Musée de l'Europe et de l'Afrique

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lundi 1 mai 2017

La Commission européenne engage une procédure d'infraction contre l'Autriche pour des mesures anti-dumping social

Dans un communiqué de presse daté du 27 avril, la Commission européenne a annoncé qu’elle engageait le même jour « une procédure d’infraction contre l’Autriche concernant l’application de la loi autrichienne visant à lutter contre le dumping social et salarial dans le secteur du transport routier ».

Vous avez bien lu, Vienne est poursuivi pour avoir mis en place des mesures protectrices, la Commission estimant que « cette pratique limite le marché intérieur de l’UE de manière disproportionnée ».

Voici comment l’institution suprême de l’UE justifie la procédure d’infraction : « Tout en soutenant pleinement le principe du salaire minimum national, la Commission estime que l’application de la législation autrichienne à toutes les opérations de transport international comportant un chargement et/ou déchargement effectué sur le territoire autrichien constitue une restriction disproportionnée à la libre prestation de services ainsi qu’à la libre circulation des marchandises. »

Le 31 janvier dernier, les ministres des Transports de neuf pays de l’UE (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, France, Italie, Luxembourg, Norvège et Suède) avaient signé une « alliance du routier » pour tenter de lutter contre la concurrence déloyale dans le secteur. Dans le viseur, des États comme la Pologne, la Bulgarie ou la Lituanie, dont les normes sociales et salariales basses font pression sur la rémunération et les conditions de travail des conducteurs de l’Ouest (notamment en ce qui concerne les temps de conduite et de repos). Varsovie, soutenu par dix autres pays, avait protesté contre les « règles disproportionnées » imposées par la France et l’Allemagne en matière de salaire minimum. La Commission leur avait donné raison.

Alain Vidalies, le secrétaire d’État aux Transports, avait motivé ainsi l’initiative commune anti-dumping : « Si nous ne faisons rien, les réactions seront nationales et nous n’en voulons pas. L’Europe ne se construit pas sur la loi de la jungle et le dumping social. Cela nourrit le populisme. » Toujours l’argument de la montée du « populisme » et des risques que celle-ci fait peser sur la précieuse construction européenne…

En juin 2016, la Commission avait ouvert une procédure d’infraction contre la France, comme elle l’avait fait contre l’Allemagne en 2015. Les procédures sont toujours en cours. Les professions de foi européenne ne paient décidément pas. Le ministre allemand des Transports, Alexander Dobrindt, avait plaidé : « On nous a reproché le protectionnisme. Ce n’est pas fondé. » C’est aujourd’hui au tour de l’Autriche de goûter au bâton bruxellois.

Lire la suite de l'article de Laurent Dauré sur le site de Ruptures

dimanche 30 avril 2017

Toi aussi, avec ta banque, sois "patriote" grâce aux marchés financiers...

Francois Bayrou ou le "patriotisme" de marché... financier !

Cette retranscription a été réalisée sans trucage

François Bayrou, RTL, Le Grand Jury, 30 avril 2017

"Pourquoi croyez vous que M. Tsipras en Grèce ait choisi de renoncer à sortir de l'euro ?.... Je vous signale que M. Varoufakis a annoncé qu'il soutenait M. Macron en disant que c'était parmi les ministres des Fiances assis autour de la table le seul qui ait compris et partagé les préoccupations du peuple grec. Ce n'est pas rien. Donc pourquoi est-ce que Tsipras après avoir gagné les élections sur ce thème “on va dire non à l'Europe” puis gagné un référendum sur ce thème “non à l'Europe”. Trois jours après, trois jours après, M. Tsipras a signé l'accord européen parce qu'il s'est aperçu que la Grèce n'y survivrait pas. Parce que la Grèce comme la France est un pays qui emprunte (...) La Grèce comme la France est un pays qui emprunte et qui ne peut pas vivre s'il a des taux d'intérêt trop élevés... Et chacun des foyers... parce qu'il n'y a pas que l'Etat... chacun des foyers français... aujourd'hui si on veut acheter une maison, construire une maison ou un appartement, ou une voiture, on emprunte à des taux d'intérêt qui sont si bas qu'ils sont parfois à 1,5%, 1,3% pour certaines villes... Si demain les taux d'intérêt explosent, les Français seront plus riches ou moins riches ? Moins riches, moins capables de construire, moins capables d'acheter un appartement, moins capables d'acheter une voiture... On veut les dépouiller... Et ceux qui sont au contraire amis de la patrie avec ce sentiment que la France doit être forte, ceux-là veulent que la France soit dans un ensemble qui sécurise les entrepreneurs, les investisseurs et les Français qui veulent acheter."

(...)

"Moi je connais Angela Merkel depuis très très très longtemps... Depuis bien avant qu'elle ne devienne Chancelière. Et je connais Schaüble depuis très très longtemps. Je le connais depuis avant que l'attentat ne lui coûte son intégrité physique. C'est dire que ce sont des personnalités sur lesquelles j'ai une idée précise. Ils ne ressemblent pas à la caricature que l'ont fair d'eux. Et l'Allemagne ne ressemble pas à la caricature qu'on fait d'elle. Et les problèmes de la France ne viennent pas de l'Allemagne, ils viennent de la France. Ils ne viennent pas de la mondialisation ils ne viennent pas de l'Europe, ils ne viennent pas de l'Allemagne... Ils viennent de chez nous."

Micron (sic) : Pour vos crédits à 1,5%, une seule adresse, M. François Bayrou, Mairie de Pau, conseilleur mais non payeur depuis 40 ans !

Il y a 15 ans : De qui faut-il avoir honte ?

Il y a un peu plus de six mois, le 11 septembre dernier, les Américains se sont demandé : Pourquoi nous détestent-ils tant ?

Ils : les autres pays du monde.

George Bush leur a répondu : « Parce que nous sommes bons. »

Dimanche 21 avril, bien des électeurs hostiles à l'extrême droite se sont demandé : pourquoi nous détestent-ils tant ?

Ils ?

Les 36% de chômeurs qui ont voté Le Pen ou Mégret.

Les 28% d’ouvriers qui ont voté Le Pen ou Megret.

Et Le Pen est également arrivé en tête chez les intérimaires et chez les jeunes de 18 à 24 ans, très largement.

Pourquoi les détestent-ils, et nous aussi peut-être ? Il serait préférable que notre réponse ne soit pas : parce que nous sommes bons.

Il serait également souhaitable qu’après avoir claironné « Nous sommes tous américains », on n’en vienne pas à proclamer qu’on a « honte d’être Français ».

Que pouvons-nous dire ?

Que peuvent les intellectuels qui veulent concilier travail d’analyse, de recherche ou de création, et combat politique à un moment où la situation politique et sociale déjà n’est pas sereine ?

Aux grandes époques, les meilleurs d’entre eux n’ont pas insulté le peuple ou proclamé qu’ils allaient partir à l’étranger. Ils se sont battus là où ils se trouvaient.

Et, là où nous sommes, nous devons d’abord réfléchir à ce qui s’est passé depuis 1974, depuis que l’extrême droite est passée de 0,7% des voix à, peut-être, 30% dimanche prochain. Et que la gauche socialiste et communiste, qui, autour d’un seul candidat, totalisait 45% des voix, n’en rassemble plus que 20% et se retrouve écartée du second tour.

Une chose paraît claire : ni Le Pen ni l’ordre social actuel n’ont rien à redouter d’une critique « morale » du fascisme, par exemple, qui exonèrerait ou ferait corps avec les dominants. Ce Front républicain jouerait alors le rôle d'une entreprise de blanchiment politique et social des politiques néolibérales.

Résister, c’est très bien. Mais le meilleur endroit pour le faire n’est pas forcément devant une caméra avec la cohorte des branchés, des friqués et des médiatisés. Ni en compagnie du patronat dont l’expérience historique est plus celle de la Collaboration que celle de la Résistance.

Aujourd’hui, la lucidité est et doit être notre première forme de résistance.

Elle nous permettra peut-être de comprendre ce qui s’est passé dimanche dernier.

« La France va mieux » nous expliquait Lionel Jospin et le Parti socialiste.

Non, elle ne va pas bien.

En tout cas, une certaine France, qui ne lit pas Le Monde, surtout le week-end avec son supplément tout en anglais, qui n’est pas branchée sur Internet, qui ne dispose pas de stock options, qui se moque de Bernard-Henri Lévy et de Philippe Sollers, qui ne trouve pas la mondialisation heureuse.

Cette France-là ne va pas bien.

Et, à défaut de pouvoir le signifier en votant pour une gauche de gauche, elle marque son désespoir en votant, par désespoir, pour celui qui à ses yeux représente le Grand Réprouvé d’un système politique et médiatique qu’elle exècre — et que cette France-là, qui ne va pas bien, exècre parfois pour de bonnes raisons, ce n’est pas moi qui vous dirait le contraire.

Je me trompe peut-être mais je ne crois pas que ce soit en offrant un score de maréchal à un président discrédité, en mettant en scène notre ralliement à un candidat plombé par les affaires et par le cynisme de son manque de conviction aveuglant, un homme que Jean-Marie Le Pen avec son sens politique habituel et pervers a déjà qualifié de « candidat de Jean-Marie Messier », de « candidat des gamelles et de l’établissement », je ne crois pas que ce soit de cette manière, et avec le Medef, qu’on fera reculer le Front national. On peut — et on va peut-être — par sentiment du devoir voter Chirac, par urgence démocratique. Mais mieux vaudrait dans ce cas ne pas s’en vanter.

Et, surtout, éviter de trop se mêler aux privilégiés qui prétendent donner des leçons de morale aux désespérés, qui clament qu’ils ont honte de la France, et qu’ils vont se délocaliser à l’étranger comme n’importe quel Vivendi.

Honte ? Non.

Ou alors, il fallait avoir honte avant.

Quand, par exemple, en 1998, Lionel Jospin a refusé de revaloriser les minimas sociaux, comme le lui demandaient les chômeurs en lutte, alors même que deux ans plus tard son ministre des finances, Laurent Fabius, baisserait l’impôt sur le revenu acquitté par les plus riches.

C’était la première fois dans l’histoire de la gauche au pouvoir qu’un gouvernement socialiste réduisait la tranche marginale de l’IRPP. C’est à ce moment-là qu’on attendait que BHL, Jean-Marie Colombani le directeur du Monde, Pierre Arditti, Karl Zéro et quelques autres nous disent qu’ils avaient « honte d’être Français ».

Résumant un peu brutalement le bilan du gouvernement de la gauche plurielle, un syndicaliste a expliqué il y a quelques semaines : « Le bilan de Jospin : un RMI à 2402 francs en 1997 et à 2660 francs cinq ans plus tard. »

C’est de cela qu’il fallait avoir honte.

Dans la Revue socialiste, organe théorique du PS, le rédacteur en chef, se gargarisait l’année dernière des réussites du gouvernement de la « gauche plurielle » : « En matière de privatisations, la "gauche plurielle" a réalisé en trois ans un programme plus important que n’importe quel autre gouvernement français. »

C’est de cela qu’il fallait avoir honte, de cet abaissement devant les forces du marché et de l’argent.

Il y a cinq ans, au moment de l’arrivée au pouvoir de la gauche plurielle, Alain Bocquet, président du groupe communiste, déclarait sur France Inter : « Je souhaite que le mouvement populaire ne pose pas les valises dès lundi matin. Oser s’attaquer à la dictature des marchés financiers. Si on ne s’attaque pas au mur de l’argent, tout le reste est de l’illusion. »

Ce mur de l’argent, on l’a conforté.

C’est de cela qu’il faut avoir honte

Il y a quelques mois, DSK dont on nous disait qu’il serait peut-être le premier ministre d’un président Jospin, théorisait : « Il faut, pour l’emporter, se tourner davantage vers les classes moyennes. » C'est-à-dire ceux qui disposent « d’un patrimoine immobilier et quelquefois financier, qui sont les signes de leur attachement à l’"économie de marché". » Quant aux autres, ceux, sans patrimoine financier, qui en partie ont voté Le Pen dimanche 21 avril, Dominique Strauss Kahn nous disait : « Du groupe le plus défavorisé, on ne peut malheureusement pas toujours attendre une participation sereine à une démocratie parlementaire. Non pas qu’il se désintéresse de l’Histoire, mais ses irruptions s’y manifestent parfois dans la violence. »

Quand un dirigeant de gauche s’intéresse davantage à ceux « qui disposent d’un patrimoine financier » qu’au « groupe le plus défavorisé », pas étonnant que l’irruption de ce groupe dans l’arène électorale ne soit pas tout à fait sereine.

Et ce n’est pas d’abord d'eux, les plus défavorisés, qu’il faut avoir honte.

Serge Halimi (Canal Historique)

samedi 29 avril 2017

Une incarnation "chic", ou même pas "chic" mais "kitsch", du laisser-faire total du pouvoir économique

Il y a 17 ans...

(...)

Que peut être la position d´un intellectuel, d´un chercheur français devant ce qui arrive à l´Autriche, devant ce qui arrive au peuple progressiste de l´Autriche. Je pense que les analogies que l´on fait trop systématiquement dans beaucoup de pays occidentaux à Hitler et au nazisme, c'est une référence qui est à mon avis très suspecte parce qu´elle correspond à des associations non réfléchies, et interdit, me semble-t-il, de faire une analyse. Je risque de paraître naïf, n´étant pas Autrichien, n´étant pas en Autriche, mais je pense que ce que je dis est important, au moins pour permettre aux Autrichiens de se défendre contre certaines définitions, mais je pense cependant que la référence au nazisme est superficielle et interdit de saisir la spécificité de ce qui arrive. Si on voulait une métaphore, je ne nommerais pas du tout la personne, je pense qu´elle ne doit plus être nommée ( et si j´ai une recommendation à faire aux intellectuels et aux journalistes, c'est de ne plus jamais citer le nom de ce personnage). Si ce type de personnage peut arriver au pouvoir ou être proche du pouvoir, c'est parce qu'il y a des précédents qui ne sont pas à chercher dans les années trente, mais qui sont à chercher par exemple du côté des Etats Unis dans un passé beaucoup plus récent, dans la personne de Ronald Reagan qui est un bellâtre de cinéma, un personnage de second ordre, toujours bronzé, toujours bien coiffé, comme d´autres aujourd'hui, toujours sportif, porteur d'idéologie ultra nationaliste, ultra réactionnaire, et prêt à jouer le rôle d´un fantoche au service des pouvoirs les plus conservateurs et des volontés les plus conservatrices des forces économiques. C'est-à-dire que c'est une incarnation "chic", ou même pas "chic" mais "kitsch", du laisser-faire total du pouvoir économique. On pourrait continuer, pour aller très vite, avec Margaret Thatcher, mais aussi Tony Blair qui aujourd'hui même à Lisbonne prend sur l´Europe des positions plus réactionnaires que le président français de droite.

Donc, il y a à chercher du côté de ce qui se passe dans le monde politique international de cette montée du néolibéralisme qui a été favorisé par l´effondrement des régimes soviétiques. Cette montée du néolibéralisme, qui est un simple masque modernisé du conservatisme le plus archaïque, est une forme de révolution conservatrice. Et là, il y a une analogie réelle avec les années trente; c'est une révolution conservatrice mais moderne; c'est une révolution conservatrice avec les médias, le nazisme avait ces mouvements de masse etc. Là, je pense que cette analyse qui est une esquisse très complexe doit conduire à un travail beaucoup plus approfondi pour essayer de comprendre les responsabilités. Si des phénomènes comme ceux-là sont possibles c'est qu'on est arrivé à des sociétés dans lesquelles 50% de la population sont des abstentionnistes des élections. C'est le cas aux Etats Unis où on a une situation de dépolitisation généralisée, les forces économiques sont abandonnées à elles-mêmes, et les médias se mettent au service de ce fantoche, de ce personnage kitsch qui tient les apparences d´un pouvoir politique et qui incarne en quelque sorte cette dépolitisation généralisée à laquelle elles contribuent. Les médias ont une très grande importance et je pense que les consignes de boycotte de tout soutien à l'égard des formes d´extrême droite serait important. Par exemple, Le Pen qui du jour où il a déplu aux médias a fait une crise et a disparu. Comme par hasard, il y a une corrélation très forte entre le taux de l´apparition à la télévision et le taux dans les élections. Ce qui ne veut pas dire qu'il n´y a pas un cœur incompressible de la vraie extrême droite, des fascistes. C'est le cas en Autriche, c'est le cas en France, des gens organisées, très dangereux qui sont un tout petit noyau et qu´il ne faut pas confondre avec ces gens qui peuvent être mobilisés plus largement en faveur de la mystification dans les médias. Il faudrait analyser sans faire du mea culpa collectif, c'est ridicule et ne sert à rien, il faudrait analyser les responsabilités pour essayer d´en tirer des conclusions. Les responsabilités sont les responsabilités des intellectuels. Je pense que les intellectuels se reveillent aujourd'hui. Ils se demandent en quoi ils ont collaboré. Il y a la partie des sociaux-démocrates qui ont imité jusqu'aux apparences physiques des personnages que je ne veux pas nommer; ces socio-démocrates qui ont emprunté le langage de l'extrême droite, qui ont parlé de tolérance-zéro. Nous avons un Président de la République français socialiste qui a parlé de tolérance-zéro. Nous avons un Président du Conseil socialiste qui a dit qu'il fallait renoncer aux misères du monde. Les socio-démocrates, outre qu'ils ont emprunté le vocabulaire du néolibéralisme, c'est-à-dire du néoconservatisme déguisé, ont emprunté, par pure démagogie et sur la base des sondages, un langage des plus dégouttants de l'extrémisme fascistoïde. Mais il faut continuer. Il y a le fait que toute pensée collective critique est ultra difficile. Mais il faudrait continuer. J'ai un peu honte de dire des choses aussi grossières, mais ce n'est pas facile de faire une analyse à distance.

(...)

Pierre Bourdieu

Lire l'intégralité du texte intitulé "Pour une Autriche pionnière d'une Europe sociale" dont nous ne reproduisons que la partie la plus actuelle, en invitant à une devinette, bien évidemment. A qui ressemble le plus la marionnette décrite dans ce texte ?

vendredi 28 avril 2017

Dupont-Aignan épouse Cécile Duflot en Secondes Noces

cabine-telephonique.jpg

Héritier du fonds de commerce de Philippe De Villiers, Nicolas Dupont-Aignan vient d'obtenir un certain nombre de circonscriptions de la part de “Sissi, Bête Immonde”. Le Musée de l'Europe, qui a le plus grand respect pour les créateurs de Start-Ups avant même que le nom n'existe, félicite le petit Nicolas qui a ainsi réussi à faire prospérer son petit capital. Il peut ainsi espérer rejoindre le cercle restreint des héritiers start-uppers politiques qui ont réussi, l'essai devant cependant être encore transformé, la solvabilité de l'investisseur étant loin d'être établie. Le PRG suit l'affaire avec l'intérêt des grands ancêtres. Cécile Duflot vient de demander sa main.

Le Musée de l'Europe ayant acheté il y a quelques années la cabine téléphonique conservée au Musée des Télécoms dans laquelle ils se réunissent, rappelle à Debout La France, le PRG et EELV, de bien insérer leurs pièces jaunes dans la fente durant toute la durée de leurs réunions. Il ne pourra, sinon, pas être donné suite à votre appel.

Le Concierge (Service Clients)

DB (sic) : On vient d'apprendre que Monsieur Antoine Waechter vient de signifier un référé en contre-façon. Une affaire à suivre !

Macronymie politique

Comme prévu, il y a eu aussitôt la réaction... spontanée des cadres SYRIZA, à l’instar de la porte-parole du parti Tsiprosaure, Rania Svigou, ayant publiquement et si chaleureusement félicité Pierre Laurent et son PC décidément Macronymique de leur “attitude responsable car de gauche” (quasi-explicitement se rangeant derrière Macron). Et pour ce qui tient de l’inqualifiable... qualifié d’Alexis Tsipras, celui-ci s'est empressé d'appeler au téléphone Emmanuel Macron pour lui souhaiter, d’après le reportage des médias grecs “le plus grand succès dans la bataille pour le second tour contre l'extrême droite, et pour lui exprimer toute sa confiance devant son élection. Et alors, pour qu'elles se prolongent enfin, l'amitié et la coopération entre la Grèce et France.”

“Emmanuel Macron lui a répondu qu'il avait soutenu depuis le début, en sa qualité de ministre de François Hollande, tous les efforts du gouvernement grec, et également, cette nécessité impérative de changer d'attitude envers la Grèce: 'Il est certain que si je suis élu, nous travaillerons ensemble pour que l'Europe puisse répondre aux besoins de notre génération”... les Français, déjà après les Grecs, génération après génération devraient donc... se sentir rassurés.

(...)

En cette même semaine... décidément bien Macronymique, le “gouvernement” Tsipras de la bonne méthode enfin découverte... pour enfin satisfaire aux exigences de la Troïka élargie, au sujet de l’ouverture des commerces durant tous les dimanches de l’année. Cette décision peut-elle être prise désormais au niveau régional et local (presse grecque du 26 avril) . C’est certainement en cela (également), que l'Europe... finira par répondre aux besoins dune certaine génération, d’après toujours la déclaration téléphonique... et d’amour, entre Emmanuel Macron et Alexis Tsipras.

Ainsi va la vie... et d’ailleurs pour de nombreux Grecs, leur quête de la survie s’approche bien fatalement du cercle implacable des nécessités vitales, d’où également cette mutation quand à leur sens politique restant. Lorsqu’on sait que l’action politique ne débute qu’à partir du moment où les humains transgressent un jour le domaine des nécessités vitales pour s’interroger sur le juste et l’injuste, on prend alors toute la mesure de... l’acosmisme triomphant en Grèce (comme ailleurs) en ce moment.

(...)

Depuis la Grèce, nous savons déjà qu’il ne s’agit ni d’une “transition” d’un temps court et encore moins d’un moment (seulement ou simplement) électoral. Notre... Antiquité Tardive ainsi revisitée en avant-goût, est un temps relativement (et historiquement) long, et sûrement dangereux. Ce qui ne veut guère dire que ce... même temps ne nous serait-il pas compté dans un sens, bien au contraire, la Macronymie politique incarne déjà ce premier stade de la métapolitique, “l'épopée” d’Elon Musk et la technoscience en plus et en gestation.

Emmanuel Macron appartient ainsi à cette première génération 100% cooptée d’automates de la “politique” robotisée, à une différence près, les électeurs sont encore gentiment “menés” à finaliser le choix de... l’Empire. Seulement, ce processus métanthropique, se terminera tôt ou tard (si rien ne change), et tout simplement le droit de vote sera supprimé (ou sinon très largement réduit).

Les Grecs “d'en bas”, commentent alors le résultat de ce premier tour de la Présidentielle en France non sans une certaine amertume, pour ne pas dire sympathie hélas impuissante, face aux... perspectives qui semblent ainsi “s'offrir” au peuple français. Ensuite, les Français rencontrés par exemple à Athènes, sont visiblement hésitants et inquiets, indépendamment des choix politiques d’ailleurs. Nous cheminons parfois ensemble rue de la Théorie, et c’est comme pour les besoins d’une cérémonie pratiquante, qu’ensemble toujours, nous restons très méditatifs dans les musées, par exemple devant cet “ostrakon” portant le nom de Thémistocle fils de Néoclès, morceau de poterie sur lequel on inscrivait son vote durant le court épisode de la démocratie athénienne antique.

Extraits choisis de l'article de Panagiotis Grogoriou paru sous le titre "Printemps des poulpes " à lire en intégralité sur son blog Greek Crisis

Et le gagnant est...

Je reviens aux chiffres du 1er tour et les reports prévisibles. On va prendre

une hypothèse très basse pour Macron : 8,7M + 1,8M (25% des 7,2 M de Fillon) + 2,8M (40% des 7M de JLM - hypothèse basse) + 1,4M (60% des 2,3M de Hamon - hypothèse basse) = 14,7M de voix pour le dauphin de Hollande.Une hypothèse élevée pour Le Pen : 7,7M + 2,8M (40% des 7,2 M de Fillon) + 1M (15% des 7M Mélenchon) + 1,3M (80% des voix de Dupont-Aignan) + 0,4M (de Asselineau, Cheminade voire Lassalle) = 13,2M de voix. Cela fait 52,7% Macron  / 47,3% Le Pen. Avec 41% d'abstention (hypothèse très élevée). Voilà en gros c'est l'hypothèse la pire. 

Hypothèse plus haute pour Macron : Macron 8,7M + 2,8M (40% des 7,2 M de Fillon) + 3,5M (50% des 7M de JLM) + 1,9M (80% des 2,3M de Hamon) = 16,9M de voix. Le Pen : 7,7M + 2,5M (35% des 7,2 M de Fillon) + 1M (15% des 7M Mélenchon) + 1,1M (70% des voix de Dupont-Aignan) + 0,3M (de Asselineau, Cheminade voire Lassalle) = 12,5M de voix. Cela fait 57,5% Macron  / 42,5% Le Pen. Avec 38% d'abstention (hypothèse très élevée). 

Prélevé sur Mediapart par Le Concierge... (où il y a quand même des infos en cherchant bien...)

mercredi 26 avril 2017

Le criminel, c'est l'électeur

Placard anti-électoral, 1er mars 1906.

Publié par l’anarchie n°47 et signé Albert Libertad.

C’est toi le criminel, ô Peuple, puisque c’est toi le Souverain. Tu es, il est vrai, le criminel inconscient et naïf. Tu votes et tu ne vois pas que tu es ta propre victime.

Pourtant n’as-tu pas encore assez expérimenté que les députés, qui promettent de te défendre, comme tous les gouvernements du monde présent et passé, sont des menteurs et des impuissants ?

Tu le sais et tu t’en plains ! Tu le sais et tu les nommes ! Les gouvernants quels qu’ils soient, ont travaillé, travaillent et travailleront pour leurs intérêts, pour ceux de leurs castes et de leurs coteries.

Où en a-t-il été et comment pourrait-il en être autrement ? Les gouvernés sont des subalternes et des exploités : en connais-tu qui ne le soient pas ?

Tant que tu n’as pas compris que c’est à toi seul qu’il appartient de produire et de vivre à ta guise, tant que tu supporteras, - par crainte,- et que tu fabriqueras toi-même, - par croyance à l’autorité nécessaire,- des chefs et des directeurs, sache-le bien aussi, tes délégués et tes maîtres vivront de ton labeur et de ta niaiserie. Tu te plains de tout ! Mais n’est-ce pas toi l’auteur des mille plaies qui te dévorent ?

Tu te plains de la police, de l’armée, de la justice, des casernes, des prisons, des administrations, des lois, des ministres, du gouvernement, des financiers, des spéculateurs, des fonctionnaires, des patrons, des prêtres, des proprios, des salaires, des chômages, du parlement, des impôts, des gabelous, des rentiers, de la cherté des vivres, des fermages et des loyers, des longues journées d’atelier et d’usine, de la maigre pitance, des privations sans nombre et de la masse infinie des iniquités sociales.

Tu te plains ; mais tu veux le maintien du système où tu végètes. Tu te révoltes parfois, mais pour recommencer toujours. C’est toi qui produis tout, qui laboures et sèmes, qui forges et tisses, qui pétris et transformes, qui construis et fabriques, qui alimentes et fécondes !

Pourquoi donc ne consommes-tu pas à ta faim ? Pourquoi es-tu le mal vêtu, le mal nourri, le mal abrité ? Oui, pourquoi le sans pain, le sans souliers, le sans demeure ? Pourquoi n’es-tu pas ton maître ? Pourquoi te courbes-tu, obéis-tu, sers-tu ? Pourquoi es-tu l’inférieur, l’humilié, l’offensé, le serviteur, l’esclave ?

Tu élabores tout et tu ne possèdes rien ? Tout est par toi et tu n’es rien.

Je me trompe. Tu es l’électeur, le votard, celui qui accepte ce qui est ; celui qui, par le bulletin de vote, sanctionne toutes ses misères ; celui qui, en votant, consacre toutes ses servitudes.

Tu es le volontaire valet, le domestique aimable, le laquais, le larbin, le chien léchant le fouet, rampant devant la poigne du maître. Tu es le sergot, le geôlier et le mouchard. Tu es le bon soldat, le portier modèle, le locataire bénévole. Tu es l’employé fidèle, le serviteur dévoué, le paysan sobre, l’ouvrier résigné de ton propre esclavage. Tu es toi-même ton bourreau. De quoi te plains-tu ?

Tu es un danger pour nous, hommes libres, pour nous, anarchistes sic. Tu es un danger à l’égal des tyrans, des maîtres que tu te donnes, que tu nommes, que tu soutiens, que tu nourris, que tu protèges de tes baïonnettes, que tu défends de ta force de brute, que tu exaltes de ton ignorance, que tu légalises par tes bulletins de vote, - et que tu nous imposes par ton imbécillité.

C’est bien toi le Souverain, que l’on flagorne et que l’on dupe. Les discours t’encensent. Les affiches te raccrochent ; tu aimes les âneries et les courtisaneries : sois satisfait, en attendant d’être fusillé aux colonies, d’être massacré aux frontières, à l’ombre de ton drapeau.

Si des langues intéressées pourlèchent ta fiente royale, ô Souverain ! Si des candidats affamés de commandements et bourrés de platitudes, brossent l’échine et la croupe de ton autocratie de papier ; Si tu te grises de l’encens et des promesses que te déversent ceux qui t’ont toujours trahi, te trompent et te vendront demain : c’est que toi-même tu leur ressembles. C’est que tu ne vaux pas mieux que la horde de tes faméliques adulateurs. C’est que n’ayant pu t’élever à la conscience de ton individualité et de ton indépendance, tu es incapable de t’affranchir par toi-même. Tu ne veux, donc tu ne peux être libre.

Allons, vote bien ! Aies confiance en tes mandataires, crois en tes élus.

Mais cesse de te plaindre. Les jougs que tu subis, c’est toi-même qui te les imposes. Les crimes dont tu souffres, c’est toi qui les commets. C’est toi le maître, c’est toi le criminel, et, ironie, c’est toi l’esclave, c’est toi la victime.

Nous autres, las de l’oppression des maîtres que tu nous donnes, las de supporter leur arrogance, las de supporter ta passivité, nous venons t’appeler à la réflexion, à l’action sic.

Allons, un bon mouvement : quitte l’habit étroit de la législation, lave ton corps rudement, afin que crèvent les parasites et la vermine qui te dévorent. Alors seulement du pourras vivre pleinement.

LE CRIMINEL, c’est l’Electeur !

Albert Libertad

Macron ou le syndrome européen

En Grèce, En Marche ! s'appelle Potami (Le Fleuve) et Macron Théodorakis, mais c'était déjà allé trop loin en 2015 pour que les gens s'y laissent prendre. Alors il y a eu Tsipras qui, au final, a joué le même rôle.

En Italie, Macron s’appelle Renzi et c’est venu par un coup d’Etat intérieur au parti dit de gauche PDS ; ça c'est très vite usé.

En Espagne, Marcron s’appelle Rivera, En Marche ! porte le nom de Ciudadanos (Citoyens), et ça a suffisamment marché pour permettre à la droite de rester au pouvoir grâce au soutien faux-cul des socialistes.

Chaque fois, il s’est agi de faire croire qu’on faisait du neuf afin de donner un répit au vieil empire germano-européen en voie d’effondrement sur lui-même mais dont les peuples ne parviennent pas à comprendre qu’il faut se débarrasser pour retrouver des marges de maîtrise de leur propre destin. Chaque fois, il s’est agi de fournir une roue de secours au carrosse du désastre qui nous emporte à toute berzingue vers l’abîme.

Partout, ça s’installe grâce au ralliement de la nomenklatura affolée de voir le peuple remettre en question sa position dominante – son dû.

Partout, les très vieilles recettes, usées jusqu’à la trame, portées par des oligarques cacochymes blanchis sous le harnais de 40 ans d’échecs euro-ordolibéraux, avec le soutien des idiots utiles, se cachent derrière le même jeune visage lisse aux yeux vides. Avec en France, une touche hystérique de ridicule pseudo-messianique.

Tout ça avec l'argent de qui ? Comment monte-t-on en un rien de temps ce genre de mouvement kleenex ?

Avec, ici et maintenant, la muleta du pseudo-fascisme qu’on agite sous les naseaux du taureau pour être certain qu’il se précipite bien, avec l'élan voulu, droit sur l’épée du matador germano-bruxellois. Mais le vote Le Pen ne sort pas de nulle part, comme l'écrit si bien aujourd'hui Jacques Sapir, et, nonobstant les jappements frénétiques de toutes les sortes de chiens de garde, on ne fait pas barrage avec la politique qui ne cesse depuis des lustres d'amener l'eau au moulin du FN.

Enfin si ça ne marche pas, derrière, il y a toujours celui qui fait croire qu’une "alternance à gauche" est possible, mais qui, comme il ne veut pas/ne peut pas (intellectuellement) rompre avec le dogme européen, est/sera broyé (avec ou sans son consentement) pendant qu'il croit négocier quelque chose, par des moyens de coercition financiers et monétaires préparés de longue main à l'usage de ceux qui croient encore, après l'expérience grecque, que parce qu'ils sont eux et parlent haut, on les écoutera.

Mais dans ce cas-là aussi c’est bingo puisque, comme en Grèce, le système germano-européen tue toute idée même de "gauche" pour au moins 30 ans : anthropologiquement plié, comme l'écrit l'ami Panagiotis Grigoriou.

Car il n'y a rien à négocier ; il n'y a qu'à partir ou à subir.

La seule solution pour briser ce cercle infernal et vicieux qu'on nous présente comme le cercle de la raison, c'est d'expliquer clairement avant d'arriver au pouvoir pourquoi et comment il faut en sortir, c'est de le rompre en arrivant au pouvoir par des mesures immédiates et radicales de sauvegarde – à commencer par le rétablissement de la monnaie nationale et le contrôle des changes. Et puis ensuite on négocie : les termes du divorce. C'est-à-dire la seule la seule chose qu'il y a à négocier avec ce bastringue européen. Faute de quoi on est cuit. Qu'on le veuille ou non, qu'on en ait conscience ou non.

Il n'y a ni réforme possible ni issue démocratique dans le cadre du carcan européen : un carcan, ça se brise ou on y crève.

Olivier Delorme (repris de son blog

Auteur de 30 bonnes raisons de sortir de l'Europe

"Toi aussi, participe à un complot !"

Un peu de conspirationnisme ? (Smile ! Le Concierge)

Aujourd’hui, il est l’heure pour ces gens là de passer à la phase opérationnelle. Ce qui se prépare en France à l’occasion de ces élections présidentielles peut être qualifié de coup d’État, tant les séquences collent exactement à la définition qu’en font des spécialistes.

Par la manipulation de l’opinion publique et la maitrise des structures de l’État, des hauts fonctionnaires, des hommes politiques, des élus et des journalistes véritables mercenaires au service des patrons de grandes entreprises multinationales et de la finance internationale tentent de soumettre le peuple français à un destin qu’il ne s’est pas choisi. De gauche à droite, du PS au Centre, contre le restant de l’échiquier politique une minorité s’apprête à prendre le pouvoir en France.

repris du site (complotiste) Investig'action (paru sous le titre "2017, le Coup d'Etat) Toute ressemblance avec des événements récents serait une pure coïncidence

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mardi 25 avril 2017

Insoumis, faites mouvement !

Chers insoumis,

Sauf à ce qu'un spécialiste de la sociologie électorale me démontre le contraire, l'opération menée par Hollande et le CAC 40 a réussi. Macron est d'ores et déjà élu au 2nd tour. Donc ce débat sur le vote de second tour n'a pas lieu d'être.

Chacun n'a qu'à faire ce qu'il veut. Il n'y a pas de campagne à mener. Car sinon, vous allez vous diviser.

Et vous vous diviserez d'autant plus qu'il est essentiel pour le pouvoir et le CAC 40 que vous soyiez divisés. Ils vont tout faire pour cela, avec les mêmes méthodes (la presse) par lesquelles ils ont mis Macron au pouvoir (c'est un coup d'Etat des ingénieurs électoraux, préparé de longue date et mené de main de maître). Ne vous divisez pas.

Faites "mouvement". Soyez un mouvement d'opposition, puissant. Cessez-là ces débats qui n'ont pas lieu d'être. Et réfléchissez aux moyens de lutter contre ce président élu dès le 1er tour, quoi que l'on fasse. Qui disposera très certainement d'une majorité bicéphale à l'allemande, indéboulonnable. Et liquidera nos droits sociaux par ordonnances et sous état d'urgence. Les Grandes Orientations de Politique Economique (GOPE) de la Commission européenne pavent le chemin, et elles sont plus ou moins radicales selon la souveraineté du pays concerné, le passage à la limite s'effectuant en Grèce, où l'on voit jusqu'où ils peuvent aller quand plus rien ne les en empêche.

Oubliez la mère Le Pen qui n'est là que pour neutraliser 25% des électeurs (mais pas plus) pour empêcher le pouvoir du peuple et permettre la domination sans partage de la minorité possédante, le bloc bourgeois. Ne vous dispersez pas, ne vous divisez pas. Votez ou non chacun en votre âme et conscience, ne dites même pas votre choix, réservez-le à l'isoloir.

Ne mettez pas en jeu la cohérence d'un collectif. Ou plutôt, faites le advenir comme collectif, collectif de lutte, collectif de soutien aux luttes. Faites mouvement de résistance au Président des riches puisqu'il est déjà élu.

Le Concierge

lundi 24 avril 2017

Le triomphe de François Hollande

Coluchepublicite1.png illus. : Coluche commente le placement de produit "Macron" au soir du 1er tour des présidentielles de 2017. Cilquer sur l'image pour voir la vidéo

François Bayrou célébrait sa victoire hier sur France 2. La position qu'il avait rêvé de créer dans le champ politique depuis une quinzaine d'années est enfin occupée par Emmanuel Macron. Ce soutien officieux de Ségolène Royal en 2007 pouvait jubiler : la perspective que le cercle de la raison européiste, ce « bloc bourgeois « pour reprendre les termes des sociologues Bruno Amable et Stephano Palombarini, s'installe durablement au pouvoir avec une majorité bicéphale, à l'allemande, est à portée de main. Le bloc du « Non » de 2005 est plus que jamais divisé, le candidat Mélenchon n'ayant pas cherché à le mobiliser. Espérons que la machine médiatique qu'il a construite, lui permettant de faire le plein des voix auxquelles il pouvait prétendre dans le cadre étriqué de la construction d'une "hégémonie culturelle de gauche" à laquelle une partie du pays est socialement rétive, puisse servir à la constitution de ce "bloc hégémonique". La rhétorique intéressée de « sortie de l'UE » est incarnée au 2ème tour par Marine Le Pen, contribuant à la rendre impossible et à en faire un monopole d'extrême-droite. Le « bloc bourgeois » dans lequel nos sociologues voyaient une illusion, ayant une base sociale très réduite par définition, sera en position hégémonique au 2ème tour en obtenant un plébiscite anti-Le Pen, gracieusement servi y compris par les idiots utiles comme Pierre Laurent.

L’œuvre de François Hollande est accomplie avec l'élection annoncée de son dauphin, sur le berceau duquel se sont penchées les bonnes fées du CAC 40 ayant fait main basse sur la presse au-cours des dernières années à cette fin exclusive - être en capacité de vendre leur marionnette comme un paquet de lessive - à l'américaine. Espérons que de nombreuses fées Carabosse se penchent sur la réincarnation de Lecanuet. Car tel était le but annoncé depuis sa prime jeunesse par pervers Pépère. Superbe opération médiatico-politicienne et ploutocratique menée de main de maître alors que le fossoyeur en chef de la République sociale solidaire et démocratique creusait au fond du trou...

Laissons donc la parole au défunt candidat Coluche pour en exposer le principal rouage, dont la présence de sa réincarnation en Mamlouk a singulièrement manqué lors de la soirée électorale transformée en placement de produit anti-fasciste lavant le néolibéralisme plus blanc que blanc, sous le nom de « Révolution »

Le Concierge

samedi 22 avril 2017

Il y a neuf ans. A propos de la "renaissance" de Coluche

Il y a neuf ans, à l'occasion de la diffusion d'un documentaire sur Coluche et l'élection présidentielle, nous avions publié sur le blog des éditions Agone (Canal historique) ces quelques lignes de Pierre Bourdieu et de Guy Hocquengem sur la candidature Coluche. C'est celles que nous avions en tête en décrivant la candidature de "l'homme dont il ne faut pas dire le nom" comme celle d'un "Mamlouk héritier de Coluche"...Merci à Bastien Balthazar du groupe FB Michel Coluchi d'avoir percuté et de m'avoir envoyé le lien vers le documentaire cité

Le Concierge

Coluche3.png "Ils veulent gagner les élections. Moi je préférerais que ce soient les Français qui gagnent les élections". Cliquer sur l'image pour voir le documentaire.

Peu de temps avant la sortie au cinéma de Coluche, l'histoire d'un mec, France 2 diffusait un portrait de l'artiste dans son programme « Un homme un destin ». On y apprenait surtout qu'à un certain moment de sa (fausse) campagne électorale - précisément quand la vraie commença -, Coluche se serait soudain « pris au sérieux », aurait soudain « cessé d'être drôle »... Ce commentaire émanait d'un certain nombre de personnalités, toutes présentées comme des « amis de Coluche » : tels le publicitaire Jacques Séguéla et le cinéaste Romain Goupil, appelés à prospérer sous le règne mitterrandien alors que leur "ami" sombrait dans la drogue et les classes populaires dans la misère. « Saint Coluche » se réincarna en champion consensuel du caritatif, à travers les restos du coeur, palliant ainsi de façon dépolitisée les conséquences les plus visibles des politiques menées à partir de 1983... Si le documentaire parle des pressions directes exercées sur Coluche pour qu'il cesse de troubler le jeu politique, il ne dit rien des pressions de ses "amis" qui tous profitèrent du nouveau règne. N'empêche que ce document de propagande disait qu'en effet un clown avait bien été assassiné...

Remarques du sociologue Pierre Bourdieu (1999)

Sur l'usage que certains hommes politiques font de l'accusation d'irresponsabilité lancée contre les profanes qui veulent se mêler de la politique : supportant mal l'intrusion des profanes dans le cercle sacré des politiques, ils les rappellent à l'ordre comme les clercs rappelaient les laïcs à leur illégitimité. Par exemple, au moment de la Réforme, un des problèmes venait de ce que les femmes voulaient dire la messe ou donner l'extrême-onction. Les clercs défendaient ce que Max Weber appelle leur « monopole de la manipulation légitime des biens de salut » et dénonçaient l'exercice illégal de la religion. Quand on dit à un simple citoyen qu'il est irresponsable politiquement, on l'accuse d'exercice illégal de la politique. Une des vertus de ces irresponsables - dont je suis - est de faire apparaître un présupposé tacite de l'ordre politique, à savoir que les profanes en sont exclus. La candidature de Coluche fut l'un de ces actes irresponsables. Je rappelle que Coluche n'était pas vraiment candidat mais se disait candidat à la candidature pour rappeler que n'importe qui pouvait être candidat. Tout le champ médiatico-politique s'était mobilisé, par-delà toutes les différences, pour condamner cette barbarie radicale qui consistait à mettre en question le présupposé fondamental, à savoir que seuls les politiques peuvent parler politique. Seuls les politiques ont compétence (c'est un mot très important, à la fois technique et juridique) pour parler de politique. Il leur appartient de parler de politique. La politique leur appartient. Voilà une proposition tacite qui est inscrite dans l'existence du champ politique.

—— Extrait d'une conférence parue sous le titre « Le champ politique » dans Propos sur le champ politique (Presses universitaires de Lyon, 2000), réédité in Pierre Bourdieu, Interventions, 1961-2001. Science sociale & action politique, textes choisis et présentés par Franck Poupeau et Thierry Discepolo, Agone, 2002, p. 163.

Saint Coluche selon Guy Hocquenghem (1986)

Passons des larmes de glycérine au rire du sergent. « Saint Coluche » : ainsi t'a nommé, en une, Libération, pour ta charité auto-publicitaire. Je t'ai entendu expliquer le sens de ta campagne bouffe-pour-tous : il est temps de s'occuper de la France, et que le tiers-monde se prenne en main tout seul. Et puis, la bouffe, c'est bien français. Finissons donc avec toi, Coluche, qui es au rire ce que Chéreau est aux pleurs, une canaille politicienne rouée qui joue les apolitiques.

« Le Pen est français comme moi », assura l'ancien candidat gauchiste à l'élection présidentielle, pour qui signèrent Cavanna et Deleuze, Libération, Le Dantec, Guattari et tant d'autres, aujourd'hui cohabitationniste à tout crin. En 1981, le « candidat des minorités » préparait simplement le disque et la tournée d'un métier qu'il avait juré craché d'abandonner ; aujourd'hui la faim fait vendre radio- et télé-Coluche. « Ni de gauche ni de droite, mais de France. » Ayant fait le tour complet de l'anti-parlementarisme, l'ancien anarchiste a viré au tricolore. Car l'ambition politique, désirable uniquement pour l'artiste qui se méprise lui-même, est ta seule constante. Tu confiais dernièrement au Journal du Dimanche : « J'ai dîné avec des mecs importants du gouvernement. Ils faisaient du Coluche. Même moi ça m'a surpris. » Devenu agent électoral, à Lille, tu t'empiffrais de caviar et langouste avec Fabius et Mitterrand. Oui, tous les gouvernements font du Coluche ; ils trahissent ceux qui leur ont fait confiance, se vendent au plus offrant, renient leurs origines, tapent sur les faibles et encensent les puissants, font la charité en public. Réciproquement, Coluche, petit État dans l'État, ne fait pas de la variété, il fait du gouvernement.

Mais comment s'étonner des ravages chez les comiques comme chez les tragiques, les intellos comme les plasticiens, du culte de la canaille politicienne et de la fascination pour la puissance et l'autorité ? Ces vices, en effet, sont « de France », et non de droite ou de gauche, médiatiques ou cultureux. « Consensus politique, consensus médiatique », titre Serge July à propos de l'opération Coluche - July qui est très fort pour décréter sur le ton du constat les consensus obligatoires. Mais alors, qui est l'ennemi, si tout le monde est d'accord ? C'est Mourousi, dans Libé, qui l'explique, toujours à propos des « restaurants du cœur » de Coluche (mais cela s'applique au déluge de charité officielle récemment promu) : « Les scribouillards de la culture », explique-t-il, désignant l'intellectuel ancien modèle, type Sartre, « eux, sont toujours présents dans des opérations contre quelque chose. ... Moi, je ne veux participer qu'à des initiatives pour quelque chose. ... Ça peut être aussi bien l'école libre à Versailles que Touche pas à mon pote. » Grande réconciliation de la charité laïque et des curés, de l'anti-racisme officiel et du néo-racisme poujadisant, le coluchisme, lui aussi, est op-ti-mi-sant. Silence, les esprits critiques ! Le consensus de l'État-Coluche ne relève plus de la scène, mais de la chasse aux sorcières.

Ainsi vont nos amuseurs publics et nos tragédiens officiels ; la fascination pour l'autorité, qui fait du clown un quasi-gouvernant (voir Coluche à la télé avec les ministres et leaders de l'opposition) et de l'artiste un haut administrateur, est le propre de notre pays. Même la littérature - autorité du critique, de l'École - est un cliquetis d'affrontements politiciens, où l'on n'entend que le crissement aigre des censures et les applaudissements sur commande. La reconnaissance officielle, la déclaration d'utilité publique, la croisade para-gouvernementale, les académies et les jurys, les salons et contre-salons, tout l'appareil de l'État-culture, de l'État-charité, de l'État-médias, des cénacles et des cliques, tient lieu d'importance artistique. En France, les gens de culture ne sont jamais loin du merdier politicien, du pot de chambre de leurs maîtres. Littérature et culture paranoïaques, rêves de pouvoir mégalomaniaques, ces caractéristiques bien françaises, notre génération les a portées au point d'incandescence.

Minuscules coups d'État qui ont la méchanceté des grands, le ridicule en plus, les révolutions culturelles françaises font se succéder, en littérature, en théâtre, en philosophie et même dans le monde des « variétés », des baudruches autoritaires. Finalement, camarades artistes, un ruban rouge à la boutonnière paiera cette agitation permanente au service du pouvoir. Vos frustrations d'ex-gauchistes sevrés de révolution ne pouvaient connaître qu'un exutoire : le partage des postes, l'intégration aux cercles de la puissance publique, l'entrée des artistes renégats de l'art dans le club très fermé des gouvernants et des manipulateurs despotiques. Tout comme, dit-on, on ne croit pas en Dieu au Vatican, l'endroit de France où on croit le moins à l'art est ce monde des artistes stipendiés, politiciens longtemps refoulés, issus de Mai 68, qui ne croient qu'au Pouvoir, jamais à l'Imagination.

—— Extrait de Guy Hocquenghem, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary, Agone, 2003, p. 156-158.

"Nous savons que plus aucun changement politique significatif ne peut être introduit par les urnes"

Original File Name: 2017042129.jpg illus. Greek Crisis

Mon autre cousine Lemoniá, a démissionné de son travail... forcé, pour aider son fils dans la petite épicerie familiale. “Je travaillais dans un hôtel près des Météores. J’étais payée 500€ par mois pour six jours de travail par semaine et pour dix heures de travail par jour, d’ailleurs sans frais de déplacement. Mon fils travaillait dans un bar pour 20€ par nuit... et ce n’est pas une vie tout cela. Nous venons d’ouvrir cette petite épicerie car il faut faire quelque chose, il faut s’accrocher... lutter... survivre. Notre affaire peut nous faire vivre... comme elle peut ne pas durer trop longtemps. Mais alors sinon, que faire d’autre ? Le salariat, lorsqu’il existe encore, il devient synonyme d’esclavage dans ce pays, et encore, nous ne sommes pas à Athènes, nous avons notre potager, nos poules et nos lapins.”

Dans une déclaration publique récente, le député ANEL (parti de la majorité avec SYRIZA) Dimítris Kamménos, a soutenu la thèse suivante et alors... innovante: “Il est préférable de réduire la retraite du grand-père de 100€ par mois, et ces cent euros iront ainsi à l'État, plutôt que de lui laisser utiliser cette même somme... pour financer l'oisiveté de ses petits fils dans les cafés”. En plus, une taxe “spéciale café”, initiée en janvier 2017, a fait augmenter le prix du café (consommé en ville ou acheté chez l’épicier du coin) d’environ 30%, les Grecs ont certainement... apprécié ce goût du café amer et autant la déclaration du député

Certes, la funeste junte des Colonels est tombée en 1974, sauf que depuis un certain temps déjà (sous le régime de la Troïka), nombreux sont ceux en Grèce qui se prononcent “pour un retour à un régime de ce type”. Le coup de grâce porté à l’espoir qui consistait à attendre la solution par les urnes avait été l’œuvre du “gouvernement” SYRIZA/ANEL en 2015, notamment lorsque le ‘NON’ massif des Grecs aux mesures austéritaires européistes (référendum) avait été transformé en ‘OUI’ par les cyniques Tsiprosaures, seulement quelques jours après.

Toutes les enquêtes d’opinion en Grèce montrent que dorénavant, les Grecs restent largement indifférents, pour ne pas dire hostiles devant l’éventualité d’un nouveau scrutin, essentiellement il s’agirait de la tenue d’élections législatives anticipées. “Nous savons que plus aucun changement politique significatif ne peut être introduit par les urnes, en tout cas, à travers la conjoncture actuelle. C’est plutôt un autre type d’événement, avec probablement l’implication de l’armée qui pourrait peut-être désormais changer la donne en Grèce et rien d’autre”, opinion d’un auditeur, exprimée et diffusée en direct, durant l’émission du journaliste Lámbros Kalarrytis à la radio du Pirée 90,1 FM, jeudi 20 avril 2017 dans la soirée. Nouveau régime politique... et ainsi nouveau type anthropologique on dirait.

C’est sans doute pour se démarquer du risque Syriziste, que le candidat à l’élection présidentielle en France, Jean-Luc Mélenchon a récemment déclaré: “Moi je ne suis pas Alexis Tsipras. Moi, je ne m'enferme pas pendant 17 heures avec quelqu'un qui m'insulte! Je représente la France”.

Déclaration aussitôt très médiatise il faut dire en Grèce et pour cause, comme durant la soirée du jeudi 20 avril, où entre observateurs des faits su monde, nous avons analysé la dernière actualité de la campagne électorale française, en direct depuis le studio de la radio du Pirée 90,1 FM (à la veille de l’attaque terroriste sur les Champs Élysées).

Depuis surtout deux semaines, la tournure de cette campagne électorale française, intrigue autant le public grec. “Il va être surtout intéressant de voir la suite: Dans quelle mesure un éventuel vainqueur incarnant supposons l’antisystème (de gauche ou de droite), appliquera ou non, une politique réellement opposée à l’actuelle bancocratie financieriste mondiale, apparemment détentrice du seul vrai pouvoir... à tendance d’ailleurs totalitaire.” Et ce fut la question de la fin, ouvertement posée à micros ouverts par le journaliste Andréas Mazarakis, question restant évidemment (pour l’instant ?) sans réponse.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Pliure anthropologique" sur son blog Greek Crisis

vendredi 21 avril 2017

Frexit : pour une droite de gauche ?

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Dans un article publié sur son blog du Monde Diplomatique intitulé « les fenêtres de l'histoire », Frédéric Lordon appelle à voter dimanche pour Jean-Luc Mélenchon sous couvert d'une analyse qui se veut savante, mais n'est rien d'autre que l'argument de sens commun du « vote utile ». Tentant de résoudre, par la double-pensée, la quadrature du cercle entre différentes attitudes contradictoires (le refus radical de la mascarade électorale et le vote utile, l'insurrection et l'élection) Frédéric Lordon écrit  : « Et c’est au total un curieux paradoxe qui fait se rejoindre la croyance la plus naïve en l’élection et son rejet le plus radical, l’un et l’autre ayant d’une certaine manière en partage d’avoir incorporé la dépossession passive qui accompagnerait nécessairement le mandat voté. Mais où est-il écrit que l’activité politique s’arrête après l’élection ? Si c’était effectivement le cas, on ne pourrait qu’accorder au sceptique son désintérêt de principe. Mais ça ne l’est pas, en tout cas pas nécessairement. Un second paradoxe, déduit du précédent, veut alors qu’il y ait quelque chose à faire d’une élection même par la critique radicale de l’élection. Non pas s’en contenter bien sûr : s’en servir. »

Air connu qui revient comme un marronnier à chaque élection à destination de tous les athées des élections qui, comme Libertad, considèrent que « le criminel c'est l'électeur », appelés à voter utile en tout agnosticisme !

Le plus sidérant venant d'un intellectuel est le caractère parfaitement incantatoire d'un tel « appel » qui, en outre, ne dit pas son nom, dans la mesure où il ne peut espérer toucher qu'une infime partie de l'électorat et à vrai dire un club réduit à si peu de membres qu'il s'agit d'une discussion qui pourrait aussi bien se tenir dans un café, ou un séminaire, et dont la publication n'est que le témoignage de l'importance que se prête ce cercle assez privé, inversement exponentielle à son poids (infinitésimal) en terme électoral, domaine qui est celui du grand nombre, il est ridicule de le rappeler, et encore plus de devoir le rappeler.

Candidat "anti-système" ?

Mais cet appel ira droit au cœur du principal intéressé, auquel on ne demande rien en échange, et surtout pas un référendum de sortie de l'UE, seul Plan A pratiquement concevable. Venant de l'intellectuel qui avait qualifié de « crime politique » un Plan B qui ne serait pas la sortie de l'euro, et énoncé très clairement l'alternative offerte à Syriza (« Renverser la table ou passer dessous »), à l'heure où le candidat de sa « raison » drague les classes moyennes flottantes, joue au centre, et ambitionne de reconstituer un PS, éventuellement en s'appuyant sur une « troisième droite » entrepreneuse de l'e-économie et de l'e-propagande, c'est passer par la fenêtre, surtout quand on a pris l'engagement de « ne plus jamais voter PS ».

Il y a encore un an, il était question d' « occupy » l'élection présidentielle. Qui s'en souvient ? Mieux vaut sans doute ne pas le rappeler quand on voit le résultat.

Le résultat c'est que le nouveau candidat du cercle de la raison a fait tous ses efforts pour cacher l'éléphant dans la pièce, c'est à dire l'UE, par calcul électoraliste. N'étant pas à la tête d'un parti de classe et visant un électorat socialement clivé, notamment sous le rapport de la sortie de l'UE, il choisit de… ne pas choisir. Imposant la double-pensée Plan A pour les uns, Plan B pour les autres, et mettant à tout le monde l'Ouest en Est, embrouillant par tous ls moyens possibles ce que notamment Lordon s'était efforcé de clarifier ces dernières années. Se refusant bien entendu à tout travail d'éducation populaire sur la question, à la différence de sa campagne de 2012 où ce travail fut fait de manière magistrale au moins sur la question des traités budgétaires. Et s'il y eût clarification, depuis des mois de la part de ses « experts » Varoufakisés tel Jacques Généreux affirmant que le Plan B n'aurait pas lieu, n'étant qu'une menace, puis de la part du candidat ces derniers jours, elle confirma nos craintes : sortir de l'UE, sortir de l'euro, vous n'y pensez pas. Ainsi, le débouché politique et le vote utile accomplissent-ils leur besogne : anéantir tout le travail d'éducation populaire réalisé à l'occasion du martyre grec. Et aujourd'hui avec la patricipation de Frédéric Lordon qui s’assoit sur les critères qu'il a lui-même posés, et jette son capital de critique radical de l'UE aux pieds du candidat de la double-pensée européenne. « Crime politique » ? Encore ne faudrait-il pas prendre le risque de fournir l'arme du crime…

L'un des arguments de Frédéric Lordon, bien peu scientifique, est le suranné « candidat anti-système ». La preuve ? Mélenchon ayant réussi à siphonner Hamon dans les sondages, les médias chiens de garde se seraient déchainés contre le candidat, prouvant par-là qu'il est bien ce « candidat anti-système » : « il suffit d’observer les réactions du système, surtout quand elles ont cette violence, pour faire le tri des prétentions, et savoir qui il tient réellement pour antisystème, qui il juge réellement dangereux au maintien de ses intérêts essentiels, sorte d’hommage que le vice rend à la vertu, faisant d’un coup litière des escroqueries les plus grossières. »

A la vérité, Mélenchon est plutôt bien servi par le « système », beaucoup mieux en tous cas qu'en 2012, à l'époque où il a victorieusement franchi le barrage opposé par le champ médiatique pour être installé depuis, comme un « grand » qu'il est, dans cet espace. Et l'essentiel est d'occuper cet espace, tous les publicitaires le savent. Quant à la comparaison avec Marine Le Pen, qui n'est pas nouvelle depuis le fameux dessin répugnant de Plantu, sous le critère qui nous occupe elle n'est pas illégitime, cette dernière ayant copié la dialectique Plan A/ Plan B et le flou artistique sur l'UE inventés par le candidat Mélenchon.

Si Frédéric Lordon était à la recherche de tests projectifs ou de précipités permettant de révéler le fonctionnement du champ politico-médiatique, un œil sociologique un peu plus aiguisé se porterait sur les « petits-candidats » et les difficultés d'accès réels à la candidature, à la visibilité médiatique et à un traitement non diffamatoire ni grossier de ces candidatures.

Un Mamlouk héritier de Coluche ?

On rappelle que Pierre Bourdieu avait soutenu la candidature de Coluche arguant que l'intrusion d'un profane dans le champ politique en révélait toutes les ficelles, et notamment le caractère séparé, au sens clérical, de cet univers social particulier, lieu du monopole de la manipulation légitime des biens de salut politique de la part de professionnels consacrés devant obtenir l'onction par l'élection, c'est à dire le plus grand nombre.

Structurellement, il existe dans cette campagne un candidat que le média Lordon n'a jamais cité, et le silence de Canal Lordon est parfaitement congruant avec le silence des médias du « système ». A la différence de Coluche, tout profane qu'il soit, celui-ci est un homme du sérail, au sens sociologique du terme, celui du Mamlouka, qui veut dire « esclave de l’État ». « L'homme dont il ne faut pas dire le nom » est en effet Inspecteur général des Finances et donc dans le secret des initiés du fonctionnement de l’État, en tant que laïc de l’Église qu'on appelle l’État. On se souvient peut-être des vœux de Noël du Pape François à la Curie il y a quelques années - un Pape qui n’émane pas de la Curie - qui était une sorte d’analyse sociologique Drewermanienne du fonctionnement de la Curie et qui se termine par quelque chose du genre : "maintenant je me casse, je vais passer Noël avec les laïcs car ce sont eux qui font tourner le Vatican". Donc il est bien placé pour avoir vu les cardinaux de la politique s’asseoir sur les valeurs et les principes qu’ils prêchent hypocritement aux fidèles, et dont ils se moquent entre-eux - Bourdieu parlait du rire des évêques et de leurs blagues anticléricales - tandis qu’ils sacrifient tout à leurs luttes d’influence pour le pouvoir dans la Curie - et devenir Pape - et à faire tourner la banque du Vatican... ). Donc le candidat François Asselineau (ça y est je l'ai dit!) est bien placé pour "vendre la mèche". D’autant plus qu’il a vu ses homologues du ministère des finances se barrer dans le privé avec la caisse et le carnet d'adresses publiques (ce qu’il n’a pas fait ou pas été en position de faire.) Il est d'ailleurs logique que le Mamlouk défende l’État contre l’UE qui entend le détruire, parce que c’est aussi détruire ses serviteurs qui refusent de se convertir à la nouvelle religion (et cela concerne la fonction publique à tous les niveaux, l'alternative étant : conversion au nouvel État néolibéral en formation ou défense de la religion primitive du service public condamnant aux catacombes, c'est à dire au placard.). IL a patiemment construit une machine politique, l'Union Populaire Républicaine, en partant de rien (à la différence de hauts-fonctionnaires passant en politique et dont le premier souci est d'utiliser leur carnet d'adresse pour trouver l'argent qui les tiendra), lui permettant aujourd'hui d'être présent dans l'arène présidentielle et donc de faire passer un message jusque-là confidentiel, comme sorti des catacombes, d'autant plus qu'il n'a, à ce stade, aucune prébende à distribuer, aucun grand intérêt à ménager (allant jusqu'à défendre la nationalisation de TF1… à TF1), aucun grand écart (Plan A/Plan B) à dissimuler pour maximiser ses gains sur le marché électoral en pratiquant le marketing ciblé. Il bénéficie de la révolution des réseaux sociaux (en attendant leur concentration, appelés à se substituer aux médias classiques dans la fabrique du consentement) qui, comme dans le cas de l'imprimerie et de la révolution protestante, permet aux nouveaux convertis de s'approprier directement le message prophétique par l'étude directe des textes, les médias de l’Église officielle ayant perdu leur monopole et apparaissant pour ce qu'ils sont, des instruments de propagande centralisés. L'accès de cet « hérétique consacré » (caractéristique de tous les locuteurs en position prophétique dont le message passe, selon Pierre Bourdieu, qui s'oppose ici directement au marketing politique) aux grands médias ou au « grand débat » met d'ailleurs cruellement en difficulté journalistes et hommes politiques face à un homme qui connaît les secrets du sérail et expose le fonctionnement du « système » provoquant un effet de « révélation » (non sans d'ailleurs rendre un peu gagas un certain nombre de nouveaux convertis. L'auteur de ces lignes ,formé à Sciences Po, ayant eu le même type de révélation en lisant Actes de la recherche en sciences sociales comprend assez bien ce phénomène!).

L'éléphant dans la pièce

Comment a-t-il pu échapper à Frédéric Lordon que sans l'accès de François Asselineau au prime time, il n'y aurait eu personne pour montrer l'éléphant dans la pièce, l'UE, et particulièrement parce que le candidat du « vote utile » qui déclarait il y a six mois « l'UE sera au centre de l'élection » a travaillé avec acharnement par calcul électoraliste à mettre la question sous le tapis, contribuant à en laisser le monopole intéressé au FN, pour la plus grande joie du « système » qui travaille à ce que le Frexit ne puisse être envisagé que comme une option d'extrême-droite, le rendant impossible ? Et comment ne voit-il pas que cette irruption d'Asselineau dans le champ politique permet d'envisager de tailler des croupières au croque-mitaine dont la fonction de neutralisation de la possibilité de la sortie est par ailleurs si bien analysée par Frédéric Lordon ?

Dans un texte intitulé « clarté », en réaction à la proposition de son maître de thèse Jacques Sapir de constituer un « front » de sortie de l'UE incluant le FN, Frédéric Lordon se posait légitimement en rempart contre une telle éventualité. Il semble cependant que sa dénonciation du mono-idéisme de la sortie qui poussait Sapir à faire fi du risque de la sortie nationaliste et raciste (dans le meilleur des cas car dans un texte hallucinant consacré au burkini, Sapir remontait à la République romaine pour justifier la nécessité de criminaliser l'intention…) débouchait sur « À gauche, et à gauche seulement » et même à gauche radicale et à gauche radicale seulement, ce qui est tout autant la meilleure façon de ne pas en sortir, cette gauche-là et Lordon lui-même jouant un rôle équivalent au FN pour empêcher toute sortie. Or même si François Asselineau n'appartient évidemment pas à la gauche radicale et est un homme marqué à droite, cela n'en fait pas, en aucun cas, un raciste ou carrément un fasciste (comme l'en accusent les « anti-fa » qui voient le fascisme partout où il n'est pas pour être bien sûr de ne pas voir l'euro-fascisme au milieu de la pièce, ce qui nous obligea à prendre pour la première fois la défense du personnage en 2015 sur le forum consacré à ce même article « Clarté » sur lequel nous nous confrontâmes pour la première fois à des militants UPR) : tout le monde a cherché et tout le monde a trouvé l'exact contraire, particulièrement au sujet de l'Islam et dans le contexte des attentats.

L'introuvable majorité de sortie

Or la « sortie » est une question sociologique. La majorité du NON de 2005, qui est une majorité de classe constituée d'ouvriers, d'employés et de beaucoup d'abstentionnistes chroniques, se porte sur le plan partisan sur différents partis ce qui empêche de les réunir hors référendum pour accomplir cette nécessité historique, qu'aucun parti s'appuyant sur une fraction d'électeurs des classes moyennes oui-ouistes, comme le fait Mélenchon, ne peut donc mettre à l'ordre du jour. Une des solutions s'offrant d'ailleurs à ce dernier aurait été la promesse d'un référendum selon le mot d'ordre que nous avions essayé de lancer « élisons un référendum, pas un Président ». Inutile de revenir une fois encore sur l'avant-goût de « crime politique » que l'impétrant nous a offert lors de cette campagne suscitant pourtant le soutien doxique de Lordon au « vote utile » en sa faveur. Dans une telle configuration, la tentative de François Asselineau est rationnelle, pour le moins louable et devrait forcer l'admiration par ses potentialités de subversion du carcan politique et la possibilité qu'elle offre de constituer l'embryon du « bloc hégémonique » qui fait défaut. Et non sans garantie de mesures « de gauche » garantissant qu'il ne s'agisse pas d'une sortie purement « de droite », comme le soulignaient Jean-Pierre Garnier et quelques autres.

Une gauche qui ne veut pas sortir n'en est pas une. A défaut donc de « gauche de gauche », Frédéric Lordon, au lieu de se transformer en média mainstream passant comme eux sous silence la position qui permettrait de résoudre la quadrature sociologique du cercle que tente de créer Asselineau dans le champ (car la souveraineté populaire ne saurait non plus être la dictature d'une gauche radicale « all exclusive » qu'il finit par ne plus reconnaître que dans le public de son séminaire) ferait bien de réfléchir à l'hypothèse d'une… « droite de gauche » !

Ce serait en tous cas plus proche du « point de vue de Sisyphe » et de la real politik de la raison, et digne d'un agnosticisme et d'un anti-cléricalisme politiques conséquents.

L'existence d'un mouvement de 25 000 personnes motivées par la sortie et se formant à travers des conférences d'éducation populaire à ces sujets n'est pas non plus une force à négliger. Elle est sans doute bien plus importante que le débouché électoral, et ils sont bien plus nombreux que le « club » de gauche radicale socialement homogène. Si la sortie doit se faire, elle nécessitera une forte pression populaire et cette avant-garde y jouera son rôle. Avec un monde du travail mobilisé, la convergence objective des luttes (totalement ratée par la petite-bourgeoisie intellectuelle de Nuit Debout rêvant de grands soirs mais incapable de soutenir les luttes locales au-delà d'une saison de défilé de mode militant) n'est pas à exclure….

Lors de ces échanges avec des militants UPR sur son blog, j'écrivais : « François Asselineau génère aussi des fidèles, donc des croyants et des courtisans. Aux croyants je dis : ne croyez pas. Aux militants je dis : Appliquez les schèmes critiques du champ politique qu’il propose à lui-même. Car si ce parti émerge, il est probable que l’hypocrisie structurale s’y développe, si ce n’est déjà le cas (il y a des adhérents qui rentrent, un peu de sous aussi, ça change beaucoup de choses, on professionnalise, on instaure une division du travail plus poussée, ça se remplit d’opportunistes venus de la profession politique et en mal de parti, ça va vite...).

Le moins qu'on puisse dire, c'est que le message est d'abord à transmettre aux Insoumis…

Le Concierge

PS (sic) Sur le même blog, j'écrivais aussi : "Il y a quand même beaucoup de confusion... Confusion entre le plus grand nombre qui n’a pour le moment que les élections pour s’exprimer et les partis politiques qui transforment les gens en marché électoral. Les partis ne sont pas propriétaires des électeurs ! Donc confondre "membres du FN", soit ceux qui capitalisent sur les suffrages et "électeurs du FN" dont il faudrait demander les suffrages à leur propriétaire supposé, le FN, c’est n’importe quoi ! On sait parfaitement que le vote FN n’est pas un vote d’adhésion mais majoritairement un vote contre la classe politique qui se partage le pouvoir depuis des années et nie en pratique la souveraineté populaire. Dire que le FN représente ses électeurs c’est aussi faux que dire que le PS représente ses électeurs. Ou que Tsipras représente ses électeurs. Donc le problème de nos grands stratèges c’est qu’ils ont peur de la souveraineté populaire ce qui est une posture de classe typique : il leur faut des bergers pour canaliser ce peuple débile et à tendance fasciste ! Donc ne faisons pas surtout un mouvement populaire, mais une alliance entre différents rentiers du marché électoral (qui est le problème, pas la solution, la souveraineté populaire a été neutralisée par le marketing électoral transformant l’électeur en consommateur auquel il faut proposer une offre : Sapir est pas loin de proposer la titrisation du souverainisme, on met un peu de bon avec un peu de pourri etc. et on vend ça à l’électeur ?). C’est génial ces élites de substitution auto-proclamées qui s’y voient déjà et pensent qu’en affichant leur mépris de classe ça va marcher (on va quand même pas aller militer hein ! Ou soutenir les mouvements sociaux. C’est sale ça, c’est pas sérieux... Mieux vaut s’en remettre à des démagogues professionnels pour rassembler le paquet d’actions électorales nécessaires à la réalisation de notre projet d’avenir radieux !). On comprend mieux pourquoi rien ne marche. Les gens qui ont la capacité de comprendre ce qui se passe partagent avec leurs rivaux aux manettes un incroyable mépris pour la population. Ils ont peur du peuple tel qu’ils le fantasment irrationnel, passionnel etc. Mais ils n’ont pas peur des partis ! Ils n’ont pas peur des partis qui ont voté la guerre de 14, ils n’ont pas peur des socio-démocrates allemands de Weimar, ils n’ont pas peur de professionnels de la politique totalement aliénés par leurs enjeux propres qui mènent régulièrement ce peuple si dangereux à l’abattoir. "Souverainisme" (mot débile inventé par l’ennemi et que tout le monde reprend) de droite ne veut rien dire. La ligne de démarcation c’est la réaction d’où qu’elle vienne. Et tous ceux qui pensent que la participation du plus grand nombre doit se limiter à un mandat sont des réactionnaires.

dimanche 16 avril 2017

L'Italie accepte des coupes budgétaires d'urgence pour satisfaire Bruxelles

L’Italie a approuvé hier – 11 avril – des coupes budgétaires d’urgence afin de respecter ses engagements budgétaires envers l’UE. Le ministre de l’Économie, Pier Carlo Padoan, a annoncé un programme de ventes d’actifs appartenant à l’État ; il s’agit essentiellement de participations dans des entreprises publiques.

Prévues pour cette année, les cessions sont estimées à une valeur totale de 5 milliards d’euros (le plan pourrait à terme apporter 20 milliards d’euros aux caisses de l’État). Rome souhaite ainsi répondre aux exigences de la Commission européenne. En 2016, l’Italie a rempli moins de 20 % de son objectif de privatisation, la proportion devrait être du même ordre cette année. La dette publique italienne (133 % du PIB), deuxième de la zone euro derrière celle de la Grèce, préoccupe beaucoup à Bruxelles, à Francfort (siège de la BCE) et dans les milieux financiers.

Les entreprises publiques concernées par les ventes d’actifs seraient : le groupe postal Poste Italiane, le géant des services aux collectivités Enel, le réseau ferroviaire, dont la privatisation partielle était prévue. L’État pourrait également céder des participations dans le groupe pétrolier et gazier Eni et dans le groupe de défense Leonardo.

Lire la suite sur le site de Ruptures

vendredi 31 mars 2017

L'Europe, c'est la paix...

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Cette semaine (à part ce neuvième épisode à l’Eurogroupe), toute la presse grecque (et parfois même francophone) relate la dernière provocation... culturaliste de Jeroen Dijsselbloem. “À en croire Jeroen Dijsselbloem, les pays du sud de l’Europe ‘dépensent tout leur argent en alcool et en femmes’, et demandent ensuite l’aide de leurs besogneux voisins du Nord. Une déclaration qui suscite une vive indignation dans les pays visés.”, remarque le Courrier International, et en Grèce, ce discours (soulignons-le, ouvertement partagé par Schäuble car il vient de réitérer son soutien à son valet Jeroen), vient de provoquer une colère de plus au pays où l’européisme ne passe alors plus du tout.

Outre les insultes proférées ici ou là (et encore à travers les médias - inutile de les reproduire ici), c’est sur la zone matinale de la radio 90,1FM, que le journaliste Yórgos Trangas a durant toute cette semaine, appelé à boycotter massivement... toutes les bières, tous les fromages et plus généralement tous les produits néerlandais: “Boycottez Amstel, boycottez Heineken, le fromage Gouda... KLM, faites-les souffrir, faisons en sorte pour que leurs entreprises finissent par quitter notre pays” (cité de mémoire), voilà pour l’ambiance réellement existante, loin, très loin des tromperies des commémorations du Traité de Rome.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Fête Nationale" sur son blog GreekCrisis

Pour rappel :

La Chine dénonce les propos du commissaire européen Oettinger sur "les bridés" (RTBF, 2/11/2016)

La Chine a dénoncé ce mercredi le "sentiment de supériorité" du commissaire européen à l'Economie numérique Günther Oettinger, qui a utilisé dans un discours le terme péjoratif de "bridés" pour décrire les Chinois.

Le responsable politique allemand avait été secrètement enregistré lors d'une réunion de chefs d'entreprises à Hambourg (nord de l'Allemagne) la semaine dernière. Il racontait avoir reçu des ministres chinois, tous "peignés de gauche à droite avec du cirage noir".

L'auteur de l'enregistrement, diffusé vendredi sur YouTube et repris samedi par le site du magazine allemand Der Spiegel, déclare avoir commencé à filmer après que Günther Oettinger eut utilisé des termes comme "les yeux bridés" ou les "escrocs" à propos des Chinois.

"Un effarant sentiment de supériorité"

"Les remarques en question démontrent un effarant sentiment de supériorité enraciné chez certains dirigeants politiques occidentaux", a déclaré mercredi Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'un point presse régulier. "Nous espérons qu'ils puissent apprendre à avoir une vision objective d'eux-mêmes et des autres et à respecter et traiter les autres sur un pied d'égalité."

Interrogé par le journal allemand Die Welt, Günther Oettinger avait assuré samedi qu'il "s'agissait d'une expression familière qui ne se voulait en aucun cas un manque de respect vis-à-vis de la Chine".

Oettinger n'en est pas à son premier dérapage. En 2014, il avait traité la France de "pays déficitaire récidiviste", ce à quoi le PS français avait appelé à sa démission du poste de commissaire européen.

Plus récemment, dans le contexte des négociations sur le CETA, l'Allemand a affirmé que "la Wallonie est une micro-région gérée par des communistes qui bloque toute l'Europe", ajoutant "ce n'est pas acceptable". Des propos que le ministre-président wallon Paul Magnette (PS) avait qualifié de "mépris total"

mercredi 22 mars 2017

Il y a 3 ans : Fascism Inc.

FascismINC.jpg Cliquer sur l'image pour voir le film (activer les sous-titres en français)

Brèves histoires inconnues du passé, du présent et du futur du fascisme et de sa relation avec les intérêts économiques de chaque époque. Nous voyagerons de l’Italie de Mussolini à la Grèce pendant l’occupation nazie, la guerre civile et la dictature; et de l’Allemagne de Hitler au fascisme moderne en Grèce et en Europe.

Un film de Aris Chatzistefanou, Infowar Productions, 2014.

Le film est également téléchargeable gratuitement pour des projections, ici

Auteur également de : Catastroïka (2013) (à télécharger au format projection ici et à voir sur youtube)

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CATASTROIKA analyse les conséquences de la liquidation totale de la Grèce.Révisant des exemples de privatisations dans des pays développées, CATASTROIKA essaie de prévoir ce qui va se passer si le même modèle s΄applique à un pays sous surveillance économique

et

Debtocracy (2011) (à télécharger au format projection ici et à voir sur youtube)

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Debtocracy est un documentaire produit pour la première fois en Grèce par le public. Le film analyse les causes de la crise de la dette et propose des solutions jusqu’ici ignorées par le gouvernement et les médias. Aris Chatzistefanou et Katerina Kitidi interviewent des économistes, des journalistes et des intellectuels du monde entier, qui expliquent les étapes d’un processus qui a entrainé la Grèce dans la gouvernance par la dette. Le documentaire propose de suivre les expériences de pays comme l’Équateur qui a créé une commission d’audit de la dette.

Ces films constituent un travail militant mené quasiment en temps réel grâce à des souscriptions. Il est tout à fait inconséquent que les différentes "Nuits debout" ne les mettent pas au programme de leurs projections. L'histoire et le travail des militants, des chercheurs, et la résistance n'ont pas commencé un 31 mars, du passé, donc des causes, faisant table rase... (Note du Concierge)

lundi 20 mars 2017

"Tout gouvernement sain d'esprit, saurait pourtant transformer cette menace en initiative propre, afin de quitter ce monstre pétrifié que vous appelez l'Union européenne"

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En attendant, et même si certains se baladent encore, Peter Koening (économiste et analyste géopolitique) vient d’adresser son accablante et émouvante “Lettre ouverte au peuple de Grèce: Vous êtes abattus sous les yeux du monde entier” (en anglais sur le site canadien d’analyse “Global Research”).

L’auteur, dénonce entre autres et à très juste titre, les “socialistes caviar de SYRIZA pour avoir laissé leur pays saigner à mort littéralement, moralement, socialement et psychologiquement.

"(...) Prenez votre situation en vos mains. Ne croyez pas vos politiciens, ni vos médias ! Quittez cette organisation criminelle appelée Union européenne, de même que ce système monétaire criminel de l’Occident, et qui vous étrangle jusqu’à la mort. Récupérez votre souveraineté, votre monnaie. Cessez de payer la dette, et le système occidental ne pourra rien faire contre votre décision. Et il ne pourra rien faire, parce que vous ferez tourner votre pays via vos propres banques publiques et votre monnaie, en y allant progressivement mais sûrement, en reconstruisant toute une économie dévastée. Le paiement de la dette est d’ailleurs négociable. Les exemples abondent dans ce monde. L'Argentine en est un, et d’ailleurs récent. Même l'Allemagne avait renégocié sa dette internationale en 1952 lors des Accords de Londres sur la dette extérieure allemande”.

“Ô peuple de Grèce, réveille-toi devant l’évidence. N’acceptez pas ce que le gouvernement, Bruxelles et la Troïka vous imposent, à vous, comme à votre pays. Exigez le Grexit en suite fort logique et légale à votre vote triomphant du ‘NON’ à tout nouveau ‘plans de sauvetage’ passant par l'austérité imposée par la Troïka. Si vous le faites, vous verrez rapidement la lumière au bout du tunnel - une lumière ayant a été trop longtemps dissimulée par l'Allemagne, par ces gangsters de la Troïka et par votre propre gouvernement”.

“Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, essaye toujours de duper les Grecs, et d'impressionner le reste du monde, en menaçant de la Grèce de sortie de la zone euro. Tout gouvernement sain d'esprit, saurait pourtant transformer cette menace en initiative propre, afin de quitter ce monstre pétrifié que vous appelez l'Union européenne, ainsi que sa fausse et illusoire monnaie commune nommée euro. Sauf qu’en Grèce, c’est la morbidité qui y règne, et c’est tout le problème. Ainsi, à la morbidité de la Troïka, le gouvernement grec répond par sa propre et totale servitude morbide, en se conformant entièrement à la destruction de millions de compatriotes dépossédés et réduits en esclavage”.

Lire l'article de Panagiotis Grigoriou paru sous le titre "Ni piéton ni phoque sur son blog Greekcrisis

La Grèce, la « loi travail », l’eurofascisme et la « gauche » de la « gauche »

Suite à des dénonciations sur FB auxquelles le Concierge ne peut répondre même poliment car aussitôt bloqué, nous republions cet article datant du 10 juin 2016 qui résume nos positions et nos inquiétudes.

Bonus : La lutte contre le fascisme s'intensifie sur FB...

Jean-Loup Amselle Il faudrait également prendre en compte le personnage louche de Bruno Drwesky dont Garnier est proche. J’aime · Répondre · 2 · 1 h

Isidore Abraham Ducasse Par contre je crois que Garnier est tout seul dans son délire "anarchiste parmi les stalino thoreziens". Ils sont surtout ridicules ! J’aime · Répondre · 1 · 1 h

Valérie de Saint-Do Ben, je connaissais Benoît Eugène, ex ds éditions Agone, qui tombe dans le même délire. J’aime · Répondre · 1 · 1 h

Jean-Loup Amselle Valérie de Saint-Do Vous pouvez m'en dire plus sur lui. Je n'en ai jamais entendu parler. Je poursuivrai cette discussion avec vous sur Messenger. J’aime · Répondre · 53 min

La Grèce, la « loi travail », l’eurofascisme et la « gauche » de la « gauche »

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Manuel Valls a déclaré sur BFM-TV, le 26 mai 2016 : "Je ne minimise ni les difficultés pour notre entrepr... heu notre pays ni le comportement irresponsable de la CGT... "

"Pour que chacun le comprenne, reconnaissons-le, c’est beaucoup trop long. Je me faisais la remarque pour que vos auditeurs et vos téléspectateurs comprennent bien. En Grèce, le gouvernement Tsipras, un gouvernement de gauche, avec d’abord une grève générale, mène des réformes courageuses, ces réformes ont été adoptées en quelques heures : 1500 pages (7500 pages en anglais pour être précis, NDE), sans amendements par le Parlement. Parce que parfois il faut aller vite dans la réforme. Nous ce texte a dû être adopté au Conseil des Ministres au début de l’année, il va être adopté définitivement au mois de juillet parce qu’il y a plusieurs lectures, à l’Assemblée et au Sénat, c’est notre constitution. Donc le texte va revenir seulement à l’Assemblée Nationale au début de juillet..." (Bourdin Direct, RMC, 26 mai 2016).

Quelques jours plus tard, en visite à Athènes, capitale d’un pays d’Europe du Sud colonisé par l’UE et les multinationales, le triste Sire poursuivait ses aveux en rendant hommage au Premier Ministre grec Alexis Tsipras « qui a su prendre des décisions de réformes courageuses et difficiles et qui a su convaincre le Parlement grec de les adopter » (L'Obs, 3 juin 2016), . L’allusion était transparente au fait que Manuel Valls avait dû recourir au 49.3 pour espérer voir adoptée la « réforme courageuse » que constitue « la loi travail ».

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« Plaisir spinoziste de la vérité qui se révèle »

Selon la presse, le seul reproche adressé au Premier Ministre fut de se rendre au soleil quand la Région parisienne était sous la pluie se dont il de défendit vaillamment : « Oui, il y a les inondations mais personne ne pourra me reprocher d'être en Grèce, confie le Premier ministre. Je suis en Europe, à 3 heures de Paris, et la situation est gérée par François Hollande, donc tout va bien » (RTL, 3/06/2016).

Et pourtant.

Les déclarations de Manuel Valls sonnent comme les dernières prémices d’un Coup d’État et en disent long sur la métamorphose qui affecte les partis dominants de la classe politique française, nous rappelant ces politiciens factieux des années 30 convertis en leur for intérieur au fascisme et préparant activement son avènement.

Ces aveux sont de ceux qui résonnent au Tribunal de l’Histoire.

Car d’une part, Valls souhaite ouvertement la fin du Parlementarisme en se félicitant implicitement des progrès accomplis en Grèce sur cette voie.

Et d’autre part, Valls avoue que la « loi travail » s’inscrit dans le même type de « réformes courageuses » qui ont tout à voir avec la destruction totale du droit et de la sécurité sociale que connaît la Grèce livrée à l’occupation de l’Union européenne. Réduite à un protectorat de l’UE désormais dépourvu de toute souveraineté, cette Grèce citée en exemple prometteur est martyre d’un sociocide accompli avec la complicité totale dudit Valls, de Hollande, du Parti socialiste et du Parlement français, dont les responsabilités criminelles sont engagées.

En vendant la mèche, Valls rend un fier service à tous ceux et toutes celles qui, depuis au moins 2005, alertent inlassablement contre la marche forcée à l’eurofascisme qui s’est accélérée avec le parachèvement de la main-mise totale des banques et des multinationales sur une UE dont elles sont les principales architectes.

Puisse cette compréhension de ce qui se joue historiquement se répandre suffisamment vite par le travail militant.

Car la France en lutte contre la « loi travail » ne le sait pas clairement, mais elle est en lutte contre l’eurofascisme et, comme le laboratoire grec l’indique, il est minuit moins le quart.

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