Sous la plume de Martine Turchi, Mediatarte publiait le 20 novembre une « enquête » sobrement intitulée « Violences sexuelles : le système Tariq Ramadan », digne du Nouveau Détective[1].

Alors que Tariq Ramadan était l’objet de deux plaintes, Médiatarte affirmait : « Les témoignages s’accumulent contre Tariq Ramadan ». Soit pour « viol », soit pour « emprise mentale » (ce qui est déjà un peu différent et ne correspond pas à une qualification pénale…)

On y apprend que Tariq Ramadan est donc « visé par plusieurs témoignages accablants ». Le fait qu’ils soient jugés « accablants » par le Procureur Moustachu devrait normalement suffire à leur donner une valeur pénale évidente dans le climat de lynchage actuel !

Certains de ces témoignages font par ailleurs état de « relations extraconjugales – tantôt épistolaires- érotiques, tantôt sexuelles – qu'aurait entretenues Tariq Ramadan ». Jésus Marie Joseph !

Mais où l’organe moustachu a-t-il bien pu trouver ces témoignages de « relations épistolaires-érotiques » susceptibles, selon son grand sens de la nuance et de la qualification juridique, d’accréditer des viols ? Et donc d’envoyer quelqu’un en prison ?

« Depuis un an, une équipe d’une dizaine d’avocats accompagne bénévolement une demi-douzaine de femmes qui dénoncent le comportement de l'islamologue suisse ».

Ce que Médiatarte qualifie de « petite équipe » !

Un seul nom est cité, « Calvin Job, l'un des avocats pénalistes de ce “pool” ».

Tariq Ramadan soutenu par la Presse !

Calvin Job était justement présent sur le plateau de BFM-TV[2] pour commenter la mise sous écrou de Tariq Ramadan, moment bien choisi pour sortir de l’ombre et capitaliser sur une affaire médiatique (seule façon désormais d’exister en ce bas – c’est le moins qu’on puisse dire – monde.)

Selon lui ces sept femmes ne sont pas encore entrées dans la procédure car :

« Depuis le début, M. Tariq Ramadan est présenté comme la victime sacrificielle et exutoire d’un certain pseudo complot sioniste. Et donc ces victimes, les vraies victimes, ces femmes-là, ne sont pas…, sont considérées comme des manipulatrices, des affabulatrices. Donc depuis le début, depuis le début de ces affaires… depuis le début des plaintes, notamment on l’a lu dans la presse comment elles sont dénigrées. C’est cette attitude-là qui, elles, ne les confortait pas dans leur posture, dans ce qu’elles ressentaient, dans leur posture et même dans leur volonté d’intenter une quelconque action. » (…)

Il nous semble pourtant en fait que l’ensemble de la presse a pris fait et cause pour ces deux femmes, dans le contexte de #balancetonporc… Mais on peut se tromper !

« Nous envisageons de toute manière depuis un an on les accompagne dans ce sens-là car nous avons des femmes qui sont totalement démunies, qui ne comprennent pas le fonctionnement du système judiciaire et qui sont encore sous l’emprise… Elles nous disent qu’il a encore un vrai ascendant sur elles et nous essayons de conseiller, de les amener à faire confiance à la justice et de les décider à entrer dans le processus judiciaire ».

"Indices graves et concordants"

En introduction de ce plateau, qui bafouait allègrement la présomption d’innocence, Jonas Haddad l’un des avocats des plaignantes précisait « les indices graves et concordants » ayant abouti à la mise en examen :

« La mise en examen, c’est la reconnaissance d’indices graves et concordants. Les indices graves cela concerne la personnalité mais également les indices concordants c’est la reconnaissance d’un système, ce système qui pendant des mois s’est déchainé vis-à-vis de ma cliente parce qu’elle avait osé prendre la parole, elle avait osé dire qu’elle avait été victime de cette agression sexuelle… ».

Des « indices graves et concordants » qui ressemblent à s’y méprendre aux éléments du Bordereau de Caroline Fourest. S’il y a des indices graves et concordants de ce type dans ces deux citations, c’est bien la personnalité des avocats (voir plus bas) de plaignantes « sous emprise » et ne comprenant pas le « fonctionnement du système judiciaire » et un « système » de mise en accusation médiatique (alimenté par Caroline Fourest depuis 10 ans) visant à rendre l'accusé "coupable, forcément coupable" en créant un "contexte" bien fait pour faire prévaloir ls préjugés sur les faits (quels qu'ils soient).

"Malheureusement" pour l'avocat toutes n’ont pas été violées ?

Cerise sur le gateau de Calvin Job :

« (Quelle qualification en cas de plaintes ?)Le caractère d’agressions sexuelles, mais je dois le reconnaître ici, toutes malheureusement ne rentrent pas sous cette qualification-là. Il y en a certaines qui peuvent prétendre à faire valoir ces agressions sexuelles… »

Il s’agit donc bien d’accréditer « un système », et rien de plus (à ce compte-là on peut interdire tous les partis politiques, et encore, pour commencer !…)

Des avocats très politiques…

Jonas Haddad : est un ancien « Jeune UMP »[3], admirateur de Nicolas Sarkozy et de François Copé, comme on peut le voir dans cette vidéo. Candidat Les Républicains (soutien d'Alain Juppé) aux législatives dans la 3eme circonscription de Rouen (9,24%).

Loin d'être avocat spécialisé dans les viols, il l'est dans les... start-ups ! Son CV indique d'ailleurs, maladresse d'écriture pour un avocat, que son passage en cabinet ministériel lui a ouvert une belle carrière dans le privé ! Son collègue Grégoire Leclerc est lui avocat spécialisé en droit du travail et droit des affaires. Ce ne sont pas des avocats qui sont réputés pour défendre la veuve et l'orphelin, mais des affaires de gros sous. Guère connus, pour évoluer dans des milieux, donc, caractérisés par le "féminisme"! Cela ne prouve rien bien évidemment, mais renforce la suspicion d'une affaire politique ("indices graves et concordants" ? Sic).

Jonas_Haddad.png Cliquer sur l'image pour voir la vidéo

Calvin Job : est membre du PS. Contrairement à ce qu’indique Médiatarte, il est avocat, mais non « avocat pénaliste », sa spécialité est le droit administratif et fiscal. On le voit faire campagne « tout sécuritaire » en banlieue parisienne sur cette vidéo.

calvinJob.png Cliquer sur l'image pour voir la vidéo

En conclusion, quels que soient les faits, à « système », « système et demi »…

En encore bravo à Edwy Plenel pour ses pseudo-enquêtes dignes du Nouveau Détective, ne visant qu’à sauver son image attaquée par une presse à l’image de laquelle il est, quand la liberté d’un homme et le fonctionnement de la Justice, son indépendance notamment, sont en jeu !

N'est pas Zola qui veut...

Le Concierge

Bonus

JonasHaddad2.png

Jonas Haddad aime Houellebecq mais n'aime pas le rap

Il écrit des tribunes dans Valeurs Actuelles