Puis-je cependant suggérer qu'un traitement et une procédure rationnels soient garantis dans cette affaire, afin d'éviter les pensées coupables qui suivent irrépressiblement, bien au-delà de nos frontières, la sidération face à de tels événements ?

MontyPythonjudges.PNG Cliquer sur l'image pour voir "Court scene" par les Monty Python

Lettre ouverte d'un Concierge au Président de la République Française

Monsieur le Président,

C'est bien au conditionnel que je vous écris.

Depuis le 2 février 2018, le Professeur Tariq Ramadan est en détention provisoire, à la demande du Procureur de Paris, subordonné à la Garde des Sceaux, subordonnée au Premier Ministre, subordonné dans l'ordre Jupitérien à vous-même.

Orientalisme de gare

Il était alors sous le coup de deux plaintes pour viols, lesquels remonteraient à 2009 et 2012, sans témoins ni constatations matérielles, ce qui les rend matériellement impossibles à prouver. À l'occasion d'une troisième plainte, la Presse, plus que jamais bien informée des secrets de l'instruction, dont vous êtes garant, Monsieur le Président comme vous êtes garant du « fonctionnement régulier des pouvoirs publics », reconnaissait, tel l'inspecteur Charolles que « les indices étaient plutôt maigres », après avoir proclamé le contraire à coups de manchettes dignes du Nouveau Détective depuis deux mois. Pour s'en tenir aux deux premières plaintes, les éléments à charge de la seconde ont été fournis sous forme de « captures d'écran », curieusement, par Mme Caroline Fourest, ennemie acharnée du Professeur Ramadan qui subit de sa part un véritable harcèlement depuis la sortie de son roman de gare intitulé « Frère Tariq », il y a 15 ans. Quoique truffé d'erreurs et de manipulations de citations, diverses et variées, régulièrement soulignées, les éléments caviardés qu'il contient alimentent, à défaut de preuves matérielles, un « faisceau de présomptions » au Tribunal médiatique et, semble-t-il, dans le chef du Procureur de Paris et des magistrats instructeurs, dans un climat de racisme exacerbé qui crédibilise les affirmations les plus abracadabrantesques.

marianne-islamisme-w.jpg Le journal paranoïaque de Caroline Fourest, lire l'article d'ACRIMED - qui regarde ailleurs ! -

On sait que M. Le Procureur de Paris, et cela depuis le fiasco de l'affaire dite de Tarnac, est un grand lecteur, mais suffisamment « littérariste » pour avoir vu dans un livre fort potache, n'en déplaise aux auteurs, « L'insurrection qui vient », toujours en vente libre, la preuve d'un complot pour « détruire la civilisation occidentale » ! On n'ose dès lors imaginer ce qu'un lecteur si mal lettré peut fantasmer en prenant pour réalité la fiction du mauvais roman de gare de Mme Fourest (qui pour un autre pompier célèbre gonflé à l'anti-terrorisme, Manuel Valls, incarne « la France », on n'ose imaginer laquelle mais certainement pas celle de la République des Lettres, ni des Lumières). Mais vous devez certainement en savoir plus, puisque tout Procureur qu'il fût, cet ancien chef de cabinet de la très tunisophile Michèle Alliot-Marie, cabinet d'où il lança, semble-t-il, la cabale contre les « 8 de Tarnac » avant d'avoir à en connaître comme Procureur (la séparation des pouvoirs faite homme, miracle du Pays de Montesquieu !) vous conseilla, selon les gazettes, dans la perspective d'un mandat présidentiel qui mobilisait intensivement la Presse détenue par quelques milliardaires, la même qui a lancé la curée que l'on sait contre le Professeur Ramadan (est-ce un hasard ?). Il était aidé dans cette tâche de conseil en intérêt public par l'ancien Procureur Debacq, auquel Mme Fourest a prétendu avoir présenté une des actuelles plaignantes (en compagnie d'un autre ennemi de Tariq Ramadan Antoine Sfeir et étrangement de votre futur conseiller en Islam, le BHL du monde arabe, Gilles Kepel, à moins que ce ne fut sa femme, l'affaire étant pour le moment moins bien scénarisée qu'un roman de John Le Carré, sans doute par incompétence narrative des auteurs, qui n'est plus à prouver. Les « parapluies bulgares » étaient d'une autre classe !). Sachez aussi qu'après sa rencontre avec ce haut magistrat et bien encadrée par cette troupe de justiciers dignes du club Dorothée, l'impétrante se serait rendue seule pour porter plainte dans un commissariat de Lyon où elle se serait faite éconduire par les plantons de faction, ne pouvant la croire car visiblement fans du « grand intellectuel, star des plateaux de télévision, si distingué avec sa barbe coupée ras et ses costumes Armani », ce qui est fréquent dans ce milieu. C'est du moins ce qu'on lit dans l'interview qu'elle a accordé « en exclusivité »... à Caroline Fourest (dont on dit que les manuscrits ont été refusés par la Bibliothèque rose.) Mais nul doute donc que, par votre proximité avec plusieurs des protagonistes rocambolesques de cette sombre histoire, vous soyez plus que nous en mesure de démêler la réalité de la fiction Fourestienne...

"Ce sont les yeux !"

lesyeux.jpg Victime de Tariq Ramadan échouant à porter plainte

C'est le Procureur de Paris, compétent pour les affaires anti-terroristes sur tout le territoire national, après avoir dessaisi le Parquet de Rouen, qui a requis, sur la base d'indices « graves et concordants » la très lourde décision de mise en détention provisoire du Professeur Ramadan, suivi par les magistrats instructeurs et le (peut-être mal-nommé) « Juge des Libertés », en « toute indépendance », cela va de soi (laquelle n'a cependant jamais exclu le pavlovisme qui fait le charme discret des choses de l'ordre hautement administratives), tout cela sur des bases matérielles qui s'avèrent plus faibles que jamais (ce qui nous rappelle les six mois de détention provisoires de M. Julien Coupat.) Selon l'avocat d'une des plaignantes, les indices « graves » sont « la personnalité » du prévenu (autrement-dit du personnage de fiction inventé par Caroline Fourest, ressemblant à s'y méprendre à cet « Arabe fourbe » des romans de gare coloniaux, « tapi dans l'ombre » comme une vulgaire épicerie saisie par une « capture d'écran »). Quant aux « indices concordants », il s'agirait de « l'existence d'un système »... Autrement-dit une théorie du complot rapportée par les plaignantes et narrée sous la plume de Mme Fourest... En effet, l'une d'elle assure avoir été intimidée et suivie pendant 8 ans, comme observée jour et nuit par des milliers d'yeux connectés au Professeur Ramadan-Mabuse (car « ce sont les yeux » comme on dit dans les Cigares du Pharaon), dont l'enquête dira sans doute s'il tient ses pouvoirs magiques de l’envoûtement égyptien auquel succomba le Colonel Olrik ou bien d'un talisman remis en sa possession par le dernier descendant de la Sanussiya réfugié en compagnie de Luke Skywalker dans une très lointaine galaxie.

poisonquirendfou.jpg Le journaliste du Parisien Jean-Michel Décugis touché par "le poison qui rend fou", cliquer sur l'image pour revivre cette scène tragique...

Ses pouvoirs maléfiques sont en tous cas considérables, si on en croit un journaliste du Parisien qui parle de centaines de femmes dans plusieurs pays ayant subi sous « l'emprise » de l'intéressé les affres de ce « système » Boko-Haramesque qui a tout d'un sortilège (même si dans le cas de ce journaliste, la question d'une piqûre de Radjajah, le poison qui rend fou, se pose malheureusement... A moins que ses collègues de plateau TV lui aient servi trop de cette prune qui faisait les délices de Philippe Alexandre et Serge July au bar ouvert par Christine Ockrent sur le service public, croqué par les Guignols que votre ami Vincent Bolloré a malencontreusement fait disparaître d'un coup de baguette magique médiacratique « En marche ! », tant il est vrai que « rien ne nous arrêtera, pas même l'ironie » comme vous le déclarâtes étrangement coiffé par une pyramide du Louvre, ce qui est quand même mieux qu'un entonnoir.) On s'étonnera juste que le Professeur Ramadan n'ait pas encore utilisé ses pouvoirs pour se télétransporter dans un Harem Afgan d'où percer les effigies de ses tourmenteurs de quelques épingles maléfiques (selon certaines cartomanciennes du Palais de Justice, cette faiblesse soudaine aurait un lien avec le réchauffement climatique)...

Fiscaliste féministe amateur de pains au chocolat

clipump.PNG Cliquer pour voir l'inoubliable clip des jeunes UMP, starring Jonas Haddad

Il faut dire que l'avocat rouennais qui prétend ainsi résumer la substantifique moelle de la pensée des magistrats instructeurs, ce qu'on ne saurait croire, à moins d'imaginer que des gens aussi sérieux (n'en déplaise à Georges Brassens et aux Monty Python) sont en fait des spirites faisant tourner les tables de la Loi, est lui-même un ancien cabinard, connu pour avoir participé à un clip kitchissime, ode à la jeunesse UMP, qui était déjà vieille avant que d'être née, avant de devenir un non-moins « jeune-vieux » espoir des Républicains, pourfendeur de rappeurs roubaisiens, affichant ses « Valeurs Actuelles » et sa foi dans le Justicier des pains au chocolat, le très pluraliste Jean-François Copé, ce qui ne contribue pas à en faire l'homme le mieux disposé à l'égard d'un intellectuel en général, musulman en particulier. « Intellectuel » et « musulman », on comprend que cela dépasse l'entendement de l'avocat rouennais, fiscaliste de surcroît, et donc plutôt spécialisé dans le viol de masse des contribuables que dans les crimes sexuels, même si cette affaire lui a permis de perfectionner un féminisme généralement en retard de développement dans les milieux politiques et affairistes, brandi de façon si touchante (et « tendance » en ces temps de metoo et balanceton porc). Entre deux commentaires ouvertement racistes et non « modérés » au bas d'un article en ligne dénonçant la barbare fourberie du Professeur Ramadan, le lecteur en a la larme à l’œil.

ramadancommentaireLepoint.PNG Les lecteurs de Ian Hamel sont les meilleurs !

Mais revenons à cette détention provisoire. Passons rapidement sur l'une de ses motivations dont la Presse a fait des choux aussi gras que des frites sur un cornet confectionné avec les contrats de Demesmaker (le Professeur Ramadan se plaisant parfois à citer « Jules de chez Smith en face »), le « risque élevé de récidive », même dans les conditions d'une assignation à résidence avec bracelet électronique et pointage quotidien au commissariat. Cela va de soi, car même si les pouvoirs maléfiques du Professeur Mabuse n'avaient pas été scientifiquement établis par la chasseuse de fantômes Caroline Fourest, un Arabe reste un Arabe, pouvant donc par exemple attirer un chat errant avec des croquettes Halal, si on comprend bien, pour assouvir les pulsions barbares qu'on connaît à ces gens-là (faut-il encore parler de « gens » ? ), d'ailleurs étudiées scientifiquement dans les Aures par des techniques scientifiques, d'avant-garde par l'électricité, traditionnelles à base d'eau dans l'Esprit de la Sainte Inquisition.

« Malheureusement, toutes ne peuvent prétendre avoir été agressées sexuellement »

Selon la Presse, ayant changé d'opinion pour mieux que ne change pas l'Opinion, nous l'avons dit, les plaintes n'apportent guère de preuves tangibles, et il convient donc, s'agissant désormais plutôt d'incriminer une « personnalité » et un « système » pour mieux faire son affaire au déclaré coupable (dans le but d'une saine administration de la Justice excluant toute erreur judiciaire désormais grâce aux avancées « en marche » dans le domaine de la procédure), de recourir à des témoignages d'autant plus crédibles qu'ils seront nombreux à relater un même « mode opératoire » et à des expertises Fourestiennes n'ayant fait l'impasse que sur l'anthropométrie coloniale (encore un brin décriée). La stratégie des avocats, telle que décrite dans la presse et suivant une procédure inquisitoriale étrangement américaine à laquelle les magistrats, semblant attendre des faits servis sur un plateau – de télévision - seraient pleinement convertis (conversion peut-être intervenue au-cours de vacances à Miami) est donc de susciter plaintes et témoignages. Une « dizaine d'avocats » y travaillent « bénévolement » selon Médiapart (qui y voit une « petite équipe »), « depuis un an ». Loin de nous l'idée d'évoquer un complot, ni même une volonté organisée et coalisée de faire la peau au Professeur Ramadan... L'un d'eux reconnaît cependant, étrangement, que « malheureusement » parmi les femmes retenues par ces avocats dans les filets de leurs intentions un peu obscures « toutes ne peuvent prétendre avoir été agressées sexuellement ». C'est fort « malheureux », en effet... même si, quelque part, on est plutôt content qu'il en soit ainsi pour ces femmes, une faiblesse dont des hommes soucieux d'une saine administration de la Justice ne sauraient évidemment souffrir.

aboughraib.jpg

Le recyclage d'une ancienne call-girl de l'Affaire du Carlton,, « musulmane pratiquante » car seule la vertu sauvera le monde, fait désormais l'affaire de la Presse en rut, à laquelle, au nom d'une alliance enfin indéfectible, le Département de la Défense des États-Unis a opportunément ajouté une ancienne instructrice en culture moyen-orientale (« musulmane », ça va de soi) chargée d'éviter que les troupes basées en Irak ou ailleurs ne continuent à confondre les prisonniers avec des animaux qu'il est bon de tenir en laisse tout en urinant dessus. Mais sous la menace surnaturelle de metoo et balancetonporc, on ne saurait bien évidemment mettre en doute « la parole d'une femme », au risque, sinon, de s'attirer une malédiction digne d'une fatwa de l'Imam Khomeiny (les laboratoires d'études de genre ont d'ailleurs scientifiquement établi qu'aucune femme n'a jamais menti depuis la première d'entre-elles, et qu'en outre aucune n'a jamais été à vendre.) Ajoutons l'inversion de la charge de la preuve, sans laquelle les principes généraux du droit ne sont qu'une survivance machiste, ayant condamné des innocentes à la damnation éternelle au-cours des siècles obscurs pré-FaceBook d'hérésies prétendument Lumineuses. Il va de soi que les dizaines de livres et les centaines d'heures de conférence du Professeur Ramadan-Mabuse sont à charge, pour peu que l'on veuille bien comprendre l'exact contraire de ce qu'il y dit et écrit, comme le font ses milliers d'auditeurs et lecteurs initiés, ayant tété la perfidie du « double-discours » dès le plus jeune âge, comme il est de coutume à cette engeance.

mabuse2.PNG à prévenu très spécial, techniques d'instruction qui ne le sont pas moins. On reconnait au centre Caroline Fourest

Pour y parvenir, les magistrats instructeurs doivent s'astreindre à une difficile initiation qui passe par des rites tels que l'écoute dans leur sommeil, psalmodiés par des Femen, des éditoriaux de Caroline Fourest et de son livre de « protection contre les forces du mal » qui l'a faite « descendre » sur les plateaux TV, telle la Sainte Vierge se regardant dans le miroir de Bernardette Soubirou. Et l'on ne dira jamais la vulnérabilité d'un médecin de prison face à la formule magique du prédicateur « j'ai une sclérose en plaques » qu'en non-initié il ne peut entendre comme il se doit : « Moi qui me porte bien et respire la santé ».

brassensbulletin.PNG Cliquer sur l'image pour écouter "le bulletin de santé". Georges Brassens à cette époque ne pouvait entrer sur scène que moyennant des piqûres que lui injectait son médecin en coulisse... Hommage à l'humour Charlie d'avant Val et Fourest, avant cet "humour de lâches" (Le Concierge qui persiste et signe)

Mais heureusement, c'est une science occulte en laquelle vous êtes versé, Monsieur le Président, comme Laurent Mauduit en rapporta l'anecdote, lors de la prise de contrôle du Monde par Xavier Niel pour lequel vous travailliez en sous-main tout en prétendant conseiller « bénévolement » la partie adverse, quitte à devoir vous réfugier dans le placard à balais d'un escalier pour ne pas être pris comme un vulgaire prédicateur suisse par Caroline Fourest la main dans le sac à duplicité. Et si le talent Jupitérien n'y suffisait pas, vos deux conseillers, Gilles Kepel et Hakim El Karoui, en leur infinie science islamique, vous protégeraient encore des sorts maléfiques du Professeur Ramadan que vous ne risquez heureusement plus de croiser sur un plateau de TV à l'invitation d'on ne sait quel « irresponsable » (tant il est vrai que tous ceux qui ont contribué à la médiatisation du Professeur Ramadan nous doivent plus que les quelques Paster Noster ordinairement prescrits par le CSA). Le premier, grâce à son don de double-vue acquis à Sciences Po, n'a-t-il pas instantanément compris la révolte tunisienne rien qu'en achetant un chapeau à Sidi Bouzid à un chômeur diplômé, avant que ses analyses ne soient définitivement confirmées par l'observation des ébats d'un couple de jeunes Tunisiens dans une cabine de bain depuis la fenêtre de la Résidence de l'Ambassade de France à la Marsa où il affectionne de donner libre-court à son imagination BHLesque, faisant des récits politologiques du Monde Arabe même comme il dort dans son fauteuil, tel un « Hussard à la plage », pour paraphraser Giono.

karouiNawatt.PNG Cliquer sur l'image pour lire l'article. Lire aussi Un homme très occupé...

Du second, certes ses conseils à Ben Ali (qu'il tenait en grande estime par son oncle qui en fut premier Ministre et mena le douloureux, mais si nécessaire « nettoyage », des présumés islamistes à double-langage qu'il ne faut surtout pas laisser ressortir du puits, « même si cela doit être un peu violent » et consommer des ressources contingentées comme l'eau et l'électricité), notamment pour son dernier discours, encore trop marqué de formules ciselées pour Raffarin (« la route est longue mais la pente est raide ») ne firent pas le salut du mari de la coiffeuse (au passage, il est vrai que dans l'affaire Ramadan, le casting des Leila putatives est certes impeccable mais il ne faudrait pas qu'il devienne pléthorique, car les deux premières se crêpent déjà le chignon autour de « cagnottes », tandis que celles qui « ne peuvent malheureusement prétendre avoir été agressées sexuellement » angoisseraient, dit-on, pour l'avenir doré qu'on leur aurait « bénévolement » promis...). Nul doute, cependant, que si vous deviez vous trouver en pareille position (qu'au CAC 40 ne plaise), ses talents, affûtés par cette expérience, vous trouveraient une meilleure destination que Djeddah (en un pays qui pour les anciens présidents vaut surtout pour le chèque attaché à une conférence, même si le Whisky y est beaucoup moins médiocre qu'on ne le dit). Fils de sa mère, ancienne directrice du laboratoire de mathématiques financières de Polytechnique, qui fournit tant de moyens d'enrichissement en dormant notamment grâce à la martingale des subprimes, en matière de big data électoral son talent est moindre que celui de votre médaillé Fields, mais sa capacité à expérimenter sur le terrain tunisien ces techniques avant-gardistes en faveur de l'injonction au « vote utile » par les réseaux sociaux a certainement fourni clé en main au moins les ressorts de la propagande moustachue librement-consentie, toujours bonne à prendre, en votre faveur. Faiseur de ministères à Tunis, activité juste interrompue par un improbable vote populaire et néanmoins « islamo-fasciste », dont le résultat néfaste ne fut finalement neutralisé que par deux toujours fort mystérieux assassinats, il ne fut pas pour rien dans la mise en place d'un gouvernement de « technocrates neutres » à votre auguste image, sous la férule d'un franco-tunisien rapatrié d'urgence de la direction de Total Brésil.

voteutile.jpg Répétition générale à Tunis... (cliquer pour lire l'article de DEBATunisie)

Il nous parait effectivement le mieux placé pour réformer « l'Islam de France » en le dotant d'un grand Imam de la République à la mode tunisienne ou égyptienne, où sous la guidance éclairée des membres diplômés des Grandes Écoles de l'ATUGE et du Club du XXIème siècle, le sens profond des textes sacrés jaillira dans la lumière : Toi aussi deviens milliardaire grâce à Uber et Dieu te récompensera d'une Rolex avant 40 ans. De ce syncrétisme islamique du catholicisme romain et de son Clergé para-étatique et du baptisme de l'Esprit du Capitalisme, mâtiné de libération intense des mœurs, ce banquier de chez Rotschild peut être le Prophète. Moyennant bien sûr un contrôle policier adapté et des centres de reconditionnement pour brebis égarées, comme les Présidents Moubarak et Ben Ali (qui sont la voie) en donnèrent la Sunna, en leur immense sagesse tenue de Pharaon, que M. Karoui a sans doute pu étudier de près, tant il est vrai qu'il est fort, non seulement en affairisme, mais également en thème... Nul doute heureusement qu'il aura su maîtriser, par pure grâce normalienne, l'inconscient un tantinet éradicateur qui caractérise bien souvent les élites franco-tunisiennes sorties de nos établissements d'enseignement les plus prestigieux.

latunisieseprepare.jpg Cliquer sur l'image pour lire "Au poil pour accueillir Macron" sur DEBATunisie

Le Professeur Ramadan mis au secret et en tous cas banni de l'espace pluraliste que le monde nous envie, cela évitera bien des heurts inutiles.

J'allais écrire : « De là à penser »... Mais c'est le genre de cas où il vaut mieux éviter de penser. On ne sait pas où cela peut entraîner. On se prendrait vite pour Zola, même sans la plume, comme Tariq Ramadan s'est cru diplômé même avec des diplômes.

ramadanTunis.PNG Cliquer sur l'image pour voir la conférence donnée par le Professeur Tariq Ramadan à Tunis le 26/2/2012 (et le très étrange et interminable accueil que lui fit feu le Doyen Mohammed Taha, qui dit déjà bien des choses...) analysant de façon très lucide les révoltes arabes et leurs instrumentalisations différenciées. Se compare avec intérêt avec le discours du Pt Macron à Tunis du 1er février 2018.

Je prie donc chaque jour que la République me donne, Philippe Corcuff, Qu'il me garde du complotisme et du confusionnisme. Car sinon...

J'accuserais :

J'accuserais balancetonporc sur le modèle de metoo, d'être en fait un média, lancé par une journaliste française à New-York et bien en cour à Paris, pour être utilisé, une fois sa légitimité « participative » acquise, à des fins de basse politique, tant à usage interne qu'externe ;

J'accuserais Caroline Fourest d'être l'auteure du « Bordereau » ;

En vertu d'un « faisceau d'indices graves et concordants », d'une « personnalité » et d'un « système », j'accuserais Caroline Fourest d'avoir fomenté des dénonciations calomnieuses et de subornation de témoins ;

J'accuserais des ennemis déclarés du Professeur Ramadan de collusion ;

J'accuserais une Presse de marché aux mains de quelques milliardaires de désinformation et de diffamation massive à des fins politiques ;

J'accuserais un journaliste suisse d'extrême-droite de propagation de fausses nouvelles ;

J'accuserais le Procureur de Paris de détournement de la procédure pénale à des fins politiques ;

J'accuserais le Juge des Libertés de non-assistance à personne en danger ;

J'accuserais la Garde des Sceaux et le Premier Ministre de violation de la séparation des pouvoirs et des libertés individuelles à des fins politiques ;

J'accuserais le Président de la République si ce n'est d'être à l'origine (même au double conditionnel je ne l'oserais!) du moins de se satisfaire d'une lettre de cachet moyenâgeuse pour se débarrasser d'un opposant à sa politique :

J'accuserais la gauche identitaire de marché en attente de tambouille de fermer les yeux, ou plutôt de ne surtout plus savoir les ouvrir, un peu comme la gauche tunisienne sous le gouvernement du tonton.

Jésus, Marianne, Joseph !

Heureusement, la Sainte République m'en garde. Et c'est aux doux mots de « Liberté, Égalité, Fraternité » que je m'éveille de ces hérétiques pensées.

Il me fallait cependant, Monsieur le Président, et c'est là bien le seul objet de cette lettre, me dénoncer auprès de vous pour ce « Crime-Pense » où vous m'apparûtes faisant un pas significatif vers ce mélange d'affairisme et de lutte anti-terroriste qui fait le peu discret charme de nos amis les dictateurs arabes.

Veuillez accepter, Monsieur le Président, mon auto-critique et punissez-moi comme vous voudrez, car j'ai péché.

Puis-je cependant suggérer qu'un traitement et une procédure rationnels soient garantis dans cette affaire, afin d'éviter les pensées coupables qui suivent irrépressiblement, bien au-delà de nos frontières, la sidération face à de tels événements ?

Vive la République, vive la France...

Le Peintre du Champ