FIbfm.PNG Collections du Laboratoire de Neuneulogie du Collège d'Argein

Entre récupération et injures, la presse qui ment s’englue dans le traitement de la contestation. Elle présentait l’anarchisme comme le dernier produit tendance pour étudiants en art dramatique, le trotskisme comme un casting de télévision, le reste comme inexistant. Désormais, le Parti de la presse et de l’argent (PPA) s’expose au grand jour. Sur France Inter, un chef de L’Express (groupe Hersant / Dassault) a interpellé José Bové : « Est-ce qu’il n’y a pas dans le mouvement altermondialiste un rejet de la démocratie, c’est-à-dire un rejet du libéralisme ? » Depuis, le PPA s’époumone à gonfler les polémiques qu’il fabrique afin, par succession d’associations douteuses, d’assimiler résistance à l’air du temps et antisémitisme. Face à eux, les responsables contestataires pratiquent la politique de la fesse tendue (lire p.10). Ils défèrent à toutes les sommations médiatiques, s’exhibent devant les caméras, se dandinent devant les micros, répondent aux questions les plus bêtes. Ils ne font pas avaler ses cravates hideuses à Elkabbach, ils ne tirent pas les oreilles de pachyderme de Moati, ils ne font pas tomber Alain Duhamel de son solex, ils ne poussent pas des cris séditieux devant Arlette Chabot. Plaintivement, ils expliquent l’urgence d’un « autre monde » à ceux qui ont bâti celui-ci, y compris aux animateurs-patrons gavés d’euros. Quand le PPA a bien ri, il éloigne les importuns d’un coup de cravache. Avant de les sonner à nouveau pour le prochain spectacle.

Lire PLPL n°17, décembre 2003