Plusieurs organisations européennes se sont réunies les 25, 26 et 27 octobre 2019 dans le cadre de l’évènement RetakeTheCity à Amsterdam. Le panel de participant.e.s était très riche avec d’une part des représentant.e.s de mouvements sociaux investis dans les luttes pour le droit au logement : Habita (Portugal), Socialise housing now (Roumanie), le syndicat des locataires Witten (Allemagne), Bond precaire (Pays-bas), des organisations alliées : FEANTSA, CEO, TNI, Observatorio Code et Rosa Luxembourg ainsi que des chercheu.r.se.s de différentes universités : Gand, Manchester et Amsterdam. Cet évènement a été organisé par Global housing debt avec l’aide de nombreux bénévoles et du CADTM.

Face au constat alarmant de la situation du logement dans différentes villes européennes comme Amsterdam ou Berlin, il nous a semblé nécessaire d’organiser un espace commun de discussion pour approfondir nos réflexions sur les acteurs de la finance qui impactent de plus en plus nos possibilités d’habiter _ les fonds vautours _ et sur les pistes d’actions communes à envisager.

Depuis quelques années, les fonds vautour augmentent leurs investissements dans le logement avec l’aide des institutions européennes, et de la BCE en particulier, et deviennent propriétaires de parcs conséquents comptant parfois plusieurs milliers de logements. Une des méthodes pour acquérir ces logements, est le rachat de prêts hypothécaires toxiques détenus par les banques à des prix très bas. Malgré des recapitalisations massives, le bilan des banques étant toujours alarmant, elles se débarrassent de leurs prêts non-performants (non-performing loans – NPL) en les vendant massivement à ces fonds. Cela n’est rien d’autre que la démonstration de ce que nous disons depuis longtemps : la recapitalisation des banques a eu un double impact sur la population, par en haut puisqu’elle les a payés de sa poche, et par en bas puisque les fonds vautour, qui ont finalement tiré profit de l’échec des recapitalisations, lui demandent des restes. En effet, l’activité des fonds vautours dans le secteur du logement n’a d’autre conséquence que l’augmentation brutale du coût de la vie. C’est à la population de payer pour cet échec, encore une fois…

Mais le rachat de prêts toxiques n’est pas le seul moyen par lequel les fonds vautour s’accaparent de stocks immenses de logement. Ils agissent également comme des acquéreurs traditionnels à des échelles qui leur permettent de réduire le prix à l’unité. Ils procèdent ensuite à ce qu’on appelle en anglais les « renovictions », les rénovations qui mènent à des expulsions, c’est-à-dire qu’ils utilisent des prétextes tels que l’amélioration des performances énergétiques des bâtiments, pour rénover et augmenter les prix des loyers. Aussi, comme c’est le cas en Espagne actuellement, ils achètent de grands stocks pour les revendre par après en petites unités et faire de juteux profits. Cela engendre des gentrifications violentes car rapides et importantes.

Des fonds vautours comme Blackstone, Apollo ou encore Vonovia, pour n’en citer que quelques-uns, deviennent ainsi des grands propriétaires et gèrent des parcs de logement comptant des milliers d’unités. Dans certaines villes, ils détiennent plus de logement que le public. Cela pose de graves problèmes : hausse des loyers, expulsion, gentrification, discrimination d’accès, etc. Leur taille énorme, leur puissance, ainsi que le soutien que leur apporte l’Union européenne, laisse présager un avenir très dur pour l’ensemble des populations européennes. Les cas de Lisbonne, Madrid et Berlin sont assez parlant à ce sujet et ont été présenté lors de Retake the City

Lire la suite et les études de cas sur le site du CADTM dont cet article est repris

PS(sic)

Les mêmes s'attaquent aussi à nos retraites....

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