par tout l'onanisme révolutionnaire - Trade Mark - des idiots utiles de gôche de marché, médiatique, qui connaissent les refrains mais pas les paroles. Car oui, à l'évidence, il s'agit bien de CONSERVER !).

Et du côté des "intellectuels" et en fait de l'avant-garde politique en simili, pas un mot surtout...

Pas un mot de Lordon dans le papier publié sur son blog (mais on se souvient que depuis qu'il est monté sur une caisse à savon Place de la République - pour appeler à un hypothétique "embrasement de la plaine européenne" ! - il ne souffle plus mot de l'UE et s'est engagé dans la lutte contre le "mono-idéisme" avec pour conséquence la transformation en rouges-bruns de tous les partisans d'un Frexit[1]).

Pas un mot dans la Tribune signée dans Libération (sous le titre si ridicule de "Contre la destruction d'une civilisation sociale" - sic ! -, notamment par Gérard Mauger qui semble avoir zappé quelques cours de Bourdieu sur la question... Lequel se retournerait dans sa tombe en voyant ses concepts transformés en phraséologie et en ornements d'un discours qui cache mal une impuissance prétentieuse et pédante - et d'autres ambitions, pour les plus jeunes, toute absence de vision pour les vieux schnoks, les deux espèces powered par des traitements à vie dont ils tirent manifestement une insupportable morgue vis à vis des gens du commun dont ils détournent le sens des luttes en se lustrant le nombril.

Ce club est d'ailleurs très privé puisqu'il ne compte que 10 signataires[2], leur multiplication aurait sans doute fait perdre toute visibilité à ses promoteurs noyés dans une liste interminable, car comme chacun sait, une Tribune dans Libération est quand même avant tout un selfie sur une barricade (numérique) et une forme de "Distinction"...

Bourmeau.png C'est dingue même l'opportuniste mondain Sylvain Bourmeau avait été admis au club à l'époque. Aujourd'hui encore, il n'en revient pas !

Bourmeaulaissedor.png Mais il n'a pas tweeté sa Laisse d'or ! Cliquer sur l'image pour une lecture plus confortable...

On préfèrera et de loin, écouter une "youtubeuse" proche de l'UPR, si on souhaite y comprendre quelque chose, l'éléphant, l'UE, étant exposé au centre de la pièce... Et qu'on arrête la foire aux donneurs de leçons de "résistance" hypocrites dont la bien-pensance, et l'opportunisme électoraliste (mal compris !) ou sous contrainte structurale du champ politique, a tout des ''Précieuses ridicules'' déclamant ici du Bourdieu revu par Chantal Goya...

SNCFTFUE.png Cliquer sur l'image pour écouter la chronique Le TFUE ou la privatisation de la SNCF

Le Concierge

Bonus

Pour parler de choses sérieuses, voir le film de Gilles Balbastre "Vérités et mensonges sur la SNCF".

sncfBalbastre.PNG Cliquer sur l'image pour voir le film

et "Transport de marchandises : changeons d'ère !"

balbastreMarchandises.png Cliquer sur l'image pour voir le film

SNCF, une erreur d'aiguillage

sncgbalbastre.png Cliquer sur l'image pour voir le film

Mais aussi le film de Gilles Balbastre "EDF, les Apprentis sorciers"

EDFbalbastre.png Cliquer sur l'image pour voir le film

Notes

[1] Et il faut bien remarquer que la disparition de la "question de l'UE" marque l'hypocrisie de ces "appels d'intellectuels" : prétendant défendre les grévistes, ils déligitiment le reste du temps le cadre national (en traitant tout le monde de fascistes) - sauf quand ça les arrange de faire accroire à des politiques purement endogènes comme ici - , cadre national qui est l'organisation de la solidarité et de la redistribution sur un territoire, qui est donc la sécurité sociale, et pour un certains nombre d'entre-eux affichent leur foi en la mondialisation et l'UE, qui sont la cause des grèves. Là où ça devient comique, c'est qu'eux-mêmes sont des fonctionnaires... nationaux, bénéficiant à ce titre d'un traitement à vie, qui n'est pas moins lié au cadre "national"...

[2] Ajout : en fait on peut dire que c'est juste une pub pour la fondation Copernic. Coquille vide végétant depuis au moins 10 ans, et tout récemment colonisée par une entriste trostkyste du nom de Laurence De Cock qui sévit un peu partout depuis quelques années. Sa capacité d'entrisme est sa seule qualité, lui permettant d'être adoubée par quelques vieillards dont seul le gâtisme, apparemment, les empêche de voir son effroyable vulgarité intellectuelle (voir ses vidéos sur Médiatarte). Objectivement, cela relève de la pornographie intellectuelle...LDCCopernic1.png LDCCopernic2.png

Au bout d’une année et à ce rythme, on arrivera à plus de 250.000 saisies sur l’année

Une personne du voisinage, rencontrée après tant de semaines, s’avoue vaincue par la situation: “J'avais mon travail à la banque, j'ai été mis à la porte comme tant de milliers d'autres, je ne retrouverai plus rien à faire pour gagner ma vie à 53 ans, je ne sors plus de chez moi, je me suiciderai...”, et c’est la deuxième personne dans l’entourage qui s’exprime de la sorte. Il s’agit de toute cette Grèce invisible, celle qui ne sortira pas boire son petit café de la résistance quotidienne, au besoin offert par les amis, et c’est cette même Grèce qu’il va falloir d’abord soutenir.

Car entre autres, les Grecs ont désormais compris combien les rarissimes pseudo-aides que les marionnettes du “gouvernement” prétendent distribuer à la population des paupérisés (au mieux 200€ par mois), elles ne seront octroyées que lorsque les bénéficiaires potentiels auront été obligés à liquider tous leurs biens immobiliers ou autres (véhicules, motos, petites embarcations). Tel est en somme le cœur de la politique que le FMI et l’UE imposent en réalité: Détruire complètement la classe moyenne, et rendre les citoyens totalement dépendants, frileux et avant tout, hétéronomes.

La société grecque grince ses dents et à part les cafés et les petits restaurants assez remplis, nos curieux touristes n’y voient le plus souvent guère autre chose. Dents alors qui grincent, et ainsi cette... “découverte” relatée par la presse grecque de la semaine au sujet de la santé dentaire des Grecs, “car elle relève alors déjà de la catastrophe”: Désormais, les implants dentaires sont délaissés au profit des dentiers, “on retourne alors aux années 1960” peut-on lire ici ou là, et on y apprend également que seulement 650 médecins dentistes exercent encore dans le cadre de la Santé publique à travers toute la Grèce.

Les autres... les dents serrées, ils ont massivement quitté le pays pour exercer ailleurs, au Royaume Uni ou en Allemagne, quotidien “Proto Thema” du 19 mars 2018. Au même moment, et pour parfaire la dépossession généralisée et organisée, c’est alors derrière l’habituel verbiage Syriziste, très largement gauchotrope pour les apparences, que l’on apprend par la presse les dernières grandes nouvelles du fisc grec. Il procède actuellement à près de 700 saisies par jour de biens immobiliers ou autres.

Au bout d’une année et à ce rythme, on arrivera à plus de 250.000 saisies sur l’année, et supposons qu’à chaque saisie il y a trois à quatre personnes concernées, eh bien, on frôlera le million de personnes concernées, autrement-dit, près du 10% de la population, rien qu’en une et seule année. Il fut un temps, durant la Grande Guerre, on évoquait par exemple la saignée humaine, l’Armée française perdait ainsi en moyenne 1000 hommes par jour, tombés au champ d’honneur. Autres temps, autres morts !

Le pays sombre dans un certain irrationnel, d’abord “d'en haut”, puis plus largement d’en bas. Cependant, l’amoralisme et l’affairisme des politiciens dépassent largement les pratiques analogues populaires. “Nous n'avons jamais été aussi pourris qu'eux en ce moment”, entend-on dire dans les cafés d’Athènes comme d’ailleurs. Affaires humaines. Le Printemps étant officiellement entamé, nos animaux adespotes (sans maître) nous surveillent, mieux sans doute que les “cybernétismes” humains de toute sorte. Beau pays. Parkings vides d’Athènes, esprits autant vides ou mal garés, publications aux sujets forcément diplomatiques, la légende du roi Arthur, patchwork grec, tout un poème !

Extrait de l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Equinoxe" à lire sur son blog Greek Crisis

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