Le Musée de l'Europe a pris connaissance du témoignage de Madame Cécile Duflot lors du procès en diffamation intenté par Denis Baupin. Il a été particulièrement choqué du harcèlement exercé par ce prédateur sur une femme allaitante. Le début de la civilisation (que nous daterons du néolithique et donc du début de la possibilité d'accumuler quelque chose, d'en spolier les autres, et donc d'exercer un pouvoir appelé au fil des millénaires à devenir conséquent, car on peut présumer qu'au Paléolithique, un certain nombre de choses allassent de soi par la force des choses, sinon nous ne serions pas là pour affronter ces problèmes) repose par nécessité bien ordonnée sur la protection des femmes qui biologiquement portent les enfants et les allaitent et se trouvent par ce fait temporairement particulièrement et régulièrement vulnérables, sauf législation sociale de haut niveau apparue en 1945 et perfectionnée depuis, perfectionnable, mais aussi susceptible de régressions rapides .

Pour autant, après relecture, nous maintenons et signons les différents textes du Concierge adressés à Mme Duflot. D'autant plus que l'interview de Mme Duflot par Médiapart mise en cause dans le billet ci-dessous, prend une autre lumière, puisque Mme Duflot se posant en soutien des femmes de son parti, ne disait pour autant pas tout ce qu'elle révèle aujourd'hui. Qu'elle briguât quelques mois plus tard l'investiture de son parti pour la Présidentielle y fût-il pour quelque chose ? Au bout d'un moment, il faut que chacun-e sache ce que signifie briguer des postes politiques, et ce que l'on doit donc y sacrifier dans le même temps qu'on en fait profession de foi. C'est une leçon d'éducation populaire...

Car il est avéré désormais que la couverture de ces actes ignominieux relève d'un mélange indémêlable de domination masculine et de gestion de carrière d'une femme de pouvoir.

Les intersectionnalistes voudront bien nous éclairer sur la part qui revient à la première cause (victime) et sur celle qui revient à l'autre (bourreau).

Le Concierge

Lettre ouverte à Madame La Députée Cécile Duflot

Madame La Députée,

Mediapart a consacré une soirée à l’adoption en première lecture de la loi El-Khomri par le 49.3 ET aux scandales de violences sexuelles à l’Assemblée Nationale, deuxième partie qui aura concentré les 2/3 de l’ordre du jour de cette soirée.

Vous étiez l’invitée d’une heure d’émission.

Le jour-même, vous vous étiez abstenue de voter la motion de censure déposée par la droite contre la loi El Khomri après avoir signé une motion de censure « de gauche ». Le Musée de l’Europe & de l’Afrique vous avait adressé une adresse, en vérité un supplique, ainsi qu’à tous vos collègues signataires. Votre secrétariat n'a pas daigné nous répondre.

En ce jour l’animatrice de Mediapart ne vous a pas posé la question de votre absence de vote de la motion de censure.

Or, au-cours de cette soirée Médiapart, le profane a appris beaucoup de choses.

1) L’Assemblée Nationale est une zone de non-droit du point de vue du code du travail. Et permet donc toute forme de harcèlement, et toute forme d’agression y compris sexuelle, et particulièrement non pas tant des Députées, mais des collaboratrices (et certainement plus marginalement des collaborateurs.)

2) Moins l’arbitraire patronal est contrôlé par la loi, plus le harcèlement et l’agression sexuels sont répandus. En des temps que les moins de 80 ans ne peuvent pas connaître, on appelait cela « droit de cuissage ». Et tout le monde savait qu’il s’agissait là non d’une anormalité, mais de la normalité.

À aucun moment vous n’avez fait le lien entre le code du travail et les agressions sexuelles (dont vous avez plus ou moins avoué avoir eu connaissance en tant que patronne du Parti.)

Ni avec votre refus de voter la censure du gouvernement, seul moyen d’empêcher l’adoption de cette loi scélérate.

Ces deux attitudes sont intrinsèquement liées.

En refusant de voter la censure permettant l’adoption en première lecture de la loi El Khomri, vous avez livré des millions de femmes de ce pays (mais aussi de nombreux hommes) au renforcement de l'arbitraire et donc de ces ignominies.

Au même titre que tous vos collègues hypocrites signataires de la motion de censure « de gauche » qui n’ont pas voté la motion de censure de droite, le Musée de l’Europe & de l’Afrique, Madame la Députée, vous conchie.

Vous ne nous représentez pas.

En son nom propre, le Musée de l'Europe & de l'Afrique militera contre tout mandat que vous prétendriez solliciter à l'avenir. En son nom propre, c'est à dire ni au nom de la population de ce pays que vous êtes sensée représenter et encore moins au nom des femmes au nom desquelles vous prétendez régulièrement parler.

Fait à Argein, le 13 mai 2016.

Pour le Musée de l'Europe & de l'Afrique et la Commission des Châtiments Corporels

Le Concierge

Première parution : Lettre ouverte à Madame La Députée Cécile Duflot