Musée de l'Europe et de l'Afrique

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samedi 22 février 2020

Une déclaration de la haute commissaire européenne aux droits de l'Homme

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Julian Assange ne devrait pas être extradé en raison de l'impact potentiel d'une telle extradition sur la liberté de la presse et des préoccupations que suscitent les mauvais traitements dont il est victime.

J'ai suivi avec une grande attention les développements concernant le cas de Julian Assange, en particulier les charges retenues contre lui et la demande d'extradition présentée par le gouvernement américain au Royaume-Uni. Outre mes propres suivis et analyses, j'ai reçu des informations de professionnels de la santé, de militants de la société civile, de défenseurs des droits de l'homme, d'associations de journalistes et d'autres personnes sur cette affaire.

L'extradition potentielle de Julian Assange a des implications sur les droits de l'homme qui vont bien au-delà de son cas individuel. L'acte d'accusation soulève d'importantes questions sur la protection de ceux qui publient des informations classifiées dans l'intérêt public, y compris ceux qui dénoncent des violations des droits de l'homme. La nature large et vague des allégations contre Julian Assange et des infractions énumérées dans l'acte d'accusation est troublante car nombre d'entre elles concernent des activités au cœur du journalisme d'investigation en Europe et au-delà. Par conséquent, autoriser l'extradition de Julian Assange sur cette base aurait un effet dissuasif sur la liberté des médias et pourrait en fin de compte entraver la presse dans l'exercice de sa tâche de pourvoyeur d'informations et de surveillance publique dans les sociétés démocratiques.

En outre, toute extradition vers une situation dans laquelle la personne impliquée courrait un risque réel de torture ou de traitement inhumain ou dégradant serait contraire à l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants a clairement indiqué qu'il considérait que les conditions de détention aux États-Unis et la peine susceptible d'être infligée à Julian Assange présentaient un tel risque réel.

Compte tenu à la fois des implications pour la liberté de la presse et des graves préoccupations concernant le traitement que subirait Julian Assange aux États-Unis, mon évaluation en tant que Commissaire aux droits de l'homme est qu'il ne devrait pas être extradé.

Je continuerai de suivre de près l'évolution de cette affaire.

Dunja Mijatovic

Traduction : Librairie Tropiques

mardi 17 décembre 2019

Il y a trois ans..."Loi travail : la responsabilité historique des Députés, des syndicats, des Intellectuels, et des mouvements sociaux"

Nous republions cet article, non pas pour le plaisir de re-citer les noms cités, qui font ce qu'ils peuvent dans les limites de leur intérêt de classe. Mais parce qu'il faut que les travailleurs en lutte, en lutte finale car Macron ira jusqu'au bout en mode Thatcher (ce qui passe par la destruction de la seule chose qui puisse encore résister : la SNCF) sachent que notre destin est dans leurs mains, dans leurs luttes. Ici, et maintenant. Et que le soutien et la solidarité doivent être totaux. Ici et maintenant. Non, la manifestation ne mène pas à l'élection, M. Mélenchon. Non, Messieurs Lordon et Ruffin (qui veut "ouvrir le dialogue avec le gouvernement", ben voyons !), la succession des défaites ne mène pas à la victoire mais à la défaite finale.

Le Concierge

Comme prévu, la responsabilité du gouvernement est engagée via le 49.3 sur la loi El Khomri. Donc la responsabilité des Député(e)s est engagée. Celle des mouvements sociaux aussi.

Est engagée la responsabilité des opportunistes de premier rang : Députés « frondeurs » ou soit-disant tels (sans compter les opportunistes de second rang comme Emmanuelle Cosse - membre du gouvernement DONC solidaire du texte - même si son « compagnon » se charge de mettre en musique à quel milieu prédateur, régi par un Code datant de Cro-Magnon et réactualisé par King Kong théorie, on a à faire. Et ses turpitudes sont bien faites pour cacher celles de sa compagne qui plaque tous les travailleurs, et bien plus encore les travailleuses, de ce pays, contre un mur des Fédérés pour essayer de leur donner un autre type de baiser qui est celui de l'exploitation et de la mort sociale). Il faut faire tomber Valls et Macron, c'est à dire voter la censure. Maintenant ou jamais. Que cette loi passe et la gauche sera définitivement morte. Ces Députés prétendument « frondeurs » auront du mal à s’en remettre, et le seul appel qu’on puisse leur faire est celui de leur survie politique à moyen terme (à court terme, cela se paiera de leur mandat.) L’occasion est trop belle pour des opportunistes de se refaire un semblant de virginité. Qu’ils la saisissent puisqu’on en est là en matière de « représentation ».

Celle des mouvements sociaux. « La gauche ne peut pas mourir » dixit Frédéric Lordon. Pour lui la lutte contre la loi El Khomri était un « prétexte ». Et les luttes locales (c’est à dire les luttes des gens là et dans les conditions où ils vivent) vouées à l’échec sectoriel. Qu’a-t-il proposé en lieu et place ? Un festival politique, Place de la République. Bravo ! Bravissimo ! On imagine que les accapareurs de la plus-value du travail utilisent aussi le « périscope » pour dénombrer le nombre de manifestants à proximité de l’Assemblée Nationale, le soir où El-Khomri, dépourvue de majorité, a prononcé la « réserve de vote ». C’est le résultat concret de votre « travail » de "montée d'un niveau", M. Frédéric Lordon ! Bravo, Bravissimo !

Ruffin avait proposé de donner son corps à la lutte « pour un an ». Merci du peu. À lire le dernier Fakir, ça n’aura pas duré deux mois. Pas grave, son corps n’ayant rien de thaumaturge, on s’en fout. Mais ces deux-là pourraient bien être les idiots utiles qui auront inventé le hashtag #NuitDebout qui comme #JesuisCharlie est l’oraison funèbre de l’idée même de « République sociale ». Frédéric Lordon se fout de la loi El Khomri. Normal, il sera le dernier touché. Oh, certes, les fonctionnaires sont aussi visés par la loi, à travers le Compte d’Activité Personnalisé. Mais on peut penser que les diplômés des grandes écoles directeurs de recherche au CNRS (« La Noblesse d’État ») auront, au pire, des problèmes de reproduction sociale pour leur progéniture éventuelle : et encore, devenu star mondiale de la contestation intellectuelle française (les Badiou, Rancière et autres pitres ayant fait leur temps), ça devrait bien se passer dans un monde « mondialisé ». Ça s’appelle l’aveuglement de classe, tout simplement, ou le « biais scolastique » de façon plus Bourdieuso-Austino tordue !

Essayer de suivre « Nuit Debout » depuis le fin fond du Département rural le plus excentré, et le plus pauvre, de France est un bon exercice. On y cherche en vain le moindre contenu inscrit dans les luttes depuis 1995 et les mobilisations victorieuses contre le « plan » Juppé. Aucune continuité visible. Rien n’a été transmis en 20 ans, alors qu’il y a 20 ans nous étions quelques-uns à essayer de transmettre l’expérience des luttes qui avaient précédé depuis la Libération, que nous ne connaissions que par bribes, et dont nous cherchions à empêcher l’effacement. Même le Monde Diplomatique, qui pleure chaque année (comme Acrimed sur Radio Debout : Malher de Malher, quelle indécence alors que vous ne faites plus rien depuis au moins 10 ans de faire tapiner des salariés précaires pour quémander 60000 EUR comme la dernière des paroisses de la gauche soumise à son évêque !) pour recueillir des dons sensés asseoir son indépendance alors qu’il est loin d’être pauvre, a succombé à la logique du marché : qu’il libère ses archives 1995-2005 payantes en ligne dans un moment pareil, cet Arpagon !

Du contenu ? Rien. Absolument rien. Et alors que tous les contenus sont disponibles et ont été produits et publiés au prix de tant de sacrifices... Je pense à Agone, dont j’étais. Je pense à Balbastre (Dis-moi François Ruffin, tu vas lui en filer un peu de tune à Gilles sur le fric qui va enfin rentrer à Fakir, là ? Lui faire un tout petit plus de pub que tu as fait semblant de faire ? Parce que les Mutins de Panurge, ils ont des tunes mais par pur opportunisme. Et ils partagent pas trop... Donc tu vas peut-être avoir les moyens de financer les « purs » qui n’ont besoin que de budgets de merde, assurent le retour sur investissement par leur talent et leur conscience politique, et sont même capables de dire merci en se faisant arnaquer sans s’en rendre compte?). « Nuit Debout n’est qu’un média », écrivions-nous. Mais le nerf de la guerre, ce qui relie, ce n’est plus la religion (« religere »), c’est le média ! Alors passer du webmanager de radios (d’autant plus de marché qu’elles sont réputées indépendantes - start-ups de la « Fabrique du consentement ») dépolitisantes, Rémi Buisine, à Xavier Renou (Sciences Po Paris viré de Greenpeace pour l’inefficacité de ses campagnes purement médiatiques contre le nucléaire et persuadé que le changement social viendra du marketing !) pour « Télé-Debout », ce n’est même pas passer de Pujadas à Élise Lucet ! La télévision « publique » fait mieux ! Quant à Radio Debout, initiée par ceux qui se sont écrasés face à Mermet, on ne peut guère en attendre qu’ils aillent jusqu’au bout de leur logique de légitimation : « il faut avoir les moyens de faire, OK, tout est dégueulasse, mais il faut avoir des moyens de production ». Si c’était un choix, ben maintenant que vous les avez, vous filez le bébé à Cyran ? (« Si tu veux faire la Révolution, je te file mon 06 »?).

Bref. Il faut mettre la pâtée à la loi El-Khomri. Tout en découle. C'est tellement évident que depuis le début, ça aurait dû être le seul objectif. Ah les intellectuels ! Il n’y a que ceux qui ont le cul dans le beurre et pratiquent la Distinction académique et politique de gauche qui ne l’ont pas compris. Sont juste pas concernés par le sort commun, vulgaire. Et nous envoient dans le mur capitaliste en prophétisant la fin du capitalisme (qui a depuis longtemps synthétisé les produits chimiques qui nettoient le sang social résultant des bavures intellectualistes sur les baskets, cher Frédéric Lordon.)

Lorsque j’ai eu vent de cette loi, j’ai écrit un petit texte en pensant « tract ». Il manque un peu d’ouverture, de « Pour » face au « Contre ». J’avais fait le déplacement à la Bourse du Travail... Mais cette réunion n’était là que pour entériner des décisions déjà prises (et Frédéric Lordon rapporte à longueur d’interviews - qu’il ne donne pas puisque qu’il les donne à des « médias alternatifs » qui ne le sont plus depuis 10 ans et courent la reprise par le mainstream qu’ils relégitiment ! - que ce sont les siennes, d’ « idées », donc de quelqu’un qui n’a aucune idée de la sociologie du pays ni aucune expérience des luttes sociales.)

C’est un peu comme les AG des gens qui passent Place de la République...

Pas de représentation, donc pas de mandataires, donc pas de mandants, donc pas de démocratie, tout simplement...

À ceux et celles qui ont le pouvoir au-moins de la parole parce que nous y avons cru, là maintenant, TOUS ENSEMBLE contre la loi « travaille !» .

S'il vous plait. S'il vous plait... Soit on gagne, soit c'est le fascisme.

S'il vous plait, s'il vous plait, s'il vous plait...

« On touche à l’os » dixit Gérard Filoche. Un socialiste. Qui vaut plus que tous les socialistes honteux qui « ne revendiquent rien ». Car ils ont déjà tout. Et pourront bien aller se réfugier où ils voudront si nécessaire et passer pour des héros.

S'il vous plait...

Et s'il ne vous plait pas, cette fois-ci, j'espère bien que nous vous passerons sur le corps

Vive la République sociale, démocratique et solidaire,

Vive la Sociale

Le Concierge

samedi 14 décembre 2019

Adresse solennelle de la Cgt-Energie-Paris

addressecgt.PNG Cliquer sur l'image pour voir la vidéo

Don au Musée de Patrick Taliercio

Voir aussi:

ΔΕΗ: APRÈS LES CENTRALES THERMIQUES , LA SOCIÉTÉ S’APPRÊTE À VENDRE LES CENTRALES HYDROELECTRIQUES

Main basse sur l'énergie



mercredi 17 janvier 2018

Retour à l'Etat de droit ? Ce serait une excellente idée !

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Le grabataire lyonnais, figure, s'il en est, de la "jeunesse en marche", se propose de créer un "Larzac" par ordonnance sur le site de Notre-Dame-Des Landes.

Il ferait mieux, étant donné son talent agricole et auto-gestionnaire, de lancer ses forces contre la multinationale Vinci, pour faire revenir dans le giron de l’État, une entreprise qui en émane totalement, et à laquelle un contrat léonin en PPP a été accordé sur ce site, par des suspects de Haute trahison et de corruption au dernier degré, typiquement néo-libéraux, et typiquement escrocs en biens publics. L'affaire n'est pas récente puisque Vinci rançonne, depuis si longtemps, une population, sur des autoroutes qu'elle a payées avec ses impôts.

CRS, Armée ? Oh oui ! Mais pour nationaliser un bien public aux mains des accapareurs publics-privés, dont LA PLACE EST EN PRISON AVEC TOUS LEURS COMPLICES ! (Le Concierge)

Retour à l'État de droit

«Personne n'a envie qu'il y ait un drame», a néanmoins rappelé Benjamin Griveaux, faisant référence à l'évacuation de la ZAD de Sivens dans le Tarn. Le 26 octobre 2014, un militant écologiste de 21 ans, Rémi Fraisse, avait succombé à l'explosion d'une grenade tirée par un gendarme lors de violents affrontements.

«Il faut gérer ce genre de crise avec beaucoup de maîtrise», a souligné Gérard Collomb. Le ministre de l'Intérieur a expliqué vouloir donner un autre avenir à cette ZAD, créée en 1974. «Il y a toute une série de gens qui ont des projets sur la ZAD, qui sont prêts le cas échéant à pouvoir faire autre chose», a-il ajouté, laissant imaginer un avenir similaire à celui du Larzac.

Le Figaro

lundi 15 janvier 2018

Une marina à Anderlecht ?

Le Porte-Urinoirs Marcel Noël Bourdieu, ses frégates lance-entonnoirs Karl Kraus et Guy Hocquenghem, le ravitailleur en crème chantilly premier prix Erasme et le navire de déconditionnement Clouscard, au terme (provisoire) d'une campagne rondement menée au service des écoliers de la Fédération Wallonie-Bruxelles, se préparent à faire relâche sur le site de la (future?) Marina d'Anderlecht. Des opérations croquignolesques seront éventuellement planifiées, en cas de besoin, pour porter assistance aux joyeux flibustiers en lutte contre ce bétonnage irrégulier et nocif à la vie maritime...

En attendant, signez la pétition !

croisiere.png Premières images transmises par le satellite Wangui Mbatia du Porte-Urinoirs à quai à Anderlecht (cliquer sur l'image)

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Chers tous,

Vous avez certainement entendu parlé d'un projet tout à fait incongru de marina (un bassin pour des yachts) à Anderlecht, près de la rue Wayez. Ce projet est choquant et totalement déconnecté des besoins et réalités des habitants de ce quartier et tout simplement des besoins de la Région bruxelloise elle-même. Contrairement à ce que de nombreuses personnes pensent, il n'est nullement situé sur le bassin de Biestebroeck mais bien en plein milieu d'un îlot urbain.

C'est un projet très dense de 300 logements assortis de 345 places de parkings organisés autour d'un bassin destinés à accueillir une quarantaine de yachts. Comme vous le constatez sur la photo, la marina n'est absolument pas ouverte mais très repliée sur elle-même.

Les raisons de s'opposer au projet sont multiples, en voici quelques unes :

(1) L'actuel port de plaisance de la Région, le Brussels Royal Yacht Club (BRYC) n'est rempli qu'à 60 % et sert essentiellement de port d'hivernage. Tout simplement car en raison de ses nombreuses écluses et la circulation des péniches, le canal n'est pas adapté à la plaisance. Si bien que le risque est bien réel que la futur marina reste pratiquement vide.

(2) Les coûts connexes de la création de la marina sont très importants et se chiffrent à plusieurs millions d'euros. Elle nécessite le déplacement d'un collecteur récoltant les eaux usées de 100.000 habitants, elle suppose la création d'un pont pour permettre la continuation de la voirie et de la piste cyclable qui sera inévitablement perturbée, pendant le long chantier il faudra rabattre la nappe phréatique,... Comme le souligne l'étude d'incidences du projet, il faudra 60 ans pour amortir les coûts connexes liés à la création de la marina. Son enclavement a pour conséquences que son entretien sera coûteux et malaisé. A terme, le risque est grand de se retrouver avec une friche aquatique difficilement reconvertible.

(3) Ces coûts importants ont pour conséquences que le promoteur devra vendre ces logements à un prix élevé hors de portée du revenu moyen et certainement des habitants de ce quartier populaire. Le projet générera des pressions spéculatives dans le quartier et ouvre la voie à la densification sur la rive gauche du canal déjà très dense.

(4) Le projet n'est absolument pas vert, il nécessite l'abattage de 87 arbres (seulement 5 replantés), pratiquement toute la parcelle est construite et le bassin est construit sur une dalle de béton.

Que vous habitiez ou non Anderlecht, ce projet symbolise la ville qui se fait contre les habitants. C'est pourquoi je vous invite à signer et à relayer la pétition

Vous trouverez plus de d'informations sur ce projet ici

Le projet est avancé et au stade de la délivrance des permis.

Une commission de concertation est prévue le 18 janvier à 14h30 à la Maison communale d’Anderlecht dans la salle de réunion du 3ème étage, rue Van Lint 6.

Faisons en sorte que ce projet ne reste que de l'ordre du fantasme de certains.

Merci à vous!

mercredi 29 novembre 2017

Macron : « Le franc CFA est un non-sujet pour la France »

L’économiste Kako Nubukpo fustige la position du président français sur le CFA, qu’il juge « imprécise et caricaturale ».

Ce que nous redoutions depuis des années s’est produit hier, mardi 28 novembre, à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, au Burkina Faso, lors des échanges qui ont fait suite au discours de M. Macron. Une façon arrogante, pour ne pas dire plus, de la part de M. Macron, d’exprimer le déni de l’histoire monétaire françafricaine, renvoyant les dirigeants africains à leur servitude monétaire volontaire, les mettant à nu de la pire des façons, à travers des réponses d’une violence symbolique inouïe, dont la plus emblématique fut sans doute : « Le franc CFA est un non-sujet pour la France. »

Le franc CFA fait couler beaucoup d’encre, depuis longtemps, avec une accélération et une tension sans précédent depuis quelques mois. On était donc en droit de s’attendre de la part de M. Macron, dans le cadre d’un discours à une jeunesse africaine préoccupée à juste titre par son avenir, à des propos structurés, réfléchis et fortement argumentés sur sa vision de l’avenir de cette monnaie, à l’intérieur même de son discours. Mal nous en a pris, car de franc CFA, il ne fut guère question.

Siphonnage des ressources africaines

Il a donc fallu attendre qu’une remarque lui fut faite par un étudiant burkinabé pour l’entendre enfin exposer sa vision : imprécise, caricaturale et, pour finir, déshonorante pour les dirigeants africains.

Imprécise, car M. Macron semble ignorer que cette monnaie fut imposée aux Africain.e.s dans le cadre des turpitudes de la colonisation française. En effet, le franc CFA est le produit de la création de la Banque du Sénégal en 1855, banque créée grâce aux ressources versées par la métropole française aux esclavagistes en guise de réparations après l’abolition de l’esclavage le 27 avril 1848. Cette banque deviendra, au début du XXe siècle, la Banque de l’Afrique de l’Ouest (BAO), qui aura le privilège d’émission de la monnaie ancêtre du franc CFA qui naîtra officiellement le 26 décembre 1945, dix ans avant la création de l’Institut d’émission de l’Afrique occidentale française (AOF) et du Togo, lequel institut deviendra la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) quelques années plus tard.

C’est dire si le fait monétaire en Afrique francophone épouse les contours de la violence esclavagiste, coloniale et postcoloniale. Rien que pour cela, pour les souffrances des paysan.e.s africain.e.s obligé.e.s de payer l’impôt en franc CFA, dont la disponibilité exclusive était liée à la rémunération de la production et de la vente des produits de rente (café, cacao, coton) et donc l’abandon des cultures vivrières, M. Macron aurait dû faire preuve de respect et de plus d’égards à l’endroit des enfants et petits-enfants de paysan.e.s burkinabé.e.s qui ont payé un lourd impôt colonial, fait de travail forcé et de déportations massives vers la zone « office du Niger » au Mali.

Caricaturale, car M. Macron, vantant la prétendue stabilité qu’offre le franc CFA, a oublié d’insister sur le fait que les arrangements institutionnels organisant le fonctionnement de la zone franc constituaient le véhicule par excellence de l’accumulation de richesses hors du continent africain. En effet, la fixité de la parité entre le franc CFA et l’euro, la totale garantie de convertibilité entre ces deux monnaies, et enfin la liberté de circulation des capitaux entre les deux zones (franc et euro), permettent un siphonage en toute légalité des ressources africaines vers des cieux où le capital serait en meilleure sécurité, obligeant les forces productives de la zone franc à recommencer, chaque année, le processus d’accumulation du capital.

De concession sur les faiblesses structurelles du franc CFA, il n’en fut guère question de la part de M. Macron, sinon quelques propos imprécis sur la compétitivité, le nom et le périmètre de la monnaie. Et pourtant, il eût été facile de reconnaître que cette monnaie, trois quarts de siècle après sa création, n’a impulsé aucune dynamique positive en matière d’échanges intra zone franc, d’accroissement de la compétitivité prix et hors prix, d’accès facilité au crédit productif et enfin de création d’emplois massifs pour les jeunes.

Déshonorante enfin pour les dirigeants africains, car la leçon donnée hier à Ouagadougou par M. Macron peut se résumer de façon ironique en un conseil qu’a toujours donné le grand historien burkinabé Joseph Ki-Zerbo : « Il ne faut pas dormir sur la natte des autres, car c’est comme dormir par terre. » En effet, utilisant une rhétorique guerrière, à la limite de la courtoisie envers ses hôtes burkinabés, M. Macron a montré aux dirigeants africains qui auraient des états d’âme sur le franc CFA la porte de sortie, tordant ainsi le cou au prétendu « complot français » derrière lequel les chefs d’Etat africains ont beau jeu de se réfugier de manière rituelle pour justifier leur inertie en matière de gestion monétaire.

Improvisation économique des chefs d’État africains

Les chefs d’Etat africains, cédant comme toujours aux sirènes de l’improvisation économique dictée par leur absence de vision stratégique de long terme et à la dictature du court terme, refusent ostensiblement de prendre à bras-le-corps la question de l’inadéquation entre l’utilisation du franc CFA et la réalisation de l’émergence économique, de peur de mécontenter le tuteur historique que constitue la figure tutélaire du président de la République française.

Mal leur en prend, car hier M. Macron a retiré, sans crier gare, le tapis qui recouvrait la poussière d’un arrangement monétaire d’un autre temps, politiquement dévastateur en termes de souveraineté, économiquement mortifère en termes de création d’emplois et socialement inique en termes de redistribution de la richesse collective.

Gérer soi-même sa monnaie est le gage premier de la souveraineté. Pour avoir sous-estimé cette vérité d’évidence historique, et avoir pensé naïvement pouvoir se départir sans frais de l’exigence de rigueur liée à la gouvernance des peuples, les dirigeants africains de la zone franc ont subi hier de la part de M. Macron un camouflet qui rejaillit sur l’ensemble de la jeunesse africaine comme un énième viol de ses rêves d’émancipation. Au tribunal de l’Histoire, il leur faudra de bons avocats.

Kako Nubukpo est économiste et ancien ministre de la Prospective et de l’évaluation des politiques publiques du Togo.

Source : Le Monde Afrique, paru sous le titre "Franc CFA : les propos de M. Macron sont « déshonorants pour les dirigeants africains »"

Lire aussi le texte d'une autre conférence à l'Université de Ouagadougou : Crises mondiales et mouvements sociaux

Rebondissement (en forme de CQFD) 8/12/2017

La tribune contre le franc CFA signée par le Togolais Kako Nubukpo le 30 novembre sur Le Monde Afrique en réponse aux propos tenus par Emmanuel Macron lors de son déplacement à Ouagadougou, le 28 novembre, aura été celle de trop. Le directeur de la francophonie économique et numérique au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a été officiellement suspendu de ses fonctions mardi 5 décembre par la secrétaire générale de l’institution, Michaëlle Jean. Une éviction qualifiée de « brutale » par M. Nubukpo qui, après avoir refusé de démissionner, s’est vu notifier une « suspension de fonctions à titre conservatoire ». Son salaire a été bloqué, son ordinateur et son adresse mail lui ont été retirés tout comme son badge lui donnant accès à l’immeuble de l’avenue Bosquet, dans le 7e arrondissement de Paris où se trouve le siège de l’OIF.

Lire la suite sur le site du Monde-Afrique

mardi 25 avril 2017

Insoumis, faites mouvement !

Chers insoumis,

Sauf à ce qu'un spécialiste de la sociologie électorale me démontre le contraire, l'opération menée par Hollande et le CAC 40 a réussi. Macron est d'ores et déjà élu au 2nd tour. Donc ce débat sur le vote de second tour n'a pas lieu d'être.

Chacun n'a qu'à faire ce qu'il veut. Il n'y a pas de campagne à mener. Car sinon, vous allez vous diviser.

Et vous vous diviserez d'autant plus qu'il est essentiel pour le pouvoir et le CAC 40 que vous soyiez divisés. Ils vont tout faire pour cela, avec les mêmes méthodes (la presse) par lesquelles ils ont mis Macron au pouvoir (c'est un coup d'Etat des ingénieurs électoraux, préparé de longue date et mené de main de maître). Ne vous divisez pas.

Faites "mouvement". Soyez un mouvement d'opposition, puissant. Cessez-là ces débats qui n'ont pas lieu d'être. Et réfléchissez aux moyens de lutter contre ce président élu dès le 1er tour, quoi que l'on fasse. Qui disposera très certainement d'une majorité bicéphale à l'allemande, indéboulonnable. Et liquidera nos droits sociaux par ordonnances et sous état d'urgence. Les Grandes Orientations de Politique Economique (GOPE) de la Commission européenne pavent le chemin, et elles sont plus ou moins radicales selon la souveraineté du pays concerné, le passage à la limite s'effectuant en Grèce, où l'on voit jusqu'où ils peuvent aller quand plus rien ne les en empêche.

Oubliez la mère Le Pen qui n'est là que pour neutraliser 25% des électeurs (mais pas plus) pour empêcher le pouvoir du peuple et permettre la domination sans partage de la minorité possédante, le bloc bourgeois. Ne vous dispersez pas, ne vous divisez pas. Votez ou non chacun en votre âme et conscience, ne dites même pas votre choix, réservez-le à l'isoloir.

Ne mettez pas en jeu la cohérence d'un collectif. Ou plutôt, faites le advenir comme collectif, collectif de lutte, collectif de soutien aux luttes. Faites mouvement de résistance au Président des riches puisqu'il est déjà élu.

Le Concierge

lundi 6 mars 2017

Pourquoi nous appelons les chômeurs à soutenir la grève du 6 mars à Pôle emploi

Cette grève est appelée par 5 organisations syndicales pour dénoncer le Plan stratégique Pôle Emploi 2020 dont l’objet est la disparition pure et simple d’un certain nombre de missions fondamentales, inscrite dans la LOI n° 2008-126 du 13 février 2008, par étape, par couche, dont, entre autres : l’accès au service public par la fermeture des agences locales en demi journée, la dématérialisation acharnée des contacts (de l’inscription à la radiation en passant par les entretiens de suivis), les suppressions de services ou agences spécifiques (à destination des licenciés économiques, ou des cadres), la disparition du métier indemnisation en supprimant les professionnels de la « Gestion des Droits ».

Le choix de l’alliance entre Pôle Emploi et des innovateurs digitaux qui se nomment eux-mêmes les barbares fait partie de la stratégie. Ils fabriquent leurs gadgets modernes, nourris aux algorithmes et donnent l’illusion que tout le monde peut s’inscrire, tout seul, à Pôle Emploi, s’indemniser sans l’aide de personnel compétent, se former, s’orienter, s’évaluer, et répondre à une multitudes d’offres d’emploi tailler sur mesure, pour soi, par Bob emploi.

Cette grève dénonce « la vente à la découpe » du Service Public :

L’externalisation de missions fondamentales de Pôle Emploi vers des entreprises privées (CAPGEMINI, WEBHELP, INGEUS, AKSIS, TESSI , ARVATOR...la liste est longue) qui se gavent grâce aux largesses du Service Public et à la cécité de ceux qui l’administrent, le financent, le gèrent et le contrôlent (3,3 Md€ en 2016 proviennent de nos cotisations : Article L5422-24) participent à la liquidation de Pôle Emploi qui se voit, pour la première fois, réduire son budget de 30 millions d’euros en 2016.

Un personnel en perte d’identité :

Les psychologues se déqualifient, les conseillers de la « gestion des droits » se mettent la rate au court bouillon en assistant à leur mort annoncée, et les conseillers emplois, sous une pression jamais égalée, prescrivent à tours de bras, au privé, des prestations-à-la-noix nommées : Activ’Emploi, Activ’Projet, Activ’Créa (peu importe ce qu’il en sortira, mais surtout Activ’Toi ailleurs qu’à Pôle Emploi) !

Cette grève est un appel à lutter contre la destruction de Pôle Emploi, et à défendre un service public humain, un service public de qualité, et une protection sociale digne de ce nom. Cette grève va dans le sens de l’intérêt de ses usagers.

Lire l'appel sur CIP-IDF

jeudi 9 février 2017

Les défis pour la gauche dans la zone euro

Voici un texte co-signé par plus de 70 personnes actives dans de nombreux pays d’Europe (voir liste complète en bas de l’article). Ce texte collectif établit une analyse claire des rapports de force dans l’Union européenne et avance une série de propositions radicales mais nécessaires, pour quiconque prétend lutter contre l’austérité, en faveur d’une Europe des peuples et pour la transition écologique.

''Ce qui fait l’importance de ce texte, outre son contenu, est qu’il est co-signé par des personnalités et des militant-e-s de plus de 15 pays européens, provenant de différents horizons : de Podemos et Izquierda Unida au Bloc de Gauche portugais, du Parti de Gauche au NPA en passant par Ensemble ! en France, de l’Unité populaire à Antarsya en Grèce, de la gauche radicale danoise à celle de Chypre en passant par celle de pays comme la Slovénie, la Bosnie-Herzégovine ou la Hongrie. Il est signé par des député-e-s européen-ne-s de différents partis et de différents pays, par le responsable des finances de la Ville de Madrid, par l’ex-présidente du parlement grec, par une série de membres de la commission pour la vérité sur la dette grecque…

Les 10 propositions avancées dans ce texte résultent de l’analyse de la situation en Europe depuis 2010, de l’affrontement entre Syriza et la Troïka – car ce fut bien un affrontement – au premier semestre 2015 et de l’application des politiques d’austérité par Syriza depuis lors, mais aussi des expériences espagnoles, irlandaises ou chypriotes. Les événements récents ont clairement démontré la nécessité pour un gouvernement de gauche d’avoir le courage de désobéir aux injonctions des autorités et des traités européens. Cela doit s’accompagner d’une mobilisation populaire encouragée par le gouvernement et d’une série de mesures fortes : organiser un audit de la dette avec participation citoyenne, mettre en place un contrôle des mouvements de capitaux, socialiser le secteur financier et le secteur de l’énergie, réformer radicalement la fiscalité… Et bien sûr, avoir l’inévitable débat sur la zone euro, dont la sortie est une option qui doit être défendue au moins dans certains pays.''

L’analyse objective des politiques européennes des dernières années nous amène invariablement à cette conclusion : seules des mesures souveraines et unilatérales fortes d’autodéfense permettront aux autorités nationales et aux peuples qui les ont mandatées pour rompre avec l’austérité de mettre en œuvre cette rupture et de donner une première réponse au problème de la dette illégitime.

Lire l'exposé des motifs précédent ces 10 propositions ainsi que la liste des signataires sur le site du CADTM

Dix propositions afin de ne pas reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce

Pour éviter de reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce en 2015, voici dix propositions pour la mobilisation sociale et l’action d’un gouvernement réellement au service du peuple à mettre en œuvre immédiatement et simultanément.

La première proposition est la nécessité, pour un gouvernement de gauche, de désobéir, de manière très claire et annoncée au préalable, à la Commission européenne. Le parti qui prétend, ou la coalition de partis qui prétendent gouverner et, bien sûr, nous pensons à l’Espagne, devront refuser d’obéir, dès le début, aux exigences d’austérité, et s’engager à refuser l’équilibre budgétaire. Il faudra dire : « Nous ne respecterons pas l’obligation décrétée par les traités européens de respecter l’équilibre budgétaire parce que nous voulons augmenter les dépenses publiques pour lutter contre les mesures antisociales et d’austérité, et pour entreprendre la transition écologique ». Par conséquent, le premier point est de s’engager d’une manière claire et déterminée à désobéir. Après la capitulation grecque, il est essentiel d’abandonner l’illusion d’obtenir de la Commission européenne et des autres gouvernements européens qu’ils respectent la volonté populaire. Conserver cette illusion nous conduirait au désastre. Nous devons désobéir.

Deuxième point : S’engager à appeler à la mobilisation populaire. Tant au niveau de chaque pays qu’au niveau européen. Cela aussi a échoué en 2015 en Grèce et en Europe. Il est évident que les mouvements sociaux européens ne furent pas à la hauteur en termes de manifestations, qui certes eurent lieu, mais ne montrèrent pas un niveau suffisant de solidarité avec le peuple grec. Mais il est vrai aussi que l’orientation stratégique de Syriza ne prévoyait pas de faire appel à la mobilisation populaire au niveau européen, ni même de faire appel à la mobilisation populaire en Grèce. Et quand le gouvernement de Tsipras a appelé à la mobilisation par le référendum du 5 Juillet 2015, ce fut pour ensuite ne pas respecter la volonté populaire de 61,5 % des Grecs, qui avaient refusé d’obéir aux exigences des créanciers et avaient rejeté leurs propositions.

Rappelons-nous qu’à partir de la fin février 2015 et jusque fin juin 2015, Yanis Varoufakis et Alexis Tsipras ont fait des déclarations qui visaient à convaincre l’opinion qu’un accord était en vue et que les choses s’arrangeaient. Imaginons au contraire qu’après chaque négociation importante, ils aient expliqué les enjeux, au travers de communiqués, par des déclarations orales aux médias, par des prises de parole sur les places publiques, devant le siège des institutions européennes à Bruxelles et ailleurs. Imaginons qu’ils aient fait la lumière sur ce qui se tramait, cela aurait abouti à des concentrations de milliers ou de dizaines de milliers de personnes, les réseaux sociaux auraient relayé à des centaines de milliers ou des millions de destinataires ce discours alternatif.

Troisième point : S’engager à organiser un audit de la dette avec la participation des citoyens. Les situations dans les 28 pays de l’Union européenne sont différentes, de même bien sûr à l’intérieur de la zone euro. Il y a des pays européens où la suspension des remboursements est une mesure de nécessité absolue et prioritaire, comme dans le cas de la Grèce dans le but de répondre avant tout aux besoins sociaux et de garantir les droits humains fondamentaux. C’est aussi un élément clé d’une stratégie d’autodéfense. En Espagne, au Portugal, à Chypre, en Irlande, cela dépend du rapport de force et de la conjoncture. Dans d’autres pays, il est possible de réaliser d’abord l’audit et ensuite décider de la suspension des remboursements. Ces mesures doivent être mises en œuvre en tenant compte de la situation spécifique de chaque pays.

Quatrième mesure. Mettre en place un contrôle des mouvements de capitaux. Et tenir compte de ce que cela signifie. C’est à dire aller à l’encontre de l’idée selon laquelle il serait interdit aux citoyens de transférer quelques centaines d’euros à l’étranger. Il est évident que les transactions financières internationales seront autorisées jusqu’à un certain montant. Par contre, il s’agit de mettre en place un contrôle strict sur les mouvements de capitaux au-dessus de ce montant.

Cinquième mesure : Socialiser le secteur financier et le secteur de l’énergie. Socialiser le secteur financier ne consiste pas seulement à développer un pôle bancaire public. Il s’agit de décréter un monopole public sur le secteur financier, à savoir les banques et les sociétés d’assurance. Il s’agit d’une socialisation du secteur financier sous contrôle citoyen. C’est-à-dire transformer le secteur financier en service public |10|. Dans le cadre de la transition écologique, bien sûr, la socialisation du secteur de l’énergie est également une mesure prioritaire. Il ne peut y avoir de transition écologique sans monopole public sur le secteur de l’énergie, tant au niveau de la production que de la distribution.

Proposition numéro six : Création d’une monnaie complémentaire, non convertible et l’inévitable débat sur l’euro. Que ce soit dans le cas d’une sortie de l’euro ou d’un maintien dans la zone euro, il est nécessaire de créer une monnaie complémentaire non convertible. Autrement dit, une monnaie qui sert, en circuit court, aux échanges à l’intérieur du pays. Par exemple, pour le paiement de l’augmentation des retraites, des augmentations de salaire aux fonctionnaires, pour le paiement des impôts, pour le paiement des services publics ... Utiliser une monnaie complémentaire permet de se détacher et de sortir partiellement de la dictature de l’euro et de la Banque centrale européenne.

Bien sûr, on ne peut pas éviter le débat sur la zone euro. Dans plusieurs pays, la sortie de la zone euro est également une option qui doit être défendue par les partis, les syndicats, d’autres mouvements sociaux. Plusieurs pays de la zone euro ne pourront pas réellement rompre avec l’austérité et lancer une transition écosocialiste sans quitter la zone euro. Dans le cas d’une sortie de la zone euro, il faudrait soit mettre en œuvre une réforme monétaire redistributive soit appliquer un impôt exceptionnel progressif au-dessus de 200 000 €. Cette proposition ne concerne que le patrimoine liquide, elle ne concerne donc pas le patrimoine immobilier (maisons, etc.) évoqué dans la septième mesure.

La septième mesure : une réforme radicale de la fiscalité. Supprimer la TVA sur les biens et les services de consommation de base, comme la nourriture, l’électricité, le gaz et l’eau (pour ces trois derniers, jusqu’à un certain niveau de consommation par individu), et d’autres biens de première nécessité. Par contre, une augmentation de la TVA sur les biens et les produits de luxe, etc. Nous avons aussi besoin d’une augmentation des impôts sur les bénéfices des entreprises privées et des revenus au-dessus d’un certain niveau. Autrement dit, un impôt progressif sur les revenus et sur le patrimoine. La maison d’habitation devrait être exonérée d’impôt en dessous d’un certain montant qui varie en fonction de la composition du foyer. La réforme de la fiscalité doit produire des effets immédiats : une baisse très sensible des impôts indirects et directs pour la majorité de la population et une augmentation très sensible pour les 10 % les plus riches et pour les grandes entreprises. Enfin, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale serait intensifiée.

Huitième mesure : Déprivatisations. « Racheter » les entreprises privatisées pour un euro symbolique. Ainsi, de ce point de vue, utiliser l’euro pourrait s’avérer très sympathique, en payant un euro symbolique à ceux qui ont profité des privatisations. Et renforcer et étendre les services publics sous contrôle citoyen.

Neuvième mesure : La mise en œuvre d’un vaste plan d’urgence pour la création d’emplois socialement utiles et pour la justice. Réduire le temps de travail avec maintien des salaires. Abroger les lois antisociales et adopter des lois pour remédier à la situation de la dette hypothécaire abusive, des dispositions qui concernent en priorité des pays comme l’Espagne, l’Irlande, la Grèce... Cela pourrait très bien se résoudre par la loi, en évitant des procès (car il y a de nombreux procès sur la dette hypothécaire où les ménages sont confrontés aux banques). Un Parlement peut décréter par une loi l’annulation des dettes hypothécaires inférieures à 150 000 euros par exemple et mettre ainsi un terme à des procédures judiciaires. Il s’agit aussi de mettre en œuvre un vaste programme de dépenses publiques afin de relancer l’emploi et l’activité socialement utile en favorisant les circuits courts.

Dixième mesure : Entamer un véritable processus constituant. Il ne s’agit pas de changements constitutionnels dans le cadre des institutions parlementaires actuelles. Il s’agirait de dissoudre le parlement et de convoquer l’élection au suffrage direct d’une Assemblée constituante. Et de rechercher à insérer ce processus dans d’autres processus constituants au niveau européen.

Ce sont dix propositions de base à soumettre au débat. Mais une chose est certaine, les mesures à prendre doivent aller à la racine des problèmes et elles doivent être appliquées simultanément car il faut un programme cohérent. En l’absence de la mise en œuvre de mesures radicales annoncées depuis le début, il n’y aura pas de rupture avec les politiques d’austérité. Il est impossible de rompre avec les politiques d’austérité sans prendre des mesures radicales contre le grand capital. Ceux qui pensent que l’on peut éviter cela sont des « enfumeurs » qui ne pourront pas obtenir de réelles avancées concrètes. Au niveau européen, la nature de l’architecture européenne et l’ampleur de la crise du capitalisme font qu’il n’y a pas de réel espace pour des politiques productivistes néo-keynésiennes. L’écosocialisme ne doit pas être à la marge mais au cœur du débat, d’où doivent venir les propositions immédiates et concrètes. Il faut mener à bien la lutte contre l’austérité et se lancer sur le chemin de l’anticapitalisme. La transition écosocialiste est une nécessité absolue et immédiate.

Wangui a besoin d'être opérée d'urgence

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Mon amie Wangui Mbatia Nyauma, dont les participants au Forum Social mondial de Nairobi se souviennent sûrement, a été opérée il y a trois ans dans une clinique de Mumbaï d’un cancer extrêmement rare et particulièrement redoutable (vésicule biliaire) grâce notamment à la solidarité financière organisée par ATTAC Germany. Les infrastructures sanitaires du Kenya et l’accès aux soins sont en effet particulièrement réduits au Kenya, ce qui devrait encore plus nous inciter à nous mobiliser pour un droit à la santé et une sécurité sociale pour tous.

Aujourd’hui, les sutures internes à l’abdomen se sont rouvertes et nécessitent une nouvelle intervention d’urgence.

Comme il y a trois ans, outre la récolte de fonds au Kenya, nos amis allemands se mobilisent pour réunir les fonds nécessaires.

M. Alexis Schwartz a mis en place un compte en Allemagne à cette fin :

IBAN :DE52430609672008093300

BIC : GENODEM1GLS (GLS Gemeinschaftsbank)

Communication : Wangui

On peut le contacter par message privé sur FB

Voir le site qui avait été ouvert en 2013 afin de financer l'opération

Wangui est mariée et a une petite fille.

dimanche 8 janvier 2017

Raoul-Marc Jennar: " L' UE, c'est la nouvelle Bastille à prendre et à démanteler"

Nous n’avons pas besoin de la Commission européenne, ce monstre administratif avec ses dizaines de milliers de fonctionnaires vendus à l’idéologie néolibérale et aux lobbies du monde des affaires et de la finance. Nous n’avons pas besoin d’un parlement européen avec ses centaines de députés grassement rémunérés qui sont surtout en capacité d’imposer à une nation ce qu’elle refuse. Nous n’avons pas besoin d’institutions européennes qui violent les principes fondamentaux de la démocratie : séparation des pouvoirs, indépendance de la Justice, contrôle du pouvoir exécutif par des élus du peuple. Une union entre des peuples d’Europe qui la souhaitent, basée sur la souveraineté absolue de chaque peuple, n’a besoin que d’un organe transparent de coordination intergouvernementale.

L’UE, c’est la nouvelle Bastille à prendre et à démanteler. Comment y parvenir ? D’abord, en imposant la question dans le débat électoral qui va occuper 2017 et en exigeant la plus grande clarté de la part des candidats, à l’élection présidentielle comme aux législatives. Les candidats doivent mériter la confiance qu’ils sollicitent. Il faut les interpeller, les harceler si besoin est. Il faut les forcer à indiquer quelle Europe ils veulent et comment ils comptent y parvenir. Ne prenons plus pour argent comptant leurs promesses qui n’engagent que les naïfs qui les gobent. En 1997, Jospin avait promis de renégocier le traité d’Amsterdam. Il ne l’a pas fait. En 2008, le PS et l’UMP avec la complicité des Verts ont rendu possible le traité de Lisbonne dont le texte avait été rejeté par le peuple français en 2005. En 2012, Hollande avait promis de renégocier le pacte budgétaire (TSCG). Il ne l’a pas fait. N’oublions pas leur mépris du peuple.

Ensuite, en faisant avancer le débat d’idées sur la nécessité du démantèlement de l’UE comme moyen d’unir les peuples qui le veulent sur des bases vraiment démocratiques, sociales et écologiques et sur le primat de la souveraineté populaire.

Enfin, en lançant un mouvement mobilisateur pour promouvoir cet objectif ; un mouvement qui fera descendre dans la rue celles et ceux qui veulent décoloniser les peuples soumis à l’UE-OTAN.

Extrait du texte de Raoul Marc Jennar paru sur son blog sous le titre Qu’est-ce que l’Europe ? Qu’est-ce que l’UE ? Quelle union des peuples d’Europe ?

vendredi 2 décembre 2016

Campagne exceptionnelle de soutien - Greek Crisis - 5 ans

L'auteur du blog Greek Crisis, largement relayé par le Musée de l'Europe & de l'Afrique pour la qualité de ses informations, la pertinence de ses analyses, et de l'avertissement circonstancié qu'il constitue pour les autres peuples soumis à la dictature eurocratique, lance un appel à un soutien exceptionnel (en plus des donations mensuelles finançant ce précieux travail). Nous le relayons naturellement, avec tous nos remerciements à Panagiotis Grigoriou pour son indispensable travail. Le Concierge

Original File Name: 2016120133.jpg

J'ai initié mon blog “Greek Crisis” en octobre 2011 (en français) et je ne pensais pas que voilà, au bout de cinq ans, je me dois toujours d’écrire, d’analyser, de rapporter les faits politiques, culturels, tout comme ceux du quotidien grec, l’état des mentalités... lutter même, pour aboutir à un certain sens, ainsi qu’à une certaine survie tout court sans sombrer dans “l’ananthropisme”, en ce XXIe siècle, le nôtre, de plus en plus inquiétant... et déjà suffisamment entamé.

Pour ses 5 ans, et espérant devenir... inutile dans moins de 5 ans, “Greek Crisis - 5 ans” lance cette campagne exceptionnelle, pour attendre la somme des 5.000€ ; elle sera destinée à financer l’acquisition d’une voiture d’occasion, essentielle pour les besoins du blog, et j’espère que nos lecteurs en tiendront compte dans leur action de solidarité et de soutien

Lire la suite sur Greek Crisis

dimanche 27 novembre 2016

Musée Wiertz, Parc Léopold

Wiertzinhumation.jpg Antoine Wiertz, l'inhumation précipitée, 1854

Le Quartier Léopold est « férocement européen », au sens prédateur du terme, il est même précurseur, terrain d'expérimentation de l'expropriation généralisée du bien commun depuis le sol sous nos pieds jusqu'à nos droits à vivre les plus immatériels, la vente à la découpe du continent s'opérant désormais à l'échelle de pays entiers. Car qui ne voit que la construction de l'Europe des trusts est à l'image de ce quartier car elle obéit au même processus ? Les politiques de santé, les retraites, l'agriculture, la culture... ressemblent déjà singulièrement à des Déesses en fonte brandisseuses de « E » frappant les trois coups de la tiers-mondisation du continent. Au martyre grec, donc, le Quartier Léopold compatissant. (Note du Concierge)

Lire Essayage : le Prix Nobel de la Paix vous va si bien !

Voir "Façadisme, choucroute et Démocratie", un film de Gwenaël Brëes

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STOP à la déferlante des bureaux du Parlement européen et à la privatisation de l'espace public

À l’occasion du redéploiement de ses activités de représentation pendant la rénovation du ‘Caprice des Dieux’, le Parlement européen jette son dévolu sur le parc et la maison d'Antoine Wiertz, adjacents au musée du même nom.

Peintre fantasque et surréaliste avant la lettre, Wiertz s’y est installé vers 1850. Dans son testament, il a légué tous ses tableaux à l'État belge pourvu que son atelier soit ouvert gratuitement au public et que sa maison accueille des artistes en résidence. Henri Conscience, le Victor Hugo flamand, y décéda en 1883. Le jeune Auguste Rodin fit ses premières armes dans un des nombreux ateliers installés à proximité du Maître.

Aujourd’hui, beaucoup d’ateliers ont été rasés pour faire place à des bureaux. Le Musée Wiertz et son parc classé sont devenus le rempart contre l’énorme pression exercée par le Parlement européen pour tout le quartier de la chaussée de Wavre et le parc Léopold. Mais, négligé par des pouvoirs publics indolents, voilà qu’il a fini par susciter les convoitises de son insatiable voisin : pendant que le triste ‘Caprice des Dieux’ tentera de se refaire une beauté, la maison du peintre et son jardin deviendraient le lieu ‘convivial’ des sauteries entre personnes de bonne composition.

Par les temps qui courent, les mesures sécuritaires dans lesquelles se complaisent toujours plus les Institutions européennes auront nécessairement des répercussions néfastes sur le Musée Wiertz et sur ce qui a pu être préservé d'espace public et de diversité urbaine dans ce quartier. Avec le retour grandiose du façadisme, consacré récemment par l’installation au chausse-pied de la ‘Maison de l’Histoire européenne’ dans l’ancien Institut Eastman (parc Léopold), faut-il s’attendre aussi à voir se construire 3 étages supplémentaires sur la maison du peintre dont seules les façades auront été conservées ?

Nous sommes ceux qui habitent encore la ville et qui sommes aussi habités par elle, amoureux du patrimoine bruxellois, usagers de lieux culturels, acteurs économiques du quartier ou promeneurs du dimanche. Nous voulons un espace public qui le reste et des musées ouverts à tous. Nous demandons aux autorités belges et bruxelloises que cesse la déferlante administrative et son cortège de mesures sécuritaires dans le parc et le quartier Léopold.

Nous nous opposons à la mainmise de l’administration européenne sur le musée Wiertz et ses annexes. Plutôt que le vendre au Parlement européen (pour un euro symbolique !), nous demandons à l'État belge qu'il honore la mémoire et le testament d’Antoine Wiertz en ouvrant à nouveau sa maison aux artistes et en faisant en sorte que le musée soit mieux promotionné et plus souvent accessible.

Association du Quartier Léopold

Pétition en ligne

lundi 24 octobre 2016

Au Parlement de la Région wallonne et aux électeurs belges

Nous sommes des universitaires canadiens possédant une vaste expertise collective dans le règlement des différends investisseurs-État (ISDS) et les questions connexes relatives aux accords de commerce et d’investissement du Canada. Nous appartenons également au petit groupe d’experts canadiens dans ce domaine qui ne travaillent pas comme juges arbitres ISDS dans des cabinets d’avocats ou pour le gouvernement.

Nous écrivons après avoir lu les articles de presse du week-end passé faisant état des tactiques d’intimidation utilisées par les politiciens canadiens et les représentants des entreprises pour influencer vos processus législatifs et gouvernementaux. Nous ne pensons pas que ces voix rendent compte fidèlement de l’expérience du Canada dans le cadre du système de protection des investisseurs étrangers que le CETA voudrait étendre. Il faut savoir que de nombreux Canadiens ont exprimé leur profonde préoccupation au sujet de ce système de protection des investisseurs étrangers en raison de l’expérience du Canada avec un système similaire, l’Accord de libre- échange nord-américain (ALENA), et lors des débats sur le FIPA (Canada-China Foreign Investment Promotion and Protection Agreement), parmi d’autres accords.

Alors que nous nous concentrons ici sur les conséquences néfastes de l’ISDS dans le CETA, il faut aussi souligner que ce traité imposerait de nouvelles contraintes dans de nombreux autres domaines des politiques publiques, notamment la réglementation pharmaceutique, la santé publique, l’agriculture, les marchés publics, les services publics, le droit du travail, et l’accès au marché. Nous signalons que d’autres universitaires ont soulevé des préoccupations majeures au sujet du CETA dans ces domaines.

Depuis l’entrée en vigueur de l’ALENA en 1994, le Canada a été et reste le seul pays développé occidental qui a accepté l’ISDS sur une base globale alors que sa situation était des plus vulnérables à l’égard des pays importateurs de capitaux. Le Canada a signé l’ALENA sur cette base avec les États-Unis et, depuis, il a été confronté à davantage de plaintes d’investisseurs étrangers que n’importe quel autre pays, il a versé de nombreux dédommagements suite à ces plaintes, il a modifié des décisions du gouvernement ou des processus décisionnels afin de tenir compte des intérêts des investisseurs étrangers et pour réduire les risques de responsabilité potentiellement énormes.

Les porte-parole du monde des affaires qui ont défendu ces concessions à la démocratie et à la souveraineté du Canada représentent souvent des sociétés étrangères, ou encore des sociétés canadiennes qui possèdent des entreprises à l’étranger et qui ont un intérêt à introduire des plaintes contre le Canada. Que les grandes entreprises soient enthousiastes à l’idée d’acquérir des droits exclusifs et un accès privilégié à l’argent public via l’ISDS, on peut le comprendre, mais c’est terriblement déplorable.

Les réformes de l’ISDS dans le CETA, invoquées trompeusement par les responsables canadiens pour qualifier le CETA de « progressiste », sont inadéquates pour répondre aux problèmes majeurs posés par le CETA. Ces problèmes sont : l’affaiblissement de la régulation démocratique, le privilège spécial des investisseurs étrangers, les manques d’indépendance judiciaire et d’équité procédurale dans les processus de décision, et le manque de respect pour les institutions et tribunaux nationaux. En particulier, dans le CETA, l’ICS (Investment Court System) ne supprime pas la menace financière qui pèse sur la réglementation démocratique, en raison des plaintes des investisseurs étrangers ; il ne réduit pas le privilège énorme et injustifié qu’ont les investisseurs étrangers sur quiconque aurait un droit ou un intérêt conflictuel ; enfin, il ne crée pas une réelle juridiction munie des garanties habituelles d’indépendance et d’équité.

La récente déclaration interprétative conjointe publiée par le Canada et l’Union européenne (dans toutes les formes différentes sous lesquelles cette déclaration a été rendue publique) ne résout en rien ces problèmes gigantesques.

Que vos processus démocratiques, en Wallonie, aient permis l’examen étroit et attentif des défauts du CETA dans le cadre d’un véritable débat argumenté nous encourage. Nous aurions aimé que les Canadiens aient pu avoir un débat similaire dans le cadre d’un vote au Parlement du Canada et dans les assemblées législatives provinciales, mais cela n’a pas été le cas ni sous le gouvernement Harper ni sous le gouvernement Trudeau. Contrairement aux vues peu diplomatiques exprimées par certains politiciens canadiens et par les représentants des entreprises, il nous semble que la démocratie belge a été exercée de façon responsable, comme il se doit, pour permettre le vote des parlementaires sur les structures quasi-constitutionnelles créées par des accords de protection des investisseurs étrangers comme le CETA.

Chez nous, au Canada, notre démocratie a souffert parce que le gouvernement fédéral a fait le forcing pour imposer des accords comme l’ALENA et le CETA sans votes législatifs aux niveaux fédéral et provincial. Par conséquent, sans l’approbation des représentants élus, nous nous sommes retrouvés avec un ISDS liant tous les niveaux de gouvernement et qui liera encore très longtemps tous les futurs gouvernements élus au Canada. Notre expérience montre clairement les dangers auxquels est confrontée la démocratie européenne dans le cas du CETA.

Quelles que soient les décisions que vous prendrez, nous vous demandons de ne pas succomber aux mêmes tactiques que celles qui ont été utilisées pour manipuler et effrayer les Canadiens, jusqu’à saper leur démocratie pour le compte des investisseurs étrangers. Le Canada et la Commission européenne connaissent depuis des années l’importante opposition citoyenne et universitaire au CETA en raison des protections qu’il accorde aux investisseurs étrangers. Pourtant, ils ont refusé de supprimer ces éléments non-commerciaux du CETA.

Dans un contexte où il n’y a aucune justification crédible pour inclure l’ISDS ou l’ICS dans le CETA – compte tenu de la grande fiabilité, de l’indépendance et de l’équité des processus démocratiques et judiciaires canadiens et européens -, nous sommes sidérés de constater à quel point les grands groupes d’affaires – et les gouvernements qui agissent pour leur compte – s’accrochent si férocement à un modèle aussi profondément vicié et antidémocratique.

Pour plus d’informations sur l’ISDS et l’ICS, vous trouverez ci-dessous une liste de publications. Nous avons également listé une série de publications pertinentes des signataires de cette lettre ouverte.

D’après ce que nous avons pu lire, vous avez fait preuve d’un grand courage dans votre opposition au CETA et, sachant comment l’ISDS a été imposé aux Canadiens au fil des années, nous tenons à exprimer notre soutien à vos choix démocratiques.

Cordialement,

David R. Boyd

Adjunct Professor

University of British Columbia and Simon Fraser University – Vancouver, British Columbia

John R. Calvert

Associate Professor – Faculty of Health Sciences

Simon Fraser University Vancouver, British Colombia

Marjorie Griffin Cohen – Professor

Simon Fraser University Vancouver, British Columbia

Stephen Gill

Distinguished Research Professor York University Toronto, Canada

Ronald Labonté

Professor and Canada Research Chair

School of Epidemiology, Public Health and Preventative Medicine University of Ottawa Ottawa, Ontario

David Schneiderman

Professor of Law and Political Science University of Toronto Toronto, Ontario

Dayna Nadine Scott

Associate Professor

Osgoode Hall Law School and Faculty of Environmental Studies York University Toronto, Ontario

Kyla Tienhaara

Research Fellow

School of Regulation and Global Governance Australian National University Canberra, Australia

Gus Van Harten Professor

Osgoode Hall Law School York University Toronto, Ontario

Stepan Wood

Professor and York Research Chair in Environmental Law and Justice Osgoode Hall Law School York University

Toronto, Ontario

jeudi 22 septembre 2016

Questions à Yanis Varoufakis

Alexis Cukier, membre d’Ensemble ! et du réseau ERENSEP (European Research Network on Social and Economic Policies) et Patrick Saurin, un des portes parole du syndicat Sud Solidaires BPCE, et membre de la Commission pour la Vérité sur la Dette grecque interpellent dans une lettre Yanis Varoufakis sur son texte «La gauche européenne après le Brexit».''

Texte publié originellement sur le site Mediapart sous le titre : "Désobéir à l’Union européenne: nous sommes d'accord avec vous Yanis Varoufakis"

Extrait

En résumé, le « programme alternatif pour les progressistes européens », l’« affrontement frontal avec l’establishment européen » que vous appelez de vos vœux, et l’appel à la « désobéissance » que vous lancez ne nécessitent-ils pas, pour trouver leur traduction dans les faits, la mise en œuvre d’un plan d’action comportant des mesures radicales telles que :

-La désobéissance aux traités européens et le respect des droits humains fondamentaux inscrits dans de multiples textes, en particulier de droit international ;

-Le non-paiement de la part de la dette publique dont il est peut être démontré de manière incontestable, comme ce fut le cas pour la Grèce, qu’elle est tout à la fois illégale, illégitime, odieuse et insoutenable ;

-Le contrôle des capitaux (notamment comme mesure défensive contre le chantage de la BCE) ;

- L’arrêt des privatisations des biens communs et l’annulation de celles qui ont déjà été réalisées ;

- La socialisation de l’intégralité du système bancaire ;

-Une refonte des institutions européennes, nationales et locales assurant une véritable démocratie ?

En ce qui nous concerne, si un tel programme devait nécessiter la sortie de l’Union européenne, nous assumerions cette sortie car nous préférons la lutte pour un progrès social – même si nous n’avons pas l’assurance de gagner ce combat – au maintien résigné dans une Union européenne avec la garantie de l’austérité perpétuelle.

Picture_60.png Une réaction sensée être de gauche à ce texte (Collections du Musée de l'Europe & de l'Afrique). Lire note note d'introduction au billet Histoire immédiate

Lire l'intégralité de la lettre ci-dessous

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